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Original subtitles

Travail Obligatoire

23 septembre 1943

1942. Villeneuve. Face aux allemands, il faut choisir son camp.

Les terroristes nous font la guerre, je suis ici pour la gagner.

Daniel qu'est-ce qui se passe?

Je ne suis plus maire de Villeneuve.

Franchement, je ne comprends pas, tu d�missionnes alors que tu peux aider ces gens.

Je ne vois plus comment.

L�chez-moi!

Je ne t'aime plus, Heinrich.Ton cirque ne m'int�resse plus.

Tes grands airs de m�chant nazi ne m'excitent plus, tu n'es plus rien pour moi.

Hortense Larcher officialise sa relation avec Muller.

Je ne sais pas ce que tu cherches � faire en essayant de compromettre Philippe de cette mani�re.

Jeanine, ce type est un monstre.

Philippe Chassagne acc�de � son ambition.

Grande nouvelle! Je viens d'�tre - officiellement - nomm� Maire de Villeneuve.

Les r�seaux clandestins s'organisent.

Je pense qu'on peut faire du bon travail ensemble.

On va faire de grandes choses.

Je peux vous trouver un coup � boire, si vous voulez.

Allez C'est un bon d�but pour une r�sistance unie.

Oh, la vie est belle quand elle veut.

Toi aussi tu es pour les am�ricains, hein?

C'est incroyable, elle comprend tout ce que je lui dit.

Marie, chef de la r�sistance assiste � l'arrestation de son fils par la gestapo.

Raoul!

Marchetti, chef de la police, rencontre Rita, une femme juive, dont il tombe amoureux.

Il y a des choses qui vont vite changer dans cette ville.

Il va falloir collaborer beaucoup plus.

C'est mon enfant que tu portes, Rita.

Mais tu ne le verras jamais.

En 1943 ils vont devoir vivre leurs choix.

La premi�re, vous la mettez bien bien sur la gauche.

Bien au fond, Bien au fond, Bien au fond, Bien au fond C'est bon.

Okey. Ensemble, ensemble.....

Allez-y, ensemble, ensemble derri�re. Allez-y.

Doucement derri�re.. C'est bon.

On soul�ve un peu... C'est bon, c'est sur le rouleau.

C'est bon? Allez, �a va tout seul, l�.

C'est bon?

Il y en a qui s'occupent des bastings et quelqu'un s'occupe des toiles de jute, l�.

Si tu veux qu'ils te respectent, il ne faut pas porter avec eux, il faut rester en retrait, hein!

C'est votre truc, �a, non?

Quoi? Rester en retrait.

Et toi, ton truc c'est d'emmerder le monde, c'est �a?

Pourquoi pas?

J'ai pens� que vous auriez soif.

Merci. Madame Schwartz, votre fr�re est un emmerdeur!

C'est de famille.

Merci.

Qu'est-ce que tu dirais, si ... je te nommais Directeur adjoint?

Que vous faites �a pour faire plaisir � ma soeur.

Mais non. Je fais �a parce que tu es bon, imb�cile.

Si je rach�te Andrieux, il faut quelqu'un de bon ici.

Je suis bon, moi? Oui tu es bon.

Tu es bon, mais tu es con quoi. Tu es comme moi.

Merci, c'est un compliment, �a.

Il y a quelqu'un dans la remise, l�-bas?

Bah non. Tous les gars sont l�.

Viens avec moi.

C'est quoi, ce bordel?

L�, regarde.

Raymond? Je crois qu'il y a la police qui arrive.

Retourne dans la remise.

Commissaire.

Vous connaissez mon beau-fr�re.

Un type qu'on poursuivait s'est r�fugi� dans votre usine.

Un type?

Un r�fractaire au STO.

J'ai rien vu.

Pourtant on est s�r de notre tuyau.

Alors, il a d� repartir votre type, parce que s'il s'�tait planqu� ici, on l'aurait vu.

Votre beau-fr�re, c'est �a? Oui.

Il a quel �ge le beau-fr�re?

21 ans.

Bient�t le moment de partir en Allemagne.

Je suis exempt� du STO.

Evidemment!

C'est toujours les m�mes qui gagnent.

Loriot! Il est l�-dedans. Vas-y.

Police!

Police!

Arr�te-toi!

Tire en l'air.

Loriot, va voir.

Apparemment, lui aussi, il a trouv� le moyen de ne pas partir en Allemagne.

Je suis bien, comme �a.

Tu es TOUJOURS bien.

Comment tu fais pour aimer le type le plus d�test� de Villeneuve?

Les gens ne te d�testent pas, ils ont peur de toi.

Parfois je me dis qu'ils ne comprennent d�cid�ment rien � notre combat.

