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S05 E08 Les Trois Coups.
Monsieur Schwartz.
On me dit que nous avons rendez-vous?
Je ne suis pas au courant.
Je ne savais pas que vous aviez repris vos fournitures � la Wehrmacht
Qui vous a dit de venir?
C'est � dire que...
Tumulte, cris et coups de feu.
A gauche, � gauche, � gauche..
Poussez-vous.
Cris d'affolement.
C'est bourr� de boches, l�.
On n'y arrivera jamais.
Donnez-moi ce baiser...
... garant de notre amour.
Je ne sais si je dois.
Cesse donc tes d�tours.
Allez-y.
Le public attend �a depuis une heure de spectacle.
He, tu es marrant, j'aimerais bien t'y voir.
Ce n'est pas compliqu�.
Allez, reprenez au vers pr�c�dent.
Donne-moi ce baiser garant de notre amour.
Concentrez-vous, s'il vous pla�t.
Donne-moi ce baiser, garant de notre amour.
Je ne sais si je dois.
Cesse donc tes d�tours.
Tu ne la tiens pas bien, tu ne la tiens pas bien.
Tu es fou d'elle. Tu es fou d'elle, bon sang. Tu r�ves � �a depuis des jours, des semaines.
Allez!
Donne-moi ce baiser, garant de notre amour.
Je ne sais si je dois.
Cesse donc tes d�tours.
Antoine est revenu!
Ils sont revenus!
Il est o�, Marcel?
Vous avez vu Marcel?
Je ne sais pas.
Vous avez vu Marcel?
Vous �tes les plus forts!
Il est rest� l�-bas.
Il s'est sacrifi� pour neutraliser une sentinelle.
Il est mort!
Non, mais ils l'ont pris.
Il n'a pas pu monter dans la voiture, on �tait oblig� de partir. Ils lui ont tir� dessus.
Je comprends.
Ahh!
Vos camarades avaient forc�ment des complices pour faire un coup pareil.
Qui les a renseign�?
Je ne sais pas!
Comment savaient-ils � quelle heure vous arriveriez?
Je ne sais pas.
Lorsque j'en aurai fini avec vous...
... vous me supplierez de vous achever.
Vous entendez?
Je ne sais pas.
Moi, je sais.
Vous vous �tes lev�e t�t, dites-moi, ce matin.
Fran�oise n'a pas ferm� l'oeil de la nuit.
Ah bon!
Je ne sais pas comment vous faites pour dormir avec quelqu'un qui pleure � deux m�tres de vous, mais moi, je n'y arrive pas.
Surtout quand c'est ma fille.
Moi, quand je dors, je dors.
Je sais.
Vous donnerez �a � Marguerite.
C'est les partitions qu'elle attend, Elles viennent d'arriver.
Donnez-lui vous-m�me.
Je suis d�j� en retard.
Pour aller o�?
Lucienne... A tout � l'heure.
Christine...
Il ne faut pas pleurer comme �a. D'accord?
Christine...
Rends lui sa poup�e?
Oui. Non. Elle est � moi.
Quand vous �tes de surveillance � la r�cr�ation, vous �tes cens�e surveiller.
Quoi?
Christine, tu lui rends sa poup�e.
Non. Elle est � moi!
Christine, tu lui rends la poup�e.
C'est pour vous. L�chez cette enfant.
Je vous demande pardon?
Allez jouer plus loin, les enfants.
Christine, si tu recommences, �a va barder. Tu as compris?
Enfin, Lucienne, qu'est-ce qui se passe?
Lucienne...
Tenez, c'est de la part de Jules.
Vous �tes s�r que Raymond y �tait?
MON Raymond!
Plusieurs t�moins l'ont reconnu.
Du vin, tavernier!
Ca devient comique.
Moi, �a ne me fait pas rire.
Il �tait avec son beau-fr�re, l�, le fameux maquisard, Antoine.
Effet d�plorable.
Nous payons notre manque de fermet�.
Ce n'est pas possible!
Raymond, mais enfin, il d�teste la politique.
Vous avez lanc� un avis de recherche?
Bon, et bien c'est bon. N'en rajoute pas!
Les allemands doivent d�j� suffisamment s'agiter.
Mais enfin, Jeannine... Raymond n'est pas seulement ton ex-mari...
...un entrepreneur important qui bascule dans la r�sistance.
Vous savez.. les entrepreneurs, ils vont dans le sens du vent.
C'est � dire?
