All language subtitles for Ce sacré grand-père (1968) French

af Afrikaans
ak Akan
sq Albanian
am Amharic
ar Arabic
hy Armenian
az Azerbaijani
eu Basque
be Belarusian
bem Bemba
bn Bengali
bh Bihari
bs Bosnian
br Breton
bg Bulgarian
km Cambodian
ca Catalan
ceb Cebuano
chr Cherokee
ny Chichewa
zh-CN Chinese (Simplified)
zh-TW Chinese (Traditional)
co Corsican
hr Croatian
cs Czech
da Danish
nl Dutch
en English
eo Esperanto
et Estonian
ee Ewe
fo Faroese
tl Filipino
fi Finnish
fr French
fy Frisian
gaa Ga
gl Galician
ka Georgian
de German
el Greek
gn Guarani
gu Gujarati
ht Haitian Creole
ha Hausa
haw Hawaiian
iw Hebrew
hi Hindi
hmn Hmong
hu Hungarian
is Icelandic
ig Igbo
id Indonesian
ia Interlingua
ga Irish
it Italian
ja Japanese
jw Javanese
kn Kannada
kk Kazakh
rw Kinyarwanda
rn Kirundi
kg Kongo
ko Korean
kri Krio (Sierra Leone)
ku Kurdish
ckb Kurdish (Soranî)
ky Kyrgyz
lo Laothian
la Latin
lv Latvian
ln Lingala
lt Lithuanian
loz Lozi
lg Luganda
ach Luo
lb Luxembourgish
mk Macedonian
mg Malagasy
ms Malay
ml Malayalam
mt Maltese
mi Maori
mr Marathi
mfe Mauritian Creole
mo Moldavian
mn Mongolian
my Myanmar (Burmese)
sr-ME Montenegrin
ne Nepali
pcm Nigerian Pidgin
nso Northern Sotho
no Norwegian
nn Norwegian (Nynorsk)
oc Occitan
or Oriya
om Oromo
ps Pashto
fa Persian
pl Polish
pt-BR Portuguese (Brazil)
pt Portuguese (Portugal)
pa Punjabi
qu Quechua
ro Romanian
rm Romansh
nyn Runyakitara
ru Russian
sm Samoan
gd Scots Gaelic
sr Serbian
sh Serbo-Croatian
st Sesotho
tn Setswana
crs Seychellois Creole
sn Shona
sd Sindhi
si Sinhalese
sk Slovak Download
sl Slovenian
so Somali
es Spanish Download
es-419 Spanish (Latin American)
su Sundanese
sw Swahili
sv Swedish
tg Tajik
ta Tamil
tt Tatar
te Telugu
th Thai
ti Tigrinya
to Tonga
lua Tshiluba
tum Tumbuka
tr Turkish Download
tk Turkmen
tw Twi
ug Uighur
uk Ukrainian
ur Urdu
uz Uzbek
vi Vietnamese
cy Welsh
wo Wolof
xh Xhosa
yi Yiddish
yo Yoruba
zu Zulu

Original subtitles

Downloaded from YTS.MX

Musique symphonique Air mélancolique

---

Official YIFY movies site: YTS.MX

- Oui, je sais. Le Mistral, 13h10. ---

D'accord. ---

Au revoir. ---

---

- Laquelle on prend pour la couverture?

- Mon vieux, débrouille-toi. Je suis déjà parti.

- C'est sérieux. C'est pour la rubrique de Rachel.

Celle-là est pas mal. - Oui.

Va pour celle-là. C'est la meilleure.

- D'accord. - Allez.

Salut.

- Ciao. Amuse-toi bien.

Musique enlevée

---

- C'est quoi, cette robe?

Tu veux causer une émeute?

- C'est celle que je portais pour la dernière photo.

J'avais peur d'être en retard. Tu avais dit 12h30 pile.

- Bon, allons-y. - Embrasse-moi d'abord.

---

Ta valise!

- Tu me fais perdre la tête. Il y a tout?

- J'espère. J'ai même mis ton pyjama.

Pour dormir. - Ne sois pas bête.

- Tu m'écriras? - Tous les jours.

- Promis? - Promis.

- T'en fais pas, mon chéri.

Trois semaines, c'est vite passé.

Carillon

---

*- Veuillez rappeler aux voyageurs

que le Trans-Europ-Express, Le Mistral, n'est accessible

qu'aux voyageurs munis d'un ticket ou d'une fiche d'admission.

...

- Ça va? - Ça va.

Et toi?

- A part un boulot monstre depuis 2 semaines.

J'ai cru ne jamais avoir ce train.

---

*- Le Trans-Europ-Express Rapide 1, Le Mistral, départ 13h10,

à destination de Marseille, Toulon,

Cannes, Nice, va partir.

Veuillez monter en voiture, s'il vous plaît.

Attention au départ.

Mesdames, mesdemoiselles, messieurs,

nous vous souhaitons un bon voyage.

- Tiens.

Pendant que j'y pense.

C'est indispensable.

- Je te remercie.

C'est mieux, en effet.

Musique douce

---

- "Voilà des siècles que je ne vous ai vus.

"On n'est pas immortels, et à mon âge,

"on risque de tirer sa révérence un beau matin, sans crier gare.

"Alors, cette année, vous passerez vos vacances chez moi.

"Vous vous rappelez?

"C'est en Provence.

"A côté de Lourmarin.

"En attendant, je vous embrasse.

"Grand-père."

- Hé, M. Jéricho!

- Bonjour, Victor.

- Content de vous voir, M. Jéricho. Rapport aux brebis.

Trois sont comme contaminées.

Vous feriez un détour par le Val du Haut Mas?

- Aujourd'hui, c'est pas facile. Va voir le docteur Bennac.

- L'autre vétérinaire? C'est à 10 km.

- "L'autre vétérinaire". Combien de fois je vous ai dit?

Je n'exerce plus. Je ne suis plus vétérinaire.

- M. Jéricho, d'habitude...