Ils finiront par comprendre.

Ils n'auront pas le choix, tu sais.

C'est ce que j'aime le plus chez toi.

D�s que tu reviens, tout est possible.

Ca va �tre � vous, Monsieur le Maire.

J'arrive.

C'est pourquoi, jeunes gens qui partez faire votre devoir en Allemagne...

... je n'h�site pas � le dire, vous �tes l'honneur de la France.

Notre France meurtrie, dans la peine...

Ca fait mauvais effet, ces chaises vides.

Vous ne pouviez pas trouver des figurants.

En ce moment... Oui, et bien il fallait moins de chaises.

Vous �tes l'espoir de notre pays.

Notre esp�rance, nos lendemains qui chantent, vous �tes les agents de la r�volution nationale...

et je n'h�site pas � le dire vous �tes nos ambassadeurs.

Les ambassadeurs du Mar�chal.

Les ambassadeurs de la France.

Je laisser maintenant la parole � Philippe Chassagne, le Maire de Villeneuve, Pr�sident de la Chambre de commerce et aussi Pr�sident du Comit� r�gional Fran�ais.

C'est pas marrant de voir partir nos gars en Allemagne... hein

Moi, si j'avais 20 ans je peux vous dire que partir en Allemagne �a me ferait carr�ment... suer.

Alors, pourquoi on vous y envoie?

Pour le plaisir de vous faire... suer?

Non, messieurs, non mesdames.

Vous nous confiez ce que vous avez de plus pr�cieux: vos fils.

On vous envoie l�-bas pour gagner la guerre.

...parce qu'elle continue la guerre, l�-bas, en Russie.

Les hommes se battent, les hommes sont bless�s.

...amput�s, d�figur�s, morts par milliers...

Vous allez me dire: une guerre � 2 000km d'ici, en quoi �a nous concerne?

Vous voulez que demain, cette �cole devienne une synagogue?

Vous voulez que demain des commissaires politiques viennent chez vous pour prendre votre po�le � bois, votre armoire � linge, votre bicyclette pour les donner au peuple?

C'est �a qui arrivera si l'Allemagne perd la guerre.

Villeneuve bolch�vis�e, Viulleneuve enjuiv�e!

Demain, chez nous!

C'est �a que vous voulez?

Pour gagner cette guerre, ce qu'on nous demande, � nous fran�ais...

... ce sont des travailleurs.

Trois classes d'�ge pour deux ans, c'est beaucoup.

Mais les allemands, eux, pour d�fendre l'Europe...

Ils donnent leur sang.

Par milliers, par dizaines de milliers, ILS DONNENT LEUR SANG.

On peut quand m�me leur donner notre travail!

Je n'ai pas compris ton attitude tout � l'heure avec Marchetti.

Pour un type qu'on ne connaissait pas... R�sultat des courses, il se fait tirer dessus!

C'est quand m�me pas sa faute, �a.

Si on l'avait balanc�, il ne se serait peut-�tre pas fait tirer dessus.

Tu dis rien?

Mais enfin, je ne comprends pas.

Vous �tes d'acord avec le STO?

Je ne fais pas de politique, moi.

Mais vous me pistonnez pour que je ne parte pas!

Non, je te pistonne parce que j'ai besoin de toi ici, c'est diff�rent.

Au-del� de votre petit int�r�t personnel, il y a un monde qui existe, vous savez

T'as une grande gueule, toi, hein.

Je suis sens� la fermer ma grande gueule, si j'accepte le boulot que vous me proposez?

Maintenant, si tu ne veux pas l'accepter et que tu en as marre que je te pistonne, pars pour le STO.

Je trouverai quelqu'un d'autre. Ne t'inqui�te pas.

Je vais v�rifier les comptes de Lambert. C'est �a oui.

Mais tu n'as rien mang�! Pas faim.

Je n'aime pas quand vous vous disputez.

Moi j'aime bien. Ca le maintient en forme.

Mais ne t'inqui�te pas, on en fera un homme de ton petit fr�re.

Regarde, je fais un signe au chauffeur. Il s'arr�te, on le braque...

... et � nous le chargement.

Tu fais un signe au chauffeur, il acc�l�re et l'autre te mitraille.

Pourquoi il ne s'arr�terait pas?

Parce qu'ils ont des consignes formelles.

Ils ne s'arr�tent que sur ordre de l'un des leurs.

S'ils voient une jolie fille �tendue sur l'asphalte, ils s'arr�tent. C'est des hommes, hein.

Je te dis qu'ils ont des consignes. Ils ne s'arr�tent jamais.

Il ne faut jamais dire jamais, camarade.

