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Marie-Louise?
Non.
Marie-Louise?
Attends.
Je ne veux pas.
Laisse tomber, Mich�le.
Je t'attends.
Non.
Tu paieras... Je le veux.
Et moi, je ne veux pas.
Je suis occup�e.
C'est l�gal. Je te dis que c'est l�gal.
Dis, Mich�le, nous irons, pour la photocopie?
Demain?
Tu sais que je ne peux pas y aller seule.
Mich�le, la photocopie...
Elle l'a voulu. C'est elle qui l'a voulu.
Ils ne peuvent pas revenir en arri�re, c'est l�gal.
Viens d'abord. Allez, viens.
Assez, Mich�le.
Assez.
Je ne veux plus.
Je t'en supplie, arr�te.
C'�tait trop, Mich�le, ma beaut�, ma bien-aim�e...
Rends-moi �a, salet�!
Regardez-la. Elle ne pense qu'� son plaisir.
Rends-moi cette broche!
Oh, tu me d�go�tes!
Ce n'est pas le moment du fauteuil.
C'est fini. Je ne t'ob�irai plus.
Tu n'es qu'une salope!
Alors que tout est � faire,
� l'heure qu'il est...
On ne sait plus quel jour on est.
Dis, Mich�le,
n'est-ce pas qu'ils ne peuvent rien?
Mais il n'y a qu'� y aller, pour la photocopie.
Mich�le, tu ne veux pas?
Regarde-moi.
Mich�le, je te demande pardon.
Non, non...
Comme elle �tait courageuse.
Elle baissait la t�te, se dressait sur ses pattes de derri�re...
Tais-toi!
L'aube, bient�t apr�s la nuit...
Mais elle voulait durer. Elle tapait, elle piquait...
L'aube vint...
et elle se coucha,
sanglante,
dans l'herbe tendre.
Et alors, le loup la mangea.
Et apr�s? Apr�s que le loup l'a mang�e?
Tu le sais. Tu le sais, que tu m'as g�n�e?
- Garce! - Dis donc, toi...
Tu en veux une autre?
Que va-t-on dire de nous?
Il y a un d�sordre extr�me.
Tais-toi.
Ne me tente pas.
Viens ici.
Quoi? Qu'est-ce que j'ai dit?
Il y a un d�sordre extr�me, n'est-ce pas?
Il y en a partout.
Allez, oui, tu peux taper.
L�, l�, l�...
Allez, frappe.
Brute!
Au lieu de nous faire payer.
Il y a 3 ans que je travaille pour rien.
Pourquoi Madame paierait ses domestiques
puisque tout est � l'envers?
Et Mademoiselle?
Dans quel cas mettons-nous Mademoiselle?
Apr�s ce qu'elle a fait pour nous.
Connasse, va!
Alors que nous pouvions avoir la photocopie.
Ordure!
Ils ont bien raison.
Comment leur donnerait-on tort?
Qui a su se rendre insupportable?
Monsieur et Madame
sont meilleurs que leurs domestiques ne le disent.
Monsieur et Madame
sont bons quand ils s'y mettent.
Ils ont certes des qualit�s nombreuses.
Mich�le...
Assoiff�s de vertu, ils se noient dans le vin.
Les ma�tres ont leurs raisons.
Madame est sans un sou.
C'est vrai, elle ne poss�de rien.
Ni ici, ni ailleurs. Ferme-la.
Monsieur est beau parleur.
Monsieur d�croche.
Mich�le, toi aussi. Tais-toi.
C'est vrai, il n'est pas si mauvais que tu le dis.
Mais oui. Et Madame a du style.
�a va, hein.
Si tu avais promis de venir avec moi demain, nous serions sauv�es.
Pourquoi pas?
J'irai, oui.
Pendant ce temps, tu commenceras � d�blayer un peu.
Qu'est-ce que tu dis?
Tu voudrais me laisser seule?
Dis que tu ne le feras pas. Mich�le...
Oui.
Dis un peu ce qu'il y a sous l'�vier?
Deux poubelles pleines,
un r�veil cass�, des couverts, des couteaux,
du papier, une cocotte, des bidons...
Et qu'y a-t-il dans les armoires?
Tout est dehors!
Il fallait s'y mettre plus t�t.
Va dans la cuisine.
Je m'occuperai des chambres. J'irai pas � la cuisine.
Pour une fois, tu iras sans moi.
Je le veux.
Garce!
Je veux visiter la maison une derni�re fois...
seule.
Tout ce que je ne reverrai plus,
ce qui a �t� notre vie,
les jours de notre vie...
Je t'en supplie.
Ils n'ont point tort, n'est-ce pas?
Monsieur est gentil? Madame n'est pas mauvaise?
Non, non, Mich�le...
Dis-moi ce que tu veux.
Tu veux que je recommence?
Ce qu'ils veulent est l�gitime.
Qui ne ferait pas de m�me � leur place?
- Tu as entendu? - Tais-toi.
Ne me laisse pas.
Tu n'avais pas rentr� les poules?
Allez, petit voyou.
Tu les as enferm�es.
Tout �a a pondu, tout �a a crott�. Va chercher les �ufs.
Ils ne pourront pas se manger entre eux,
- Quoi? - Ils peuvent pas
puisque �lisabeth l'a voulu, voyons. Elle a sign�.
Les poules, elles sont � nous, maintenant.
Ils ne peuvent pas.
Allez, allez, allez.
Mich�le,
tu dois garder confiance.
Tu dois croire en ta s�ur.
Ils paieront l'arri�r�.
Ils paieront.
- Ils pourront payer. - Non, ils ne le pourront pas.
Combien de fois nous ont-ils d�j� renvoy�es?
Non, tais-toi.
La vieille sait ce qu'elle veut, va.
Ils s'arrangent pour que Mademoiselle retrouve son mari.
Les affaires s'arrangent.
Eh bien, je supplierai Madame.
Tu entends? Je la supplierai.
Le gravier qui craque,
des pas dans l'escalier,
et alors les foss�s,
l'herbe tendre...
Nous coucherons dans les foss�s, voil�.
Nous resterons ensemble.
Calme-toi, Mich�le.
Dis-moi o� est la lettre.
Dans le bureau?
Mich�le, la lettre du notaire de Limoges?
Tu verras qu'ils ne pourront pas vendre.
Et s'ils ne revenaient pas, Mich�le?
