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Original subtitles

Un village fran�ais S05 E04

(Bruit de la pluie qui tombe � verse)

Ca a boug�, l�-bas

Oui.

Il ne faut tirer qu'� coup s�r.

Toujours penser aux munitions.

Je crois qu'ils sont l�.

Il y a quelqu'un derri�re le buisson.

Taisez-vous, putain!

Ils vont nous entendre.

Enfin, �a fait une demi heure qu'on attend, l�.

A la guerre, on attend, Claude. On a froid, on se fait chier et on attend.

Tu l'as faite, la guerre?

On ne va pas discuter de �a maintenant.

Pan! Pan!

Vous �tes morts, les gars.

Ce n'est pas vrai!

Bravo aux rouges!

Ils nous ont mis la p�t�e.

Mais, merde! Tu �tais cens� surveiller le fond et l'arri�re, au lieu de discuter.

Quand ce sera les boches et les miliciens, c'est notre peau qui sera en jeu.

Tu ne comprends pas, �a?

Ca ne sert � rien de regarder devant.

L'ennemi, ce n'est pas un lapin de garenne, il ne sort pas l� o� tu l'attends.

Tout �a c'est parce qu'on fait semblant, avec des faux ennemis, des faux fusils.

On ne fait pas semblant. On s'entra�ne bon sang!

Il flotte, bordel! On ne peut pas s'entra�ner quand il fait beau?

Et quand est-ce qu'on aura des armes?

Des vraies?

Je ne sais pas.

Ca fait trop longtemps. Et quand est-ce qu'on va se battre, � la fin?

Bah, quand on aura des armes, je suppose.

Bon, allez, ceux qui ne sont pas de corv�e de bois ou de garde, on se remet en place.

Cette fois-ci c'est les bleus qui attaquent, et les rouges qui d�fendent.

Hein, les gars.

Tu sais, l'article dont je t'ai parl�, tu devrais y jeter un coup d'oeil.

Heinrich?

(d�clic � vide du pistolet)

Qu'est-ce que tu fais avec �a?

Quelle arme formidable.

L�g�re, partique, solide, facile � monter et � d�monter.

On dirait une arme allemande!

Aaah. La RAF l'a parachut�e cette nuit en pleine for�t.

C'est une patrouille � nous qui l'a eue.

J'aurais pr�f�r� qu'on prenne ceux � qui c'�tait destin�.Mais quel bel objet.

L'article dont je t'ai parl�...

... il s'agit d'un officier...

... un officier fran�ais, mais enfin, peu importe...

... une balle dans la colonne vert�brale, juste � c�t� de la moelle �pini�re, comme toi...

Tu veux qu'on devienne correspondants, qu'on �change nos radiographies?

... il s'est fait op�rer gr�ce � une nouvelle m�thode et il n'a plus mal.

Vraiment.

Apr�s quatre mois de convalescence, le patient � recommenc� � marcher avec des b�quilles...

Arr�te!

Ton cher mari m'a parl� de cette op�ration il y a tr�s longtemps, quand j'�tais son patient.

Et alors?

Et alors?... une chance sur six de rester paralys� des bras et des jambes.

Une chance sur six, ce n'est pas si �norme pour ne plus avoir mal.

Une chance sur six!

Ah tiens, une chance sur six.

Non. Heinrich!

Une chance sur six.

Ce n'est pas si �norme...

Arr�te!

Arr�te!

Heinrich! (il tire)

C'est quand m�me un risque, non?

Un mois sans nouvelles.

Tu m'avais dit qu'il donnerait des nouvelles.

Et bien, je me suis tromp�.

Ca m'arrive. Ca m'arrive souvent, m�me.

Mais enfin, tu n'as pas compris ce qu'il �tait pour moi?

Est-ce qu'au moins tu es s�r qu'il n'a pas �t� arr�t�?

Non. Non, je pense que Servier me l'aurait dit.

Mais tu n'es pas s�r.

Il se peut que Servier ne le sache pas, par exemple si c'est les allemands qui l'ont pris. Dans ce cas...

Il y a des choses que tu ne me dis pas.

Ah non, je t'assure.

Quand tu es rentr� du campement, il y a un mois...

... quand tu as racont� ton engueulade avec lui, est-ce qu'il t'a dit quelque chose d'autre?

Il m'a dit qu'il voulait faire de la r�sistance.

Et le fermier dont il t'a parl�... Anselme...

... il n'a pas de nouvelles, lui?

Non.

Mais le r�sistant qui l'a fait changer d'avis...

...�a avait l'air d'�tre un type bien.

Je ne sais pas. Je ne sais pas.

Et �a ne sert � rien de sp�culer comme �a.

Ton fr�re, il a fait un choix. Un choix qui ne me plait pas certes mais tu dois le respecter.

On �tait tellement bien, tous les trois.

Ecoute, la guerre finira et il reviendra. Voil�.

Je vais aller le voir.

Dis-moi o� c'est. Non!

