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L'autre jour, Max Corkle a raconté une histoire...
plus fantastique que jamais.
Vous direz que ça n'aurait jamais pu arriver.
En tout cas, cette histoire était si fascinante...
qu'on s'est dit qu'il fallait qu'on vous la raconte.
Elle commence à Pleasant Valley...
où tout n'est que Paix...
Harmonie...
et Amour...
et où deux hommes sont en train de se tabasser.
- Il n'est pas mauvais. - Allez, tape-le.
Utilise ton droit.
Allez, Joe, fais travailler ton gauche.
Vas-y, Joe.
Je te l'avais bien dit.
- Continue comme ça ! - Vas-y.
- Vas-y. - C'est ça. Continue comme ça.
Charlie, voici le prochain champion du monde. Excellent, non ?
Oui, il va massacrer ce Murdock.
- Bon, Joe, ça suffit. - Allez, Maxie.
Je n'ai fait que cinq rounds. Je peux en faire encore deux ?
Je t'ai dit que c'était assez. Gardes-en pour Murdock.
- Comment je me débrouille, vieux ? - Ça va.
- Pas assez rapide. M'appelle pas "vieux". - Je suis en pleine forme, vieux.
Tu vas avoir deux semaines pour t'entraîner.
Relax, Maxie, qui est ton boxeur préféré ?
Ne fais pas le pitre. Va te faire masser.
Arrête un peu, Max. Tout ira bien.
Tu vas finir ton entraînement à New York,
- alors on plie bagages après déjeuner. - Super.
J'irai seul en avion cet après-midi.
Écoute, Joe, tu pourrais me rendre un service ?
Laisse ton avion ici et prends le train avec le groupe.
- D'accord ? - Que peut-il m'arriver
avec mon saxo porte-bonheur ?
On est prêts, le combat le plus important de ta vie est dans deux semaines,
bientôt champion, pourquoi prendre des risques ?
Impossible. On m'appelle le Nez Cassé Volant.
Les journaux diront: "Le Nez Cassé Volant en train."
- Impossible. - Oh, Joe.
Rendez-vous au gymnase à New York demain.
Et pour l'avion ?
- Et si je te jouais ton morceau préféré ? - Pas aujourd'hui.
Non.
C'est bien ce que je vous disais, M. Pendleton. Vous êtes mort.
Vous racontez n'importe quoi. Je suis tout déboussolé.
- Vous devez être un peu fêlé. - Je perds patience.
Je n'ai pas de temps à perdre avec vous.
On m'attend à New York, et me voilà ici. Où puis-je prendre un taxi...
Hé, un avion. Voilà ce que je veux.
Messager 3081 au rapport, monsieur. Cinq passagers.
- Secteur ? - Sud-est de l'Australie.
Poursuivez.
"Atwater, John.
- "Gaylord, William. Zabel, Frederick." - Zabel ? C'est un "Z".
Vous sautez de "G" à "Z". Il n'y a personne entre ?
- Si, monsieur. - Alors, énoncez-les dans l'ordre.
Vous devriez connaître les règles.
- Oui, monsieur, je me suis trompé. Pardon. - Continuez.
- "Heggie, Alicia." - Heggie ?
- Voilà qui est mieux. - Oui, monsieur.
"Ingle, Peter."
Le prochain avion pour New York ? Où est le guichet ?
- "Zabel, Frederick." - Qui commande ?
M. Pendleton, ne vous agitez pas.
M'agiter ? J'essaie juste de trouver un avion.
Quel est le problème ?
Messager 7013 au rapport. Aucun problème.
Aucun problème pour l'instant, mais ça va changer...
- C'est vous le patron, ici ? - Un peu de respect.
- C'est M. Jordan. - Écoutez, M. Jordan,
je veux un avion pour New York. Où achète-t-on les billets ?
- Que signifie ceci ? - Signifier ? Je viens de vous le dire.
Un cas très difficile.
Il m'a harcelé jusqu'ici.
Harcelé ? Qu'en dites-vous ?
N'écoutez pas ce comique.
Il a perdu un boulon. Vous savez ce qu'il me rabâche ?
Que je suis mort.
Bien entendu. Sinon, je ne vous aurais pas pris.
Vous entendez ça ?
- Je crains que vous ne le soyez. - Quoi ?
Mort.
Vous aussi, hein ? Vous êtes aussi fou que...
Messager 2460 au rapport. Trois passagers, monsieur.
- Secteur ? - Finlande.
Poursuivez.
"Abelius, William.
"Caliga, Maria."
Mort ?
"Purmi, Jan."
Excusez-moi, M. Jordan, mais je ne comprends pas bien.
- C'est une blague ? - M. Pendleton.
- Mais, vous êtes sûr de vous ? - Bien entendu.
- Oui, mais je me sens bien. - Ne faites pas attention à lui.
- Vous n'avez récupéré que lui ? - Oui.
- Je suis désolé. - Son nom ?
- Pendleton, Joseph. - Non, même ça, vous l'avez loupé.
- C'est Joe Pendleton, pas Joseph. - Au nom du ciel, taisez-vous.
Pendleton, Pendleton...
- Impossible que je sois sur une liste. - Chut.
Quelqu'un s'est sûrement mélangé les pinceaux.
- C'est une erreur. - Une erreur ? Absolument rocambolesque.
Que faisiez-vous ? Votre travail. Musicien ?
Non. C'est juste un passe-temps, comme l'aviation.
Je suis Joe Pendleton. On m'appelle le Nez Cassé Volant.
Vous voyez, un nez cassé ?
- Je suis boxeur professionnel. - Vous l'étiez.
- Pas de Pendleton Joseph sur la liste. - Vous voyez ?
Oh, c'est impossible. Il doit y avoir une explication.
Je l'espère pour vous.
- Il est peut-être sur une liste plus récente. - Forcément.
Comment ça, forcément ? S'il n'y a pas mon nom, il n'y est pas.
M. Sloan,
contactez le bureau de l'état civil.
Qu'ils nous renseignent sur Pendleton, Joseph.
Oui, monsieur.
J'appelle le bureau de l'état civil. Avion numéro 22, j'appelle l'état civil.
Je me tue à vous le dire, les gars, je ne suis pas encore prêt.
Je suis en pleine forme. Comment puis-je être mort ?
Je vous assure, monsieur, il n'a pas pu survivre.
Il s'élançait vers la terre à la vitesse d'un météore.
Mais je ne me serais pas écrasé.
J'aurais redressé l'avion, si vous m'aviez laissé faire.
Vous l'avez sorti de l'avion avant qu'il ne s'écrase ?
- C'est ce qu'il a fait. - Oui.
Bon, les messagers ne sont pas censés écouter leurs émotions,
mais je l'ai vu plonger vers le sol.
Je voulais lui épargner l'accident, alors...
- Votre présomption est impardonnable. - Oui.
Je suis profondément désolé, monsieur.
Quel secteur couvrez-vous ?
Ça s'appelle le New Jersey.
Et si c'était possible, j'aimerais beaucoup être transféré.
- Vous êtes nouveau, non ? - En effet.
C'est mon premier voyage. J'ai été affecté ce matin.
C'est bien ce que je pensais.
Excès de zèle. Être le plus performant.
Ça va avec le manque d'expérience.
- Vraiment ? Oh, mon Dieu. - Ça ne pouvait pas arriver.
Rien ne peut m'arriver, avec mon saxo porte-bonheur.
Et comment a-t-il fait pour apporter cette chose ici ?
M. Jordan.
Dans le registre officiel, les parents de Pendleton, Joseph,
sont retirés et heureux, et attendent son arrivée.
Joseph doit les rejoindre le matin du 11 mai 1991.
1991 ? C'est dans 50 ans. Qu'est-ce que je vous disais ?
On dirait que vous êtes allé un peu trop vite.
J'ai encore 50 ans. Vous avez fait une sacrée bourde.
M. Pendleton, je crois que je vous dois des excuses.
On dirait bien, oui.
Tout le monde fait des erreurs. Il n'y a pas de mal.
- Laissons ça, et ramenez-moi. - Vous ramener ?
Naturellement, ramenez-le.
Réintégrez-le dans le corps dont vous l'avez si imprudemment privé.
Oui, et vite. Je dois retrouver Corkle.
- Il risque de s'inquiéter. - Corkle ?
C'est mon manager. Je m'entraîne pour combattre Murdock.
Il faut que je reste en forme. Allons-y.
M. Pendleton, si ça ne vous fait rien, c'est moi qui dis: "Allons-y".
Ce fut un plaisir, M. Jordan.
Merci d'avoir tout arrangé pour moi.
Mais de rien.
Je vous reverrai dans 50 ans, si vous êtes toujours en poste.
- Je le serai. - Au revoir.
Voilà mon vieux coucou.
Hé !
Que s'est-il passé ? Je ne suis pas là.
C'est où ? Je veux dire, où suis-je ?
Ça alors.
Vous devriez être par ici.
Manifestement, votre corps a été déplacé.
- Oui, mais où ? Par où ? - Laissez-moi réfléchir.
On devrait peut-être rejoindre M. Jordan.
Attendez, je sais. Corkle. C'est lui.
Dix contre un qu'il m'a allongé dans mon salon, ce crétin.
- Allons-y. - M. Pendleton,
c'est moi qui dis: "Allons-y".
Allons-y.
Eh bien, on peut dire qu'on voyage.
Zip, on est à l'avion. Boum, on est à New York.
Comment faites-vous ça ?
Merci de ne pas vous mêler des secrets du métier.
Pas de problème. On y est. Chez moi.
Lisez l'édition spéciale ! Joe Pendleton s'écrase en avion !
- Tout sur le Nez Cassé Volant... - Il a tort.
Petit, donne-moi le journal.
- Édition spéciale ! - Donne-moi le journal.
- M. Pendleton. - Quel âne !
- Il ne peut ni vous voir ni vous entendre. - Quoi ?
- Ni vous voir ni vous entendre. - Pourquoi ?
Vous n'êtes pas dans votre corps, simplement.
- Mais moi, je le vois et je l'entends. - Bien sûr.
Bon, d'accord, on attend quoi ? Allez,
- allons-y. - Allons-y.
Si je ne lui ai pas dit 1 000 fois, je ne lui ai jamais dit.
Mais non, il faut qu'il prenne son avion.
Que puis-je lui dire ? Je ne suis que son manager.
Juste un type qui s'occupe de lui.
Hé, Max. Remets-toi, mon pote, regarde...
Rappelez-vous, il ne vous voit pas et ne vous entend pas.
Oh, oui.
Bien sûr, je suis fini.
J'abandonne, Charlie.
