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20, 19, 18, 17...
4,
3, 2, 1, 0!
- C'est pas trop ? - Non !
Alors...
Surtout, vous n'accélérez pas. D'accord ?
On reste calmes, tranquilles.
On n'a pas de train à prendre.
Comme à la répet', vous avez vu ?
C'était parfait.
Vous êtes trop belle.
Trop belle !
C'est vous qui êtes trop beaux. Vous êtes magnifiques.
Merci.
Il faut qu'on aille se placer. Allez !
Chut !
On reste là jusqu'à ce qu'ils aient fini, d'accord ?
Allez, à nous !
Et tout de suite, place aux CM2 A. La classe de Mme Lapouge.
Une nuit je m'endors avec lui
Mais je sais qu'on me l'interdit
Et je sens la fièvre qui me mord
Sans que j'ai l'ombre d'un remords
Et l'aurore m'apporte le sommeil
Je ne veux pas qu'arrive le soleil
Quand je prends sa tête entre mes mains
Je vous jure que j'ai du chagrin
Et je me demande
Si cet amour aura un lendemain
Quand je suis loin de lui
Quand je suis loin de lui
Je n'ai plus vraiment
toute ma tête
Et je ne suis plus d'ici
Je ne suis plus d'ici
Je ressens la pluie d'une autre planète
D'une autre planète
Mais t'es complètement folle !
T'as vu les mômes ? Ils ont assuré.
- Où est ta femme ? - Aucune idée.
- Alice s'en est rendu compte. - Je sais, tu penses.
Elle te plaît, ma robe ?
T'es merveilleuse.
C'est quoi, cette odeur ?
Quoi ?
- Tu sens pas ? - Non.
Mais si, ça sent...
ça sent...
les vacances !
Dans 3 jours !
Et j'ai pensé qu'on pourrait aller au Grand Palais.
Je réserve ?
Oui, si tu veux.
On va sortir un peu, quand même ?
On va pas rester au lit pendant 1 semaine !?
J'ai envie qu'on fasse plein de choses.
Antoinette...
Vladimir...
Je suis pas là la semaine prochaine.
On part tous les 3 dans les Cévennes.
Tous les 3 ?
Non, pas toi. Nous 3, avec Alice.
Elle va pas à l'Île de Ré. Elle nous a fait la surprise avant-hier.
Tu plaisantes ?
- Dis-lui que tu peux pas ! - J'ai essayé.
Mais c'est vrai, tu travailles.
Pourquoi vous partez pas en août ?
Parce que tout est programmé en août, tu penses bien.
10 jours avec ses amis, 5 jours dans sa famille, 5 jours dans la mienne...
C'est mort. Alice est surexcitée. C'est avec un âne, la randonnée.
Je sais.
Mon amour...
Combien de temps ?
1 semaine.
Normalement, c'est 12 jours. On fait que la partie sud.
Dans 8 jours, je suis là !
Oui, mais elle aussi.
Oui...
Elle est arrivée.
Vous partez quand ?
Lundi.
Je sais.
On se voit demain, dans l'après-midi !?
Nadège, tu peux m'ouvrir s'il te plaît ?
Attendez !
Monsieur !
Arrêt à Chasseradès.
Pardon.
Pardon.
Vous vous mettez où vous voulez.
- Merci, à tout à l'heure. - Très bien.
À nous.
Votre nom ?
Antoinette Lapouge.
Lapouge, c'est vous qu'avez appelé hier ?
Ça n'a pas été simple.
La prochaine fois, il faudra vous décider plus tôt, Mme Lapouge.
Enfin, j'y suis arrivée. Tout est réservé.
Je vous explique.
6 jours de marche, on est d'accord ?
C'est ça.
Regardez.
On est ici : Chasseradès.
D'accord ? Jour 1 :
Chasseradès — Le Bleymard, 20 km.
2 : Le Bleymard — Pont-de-Montvert, 18 km.
3, celle-là est plus importante : Pont-de-Montvert — Florac, 26 km.
4 : Florac — Cassagnas, 19 km.
5 : Cassagnas — Saint-Étienne-Vallée-Française, 22 km.
6 : Saint-Étienne-Vallée-Française — Saint-Jean-du-Gard, 19 km.
J'ai essayé d'équilibrer, mais bon...
Les lits sont réservés, les dîners aussi.
Et pour le midi, c'est à vous de voir. Vous connaissez le système ?
Pas vraiment.
C'est pas compliqué. Si vous voulez un panier-repas, vous réservez la veille,
et le reste, tout est réglé d'avance. 870 euros, je prends pas la carte.
Ah oui, 870 euros.
Mais oui, ce que j'avais dit au téléphone !
6 jours de marche : 870 euros.
C'est de l'entretien, l'âne. Ça revient cher.
Ben oui.
Alors, feuille de route, carte IGN, sac poubelle.
Voilà, il y en a 2. Je vous explique.
Vous sortez vos affaires. Vous répartissez bien le poids dedans.
La valise, vous la laissez ici. Vous la récupèrerez à la fin.
- D'accord ? - D'accord.
Tenez.
Dîner 19h, petit déjeuner 8h.
Les dortoirs sont par là. Il y a de la place à l'étage. Vous vous mettez où vous voulez.
Vous avez besoin d'une serviette ?
Oui, je veux bien.
- Serviette. - Merci.
À tout à l'heure.
Allez, à table. J'ai faim.
Ah, la retardataire !
Mademoiselle a téléphoné hier pour réserver.
Bonsoir.
Soit dit en passant, l'âne, t'as du bol qu'il nous en reste.
Oui.
Vous marchez avec un âne ?
Ben oui.
