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Cette histoire se d�roule en l'an 1802,
dans les bois du Maryland et de Virginie.
En ce temps-l�, la science �tait un crime
et le crime, pas encore une science.
J'ai une petite g�terie pour vous. Une pendaison !
Vous voulez le voir rendre l'�me ?
Bien s�r !
Je veux !
Et comment !
Mon chapeau.
Tu n'en auras bient�t plus besoin.
Le Hollandais qui me l'a vendu me l'a garanti � vie.
Les Hollandais disent toujours la v�rit�.
Mon nom est Smith, C. Petronius Smith de Baltimore,
de chez Moss et Fishback, rasoirs, couteaux et faucilles.
N'insistez pas.
Que faites-vous ?
J'emporte un bout de corde, �a porte bonheur.
Prenez le mien, il est plus long.
On fait le malin ? Pendez-le haut et court !
Pas si vite.
Le docteur Meade sera pendu en bonne et due forme...
Meade ? Je devais justement le voir.
Bien le bonjour.
Je crains que vous ne puissiez obtenir de rendez-vous.
Pas ici-bas, du moins.
Ne riez pas, je suis sur la corde raide.
Pardon.
Ne pourriez-vous �tablir un dernier diagnostic ?
Voici mes sympt�mes.
Je vois double, j'ai des absences...
Poussez-vous, Smith. On ne va pas y passer la matin�e.
Pourquoi le pendre ? Il a une bonne t�te.
Vous �tes bien curieux pour un malade.
Sachez qu'il a �t� pris
en flagrant...
Tais-toi. On ne dit pas �a devant une dame.
Quoi ?
Comme je vous le dis.
Br�lez-le vif !
Pas d'incivilit�s, sinon pas de spectacle !
Meade, vous n'avez droit � aucun �gard,
mais d'apr�s la loi,
je dois vous demander si vous souhaitez prier.
Merci, sh�rif.
P�re c�leste, je ne prie pas pour moi,
mais pour ces gens, le sh�rif et tous ces �gar�s.
Pas d'attaques personnelles.
Que les hommes et les femmes de ce vaste pays
se gardent des deux pires ennemis de l'humanit�,
l'ignorance et la mort.
Je prie pour que ce gibet devienne un arbre de connaissance.
Pardonne-leur, P�re.
Vous �tes compl�tement fou.
� pr�sent faisons notre devoir au nom de l'�tat du Maryland.
C'est Big Jack ! Sauve qui peut !
Montez, vite ! C'est la bande de Big Jack.
Relevez-le.
- Le voil�, Kate. - Il �tait temps.
Big Jack beugle comme un taureau estropi�.
Mon nom est Kate. Flapjack Kate pour les intimes.
Docteur Alexander Meade, � votre service.
Venez, vous avez un patient, comme on dit.
Je m'en doutais.
Prenez bien soin de lui.
C'est le patient ?
Non, c'est le docteur.
Qu'est-il arriv� � mon confr�re ?
C'�tait un gu�risseur indien,
surnomm� Jenkins "racine am�re".
Quand il a mis des herbes sur la jambe de Big Jack,
j'ai su qu'il �tait mal barr�, comme tous ses pr�d�cesseurs.
La vie d'un docteur n'est jamais monotone.
Kate, am�ne-le par ici.
C'est le nouveau docteur, tr�sor.
Fais vite, mon c�ur. Je n'ai plus trop le moral.
Laissez-vous regarder.
Un nouveau Doc, hein ?
Voici Big Jack, docteur.
Un gros dur et un gros veinard.
Tais-toi, mon c�ur.
On m'a canard� la semaine derni�re,
en plein travail.
On est all�s le chercher en ville mais il n'�tait pas l�.
Devine pourquoi.
Le sh�rif l'avait pendu � la plus haute branche.
Tu sais ce qu'il a fait ?
Peu importe.
On ne pose pas de questions indiscr�tes, ici.
Le pass� d'un homme ne regarde que lui.
Au boulot, Doc.
et faites gaffe ou c'est la fin de votre carri�re.
Rougeurs...
C'est ma jambe, pas mon visage.
Front br�lant...
C'est ma jambe, j'ai dit.
Ne l'�nervez pas.
L�vres s�ches, souffle court...
Narines dilat�es... Choc toxique.
Pour la derni�re fois, c'est ma jambe.
D�tendez-vous. On n'a pas besoin de �a.
Un couteau.
- Tenez. - Le mien est mieux aff�t�.
R�fl�chissez bien avant de me charcuter.
- Plus petit. - �a ira ?
Tu sais bien qu'on pr�sente un couteau par le manche !
Parfait. Des chiffons propres ?
Mon c�ur, si je meurs,
promets-moi de m'enterrer dans un cercueil pourpre.
Promis, tr�sor. Tu auras le plus beau.
Respirez normalement.
Il me faut deux hommes pour l'immobiliser.
J'ai dit deux.
Asseyez-vous sur sa poitrine.
Excuse-moi, Jack.
Entre nous, il va creuser profond ?
Pourquoi dois-tu remuer le couteau dans la plaie ?
Je n'ai aucune objection � ce que vous restiez,
Je vous demande juste de garder le silence.
Seul le patient
a le droit de brailler � volont�.
Pour tromper la douleur, je vous sugg�re de prier...
Il r�cite de la po�sie.
Tr�s bien.
Mon c�ur,
fallait-il que tu dises �a ?
Allons, tr�sor. Ne sois pas timide.
R�cite un po�me de ton enfance.
On vous �coute.
Le petit Jack Horner s'assit...
Le petit Jack Horner s'assit...
Dans un coin, tr�sor.
Tais-toi, mon c�ur. Tu m'embrouilles.
Le petit Jack Horner s'assit dans un coin
car il est interdit d'amener un agneau � l'�cole...
C'est fait.
Il est mort, Doc.
Tout ce qu'il y a de plus mort.
D�couvrez-vous devant le d�funt avant de tuer le nouveau Doc.
C'est moche.
Mourir si jeune...
Pauvre Jack. Il �tait dur mais juste.
Vingt ans d'excellence professionnelle.
Bon sang de bois !
Mon arme ! Donnez-moi mon arme !
Comment va, Doc ?
Comment je me porte aujourd'hui ?
Tr�s bien, on dirait. Voyons un peu cette jambe.
Voil�, ch�ri.
Enfile-toi �a dans ton joli gosier.
Ne bave pas comme un enfant.
Encore quelques jours au lit et avec des b�quilles,
et vous serez r�tabli.
Les autres docteurs n'en avaient pas promis autant.
Valentine !
Sors-moi la comptabilit�.
�a vaut le coup d'�il.
Ouvre.
Et voil�.
Servez-vous.
C'est tr�s magnanime de votre part, mais...
Mais rien du tout ! Allez-y, piochez.
Allez, Doc. Ne ratez pas une occasion pareille.