Ils �taient plut�t collabo... ils le sont moins.
On ne se met pas � faire des choses comme Raymond.
Non.
Ch�rie, je pense que tu ennuies Monsieur le Maire et Madame.
Pas du tout.
Depuis septembre, la r�sistance fait passer un message aupr�s des entreprises...
... aidez-nous financi�rement, il en sera tenu compte � la lib�ration.
Vous voulez dire que la r�sistance va leur faire payer une esp�ce d'imp�t.
En quelque sorte.
Ne me dites pas que ces abrutis paient!
D'apr�s les services de la production industrielle, plus de la moiti�.
La moiti� donne � la r�sistance?
Oui, bon, enfin, on ne sait pas vraiment.
Pour moi, tout �a c'est... c'est des on-dits.
C'est tr�s exag�r�.
Tu sais tr�s bien que c'est vrai.
Vous ne trouvez pas qu'il me regarde bizarrement, le type l�-bas?
Regardez, il cache quelque chose dans sa poche.
Philippe!
Pourquoi vous me regardez comme �a?
Monsieur, je ne vous regarde pas.
Qu'est-ce que vous cachez dans votre poche? Montrez-moi.
Tout va bien, Monsieur le Maire?
Tout va bien, tout va bien.
Mais enfin, on ne peut pas abandonner Marcel comme �a.
Ecoutez, pardonnez-moi d'�tre direct, mais...
... � moins d'un miracle...
Alors inventez-moi un miracle.
Il y aurait �ventuellement un moyen.
Lequel?
Quand j'�tais maire, j'ai bien connu un juge militaire allemand � Besan�on...
... il a comp�tence sur Villeneuve.
Si je lui parlais, il pourrait peut-�tre commuer la peine de Macel en... en travaux forc�s � perp�tuit�, en Allemagne.
Vous dites �a pour qu'on vous lib�re.
Il s'agit de la vie de mon fr�re!
Et quoi? Il vous suffirait d'aller voir votre juge, comme �a?
Non!
Il faudrait de l'argent.
Beaucoup d'argent.
L'argent, on n'en a pas.
Nous non plus. Attaquer une banque ou une poste en ce moment...
Moi, je peux en trouver.
Comment?
Bah, si on vend la scierie � Jeannine.
Je peux en tirer, je ne sais pas moi, dans les...
... 300 mille?
Ca devrait suffire.
Attends, mais maintenant, Jeannine doit savoir que tu es recherch�.
J'en fais mon affaire.
Pas si �a permet de remonter jusqu'� nous. Elle est mari�e � cette ordure de Chassagne, tout de m�me.
Mais si on ne revient pas, vous n'aurez qu'� d�m�nager.
Je te dis que j'en fais mon affaire.
Bon, j'essaye ou je n'essaye pas?
C'est notre seule carte!
J'ai l'impression, oui
Alors oui
Alors, vous me lib�rez?
Vous direz quoi, si on vous demande d'o� vous venez?
Je broderai.
De toute fa�on, ne vous inqui�tez pas. A Moissay, il n'y a que ma compagne et les enfants qui m'attendent.
Allez-y.
Non... Ne regrette rien.
Arnolfe... oublie donc... tes tourments
... je m'en vais mourir bien. Je m'en vais mourir bien...
Je m'enfuis en chantant...
Je chante...
... � chaque instant.
Je chante � chaque seconde.
Je chante.... qu'il n'y a... qu'il n'y a que l'amour.
qu'il n'y a que l'amour qui donne un sens au monde
Et elle meurt. Point final.
qu'il n'y a que l'amour qui donne un sens au monde.
C'est toi qui a �crit la pi�ce!
Qu'est-ce que tu racontes?
Laisse-moi. Je travaille.
C'est toi!
Non, c'est Bernstein. Moi, je ... je ne fais que copier un exemplaire.
Rends-moi �a.
C'est fantastique d'�crire comme �a!
Pourquoi tu te caches?
De quoi tu te m�les!
Il n'y a que l'amour qui donne un sens au monde.
C'est beau!
Non. Ce n'est pas beau. C'est nul.
Pourquoi tu dis �a!
Parce que!
Je ne suis pas encore pr�t.
Il faut que tu jures que tu ne diras rien � personne.
Si tu veux.
Jure!
Mais enfin... Jure!
Sur la t�te de la personne que tu aimes le plus.
Il n'y a personne que j'aime le plus.
Il y a quelqu'un que tu aimes, quoi!