Quoi, pas vous ?
Non.
L'âne, c'est en option.
C'est pas parce que Stevenson l'a fait qu'on est obligé de faire pareil.
Non merci. On n'est pas des fous !
Stevenson, c'était pas pour le plaisir.
À l'époque, ils avaient pas encore inventé le sac à dos, la tente pop-up...
Ils pouvaient pas tout porter.
On n'avait même pas encore inventé le sac de couchage.
Il a dû en faire faire un.
Du coup, je suis la seule à marcher avec un âne ici ?
Non mais, ça va être super.
- Et vous êtes toute seule ? - Oui.
Formidable.
Servez-vous.
Vous avez déjà marché avec un âne ?
Ben non.
- C'est votre 1re randonnée ? - Voilà.
C'est bien.
Non mais, en fait,
je devais pas être seule,
j'avais rendez-vous avec quelqu'un, mais il est pas là.
Vous aviez rendez-vous où ? Ici ?
Oui, enfin...
Il m'a dit qu'il faisait le chemin de Stevenson.
Il commence pas ici, le chemin de Stevenson. Vous le savez ?
Il commence beaucoup plus haut dans le massif central, à Monastier-sur-Gazeille.
Il vous a dit qu'il partait de Chasseradès ?
Oui, enfin... Je crois qu'il fait que la moitié.
Il sait pas que vous êtes là, c'est ça ? C'est une surprise ?
En quelque sorte.
J'ai dit "il".
C'est bien un "il" ? C'est un monsieur ?
Oui, c'est un monsieur.
C'est votre amoureux ?
Je suis désolée. C'est l'habitude, vous savez.
Les tables d'hôtes, c'est très convivial.
On est tout de suite à tu et à toi.
Eh bien oui, c'est mon amoureux.
C'est bien.
Appelez-le.
Oui, mais non.
Vous êtes quoi ?
Orange ?
Non, mais...
Je vous prête le téléphone.
Non, c'est très gentil, mais...
C'est pas possible, en fait.
En fait, il est pas tout seul.
D'accord...
Il est avec...
sa femme ?
Là, c'est...
- Vaut peut-être mieux pas l'appeler, alors. - Voilà !
J'aurais bien aimé voir ça. J'adore les histoires.
Non mais de toute façon, il se serait rien passé.
Ah bon ?
Pourquoi vous êtes venu, alors ?
Une impulsion.
Voilà, c'est ça. Exactement.
Mais de toute façon...
c'est très bien. Je suis ravie d'être là.
Et c'est très bien que lui ne soit pas là.
Il est peut-être dans un autre gîte.
- Rien qu'ici, il y en a 3. - Ah bon ?
On n'est pas les seuls.
Ah, d'accord.
Vous auriez fait quoi s'il avait été là ?
Je sais pas.
Rien.
Elle vous connaît, sa femme ?
Oui, un petit peu.
En fait, j'avais leur fille dans ma classe cette année.
Formidable !
Vous avez raison : honte à moi !
- Elle aurait compris tout de suite. - Arrête.
Toi, tais-toi, s'il te plaît.
Vous savez ce que vous devriez faire ?
Vous devriez rentrer chez vous et vous trouver un homme libre.
Vous faites comme vous voulez, mais en tous cas, on vous rembourse pas.
C'est trop tard.
Vous n'allez pas rentrer à Paris maintenant que vous êtes là. Restez.
- Allez. - Ça vous fera du bien de marcher.
Vous êtes entraînée ?
Elle a pas besoin de s'entraîner. Elle est toute jeune.
Regardez, elle est en pleine forme.
Il y a un peu de dénivelé, quand même.
Oh, rien de méchant.
Et puis qui sait ? Vous allez peut-être le croiser, hein ?
J'en suis sûre.
Alors...
Lequel tu veux ?
Celui-là.
- Le gris ? - Oui.
Très bien, bon choix.
Tu tiens ça.
Allez, viens.
- C'est lourd, hein ? - Ouais.
Bonjour mademoiselle.
Bonjour Patrick.
Vous vous appelez Patrick ?
No, moi c'est Jacques. Patrick, c'est lui.
Il est irlandais.
Allez.
Dites bonjour.
- Bonjour Patrick. - Voilà.
Faut partir sur des bonnes bases.
Tiens.
Maintenant, les sacoches.
On les ferme.
Viens voir.
Non, tu le colles comme ça.
- Ça me fait peur. - Bonne journée.
Au revoir.
Très important : quand tu t'arrêtes,
tu le laisses pas batifoler. Tu l'attaches, toujours !
Tu sais faire un nœud coulant ?
OK, panique pas. C'est très simple.
Je vais te montrer.
Tu fais une boucle.
Tu ramasses dedans.
Tout simple, t'as compris ?
Ensuite,
s'il prend de la vitesse dans les descentes : hélicoptère.
Tu vois, il a peur. Il s'arrête, OK ?
C'est bon.
Et pour avancer ?
Là, il faut vraiment que tu t'imposes. Que tu lui montres qui est le maître.
Faut pas le laisser manger, surtout le 1er jour. Faut s'imposer, OK ?
Et puis bon, si jamais...
Tu peux y aller, il a la peau dure.
Hein, mon Patrick ?
Voilà, bonnes vacances.
Attendez que je pose ça.
Du coup...
c'est par où ?
C'est pas compliqué. Tu suis les balises.
Le truc, là ?
Même lui, il sait.
On y va, Patrick.
- Allez, Patrick. Avance, s'il te plaît ! - Plus fort. Vas-y, tire !
Là, je suis au maximum.
Avance, Patrick.
Allez, Patrick.
