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Original subtitles

S05 E11 Le Jour d'Apr�s

Le 11 novembre, c'est �a qu'il faut faire: un vrai d�fil�, dans la grand'rue.

La t�te haute, libre, bordel.

On peut compter sur vous oui ou non?

Evidemment!

On d�pend enti�rement du fait que vous trouviez ce local radio et que vous le sabotiez.

A terre.

Dans pas tr�s longtemps, la France sera lib�r�e et vous paierez tous pour vos crimes.

Maquis de Villeneuve, en avant, marche.

Aujourd'hui on f�te la grandeur de la France.

... pas la petitesse de ceux qui l'ont trahie.

On l'a chop� alors qu'il d�marrait une voiture.

On va le traiter comme il le m�rite.

Ils vont vous massacrer.

...tous autant que vous �tes.

Les boches arrivent! ... Les boches arrivent!

Vite, vite.

O� est le maquis Antoine?

O� sont pass�s ces petits salopards?

Je ne sais pas.

Pourtant, tu avais l'air de bien les conna�tre, hier.

...en tout cas certains.

C'est des gars du coin, je ne sais pas o� ils sont.

Dis-moi...

... le couteau avec lequel tu as voulu me faire la peau hier...

... c'est celui-l�?

Oh! J'ai pos� une question.

Je voulais essayer de vous faire peur.

Et ben, voyons!

Il voulait me saigner comme un boeuf, oui.

C'est facile de faire le malin quand l'ennemi est � terre, pas vrai?

Il fallait saisir ta chance hier.

Mais dis moi, c'est un bon couteau. Enfin, je veux dire, c'est une lame que tu aiguises r�guli�rement?

Je ne voudrais pas te couper par erreur...

Et bien, dis donc...

Monsieur le Maire! Excusez-moi, mais je n'ai pas l'impression que vos m�thodes d'interrogatoire soient tr�s efficaces.

Vous en avez de meilleures?

Oui.

Poser des questions aux personnes quand ils connaissent les r�ponses, peut-�tre.

Hmmmm!

Ils savent tous o� ils sont!

Moi, je ne crois pas. On en a d�j� interrog� des dizaines. Les maquisards leur ont toujours

servi la m�me chanson: un camp dans les montagnes, on n'a pas le droit de dire o�.

Il suffit qu'un seul ait parl�.

Alors, utilisez vos m�thodes, et moi, je vais voir si ce couteau est vraiment un bon couteau de chasse.

H�, on est les meilleurs.

... et de toute la France!

.. de toute l'Europe.

... du monde!

Oui. Bon, et de Villeneuve. C'est d�j� pas mal.

Messieurs!... Messieurs...

Depuis ce matin, notre r�putation d�passe largement Villeneuve.

Radio Sottens a fait un reportage sur notre d�fil�. Tout le monde en parle.

C'est g�nial!

Et Radio Londres... Londres...Londres. ...annonce un bulletin sp�cial pour ce soir.

Ouais! (Acclamations.)

Mais la mauvaise nouvelle, c'est que �a barde � Villeneuve.

D�j� 40 arrestations.

On parle m�me de d�portation.

Charles... ton p�re a �t� arr�t�.

Avec ton oncle.

Serge, ton fr�re.

Lucien... tes parents.

Ma m�re, aussi?

Oui.

C'est la guerre, les gars.

On savait qu'on prenait des risques.

Pour nous et pour les autres.

Tu ne doutes jamais de rien, toi!

Parfois.

Pourquoi?

Tu savais que �a ferait des pots cass�s, ton d�fil� � la con.

... qu'en dehors d'une bonne partie de rigolade, �a ne servirait � rien.

Excuse-moi, Claude, mais ce n'est pas vrai.

On s'en souviendra longtemps de ce d�fil�.

La r�sistance s'en souviendra, la France m�me.

La famille de Charles, elle se souviendra de quoi?