C'est ta peau et la mienne que tu risques.

Et la sienne, par-dessus le march�.

Trois....Quatre...

Cinq... Allez...Six...

Sept... Plus haut. Plus haut. Plus haut.

Monte plus haut... Ca ne sert � rien. C'est dans la t�te.

Je n'y arrive pas!

C'est dans la t�te. Tu y arrives.

En place, remets-toi en place. Allez.

Un.... Deux...

Trois...

Ah!

Alors... qu'est-ce que vous allez leur faire chanter de beau, � nos chers bambins?

Douce France de Charles Trenet.

Je ne connais pas.

Je l'ai entendu, l'autre jour sur Radio-Paris.

J'ai eu un mal fou avec la partition.

Vous l'avez recopi�e vous-m�me quinze fois � la main?

Chapeau!

Ca donne quoi?

(elle chante) Douce France, cher pays de mon enfance...

Berc�e de tant d'insouciance...

Je t'ai gard�e dans mon coeur...

Pour trouver la France douce, en ce moment, il faut se lever de bonne heure.

Trenet, ce n'est pas un mar�chaliste.

Quand je pense qu'au d�but, lorsque vous �tes arriv�e...

Bin, quoi?

... on n'avait pas tout � fait confiance en vous.

A cause de la lettre.

Oui.

Maintenant, vous avez confiance?

Je crois.

Tout �a parce que j'ai une meilleure descente de vin rouge que vous!

(il rit) Non.

Vous avez un bon fond.

Mysr�rieux, mais bon.

Vous en �tes vraiment s�r?

Oui.

Alors, laissez-moi faire de la r�sistance avec vous.

Je croyais que vous aviez confiance.

Oui, mais pourquoi vous voudriez faire de la r�sistance?

Je ne vous dis pas que j'en fait, hein.

Parce que je n'aime pas les nazis.

Je n'aime pas Vichy.

Je n'aime pas l'ordre.

Monsieur B�riot.

Alors, pourquoi vous �tes rentr�e dans l'enseignement?

Pour les cancres.

(il rit)

Ah... Bon, �coutez, si j'entends parler de quelque chose, je... je vous en parlerai.

Bonne continuation.

Merci.

Et alors, Messieurs?

Ces groupes de r�fractaires, vous en �tes o�?

Marchetti?

H� bien, on en connait un.

Un groupe d'une vingtaine.

Dirig� par un type qui s'appelle Antoine.

C'est le beau-fr�re de Raymond Schwartz.

Bravo.

On n'est pas forc�ment responsable de sa famille.

Ils sont quelque part dans les montagnes au-dessus du bois de Mareuil.

Par ici.

On n'est pas compl�tement s�r.

Et vous ne faites rien?

On ne fait rien parce qu'ils ne font rien, monsieur le Maire.

Ils ont juste tu� trois soldats allemands.

Monsieur Chassagne, vous avez des informations que nous n'avons pas.

Je suis assez proche du chef local de la milice en zone sud, le capitaine Janvier.

Ah oui, la milice, vos petits b�rets noirs.

Et alors?

Selon lui ce sont des r�fractaires du STO, r�fugi�s dans le bois de Mareuil qui ont attaqu� votre camion.

Un groupe dirig� par un certain Antoine.

Ils ne sont m�me pas arm�s!

Qu'est-ce que voous en savez?

Parce qu'on en a encore pris un qui d�sertait il y a quelques jours.

On l'a fait parler et on l'a balanc� au STO.

Ils s'ennuient. Ils ont faim, ils ont froid, ils r�vent de gloire, mais ils ne sont pas arm�s.

Ils peuvent en recevoir � n'importe quel moment.

Ils repr�sentent une provocation contre la collaboration.

Contre le Mar�chal, contre la France.

Mais, enfin, le STO, c'est cens� vous int�resser au premier chef, non?

Oui, oui.

Mais comment font-ils pour survivre?

Manger, boire.

Ils se d�brouillent.

Chasse, p�che... les racines, les fruits... la nature, quoi!

Le paradis!

Nous devrions lancer une attaque d'envergure contre cette vermine. Et je sais que la milice y est pr�te.

La milice n'a rien � faire chez nous, en zone nord.

Ce qui m'int�resse, ce sont les terroristes qui ont tu� nos trois soldats.

Je vous dis que ce sont eux.

Moi, je vous dis que c'est impossible.

Dans le doute, �crasons-les.

Si on arr�te le fameux Antoine et qu'on le juge publiquement, vous imaginez l'impact?

On remplira enfin les quotas du STO.

Je ne vais pas gaspiller mes forces pour �craser vos petits scouts.

Mais je vous annonce que nous allons faire ex�cuter dix des otages que nous avons pris ces derni�res semaines.

Et je veillerai � ce que ce soit des gens originaires de Villeneuve.

Et nous continuerons ainsi tant que les coupables du meurtre de nos trois soldats n'auront pas �t� livr�s.

