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Je reviendrai avant la nuit, Marta. Prends soin de ma femme.
Ne vous inquiétez pas maître.
Madame Giulia aura de moi soin et attention, comme toujours.
Des soins et des attentions, je m'en fous !
Tu dois superviser, surveiller et m'informer
s'il y a des amants dans les alentours. - De quels amants parlez-vous ?
Quand vous allez à Florence pour affaire
Madame Giulia ne met pas le nez dehors.
Elle ne se penche même pas au balcon.
Madame est au-dessus de tout soupçon !
Au-dessus oui, mais je la soupçonne d'être en-dessous !
Oh ! En-dessous ou au-dessus...
Mais pourquoi cette vieille histoire chaque fois que vous sortez ?
Parce que je suis jaloux, je la tuerais si elle me trahissait.
Enlever ces sottises de votre tête.
Madame Giulia vous aime, vous respecte et elle ne vous ferait jamais de tort.
Oui, c'est vrai.
Mais tu dois superviser, surveiller et m'informer.
J'informerai, maître.
Et souviens-toi, n'ouvre à personne !
Ne fait entrer personne, pas même les femmes !
Elles pourraient être des maquerelles. Compris ?
Je reviendrai ce soir.
Va t'assoir comme d'habitude devant ma porte.
Et ne t'éloigne surtout pas.
Et si j'ai envie de pisser ?
Ouf... Tu te pisses dessus !
Tu dois superviser, surveiller et m'informer de qui entre et sort
et de qui erre dans les parages. - Soyez tranquille maître !
Pour mes besoins, je m'en occupe. Personne n'entrera par cette porte !
- Giulia ! - Marcuzio !
Giulia !
- Marcuzio ! Ma vie ! - Mon cœur !
- M'aimes-tu ? - Oui ! Et sans me perdre en bavardage,
je te le montre ici, assis, Disons plutôt tout allongé.
Oh ! Oh, que t'arrive-t-il ?
Allez, lève la patte !
C'est du propre !
Ah ! Tu me fais mourir ! Tu me rends folle !
Je vais te démonter ! Aujourd'hui, je vais te démonter !
Oui ! Détruis-moi mon amour ! Appelle-moi pute !
Pute ! Pute !
- Dis-le moi encore ! - Pute !
Oh oui ! Dis-moi que tu vas me payer !
Ne plaisante pas avec les choses sérieuses !
Tu es une pute mais gratuite ! Ah !
- Qu'est-il arrivé maître ? - La route était mauvaise
et ce hongre a perdu un fer en chemin.
Emmène-le au forgeron.
Et dès qu'il sera opérationnel, viens me voir, d'accord ?
J'y vais et je reviens !
- Tout est calme à la maison ? - Comme à l'église.
Pour entrer, un mécréant devrait passer sur mon corps !
Bravo ! Tu es stupide mais bon !
Ne passant pas sur le tien, ils n'arrivent pas à celui de ma femme !
Il y a plus de cornes à Prato que de grillons en Toscane ! Ah, ah, ah !
Et je suis un des rares qui peut marcher la tête haute.
Bernarda !
- Gertrude ! - Que veux-tu ?
Don Romildo est revenu à l'improviste.
- Il va les surprendre ! - Pauvre Madame Giulia !
Don Romildo est revenu, Il va surprendre Madame Giulia !
Oh mon Dieu !
Le scélérat. Il a fait semblant de partir pour tromper cette pauvre fille !
Va faire confiance aux maris !
Il lui a dit qu'il reviendrait tard, Madame Giulia l'a cru
et elle n'aura pas le temps de cacher son amant.
- Ah ! - Elle n'a pas eu le temps !
Traitresse ! Messalina !
Ah ! Il se disputent ! Venez !
- Prise en flagrant délit ! - Bien sûr !
Tu dis que tu pars et tu ne pars pas ?
Je t'ai prise la main dans le sac !
- Putain ! Salope ! - Fais attention à ton langage !
- Je suis une vraie dame ! - Oui ? Et lui ? Un petit garçon ?
- Qui est-ce ? - Si tu ne cries pas, je vais te le présenter ! - Non !
Je ne veux pas savoir ! Dehors ! Ramasse ce crétin !
QUAND LES FEMMES SE FAISAIENT APPELER MADONNE
- Hé ! Tu nous emmenes à Signa ? - Je vais à Prato !
- Hey ! Tu nous emmènes à Signa ? - Je viens de Signa, je vais à Prato !
Nous avons fait chou blanc.
Au moins, nous savons que la route de Signa est par là !
Hey, demandons à lui-là !
Hé ! Arrête !
- Hé, tu nous emmènes à Signa ? - Quel Signa ? Je vais à Prato !
Mais vous allez tous à Prato ?
- Bien sûr, il y a un procès pour adultère sur la place. - Oui ?
Un homme d'affaires a trouvésa belle femme au lit
avec la queue de son amant dedans ! - La chaudasse !
- Dites ? On va au procès ? - Et comment ! Ça en vaut la peine !
Montez alors, vous ne le regretterez pas !
Je suis parti d'Arezzo pour voir brûler cette truie !
Montez !
Allez ! Montez ! On va tous à Prato !
Allez !
En terre de Toscane, la loi ordonne que soit brûlée sur le bûcher la femme qui
est surprise d'adultère par son mari avec son amant.
Et cela sans distinction : qu'elle le fasse par amour,
pour de l'argent ou pour toute autre raison.
- Tu connais les lois, toi ! - Seulement celles des cornes.
Le jour où mon épouse décida de me les mettre.
- Et tu l'as dénoncée ? - Et comment !
- Ils la condamnèrent aussitôt ! - Morte sur le bûcher ? La pauvrette !
Quelle pauvrette ? Elle s'est enfuie avec le geôlier, la cochonne.
J'ai donc été cocu et berné.
Je l'avais dit à Madame de ne pas comparaître au procès, mais elle est là !
Elle a bien fait de se présenter.
Autrement, elle aurait dû vivre éternellement à la maison,
car s'ils la trouveraient dehors, ils la brûleraient vive sans procès !
Si le magistrat n'est pas là, on ne peut pas la condamner !
- Hey ! Regarde comme elle est belle ! - Qui ?
Celle-là !
Francesca, partons, ce n'est pas un endroit pour une jeune fille.
Mais père je peux très bien rester si frère Mariaccio a amené sa petite-fille.
- Et où sont-ils ? Je ne les vois pas ! - Là !
Les gars, regardez, elle m'a remarqué.
- Elle m'a montré. - Elle montre quelqu'un d'autre.
Comme elle est belle ! Quelle douceur ! Est-ce une créature céleste ?
- C'est Lucia, la fille du prêtre. - Les prêtres ne peuvent pas se marier !
Se marier non, mais avoir des enfants, oui.
Il suffit de les appeler petits-enfants !
Je t'ai amenée ici parce que le jour où tu te marieras
tu fuiras un crime que l'Église condamne avec le feu éternel
et que la loi punit avec le feu normal.
Le maire !
Procès public de la ville de Prato.
Contre Madame Giulia Varrone,
accusée par son mari Don Romildo
d'adultère, après l'avoir trouvée sous son propre toit
Et dans son lit, accouplée et consentante
avec le noble Marcuzio Lucani.
Accusée ! Asseyez-vous, restez assise pour le moment.
Êtes-vous Madame Giulia Varrone ?
Vous ne me reconnaissez pas, Sire Cecco ?
J'ai ce privilège, mais la loi demande confirmation.
C'est moi, en personne.
- Êtes-vous Marcuzio Lucani ? - C'est bien moi.
- Qui êtes-vous ? - Votre serviteur, Sire Cecco.
Je ne fais pas le recensement de mes serviteurs.
- Dites-moi le nom et le prénom ! - Romildo Varrone, excellence.
Don Romildo Varrone, si vous le voulez, vous avez encore le temps
De retirer la plainte et retourner chez vous avec votre femme. - Jamais !
Cette femme m'a trahi et je veux justice conformément à la loi !
Et justice sera faite !
Marcuzio Lucani.
La loi ne prévoit pas de sanction contre vous.
Ainsi, vous pouvez dire la vérité !
Vous êtes l'amant de Madame Giulia et vous avez couché avec elle ?
Je ne suis pas l'amant de Madame Giulia, et donc
je n'ai pas couché avec elle.
Pourtant, de nombreux témoins...
vous ont vu descendre de la fenêtre de la madonne.
Descendre oui, mais pas m'être allongé !
Je l'ai vu, votre excellence !
Unicus testis testiculus, est un couillon
comme on dit en latin ! Et votre parole
vaut autant que celle de votre femme !
Mais elle se déclarera certainement innocent !
Alors, vous garderez la femme que vous ne voulez plus
et les cornes que vous avez voulues.
Madame,
à ce stade, le procès est presque terminé.
Parce que cela dépend de votre réponse, qui est pour nous acquise.
Vous déclarez-vous coupable ou innocente ?
