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Original subtitles

Un village Fran�ais S05E03: Naissance d'un chef

Monsieur le maire, il faudrait que vous regardiez l'objectif, s'il vous plait.

Il faut �craser la vermine terroriste.

On ne fait pas peur avec des lois et des discours mais avec des actes.

Pour une fois, nous sommes d'accord.

Je crois qu'on peut �tre d'accord sur beaucoup de choses.

Tu es malade?

J'ai besoin de morphine.

Mais ce n'est pas toi qui es malade.

Qu'est-ce que �a change, si...

Ca change tout, justement

Parce que celui qui a besoin de morphine, il est en train de faire d�porter cinquante personnes de Villeneuve, Hortense.

Bonjour, je suis Marguerite Martin, la nouvelle maitresse de chant.

C'est une menteuse et une intrigante

Il y a un probl�me?

Non, non, non.

Une r�sistante ...

H�, les gars! Regardez.

Alors, les petits cons? Tu sais comment on les traite les voleurs?

On n'est pas des voleurs.

Ah bon? Vous �tes quoi?

On est des r�fractaires, on ne veut pas aller en Allemagne. C'est un crime?

Ce n'est pas une raison pour voler.

Il faut bien qu'on mange.

Il vend aux allemands, il ne peut pas nous en donner un peu, non?

Il ne donne pas � tout le monde.

Il donne � qui, lui, � part aux boches?

Qui peut parler pour votre groupe?

Moi.

Pourquoi toi?

Tu veux qu'on vote?

Non... c'est bon.

Les m�mes dans la for�t qui volent des poulets, ce n'est pas des r�fractaires.

... c'est des fouteurs de merde.

Facile � dire...

...surtout pour une femme qui ne risque pas de partir au STO.

Tu sais qu'on pourrait vous balancer aux gendarmes?

Je ne savais pas que les r�sistants �taient copains avec les gendarmes.

... ni que vous commerciez avec les boches.

Dr�le de fa�on de r�sister.

Anselme commerce avec les boches pour les mettre en confiance. Tu n'avais pas compris �a?

Et vous donne � bouffer.

Entre autres, oui.

Alors, pourquoi il ne peut pas nous aider, nous?

Il n'aide pas les voleurs.

On n'est pas des voleurs.

Oui, vous �tes des r�fractaires. J'ai compris, merci.

Mais, au fond, pourquoi tu es r�fractaire? Tu n'as pas envie d'aller en Allemagne?

C'est une r�sistante qui me demande �a?

Six gars dans la for�t et l'hiver qui tombe dans deux mois...

Vous ne tiendrez pas.

Vous tenez bien, vous!

Oui, mais on a quelque chose que vous n'avez pas.

Les fusils?

Une cause.

Ca aide quand on a faim et qu'on a froid.

Vous �tes communiste?

Notre cause cest la France, la France libre. Ca t'int�resse?

Peut-�tre.

H� bien, il va falloir te d�cider vite.

Mais surtout d�cider parmi les cinq pieds nickel�s qui t'accompagnent quels ceux qui sont pr�ts � s'engager.

Je ne peux pas d�cider pour eux.

Tu t'appelles comment?

Antoine, et vous?

Ecoute-moi bien, Antoine...

on n'a pas de temps � perdre avec des zozos...

... si tu veux t'engager dans la France combattante, tu te d�barrasses de ceux qui ne veulent pas et puis tu me recontactes.

Comment?

Passe par Anselme.

Et ne tra�ne pas, sinon, certains de tes gars finiront par faire des conneries.

Jean.

Ca va?

Oui, �a va, �a va

On a du nouveau sur l'attaque du camion?

H�, les boches ne nous laissent m�me pas interroger leur gars ou voir le camion, on ne risque pas d'avancer hein!...

Et comment ils vont nous le reprocher?

En tout cas, j'ai du neuf sur le type qui a tir� sur Chassagne.

Il va recevoir la l�gion d'honneur?

Peut-�tre, oui.

En tout cas, il avait fait nettoyer la blouse, un peu avant. Du coup on a r�ussi � trouver la piaule o� il dormait ces derniers jours...

... des v�tements... des affaires sans int�r�t...

... mais... une carte d'identit�.

Henri Lopez.

Il ne s'appelle pas Lopez. Il s'appelle Kohn.

Ez�chiel Kohn.

Chassagne avait raison, c'est un juif.

Tu es un vrai fichier � toi tout seul.

Lance un avis de recherche. On va faire plaisir � Servier.

Ah mais on va lui faire plaisir au sous pr�fet!

Le garde fronti�re allemand qui s'est fait descendre, tu te rapelles?

Oui, oui. Je vous avais dit de laisser tomber, d'ailleurs.

Oui mais les boches nous ont relanc� tout � l'heure avec le rapport balistique et puis Servier a rappell� Jusaert.

Le calibre qui l'a descendu est un browning robie

7.65

Une arme de flic!

J'ai envoy� une copie du rappoprt au fichier des armes vol�es. On verra bien.

Et puis j'ai fait une demande d'appel � t�moin � Ligny le Vieux.

Pourquoi � Ligny le Vieux?

Parce que c'est l�-bas que le type a �t� descendu.

Le garde fronti�re? Bah oui.

Tu n'as pas regard� le dossier?

Et bien non, Jean avait dit de laisser tomber.

C'�tait quand exactement?

Le 5 novembre de l'ann�e derni�re.

... dans la matin�e. A deux kilom�tres de Ligny le Vieux.

