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Cuba vit sous un régime communiste depuis 1959.
Le pays subit un embargo brutal imposé par les États-Unis.
Les conditions de vie de la population en ont été terriblement affectées.
De nombreux Cubains ont fui un État autoritaire.
La plupart se sont installés à Miami
où de nombreux groupes luttent pour libérer Cuba.
D'après une histoire vraie
LA HAVANE, CUBA
Maman garde la petite, ce soir, on pourra aller au cinéma.
Ne rentre pas tard.
Je serai là à 18 h.
- Tu manges rien d'autre ? - Je file.
Fais un câlin à papa.
Sa tresse !
- Un bisou à maman. - Maman chérie.
- Je t'aime. - Moi aussi.
Bonne journée.
Dis "bonne journée" à papa.
Prêts ?
C'est parti !
Tu viens déjeuner ?
Oui, on se voit à la cafèt'.
Olga Salanueva, l'épouse de René González ?
Il lui est arrivé quelque chose ?
On est du ministère de l'Intérieur.
Il a eu un accident ? Il est en vie ?
Oui, il n'est pas blessé.
Camarade Salanueva,
votre mari est en Floride.
Il a trahi.
Il a volé un avion, est passé sous nos radars
et a atterri sur une base militaire à Miami.
C'était prévu depuis longtemps ?
J'ai mis trois mois à préparer ma fuite, à la planifier.
Mais j'avais dit au revoir à Cuba depuis des années.
Pourquoi avoir fui ?
À Cuba, on manque de tout :
électricité,
nourriture,
tout.
Pommes de terre, riz...
Même le sucre
est rationné.
Le carburant pour nos avions est compté.
Je suis pilote, je ne veux plus vivre comme ça.
Vous avez l'intention
de demander l'asile politique ?
Inutile,
je suis né à Chicago.
Je suis citoyen américain et j'en suis très fier.
Si vous avez la moindre information à son sujet,
votre devoir est de nous en informer aussitôt.
Comptez sur moi.
Roberto,
tu as appris pour ton frère ?
Écoute-moi...
Je vais avoir besoin de ton aide.
Je passe te voir.
D'abord, je préviens nos parents.
Après, on parlera à Irmita.
Elle aura du mal à comprendre que son père l'a abandonnée.
Mais je serai à tes côtés, d'accord ?
Je te soutiendrai.
René, tu es chez toi.
- Merci. - De rien.
Le loyer est payé.
Trois mois d'avance, tu auras le temps de t'organiser.
C'est basique, mais on t'aidera à trouver ce qui manque.
Qui je dois remercier ?
La FNCA.
La Fondation nationale cubano-américaine.
M. Jorge Mas Canosa.
Notre président.
Il va reconstruire Cuba.
Si tu as besoin de quoi que ce soit, pour ton travail, ta famille,
demande-le-lui.
Demain, tu commences à Opa-Locka :
instructeur de vol.
La paye est pas géniale, mais tu pourras bosser à côté.
Je peux me lancer seul ?
On doit travailler l'atterrissage.
On réessaiera la semaine prochaine.
Je peux m'asseoir ? Permettez-moi de me présenter.
Ce n'est pas la peine.
Vous êtes José Basulto.
À votre service.
Pour les Cubains, un grand ennemi de la Révolution.
Et pour moi, c'est une vraie médaille d'honneur.
Toi, tu as combattu en Angola.
Commandant de char.
Deux ans dans la jungle, 54 missions.
On va bien s'entendre, toi et moi.
Pourquoi ?
On a besoin de gens comme toi.
Je ne fais pas de politique.
Tu vois qui est Gregorio Pérez Ricardo ?
Il avait 15 ans quand il a fui Cuba sur un radeau.
Il n'a pas eu autant de chance que toi.
Quand les gardes-côtes américains l'ont trouvé,
il était si déshydraté qu'ils n'ont pas pu le ranimer.
Nous avons créé une organisation
qu'on appelle "Frères à la rescousse",
dans le but d'aider nos frères.
On ne veut plus que ça se reproduise.
Comment comptez-vous faire ?
Eriberto, un café.
Tu en veux un ?
Deux cafés.
Tu sais,
j'étais un homme violent.
J'ai été formé comme terroriste par les États-Unis.
Mon héros était John Wayne.
Plus maintenant.
Maintenant, je suis une sorte
de Jedi.
Comme Luke Skywalker.
La Force est avec nous.
Tu me suis ?
Plus ou moins.
Il s'agit de solidarité, d'humanisme.
On va aller trouver ces balseros en mer
et on va les guider vers la liberté.
En surveillant l'océan ?
On a les avions,
mais on manque de pilotes comme toi.
On paie 25 dollars la mission et l'heure de vol.
Qui paie ?
Jorge Mas Canosa.
L'argent n'est pas un problème pour lui.
Avec la chute de l'Union soviétique, les gens reprennent espoir.
En tout cas,
Castro tient bon.
Sans l'argent russe, ça durera pas !
Quand le régime s'effondrera,
ils devront rendre les raffineries, les banques, les usines,
même les casinos.
Les enjeux sont énormes pour tous les exilés.
Toi-même,
tu as laissé ta famille, là-bas.
Tu es courageux, tu as fui le communisme.
Tu as commencé une nouvelle vie ici, à Miami.
Mais...
tu dois faire un choix :
continuer à être jardinier
ou nous aider à amener la démocratie dans notre pays.
Novembre-2-5-0-6 pour la base.
Deux radeaux repérés à 24°53' et 81°42'
dérivant nord-nord-est, 20 personnes à bord.
Je répète : 20 personnes à bord.
On largue. Je répète : on largue.
Tu les as sauvés !
Le garde-côte est en route.
- Pauvres gens. - Bravo !
- J'espère qu'ils s'en sortiront. - Mais oui.
Regarde ça.
Cet avion est un cadeau de Willy Chirino.
C'est vrai ?
Et celui-là,
de Gloria Estefan.
La vache ! Qu'elle vienne le baptiser.
Ce serait bien, mais ne te fais pas d'illusions.
Qu'est-ce que tu fais ?
On franchit le 24e parallèle, José,
on entre dans l'espace aérien cubain.
Écoute,
on n'est pas qu'une organisation humanitaire,
on est une organisation militante.
Bonjour, La Havane.
Ici novembre-2-5-0-6,
on franchit le 24e parallèle.
Aujourd'hui, on opérera dans la zone nord de La Havane.
Bien reçu,
mais la zone nord de La Havane est en alerte,
vous courez un risque.
Compris, on est conscients du risque,
mais en tant que Cubains libres, on est prêts à le prendre.
BASE AÉRIENNE CUBAINE
C'est de la frime.
De la frime, mon cul !
Prends les manettes
et suis le Malecón.
Vire à droite.
Camarades, non. Frères, oui !
Chère Olga,
tu n'as pas répondu à mes lettres.
Je comprends tes raisons,
mais comprends les miennes.
Je suis pilote,
je ne passerai pas ma vie à être instructeur de vol.
C'est toujours dur au début,
mais ce pays est une terre d'opportunités
et il y en a pour nous tous.
J'ai déjà repéré les écoles pour Irma.
Cher René,
j'ai reçu tes nombreuses lettres,
mais ma tristesse m'a empêchée de les ouvrir.
Ici, la vie est très difficile.
Les coupures de courant durent 8 h et la nourriture se fait rare.