Ils auront peut-�tre un accident.
Je t'en supplie,
je veux que tu ailles mieux.
Mich�le,
comment dit-on quand une lettre n'arrive pas?
Quand la preuve est faite que la lettre est partie
et qu'elle n'a pas �t� remise au destinataire?
C'est du courrier �gar�, ch�rie.
C'est comme �a qu'on dit.
Tu ne veux pas penser au brouillard?
En octobre, il y a du brouillard toute la nuit.
Tu as vu comme la lune �tait laiteuse?
Tous les oiseaux dorment dans le brouillard.
�coute, Mich�le,
quand c'est expr�s,
quand elle n'arrive pas parce qu'elle est vol�e,
que c'est prouv�, que le vol est prouv�?
Tu comprends, Mich�le? C'est s�rieux, ce que je te dis.
Je sais.
Je sais exactement comment �a s'appelle.
C'est un d�tournement de correspondance.
Tu ne trouves pas bizarre qu'ils aient emmen� Mademoiselle,
pour les remettre ensemble, elle et M. Philippe?
Possible.
Mais c'�tait pas du tout la place de Mademoiselle.
C'�tait pas � elle d'aller chez son ancien mari.
Alors?
M. Philippe a fait des tas de choses pour que �a s'arrange.
Et la lettre que j'ai d�chir�e tout � l'heure,
la lettre de Limoges,
elle �tait sign�e par le notaire
avec son adresse �crite � la main sous la signature.
Il n'y avait pas d'en-t�te.
Une lettre de notaire,
sans rien d'imprim� � gauche.
Dis, r�ponds-moi, Mich�le.
Mais c'est impossible.
Les voil�!
Mich�le !
Je n'ai pas pu faire autrement. Il fallait sans doute qu'il en soit ainsi.
Qui de nous peut jurer d'un d�vouement sans m�lange?
Et dans ce d�vouement,
sommes-nous s�rs de ne vouloir que le bien sup�rieur d'autrui?
Je reste. Voil�, je reste.
Et je mentirais en disant que je reste pour vous.
Mais enfin, je reste.
Je reste pour les miens et pour vous.
J'abandonne des projets personnels et combien l�gitimes,
mais j'ai �t� profond�ment choqu�e, d��ue.
C'est tellement grave, de s'engager corps et �me.
J'aime mieux consid�rer que tout est fini entre Philippe et moi.
Vous �tes pour beaucoup dans ma vie,
et je vous veux �norm�ment de bien.
�a va, Marie-Louise?
Je la trouve un peu p�le.
Voil�. Maintenant, je sais.
Je suis heureuse de ne pas m'�tre tromp�e davantage.
Voil�...
Voil� le retour.
Mes chers platanes.
Et tout le d�cor de notre vie, cette maison,
mon grand salon et le piano...
C'est vers cet ami fid�le que je vais aller d�s l'abord.
Vous devriez aider Madame pour les valises.
Si je m'en m�le, �a fera des histoires.
� tout � l'heure.
Excusez ma grandiloquence.
Nous n'avons pas encore mang�. On a �t� tr�s retard�s.
Nous ne dormons plus, monsieur. Nous ne dormons plus.
Nous ne dormons plus, madame.
Nous sommes dans la plus grande des peines.
Nous esp�rons en vous.
Pourrions-nous avoir une bonne soupe � la citrouille?
Je ne sais pas si vous en aurez...
Madame ne prend pas ses d�cisions sans vous.
Allons! Allons!
Vous n'avez pas le droit. Vous m'entendez?
Taisez-vous. Ce n'est pas le moment.
Vous �tes plus mis�rable qu'elle.
Taisez-vous, voyons.
Je vous avertis, monsieur, que nous venons de vivre ici comme des b�tes.
Vous l'avez fait expr�s, de rentrer plus t�t.
Pour nous surprendre, trois jours � l'avance.
Que va-t-il arriver?
Avez-vous fait les lits?
Hier, nous avons fait une f�te. Vous �tiez loin.
- Ce sont nos derniers jours. - Que voulez-vous dire?
Je ne sais pas ce qui va arriver.
Pourquoi �tes-vous rentr�s � l'improviste?
Allons � la cuisine. Essayons de tout arranger.
Vous inventez encore par lachet�.
Si vous ne voulez pas la porter, Marie-Louise peut la porter.
Vous ne voulez pas qu'on vous serve dans vos chambres?
C'est une attention.
Pourquoi vouloir nous faire manger dans nos chambres?
Je ne suis pas �lisabeth, pour faire toutes vos volont�s.
Vous �tes-vous seulement lav�es?
On ne le dirait pas.
J'ai compris, mauvaise femme.
Vous avez voulu que ma s�ur porte la grosse valise.
Vous savez qu'elle est faible de la colonne vert�brtale.
J'aimerais mieux des insultes!
Vous saviez que c'�tait la plus lourde des valises.
Il est des choses que nous ne tol�rerons pas.
Taisez-vous. �a recommence.
Mich�le!
Andr�! Andr�!
Je vous en prie, Andr�!
La paix, l�-bas! La paix, mis�rable!
- Andr�! - Quoi? Qu'est-ce qu'il y a?
Ma s�ur. C'est ma petite s�ur, voyons.
Vous vous �tes fait mal?
Oui. On a abus� des forces de ma petite s�ur.
Andr�, allez-vous-en. Allez-vous-en.
Ne regardez pas. Je vous dis de rentrer.
�lisabeth, ne montez pas.
Oh, quelle horreur!
Oh, les chemises de nuit. Est-il possible?
La vieille valise que j'avais vid�e.
�lisabeth, ne pleurez pas.
Ces filles sont maudites. Elles ne m�ritent pas vos larmes.
N'attirez pas le malheur sur nous.
Andr�, vous me bravez? Allez dans votre chambre.
Mais enfin, tout de m�me, je viens de faire 170 kilom�tres,
et je voudrais savoir quand on pourra manger.
Mon enfant...
- Ce n'est pas son enfant. - Tais-toi.
Pr�c�dez-moi dans les chambres.
Vous avez failli vous opposer � notre sauvetage
et nous laisser nous enfoncer dans la ruine.
Je ne saurais qualifier votre attitude.
Il y aurait beaucoup � dire, plein de choses.
- Comment? - Ne vous donnez pas la peine,
je vais monter cette valise.