Juste � la fronti�re, une balle en plein coeur.

Je... Je vais quand m�me reprendre le dossier. Ca m'a l'air chaud.

Je croyais que tu ne voulais pas t'en occuper!

J'ai chang� d'avis.

Franchement tu es dur � suivre, en ce moment.

Qu'est-ce que tu veux que je te dise?...Je ne sais pas... Demande ta mutation.

En attendant, d�brouillez-vous pour loger Kohn parce que c'est l�-dessus que Servier nous attend au tournant.

C'est clair?

Pourquoi tu l'invites � diner? Il ne t'aime pas, tu ne l'aimes pas.

On ne s'aime pas, mais on a besoin l'un de l'autre.

C'est l'id�al en politique.

Je ne vois pas pourquoi tu as besoin de lui.

Ecoute, Jeannine, tu t'occupe du plan de table, moi je m'occupe de la politique. Tu es gentille

Attends, tu ne me parles pas comme �a.

Vous voulez mettre ma photo, vous? Allez donc plumer les poulets.

La chef de l'entreprise, ici, c'est moi.

...l'argent c'est moi et m�me tes contacts avec Paris, c'est papa... donc c'est moi.

Alors, moi, je suis quoi?

Toi... tu es ce que je veux que tu sois.

Arr�te!

Je suis ... ce que je veux �tre.

Partout. Toujours. Avec tout le monde.

Y compris avec toi.

J'ai besoin de Muller pour devenir secr�taire d'�tat.

Ton p�re ne peut rien pour moi. Tu ne peux rien pour moi.

Ce n'est pas de la politique qu'il faut faire en ce moment...

C'est du fric, Philippe.

Du fric!

Je n'aime pas �a.

Ca pue.

Ce que j'aime, c'est le pouvoir.

Et pour avoir du pouvoir, il faut du fric.

Continue!

Qu'est-ce que vous voulez, vous, encore?

Un gamin vient d'appporter ce paquet pour vous.

Mon Dieu!

(Il ricane.)

J'en ai rien � foutre de la r�sistance, moi.

On va chercher une solution durable.

Seuls ici avec l'hiver qui arrive, on ne tiendra pas.

L'hiver, on n'aura qu'� redescendre plus bas dans la vall�e.

Se planquer dans les granges.

On bouffera comment?

Je ne sais pas.

On ne bouffera pas mieux en rentrant dans la r�sistance.

La fille garantit de l'aide si on s'engage.

Toi, tu la crois?

Oui.

Elle t'a tap� dans l'oeil ou quoi?

C'est malin, hein!

Pourquoi pas? Elle est plut�t mignonne.

Ici, �a manque de femmes.

Ce qu'il faut se demander, c'est pourquoi elle a d�barqu�.

S'ils sont venus ici, c'est qu'ils ont besoin de nous.

... comme on a besoin d'eux.

Moi, j'ai besoin de personne.

Enfin, si. J'ai besoin qu'on me foute la paix.

Moi, j'aurais besoin d'un bon lit.

... et d'un chocolat chaud.

Pourquoi tu n'as pas voulu aller en Allemagne, toi?

Parce que c'est la guerre l� bas.

Alors je ne vais pas m'amuser � jouer � la guerre ici!

Mais ce n'est pas un jeu, bordel!

T'es au courant que les boches occupent notre pays?

Ca, on n'y peut rien.

On peut les mettre dehors.

Nous, on va les mettre dehors!

Avec ce demeur�, l'autre chochotte, faudra pas 3 nuits en for�t sans appeler sa m�re

Je t'emmerde

H�, c'est bon, les gars. On ne va pas en plus s'engueuler entre nous.

Ca ne me plait pas plus qu'� toi que les boches soient � Villeneuve.

Mais � part attendre qu'ils se barrent il n'y a rien d'autre � faire.

Eh bien, va attendre en Allemagne alors. Il parait que la bouffe est bonne.

Vous savez ce qu'ils font, les boches, quand ils trouvent un r�fractaire en for�t?

Ils lui cr�vent les yeux, ils lui coupent les couilles et ils lui foutent dans la bouche!

C'est des conneries, �a!

Jre l'ai lu dans le journal. C'est ce que je dis. C'est des conneries

Et m�me si c'�tait vrai?

On va vivre comme des cafards parce qu'on a peur de se faire couper les couilles?

C'est �a, pour toi, �tre un homme libre?

On est des r�fractaires, bordel!

On a dit non � Laval qui nous demande de partir en Allemagne.

On a dit non au mar�chal qui nous demande d'ob�ir � Laval.

Alors il faut �tre logique avec ses choix.

Sans s'en rendre compte, on a choisi la r�sistance.

Pas moi!

Je choisis la r�sistance.

Moi aussi.

Je n'ai pas envie de vivre comme un cafard, moi.

Ceux qui ne veulent pas s'engager, il faut que vous partiez.

Maintenant.

Attends!

Je pars avec toi.

Tu sais que tu es dou�.

Tu aurais fait un Rodrigue formidable

En attendant, il faut qu'on bouge, nous aussi.

Parce qu'on ne sait pas ce qu'ils vont raconter quand ils seront en bas.

Ca me fait vraiment plaisir que vous ayez accept� notre invitation.

Les distractions sont rares � Villeneuve.

Ca, c'est s�r.

Maria!

Comment dois-je vous appeler?

Madame Larcher? Hortense?...

Hortense, �a me parait tr�s bien.

Votre �paule, �a va mieux?