Il y a forc�ment quelqu'un que tu aimes.
Jure.
Oui, je jure.
Sur la t�te de quelqu'un que tu aimes?
Oui.
Oui.
Et sinon, tu voulais quoi?
C'est bien, ce qu'il a r�ussi � faire, Antoine, non?
Oui.
Tu ne trouves pas?
Tu sais, j'ai lu dans le journal qu'il y avait un type qui avait r�ussi � franchir les chutes du Niagara dans un tonneau de bois.
Et alors?
Et alors... Ca ne les a pas rendues navigables.
Je ne comprends pas.
Laisse tomber, Ce n'est pas grave.
Laisse moi. Je travaille.
H�!.... Motus.
Jules?
Qu'est-ce que vous voulez?
Vous parler.
Ca concerne la vie de l'�cole?
Non.
Non.
Alors, je n'ai pas le temps. Je dois m'occuper de Fran�oise.
Je suis s�re qu'elle dort, sinon vous ne seriez pas l�.
Je n'ai pas envie de vous parler.
Mais enfin, je croyais qu'on �tait amies.
Amies!
Ah oui.
Quand on est amies, on se dit la v�rit�, hein?
Je vous ai toujours dit la v�rit�.
Ah oui? J'ai vu la photo de Camille, dans votre chambre.
Et alors?
Qu'est-ce que �a change?
Les gens comme vous, il faudrait les enfermer.
Marcel?
Marcel!
Marcel.
Qu'est-ce que tu fabriques encore?
Rien.
Fais voir tes mains.
Non!
Fais voir tes mains ou j'appelle papa.
Mais tu es fou!
Si papa voit �a, il va....
Tu veux une cigarette?
Nooon.
Quel jour on est? Jeudi.
Quelle heure est-il?
Aucune id�e.
Les boches, ils m'ont piqu� ma montre hier.
Ils t'ont tortur� longtemps?
Je crois.
Tu as parl�?
Je ne crois pas.
Moi, j'ai peur de parler.
Je n'ai pas parl�.
... parce que je ne savais rien de ce qu'ils voulaient savoir.
... sinon, j'aurais s�rement parl�.
Marie est encore malade?
Couvre-feu!
C'est vrai. Il faudrait que je lui obtienne un ausweiss, sinon tu va terminer femme au foyer.
Tr�s amusant.
C'est incroyable, hein.
Quoi donc?
Cette histoire d'imp�t-r�sistance.
Il y a tellement peu d'hommes courageux dans ce pays! Moi �a ne m'�tonne pas.
Quand m�me... S'ils le paient, cet imp�t, c'est... que...
C'est que quoi?
C'est que... ils ne croient plus � la France de P�tain.
Et toi, tu y crois?
Et bien, oui, j'y crois.
Je n'en suis pas s�r.
Mais enfin, �videmment que j'y crois.
Tu passes ton temps � critiquer le r�gime.
... laisser entendre que rien ne va...
Parce que tu trouves qu'il y a quelque chose qui va, toi?
Non. Mais ce n'est pas en payant l'imp�t-r�sistance que �a s'arrangera.
Ceux qui ont �a m�ritent une balle dans la nuque et quand nous seront vraiment au pouvoir , ils l'auront leur balle, crois-moi.
Non, pas maintenant.
C'est l'heure de payer ton imp�t collaboration, moi, je suis ravi.
Tu tires dans le vide?
Quand on n'a pas de munitions!
Je voulais vraiment te remercier.
Pourquoi?
Je n'ai pas fait �a pour vous, vous savez
Peu importe pourquoi tu l'as fait. Mon fils est libre.
Et vous avez remerci� Raymond, aussi?
Sans lui, je n'aurais rien pu faire, vous savez.
Tu aimes bien m'asticoter, hein?
Non. Pas sp�cialement.
Tu as une petite copine.
Dans le maquis, �a manque de femmes.
Avant le maquis.
Avant le maquis, j'�tais avec Jos�phine.
... et Raymond.
Si vous voulez vraiment me remercier...
... donnez-nous des armes.
On n'en a pas.
Enfin, on en avait une et maintenant, c'est toi qui l'as.
Vous me racontez des chars, vous en avez forc�ment d'autres.
Tout � l'heure il y a une r�union du service maquis pour pr�parer le 11 novembre...
... tu n'auras qu'� demander des armes.
Pr�parer le 11 novembre?
Vous allez faire quoi?