Ne dites pas qu'il n'y a rien dedans. Il y a des chemises de nuit et des mouchoirs.
- �a p�se. - Mais elles vont me faire tomber.
L�chez-moi!
� moi, Andr�! � moi!
Gertrude, l�chez la valise. Mais elle �tait vide.
Mais montez. Je veux me d�shabiller.
Elles ont failli m'�touffer.
Ne touchez pas cette rampe. Elle ne tient plus.
Montez, ma ch�rie, je vous en prie.
Andr�, Fernand est-il venu tous les jours?
- Comment?
- Fernand est-il venu tous les jours?
Non. Il viendra jeudi. J'irai le pr�venir.
- Il faut un homme en notre absence.
- Il voulait refaire son jardin.
Nous allons descendre, Andr�. Je suis fatigu�e.
Hein? Quoi?
Oh oui, oui. Quelle bonne voiture.
Et quelle �conomie.
Ce tiroir a �t� ouvert.
M�me pas 10 litres aux cent.
M�me pas 10 litres pour le retour.
- Apr�s avoir touch� ces objets, il faut que je me relave les mains.
Je ne retrouve pas la moiti� des choses.
Mich�le?
Le mieux serait que vous descendiez.
Il y a trop de choses � faire ici pour pr�tendre terminer.
�lisabeth, allez � la cuisine et surveillez un peu.
Il faut vous d�brouiller, Mich�le. Nous avons de l'�picerie.
L'�picier est venu et donc je lui dois davantage.
� force de devoir, j'ignore comment payer.
J'esp�rais avoir de la citrouille.
Il y a ce qu'il faut, le frigidaire est plein.
Ce n'est poas parce qu'il n'y a pas de frigidaire
qu'il faut �tre sarcastique.
- Je plaisantais, madame. - Vous avez mieux � faire.
R�chauffez des conserves au bain-marie..
Il n'y en pas. Vous n'aviez pas laiss� d'argent.
Simple oubli, n'est-ce pas? Des ann�es que �a dure.
Que va-t-elle chercher?
Quand je suis partie, les armoires �taient pleines.
Faites marcher le confit d'oie.
Que croyez-vous que nous avons mang� pendant 9 jours?
Il nous fallait bien subsister.
Nous ne pouvions nous nourrir d'un rayon de soleil.
Je n'ai jamais pens� que vous vous nourrissiez de soleil.
Marie-Louise, tournez-vous. Tournez-vous.
Vous vous �tes mise sur le dos pour boire?
Andr�, regardez donc Marie-Louise.
Je crois savoir, M�re, que l'�picier n'est pas venu.
�lisabeth a s�rement raison. Il n'est pas venu.
Si j'�tais � sa place, je ferais de m�me.
Je voudrais que les choses ne s'enveniment pas davantage.
Pendant notre absence, il fallait qu'elles se nourrissent.
Je suis persuad�e qu'elles ont pr�par� un repas.
- Nous sommes arriv�s impromptus. - Du moins vont-elles le faire.
Ces �tres travaillent, m�re.
�lisabeth...
vous �tes libre certes de refuser Philippe,
mais votre p�re et moi vous supplions de retrouver la paix.
Ce que vous faites pour ces filles compromet notre derni�re chance.
Que votre p�re ne puisse pas vendre,
mais c'est l'impossible, �lisabeth, l'impossible.
Vous comprenez?
- Vous comprenez, n'est-ce pas? - Elle comprend, allons.
C'est une chose reconnue par tout le monde.
Il faut qu'�lisabeth se d�gage.
Elle doit se remarier et faire des enfants.
En attendant le repas, je vais faire un tour au chai.
Vous m'y rejoindrez, Gertrude?
Quelle folle!
Allez.
- Viens ici, imb�cile. - Laisse-moi.
Esp�ce de cochonne.
Je vous dis qu'elles sont so�les.
Je l'entends davance: "Si les filles se so�lent,
"c'est qu'elles sont malheureuses."
Allons, il n'y a pas grand mal.
Nous nous sauverons.
Je vendrai l'h�ritage de mon p�re,
et nous serons heureux.
Andr�, je vous l'ai cach�,
la maison est envahie par les termites.
"Les termites"? Pourquoi pas?
Cela se traite.
Les termites n'iront pas aussi vite que moi.
Je dois trouver un acheteur qui nous donnera un bon prix,
r�colte comprise.
Un moment.
Gertrude, Gertrude, venez vite!
Venez vite!
Mes lunettes? Andr�?
Mes lunettes?
J'ai perdu mes lunettes.
Quel malheur!
Toute la r�colte de l'ann�e.
Ah, imb�cile!
Vous allez chasser ces monstres ce soir m�me,
sinon c'est moi qui m'en chargerai.
Esp�ce de sotte.
Comment les renvoyer si je ne peux pas les payer?
Nous leur devons trois ann�es de gages.
Gertrude, ma bonne amie, pardonnez ma violence.
- Quelle �pouvantable vengeance! - Non. Quelle intelligence!
Elles croient m'emp�cher de vendre
en me faisant perdre les 6000 litres de vin compris dans le lot.
Notre sort est entre vos mains, Gertrude.
Ne dites rien.
N'ext�riorisez pas. Taisez-vous.
Elles peuvent bien davantage.
Il faut vendre d'abord.
Je vous le promets, Andr�. Je vous le jure.
Je ne dirai rien, absolument rien.
Mais songez,
songez comme la vente e�t �t� facile
si �lisabeth n'avait pas donn� � ces filles
le poulailler et les b�timents.
Prendre une part de votre h�ritage pour le donner � ces monstres.
Vous savez que j'ai fait annuler la chose,
officiellement.
Oh, je n'ose regarder.
Qu'est-il arriv�, mon Dieu?
Le sucrier dans l'eau...
L'Aubusson!
Mon Aubusson, Andr�!
Andr�, l'Aubusson est dans l'�vier.
Mais pourquoi ce poisson...
Pauvre b�te. Il fallait la manger.
Mon service de Saxe!
Andr�...
Le service � gateaux!
Elles ne l'ont pas fait expr�s, voyons.
Ce sont des b�vues. Le principal reste intact.
Non, c'est moi. Non, Gertrude...
Andr�, je ne dirai rien. Rien.
Je ne dirai rien. Ne regardez pas, non.