Du d�fil� ou de ce qui s'est pass� le lendemain?

Bon, allez. Ce n'est pas tout �a, mais il faut pr�parer notre d�m�nagement.

Il faut prendre les gardes, les tours de service, les corv�es...

La f�te est finie, les gars.

Il faut redoubler de vigilance. Ils doivent nous chercher partout, maintenant.

Enfin, vous �tes folle d'avoir pris de tels risques.

Vous imaginez, si quelqu'un vous avait vue?

J'ai fait tr�s attention.

Et j'ai eu de la chance.

Aaaah.

Je croyais que vous ne vouliez pas vous engager.

Marguerite a tellement insist�.

Elle disait que c'�tait essentiel pour la r�sistance, pour vous. Elle a m�me parl� de votre s�curit�.

Je ne comprends pas.

Ce n'�tait pas un succ�s, ce d�fil�?

Une grande chose? Si!

Si. On en a parl� � Lyon cette nuit. Ca va beaucoup nous aider avec Londres, mais...

Je pensais que vous seriez fier de moi.

Mais je suis fier de vous!

Vous avez r�ussi quelque chose de fantastique. Je ne pensais pas que vous en seriez capable. Mais le risque, pour vous, pour moi, pour Marguer

Mais c'est derri�re nous, maintenant.

Mais non enfin, votre Reinhard, il risque de parler.

Marguerite dit que non.

Ecoutez, Marguerite... Marguerite

Elle dit qu'il est amoureux d'elle, et que m�me s'il la soup�onnait, il ne dirait rien, parce que sinon, pour lui, c'est le front russe.

Oui.

Elle a marqu� un point. C'est vrai que s'il avoue qu'il contait fleurette � une fran�aise pendant qu'on sabotait la radio...

J'ai peur, Jules.

Ne vous inqui�tez pas. Maintenant je suis l�.

Vous ne me laisserez jamais, n'est-ce pas?

Bien s�r que non, Lucienne.

La chose n'a pu se produire qu'� cause de complicit�s dans nos services.

De grosses complicit�s!

Nous faisons le maximum sur l'enqu�te.

Je m'investis personnellement

Et votre investissement personnel produit quoi?

Rien... pour l'instant.

Ce qu'il faudrait savoir, c'est qui l'a donn�, ce fameux coup de t�l�phone.

Ca, c'est un d�tail.

Non.

C'est la cl� de vo�te de toute l'op�ration et cela suppose de grosses n�gligences.

Ecoutez, alors, franchement, en la mati�re vous n'avez pas de le�ons � nous donner.

Je vous demande pardon?

Vous pourriez peut-�tre nous expliquer pourquoi vous avez fait lib�rer, il y a deux jours, Daniel Larcher?

Fr�re d'un terroriste qui a tu� un officier allemand et qui cachait lui-m�me un juif recherch�.

... en racontant que c'�tait un informateur alors qu'en r�alit�, il s'agissait du mari de votre maitresse.

Ceci n'a rien a voir avec l'affaire d'hier.

Il faut �claicir un certain nombre de myst�res.

Excellente id�e, j'aimerais savoir par exemple pourquoi votre radio est, comme par hasard, tomb�e en panne, juste ce jour l�.

Votre radio �tait en panne!

Etait. C'est m�me moi qui ait donn� l'alerte � la caserne.

C'est un d�tail.

Allons, allons, Messieurs...

... nous n'allons pas nous chamailler pour des d�tails.

Hmmm, n'est-ce pas?

Herr Schneider et moi, nous n'avons pas envie de visiter la Russie.

.. et aussi curieux que cela puisse para�tre, il semble que vous tenez � vos postes actuels.

... donc, il nous faut, dans les heures qui viennent, des complices sur Villeneuve.

...et la t�te d'Antoine fraichement tranch�e sur ce bureau...

Ceux d'entre nous qui y arriveront s'en sortiront.

Pas les autres.