Je ne suis pas coupable, mais pas non plus innocente.
Mais il y a une contradiction dans ce que vous dites.
Si vous n'êtes pas coupable, vous êtes innocente, ou vice-versa !
Il n'y a pas de contradiction : pour vous, je suis coupable.
Pour moi, Je suis innocente.
Vrai, mon mari m'a trouvée dans les bras de l'homme que j'aime
et dont je suis bien aimée en retour.
Mais les lois doivent être faites avec le consentement de ceux qu'elles touchent,
alors que cette loi a été faite seulement par vous, les hommes,
qui, malgré le fait de dépenser peu, vous bêchez le jardin de la voisine.
Et vous nous condamnez à l'abstinence que nous pouvons
au mieux que vous satisfaire ! - Bravo ! Bravo !
Il n'y a pas de droits sans devoirs, ni de devoirs sans droits.
S'il y a la femme adultère, il faut un homme adultère et les deux sur le bûcher !
Bravo !
- Mais c'est une révolutionnaire ! - Qui connait bien son sujet.
- Une femme avec des couilles ! - Et non, n'espérons pas !
Messires magistrats,
si, au détriment de mon corps et de votre âme,
vous voulez être l'exécuteur, bien à vous.
Mais avant de me juger, demandez à mon mari
si à chaque fois et combien de fois il a aimé, sans jamais dire non.
Je me suis donnée entièrement à lui, et de tout mon corps.
Chaque fois ? Et combien de fois lorsque vous le souhaitiez, sans jamais dire non.
Madame se donnait-elle à vous entièrement ?
Chaque fois et autant de fois, toute entière et tout !
Mais quelle fréquence, à chaque fois, et combien de fois ? - Calomnie, calomnie !
- J'écrase souvent le mortier ! - Tu pillonnes, faut pas pousser !
Á chaque nouvelle lune comme une bête, pour assouvir tes seuls sens !
Je me demande, messires,
s'il m'a pris ce dont il avait besoin et ce qu'il aimait,
Que dois-je faire si j'en veux encore ?
- Vous en voulez encore ? - Je ne sais pas.
À vous de me dire.
Il vous en faut encore !
Dites-moi, je dois jeter aux chiens mon corps désireux d'amour
ou le servir à l'homme qui m'aime, et ne pas l'abandonner et le gâcher ?
Comment ça le perdre ? Comment ça le gâcher ?
La grâce de Dieu ne se jette pas aux chiens.
Je veux y voir clair dans cette affaire !
L'accusée rentre à la maison, où ce soir, nous ferons notre enquête !
La séance est suspendue.
Allez, vite, j'ai le sang à la tête !
Je dois me faire une saignée.
Tu vois comment finissent les mauvaises femmes.
- Ils ne l'ont pas encore condamnée. - Ils la condamneront.
La femme doit avoir un seul homme, son mari,
l'aimer, l'honorer et le respecter, tu comprends ? - Oui.
Mais si tu éloignes tout le monde de moi, je resterai une vieille fille.
Je te trouverai un mari
du moment que tu fuiras les tentations et que tu m'obéiras toujours.
- Oui, mais trouvez-le bientôt. - Ça te démange, hein ?
Dans la confusion, je l'ai perdue de vue.
- Moi aussi, mais Prato est petite. - Mais il ne faut pas aller à Signa ?
Mais pour quoi faire ? Arrêtons-nous ici, les dames sont si charitables,
elles qui, pour éviter de gâcher, se donnent à quiconque en a besoin !
C'est vrai.
Mais à Signa, ma tante peut nous loger.
Et ici mon oncle.
- Tu en as un dans ce paradis ? - Un frère de ma mère
qui prend soins que nos intérêts après la mort de mon père.
Il a une belle femme et une fille laide.
- Et il est comment ? - Pas vu depuis des années.
Je ne me soucie pas de l'apparence. Comment est-il de caractère ?
- Autant radin que riche. - Alors, il ne nous accueillera pas.
Il nous accueillera. Á contrecœur, mais il le fera.
Il doit 2000 florins à ma mère depuis l'année dernière.
- C'est la maison de Quinto Fulvo ? - Qui le demande ?
- Son neveu Ruberto ! - Ruberto ! Mon cousin !
Madame Peronella ! Que faites-vous ?
Votre père va me tuer ! Mais pourquoi, Berta ?
Vous ouvrez la porte quand vous ne devez pas.
- Vous embrassez le premier venu ! - C'est mon cousin Ruberto, idiote !
- Que dites-vous ? - Oui !
Je l'ai reconnu tout de suite, même s'il a grandi et est devenu beau.
Je ne pense pas que votre cousin soit ce gars.
- Tazio, je suis Tazio en fait ! - Moi, c'est Gisippo.
- Et je suis ton cousin Ruberto. - Oh !
Elle est un peu folle, mais simple et bonne.
Elle est bonne, elle est bonne !
Elle est également devenue belle, bien faite.
Bien sûr.
La dernière fois que vous êtes venu avec votre mère vous aviez 10 ans.
Une petite fille devient une femme très vite.
Mais fermez la porte et suivez-moi. Je vais prévenir ton oncle.
- Elle m'a étreint. - Elle t'a pris pour moi.
Eh bien ! Je souhaite beaucoup d'échanges.
- Peut-être même sa chambre... - Calme-toi, ne t'emballe pas.
- Es-tu jaloux ? - Tu parles !
- Voyons d'abord si l'oncle nous accueille. - Exactement.
Parce qu'avec une fille comme ça, je crains qu'il nous chasse. - Et non,
je suis tombé amoureux. - Tu vas le convaincre, pas vrai ?
J'espère pour toi et moi.
La fille que j'ai vu au procès me rend fou.
Moi c'est la petite-fille du prêtre, je l'ai toujours devantles yeux !
Prenez places messires, mon maître va vous recevoir.
Onze mille, douze mille, quatorze...
Oh mon cher neveu ! Viens ici dans mes bras !
Heureux de te revoir mon oncle !
Heureux de te revoir mon oncle ! Ta sœur, ma mère, te salue bien.
Le Gigia, ma chérie ! Comment va-t-elle ?
- Bien, je te remercie. - Eh !
Ce sont mes amis : Tazio et Gisippo.
- Enchanté ! - Braves garçons !
Donc, comme dans un jeune brigade, vous vous promenez insouciants, hein ?
- Un jour ici, un jour là... - Non, non ! - Non ?
Ici, nous resterons plus d'une journée.
Ah oui...?
Et où déjeunerez-vous ?
Dans votre maison, mon oncle, pour ne pas t'offenser.
Oh, bien sûr !
Tu ne m'aurais jamais offensé.
Mais je ne peux pas vous accueillir, toute la maison est bondée.
Grains, céréales... la récolte a été bonne cette année.
Ne t'en fais pas mon oncle, nous irons à l'auberge et
ma mère sera heureuse. - Heureuse ? Et pourquoi ?
Ta sœur, avant de partir, m'a demandé de ne pas te déranger,
en me payant une chambre avec une partie des 2000 florins que tu lui dois
et que tu m'aurais donné. - Bien sûr, je les lui dois.
Et je te les aurais donné, si je ne les avais pas investis
pour faire un peu plus d'argent. Dans votre intérêt, bien sûr !
Mais ne t'inquiète pas, regarde, il m'est venu une idée...
Je vous accueille, j'ai trois belles chambres.
Vous allez rester le temps que je trouve ces quelques florins à te rendre, hein ?
Deux mille, mon oncle. Deux mille...
Deux mille ? D'accord !
A partir de maintenant, tu ne dois penser plus à rien.
Mange, bois, dors et amuse-toi avec tes amis, hein ?
Ah, la jeunesse, la jeunesse... Quand elle part, elle ne revient plus !
Quand j'avais votre âge, je me débrouillais sans argent.
J'était un rusé !
- Et tu n'as pas beaucoup changé. - Bravo ! Tu es perspicace ! Allez !
Allez mon cher neveu ! Prenez place vous aussi !
Bienvenus dans ma maison ! Bon sang ! Il ne nous manquait plus que ça.
Gigia ! Oh, viens voir un peu !
Viens voir quelle belle surprise !
Tu ne reconnais pas ton neveu Roberto ?
- Bien sûr ! - Je me disais aussi... - Cher neveu.
Oh, femme ! Mais qui enlaces-tu ? Mais qui embrasses-tu ?
C'est lui ton neveu, et voici ses amis !
- Roberto, mon cher. - Content de te revoir tante Gisella.
Maintenant, va embrasser ton cousin.
Je peux père ?
Pour ton cousin, oui mais pas pour les autres.
- Mes amis Tazio et Gisippo. - Messires.
Mesdames.
De vraies madones !
Fini les bavardages femmes. Retournez à vos affaires !
Les garçons resteront ici un bout de temps.
Et de peur qu'ils se perdent, je vais leur montrer la maison, d'accord ?
Venez avec moi les enfants ! Venez, venez !