D�j� oubli�e.

Et vous, votre dos?

Quel dos?

Venez, je vous en prie.

Direct de Reims.

Cuv�e sp�ciale.

...que je fais venir par camion express.

Ils nen font que... 500 bouteilles par an.

Monsieur Muller...

Heinrich, allons, soyons fous.

Hortense.

Merci.

Je suis vraiment contente de vous voir.

Ca fait des mois que l'on ne fait que se croiser...

Moi aussi, je suis contente.

On ne sort jamais. Je suis... une femme qu'on cache.

Je n'�tais pas habitu�e.

Oh! Vous n'�tes pas quelqu'un qu'on peut cacher tr�s longtemps.

Qu'est-ce que c'est que �a?

Ah, mon courrier.

Je peux?

Bien s�r.

Pourquoi tu gardes �a? Je trouve �a morbide.

Je compte le faire mettre sous cloche.

Mon cercueil f�tiche.

Il est un peu petit pour moi.

C'est joliment fait.

Celui qui a fait �a sait travailler le bois.

C'est ponc�...

... vernis .... peint.

Vous sentez?

Oui, c'est vrai. Oui.

De la belle ouvrage!

A nous!

Oui! A nous.

Elle n'a pas de go�t, cette soupe.

Je n'ai pas mis d'oignon, vous n'aimez pas �a.

Je n'aime pas non plus quand �a n'a pas de go�t.

Si vous me ramenez du lard, je pourrai en mettre. Ca donne du go�t.

Ma m�re en mettait avant la guerre.

Du lard... un peu d'huile d'olive...

O� tu veux que je trouve du lard?

Je pensais que vous, les policiers... enfin, avec toutes les saisies de march� noir que vous faites...

Je ne fais pas ce genre de choses, moi.

Je tue des gens, mais je ne trafique pas avec le lard.

J'ai des principes.

A la scierie, il y a du neuf?

Non.

Madame est tr�s inqui�te pour son fr�re.

Humm, c'est important, la famille.

Il parait que c'est ce qu'il y a de plus important, m�me.

Vous en avez une?

... de famille.

Non.

Ma famille c'est l'Assistance Publique.

C'est une famille nombreuse, mais on n'est pas tr�s unis.

Dites....

Quoi?

Vous m'aviez promis pour Raoul.

Tu penses encore � cet abruti?

Mets-toi � genoux.

Ouvre ton corsage.

(On sonne)

(il soupire)

Qu'est-ce qui te prends de venir me d�ranger chez moi? Tu as picol� ou quoi?

Je suis sobre comme une image pieuse.

Le garde fronti�re boche... Du nouveau?

Loriot ne mettra pas longtemps � comprendre que c'est toi.

A mon avis, Loriot va te balancer � Servier.

Ouais. Et pourquoi pas toi?

Je n'aime pas les boches, moi.

Alors? Lui non plus, il n'aime pas les boches.

Prot�ge tes arri�res, Jean. Il va se souvenir que tu as d�clar� la perte de ton flingue.

Il va comparer les rayures de la balle avec. Et tu seras bon.

Alors, qu'est-ce que tu veux?

Comment �a, ce que je veux?

Et bien, qu'est-ce que tu veux en �change?

Qu'est-ce que tu es en train de faire l�? Mais rien!

Disons que je t'aime bien quand m�me.

Disons que c'est un acte gratuit.

Mais tu sais ce que c'est qu'un acte gratuit... Quelque chose qu'on paie cher.

A demain.

Mademoiselle.

Ah! Et la pur�e.

Mon p�ch� mignon.

Mont�e au beurre. Exclusivement de la ratte.

Elle est � la fois ferme et onctueuse.

Vous m'en direz des nouvelles.

Vous nous g�tez.

Je crois que je n'en ai pas mang� depuis 40.

March� noir.

Evidemment.

Hortense, vous pr�f�rez la cuisse?

Du blanc.

Et vous?

Moi? J'aime tout dans le poulet.

Vous savez, Heinrich... vous avez gagn� la guerre, mais vous devez encore apprendre � gagner la paix.

Oh, on ne va pas emb�ter nos compagnes avec nos b�tises, non?

Moi, �a ne m'emb�te pas du tout. La politique me passionne.

D'ailleurs, si j'�tais un homme, c'est �a que je ferais.

Pas moi.

Gagner la paix. Ca devrait �tre �a votre objectif.

Il faudrait d'abord gagner la guerre.

Ca, vous �tes en train d'y arriver.

Si vous le dites...

Je vous trouve bien pessimiste.

R�aliste! Pessimiste.

C'est son petit complexe de sup�riorit�.

Je vous explique mon projet.

(il se gratte la gorge)... pour lequel vous pouvez m'aider.

Voil�. J'aimerais ouvrir � Villeneuve un bureau de recrutement pour la Waffen SS.

... et des Waffen SS fran�ais. Vous imaginez?

Et �a servirait � quoi?

Politiquement cela aurait un certain impact sur la population.

Moi �a sert mes int�r�ts � Paris et pour vous c'est bon puisque �a vous fait des troupes en plus. Vous commencez � en manquer, non?

Mais enfin, Philippe, nous sommes en train de perdre la guerre avec des SS allemands.

Qu'est-ce que vous voulez que je fasse avec des SS fran�ais?

Je suis s�r que vous exag�rez. Stalingrad a �t� une mauvaise passe...

Ce n'est pas Stalingrad le probl�me, c'est Koursk.

Bon... c'est vous le sp�cialiste.