Pour une fois que Jack paie quelque chose.
Et puis, personne n'est dupe. Vous en mourez d'envie.
Vous �tes tr�s antipathique M. Valentine.
Oui, tu d�primes tout le monde.
D�guerpis !
Il n'y a rien l�-dedans qui me fasse vraiment envie.
Je n'en suis pas si s�r.
�a, par exemple.
C'est un bijou de famille pris � un banquier.
Il a crois� la Faucheuse.
�coutez.
Il a �t� enterr� au son de cette m�lodie.
On dirait une chanson d'amour.
Tu es un vrai sentimental, tr�sor.
Prenez,
il en reste plein.
Gardez �a, Jack.
Nous tenons � vous payer.
J'ai d�autres besoins.
Il me faut un peu de s�r�nit�, mes instruments et mes livres.
Des livres ?
Tu avais un livre autrefois, Boucles d'Or et les trois oursons.
Tu adorais regarder les images. Tu te souviens ?
Oui, c'�tait un chouette livre.
Pauvres petits oursons.
Essaie de le d�nicher pour le Doc.
Non, pas ce genre de livre.
Des livres de m�decine sur le corps humain
pour certaines exp�riences d'anatomie.
Tu comprends de quoi il cause ?
Non, mais j'aime comment il cause.
Vous aviez une balle dans la jambe, je l'ai enlev�e.
Vous vous �tes r�tabli aussit�t.
Si vous aviez une dent ab�m�e, vous l'arracheriez, non ?
Quand elle a les dents ab�m�es,
je les lui enl�ve � coups de marteau.
Quand le mal est � l'int�rieur,
dans les parties myst�rieuses et invisibles du corps,
on vous laisse mourir.
Nul n'ose ouvrir
et enlever ce qui ronge le corps de l'int�rieur.
Or, je compte le faire un jour.
Vous voulez ouvrir un trou dans un bonhomme,
comme une fen�tre ?
Oui, pour y faire entrer la lumi�re de la science.
�a m'a pas l'air convenable.
Le Doc ne fait que des choses convenables.
Je suis terriblement navr�.
Nous n'avons pas de livres...
comme �a.
Le sh�rif en a sans doute autant besoin que moi.
Il les a ?
Avec tous mes instruments.
Combien de temps je dois rester allong� ?
Encore quelques jours. Promettez-moi de ne pas vous agiter.
Bien s�r.
Parole d'honneur.
Imagine un type avec une fen�tre dans le ventre.
C'est plus captivant que les trois oursons, non ?
Prison du comt� de Marlborough
Trois as.
Je ramasse.
La chance lui sourit.
� quoi bon, Basil ? Tu seras pendu demain matin.
Pas avant que j'aie regagn� mon argent.
Ma chance a enfin tourn�.
Vous �tes bien p�le. Vous voyez double � nouveau ?
Big Jack !
Tu te souviens de moi, Jack ?
Salut, Basil.
O� as-tu mis la trousse m�dicale et les livres
du docteur Meade ?
Je ne le dirai pas.
Garde les mains en l'air et va les chercher.
Allez !
Recherch� pour vol et meurtre.
Que le diable m'emporte si ce n'est pas mon portrait !
Je peux arr�ter ? �a va tourner.
Non.
Je n'aimerais pas �tre votre �pouse.
C'est r�ciproque.
Valentine, va chercher les affaires du docteur.
Tiens, Basil. T�che de t'amender.
Merci, Jack.
Ouvrez, sh�rif.
Si vous voulez bien entrer...
Continuez � battre.
� vous la donne, sh�rif.
Cessez de faire le mort, Jack.
Bonjour, Doc.
Comment allez-vous ? Ravi de vous voir.
D'o� �a sort ?
C'est les trois oursons qui ont d� laisser �a ici.
Ma jambe m'a lanc�, hier soir.
�a ne m'�tonne pas.
Vous n'auriez pas d� vous lever.
Mais je vous en suis fort reconnaissant.
Il n'y a pas de quoi.
Rien n'est trop beau pour l'homme qui a remis Big Jack sur pied.
On attaque Benton Forks demain. Vous avez du pain sur la planche.
Vous venez � Benton Forks, ce sera quelque chose.
Ce sera la grande vie.
�a va canarder, taillader et boire de tous les c�t�s.
On va bien rigoler.
Non merci, Jack. Je serai parti demain.
Non.
Je croyais que vous alliez rester pour �tre mon m�decin personnel.
C'est tr�s g�n�reux de votre part, mais j'ai mieux � faire.
Mieux que moi ?
Avec ce m�tier, il me faut un m�decin.
Les blessures par balles, les coups de couteau,
les yeux crev�s, d'autres blessures par balles...
C'est tr�s int�ressant, mais un peu limit�.
Merci pour votre g�n�rosit�.
Mais je ne puis rester.
Ne me dites pas ce que vous pouvez faire ou pas.
J'ai besoin de vous.
Et j'obtiens ce dont j'ai besoin.
Vous viendrez � Benton Forks comme j'ai dit.
Je c�de � la force pour le moment.
Vous �tes bien oblig� d'admettre que j'ai raison.
@ Toddy !
Tiens-le � l'�il.
Je me demande ce qui manque � son bonheur ici.
Je ne sais pas. �a va �tre bient�t pr�t.
J'ai pas faim.
Il s'imagine peut-�tre qu'il est trop bien pour moi.
Mais non.
- La dinde br�le. - C'est pas la dinde.
C'est les lilas.
Les lilas ?
Les lilas !
Je fleure les lilas et tu n'as pas faim...
�a doit bien faire vingt ans.
Tu te souviens de notre mariage ?
Et comment !
�a a �t� le d�but d'une belle amiti�, pas vrai?
J'ai trouv�.
Mon bras !
Je sais ce qui manque au Doc.
Ne le ressens-tu pas, mon c�ur ?
Les lilas en fleurs...
La s�ve qui monte...
C'est le printemps.
Tous les m�les et les femelles s'accouplent.
Comme toi et moi ?
Le Doc n'est qu'un homme, apr�s tout.
Qu�y pouvons-nous ?
On va lui procurer ce qui lui manque.
Alignez-les par ici. Faites-les avancer.
Amenez-les l�-bas. Ne le laisse pas filer.
Que le cuistot me pr�pare son fameux Benton Forks pudding.
S�rement pas.
Reviens ici, toi.
Reviens ici.
O� croyais-tu aller ? Ne m'oblige pas � cavaler.
Mettez-lui la t�te en bas et secouez-le.
Tu n'oublies pas le Doc ?
S�rement pas. La marchandise est pr�te ?
Elles sont toutes l�.
Les produits m'ont l'air d'�tre avari�s.
La diligence !
Valentine, Pokey, � vous !
Sortez de l� les mains en l'air !
Ne tirez pas.
- On nous attaque ! - Au voleur !