- Bonnes vacances. - Au revoir.
Non, Patrick, avance. Allez !
Avance !
Allez mon gros, on avance ! Allez !
J'en ai marre.
Allez, mon chéri.
Qu'est-ce qui se passe ? Qu'est-ce qui va pas ?
Regarde, je me mets tout à côté de toi.
Avec moi.
On marche.
Ah ben voilà !
C'est ça, en fait. Il faut que je sois tout près.
Mon âne, mon âne
A bien mal à la tête
Madame lui a fait faire
Un bonnet pour sa fête
Et des souliers lilas, la, la
Avance, bordel.
T'as décidé de me faire chier ?
Tu restes là si tu veux. Moi je m'en vais, d'accord ?
Je m'en vais, Patrick.
Au revoir, Patrick.
11h25.
Patrick, je sais pas si tu te rends compte, mais on va jamais y arriver.
On a même pas fait 2 km.
On va mettre 20 ans à faire cette étape. Tu t'en rends compte ou pas ?
Tu en as conscience ?
OK, t'as gagné. Pause pique-nique.
Fais chier !
Vraiment marre de cette bourrique de merde !
Je vais faire pipi.
Voilà !
OK, on peut même pas pisser tranquille !
Non, je suis pas d'accord !
Reste là, bordel !
Reste !
T'es complètement con !
Dépêche !
Viens.
Bonjour.
Je vous ai pas vue ce matin.
Je suis parti plus tôt. J'ai fait une pause.
Ça se passe bien ?
Oui, merci.
Vous l'avez vu ?
De quoi ?
Ce que vous disiez hier, votre...
Ah non.
Il est peut-être tout simplement pas là du tout.
Dans les Cévennes, je veux dire.
Vous y avez pensé ?
- Ouais. - Allez !
- Allez ! - Non, pardon.
Je suis pas d'accord.
Laissez-moi faire, s'il vous plaît.
- Bon, je vous laisse faire. - Voilà, je préfère.
Allez, mon Patrick. On avance.
Pourquoi vous êtes amoureuse d'un homme marié ?
Enfin, vu comment vous êtes...
Franchement, vous devriez avoir le...
le choix. Allez !
En fait, arrêtez de lui crier dessus comme ça.
Je pense que ça l'effraie.
C'est contre-productif, en fait.
Avancez un peu et voilà.
Moi, je pourrais pas.
J'aurais trop peur de m'attirer des problèmes.
- Allez. - Allez !
Voilà...
Je juge pas. C'est vraiment pour vous que je dis ça.
Stop !
Ça suffit, merde !
Pardon.
Non, c'est moi. Je croyais vous aider. J'avais l'impression...
En fait, j'ai pas besoin d'aide.
J'aurais besoin d'être seule avec Patrick.
À ce soir.
Oui, voilà.
À ce soir. Je vous laisse passer devant, en éclaireur.
D'accord.
À ce soir.
Ne bouge pas, Patrick.
Patrick, regarde. Je crois qu'on arrive.
Non, j'en peux plus. Grâce, pitié, tu avances !
Allez, voilà !
Voilà, mais merci !
Je t'en supplie, voilà.
Tu vas voir, je vais te donner à boire et à manger.
Je vais t'enlever tout ton truc.
On va être très bien. Ça va être merveilleux.
Oh oui Patrick, oui !
C'est bien comme ça, oui !
Antoinette !
Venez.
Venez là.
On se pousse. On fait une place.
Bonsoir.
Vos chaussures, s'il vous plaît.
Je me demandais où vous étiez passée.
Elle m'a parlé de vous toute la journée.
C'est à qui, l'âne, devant ?
C'est à moi.
Venez avec moi. On va le mettre au pré.
Ah, ça y est. Elle est arrivée, Mlle Lapouge.
On va se coucher !?
- D'accord. - Bonne nuit, tout le monde.
Bon...
Si vous ne le retrouvez pas, c'est que c'est pas le bon.
C'est tout, d'accord !?
Bonne nuit.
Allez, chérie.
On a une grosse étape demain.
Je m'en suis occupé.
Je les mets ici, d'accord ?
D'accord.
Je vous ai préparé une assiette.
Je vous ai apporté une bouteille de vin.
- Merci. - Bon appétit.
Non, continuez.
Qu'est-ce qui va pas ?
C'est votre âne ? Il vous en a fait voir ?
C'est lequel, son âne ?
C'est Patrick !
On le connaît bien.
Il avance pas, c'est ça ?
Ben non.
C'est pour tout le monde pareil.
Au début, ce n'est pas facile. Le temps de s'accorder.
J'arrête.
Je vais rentrer à Paris.
Mais non.
Demain, c'est la plus belle étape. Le mont Lozère.
Vous avez un téléphone ?
Mon portable passe pas.
Ce serait vraiment dommage.
De toute façon...
Je suis pas venue pour des bonnes raisons.
On nous a dit.
Vous savez pourquoi Robert Louis Stevenson est venu dans les Cévennes ?
À cause d'une femme
Fanny Osbourne.
Une Américaine, mariée, mère de 2 enfants. Une femme extraordinaire.
Une aventurière.
Une cow-girl venue seule en France pour étudier la peinture.
C'est là, à Barbizon, qu'elle a rencontré Stevenson.
Elle avait 10 ans de plus que lui.
Vous vous rendez compte, à l'époque, au XIXe siècle !?
Une femme libre.
Coup de foudre. Ils veulent se marier.
Mais Fanny doit d'abord obtenir le divorce.
Après plusieurs mois d'amour, elle décide de retourner en Amérique.
C'est un long voyage en ce temps-là.
