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LE SIGNE DE LA CROIX
Rome, troisième nuit du grand incendie
L 'an 64 après J. -C.
Brûle, Rome, brûle...
Lorsque, au royaume des ombres
Les flammes laissent Les cendres sombres
Une flamme seule,
Eternellement durera
Et au-delà de la mort...
Mon ombre animera
Les flammes s 'élèvent...
- Néron. - Va-t'en, Tigellin.
Le feu s'étend.
Regarde! Pourtant, j'étais en voix.
L'incendie...
J'ose vous rappeler que le feu se propage.
L'incendie? Je l'espérais bien.
Rome sera détruite à ma mort,
autant que j'assiste au spectacle...
et que j'en profite.
Le palais est menacé, il va s'écrouler.
Tigellin, j'en ferai construire un autre,
encore plus fabuleux.
Néron aura enfin un palais digne d'un empereur.
- Et d'un dieu, immortel César. - Oui. Laisse-moi, maintenant.
La rumeur dit que c'est vous qui avez mis le feu.
César ferait mieux d'éviter ce genre d'accusation.
Accusation?
Que dis-tu? Qui accuserait le maître du monde?
Des milliers de gens périssent.
Espérons qu'il y ait beaucoup de chrétiens parmi eux.
Ils se multiplient, tu sais.
Nous les tuons comme des rats.
Pourtant, il y en a partout.
Une dangereuse superstition dit
que les humbles hériteront de ce qui appartient aux puissants
et adoreront un autre dieu que moi.
Cela ne durera pas, César.
Tigellin?
Oui, divin César.
Cette rumeur disant que j'ai déclenché l'incendie,
ne pourrions-nous pas reporter la faute sur...
Les chrétiens?
Si la populace les craint et les déteste,
elle les exterminera.
Ce que tu n'as pas réussi à faire.
Maintenant, va-t'en.
Les flammes s 'élèvent
Le feu reprend de plus belle
Nous confesse Jupiter
Il s 'étend de toute part
Les tisons sifflent
Les flammes montent
Les volutes de fumée
Envahissent le ciel
Une chance de cocu.
Ça fait combien, Strabo?
Il ne me reste que quelques pièces.
Attrape un chrétien.
Ils se cachent dans leur trou comme des rats.
J'ai du flair pour les trouver.
La récompense de Néron, 200 pièces.
Qui êtes-vous?
Titus, un étranger à Rome.
Comment me connaissez-vous?
On m'a donné votre signalement.
D'où venez-vous?
De Jérusalem.
- C'est Paul qui m'envoie, l'apôtre... - Attendez.
Pas ici.
Depuis le grand incendie, nous vivons dans la terreur.
S'ils tuent la vermine chrétienne, il faudra qu'on retourne travailler.
Vous vous réunissez ce soir?
- Oui, près du pont Cestius. - Je transmettrai le message de Paul.
C'est pas possible, un chrétien a dû les ensorceler!
Saletés!
Ils sont à moi!
Fais attention où tu jettes tes dés!
Fous le camp d'ici!
Strabo!
Regarde.
Le signe de la croix.
- Vous devriez fermer boutique. - Pourquoi?
Les pluies sont finies, les gens sortent, profitez-en.
Si je m'amusais, ça ramènerait la pluie.
Regardez, des chrétiens!
- Où? - Là-bas!
J'ai vu un signe dans la terre.
Il y a des chrétiens, là-bas!
Ils ont attrapé des chrétiens.
Ils ont attrapé des chrétiens, venez!
Venez, vite!
- Que se passe-t-il? - Je ne sais pas.
On dirait une rixe.
Bien! Allons voir ça!
Venez.
Les lions vont pouvoir manger.
Ce ne sont que de vils tueurs!
Sales chiens de chrétiens! Tuez-les tous!
S'ils les tuent, nous ne serons pas payés.
Repousse-les!
Favius!
Tuons les chrétiens!
C'est Marcus.
Sales chiens de chrétiens!
Marcus Superbus!
Ecartez-vous!
Qu'ont-ils fait?
On mérite une récompense.
Qu'ont-ils fait? Il n'y a pas...
- Nous avons vu... - Tais-toi!
Continuez. Pourquoi vous êtes-vous arrêtée?
Je ne savais pas...
Quoi?
Que le préfet de Rome était là.
C'est encore mieux.
Vous aurez pour arbitre le plus haut dignitaire de Rome.
Ça vous déplaît?
Regardez la justice devenir aveugle.
Comment vous appelez-vous?
Mercia.
Et vous?
Favius Fontellus.
Et voici mon ami Titus.
- C'est votre fille? - Non.
Alors pourquoi...
Elle essayait de me protéger.
Je vous envie.
- Qui est-il pour vous? - Elle...
Elle peut répondre.
C'est mon professeur.
- Et vos parents? - Ils sont morts.
Vous habitez chez lui?
Oui. Peut-on partir, maintenant?
Qui êtes-vous?
Mon ami et moi, nous sommes des philosophes.
Il ment! Ils sont chrétiens.
- Oui! - Ce sont des chrétiens!
Viturius, disperse la foule!
On veut une récompense! Ils ont fait le signe...
Qu'on disperse la foule.
Hors d'ici! Partez!
Vous pouvez partir.
Nous vous remercions.
Je peux faire autre chose pour vous?
Non, Seigneur.
Nous vous sommes reconnaissants.
Viens, Mercia.
J'aurais aimé...
qu'il y ait autre chose.
Suis-les. Vois où ils habitent et...
à quelle fontaine elle va.
Oui, Seigneur.
Marcus, mon illustre ami.
Revenez sur terre.
Dacia, Glabrio!
C'est un spécimen rare, je ne vous dis que ça.
Votre vue s'améliore avec l'âge.
Un plat de choix pour votre banquet de demain soir.
Oui, j'en parlerai au cuisinier!
- Marcus? - Oui.
Vous êtes attendu, cet après-midi.
Oui.
Je n'ai jamais vu un homme si distrait.
Il a une bonne raison.
Vous voulez parler de cette fille? Evidemment...
Et vous disiez Rome ennuyeuse.
Vraiment?
Je sais exactement comment créer de l'animation.
Quel parfum, Majesté?
Jasmin et acacia.
Nous devons nous hâter.
Non, pas encore.