C'est tout. Merci, messieurs.

Non, mais il exag�re aussi, Antoine.

Tu veux dire... il veut d�cider de tout, l�!

Il n'�coute rien, ni personne.

Moi, si �a continue, je me barre.

Moi aussi.

Pour aller o�?

Moi, Antoine, je l'aime bien. Tu l'aimes bien...

Parce qu'il ne ment jamais.

Non, mais, s�rieusement, est-ce qu'on va vraiment passer l'hiver comme �a?

A faire des pompes et attendre.

Sans savoir ce qu'on attend.

Oui, on sait attendre.

Attendre quoi?

La mort, �videmment.

Quoi d'autre?

Quoi? Vous n'y pensez jamais, vous, � la mort?

Bin non, pas trop.

Enfin, le moins souvent possible.

Moi, j'y pense souvent.

Ah! Tu la vois comment, hein?

Quans tu y penses, tu la vois...

Je ne sais pas. Je ne crois pas.

On ne peut pas voir la mort.

Moi, je la vois.

Euh... Si, je la vois.

C'est une grande femme habill�e de noir...

... s�che et rid�e...

... qui me fait face mais... ne me regarde jamais dans les yeux...

... elle a de mauvaises dents...

... des ongles sales...

... et des yeux enfonc�s dans les orbites, tellement enfonc�s que pour les voir...

... il faudrait se rapprocher.

Si tu te rapproches, alors tu respires son haleine pestilentielle.

Elle est souvent l�.

(il prend une voix aig�e) Alors, monsieur Claude, quand est-ce que vous allez venir me voir?

(avec sa voix) Oh, oh, oh, le plus tard possible madame, le plus tard possible.

(voix aig�e) Et pourquoi pas maintenant?

(voix normale) Mais attendez!

Je suis encore jeune, je n'ai presque rien fait.

(voix aig�e) Faire, faire. A quoi bon faire puisqu'� la fin j'arrive et je d�fais tout.

(voix normale) Je voudrais faire quelque chose de grand.

Voil�, je voudrais que l'on se souvienne de moi.

Apr�s vous, bien s�r.

(voix aig�e) Apr�s moi?

(voix normale) Apr�s ma mort.

(voix aig�e) Mais je ne suis pas votre mort.

Je suis LA mort, la m�me pour tous. Tarif unique. Je ne prends pas les tickets de rationnement.

... mais si vous ne voulez pas venir, je vais en prendre un autre.

Peut-�tre lui?

... ou bien lui...

... ou alors lui.

A moins que vous ne pr�f�riez attendre.

(il claque dans ses mains) Elle dispara�t.

Elle s'envole.

Alors, vous voyez que ce n'est pas si mal, d'attendre.

Je ne peux plus rien faire, Madame. Aucun service allemand ne nous vendra de la morphine. Nous sommes trop surveill�s.

Mais enfin, par qui?

Par les hommes de Kollwitz.

Par les services internes du SD.

Bon, mais du c�t� fran�ais il doit bien y avoir une solution. Les gens trafiquent avec tout pourquoi pas la morphine?

Je ne sais pas, Madame.

De toute fa�on il faudrait de l'argent.

(elle soupire) Merci, Ludwig.

Allez, les derniers, on se d�p�che.

Allez, allez, allez.

Je reste un petit peu, d'accord?

Avec un peu de chance, la guerre sera finie.

Ca va aller?

Qu'est-ce qui se passe?

Il vient d'apprendre que son p�re �tait d�port� en Allemagne.

Il a �t� pris dans la rafle d'hier.

(il renifle) Ursule, �a va aller.

Laissez-moi tranquille.

Tu sais, c'est dur en Allemagne, mais il va revenir bient�t.

Ca, on ne sait pas.

Ursule, tu sais ce qu'on va faire?

Regarde-moi. Regarde-moi, �coute-moi.

Tu sais que le bon Dieu, il voit tout ce qui se passe...

... je vais aller � l'�glise, br�ler un cierge pour ton papa.

D'accord?

Je penserai tr�s fort � lui.

Et je prierai pour lui. Je prierai le bon Dieu pour qu'il veille sur ton papa.

Dieu, il ne fait pas tout ce qu'on lui demande, mais si on lui demande tr�s fort, avec son coeur, alors il entend.

Tu es d'accord?

Oui.

Tu peux le raccompagner chez lui?

D'accord.

Ah, pauvre gosse!

C'est le cinqui�me de l'�cole dont le papa est pris.

Depuis que Chassagne est maire, �a va de mal en pis.

Vous venez avec moi?

O� �a?

A l'�glise.

Votre classe est finie.

Et on ne sera pas trop de deux pour prier.

D'accord.

Bonjour.

Madame?

Je suis venue voir Cyprien, il est l�? A moins que ce ne soit vous?

H�las, non.

Cyprien?

Merci.

Madame?

J'ai quelque chose � vendre.