Prenez tout ce que j'ai.
Ne br�lons pas les �tapes. C'est une parade nuptiale.
- Nuptiale ? - Je cherche une �pouse.
- Un enl�vement ? - C'est un scandale !
N'exag�rons rien.
Ce n'est pas pour lui.
Il est mieux que moi.
Et plus bel homme aussi.
Plus beau que vous ?
Bien s�r.
Je ne voudrais pas d'un homme plus beau que vous.
Vous les pr�f�rez dans mon genre ?
C'�tait juste une id�e.
C'est une mauvaise id�e.
C'est un vieux wagon peint � neuf.
Cherche encore.
Levez ce rideau.
Comment osez-vous ! Je suis une veuve respectable !
Soulevez cette voilette.
C'est un vrai scandale !
Si vous me molestez...
Aucun risque.
Je suis estropi�, mais pas aveugle.
Elle doit bien cuisiner.
Un visage pareil, c'est � vous couper l'app�tit.
Elle, en revanche...
Si vous me touchez, je vous arrache les yeux.
Une petite coquette.
Vous serez pendu pour �a. Mon p�re est le maire de Montaville.
Bonne famille... Du r�pondant...
�a dit quoi ?
Recherch� pour vol et meurtre... Big Jack...
Big Jack !
Elle sait lire en plus. Elle est faite pour lui.
Esp�ce de gros porc !
Nous vous avons choisi un coq de village.
Assassins !
Vous allez l'adorer, je vous le promets.
Elle a fait comme vous quand je l'ai enlev�e.
Je viens d�une bonne famille, moi aussi.
Mon p�re a �t� le premier colon � vendre du whisky aux Indiens.
Mais Jack m'a prise dans ses bras et je me suis sentie fondre.
Et depuis ce jour, elle m'a �t� fid�le.
J'esp�re.
Je refuse de me rendre complice de vos exactions...
Inutile de discuter.
Mous avons compris ce qui vous manquait
et nous sommes all�s le chercher.
Voil�.
Voici votre moiti�.
Mis�rable ! Vous serez pendu ! Mon p�re y veillera.
Vous allez le regretter, canaille !
Tu te souviens ? Nous deux aussi, �a a commenc� comme �a.
Vous �tes pire qu'un voleur de poules !
On va les laisser roucouler en priv�.
Vous vous croyez plus malin...
que tous les hommes r�unis, du Maine � la Louisiane.
Permettez-moi de me pr�senter. Docteur Alexander Meade
de l'Universit� de Leyde en Hollande.
Vous �tes docteur ?
Je ne vous ai pas invit�e et je ne tiens pas � vous revoir.
Vous avez ab�m� un livre qui m'est tr�s pr�cieux.
Cessez de pleurer. Il n'y a rien � craindre.
Je n'ai rien � faire ici non plus.
D�s que possible, nous nous enfuirons.
Vous n'�tes pas un �gorgeur ? Vous n'�tes pas un meurtrier ?
Pas plus que tout autre m�decin.
La petite est en train de rater toute la f�te.
Vous pourriez lui dire de se joindre � nous.
Elle est �puis�e. Ils voyagent depuis deux jours.
Pokey !
Tiens.
Apporte �a � la dame qui est dans la cabane
et donne-le-lui.
C'est du poulet et du ma�s.
Voici la cl� de la cabane.
Eh bien ? Tu as un puits � la place du ventre ?
Ne me prive pas � cause de ce faux jeton.
Je t'ai dit que l'invective ne te m�nera � rien.
Je tiens le docteur Meade en haute estime.
Pas moi et pas ceux qui savent pourquoi il allait �tre pendu.
Je t'ai averti. Ici, on ne pose pas de questions.
On n'a pas pos� de questions,
mais � Marlborough tout le monde le savait.
Profanateur de s�pultures.
Voil� ce qu'il est. Il d�terre des cadavres.
Profanateur de s�pultures ?
Osez dire que ce n'est pas vrai !
C'est vrai.
Il est pire qu'un serpent.
- Profanateur de s�pultures... - Chasse-le.
Tais-toi.
On a tous fait des choses
dont on n'a pas envie de se vanter,
et toi, plus que les autres.
Nous, on vole les vivants
et lui, il vole les morts.
Oubliez tout ce que Valentine vient de dire.
J'ai dit : oublions tout �a !
Moi, Big Jack !
Vous n'avez plus besoin de faire �a.
Plus la peine de d�trousser des cadavres.
Restez avec Jack et l'argent coulera � flots.
Ce n'�tait pas pour l'argent.
Pourquoi, alors ?
Pour ran�onner la famille du d�funt ?
On pourrait s'associer...
J'explore les entrailles pour mon travail.
- Votre travail ? - De m�decin.
La loi interdit de diss�quer un corps humain.
Vous avez besoin des corps pour y ouvrir votre fen�tre.
En effet. Il ne suffit pas d'apprendre dans les livres.
La vraie connaissance ne viendra que du corps humain,
le plus grand livre de Dieu.
Mais si un homme �tudie les morts pour sauver les vivants,
on br�lera sa maison, d�chirera ses notes,
et on le pendra haut et court.
Vous m'inspirez un int�r�t nouveau pour les entrailles.
J'ai pass� ma vie � �tudier les gens de l'ext�rieur,
pensant que tout s'arr�tait l�, mais c'est faux.
Comment ai-je pu passer � c�t� de �a ?
Ne te torture pas l'esprit.
Vous dites que c'est dur de se procurer des cadavres ?
Ce n'est pas facile.
Pas facile ?
D'apr�s mon exp�rience.
Vous �tes au bon endroit.
Je peux enfin vous rendre service.
Pourquoi n'avez-vous pas dit que c'�tait �a qui vous manquait ?
Je peux vous approvisionner en corps jusqu'� la fin des temps.
Du calme, Jack.
Vous allez prendre Valentine
et l'�carteler bien comme il faut.
Hormis la noirceur de son c�ur, c'est un beau sp�cimen.
Je vous suis tr�s reconnaissant, mais je ne peux rien faire de lui.
Pourquoi pas ?
Il a �norm�ment d'entrailles.
Il me faut des corps malades pour �tudier les causes du mal.
Dans ce cas...
Comment tu te sens, Toddy ?
Pas tr�s bien, hein ?
Continue comme �a et je donne pas cher de ta peau.
Retenez-le, Doc. J'ai jamais �t� malade de ma vie.
Ne raconte pas de craques.
Vous m'excuserez, je vais aller me coucher.
Bonne nuit, Jack. Je tombe de sommeil.
Moi aussi.
Moi aussi.
Voyez-vous, Jack,
la cause du d�c�s doit �tre naturelle.
Pas de bol. Aucune chance que �a arrive � un de mes gars.
N'en parlons plus, d'accord ?
J'ai envie de vous rendre service.
Voil� le pudding de Benton Forks.