Que le meilleur gagne.

Je voulais te dire...

Je vais partir.

Quitter le maquis?

Tu m'en passes une?

Non, non. Je fais des r�serves. Les temps sont durs.

Pourtant tu m'en dois une.

Oui? La premi�re.

Quand on s'est rencontr�, une anglaise

C'est vrai, c'est vrai. Regarde.

On est quitte, maintenant.

Et lui?

Tu vas lui dire quoi?

Je ne sais pas. Pourquoi?

Tu as chang� sa vie.

Tout � l'heure il parlait des r�p�titions qui allaient reprendre...

... de quand vous jouerez le remparts devant toute la r�sistance r�unie.

H� bien, je ne sais pas. Je lui dirais que... Pourquoi attendre?

Thierry!

Il y a Claude qui a un truc � te dire.

Oui, pour... eh... pour les provisions...

Quoi?

On va faire bombance: saucisson, jambon, p�t� de porc, du barbier et du comt�

Alors, le comt�, je l'ai coup� en morceaux plus petits, parce que...

Ben, tu n'aimes pas le comt�? Si.

J'aime le comt�, avec du vin jaune.

Ah, �a je n'en ai pas.

Ce n'est pas grave. C'est parfait.

Je me disais, il faut qu'on se rationne. Fin d�cembre, apr�s avoir jou� la pi�ce, on pourrait faire un repas de No�l.

Oui. Oui,oui,oui, oui. C'est... c'est une tr�s tr�s bonne id�e.

C'est une excellente id�e.

Tu peux....

Tu es un salaud quand tu t'y mets, toi.

Toi qui aimes tellement mentir, tu es � court?

Non.

Je partirai, quand il fera nuit, quand vous dormirez tous, sans rien avoir � expliquer � personne.

Tu ne feras jamais �a.

"Demain, d�s l'aube, � l'heure o� blanchit la campagne, je partirai." (Victor Hugo)

Et qui est-ce qui t'attend?

On a interrog� 120 personnes et �a ne donne rien.

Et puis ce n'est pas les pitreries du maire qui vont arranger les choses.

De toute fa�on, la population est contre nous.

Ils ne parleront pas.

Si on �vitait la d�portation � un gars, on pourrait passer un march� avec lui.

Mais il faudrait que les boches nous aident.

Blanchon pourrait leur demander.

Blanchon! Il a �t� le premier � sauter, Blanchon.

Il est d�j� reparti pour Dijon. Ah, c'�tait lui le chef, hein.

Et qui est le chef, maintenant?

Personne.

C'est l'autogestion.

Je ne vous cache pas que si dans 24h on n'a rien trouv�, on sera r�voqu�.

Ou mut� dans les trous � rats.

Et bien, il y a l'histoire de la panne radio.

Quelle panne radio?

A la caserne allemande. Chassagne me l'a racont�e, mais curieusement ce n'est pas dans le rapport que nous ont transmis les boches.

H�, mais on ne peut pas enqu�ter sur les affaires internes des boches.

Encore une fois, il faudrait passer par eux.

Une panne radio � l'�cole.

On pourrait peut-�tre �viter de passer par les boches.

Je quitte Reinhard � l'instant.

Aucun risque de son c�t�.

Expliquez-vous.

Hier, il disait que ce n'�tait pas possible et trop risqu� pour nous deux...

... et aujourd'hui il m'a donn� rendez-vous pour demain matin.

Dans le grenier de la partie allemande qui est d�sert.

Vous croyez vraiment qu'il ne se doute de rien?

Ses cl�s sont tomb�es pendant que... Et puis je les lui ai rendues, quoi!

La co�ncidence, quand m�me.

Quand vous �tes amoureux, vous croyez ce que vous avez envie de croire.

Et puis, s'il parle, c'est le front russe.

Oui, vous l'avez d�j� dit.

Enfin, il a des camarades, des sup�rieurs...