Apparemment, vous servez d'interm�diaire dans... diff�rents trafics.

Je ne vois pas de quoi vous voulez parler.

J'ai vu votre dossier au SD.

Ne vous inqui�tez pas. Si je voulais vous nuire, je m'y prendrais autrement.

J'ai quelque chose � vendre, enfin non ... � �changer.

Quoi?

C'est quelque chose qui a beaucoup de valeur et qui vient de Londres.

Londres?

Ca me parait un peu dangereux, tout �a, Madame.

C'est si vous ne m'aidez pas que �a va devenir dangereux.

Vos trafics int�ressent s�rement la police fran�aise, non?

Est-ce que vous pourriez me faire rencontrer quelqu'un?

Je connais quelqu'un. Il faut que �a vaille le coup.

Il ne se d�placera pas pour rien.

Je veux �tre pay�e en morphine.

Vous avez une voiture un ausweis donn�?

Oui.

Soyez ce soir � 22h devant le 18 de l'avenue Cl�menceau.

Soyez seule.

Elle est jolie, cette �glise.

Vous ne trouvez pas?

Je ne sais pas.

Je n'y fais plus attention.

Zut! je n'ai pas de monnaie.

Ah! Moi non plus.

Je pensais que...

Bon, et bien maintenant qu'on est l�...

On ne peut pas mettre de cierge si l'on ne met pas de pi�ce.

A la guerre comme � la guerre.

On en mettra une demain.

Je ne sais pas si c'est bien.

Surtout quand on prie pour quelqu'un d'autre.

On en mettra deux demain.

(elle rit) Ca vous va?

Comme vous voulez.

(bruits de chaises)

Notre p�re qui �tes aux cieux...

... que votre nom soit sanctifi�...

... que votre r�gne arrive...

... que votre volont� soit faite sur la terre comme au ciel...

Et le maquis? Rien de neuf?

On a encore ramass� un gars, mais je ne sais pas s'il y allait ou s'il en sortait. Enfin... le truc habituel, quoi.

Mais visiblement, ils ont boug�.

Messieurs.

Monsieur le Maire.

Vous venez... porter plainte, peut-�tre.

Plut�t vous dire un mot.

Allez-y.

En particulier.

Allez, laissez-nous.

Je veux que vous localisiez pr�cis�ment le maquis Antoine et que vous le mettiez hors d'�tat de nuire.

Je veux livrer la t�te d'Antoine � Kollwitz.

Je ne comprends pas. Vous n'�tiez pas � la r�union, ce matin?

Il m'a sembl� vous y avoir vu.

C'�tait peut-�tre votre jumeau.

Vous aimez quand Muller me contrarie, n'est-ce pas?

Ca m'est compl�tement �gal.

Ce cher Muller.

Je me demande si �a lui serait compl�tement �gal d'apprendre que vous avez descendu un douanier allemand.

Je vous demande pardon.

Pauvre douanier p�re de famille.

Il s'appelair Rudolph Schmutz, mari�, trois enfants.

Dans le civil, il �tait prof de sciences naturelles.

Il patrouillait pr�s de Ligny le vieux.

Un beau matin de novembre, il a eu le malheur de croiser votre route.

Je ne vois pas du tout de quoi vous parlez.

Marchetti....

J'ai le rapport balistique des boches, j'ai la fiche de cette arme que vous avez soi-disant perdue...

... trois mois apr�s. M�me moi, je peux voir que �a correspond.

Je vous tiens.

Vous ne tenez rien du tout.

Vous savez quoi? Ca ne me fait ni chaud ni froid d'aller en prison.

Je pensais bien que vous diriez un truc comme �a.

On m'a dit "Marchetti est impr�visible, on ne sait jamais � quoi il tient..."

Alors j'ai fait ma petite enqu�te... Rita Wittemberg, �a vous dit quelque chose?

Elle est dans un camp de regroupement de youpins, en Suisse, pas loin de la fronti�re

Les suisses, chez qui j'ai quelques bons amis s'appr�tent � expulser un bon millier de ces youpins. Enfin.. c'est � dire de les remettre

Un seul mot de moi, et votre Rita part rejoindre sa m�re en vacances en Pologne.

Vous bluffez. Vous brodez � partir des ragots que vous a racont�s Loriot.

La t�te de cette fille contre la peau d'un chef d'un maquis.

Ce n'est pas cher pay�.

Je vous la laisse l�?

Au revoir.

Messieurs.

Tu sais? Hmm?

La guerre s'ennuie. Je trouve que l'entrainement ne se passe pas trop mal.

Je croyais que contrairement � moi, tu n'aimais pas mentir.

Et bien je veux dire... en tout cas, ils progressent.

Non. Ils s'ennuient, ils ne progressent pas. Et alors? Qu'est-ce que tu veux que j'y fasse?

Ca les occupe.

Ca nous occupe.

Elle est bonne, la bouillie de ch�taignes, aujourd'hui.