Non, Andr�.
Il faut aller dans la salle � manger, il faut manger...
Il faut manger et nous coucher aussit�t.
Gardons une petite chance.
Mon enfant, qu'est-ce qu'il y a encore?
Mais que faites-vous?
Jamais je n'aurais cru.
Regardez-la.
Regardez.
Regardez ce que vous en avez fait.
Ayez piti�. Ayez piti� de sa jeunesse.
Voulez-vous la d�truire? M�chante!
Un m�decin...
Je veux un m�decin.
Je veux un m�decin pour ma petite s�ur.
Si nous sommes si maladroites,
c'est que nous sommes trop malheureuses.
Comprenez-vous, madame?
Il y a des droits que nous n'abandonnerons pas.
Nous voulons continuer � vivre, � esp�rer,
et vous ne pouvez pas vous opposer.
Vous ne voulez pas nous d�truire?
Ou alors, dites-le, que vous �tes des monstres.
Dites-le, que vous �tes f�roces.
Regardez dans quel �tat...
Mais �a br�le.
Il faut d'autres pommes de terre.
Emmenez votre s�ur dans le salon et venez m'aider.
Non. Je veux rester ici.
Ce n'�tait pas pel�!
Mich�le, vous n'avez pas surveill� Marie-Louise.
Croyez-vous que vous nous pardonnerez?
Que vous nous excuserez?
Je voudrais que ces incidents ne soient plus qu'un souvenir.
Quelle dr�le d'id�e. Des cr�pes...
Monsieur en est friand.
Il faut reconna�tre que �a aurait pu aller plus vite.
- Quoi donc? - Les cr�pes, madame.
Pourquoi �tes-vous arriv�s en avance?
Nous ne comptions sur vous que pour vendredi.
On est heureux de rentrer chez soi, n'est-ce pas?
- Vous ne r�pondez pas? - Mais si, mais avouez...
J'avoue, j'avoue.
Il me faut remonter. Je dois changer de bas. Je ne sais si vous r�alisez.
- Avez-vous vu mes pieds? - Quel malheur.
Les miens sont aussi souill�s que les v�tres.
Mon Dieu, quand j'y pense,
dans ma famille, � toutes ces soir�es
o� nous faisions des cr�pes...
Oui, oui.
Si Mlle �lisabeth avait voulu,
il y aurait un homme ici.
Taisez-vous. Vous oubliez Monsieur?
Excusez-moi.
Qu'est-ce que j'ai dit?
C'est l'�motion.
Comment pouvons-nous faire les choses normalement avec ce que nous savons?
Je suis incapable de marcher droit car j'ai beaucoup de peine.
R�pondez-moi.
Reprenez-vous, reprenez-vous.
Il nous serait p�nible que vous passiez en revue la maison.
On s'est un peu laiss� aller.
Mais nous sommes d�cid�es � prendre le droit chemin.
Je vous ai demand� des �ufs. Monsieur attend.
Savez-vous l'heure?
�lisabeth, je vous prie de me ramener des �ufs.
H�tez-vous.
La coupe est pleine.
Cela ne vous portera pas bonheur.
Pour moi, je ne suis pas n�e videuse d'ordures.
Il ne me pla�t pas de me souiller dans vos d�jections,
mettre les pieds dans la merde,
vider le crachoir de Monsieur...
Ce qui arrivera n'est pas dans votre t�te.
Vous verrez des choses dr�les.
Vous �tes une impudente.
Quand on a un oncle fonctionnaire, on ne se place pas comme domestiques,
serait-ce dans une maison des plus honorables.
N'emp�che que vos quatre volont�s ne sont pas le code de la loi.
Les circonstances commandent.
� cause de vos salet�s de cr�pes,
il faudrait que je d�laisse ma s�ur?
Vous l'avez rendue malade.
On ne fait pas des cr�pes � 10 h du soir.
�lisabeth, courez chercher des �ufs.
Allez chercher votre p�re.
Je pr�tends pouvoir d�ner.
Viens avec moi, ma ch�rie.
Faut-il d'autres �ufs ou non?
Viens. L'air te fera du bien.
Bien s�r qu'il nous faut d'autres �ufs, d'autres cr�pes.
Si nous avons des poules, c'est pour avoir des �ufs.
Vous �tes immondes.
Vous �tes des monstres.
Monstres! Monstres!
On va aux �ufs. On va chez nous
- Qu'est-ce qui se passe?
Il s'agit de quelque chose de sain, qui fera du bien � tout le monde.
C'est bon, les cr�pes.
La situation reste claire. Nous allons tous manger ensemble.
Pour �a, il nous faut des ingr�dients.
Mich�le et Marie-Louise iront nous chercher des �ufs.
Nous sommes en retard. Faut-il nous en excuser?
Andr�, Andr�...
Un million de vin...
Rendez-vous compte de la situation.
Pour faire l'int�ressante...
elle te bichonnait.
Si, elle te bichonnait.
Je me trouve bien.
Regarde les nouvelles toiles daraign�es.
Elles sont �paisses comme du linge.
Dis-moi que je vais m'endormir.
Regarde.
Regarde bien.
Tout est � toi.
Tout est � moi.
Tout est beau.
Tu es ma petite mouche ch�rie.
Tu peux dormir tranquille.
Dis-moi que nous sommes heureuses ici.
Nous y attendrons le jour.
Nous le verrons venir par les fentes.
C'est vous?
Marie-Louise? Mich�le?
�coutez-moi...
Il faut revenir tout de suite.
Je vous en prie.
Cela risque d'aller tr�s mal.
�coutez-moi...
Admettons que vous puissiez m'�couter.
Vous savez bien qu'il faut finir ces cr�pes.
Je peux les faire moi-m�me.
O� sont les �ufs?
Ah, les voil�. Vous permettez?
Je vous assure, il faut rentrer.
Vous ne vous doutez pas de ce que vous faites.
Revenez. Allez-vous-en.
Vous nous d�rangez.
On se repose.
Fichez le camp.
Enfin, attendrons-nous jusqu'� 1 h?
�lisabeth, ici, ce n'est pas votre place.
Cochonne! Pourquoi tu viens nous emmerder?
Laissez-nous, m�chante femme.
Femme de singe! Salope!
Hors dici, allez! Nous sommes chez nous.
C'est � nous, c'est � nous... Comment?