J'ai beaucoup de mal à m'en sortir seule.
Irma n'est plus une petite fille.
Elle pose des questions et je déteste lui mentir.
Je lui cache que son père est un traître.
En plus, la semaine dernière,
on s'est fait cambrioler, on nous a volé les objets de valeur.
Mais je suis une battante, tu le sais.
Sache aussi que je ne t'en veux pas.
Je te souhaite bonne chance dans ta nouvelle vie,
mais je suis désolée de te dire
que je n'en ferai pas partie.
BAIE DE GUANTÁNAMO
BASE NAVALE AMÉRICAINE
Bouge plus !
Ne tirez pas !
Je suis un officier cubain
et je fuis mon pays !
Mes papiers militaires
et mon carnet de vol.
Qui est ce type ?
Mon ami.
Arnaldo Ochoa.
Héros de la Révolution cubaine.
Héros de la guerre d'Angola.
Il a été arrêté et exécuté.
Pour trafic de drogue.
Un associé de Pablo Escobar, en plus !
C'est ce que dit le régime pour se débarrasser d'un opposant.
Bon appétit.
Pour qui a mangé des McCastro's pendant des années,
McDonald's, c'est de la haute cuisine !
Pourquoi maintenant ?
Le général Ochoa a été exécuté il y a trois ans.
Je ne pensais pas que le régime survivrait à la fin de l'URSS.
En fait, si.
Après, mes frères Alejandro et Raúl, pilotes de chasse, eux aussi,
ont été moins patients que moi et ont tenté de fuir.
Ils ont été arrêtés et emprisonnés.
Vous êtes marié ? Vous avez des enfants ?
Ma femme s'appelle Amelia, on a deux enfants.
Ils vont vous rejoindre ?
On est divorcés
et elle a la garde des enfants.
J'ai qu'un canapé à te proposer.
En attendant, ça te dépannera.
Ça ira très bien, cousin.
Écoute,
ici, il y a des associations qui aident les dissidents.
Dis-moi une chose,
tu es venu pour quoi ?
Livrer des pizzas ou réussir ?
Tu as fait quoi, toi ?
Moi ?
Je suis biznero.
Tu me connais, je touche à tout.
Ça te suffit ?
Tu parles.
Pas du tout. À ton avis ?
Raconte.
Je te le dis ?
Je suis aussi indicateur pour le FBI.
Je leur passe des tuyaux sur la communauté cubaine.
Eux, ils paient bien.
Du vrai pognon !
Ana !
- Comment ça va ? - Bien.
Ça faisait longtemps !
- Ça va ? - Oui. T'as bonne mine.
La famille ?
Je vais te présenter quelqu'un.
Viens.
Cousin, viens voir !
Mon cousin, Juan Pablo Roque.
Enchanté.
C'est toi qui as nagé jusqu'à la base américaine ?
Oui, c'est moi.
Je connais la baie. Tu n'as pas peur des requins ?
Les requins...
J'ai eu de la chance.
Tu sais que tu ressembles à une star de cinéma ?
Je suis une star de cinéma.
En fait,
je suis même plus sexy qu'une star de cinéma.
Merci.
J'ai passé une très belle soirée.
Une très belle soirée parce que
tu as aimé le film ?
Pas seulement.
Donc, on va se revoir.
Attends.
- Pourquoi ? - Je dois y aller.
Je ne veux pas que mon ex-mari nous voie.
Ton ex-mari ?
Il va déménager, mais son appart est en travaux,
il vit chez moi en attendant.
C'est fini entre vous ?
Alors ?
J'ai peur de lui,
il est violent.
Je te protégerai.
- Mon garde du corps ? - Comme dans le film.
Comme Kevin Costner pour Whitney Houston ?
J'y vais.
On se reverra.
Tu es un ami de Nico Gutiérrez ?
Je suis son coach.
Nico
m'a conseillé de t'appeler.
Enfin, il fait du sport, je le tanne avec ça depuis des années.
Regarde, Basulto.
Ton carnet de vol.
J'étais gradé de l'armée de l'air.
Je pilotais des MiG.
Tu as plus d'expérience que moi.
Tu veux voler à nouveau ?
J'ai quitté Cuba
pour combattre les Castro.
Au sein de notre organisation, on a créé un groupe d'élite.
Le groupe des kamikazes.
J'aimerais en savoir plus.
On ne respecte ni le règlement,
ni la loi de l'aéronautique.
C'est-à-dire ?
Si tu nous rejoins,
tu voleras 9 heures par jour,
7 jours par semaine, tous les mois.
Pas de repos, à plein temps.
Mon vieux,
c'est illégal.
Illégal...
Et très dangereux.
Je suis bien placé pour le savoir.
J'ai eu un incendie à bord.
On a atterri à Cayo Sal, au Venezuela.
Une vraie galère.
En tout cas, Juan Pablo Roque,
nous, Frères à la rescousse,
on a besoin de pilotes comme toi.
Novembre-58-bravo-bravo pour la base.
Garde-côte cubain repéré
à 23°80' et 81°77',
direction nord-nord-ouest.
Y a un garde-côte, on change de cap.
Sud-sud-est. Vers Varadero.
Raconte.
Ça a mal tourné.
Les Cubains les ont chopés ?
Ils ont évité le garde-côte, mais leur moteur a lâché à Varadero.
Les Américains les ont récupérés et ont confisqué leurs armes.
Bordel !
- J'espère qu'ils la fermeront. - Moi aussi.
Personne ne doit savoir qu'on les guidait.
Ta famille est restée à Cuba ?
La vie est dure, là-bas, tu le sais.
Le fait qu'elles soient liées à moi,
ça n'arrange pas les choses.
Ça complique tout.
Pour elles, je suis un traître.
Un gusano.
Tu crois que ta femme t'aime encore ?
Je suis toujours amoureux d'elle.
Je peux pas vivre sans elle.
Je crois que je lui manque.
À ma fille aussi.
Je veux le croire.
Et toi ?
T'es une star, ici. On te voit même à la télé.
Mon vieux,
si j'étais une star,
je serais pas dans ce bus avec toi.
J'aurais une limousine avec chauffeur.
Tu sais quoi ?
Un paparazzi m'a proposé 5000
pour me photographier sur la plage avec des nanas en bikini.
Tu lui as dit quoi ?
Rien.
Je vais recommencer ma vie,
mais pas comme ça.
Je vais épouser Ana Margarita.
C'est génial !
LA HAVANE, CUBA
Olga !
Ça a été ?
- Tu as bien mangé ? - Oui.
L'enfer avec son cousin !
Je l'ai mordu.
On peut savoir pourquoi ?
Non, je te le dirai pas.
Irmita, va te laver et au lit.
Il est tard.
Dis donc, tu dis pas au revoir à ton oncle ?
À demain.
Au revoir, tonton Roberto.
Au revoir, mademoiselle.
Je t'ai préparé plusieurs valises avec ses affaires.
J'en donnerai à notre père.
Comme tu veux, mais prends-les.
Je ne veux plus rien de René ici.
Dis-moi pourquoi tu as mordu ton cousin.
On jouait à Memory et j'ai gagné dix fois de suite.
Je lui ai dit que j'étais la championne.
Mlle Je-sais-tout, comme d'habitude.
Il a dit que j'étais la championne,
mais que papa était un traître.
Il fallait lui expliquer.
C'est vrai que papa est un traître ?