Il faut prendre le bateau,
traverser tout le pays,
jusque San Francisco.
Stevenson n'a pas de nouvelles.
Il est déçu, malheureux.
Il se croit abandonné.
Pour oublier,
il décide d'aller marcher seul avec un âne.
- Une ânesse, en fait. - Modestine.
Mais il n'a pas oublié.
À son retour,
il décide de rejoindre Fanny en Californie.
Après plusieurs mois de voyage, quand il arrive,
Fanny a divorcé.
Ils se sont mariés.
Et ils ne se sont plus quittés
jusqu'à la mort de Robert aux îles Samoa.
Quelle que soit l'issue, vous savez ce qu'on dit :
"L'important, c'est pas le but, c'est le chemin".
Je vais rentrer à Paris.
Vous avez vraiment besoin de vous reposer.
Merci pour tout, en tous cas.
Voilà.
Le dortoir est à l'étage.
- Merci. - Bonne nuit, Mlle Lapouge.
Bonne nuit.
- Ils sont propres, les sabots ? - Ouais.
Je vous ai mis du chocolat.
Ah merci, c'est gentil.
Allez.
Au revoir.
Allez.
Allez, avance !
Avance maintenant !
Tu vas avancer, espèce de bourrique de merde !?
Tu sais que tu commences à me faire chier, maintenant !?
Tu me fais chier ! J'en peux plus, de ta gueule !
Tu comprends ça, ou pas !?
Bordel !
Putain, mais tu m'emmerdes !
Fais attention, hein !
Fais attention !
Viens là !
Allez, avance !
Avance !
Pardon.
Pardon, Patrick.
Excuse-moi.
Je sais pas où il est, tu comprends !?
Je sais même pas... Si ça se trouve, il a tout inventé.
Il est peut-être même pas avec sa femme.
Je sais pas où il est.
Ni avec qui.
Moi je suis là avec toi, comme une conne !
Mon pauvre Patrick.
Non, il est là.
J'en suis sûre.
Pourquoi il m'aurait menti ?
Il est là, quelque part.
C'est vrai, je lui impose rien.
Je vois pas pourquoi il me cacherait la vérité. Il me l'aurait dit, sinon.
Dis donc,
tu marches bien !
C'est parce que je parle ?
Ah d'accord !?
Il faut que je parle vraiment, en fait. C'est ça ?
Bon... je sais pas.
Je sais pas du tout quoi dire.
C'est comme ça, j'ai la poisse.
La 1re fois que j'ai embrassé un garçon,
c'était dans un cimetière.
Steven Leclou.
C'est un don que j'ai. Tomber amoureuse du pire gars
au pire moment au pire endroit.
Celui d'avant Vladimir, il était parfait.
célibataire, bon job, intelligent,
beau mec, pas pervers.
Sauf qu'il avait eu un modèle parental tellement désastreux
qu'il était incapable de construire quoi que ce soit.
En tous cas, avec moi.
Depuis, il va mieux. Il a rencontre une fille, une grosse.
Ils ont acheté un appartement dans le XVe, à Convention.
Ah, balise.
Et celui encore avant,
on s'est rencontré dans l'escalier.
Il louait le Airbnb juste en dessous de chez moi.
Ça a duré 2 semaines. 2 semaines de folie.
Et puis il a dû repartir au Mexique.
Du coup, on se skypait toute les nuits jusqu'à 4h du matin à cause du décalage horaire.
Je dormais plus.
Heureusement, à l'époque, j'avais les petites sections de maternelle.
Je pouvais faire la sieste. Et puis l'ASEM prenait le relais.
Et quand enfin j'ai pu acheter un billet pour le rejoindre,
il a disparu.
J'ai plus jamais eu de nouvelles.
Encore avant, il y a eu Emmanuel, militant à Lutte Ouvrière. Je l'adorais.
Mais bon. Il devait pas avoir de famille,
pour qu'on puisse pas faire pression sur lui le jour où la révolution éclaterait.
Vladimir, il me plaisait pas du tout.
C'était pas du tout mon genre.
J'ai rien vu venir.
Quand je me suis rendu compte que je l'attendais,
que toute la journée, je la vivais pour le moment où j'allais enfin le voir à 16h30,
c'était trop tard, j'étais foutue.
Je suis partie 2 semaines à Pâques.
Toute la journée, je me répétais : "Antoinette, ça suffit. Il est marié.
Il a un enfant. En plus, c'est ton élève. Tu la connais."
Rien à faire.
Quand je suis rentrée, j'en pouvais plus.
Et là, je l'ai convoqué.
Il a tout de suite compris.
Il attendait que ça.
Il n'y avait plus personne dans l'école à part la gardienne et les dames de l'entretien,
j'ai fermé la salle à clef et ça s'est passé dans ma classe.
Enfin, on n'a pas...
Pas loin, mais non, quand même.
Je suis complètement embrouillée.
Qu'est-ce que je vais faire, maintenant ?
Avec lui, j'ai honte de rien.
Je me sens libre.
J'adore la manière dont il me regarde.
Et puis on se marre. On se marre tout le temps.
Ça le rend complètement fou que je lui demande rien,
que je sois pas jalouse.
Lui, par contre, il est jaloux. Il s'imagine des choses.
Tu verras, il est beau.
J'adore ses mains, j'adore sa peau,
j'adore ses épaules, j'adore son ventre,
j'adore sa queue, elle est magnifique.
Bonjour.
J'adore tout.
C'est mon portable !
J'ai du réseau !
C'est lui !
"Où es-tu, mon amour ? Je suis très inquiet."
Qu'est-ce que je réponds ?
"Allô", l'air de rien ?