Oui, mais �a, on ne peut pas pr�voir.

T'imagine, l�, si on �tait en bas...

Avec un flingue, on les braque.

Il y a au moins dix fusils � l'arri�re.

T'es s�re de toi?

D'apr�s mon informateur...

Le camion revient de l'atelier de r�paration.

C'est toujours la m�me route, toujours la m�me heure.

C'est trop dangereux.

Alors on va continuer � les regarder � la jumelle comme des cons?

Mais je pr�f�re les cons vivants aux h�ros morts.

Pas d'autocritique, camarade.

Tu me feras toujours rire.

Bon, �coute, pour le camion, on en parle � Edmond et Max et apr�s on verra.

Bon. Tu m'accompagnes?

O� �a?

J'ai retrouv� ma fille et ma belle soeur � S�rigny.

Tu continue � voir ta fille!

Allez, viens.

Comme �a, au moins tu assureras ma protection.

Viens me retirer mes chaussures.

Tout � l'heure � la scierie, le signe de la main que tu m'as fait, il �tait trop voyant.

Si tu te fais prendre, tu ne me serviras plus � rien.

D�j� que tu ne me sers pas � grand chose...

Le jeune type, l�, le fr�re de la patronne...

Monsieur Antoine? Oui.

Monsieur Antoine, parle-moi de lui.

Il est gentil...

Ca veut dire quoi, il est gentil?

En arrivant, le matin, il me fait un sourire.

C'est �a �tre gentil, pour toi?

Vous, vous souriez jamais.

C'est ce que Rita me reprochait tout le temps!

Pourquoi tu souris jamais?

Sais pas!

J'ai pas envie.

Toi non plus, tu ne souris pas tr�s souvent.

Rita, elle souriait tout le temps, elle.

Ca te g�ne quand je te parle d'elle?

Non.

Enfin un peu.

Bien.

Monsieur Antoine, tu as envie de coucher avec lui?

J'aime pas quand tu mens.

Je le connais � peine.

Oui, c'est vrai.

Eteins la radio.

Tu as �t� formidable.

Ah... tu exag�res!

Pas du tout.

De toute fa�on, ils sont tellement bouch�s!

Il y a des fois, j'aimerais que les bolcheviks et les youpins gagnent.

Vous devenez pro-bolch�vik, Monsieur le Maire?

Jamais longtemps, rassurez-vous.

Il a bien parl�, il ne me croit pas.

On n'est pas toujours d'accord, mais l�, vous �tiez presque grand.

Tout est dans le presque.

Et vous avez remarqu� qu'Heinrich Muller n'est pas venu.

Je crois qu'il a toujours des probl�mes de dos.

C'est s�r qu'�tre l'amant d'Hortense Larcher, cela doit finir par faire mal au dos.

Je ne comprend pas comment elle s'affiche comme �a avec lui.

Elle a vraiment aucune fiert�.

Moi, je trouve cela courageux.

Monsieur le Maire? la photo.

Pour les nouvelles de Villeneuve, le photographe voudrait que vous sortiez, il n'y a pas assez de lumi�re ici.

Ca c'est important.

Je vous suis.

Monsieur le Maire.

Il faudrait que vous regardiez l'objectif, s'il vous plait.

Monsieur le Maire..

Qui est ce type? Il est de l'�cole?

Je ne sais pas.

Certainement.

Bizarre la fa�on dont il balaie, vous ne trouvez pas.

Je ne suis pas un sp�cialiste, hein.

Il balaie la pelouse! Ca ne sert � rien.

Vous voulez que j'en parle au directeur de l'�cole?

N'exag�rons rien. Non.

Si B�riot emploie un incomp�tent, c'est son affaire.

Je suis � vous.

Une avec votre femme, peut-�tre? Bonne id�e.

Jeanine!

Tenez-la par l'�paule, Monsieur le Maire.

Attention.

Philippe!

Ne le touchez pas!

Marcel.

Hmm? Tu penses parfois � ce qu'on fera apr�s la guerre?

Non.

Je suis s�re que ce n'est pas vrai.

Si tu es s�re, pourquoi tu me poses la question?

Arr�te-toi une minute.

Pourquoi?

Je suis fatigu�e.

Je suis s�r que ce n'est pas vrai.

Apr�s la guerre... Suzanne!

C'est loin. Le socialisme aussi c'est loin.

Et pourtant t'y penses tous les jours, non?

Tu divorcerais?

Si tu me le demandes.

Tu perdrais ta fille.

Je ne l'ai pas vue depuis trois ans!

Parce qu'il est prisonnier en Allemagne.

Mais on ne s'entendait pas si bien que �a, avant la guerre.