Ils vont lui demander o� il �tait pendant l'alerte. Il va devoir broder, mentir. C'est peut-�tre un bon amoureux mais est-ce un bon menteu

Mais �a, je ne sais pas, hein.

S'il dit o� il �tait vraiment, tout est fini.

Les types du SD, eux, ils ne sont pas amoureux de vous.

Aaaaah, je regrette de ne pas avoir �t� l� hier.

Je pense qu'on va devoir partir.

Quitter l'�cole.

Pour aller o�?

Je ne sais pas!

Vous en Suisse avec Fran�oise, moi dans la clandestinit�.

Et moi?

Merde! Les voil� d�j�.

On pourrait s'enfuir par la rue des gen�ts.

Mais on n'a pas le temps d'aller chercher Fran�oise.

De toute fa�on, c'est des flics fran�ais.

Ce n'est pas si grave.

La radio �a ne les concerne pas directement. C'est s�rement de la routine.

Je vais essayer de les retenir 2 ou 3mn. Vous, vous pr�parez la r�ponse � cette question simple: qu'avez-vous fait hier entre 11 et 14h.

Je pr�parais la f�te de No�l avec Marguerite Martin.

Soyez plus pr�cise.

Vers onze heures, on a v�rifi� les guirlandes...

... la cr�che. L'aur�ole du petit J�sus ne tenait pas tr�s bien...

On a parl� du spectacle, des po�mes, des chansons...

Et �a a pris combien de temps?

Je ne sais pas...

... une petite heure.

Ca nous m�ne � midi, �a.

Et l�, vous avez fait quoi, l�?

On a r�p�t� notre num�ro pour le spectacle.

Votre num�ro?

Oui, je chante et elle m'accompagne � l'accord�on.

Il y a eu un sabotage de la radio allemande, hier.

En dehors des boches, vous �tiez seule dans l'�cole avec Mademoiselle Martin.

Je n'ai rien remarqu� de sp�cial.

Vopus avez d�jeun� avec Mademoiselle Martin, hier.

D�jeun�?

Le menu, en d�tail.

On a partag� une salade d'herbe...

... un rutabaga farci...

... du fromage de ch�vre...

... et une pomme.

Une pomme tr�s acide.

Mais pas mauvaise.

Qu'est-ce que vous avez r�p�t� comme chanson, avec Madame B�riot?

Mon amant de Saint Jean.

Je ne connais pas.

Vous voulez que je vous la chante? Non, non, non.

Vous �tiez o�, dans l'�cole pour r�p�ter?

Dans le r�fectoire.

O� �a, exactement?

De part et d'autre de la grande table en bois.

Laquelle de vous deux �tait du c�t� du mur?

Moi.

Sorbier!

Ram�ne-l� en cellule.

Mais enfin, vous n'avez rien � me reprocher. Pourquoi vous me gardez!

Parce que! C'est comme �a.

Elles sont hors du coup. Tu penses qu'elles se sont mises d'accord!

Non.

Leurs deux versions collent trop bien.

Elles n'inventent pas. Il y a trop de d�tails qui se ressemblent.

Elles n'h�sitent jamais.

Ce n'est pas du bla-bla, c'est de la vraie vie... j'ai l'impression qu'elles sont quand m�me impliqu�es, mais je ne sais pas pourquoi.

Inspecteur Loriot.

C'est Suzanne.

Ca faisait longtemps.

Qu'est-ce que tu veux?

Te voir.

Ah bien, tu ne manques pas d'air, toi.

Moi, c'est comme �a que je respire.

Alors, c'est oui ou c'est non?

Le jardin Garnier, tu connais?

L'entr�e principale 15h.

C'�tait qui?

Un indic.

Il me dit qu'il n'a rien.

Bon. Je vais v�rifier des trucs sur ce qu'elles ont racont�. A tout hasard, demande � Delage qu'il appelle le Saunier pour savoir si Margu

Oui, mais moi, je ne sais pas o� il est, Delage.