- D'habi... C'est une mauvaise habitude. Voilà.

Enfin, je ferai un saut demain matin.

- Merci, M. Jéricho.

- Enfin, vous voilà!

T'as pas changé, ma belle.

Pas très bonne mine.

Toi, non plus. - Bonjour, grand-père.

On n'est pas au vert, nous. On travaille.

- Tu me ferais pleurer. - Non.

- Donnez, laissez-moi faire. Voilà.

- Oh!

Musique douce

---

- Réveille-toi, gamin! Hé!

On est arrivés.

- C'est l'air de la campagne.

- Marie.

Jeanne a préparé une omelette.

Mets le feu sous la poêle. - Oui, chef.

- Alors, vous vous plaisez toujours à Paris?

- Ça va, oui.

- Quoi? Vous vous plaisez ou vous vous plaisez pas?

- On s'y plaît, oui.

T'es content?

- Non.

Miaulements - Qui c'est, lui?

- Ah! C'est Herbert Gaston Dessalle.

Fils de la duchesse.

Un Persan roux.

Et un vrai sang bleu.

Ça l'empêche pas de frayer dans la plaine.

- T'as un drôle de nom.

- Légalement, c'est le sien.

Il a fallu un ultimatum pour vous décider à venir.

- On comptait bien venir un jour. - Oui? Un jour?

Le jour de mon enterrement.

- T'exagères. - Pas du tout.

Je vous vois d'ici avec ma lettre. Une vraie panique.

Hein? Passer des vacances

avec ce vieux gâteux, là.

Quand on pourrait aller à Capri.

Je vous ai bien eus, hein?

Bah oui.

...

Tu fumes, toi?

C'est nouveau, ça.

- C'est pour plaire à Jacques.

Il adore les femmes qui fument.

Il trouve ça chic.

- Comment ça?

- C'est vrai.

- N'importe quoi. - C'est ton petit défaut.

- Le seul, alors.

- Promis. Avoue seulement que t'es un peu snob.

- Ça, c'est vrai.

Quand il avait 10 ans,

il exigeait que sa grand-mère mette sa plus belle robe

pour aller au village.

- C'était pour l'honneur de la famille.

- L'honneur de la famille, ça continue.

- Allez, cru Jéricho 66.

Peut-être un peu râpeux, mais il fait pas de mal.

- Il est pas mauvais.

- Tu devrais le savoir. Je vous en ai envoyé une caisse.

C'est pas mal! C'est toi qui le bois en douce?

- Je ne lui trouve pas le même goût. Et toi?

- Il paraît plus fruité.

- C'est l'air du pays.

Il paraît que ça change le palais.

C'est la lune de miel!

Tu sais, moi, je suis pour.

Bonsoir, poussin.

Bonsoir, mon grand. - Bonsoir, grand-père.

- Bonne nuit.

Si c'est pas trop vous demander,

vous pourriez songer à me faire arrière-grand-père.

- Tu pousses à l'orgie, ma parole!

La porte claque

C'est ainsi que tu joues le bonheur conjugal?

- Comment je joue?

- Tu joues mal.

- Pardon de ne pas être douée pour la comédie.

- Écoute...

on a convenu que Jéricho ne saurait rien.

Tu étais d'accord.

- Oui, j'étais d'accord.

Mais je ne suis pas habituée au mensonge.

Pour toi, c'est plus facile.

Depuis 7 ans.

Tu as pris l'habitude.

- Tu exagères.

Je ne te mens pas.

- Tu ne me mens plus, c'est différent.

Tu es serein. Pour toi, c'est parfait.

- Ne recommence pas!

Ecoute, Marie,

on a décidé de ne plus parler de ça durant 3 semaines.

- On décide, on décide.

Et le moment venu, ça se passe autrement.

Tu as pris ta liberté, c'est ton droit.

Mais là, ta présence m'est insupportable.

- Je t'en prie. Si tu continues, ça va devenir impossible.

- Pardonne-moi.

Je ferai un effort.

- T'en fais pas, mon chéri. Trois semaines, c'est vite passé.

- Tu crois?

- Quoi?

- Rien.

- Trois semaines.

Tu crois cette comédie bien utile?

Il faudra bien prévenir Jéricho.

- Pourquoi?

- Comment ça?

- Pourquoi lui faire de la peine?

Ça compliquerait tout.

- Curieuse façon de simplifier les choses.

- Ecoute, Marie,

Jéricho est mon grand-père, mais aussi ton grand-oncle.

Tu l'aimes, moi aussi. On se verra toujours.

- Oui, mais plus ensemble. - Pourquoi plus ensemble?

- Car je veux pouvoir t'oublier complètement.

J'étais ta cousine, puis ta femme.

Et je devrais être ta sœur? Eh bien, non!

Si je ne suis plus ta femme, je ne serai rien.

Tu comprends? Non, puisque tu ne m'aimes plus.

Air triste au violoncelle Sanglots

---

Tu ne vas pas coucher là durant 3 semaines.

---

Ne soyons pas idiots.

Allez.

Viens te coucher.

---

...

Un coq chante.

---

- Bonjour, grand-père.

Tiens!

On a coupé une partie du Bois Martin.

C'est dommage.

- Il semble que tu l'as un peu oublié.

- Absolument pas.

Je reconnaîtrais le moindre buisson.

Où as-tu déniché ça?

- Sur la console, dans l'entrée.

Je voulais me rendre compte de tes lectures.

Eh ben, je suis édifié.

Les femmes sont comme ça, à Paris, maintenant?

- A peu près, si on ignore les retouches.

- Ça peut être l'enfer.

Tu dois être sous pression avec ces pépées aux alentours.

- Pas le moins du monde.

- Et Marie, qu'en as-tu fait?

- Elle n'est pas réveillée.

- Je te plains, mon garçon.

Tu abandonnes ta femme au lit,

tu prétends que ces pépées ne te font pas d'effet.

Je me demande si t'es normal.

- Bonjour, grand-père.

- Bien dormi?

---

- Pas trop fatigué, mon chéri?