Elle sonne ses domestiques et crache son dentier.
Quoi? Conne! Conne!
Sortez d'ici,
vous qui ne voulez pas que nous mangions en votre absence.
Elle nous doit 3 ann�es.
C'est un comble. Ici, chez moi.
Madame, nous sommes ici en toute propri�t�.
Nous sommes dans la l�galit�.
Ces gens qui veulent manger des cr�pes en pleine nuit.
Ne vous chargez pas l'estomac, salope.
C'est vous qui n'�tes pas � votre place.
Vous allez vous salir. Il y a des crottes de poules.
Des �tres �chapp�s de l'enfer.
Elles ont touch� aux l�zardes, ab�m� un t�moin de pl�tre,
elles ont l�ch� le vin...
6000 litres!
1 million. Le vin de Capdeville.
Viens ici. Viens que je te caresse.
Des �tres si mis�rables
que la pudeur m'interdit den parler.
Elle a dit quoi, de ma s�ur?
Que faites-vous le soir, avec Monsieur?
C'est l'enfer! L'enfer!
Vous exag�rez, madame.
Vous croyez que votre maison tient debout avec du pl�tre?
Moi, je vous dis que tout est foutu.
Tout s'�croule.
Il y a des termites...
Je vous en prie.
Il ouvre son journal La maison s'effondre
On le retrouve dans la cave Faisant des mots crois�s
Ce ne sont que des cr�pes. �lisabeth, parlez-leur.
�lisabeth, madame �lisabeth.
Nous avez-vous donn� officiellement ce poulailler ou non?
C'est l'inspiration. J'y pense tout dun coup.
Pourquoi ne pas vous d�dommager?
La voil�, la solution.
On vous paiera la valeur de ce poulailler
et des terres attenantes.
Je vais en parler � Andr�.
N'est-ce pas, �lisabeth? Mais parlez donc.
Nous serions saisis.
Restons dans la l�galit�.
Ouvre la bouche, �lisabeth.
Nous pr�f�rons ces lieux � de l'argent.
Ces lieux ont une beaut� que vous �tes incapable d'appr�cier.
Marie-Louise.
Non. Je ne veux pas m'arranger avec vous.
- Vous qui �tes raisonnable et intelligente...
Au nom de qui et de quoi parlez-vous?
Comment? Vous n'�tes que la deuxi�me �pouse.
Comment parlez-vous de l�galit�?
Je le savais. Elle n'a rien.
Non, elle n'a rien. Rien n'est � vous, madame.
Elle se disait propri�taire.
Vous �tes s�par�s de biens. Vous avez lu mon contrat de mariage?
Elle faisait risette � ses bonnes... Tais-toi.
Tout est � Monsieur et � Mme �lisabeth.
Qui est plus b�te que m�chante.
Mais nous allons �tre saisis. Il faut vendre le plus t�t possible.
Non, il ne faut pas vendre.
Tous les proc�s qui vous attendent pour vices cach�s...
H�las, je le sais bien.
Mais nous avons fait r�parer.
Vous avez camoufl�.
J'�tais venue vous demander...
Je peux vous d�panner.
Je peux vous sauver tous.
Vous ne savez pas quelles sont mes ressources.
Mais qu'est-ce que vous dites?
Nous pouvons tout arranger, je vous le r�p�te.
Je ne suis pas plus b�te que vous. Je n'ai jamais dit cela.
Si. Elle a dit qu'on �tait vicieuses.
Je parle s�rieusement, madame.
Ce commerce peut refleurir. Nous pouvons regrouper la client�le.
La main dans la main.
Nous pouvons tout arranger.
Je sais mieux causer que torchonner.
Je sais parler aux hommes, et j'ai de l'orthographe.
Allez donc causer avec Monsieur.
Dites-lui aussi que ce qui est fait est fait.
Que s'il ignore la l�galit�,
nous avons dans notre famille
des personnes qui peuvent se charger de la faire respecter.
Les �ufs! Les �ufs!
Marie-Louise! Mich�le!
II faut rapporter les �ufs.
Monsieur attend.
Il faut terminer les cr�pes.
Les cr�pes...
- Que se passe-t-il? J'y comprends rien.
Aurons-nous des cr�pes, oui ou non?
C'est pas gentil.
Expliquez-moi ce qui se passe.
Laisse-moi.
Je t'aime.
Le conseil s'est r�uni?
Apr�s le bouillon,
le pr�sident retrouve ses id�es.
Elle est venue. Voil�.
C'est fini, Mich�le. Quoi?
Tu mens!
Je suis heureuse.
Aime-moi.
Aime-moi.
Vous devez le respect � Madame,
ma ch�re femme.
Madame est m�ritante.
Ma fille �lisabeth n'a point tort de vous vouloir du bien.
Mais je dois veiller � ce que les meilleures intentions du monde
ne fassent pas plus de mal que de bien.
Il faut croire le vieil homme.
Il faut faire confiance au vieil homme.
Personne n'aura � s'en repentir.
Il est de bons projets et il en est de moins bons.
Mais la charge des affaires m'incombe,
et c'est l� mon honneur, ma t�che sacr�e.
Mais le travail peut tout, et m�me des miracles.
Et je suis certain davoir �t� entendu.
Vous �tes courageuses, l'une comme l'autre,
et vous savez que jamais l'humeur n'a am�lior� le travail.
- Attention... Mich�le, que fais-tu?
Non, pas �a.
Non, Mich�le.
Il a v�cu comme tous les artistes: Difficilement.
Mais sa gloire est assur�e.
Son pr�lude en "la" mineur est le plus beau.
J'aurais cet air en moi jusqu'� mon dernier souffle.
Mais vous ne le faites pas expr�s, si?
C'est par l'�motion que vous ratez les notes.
Vous savez, Marie-Louise, que je suis maladroite.
C'est peut-�tre parce que vous �tes trop artiste, mademoiselle.
Elle est fort bonne.
Nous aurions d� nous arr�ter � Ferjac.
Entendez-vous, Andr�?
Il y a � Ferjac une auberge convenable,
propre et convenable.
J'en prendrai encore un peu. C'est tr�s r�ussi.
J'en veux dautre.
Si tu avais voulu, tu serais capable de jouer du Mozart.
Mais vous avez tout envoy� promener sans raison.
Avec tes doigts si souples et ton sens profond de l'art...
Mich�le, o� vas-tu?