Nous nous hâterons dans une minute.
Majesté,
une visite.
- Marcus... déjà? - Non, madame.
Majesté.
Ma chère Poppée.
Dacia, tu dois avoir des choses à me raconter.
J'ai très envie de bavarder. Il y a tant de nouvelles.
Je n'ai pas le temps de discuter.
- Tu as transmis le message? - Bien sûr, ma chère.
Je n'en doute pas.
Tu aimes tellement mettre ton nez dans ce genre de choses.
Qu'a- t-il dit?
Rien, absolument rien.
Qu'est-ce que ça veut dire?
Beaucoup de choses, peut-être. Mais vous n'avez pas le temps...
Je te dirai quand tu peux partir.
Laissez-nous.
Marcus viendra-t-il ou non?
Je vous l'ai dit, je n'en sais pas plus.
A-t-il souri ou froncé les sourcils?
Il n'a pas souri.
Il doit y avoir une autre femme.
Je lui ai dit que l'impératrice voulait le voir immédiatement.
Arrête un peu, Dacia.
Est-ce sérieux?
J'espère que non mais...
vous connaissez Marcus, il y a tant de jolies femmes à Rome.
Dacia, tu es un papillon avec le dard d'une guêpe.
Déshabille-toi.
Viens ici et raconte-moi tout.
Sais-tu pourquoi il les a laissés partir?
Non, Seigneur.
Des espions très compétents!
Si votre intelligence égalait votre cupidité...
Retournez à la boulangerie. Renseignez-vous.
Si vous n'apprenez rien, tâchez de la retrouver.
Dehors!
Marcus laisse filer des chrétiens.
Pour quelle raison?
Je ne sais pas.
Pas encore.
C'est l'occasion que j'attendais,
dénigrer le favori de l'empereur
et prendre sa place.
Ce gobelet me plaît bien.
Vous me le vendez?
C'est de l'or!
S'il vous plaît...
Merci.
J'ai très soif.
Je ne me souviens pas avoir eu si soif.
- Vous feriez mieux de boire. - Vous avez raison.
Merci beaucoup.
- Vous vous souvenez de moi? - Bien sûr.
Pourquoi vous enfuyez-vous? Vous avez peur de moi?
Non.
Vous êtes inoffensif.
Vous êtes différent.
Différent, de quoi?
- Qu'entendez-vous par là? - En fait...
Je vous ai souvent vu parcourir les rues.
Le préfet de Rome.
Avec votre armure et vos gardes.
Là, vous êtes si humain.
Vous ne vous en doutiez pas?
Je connaissais votre réputation.
Vous croyez que je suis méchant?
- Quelque chose comme ça. - Ce n'est pas vrai.
Peut-être pas.
Votre visage n'est pas comme ça. Il est...
Il est quoi?
- Je ne sais pas, il est différent. - Attendez.
C'est un ordre?
Je n'oserais pas.
Vous pourriez, vous êtes le préfet de Rome.
Je ne veux pas l'être avec vous.
Sauf si vous essayez de partir.
J'ai eu assez de peine à vous trouver.
Vous imaginez pouvoir me quitter comme ça?
- Il le faut. - Ce serait un péché.
Vous saviez qu'on se reverrait?
Que je ne vous laisserais pas partir?
Je vois que votre réputation n'est pas usurpée.
Je vous déplais?
- Non. - Tant mieux.
Je dois vous plaire.
Dans ce domaine, j'obtiens toujours ce que je veux.
Regardez.
L'empereur m'a demandé de vous remettre ça en mains propres.
Qu'est-ce?
Qui est cette fille?
Je m'en vais.
Attendez.
Vous l'avez rencontrée aujourd'hui?
Quel est ce message?
Je vais vous le lire.
« A mon très cher Marcus,
« l'extermination des chrétiens doit se poursuivre.
« Personne ne doit être épargné.
« Ceux qui sont dangereux doivent être tués.
« Les autres attendront la mort dans l'arène.
« Ce devoir incombe à votre charge. »
« Je vous invite
« à être fidèle. »
Il y a le sceau de l'empereur.
Je m'en vais.
- Je vous accompagne. - Je ne préfère pas.
Par cet ordre, toute personne suspectée...
J'ai bien entendu.
- Alors ce sera tout. - Où courez-vous comme ça?
On dirait que vous voulez la suivre?
A votre âge...
C'est absurde!
Pourquoi me donner ceci dans la rue? Vous étiez si pressé?
L'empereur était pressé.
- Y êtes-vous pour quelque chose? - Je ne comprends pas.
Elle est partie.
Je ne vous retiens pas.
Elle vient souvent ici
et tu ignores où elle habite.
Tu mens!
Non, je ne mens pas.
Cacher un chrétien est puni de mort.
Je ne la cache pas. Je vous ai tout dit.
- Tu es sûr qu'elle a payé son pain? - Oui.
Ensuite, elle est partie en courant.
Elle l'a oublié.
Attendez ici.
Elle reviendra peut-être.
Mercia, Bucco se demande quand il va avoir son os.
Dis-lui qu'il l'aura quand la soupe sera prête.
Bucco, tu n'as pas honte de presser Mercia de cette façon?
Tu sais, avec Bucco, on a toujours faim en même temps.
Gourmand!
J'aurais aimé que vous restiez plus longtemps.
Je n'ai pas le temps, je dois porter la lettre de Paul
en Espagne et en Afrique.
Dans ce cas, nous avons bien fait de recopier ses paroles.
Mercia!
Si tu attends que j'aie fini, je t'aiderai à couper les carottes.
Mercia,
de l'eau coule de la cruche.
Elle fuit?
Je l'ai fait tomber.
Je ne savais pas que...
C'est surprenant d'avoir découvert Marcus Superbus tel qu'il est.
Comment ça?
C'est un homme si généreux...
et si aimable.
Et qui sait se servir du fouet.
On le lui a appris.
Il faut qu'il désapprenne.
Tout le monde sait pour la réunion?
A part quelques-uns.
Je vais envoyer Stéphane les prévenir.
Pourquoi confier cette mission à un enfant?
Il y a moins de chances qu'on le soupçonne.
Vous avez vu ce qu'il s'est passé.
Sont-ils frère et sœur?
Non.
Leurs parents ont été enduits de poix
et ont servi de torches lors d'une orgie organisée par Néron.