Mais enfin, les SS fran�ais, s'ils sont nombreux, �a vous donnerait de sacr�es perspectives...

Des perspectives...

On ne fait pas la guerre avec des perspectives, Philippe.

Pourtant... dans la vie, c'est important d'en avoir.

(Il soup�re) Elle est belle cette pur�e, n'est-ce pas?

Superbe.

Regardez-la bien.

Qu'est-ce que vous voyez?

De la pur�e. (ils rient)

De la pur�e, bien s�r, mais approchez et regardez-la bien.

Regardez comme elle semble ferme et onctueuse, hum?

App�tissante.

On l'imagine entre les l�vres, dans la langue, dans le palais, qui descend dans la gorge...

Un vrai petit diable en culotte de velours jaune.

D�licieuse perspective, n'est-ce pas?

Mais la guerre, Philippe, ce ne sont pas des perspectives.

La guerre c'est �a...

C'est �a la guerre. Mais vous �tes fou!

Il ne faut pas inviter les fous � votre table, Madame...

Ca n'offre gu�re de perspective...

Ch�rie, je crois que nous prenons cong�.

Je suis d�sol�e.

(On entend des oiseaux de nuit) H� les gars, on peut s'arr�ter l�?

Pas maintenant, on est trop pr�s de la route.

Je n'en peux plus.

Je crois que j'ai de la fi�vre.

Encore quelques heures de marche et ce sera bon.

Allez, on y va.

Putain, mais ce n'est pas possible, cette fa�on de donner des ordres � tout le monde.

Je sais que tu voulais faire l'arm�e, mais ici, ce n'est pas l'arm�e.

Ce n'est peut-�tre pas l'arm�e mais c'est la r�sistance.

Et quand on r�siste il faut un chef. Sinon �a ne marche pas.

Et pour l'instant, le chef c'est moi.

A moins que les autres ne soient pas d'accord.

Si, moi je suis d'accord.

Moi aussi.

Mais on peut se reposer un peu, s'il est fatigu�.

Si tu ne tiens pas le coup, tu peux redescendre.

Personne ne t'oblige � rester.

Ca va. Je ne suis pas � quelques heures pr�s.

Bon... Alors en avant.

Il commence � faire chier, ce con l�!

N'en fais pas toute une histoire.

J'aurai sa peau � ce connard!

Ce que je peux �tre b�te, parfois.

C'est si tu en fais toute une histoire que tu va finir par devenir b�te.

Ce type est un malade. Tu as fait une erreur en l'invitant � diner. Ca arrive. Maintenant laisse tomber.

Je ne peux pas me laisser humilier comme �a.

Parce que tu crois qu'il va aller le crier sur les toits?

Toi, tu m'as vu, la m�re Larcher m'a vu la t�te dans la pur�e...

Mais qu'est-ce que tu en as � faire de la m�re Larcher?

Rien. Elle �tait l�, c'est tout.

J'y passerai le temps qu'il faudra, mais je trouverai un moyen.

Je vais lui en faire bouffer, de la pur�e.

C'est bon. On campe ici.

Pas � m�me le sol, c'est humide.

On va attraper la mort.

La mort, on l'attrape d�j�.

Tu es vraiment un com�dien.

C'est une critique ou un compliment �a?

Ni l'un ni l'autre.

Pr�parez vos couchages.

Evitez la mousse et mettez bien les journaux entre le sac et le sol.

Moi, je n'ai pas la force de faire autre chose que de dormir.

Mais attends, je vais t'aider.

Il ne faut pas encourager les flemmards.

Ah bon!

On est vraiment entr� dans la r�sistance?

Je n'en sais rien. Sans doute.

Et si on rentre, est-ce qu'il y a une carte de membre ou un truc comme �a?

Une carte? Bin, je n'ai pas de photo, quoi.

Tout � heure j'irai voir le fermier.

Tu vas revoir la fille?

Je ne sais pas. Peut-�tre.

Et voil�. Merci.

Qu'est-ce que vous voulez qu'on fasse de ces r�fractaires? On n'a d�j� pas assez de ravitaillement pour les n�tres.

Il y en a de plus en plus. Il va bien falloir qu'on fasse quelque chose.

Ils n'ont aucune formation.

Mais nous aussi, quand on a commenc�, on n'avait aucune formation.

Ils seraient trop faciles � infiltrer, Marie.

Il suffit d'avoir 21 ou 22 ans et de dire qu'on est r�fractaire au STO.

Je ne comprends pas.

Les consignes, c'est de cr�er une arm�e secr�te, non?

Oui.... En th�orie.

Ces r�fractaires, une fois qu'on les aura tri�s, on peut en faire des soldats.

Des soldats sans armes, sans entrainement, sans chef.

Les chefs, �a pourrait �tre nous.

Celui que j'ai vu, je crois qu'il m'ob�irai.

Les armes... on finira bien par en avoir, non?

Avec l'histoire du camion, �a m'�tonnerait.

Le type de Lyon pense que c'est nous. On passe pour des irresponsables.

Et en fait, c'est qui?

Je n'en sais rien. S�rement les cocos. (communistes)

Bon... Pour vos petits STO voyez o� �a m�ne mais �vitez d'�tre responsable de leur ravitaillement, sinon vous ne vous en sortirez pas.

Vous avez entendi Radio Londres, hier? Non.

Maintenant, � l'�cole j'�vite.

Pas de d�barquement avant l'ann�e prochaine.