- Comme il est beau, maman ! - Il est devenu beau garçon, ce Roberto.
Mais je ne parle pas de mon cousin, mais de son ami. - Ah oui...
Beau et timide, alors que je l'enlaçais, il s'est raidi.
- Non, pas lui, l'autre ! Tazio ! - Ah, oui, mignon.
Comment mignon ? C'est un amour !
Attention à ne pas prononcer ces mots devant ton père !
Et ne te fais pas voir autour de ce Tazio !
Il les renverrait de la maison. Et je serais embêtée moi aussi !
Ne t'inquiète pas, Je le ferai quand il n'y aura pas mon père.
- Eh ? Que veux-tu faire ? - Ce que tu as fait pour piéger mon père.
Non, Peronella avant de te marier, tu ne feras pas cela.
Quoi donc ? Pourquoi, qu'as-tu fait avant ? - Rien.
De toute façon, Berta te surveillera jour et nuit. - Soyez tranquille.
Je ne la laisserai pas une seule minute.
Très bien, je serai sage.
Mais le jour après-demain, c'est le carnaval,
tu ne m'as pas donné l'argent pour les vêtements.
Ce n'est pas de ma faute si ton père fait la sourde oreille.
- Alors je resterai misérable et nue ! - Laisse tomber.
Tu es la plus riche de Prato et tu as assez pour te couvrir.
De toute façon, je gagnerai ce soir contre l'avarice de ton père.
- Et demain, tu auras l'argent. - Oh maman !
Et comment feras-tu pour le convaincre à ouvrir la bourse ?
Te refuser à lui comme l'a fait Lysistrata ? - Eh...
Et comment refuser, si je lui demande toujours des faveurs ?
J'ai mieux pour ce soir si notre médecin ne m'a pas trompé.
Demain, tu auras de quoi t'acheter beaucoup de robes ! - Ah !
C'est, modestement, la cave la mieux approvisionnée du pays !
Ces fûts contiennent le meilleur vin de la Toscane.
A partir de cette année, jusqu'au fond, comme vous pouvez le lire,
il y a en a qui ont 30 années passées. - Ah! Ce doit être l'ambroisie.
- Je vous en ferai goûter une goutte. - Vous êtes trop bon.
Pas toujours.
Alors... ici, il ne nous manque ni légumes, ni farine, ni fromage.
Ici les aromates : ail, oignons...
Et tout ce qui peut servir pour un bon repas.
Le jambon est abondant et le bon saucisson ne manque pas.
Et ça se voit !
Il y aussi des saucisses !
- Ce ne sont pas des saucisses. - Ah non ?
Eh... Ce sont les couilles des mâles
arrachées par mes mains
pour ceux qui ont osé lever leur regard de pécheur sur mes femmes.
Maintenant, vous êtes prévenus
ne faites pas de longues approches durant la journée
et ne quittez pas le lit la nuit, sauf pour des besoins urgents.
Oh oui, parce que si je sens que ma tête me gratte, alors...
- Tac ! - Ah !
Compris ?
Ainsi, vos mères n'auront pas le plaisir de devenir grands-mères.
- Mais je suis ton parent ! - Eh, parent ou voisin...
Á trois longueurs de mon gynécée ! Compris ?
L'inspection dans cette maison étant faite, vue la porte immaculée,
Le lit nuptial violé et la fenêtre entremetteuse
La servante et le garçon se sont déclarés
ignorants et étrangers au sujet de la liaison amoureuse.
En ma qualité de magistrat et au nom du peuple de Prato,
je passe à la solide preuve du quantum que prenait son mari
et du tantum que recevait l'amant.
Me faisant confirmer dans le jugement que je donnerai
par le médecin Ucciardini,
primus ante omnia des sommités de médecine de notre ville
et par le frère Mariaccio,
humble homme d'église, si sage et prudent.
Dans ces conditions, don Romildo Varrone...
procédez ! - Á faire quoi ?
Oh magnifique ! Cette chose là, non ?
- Devant tout le monde, j'ai honte. - Couvrez-vous avec les draps !
Même jusqu'au cou. Peut-être jusqu'au-dessus de la tête !
Ce qui est important, c'est que nous, la cour,
les experts des sciences ecclésiastiques, la médecine
de longue expérience, nous voyons clairement le mouvement.
La fonctionnalité, la durée, le pourquoi du comment,
pour déterminer si les allégations de madame Giulia
sont plus ou moins fondées. - Tout le monde va nous regarder ?
Bien sûr ! Et scrupuleusement !
- Et si je ne bande pas ? - Ils rigoleront !
Et non, Madame Giulia, vous allez le désarmer complètement ainsi.
- Je dis bien, messire médecin ? - Vous dites bien !
Influentia muieris
est décisif pour l'acte de consommation.
Il faut, en fait, que vous l'aidiez chaleureusement ! - Eh !
- Avez-vous entendu Madame Giulia ? - Parfaitement illustrissime.
Mais si je voulaisle bloquer, je ne pourrais le faire
à cause de ma nature exubérante et vorace.
- Viens ! Viens ! - J'espère.
- Les corps ne bougent pas ! - Ils ne bougent pas !
Je savais bien que quelque chose ne fonctionnait pas.
Mais que fait le mari ? Il temporise ?
Excusez-moi, Sire Cecco, je suis pris d'une grande angoisse !
Madame Giulia, s'il vous plaît, jouer la pute !
Je ne joue jamais, illustrissime, je l'ai toujours été.
Malheureusement, mon mari est lent au démarrage.
Alors allez-y doucement ! Mais avec trois soupirs
faites-nous signe quand il sera à plein régime.
D'accord.
Si mes efforts ne restent pas vains...
Messieurs, détendons-nous, nous sommes entre ses mains !
Quelle belle surprise que nous a faite notre cher neveu !
- L'enfoiré ! - Bonne nuit, papa !
- Bonne nuit ma fille ! - Bonne nuit. - Bonne nuit !
- Bonne nuit messires. - Bonne nuit madame !
Qu'attends-tu ?
- Á faire quoi ? - Á suivre ma petite fille !
Á partir de ce soir, tu dors avec elle.
- Ah oui. - Compris ? Avec elle !
Bonne nuit !
Ce sont vos chambres !
Dormez bien.
- Bonne nuit. - Bonne nuit.
- Bonne nuit madame. - Bonne nuit, messires. - Allez !
Et s'il vous plaît, messires,
dormez du sommeil du juste !
Personne n'osera poser les yeux sur les femmes !
Un moment, je suis en dehors de cela car cousin et neveu !
Oui, le danger vient de toi car tu aimes Peronella et elle aussi !
Et toi non ? Tu as troublé la mère en la dévorant des yeux !
Je pense seulement à la fille du prêtre ! Mais regarde ma tante ! Par conséquent...
Vu que je serais mêlé moi aussi, restez à l'écart du feu !
Très loin ! Avec toutes ces femmes dehors.
Bien sûr, vous avez trouvé des filles dehors, c'est facile pour vous...
moi par contre...
Mais tu veux laisser tes couilles dans la cave ! - Non, non !
Au contraire ! Je vais souffrir en silence.
- Eh, souffre ! - Souffre !
Je souffre.
Sa chambre est celle d'en face.
Alors quoi ? Que veux-tu faire ?
Allez le trouver et restez avec lui.
- Tu resteras avec moi. - Berta, l'amour m'appelle.
- Fais semblant de pas entendre. - Je ne peux pas, il hurle.
Alors bouche-toi les oreilles.
- Ton père nous tuera toutes les deux. - Mais s'il n'a pas tué ma mère
qui laisse tout grand ouvert. - Mais qu'est-ce que tu dis ?
Si tu as fait l'entremetteuse clandestine
pour ma mère, tu le feras pour moi aussi.
- Tu ne sais pas ce que tu duis. - Mais tu ne sais pas ce que j'ai vu !
- Ah oui ? - Oui !
De ce fait, Berta, tu m'aideras à profiter de Tazio.
- Ce soir même ? - Non.
Ce soir, je vais solliciter ses désirs avec ma visite.
- Et si ton père vous entend ? - Je vais attendre qu'il s'endorme.
Mais que regardes-tu ? Retourne te coucher !
Chut... Qui regarde, se sauve !
Quand les femmes veulent, 100 yeux comme Argos ne suffisent pas !
- Que veux-tu dire, femme ? - Ce que tu as compris !
Ah oui ? Et donc avec mes deux yeux, je ne pourrais pas me sauver !
Ne pose pas de questions stupides, viens te coucher !
Je viens, je viens ! Quand la femme veut... eh...
Quand ?
- Et combien de fois as-tu voulu ? - Que faisons-nous ?
L'inventaire des cornes à cette heure-ci ?
Regarde un peu la puce qui me vient à l'oreille !
- Ah... ah... - On y est ?
- Je suis prêt. - Enfin ! Aller-y !
Dés que je le trouve, illustre !
- Eh, il cherche quoi ? - Il cherche son passage. - Ah !