Ils sont morts, comme des centaines d'autres,
en possession de la vérité.
Stéphane, viens ici.
Oui, père.
J'ai oublié le pain.
Tu sais qu'il y a une réunion ce soir?
Dans les ruines du Temple.
Je sais, père.
Va prévenir Melos et Caïus.
Evite les grandes rues. Assure-toi de ne pas être suivi.
Stéphane.
Tu n'as pas trop faim?
Non, je ferai vite.
Tu sais pourquoi tu dois être prudent?
A cause du danger.
De quoi?
De mort.
J'ai vu le Maître.
C'est vrai?
A Jérusalem, je l'ai vu passer devant la porte de Damas.
Je l'ai vu porter la croix.
Tu sais ce qu'il a fait pour nous?
Il a donné sa vie.
Si tu l'avais vu, tu l'aimerais autant que moi.
Je serais fier de mourir pour lui.
Et toi?
Moi aussi.
Tu ne nous trahiras pas?
Tu nous seras fidèle, même face à la mort?
Stéphane, attends!
- J'ai oublié le pain, tu y vas? - Il me faut de l'argent.
Je l'ai payé, il s'en souviendra.
Pas de problème, Tybul me connaît.
Tybul, Mercia m'a dit de prendre le pain.
Alors... Tu es en retard, aujourd'hui.
Tu as de la chance, il me reste un pain.
Mercia a oublié...
J'allais fermer, tu as failli rester sur ta faim,
jeune homme.
L'argent d'abord.
Mercia l'a déjà payé!
Vous ne vous rappelez pas?
Bien sûr que si!
Elle a payé et elle est partie.
Donnez-le-moi. On en a besoin pour le dîner.
Bonsoir.
Allez!
Je ne suis pas sûr de comprendre ceci:
« Par Sa miséricorde, Il nous a sauvés. »
- Stéphane? - Non.
Ce n'est pas notre signal.
- Qui est là? - Ouvrez!
- Qui êtes-vous? - Marcus Superbus.
Laissons-le entrer.
Nous n'avons aucune preuve...
Pourquoi se méfier de lui?
Ouvrez!
Mercia, va à côté.
Bonsoir.
Une porte verrouillée est peu amicale.
Nous la déverrouillons devant un ami.
Votre présence nous honore, Seigneur.
- Vous désirez quelque chose? - Oui.
Je ne vois pas ce que je désire.
Vous avez été charitable, aujourd'hui.
- Merci encore. - Ce n'est rien.
Où est Mercia?
Puis-je vous demander ce que vous lui voulez?
Vous êtes trop vieux pour comprendre.
Ce n'est qu'une lettre.
Je le vois bien.
Je ne tiens pas à savoir ce qu'est cette lettre.
Enfin, pas ce soir.
Chrétiens ou non, il vous reste peu de temps à vivre.
Mercia a toute la vie devant elle.
Pourquoi ne pas l'envoyer en lieu sûr?
- Vous êtes venu pour me dire ça? - Non.
Ce n'est pas la peine de l'envoyer en lieu sûr.
Je suis venu la chercher.
Que voulez-vous dire?
C'est clair, non?
Est-ce sa sécurité qui vous préoccupe?
Oui... en premier lieu.
Faut-il que je la cherche moi- même?
On ne s'est pas dit au revoir à la fontaine.
Oui, je me souviens.
Cela est aussi bien.
C'est étrange de vous voir ici.
Pourquoi?
Vous deviez vous en douter.
Parce qu'on ne s'est pas dit au revoir?
Pour qu'on ait plus jamais besoin de se le dire.
Vous savez, cette cruche s'est cassée en tombant.
Je vous en achèterai une autre.
- Mercia? - Attendez!
Le vieil homme est inquiet.
Je lui ai donné la vraie raison de ma venue.
Il ne comprend pas mais vous, oui.
Je veux que vous veniez avec moi.
- Pourquoi? - Parce que...
- Un grand danger vous menace. - Pourquoi?
Parce que vous vivez avec ces chrétiens,
enfin... s'ils le sont.
Savez-vous vraiment qui ils sont?
J'en sais assez.
Ils haïssent le monde et veulent le détruire.
Ils veulent le sauver en rendant l'homme libre de penser.
Ils sont même prêts à tuer César.
Même un monstre comme Néron, ils ne le tueraient pas.
Titus!
Je devrais vous faire exécuter,
mais je préfère oublier vos paroles.
On vous soupçonne d'être chrétiens, Mercia ne peut rester ici.
C'est tout ce qui m'importe.
- Elle a droit au bonheur. - Votre bonheur...
- Taisez-vous. - Attendez, Favius.
Je suis heureuse que vous soyez venu.
Mais vous ne comprenez pas, ma place est avec Favius.
Parce qu'il veut que vous restiez?
Parce que je veux rester.
- Même s'ils... - Ma place est ici.
Vous avez de fortes convictions.
Essayez de comprendre.
Votre vie n'a aucune valeur à vos yeux?
Peut-être...
a-t-elle pour moi plus de valeur, désormais.
Je ne connais pas le danger.
Je ne veux pas seulement vous éloigner du danger,
mais de cette pauvreté...
Favius, Stéphane a été arrêté!
Qui est Stéphane?
Le garçon qui vit avec nous.
- Pourquoi l'a- t-on arrêté? - Je ne sais pas.
- Qui l'a arrêté? - Licinius et ses hommes.
- Où l'ont-ils emmené? - A la prison.
S'il sait quelque chose, ils le feront parler.
- Aidez-le. - Mais bien sûr.
S'ils le font parler, ils vous enlèveront bien avant moi.
On ne peut rien faire?
Si l'un de nous échoue, les autres doivent continuer.
Il faut changer le lieu de la réunion.
C'est trop tard, mais Stéphane ne parlera pas.
Pauvre Stéphane!
Réponds!
Réponds!
Tu adores ce Christ?
Es-tu chrétien?
Il y a une réunion, ce soir.
Où aura-t-elle lieu?
Pour la dernière fois,
vas-tu parler?
Je vais te faire parler!
Laissez-moi!
Qu'allez-vous me faire?
Dis-moi où aura lieu la réunion.
Vas-tu répondre?
Vas-tu enfin répondre?
Je vous en prie...
Je n'en peux plus!