Thierry, chapeau pour les ch�taignes. Tu deviens un chef.

J'ai mis des herbes. C'est bon, alors?

Succulent.

Non, mais l'entrainement, moi, je trouve cela tr�s bien.

Ce n'est pas l'impression que tu donnes.

C'est dur, mais n�cessaire.

C'est comme la bouffe, les corv�es de bois,les forts boyard, tout �a, mais il faudrait d'autres activit�s.

On n'a pas d'armes.

Non, je pensais � des activit�s de l'esprit.

Du genre...?

Je ne sais pas... On pourrait faire... du th��tre.

Du th��tre? Hmm. Ici?

Bin, la nature, c'est un cadre formidable.

C'est le premier, le meilleur.

On n'est pas venu ici pour faire les idiots sur une sc�ne... On fait la guerre.

Avec des faux fusils, des faux soldats, des faux ennemis.

Pourquoi on ne pourrait pas faire du th��tre?

Parce que c'est du temps perdu!

Du temps perdu!

Tu te fiches de moi. Ici on n'a que �a, du temps.

On est envahi par le temps, il d�borde, le temps.

On ne risque pas de le perdre.

Ils n'en ont jamais fait, de th��tre.

La plupart ils ne doivent m�me pas savoir ce que c'est.

Et bien, ils apprendront.

Je croyais que tu �tais �l�ve au conservatoire, pas prof.

Tu es officier de carri�re, toi?

Enfin... Bon... Supposons, vous pr�parez votre spectacle ou je ne sais pas quoi...

Une pi�ce. Une pi�ce.

Tu vas la jouer � la mairie?

...ou � la Kommandantur?

Tu ne la joueras jamais ta pi�ce.

Aucune importance.

Aucune importance?

Pas de texte, pas de com�diens, pas de public, mais il faut jouer.

Ca c'est un d�but de th��tre.

Tu es vraiment cingl�!

Antoine!

Visiteur.

Tu m'as tellement manqu�!

Ca va?

Comment tu as fait pour venir ici?

Raymond m'avait parl� du fermier Anselme.

Je lui ai fait croire que j'�tais enceinte de toi.

Et qu'il fallait que je te vois pour te l'annoncer.

Enceinte de toi, c'est dr�le, non?

Raymond sait que tu es l�?

Non. On s'est disput�.

Il serait furieux s'il savait.

Il aurait raison.

Tu n'as rien � faire ici.

C'est dangereux pour moi et pour toi.

Tu ne peux pas me reprocher de vouloir te voir, quand m�me.

Ecoute, Jo... je suis content de savoir que tu vas bien...

... mais tu ne peux pas rester ici.

Quelqu'un va te raccompagner.

Non, pas tout de suite.

Pas comme �a!

Quelqu'un va te raccompagner.

C'est bon. Ca va.

Je trouverai mon chemin.

Ce n'est pas ce qui m'inqui�te...

Jo...

Laisse-moi.

Je t'ai rammen� du lard.

D�sol�e, mais l�, je n'ai pas fait de soupe.

Alors...

De toute fa�on, pour que �a ait du go�t, il faut laisser mijoter.

Ce sera pour une prochaine fois. ce n'est pas grave.

Vous avez des probl�mes?

David.

C'est un joli pr�nom, tu ne trouves pas?

Ca fait un peu juif, quand m�me!

Tu as quelque chose contre les juifs, toi?

Ils ont quand m�me tu� le Christ.

Il fallait bien qu'ils payent un jour ou l'autre.

Tu penses qu'on finit toujours pas payer pour ses crimes?

Je ne sais pas.

Tu m'as parl� de Raoul, l'autre jour...

Ca te ferait vraiment plaisir de le revoir?

Oui.

Tu penses � lui souvent?

Oui.

Pourtant, vous ne vous �tes connus que tr�s peu de temps.

Ca ne compte pas, �a.

Le temps, �a ne compte pas.

Si tu veux le revoir...

... il va falloir que tu me trouves des informations sur monsieur Antoine.

Des informations pr�cises.

(une cloche tinte)

(l'homme frappe � la porte de la voiture)

Vous sortez ou je rentre?

J'aime la discr�tion.

Vous avez quelque chose � vendre?

A �changer.

Vous savez que la morphine c'est tr�s cher.

O� vous avez eu �a?

J'en ai deux.

Avec les cartouches.

Les cartouches, ce n'est pas int�ressant.

C'est standard.

Belle b�te.

Ca m'int�resse.

Vous pouvez avoir de la morphine?

Je peux tout avoir.

Dans quelle quantit�?

Disons... 8 grammes.

Ca fait combien de piq�res, �a?

Ca d�pend du malade.

Pour un type en train de crever, une dizaine.

Pour un chronique, un peu plus.

De quoi tenir quelques jours.

Bon, �a ira.

Soyez ici demain � 17h avec les deux armes.

Absolument seule.

Vous voyez ce que je veux dire?

H�!