Ma chérie,
je t'ai expliqué plusieurs fois pourquoi ton père était à l'étranger.
Il fait des affaires pour aider l'économie de notre pays
et lutter contre l'embargo américain.
Rien à voir avec un traître.
C'est un patriote.
Viens là.
Tiens.
Elles disent toutes la même chose.
J'ai répondu qu'une fois.
Il peut s'estimer heureux.
Qu'est-ce que tu lui as dit ?
Que je l'aimais encore,
mais qu'il était pas question qu'Irma et moi allions aux États-Unis.
Ma fille ne sera pas élevée par un déserteur.
Elle ne côtoiera pas un terroriste comme José Basulto.
Il paraît qu'il a quitté Basulto et rejoint le PUND.
Ça paie mieux, soi-disant.
Avec ces gens,
on sait pas où s'arrête la lutte pour un Cuba libre
et où commence le trafic de drogue.
Tu sais comment va finir René ? En prison !
Et moi, ça me fera ni chaud ni froid.
Continue vers le sud.
Le sud ?
C'est pas le plan de vol.
Tu suivais le plan de vol avec les Frères ?
Pas vraiment.
Alors, continue plein sud.
CÔTE DU HONDURAS
Vite !
Grouillez-vous !
On se casse !
T'as rien vu.
J'ai rien vu.
Tu es inspiré, aujourd'hui ?
On va voir ça.
Commence pas !
Je suis super inspiré.
Salut, mon cher.
- Comment ça va ? - Bien.
- J'espère que tu as faim. - Très.
- Tu nous apportes à boire ? - Tout de suite.
Tu parles russe ?
Je l'ai appris à Cuba. Comme toi.
Bien.
C'est au sujet du PUND.
On dit que leur organisation n'est qu'une couverture.
Ils bossent avec les Colombiens.
Oui, trafic de cocaïne.
Tu m'avais dit que t'y croyais pas.
Jusqu'à récemment.
Tequila !
Des chips de plantain ?
- Tu aimes ça ? - J'adore.
Ana est un cordon-bleu.
Je m'en doute.
Tu nous laisses un moment ? On doit parler.
Je suis désolée.
J'ai transporté une de leurs cargaisons.
J'ai pas envie d'être arrêté pour trafic de drogue.
Je suis pas venu aux États-Unis
pour être un criminel.
Je te l'ai dit,
mon cousin travaille pour le FBI.
Il peut te présenter son chef.
Comment ça va ?
René González.
Enchanté. Asseyez-vous.
J'ai besoin d'un dossier
bien ficelé.
Alors, René,
jusqu'où tu veux nous suivre ?
Je veux pas être mêlé à leurs trafics.
Je vais être direct avec toi.
Je te propose d'être indicateur du FBI.
On te paiera 1500 dollars par semaine.
Tout ce que je te demande,
c'est de me tenir au courant des activités du PUND.
Indicateur ?
L'idée me déplaît.
Ton ami Juan Pablo Roque
travaille pour nous depuis un an.
Avec le même salaire.
Ça explique tout.
Quoi donc ?
Son train de vie.
J'ai besoin de toi, demain.
Une opération spéciale ?
Comme toutes nos opérations.
Un autre vol au Honduras ?
Et puis à Nassau.
Ça paie bien, mais c'est trop risqué.
T'as d'autres propositions ?
Ramón Saúl Sánchez a besoin de pilotes pour Movimiento Democracia.
Ramoncito ?
Avale pas ces conneries.
Je travaille pour la libération de Cuba.
Moi, j'essaie de la financer.
Grâce à la drogue.
C'est là qu'est le fric.
Chez les Colombiens.
Comment te payer 175 $ la semaine, autrement ?
Je peux compter sur toi, demain ?
Descendez !
Vérifie dans le sac.
Retournez-vous !
Dis-moi que tu es sûr de ta décision.
Je suis pas une balance.
Depuis quand travailler pour le FBI, c'est être une balance ?
En plus, ils te paient bien.
J'ai pas sacrifié ma vie à Cuba pour venir faire du fric ici.
Cuba est un désastre :
pas d'essence,
de l'électricité seulement huit heures par jour,
pas de médicaments, pas de nourriture, les gens meurent de faim.
Dis-moi une chose.
Tu sais combien prend Movimiento Democracia
pour faire passer les Cubains en Floride ?
Beaucoup d'argent.
Mais c'est pour une bonne cause.
Mon travail,
c'est sauver des vies.
Qui va être là ?
Je peux y aller.
Ça te va, demain ?
Ça va ?
J'ai presque fini la liste d'invités pour la réception.
Sinon, j'ai une bonne nouvelle.
Tu veux savoir ce que c'est ?
Bien sûr.
Luis Alexander nous prête la villa Alexander.
La villa Alexander à South Miami.
Je sais. C'est super comme nouvelle.
Jorge Mas Canosa sera là.
Je l'ai jamais rencontré.
On dit que ce sera le mariage de la décennie.
Je peux te poser une question ?
Bien sûr.
Pourquoi tu as un portable ?
T'es le seul à en avoir.
Les maris de mes amies ont des pagers.
C'est utile.
Tu peux me joindre à tout moment et je peux...
J'ai bien compris comment un portable fonctionne.
C'est très cher.
- Sans parler du forfait. - C'est utile.
Je sais combien coûtent les choses.
Tu as une nouvelle Rolex.
C'est vrai... une Rolex Submariner.
En argent, cadran bleu.
Très observatrice.
Ça coûte au moins 8000 dollars.
T'es pas loin.
Tu l'as achetée sans m'en parler.
Je ne te dis pas tout.
D'où vient l'argent ?
Il y a moins de balseros depuis le traité avec Cuba.
Beaucoup moins, oui.
Moins de missions.
Celles des Frères sont passées de 2000 à 200 par an.
Et moins de donateurs.
Tout à fait exact.
Je sais, c'est pour ça que je te demande :
d'où vient ton argent ?
Je veux une réponse claire.
Je te l'ai déjà dit,
j'ai signé pour une autobiographie.
Celle que tu écris depuis six mois, une heure par jour ?
Oui, c'est ça.
Des conneries ! Tu me prends pour qui ?
Personne gagne sa vie en écrivant,
sauf une star avec sa biographie.
Je suis une star, ma chérie.
Tu épouses une star.
Le livre que j'écris depuis six mois,
une heure par jour, sera une bombe.
Je vais tout déballer sur l'aviation cubaine...
La seule façon de gagner autant, c'est avec la drogue.
Je veux savoir.
C'est quoi ? De la cocaïne ?
Tu veux que je te quitte ?
Sur-le-champ ?
Réponds.
Tu sais combien coûte cette chaîne en or ?
Je n'ai pas fui Cuba pour être un loser à Miami.
Je porte un costume à 2000 dollars, ça te gêne ?
Est-ce que ça te gêne ?
Je ne suis pas mêlé à la drogue.
Mais tu ne sais pas tout à mon sujet.
Et c'est mieux pour toi.
Ici Charlie-4-0-4-7.
Ici Charlie-4-0-4-7. Blue Shark, vous me recevez ?
Ici Blue Shark, je vous reçois.
Je survole le 24e parallèle, 82° O.
Rien à l'horizon.
Je répète : rien à l'horizon.
Pas de gardes-côtes, on fonce.
Tu reviens de mission ?
T'as tes propres sources, non ?
Mes sources disent que ça a été un succès.