- Alors, tu es contente de ton travail?

- Je suis pas mécontente.

J'ai même été augmentée.

- Tu ne le savais pas?

- C'est tout récent.

Je voulais lui faire la surprise.

Musique mélancolique

---

- C'était beau, ici. C'était vivant.

Du temps de ta grand-mère.

- Prends quelqu'un pour t'aider.

Un journalier ou un métayer.

- C'est trop compliqué.

Et je suis plus capable d'entreprendre.

Ni même de commander.

Je vis de mes souvenirs.

J'aime ma solitude.

Je supporterai pas la présence d'un étranger.

Tu comprends, c'est...

Ça m'ennuierait que vous vendiez ici.

- Pourquoi dis-tu ça?

- J'ai l'impression... que vous aimez trop la vie de Paris.

Elle pouffe.

- Moi, la vie de Paris...

- Tu n'aimes pas Paris?

- Si, bien sûr.

Mais je préfère Lourmarin, je crois.

- Regarde,

tu te cachais là quand t'étais petite.

- Un jour, tu m'y as trouvée en larmes.

Jacques refusait que je t'appelle grand-père.

- Je me souviens. Tu m'avais dit:

"Je t'aime plus que lui et je ne te quitterai jamais."

- Je suis partie. On tient rarement ses promesses.

- C'était une promesse de petite fille.

- C'est triste tout de même.

- Tu réalises tout ce qu'il faudra faire?

- On le fera, c'est promis. On n'abandonnera pas la Cagnole.

- Tu parais bien sûre de toi.

- Oui, Jéricho. Aujourd'hui, je suis sûre de moi.

...

- Il aurait pu t'emmener sur son cadre,

comme autrefois.

- J'ai plus trop envie de bouger. Puis, c'est plus de mon âge.

- Plus de ton âge!

On vieillit vite à Paris. Heureusement, ça se voit pas.

- C'est gentil.

- J'ai bien fait de vous faire venir.

- Oui, t'as bien fait.

Je me ré-acclimaterai vite, tu verras.

Allons voir la basse-cour. On trouvera peut-être des œufs.

Je nourrirai les poules.

Caquètements

---

Musique enlevée

---

Bêlements ---

---

- Quatre francs trente, quatre cinquante,

vingt, quarante et cinquante qui font cinq francs.

Voilà, madame. - Merci.

- Ça alors! Comment ça va, Jacques?

- Bonjour. - Bonjour.

- Toujours là? - Comme tu vois.

- Tu devais pas partir en Amérique?

- Un rêve... Je suis fiancée.

- Avec qui? - Un collègue.

- Je voudrais un numéro à Paris. Je voudrais Kléber 75-13.

C'est long?

- Non.

Tonalité d'appel Ça dépend.

--- Marie est avec toi?

- Bien sûr.

---

Non, merci.

- Allô, Paris?

Kléber 75-13, s'il vous plaît.

Va décrocher, ça sonne.

Vas-y.

- Allô, Agathe? Bonjour, c'est moi.

Comment "qui"? Moi, Jacques.

Jacques!

Tu en as mis du temps. Tu dormais?

Oui. Je ne pense qu'à ça depuis hier.

Tu m'aimes toujours?

Ma femme ne compte pas, tu le sais.

Oui, je t'écrirai demain.

Je t'aime.

Je t'embrasse très, très, très fort.

Au revoir.

---

C'est toi?

- Tu m'as pas reconnue?

Ça m'étonne pas.

T'as déjà oublié mon corps.

Bientôt, tu auras même oublié mon visage.

- Tu dis des bêtises.

- Oui, je dis des bêtises.

Autrefois, ici, c'est ensemble qu'on faisait des bêtises.

Encore une chose que tu oublies. Moi, je peux pas.

- Oui. Je faisais beaucoup de bêtises à l'époque.

On était jeunes.

- Pour toi, c'est une nouvelle aventure à venir.

Tu vis, tu évolues, tu changes. Je te comprends et ne t'en veux pas.

- Rentrons!

Je te ramène sur mon cadre. Tu viens?

- Merci. J'ai mon temps, je rentre à pied.

- Comme tu voudras.

Chant des cigales

---

- Rémi!

- Tiens, Jéricho!

Alors... fini, la sieste?

- La sieste! - Vous entrez?

- Je vais pas rester dehors par cette chaleur.

---

- A votre santé.

Ça va? Vous êtes pas malade?

- C'est toi qui m'inquiètes, mon garçon.

- Qu'est-ce que j'ai fait?

- Je trouve que tu te laisses aller.

- Je me laisse aller?

Y a quelque chose de changé? - Oui!

J'ai du monde. Et tu me fais honte.

- Vous donnez dans la considération, maintenant?

Je vous croyais libre.

- Il s'agit de mes petits-enfants.

S'ils me voient sortir avec un ivrogne comme toi,

ils douteront de moi et me respecteront plus.

- C'est des cons.

- Non, des Parisiens.

- C'est pareil.

- N'insulte pas ma famille.

- Je recommencerai plus, c'est promis.

Et ils sont sûrement très bien.

- On va chasser?

Chant des cigales Gazouillis d'oiseau

--- ---

C'est pas vrai!

Jéricho grommelle.

---

---

Veux-tu vraiment me faire plaisir?

- Je ferais tout pour vous. Je suis pas un ingrat.

Vous m'avez sauvé d'une fièvre de cheval.

- Ça, je recommencerai plus, je te préviens.

- Bon, je ferai un effort.

- As-tu un costume convenable?

- Une relique portée à Monte-Carle en perdant ma dernière chance.

- T'arrives toujours en salingue au château pour faire ton numéro.

Je me demande pourquoi la duchesse t'a pas déjà foutu dehors.

- Bah, elle m'aime bien. Moi, je la trouve plutôt marrante.

Je lui fais ma musique, elle me paye en whisky,

seule monnaie tolérée, avec le rouge.

- Ben, fais crédit à la duchesse.

Je t'interdis de te soûler.