Tu verses quoi ?
Du brandy pour le flamber.
Le flamber ? Pourquoi, il n'est pas pr�t ?
C'est beau comme un incendie.
Regarde-moi ces flammes. On ne peut pas manger �a.
Pudding de Benton Forks, hein ?
Reviens l�, toi !
Tu veux nous empoisonner ?
Je ne donnerais pas �a � un chien.
C'est pas ma faute, M. Jack.
La cuisini�re qui fait le pudding n'a pas pu le pr�parer.
Pourquoi ?
Elle est morte.
Tu�e par balles quand vos hommes ont pris la ville.
Ils ont demand� un m�decin,
mais elle n'a pas voulu que je la touche.
Elle a cru que j'�tais un de vos hommes.
La mort lui faisait moins peur que moi.
Vous �tes un homme brutal, Jack.
Vous volez et tuez des innocents. Vous m�prisez la vie.
Vous devez me laisser partir.
Un jour, il faudra que je passe � l'acte.
Peut-�tre dans la r�gion.
�coutez-moi bien, Doc.
�a ne rime � rien de se d�carcasser pour ces gens.
Mon fr�re Bill �tait comme vous.
Il �tait honn�te et bon et toujours pr�t � aider autrui.
Et il �tait ch�tif, tout comme vous.
On l'a accus� de plusieurs vols qu'il n'avait pas commis.
Ils l'ont attrap� et pendu jusqu'� ce qu'il meure.
Ils allaient vous pendre
et ils remettront �a.
Ils l'ont fait par ignorance. Un jour, ils se raviseront.
Oui, mais d'ici l�, vous serez mort.
J'en prends le risque.
Pour ces aubergistes pr�s de leurs sous
et pour ces fermiers morveux
qui tremblent de peur d�s qu'ils entendent mon nom ?
Pour eux et pour quelque chose de plus grand.
Quoi donc ?
La science.
Bonne nuit, Jack.
Bonne nuit, Doc.
Yippee, emm�ne-le � la cabane et monte la garde.
La science ?
La science...
Kate !
Je savais que tu �tais r�veill�e, je ne t'entendais pas ronfler.
Je r�fl�chissais.
Oui, moi aussi.
Le Doc a raison. Tu devrais le laisser partir.
Oui, peut-�tre bien.
J'aime bien l'avoir � mes c�t�s. Il y a quelque chose en lui...
On a la milice aux trousses. Ils sont � Chimney Rock.
Pr�viens les autres.
La milice, hein ?
Curieux comment l'humanit� ne s'accorde aucun r�pit.
R�veille le Doc. On l�ve le camp.
Et de si bon matin, en plus.
Le diable m'emporte s'il n'a pas fil� sous mon nez !
Le Doc a fini par ouvrir sa fen�tre.
Personne ne rit de Big Jack.
C'est compris ?
Et personne ne lui fausse compagnie.
La Virginie et le Maryland ne sont pas assez vastes
pour m'emp�cher de le retrouver.
Je vais le ramener avec moi,
par la peau du cou s'il le faut.
Vous voil� chez vous, Patricia.
Il me peine de vous dire adieu.
Ne pourriez-vous rester ?
J'ai bien peur que non.
Nous avons besoin d'un bon m�decin.
Mon travail est diff�rent.
Sans doute.
On ne se reverra donc plus.
Un jour, peut-�tre.
Je tiens � vous dire
que vous aurez toujours une amie ici
� Montaville.
Vous vous en souviendrez ?
Doc !
Attendez une minute.
Ne partez pas comme �a, cela ne se fait pas.
Voici le maire, M. Mahoney, le p�re de Patricia.
Je suis John Oakes, son beau-fr�re.
Allons boire un coup � la taverne.
Farns, � boire pour tout le monde.
P�re a d� �tre tr�s persuasif.
Pat me dit que vous comptez repartir.
En tant que maire et p�re de la fille que vous avez sauv�e,
je tiens � f�ter votre d�part dignement.
Whisky !
Que signifie tout cela, Saltlick Joe ?
J'ai vu une chose terrible.
Au cimeti�re. Du c�t� de chez Hooper.
Le sol roulait et s'effritait.
Un petit s�isme peut-�tre.
Ou des marmottes.
- Si elles aiment l'alcool. - L'alcool ?
C'�tait pile � l'endroit o� on a enterr� Putt Cleghorn.
Le journaliste le plus ivre de toute la Virginie.
Venez, Doc. On aura besoin de vos lumi�res.
Qui habite cette cabane ?
Plus personne.
Elle est hant�e depuis le massacre des Hooper.
Ma banque l'a en d�p�t fiduciaire. Jolie propri�t�.
� louer ou � vendre.
C'�tait exactement l�.
Regardez.
� premi�re vue, ce n'est pas une marmotte.
C'est Putt. Ressuscit� de chez les morts.
C'est la meilleure. On l'a enterr� tout juste hier.
Un peu h�tivement, on dirait.
C'est toi, Putt ?
Je crois bien.
Je t'avais dit de ne pas t'�vanouir en public.
Tom Speed a d�j� failli l'enterrer.
- Qui est Tom Speed ? - Le barbier.
Je viens de faire le r�ve le plus extraordinaire
de toute ma carri�re journalistique.
J'ai r�v� que mon d�c�s �tait prononc�
par notre gu�risseur.
Ensuite, le croirez-vous,
on pronon�ait un sermon au-dessus de ma d�pouille.
Un sermon pitoyable !
Et ensuite, j'�tais enterr� vivant.
Mais j'ai bien �t� enterr� vivant !
T�che de te ma�triser.
Et dans une fosse commune, en plus.
Thomas Speed ne l'emportera pas au paradis !
On parle de moi ?
Je faisais juste une petite sieste
quand tu m'as eu en tra�tre avec ta pelle.
Allons tous � la taverne
r�gler nos diff�rends autour d'un verre.
J'exige...
Un verre, hein ?
Une goutte de plus et il risque de retomber dans le m�me �tat.
�a ne lui fera aucun mal.
Insinueriez-vous que mon diagnostic �tait erron� ?
Ne t'emballe pas !
Le Docteur Meade est notre invit�.
Et on n'a toujours pas fini de f�ter son d�part.
Merci, M. Mahoney.
Mais j'ai r�fl�chi.
Inutile de f�ter mon d�part.
� la bonne heure.
Avez-vous dit que cette maison est � louer ?
Oui, elle est en parfait �tat et tr�s bien situ�e.
J'en suis venu � cette m�me conclusion.
Nous avons des d�tails � r�gler.
Bienvenue � Montaville.
Une petite f�te s'impose. Bienvenue � notre concitoyen.
La situation prend une bonne tournure.
Tom, tu penses vraiment que je suis mort ?
Je ne reviens jamais sur un verdict m�dical.
Tu es un corpus delicti ambulant.