- J'ai trouvé ! - En effet, maintenant...
- En dessous, quelque chose bouge ! - Il bouge ! - Il bouge !
Il bouge ! Il bouge ! - Ah !
- Il ne bouge plus ! - Il ne bouge plus !
Eh, Don Romildo, vous ne bougez plus ? Don Romi ?
- Vous continuez, non ? - J'ai fini, excellence !
Déjà ?
- Madame, c'est consommé ? - Lui oui. Moi, malheureusement, rien.
- Ah, vous, malheureusement... rien ? - C'est bien obligé !
Il part lentement et arrive vite, Je pars vite et arrive lentement.
Nous ne sommes jamais synchronisés.
- Sveltina mariti non soddisfat mulierem. - Vous avez raison.
Les coups rapides vont bien pour les hommes.
Ne vous inquiétez pas, madame !
Vous trouverez le bon tempo avec la suite de la première fois.
S'il continue, je suis à votre disposition. J'essaie tout de suite !
- Puis-je faire quelque chose d'autre ? - Non, merci.
- Rien qui vous donne envie ? - Non, je vais bien.
- Rien du tout ? - Mais enfin messire !
Vous avez dit de faire et je l'ai fait ! Plus, je ne peux pas !
Aujourd'hui c'est le jeudi et je suis du samedi et du matin !
C'est peu, Don Romildo, c'est peu !
Votre accusation commence à faiblir.
Laissez la place à votre antagoniste. - Quelle place ?
- Que devrait faire ce messire ? - Allez, allez ! La démonstration, non ?
Mais magistrat ! La démonstration ne me plaît pas !
Je dois jeter ma femme dans les bras de son amant ?
Quand ce n'est pas vous, c'est elle qui se jette.
Vous les avez surpris ! Une fois de plus, une fois de moins,
laissez la justice suivre son cours ! - C'est bon !
Voyons voir ce que cet homme a de plus que moi ! Tu finiras sur le bûcher !
Le feu me remboursera de tout le froid que tu m'as donné !
Frère Mariaccio...
Écrivez les noms sur le tableau de graphite...
Romildo : un.
Marcuzio... on verra.
- Prêts ? - Prêts !
- Allez ! - Hop !
Ah... oh...
Ah... eh... Ah...
Oh... Ah...
Ce messire lui fait dire les voyelles.
Oh ! Vous ! Ici ! A cette heure de la nuit ?
Chut .. Parlez doucement !
- Vous voulez que l'on me découvre ? - Non ! Comment ça vous découvrir ?
Je suis couvert ! Et si vous allez vous couvrir dans votre chambre.
- Personne ne se découvre ! - Vous êtes ému !
Vous balbutiez, vous tremblez,
vous me regardez avec ces yeux là. Pourquoi Tazio ?
- Pourquoi ? J'ai peur ! - De moi ?
Oui ! Je suis un enfant unique
et ma mère veut bien un petit-enfant !
Et elle aura un petit-enfant !
Non, si vous ne partez pas, elle ne l'aura pas.
Comme vous êtes naïf ! Vous ne savez toujours pas que pour avoir un enfant
il vous faut une femme ! - Je sais !
Alors pourquoi ne pas profiter de moi ?
Non, non, je ne veux pas !
- Partez ! Allez-vous en ! - Vous me rejettez ? - Oui, oui !
Non, arrêtez ! Ne vous approchez pas !
Alors je me suis trompée. Vous n'êtes pas amoureux de moi.
Oui, je veux dire, non ! Je ne peux pas !
Allez-vous en, s'il vous plaît !
- Qu'est-il arrivé ? - Il m'a chassée !
Il m'a rejetée !
Est-ce possible ? Refuser une fille à croquer comme toi ?
Il m'a dit qu'il ne voulait pas et qu'il ne pouvait pas !
- Il ne veut ou il ne peut pas ? - Je ne sais pas.
Je ne me souviens pas. Quelle différence ça fait ?
Ça la fait, et comment ! Parce que "ne pas vouloir"
signifie "ne pas aimer", alors que "ne pas pouvoir"
Signifie "ne pas avoir les moyens".
Ce n'est pas un homme, alors ?
Évidemment, de ce que tu me dis,
il ne s'est pas beaucoup comporté comme un homme, hein ?
- Et voilà ! - Bravo Giulia !
- Silence ! - Bravo !
- Bravo ! - Assez ! Pas d'appréciations !
Si vous continuez à perturber le procès, j'évacue la chambre à coucher !
Frère Mariaccio, où en est-on au niveau du score ?
Romildo : un. Marcuzio : neuf.
- Mais je ne suis pas sûr. - Et comment cela ?
Je ne me souviens pas si j'ai marqué le dernier ou non.
C'est un problème !
Si j'en mets plus, je fais du tort à Don Romildo.
Si j'en mets moins, je plombe Marcuzio et madame.
Je ne peux pas agir de façon arbitraire.
Écoutons ce que disent les experts.
- Je dis de lui donner. - Pourquoi ?
- Parce que... Melius quam déficitaire. - Au contraire !
- Melius deficere ! - Ils ont travaillé dur...
- On lui donne ! - Non ! - Oui !
- Je dis non ! - Oui !
- Non ! - Oui ! - Décidez !
Pardonnez-moi messire magistrat, mais pour vous ôter l'embarras,
supprimons tout et recommençons à zéro.
- Á zéro ? - Pourquoi pas ? - Nous venons de commencer !
- Juste le début ? - Madame, acceptez-vous ?
- Vous vous sentez prête ? - Si je me sens prête ?
Oui, je suis prête !
Père, annukez tout ! Nous recommençons à zéro !
- Noble Marcuzio, procédez ! - Et hop !
Cette femme a une santé de fer !
Oui, mais lui est en acier !
Ah...
- Oh ! - Gisa, où vas-tu ?
Mamma mia, qu'est ce qu'il y a ?
Mamma mia, qu'est-ce qui lui a pris ?
Oh, pourquoi ? ah !
- Voleuse ! Voleuse ! - Ah !
- Donne mes florins ! - Ah !
- Donne-les ! - Ah !
Voleuse, elle me rafle mes florins ! - Ah !
- Ah ! - Maîtresse !
- Ah ! - Mais qu'avez-vous ? Que ressentez-vous ?
Ne t'inquiète pas.
J'ai réussi à prendre de l'argent
à ton père.
Père, qu'avez-vous fait à ma mère ? - Rien !
Je lui ai pris les florins qu'elle m'a volé quand je dormais !
La femme ne vole pas. Elle est maîtresse autant que son mari !
Oui, quand il y a le mari !
Mais quand il ne peut même pas faire face
à ses engagements envers ses neveux !
Mais non mon oncle, ne vous inquiétez pas pour moi, pensez à tante Gisa !
Oui, vous avez raison : prenez-la messires, allongez-la sur le lit !
Ramassez-la ! Un moment, couvre-toi !
Ne palpez pas le cul, hein ! La nuque et les jambes ! - Doucement.
- Doucement ! - Sept... huit... Doucement !
- Doucement, ma maîtresse... - Et couvre-toi !
Ah, mais que faites-vous ici ?
Que voulez-vous ?
Nous sommes là pour vous, vous vous êtes sentie malade.
Moi ?
Mais vous divaguez ! J'ouvre les yeux maintenant, maintenant !
Maintenant, maintenant... la pauvre ! Alors vous avez volé...
Mon argent dans le coffre en dormant ! - Hein ?
- De quel argent parlez-vous ? - Ceux-là, vous les voyez ?
Ne vous ai-je pas surprise quand vous êtes revenue ?
Elle marchait comme ça, regardez ! Compris ? Comme ça !
Mais s'il avait ses yeux fermés comme vous, elle dormait ! - Ouais !
Elle dormait, oui !
Oh ! Ma pauvre mère, elle marchait en dormant !
Non ! Elle a volé en dormant !
Oh mon Dieu ! Si c'est vrai ce que vous dites
je dois être gravement malade ! - On vous a ensorcelée !
Il n'y a pas de sorcellerie, elle va bien !
- Alors c'est le diable ! - Non ! Pas le diable, non !
De toute façon, demain, vous saurez si vous êtes malade
ou si vous avez le diable au corps !
- Et comment le saurons-nous ? - C'est simple !
On appelle le médecin et le prêtre !
Eh ? Ah.
Je vais dormir là-bas, Berta et Peronella vous feront compagnie
au cas où vous auriez une autre attaque.
Voyeurs ! Oh ?
Laissez aux femmes la liberté. Allez dans vos chambres !
Pour dormir, paresseux !
- Bon repos ! - Bon repos.
Ah !
Cet avare de mari a le sommeil léger.
- Il a cassé les œufs dans le panier ! - C'était donc ça ton plan ?
Mais oui ! Demain soir, je prendrai tout l'argent que je veux
et sous les yeux de ton père ! - Eh ! Et comment allez-vous faire ?