Allez, j'envoie. Tac !
On y va, mon Patrick. On est parti !
Allez hop !
Mais c'est tellement simple !
C'est ça qu'il faut faire : disparaître.
Merci, le réseau de merde.
Merci, le pays des ploucs.
Attends.
C'est lui !
Attends.
Je réponds pas. Allez hop !
Oh ben non, qu'est-ce qu'il y a ?
Tu vas pas recommencer.
Non, tu veux savoir ? C'est ça ?
Regarde : "Tu me punis."
T'aimes ça ?
Attends.
Il n'y a plus de balise.
On a raté un croisement ?
J'ai plus de réseau.
Viens vite.
Avance.
Viens, Patrick.
Attends.
Patrick, une balise !
Oh, non !
Mais c'est pas vrai !
Mlle Lapouge est de retour ?
Comment ça va, ce matin ?
Très bien. Je crois qu'on a fait une boucle.
- Vous avez dormi dehors ? - Ouais.
Je vais vous donner une chambre. Vous allez vous reposer.
Non, je prends pas de chambre. L'âne me coûte un bras.
Ce soir, je vous mettrais dans un dortoir, si vous voulez. Mais là, profitez-en, il n'y a personne.
Mektoub.
"Le voyage que raconte ce petit livre
me fut très agréable et avantageux.
Après un début singulier, j'ai eu meilleure chance à la fin.
Mais nous sommes tous des voyageurs dans le désert de ce monde.
Et tous aussi des voyageurs avec un âne.
Et ce que nous trouvons de meilleur en route, c'est un loyal ami."
- Ça n'a pas été trop dur ? - Non.
On arrive. C'est tellement magnifique.
Bonsoir.
Il y a ma maîtresse.
Il y a ma maîtresse là-bas.
Je peux aller la voir ?
C'est vrai qu'il y a sa maîtresse là-bas.
Maîtresse ?
Alice !
Ben, dis bonjour.
Elle en revient pas !
Moi non plus.
Ça alors !
Bonjour madame.
- Alice, t'as perdu ta langue ? - Bonjour Alice.
Oui Alice, les maîtresses, ça a une vie. Ça part en vacances.
Quel choc !
- Vous faites Stevenson ? - Oui, vous aussi ?
- Oui, avec un âne. - Moi aussi.
C'est extraordinaire.
C'est celui dans le pré, ton âne ?
- Oui. - Vlad !
Viens voir.
Pardon.
- Incroyable ! - Ouais.
Complètement dingue. Bonsoir monsieur.
- Comment allez-vous ? - Très bien, et vous ?
- Elle fait le chemin de Stevenson avec un âne, comme nous. - D'accord.
Vous êtes nombreux ?
Non, je suis toute seule.
Alors, vous vous êtes remise de vos émotions ?
Oui.
Que souhaitez-vous boire ? La maison propose un kir de bienvenue.
- Non merci. - Si, pourquoi pas ?
- Je veux bien myrtille. - Moi aussi.
- Et pour la jeune fille, un jus de pomme ? - Oui, je veux bien.
2 kirs myrtille et un jus de pomme, s'il te plaît.
Quelles émotions ?
Rien. Hier, je me suis un peu perdue et j'ai passé la nuit dehors.
C'est pas vrai ! Toute seule ?
Avec mon âne.
T'entends ça ? Quelle horreur ! Je vous admire.
Se lancer comme ça, là-dedans, toute seule !
J'en serais incapable.
Comment il s'appelle, ton âne ?
Patrick.
- Ça te fait pas rire ? - Si, si.
Qu'est-ce que vous faites comme étape, demain ?
Je vais jusqu'à Pont-de-Montvert.
La plus belle étape. Le mont Lozère.
Si je me perds pas.
Ben, nous aussi.
On s'arrête avant, je crois.
- Vous dormez chez Mario à Finiel ? - Voilà, c'est ça.
Vous lui donnerez le bonjour.
C'est le même chemin.
Bien sûr, c'est le même chemin. On a qu'à marcher ensemble.
Hein, Alice ?
Oui, avec plaisir.
Je peux te montrer mon âne.
Oui, je veux le voir.
Il est là-bas.
- Incroyable. - C'est fou.
- Ça va ? - Ouais.
- T'es sûr ? - Oui.
Dis donc Alice, j'ai pas du tout l'équipement pour aller aussi vite.
En même temps, vous êtes pas sportive.
Dis donc, à qui tu parles comme ça ?
J'ai rien dit !
- Ouais, fais gaffe. - J'ai rien entendu.
C'est celui-là.
C'est Lapin.
Dis donc, il est magnifique.
Il est quand même plus beau de face. Lapin, retourne-toi.
Lapin !
Alors, je vous présente Patrick.
Enchanté, Patrick.
Patrick, je te présente Mme Loubier.
Eléonore.
Alice.
- Et... excusez-moi... - Vladimir.
Papa, qu'est-ce qu'il a ?
Vous vous connaissez peut-être, non ?
Tu vas prendre ta douche ou j'y vais ?
Non, vas-y. J'irai après.
Par là.
Merci.
À quoi tu joues ? T'es complètement inconsciente ?
Putain !
Écoute, je sais pas ce qui t'a pris. On va essayer de limiter les dégâts.
Je te demande une chose. Je te la demande à genoux.
Ne viens pas avec nous demain.
Tu comprends ce que je te dis ?
Vous êtes partis quand ?
Vous êtes partis lundi ?
Vous êtes pas partis lundi ?
- Non, on est parti mardi. - Et voilà !
Moi, je suis partie lundi.
Je me suis perdue, sinon je t'aurais jamais retrouvé.