- Bah pourquoi?

- Parce que je veux que ma Marie te voit dans tes bons jours.

Que tu lui fasses bonne impression.

- Ça, c'est autre chose.

Je peux me raser.

Je peux me laver.

Je peux me saper.

Je peux causer.

Pour le reste, ça va être dur.

- D'avoir vécu... - LE CUL DANS L 'HERBE TENDRE

ET D'A VOIR SU M'ÉTENDRE

QUAND J'ÉTAIS AMOUREUX

- J'aurais vécu...

- OBSCUR ET SANS ESCLANDRE

EN GARDANT LE CŒUR TENDRE

LE LONG DES JOURS HEUREUX

POUR FAIRE DES VIEUX OS

FA UT YALLER MOLLO

PAS ABUSER DE RIEN

POUR ALLER LOIN

PAS SE CASSER LE CUL

SA VOIR SE FENDRE

DE QUELQUES BAISERS TENDRES

SOUS UN COIN DE CIEL BLEU

Reprise de la mélodie à la guitare

---

- Pas se casser le cul

- SAVOIR SE FENDRE

DE QUELQUES BAISERS TENDRES

SOUS UN COIN DE CIEL BLEU

- C'est pourtant vrai, ça.

- C'est vrai. - C'est vrai.

Tintement Soupir d'aise

Bonne promenade?

- Il fait chaud.

- Tu es allé au village?

- Oui, un coup de fil à donner.

- Tu aurais pu m'acheter du tabac. - Excuse, j'y ai pas pensé.

- Si tu avais annoncé ton départ?

Tu as croisé Marie?

- Non, non.

- Elle se baigne à l'étang.

Va la rejoindre.

- J'ai pas envie.

J'ai du travail, je vais m'y mettre.

- Tu profites des vacances pour travailler?

- Eh oui! Faut bien.

Musique mélancolique

---

---

- Bonjour.

- Bonjour.

- En vacances?

- Oui.

Et vous?

- En transit.

De l'italien "transito", passage.

Action de traverser un pays ou une région

vers d'autres pays, d'autres régions.

Ou d'autres sentiments.

---

- Marie?

Ne bouge pas.

Musique grinçante

---

Decrescendo

---

- Merci.

- Que faisais-tu là?

- Je rêvais.

- Pourquoi tu ne répondais pas? - J'avais pas envie de te voir.

J'espérais que tu poursuivrais ton chemin.

- Tu te caches de moi?

- Non, mais j'ai besoin d'être seule.

- Marie, pourtant, je ne demande qu'à t'aider.

- Je sais. Tu es sublime.

- Ecoute, essayons d'être un peu naturels.

Comme autrefois. - Je ne peux pas

être naturelle avec toi.

Il me faut encore du temps pour parvenir à ce détachement.

Alors, tout sera plus facile.

Nous serons heureux de nous retrouver ici. Comme avant.

- Je le souhaite. Je serai toujours heureux de te revoir.

- Je crois que je retournerai pas à Paris.

- Que dis-tu?

- J'ai réfléchi, c'est la meilleure solution.

- Et Jéricho?

- Je lui raconterai une histoire. Très plausible.

- Il ne te croira pas.

- Il est bon. Il fera semblant de me croire.

- Et ton travail? Tu ne peux pas l'abandonner.

- Je ne suis pas irremplaçable.

Tu en sais quelque chose.

- On ne peut pas parler avec toi. Tu confonds tout.

- Toi, tu ne comprends rien.

Ici, je peux aider Jéricho. Au moins, lui a besoin de moi.

Regarde.

Tout est abandonné.

Nous relancerons l'exploitation. Je remplacerai Julia.

- Tu es folle. Tu ne pourras jamais.

- Laisse-moi. Ta vie est ailleurs. Laisse-moi vivre la mienne.

J'ai besoin de bonté.

De générosité.

De sincérité.

D'amour aussi.

Je les ai ici.

- Quoi? Tu as trouvé l'amour?

- Oui, avec Jéricho. C'est solide, sans faille.

Je peux dormir et me réveiller tranquille.

Chant des cigales

- "Ma chérie,

"je m'ennuie et je suis triste.

"Le soleil, ni le ciel bleu, ni la grandeur des paysages

"ne me feront oublier la douceur de ton corps.

"Je te désire comme on désire vivre.

"Si tu savais comme la présence de ma femme me pèse."

---

- Les enfants, demain, on sort, ne l'oubliez pas.

- Oui, chez ta duchesse. Je me demande pour quoi.

- Ça, c'est un ordre. Ne...

Je vous dis, on sort. Ici, c'est moi qui commande.

Vous n'aurez plus à me supporter longtemps.

- J'ai pas de robe convenable. - Allons. Viens avec le pépé.

Viens, viens.

Je vais te montrer quelque chose. Tiens.

Tu vas voir.

Avec ça, tu vas pouvoir composer.

Tu es adroite. Fais un effort.

Tiens! Regarde. Regarde ça.

Là, court. Tu as très court. Encore plus court, tiens.

J'ai vu les revues de ton mari, tu sais.

C'est le cas de le dire.

De nos jours, un rien vous habille.

- Eh oui! C'est la mode.

- Mais faut suivre la mode, voyons.

Regarde ça.

Tu es merveilleuse. Un ange. Attends, je t'apporte quelque chose.

Musique symphonique douce

---

- T'es un grand-père pas ordinaire.

- Ça, ça t'irait. Mh?

Musique enlevée

---

Sonnerie de téléphone

---

--- ---

Notes au piano

- Madame la duchesse. - Bonsoir.

- Vous reconnaissez Marie?

- Oh, Marie! Très heureuse de vous revoir.

- Mon petit-fils, Jacques. - Bonjour, Jacques.

Venez, que je vous présente à nos amis.

- Je voulais vous le dire.

Laissez une si belle terre à l'abandon, c'est criminel.

- J'en ai rien à foutre.

- On dit ça et après, on pleure chez le notaire.