J'esp�re que c'est juste pour faire tourner les boches en bourrique.

Encore eux!

Messieurs-Dames, contr�le d'identit�.

Encore!

Allez, carte d'identit�, carte de rationnement, feuille de d�mobilisation ...

On se presse Vos papiers On n'a pas que �a � faire.

Madame, vos papiers s'il vous pla�t.

(coup de hache)

Bonjour.

Je suis d�sol� pour le poulet.

Tu auras l'occasion de me le rendre.

La fille d'hier... Comment elle s'appelle?

Elle ne s'appelle pas.

Tu as fait le tri dans tes gars?

Oui. On n'est plus que quatre.

4 sur 6 qui veulent faire de la r�sistance. Je trouve �a beaucoup, moi.

Je ne sais pas s'ils veulent faire de la r�sistance. En tout cas, ils me suivent.

Il faut vous bouger.

Aller dans un endroit inconnu de ceux qui sont partis.

C'est d�j� fait.

O� �a? (on entend un coq chanter)

Bon, c'est bien d'�tre prudent mais il faut aussi apprendre � faire confiance, mon gar�on.

Pour l'instant, on est dans la Montagne Noire.

Pr�s de la for�t des Echelles.

De toute fa�on, il faut d�m�nager tous les quinze jours.

Une fois par mois minimum.

Et... et on fait quoi?

Quoi?

Quand est-ce qu'on rentre dans la r�sistance?

Qu'est-ce qu'on fait comme action, quoi?

Oh l� l�, du calme, hein.

D'abord vous vous installez, vous organisez des tours de garde, vous faites du sport...

Tu v�rifies qu'il n'y a pas de mouchard.

Et puis tu cherches � bouffer.

Pour �a, vous allez nous aider.

Pas pour l'instant.

Quand?

Quand on me dira de le faire.

La fille d'hier, comment je la contacte?

C'est elle qui te recontactera.

Allez, mon petit gars. Bienvenue dans la r�sistance.

On a faim! On a faim! On a faim! Oh dites donc, vous vous tenez un peu, les gar�ons, oui?

Surtout toi, Gustave, tu n'es plus un gamin.

Tiens, mange du pain, en attendant.

Attention, c'est tr�s chaud.

Il faut souffler.

Ca ne sert � rien de souffler, je l'ai lu dans le journal.

Parce que tu lis le journal, toi, maintenant?

Bah ouais.

Et alors, qu'est-ce que tu as lu, dans le journal, sur la soupe?

Il suffit d'attendre. Souffler, �a ne sert � rien.

Et quand on ne peut pas attendre, on fait comment?

Bin, on se br�le.

(On frappe)

(un chien aboie)

C'est.... peut-�tre un patient.

J'y vais.

Docteur Larcher!

Qu'est-ce que vous voulez?

J'ai besoin d'aide.

Je suis � table, en famille.

Je ne sais pas o� aller.

Qu'est-ce qui vous est arriv�?

Mangez sans moi.

Ca va?

Oui, oui. Ca va

(Hal�tements.)

Comment est-ce que vous vous �tes fait tirer dessus?

Tout � l'heure... � la gare... contr�le d'identit�.

Tout � l'heure! Cette blessure date de plusieurs jours.

C'est moi qui ait tir� sur le maire � l'�cole.

Et vous venez ici!

Vous �tes vraiment irresponsable.

Ma compagne est juive �trang�re, comme vous...

Personne ne m'a suivi.

Mais qu'est-ce que vous en savez. Vous croyez que la police pr�vient dans ces cas l�?

Je vous le promet. L'ann�e derni�re, vous m'aviez promis de ne pas vous �vader!

Ah oui. Et vous allez me le reprocher. C'est �a?

Et ceux de l'�cole hein, ils sont o� maintenant?

Je ne sais pas.

Mais enfin comment est-ce que vous pouvez-faire un acte terroriste de ce genre alors que vous avez une fille?

Elle est o�, d'ailleurs?

Elle a �t� d�port�e la semaine derni�re.

Avec tous les enfants de la maison d'UGIF (Union g�n�rale des isra�lites de France)

Elle y �tait depuis le mois de janvier.

et Zait aussi. Fran�ais et �trangers tout le monde.

En fait j'ai ... un regret.

pour mon acte terroriste, comme vous dites. C'est d'avoir rat� cette ordure.

Vous comprenez?

(Toux)

Qu'est-ce qu'il a?

Beaucoup de fi�vre.

Il a pris froid cette nuit.

Je t'avais dit que j'avais attrap� la mort.

Evidemment, pour une fois que je dis la v�rit� tu ne m'as pas cru.

Ca c'est le drame des com�diens.

Merde! Il est bouillant.

C'est grave docteur?

Il faut qu'il boive.

Il nous reste un peu d'eau?

Juste une ou deux gorg�es.

Dans la gourde de Thierry.

Il faudrait de l'aspirine pour faire tomber la fi�vre.

Ne t'inqui�te pas pour moi.

Ca va passer.

C'est pour de vrai ou ... il fait semblant?

Un peu des deux.

Il faut au moins qu'on monte une cabane.

Un v�ritable abri, quoi.

Pour le bois, il n'y a qu'� se servir.

Mais on n'a pas d'outils.

Je sais o� je peux en trouver.

Je serai de retour, disons, � l'aube.

Si je ne suis pas revenu � midi, vous improvisez.

Et il lui dit: Pape!

Elle est o�, la source d'or?

La belle source d'or qui pouvait faire le bonheur sur terre.