Je ne pourrais plus m'occuper de personne.
Pauvre Max, j'aimerais pouvoir lui dire.
Dites, je ne me vois nulle part. Où suis-je ?
- Où m'ont-ils mis ? - C'est drôle.
Qu'est-ce qui est drôle ?
Ça aurait été un sacré champion.
C'était un jeune formidable, avec un coeur gros comme une maison.
Demandez-lui où ils m'ont mis !
"Un boxeur doit vivre plus sainement que quiconque", disait-il,
"car beaucoup de gosses prennent les boxeurs pour modèles."
- Hé, Max. - M. Pendleton.
La ferme. Où suis-je ?
Entrez.
Johnny.
Bonjour, les jeunes.
Bonjour, M. Corkle.
C'était un chic type, Joe.
Il aurait battu Murdock, et Gilbert aussi.
J'en suis sûr aussi, Chip.
On a apporté des fleurs. C'est un peu tard, mais...
Voyez-vous, on ne savait pas où ça se trouvait.
- Vous savez, le... - Le crématorium, oui.
- Le crématorium ? - Bon, merci, les jeunes.
- Incinéré. - Oh, mon Dieu.
Au revoir, M. Corkle.
- Max, espèce de pauvre idiot. - Restez calme.
Rester calme ? Vous ne comprenez donc pas ?
- Que vais-je faire ? - A brûle-pourpoint...
A brûle-pourpoint, je devrais vous... Retournons voir M. Jordan.
Incinéré, c'est bien ça. Pendant que vous papotiez,
Corkle a récupéré mon corps et m'a fait incinérer.
- C'est mauvais. - Mauvais ?
C'est déplorable. Je suis impardonnable. Je me sens effroyable.
Et moi, alors ? Attendez que je le revoie, Corkle.
Il ne peut pas me brûler et s'en tirer comme ça.
C'est très mauvais. Ça complique tout.
J'ai une idée, M. Jordan. Pourrait-on le faire renaître ?
Pas question. Je refuse de subir ça à nouveau.
Oh, non. Bien, je vais devoir m'en occuper personnellement.
Bien parlé. Au travail, faites quelque chose.
- J'y compte bien. Venez, Joseph. - Mais où ?
- Je vous ramène. - Mais c'est impossible.
Vous ne savez pas ? Je n'ai plus de corps.
Et alors ? Je vous en trouverai un autre.
- Quoi ? - Un autre corps ?
C'est bien ça. Venez, Joseph.
Non, attendez. C'est quoi, cet arrangement ?
Vous ne me refilerez pas n'importe quel corps.
- Non, jamais de la vie. - Monsieur.
Si M. Jordan dit qu'il vous donnera un autre corps, il sera
tout aussi bien que le vôtre, sinon mieux.
Il n'y a pas mieux.
J'ai mis 10 ans à le mettre en pleine forme.
Votre bourde ne justifie pas...
Mais, Joseph, c'est fini. Votre corps n'existe plus.
Mais ce n'est pas ma faute. Vous êtes capables de tout faire.
- Allez, faites votre travail. - Nous le ferons.
Vous aurez le choix entre 1 000 corps. Tous d'excellents spécimens.
1 000 corps ? M. Pendleton, réfléchissez-y.
Oui, j'y réfléchis et je dis: "pas question".
Je ne veux pas un corps. Je veux mon corps.
Ne faites pas tant d'histoires. Après tout, c'est quoi ?
Une enveloppe physique, c'est tout, d'une valeur chimique de 32 cents.
- Le mien était en pleine forme. - Oh mon Dieu.
- Y allons-nous ? - Eh, attendez.
Mettons-nous d'accord avant de nous emballer.
On cherchera jusqu'à ce qu'on trouve le bon, promis.
C'est équitable, non ?
Je ne veux rien d'extraordinaire.
Juste ce que j'étais et allais être.
Ni plus ni moins.
- Mais je vous fais confiance. - Je ferai de mon mieux.
- Venez. - Je vous préviens,
- vous allez peut-être perdre votre temps. - J'en ai à loisir.
Au revoir, M. Pendleton. Bonne chance.
Vous êtes mal placé pour me dire ça.
Je trouvais que l'autre messager était bon voyageur, mais vous êtes excellent.
La Russie, l'Australie, l'Afrique du Sud, et là, New York. Comment faites-vous ?
Oh oui, c'est vrai. Secret de métier.
- Joe, on a fait 130 arrêts. - Un bon paquet, c'est vrai.
Vous voulez un corps parfait,
mais c'étaient nos meilleures recrues,
et vous en avez snobé beaucoup.
Mais il n'y avait pas un seul physique correct.
Ne me refilez pas du second choix. J'étais en pleine forme.
Votre pleine forme commence à me fatiguer.
- Merci de ne plus en parler. - D'accord.
C'est l'arrêt suivant ?
C'est un chouette endroit.
- On examine qui ? - Le propriétaire, Bruce Farnsworth.
Attendez, vous ne me jouez pas encore un tour, hein ?
Ça va être très intéressant.
Le plus intéressant qu'on ait vu jusqu'ici.
D'accord.
Je ne veux pas que vous pensiez que je ne joue pas le jeu.
Sacrée maison.
- Hé, cachons-nous. - Arrêtez de me malmener.
Rappelez-vous, ils ne nous voient pas.
Et ne nous entendent pas.
J'oublie toujours. Qui est ce type ?
- Le maître d'hôtel de Farnsworth. - Oh.
Et ce Farnsworth ? Qui est ce crétin ?
Il a environ votre âge et il est plutôt costaud.
- Mon âge, et il possède tout ça ? - Oh, il a hérité.
- Bonne constitution ? - Assez.
- Il jouait au polo, avant. - Ça m'a l'air bien.
- Il est mort ? - Non.
Mais il va mourir ?
- Il est malade ? - Non, pas vraiment.
Il est légèrement diminué.
Je vois. C'est un playboy.
Du vin, des femmes, des chants. Il détruit sa santé.
C'est un beau corps que vous voulez m'offrir.
- La boisson va l'enterrer avant l'heure. - Non.
Il est juste un peu diminué. Il va mourir, c'est tout.
On est en train de l'assassiner, Joe.
L'assassiner ?
- C'est en train de se faire ? - Oui.
Ici, dans cette maison ?
Qui fait ça ?
Son épouse et l'homme qu'elle aime, le secrétaire personnel de Farnsworth.
Je vais rencontrer des gens charmants.
- Comment le tuent-ils ? - Ils le noient dans sa baignoire.
Sacrebleu.
Allez, tirons-nous. Je ne veux pas être mêlé à ça.
- J'ai déjà assez d'ennuis. - Attendez.
Vous ne pensez quand même pas que je suis assez fou pour
devenir l'époux d'une telle femme ?
- Je ne suis pas encore sonné. - On doit rester pour que je le récupère.
C'est mon travail.
Comment pouvez-vous rester assis ici alors qu'on tue un homme ?
On devrait appeler la police.
Je crains qu'ils ne fassent pas beaucoup attention à nous, Joe.
Oui, c'est vrai.
C'est fini, Joe.
Vous voulez dire qu'il est mort ?
Voilà les deux coupables, non ?
Oui, Mme Farnsworth et le secrétaire, Tony Abbott.
Mince alors, à la voir, on ne dirait pas qu'elle...
Tony, j'ai peur.
Reprends-toi, Julia.
Tony, je ne sais pas ce que j'ai.
J'ai un sentiment qui ne passe pas. Quelque chose de bizarre,
quelque chose plane au-dessus de nous et nous observe.
Tu l'as dit, ma fille.
Voyons, arrête, Julia.
Quoi de plus naturel ?
Un verre de lait chaud, un ou deux somnifères,
et un jeune homme épuisé et très dissipé s'assoupit dans son bain.
J'en ai assez. J'ai besoin d'air frais.
- Ne partez pas maintenant. - J'en ai marre, d'eux.
- Mlle Bette Logan veut voir M. Farnsworth. - Attendez.
- Pas maintenant. - Bien sûr que si. Faites-la entrer.
- Bien. - C'est très simple.
Montre-toi compréhensive. Je vais au bureau.
Si elle devient difficile, amène-la-moi.
Qui est cette Logan ? Elle aussi, est liée au meurtre ?
Jugez par vous-même, Joe.
Mlle Logan.
Bonjour, Mlle Logan. Je suis Mme Farnsworth.
Puis-je voir M. Farnsworth, je vous prie ? Je dois le voir.
Bien entendu. Il va descendre tout de suite.
Tout de suite ? Elle sait qu'il est mort.
Mme Farnsworth,
- mon père a été arrêté. - Oui, je le sais. Je suis désolée.
Il est malade, Mme Farnsworth. Ça va le tuer,
et il est innocent.
Il avait bien vendu des titres sans valeur ?
Que M. Farnsworth avait vendus sous le nom de mon père.
- C'est une accusation grave, non ? - Je crois mon père.
Bien, qu'attendez-vous de M. Farnsworth ?
Je l'ignore. Je suis venue lui demander de...
- Il ne peut faire emprisonner un innocent. - Qu'en sais-je ?
M. Abbott a tout le dossier et il est au bureau.
- Voulez-vous le voir ? - Oui, si possible, je vous prie.
M. Jordan, je n'ai jamais rien vu d'aussi beau, même au paradis.
Elle est dans le pétrin.
Elle est très courageuse, de venir seule jusqu'ici pour défendre son père.
Elle le vénère.
Elle ne peut rien contre ces rapaces. Elle a besoin d'aide.
Elle a des ennuis. Vous devriez agir.
Il n'y a que Farnsworth qui puisse l'aider, Joe.
- Et il est mort. - Mais vous pouvez devenir Farnsworth.
- Comment ça ? Je ne comprends pas. - C'est très simple.
Vous voulez que je sois lui, et qu'une chic fille comme elle me haïsse ?
Mais vous seriez un tout autre Farnsworth. Spirituellement, vous resteriez le même.
Mais je ne serai pas moi-même. Je ne vaudrai rien.
Joe, vous serez toujours vous-même.
Vous n'utiliseriez que son enveloppe physique,
comme si vous mettiez un nouveau pardessus.
Il a intérêt à être excellent. Il faut qu'il me dure 50 ans.
Mais dans ce pardessus, ce serait toujours Joe Pendleton
qui penserait, agirait et ressentirait.
Oui, mais ce pardessus, ce sera Farnsworth.
C'est lui, qu'elle verra.
- Elle pensera que je suis un salaud. - Au début, peut-être.
Mais finalement, elle verra l'âme de Joe Pendleton,
car l'âme n'est jamais perdue. Elle rayonnera toujours, Joe.