- Avec l'aide du médecin, non ? - Exactement ! Mais toi qui savait
pourquoi avoir parlé de démon ? - Pour vous donner un coup de main !
Bien ! Pour m'aider, tu nous mets entre les pattes frère Mariaccio !
Il en sait plus que le diable celui-là !
- S'il n'est pas le diable lui-même... - Euh !
- Lait chaud ! - Du pain frais et des œufs durs !
- Du pain frais et des œufs durs ! - Lait chaud !
Du pain frais et des œufs durs ?
Non, va chez ces pauvres gens qui en auront besoin.
Du pain frais et des œufs durs ?
- Non, le lait me suffit. - Merci, ça m'alourdirait
- Du pain frais et des œufs durs ! - Lait chaud !
Assez !
Maintenant ça suffit avec la nourriture ! Dehors !
La pause est terminée. Madame et messire ?
Oh !
Il fait jour maintenant, que voulons-nous faire ?
- On continue ! - Vous n'en avez pas assez ?
Moi non. Et si mon ami ne désarme pas...
Souviens-toi, Marcuzio est toujours armé
ou plutôt, ça me taquine le palais.
Dépêchez-vous de le taquiner parce sinon, nous allons dormir ici !
- Alors... prêts ? - Prêts !
- C'est parti ! - Hop !
Maintenant, vu que Messire Tinto a dit :
"Madame Gisa agissait avec les yeux fermés"...
Je dormais, messire.
Exactement ! Si elle agissait en dormant
et elle marchait avec ses bras tendus vers l'avant, il est clair
qu'elle était en état de somnambulisme.
- Voilà. Somnambule ! - Tais-toi !
Frère Mariaccio, qu'en pensez-vous ?
Je pense que le diagnostic de l'illustre médecin serait correct
si madame Gisa, saisie par son mari
n'avait pas crié comme une possédée avec de violentes convulsions.
- Qu'en concluez-vous ? - Selon moi, homme de l'église,
sans exclure la théorie du somnambulisme du médecin,
nous pourrions être en face d'une âme damnée, ou même du diable
qui a pris possession du corps de madame. - Impossible !
Je suis très religieuse et le diable...
et le diable n'est pas en moi. - C'est to qui le dis.
- Nous le disons aussi, et la médecine... - Non, la médecine n'a rien à voir !
Frère Mariaccio, Satan pourrait-il s'enraciner
si ma femme était une pécheresse ?
- Comment oses-tu m'insulter ? - J'ose, j'ose ! Répondez, mon père !
- Il prendrait racine, oui ! - Ah ! - Oh...
Mais il pourrait s'enraciner aussi dans une femme honnête et vertueuse
pour l'amener à la tentation ! - Ah !
Bien ! Mais je l'exclus à priori et insiste pour le somnambulisme.
Non, non, je ne rejette rien du tout.
Je veux juste savoir s'il y a le diable ou pas ?
Et s'il y est, je veux savoir si le diable
a choisi le corps de ma femme pour la tenter
ou s'il est juste bien dedans... dans le corps de ma femme.
- Mais comment le savoir ? - Avec un exorcisme.
- Un quoi ? - Un exorcisme.
S'il y est, je le sors et je lui demande pourquoi il était là.
- Et il le dira ? - Non, Il ne le dit pas
mais je comprendrai à sa façon d'agir.
C'est bon. Faisons l'exorcisme.
- Faisons l'exorcisme. - Comme vous voulez.
- Où est la chambre à coucher ? - Par ici, mon père.
- Suivez-moi mon enfant. - Un instant !
Non, je dis père ne pourriez-vous pas faire le Saint-Office
ici en face de nous ? - Oh, non !
Tout d'abord, devant vous je n'y arriverais pas.
Et puis dans la chambre à coucher c'est mieux - C'est mieux ? - Oui !
C'est mieux...
- Prépare-toi mon enfant. - Á quoi, mon père ?
Pour recevoir l'exorcisme. Mais d'abord déshabille-toi !
- Ah, je dois me déshabiller ? - Oui !
Si tu ne te déshabilles pas, d'où va sortir Satan ? - Pourquoi ?
D'où souhaiteriez-vous le faire sortir ?
De la bouche, mon enfant !
Et dépêchez-vous à me faire le Saint-Office, allez !
Je vais le faire tout de suite ! Parole de frère Mariaccio !
Sors de là Satan !
- Ah... je dis qu'il sort. - Je dis qu'il ne sort pas.
Avant d'aller avec le prêtre, elle ne l'avait pas dans le corps ! - Mais si !
Vous voilà content ! J'avais dit somnambule et somnambule elle l'est !
- Où allez-vous ? - Me remplir mes poumons d'air frais
avant qu'un souffle de soufre diabolique ne sorte de la chambre.
Un instant, Messire médecin !
Je ne dis pas que ma femme ne peut pas être somnambule !
- Mais la science peut parfois se tromper ! - Les prêtres trompent encore plus !
Bien sûr qu'ils trompent.
Bah !
Ah...
- Regardez ma petite-fille ! - Oui !
Elle est douce, tendre, aimante avec des amies.
Elle évite le mâle tentateur ! C'est un ange !
Vous avez du cul, vous ! Vous tombez sur deux filles
rencontrées dans la rue et vous les retrouvez avec Peronella dans sa maison !
- C'est vrai. - Nous avons eu de la chance.
Mais qui nous dit qu'elles nous donneront leurs grâces ?
- Cette nuit, Peronella me l'a offerte. - Et toi ?
- J'ai refusé. - Et tu as bien fait !
Oui, mais jusqu'à quand vais-je résister ?
Jusqu'à notre départ.
- Mais je vais perdre Peronella ! - Oui, mais tu garderas tes couilles.
C'est un rêve que je fais souvent, c'est presque un cauchemar.
Je rêve d'être dans une forêt habillée en homme, en fait, je me sens homme
et puis je poursuis une jeune femme nue et je me réveille.
Étrange ! Mon oncle dit que certains rêves viennent du diable.
Non, ils ne viennent pas du diable, mais du désir.
- Alors, il est parti ? - Il n'est pas sorti.
J'ai essayé dans tous les sens par-dessus, par-dessous.
- Par devant, par derrière. - Alors il est encore à l'intérieur ?
Non, à ce stade nous avons fait le Saint-Office
et l'exorcisme est négatif. - Qu'est-ce que cela signifie ?
Que votre femme est bonne, chaste et libre de Satan.
C'est ce que je disais, votre femme souffre de somnambulisme.
- C'est grave, alors ? - Pas du tout !
En plus, avec le temps, ça passe.
Et puis le somnambule, bien que occlus oculi, voit le danger, il l'évite.
Il maintient également l'équilibre même au bord d'un précipice.
Et partout où il va, pedibus calcantibus
il retrouve toujours son chemin. - Alors ce n'est pas grave !
- Ce n'est pas grave ! - Mais...
elle ne doit pas être dérangée,
ni empêchée, ni réveillée, quoi qu'elle fasse.
- C'est donc grave ! - C'est parce que...
prise de convulsions épileptiques
elle pourrait exhaler son âme. - Si ce n'est que ça, je m'en fous !
Alors prise de folie meurtrière,
elle pourrait tuer les imprudents qui lui font obstacle. - Non !
Avec une force surhumaine, de ses propres mains. Compris ?
Bien sûr, et qui rêve de faire l’imprudent ?
Pour moi, elle peut aller où elle veut, faire ce qu'elle veut.
- Vous êtes un bon mari. - Bon, bon...
- Vraiment bon. - Trois fois bon.
Cocu, elle l'a fait !
Messire médecin, Je ne sais pas comment vous remercier.
- Me payer 10 florins pour la visite. - Ah, oui, la visite...
- Pour moi 5 florins. - Vous ne l'avez pas visitée, vous !
- J'ai fait le Saint-Office. - Payer pour le Saint-Office ?
Nous vivons, nous pauvres prêtres, de ces actions.
Une ici, une là, comme le veut la providence.
La providence ?
10 plus 5... venez, j'accompagne la providence.
Madame !
- Mes respects, madame. - Les miens aussi, mon père.
Dites-moi la vérité. Il vous a fait un vrai exorcisme ?
Un vrai, pas vraiment.
Mais il me l'a fait.
Je veux vraiment profiter de ce carnaval !
Moi aussi,
je suis toujours au couvent et quand
je sors il y a toujours mon oncle, le prêtre.
Je n'ai jamais approché un homme et j'en souffre.
Mais c'est inutile, mon oncle me contrôle trop.
Ça ne va pas dans ton sens Gisippo, elle est trop contrôlée.
Pourtant, il doit y avoir une façon de rouler l'oncle prêtre.
- Lucia, Francesca ! - Nous voilà, nous arrivons !
Attendez-moi dans la cave !
- Cousine ! - Que veux-tu ?
- Je dois te parler de tes copines ! - Cela t'intéresse, mon cousin ?
Si tu es comme Tazio, parlons plutôt de jeune homme.