C'est �a le sujet de la r�union, d�cider ce qu'on fait.
Si tu as des id�es, tu es le bienvenu.
Allons donc ma ch�rie, laissez-moi m'approcher.
Peur de dire oui, puis de le regretter.
Allons donc, ma ch�rie, laisse moi m'approcher.
Peur de dire oui, puis de le regretter.
J'ai toujours voulu faire du th��tre.
Pourquoi vous n'en avez pas fait?
Oh... j'ai trop peur.
Donne-moi ce baiser garant de notre amour.
Je ne sais si je dois.
Mais cesse donc tes d�tours.
Il faut apprendre � �tre � l'heure, Marguerite.
... surtout dans ce type de rendez-vous.
Je fais ce que je peux.
Bon. J'ai besoin d'un service.
Dites-moi.
Vous sentez l'alcool?
Si t�t le matin?
On a tous nos mauvais moments, non?
Qu'est-ce qui vous arrive, Marguerite, vous �tes bizarre depuis hier.
Rien!
Vous �tes dans la r�sistance, maintenant. Vos probl�mes deviennent nos probl�mes.
Un chagrin d'amour, �a ne concerne pas la r�sistance, �a.
Si �a vous fait boire trop!
Ecoutez, je tiens tr�s bien l'alcool, �a ira.
Vous avez beaucoup de peine, on dirait.
Je vous dis que �a ira.
Vous devriez en parler avec Lucienne. Elle vous aime beaucoup, vous savez. Elle peut �tre de bon cpnseil.
Que voulez-vous que je fasse pour la cause?
Je devais aller � une importante r�union...
...dans le maquis Ribaucourt pour pr�parer le 11 novembre.
Et vous ne pouvez pas y aller?
Je suis convoqu� par les patrons du mouvement � Lyon.
Je dois r�diger un rapport sur nos activit�s, pr�parer le voyage...
Et vous voulez que j'aille � Ribaucourt � votre place.
Vous �coutez... et vous me rendez compte?
Le foyer est � 3 heures. C'est � deux bonnes heures en v�lo et � pieds.
Tr�s bien.
J'y serai. Oui.
Merci.
Votre juge allemand, l�... vous croyez que �a peut marcher?
J'esp�re.
Il faut qu'on ait de la chance
Pourquoi vous vous entendez si mal avec Marcel?
Je ne sais pas.
On n'a pas les m�mes id�es.
Sur quoi? Sur la politique?
Sur tout!
Pourtant, je crois qu'il vous aime bien.
Il vous a parl� de moi?
Parfois.
Et... il dit du bien de moi?
Non.
Mais entre fr�res �a ne veut rien dire, �a.
Je crois que vous �tes une sorte de ... mod�le pour lui.
Moi? Le maire apparent� centriste, anti-front populaire, et puis mar�chaliste et collabo...bah , �a m'�tonnerait!
Il dit que vous cherchez toujours le compromis, mais....
.. vous �tes toujours juste.
... et sinc�re.
Ah bon.
Dommage qu'il ne l'ai jamais dit � moi.
Ca va mieux?
Non.
Ca pourrait �ttre pire.
Tu n'as pas faim?
Non.
Tu devrais manger, quand m�me.
Peut-�tre.
Il y a beaucoup de choses que j'aurais d� faire et que je n'ai pas faites.
On en est tous l�.
Oui. Haaaa.
Ahh.
Aaaaah.
Tu as peur de la mort?
Pas vraiment.
Ce qui m'emb�te c'est de partir sans avoir revu mon fils.
Il a douze ans.
Il s'appelle Gustave.
Tu as une femme?
Elle est morte en 40.
La mienne aussi.
Elle est morte en couches.
Mais je n'�tais pas avec elle.
Et le b�b�?
Il est devenu quoi?
On me l'a vol�.
On te l'a vol�!
Le m�decin qui a accouch� ma femme quand elle est morte, il a pris l'enfant.
Sa demme m'a fait arr�ter par un flic collabo pour m'�loigner.
Quelles ordures!
C'�tait o�?
Ici. A Villeneuve.
Le type c'est le docteur Larcher.
Apr�s, je me suis enfui.
J'ai mont� un maquis avec d'autres r�publicains espagnols.
Bien des fois je me suis dis il faut faire quelque chose, et puis....
Je n'aurais pas pu m'occuper d'un b�b�.
Je me demande comment ils l'ont appel�.
Si c'esit une fille, j'aurais aim� qu'on l'appelle Laetitia.