Parle!
Jamais!
Je vais parler! Je vais parler!
Où a lieu la réunion?
Dans les bois. Près du pont Cestius.
Qui sont les autres? Cette Mercia, elle est avec eux?
Réponds!
Je vous en prie!
Il s'est évanoui.
Remontez-le!
Nous en savons assez.
Rassemble tes hommes.
Nous allons exterminer ces chrétiens
et laisser Marcus expliquer à Néron pourquoi lui ne l'a pas fait.
Qu'avez-vous fait à ce garçon?
C'est un chrétien.
Qu'a- t-il dit?
Rien.
Malheureusement, il s'est évanoui.
Vous n'en auriez tiré que des mensonges.
Je suis prêt à tout pour servir Néron.
Veuillez m'excuser.
C'est vrai qu'il n'a rien dit?
Alors, qu'a- t-il dit?
Réponds-moi quand je te le dis!
Qu'a dit ce garçon?
Mes excuses, Seigneur.
Il ne peut pas parler, il n'a pas de langue.
Va chercher de l'eau.
Pourquoi ne chantent-ils pas plus fort?
- On ne peut pas. - Pourquoi?
Titus est venu des rives de Galilée.
Il apporte la bénédiction du Maître et vient nous parler.
Donne-nous le message.
Il nous apporte les paroles de Paul, il vient de loin.
Taisez-vous.
Je ne suis pas professeur.
Je suis l'un d'entre vous.
J'ai vu Jésus.
Je l'ai entendu.
Tiens, bois ça.
Je ne supportais plus la douleur.
Tout va bien, maintenant.
J'avais dit à Titus que je ne les trahirais pas.
Je ne veux plus vivre!
Les hommes sont prêts.
Que leur as-tu dit?
Je ne veux plus vivre.
Maintenant, écoute-moi! As-tu parlé de Mercia?
N'aie pas peur.
- Je veux l'aider. - Je ne vous crois pas.
- Tu veux qu'ils la tuent? - Non!
Que leur as-tu dit?
Le lieu de la réunion.
- Mercia y sera? - Oui.
Tout le monde y sera. J'aurais dû me taire.
J'aurais mieux fait de mourir.
Je peux la sauver si tu me dis où la réunion a lieu.
Dans les bois.
Près du pont Cestius, dans les ruines du Temple.
Occupe-toi de lui.
Je tiens trop à elle pour ne rien faire.
Je n'aurais pas dû parler, je n'aurais pas dû.
« Nous redeviendrons enfants »,
dit Jésus,
avec une vision pure et tendre.
Si nous avons la simplicité,
la foi, la confiance de l'enfant,
nous acceptons ce que nous ne comprenons pas entièrement.
Fais taire tes hommes.
Silence!
Pour moi, pour tous les hommes,
il a soulevé le voile noir du visage de Dieu.
Il n'y a désormais plus de Dieu vengeur,
mais seulement un père aimant.
Tout ce qu'on nous avait appris avant au sujet du grand Esprit
se comprend différemment.
Un Dieu compatissant vers lequel on puisse se tourner.
Le sang des martyrs qui ont suivi Jésus
n'a toujours pas séché sur les pierres de Jérusalem.
Hélène de Troie... en plus belle!
Bonne nuit, Majesté.
Que Morphée vous entoure de ses bras.
Merci.
Je préférerais faire des rêves exaltants.
J'aimerais les partager.
Attention!
Qui est cet imprudent?
Arrêtez-le!
Marcus?
Quel fougueux jeune homme!
Majesté!
C'est votre litière?
Ça l'était...
J'aurais pu être à l'intérieur.
Grand Dieux, non!
Je viendrai m'excuser demain.
Pourquoi pas ce soir?
Je suis pressé. Mission prioritaire pour l'empereur.
Venez ici.
C'est moi, la priorité de l'empereur.
Obéissez!
Pour chacun de nous, vos désirs sont sacrés.
J'en doute.
Où étiez-vous passé?
Je vous attendais chez Dacia, ce soir.
Dois-je sacrifier ma litière pour trouver grâce à vos yeux?
Demain, je vous raconterai tout.
Où allez-vous donc si vite?
A un rendez-vous amoureux?
J'espère que ça finira ainsi.
Je m'en doutais.
Où allez-vous vraiment, Marcus?
L'impératrice est romantique, elle comprend...
Non, pas du tout.
- Expliquez-vous. - Oui, demain.
- Ce soir! - Cela vous divertira...
- Marcus! - Bonsoir.
Marcus, j'insiste!
Suis-les. Tâche de savoir qui est cette femme.
Depuis que je l'ai rencontré et que je connais la vérité,
mes vieilles habitudes se sont dissipées.
Mon esprit n'est désormais plus prisonnier de ce monde.
Je suis en paix.
Si tous les hommes savaient ce que je sais,
si j'étais certain que le message est présent dans leurs cœurs,
je serais complètement en paix.
Jésus aime Dieu et Il aime ses frères,
les enfants de Dieu.
Grâce à la compréhension, à la foi,
Il a le pouvoir sur toutes choses, même sur la mort.
Il a démontré que la mort
n'est qu'un passage qui conduit à notre Père
et à la vie éternelle.
Jésus le savait.
Il l'a vécu.
Il a répandu Sa bonté sur terre,
affirmant que nous étions tous de Son sang, de Son esprit.
« Aidons-nous les uns les autres,
« soyons solidaires », voilà ce qu'il disait.
« Aime ton prochain comme toi- même. »
C'est ce qu'il est venu enseigner à l'humanité.
Le message a été entendu.
Il sera transmis à chacun d'entre nous,
aux coins les plus reculés de la terre.
Et Dieu marchera parmi nous,
et vous irez par le monde,
livrer une nouvelle vie à vos frères,
celle de la liberté.
Une liberté aussi vaste et belle
que le paradis et...
- Regardez! - C'est une flèche!
Titus est touché!
- D'où vient-elle? - Les soldats de l'empereur!
Tirez!
Nous avons été trahis!
Titus! Titus!
La mort n'est pas à craindre.
Père!
« Que Ton règne vienne, que Ta volonté soit faite,
« sur la terre comme au ciel... »
Bénis soient ceux qui sont persécutés...
Favius!
Mercia, mon enfant...
C'est Marcus Superbus!