- Ah! Vous m'attendez, vieux rapace?

Mais vous ne me verrez pas dans votre antre.

- Même à titre posthume?

- Je suis encore solide, moi.

Vous, je ne vois qu'atrophie, sénilité et mauvaise conscience.

Air sombre au piano

---

- Quel sacré caractère!

Vous n'avez pas changé, Jéricho.

Heureusement, votre petit-fils ne vous ressemble pas.

Comment est la vie à Paris? - Épouvantable.

---

- Pauvre Rémi, toujours aussi ivre.

- Qui est-ce? - Un original.

Il vit ici depuis 2 ans.

Air doux Bruyant.

--- Doué, mais alcoolique.

---

Vous ne le connaissez pas.

Venez, vous allez voir, c'est un être captivant.

Marie, je vous présente Rémi.

Marie Jéricho.

- Ça va? - Très bien.

- Vous vous connaissez?

- On s'est croisés par hasard. - Faites plus ample connaissance.

- Acceptez d'abord mes excuses. Je vous avais pris pour une sirène.

- Moi, pour un vagabond.

Vous m'avez presqu'effrayée.

- Alors, c'est vous, la petite Marie?

- Eh bien, oui.

- Jéricho m'a beaucoup parlé de vous.

Mais...

il a oublié l'essentiel.

---

- Il va un peu loin, non?

- Mais non! Soyez pas prude.

C'est très bon, ça.

Une femme aime qu'on lui fasse la cour.

---

- Marie.

Je dois hélas vous rendre à votre seigneur et maître.

Je reste votre esclave.

À bientôt.

Reprise de la mélodie Orchestre symphonique

---

- T'en fais une tête.

- Pourquoi Jéricho nous a emmenés ici?

- Il est fier de nous. Il voulait nous présenter.

- J'en ai marre qu'on soit fier de moi.

Y a pas de quoi. - Tu n'es jamais fier de personne?

Chant du coq

- C'est compliqué. Je viens au village à chaque fois.

Non, ce n'est pas une corvée.

Mais c'est dur de ne pas te trouver.

Marie!

Tu as tout ce qu'il te faut? - Oui.

Et toi?

- On fait quoi?

- On rentre.

- Si on faisait un tour?

Qu'en dis-tu?

- C'est une idée. Si tu veux.

Musique mélancolique

---

- Quel beau pays!

Regarde, on voit Roussillon.

- C'est merveilleux.

On peut pas regretter Paris.

- Tu as parlé à Jéricho?

- Pas encore.

- Tu comptes le faire bientôt? - Quand ça se présentera.

- Réfléchis avant de prendre une telle décision.

- Non. Depuis que je suis ici, je me sens mieux.

Je vais enfin sortir de ce cauchemar.

Ce qu'on a pu jouer ici.

Et se disputer. - Et se battre.

- On s'est aimés. Je suis devenue ta femme.

On a continué de jouer un moment.

Puis, tu t'es lassé.

T'es sans doute devenu un homme.

Faudra bien que je me décide à être une femme sans toi.

---

C'est mieux ainsi, non?

- Tu me hais.

- Je voudrais bien.

Ça simplifierait les choses.

---

- Je voudrais te dire...

- Non. Ne dis rien.

Surtout, ne dis rien.

---

- M. Jéricho?

- Ah! Te voilà, toi. - Je peux entrer?

- Bah, entre.

- Je voulais savoir...

- Monsieur a cuvé son whisky?

- Pour le whisky, j'avais rien promis.

- Je t'avais défendu de boire.

- On voit que vous n'avez pas de fils.

- Qu'est-ce que tu en sais?

Mon vieux, quand j'étais jeune...

C'est pas le moment.

En tout cas, moi, je savais ce que c'était qu'un métier.

J'étais pas une chiffe molle, comme toi.

- Vous affolez pas, je suis capable de m'amender.

Aujourd'hui, j'ai rien bu.

- Pas possible? - Si.

Par amitié.

- C'est pas vrai? - Ouais. Pour vous, M. Jéricho.

Vous savez, elle me plaît bien, votre petite Marie.

- Tout le monde l'a vu.

Mais je doute qu'après ton attitude d'hier,

ce soit réciproque.

Heureusement, d'ailleurs.

- J'essaierai d'effacer cette mauvaise impression.

Votre petit-fils aussi semble sympathique.

- C'est un crétin. Comme toi.

Vous êtes tous une génération de crétins.

- Allons grand-père, soyez pas amer.

- Tu restes dîner?

- Il doit faire bon dehors.

On fait un tour? - Bonne idée! Vous venez, Jéricho?

- C'est mauvais pour mes rhumatismes.

- Tu viens, Jacques?

- Moi, les promenades au clair de lune...

- Je vous accompagne. - Volontiers.

- Vous permettez? - Je vous en prie.

- T'as confiance, toi.

Moi, à ta place, je me méfierais.

- Tu veux rire? - Oh! Pas le moins du monde.

- Je ne connais pas ton Rémi, mais je connais Marie.

Miaulement

--- - Tu la connais peut-être trop.

--- Ou pas assez.

- Soumise, hein?

- Rebelle.

Par nécessité.

- Toutes les mêmes.

Exclusives, sans logique, ni autonomie.

- Vous êtes méchant. - Lucide.

J'ai connu beaucoup de femmes.

- Toutes ne sont pas comme ça. - Si. C'est physiologique.

Les femmes s'attachent.

- Oui.

Les femmes s'attachent.

- Je suis un idiot. Je vous ai fait de la peine.

- Mais non. - Si. Et je le regrette.

Parce que vous devez être une femme exceptionnelle.

- C'est gentil.

- Non, c'est pas gentil. Je dis ce que je pense.

- Toi qui la connais si bien, comment tu la trouves?

- Comment je la trouve? - Bah oui.

On n'est pas tout bon, tout mauvais.

Ta grand-mère, par exemple,

c'était la bonté, la générosité, l'honnêteté même.

Eh ben, par moments elle était insupportable.