Alors, passe-moi le fluide d�embaumement.
C'est la f�te de l'Ind�pendance ?
Je voulais te faire un pudding de Benton Forks.
On a rien vol� r�cemment, du coup on n'a plus de whisky,
alors j'ai pris de la poudre � canon.
On n'a rien vol� depuis trois mois.
� part un vieux cheval bigleux.
Tais-toi.
Salut, Pokey.
J'arrive de Montaville.
Un chargement d'argent vient d'�tre d�pos� � la banque.
- Il y en a beaucoup ? - Facile � voler ?
Simple comme bonjour.
T'entends �a, Jack ?
On en a assez de rester ici � ne rien faire.
On sait ce qui te tracasse.
Depuis que ton ami m�decin t'a fauss� compagnie,
tu n'es plus bon � rien.
Enfourche donc un cheval
et galope jusqu'� l'en faire crever.
Si tu ne veux pas �tre notre chef,
on te trouvera un rempla�ant.
Quand as-tu quitt� Montaville ?
Il y a deux jours. Je voulais ramener tante Jessica.
Pourquoi, elle avait fugu� ?
Tante Jessica peut pas fuguer, c'est un cadavre.
Un cadavre ?
Un gredin a d�terr� les corps du cimeti�re de Montaville.
Il a emport� tante Jessica.
Comment �a ?
Tiens donc !
Voil� qui change tout.
D'accord ! On va � Montaville.
Rendons une petite visite � cette banque.
On l�ve le camp. Fini de musarder.
Arr�tez ! Retenez vos chevaux !
Les mains en l'air !
Mes chers concitoyens,
apparemment, ce bon vieux Putt Cleghorn
n'�tait pas satisfait de sa derni�re �l�gie fun�bre...
alors il a r�dig� sa propre �pitaphe.
"Assurez-vous que je suis mort avant de m'enterrer
"et pas juste en train de roupiller.
"Vous vous �tes d�j� tromp�s de bonne foi
"mais soyez s�rs de vous, cette fois."
Voil� qui est fait. Je tiens � remercier
les amis de Butt Cleghorn d'�tre venus aussi nombreux.
Je vois que vous �tes encore plus que la derni�re fois.
En l'absence du ma�tre d'�cole
qui est � bord de la diligence en retard...
J'ouvre une parenth�se
pour dire que contrairement � la rumeur,
la diligence n'a pas �t� attaqu�e par des bandits du Maryland.
Tout bandit du Maryland se fera bien recevoir en Virginie.
Ils vivent au Maryland ? Qu'ils volent au Maryland !
Bien parl�.
O� est leur fibre patriotique ?
Revenons � notre ordre du jour.
Mes chers concitoyens, il nous incombe une fois de plus
d'inhumer la d�pouille de ce pauvre Cleghorn.
Cette fois, de mani�re permanente et pour de bon.
� vous, les gars.
Bonjour, Docteur.
Bonjour, M. Mahoney. O� est Patricia ?
Sa s�ur Sarah va bient�t accoucher. Elle est partie � la ferme.
Monsieur le maire !
@ Monsieur le maire !
Qu'y a-t-il, veuve Simpson ?
Allons, crachez le morceau.
Je suis all�e sur la tombe de mon mari...
Oui, et alors ?
Il n'est plus l�.
J'ai remu� le sol et il n'y avait plus rien.
Charlie s'est volatilis�.
C'est impossible. Allons voir �a.
Pauvre Charlie...
Pauvre Charlie...
Il disparaissait d�j� de son vivant
et il me faut subir ce nouvel affront.
Avez-vous enterr� des biens de valeur ?
Sa m�daille du Boston Tea Party et une m�che de mes cheveux.
D'abord Jessica, ensuite Charlie...
�a devient grave.
Docteur Meade, vous habitez � c�t�. Vous pouvez nous en dire plus ?
Je n'ai vu personne hier soir.
Alors vous ne savez pas du tout qui a pu le d�terrer ?
Non, pas du tout.
Vous avez bien d� entendre du bruit.
Vous avez peut-�tre des raisons de vous taire.
Tiens donc, mon bon ami le Docteur Meade !
Je suis rudement content de vous revoir.
Quelle surprise ! Quel bon vent vous am�ne?
Diff�rentes choses.
Braves gens, mon nom est John Horner.
On me surnomme Honest John en raison de ma pi�t�.
Voici ma fille Priscilla .
Bienvenue � Montaville, � tous les deux.
C'est samedi, nous donnons une petite f�te ce soir
et vous �tes invit�s votre fille et vous.
M. le banquier,
je vous charge de veiller � ce qu'ils se joignent � nous.
Un banquier parmi nous ?
La plus grosse banque de tout l'�tat.
Vous pouvez compter sur nous n'est-ce pas, Priscilla ?
Comme tu voudras, papa.
Vous ne dansez pas ?
Je suis un pi�tre danseur.
Ces gens sont arriv�s il y a longtemps ?
Pendant l'enterrement, je crois.
Ils vont ouvrir une conserverie.
Tr�s int�ressant.
Pardon, Docteur. je ne ma�trise plus mes hanches.
Je vous arrangerai �a � l'occasion.
Vous me faites tellement penser � Charlie.
J'esp�re qu'il vous a laiss� une poire pour la soif.
506 dollars en or.
Vous ne portez pas tout �a sur vous au moins ?
Je n'entends pas de tintement.
Je les garde chez moi, dans la th�i�re.
Je n'aime pas la t�te de ce type.
Il m'a l'air louche.
Soyez prudente.
Restez calmes et gardez vos places comme si de rien n'�tait.
En revenant des obs�ques,
mes livres �taient rang�s � l'envers
et ma chaise �tait couverte d'encre.
De toute �vidence,
un ou plusieurs malfaiteurs
se sont introduits dans ma banque.
La bande de Big Jack.
Je suis ravi d'annoncer qu'ils sont repartis bredouilles.
Je parie que Big Jack va trancher des t�tes
pour cette boulette.
Des incisions indispensables.
Votre banque est � l'abri des voleurs, hein ?
Il a un coffre qui r�sisterait � une arm�e.
Avec plein de serrures ?
Juste une serrure italienne flambant neuve.
Et voici la seule et unique cl� sur ce continent.
Honneur aux dames.
Je suis flatt�, Miss Horner.
Puis-je vous appeler Priscilla ?
J'aimerais vous parler en priv�.
Bien s�r, Doc.
Il me tardait de faire un brin de causette avec vous.
Quel est votre souci, Doc ?
�a fait rudement plaisir de vous revoir.
Vraiment ? Vu la mani�re dont nous nous sommes quitt�s...
Je ne saurais vous en tenir rigueur.
Merci, Jack,
mais ne croyez pas
que je vous laisserai d�trousser ces braves gens.
Gardez vos avertissements, Doc.