Zéro victime et des dégâts.
- Graves ? - Suffisamment.
Les Cubains vont pas le crier sur les toits,
tu t'en doutes.
Movimiento est peut-être fier, pas moi.
Pourquoi ? Si c'est pas indiscret.
J'ai pas rejoint la résistance pour aider des terroristes,
mais pour sauver les balseros.
Une bière ?
Pourquoi tu voulais me voir ?
J'ai eu des nouvelles d'Olga.
La vache !
Elle t'a finalement répondu.
Exact.
Olga a toute sa vie à Cuba :
sa carrière,
ses amis, sa famille.
Bien sûr, ça doit être difficile pour elle.
Mais...
elle a pris une décision.
Elle va venir me rejoindre.
D'accord,
mais encore faut-il pouvoir le faire.
- Je suis citoyen américain. - Et alors ?
En tant que tel, je suis prioritaire.
C'est pas si simple.
Il y a des quotas, de l'attente, des démarches...
C'est pour ça que je voulais te parler.
Tu as des relations à Washington.
Elle a un permis de sortie ?
Non.
Un piston à Washington sert à rien si Cuba l'empêche de sortir.
Bénis et sanctifie, Seigneur,
l'amour de Juan Pablo et Ana Margarita.
Juan Pablo,
accepte cette alliance en gage de mon amour
et de ma fidélité.
Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit.
Le baiser.
Venez, je veux vous présenter quelqu'un.
C'est un honneur pour moi de vous présenter
le président de la FNCA, Jorge Mas Canosa.
L'homme qui nous mènera vers un Cuba libre et démocratique.
Votre présence est un grand honneur.
Et un présage de bonheur pour notre couple.
Selon mon ami José Basulto, tu es notre meilleur pilote.
Disponible à toute heure.
M. Canosa, sauf votre respect,
dorénavant,
il faudra d'abord consulter mon épouse.
Félicitations.
Merci d'être venu.
Il est très beau.
Le marié arrive.
Merci de m'avoir invité.
Dommage que ma femme soit pas là.
Elle sera bientôt là.
T'as invité du beau monde.
Il y a même Jorge Mas Canosa !
Il se montre rarement en public.
C'est un vrai honneur qu'il te fait.
Il a voulu une photo avec nous.
Il a fait venir la presse.
Tu as le papier qui manquait ?
Il est arrivé ce matin.
Ce matin ?
Trois semaines que je l'attends !
Tu es officiellement autorisée à quitter la tannerie.
Tu es sûre de prendre la bonne décision ?
On a besoin de toi, ici, et tu aimes ton travail.
Tu vas faire quoi, à Miami ? Recommencer ta vie ?
Ma fille doit être auprès de son père, je te l'ai dit.
Tu parles d'un père.
- Un traître. - Elle a que celui-là.
Donc,
tu te sacrifies.
On peut voir ça comme ça.
Merci, Luis.
Yanicé Rodríguez.
Caridad de la Nuez.
Elle n'est pas là ?
Olga Salanueva.
Vous, le bureau, là-bas.
Vous, ici.
Camarade, voici le document que vous m'avez demandé la dernière fois.
J'ai amené ma fille, comme convenu.
Merci. Ça jouera en faveur de votre demande.
Mais ce n'est pas le bon document.
Comment ça ?
Je veux celui du ministère de l'Industrie légère.
Vous l'avez dans les mains.
Celui-ci vient de la Direction des tanneries.
Je vous signale qu'elle fait partie du ministère.
En tout cas, c'est différent.
- Il me faut... - J'y crois pas !
Je peux finir ?
Pardon.
Le ministère doit certifier qu'il vous libère de votre poste
et que vous n'êtes pas endettée envers l'État.
Je n'ai aucune dette.
Alors, ils vous le délivreront facilement.
Désolé, mon amour, mais j'avais hâte de t'apprendre la nouvelle.
J'ai trouvé un boulot.
Pour une compagnie cargo, Arrow Air.
Ça dépannera, le temps que tu trouves du travail.
Et si je deviens ingénieur de vol, t'auras même pas à travailler.
Ça te fait pas plaisir ?
Écoute, hier, je suis allée au ministère.
C'est de plus en plus compliqué.
Je parle à ton papa.
Va dans ta chambre.
Encore un obstacle ?
Si seulement c'était ça.
Je leur ai apporté tous les papiers,
mais il en manque un qu'ils viennent d'inventer.
J'en peux plus.
S'il te plaît, dis pas ça.
On est près du but.
Ne nous voilons pas la face.
Le problème, c'est toi.
C'est pas tel ou tel document, c'est toi.
On me laissera jamais sortir de ce pays.
QUATRE ANS AUPARAVANT
SÉCURITÉ D'ÉTAT CUBAINE
Ton nom ?
Manuel Viramóntez.
Tes parents ?
Pedro et Rosalina Viramóntez.
Lieu et date de naissance ?
Comté de Cameron, au Texas, le 26 janvier 1967.
En 70, on a déménagé à Porto Rico, où sont nés mes parents.
Je suis l'Américain de la famille.
Ton numéro de sécurité sociale ?
584-56-5846.
Ton adresse à Porto Rico ?
Darlington Building, avenue Borinqueña.
00925, appartement 6C, Río Piedras.
Numéro de téléphone du domicile ?
658-1117.
L'immeuble ?
C'est un immeuble blanc, onze étages.
Une radio se trouve au RDC,
Radio Voz...
Très bien, Hernández. Depuis quand travaillez-vous avec nous ?
Depuis six mois, consacrés à apprendre mon rôle.
Comme un acteur.
Mieux que beaucoup d'acteurs.
J'ai lu ici
que vous fréquentiez le vidéoclub Cine y Vídeo.
Il y a deux portes vitrées, on toque à celle de droite.
Un film coûte 3 dollars.
Merci beaucoup. Vous pouvez disposer.
Excusez-moi.
Ton avis ?
Son accent portoricain est parfait.
Je pense qu'il est prêt pour aller à Miami
et diriger le réseau Guêpe.
On trinque.
À quoi ?
D'abord, on trinque.
Écoute, Adriana,
ils acceptent mon sujet de thèse en relations internationales.
Finis les problèmes d'argent.
Exactement.
La fac paiera mes voyages.
Tes voyages ?
Je vais partir.
Plusieurs mois.
Mais...
On voulait un enfant.
On en aura un.
À mon retour de voyage.
Quand tu reviendras.
Bien sûr.
Je veux pas te causer de peine.
- J'espérais... - Quoi ?
Que tu finirais tes études à Cuba
pour devenir diplomate comme tu voulais.
C'est ce que je ferai.
Tu t'en vas.
Adriana,
ce que je vais te dire ne doit pas sortir d'ici.
Au nom de notre amour, ça ne doit jamais sortir d'ici.
Tu as ma parole.
Les groupes anti-castristes de Miami
veulent asphyxier l'économie du pays.
Ils intensifient leurs attaques contre nos infrastructures touristiques.
Ils veulent faire croire que Cuba est un pays dangereux.
Le seul moyen de les arrêter, c'est en infiltrant
les organisations terroristes en Floride
pour savoir ce qu'elles préparent.
On a déjà des hommes sur place.
Ils attendent un coordinateur.
C'est à moi...
qu'on propose de coordonner ce réseau.
J'ai accepté.
Le réseau Guêpe.