Tu sais, c'est dur la vie de flic, hein.

Je suis un type tr�s seul.

Ah bon!

Pas d'horaire, pas de stabilit�...

... personne pour me pr�parer un haricot de mouton pour le d�ner.

Quelqu'un que tu connais?

Laisse-moi seul.

Il faudrait savoir ce que tu veux.

Quelle surprise.

Je ne pensais pas que vous �tiez du genre � aller au caf�.

Et vous avez raison.

Il m'arrive de d�ner ici, mais pas de boire.

D'ailleurs, le caf� est infect.

Un caf�, s'il vous pla�t.

Vous avez du nouveau?

Les jolies femmes dominent le monde.

Ca, ce n'est pas nouveau.

Moi, j'ai du nouveau.

Je cherche une complicit�, chez vous...

Comme vous cherchez des d�faillances chez nous, c'est de bonne guerre.

Je me suis int�ress� � ce type qui s'est fait passer pour le commissaire de Moissey, vous vous souvenez.

Je ne suis pas s�r que l'ambiance soit � l'�change d'information en ce moment.

Aaahhh... Tenez... Moi, j'ai une id�e de qui c'�tait.

... et je vous promets de vous le dire...

... contre rien, comme �a. Par amiti�.

On est ami?

On collabore!

Bon. D'accord. On pense que c'est Vernet qui a appel�, l'ex de chez nous.

Alors, d'o� a-t-il t�l�phon�?

De n'importe o�. N'importe quelle ligne automatique.

Non. Justement ... Pas n'importe laquelle.

En coupant Villeneuve de Moissey, les terroristes ont aussi coup� toutes les lignes automatiques, toutes les lignes automatiques.

... sauf ... trois.

La Kommandantur, le type n'a pas appel� de la Kommandantur...

... le SD,

... le commissariat.

Mais ce n'est pas possible. Il n'a pas appel� du commissariat. On �tait l�.

Absolument, vous �tiez l�.

Votre coup de fil � propos du monument au morts est arriv� � 11h 34, il a dur� 4mn,

trois minutes plus tard quelqu'un a ppel� de ce m�me bureau en se faisant passer pour le commissaire de Moissey.

Vous... en sortant du bureau, vous n'avez vu personne... ni rentrer

Non.

H� bien, merci, inspecteur.

Ce fut une conversation... priv�e tr�s int�ressante.

Je vous laisse r�gler les consommations.

Vous m'aviez promis que vous me diriez qui avait appel�.

Je vous ai menti.

Bon, rappelez-moi d�s que vous avez du nouveau.

Cet abruti de Marchetti n'a rien de solide.

Il pressure les deux connes de l'�cole, mais pour l'instant �a ne donne rien.

Si on pouvait faire �a avec une pince coupante, �a irait plus vite.

Tu veux que j'appelle papa?

Papa, il ne peux rien faire.

A moins qu'il puisse me trouver l'adresse du maquis.

J'ai peur, Jeannine.

Pour la premi�re fois, j'ai peur.

Ta carri�re ne d�pend pas de la mairie de Villeneuve, quand m�me!

Ce n'est pas le fait de perdre la mairie... Si je la perd, je la reprendrai.

Mais je resterai le maire de la ville du d�fil� du 11 novembre.

Ma carri�re � Paris est fichue.

Et si c'est un mal pour un bien?

Je suis un type qui a besoin d'avancer, tout le temps.

Etre bloqu�, comme �a , pour des ann�es, je ne supporterai pas.

Pourvu qu'ils le trouvent, ce petit con!

Vous croyez qu'ils vont nous r�interroger?

S�rement.

Et puis ils se lasseront.

En tout cas, bravo.

C'�tait une bonne id�e de d�crire le d�jeuner qu'on avait fait la veille.

Mentir en utilisant du vrai.

C'est imparable.