Un fichu caractère, tiens!

Têtue, susceptible.

On n'était pas toujours d'accord.

Alors...

Marie?

- Elle a des qualités, bien sûr.

Et des défauts.

Elle est assez exigeante. Orgueilleuse.

- C'est pas des défauts, c'est des qualités.

- Je ne sais pas, elle est peut-être parfaite.

- Oh! Sûrement pas.

Personne n'est parfait.

Eh ben, voilà! Tu ne la connais pas encore.

Alors, cherche, mon bonhomme.

Hein?

Sur ce, je vais me coucher.

- Bonne promenade?

- Formidable.

Et Jéricho? - Couché.

- Bon bah, je me sauve.

Bonsoir. - Bonsoir.

- Merci pour cette soirée.

- Drôle de personnage, ce Rémi.

Tu ne trouves pas?

- Curieux, en effet. Intéressant.

- Dommage qu'il soit alcoolique.

- Aujourd'hui, il était normal.

Très lucide même.

- Qu'est-ce qu'il t'a raconté?

- Il est comme tout le monde, il m'a parlé de lui.

- De ses aventures?

- Entre autres.

Il a dit une chose qui m'a frappée.

Sur une femme avec qui il vivait à Paris et qui l'a ruiné.

Il a dit qu'il l'avait dans la peau.

- Tu ne connaissais pas l'expression?

- Si, bien sûr.

Mais on ne l'avait jamais exprimée devant moi.

- Elle est pourtant répandue.

Et assez vulgaire.

- Vulgaire? Pourquoi?

Avoir une femme dans la peau...

c'est joli.

Musique mélancolique

---

- Et à part ça?

- C'est une enquête?

- Pas du tout.

Passe-moi cette brosse.

---

Chant du coq

...

---

---

Tu boudes?

- Va t'habiller.

Ça va être l'heure d'aller à la poste.

- Je n'irai pas.

- Mais si, tu iras.

Et même...

- M. Jacques Jéricho?

Au revoir, monsieur.

- C'est le bureau. - Ah?

Rien de grave?

- Non. Des problèmes de photo.

Marie.

Je dois t'expliquer. - Que la vie continue?

Je le sais.

- Non, écoute-moi.

Ce n'est pas si simple. - Mais si, c'est très simple.

C'est toi qui compliques tout.

- Mais qu'est-ce que tu as?

Je croyais... - Pour cette nuit?

Ça change quoi?

- T'as rien compris?

- Il n'y a rien à comprendre.

La première venue aurait fait l'affaire.

Une putain ou sa femme, c'est pareil.

...

- M. Jéricho?

- Rémi? Qu'y a-t-il?

- Rien de grave. Je viens demander à Jéricho de venir à la ferme.

- C'est pas une heure. Va faire ton tapage ailleurs.

Celui-là, quand il s'en mêle, la catastrophe!

- Non. Le poulain veut pas sortir. Le fermier est désemparé

et risque de perdre sa jument.

- Je suis sûr qu'il a attendu la dernière minute.

Imbécile!

- Tu y vas? - Bah, voyons...

- Je t'accompagne. - Si ça peut te faire plaisir.

Hennissement plaintif

---

---

Alors, cette pouliche?

- Ça va pas tout seul.

- Les sabots sont sortis? - Depuis déjà 3 heures.

- 3 heures? Mais fallait venir me chercher plus tôt!

- C'est foutu, vous croyez? - Je sais pas.

- Venez vous déshabiller.

---

Râles saccadés

---

---

- Dire que la vie commence comme ça. - C'est pas beau à voir.

Hennissements stridents

---

- Ça ne vous touche pas?

- Si, mais c'est plutôt dégueulasse.

Râles

---

C'est trop pénible.

Je vais prendre un verre. Vous venez?

- Non, merci. Je reste.

Je ne considère pas ça comme une vacherie,

mais comme une épreuve.

- Sentimental.

Dangereux, ça. Méfiez-vous.

Respiration saccadée du poulain

---

- Tu n'aurais pas dû venir. C'est pas drôle.

- J'étais inquiète. Je ne dormais pas.

Comment ça se passe? - Difficilement.

Grand-père était extra.

---

Musique douce

---

- Ah! Bonne bête!

Courageuse.

Et pourtant...

---

- Comment t'as trouvé le spectacle?

- Impressionnant.

- En tout cas, c'est une attraction...

qui vous apprend à respecter une femme.

Air doux au piano

---

- Bonsoir, Marie.

- Bonsoir, Rémi.

Vous vivez là? - Oui. Ça vous étonne?

- Non. Vous entrez?

Ça vous fait pas peur?

Ça a pas l'air d'aller?

Venez un peu sur terre. Asseyez-vous.

Un peu d'alcool.

- Vous croyez?

- Rien de tel contre le cafard.

Vous avez beau donner le change,

vous broyez du noir.

- Ça se voit tant que ça?

- Il ne faut rien prendre trop au sérieux.

Pourquoi dramatiser? Ça change quoi?

- Oui, les choses arrivent, on n'y peut rien.

Il faut se résigner.

- Non. Se laisser porter par les événements.

Vous faites la planche.

Le courant vous mène ailleurs. Et tout change.

- Ou tout recommence. - Si vous voulez.

Tout recommence, mais différemment.

C'est ça qui est merveilleux.

Tout recommence et rien n'est pareil.

- Je vous croyais sceptique. - Sceptique, non.

Passionnément égoïste. Les autres, je m'en fous.

A part quelques rares exceptions.

- Vous n'en avez pas besoin?

- Si, bien sûr, mais... la plupart du temps, je m'en passe.

---

--- Y a le soleil, les papillons,

--- le vent, la pluie.

---

--- la tempête.

---

Je crois que me sentir vivant au milieu des pires cataclysmes

me rendrait encore heureux.

---

C'est merveilleux

d'être vivant.

- J'ai besoin des autres pour me sentir vivante.

Ju... Jusqu'ici,

tout était conditionné par les autres.

- Disons par un autre.