Mais qu'est-ce tu dis ?
Quand une jolie femme comme moi
s'offre à l'usage et à l'abus, on ne la rejette pas.
Si ton père ne nous avait pas menacé nous de couper nos choses,
tu aurais vu quelle belle fête t'aurait faite Tazio !
Tu sais comment ils nous appellent dans notre village ? Les bites en or !
Cousin ! Je ne te permets pas de parler ainsi à une dame !
Cousine désolé, si je t'ai manquée de respect, mais
certaines menaces feraient devenir saint même un coquin !
Tu es pardonné !
Donc, si tu m'as pardonné,
fais en sorte que je conquisse le cœur de ton amie.
- Lucia ? La petite-fille du prêtre ? - Non, l'autre, celle du rêve !
- Je voudrais te parler. - Parle, donc.
Je ne pensais pas que tu étais si malade.
Et maintenant que tu es convaincu ?
Rien ! Je te promets que si tu somnambules,
je te laisserai faire tout ce que tu veux.
Tu as peur de la folie meurtrière ?
Et que l'on somnambule toujours ?
Je voudrais te demander de somnambuler le plus loin possible de mes florins.
- Je ne peux te l'assurer. - Pourquoi ?
Je suis inconsciente quand je somnambule.
Tu pourrais dormir avec ta fille à la place de Berta.
- Je fermerai à clé la porte ! - Ah, n'y pense même pas !
Quand je somnambule pour l'argent, je dois le trouver.
Je défoncerai les portes, je forcerai les coffres, je tuerai
quiconque me les cachera !
- Mon Dieu ! - Ma folie ne pardonne pas !
Elle ne pardonne pas ?
Maudite somnambule !
- C'est un mec ! C'est un mec ! - Doucement, laisse-moi !
Ma tête tourne pour l'amour de Dieu !
Moi aussi ! Je suis ivre
de joie et de bonheur ! - Que se passe-t-il ?
Je suis heureuse Berta, C'est un vrai mec ! - Qui ?
- Tazio ! - Lui ? - Oui !
- Mais s'il t'a rejeté cette nuit... - Parce que mon père l'a menacé
d'innommables mutilations ! - Mais voyez-vous ça !
Sont-ce des menaces à faire à un brave jeune homme ?
Ton père cherche les soucis.
- Et tu vas m'aider à les lui donner. - Non, non.
Si tes intentions ne sont pas honnêtes, non !
Elles sont très honnêtes !
- Tazio sera mon mari. - Mais est-il d'accord ?
Qui lui demande son avis ?
Le plus important est que je sois d'accord.
- Savez-vous comment va s'habiller Lucia pour le carnaval ? - Non !
- En fleur. - Et Peronella ?
- En sorcière. - Je l'aime cependant.
- Et Francesca ? - En homme.
- Pourquoi en homme ? - Parce qu'elle veut l'être.
- Non ? - Non ?
- Oui, malheureusement. - Maintenant, j'explique le rêve
et les caresses qu'elle faisait aux amies.
Je suis désolé Roberto.
- Tu as été malchanceux. - Tu l'oublieras vite
et tu en trouveras une plus belle.
- Mais je la veux. - Avec ces tendances là...
- Elle aime les femmes ! - Elle aime les femmes !
Elle aime les femmes !
Elle aime les femmes...
Pas mal !
Elle est à moi.
- Je vais essayer. - Non, je vais essayer.
- Voulez-vous du vin, madame ? - Non.
- Puis-je vous offrir un verre ? - Oui, jeune galant !
- A votre beauté ! - Je vous plais vraiment ?
Pour obtenir vos grâces, je ferais n'importe quoi.
- Buvez d'abord. - Et ensuite ?
Ensuite, si vous êtes doué nous verrons bien.
- Oui, je suis doué. - Oh ! Vous y aller vite !
Oui, vous m'avez mis le feu dans les veines.
Retirez votre main, j'ai moi aussi des veines et si vous y mettez le feu...
- Je vais la mettre. - Enlèvez-la je vous ai dit !
- Non, je ne l'enlève pas ! - Arrêtez ! Laissez votre main où elle est !
- Ne montez pas ! - Je veux monter... je monte. - Arrêtez !
- Je veux toucher. - Touchez ça !
- Pourquoi es-tu parti ? - Il l'a remarqué ? - Oui !
Il a posé sa main où il ne devait pas. Mais l'expérience a fonctionné !
- Á nous deux Francesca ! - Á nous deux !
- Mais que veux-tu à Francesca ? - Je parlais de Lucia.
Une idée fantastique m'est venue !
- Quoi ? - Je vais vous la dire tout de suite.
Dès le soir venu, Roberto ira voir frère Mariaccio...
Fais attention, enferme-toi bien
et n'ouvre à personne. - N'en doute pas mon oncle.
- Souviens-toi que les hommes sont tous mauvais. - Tous ?
- Pas tous ! - Tous, tous !
- Je suis honnête. - Toi seul,
parce que tu es le neveu de Quinto Fulvo
et que tu viens avec moi.
- C'est noté ? - C'est noté.
- Bonne nuit madame. - Joyeuse nuit messire.
Allons-y ! Et toi rentre et fais-moi entendre le verrou !
Il y a de trop nombreux coquins
qui attentent à la vertu des jeunes filles.
Vous avez raison, mon père. Si vous agissez comme vous parlez.
- Que veux-tu dire ? - Rien, que vous êtes un saint homme. - Ah !
- Qui est-ce ? - Une bonne chrétienne.
- Que voulez-vous ? - Je veux me confesser.
Mon oncle n'est pas là, revenez plus tard.
Pauvre de moi, je vis loin ! Puis-je l'attendre dans le presbytère ?
Je ne peux laisser entrer personne, je suis seule !
Mais je ne suis pas un homme, je suis une femme enceinte !
Ouvrez-moi, il fait nuit et j'ai peur !
Un pas en arrière et montrez-moi votre ventre !
- Oh ! Merci beaucoup ! - Que faites-vous ?
Que Dieu vous bénisse !
Je ne pouvais pas vous laisser dehors.
J'en suis à neuf mois.
- C'est le premier ? - Le cinquième.
Mon mari m'aime beaucoup, Le soir, nous allons nous coucher tôt.
Venez, je vais vous réchauffer un peu de lait.
Le lait est bon.
Allez, fils !
- Je... Je l'ai fait ! - L'œuf ?
- J'ai péché. - Et dis-les, sinon le jour va se lever !
Ayez de la patience
avec un homme mourant. - Oui, mais dépêche-toi !
- De mourir ? - Oui... non ! De te confesser !
J'ai laissé ma nièce toute seule.
Belle...
Votre nièce.
Comment le sais-tu ? Tu la connais ?
Oui.
Dis-moi tout !
Confesse-moi tout !
Mais... plus tard.
Maintenant, laissez-moi me reposer un peu.
Re-re-repose-toi, fils... je te dis !
Mais ensuite, tu devras tout me dire, sinon je te casse en deux.
Pardonnez-moi, Seigneur, je suis un grand pécheur.
Mais cette créature est tout pour moi. Mea culpa.
Je vais le casser ! Mea massima culpa !
Il ne me fallait pas ce lait, J'ai le feu en moi maintenant.
- Je suis prise de frénésie. - De frénésie ?
De saisir, de serrer. Ça vient avant d'accoucher.
- Oui, maintenant vos mains suffisent. - Pas plus ?
Non, la frénésie augmente, monte...
monte toujours. - Et ça dure longtemps ?
- Ça dure, ça dure ! - Mais alors vous vous fatiguez !
- Calmez-vous, détendez-vous ! - Je voudrais me détendre, mais où ?
- Appuyez-vous sur moi, en attendant ! - En attendant d'accord, mais ensuite ?
Nous allons trouver mieux ? Ah !
Ah !
Parle-moi de ma nièce, vite ! Avant que tu nous quittes !
Que sais-tu à son sujet ? Quand l'as-tu connue ?
- Ici, hier. - L'as-tu approchée ?
Je l'ai vue.
- Elle est belle ! - Merci à Dieu.
- Et même la mère qui l'a faite. - Ne perdons pas de temps avec les mères.
Confesse-toi, il est tard !
J'ai fait des péchés par la pensée.
Sur qui ?
- Sur madame Gisa. - Ego je t'absous.
- Sur madame Peronella. - Ego je t'absous.
- Et sur votre nièce ! - Péché ! Péché mortel !
Je t'envoie en enfer !
On ne regarde pas ma nièce ! N'y pense même pas ! N'y touche pas !
Ah...
Sœur mariée, je vois que la frénésie vous est passée ! - Ah !
Ah... ah...
Avec frère Mariaccio tu as exagéré. Il n'allait pas te donner l'absolution.
Mais à mon oncle, comme allons-nous expliquer ta soudaine guérison ?
Un miracle, le soin de l'âme a également guéri le corps.