Laetitia, �a veut dire joie.
Et sa m�re, elle �tait pleine de joie.
Maria, venez.
Vous devez passer sous les tapis, aussi.
Enfin, je ne comprends pas. Vous ne passiez pas sous les tapis, dans votre ancien emploi?
Bien, Madame.
Tssss!
C'est insens�!
Tu m'en sers un?
Mais tu es fou!
Et si Philippe �tait l�?
Ecoute, d'apr�s ce torchon, ton Philippe est en train de d�corer les m�res de famille au Secours National...
Qu'est-ce que tu veux?
Un whisky.
Puisque vous en avez!
J'ai appris pour ta femme.
Je suis vraiment d�sol�e.
Sinc�rement.
C'est par elle que tu t'es retrouv� dans la r�sistance?
Ecoute, je souhaite te vendre la scierie.
Ton prix sera le mien. J'ai besoin de liquide,vite.
Tu l'aimais vraiment, Jos�phine?
Je ne suis pas venu pour parler de �a.
Qu'est-ce qui n'a pas march� entre nous, Raymond?
La scierie.
Le bois.
Ca ne sert plus � rien aujourd'hui.
Des casemates en b�ton, des filets de camouflage...
... la r�paration de chars.
J'ai fait vingt millions de chiffre ce premier semestre, alors ta petite scierie, franchement...
Je vois, oui.
Et bien, �coute, il me reste � te souhaiter un bon second semestre alors, hein.
Attends.
Je pourrais �ventuellement la racheter, ta petite scierie.
... disons, deux cents mille francs?
Tu es gentille, �a vaut le double!
Il me semble que tu n'es pas en position de n�gocier, l�.
Et puis deux cents mille francs , �a te laisse partir en Suisse et voir venir, non?
D'accord! Tu as de l'argent, ici?
Une condition.
C'est que les deux cents mille francs soient consid�r�s par tes chefs...
Je n'ai pas de chef.
Oh, ne joue pas sur les mots.
... soient consid�r�s comme un versement de Schwartz-B�ton � la r�sistance.
Quoi!
Oui; oui tu m'as tr�s bien entendu.
Racheter la scierie, c'est... jetter de l'argent par les fen�tres.
Aider la r�sistance, sans que personne ne soit au courant, je dis bien personne...
... c'est autre chose.
Comment �a, elle veut aider la r�sistance? C'est une blague!
Et alors? J'ai l'impression qu'en ce moment, l'argent n'a pas d'odeur, non?
Ca me fait gerber, moi. Les Chassagnes assurent leurs arri�res pour la lib�ration.
Ecoute, la lib�ration, si jamais elle a lieu, ce n'est pas pour demain.
Jeannine propose de payer deux cents mille francs. C'est la seule chance de Marcel.
Tu penses qu'il serait content de sortir gr�ce au fric de Madame Chassagne?
Je n'en sais rien.
Je me garderais bien de parler pour lui. Tu vois.
Mais je ne te comprends pas, toi. Tu �tais en t�le avec lui, tu n'as pas envie qu'il sorte?
Pas � n'importe quel prix.
Les collabo qui ont du sang sur les mains, ils devront payer.
Avec leur sang. Jeannine n'a pas de sang sur les mains.
Enfin, Raymond, elle vit avec Chassagne.
Elle r�pare des chars, elle fabrique des casemates. Tu appelles �a comment?
Et bien, moi aussi jusqu'� l'ann�e derni�re, je faisais des casemates.
Tu es encore tellement li� � elle?
Tu m'emmerdes.
Il ne s'agit pas de Jeannine, il s'agit de Marcel.
Sauver sa peau ou pas.
Elle propose du fric, on le prend.
Apr�sn en ce qui concerne Jeannine et la justice, et bien on verra bien.
Il sera encore temps de changer d'avis.
D�cid�ment, vous ne croyez en rien.
Je crois en la vie.
Ca n'a pas r�ussi � ta femme.
Je n'aime pas trop, ce genre de finasserie, moi.
Si on accepte ses conditions, on met un doigt dans l'engrenage.
Ou alors, on prend son fric...
... mais, si elle veut qu'on en tienne compte, comme un geste fait � la r�sistance...
... elle nous aide � saboter Schwartz-B�ton.
Quoi!
Madame Chassagne veut aider la r�sistance, bon...
... avec beaucoup de r�pugnance on va l'accepter...
... mais, pour prouver son patriotisme, elle va nous filer toutes les info dont on a besoin.