C'est le préfet. Arrêtez de tirer.
Mercia.
Il se meurt.
Venez avec moi, vite!
N'est-ce pas la fille de la fontaine?
Vous ne la saviez pas chrétienne.
Sinon, vous l'auriez arrêtée après avoir reçu l'ordre de l'empereur.
Pourquoi avoir arrêté l'exécution?
Votre attitude est celle d'un traître.
Retirez cela.
Je me suis emporté, désolé.
Aidez-le.
Faites quelque chose.
Que la paix soit avec toi...
Avec vous deux.
Trouvez-les!
Si vous les trouvez, faites-les parler!
Quels sont les ordres du préfet?
Que faut-il faire des chrétiens?
- Appuyez-vous sur moi. - Je ne tiendrai pas longtemps.
Viturius!
Occupez-vous des blessés.
Et emmenez les autres à la prison.
Pourquoi à la prison et pas au cachot de l'arène?
Qu'on fasse ce que j'ai dit.
A la prison!
Au nom de Dieu, soyez miséricordieux!
Dieu est miséricorde.
Venez.
- Viturius! - Oui, Seigneur.
A la relève de la garde,
va chercher la fille et conduis-la chez moi.
Qu'on lui donne une servante.
Seigneur, c'est très risqué!
Fais-le!
Oui, Seigneur.
Maman!
Viens, petite sœur. Je prendrai soin de toi.
Allez, viens.
Vous en avez oublié un.
Vous m'avez fait demander, Majesté?
Vous faire demander blesse un peu mon orgueil.
J'en suis navré.
Laissez-nous.
Vous n'avez pas à m'appeler « Majesté ».
J'aurais dû venir plus tôt
vous présenter mes excuses pour hier soir.
Laissons cela.
J'ai depuis appris pourquoi vous aviez été si brusque.
Vous deviez mettre les ennemis de Néron en prison.
C'est vrai, n'est-ce pas?
Oui.
Tous?
Oui.
Même cette jolie chrétienne au visage d'ange?
Dites-moi.
Même cette fille en apparence innocente et pure,
et qui est la lie de Rome!
Vous êtes en colère.
Vous vous trompez,
cette fille ne m'intéresse pas.
Ne vous moquez pas de moi.
Tout Rome sait qu'elle est chez vous.
- Vous êtes la risée de la ville. - Et alors?
Asseyez-vous près de moi.
Je vous aime.
Vous n'avez jamais répondu à mon amour.
Vous étiez à peine amical.
Je sais...
Vous ne vouliez pas d'une vulgaire aventure avec moi.
Moi non plus, pour être honnête.
Que pouvons-nous espérer d'autre?
Je vous ai attendu.
Je pensais que votre loyauté envers Néron vous retenait.
Et qu'un jour, vous voudriez...
me réconforter malgré tout.
Je vous ai attendu.
J'étais jalouse et blessée
pendant que vous vous amusiez avec des femmes bien moins belles.
Là, c'est différent.
Vous connaissez mes sentiments
et vous avez préféré vous compromettre
avec cette chrétienne!
Oui, vous avez raison.
Je suis fidèle à l'empereur.
Trop fidèle pour songer à une liaison avec l'impératrice.
C'est un prétexte?
Non, c'est la vérité.
Alors je peux encore espérer vous faire oublier votre loyauté.
A moins qu'un jour,
à ma grande honte,
je vous ordonne de l'oublier.
Veuillez m'excuser.
Marcus!
Vous aimez cette fille?
Répondez-moi!
Eh bien...
Je ne sais pas.
Cela veut dire... peut-être.
Je pourrais en rire avec les autres si je ne tenais pas à vous.
Marcus Superbus,
épris d'une chrétienne dévergondée.
Ne l'appelez pas ainsi.
Très amoureux.
Pourquoi pas?
Ce n'est pas impossible ou risible.
Elle est jeune, belle, vertueuse.
J'en ai assez des patriciennes
dépourvues de toute vertu.
Dois-je le prendre pour moi?
Je n'ai pu m'en empêcher.
Comme vous faites peu de cas de votre vie.
C'est une menace?
Je ne vous ai jamais mena cé.
Je ne le ferai pas à moins que vous m'y obligiez.
Le jeu est déjà assez dangereux sans mes menaces.
Tigellin sait ce que vous avez fait.
Aucun citoyen ne peut protéger un chrétien de la loi.
Dans ce cas...
je n'ai plus qu'à ignorer la loi.
Mais moi, vous ne pourrez pas m'ignorer.
Vous renoncerez à cette fille, Marcus.
Vraiment?
Vous l'oublierez complètement.
Je suis déjà resté trop longtemps.
Majesté.
Ils se réunissaient ouvertement,
ils conspiraient contre votre vie,
et Marcus nous a empêchés de les tuer.
M'avez-vous bien compris, César?
Oui.
Ma tête va exploser. Le vin d'hier soir, la musique...
Une délicieuse débauche.
Marcus ira-t-il jusqu'à vous renverser...
et vous tuer?
Pourquoi me fais-tu toujours peur avec des complots contre ma vie?
La mort qui m'entoure dans la rue, me guette dans mon assiette.
Marcus a relâché de dangereux prisonniers.
- C'est impossible. - Jusqu'où ira-t-il?
Je vais mettre fin à tout ça. J'ai été trop clément.
Je vais faire un exemple.
J'ordonne qu'on l'arrête.
Je ne trouverai le repos qu'à sa mort.
A la mort de qui?
Poppée.
- Tu sais ce qu'a fait Marcus? - Oui.
Je trouve cela très amusant.
Je t'annonce que c'est un traître.
Il a relâché de dangereux chrétiens.
Une seule.
Une jolie petite chrétienne.
Elle n'est dangereuse pour personne, à part Marcus lui-même.
Ma chère...
Marcus est tout simplement un homme faible.
Il a emmené cette fille chez lui.
C'est un garçon tellement obstiné.
Rome s'en amuse et tu t'inquiètes. N'as-tu pas honte?
César, le décret n'a pas été respecté.
Et cela t'amuse, Poppée?
Oui,
parce que c'est la faute de cette fille.
C'est elle qui doit disparaître.
Pas ton dignitaire le plus dévoué.
Donne à Tigellin l'ordre
de la lui reprendre.
Mon cher Néron...