Et je vais ajouter que le frère a dit
qu'il n'avait jamais rencontré un jeune homme si dévoué et honnête.
Ainsi, il se tranquillisera
et il craindra moins pour ses femmes.
Tu as mal fait !
- Tu ne devais faire entrer personne. - Mais elle est enceinte, la pauvre.
C'est ce qu'elle dit.
Tu vois bien comme elle est enceinte.
Je vois ! Hey toi ! Vu que tu vas accoucher bientôt...
tu ne pouvais pas attendre un jour de plus pour te confesser ?
C'est pour cela que je suis venue !
Si Dieu me voudrait à lui lors de la naissance de mon fils,
je voudrai avoir l'âme légère et propre.
Brave fille !
C'est parler en bonne chrétienne.
Je te libère immédiatement de tes péchés,
ainsi tu pourras rentrer chez toi.
Hélas ! Comment puis-je rentrer chez moi ?
Seule, dans la nuit, enceinte.
Mon enfant pourrait naître dans la rue.
- Quoi ? Tu es venue pour rester ici ? - Non, mais vous êtes en retard
et j'ai dû attendre que mon mari revienne
des champs pour s'occuper des enfants.
- Tu habites loin ? - De l'autre côté du village.
Bon, ce soir tu dormiras avec ma nièce.
Merci ! Merci !
Dieu vous le rendra et récompensera votre nièce
avec tout ce que son cœur voudra ! - D'accord.
Lucia, vas-y. Je t'appellerai quand j'aurai fini l'Office.
Et toi, agenouille-toi, ou plutôt...
Assis-toi, il vaut mieux. - Merci.
Et prépare-toi pour la confession. Au nom du Père,
du Fils, et du Saint-Esprit, amen.
Vas-y !
- Père, j'ai péché. - Ah, ça commence bien !
Je le sais sinon tu ne serais pas ici !
Dis-moi les grands péchés !
- J'ai fait ginli magne ! - D'accord... Mais c'est quoi ?
De grandes baises avec pleins de vices !
Ah oui ? Et avec qui ?
- Avec mon mari, toujours avec lui. - D'accord, c'est naturel.
- Pas toujours naturel. - Oh non, ça c'est mauvais !
L'accouplement à comme fonction la conception.
Je sais, mais je suis tombée enceinte tous
les ans et je voulais éviter ce fils !
- Mais tu ne l'as pas évité ! - Moi oui.
Mais mon mari a dû se tromper d'adresse.
Peut-être...
Mais quand tu t'es rendue compte de l'erreur, tu as continué
selon la voie naturelle ?
Euh... non. Quand je suis en-dessous, je ne comprends plus rien.
- Es-tu sensible ? - Oui, mon père.
- Est-ce un péché ? - Tout ce qui est trop est mauvais !
Mais à part la mauvaise adresse, il y a eu
d'autres endroits ? - Oui, beaucoup.
Tu as trouvé d'autres sources de plaisir ?
Si vous saviez mon père.
Que veux-tu dire ? Je dois savoir !
Sinon à quoi je sers ici ? Cela fait partie de mon Office !
À ce stade, il faut tout recommencer à zéro
et calmement. - Ah oui ?
Et oui !
Ça va être long.
Ah, la gorge !
Mamma mia...
Ah...
Brave fille, allez ! Allez ! Ah...!
Eh.
Peu...
Peu...
On ne peut plus dormir dans cette maison avec ce somnambulisme.
Ah... ça... Je lui prends.
Elle a compris, la raide, hein !
Mais où va-t-elle ?
Mais que fait-elle ?
Chut, ne la réveille pas, sois sage !
Ah !
Le sang !
Il n'y en pas, Dieu merci !
Sœur mariée... Sœur mariée...
- Dites-moi, ma fille ! - La frénésie est revenue ?
Oui, plus fort que jamais ! Je dois toucher, serrer !
- Ça vous dérange ? - Non, si cela vous soulage.
Donc, si cela ne vous dérange pas, soulevez un peu la tête, que je passe
le bras de l'autre côté ! - Très bien !
- C'est mieux ? - Et comment !
Sœur mariée, qu'avez-vous entre les jambes ?
Ce que vous avez vous aussi.
Non, je n'ai pas ce truc-là.
Parce que vous n'avez pas la frénésie. Laisse-la venir !
- Et si je la laisse venir ? - Ça vous pointera entre les jambes
en un rien de temps ! - Je veux essayer !
- Essayez ! - Serrez-moi plus fort ! - Je serre.
- Touchez-moi partout ! - Oui, partout !
Oh... quelle frénésie !
Quelle frénésie qui me prend...
- Brave fille, comme ça ! - Je vais mourir de frénésie...
Ah... ça pointe !
C'est vrai ! Á moi aussi, je le sens !
C'est si beau ! C'est si beau !
Non, ça ne pointe pas !
- C'est toujours votre truc ! - Chut...
- Menteur ! - Ne criez pas !
Vous allez réveiller votre oncle.
Je veux qu'il se réveille ! Mon oncle !
C'est un homme !
Qui c'est ? Que se passe-t-il ? Qu'arrive-t-il ?
C'est un homme, mon oncle, viens !
Á faire quoi ? Ce sont des choses de femmes !
Laissez-moi dormir. Aide-la, fille bénie !
L'aider ? Moi ?
Mais tu n'as pas entendu que c'est un homme ?
D'accord, homme ou femme, c'est pareil !
- Fais tout ce qu'il faut ! - Mais...
Je ne sais pas mon oncle. C'est la première fois !
Prends-le par les pieds et donne-lui
deux claques sur le cul pour qu'il pleure !
Puis serre-le dans les bras et
câline-le jusqu'à ce qu'il se calme et s'endorme
Heureux et béat.
Heu, heu...
- Viens mon amour. - Que veux-tu de moi ?
- Que viens de dire l'oncle ? - Je suis naïve, dis-moi le toi.
- D'abord, tu dois me serrer fort. - Comme ça ?
Ensuite, tu dois me faire des câlins et m'apaiser aussi.
Alors comme ça ?
Comme ça !
Mon amour.
Je t'ai toujours attendu.
Et je suis venu pour te rendre heureuse.
Oui, rends-moi heureuse, je veux être heureuse !
La somnambule n'est pas encore sortie de la chambre de sa fille.
La voilà !
Où vas-tu ? Au coffre ? Non, cette fois, je ne te fais pas entrer !
Où vas-tu ?
Mais je te les enlève, hein ? Oui, je te les enlève...
Que fais-tu, mon mari,
accroupi là par terre ? - Accroupi ?
C'est pour éviter ton retournement.
Suis-je aveugle ? Non, somnambule !
Hein ? Tu veux dire que cette nuit aussi...
Tu as pris des florins dans le coffre.
- Quels florins ? - Ceux qui sont dans ta main !
Une somnambule elle aussi !
C'est donc une maladie contagieuse.
Du côté de ta mère, car chez nous, jamais !
Elle va vers le coffre !
- Je la réveille ! - Non, s'il vous plaît !
- Que dis-tu ? - Chut .. - Je la réveille ! - Non !
Adieu mes florins !
Au lieu de penser aux florins, pense à nous qui sommes malades.
Si vous êtes malades, vous qui raflez mes florins, imaginez comment je suis.
- Je la réveille ! - Non, elle est somnambule !
Sonnambulatia ladronatia !
- Papa y a cru ! - Bravo !
Tu as été meilleure que ta mère !
- Nous avons réussies ! - Que veux-tu dire ?
Je le sais moi !
Aujourd'hui, 14 Mars de l'année Domini 1395, en ma qualité de magistrat,
je reprends en séance publique le procès du peuple de Prato
contre madame Giulia Varrone.
En ce lieu, je résume le procès-verbal
de la séance tenue dans la chambre à coucher.
Là où le crime a été consommé, pour mettre au courant le peuple.
Alors, ayant mis au lit mari et femme
pour tester la puissance de l'un et la résistance de l'autre.
Malgré le fait que Madame Giulia a mis un grand enthousiasme,
Don Romildo a pu à peine montrer le sien
et à réussi difficilement après d'angoissantes tentatives.
En face de tout le monde, j'avais honte.
Et vous continuez à avoir honte !
Puis, invité à continuer des rapports,
il a levé les mains et abaissa le reste... en signe d'abandon,
réalisant ainsi une seule performance, marquée sur le tableau
par le présent frère Mariaccio.
Le mari est descendu du lit nuptial pour laisser sa place à l'amant,
le bien monté Marcuzio, ici présent ici,
qui nous a fait voir... l'apothéose !
Avec la collaboration de Madame Giulia
que vous pouvez voir dans toute sa splendeur
et que Messire le médecin a défini
"Ninfea uminorum divoratrice cum natura famelica in amnia orifitia".
En effet, l'accusée a bien résistée aux
35 assauts du vaillant Marcuzio
qui l'a attaquée de tous les côtés,
avec toutes ses armes d'amour à sa disposition,
La laissant satisfaite mais pas rassasiée.