C'est à cause des textos hier.
Tous tes textos. C'est incroyable !
S'il te plaît...
Je suis tellement contente de te voir.
Chut, ne viens pas. Tu peux pas me faire ça.
À moi, ça m'est égal. Je te parle pas de moi.
Moi, tu peux tout me faire. Mais Alice ?
Alice, elle y est pour rien. Elle mérite pas... c'est de la folie !
J'ai dit oui à ta femme.
- Aïe. - Excuse-moi. T'es en colère.
- Je suis désolée que ma présente te fasse cet effet-là. - Calme-toi.
T'avais l'air d'être très heureux avant de me voir,
de passer de très bonnes vacances.
Trouve une urgence, un décès... Qu'est-ce que tu peux...
- Je veux finir ma randonnée. - Arrête.
- Quoi ? J'adore ! - Bien sûr.
Je m'entends très bien avec Patrick.
Qui est Patrick ?
Je te l'ai présenté il y a 2 min. C'est mon âne.
Écoute, c'est pas grave. C'est la vie.
On a eu la même idée. C'est le hasard, ça arrive.
Pourquoi tu m'as pas attendu ?
1 semaine.
C'est long, une semaine.
Pour moi aussi, c'est long.
Qu'est-ce que tu vas faire ?
Je vais marcher avec vous.
Excuse-moi.
Ça va ?
Oui, ça va.
1,95 kg, et à part ça, rien.
Enfin, ce que j'ai sur moi : un pantalon qui se transforme en short,
des chaussettes, 2 slips 1 t-shirt de rechange et des slaches.
Des "slaches", c'est quoi ?
Pour la douche. Des slaches comme sur la plage.
Ah d'accord, des tongs.
Des "tongs" ? Ah ouais, peut-être.
Ce qui est lourd, c'est la bouffe, le butagaz, tous ça.
Ça, tu sais pas réduire.
Du coup, comment vous faites ? Obligé de faire une lessive tous les soirs ?
C'est pas compliqué. Je lave tout sur moi.
Sur vous, comment ça ?
Je prends ma douche tout habillé. Chaussettes, slip, t-shirt, je savonne.
Je me déshabille, je me désavonne et hop ! c'est fini.
C'est pour ça que j'ai le crâne rasé. Pas de shampooing.
Lessive, body, tout avec le même savon.
C'est génial, bravo !
Du coup, les vêtements, il faut qu'ils sèchent.
Ça sèche pendant la nuit. Ce qui est pas sec, le lendemain, je l'attache sur le sac à dos.
Et si jamais il drache toute la journée,
tu le mets en boule dans le sac de couchage et tu dors avec.
Tu dors avec. Bon.
Dis donc !
La chaleur humaine, il n'y a pas mieux.
Je suis d'accord !
Si tu aimes les randonnées, j'ai une application pour toi.
T'es crevée, toi. Faut aller au lit.
Il est tard.
Tu vas quelque part, et tu trouves une randonnée juste à côté.
- Ah, génial. - C'est super.
Mais du coup, c'est...
Ah, bonne nuit.
Souvent, ça capte pas sur les chemins.
T'as pas besoin d'être connectée.
Tu le prends avec toi, et où que tu ailles, tu trouves tout de suite une randonnée à côté.
C'est génial. C'est très bien fait.
- Visorando. - Visorando, c'est ça ?
- Tout à fait. - Passionnant.
Super.
- Je te montrerai. - Ouais, je veux bien.
Tu mets le réveil à quelle heure demain ?
7h30.
Ça vous va ?
Super.
C'est une longue étape demain. Ça va beaucoup grimper.
Bonne nuit.
- Bonne nuit. - Bonne nuit.
Faites de beaux rêves.
Patrick, c'est moi.
Tu dors ?
Tu la mets en veilleuse, d'accord ?
Il va pas se remettre à braire ?
Non, il m'a promis.
- Vous m'en voulez pas ? - Non.
Faut comprendre, il se passe pas assez d'événements par ici
pour qu'on néglige une histoire comme ça.
Je comprends.
Déjà prête ?
Quasiment.
Eh bien je vous souhaite beaucoup de force et de courage, Mlle Lapouge.
Merci beaucoup.
À bientôt.
Au revoir.
- Vous n'allez pas partir sans nous ? - Non, je vous attendais.
On a de la chance, il fait un temps splendide.
- Vous voulez que je vous aide ? - Non, c'est bon. Allez-y.
Je vous rejoins.
Ça commence par là-bas.
Allez-y, je vous rejoins.
- À tout de suite. - À tout de suite.
Non, attends, Patrick.
Attends, mon chou.
- Bonjour. - Bonjour.
Allez, Lapin.
Allez, Patrick, t'arrêtes.
Tiens.
Allez, Lapin.
Ça va ?
Ben alors, Patrick, qu'est-ce qui se passe ?
- Ben dis donc, ça va ? - Oui, ça va.
Il est capricieux, votre Patrick, non ?
C'est Patrick.
Ne vous inquiétez pas pour moi, je...
On va prendre notre temps. Allez-y.
Je vais rester un peu avec vous.
- Non, ça me gêne. - Faut pas.
- C'est très lent. - C'est pas grave.
Vous avez de la chance avec votre âne. Il marche bien.
Vous avez déjà fait des randonnées, comme ça, toute seule ?
Non, c'est la 1re fois.
Comment ça vous est venu, l'idée ?
Vous connaissiez le chemin de Stevenson ?
Je sais plus...
Si, c'est M. Huchet. Parce qu'il adore marcher,
il avait fait ça l'année dernière et il m'en a parlé.
- Ça vous a donné envie. - Et voilà.