- Oui, par un autre.

Je n'ai existé qu'à travers lui.

Pour lui.

C'est vraiment bête.

- Mais non, ce n'est pas bête. On appelle ça le don de soi,

tout simplement.

---

- Il faut croire que c'est trop peu de choses.

---

- On refuse toujours le meilleur.

Rien ne vaut une larme.

Il y a vous d'abord.

Le reste n'est rien.

N'attendez le bonheur de personne.

---

Vivez pour vous, Marie.

- Marie.

Tu viens?

Chant des cigales

---

Que faisiez-vous?

- Rien. On bavardait.

- Je le trouve un peu encombrant. - Moi, très sympathique.

- Ça se voit un peu trop. - Ça veut dire?

- Rien.

Ce que nous faisons est idiot. - T'as raison.

- Tu ne comprends pas. - Quoi?

- Qu'on va tout gâcher.

- Il est trop tard pour en parler. - Mais si, il faut en parler.

Je t'aime, Marie. - Non, Jacques!

Pas ce mot-là.

Tu en as trop usé ailleurs.

- C'est pourtant la vérité. - Lâche-moi!

Fini, d'être un objet. Je veux être une femme.

- Mais oui, ma femme.

- Simplement une femme.

Une femme libre.

- Libre?

- Oui, je veux être libre.

- Libre pour qui?

Pour Rémi? Il t'a mis ces idées dans la tête?

...

Et le poulain?

- Il est mort.

Qu'est-ce que tu fabriques? Tu te soûles tout seul?

- Je bois à la naissance d'un jour nouveau.

A défaut de poulain.

Oui...

Bois un coup, grand-père. Ça te remontera.

- Je vaux plus rien, moi. Ce que c'est rageant de vieillir.

- T'en fais pas.

T'as fait ton possible. Alors...

- Tu crois que c'est suffisant?

De faire tout son possible?

Eh ben! T'es pas difficile.

- Mhm.

A quoi bon se lamenter? Allez, bois, grand-père.

- Quelle saloperie!

Foutue génération! Hein?

Tu ne te dis jamais que tu es un pauvre con?

- Je suis un pauvre con. - Oui.

Est-ce que l'idée ne te vient jamais

que tu manques de courage?

- Sûrement, mais t'en as pour deux. Alors...

- Je ne suis pas un cave!

Na!

Encore peut-être que je suis un brave bourgeois retraité

qui a toujours été fidèle à sa femme.

Nom de Dieu!

Si je te disais le nombre de fois que j'ai failli la quitter. Hein?

- C'est pas vrai?

- C'est pas vrai?

Et ne crois pas qu'avec ma gueule, les occasions manquaient.

Oui.

J'en ai... J'en ai eu, moi, des aventures.

Oh oui!

Oui.

Oui. Jacques rit.

Et puis, pas des...

---

Des belles filles, en chair, appétissantes.

Pas des faméliques filiformes photographiées dans tes revues.

Ouais.

M. Jéricho, il sait vivre.

T'as une femme.

Une femme, il faut toute une vie pour en faire le tour.

Une femme qui vous a donné sa jeunesse,

son amour,

ça compte, ça!

Tu crois qu'on t'en offrira souvent des choses pareilles?

Hein?

Tu crois à la lune, toi?

Hein?

Il grommelle.

Se conduire toujours comme un homme.

C'est ça, la vie.

Gamin!

Il est pas mauvais, ton truc.

Ah oui!

A ta santé!

Chant du coq Gazouillis

Ma pauvre tête.

Ton mari m'a fait boire du poison.

- C'est lui qui t'a fait boire? - Qui d'autre?

J'avais acheté du whisky pour vous.

Moi, je ne bois pas ces saloperies.

Je savais même pas où était la bouteille.

C'est lui, c'est lui.

Et tu le laisses se cuiter comme ça?

C'est pas malin, ma fille.

Que vous arrive-t-il?

- On s'est disputés.

Une dispute sans importance.

- Sans importance?

Pour vous, tout est sans importance.

Ce siècle est sans importance.

La bombe atomique est sans importance.

Ma tête aussi est sans importance.

- Je regrette. C'est un peu ma faute si tu es malade.

- N'aie pas de regrets, poussin, mais...

comment il veut... Va falloir que je sois en forme.

C'est la fête au château, ce soir.

La duchesse compte sur moi pour animer la soirée.

Je vais pas y aller avec la gueule de bois.

- T'en fais pas. D'ici ce soir, tu seras en pleine forme.

...

- Comment va Jéricho?

- Dans l'état où tu l'as mis, moins bien que toi.

- C'est encore ma faute!

Tout ce qui arrive est ma faute. L'ennemi, c'est moi.

Chant des cigales

---

--- Musique mélancolique

--- ---

---

Musique funk

---

Tu viens?

- J'ai pas trop envie de danser.

Ne te gêne pas pour moi. - Comme tu veux.

---

- Oh, la danse, j'adorais ça, moi, Jéricho!

J'étais infatigable.

D'ailleurs, le duc était un parfait cavalier.

Et vous, Jéricho, est-ce que vous dansiez?

- Je pense bien! Je danserais même bien encore.

Mais peut-on appeler ça de la danse?

Nous, on avait le tango, le paso-doble.

C'était bien, ça aussi.

- Et après, le charleston. - Oui.

- C'est bien aussi, le charleston.

- Tu as abandonné ton mari?

- Il se dévergonde. - Méfiez-vous.

Les jeunes mariés, s'ils ont la bride sur le cou,

ils en profitent. - Qu'il en profite!

- C'est la nouvelle génération.

Détonation

Mélodie de "L 'Herbe tendre"

---

Slow

---

- Tu n'aurais pas dû venir.

- J'étais comme folle après ton dernier appel.

Tu ne te rends pas compte. Je n'en pouvais plus.

Jacques.

Tu m'aimes?

---

- Mais oui, mon chéri.

Je t'aime.

---

---

- Tenez. C'est pour vous.

- Merci. C'est gentil.