Ce n'est pas ton sommeil que tu es cens� garder, c'est le camp, abruti.

Thierry!

Tisane du matin.

H� les gars!

Il n'y a plus le sac et le barda d'Etienne.

Qu'est-ce que tu racontes!

On dirait qu'il est parti pendant la nuit.

Tu en es... tu en es s�r?

Il a m�me pris sa patte de lapin.

Il en avait marre de tes entrainements.

C'est pour �a qu'il est parti.

Ca n'a rien � voir.

Etienne ne nous en parlait pas, mais.... toute sa famille est en Suisse.

Ah bon!

Oui.

Son p�re est tr�s malade.

A Gen�ve.

Silicose.

Il �tait mineur en Lorraine.

Et ... Etienne est pass� en Suisse pour �tre avec lui dans les derniers moments.

Mais, il va revenir?

Ca, �a va d�pendre de sa m�re.

Il faut qu'il s'occupe d'elle, aussi.

Mais qu'est-ce que tu en sais?

Il l'a dit cette nuit.

Alors �videmment il... il �tait tr�s triste de nous quitter, je veux dire...

Il aurait voulu nous dire au revoir. Ca le g�nait...

Il m'a dit qu'il allait beaucoup regretter la bouffe de Thierry.

Et toi, Charles, il te remercie encore, pour ce que tu lui as appris avec les racines.

Et �videmment il �tait tr�s triste de ne pas pouvoir participer � notre nouveau projet.

Quel nouveau projet?

On va faire du th��tre.

Enfin, ceux qui veulent.

Ici!

Oui. Enfin, on peut monter un spectacle.

Mais c'est g�nial.

Donc ceux que �a int�resse, rendez-vous derri�re le rocher, apr�s la tisane du matin.

Je t'avais dit non.

Et alors? Tu fous en l'air mon autorit�!

Le th��tre t'a sorti d'affaire. Tu lui dois quelque chose.

Ca ne te g�ne pas de leur mentir comme �a?

Je ne mens pas. Je leur raconte la vie telle qu'ils ont envie de l'entendre.

Il se passe quoi si Etienne revient?

(bruit de pas)

(sanglots)

Une minute.

Excusez-moi.

Je vous ai entendu pleurer. Je ne voulais pas vous...

Oh, vous ne me d�rangez pas.

Entrez.

Je suis d�sol�e.

Je viens d'apprendre une mauvaise nouvelle.

Si t�t, le matin?

La lettre est arriv�e hier, mais...

... j'�tais fatigu�e, alors je ne l'ai lue que ce matin.

C'est... une relation � moi qui est d�c�d�e.

Je suis d�sol�e.

Il a �t� tu� pendant un bombardement. Une bombe est tomb�e sur la maison. Tu� sur le coup.

Ca recommence, la fontaine.

C'�tait quelqu'un de proche?

Oui. C'�tait...

...c'�tait mon premier amour.

C'�tait fini depuis longtemps, mais un premier amour, �a ne s'oublie pas.

C'est s�r.

Je vais vous choquer.

C'�tait .... mon professeur d'histoire au coll�ge.

Il s'appelait Camille.

J'adore ce pr�nom.

Camille! J'ai une cousine du c�t� de chez ma m�re qui s'appelle comme �a.

Camille. Je vous emb�te avec mes histoires.

Non, pas du tout.

Vous, vous avez la chance d'avoir �pous� votre premier amour.

Il y a eu quelqu'un d'autre!

Si vous ne voulez pas en parler... Non, ce n'est pas �a.

Je n'ai pas l'habitude.

Je n'en ai jamais parl� � personne.

J'ai aim� quelqu'un ... avant Jules.

Un soldat allemand.

Kurt.

Mais, Jules est au courant, vous savez.

Vous y pensez souvent?

Tout le temps.

Excusez-moi.

Je vais vous laisser.

Vous allez bien?

On a rat� les armes au dernier parachutage.

Ah, non, ce n'est pas vrai!

Je ne sais pas ce qui s'est pass�. Tout �tait bien balis�. Il y avait du vent, mais bon, nos feux donnaient, et puis l'avion a largu� le

On n'a r�cup�r� que des bibles et des sabl�s au beurre. Vous en voulez?

Ils sont bons.

Des nouvelles de Raoul?

Apparemment il est toujours d�tenu � Dijon. Mais je n'ai pas de nouvelles r�centes.

Quant � son proc�s, myst�re et boule de gomme.

Ah... au fait... j'ai des nouvelles directives de l'antenne r�gionale � propos du maquis.

Il faut absolument les canaliser, prendre contact avec eux.

Votre Antoine, il devient quoi?

Je ne sais pas.

Il a refus� de d�pendre de nous.

Alors, reprenez contact quand vous pourrez.

Voyez ce qu'ils deviennent.

Mais, je ne comprends pas. Vous �tiez contre, avant.

Les r�partitions d'argent et d'armes d�pendent de nos effectifs.