Mich�le?
Mich�le!
Non, arr�te, Mich�le!
Ne me laisse pas! Mich�le, reviens!
Mich�le!
Elle hurle.
- Mich�le va chercher nos frites.
Si vous aviez pris du potage, vous auriez de quoi vous occuper.
- J'aurais besoin de le voir.
Il m'a toujours manifest� de la sympathie.
M�re,
je reprendrai du potage.
Nous arrangerons cela avec une petite lettre.
Non! Ma s�ur ne veut pas de soupe!
Ma s�ur n'en veut pas!
C'est une tr�s bonne soupe. Nous sommes sous le m�me toit,
nous devons partager.
- Si leur situation �tait si d�licate,
ils n'auraient pas achet� une voiture.
Leur cousin m'a confirm� ce que je savais d�j�.
Georgette regrette, maintenant. Mais non, elle est...
Elle est tr�s heureuse comme �a.
Il y avait du pain dans la corbeille. C'est le pain de Marie-Louise.
Madame, vous avez vu? Que se passe-t-il?
Qu'est-ce qu'il y a, �lisabeth?
J'�tais cousin avec sa 1 re femme.
Sophie Verley aurait apport� une soixantaine de millions.
Il est permis de prononcer le mot de "sauvetage".
- Il ne me semble pas
que Robert se soit mari� par int�r�t.
S'il est coupable dune ignominie mercantile,
�a ne lui aura pas port� bonheur.
L'enfant est � demi aveugle. Vous blasph�mez.
Dieu veille. Il sait punir.
Il n'est question que de marchandise humaine,
il n'est question que dargent.
Je ne m'�tais pas mari�e pour la propri�t� de Philippe.
Qui vous parle de votre mariage? Cet entretien m'est p�nible.
Il y a quelques heures,
j'ai d� renoncer, en tout �tat de cause,
� reprendre la vie commune avec Philippe.
Je pose la question: La femme est-elle un �tre libre?
J'aime Gertrude.
Calmons-nous, foutre. O� vous croyez-vous?
Chez moi, p�re,
et pour une part, chez feu ma m�re. Sans doute.
Cela n'est pas mon propos.
Que devient la vie sans ressources?
Et la femme sans amour?
Les faits sont les faits.
Le passif l'emporte de plusieurs millions sur l'actif.
Nous sommes accabl�s.
Des mouvements de terrain �branlent les fondations.
Voyons,
ai-je jamais song� � bafouer l'amour?
C'est moi qui viens de vous ramener � votre �poux.
Mais o� allons-nous
si vous vous obstinez � refuser la pension que vous offre Philippe?
Vous �tes libre, certes, mais nous coulons.
Moi aussi,
j'ai quelque chose � dire.
J'ai propos� de vous aider, de regrouper la client�le.
Il faut pouvoir compter les uns sur les autres.
Andr�, contr�lez-vous. Que chacun reste � sa place.
Je voudrais pouvoir m'exprimer dune fa�on pr�cise,
sans flou.
Ce qui compte essentiellement, c'est le probl�me de l'humain.
Nul ne vient au monde
avec sa destin�e inscrite sur son acte de naissance.
Nul ne vient au monde pour �tre domestique.
Ce mot m�me de "domestique" contient toute l'injustice
des hasards de la vie.
Le devoir de chacun de nous n'est-il pas de cultiver l'�quit�?
Cette �quit� exige imp�rieusement l'amour.
N'insultons pas � la condition des pauvres.
Je savais que vous viendriez, Mich�le,
que vous me feriez des reproches.
Mais je vous en prie,
n'y mettez pas une forme terrible.
Ainsi, je ne suis pas digne de manger le pain de Marie-Louise.
Vous l'avez fait expr�s?
C'est la communion, que tu veux?
Dis-le. C'est �a qu'il te faut?
Non, Mich�le, laisse-la.
Quoi que vous puissiez inventer,
ces affreuses paroles venues de l'ab�me,
j'ai le devoir de vous aimer,
et je vous le prouverai.
Vous �tes malheureuses et frustr�es.
Comment vous rel�veriez-vous?
Mon Dieu, quelle horreur!
Mais pourquoi ne vous le dirais-je pas?
Je sais ce qu'il y avait dans la soupe.
Vous avez crach� dedans.
C'est pour �a que vous n'en avez pas voulu.
Vous ne vouliez pas que je touche au pain de votre s�ur,
et vous m'avez laiss� prendre de cette soupe.
Viens, Mich�le. Ne restons pas l�.
Je veux que tu la gifles.
Gifle-la tout de suite. Gifle!
Non, Mich�le, arr�tez!
Vous n'�tes plus ma�tresses de vos actes.
Puissiez-vous comprendre que je ne vous en veux pas.
Le moment est venu de vous dire
que le souci que j'�prouve pour vous est cause de mon refus pour Philippe.
�a n'a pas march� parce qu'il ne voulait pas de vous.
Vous �tes trop moche
et trop pauvre.
Mich�le,
je crois que votre m�chancet� n'est que de surface.
Tout ce que j'ai fait pour vous,
le poulailler, la prairie,
m'a sembl� de bien peu dimportance.
Je veux que plus tard,
sur l'ensemble de ce bien dont je serai l'unique propri�taire...
� la mort de votre p�re? Oui.
Je veux qu'une part importante vous soit r�serv�e.
Ainsi serez-vous pourvue, Mich�le.
Et songez � Marie-Louise. Il faut qu'elle soit prot�g�e.
L'�quilibre viendra.
Je vais d�barrasser.
Suis-je vivante?
Marie-Louise, quel ab�me!
D�lib�r�ment, vous me trahissez. N'ai-je pas �t�
suffisamment pi�tin�e?
II faut donc que vous me perdiez?
J'ai tout entendu, tout.
Toi aussi, tu as parl�, Marie-Louise. Toi aussi, tu as parl�.
Vous racontiez qu'� la mort de mon p�re,
que j'attends sa mort...
Je t'en supplie, Marie-Louise, retournes-y.
Emp�che Mich�le de continuer.
Mich�le, cette monstruosit� d�passe toutes les autres.
Et Dieu sait que vous �tes riches, riches dinfamies.
Elle croit que nous avons tout racont� � Madame.
J'ai tout entendu.
Vous �tes un serpent dans mon c�ur.
Quelle andouille!