Et puis heu... On s'est rencontr� quoi, ne complique pas tout.

Sauf que la guerre, on est en plein dedans.

Ton mari est loin.

Alors, � quoi �a sert?

Ben, �a fait du bien, de r�ver, parfois.

Mouais, �a fait du bien ... et puis �a s'arr�te.

Allez, viens. On va �tre en retard.

T'as �t� un peu dur avec Raymond, tout � l'heure.

Ah bon!

Ecoute, pas ici, il te forme.

Il te propose un gros poste.

Tu pourrais quand m�me... Je pourrais quand m�me quoi?

Etre reconnaissant.

C'est pour �a que tu l'as �pous�?

Pour �tre reconnaissante?

Je l'aime.

L'amour n'est donc pas toujours aveugle.

Tu vas accepter sa proposition?

Je ne sais pas.

J'aimerai bien que tu acceptes.

Evidemment.

Antoine, un bon salaire, tu �vites l'Allemagne...

On reste ensemble.

Qu'est-ce que tu veux de plus?

Etre libre.

La merde! Je viens d'avoir un coup de fil de la main d'oeuvre, ils font sauter ton exemption.

Ca veut dire quoi?

Ca veut dire que samedi il part en Allemagne. Ils viendront le chercher demain au plus tard.

Mais c'est pas possible, tu disais...

Non, mais �a c'�tait avant que Monsieur joue les h�ros avec le r�fractaire de ce matin.

Marchetti, qui est une teigne, a fait un rapport.

Il a fait sauter son exemption.

Je ne regrette pas ce que j'ai fait!

Ah bon.

Et on fait quoi maintenant, alors?

Bin je ne sais pas.

Vous dites que je pars samedi.

Tu veux vraiment partir?

Vous savez tr�s bien que non.

Qu'est-ce que tu as en t�te?

Je peux le faire passer en Suisse.

Histoire de calmer la main d'oeuvre.

Au besoin, je les arroserai.

Et puis il revient 15 jours apr�s, peinard...

C'est trop dangereux.

Passer en Suisse pour un ,type comme lui, c'est du beurre.

Comment tu peux dire �a? Dimanche, un couple a �t� abattu...

Je te dis qu'il passe sans aucun probl�me. C'est juste une question de fric, c'est tout.

Avec vous c'est toujours une question de fric!

Ouais. Ecoute mon petit gars, les discussions m�taphysiques tu les auras plus tard. D'accord?

Maintenant tu choisis.

Tu pars en Allemagne ou tu viens avec moi.

C'est bon.

Vous pouvez y aller.

Attend-moi � la maison, Jeanine. Ce ne sera pas long.

Monsieur Chassagne? Je veux une enqu�te rapide et des r�sultats rapides.

Vous voulez des r�sultats rapides ou la v�rit�?

J'aimerais mieux la v�rit�.

Ce ne sera peut-�tre pas rapide, alors.

Vous pouvez me d�crire votre agresseur?

S�rement youpin.

Essayez d'�ttre plus pr�cis.

Cheveux brun fris�s, nez crochu petites lunettes rondes d'intellectuel, je vous dis le youpin typique.

Un youpin avec une balle dans le ventre, �a ne doit pas �tre trop dur � retrouver.

Ah, Monsieur B�riot.

L'agresseur portait une blouse de l'�cole. On vous a vol� une blouse, r�cemment?

Je ne crois pas, non.

Mais, le jeudi, nous ne sommes pas l�, comme vous le savez.

Vous habitez ici, non?

Nous �tions sortis avec mon �pouse.

Bon. V�rifiez pour la blouse. Ca sera tout pour l'instant. Merci.

Vous ne l'arr�tez pas?

Pourquoi? Pour trafic de blouse?

Je connais son dossier. Chante la Marseillaise, franc mac il fait partie des antinationaux.

Il n'irait pas organiser ce genre de choses dans son �cole.

Je pense plut�t � un acte isol�.

Ca va, merci.

Vous savez, Marchetti...

dans une ville entre un maire et un chef de la police, il faut que �a fonctionne.

Entre nous, �a ne fonctionne pas.

Arr�tez B�riot, passez-le � la moulinette.

Non.

Vous �tes franc-mac ou quoi?

Malheureusement pas, Monsieur le Maire.

Je vous souhaite un prompt r�tablissement.

Tout a l'air calme. Tu peux y aller.

Elle est belle, hein?

Ouais.

Bon, allez vas-y.

Pas plus de 20mn, hein.

Ca va, Suzanne?

Oui.

Bah, tu ne me dis pas bonjour?

Bonjour maman.

On t'a lib�r�!

Je me suis �vad�.