Qu'importe le pardessus que vous enfilerez.
Oui, mais ce pardessus diminué, ce playboy de Farnsworth...
Il faudrait que j'abandonne tout.
Essayer d'obtenir le titre et... Non, je ne pourrais pas faire ça.
- J'aimerais aider, mais pas de cette façon. - Il n'y en a pas d'autre.
Vous trouvez ça juste, de me mettre dans cette situation ?
Voici les preuves contre votre père, Mlle Logan.
Ces actions ont été émises par sa société. Regardez.
Ces actions ont été émises pendant qu'il était en Europe.
Il n'avait rien à avoir avec elles.
S'il vous plaît, j'aimerais voir M. Farnsworth.
M. Abbott, dites à Sisk d'annoncer Mlle Logan à M. Farnsworth.
Que fait-elle ? Elle sait qu'il est mort. Pourquoi l'appeler ?
C'est très pratique, que Sisk découvre le corps. Décidez-vous vite.
- Je ne veux pas être Farnsworth. - Mlle Logan, vous êtes une enfant stupide.
Que ferait Bruce Farnsworth pour quiconque ?
Il mettrait la main à la poche
pour rembourser ces titres avec 5 millions $,
juste pour vous faire plaisir et sortir votre père de prison ?
Il prendrait plutôt plaisir à vous voir mourir de faim.
- Vous avez entendu ? - Vous voulez l'aider,
- n'est-ce pas, Joe ? - Bien sûr, seulement...
- Madame a sonné ? - Oui.
Dites à M. Farnsworth que Mlle Logan veut le voir.
Oui, madame.
- Il monte. - Dépêchez-vous, Joe.
Ne me bousculez pas.
Avant de franchir le pas, je dois réfléchir.
- Décidez-vous. - Et si je le faisais ? Provisoirement.
Supposons que je sois Farnsworth un petit moment,
juste le temps d'aider la gosse.
- C'est possible ? - Si vous le souhaitez.
Une fois sorti du corps de Farnsworth,
vous m'en trouveriez un bien.
- Est-ce clair ? - Très clair.
D'accord, ça marche.
Allez, M. Jordan. Dépêchons-nous.
C'est toujours moi. Je n'ai pas changé.
Regardez.
Ça ne marchera pas. Je me ressemble toujours.
- C'est Joe Pendleton, ou je suis fou ? - Intérieurement, rien n'est changé.
Vous êtes toujours Joe Pendleton, nous vous verrons ainsi.
Extérieurement vous êtes Bruce Farnsworth, et c'est ce qu'ils verront et entendront.
M. Farnsworth ? Êtes-vous ici ?
- Répondez-lui, Joe. - Lui répondre ?
Donc les gens peuvent m'entendre, maintenant ?
Oui, mais je parle toujours comme moi.
- Il connaît la voix de l'autre. - Et c'est celle qu'il entendra.
- M. Farnsworth ! - Vraiment ?
Pour tous les autres, vous parlerez comme Bruce Farnsworth.
M. Farnsworth ! Y a-t-il un problème ?
- Oh, répondez-moi monsieur, s'il vous plaît. - Parlez, Joe.
D'accord, je sors dans une minute.
Oui, monsieur. Merci, monsieur.
Voilà. Donc, ce qu'il a entendu, c'était la voix de Farnsworth.
On dirait bien, hein ?
Quand vous ouvrirez cette porte, ce qu'il verra, ce sera M. Farnsworth.
M. Farnsworth, une certaine Mlle Logan aimerait vous voir.
Oui, je sais.
- Je vous demande pardon ? - Je veux dire, j'arrive.
Je descends tout de suite.
Impossible. Je ne tromperai personne.
Vous tromperez tout le monde. Ouvrez cette porte.
Veuillez m'excuser pour tout ce tapage, M. Farnsworth,
mais je pensais qu'il vous était arrivé quelque chose.
Oui, il est bien arrivé quelque chose,
mais tout va bien, maintenant.
- Vous êtes sûr que vous allez bien ? - Oui.
- Oh, oui, Mlle Logan. J'y vais. - M. Farnsworth, vos vêtements.
- Oui, je ferais mieux de m'habiller. - Veuillez vous asseoir, monsieur.
- Il n'a même pas sourcillé. - Je vous demande pardon ?
- Rappelez-vous, les gens vous entendent. - Oh, oui, j'oubliais.
Oublié quoi, monsieur ?
Rien.
Mais ils ne vous voient et ne vous entendent pas.
- Non. - Qui n'est ni vu ni entendu, monsieur ?
Personne.
- J'étais juste en train de réfléchir. - Oui.
Il m'appelle "M. Farnsworth", en me regardant.
Comment faites-vous ça ?
S'il n'y avait plus de mystère, la vie serait bien triste, non ?
Vous avez un alibi pour tout.
Si on s'en sort, en bas, on sera excellents.
Vous serez de plus en plus excellent, Joe.
Eh bien,
il met du temps, non ?
- Il ne va peut-être pas descendre du tout. - Julia.
Alors pourquoi ne partez-vous pas ?
Personne ne va vous aider.
Votre père restera en prison.
M. Farnsworth.
Bruce.
Bonjour.
Bonjour, Mlle Logan, heureux de vous voir.
M. Farnsworth, je... J'aimerais vous parler en privé.
Oui, bien sûr, pourquoi pas ?
Passons à côté.
Mme Farnsworth a le teint un peu pâle.
On dirait qu'elle va...
C'est fait.
Bon, nous y voilà.
Asseyez-vous, Mlle Logan. Nous allons discuter.
M. Farnsworth, je suis venue ici en espérant que vous m'écouteriez, au moins.
Oui, bien sûr, je vais vous écouter. Je...
- Qu'est-ce que c'est ? - Votre thé, monsieur.
- Mon thé ? - Oui, monsieur.
Oh, oui. Posez-le.
Du thé, c'est parfait.
Prenons le thé. Qu'en dites-vous ?
Non, merci.
Vous devriez en prendre. Vous avez l'air nerveuse.
Allez, asseyez-vous. Tout ira bien.
- Comment l'aimez-vous ? Nature ? - Je n'en veux pas.
D'accord.
Je ne veux qu'une chose. Que mon père sorte de prison.
- C'est vrai. Il est en prison. - Comme si vous l'ignoriez.
Eh bien, je l'ignorais, oui et non.
- Vous devez savoir que vous l'y avez mis. - C'était Farnsworth.
Enfin, voyez-vous, je ne suis pas... Vous savez ce que c'est.
Par exemple, si vous changez de pardessus...
- Ce n'est pas le moment de blaguer. - Je ne blague pas.
- Alors, avouez. Vous l'avez emprisonné. - Bon d'accord, c'est moi.
Mais je n'ai rien eu à voir avec ça. Je peux vous expliquer.
- Mais vous penseriez que je suis fou. - Je ne comprends rien à ce que vous dites.
C'est ce que je craignais. Asseyez-vous.
Vous essayez de me déconcerter, de me ridiculiser.
Vous comptez m'avoir par le rire, comme avec un enfant.
Tout ira bien pour votre père, Mlle Logan.
Encore un tour à la Farnsworth.
On m'a bien dit que ma venue serait inutile.
- Écoutez. - Je vous savais cruel,
mais se jouer des gens ainsi, les torturer.
Écoutez, je vous promets que je ferai sortir votre père.
Joe.
C'était excellent.
J'ai vraiment tout arrangé.
- Elle m'aime beaucoup. - Elle vous aimera.
Elle me hait. Ça ne marchera pas.
Ça ne sert à rien de perdre du temps en Farnsworth.
Vous feriez mieux de m'ôter ce pardessus,
- et de nous faire sortir d'ici. - Mais elle est merveilleuse, non ?
Oui, je donnerais mon bras droit pour pouvoir l'aider.
Vous avez promis de l'aider.
Vous devez rester pour remplir cette promesse.
Inutile. Je ne sais même pas quoi faire.
Bruce Farnsworth peut faire ce qui lui chante.
- Je vais devoir vous laisser, Joe. - Quoi ?
- Mon travail s'accumule. Je dois y aller. - Ne me laissez pas seul.
Pas dans cette situation.
Je n'y connais rien, à la finance.
En finance, il s'agit simplement d'avoir bon coeur,
ce sera donc étonnamment facile, pour vous.
Mais ne pourriez-vous pas rester un peu,
- le temps que je m'habitue ? - Je viendrai si nécessaire.
- Oui, mais... - Excusez-moi.
Attendez.
M. Jordan.
Pardonnez-moi, monsieur ?
M. Jordan.
- Où avez-vous eu ça ? - Dans votre salle de bains.
- Je ne vois pas comment ça a pu arriver là. - C'est moi.
C'est vous qui l'y avez mis ?
Pas étonnant que je n'aie pas eu de chance. Je n'avais pas mon porte-bonheur.
Veuillez m'excuser, mais c'est la première fois que je le vois.
Très bien.
Dites à l'autre de descendre ici, voulez-vous ?
- A qui, monsieur ? - Vous savez, le secrétaire.
- M. Abbott ? - Abbott. C'est ça.
- Qu'il vienne immédiatement, compris ? - Oui, monsieur.
Je savais que je trouverais, grâce à toi.
Non, je vais mieux.
Ça m'a donné des sueurs froides, Tony.
- Pourquoi est-il en vie ? - Il était mort.
Je l'ai noyé assez longtemps.
Le voir entrer en souriant comme une hyène...
Ça donne la chair de poule.
Sait-il ce qu'on a tenté de faire ?
Impossible Il était endormi.
Entrez.
Pardonnez-moi.
M. Farnsworth aimerait vous voir immédiatement, M. Abbott.
Très bien.
Quel est ce bruit ?
- Un saxophone, madame. - Qui en joue ?
- M. Farnsworth. - Monsieur...
Mais il ne sait pas en jouer.
Il est évident que si. Il était dans sa salle de bains, c'est lui qui l'y avait mis.
Je ferais mieux d'y aller.
Vous m'avez fait appeler, M. Farnsworth ?
Oui.
Qu'est-ce que vous regardez ?
- J'ignorais que vous jouiez du saxo. - Plein de gens l'ignorent.
Même après m'avoir vu jouer, ils l'ignorent.
On s'y habitue, au bout d'un moment.
Vous êtes sûr que vous vous sentez bien, M. Farnsworth ?
Oui, je me sens bien,
- et ça va continuer comme ça. - Mais bien sûr.
Bien, parlons affaires.
Quelque chose d'important me préoccupe.
Oh, Gibbons a envoyé une note.