N'écoute pas les autres, je suis là.
Un jour, tu feras une erreur qui te rendra ridicule,
tout comme Marcus aujourd'hui.
Je me sens mal, Poppée.
Je sais, tu as passé une nuit difficile.
Détends-toi.
César, si je...
Ne vois-tu pas que l'empereur ne se sent pas bien?
Si c'est l'ordre concernant la fille qui te préoccupe,
je te le dicterai moi- même.
Mon cher... Voilà.
FIN DE LA PREMIERE PARTIE
ENTRACTE
DEUXIEME PARTIE
Marcus, où vas-tu?
Fais attention, Marcus. Ancaria ne te laissera pas partir.
Est-ce ton cœur ou ton estomac qui te fait souffrir?
Par la foudre de Jupiter, Marcus, tu n'as pas fini ta coupe!
Je dois m'occuper d'une affaire très personnelle.
Continuez!
Allez la chercher.
Que se passe-t-il?
Pourquoi avez-vous quitté la table?
Pourquoi manger du pain rassis plutôt qu'un mets délicieux?
Retournez-y et présentez-leur mes excuses.
Un mets délicieux?
Je vois!
Il parait que les chrétiens sont durs à digérer.
Ne vous en faites pas, allez-y.
- J'aurais voulu venir plus tôt. - Vous auriez dû.
J'ai été appelé au palais et ce banquet dure depuis midi.
Je vous l'ai dit hier, ma vie m'est plus chère maintenant.
Je ne l'ai pas oublié.
Soudainement, tout a changé.
- J'ai envie de vivre. - Tu vivras, Mercia.
Comment le pourrais-je?
Nous trouverons une solution.
Ta place est à mes côtés.
Vous ne comprenez pas,
je ne peux pas vivre si les autres meurent.
- Il faut les aider. - Impossible.
- Ne pouvez-vous... - Oublie tout ça.
Je ne peux pas.
Je serai malheureuse toute ma vie.
- C'est absurde! - Même avec vous.
Essayez de les aider.
Que sont-ils pour nous?
Je suis des leurs.
Plus maintenant.
Je ne vous comprends pas.
Il n'y a rien à comprendre. Tu es ici.
Ils n'existent plus.
Attendez, Marcus.
Une nouvelle vie commence pour toi.
Avec moi, ce soir.
Je vois!
J'ai été très naïve.
J'ai cru que nous vivrions quelque chose de mieux.
Mieux?
Mes sentiments importent peu, du moment que je suis là.
Vous vous en moquez.
Vous vouliez juste faire de moi votre esclave.
Ne dis pas ça. Je te veux à mes côtés.
Avec moi, tu auras tout.
- Je préfère les rejoindre. - On peut être ensemble.
Je ne peux raisonner ainsi.
Quelque chose t'empêche de montrer tes sentiments.
Ton style de vie et ta foi sont responsables.
Le christianisme n'est pas seulement stupide,
il a aussi un impact malfaisant sur toi.
Où est ce mets délicieux?
Fais attention, Marcus. Ancaria voit rouge.
Si l'hôte néglige ses invités, ils viennent le trouver.
Nous voici!
J'espère ne plus jamais me relever.
Attention, Marcus! Elle arrive.
Ancaria!
Sans toi, la fête est sans saveur.
Nous avons perdu toute la soirée.
Par l'échine de Vénus, regardez!
- La chrétienne! - J'en ai entendu parler.
Marcus a des invités dans toute la maison.
C'est une beauté, Marcus!
Pourquoi la cacher?
Alors, c'est elle qui t'a ensorcelé?
Présente-nous.
Où sommes-nous trop peu vertueux?
Vous ne pourriez que gagner à vous connaître.
Mercia, voici Ancaria.
La femme la plus féroce et la plus douée de Rome.
Et mes amis, qui eux, aiment la vie.
- Joignez-vous à nous. - Faites-la venir.
Non, laissez-la tranquille.
Examinons ce modèle de vertu.
Elle a l'air mûr pour la fête.
Dis-nous, t'a- t-elle été agréable?
Mieux que moi?
Ou sa vertu l'a- t-elle rendue froide?
- N'as-tu pas pu la réchauffer? - Non.
J'ai essayé, mais en vain.
Essaie, Ancaria. Chante une de tes chansons.
Oui, une chanson, Ancaria.
Parfait.
Si ça ne marche pas, c'est qu'elle est morte.
Une chanson d'amour, Ancaria. Et mimée.
Peux-tu faire fondre la glace, Ancaria?
Essaie en chantant.
Danse « Sous la lune dénudée »! Musique!
- La dernière fois qu'elle a dansé... - Ne dis rien!
La lune a rougi en voyant Ancaria danser.
Jouez!
« Sous la lune dénudée. »
Sous la lune dénudée
Je t'ai trouvée
Nous nous sommes rencontrées
Je t'ai vue dans mes rêves
Des rêves secrets
Où la torture est si douce
Je t'ai aimée en rêve
Respire tout contre moi
Attire-moi
Touche doucement mon cœur
Qu'est-ce que c'est?
Les chrétiens, en route vers le cachot de l'arène.
J'ai dansé sur des chants funèbres mais là, je ne peux pas.
Continue, Ancaria. On attend que tu te dévoiles.
Allez, continue!
- Je ne peux pas, ils me gênent! - Couvre leurs voix.
Une chanson d'amour est plus fort qu'un chant fanatique.
Musique!
L 'amour sera fougueux
Dans l'or de tes cheveux
Délivré de tes lèvres
Un frisson de m y stère
Persuasif et audacieux
Jus q u'à ce q ue la folie Prenne le dessus
Je respire tout contre toi
Je suis attirée vers toi
Que l'amour déploie ses ailes
Nous étions deux
Nous ne ferons plus q u'un
Nous vibrerons ensemble...
Ils se rapprochent, ils chantent plus fort!
Arrête-les, Marcus!
Chante plus fort qu'eux!
Musique!
Nous étions deux
Nous ne ferons plus q u'un
Pourquoi tu souris?
Tu es folle!
- Je t'ai dit de les arrêter. - Dehors!
- Je ne supporte pas... - Sortez tous!
Laissez-moi seul avec elle.
Emmenez-la!
Tu me reviendras!
Pour le moment, j'ai mieux à faire.