Nous aussi, c'est des amis qui nous ont contaminés.
Mais enfin, partir comme ça toute seule...
C'est pas banal.
Ah bon, pourquoi ?
Non, c'est...
Après tout, pourquoi pas ?
Ça dure depuis combien de temps entre vous ?
Pardon ?
Je vois que c'était pas prévu, que vous aviez pas rendez-vous.
Je connais mon mari.
Le pauvre.
Il est dans un état. Vous avez vu ?
Il a bon goût. Vous êtes jolie, sympathique.
Mais vous ?
Je le connais à peine.
C'est la situation qui vous plaît ?
Si je vous disais "je vous le laisse, prenez-le",
il vous plairait toujours ?
Avance, Patrick.
Ce qui vous plaît, c'est qu'il soit pas libre ?
Ça vous transporte.
Vous aimez l'attendre ? Vous aimez le retrouver ?
Vous aimez qu'il reste jamais assez longtemps ?
J'imagine que ça doit être intense.
J'avoue que...
J'espérais qu'on était un peu sortis de ces vieux schémas, mais si ça vous amuse...
Écoutez...
Je suppose qu'il vous a dit qu'on baisait plus ?
- Allez, Patrick... - Qu'est-ce que vous voulez, ça se décide pas.
Si ça tenait qu'à lui, ce serait tous les soirs.
En 10 ans, il n'y a pas 1 jour où il n'a pas essayé de me sauter.
On dirait pas comme ça, mais il a des gros besoins.
Vous avez remarqué ?
S'il baise pas, ça va pas.
Au fond, je vous suis reconnaissante.
À vous et aux autres.
Vous êtes pas amoureuse, quand même ?
Je sais pas ce que vous avez imaginé, mais je n'ai jamais vu votre mari en dehors de l'école.
Il me quittera pas.
Vous le savez, ça ? Il me quittera pas.
Super, très bien. Je suis ravie pour vous.
On est très différents, on est d'accord sur rien, mais on est complètement fusionnels.
Quand on est séparés quelques jours, c'est rarissime, on s'appelle tout le temps.
Faut qu'on se raconte tout.
On est un couple, quoi. On s'aime, y a pas à chier.
J'y retourne.
Mais je suis heureuse de passer cette journée avec vous, vraiment.
- Bon courage avec Patrick. - Merci.
We are the kings of the world !
Alice est partie faire pipi avec ma femme.
On va pique-niquer ici.
J'arrête pas de penser à hier soir.
Il n'y a que ça qui t'intéresse, en fait ?
Où tu vas ?
Reste là
Viens, Patrick.
De toute façon, j'ai bien remarqué. Depuis le début, tu peux pas le blairer.
Il faut que je me fie à toi. T'as de l'intuition.
Vous avez vu ces paysages complètement lunaires ?
Et ce ciel, c'est dément !
Vous déjeunez pas avec nous ?
"Vous déjeunez pas avec nous ?"
Non, je déjeune pas avec vous !
C'est bon, tu vois. Je me suis pas imaginé non plus...
Voilà, mais quand même... Il y avait plein de... je sais pas.
C'était pas juste du cul, tu vois.
T'as bien vu hier soir. Il était très tendre.
Tu crois que c'est vrai, ce qu'elle a dit ? Tu crois qu'il y en a d'autres ?
Antoinette.
Vas-y. Viens, Patrick.
Accélère.
Oui, c'est bien, Patrick !
Papa !
Fais quelque chose !
Arrête, Patrick !
Arrête, Patrick !
Antoinette !
Ça va, Antoinette ? Tu t'es fait mal ?
Fous-moi la paix !
Est-ce que tu peux marcher ?
C'est terminé ! Je veux plus te voir !
Dis donc, quelle chute ! Rien de cassé ?
Non, ça va. Je vous rejoins.
Comme vous voulez.
À tout à l'heure.
Bon, qu'est-ce que tu fais ? Tu viens ?
Attends... C'est sûr ?
Tu viens ?
Mais alors, toi...
Je vais te bloquer !
Bloqué !
Ah, putain !
Et merde !
Je peux plus marcher !
C'est bien, Patrick. Doucement.
Je crois que c'est là, Patrick.
Si, c'est ça.
Attends.
Bonjour.
Il y a une gare ici ?
Parce que je voudrais rentrer à Paris.
Pas de gare, il y a des cars. Pour le train, il faut aller à Alès.
Antoinette, c'est ça ?
Moi, c'est Britney.
- Je vous aide à descendre ? - Ouais, je veux bien.
Ouhlà, ça a pas l'air d'aller.
Vous avez les horaires ?
Va t'asseoir là-haut, j'arrive. On va regarder ça ensemble.
- Ça va ? - Ouais.
Merci.
Vous vous êtes fait mal ?
C'est mon âne. J'ai pas réussi à le freiner.
J'ai dérapé.
Et on dit que la moto, c'est dangereux !
Je monte ça dans le dortoir ?
Non, c'est pas la peine. Je pars ce soir.
C'est trop tard, ce soir. Il n'y a plus rien.
Tu partiras demain matin.
C'est une entorse ?
On dirait, ouais.
Fais voir.
C'est là ?
- Ça fait mal. - D'accord, pardon.
- Pardon. - Doucement.
Tu peux bouger un peu ?
Oui.
- C'est un peu enflé. - Il est véto.
Ne t'inquiète pas, il n'y a rien de cassé.
OK, merci.
Fred.
Antoinette.
C'est toi ?!
Les gars, c'est la fameuse Antoinette.
Et alors ? Tu l'as retrouvé ?
Retrouvé, reperdu, fin de l'histoire.