On devrait acheter 10 millions de boisseaux de blé.
- Oh, vraiment ? - Immédiatement.
10 millions de boisseaux de blé.
- Où les mettrons-nous ? - Plaisantez, monsieur,
- mais il faut tenir compte... - Bon, qu'importe.
Une seule chose m'intéresse. Cette affaire Logan.
J'en ai discuté avec un ami.
- Vous voulez dire J.B. ? - Non. J. tout court.
Ça ne va pas. Je veux que ce soit réglé.
- Je veux faire libérer M. Logan. - Alors qu'il est accusé de fraude ?
Accusé ? Qui l'a accusé ?
- Naturellement... - C'est bien ça.
Bien, levons l'accusation. Il faut qu'il sorte.
Vous comprenez bien que ça fera de vous l'unique responsable.
Devoir racheter ces actions sans valeur,
- c'est impossible. - Qui les a ?
De petits investisseurs dans tout le pays.
De petits investisseurs, hein ? Du beau travail.
Rachetez-leur.
- Remboursez-leur chaque cent. - Ça coûtera des millions de dollars.
- Je les ai ? - Oh, vraiment, monsieur.
- Je les ai ? - Vous avez bien plus que ça.
Parfait, faisons-le.
Ne devriez-vous pas y réfléchir ?
C'est fait. Et écoutez-moi bien.
Désormais, faites attention, ou on va beaucoup se chicaner.
Alors pas d'entourloupes.
Et restez hors de ma salle de bains.
Au travail, M. Abbott.
FARNSWORTH ACQUITTE LOGAN POUR L'ESCROQUERIE DES TITRES !
LOGAN LIBÉRÉ Disculpé de Fraude sur les Titres
BRUCE FARNSWORTH VA REMBOURSER LES INVESTISSEURS !
- C'est presque la panique. - Attendez, M. Farnsworth.
- Merci. - Merci.
C'est lui. Allons-y.
Monsieur, des déclarations à faire
- sur les titres Logan ? - Pas maintenant.
Sa réunion du directoire l'attend.
- Elle va être animée. - S'il vous plaît.
Bonjour, M. Farnsworth.
- Bonjour, M. Farnsworth. - Bonjour.
Bonjour, M. Farnsworth.
Allons directement à la réunion, monsieur.
Bien, M. Farnsworth.
Bruce.
- Oui ? - Tu te rends compte de ce que tu as fait ?
- Pour l'affaire Logan ? - Qu'est-ce qui t'a pris ?
Il était innocent, non ?
Et tu t'es senti forcé de confesser tes péchés en public ?
Car c'est ce que les gens liront entre les lignes.
Il a fallu que tu avoues tout devant le monde entier.
- C'était plus simple comme ça. - Pas simple, insensé.
Tu diriges Farnsworth Limited.
Le repentir de tes péchés privés ne doit pas
éveiller les soupçons sur cette société et nous tous,
ainsi que tu l'as fait. A cause de ton geste stupide,
la panique règne sur Farnsworth Limited.
L'action a perdu 20 points en 24 h.
- Regarde. - Attends.
K.O. Murdock Pourrait Défier Gilbert
AVEC LE CHALLENGER JOE PENDLETON HORS JEU...
LE COMBAT MURDOCK-GILBERT VA DE SOI
Ils ne peuvent pas me faire ça.
Ils ne peuvent pas me repousser et accepter Murdock.
- Quoi ? Que se passe-t-il ? - Rien. Laissez-moi.
Ils ne peuvent pas me faire ça. C'est mon combat.
- M. Jordan. M. Jordan, où êtes-vous ? - Me voilà, Joe.
Comment allez-vous, M. Pendleton ?
Vous êtes l'homme qu'il me faut. Regardez.
- Je viens en cas de besoin. - J'ai très besoin de vous.
On veut m'évincer du titre. Murdock doit me combattre avant.
Ensuite, le gagnant défie Gilbert.
Je fais l'imbécile en Farnsworth, et voilà le résultat.
Je suis dans le pétrin.
Mais vous n'êtes pas dans le pétrin.
Ne vous mêlez pas de ça.
- Oh, vraiment ? - Oui, vraiment.
Je sais qu'il vous fallait un autre corps.
- Et qu'avez-vous fait pour ça ? - J'ai cherché partout.
Je me suis épuisé à la tâche, voilà. Et sachez que je l'ai trouvé.
- Alors, qu'en dites-vous ? - Vous...
- Et c'est quoi ? - Un spécimen superbe.
Un grand gaillard australien bientôt libre.
Un accident de voiture.
- Combien pèse-t-il ? - 87 kilogrammes.
- C'est bien. Quelle est son allonge ? - Deux mètres.
Pas mal. Taille, poitrine, et avant-bras ?
Grands dieux, quelle importance ?
Une taille, une poitrine, un avant-bras. Ça suffit !
Ça ne suffit pas, je veux savoir.
Vous tâtonnez, et le championnat m'échappe.
Il n'ira pas bien loin. On a découvert
que vous êtes prévu pour être le prochain champion du monde.
- Est-ce un fait ? - Oui, Joe.
- Qui vous l'a dit ? - C'est inévitable.
Je le savais. Je l'ai dit. Rien ne peut m'arrêter.
Qu'attend-on ? Allons voir ce gaillard australien.
- Dès que vous serez prêt. - Je le suis.
Écoutez, M. Jordan, j'ai expédié cette affaire Logan.
- J'ai rempli ma part du contrat, non ? - Oui, Joe.
- Bien, allons-y. - Si vous le dites.
Pardon, monsieur, je vous croyais en réunion.
Non, plus de réunions. Plus de tout ça.
- Je pars d'ici. - Donc vous ne recevrez pas Mlle Logan ?
- Qui ? - Mlle Logan. Elle attend.
Bien sûr. Faites-la entrer.
- Ce retard est-il nécessaire ? - Et très intéressant.
Bonjour, Mlle Logan.
Mon père est rentré. Merci.
C'est bien. C'est bien.
Voulez-vous vous asseoir ?
Vous avez fait quelque chose de merveilleux.
Pas seulement pour mon père, mais vous avez remboursé tout le monde.
Eh bien, en fait, il n'y avait que ça à faire, non ?
Je suis désolée de vous regarder fixement ainsi.
Ce n'est rien. Je vous regarde un peu fixement aussi.
Je suis toute déboussolée.
En venant vous voir, je n'espérais presque rien.
Je m'étais fait mon idée, et j'ai été terriblement malpolie.
J'ai toujours cru que j'aurais peur de vous.
Mais quelque chose est arrivé. Vous étiez si différent.
Étrangement, quand j'essayais de vous haïr de toutes mes forces,
je ne pouvais pas nier qu'il y avait un côté chaleureux et amical,
- doux, même, dans votre sourire. - Vraiment ?
En fait, je suis venue moins pour vous remercier que pour...
Parce qu'il fallait que je vous revoie.
Eh bien, c'est merveilleux. Merveilleux.
Vous devez vous asseoir, maintenant.
- Ce radotage va être encore long ? - Un peu de patience.
J'ai dit à mon père que c'était un miracle.
Un miracle ? Pourquoi ?
Eh bien, qu'un homme comme Bruce Farnsworth
puisse considérer les gens de la même façon qu'on m'a appris à le faire.
Qu'il puisse vraiment rechercher le bonheur des autres.
C'est une façon de vivre sa vie qui en vaut une autre, non ?
Oui, c'est exactement ça.
Mais quand on découvre ça chez quelqu'un, c'est une grande découverte.
Ça doit être pour ça que je vous regarde si fixement. Je n'y peux rien.
Tout à coup, je me sens chaude, vivante et heureuse.
Il y a quelque chose dans vos yeux, et au-delà d'eux,
que je m'acharne à essayer de voir.
- Ça a l'air idiot, non ? - Non.
- Je dois partir. - Non, non, attendez.
Quel malheur.
Je vois ce que vous voulez dire.
Quand on fait une telle découverte, c'est très important, non ?
Plus important que l'allure de deux personnes,
- qui ils sont, ou quoi que ce soit d'autre. - Bien sûr.
Et même si elle était une...
Bon, et il pourrait être...
Ça n'aurait aucune importance, ce qu'il serait.
- C'est l'autre chose, qui compte. - Ça devrait se passer comme ça.
Au revoir.
Attendez.
- Vous reverrai-je ? - Oui, bien sûr.
Au revoir.
Dieu merci.
Votre temps n'est peut-être pas compté...
M. Jordan, vous l'avez entendue ?
Elle me regardait. Joe. Elle m'apprécie. Moi.
- Monsieur, il faut y aller. - Vous l'aviez dit.
- Vous aviez dit de lui laisser du temps. - C'est vrai. Prêt, Joe ?
Comment ça ?
Oh.
- Oui, l'Australien. - C'est bien ça.
- Je ne peux pas faire ça maintenant. - Pourquoi ?
Vous ne voyez donc pas ? Elle m'aime comme je suis.
Si je vais en Australie pour changer,
alors qu'elle s'est habituée à Farnsworth, je la perdrai.
Ne prenons pas de risque.
- Vous me comprenez ? - Oui.
Écoutez, ce Farnsworth avait à peu près mon âge.
Il était plutôt musclé, avant. Il jouait au polo.
Je pourrais le remettre en forme, comme moi.
- Pourquoi pas ? - Oui.
- Exercice, nourriture saine, air frais. - Vous feriez des miracles, avec lui.
Oui, grâce à mon savoir en boxe, c'est sûr.
Je serai très vite en pleine forme,
et j'écraserai Murdock. Donc, j'aurai le titre, et elle.
- C'est votre dernier mot ? - Un peu, oui.
Je vais rester tel que je suis. En Farnsworth.
Si c'est bien le cas, vous avez du travail,
- alors commencez dès maintenant. - Oui. Merci, M. Jordan.
A bientôt.
Au revoir, vous. Je n'aurai plus à vous revoir.
- Dieu merci. - Pareil.
- Me voilà débarrassé. - Dans un cas pareil, on n'en est jamais sûr.
Oh, mon Dieu.
Allez, au-dessus de votre tête. Tenez-le au-dessus. Comme ça.
Tenez-le au-dessus de votre tête. C'est bien.
Allez, encore. C'est ça.
Bruce !
- Qu'y a-t-il ? - Ce qu'il y a ?
Grands dieux, ceci est très mauvais pour ta tension.
Ma tension est parfaite.
- Oh, Sisk, regardez-vous. - J'imagine ce que ça donne, madame.
- Il va très bien. - Retournez travailler.
Merci infiniment, madame.