J'avais dit � Valentine d'�ter les roues de la diligence
et de tordre les essieux.
Vos soucis sont termin�s, mesdames.
Je suis contente d'�tre arriv�e.
Vous �tes en s�curit�.
C'�tait horrible.
Nous avons �t� attaqu�s par les hommes de Big Jack.
Quelle horreur !
Je lui ai dit d'abattre les chevaux.
�coutez, Jack...
Quittez Montaville ou je vous embarque.
Je crois que ce sera l'inverse.
C'est moi qui vous embarque.
Le voil�, les gars.
Allez chercher ses instruments � la cabane.
Mon m�decin personnel a d�cid� de retravailler pour moi.
Emmenez-le.
Une minute ! Pas tous en m�me temps.
Laissez parler l'instituteur.
Nous avons �t� d�tenus et compl�tement humili�s.
Tu es bless� ?
On m'a tir� en plein livre.
Papa, o� es-tu ?
C'�taient les hommes de Big Jack et ils ont le coffre-fort.
Voici le meneur.
Que personne ne bouge.
Haut les mains.
L�ve ta b�quille, l'ancien.
Toute faute sera de votre fait.
Restez o� vous �tes.
Baissez vos armes !
Nous allons former une milice.
Quelqu'un a pi�tin� mon violon.
Elle a disparu !
- Quoi donc ? - Ma cl�.
La cl� a disparu. La banque !
Tout le monde avec moi.
Je suis ruin� !
� l'aide !
Ma th�i�re a �t� d�valis�e. Menue monnaie comprise.
Faisons reposer les chevaux.
Tiens, voil� le Doc.
Toddy, o� sont pass�es tes mani�res ?
Aide-le donc � descendre de cheval.
Laisse-le se d�gourdir les jambes.
Le Doc et les chevaux, �a ne fait pas bon m�nage.
D�fais ses liens, il veut peut-�tre parler.
Je regrette d'avoir eu � vous cogner.
Sans rancune, j'esp�re.
J'ai dit : sans rancune, j'esp�re. Vous m'avez entendu.
Quand je parle, j'aime qu'on me r�ponde.
Vous feriez bien d'apprendre �a.
Et vous feriez bien d'apprendre
que vous irez l� o� j'irai,
vous resterez l� o� je resterai
et vous ferez exactement tout ce que je vous dis.
Vous m'entendez ?
Dor�navant, vous �tes mon prisonnier.
Vous resterez avec moi tant que je vivrai
et j'ai l'intention de vivre pour toujours.
Essayez de vous enfuir et je vous coupe un pied.
Mais inutile d'en arriver l� si vous vous comportez bien.
Vous verrez que Big Jack peut �tre tr�s g�n�reux.
D'ici un an ou deux, vous allez me dire :
"Jack, je suis content que vous m'ayez emmen�."
Qu'en dites-vous ?
Pas grand-chose, Jack.
Sauf que je compte bien retourner � Montaville
et rapporter l'argent
que vous avez vol�.
�a va pas, la t�te !
Remontez sur ce cheval.
J'en ai assez de vous, Jack.
Vous �tes fier de votre sup�riorit�
sur ce ramassis d'aubergistes et de fermiers
qui tremblent de peur en entendant votre nom.
Vous �tes hardi, car ils sont l�ches.
Vous �tes malin, car ils sont stupides.
Et vous �tes g�n�reux avec les biens d'autrui.
D'ici quelques heures, ils sauront que je suis parti.
Ils vous d�masqueront et m'associeront � vous.
Ils fouilleront ma maison
et trouveront de quoi l'incendier.
Une fois de plus, mes travaux seront an�antis.
Je suis las de cette violence et de ces incendies
et de tous ces efforts inutiles.
L'�uvre de toute une vie...
Si je veux l'achever, c'est maintenant ou jamais.
Croyez-vous me faire peur ?
Il �tale son vocabulaire une fois de plus ?
On est pr�ts � partir, Jack.
D�barrasse-toi de ce charlatan et vite !
Ne me donne pas d'ordres.
Tu pr�f�res que ce soit la milice. Regarde toi-m�me.
Rattache-le.
Il te m�ne par le bout du nez et on va tous se faire pendre.
Doc, ne quittez pas Jack des yeux.
Attendez mon signal pour filer.
Le Doc se sauve !
Il d�tale comme une belette.
Qui l'a laiss� filer ?
Moi.
Tu as mis cette arme dans son petit soulier ?
T'aurais d� le coller
� la selle.
Quelqu'un d'autre a envie de rire ?
Vous avez int�r�t � avoir creus� votre tombe.
O� tu vas, Jack ?
Je vais ramener le Docteur m�me si je dois le tuer.
Allez-y, je vous rejoins aux trois fourches.
On devrait peut-�tre prendre l'argent.
C'est moi qui garde l'argent comme on a toujours fait.
On le partagera �quitablement � mon retour.
Des objections ?
Tu risques de le regretter. Le Doc ne t'a fait que du bien.
Si tu sais ce qui est bon pour toi, hors de ma vue !
Tu es aussi t�tu qu'une mule
et gu�re plus beau.
Doc ! Ne bougez plus.
Vous pensiez pouvoir me quitter ?
Vous pouvez encore revenir bien sagement avec moi.
J'ai une arme, Jack, et je compte m'en servir.
Le Doc va me trouer la peau, hein ?
Approchez et je tire.
C'est fini, Doc.
Kate a oubli� de vous donner la poudre.
Vous avez rat� votre coup.
� pr�sent, suivez-moi comme vous auriez toujours d�.
Je ne viendrai pas avec vous.
Vous pr�f�rez que je vous tue, c'est �a ?
Sans doute.
Vous m'y forcez. Vous le savez ?
Je sais.
Nous sommes tous deux des hors-la-loi.
� une diff�rence pr�s.
Vous d�truisez la vie, j'essaie de la pr�server.
Pour la derni�re fois...
Allez-y, tirez et finissons-en.
Ce pays n'est pas assez grand pour nous deux.
Les voil� !
Ligotez-les.
On les a attrap�s.
Une minute, les gars. Vous �tes fous, ou quoi ?
Alors que j'ai r�cup�r� tout votre argent ?
- L'argent ? - Oui.
Le voil�. Je l'ai repris � Big Jack.
O� est Big Jack ?
Il est mort. Il a eu ce qu'il m�ritait.
Vous l'avez tu� ?
Il a �t� abattu
et pr�cipit� dans le ravin, l�-haut dans la montagne,
par notre bon ami
le docteur Meade, ici pr�sent.
Que faites-vous, Jack ?
Je cherche de vieilles frusques. Il va faire froid cette nuit.
Histoire de me tenir chaud.
Prenez la couverture.
Merci beaucoup, Doc.
C'est juste pour cette nuit, j'ai l'intention de partir
de bon matin.
Pourquoi ? Rien ne presse.