---

- On danse? - On danse.

---

Mélodie de "L 'Herbe tendre"

---

- Jacques, viens près de moi.

- Pas ici, tu es folle.

Allez, viens!

---

- Demain, Jacques, viens me rejoindre à Arles.

- Impossible de partir comme ça. Que leur dirais-je?

Et je n'ai rien à faire à Arles.

---

- Ecoute, Jacques.

Tu viendras. Sinon... - Sinon?

- Je ne sais pas ce que je ferai. - C'est bon.

Je tâcherai de venir.

- Tu verras, tu comprendras pourquoi je n'ai pas pu attendre.

---

- Les femmes, bon Dieu, quelle plaie!

Tu sais ce que je souhaite? Une pièce de 3 m sur 4.

Et vivre seul.

Ou partir. N'importe où, mais seul.

J'en ai marre, tu comprends? Marre, marre, marre!

J'en peux plus, moi. Je suis complètement paumé.

Musique mélancolique

---

- Pauvre chéri.

---

Tu es malheureux.

---

- Je dois la voir demain.

Marie.

Je te demande de m'aider.

- Comment le pourrais-je?

Je ne sais plus bien où j'en suis moi-même.

J'aurais tant besoin qu'on m'aide aussi.

---

...

Air triste au violoncelle

---

- Jacques est parti.

J'ai entendu la voiture.

- Il est allé

voir un collègue à Aix.

Une affaire assez compliquée.

- Ne t'inquiète pas, poussin.

- Je m'inquiète pas.

- Tu sais, les accidents de la route,

y en a pas tellement.

On exagère.

---

- Tu sais, Jéricho.

Jacques et moi, ça va pas fort.

- Ma parole, vous me prenez pour un innocent.

- Evidemment, c'est dur à cacher.

- Je m'en doutais depuis longtemps, imagine-toi.

J'avais pas besoin de vous voir pour ça.

Le ton de tes lettres, d'abord.

Et puis, tu les signais seule.

Jacques ne m'écrivait même pas. Pas le temps, sans doute.

- On est là pour ça?

- Je voulais savoir où vous en étiez.

Vous êtes de fameux comédiens. - On ne voulait pas te peiner.

Tu nous en veux? - Au contraire.

Ça prouve en tout cas que...

vous tenez encore à moi.

- Grand-père, on t'aime tous les deux.

- Mais je n'en ai jamais douté.

Ça s'arrangera, tout ça. Ce n'est rien, c'est...

un simple accident de parcours, tout au plus.

- Il va revenir, tu crois? - Bien sûr qu'il reviendra!

Je le connais bien, tu sais.

Que pourrait-il faire d'autre? Je te le demande.

Nous sommes ses racines, tous les deux, Marie.

Toi, tu es sa vie.

Le reste ne compte pas.

- C'est loin d'ici?

- A peu près 20 kilomètres.

Un vrai paradis.

Musique enjouée

---

- Tu viens déjeuner, poussin?

- Non. Je pourrai rien avaler.

Soupir

- Quel gâchis, mon Dieu!

- Tu sais, grand-père, je crois que je vais rester avec toi.

- C'est idiot, ça, voyons! Qu'est-ce que ça veut dire?

Tu vas pas quitter ton mari?

- Lui me quitte.

- Ma petite Marie, tu n'as pas que des qualités, toi non plus.

Qu'as-tu fait, toi?

Pour arranger les choses, hein?

C'est ton orgueil qui a tout gâché.

Il faut un peu d'humilité en amour.

- Bien sûr.

Tu as peut-être raison.

J'étais trop orgueilleuse.

---

Le volume diminue

---

- J'ai envie de toi, tu sais.

Qu'est-ce que tu as? - Rien.

C'est cette chambre.

- Qu'est-ce qu'elle a? - Je ne la connais pas.

- Tu dois la connaître pour me désirer?

- On n'est heureux que dans les endroits connus.

Je ne t'ai pas appris ça?

- Non.

Tu ne connaissais pas ma chambre de Paris la 1ère fois.

Pourtant...

- Justement. C'est là où je voulais en venir.

Ta chambre de Paris était une erreur.

- Une erreur?

- Agathe, il faut que je te parle.

- Parle.

- Si tu comprenais, je serais moins malheureux.

- Tu es malheureux?

- Oui.

Je ne quitterai pas Marie.

- Et tu as choisi de me sacrifier pour elle?

C'était le plus facile.

Tu peux partir les mains dans les poches.

Tu ne laisses rien derrière toi. - Mais non, ce n'est pas ça.

Je ne te quitte pas pour des raisons si sordides.

- J'aimais un homme.

Et je comptais passer ma vie avec lui.

Musique triste

C'est stupide, n'est-ce pas?

---

Ça ne vaut plus la peine d'en parler.

---

- Tu as le droit de m'en vouloir.

Mais tu te trompes.

J'aime ma femme.

- Tu m'as menti.

Tu m'as toujours menti. - Mais non, Agathe.

C'est à moi que je mentais.

- Je deviens quoi dans tout ça? - Calme-toi.

Tu sais que tu es belle. - Arrête, je t'en supplie.

Tu vas commencer à prêcher.

Tu es jeune, tu es belle.

Un jour, tu rencontreras un beau jeune homme.

Musique douce

---

- Tu as déjeuné?

- Non. Je meurs de faim.

---

- Alors Jéricho, on y va?

---

- Ouais. - Vous êtes bien pressé tout à coup.

- Je veux pas te faire attendre, mon grand.

Dis, Rémi,

la prochaine fois, c'est moi qui irais te chercher.

- Je veux pas vous déranger. - Non, j'ai...

Je t'explique. - Vous avez des soucis?

- Non, mais...

les deux qui sont venus de Paris...

Pour me voir.

Eh ben, je voudrais pas qu'on les dérange.

Tu vois ce que je veux dire?

---

Sous-titrage TITRAFILM

Can't find what you're looking for?
Get subtitles in any language from opensubtitles.com, and translate them here.