Je vous emmènerai courir demain matin. Ça vous fera du bien.
Monsieur, je dois vous dire que votre absence exaspère le directoire.
Votre décision sur Herr Carbide est indispensable,
et il faut agir sur les obligations P et L.
Oui, je m'en chargerai. On va se débarrasser de tout ça.
On est mêlés à trop de choses.
On n'en fera qu'une, mais bien.
- Mais... - Vous ne voyez pas que je suis occupé ?
Tony, je te le dis, il est devenu fou.
- M. Farnsworth ? - Non.
- Qui est ce monsieur, Sisk ? - Son nom est Max Corkle.
Il dit qu'il a rendez-vous avec M. Farnsworth.
- Oui. - Ce doit être une erreur.
Je suis son secrétaire.
Il n'y a que moi qui fixe ses rendez-vous.
- Pas la peine de s'emporter. - Puis-je savoir ce qui vous amène ?
Écoutez, je ne sais pas de quoi il s'agit.
J'ai juste reçu un télégramme de Bruce Farnsworth,
- me disant de venir à cette adresse. - Pourquoi ?
Je ne sais pas pourquoi.
Je ne l'ai vu qu'en photo dans le journal,
- je ne le connais ni d'Eve ni d'Adam. - M. Corkle ?
Oh, M. Farnsworth, cet homme dit qu'il a rendez-vous avec vous.
Oui, voulez-vous bien entrer ici, M. Corkle ?
- Ici. - Oui, monsieur.
Max, vieille fripouille, je suis content de te voir. Tu vas bien ?
- Vous me connaissez ? - Un peu, oui, gros balourd.
Regardez, j'ai reçu ce télégramme...
Oui, je suis au courant. Regarde-moi bien, Max.
Tu me reconnais ?
Bien sûr. Tout le monde vous connaît, M. Farnsworth.
Frotte-toi les yeux, espèce de grosse andouille.
Je ne suis pas Farnsworth. Je suis Joe Pendleton. Ton Joe.
- Vous êtes fou, M. Farnsworth. - Attends un peu, Max.
Je n'en ai pas l'air, mais je suis quand même Joe.
- Et c'est de ta faute. - De ma faute ?
Si tu ne m'avais pas incinéré aussi vite,
je ne serais pas dans un tel pétrin.
- Je vous ai incinéré ? - C'est pas vrai ?
Calmez-vous, hein, M. Farnsworth. Il a fait plutôt chaud, aujourd'hui.
Tu ne partiras pas. Ne bouge pas et écoute.
Tu te souviens de mon dernier vol ?
L'avion s'est détraqué, a tournoyé,
ensuite un des types qui récupèrent les gens
a fait une bourde.
Il me croyait mort, alors que non.
Il m'a fauché avant l'heure. Et en plein débat
pour voir si je suis mort, on m'incinère. Ils me sont redevables.
Ils doivent me trouver un autre corps. Tu piges ?
Mais bien sûr. Donc tout va bien maintenant, non ?
Vous avez juste besoin de voir un médecin.
- Le meilleur, un spécialiste, peut-être. - Bon, ne bouge pas et écoute-moi.
J'ai beaucoup à faire.
Le corps qu'ils m'ont donné est à ce type.
Ils l'ont noyé dans la baignoire. Ils l'ont immergé.
Au secours !
- Des ennuis, Joe ? - M. Jordan.
Je suis bien content de vous voir. J'ai beaucoup d'ennuis.
Il ne veut rien comprendre. Dites-lui ce qui s'est passé.
C'est Max Corkle, mon manager. Celui qui m'a entraîné.
Et voici M. Jordan.
Tu sais, les types qui récupèrent les gens ?
C'est son domaine. C'est lui qui commande, tu vois ?
- Il y a quelqu'un avec nous ? - Oui. M. Jordan.
Heureux de faire votre connaissance, M. Jordan.
J'oubliais. Tu ne le vois pas.
Peut-être qu'avec un petit remontant...
Tu ne le vois pas, car tu n'es pas encore mort.
Bon, je suppose que vous avez plein de choses à vous dire, vous deux,
- alors je vais m'éclipser. - Oh non, tu restes.
M. Jordan, il faut qu'il comprenne. C'est un chic type.
Mon manager. Il me le faut, sur le ring.
Faites-lui comprendre. Laissez-le vous voir, une minute.
- Vous pouvez le faire vous-même. Essayez. - C'est vrai ?
Tu vas comprendre, même si je dois te réduire en bouillie.
Comment connaîtrais-je Joe si je n'étais pas lui ?
- Écoute un peu ça, tu as 40% de moi. - Oui. Eh bien, merci.
- Depuis quand ? - Depuis un soir, à Astoria,
où j'ai battu McKenzie le Boucher.
Tu as dit que j'étais bon, à la hauteur.
Comment va ta soeur Rosie, et les 3 enfants ?
Les jumeaux n'ont plus la rougeole ?
- Dites, mais qui êtes-vous ? - Joe. Ton Joe.
C'est le corps de Farnsworth, car tu as brûlé le mien, andouille.
Attends. Je vais te le prouver.
- Tu t'en souviens ? - Hé, il est à Joe.
Je le lui avais donné. Pauvre Joe.
- Où l'avez-vous eu ? - C'est le mien, je te dis.
Attends, je vais te jouer ton morceau préféré.
Tu as toujours raté cette note.
Joe.
C'est toi.
Joe.
Il me reconnaît.
Il me reconnaît.
Tu te sens mieux, Max ?
Tu es sûr que ce n'est pas ma cuite d'hier soir ? Tu es bien Joe ?
Écoute, Max. A l'intérieur, je suis Joe.
A l'extérieur, je suis Farnsworth.
- Hé, ton pote est toujours là ? - Oui, juste là.
Vraiment ?
Moi aussi, je suis peut-être un autre. Demande-lui. Non !
Si j'ai le corps d'un autre, je ne veux pas le savoir.
Voilà pourquoi je t'ai fait appeler.
Ils parlent d'un combat entre K.O. Murdock et Gilbert.
Oui ?
Qui Murdock a-t-il battu avant de défier le titre de Gilbert ?
Joe. Toi.
Bien. Je veux que tu m'organises un combat contre Murdock.
Tu es fou. K.O. ne se battra jamais contre Farnsworth.
- Dites-lui ce que l'état civil a découvert. - Oui, d'accord.
- Il parle encore ? - Oui.
Max, je vais t'apprendre quelque chose.
Je suis le prochain champion.
C'est écrit. Rien ne peut changer ça.
- C'est ce qu'il a dit ? - Il l'a dit et il en est sûr.
- Peut-il nous garantir les paris ? - Max, je te dis quoi faire.
Oh, oui, mais comment vais-je arranger ça avec la commission de boxe ?
- Tu es un fantôme. - Non. J'ai encore 50 ans à vivre.
Ce sera Farnsworth qui se battra. Mets-toi ça dans le crâne !
D'accord, mais c'est un banquier. Je vais me faire jeter.
Va voir Lefty, le manager de K.O. Propose-lui tout l'argent que tu veux.
- Combien ? - Il faudra combien ?
- Je ne sais pas. Au moins 25 000 $. - C'est beaucoup d'argent.
Dites à votre secrétaire de lui faire un chèque.
Oui, c'est vrai.
Attends. Regarde ça.
Hé, Abbott.
Excusez-moi.
Dites, M. Jordan, j'aimerais vous parler, si ça ne vous dérange pas.
C'est à propos de Joe.
Vous et moi pourrions peut-être faire quelque chose.
Dites, vous êtes là, hein ?
Écoutez, si c'est vraiment Joe, il a trouvé un bon filon de plusieurs millions.
Alors pourquoi irait-il prendre des coups de poing pour être champion ?
Qu'est-ce que ça lui donnera ?
Certainement pas des millions.
Pour l'instant, j'ai 40% de lui. Vous l'avez entendu.
Avec ce qu'il vaut, 40%, ça me va.
Supposons qu'il prenne quelques coups au menton
et qu'il devienne maboul.
Ensuite, supposons qu'il oublie qui je suis. Qu'est-ce que je deviens ?
Voilà ce que j'aimerais que vous fassiez.
Aidez-moi pour que Joe oublie ce combat.
Qu'il reste Farnsworth, tel qu'il est. Vous ne le regretterez pas.
- Tu parles tout seul, Max ? - Ne fais plus ça.
Je discutais juste un peu avec ton ami, M. Jordan.
- Évidemment, c'était un peu à sens unique. - Il est à côté.
Ça ne tourne pas rond, Max. Tiens, voilà, l'argent.
Allez, fais ton travail. Va voir Lefty.
- Il est bon ? - Oui, il est parfait.
Tu disais quoi, sur me faire oublier mon combat ?
- C'était sur quoi ? - Je vais te dire.
Je réfléchissais. Ce combat, c'est de l'escroquerie.
Bon, si tu avais besoin d'argent, d'accord,
- mais avec tes millions... - Écoute, toi.
Je refuse cet argent-là. J'en gagnerai plein moi-même.
Trouve-moi des combats. Je vais être champion.
- Attends un peu. - Va vite faire ce que je te dis.
Écoute, Joe ou Farnsworth,
j'ai 40% de toi, j'ai donc mon mot à dire.
Ne fais pas d'histoires.
Organise un combat avec la bande à Murdock
et appelle-moi quand c'est fait.
Je ne dormirai pas tant que je ne saurai pas.
D'accord.
- Ton ami est ici ? - Oui. Il est là-bas.
Bon, heureux de vous avoir rencontré, M. Jordan.
Je vous dépose quelque part ?
Non, à bien y réfléchir, je ne vais pas du même côté.
Merci beaucoup, M. Jordan. Tout est arrangé.
- Alors, vous êtes content ? - Oh, oui, c'est super.
Je deviens coriace, et puis, il y a Mlle Logan.
Elle va passer quelques minutes ce soir,
avant d'aller au cinéma.
Elle veut que je me charge de certains documents de son père.
- Elle m'aime beaucoup, M. Jordan. - C'est bien.
Mais c'est un peu fichu.
Je ne peux même pas la voir. Je suis censé être marié,
elle ne peut pas venir, et je ne peux l'emmener nulle part.
- On pourrait jaser. - Vous trouverez la solution.
Oui.
Il faut que je change certaines choses, ici.
Et vite. Bon, je dois aller me laver et me reposer.
Je suis en plein entraînement. Ça vous ennuie ?
Bien sûr que non. Je dois y aller aussi.
Hé, c'est tout nouveau. Que ce soit moi qui vous quitte.
- Vous ne m'en voulez pas, hein ? - Bonne chance.