Vous ne songez m�me pas � ce que vous perdez
pour le plaisir de me faire du mal. Fracas.
C'est assez!
C'est vous, le scandale.
C'est vous, le d�sastre qui n'en finit pas.
Vous �tes une ordure.
Causez.
Puisque Madame sait tout.
Mais je m'en fous, moi.
Je me fous de tout.
Calmez-vous, �lisabeth.
Elle pr�tend que je vous racontais des choses.
J'ai tout entendu. On se moque de moi.
Qu'est-ce que vous dites? Elle ne sait pas. Elle d�lire.
Elle se figure que je vous racontais qu'elle attend la mort de son p�re,
qu'� la mort de Monsieur, elle disposerait de tout.
Comment? Ben oui.
Vous �tes sans rien. �lisabeth h�ritera de tout.
Elles n'ont m�me pas la prudence dans le mal.
Je n'ose comprendre.
Je n'ose comprendre.
Nous vendrons, entendez-vous? Nous allons vendre.
Mis�rable. Vous n'y arriverez pas.
On se moque de moi, on me bafoue.
M�re, c'est l'essentiel de ma vie.
Ne me touchez pas.
C'est Dieu qui a voulu que j'aie le sens de la justice.
Ne touchez pas la part de Dieu.
Allez vivre avec mon p�re, allez ailleurs,
partez donc.
Andr�!
Andr�!
Je sous savais �troite desprit,
mais qu'avez-vous donc dans la t�te?
Je vous renvoie. Vous entendez?
D�finitivement!
Vous partirez � l'aube.
Tu es une cruche, �lisabeth, et une mis�rable.
Andr�!
Andr�, venez vite.
Votre fille �chafaude un plan sur votre d�c�s.
Boh�mienne!
Pas demain.
Ce soir m�me, vous entendez? Ce soir m�me.
Faites votre baluchon.
Gertrude, oh!
Andr�...
Elles m'ont trahie, battue. Comment?
Elle attend votre d�c�s.
Elle attend votre mort.
C'est votre fille. Quoi? Ma fille?
�lisabeth?
- Elle veut garder votre bien pour le donner aux filles.
- Quoi? �lisabeth, mais disculpez-vous.
Oh, j'�touffe. Mais qui vous a fait tomber?
Oh, c'est �pouvantable.
D�barrassez-moi la place. Hors dici!
Vous n'avez pas le droit. Vous nous devez 3 ann�es.
Vous nous devez 3 ans.
Oui, je...
Va-nu-pieds!
C'est tout ce qu'il me reste.
Mais terminons-en, et d�guerpissez.
Assez, assez, arr�tez!
Tout ce que vous voudrez. Arr�tez!
Andr�?
Andr�, mon pauvre.
Assez! Assez!
Assez! Assez!
Assez!
Arr�tez! Arr�tez!
Arr�tez...
Assez! Assez! Assez!
Assez!
Andr�, qu'est-ce que vous faites? Mais vous �tes fou!
Andr�, mais arr�tez! Pardon.
Andr�, arr�tez.
Oh, mais c'est affreux.
Andr�!
Qu'est-ce que c'est?
Qu'est-ce que c'est?
Mich�le, que faites-vous?
II y a quelqu'un?
Non, non, non!
Je ne re�ois personne, pas � cette heure-ci!
Il y a un monsieur.
Il a fait le tour de la maison, frapp� partout...
Les autres sont � la porte.
- Voyons, mais qu'est-ce...
Qu'est-ce que c'est?
Gertrude, Gertrude...
Refermez!
Je vous dis de refermer.
- Philippe!
Philippe...
Je suis venu quand m�me.
Je craignais que vous ne soyez couch�s.
Je les ai amen�s avec moi. Tu m'acceptes dans le lot?
Mais dis-moi ce que tu as.
Mon Dieu, mais c'est le ciel! C'est le ciel!
Philippe!
C'est vous!
Le ciel l'a voulu. Vous n'imaginez pas, Philippe.
Comment allez-vous, Philippe?
Mais quel bon vent... Quel bon vent...
Comment allez-vous?
Philippe, ne laissez pas vendre! Tout s'�croule!
Il y a des termites!
Philippe, les termites!
La maison n'est pas vendable. Vous n'avez pas le droit de vendre.
Il y a des termites. Vous n'�tes pas un voleur!
Au voleur! "Des termites"?
Pourquoi ne me l'avez-vous pas dit? Vous avez eu le temps de le voir.
Vous me l'avez cach�.
Oui, mon cher, il y a des termites.
Mais je ne le savais pas, je l'ignorais.
Je l'ai appris ce soir, en revenant de chez vous,
il y a une heure. Croyez-moi.
Allons donc.
Ce sont des lictus, c'est-�-dire rien.
Quel est votre avis? Ce n'est rien.
Mais cette poudre de riz? Tout cela fait du roman.
Avez-vous d�j� vu des termites? Gertrude...
Avez-vous d�j� vu des termites?
Cet insecte...
O� l'avez-vous trouv�? Dans un bo�te.
Qui vous a donn� cette bo�te? Les filles.
"Les filles"?
J'ai eu les m�mes chez moi. Ils y sont toujours.
C'est du son, rien de plus. Ce n'est pas m�chant.
Il y en a pour 100 ans, madame.
Rires.
- Pourquoi n'aurions-nous pas �t� convaincus?
Pour une fois, ces malheureuses ont �t� sinc�res.
Je suis le plus coupable, j'y ai cru.
Il n'y a pas de termites. Je vais tout vous montrer.
Pourquoi dissimuler les l�zardes?
Je ne veux pas conclure la vente sur des �quivoques.
Voyez, regardez.
Regardez.
Rendez-vous compte.
Ces filles sabotent. J'ose l'affirmer.
Il y a sabotage.
Vous n'imaginez pas ce qu'on vient de vivre.
Pardon.
Excusez-moi.
Ouvrez, Mich�le. Ouvrez.
�tes-vous l�?
O� sont-elles? Je ne sais pas.
Il me reste � vous r�v�ler l'incroyable:
Elles ont ouvert un foudre en notre absence.
1 million de francs perdus, tout le dernier vin rentr�.
Je ne sais pas si je dois vous le dire,
mais elles nous ont battus.
Passons, passons.
Taisez-vous, Andr�.
Madame...
Ne croyez pas M. Philippe.