Alors, le pap� il lui r�pondit...

Elle est dans ton coeur, mon petit, la source d'or.

Elle est dans ton coeur.

Tu comprends?

Ah oui. Evidemment, ce n'est pas facile � expliquer, hein.

On ne peut pas le garder ici.

Il est forc�ment recherch�.

Et... il ira o�? Oh, et bien �a!

Il y a des moments, il faut aussi penser � soi.

Vous disiez qu'ici, je ne risquais pas grand chose.

Parce qu'� Moissay il n'y a pas d'allemands.

Et toi, personne ne te recherche, alors que lui, il est recherch�.

La police va bient�t montrer sa photo partout.

Peut-�tre que personne ne l'a vu arriver.

Il a dit que personne ne l'avait vu arriver.

Bon, et alors. Ca change quoi, �a?

Il suffit qu'il ne sorte pas.

Vraiment pas.

Bof! Ca ne marche jamais, ce genre d'arrangement.

Rappelle-toi l'ann�e derni�re quand tu �tais cens�e rester � l'�tage, tu �tais toujours fourr�e au rez de chauss�e.

Vous regrettez?

Ne dis pas de b�tise.

Daniel, j'�tais avec lui, quand il a perdu son fils.

Il est traqu�. Il n'a nulle part o� aller.

Le probl�me � Villeneuve, c'est ... Heinrich Muller.

C'est quand m�me un peu fort de caf� que ce soit un boche qui bloque la coop�ration franco-allemande!

Vous sembliez pourtant dans les meilleurs termes, l'autre jour.

Les 300 otages?

Oh, je plaisantais.

Vous ne m'avez quand m�me pas pris au s�rieux!

Muller vous a pris au s�rieux.

300. Pile, dont cinquante chez nous. C'est une calamit�.

Comment voulez-vous convaincre l'opinion apr�s cela?

D�j� le STO, depuis le printemps, qui est quand m�me la grande b�tise du si�cle...

N'exag�re pas, ch�rie.

Mais elle a raison.

Jusqu'au STO � la pr�fecture c'�tait 1/3 de Gaulle, 1/3 P�tain et 1/3 rien...

... h� bien je puis vous dire que les P�tains, ils rasent les murs depuis le printemps.

Et les de Gaulle progressent?

Non. Encore heureux!

Pour l'instant.

Qu'est-ce qu'on peut faire? Attendre.

Esp�rer. Esp�rer quoi?

La paix.

Le retour des prisonniers.

Ca, �a arrangerait tout.

Oui, mais pour �a il faut qu'on collabore plus efficacement. Et avec Muller, ce n'est pas possible.

Sa liaison avec Madame Larcher, �a ne doit pas arranger ses affaires au SD, j'imagine?

J'imagine.

Elles sont vraiment excellentes, ces pommes de terre.

Ce sont des rattes.

Elles doivent �tre merveilleuses en pur�e, non?

S�rement, oui.

Dites-moi, vous �tes assez proche de Kollwitz?

On se tol�re.

Suffisamment pour lui demander la peau de Muller?

Ah, non. C'est Muller qui peut avoir la peau de Kollwitz.

La Wehrmacht est compl�tement � la traine de la Gestapo, maintenant.

Il doit quand m�me bien y avoir un moyen de baiser Muller.

Oh pardon mesdames, la verdeur de mon langage... Je suis un homme du peuple.

Il y a bien l'attaque du camion...

Muller va �tre oblig� d'obtenir des r�sultats.

Et s'il n'en obtient pas?

Ah, ce n'est pas bon pour lui.

Mais ce qui serait vraiment mauvais, c'est si on am�ne � Kollwitz sur un plateau les coupables de l'attaque du camion...

...l�, Muller sera cuit.

Et bien, voil�!

Sauf qu'on n'a aucune chance.

Les allemands font de la r�tention, et Marchetti n'est pas facile du tout en ce moment...

Et bien, changez-le.

Vous voulez virer Muller, vous voulez virer Marchetti. Bient�t c'est moi que vous voudrez virer!

Mais non. Je plaisante.

(bruits de conversation)

(Choc bruyant)

Tu fais quoi, l�?

J'avais besoin de trucs.

Ca fait trois jours qu'on n'a pas de nouvelles.

Ta soeur est morte d'inqui�tude.

Non mais tu fais quoi, l�?

Je vous l'ai dit, j'ai besoin de trucs.

Tu �tais o�?

Les flics ont d�barqu� � l'usine. J'ai d� filer.

Mais tu aurais d� pr�venir.

C'�tait compliqu�.

J'ai rencontr� d'autres gars.

Ah bon?

Bon, le principal, c'est que tu sois l�.

J'ai pr�par� ton d�part pour demain.

Je ne pars pas.

Si vous avez d� payer pour le passage, je vous rembourserais.

ET vous vous planquez o�, avec les autres gars?

Dans la montagne.

Ca, c'est pour quoi faire?

Pour un abri. A la belle �toile, c'est trop dur.

Vous auriez d� me demander, je vous aurais fil� un coup de main.

Jos�phine n'aurais pas voulu.

Tu aurais pu appeler, quand m�me.

Tu as l'�ge de vivre ta vie, pas de faire souffrir ta soeur de cette mani�re.

Je suis en �ge d'appeler qui je veux quand je veux.

Et de piquer du mat�riel � ton beau-fr�re, aussi, tu peux, �a?

Bon. On dit quoi � Jo, maintenant?