J'ai eu un peu de chance.

J'ai pens� � toi tous les jours.

... et toutes les nuits.

Excuse-moi, je suis sous le choc. Je ne m'attendais tellement pas...

Eh bien, tu te rends compte, papa est revenu.

Oui, mais il disait que �a ne te ferait pas plaisir.

Qu'est-ce que tu racontes.

Tu peux rester avec elle deux minutes?

Viens.

Alors, tu es avec les communistes?

On ne va pas parler de �a maintenant.

J'imagine que tu n'as pas beaucoup de temps. Non.

Tu dois dire � personne que tu m'as vue, G�rard.

Personne!

Evidemment! Tu sais, la petite, elle parle � l'�cole... Tu m'as manqu�, tu sais.

Je suis contente que tu ai pu t'enfuir de l�-bas.

Ca a d� t'inqui�ter, que je ne t'�crive pas pendant tout ce temps...

Les parents m'ont dit pour la prison, le parti, tout �a...

Ca va?

Tu sais, G�rard, pendant que tu n'�tais pas... Attend, Suzanne...

tout ce que tu as fait depuis 40, tous les gens que tu as connu, tout �a...

... �a ne me regarde pas.

mais maintenant ce qu'il faut me dire, c'est...

Tu vas revenir � la maison?

Mais... je suis recherch�e par la police, G�rard... Je veux dire, pas � Villeneuve, bien s�r.

Attends!

On ne va pas parler de �a comme �a, maintenant.

Mais alors, quand?

Je sais pas. Je t'appellerai.

Oh, non. Je ne peux pas t'appeler l� o� je suis.

Tu peux revenir ici.

Je ne sais pas... demain. Demain?

Oh, mais tu ne te rends pas compte...

Ecoute, pense � la petite.

Il faut que je puisse lui dire quelque chose.

C'est quand m�me pas le bout du monde de revenir, si?

Bon, d'accord Demain, m�me heure.

T'en parle � personne.

Tu m'attends dix minutes et apr�s, si je ne suis pas l�, tu t'en vas.

D'accord? D'accord.

Bon, Marie, amenez-nous du vin. J'ai soif. Bien Monsieur.

Tu ne peux pas continuer comme �a.

Tu veux dire quoi?

Ca veut dire que tu t'exposes trop.

Tout � l'heure tu disais que j'�tais tr�s bien.

Mais tu es tr�s bien. Eh quoi, il faudrait changer ma vie parce que je me suis fait tirer dessus?

En tout cas, il faudra en tenir compte.

Mais je vais en tenir compte.

Je vais accentuer la r�pression, la traque aux r�fractaires, la livraison des youpins aux boches.

Mais c'est le contraire qu'il faut faire.

Calme le jeu, met un peu d'eau dans ton vin.

Mais, enfin, Jeanine, il faut gagner la guerre.

Tu crois que c'est un slogan de propagande ou quoi?

Et si on ne la gagne pas?

Enfin, je veux dire, si les allemands ne la gagnent pas?

Si les allemands ne la gagnent pas... alors on est mort.

Mais j'aime trop la vie, pour permettre que �a arrive.

Vous croyez que vous avez le droit de toucher � �a?

Du sang! Qu'est-ce qu'on dirait demain aux enfants?De toute fa�on, la police ne m'a rien demand�.

En France tout ce qui n'est pas interdit est permis m�me sous Vichy.

Jules, vous �tes pour quelque chose dans ce qui est arriv�?

Quoi, l'affaire de ce matin? Vous �tes folle!

On ne fait pas des choses comme �a.

Vous me le promettez?

Non, parce que je ne vais pas vous promettre quoi que ce soit concernant mes activit�s.

Je vous le dis. C'est tout.

Vous disiez que Chassagne �tait un monstre.

Oui, c'est mon opinion. Mais ce sera � un tribunal d'en d�cider � la lib�ration.

La lib�ration, vous y croyez, vous!

Vous croyez bien en Dieu, vous!

Bonjour.

Bonjour. Excusez-moi, je cherche Monsieur Bl�riot.

B�riot. Pardon. Je suis Marguerite Martin, la nouvelle maitresse de chant.

Jules, on n'a pas besoin de maitresse de chant.

Vous n'avez pas re�u mon avis de mutation?

Ah... non.

Mais avec le courrier, en ce moment...

Enfin, c'est moi qui donne les cours de chant.

Vous donnez des cours de chant parce qu'on n'a pas de maitresse de chant.

Vous faites le dessin aussi?

Et bien, en dessin...

Education religieuse, si vous voulez.

Je viens du coll�ge Sainte Genevi�ve.

L'�ducation religieuse, ce n'est pas une urgence.