Il veut emmener sa femme. Le reste lui est �gal.
Il vous trompe. N'achetez pas.
N'achetez pas. Monsieur dit vrai.
Allez voir la cuisine, les chais, le toit,
allez dans notre chambre...
Madeleine?
Vous pouvez toujours b�n�ficier de la plus-value.
Jamais je ne reviens sur ma parole.
Oh, le taquin.
Nous sommes sauv�s, ma ch�re amie.
Messieurs, si vous voulez prendre place.
Je veux partir � ton bras.
Emballe ce qui te revient. Nous enverrons le camion.
Nous avons 15 jours. Je pars le c�ur rassur�.
C'est assez, comme bagage. Cette nuit.
C'est toi qui parles ainsi? Tu ne peux pas savoir.
Emm�ne-moi comme une vraie �pouse,
comme si la jeunesse faisait mon consentement.
Tu m'arraches du ch�teau de l'absurde,
et je m'en vais gu�rir contre toi.
Pour l'instant, abordons ces messieurs et leurs papiers.
Qu'attendent-ils de nous?
Qu'avons-nous � leur donner?
C'est tr�s r�gulier. Ce sont de bonnes habitudes.
C'est provisoire. Un provisoire d�finitif.
Le notaire est daccord. Il me fera un acte de vente.
Il n'y aura ni regrets ni surprises
de part ni d'autre.
Oh, pardon.
J'ai pris une r�cr�ation.
Faites comme chez vous.
J'ai une exigence. Une seule, mais j'y tiens.
Mettra-t-on mon honneur en doute?
Mes amis, si vous me permettez d'user de ce terme,
je vous d�clare que la cuisine est en parfait �tat,
en excellent �tat.
Je parle des murs, du plafond et du sol.
Mais il y r�gne une telle pagaille
que je ne signerai cette promesse, en accord avec ma fille,
que si nous en restons l� de la visite.
J'ai trop honte. C'est tr�s admissible.
Voici du caf�. Il m�rite d�tre pris au s�rieux.
Caf� pass� dans la mousseline.
Je leur ai tout appris.
Elles n'ont retenu que le caf�.
Allons, d�cidons-nous.
Montrez ce que vous savez faire.
Le 27 octobre. Sommes-nous daccord?
- Oui, oui.
- Il est 22 h 35, si je ne me trompe.
- Admettons qu'il soit minuit.
- Nous restons ici toute l'ann�e.
Je suis terrienne dans l'�me.
Il me faudra un grand jardin.
Nous irons en banlieue, et je jardinerai.
- Vous viendrez nous voir. Je ne crois pas.
- Mais vous aurez toute la vie devant vous
pour aimer votre futur jardin.
- Je n'aurai qu'une femme de m�nage.
Notre exp�rience m'a gu�rie de la domesticit� � demeure.
- Je ne peux vous offrir notre vieille Louise.
- Elle est vraiment bien? Oh oui.
Non, merci.
Oui.
Mais vous inondez tout!
Allez-vous-en! Vous m'importunez.
Mais allez-vous-en!
Mesdames, o� allez-vous?
Non, non, je ne veux pas.
Rien que la t�te, nous n'entrerons pas.
Pour faire plaisir � Mme Chartain.
Mais ce n'est pas convenable.
La cuisine est dans un tel d�sordre.
Mais nous ne...
Je veux vous avoir pr�s de moi pour la signature. Venez.
Et je signe.
Et voil�.
Messieurs, je suis entre vos mains.
Voil� qui est � vous.
Nous devons boire le verre de l'amiti�.
Gertrude, qu'avez-vous � nous offrir de bon?
O� sont les domestiques?
Mich�le, Marie-Louise!
La t�te seulement.
Marie-Louise, Mich�le, o� �tes-vous?
Il faut de la B�n�dictine. Soyez gentilles.
Non. Elles ne sont pas l�.
Mich�le...
Le carreau a failli voler en �clat. Elles n'�taient pas rassurantes.
Quel �ge ont-elles?
Ne t'en occupe pas. Reste ici.
Mich�le? Mich�le?
Je sais que vous �tes l�. C'est moi, �lisabeth.
Marie-Louise, ouvre.
Soyez des �tres comme tout le monde.
Venez au salon.
�lisabeth, laisse-les.
Mich�le, vous en avez assez fait.
J'ai �t� trop bonne.
Je vous ordonne de revenir.
Je fais mon possible
pour entretenir de bons rapports avec vous.
Je vous aurais recommand�es par correspondance.
Mais r�pondez, voyons. Voulez-vous r�pondre?
C'est comme vous voudrez.
D�sormais,
vous n'aurez plus � attendre de moi une recommandation.
Vous ne pourrez plus vous placer.
Je vous ferai rentrer dans une maison de religieuses
o� vous serez s�par�es pour votre plus grand bien.
Cela vous r�g�n�rera.
Elles ont ferm�. Je voulais vous offrir � boire.
�lisabeth, laissez.
On ne peut pas tol�rer �a.
Vous savez qu'elles ont tout d�moli, Andr�.
Mesdames, �lisabeth...
Veux-tu m'ob�ir?
Il faut faire quelque chose pour elles.
Venez vite! Vite!
Non, taisez-vous.
Je vous dis de vous taire.
Au moins de vous taire.
Je vous dis de vous taire!
De vous taire...
Ayez au moins la pudeur de vous taire.
Crapule!
Canaille!
Esp�ce de saligaud!
Vous �tes ignoble.
Vous �tes n� pour d�molir. Vous ne m�ritez pas vos titres.
Vous �tes un l�che!
Votre b�tise fabrique des crimes, ignoble individu!
Vous avez entendu?
Vous avez entendu ce qu'a dit votre gendre?
Vous �tes un �tre immonde, un imb�cile.
J'en suis t�moin. Un destructeur.
Vous ne pouviez finir que comme cela.
Esp�ce de malheureux bonhomme.
� la fin de l'automne 1933, dans la ville du Mans, en France,
les s�urs Papin ont �t� jug�es devant la cour dassises.
Elles ont �t� d�clar�es coupables et condamn�es...
l'a�n�e � la peine de mort, et la cadette � une peine de prison.
Mais lors du proc�s, la cour elle-m�me a soulev� la question:
"Quel �tait le v�ritable coupable?"
Sous-titrage: �clair Vid�o
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