Eteignez et fermez la porte!
Ancaria est effrayée par les chants chrétiens
mais moi, je n'en ai pas peur.
- Renvoyez-moi avec eux. - Non.
Pas pour l'instant.
Vis d'abord comme tu dois vivre.
Ecoutez-moi.
Je ne tiens pas à vivre ainsi. Je veux mourir avec eux.
Tu ne souhaites pas vivre avec moi?
Tu préfères mourir pour une vague croyance...
C'est une certitude.
Un homme l'a prouvé, il a changé les hommes.
C'est une illusion, une pure folie.
Rome sera toujours Rome. De même pour les hommes.
Dans un an, ton christianisme n'existera plus.
- Je pense le contraire. - Qu'es-tu devenue?
Tu ne vis plus, tu ne penses plus.
Tu ne peux pas aimer...
Pas comme vous l'entendez, mais à ma façon.
Votre bonheur n'est pas pour moi. Je dois les rejoindre.
Non, tu ne mourras pas avec eux. Tu vivras avec moi.
Pensais-tu que je te partagerais avec ton Christ?
Laissez-moi partir.
Mercia, sois honnête. Tu m'aimes.
- Je veux être avec eux. - Avec moi d'abord.
Laissez-moi partir!
Seigneur!
Qu'y a-t-il?
L'empereur les envoie.
Que voulez-vous?
Cette chrétienne est condamnée.
Cela me regarde. Sortez!
Pas sans elle.
Elle va rejoindre ses semblables au cachot et mourra demain.
Emmenez-la.
Elle ne partira pas d'ici.
Non, Marcus!
Dommage qu'elle vous ait retenu.
J'aurais aimé que vous appeliez vos hommes
pour m'empêcher de l'emmener.
Cela vous aurait coûté la vie.
J'ai un ordre de l'empereur.
Demi-tour!
En avant!
César.
Je le jure sur mon honneur,
elle ne sera pas une menace pour le peuple romain,
ni pour votre propre vie, si précieuse.
Epargnez-la.
Est-ce l'amour qui a rendu Marcus si indulgent envers les chrétiens?
Je l'aime.
Si une seule chrétienne peut le rendre heureux...
Néron représente-t-il la justice ou est-il une simple marionnette?
Pardon?
S'il représente la justice,
aucun chrétien ne peut être épargné,
s'ils sont condamnés à mourir.
Majesté, ayez pitié.
Poppée a raison, Marcus. C'est impossible.
Il doit y avoir une solution.
Vous devez trouver une solution!
Un loyal sujet ne demanderait pas ça.
Je le demande quand même.
Néron n'a pas de sujet plus loyal que moi.
Majesté, qui sait mieux que vous
que je suis loyal envers l'empereur?
J'ai le droit de demander.
Je vous ai obéi, honoré, j'ai risqué ma vie pour vous.
Ce que je demande en retour est facile pour vous:
épargner la vie de cette fille que j'aime de tout mon cœur, César.
Je vous supplie de l'épargner.
Non, Marcus.
Les barbares se moqueraient de notre justice.
Je ne demande que la justice!
Pour y arriver, je ferai en sorte de changer le monde de César.
- Je vous somme de l'épargner! - Marcus!
Tu vas trop loin.
Arrêtez-le!
Néron, mon bien-aimé...
L'amour lui a fait perdre la raison.
César, pardonnez-moi.
Mais épargnez cette fille.
Ayez pitié...
César incarne la pitié
mais aussi la justice.
Et la justice prime, Marcus.
Si elle n'était pas chrétienne...
Si elle abjurait publiquement sa foi...
Ça ne changerait rien.
Si elle renonce, la justice sera miséricordieuse.
Je ne peux pas rester, Marcus.
- Elle n'abjurera jamais. - Alors elle mourra.
Ecoutez-moi.
Allons... Tu ne veux pas que je sois en retard aux jeux?
Espèce de garce.
Je vous aime.
D'ici, on ne voit rien.
Il ne restait que ça.
Les Maïus sont mieux placés.
Nous verrons moins bien qu'eux.
Nous sentirons moins l'odeur du sang.
Je parie 500 sesterces sur Merius le Gaulois.
Et moi, 200 sur le Grec.
Viens, au lieu de perdre ton argent.
Les chrétiens pourront-ils se défendre?
Il me reste deux places.
Asseyez-vous à côté de moi.
- Quelles couleurs pour les chars? - Bleu, vert et rouge.
Je mise tout sur le vert.
J'ai vu plus de mille cercueils pour les morts.
Je chante pour les gladiateurs et j'injurie les chrétiens.
- Trois programmes. - Pas pour moi.
J'ai changé d'avis.
Le seul liquide rouge que j'aime, c'est le vin.
Qu'il s'en aille.
Il est trop sensible.
J'ai perdu mes billets.
Tu ne te rappelles pas des numéros?
- Les lions rugissent. - Ils sont affamés.
Ils n'ont pas mangé depuis des jours.
- Beau programme! - Les derniers étaient décevants.
Néron dit que ce sera le meilleur que Rome ait connu.
Il était temps.
Il n'y a presque plus de mises à mort.
La dernière fois, sur 80 gladiateurs, seulement 7 ont été tués.
Cent chrétiens.
Ça ne dit pas comment ils seront tués,
seulement qu'ils seront exécutés.
Fais confiance à Néron, ce sera bien.
Et sanglant à souhait.
Heureux les affligés, car ils seront consolés.
J'ai la foi. Viens me sauver tout de suite.
Bientôt, nous aurons à répondre de nos péchés devant Dieu
et nous devrons affronter Sa colère.
Sa miséricorde, Tyros.
Il n'y a plus de miséricorde.
Elle ne fait que commencer.
Je vous le dis...
Heureux les humbles, car ils hériteront de la terre.
Ma fille...
Stéphane?
Je me demande où est Bucco.
Qui va lui donner à manger?
Tu dis ça parce que tu as faim?
Non.
De l'eau!
De l'eau!
Je lui en apporte.
- Nous l'avons prié de nous épargner. - De nous protéger.
Où est-Il?
Il est plus près de nous que jamais.
Heureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde.
Marchez sur le sable sans peur, en chantant!
Nous avons péché. La mort ne nous sauvera pas.