Oui, je sais,
mais souvenez-vous de ce que vous avez dit,
ce pays n'est pas assez grand pour nous deux.
Vos hommes voudront l'argent.
Je leur ferai mes adieux.
Et ensuite ?
Je vais retourner dans la montagne,
l� o� vous avez pr�cipit� Big Jack dans le ravin...
voir si je peux encore en tirer quelque chose.
Oui, Jack.
�a doit �tre merveilleux de tout savoir.
�a me rend triste.
Personne ne sait tout, moi encore moins.
Qu'est-ce qui retient les �toiles ?
Je ne sais pas.
Bien s�r que vous le savez.
Vous dites �a par modestie.
Dites-le moi. J'essaierai de comprendre.
C'est Dieu qui retient les �toiles.
Je vous l'avais dit que vous saviez tout.
Doc !
Il y a quelqu'un dehors.
- Qui est l� ? - C'est Patricia.
Patricia ! Je crois que je vais m'en aller.
Pas l�-dedans.
Alex.
Pardon, mais ma s�ur souffre atrocement.
Doc Speed refuse de venir.
Nous avons besoin de vous de toute urgence.
Qui est l� ?
Je vous expliquerai. Attendez-moi ici.
Du whisky !
Je vous avais pr�venu.
�a glace le sang.
Je viens de voir une chose horrible.
C'est ma salle de travail.
Je cherchais du whisky dans l'armoire et...
Quelle horreur !
Partons, je ne crains aucun homme du moment qu'il est en vie.
J'allais partir.
La s�ur de Patricia est au plus mal.
Je vous accompagne, Doc.
Attendez-moi.
Comment va Sarah ?
Et le b�b� ?
Il n'y aura pas de b�b�.
Pas d'enfant ?
De quoi souffre-t-elle ?
Votre femme a ce qu'on appelle un ad�nome cystique.
On peut en mourir ?
Beaucoup de femmes en meurent depuis la nuit des temps.
Elle n'y arrivera pas.
�a d�pend en grande partie de vous deux.
Je vous accorde que l'op�ration n'a jamais �t� tent�e,
mais je m'y pr�pare depuis longtemps.
Je peux percer la paroi abdominale et enlever ce qui la tue.
Vous allez d�couper une personne vivante au couteau ?
Tout juste.
Vous la tuerez.
J'en assume l'enti�re responsabilit�.
Et si vous �chouez ?
Je serai accus� de meurtre.
Alex !
Votre s�ur a d�j� donn� son consentement,
mais je n'op�rerai que si vous et M. Oakes m'y autorisez
vous aussi.
C'est le seul moyen de la sauver ?
� moins d'un miracle.
Dieu accomplira un miracle.
Le miracle de la science.
Allez lui parler vous-m�me.
Que Dieu vous garde.
J'ai int�r�t � filer d'ici.
Attendez. J'ai besoin de votre aide.
Mon aide ?
�a me d�passe que vous ayez besoin de moi.
Je ne puis op�rer sans mes instruments.
Je vais chercher mes hommes...
On n'a pas le temps. �a doit �tre fait aujourd'hui.
Filez chez Tom Speed, le barbier, et prenez tout ce que vous pouvez.
Du tissu pour les pansements et du coton.
Personne ne doit savoir ce que je pr�pare.
J'y cours de ce pas. J'ai compris.
J'ai ressenti un dr�le de sentiment � l'instant,
quand vous avez dit avoir besoin de moi.
Un sentiment que j'ignorais.
C'est quoi ?
Peut-�tre la m�me chose qui retient les �toiles.
Au revoir, Jack, et bonne chance.
Kate...
Je suis venue te pr�venir. Les gars sont fous de rage.
Ils veulent l'argent.
T'en fais pas pour cette bande de serpents.
Je vais chez le barbier chercher des outils pour le Doc.
Tu vas m'aider.
- Tu n'es plus f�ch� ? - Mais non.
- Bonjour, M. Horner. - Bonjour, Miss.
Range �a.
Une dame ne fume pas la pipe le dimanche.
Entre dans cette boutique et ach�te du tissu
et beaucoup de coton.
Si le patron te demande pourquoi, dis que c'est pour des rideaux.
Des rideaux pour la fen�tre du Doc ?
Que diable �tes-vous en train de faire ?
Je me rendais � l'�glise
lorsque le vent a emport� mon chapeau.
Vous escaladiez le mur ?
Vous savez, depuis que Big Jack m'a cogn� sur la t�te,
l�-haut dans la montagne,
je ne sais plus trop ce que je fais.
Puisque nous y sommes, si vous pouviez
me raccourcir les favoris.
Allez-vous-en, je suis ferm�. C'est dimanche.
Je ne vais quand m�me pas aller � la messe compl�tement hirsute.
Ce n'est pas mon probl�me. Allez vous-en.
Je vous �change une bonne bouteille de gn�le
contre une coupe de cheveux faciale.
Go�tez-moi �a.
C'est du costaud.
Il y a int�r�t. Elle est de ce matin.
Asseyez-vous, M. Horner.
Vous allez �tre ras� de pr�s comme jamais dans votre vie.
Je n'aime gu�re votre ami, ce soi-disant docteur,
mais ce n'est pas une raison de vous en faire grief.
Pour tout vous dire,
j'ai beaucoup de respect pour vous.
C'est vraiment du costaud.
Attendez une minute.
Ne vous occupez pas de mon �il, rasez-moi le visage.
Pas les amygdales ! Restez � l'ext�rieur.
Alors, gardez la bouche ferm�e.
�a arrache dr�lement la gorge.
Pas la peine d'arracher la mienne.
Allez donc de l'autre c�t� terminer votre sieste.
Je finirai de me racler le visage moi-m�me.
Avec �a, on voit double et on se sent seul.
Bonsoir, monsieur. Mon nom est C. Petronius Smith,
de chez Moss and Fishback, rasoirs, couteaux et faucilles.
Je viens livrer les couteaux que M. Speed a command�s.
Ce sont les meilleures lames
fabriqu�es dans tout le pays.
Puis-je en faire une d�monstration ?
Faites donc.
On ne s'est pas d�j� vus ?
Vous n'�tiez pas
candidat par hasard ? Au poste de sh�rif...
Sh�rif ?
Dans le Maryland.
J'ai d�j� vu votre t�te sur une affiche.
S�rement pas.
Cette voix ! Ces yeux !
Ces narines ! Big Jack !
Approche. N'arr�te pas de raser, Petronius.
Vous avez bien dit Big Jack ?
Big Jack ? Non, impossible.
Il m'a bien sembl�.
On a la tremblote ?
D�sol�, Big Jack.
Il me semblait bien.
Je disais que je vends aussi un couteau � cran d'arr�t...
Je vous le livre � domicile
� toute heure.
N'attendez pas la nuit, vous risquez de croiser des spectres.