Pourquoi pas?

Ce serait bien qu'il y ait de l'�ducation religieuse.

Puisque la loi nous y oblige.

Bon et bien �coutez, va pour l'�ducation religieuse.

A petites doses.

La Bible racont�e aux enfants, les rois mages...

A l'acad�mie, on m'avait dit que vous me logeriez...

Ah....

Eventuellement au premier, dans la petite chambre.

Oui, �ventuellement.

Faites bien attention quand vous rentrez le soir, la d�fense passive est devenue pointilleuse.

depuis les bombardements de Montb�liard.

Je suis d�sol�e pour les cours de chant.

Je ne voulais vraiment pas vous g�ner.

C'est bon. je n'ai pas �t� tr�s accueillante.

Excusez-moi.

Vous aimiez donner les cours de chant?

Ce n'est pas vraiment des cours de chant. Mais oui.

J'aime voir les enfants chanter.

Vous aimez la musique.

Je fais du violon.

Ah bon? Il faudra me faire �couter.

Je ne suis pas sp�cialement dou�e.

Je n'ai plus le temps depuis que j'ai ma petite.

Vous n'avez pas d'enfant?

Non.

Je n'ai pas trouv� l'oiseau rare.

C'est curieux cette mutation...

... en cours d'ann�e. Il y a des probl�mes au coll�ge.

Avec la direction? Non.

C'est un peu compliqu�.

Voil�. Ca ira?

C'est tr�s bien.

Merci.

Vous me promettez de me jouer un peu de violon?

Peut-�ttre. A tout � l'heure.

Bon, j'en ai � peu pr�s pour 24 heures pour contacter le passeur et tout organiser.

Je repasse te prendre demain matin?

OK

On est o�, l�?

Chez un client juif qui a �t� arr�t� l'ann�e derni�re.

Bon. Tu t'installes n'importe o�, tu ne te fais pas voir, tu bouffes les bonnes choses de ta soeur, tu pionces et tu m'attends. C'est compris?

Oui

Et si quelqu'un vient?

Il n'y a jamais personne qui vient.

Bon, j'y vais. Il faut que je sois � Pontarlier avant le couvre-feu.

Ah bon! Oui.

Je voulais vous remercier pour ce que vous faites.

Bah, �a me touche, tu voies. On n'a pas le remerciement facile dans la famille.

Papa, ici il fait tr�s beau. Je suis sage comme une image...

Non, bien s�r.

Tu fais du tourisme?

Tu as une cigarette?

Oh! Des anglaises!

T'as les moyens, dis-donc!

T'as pas l'air d'�tre un prol�taire.

Non... mais enfin... des anglaises, en ce moment...

Je n'en n'ai pas vu depuis que j'ai quitt� Paris.

Je m'appelle Claude.

Antoine.

Euh... le paquet.

Oh, excuses.

Alors, qu'est-ce que tu fabriques, ici?

Ben, je me planque.

Et toi, tu es de Paris?

Non, je suis de Moissay.

Je suis mont� � Paris pour �tudier l'art dramatique

C'est quoi, �a?

Le th��tre.

Je suis au conservatoire. Et vous?

C'est bizarre comme truc. Qu'est-ce que tu fais, toi?

Je travaille dans une scierie.

Tu coupes du bois toute la journ�e, quoi!

Ouais... plus ou moins.

Et �a, c'est pas bizarre.

Ecoute, je ne pouvais pas pr�voir.

Il n'y a aucun probl�me, Suzanne. Je ne te reproche rien.

Alors, pourquoi tu fais la gueule?

Je ne fais pas la gueule. Je ne m'y attendais pas, c'est tout.

On va trouver une solution.

Bah, la solution c'est simple. Je vais m'effacer, c'est normal.

Mais enfin, qu'est-ce que tu racontes? Comment �a, tu vas t'effacer?

Ton mari est rentr�. Qu'est-ce que tu veux que je fasse? Que je le provoque en duel?

Pourquoi pas!

Marcel...

Je t'aime. Je veux vivre avec toi. Tu le sais, non?

Ce que je sais c'est que ton mari est l�.

Tu vas lui dire quoi?

Je n'ai pas vraiment eu le temps d'y r�fl�chir.

Tu vas lui mentir?

.. et me demander de mentir aux camarades, comme au bon vieux temps?

Mais non...

Tu as peut-�tre le go�t du mensonge, moi pas.

C'est d�gueulasse de me dire �a!

De toute fa�on je n'aurai pas besoin de lui mentir. Il m'a dit que ce que j'avais fait pendant la guerre �a ne le regardait pas.

C'est un type bien, dis-donc.

Marcel, arr�te-toi.