Tu ne vas pas retourner dans les montagnes par ce froid. C'est de la folie.

Dis lui que c'est de la folie.

Et ces types avec qui tu traines, c'est qui?

Jos�phine, on ne traine pas. C'est des r�fractaires, comme moi.

Ce n'est pas des bolch�viques, au moins?

Mais non. Mais c'est des r�sistants.

Non. C'est juste des types qui ne veulent pas aller en Allemagne.

Ni en Suisse.

Je ne comprends pas.

Raymond avait tout arrang�. Tu �tais d'accord...

Qu'est-ce qui t'a pris?

J'ai d�cid� de suivre ma voie.

Madrier Alban.

R�fractaire.

Non mais... J'allais y aller, mais...

Mais quoi,

Tu �tais convoqu� il y a une semaine d�j�.

J'avais des trucs � faire.

A flanc de montagne, avec ton barda?

C'est quoi? Tu es alpiniste?

Tu t'es fait serrer en sortant du bois de Mareuil.

Qu'est-ce que tu fabriquais l�-bas?

Ben, je .... chassais.

Je chassais le lapin.

Bon �coute, Alban, �a commence � bien faire, l�.

Nous on a des infos comme quoi des r�fractaires se regroupent en for�t ou en montagne. Ca nous int�resse.

Alors, ou tu balances et c'est le STO ou tu la fermes et c'est la gal�re.

Tu choisis.

D�p�che-toi parce que je n'ai pas toute la nuit.

On n'a rien fait de mal.

Le mal et le bien, c'est moi qui m'en occupe.

Alors?

On �tait juste 5 ou 6.

... dans une sorte de campement scout.

C'est tout.

Tu as vu des communistes?

Non.

C'est juste qu'on ne voulait pas partir en Allemagne.

Et...?

Enfin... Il y en a un...

Il n'est pas communiste.

Juste, il a des id�es antinationales...

C'est quoi son nom?

Antoine.

Antoine Qui?

Je ne sais pas son nom de famille.

Euh, si j'ai bien compris, son beau-fr�re tient la scierie.

La scierie de Villeneuve.

Sorbier!

Emm�ne Monsieur chez le juge. Et tu le charge un maximum.

Putain! Vous aviez dit... Je n'aime pas les mouchards.

C'est plus fort que moi.

Les gendarmes de Seurres ont retrouv� la piste d'Ez�chiel Kohn.

De l'autre c�t� de la ligne.

C�t� zone sud.

Ca m�ne o�?

A priori Seurres, Gournay ou Moissay

Loriot.

Le dossier du garde fronti�re boche...

Puisque tu l'as commenc�, garde-le.

Vois o� �a m�ne.

Tu sais, un an apr�s...

On ne trouvera sans doute pas grand chose.

L'arme devrait parler. Un 7.65 vol�, �a ne court pas les rues.

Tr�s bien.

Je suis l'enqu�te.

(bruits de moteur)

Tu sais, elle t'aime beaucoup ta soeur, hein.

Elle aura du mal � vivre sans toi.

Elle se fera une raison.

On voit que tu ne connais pas les femmes, toi, hein?

D'ailleurs, tu en as d�j� connu, une femme?

Non.

Ca ne t'int�resse pas?

Si, comme tout le monde.

Non. Il y a des gens que �a n'int�resse pas.

Il y avait une femme int�ressante hier.

Ah!

Parle moi d'elle.

Qu'est-ce que vous voulez que je vous dise?

Elle est jolie?

Oui.

Mais elle ne sait pas s'arranger.

Ah!

Mari�e?

Je ne sais pas.

Oh, �a c'est secondaire, hein.

Vous tromperiez Jo, vous?

Oh, non. Je veux dire euh...

Elle fait quoi dans la vie?

Je ne sais pas.

Ah et bien dis-donc, tu ne sais pas grand chose, hein.

C'est important, ce que fait une femme dans la vie?

C'est � dire que la plupart du temps, elles ne font rien, �videmment...

Mais si elle fait quelque chose, oui... c'est important.

Comment va Claude?

Beaucoup mieux.

Il dort, mais il a dit qu'il avait faim.

Effectivement c'est bon signe

Un ami qui va nous donner un coup de main. Bonjour.

Salut, Antoine.

Qui sont ces types l�?

Bin, je ne sais pas. Ils sont arriv�s il y a un quart d'heure.

Tu peux souffler, deux secondes.

Je peux peut-�tre aller chercher le reste du mat�riel, non?

Tu vas l'aider. D'accord.

Etienne.

Qui sont ces gugusses?

C'est des types comme nous.

Mais enfin, comment ils sont arriv�s l�?

Un b�cheron nous a vu hier soir.

Il en a parl� au caf� de Mareuil.

Et voil�.

Tu ne parles d'Ez�chiel � personne, Gustave. Ni � tes petits copains d'�cole, ni � leurs parents.

A personne. Compris?

C'est un copain � Sarah?

Non.

C'est juste un juif.

Oui, juste un juif. Un juif recherch�. Encore plus que Sarah.

Mais... on va en accueillir encore beaucoup, comme �a?

Je ne sais pas.

Je ne pense pas.

Pourquoi? Ca t'emb�te?

Bah, plus il y en a, plus elle risque, non?

Ne t'inqui�te pas pour les risques et puis occupe-toi de tenir ta langue, hein.

Allez!

N'h�site pas avec la ficelle, Antoine. On en a .

Je n'arrive pas � l'attraper.

Comment tu t'appelles, toi? Charles.