Horaires, surveillance, transport...
...et les anglais sauront s'en servir.
Ca m'�tonnerait qu'elle marche.
Mais c'est � prendre ou � laisser.
Tu es un bon commercial. Tu arriveras bien � lui vendre l'id�e.
Vous n'�tes pas � votre r�union?
Ma r�union?... Ah, non, non.
Ecoutez, j'ai une tuile qui me tombe dessus. Je dois partir � Lyon pour mes activit�s.
A Lyon!
Ne vous inqui�tez pas. La ligne, on la passe comme dans du beurre, maintenant.
Et Marguerite me remplace pour la r�union, voil�.
Elle a des soucis, Marguerite, en ce moment, je crois.
C'est le moins qu'on puisse dire.
Vous �tes au courant de quelque chose?
Ecoutez, Jules, �a va vous faire un choc.
Marguerite, elle... elle...
Et bien allez-y. Marguerite...
Quoi?
Je cherche mes mots.
Et bien, prenez les plus simples.
Marguerite...?
C'est une invertie.
Quoi!
Elle est d�rang�e, Jules.
Elle a la photo d'une femme sous son oreiller.
Ah, c'est juste �a!
Comment �a, juste �a?
Euhhh vous m'avez fait peur. J'ai cru qu'elle �tait de m�che avec les boches.
Mais, enfin, Jules, une invertie!
Et... elle prend les petites filles dans ses bras!
Ecoutez... mais moi aussi, je prends les petites filles dans mes bras. Qu'est-ce qui vous arrive?
Et comment vous le savez?
Peu importe!
Je le sais. Je lui ai dit que je le savais et elle n'a pas ni�.
Ah oui, �videmment, c'est... c'est un peu...
Bon. Tant que �a ne s'�bruite pas...
Vous n'en avez parl� � personne, j'esp�re?
Ah non, bien s�r.
Et bien, qu'est-ce qu'on va faire?
Mais qu'est-ce que vous voulez qu'on fasse?
Ben, vous n'allez pas la garder, quand m�me!
Mais je ne vois pas en quoi ces penchants particuliers nous regardent.
Ah bon.
Vous trouvez �a normal.
Je ne vous dis pas que c'est normal, mais... il faut de tout pour faire un monde, Lucienne.
Jean-Louis. Je suis de T�moignage Chr�tien.
Anselme.
Et toi, tu es qui?
Le patron du maquis qui nous accueille: Antoine.
C'est toi, le coup de la Kommandantur?
Ouais.
Chapeau.
Ta t�te me dit quelque chose.
J'�tais flic � Villeneuve, il y a encore un an.
Ah! Personne n'est parfait.
Et lui, c'est qui?
C'est... mon... mon adjoint.
Toi aussi, tu �tais � la Kommandantur?
Non. Moi, je ... je suis le penseur du groupe.
Le penseur?
Claude.
Qui c'est cette fille?
Je connais.
B�riot n'a pas pu venir?
Il a une r�union � Lyon.
Vous �tes en retard.
Bon. On d�marre?
Je n'ai pas envie qu'on s'�ternise.
Ordre du jour: le 11 novembre.
Les consignes des mouvements sont claires: il faut marquer le coup d'une fa�on ou d'une autre.
Sans prendre trop de risques �videmment.
Des id�es?
Les gars pensaient mettre un bouquet de fleurs sur les monuments aux morts.
... dans 3 ou 4 villages.
... sans boches �videmment.
Oui.
I faut quand m�me sortir un tract, le balancer, je ne sais pas moi, d'en haut de l'�glise en pleine messe.
"Bient�t la victoire", un truc comme �a.
On ne peut pas sortir un tract en deux jours, ou alors un vieux...
Et si on demandait aux enseignants de lire des po�mes en classe?
... des po�mes � r�sonance patriotique.
Tordu, compliqu�.
Et puis �a ne touche que les m�mes.
On pourrait faire sonner les cloches � l'�glise de Gournais.
Le cur� est des n�tres.
Excusez-moi. Euhh...
Mais, tout ce que vous proposez, pardon, c'est nul.
Indigne de la r�sistance.
Tu proposes quoi?
Le 11 novembre, c'est... C'est le jour de la victoire...
... du d�fil�, oui, bon, �videmment, on ne peut pas faire de d�fil�, mais...
Mais il faut faire une action d'�clat.
Qui marquera les esprits.
Du genre?