Tu serais pr�te � renoncer � ta fille?

Si tu lui dit que tu le quittes, comme tu ne peux pas prendre ta fille avec toi, il va se passer quoi?

Je le revois demain.

Bon, �coute, je ne veux plus que tu m'en parles.

Je ne veux plus �tre au courant de tout �a. Je ne suis pas au courant. Et d�sormais en dehors de tes activit�s militantes, tu gardes tes distances.

Alors? Ce camion.

Je laisse Suzanne en parler. C'est une id�e � elle.

C'est du transport d'armes, de l'atelier de r�paration � la caserne...

Il y a juste deux types � l'avant.

Le probl�me c'est de les faire s'arr�ter.

Tu es s�re qu'il n'y a personne � l'arri�re?

A priori, oui.

Qu'est-ce que t'en penses?

Que c'est pas jouable.

Enfin, que c'est trop dangereux.

D'apr�s la fille qui travaille � l'atelier de r�paration, il y a toujours cinq ou six fusils, parfois dix.

Ca m�rite de prendre le risque, non?

T'as une id�e?

Ils doivent avoir des consignes strictes de ne pas s'arr�ter.

Mais les boches s'arr�teraient pour des gendarmes...

S�rement.

Et les gendarmes, eux, s'arr�teront pour une jolie fille.

Hmmm... Tu gagnes � �tre connu, toi.

C'est ta m�re qui t'a pr�par� �a?

Ma soeur.

C'est mon meilleur d�ner depuis.... Je ne sais pas depuis quand.

Tu as des fr�res et soeurs, toi?

Fils unique.

Il faut toujours �ttre unique, dans la vie.

Enfin, c'est ce que dit mon prof au Conservatoire.

Pourquoi t'es revenu � Moissay?

Pour �chapper au STO.

Les flics ont d�barqu� au conservatoire...

Ils avaient des noms.

On a juste eu le temps de filer � l'anglaise.

Je me disais qu'ici, chez les parents, je serais peinard...

Tu parles peinard .... Les gendarmes.

J'ai saut� par la fen�tre.

Tu vas faire quoi, toi, maintenant?

Il y a mon beau-fr�re qui vient me rechercher, il va me faire passer en Suisse.

T'as de la chance.

Je te proposerai bien de venir... mais je ne suis pas s�r que ce soit possible.

Non mais tu es gentil. Je vais me d�brouiller.

Tes parents pourront peut-�tre t'aider.

Oh, tu sais, mon p�re c'est une gueule cass�e, alors....

Une vraie?

Un �clat d'obus � Verdun.

Moi, mon p�re est mort quand j'avais dix ans.

Il avait �t� gaz� dans l'Argonne.

Il �tait couch� tout le temps...

Toute ton enfance, il �tait couch�?

Ouais!

Sauf le 11 novembre.

Il y avait le d�fil�...

... alors le matin � l'aube, ma m�re lui mettait son uniforme...

... ses d�coration croix de guerre, m�daille militaire...

... m�daille de la Marne...

... on le mettait sur une chaise roulante...

... et on allait au d�fil�.

Les camarades poussaient la chaise. Quand il passait devant nous, il agitait la main.

Comme �a

Moi, mon p�re, la guerre, il n'en parle jamais.

Remarque, il ne parle jamais de rien.

Ca a �t�?

Tu as pu arranger son passage?

Oui, oui. Ne t'inqui�te pas. Tout s'est bien pass�.

Oh, qu'est-ce qui vous arrive, ma petite dame?

Oh, j'ai mal! Je ne sais pas comment je suis tomb�e.

Oh, �a me lance.

Vous pouvez vous lever?

Je ne sais pas. Aah non. Non �a fait trop mal.

Il faudrait que je m'allonge un peu.

Vous ne pourriez pas m'aider � me mettre sur le talus, l�-bas, l�?

Mais... vous pouvez marcher?

Je ne crois pas.

Oh, prenez-moi dans vos bras, vous verrez, je ne suis pas lourde.

Bon, bien, excusez-moi.

Allez, hop.

Oooh. C'est vrai, vous �tes l�g�re.

Oh, mais c'est gentil.

Voil�. Je vais y aller doucement. Oui.

Oh merci! Ca va aller, l�?

Oh, �a va mieux.

Vous �tes bien, l�?

Ouf! Dites?

Vous ne pourriez pas me masser un peu le genou?

J'ai peur de ne pas pouvoir p�daler.

Je ne suis pas m�decin, vous savez.

Oh, et bien, masser, tout le monde sait faire �a!

Vous �tes chic.

Comme �a, l�?

Plus fort.

Ici, l�?

Un peu plus haut.