Si on peut int�grer le maquis, au moins vis � vis des gars de Besan�on, on gonfle d'un seul coup, vous comprenez?

Du coup, bonus d'armes et bonus d'argent. Syst�me B.

Ah, je peux retourner le voir, mais enfin, s'il ne veut pas, il ne veut pas.

Vous trouverez les mots.

Respirez � fond.

Expirez.

Maintenant, levez les bras bien au-dessus de vous.

Sans crisper.

Comme si vous vouliez attraper une poign�e, mais qui serait un tout petit peu trop haute.

Non, sans se mettre sur la pointe des pieds.

Essayez de l'attraper.

Vous la voyez, l�?

Non, mais sans la regarder. Il faut l'imaginer.

Thierry! Bin si je ne la regarde pas comment veux-tu que je la vois!

C'est dans ta t�te que tu dois la voir.

Regarde-moi. Au-dessus de toi, il y a une poign�e. Une grande poign�e m�tallique que tu pourrais saisir.

Tu pourrais m�me t'y suspendre.

Mais elle est un tout petit peu trop haute.

Regarde-moi.

L�, tu la vois?

Bin non, je te vois toi.

C'est bien. La sinc�rit� c'est le d�but du th��tre. Moi, je la vois.

Bien, Charles.

Allez, maintenant, on saute.

Allez, allez, on s'�chauffe. Allez

Plus haut.

On saute. On saute. Stop. On se fige.

Ne bougez plus.

Et sans bouger, regardez-vous les uns les autres.

Curieuses, ces statues.

Allez, remettez-vous normalement. Vous avez mal?

C'est bien. Il faut sentir son corps.

Bon, maintenant... H� les gars, les gars...

Venez, il y a un truc... incroyable.

En bas du lac. Quoi?

Heu.. Venez.

Incroyable!

Oh, putain!

Passez.

Jumelles!

Jumelles!

Passe!

Elle est belle.

Il y a un mec.

Pas �tonnant.

(un cri) Passe!

Putain, c'est un boche!

Tu d�connes!

L�-bas...

... il y a son uniforme et son fusil.

(cris et rires) S'il est avec une fille, on ne risque rien.

Une fille, un boche...

... qui sait nager.

Bon. Et bien, je vais y aller seul.

Mais ils vont te voir.

Je vais arriver avant eux au fusil.

Apr�s tout, je suis bon nageur.

Tu es s�r de toi?

H�! Was machst du da!

Antoine! (ordre en allemand)

(coup de feu)

H�! Les mains en l'air! Pousse-toi.

Bitte Haut les mains.

Prisonnier.

Gefangen!

(bruits de circulation)

D�sol�.

C'est donnant-donnant? Non.

Ca me parait un peu...

Attendez! Attendez. C'est bon, c'est bon.

Tenez.

Je vous ai mis 10 grammes.

Vous m'�tes sympathique.

Attendez un moment pour d�marrer.

Au moins cinq minutes. D'accord?

Papiers d'identit�. Papiers!

Carte d'alimentation.

Monsieur l'inspecteur, vous ne me reconnaissez pas? Je suis Hortense Larcher, la femme de l'ancien maire.

Vous �tes en dehors des limites de la ville, Madame.

Vous avez un ausweis pour �a?

Oui. Evidemment, oui.

Qu'est-ce que vous avez dans votre main, Madame Larcher?

Avance!

Comment tu t'appelles?

Genevi�ve.

Ton nom de famille?

Lubach.

Lubach du moulin?

Oui.

On ne dira rien.

Je vous promet qu'on ne dira rien.

Sale putain! S'il te pla�t.

Qui sait que vous �tiez avec deux boches?

Personne.

Ils n'ont pas le droit de fr�quenter les fran�aises. Ils �taient en permission jusqu'� demain soir.

Si vous racontez quoi que ce soit, on le saura.

On a des gens partout.

A la mairie, dans la police, partout.

Alors on descendra � Villeneuve et on vous tuera.

Vous et toute votre famille.

Hommes, femmes, enfants.

Tu m'as compris?

Oui.

Fichez le camp.

Ils vont parler, les boches!

D�s que leur permission sera termin�e, ils vont �tre port�s absents. Ils ont forc�ment dit � des potes qu'ils voyaient ces filles.

Deux heures apr�s, elles balancent tout.

Le temps qu'elles rentrent, que les boches s'activent, �a nous laisse deux jours maximum pour d�guerpir d'ici.

Et on fait quoi du bless�?

Je ne sais pas.

Bon. Les gars! R�union.

On a un probl�me avec le bless� allemand.

Si on ne le soigne pas, il en a pour 24h au maximm.

On ne peut pas l'amener en bas.

Donc, ou on le laisse mourir, ou on va chercher un m�decin.

De toutes les fa�ons on devait d�m�nager dans pas longtemps.

Mais amener un m�decin ici... surtout de force, c'est un risque.

Vous en pensez quoi?