Merci pour tout, M. Jordan.
Un manager de boxe ?
Vous êtes sûr ?
La voiture est toujours là.
Ça fait une heure qu'elle est avec lui.
- Ça veut dire quoi ? - Aucune importance.
Sais-tu qui est ce M. Corkle ? Un manager de boxe.
- Quoi ? - 25 000 $ pour organiser un combat.
- Il veut monter sur le ring. - Non, il n'est pas aussi fou.
Ça ne peut être que ça.
Son gymnase en bas, ses plannings d'entraînement...
Il jette l'argent par les fenêtres.
Où s'arrêtera-t-il, Julia ?
Si ça continue, tu seras pauvre dans un mois.
Oh, je ne sais pas. Je ne comprends pas.
Je dirai à Abbott de s'en charger demain matin.
Ils seront signés et tout, comme l'a dit votre père.
- Ne vous inquiétez pas. - Merci.
- Vous devez partir, hein ? - La voiture attend.
- Je suis un peu en retard. - J'aimerais que vous restiez.
Je pourrais vous regarder toute la nuit.
Je ne vous avais jamais vue sur votre trente et un.
- Vous êtes superbe. - Merci.
J'aimerais pouvoir rester un peu.
- Ne pourriez-vous pas rester un instant ? - J'aimerais bien.
N'importe où, sauf ici.
Je sais ce que vous ressentez, et vous avez raison.
Mais juste un instant.
J'ai tant à vous dire et à vous demander.
S'il vous plaît.
- Accusons-le de folie. - Le temps que le procès arrive,
sa fortune sera dilapidée.
- Comment l'arrêtera-t-on ? - Comme la fois d'avant.
Mais cette fois, il n'y aura pas d'erreur. Je vais m'en assurer ce soir.
Observez-moi.
Voyez-vous quelque chose ?
- Une différence ? - Voyons voir.
- En meilleure santé ? - Vous êtes très bien.
- En pleine forme, un peu ? - Oui, presque.
- Et voilà. J'ai fait de l'exercice. - Vraiment ?
Oui, et pas n'importe quel exercice.
Du combat, des coups dans le sac de sable, du jogging, beaucoup de sommeil.
On pourrait presque appeler ça de l'entraînement.
C'est bien de faire de l'exercice,
- mais pourquoi donc vous entraîner ? - Mais c'est le but.
Avez-vous déjà fait de la boxe ? Non, bien sûr. Mais moi, si, et j'adorais ça.
J'aimerais retrouver la forme.
- Pourquoi ? - Eh bien, je...
J'ai eu comme une idée. Vous savez ce que c'est.
Je crois que j'aimerais faire des combats.
- De vrais combats. Sur le ring. - Vous blaguez.
Mais je ne suis pas mauvais.
Arrêtez de faire tant d'exercice. Ça vous est monté à la tête.
- Mais non, je... - Bonsoir.
- Non, je suis sérieux. - Mais non.
- Je vous assure que si. - Bruce Farnsworth, banquier, sur le ring ?
Ça ferait jaser, mais si j'en ai envie, pourquoi ne pourrais-je pas le faire ?
Sauf si vous, vous n'aimez pas la boxe professionnelle.
- Je n'y connais rien. - Ça ne changerait rien pour vous, si ?
Vous m'avez dit que l'important se trouvait à l'intérieur des gens,
quoi qu'ils fassent.
- C'est toujours vrai, non ? - Oui, bien sûr.
Quel est le problème, Bruce ?
Rien, je... Excusez-moi un instant.
- Je dois vraiment partir. - Restez là.
J'ai oublié quelque chose. Ne bougez pas. Restez là.
Que faites-vous ici ? Je pensais ne plus vous revoir.
Je le pensais aussi.
Vous savez, j'ai tout fait pour me racheter.
- J'espérais être débarrassé. - Quel est le problème ?
Une terrible nouvelle. Vous ne pouvez plus utiliser le corps de Farnsworth.
- Que voulez-vous dire ? - Ce que je viens de dire.
Vous êtes fou. Je vais être champion.
- Pas avec le corps de Farnsworth. - Pourquoi ?
- Ça n'est pas prévu comme ça. - Pourquoi ?
Cessez de dire: "Pourquoi ?"
- Croyez-moi. - Je ne crois rien.
Vous ne pouvez pas me faire ça. Décidez-vous, pour une fois.
M. Pendleton, il vous reste peu de temps en Farnsworth.
Je ne veux rien savoir.
M. Jordan était d'accord, on ne change rien.
- Oh, mon Dieu. - Pas de mon Dieu.
Dites au chef que je ne joue plus les marionnettes.
Ça me fait rire, vous voyez ? Maintenant, sortez.
Et ne venez plus. Vous portez malheur. Vous bousillez tout.
Bruce, je dois vraiment partir.
Désolé pour l'attente.
Je vous raccompagne.
- Quelque chose ne va pas ? - Non. Non.
Bruce.
- Oui ? - Qu'est-ce qui vous embête ?
Rien, je...
Il faut que vous soyez sûre d'une chose.
Une belle vie nous attend, vous et moi. Personne ne pourra nous l'enlever.
- Pourquoi me regardez-vous ainsi ? - J'essaie de mémoriser votre visage.
J'essaie de tout mémoriser de vous,
pour que quoi qu'il arrive, je ne vous oublie pas.
- Que pourrait-il arriver ? - N'ayez pas peur. Regardez-moi.
- Vous ne m'oublieriez pas non plus, hein ? - Non, jamais.
Non, bien sûr.
Mais s'il arrivait quelque chose... Non, il n'arrivera rien.
Rien.
Mais supposons... Vous n'oublieriez pas...
Enfin, ce que vous disiez voir en moi.
Vous savez, vous disiez voir quelque chose dans mes yeux.
Eh bien, si un jour, quelqu'un vient vous voir,
peut-être même un boxeur, et qu'il a l'air de vous connaître,
vous remarquerez la même chose chez lui.
Même si ce n'est qu'une impression, donnez-lui sa chance,
car ça pourrait être un type bien.
Je ne vous comprends pas.
Je suis fou. Ne faites pas attention.
Je ne veux pas vous perdre. C'est tout ce que je veux dire,
et je ne vous perdrai jamais.
Bonsoir.
Joe, il faut que je vous parle.
Que voulez-vous, M. Jordan ?
Ce n'est pas vrai, hein ? Que je dois abandonner Farnsworth.
Vous n'allez pas me demander de faire ça ?
- Ça ne tient pas à moi, mon garçon. - Mais pourquoi ?
Maintenant que tout se passe à merveille, après tous nos ennuis ?
- Je ne peux pas abandonner Farnsworth là. - Joe.
- Vous disiez que je serais champion. - Vous le serez, mais autrement.
Mais pourquoi pas en Farnsworth ?
Il est en pleine forme. Max organise le combat.
- Je suis prêt. Pourquoi pas en Farnsworth ? - Car ça ne doit pas se passer ainsi.
Ce n'est pas une réponse.
Au contraire, c'est la réponse parfaite.
Mais il y a Bette. Je l'aime, et elle m'aime en Farnsworth.
Ne me demandez pas de l'abandonner, de l'oublier.
Non, s'il devait en être ainsi, il en sera ainsi.
Je ne crois rien de ce que vous me dites.
Oui ? Max ?
Je le savais.
Vraiment ? Quand ?
C'est parfait.
Non. Pas ce soir. Viens demain.
Et viens tôt, compris ?
Beau travail, Max.
Vous voyez, M. Jordan, Max a organisé le combat avec Murdock.
Tout est arrangé.
- Je ne peux pas changer là. - Le temps presse.
Ne dites pas ça. Écoutez.
Laissez-moi combattre et trouver une solution avec Bette.
- Donnez-moi un peu de temps. - Il n'y a pas de temps du tout.
Alors je dis non.
Non, vous n'allez pas encore jouer des tours à ma vie.
Je reste tel que je suis.
Vous ne pouvez pas modifier votre destin.
C'est ce qu'on va voir.
Vous croyez pouvoir m'arracher à Farnsworth,
et bien essayez un peu, pour voir.
- On me retient. Je ne peux pas bouger. - Désolé, Joe.
- Laissez-moi partir. - Vous n'iriez pas bien loin.
- Laissez-moi, et je vais vous montrer. - Très bien.
Et maintenant, au revoir, M. Jordan.
C'étaient eux deux.
Appelez la police.
M. Jordan.
- M. Jordan. - Ne luttez pas. Quittez M. Farnsworth.
C'est la fin, hein ?
Et Farnsworth, que va-t-il devenir ?
Juste une dépouille terrestre dont ils vont se débarrasser.
Et moi, M. Jordan ? Moi, Joe Pendleton ?
Eh bien, nous allons voyager à nouveau et chercher.
M. Jordan, Bette.
Ne luttez pas, Joe. Quittez Farnsworth.
On l'a encore sur les bras. Oh, mon Dieu.
Le majordome. Bonjour, mon vieux.
Dites au maître de maison que j'apporte d'heureuses nouvelles.
Veuillez m'excuser, M. Corkle, mais M. Farnsworth est absent.
- Pourquoi ? - Il semble être sorti hier,
et il n'est pas rentré.
- Sorti ? Où est-il allé ? - Je l'ignore.
C'est très étrange. Il n'a pas laissé de mot et n'a emporté aucun vêtement.
Qu'est-ce que ça veut dire ? Que se passe-t-il, ici ?
On devait se voir tôt. Il ne m'aurait pas laissé tomber comme ça.
M. Corkle, manifestement, M. Farnsworth ne veut plus faire de boxe.
Manifestement, vous dites des bêtises.
Il pourrait changer d'avis sur tout, sauf ça. Je le sais.
Vous devriez abandonner et attendre qu'il se manifeste.
Abandonner rien du tout.
Il y a quelque chose de pas clair dans tout ça, et je vais découvrir ce que c'est.
SERVICE DES DÉTECTIVES
BUREAU DES PERSONNES DISPARUES
Ça fait 4 jours, aucun signe de lui. Ils mentent.
Il a disparu, et pour moi, c'est louche.
Car M. Farnsworth veut me voir, et s'il le pouvait, il le ferait.
Alors vérifiez chaque hôtel, gare, hôpital et morgue.
Oh, écoute. Écoute, Lefty, tu dois m'écouter.
Bon, tous les policiers du pays le recherchent.
Ils vont forcément le trouver. Donne-moi un jour de plus.
Non, c'est annulé, Max.
Avec Murdock, on va pas attendre un millionnaire fêlé.
Murdock se bat contre Gilbert le sept.