M. Horner loge pr�s du cimeti�re, chez le docteur Meade.
Celui qui a failli �tre pendu ?
Pr�s du cimeti�re ? Non, impossible.
Qu'avez-vous dit ?
Je n'ai jamais dit que Meade �tait un profanateur de s�pultures.
Profanateur de s�pultures ?
Et il est ami avec Big Jack ?
Comme c'est bizarre...
Range donc cette arme.
Entrez l�-dedans, tous les deux.
Allez.
Je dois �tre ivre.
C'est dimanche. Rien de tel qu'un bain pour desso�ler.
Reculez !
Reculez !
Bains chauds
Mes respects, M. le maire.
Bonne soir�e, M. Horner.
Merci. J'esp�re vous voir � la messe.
Comptez-y.
Excusez-moi, je suis press�.
Au secours ! Sortez-nous de l� !
Allez, filons d'ici. D�p�che-toi.
Qu'as-tu sur la t�te ?
Joli, non ? Je n'ai pas pu r�sister.
Voici les instruments. Tends les mains.
Je n'y arriverai pas.
Donne-moi �a.
Enfile-les l�-dedans. D�p�che-toi.
Am�ne tout �a chez les Oakes pour le docteur Meade.
Il est d�j� sur place. Fais vite. Allez.
Une minute.
Tu ne viens pas ?
Je veux voir ce qu'ils mijotent.
Docteur Meade !
Il n'est pas l�.
Je ne puis croire de telles accusations,
mais en tant que maire, je dois tirer cela au clair.
Soit M. Smith est un fieff� menteur
soit le docteur est coupable d'un crime horrible.
Abattez la porte.
C'est quoi ?
On dirait des cartes.
C'est du sang ou alors je suis daltonien.
J'en �tais s�r. Des restes de corps humain.
- De la magie noire. - Charlie !
Vous le reconnaissez ?
Charlie, on t'a mis en bouteille !
Et si je ne m'abuse, ce n'est pas tout.
Saltlick Joe, ouvre donc cette porte.
C'est toi, Putt ?
Putt est encore sorti.
C'est bien Putt. Doc Speed, examinez-le.
Content de te revoir.
Pas moyen de le garder sous terre.
Le jour du Jugement, il ne sera pas d�boussol�.
Je certifie qu'il est mort mais pas enterr�.
- Et maintenant ? - Allons chercher Meade.
O� est-il ?
Je le sais.
Patricia Mahoney m'a dit qu'elle allait le chercher
pour qu'il prescrive des soins � sa s�ur Sarah.
Il y a peu, Big Jack volait mes instruments.
Ils doivent �tre chez Oakes en train de charcuter ta fille.
Je vous demande juste de me laisser l'abattre en premier.
Sarah, �tes-vous en mesure de me comprendre ?
Vous allez fixer cette chandelle sans d�tourner les yeux.
Une torpeur va vous envahir.
Elle vous rendra moins sensible � la douleur.
Tout en fixant la chandelle, vous pouvez prier ou r�citer.
Cela vous aidera � ne pas penser � l'op�ration.
Je peux chanter un cantique ?
Oui, tr�s bien.
Car toi seul Seigneur
es enclin � la mis�ricorde
Les voil�, Doc.
J'ai d'autres soucis pour l'instant.
Du coton.
Mais ils vont vous pendre.
Alors, ne restez pas l�.
Je reste.
De l'eau chaude.
C'est bien sa voix. Nous sommes arriv�s � temps.
Pas de coups de feu. Il sera pendu.
Meade, sors de l� ! Rends-toi !
Sors ou on vient te chercher.
Hors de ma propri�t� !
Baisse ton fusil, John.
Je n'ai qu'une cartouche, mais je compte faire mouche.
Attrapons-le !
- Arr�tez ! - Rentre et barricade la porte.
Je ne vais pas rentrer.
P�re, Sarah mourra si tu t'acharnes.
Ne m'appelle pas p�re, je ne veux plus te voir.
Laisse-nous passer.
Toi aussi, Oakes. On le pendra cette fois.
Sarah chanterait-elle si les choses se passaient mal ?
Quel rapport ?
Tant qu'elle chante, elle vit. Interrompez-les et elle mourra.
C'est vrai qu'elle chante.
Je propose qu'on le pende.
On va peut-�tre un peu vite en besogne.
C'est d'accord, mais � une seule condition.
Si elle arr�te de chanter, on l'attrape et on le pend
sous ce porche.
Barricade la porte.
Est-elle...
Elle s'est �vanouie.
Passez-moi une aiguille.
Elle ne chante plus.
Enfoncez la porte.
Messieurs, on a de la visite.
C'est la bande de Big Jack.
Tu attendais qui ?
Rip van Winkle ?
Je vais vous demander de faire moins de bruit
parce que le Doc est en train d'ouvrir une fen�tre
pour retirer une chose qui n'est pas � sa place.
Ne m'en demandez pas plus.
En tout cas, personne ne va l'interrompre.
Restez tous o� vous �tes
ou je vous ouvre une fen�tre que m�me le Doc ne pourra refermer.
Que personne ne bouge.
Attrapez-le.
Charge-le bien, Kate.
Vas-y, recharge.
Messieurs, vous pouvez me f�liciter
d'avoir accompli avec succ�s ma premi�re op�ration abdominale.
Tu te sens bien, Sarah ?
Un miracle !
Il l'a sauv�e.
Tu ne vois pas ? Il l'a sauv�e.
Comme il en sauvera beaucoup d'autres.
Big Jack est bless� ! Vite !
Redressez-moi pour que je puisse respirer.
De l'eau, vite.
L'ouverture de la fen�tre a �t� un grand succ�s ?
Gr�ce � vous.
Je l�guerais bien ma vieille carcasse � la science,
mais elle est trou�e de partout.
Vous avez d�j� donn� � la science, Jack.
Comment t'as fait pour rameuter toute la bande, mon ch�ri ?
�a a �t� tr�s facile. Je leur ai juste dit
que j'avais enterr� l'argent dans la cave de cette maison.
Je voulais faire tant de choses pour vous, Doc...
mais je n'ai pas eu le temps.
Gr�ce � vous, j'ai poursuivi mon travail.
Vous vous souvenez de notre rencontre,
Patricia ?
Et vous aussi, Doc ?
J'ai gard� quelque chose que je tenais � vous donner.
Vous n'en avez pas voulu la premi�re fois,
mais cette fois, vous accepterez,
car c'est rudement joli.
C'est rudement joli.
Vous �tes un homme merveilleux.
Vous �tes un grand homme, Doc.
Je veux que vous vous souveniez...
Le petit Jack Horner...
Le petit Jack Horner s'assit...
Dans un coin, tr�sor.
Tais-toi, mon c�ur.
Tu m'embrouilles.
Adaptation : Yusuf Samantar d�sincrustation : unheimlich
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