Si les boches faisaient un prisonnier chez nous, ils seraient sans piti�.

A Poligny, ils ont fusill� des gars apr�s les avoir tortur�, justement.

On n'est pas des boches, nous.

C'est vrai.

On est en guerre.

Les boches ne nous prennent pas pour des soldats.

Nous, on doit les traiter comme des soldats.

Question de principe.

Je trouve qu'on prend beaucoup de risques.

Un principe! Un �tre humain, c'est plus qu'un principe.

En g�n�ral on ne vote pas.

Mais l�, notre s�curit� � tous est engag�e.

Qui est pour?

... que j'aille chercher un m�decin.

Donc j'irai chercher un m�decin et je le ram�nerai ici.

Luc, tu t'occupes de chercher un nouveau lieu.

D�part dans deux jours. Maximum.

Madame Larcher.

Vous voulez bien la d�tacher.

Ils sont incroyables, ces flics.

Ils ne sont pas outus de retrouver le type qui m'a tir� dessus, mais vous, ils vous menottent.

Vous devez �tre content. Vous tenez votre revanche.

Allons, Madame Larcher.

Merci, inspecteur.

Entrez, je vous en prie.

Qu'est-ce qui s'est pass�?

On m'a dit qu'on vous avait trouv�e avec �a.

Je ne vois pas l'int�r�t de le nier.

Vous �tes tomb�e sur une vieille combine.

Le truand vend la drogue. Il appelle le flic qui est de m�che. Le flic vous arr�te, il confisque la drogue, la remet au truand, partage l'a

Classique.

Apparemment c'est vous qui l'avez, la morphine, pas le truand.

Vous devez y �tre attach�e � votre Muller pour faire un truc pareil.

Il n'est pas au courant, �videmment.

Non.

Deux r�volvers.

Je ne comprend pas bien le jeu auquel vous jouez, monsieur Chassagne.

Mais je ne joue pas, madame Larcher.

J'ai mal dig�r� la pur�e, �videmment.

Mais ma fonction m'�l�ve au-dessus de �a.

Vous �tes libre.

Comment �a?

Le policier qui vous a arr�t� par erreur a �t� r�voqu�.

Vous �tes libre.

Avec nos excuses.

Je suis libre!

Comme l'air.

Bon, et bien... merci.

N'oubliez pas vos affaires.

Ou consid�rez cela comme un cadeau du maire actuel � la femme de l'ancien.

Merci.

Et si � l'avenir, vous �tes en panne...

... ne prenez pas tant de risques.

Venez me voir.

Oh, non. Pas ce soir.

Dommage.

Demain, peut-�tre?

Oui. Demain ou apr�s-demain.

Bon, bon.

Dites-moi...

Qu'est-ce que vous pensez de Marguerite, finalement?

Marguerite?

Qu'est-ce que vous voulez que j'en pense?

Rien de sp�cial.

Vous �tiez tr�s pr�venue contre elle, au d�but.

Pas tant que �a.

Vous ne vous rappelez pas?

A vous entendre, c'�tait une intrigante, une menteuse...

... une dissimulatrice.

J'ai oubli�.

Vous pensez qu'on peut lui faire confiance?

Vraiment?

J'envisage de la recommander pour des responsabilit�s, � l'acad�mie.

Oui, vous pouvez lui faire confiance.

C'est quelqu'un de bien, de tr�s bien.

Bon.

Si m�me vous, vous le dites!

Bonne nuit.

Michel Mermoz...

Gabriel Herbier...

Je peux te dire un mot?

Heu... oui.

Qu'est-ce qu'il y a?

Une surprise.

Oui?

Je suis all�e voir Daniel.

Ah pour une surprise, c'est une surprise! Regarde!

Mais, comment tu as eu �a!

Vol? Meurtre?

Prostitution? Persuasion!

C'est terrible, les liens du mariage, hein?

Je lui ai dit qu'il avait collabor� pendant deux ans et qu'il n'avait pas le droit de te juger.

C'est tr�s discutable, �a.

Mais l'important c'est que �a ait march�.

Merci.

J'en ai pour un moment.

Haaa! Il va bien au moins! Oui.

Il �tait content de te voir?

Oui. Tr�s content.

Il m'a dit que je lui manquais beaucoup.

On a parl� de notre enfance, enfin son enfance, quand je m'occupais de lui.

Il m'a dit de te dire bonjour, aussi.

Tu sais, c'est lui le chef, l�-bas. Il commande une vingtaine de types.

Bah, �videmment qu'il a l'�me d'un chef.

Pourquoi je voulais en faire mon adjoint, � ton avis?

Ils vont se faire rep�rer, �crabouiller. C'est �a qui va arriver.

Ils font vraiment tr�s attention � la s�curit�, crois-moi. Oui!

Si cet abruti de fermier t'a parl�, il parlera � n'importe qui.

Il ne risque rien. Je t'assure.

J'esp�re que tu as raison.

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