LOU GILBERT CONTRE RALPH (K.O.) MURDOCK
Mon combat part en fumée.
Vous m'avez mis dans un beau pétrin.
- Après des semaines, aucun corps. - Vous ne serez pas floué.
Au final, tout sera pris en compte.
...toujours non résolue. Apprenez tout.
La disparition de Farnsworth non résolue. La police interroge les suspects.
D'autres interrogatoires. Bette va y être mêlée.
Vous vouliez voir le combat. Allons-y.
Attendez. Mon saxo. C'est pour ça que tout va mal.
- Il est chez Farnsworth. Allons-y. - Maintenant ?
- Oui. On a le temps, avant le combat. - Très bien, Joe.
Si je me souviens bien, il était sur le piano.
Je vous ai tous convoqués pour tout reprendre pas à pas,
depuis la nuit où M. Farnsworth a disparu.
Recommençons depuis le début.
J'ai peut-être raté quelque chose.
Quelqu'un a peut-être oublié quelque chose, mais je vais résoudre cette affaire.
Alors vous devriez faire venir Houdini.
Mlle Logan.
Il était environ 20 h 30 quand vous avez quitté M. Farnsworth ?
Oui.
Vous aviez apporté des documents à signer ?
- Oui, pour mon père. - Hé, Joe.
Joe, tu es là ?
Oh, Joe.
Vous n'avez eu aucune nouvelle depuis,
- par téléphone ou autre ? - Non.
Allez, Joe. Où es-tu ?
Oh, Joe, sois sympa, allez.
Ça fait trois semaines que je ne dors pas. Regarde, je maigris.
Hé, Joe, tu ne serais pas au bout de ton saxo, hein ?
Allez, Joe, qui es-tu devenu ? Sois sympa.
Oh, allez. Sois sympa, d'accord ?
Corkle, qu'êtes-vous en train de faire, exactement ?
- Je cherche Joe. - Qui est Joe ?
- Il pourrait être n'importe qui. Qui sait ? - On devrait appeler le psychopathe.
Corkle, taisez-vous et asseyez-vous.
D'accord, mais si Joe ou son pote Jordan sont dans le coin, je les trouverai.
Attendez.
Qui est ce Jordan ?
Celui qui a mis Joe dans le corps de Farnsworth.
- Pas d'âneries, je vous avais prévenu. - Bon, d'accord.
Que faisait-il à votre dernière rencontre ?
Il discutait avec un type du ciel.
Vous le ferez aussi si vous n'arrêtez pas vos singeries.
Singeries ? Après ce que j'ai subi ? Qu'ai-je, en fin de compte ? 40% d'un fantôme.
C'est 40% de rien. Et même ça, je ne le trouve pas.
Désolé, Max.
Inspecteur Williams, nous n'arriverons à rien ici.
Je répète que la disparition de mon mari
n'est ni mystérieuse, ni surprenante, pour moi.
Quand on voit ce qu'il faisait ces derniers temps,
il donnait son argent, prévoyait de devenir boxeur professionnel.
- Il était visiblement fou. - Il n'était rien de la sorte.
Je le connaissais mieux que quiconque.
- Il était gentil et généreux. - Ne pleurez pas, Bette.
Je peux expliquer ces larmes, M. l'inspecteur.
La dernière fois que je lui ai parlé, il m'a dit qu'il aimait Mlle Logan,
qu'il voulait l'épouser, et me demander le divorce.
Je vois.
Aha !
Dire "aha" ne vous mènera nulle part.
Silence. Mlle Logan.
S'il était vivant, il vous contacterait ?
- Je sais qu'il le ferait. - Un peu, oui.
Pour la dernière fois, vous pensez rechercher Farnsworth,
mais vous recherchez Joe, en fait.
- Farnsworth est mort. - Je le savais.
Si vous voulez tout savoir,
il a été noyé dans sa baignoire par sa femme et ce type, il y a six semaines.
- Vous êtes fou. - Attendez.
Donc, M. Farnsworth a été noyé dans sa baignoire.
Oui.
- Il y a six semaines ? - C'est ça.
- Mais il a disparu il y a 3 semaines. - Qu'importe. C'est ce qu'il m'a dit.
- Qui vous l'a dit ? - Joe... Farnsworth.
Quand vous a-t-il dit ça ? Avant ou après avoir été noyé ?
- Après. - Après.
- Attrapez-le, les gars, c'est un violent. - Quoi ?
Qu'est-ce qui vous arrive ? Lâchez-moi.
Inspecteur Williams, il a été assassiné. J'en suis sûre.
Où est le corps, alors ?
- Où m'ont-ils mis, M. Jordan ? - Dans le réfrigérateur du sous-sol.
C'est bon, les gars.
Bon, vous avez des suggestions à faire, Corkle ?
Vous avez plein d'idées sur tout.
- Où est le corps ? - Demandez-leur.
D'accord.
Alors ?
Eh bien, naturellement, nous l'avons découpé, mis dans un coffre,
- et jeté dans l'Atlantique depuis un avion. - Arrêtez !
Ils la tuent. Je ne supporte pas ça.
- Alors partons. Prenez votre saxo. - Quoi, quitter Bette ?
- Le combat va commencer. - Je ne peux pas la laisser comme ça.
- Attendez, ça passera à la radio ? - En ce moment même.
Alors, je peux l'écouter.
J'aimerais vous interroger, M. Abbott.
C'est votre droit.
La dernière fois, Mlle Logan apportait des documents ?
C'est cela, M. l'inspecteur.
- Comment puis-je l'allumer ? - M. Corkle le fera,
- si vous vous concentrez sur lui. - Vraiment ?
Max, allume la radio. Max, allume la radio.
Max, va allumer la radio.
Allez, Max. Vas-y.
Max.
...coup du gauche, bien porté.
Gilbert rate une droite, Murdock revient...
- Corkle, éteignez cette radio. - Vraiment ?
Vous m'empêchez de voir le combat en étant ici,
- mais je l'écouterai. ...encore.
Murdock passe à l'attaque. Gilbert s'accroche à lui.
L'arbitre les sépare. Gilbert rate un gauche.
Murdock frappe le crâne de Gilbert du droit. Un gauche au corps, un droit au corps.
Murdock pousse Gilbert dans les cordes. Il lui envoie un centre.
Encore un gros coup du gauche au menton. Un droit, encore un gauche.
Des coups foudroyants frappant comme des balles.
Gilbert vise la tête de Murdock, mais dévie.
Murdock revient avec un droit et un gauche au corps.
- Gilbert... - Murdock est excellent,
et vous le savez, vous voudriez même être comme lui.
Qui, moi ?
Encore un droit à la tête. Gilbert va frapper.
Murdock ! Murdock chancelle, tout à coup, Murdock abandonne.
Je ne comprends pas. Gilbert ne l'a même pas touché.
Ce gros coup n'a qu'effleuré...
- Qu'est-il arrivé ? ...la tête de Murdock.
- Qu'y a-t-il ? - Incroyable.
Murdock était une vraie scie circulaire. Qu'a-t-il eu ?
On lui a tiré dessus.
Gilbert le frappe partout.
- Tiré dessus ? - Par des parieurs, devant,
car il ne voulait pas perdre.
Il a dit à tout le monde qu'il perdrait.
Sinon, il n'aurait pas pu atteindre le championnat,
- mais une fois sur le ring... - Ils l'ont tué.
Murdock trébuche et titube.
Murdock, un des meilleurs du milieu.
Gilbert le submerge de coups, en fait de la chair à saucisse.
Murdock est à terre. Il a fini par céder.
- Il est mort. - Mort ?
- J'aimerais pouvoir finir son combat. - C'est possible.
- Quoi, je pourrais prendre son... - On a juste le temps d'y aller. Venez.
Trois, quatre, cinq,
six, sept, huit, neuf.
Il se lève à neuf. Murdock s'est levé. Plein de force.
Un instant, il gît comme un mort. Maintenant, il déborde d'énergie. Incroyable.
Gilbert est à terre. L'arbitre fait le décompte.
Un, deux, trois, quatre,
cinq, six, sept,
huit, neuf. Vous êtes K.O.
- Quelle bagarre. - Le gagnant, le nouveau champion.
Ralph Murdock.
Ce combat, mesdames et messieurs, restera gravé
comme l'un des matchs les plus sensationnels de tous les temps.
Qu'est-ce que Murdock récupère dans son coin du ring ?
Un saxophone.
- Quoi ? - Imaginez ça.
Je ne l'avais pas encore remarqué.
Le saxophone ? Il n'est plus là.
Il était là. Je l'ai touché. Il l'a pris. Il était ici.
- Corkle, qu'est-ce que vous avez ? - C'était Joe.
C'était Farnsworth.
- Comment ça ? - C'était Joe Farnsworth.
Joe, celui que vous adorez. Il était ici.
- Corkle, ressaisissez-vous. - Laissez-moi partir.
- Où allez-vous ? - Je vais suivre ce saxophone.
Chopez-le, les gars !
Ton plus beau combat, K.O. Je suis fier de toi.
- Une déclaration, Murdock. - C'est bon, les gars. Ça va.
Faites-les sortir. Tout le monde dehors.
- Vous aurez votre article, oui. - Tu es le champion, K.O.
- Ce type, Murdock, c'est le meilleur. - Tu l'es, c'est sûr.
Pas moi. Murdock.
- Qu'est-ce que ça faisait sur le ring ? - Donne-moi ça.
- Tu ne l'avais pas en arrivant. - Je l'ai toujours apporté aux combats.
Mais oui, mais oui. Il l'a toujours apporté.
- Quelle soirée, K.O. Tu es le champion. - Tu es riche.
Murdock ne fera plus de matchs.
Comment ça ? Tu es perché au sommet du monde.
Je ne suis perché nulle part.
Je ne sais même pas où je vais aller, maintenant.
Il est dans les vapes.
Oui, c'est le dernier coup qu'il a reçu avant le décompte.
Un coup, mon oeil. Gilbert ne l'a même pas effleuré.
Qu'est-ce qui t'a fait tomber, K.O. ?
Laissez-moi passer.
- Il faut que j'y aille. - Qu'est-ce que tu viens faire ici ?
Murdock, d'où vient ce saxo ?
- Faites-le sortir. - Allez.
Laissez-le entrer.
- Qu'est-ce que Corkle a à voir avec toi ? - Beaucoup de choses, Lefty.
Allez, sortez. Toi et les autres. Dehors.
Pourquoi ? Je suis ton manager.
Un manager véreux, en fait.
Sors d'ici avant que je ne te jette dehors.
Je te le redemande, Murdock, d'où vient ce saxo ?