Je n'y avais jamais pens�.

Ce n'�tait pas vraiment vrai.

C'�tait quand m�me un vrai d�jeuner. On a vraiment mang� ce qu'on a dit.

Dimanche au lieu de lundi.

J'ai mal au ventre.

Vous avez peur?

Vous savez, ce qui s'est pass� entre nous hier...

... c'est mal.

Moi, j'ai trouv� �a bien.

Ca me fait mal.

Vous, alors!

Vous choisissez bien votre moment et votre lieu.

Qu'est-ce que vous voulez que je vous dise?

Vous voulez que je m'excuse?

J'aime Jules.

Et Kurt aussi, non?

Vous nous lib�rez?

Ca, je ne sais pas, Madame

Asseyez-vous.

Vous avez l'air tendu. Ca va?

Je n'aime pas laisser ma petite.

Ne vous inqui�tez pas. Vous allez pouvoir la retrouver.

On a v�rifi� vos d�clarations. On n'a rien trouv� de sp�cial.

Loriot!

Vous relisez. Si vous �tes d'accord, vous signez l�.

... et l�.

Je vous fais confiance.

Merci.

Bon. Et bien, ce sera tout.

Vous pouvez y aller.

Ah, au fait...

... il �tait bon, le rutabaga farci?

Vous voulez bien me donner la recette?

Je vais la donner � ma femme de m�nage.

C'est juste un rutabaga �vid� et de la farce.

Lucienne, donnez-lui votre recette.

C'est comme les tomates farcies, sauf que les rutabagas il faut les peler.

Donc on va trouver les pelures dans la poubelle de votre cuisine, c'est �a?

Les pelures? Oui, de rutabaga.

Les poubelles passent le dimanche et le mercredi.

Alors, si vous avez d�jeun� hier comme vous dites, et bien dans la poubelle de la cuisine, on va trouver les pelures de rutabaga.

Ou au moins un trognon de pomme.

Il y a quoi, dans votre poubelle, Madame B�riot?

Je ne sais pas.

Peut-�tre que Maxime l'a vid�e... Non.

Non. Il m'a dit qu'il n'avait touch� � rien.

Qu'est-ce qu'on va trouver, dans cette poubelle?

Il n'y a rien.

Je vous conseille d'aller vous asseoir.

Ca veut dire qu'il y a un trou d'une heure dans votre emploi du temps d'hier, Madame B�riot.

Exactement l'heure du sabotage.

Vous �tes li�e au maquis Antoine?

Vous savez o� il est?

On n'a rien � voir avec tout �a.

Alors vous �tiez o� pendant le d�jeuner.

On regardait le d�fil�.

Dans les combles.

Non. Non, vous n'avez pas pu mentir pour �a.

Tout Villeneuve l'a regard�, le d�fil�.

Ce n'est pas un crime.

On t'a demand� de saboter la radio, connasse.

L�chez-la.

Je peux tout vous expliquer.

On a...

On n'a pas d�jeun�, hier...

On �tait dans la chambre de Marguerite...

Pour regarder le d�fil�. Bon et bien, �a va maintenant.

Non.

Pas pour regarder le d�fil�.

Pour faire quoi, alors?

Des choses...

Quelles choses?

Des...

Des ... des....

... choses qui ne se racontent pas.

Elles ont fait quoi?

Vous pouvez v�rifier � la Brigade Mondaine.

A Paris.

J'ai �t� arr�t�e deux fois.

En 38 et en 40.

Je suis fich�e comme invertie.

Je vous en prie. Vous ne dites rien � mon mari.

On a le num�ro de la Mondaine, � Paris?

V�rifie.

Ya!

On a v�rifi� votre histoire.

Elle est vraie.

Vous �tes libres.

Vous, si vous ne me renseignez pas r�guli�rement sur ce que vous avez vu � l'�cole, vous aurez des soucis autrement plus grave que ceux q

Commencez � trouver des informations sur le sabotage de la radio.