René González arrive le 8 décembre 1990,
Manuel Viramóntez, en décembre 1991
et Juan Pablo Roque, en février 1992.
Les autres agents arrivent au cours de l'année 92.
D'abord, Linda et Nilo Hernández.
Leur couverture :
exporter des instruments médicaux vers Cuba.
Leur mission :
infiltrer Alpha 66, le groupe terroriste le plus agressif.
Antonio Guerrero s'installe à Key West,
base des radios anti-castristes.
Il commence comme prof de salsa,
puis est embauché comme tourneur
à l'aéroport militaire de Boca Chica.
Ramón Labañino Salazar, ceinture noire de karaté,
simule sa défection et rejoint le réseau à Tampa.
Sa mission est de surveiller
Luis Posada Carriles, l'une des figures les plus infâmes
du terrorisme anti-castriste.
Après quatre mois de préparation,
les agents secrets Amarylis Silverio et Joseph Santos
profitent de la 3e vague d'émigration pour entrer aux USA.
Amarylis trouve aussitôt un emploi d'hôtesse d'accueil.
Joseph, lui, doit se contenter de petits boulots.
D'autres arrivent.
Fin 1992, le réseau Guêpe est entièrement opérationnel.
Les agents n'ont aucun contact entre eux.
Seuls Labañino, González et Villareal
sont chargés de rassembler les infos
et de les transmettre à Viramóntez.
Chaque agent communique par pager avec son supérieur.
Tous les 15 jours,
l'agent reçoit un message fixant le lieu où livrer les informations
qu'il a rassemblées et sauvegardées sur disquette.
Viramóntez regroupe les informations
et les transmet à Cuba par radio à ondes courtes.
Les fichiers volumineux sont codés
et envoyés en Amérique centrale
où un diplomate cubain les récupère
et les fait suivre par valise diplomatique.
Pendant cette période,
le réseau Guêpe a permis de déjouer 20 attaques terroristes
et de saisir une grande quantité d'explosifs, d'armes et d'argent.
- C'est quoi ? - Du C4 !
En mars 95,
les Cubano-Américains Martínez Rueda et Ramírez Oro
entrent clandestinement à Cuba et enterrent des explosifs
destinés à un attentat à l'hôtel Meliá de Varadero.
Des semaines plus tard, ils reviennent exécuter leur mission
et sont arrêtés à l'aéroport José Martí de La Havane.
Ils avouent avoir agi sur ordre de la FNCA.
Grâce aux informations recueillies par le réseau Guêpe,
30 terroristes ont été arrêtés :
des exilés cubains
et des mercenaires visant des destinations touristiques à Cuba.
RETOUR AU PRÉSENT
- Bienvenue. - Bonjour.
Asseyez-vous, camarade.
Vous allez bientôt rejoindre votre mari à Miami.
Je tiens à préciser que je fais ça pour ma fille.
Pour qu'elle soit auprès de son père.
Il est capital que vous sachiez la vérité.
Votre mari, René González,
n'est pas un traître.
Votre mari est un héros.
Un héros ?
Il a tout sacrifié pour la Révolution.
Ses proches, sa relation avec vous, votre fille.
Il est à Miami pour accomplir une mission.
Infiltrer les groupes terroristes et ainsi
nous avertir de leurs intentions.
On a déjà sauvé beaucoup de vies.
Vous allez le rejoindre, il était important de vous le dire.
Mais il est encore plus important
que votre fille ne l'apprenne pas.
Jamais.
Vous avez compris ?
J'ai votre parole ?
J'ai pris la même décision que votre mari.
Moi aussi, je suis à Miami.
Je suis en contact avec lui et le serai avec vous.
Je suis revenu vous dire ça.
Il est important que vous compreniez
que votre sécurité,
celle de votre mari,
celle de votre fille, la mienne, celle de tous
dépend de vous et de votre silence.
Comptez sur moi.
Toutes ces années !
Quand j'y pense, j'ai envie de...
Excusez-moi.
Tout ça...
je vais devoir l'assimiler peu à peu, ça va pas être facile.
On m'a fait une radio.
J'ai...
une entorse.
C'est grave ?
Je vais guérir en deux semaines.
Ça va.
Je vais bien.
Je peux te demander une chose ?
Bien sûr.
Ton placard est vide.
Avec les ouvriers...
Je vois pas tes yeux. Tu enlèves tes lunettes ?
Avec les ouvriers, la semaine dernière,
mes vêtements étaient couverts de poussière.
J'ai tout apporté au pressing.
Je voulais pas t'embêter avec ça.
C'est très gentil de ta part.
Je dois me lever tôt, demain.
À 3 heures.
3 heures ?
Je dois conduire un bateau à Freeport.
Je pars pour le week-end.
T'es blessé au bras.
T'y vas quand même ?
Et si je dois te joindre ?
J'aurai mon portable.
Souviens-toi,
tu es mon garde du corps.
Ton garde du corps.
Comme Kevin Costner.
Regarde-moi.
Je te protégerai toujours.
Toujours.
La vache ! Tu fais ta vedette ?
Je vais t'aider.
- Ça ira. - Donne.
Comment tu t'es fait ça ?
J'ai glissé dans la douche.
Désolé.
Tu peux pas voler ?
Non, pas avec ça.
On a dû changer le plan à la dernière minute.
Rate pas ton avion.
Ton billet pour La Havane.
CUBA LE MÊME JOUR
À l'automne 1995,
plus de 130 groupes d'opposition ont créé une coalition
qu'ils ont appelée le Concilio Cubano.
Trois objectifs :
transition pacifique vers la démocratie,
amnistie des prisonniers politiques
et participation des exilés cubains au retour de la démocratie.
La riposte a été brutale.
Le régime castriste a frappé le Concilio Cubano de toutes ses forces.
En février, la police s'est déchaînée :
saccage des domiciles, agressions,
incarcération de défenseurs des droits de l'homme.
Des personnes non armées
qui voulaient se réunir pacifiquement à La Havane.
MIAMI LE LENDEMAIN
Que pensez-vous de la situation à Cuba ?
On dispose de peu d'informations,
mais c'est la réaction d'un gouvernement à bout de souffle
et la preuve de la force du mouvement démocratique.
Pour les Cubains rêvant de liberté,
l'heure de vérité est arrivée.
Aujourd'hui,
les Frères lanceront des tracts au-dessus de La Havane
en soutien au Concilio Cubano.
Montre-nous le cap,
la direction.
Et guide nos avions
là où se trouvent nos frères sur la mer !
Bonne chance.
Bonne chance à tous.
Bonjour, Contrôle de La Havane.
Ici novembre-2-5-0-6,
on franchit le 24e parallèle.
Aujourd'hui, on opérera
dans la zone nord de La Havane.
Bonjour, novembre-2-5-0-6.
La zone nord de la ville est un espace aérien interdit.
Si vous franchissez le 24e parallèle,
vous vous exposez à un grave danger.
On est conscients du danger chaque fois qu'on passe le 24e parallèle.
Mais on est prêts à le faire.
En tant que Cubains libres, on a le droit d'être ici.
Manœuvres hostiles de MiG cubains.
Riverdale, on a deux avions prêts à l'action,
mais ils ont pour consigne de ne pas décoller.
On a ordre de ne pas intervenir.
Seagull One pour Spirit of Miami :
modifiez votre vitesse à 150.
Ici Spirit of Miami, on modifie à 150.