On attaque la sous-pr�fecture.
On rafle tout. On enl�ve le sous-pr�fet.
On le juge et on innonde le coin de tracts sur son proc�s.
Attaquer la sous-pr�fecture! Et tu fais �a comment?
Donnez-moi des armes.
J'ai dix gars qui s'entra�nent depuis des semaines.
Certains savent se battre.
Ils br�lent de se battre.
Attaquer une sous-pr�fecture...
Il y a des gendarmes, des GMR, des boches pas loin. M�me si on y arrive les repr�sailles seraient terribles.
Ce n'est pas s�rieux.
A la Kommandantur aussi on me disait que ce n'�tait pas s�rieux.
Petit, � la Kommandantur tu as eu de la chance.
Ca m'a sauv� la vie.
Et je t'en serais toujours reconnaissant, mais...
... elle a raison, l�.
Ton truc, ce n'est pas s�rieux.
Bon. On vote sur les monuments aux morts.
Qui est pour?
Parfait.
Je vous laisse choisir les villages.
On pourrait faire un autre truc, aussi, quand m�me.
Et le ... penseur pense � quoi?
Une grande f�te avec tous les maquis du coin.
On fait un immense feu de camp...
On boit, on danse, et on chante La Marseillaise.
Oui, on oublie le feu de camp. Ca se voit de troploin �a .
Eh bien, tant pis. On fait une f�te quand m�me.
Et clou du spectacle...
...on joue une pi�ce de th��tre.
Du th��tre!
Ca fait des jours qu'on la r�p�te.
Ce serait sympa...
J(en faisais au coll�ge, c'est des bons souvenirs.
C'est quoi la pi�ce?
Une pi�ce de Henri Bernstein.
Un juif, c'est bien, en ce moment, non?
C'est une pi�ce qui n'a jamais �t� jou�e.
J'aime bien l'id�e d'une f�te entre nous...
Bon. La proposition du penseur est adopt�e.
Oui.
Pas d'opposition � ce qu'il coordonne la f�te des maquis?
Non.
C'est bon.
Bon. C'est ton id�e. A toi de la mettre en oeuvre.
Cadeau empoisonn�.
Au revoir.
Au revoir.
Je t'avais dit que je la jouerais, la pi�ce.
Sarah!
Sarah?
Gustave.
C'est curieux de ne pas savoir si c'est un gar�on ou une fille.
Enfin, moi, je suis s�r que c'est une fille.
Je l'ai imagin�e comme �a, une petite brune aux cheveux longs, comme sa m�re.
Je la vois qui sourit et qui rit aux �clats.
Une fois, je l'ai m�me dessin�e dans le maquis.
... et il y a eu une pluie terrible, et j'ai perdu le dessin.
Ton fils, � toi, il te ressemble?
Non, pas vraiment.
Plut�t � sa m�re.
Il a ses yeux, sa bouche...
Tu as fait des choses avec lui?
Oui, enfin, comme �a, quoi.
Tu sais, quand on milite, on n'a pas beaucoup le temps.
Du v�lo.
Oui. Un peu.
Du football.
Oui, aussi, oui.
Tu lui racontais des histoires, le soir?
Non. Ca c'�tait plut�t sa m�re.
Et puis quand elle est parti c'�tait la guerre alors...
Oui, je comprends.
Moi, ma fille dans le maquis, je lui racontais des histoires.
Tous les soirs.
En espagnol.
Alberto Rodriguez.
No pasaran
Feuer!
On ne peut pas �tre pr�t dans trois jours.
Tu es malade d'avoir propos� �a!
On peut �tre pr�t, on va �tre pr�t.
C'est une question de volont�.
On n'a m�me pas m�moris� tout le texte.
Mais il y aura un souffleur et puis au pire, vous improviserez.
Mais eu... jouer une fille devant tout le monde... Entre nous, �a va...
... mais devant tout le monde...
Thierry!
Il faut que je te dise un truc.
Le plus ancien th��tre, le plus grand, le plus extraordinaire, tu sais ce que c'est?
Non.
Le th��tre japonais.
Le kabuki invent� en mille six cents et des poussi�res
Il n'y a rien de plus beau que le kabuki.
Ah bon! Oui.
Et dans le kabuki, c'est les hommes qui interpr�tent tous les r�les masculins, f�minins. Des hommes et c'est le plus beau th��tre du mon
C'est vrai?
Tu seras une Ariana formidable.