Max, tu ne me reconnais donc jamais ?
- C'est toi ? C'est toi ? - Oui. Oui.
- Joe. - Non, Max, ne t'évanouis pas.
Je sais, mais que fais-tu dans le corps de Murdock ?
Je l'ai juste pris pour l'aider. On lui a tiré dessus. Regarde.
Joe, tu n'as pas choisi le bon corps.
- J'appelle un médecin. - Non, ce n'est rien.
- Rien, avec une balle ? - Combien de fois dois-je te le répéter ?
Murdock a reçu une balle, et dès que M. Jordan arrivera,
je sortirai de son corps.
- Excusez-moi, Murdock. - Alors, Corkle,
où est ce saxophone que vous avez suivi ?
Le voilà, il est ici.
- Voilà celui que vous recherchez. - Donc, je recherche Murdock ?
- Sauf que c'est Farnsworth. - Oh, c'est Farnsworth ?
N'essayez pas de m'avoir. Je connais Farnsworth.
Je sais bien, mais il n'est pas dans le corps de Farnsworth.
- Il est dans quel corps, alors ? - Celui de Murdock.
Sauf que ce n'est pas Murdock. En fait, c'est Joe Pendleton.
Sacrebleu !
Écoutez, calmez-vous. On va peut-être résoudre toute l'affaire.
Je vous ai dit que Farnsworth a été tué par sa femme et M. Abbott.
- Mais où est le corps ? - Le corps ? Quel corps ?
Max, tu peux venir voir ça, s'il te plaît ?
Merci, mon garçon.
Ça va, tout ce qu'il faut,
c'est un peu de sparadrap, après ta douche.
Où est le corps ?
Dis-lui d'ouvrir le réfrigérateur du sous-sol.
Ce n'est rien. C'est la seule marque que tu as.
Il ne l'a même pas touché, jamais entendu un tel combat.
J'aurais adoré le voir.
Le 5e round, rappelez-vous.
Où est le corps ?
Dans le réfrigérateur du sous-sol.
Bon, ça suffit, Corkle, je vous embarque au poste.
- Ne le touchez pas. - Vous mêlez pas de ça, Murdock.
Attendez un peu. Vous ne pouvez pas aller voir au sous-sol ?
S'il n'y est pas, j'irai où vous voudrez.
Ça vous va ?
Très bien.
Viens, Chuck.
Je vais avoir l'air d'un imbécile, mais on va appeler les Farnsworth.
- Joe, sans toi... - M. Jordan, vous allez bien ?
- Je suis content de vous voir. - Bonjour, Joe.
- Joe, c'est encore lui ? - Oui.
Peux-tu sortir une minute ? Je veux lui parler.
Bien sûr.
Heureux de vous avoir revu, M. Jordan.
Je suis content que vous soyez là. Comment était le combat ?
Vous avez fait du beau travail. Murdock est très content.
- On lui a dit comment ça s'est fini. - Merveilleux.
Vous vous êtes battu magnifiquement, proprement, avec science.
- Vous en avez fait un art. - Merci.
- J'ai repris ma forme. - C'est votre voie.
C'est votre place, celle que vous deviez occuper.
- Champion du monde. - Oh, non, pas moi. Murdock.
Je voulais l'aider, mais maintenant, faites-moi sortir.
- Joe. - Oui ?
Je vous avais dit que vous ne seriez pas floué.
- Oui. - En fait, personne ne l'est.
Tout finit par s'arranger. Il y a un dessein en toute chose.
Vous deviez être champion. Vous l'êtes.
Vous et Murdock ne faites qu'un. Vous vous appartenez.
C'est votre destin, Joe. Vous êtes revenu sur votre voie.
Mais attendez un peu. Vous oubliez Bette.
- A quoi bon, si elle n'est pas avec moi ? - C'est un risque à prendre, Joe,
quel que soit votre corps.
N'était-ce pas le cas dès que vous avez quitté Farnsworth ?
- Oui. Oui, j'oubliais. Je... - Ne vous inquiétez pas.
Vous aurez tout ce qui vous est destiné.
Je n'aime pas ça, M. Jordan. Je veux trouver quelque chose...
Enfin, je veux être autre chose qu'un simple boxeur,
même si Murdock est un champion et un chic type.
Mais comme je vous l'ai dit, c'est Murdock le champion, pas moi.
Non, je n'aime pas ça.
Si ça ne vous fait rien, M. Jordan,
on va chercher jusqu'à ce qu'on trouve le bon type.
Serez-vous jamais sûr que c'est le bon, Joe ?
Bien sûr que oui.
Je vais prendre une douche et m'habiller,
et on pourra partir. J'en ai pour un instant.
C'est votre voie, Joe.
Désormais, vous êtes K.O. Murdock.
Le souvenir de Joe Pendleton sera effacé.
Et tout ira bien.
Chef, Pierce l'a trouvé. Farnsworth est dans le réfrigérateur.
Sacré bon sang !
Vous saviez de quoi vous parliez !
- On dirait bien. - Rappelle Pierce.
Qu'il arrête l'épouse et Abbott.
- Envoyez le corps à la morgue. - Non ! N'y touchez pas.
- Joe pourrait avoir besoin de ce corps. - Oui, n'y touchez pas. Joe pourrait avoir...
Allez, Chuck.
- Qu'est-ce qui se passe, ici ? - Hé, n'entrez pas.
- K. O... - Où est-il ?
Il est là.
C'est quoi, ce boucan ?
Ils ont trouvé Farnsworth, comme tu l'avais dit.
Je ne comprends pas. Je ne connais pas de Farnsworth.
Bien sûr que si. Le type qui s'est fait tuer.
Hé, où est-il ?
- Qui ? - M. Jordan.
Quel Jordan ?
Oh, non, ne me réponds pas comme ça.
Tu as perdu la tête, Corkle. Arrête d'embêter K.O. et sors d'ici.
Il faudrait que quelqu'un emmène Corkle à l'hôpital.
Comment ça, m'emmener à l'hôpital ? C'est lui qui devrait y aller.
- Il a de la fièvre. On lui a tiré dessus. - Sur qui ?
Où est-il ?
- Où est quoi ? - Le trou de balle.
- Il me l'a montré. - Tu es fou ?
Allez, dépêche-toi, Bugsy. Il faut que je sorte d'ici.
Je tourne encore en rond.
C'est ce Jordan.
- Que t'a-t-il fait, Joe ? - Pourquoi m'appelles-tu Joe ?
Regarde-moi. Regarde-moi bien.
- Tu me connais ? - Oui, je crois.
- Alors, qui suis-je ? - Tu ne le sais pas ?
J'ai des doutes. Dis-moi.
Tu es Corkle, Max Corkle.
- Et toi ? - K.O. Murdock. C'est quoi, son problème ?
Tu... Tu connais Joe Pendleton ?
Bien sûr. Il est mort dans un accident d'avion.
Oui, c'est ça.
Ça a été un coup dur. C'était un gars bien, très fair-play.
C'est bien vrai.
Toi aussi, à ce qu'il paraît.
- Ça te dirait, d'être mon manager ? - Pourquoi dis-tu ça ?
Lefty, après cette affaire Gilbert, c'est fini, entre nous.
Ah oui ? Eh bien moi, je ne te lâche pas.
J'ai un contrat.
Tu ne voudrais pas que tout le monde sache que tu es véreux, hein, Lefty ?
C'est marrant que tu arrives pile au bon moment, Corkle.
Toi et moi, on va bien s'entendre.
- Oui, je... - Il faut que j'y aille.
Hé, où vas-tu ?
Je ne sais plus trop.
Hé, Joe... K.O., c'est à toi, ça ?
Oui.
Je crois.
- Prends-en soin pour moi, d'accord ? - Oui, bien sûr.
Qu'est-ce qui t'arrive ? On dirait que tu as fait un mauvais rêve.
Allez. Secoue-toi.
Tout va bien se passer, Maxie.
- Excusez-moi. - Je suis désolée.
- Vous cherchez quelqu'un ? - Oui, M. Corkle.
On m'a dit qu'il pouvait se trouver dans la loge de M. Murdock.
On se connaît ?
Je ne crois pas.
Non, sûrement pas. Mais un instant, je l'ai cru.
Parfois, on pense connaître quelqu'un.
Oui.
- La loge est par là ? - Oui.
- Vous avez aimé le combat ? - Je ne l'ai pas vu.
- Oh. - Mais je l'ai entendu à la...
- Vous êtes blessé à l'oeil. - Ce n'est rien. Juste un peu enflé.
- C'est tout rouge. - Ce n'est pas douloureux.
- Je m'appelle Ralph Murdock. - Oh ?
- Et vous êtes... - Bette Logan.
- Bonjour. - Enchantée.
Heureux de vous connaître.
- Vous aimez la boxe ? - J'ai connu un homme qui aimait ça.
- Je le connais ? - Bruce Farnsworth.
Oh, oui, on m'en a parlé.
- Il a été tué. - Oui.
- Désolé. C'était un ami à vous ? - Je l'aimais.
- C'est horrible. - Oui, mais je ne sais pas pourquoi...
C'était peut-être par gentillesse. Il était si préoccupé.
Je...
Je ne ressens pas...
- Pourquoi avez-vous fait ça ? - Votre pansement s'enlevait.
Ce n'était pas intentionnel.
C'était agréable.
Vous savez, vous m'observiez, à l'instant. C'était...
On aurait dit que vous voyiez au travers de mes yeux.
- Qu'est-ce ? - Oh, n'ayez pas peur.
C'est juste un avertissement. Ils vont éteindre.
Dans le noir, j'ai eu l'impression d'avoir déjà entendu votre voix.
Mais je ne savais plus où. Ça ne vous a pas fait pareil ?
Eh bien, si.
J'avais l'impression d'être en hauteur face à la mer,
et que quelqu'un nageait vers moi, en criant quelque chose.
Une chose que j'avais déjà entendue il y a longtemps.
- Et j'ai dit: "N'ayez pas peur." - Oh, vraiment ?
On croit toujours connaître des gens d'une vie antérieure.
J'avais le sentiment ce soir d'être pressé de voir quelqu'un que je connaissais. Je...
Il y a un petit café, au coin. Un petit café agréable, chez Mike,
où je vais après les combats. Voudriez-vous...
Non, je...
Je suppose que vous ne voulez pas ce soir, vu ce que vous ressentez envers lui.
- Sûrement pas, hein ? - Qu'avait-il dit ?
Que si je rencontrais un boxeur, il fallait que...
J'adorerais vous accompagner, M. Murdock.
Au revoir, champion.
Fin
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