Quelle est votre altitude ?
1700 mètres.
Trois avions en vue.
Actionnez vos radars.
Bien reçu.
On a la cible, un avion privé.
On a de la compagnie.
MiG ennemis volant autour de nous.
Aucun risque.
Des tactiques pour nous faire peur.
On a la cible. Autorisez !
C'est maintenant ou jamais.
Autorisez, bordel !
Autorisé.
4-6-5, vous êtes autorisé.
Il a disparu.
Ils seraient pas derrière nous ?
On l'a eu !
On l'a eu, putain !
Seagull One,
des nouvelles de Spirit ?
Négatif.
Tu vois la fumée à gauche ?
Je vois la fumée !
Ce sont les deux autres Cessna ?
Oui, ils gardent le cap.
Montez à 4000 m dans la zone et réduisez votre vitesse.
T'as vu le MiG ?
Le MiG !
Tu l'as vu, bordel ?
Là-bas, fumée et flammes.
Où tu vois des flammes ?
Réponds, bordel !
Autre avion en vue.
Attendons autorisation.
Autorisé.
Autorisé à tirer.
Putain, Armando, où est passé le MiG ?
Le fils de pute !
L'autre est détruit !
La patrie ou la mort, bordel !
Ils tirent, putain !
Roque est là ?
Salut, René.
Non, il est parti pour le week-end, il est injoignable.
En mission pour les Frères ?
Il a un bras cassé, il peut pas voler.
Dieu merci.
Pourquoi tu dis ça ?
Allume la télé.
Une terrible tragédie
que nous redoutions depuis longtemps vient de se produire.
Nous avons perdu nos premiers pilotes.
Ces petits avions n'étaient pas armés, de toute évidence.
Les autorités cubaines le savaient.
Ces avions ne représentaient aucune menace crédible
pour la sécurité de Cuba.
Je demande au monde entier de me dire
quel pays digne de ce nom
pourrait tolérer que,
sur son territoire,
on commette les multiples violations
que notre pays a subies...
Elle est là !
Votre exil et maintenant votre retour, tout ça est trouble.
Désolée d'être si directe,
M. Roque, êtes-vous un espion cubain ?
Je ne suis pas un agent de la Sécurité d'État.
J'ai quitté Cuba à cause de mon divorce.
Pourquoi j'ai décidé de revenir ?
Parce que je me sentais frustré aux États-Unis.
À cause de cette société.
J'étais frustré à cause de l'intolérance politique
chez les exilés cubains.
Je n'étais pas heureux de ma vie là-bas.
J'ai été trompé par des militants qui se disent patriotes,
mais qui organisaient des attentats à Cuba
sous couvert d'aide humanitaire.
On leur a dit plusieurs fois de ne pas violer l'espace aérien cubain.
Je l'ai dit à José Basulto.
Demandez-le-lui.
"C'est de la folie, ils vont abattre les avions."
Puis-je terminer par une question personnelle ?
Que vous manque-t-il le plus de votre vie à Miami ?
Ma Jeep Cherokee.
Arrête !
Toujours les yeux plus gros que le ventre.
Petite,
tu n'es plus à Cuba,
plus besoin de faire des stocks.
Ma chérie !
T'as changé.
Beaucoup ?
Ma puce, tu ne te souviens pas de moi ?
Je suis ton arrière-grand-mère Teté.
Tu étais toute petite quand j'ai quitté Cuba.
Regarde,
cette autre vieille dame est ma sœur Gladys.
Laisse, je vais débarrasser.
Je vais dire bonne nuit à la petite.
Tu es contente d'être à Miami ?
J'ai peur.
De quoi ?
Je sais pas, papa.
De la vie.
La vie ici ?
Ici, tout est différent.
Je sais.
Mais papa est là.
Tu n'as rien à craindre.
Écoute,
cette photo de Fidel...
cache-la.
Qu'est-ce qu'il y a ?
Si t'étais vraiment un traître,
tu me dirais de la déchirer.
Dors.
J'ai des amis
qui ont promis de nous aider.
Ils m'ont parlé
d'un emploi tout près d'ici.
Dans une maison de retraite.
Ça te permettra de t'occuper de la petite.
Ce sera dur de tenir Irma à l'écart de tout ça.
C'est mieux pour elle que rien ne change.
Moi, t'as pas eu trop de mal à me le cacher.
Tu me pardonneras un jour ?
J'en sais rien.
Je te comprends.
Moi aussi, je te comprends, mon amour.
Tu as fait tout ça pour ton pays, pour notre Révolution,
je le respecte et je t'admire.
Mais on en a payé le prix.
Irma et moi, ta famille,
je sais pas si tu as conscience de ce qu'on a enduré.
Depuis des années, j'ai mal là en permanence.
Je sais ce que tu ressens.
Ce sera difficile de l'oublier.
Je n'avais rêvé de cette vie ni pour ma fille, ni pour moi.
Je me rattraperai.
Tu as pris tes décisions et nous, on a dû encaisser.
Ces blessures ont besoin de temps pour guérir.
Tu te rappelles quel âge avait Irma quand tu es parti ?
- Je t'en prie... - 6 ans !
Olga, s'il te plaît.
Inutile de me rappeler son âge quand j'ai quitté Cuba.
Tout ça était la conséquence de ton choix.
Pas le mien ni le sien.
Bon sang, je suis ici, avec toi, à Miami !
Je n'ai jamais renoncé à être ta femme,
même à Cuba où, tu le sais très bien,
être la femme d'un traître n'est pas évident.
Sache que je suis heureuse d'avoir pris cette décision.
Pourquoi tu crois que j'ai appris la radiocommunication
et plein d'autres trucs ?
Pour t'aider, pour te soutenir !
Mais ça se fera pas du jour au lendemain, j'ai besoin de temps.
J'ai besoin de temps et la petite aussi.
Je te laisserai tout le temps qu'il faut.
À condition que tu m'autorises à espérer.
T'en fais pas.
On est à nouveau ensemble.
Je peux garder espoir ?
Bien sûr.
Je t'ai toujours aimé.
Toujours.
Changez les draps de M. Barbeito, il les a souillés.
Vous avez plusieurs pseudonymes : Solo, Ramón Medina,
Basilio, Lupo...
Comment dois-je vous appeler ?
Je suis Luis Posada Carriles.
Appelez-moi par mon vrai nom.
M. Posada Carriles,
comment expliquez-vous votre relation avec la FNCA ?
Jorge Mas Canosa, le président, est un grand ami.
Comment définissez-vous cette amitié ?
Tous les deux, on aime la pêche en haute mer
et il achète mes tableaux.
Vos tableaux ?
Oui, je peins des paysages traditionnels cubains.
Je vis de ça.
Ces documents font état de virements récents très importants
de la FNCA dans le New Jersey
à un Salvadorien, Ramón Medina.
Ramón Medina est bien l'un de vos pseudonymes ?
Oui, tout à fait.
Niez-vous que ces virements sont liés au terrorisme ?
Castro m'accuse de tous les maux.
Vous savez ce que c'est de vivre à Cuba, aujourd'hui ?
Oui, j'y suis allé.
C'est le communisme !
Un échec économique.
On est en guerre contre le communisme.
Depuis la désertion de Roque,
Mas Canosa pense qu'il y a d'autres taupes.
La FNCA n'ose plus planifier d'attentats sur le territoire cubain.
Ils veulent pas mettre les USA dans l'embarras.