Ça va très bien, je me sens soulagée.
Bon, tant mieux.
Par contre, pour marcher, ça va être compliqué.
- De toute façon, je repars à Paris. - Oh ben non !
Il y a Shérif.
Il a une place à l'arrière. Hein, Shérif ?
Salut.
Bonjour.
J'ai oublié de te dire : ce soir, je fais pas le dîner.
Mais tu t'inquiètes pas : il y a tout ce qu'il faut au village.
Tu viens avec nous.
Non, je peux pas marcher.
À dada...
sur mon bidet !
À dada sur mon bidet !
Je savais pas que c'était toi, Antoinette.
T'es la star du GR, tu sais ?
Ça me fait triper, ce que tu fais.
- T'es courageuse. - Non, pas du tout.
Si, je te le dis : t'es courageuse.
Bon ben d'accord.
En plus, t'es très belle.
Hein, elle est très belle !?
C'est vrai qu'elle est très belle.
À la vôtre.
C'est marrant. Je te croyais plus Motörhead.
Tout de suite les clichés !
- Non mais... - Quoi ?
Ça va, c'est juste un baiser.
On le met où, Patrick ?
On va le mettre par là, vers les anneaux.
Allez viens.
- Je l'attache ? - Ouais.
Bonne nuit !
Il est très sage avec toi.
C'est bon, c'est bon !
- Allez, on y va. - Attends.
- Viens. - Oh non !
Si, monte.
Attention !
Salut, Patrick.
Bonne nuit, mon âne.
Attends, ça va pas du tout pour moi.
J'ai une idée.
Je douille un max !
C'est mieux comme ça ?
T'es dans le dortoir ?
Non, l'odeur des vieilles chaussettes, c'est pas mon truc.
Je t'invite, si tu veux ?
Oui, d'accord.
T'es sûre que tu veux pas venir avec nous ? T'aurais pas besoin de marcher.
T'as un 2e casque ?
Toujours, au cas où.
Non, je vais rentrer.
Comme tu veux.
Alors, ciao !
- Fais attention à toi. - Ne t'inquiète pas, va.
Toi aussi, fais attention à toi.
C'est qui, l'entorse ? C'est toi ou c'est lui ? C'est toi ?
Bouge pas.
N'aie pas peur.
Laisse faire.
Regarde Patrick.
Il nous surveille.
Il se demande ce que je fais.
C'est ton âne ?
Oui, je voyage avec lui.
Je le connais bien. C'est moi qui l'ai fait naître.
Sa mère est morte en mettant bas.
Hémorragie.
On n'a rien pu faire.
Regarde-le.
Il est courageux.
Hein, Patrick ?
- Tu devais aller jusqu'où ? - Jusqu'à Florac.
Tu vas y aller.
Aujourd'hui, tu restes tranquille. Demain, tu marches.
Super.
Il y a quelque chose entre vous.
Tu sens ?
C'est fort.
Il y a quelqu'un ?
- Bonjour. - C'est moi.
Antoinette Lapouge.
André Barrascut. Enchanté.
J'ai une réservation.
Redites ?
Lapouge. Antoinette.
Ah, Lapouge, oui. C'est votre valise, là ?
Ah ben oui, c'est ma valise !
Je vous attendais avant-hier.
Oui, je sais. En fait...
Bon, j'ai de la place.
La 27, c'est au 2e étage.
Vous pouvez y aller. Elle est prête.
Super, merci.
Bien dormi ?
Ouais.
Si vous voulez mettre quelque chose, ça me fait plaisir.
Ah, d'accord.
Voilà.
- D'ailleurs, je vais lui dire au revoir. - Dépêchez-vous, il va pas tarder à partir.
Ah bon, mais où ça ?
Il est pas en vacances, lui. Il refait le chemin dans l'autre sens.
D'accord. Il est où, l'enclos ?
Juste là, derrière.
OK, merci.
Excusez-moi.
Vous savez où est Patrick ?
[En anglais] Quel Patrick ?
Un âne.
[En anglais] Un âne.
[En anglais] Il n'est pas très grand, brun...
[En anglais] - Il est parti. - Par où ?
[En anglais] Par là, je crois.
Attends-moi.
Stop !
Mon Patrick !
Excuse-moi. Je savais pas que tu repartais.
J'ai cru que je te reverrai plus.
Merci.
Excusez-moi.
Excusez-moi.
Je vous le rends.
Vous avez de la chance de voyager avec lui, c'est le meilleur.
Bon voyage.
Au revoir, mon Patrick.
Bon retour.
Allez.
Par là.
Par là, Patrick.
Allez, Patrick, on avance.
Je sais pas ce qu'il a.
Sois gentil, hein ?
Faut pas se laisser faire.
Allez. Faut que j'y aille, maintenant.
Je vais vous aider un peu. Allez viens.
- Merci. - Voilà.
- C'est la 1re fois que vous marchez avec un âne ? - Ouais.
C'est difficile au début, c'est normal. Ne vous inquiétez pas.
Et vous allez où ?
Aujourd'hui, au Pont-de-Montvert.
Vous allez voir, c'est très joli.
- Vous faites le chemin à l'envers ? - Ouais.
Vous reprenez le travail demain ?
Non, pas tout de suite.
Je suis instit donc je reprends dans 1 mois et demi.
Restez.
Non, je peux pas.
Pourquoi ?
Parce que... j'ai plein de...
Je crois que ça lui ferait plaisir.
Bon.
J'irai pas jusqu'au Monastier.
Bien sûr, vous partirez quand vous voudrez.
Le temps que Patrick s'habitue un peu à vous, alors.
Voilà, très bien.
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