Acutellement, le score est de 35 à 1.
Il est vrai que dans les mains de Don Romildo
le talent de madame Giulia serait gâchée
et finirait par se détériorer !
Avec de graves répercussions sur la santé de la dame.
Et comme il n'y a pas de salut de l'âme
sans le salut du corps,
pour sauver l'une, il faut sauver l'autre.
Pour ces raisons, je change immédiatement le statut.
Laissant valide la peine du bûcher
pour les femmes mariées qui vendent leur corps
et l'abrogeant, cependant
pour celles qui se donnent à des tiers
à cause de la carence du mari ou
à cause de l'exubérance de la femme.
La sentence !
Au nom du peuple de Prato,
j'acquitte madame Giulia Varrone du fait
qu'aucune infraction n'a été commise.
- Bravo ! - Bravo !
Et ainsi, je reste cocu et battu.
Pourquoi ? Personne jusqu'à présent ne vous a battu !
Peronella ne m'avait pas dit d'avoir une belle cousine comme vous.
Peut-être qu'elle vous aime et qu'elle est jalouse.
Non, je ne suis pas son genre, ni elle le mien.
Et quel est votre type ?
Je suis tombé amoureux de vous dès que je vous ai vue !
Qui sait à combien de femmes vous l'avez dit avant ?
- Á personne, je le jure ! - Je ne vous crois pas !
Et si cela était vrai ?
Si c'était vrai, je serais heureuse.
Soyez-le. Dans ce cas, car je suis prêt à vous montrer
toute la passion qui brûle dans ma poitrine
avec la douceur de mes baisers et la tendresse de mes caresses.
Ne me faites pas rougir !
Au contraire, éloignez-vous, s'il vous plaît !
- Pourquoi, je vous ennuie ? - Non, je suis bouleversée.
Alors, vous ressentez quelque chose pour moi ? - Beaucoup !
Quelle joie que vous me donnez !
Mais laissez-moi, s'il vous plaît.
Je pourrais ne plus me contrôler et m'abandonner à vous.
Faites-le, abandonnez-vous !
Mais que dites-vous ? Devant tout le monde ?
Vous avez raison. Je vous conduirai dans un endroit isolé.
- Tu crois que Roberto va réussir ? - En attendant, elle y croit.
Ils ont de la chance.
Oui, mais jusqu'à quel point ?
- Tôt ou tard, ils vont se retrouvez devant la dure réalité. - C'est vrai !
Ils souffriront beaucoup. Comme nous souffrons tous deux, après tout.
Bien qu'il faut tenir compte
de la dure réalité. - En amour, pour chaque jouissance,
il faut de la patience. - Donne-moi un baiser !
- Non, j'ai peur ! - De quoi ?
De ton père, il coupe net !
Eh bien ? C'est quoi ce désordre ? Que cherches-tu ?
- Je suis à la recherche de l'argent ! - Tu penses toujours à l'argent !
Bien sûr ! C'est de l'argent gagné
avec la sueur de mon front. - Celle des autres avec l'usure !
Non !
Ce n'est pas un prêt !
Les gens ont des besoins et je les aide !
- Tu deviens aussi un bienfaiteur ! - Oublions cela !
Aide-moi plutôt à retrouver l'argent.
Où les avez-vous mis ?
Je ne sais pas, je ne me souviens pas !
- Monde de voleurs ! - Et je ne me souviens même pas
depuis combien de temps tu ne fais pas ton devoir conjugal.
Ben...
Peut-être que tu as raison, mais que veux-tu ?
D'abord la sécheresse, puis la récolte est mauvaise,
puis le somnambulisme en couple !
Tu sais bien que cette chose là ne doit pas avoir de préoccupation.
Vu que c'est ainsi... Excuse-moi !
Je croyais que tu pensais avec le cerveau.
Je pense avec le cerveau.. Euh...
J'oubliais... Qu'a dit ton oncle le prêtre, ce matin ?
Que tu devais être exceptionnel pour partir soulagé.
- Et puis ? - Qu'il espérait me voir bientôt
mariée à un brave jeune homme. - C'est juste !
- Dommage que je suis mauvais ! - Je vais te changer pour le mieux !
- J'ai tellement désiré ce moment ! - Moi aussi !
Et je suis heureuse de mon choix, je suis sûre que c'est le bon !
Je t'aime !
- Je ne pourrais pas vivre sans toi ! - Moi aussi, Francesco.
Oui, je le sens.
Je souhaite juste que tu m'aimes comme je suis
et non pour l'image que tu as de moi.
Je vais t'aimer de toute façon.
Si tu m'aimes pour ce que je suis.
- Mais tu es... - Une femme
et je n'ai pas honte de te dire
que je t'aime !
J'ai toujours senti une grande affection pour mes amies,
une attraction !
Et aujourd'hui, je me suis décidée avec toi, pour la première fois
parce que j'ai éprouvéble même sentiment,
mais plus vivant, plus fort.
- Moi aussi, mais... - Pas de mais,
s'il te plaît, c'est si bon d'avoir ce l'on souhaite depuis si longtemps !
Tu verras, nous serons heureuses.
Avec un amour doux, tendre, sans violence.
- Je n'y crois pas. - Pourquoi ?
- Parce que j'aime les hommes. - Mais qu'en sais-tu ?
Si pour toi ce fût aussi la première fois !
N'as-tu pas éprouvé du plaisir en m'embrassant ?
Oui, mais...
Ne t'ai-je pas sentie frémir dans mes bras
comme moi dans les tiens ? - C'est vrai.
Mais je ne savais pas que tu étais une femme.
L'amour n'est pas connaissance mais sentiment.
Il suffit de l'entendre.
Toi, quand que je te serre maintenant dans mes bras...
sens-tu quelque chose pour moi ? - Oui.
Et alors ? Ne détruis pas la beauté que nous avons créée,
même s'ils disent que c'est contre-nature.
- Ce n'est pas contre-nature ! - Donc, tu es d'accord toi aussi ?
Non.
Le sentiment que nous avons ressenti suit la nature parce que
je suis un homme.
Moi...
je croyais que tu étais une femme. - Et je pensais que tu étais un homme.
Pourtant, nous nous sommes enlacés et embrassés.
- Et nous avons eu du plaisir. - Et comment est-ce possible ?
L'amour n'est pas connaissance, mais sentiment, c'est toi qui l'a dit.
Cela signifie que nous sommes normaux.
Et si... nous avions tort ?
Il faut réessayer !
Elle ne les veut pas ?
Veut-elle se jeter du balcon ?
Ah !
Hi !
Du calme, par pitié, tais-toi. - C'est bon.
Faîs attention sinon... mais silence. - Comme vous voulez.
C'est ma femme...
Aïe ! Aïe !
Hé, toi aussi ? Je ne t'envoie pas au coffre, non !
- Elle a tout pris de sa mère. - Chut...
Eh, c'est contagieux à cause de sa mère.
Quelle famille !
Silence.
Aie, aie !
Encore un coup et je devrais changer toutes les portes !
- Ça saigne ? - Non, maître.
Oh, comment peut-on ?
Astuce !
Astuce !
Pourquoi les avoir enfermées ?
Comme ça, les florins seront en sécurité !
Pourquoi ont-elles également fermé le verrou de l'intérieur ?
Parce que les somnambules ne savent pas ce qu'ils font.
Mais les garçons pourraient en profiter ?
Mais elles se réveilleraient et elles crieraient.
J'ai un coup de pompe. Je ne tiens plus debout.
On ne dort plus dans cette maison.
- Je vais me coucher ! - Oui, vous devriez !
Berta, si tu entends crier et que je dors, réveille-moi !
Soyez tranquille.
- Elles ne crieront pas. - Non, hein ?
- Bonne nuit, maître. - Au revoir !
Bras vers l'avant, yeux fermés, comment font-elles pour ne pas tomber ?
Comment font-elles pour ne pas tomber ?
Comment font-elles pour ne pas tomber ?
Qu'est-ce qui ne va pas ? Les mêmes pensées que mon mari ?
- Je ne te plais pas ? - Si, vous me plaisez.
Mais hier, j'ai fait une nuit blanche et je suis fatigué.
Tu te reposeras demain ! Allez, mets le paquet !
Collabore un peu ! Viens à moi !
- Je suis une vraie femme maintenant ? - Maintenant oui, tu l'es.
Merci mon amour.
Ah !
Ah...
Tu veux autre chose de moi, mon mari ? - Non.
Il n'y a rien d'autre qui te fasse envie ? - Non !
- Rien du tout ? - Non !
Alors rhabille-toi et retourne à tes affaires !
Marta !
- Vire mon mari de la chambre. - Tout de suite maîtresse !
Allez, allez, dehors ! Levez-vous !
Hop, Allez ! Voilà ! Oh !
Mais je ne pourrais pas rester ?
- Dehors, allez ! - J'y vais...
- Messire magistrat. - Madame Giulia.
Venez, venez.
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