C'est pour ça qu'ils font
profil bas.
Ils veulent changer de stratégie
et intensifier leurs opérations.
On peut incriminer Mas Canosa ?
On n'a pas de preuves.
Ils sont prudents.
Celui qui organise tout ça,
c'est Luis Posada Carriles.
Posada Carriles, l'enculé.
Ils recrutent en Amérique centrale.
Au Nicaragua, au Salvador.
Ils engagent des mercenaires.
Ces types tueraient père et mère pour du fric.
SALVADOR
T'as besoin d'argent ?
Ça va.
Pourquoi tu vends ta voiture, alors ?
Elle est à ma sœur.
On vit ensemble, une seule voiture nous suffit.
Si t'as besoin de quoi que ce soit, appelle-moi.
Tu sais,
j'ai des potes qui paieraient bien un gars comme toi,
courageux et déterminé.
Je touche pas à la drogue.
Je parle pas de drogue.
Faut poser une bombe.
Dans quel but ?
Pas de questions. Ça fait partie du deal.
Je te le dis une fois pour toutes.
En 1989,
Cuba produisait 8 millions de tonnes de sucre de canne.
Aujourd'hui, 3 millions, même moins.
Sans le tourisme, l'économie s'effondre.
Le gouvernement de Castro tomberait.
Faut attaquer là où ça fait mal :
hôtels, plages...
C'est dangereux.
15 000 colones par bombe.
Plus les frais d'avocat en cas de pépin.
Bienvenue à Cuba.
Je vais à Habana Vieja.
Désolé, mon rendez-vous a traîné.
Ça va, on profite de notre dernier jour.
Ce soir, on va se geler à Toronto.
Venez, j'ai réservé dans un bon resto.
C'est quoi ?
Sûrement les travaux de l'hôtel Panorama.
Ça vous embête si j'enlève mon t-shirt ?
Vous gênez pas.
Vous pouvez même enlever votre pantalon. Le client est roi.
- Pourquoi on est coincés ? - La rue est barrée.
Pourquoi ?
Sans doute un déplacement de Fidel.
On y va, on nous demande ailleurs !
On y va !
Félicitations.
Les attentats font la une.
Rien à foutre, je te l'ai dit.
J'ai besoin de fric. Je peux même plus prendre un taxi.
Ton fric est à La Havane. On t'a laissé une enveloppe au Capri.
Je vais chercher de l'argent.
Raúl Ernesto Cruz León.
C'est moi.
Je n'ai rien à ce nom.
Une enveloppe.
Non, je n'ai que ça.
Tu es en état d'arrestation.
On t'a vu jeter ce matériel
dans une poubelle du parc Cervantès.
Tu reconnais ?
Les explosions au Triton et au Château :
que des blessures légères et des dégâts matériels.
Mais au Copacabana,
un Italien a eu la gorge tranchée par un morceau de métal.
Il est mort.
Si tu coopères,
tu pourras peut-être sauver tes fesses.
Autrement,
ce sera le peloton d'exécution.
Salut, vieux.
- Où est Olga ? - Aux toilettes.
Alors,
t'as un truc à me dire ?
Mas Canosa est très malade.
- C'est grave ? - Il finira pas l'année.
Ils ont un plan pour tuer Fidel.
Tout est là.
Un de plus.
Le dernier souhait de Mas Canosa.
Là, ce sera vraiment le dernier.
À l'île Margarita, Venezuela. Pendant le sommet ibéro-américain.
C'est bientôt, dans moins d'un mois.
Ils ont un bateau, l'Esperanza, qui quittera Porto Rico avec des tueurs.
Tu sais quoi, on va passer l'info au FBI.
Tu crois ?
Prendre la FNCA la main dans le sac serait une grande victoire.
- Comment tu vas ? - Bien.
On trinque à quoi ?
À l'arrestation de Cruz León.
Quatre bombes, un touriste mort.
- Tu te sens responsable ? - Bien sûr.
On est là pour éviter ça.
On a fait de notre mieux.
On les a mis sur écoute, on a démantelé leur organisation.
Le recruteur est en cavale.
On trinque,
on a quelque chose à fêter.
Et comment !
On a une bonne nouvelle, très bonne.
Qu'est-ce qu'il y a ?
Je suis enceinte.
On voulait rien dire avant d'être sûrs, mais ça y est.
Ma première échographie
montre que tout va bien.
Encore une fille.
Félicitations, c'est super !
Elle a déjà un prénom ?
Ivett.
- C'est joli, non ? - Très joli.
- Et comment va Irmita ? - Bien.
Elle parle couramment anglais.
Elle est jalouse, je te dis pas.
J'espère qu'elle surmontera ça.
Ça s'arrange toujours. Il suffira de faire attention à elle.
C'est ce qu'on fait, la pauvre.
Mais elle devra accepter
qu'elle n'est plus le centre d'intérêt.
Esperanza, ici Baranof.
Ici le garde-côte américain Baranof.
Que faites-vous sur ces eaux ?
Esperanza pour Baranof.
On est des touristes. On est venus pêcher.
Destination ?
Sainte-Lucie.
En bas !
Vous pêchez avec ça ?
C'est à moi, pas aux autres.
Vos propos ont valeur juridique.
C'est pour tuer Fidel Castro et j'en suis fier.
Le président Castro m'a confié un message
à remettre au président Clinton en personne.
Nous en informerons le président.
Le renseignement cubain
recueille des informations accablantes depuis des années.
On tient à l'œil les organisations des exilés cubains.
Vous savez donc que la FNCA finance des terroristes
et que les opérations
sont menées par des mercenaires recrutés en Amérique centrale.
Cuba partagerait ses renseignements ?
Si vous contactez les autorités cubaines,
elles réagiront favorablement.
DÉLÉGATION DU FBI À CUBA
Devant vous se trouvent trois dossiers.
Le premier est un rapport
sur les activités terroristes contre Cuba depuis 1990.
Il y est prouvé que la plupart de ces opérations
ont été commanditées par la FNCA.
Dans le deuxième, vous avez la liste
de 40 exilés cubains identifiés comme terroristes actifs.
Dans le troisième figurent les virements de la FNCA
au terroriste Luis Posada Carriles
prouvant son lien avec la FNCA.
Ce sont vos conclusions.
Tous les faits sont ici,
à votre disposition.
Vous croyez que les chefs de la FNCA
seront inquiétés à cause des dossiers transmis par Cuba au FBI ?
Écoutez,
Mas Canosa n'est plus là, il est mort.
Il m'a toujours dit ne rien vouloir savoir de mes activités.
Par conséquent, je ne pense pas que la FNCA
ait du souci à se faire.
En revanche, les Cubains communistes,
je peux vous assurer qu'ils ont de quoi être inquiets.
Pourquoi dites-vous ça ?
Réfléchissez.
D'où viennent les renseignements cubains ?
D'un réseau d'espions cubains à Miami.
Franchement,
vous croyez que le FBI tolérera ce genre d'activités
sur le sol américain ?
J'en doute fort.
J'en doute fort.
Bonjour, je suis Olga Salanueva d'Inglés Ahora.
Vous pourrez perfectionner votre anglais
pour mieux vous intégrer dans une so...
D'accord.
Oui, un autre jour. Désolée de vous avoir dérangée.
Merci beaucoup.
Où allez-vous ?
Chercher ma fille à la garderie.