Vous revenez ce soir, on vous fait une fiche d'informatrice.

C'est clair?

On nous convoque � la derni�re minute comme des hommes de peine!

C'est quand m�me incroyable!

C'est toujours comme �a.

Je vous ai d�j� parl� de mes statistiques concernant l'attente sur cette banquette?

Non.

C'est peut-�tre du nouveau sur l'enqu�te.

Nous, qu'est-ce qu'on a?

Rien.

Marchetti croyait tenir une piste � l'�cole, mais finalement, �a n'a rien � voir.

Monsieur Chassagne Philippe?

Oui.

Par d�cision du troisi�me Sonder Feldkriegsgericht de Besan�on... (tribunal militaire allemand sp�cial)

... j'ai ordre de vous arr�ter.

Quoi!

Et de vous conduire � la prison de Villeneuve.

D�cision de qui?

Servier!

Je proteste.

Pour les r�clamations, adressez-vous au bureau 14.

... section 3

Mais enfin, je suis encore votre ami.

Servier!

Monsieur le sous-pr�fet...

Le Maire de Villeneuve vient d'�tre arr�t� par vos services, c'est un scandale.

Vous voulez le rejoindre?

Allez.

Ah, Servier.

Je suis d�sol�.

Vraiment. Venez.

Enfin?

Monsieur Chassagne est un collaborateur fid�le.

Mais il est ausi Maire de Villeneuve.

C'est � dire premier policier de la ville.

Notre enqu�te a montr� que les terroristes avaient b�n�fici� d'importantes complicit�s au sein de votre police.

Malheureusement, nous n'avons pas pu identifier nomm�ment un de ces policiers complices...

... sans quoi, �videmment, les choses seraient diff�rentes.

Je ne vois pas ... en quoi l'arrestation du Maire de Villeneuve va arranger vos affaires.

ou les miennes.

Il n'est pas question d'arrestation, Servier.

Berlin voulait des ex�cutions en masse...

... nous n'allons en faire qu'une.

Vous devriez �tre content.

En repr�sailles au d�fil� du 11 novembre, Monsieur Chassagne sera fusill�.

Demain � l'aube.

Je vous laisse pr�venir sa femme.

Tu es venu seul?

Tu as peur que je pr�vienne la police?

Tu as l'air en forme.

Deux ans sans donner de nouvelles!

Je ne savais m�me pas si tu �tais toujours vivante.

Dans la clandestinit� ou au parti, qu'est-ce que tu voulais que je fasse?

T'envoyer des chocolats pour No�l? Non.

Une carte postale de temps en temps, �a n'aurait pas �t� du luxe.

Surtout de la part d'une ancienne posti�re.

Je suppose que c'est Larcher qui t'am�ne.

Tu peux faire quelque chose?

Bien s�r.

Je vais appeler Adolph et lui demander de lib�rer imm�diatement mon vieux copain Marcel.

Fais ce que tu voudras.

Si tu savais combien de fois j'ai r�v� que tu me dises un truc pareil.

Depuis deux ans.

Toutes les filles que j'ai fais souffrir � cause de toi.

Je n'ai pas le temps de pleurer sur elles.

Antoine...

... si tu veux, je suis � toi.

Comment tu pourrais �tre � moi, puisque c'est pour lui que tu fais �a?

Tu sais, l'amour �a rend con...

... mais il faut quand m�me un minimum pour qu'on puisse y croire.

Ravi de t'avoir vue. Toi aussi tu as l'air en forme.

Je suis s�re qu'il y a une solution.

Il a tu� un officier allemand, Suzanne.

Et puis ils sont comme des fous, apr�s ce qui s'est pass� hier.

Si tu veux vraiment sauver la peau de Marcel, il nous faut celle d'Antoine.

Et dans les heures qui viennent.

Tu sais o� il est?

Tu le sais ou tu ne le sais pas?