Au voleur à côté de Lui sur la croix,
qui voulait qu'll se rappelle de lui, Jésus a dit:
« Aujourd'hui tu seras avec moi au paradis. »
- Il l'a fait passer par-dessus? - Oui.
Mon Dieu!
Ça commence!
Ave César!
Ceux qui vont mourir
te saluent!
Je parie 50 pièces sur le Gaulois.
Moi, autant sur le Grec.
Je savais qu'on ne verrait rien de si haut.
Si ce n'était pas pour ta femme,
mais pour une charmante amie, tu aurais pris une loge.
Mais pour ta femme, c'est suffisant!
Avant le mariage, tu t'en contentais.
Car on était encore amoureux!
Le Gaulois va gagner!
Je parie 300 sesterces sur le Thrace.
- Le Thrace? - Celui-là.
Moi, je parie sur le Gaulois.
- Si je gagne, je donne un banquet. - Tu vas perdre!
Ayez pitié!
Pitié, César!
A mort!
300 sesterces.
Ave César!
Regarde!
Majesté, elle entrera seule.
Le Christ s'est réveillé des morts pour la gloire de Son père,
pour que nous puissions entrer dans une nouvelle vie.
Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit.
Que Ta volonté soit faite, sur la terre comme au ciel.
Donne-nous aujourd'hui notre pain de ce jour.
L'heure est venue...
Nous n'avons pas peur.
Debout!
Je veux rester avec toi.
Je n'ai pas peur.
Allez!
Où allons-nous?
Nous allons rejoindre ta mère.
Avancez fièrement, chantez!
Je ne peux pas y aller!
Titus l'a dit:
« La mort n'est qu'un passage qui conduit à notre Père. »
C'est toi, Mercia?
- Tu devras entrer seule. - Je veux être avec eux.
Ordre de l'impératrice.
Faites sortir cette vermine!
Notre tristesse deviendra joie.
Joie!
J'ai la foi!
Je n'ai pas peur.
Je n'ai pas peur.
La mort sera vaincue!
Allez!
Venez à moi, ceux qui ont voyagé et sont accablés,
je vous donnerai le repos.
C'est à Toi qu'appartient le règne...
Debout!
Je veux vivre.
C'est plus fort que moi. Je veux rester en vie.
- Souviens-toi... - Je les ai tous trahis.
Je les envoie tous à la mort
mais je ne veux pas y aller, j'ai peur.
Je suis un lâche! Le Seigneur me détestera.
C'est ton corps qui a été faible, pas toi.
Oui, c'est mon corps.
J'ai essayé mais je n'ai pas réussi.
Faites-le sortir!
Souviens-toi de Son courage.
Garde la tête haute, aie confiance.
J'ai confiance en Lui.
J'aurai confiance.
Je suis prêt.
Regarde-moi.
Tu dis que tu m'aimes,
tu ne veux pas rester avec moi pour toujours?
Si mais...
Alors va, n'aie pas peur. Crois en Lui.
Je te rejoindrai bientôt.
Oui, Mercia.
Faites-le sortir d'ici!
Je serai tué en premier...
mais j'essaierai de t'attendre,
pour qu'on puisse aller vers Lui ensemble.
Je serai près de la porte et nous chanterons.
Et toi, tu marcheras seul...
en chantant.
Mon Dieu, pourquoi?
Mercia, tu ne dois pas y aller.
Faisons vite, je viens te libérer.
Je peux te sauver, j'ai supplié Néron.
Il accepte de t'épargner à une condition,
que tu abjures ta foi.
Mercia, tu m'entends?
Pauvre Marcus, tes yeux sont troublés.
Tous les dieux prétendent être uniques.
Mais ils ne sont qu'illusion.
Le tien ne vaut pas mieux. Renonces-y!
Non. Pas Lui.
Si tu ne vis pas pour toi, vis pour moi.
Je t'aime, ne le vois-tu pas?
Je l'ai déjà dit, sans savoir le mal que je te faisais.
J'étais et je suis encore perdu, mais je sais une chose,
c'est que je t'aime.
Je ne peux pas vivre sans toi.
Hier soir, j'ai prié, comme je t'imagine le faire.
J'ai demandé à Dieu de te sauver, de te donner à moi.
Il ne m'a pas écouté car il n'est pas dans mon cœur.
J'ai essayé, en vain.
Alors c'est à toi que j'ai adressé ma prière.
Je recommence. Mercia, vis!
Renonce à ta foi. Vis et deviens ma femme.
Devenir ta femme...
- Si tu m'aimes... - Oui.
Ne me quitte pas.
Je t'aime, Marcus.
Si tu savais à quel point.
Mais je ne peux rester.
Fais semblant de renoncer à ton dieu.
Je ne crois pas en lui mais le respecte. Tu ne le perdras pas.
Savoir que tu m'aimes, ça me suffit.
Comment tu peux nous faire ça?
C'est plus fort que nous et que notre amour.
Mercia, vis!
- As-tu vu sortir Stéphane? - Oui, c'était horrible.
Pourquoi dois-tu y aller?
- Je lui ai promis de le suivre. - Tu dois vivre!
- Je dois les suivre. - Si tu meurs,
je mourrai aussi.
Tu dois vivre.
Car un jour, tu sauras ce que je sais.
Non, jamais.
Pas sans toi.
Toi, tu pourrais m'apprendre...
C'est ton tour!
Seigneur.
Marcus, un jour, tu sauras.
Non, jamais. Je crois en toi, pas en ce Christ.
Seigneur, ils attendent.
Tout cela est vrai, la vie et le bonheur éternels?
- Même pour moi? - Oui, Marcus.
Je te crois.
Avec ce Christ, nous serons toujours ensemble?
- Oui. - Alors je t'accompagne.
Je viens avec toi.
- Ce n'est pas juste. - Si.
Je serai avec toi pour toujours.
- Seigneur, l'empereur... - Oui.
Nous sommes prêts. Viens, Mercia.
Tu me plains, mais je suis heureux.
Je ne peux y croire.
Un étrange espoir me saisit.
Je suis bien plus heureux.
Tu veux que je vienne?
Je t'aime.
Alors viens.
Il faut que tu m'apprennes, que tu me conduises.
Un jour, je saurai. Donne-moi ta main.
Je ne connais pas votre chant.
Je ne regarderai que toi...
en pensant que tu es ma femme.
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