Tu as la force d'un homme, la gr�ce d'une femme, la sensibilit� d'un enfant, tu es un acteur.
Tu es un acteur, Thierry.
Et plus tard, tu seras un grand acteur.
On y va?
Oui. Allez, on reprend.
Sentinelles!
Charles, s'il te pla�t.
Au pied de nos remparts, je regarde l'horizon...
Il est plein de barbares hostiles � nos maisons.
Non, �a ne va pas.
Ecoute, je ne peux pas �tre pr�t dans trois jours.
Si!... Si. Ce n'est pas s�rieux.
Tu nous a toujours dit qu'on devrait la jouer quand on serait pr�t et l� on n'est pas pr�t.
Mais, on est pr�t.
Tu dis n'importe quoi.
Ca suffit.
Charles!
N'insiste pas.
Charles!
Tu ne peux pas nous laisser tomber!
C'est un peu court, jeune homme.
Ah, �a va!
Qu'est-ce qu'on fait?
Et bien... on le remplace.
Tu veux jouer Golfo?
Avec le temps qui nous reste, je ne peux pas jouer et mettre en sc�ne.
Moi, je peux jouer.
Toi? Puisque c'est notre action du 11 novembre.
Autant en faire partie.
Tu ne peux pas jouer.
Acteur, c'est une vocation.
Je ne peux pas? Non.
Sentinelles!
Non, allez-y.
Au pied de nos remparts, je regarde l'horizon...
Il est plein de barbares hostiles � nos maisons.
Bien le bonsoir, capitaine.
Je m'appelle Ariana.
Je suis une boh�mienne. Je ne vous d�range pas?
Passez votre chemin, Madame.
Je suis de garde.
Aujourd'hui, mon destin, c'est tromper la camarde.
C'est que je suis en peine. J'ai perdu mon chemin.
Je ne puis le passer, car ne le connais point.
Et o� allez-vous donc?
Au pied des quartiers nord.
Retrouver vos parents?
H�las. Tous deux sont morts.
Tu connais le texte.
C'est � force de t'�couter faire tes conneries depuis des jours.
La m�moire, dans la strat�gie militaire, c'est essentiel.
File moi le texte. En trois heures, je l'apprends.
T'es vachement bien.
Ca me touche.
Venant d'un pro...
Mais....
Je voudrais essayer un truc...
Attends. Vous venez?
Non, non, non. Vous n'aurez pas une seconde chance.
Allez, venez, venez, venez...
Thierry!
Tu es tr�s bien, l�.
C'est juste pour voir ce que �a donne...
... avec une vrai femme.
Vous avez une bonne m�moire?
Bah, �a va.
Sentinelles.
Au pied de nos remparts, je regarde l'horizon...
Il est plein de barbares hostiles � nos maisons.
Bien le bonjour, capitaine, je m'appelle Ariana...
Viens, �claire-les.
Bien le bonjour, capitaine, je m'appelle Ariana...
Je suis une boh�mienne. Je ne vous d�range pas?
Passez votre chemin, Madame.
Je suis de garde.
Aujourd'hui, mon destin c'est tromper la camarde.
C'est que je suis en peine, j'ai perdu mon chemin...
Je ne puis le passer car je ne le connais point.
Et... et o� allez-vous donc?
Au pied des quartiers nord.
Retrouver vos parents?
H�las! tous deux sont morts.
C'est fantastique!
Vous devez absolument jouer.
Vous faites un couple formidable. On va casser la baraque.
Et le texte?
Il nous reste 48h pour l'apprendre et...
au pire on l'�crira sur de grands panneaux. On fait �a, au conservatoire...
... mais vous devez jouer.
Elle est superbe, non?
Ouais... elle est superbe.
S'il vous pla�t, reprenez.
Sentinelles!
Marguerite, cest la fleur, non?
(conversation confuse)
Gustave! Mais vous �tes � Villeneuve, alors?
J'ai eu tellement peur!
Passe-moi Sarah.
Comment �a, elle n'est pas l�.
Mais, elle est o�?
Vous �tes avec tata?
Et bien, passe la moi.
Je ne vous d�range pas, Docteur?
Qu'est-ce qui vous prend? Aaaaahhh!
Heureusement qu'un voisin nous a pr�venu de votre retour.
O� est Sarah Meyer? A�e!
La petite youpine qui �tait l�, l'autre jour.
Ne vous inqui�tez pas, vous allez la rejoindre.
Tr�s bient�t
(cris r�p�t�s)
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