Vous savez y faire, vous. Hein!

Bouge pas!

Attendez.

J j j'ai une femme! J'ai trois gosses.

Tu veux les revoir, ta femme et tes gosses?

Alors, d�shabille-toi, et fissa.

Mar�chal, nous voil�

Tu nous as redonn� l'esp�rance.

La patrie rena�tra. Mar�chal, Mar�chal, nous voil�.

Bon! C'est bien.

Il y en a qui ne chantent pas encore juste, mais bon...

On travaillera.

Alors, maintenant il faut dire �a deux fois.

Mar�chal, Mar�chal, nous voil�, nous voil�.

Vous comprenez?

Il faut que ce soit entrainant, presque millitaire.

Chut, chut, chut, mademoiselle.

Alors, ce qu'on va faire c'est que ceux qui chantent juste, St�phane...

Elle est bien, hein?

Je ne savais pas que cette chanson �tait dans votre r�pertoire.

Je ne parle pas de la chanson, Lucienne. Regardez, elle a d�j� retenu tous les pr�noms...

... et elle les fait marcher � la baguette.

Mar�chal... On y va

Si votre voisin �coute Radio Londres, dites-lui d'arr�ter.

Ah, il est juif. Non, non, non, on ne peut rien faire, non.

Madame...

Elle a raccroch�!

Elle va encore se plaindre � je ne sais pas qui et puis apr�s on va dire que le commissariat est un rep�re d'antinationaux.

On s'en fout de ce que les gens disent. Arr�tez avec �a.

D�sol� de vous d�ranger en plein travail.

Monsieur le sous pr�fet?

Qu'est-ce qui se passe avec Chassagne?

Ce qui se passe? Il demande votre mutation.

Il dit que vous prot�gez B�riot.

Non. Attendez. B�riot n'a rien � voir avec l'histoire d'hier.

C'est quand m�me un antinational.

Et l'agression a eu lieu dans son �cole.

On dirait vraiment que vous le prot�gez.

Vous voulez me faire muter. N'h�sitez pas.

Quand je voudrais vous muter, vous le saurez tout de suite.

Bon, �coutez, le maire s'est fait tirer dessus.

C'est grave, m�me si c'est Chassagne.

Vous avez avanc� sur l'agresseur?

Le type est bless�. On fouille chez les m�decins.

On suit la piste de la blouse.

Elle ne vient pas de l'�cole, d'ailleurs.

Bon �coutez, Marchetti, trouvez ce type, parce qu'apr�s c'est MA mutation que Chassagne va demander.

Et puis il y a autre chose.

Demande sp�ciale des boches: ils ont retrouv� le cadavre d'un de leurs gardes fronti�re disparu l'ann�e derni�re, tu� � bout portant.

Les boches ne nous l�cheront pas avec cette affaire.

Alors faites ce que vous pouvez.

Messieurs!

Qu'est-ce qu'on fait?

Bah, je vais brancher B�riot, histoire de calmer un peu Servier.

Le meurtre du boche! Ca date quoi d'il y a un an. Qu'est-ce que tu veux qu'on fasse avec �a!

Mets plut�t �a � la corbeille.

Oh, ce doit �tre mon beau-fr�re.

Bon et bien �coute... ravi de t'avoir connu.

C'est bizarre.

Ce n'est pas son genre de siffler comme �a.

Attends, attends.

Putain, c'est les flics.

Ils nous cherchent?

J'ai l'impression. Ce doit �tre mes vieux qui nous ont balanc�.

Mais je ne peux pas partir, moi. J'ai rendez-vous ici.

Tu veux aller en Allemagne, toi?

On va passer par deri�re.

Allez, d�p�che-toi.

Ca s'est bien pass�?

Le deuxi�me il a fallu le cogner un peu.

Trop petit pour moi, �a

C'est con. Ca t'aurait bien �t�, l'uniforme.

Bon. On y va � combien?

Les deux gendarmes, deux qui braquent, deux en soutien.

Bon, on prendra...

Didier...

Julien

On fait �a aujourd'hui?

Demain plut�t.

Pourquoi attendre?

Je voudrais rep�rer une derni�re fois.

Trop rep�rer, c'est se faire rep�rer.

Ecoute, c'est mon id�e, c'est risqu�.

Laisse-nous rep�rer une derni�re fois.

Bon. Dernier point ce soir, tous �quip�s.

D�part demain matin 10 heures.

Bonjour.

Bonjour!

Vous n'avez pas vu un gar�on, 20 ans, blond...

Ben j'ai vu personne Du moment o� vous me suivez...

Vous �tes l� depuis combien de temps?

Au moins une heure.

Antoine!

Antoine!

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