Ecoute...

Je vais partir...

... tout doucement.

Et si tu veux parler... et bien, tu m'appelles.

Prends soin de toi.

Ca ne vous g�ne pas de manger comme �a, devant moi?

Non.

Vous n'�tes pas cens� �tre partageux?

Pas avec les fascistes.

C'est les latrines.

Non.

Alors c'est quoi?

C'est la maison de Robert.

Un ami.

Mais l�, il est parti se promener.

Si ce n'est pas les latrines, elles sont o�?

Petite et grosse commission.

Je peux vous dire que d�s demain on aura des latrines.

Demain....

On m'a dit qu'on venait nous chercher dans la journ�e.

Pour aller o�?

Vous bluffez.

J'aimerais bien.

Ils n'oseraient pas, quand m�me...

Qu'est-ce qu'on va dire � Jules?

A propos de quoi?

Pourquoi ils nous ont laiss�es partir?

Ne vous inqui�tez pas.

Je trouverai bien.

Je vais lui broder quelque chose.

C'est mon mari, Marguerite.

Pas le v�tre.

Et vous voulez m'obliger � lui mentir encore?

Ce n'est quand m�me pas ma faute, non?

Oui. Mais je sens que vous y prenez plaisir.

Mentir, mentir � Jules, mentir aux autres, et �a c'est de votre faute.

Qu'est-ce qu'on va lui dire.

Oh!

Oh, j'�tais fou d'inqui�tude!

Alors? Aucun probl�me.

C'�tait long mais facile.

Nos versions concordaient parfaitement.

Ils se sont cass� les dents � essayer de nous prendre en faute.

On ne vous a pas soup�onn�?

A peine.

Ils sont assez nuls, vous savez.

Marchetti n'est pas idiot.

Non, le seul petit probl�me, ce sont mes moeurs.

En fouillant dans mon dossier, ils ont vu que j'�tais... Et alors?

Je suis cens�e devenir indicatrice de Marchetti.

Ah, �a ce n'est pas tr�s grave.

Puisqu'on va tous d�guerpir assez vite.

Quand?

Je ne sais pas. D'ici quelques jours.

Ca va?

Fanfan a mang�? Elle dort.

Je vais la voir.

Elle est formidable, ma Lucienne, hein?

Oui.

Elle est formidable.

Mon ch�ri...

Pas de contact physique, s'il vous pla�t.

Qu'est-ce qui se passe?

On ne t'a pas dit?

Qui veut ta peau? Pourquoi?

Ils cherchent un bouc �missaire.

Mais tu serais le dernier qu'ils prendraient pour �a!

C'est Muller.

C'est lui qui m'envoie ici.

Mais enfin, pourquoi! C'est lui qui t'a mis la t�te dans la pur�e, pas l'inverse.

J'ai fais une connerie, Jeannine.

Hortense Larcher...

C'�tait pour me venger. Ce n'�tait rien, c'�tait.. une fois.

Ca ne sert � rien.

Je ne ressens rien pour cette fille.

Ah oui, tu t'es forc� m�me! Non.

Mais, tu comprends...

Tu vois...

Je pensais que tu te trompais depuis des semaines en collaborant de plus en plus...

... mais cette erreur l�, je la comprenais...

Elle me touchait, m�me.

La collaboration est la seule chance de la France.

Mais me tromper avec Hortense Larcher!

Quel manque de tact.

Il faut que tu appelles ton p�re, il peut peut-�tre nous sortir de l�.

Je croyais qu'il ne pouvait rien sur rien.

Mais enfin, Jeannine tu me fais une sc�ne comme si c'�tait une crise ordinaire. Ils vont me fusiller!

J'esp�re qu'elle en valait la peine.

Jeannine!

Je viens voir le commissaire Marchetti.

Mademoiselle Martin.

Je deviens une vraie vedette!

Il vous attend dans le bureau du fond.

Entrez.

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