Tu crois que �a va tenir, Charles, comme �a?

Au premier coup de vent �a se barre. Tu me mets des clous.Un, deux trois, regarde tous les dix centim�tres. Ce n'est pas compliqu�.

Regarde tu as une souche, tu t'en sers. Regarde.

Tu le mets l� et tu le coupe droit. Comme �a on repart � la base sur quelque chose de solide.

Ca, votre truc, un coup de vent et �a se barre.

Voil�, quand tu as fini �a tu mets une traverse comme �a et une traverse comme �a.

Et on mettra des renforts.

Antoine! Oui?

Il y a la fille de l'autre jour.

Ah! Quelle fille?

Hemmm, vous continuez sans moi?

J'en ai pour une minute.

Non, mais je veux la voir, moi , la fille, h�.

Vous la connaissez?

Qu'est-ce que tu fais l�?

J'allais te poser la m�me question.

Vous pouvez m'expliquer... Tu sais que je suis mari�?

Je n'ai pas eu l'occasion de te f�liciter. F�licitations.

Ben voil�. Antoine est le fr�re de ma femme.

Raymond... Je croyais que tu ne faisais pas de r�sistance, toi!

Tu m'as encore racont� des chars. Je ne suis pas cens� en parler.

Tu essaies d'embrigader le petit, c'est �a?

Il est majeur, il me semble.

On peut se parler 5 minutes?

Comme tu veux.

Mais enfin...

Tu n'as pas chang�.

Toi, tu as chang�.

Tu mets des pantalons, maintenant?

Je pr�f�re les femmes de collabo, elles mettent des robes et des bas.

Et ta femme, elle en met.

Ma femme, qui est mon ancienne employ�e de maison...

D�cid�ment!

... aime son fr�re, plus que moi-m�me.

C'est un gar�on dou�, sinc�re, id�aliste...

Il y a encore quelques jours, la r�sistance, il s'en fichait compl�tement.

Alors, je te demande, du plus profond de moi-m�me, les yeux dans les yeux...

... laisse-le en dehors de tout �a.

C'est la fille que j'ai vue l'ann�e derni�re, quand j'avais les poulets?

Tu as entendu ce que je viens de dire?

Tu ne peux pas toujours tout d�cider � la place des gens. Antoine veut faire de la r�sistance.

Depuis 4 jours!

Bin, il faut bien commencer.

La veille on n'en faisait pas, le lendemain on en fait.

Marie...

Mais en g�n�ral, on y pensait depuis un moment. Ca ne tombe pas comme �a comme une crise d'urticaire.

Alors si ton... ton beau-fr�re, c'est �a?

Oui, c'est �a

veut faire de la r�sistance, c'est son probl�me, ni le tien ni le mien.

Tu viens avec moi.

Qui est cette femme?

Quelqu'un qui a pas mal de morts sur la conscience.

Qui est cette femme?

C'�tait des si�cles avant ta soeur,�a ne te regarde pas.

Comment elle s'appelle?

Ecoute, Antoine, elle est recherch�e par toutes les polices fran�aises et allemandes.

En novembre dernier la plupart des membres de son groupe terroriste s'est fait descendre...

son fils est en t�le et tu veux emmener quelqu'un avec elle? Oui.

Juste pour faire chier ta soeur et moi? C'est �a?

Il y a un moment, il faut choisir son camp, Raymond.

Entre le bien et le mal?

Quoi! Entre ceux qui s'arrangent de l'occupation et ceux qui ne s'en arrangent pas.

Vous vous en arrangez, pas moi.

Tu r�alises qu'� partir du moment o� tu frayes avec elle, tu te mets compl�tement hors la loi?

On ne peut plus avoir aucun contact.

Je devrais m�me dire � la police que je t'ai vu.

C'est ce que vous allez faire?

Tu me d��ois beaucoup.

Ca va?

Vous connaissez bien Raymond Schwartz?

Non.

Ecoute, pour le recrutement tu dois faire attention: les flics vont s�rement essayer de vous infiltrer.

Et pour l'action?

L'action... ce n'est pas pour maintenant.

Je ne comprends pas.

Les mouvements unis de r�sistance que je repr�sente aupr�s de toi, ont d�cid� de cr�er une arm�e secr�te...

Joli nom. Vous voyez que c'est important un nom.

Et cette arm�e secr�te compos�e de soldats comme toi, comme tes gars...

entrera en action quand... quand les alli�s debarqueront en France.

C'est pour quand?

Ca, personne n'en sait rien. Pas pour tout de suite en tout cas.

Donnez-moi une id�e du d�lai.

Des mois, peut-�tre plus.

Enfin, on ne va pas rester des mois sans rien faire!

Non, pas rien, mais entrainement, formation, sport...

Ecoutez...Mes gars, ils veulent faire de la r�sistance, pas du sport.

Ils ont envie de s'engager. Je croyais que vous vouliez des gens pr�ts � s'engager.

On n'a pas d'armes, Antoine!

On n'a pas de cadre.

Et l'ennemi, lui, il est fort, arm�, violent, pr�t � tout.

Ca ne marchera pas comme �a.

Ce sont les ordres, �a vient du plus haut niveau.

Ca m'est �gal.

Mes gars et moi, on n'a aucune raison d'ob�ir � ces ordres.

Si tu veux entrer dans la r�sistance, tu n'as pas le choix.

On a toujours le choix.

Les armes, on les trouvera tout seul.

Les objectifs aussi, on les trouvera tout seul.

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