Il est trop tôt. Vous deviez trouver une solution.
Oui, mais c'est loin. Je suis désolée.
- Ça a été ? - Oui.
- Et ton contrôle ? - J'ai eu 9/10.
Salut, mon amour.
Tu es là un vendredi ? Tu vois pas les gens de Movimiento ?
C'est reporté à la semaine prochaine.
Super.
Je suis resté à la maison, peinard.
Et toi ?
Va changer la petite. Je sens une odeur suspecte.
Qu'est-ce que tu as fait ?
Je vais t'aider.
C'est pour ça que tu pleures.
Regardez par ici.
Pourquoi ?
Je profite de cette belle lumière.
Comme ça, en caleçon ?
Je vais enfin avoir une photo de vous trois.
Rapproche-toi pour cacher mon caleçon.
Ma chérie, regarde l'appareil.
Mains en l'air ! Sur la tête !
À genoux !
On vous arrête pour espionnage contre les USA.
Touchez pas à ma fille !
Vous pouvez garder le silence.
Ce que vous direz peut être retenu contre vous au tribunal.
Vous avez le droit à un avocat.
Si vous n'en avez pas, on vous en désignera un d'office.
Avez-vous compris vos droits ?
Olga, mon amour, t'inquiète pas.
Je peux aller changer ma fille ?
On va vous accompagner.
Votre mari fait partie d'un réseau d'espions cubains.
Je doute que ça vous étonne.
Neuf autres agents ont été arrêtés.
Nous vous invitons à coopérer avec les États-Unis.
Votre bébé est né ici. Elle est citoyenne américaine.
Contrairement à vous et à votre aînée.
Vous risquez l'expulsion à tout moment.
Je sais. Je veux parler à mon mari.
Ce n'est pas possible.
Levez-vous.
L'audience de la cour fédérale de Miami est ouverte.
La juge Lenard préside.
Les États-Unis contre Manuel Viramóntez et ses complices.
Vous êtes accusés
de complot d'espionnage,
d'actes commis en tant qu'agents étrangers non déclarés,
de falsification de documents
et de faux serment sur la fiche d'immigration.
Quelle bande de goujats !
- Qu'est-ce qu'il y a ? - Rien.
Regarde par là.
Amarylis, c'est moi, Olga.
Ça va. Et toi ?
Ici, je te dis pas !
Je t'appelle pour te demander un service.
Tu pourrais récupérer Ivett à la garderie ?
Si tu voyais le cirque devant chez moi.
Olga, vous pouvez venir, s'il vous plaît ?
Asseyez-vous.
Vous ne voulez plus employer la femme d'un espion cubain ?
À ma connaissance, vous n'êtes accusée de rien.
Pour moi, vous êtes une mère qui a deux enfants à nourrir.
J'ai eu affaire au FBI, ces types peuvent être des ordures.
Vous pouvez retourner travailler.
DEUX SEMAINES PLUS TARD
Je veux y aller avec toi.
J'aimerais bien, ma chérie, mais ils ne te laisseront pas entrer.
En plus, tu dois garder ta sœur.
Dans ce sac, tu as le lait, l'eau et les couches.
Dis à papa que je l'aime.
Je te le promets, ça va lui faire plaisir.
Il a sacrifié sa famille.
Ne dis pas ça.
Ton père est courageux,
son seul tort est d'avoir lutté pour son pays.
- Et nous, alors ? - Il accomplit son devoir.
Je préférerais qu'il soit pas soldat.
Ça, je lui dirai pas.
Je vais lui dire que sa fille aînée est comme lui :
forte et courageuse.
Je peux ?
Je peux ?
Je me débrouille comme je peux.
J'ai pu garder mon travail.
Génial.
Mon patron est un type bien.
Qui l'aurait cru ?
Quoi ?
J'imagine ce que ça doit être derrière cette porte.
Je suis dans une cellule d'isolement de 2 mètres sur 4.
La seule source de lumière est en haut, par une fente horizontale
d'environ 50 cm sur 15 que je peux pas atteindre.
Je vis comme ça.
Et les filles ? Comment elles vivent ça ?
C'est très dur pour elles, surtout pour Irma.
Mais on va bien.
Le FBI veut que je coopère.
Ça veut dire quoi ?
Si je dénonce les autres, ma peine est réduite.
Et alors ?
Il y en a cinq qui ont accepté de le faire.
Ils vont parler ?
Pas toi, n'est-ce pas ?
Toi et les filles risquez d'être expulsées si je refuse.
M. le président, comme vous le savez,
dix Cubano-Américains, des Cubains,
ont été arrêtés et accusés d'espionnage
pour votre gouvernement.
Qu'en pensez-vous ?
Ce qui m'a frappé,
et nous l'avons dénoncé à l'ONU,
c'est qu'il est inouï
que le pays qui espionne le plus au monde
accuse d'espionnage
le pays le plus espionné du monde.
Certes, parfois,
nous avons envoyé des citoyens cubains
pour infiltrer
des organisations contre-révolutionnaires
et nous informer
d'activités qui nous intéressent beaucoup.
J'estime que nous avons le droit de le faire
tant que les États-Unis tolèrent
que, sur leur sol, on planifie des sabotages,
des incursions armées,
des attaques contre nos installations touristiques,
l'introduction d'armes et d'explosifs
et surtout des attentats pour nuire à l'économie et au tourisme.
Tous ces faits que nous avons dénoncés.
UN AN PLUS TARD
Ma jolie.
Fais un bisou à papa.
Montre-lui le canard.
Il est tombé.
Encore un bisou.
Elle est magnifique.
Encore plus belle que sur les photos.
On t'a apporté des petites choses, mais ils doivent inspecter le colis.
Ils me le donneront plus tard.
De la nourriture et des livres.
C'est ton anniversaire, tu t'en souviens ?
Dommage qu'Irmita soit pas là.
Elle est plus en sécurité à Cuba.
Je sais.
Sa grand-mère s'occupe bien d'elle. Elles s'adorent.
- Vous vous parlez ? - Tous les jours.
Ça va, l'école ?
Très bien. Elle demande toujours de tes nouvelles.
Je peux pas encore lui parler.
C'est très douloureux.
Dis-lui que son père l'aime fort.
Je le lui dis tout le temps.
Et que dès que tu sortiras, on sera de nouveau tous ensemble.
Tu sais que c'est pas pour bientôt.
Pars avec Ivett à Cuba, vous serez toutes les trois réunies.
Ça veut dire quoi ?
Je vais pas coopérer.
Je viens de le dire à mon avocat.
Je peux pas témoigner contre mes frères.
J'en suis incapable.
Et tu diras rien sur ceux qui témoigneront contre toi ?
C'est leur morale, pas la mienne.
J'ai besoin de ton soutien.
Tu sais bien que tu l'as.
On va être séparés très longtemps. Tu le sais.
Mon amour, je ne te laisserai pas seul.
Je viendrai te voir tant qu'on m'y autorisera.
Je serai toujours là pour toi
et pour nos filles.
Je te le promets.
SARASOTA FLORIDE
Tu ne veux vraiment pas rester ?
Je peux pas, Teté. J'aimerais bien.
Il faut qu'on soit préparés.
Je te comprends.
Quand tout s'arrangera, je reviendrai la chercher.
Et si ça ne s'arrange pas ?
Dans ce cas, la petite restera un temps avec toi.
Je sais que tu t'occuperas d'elle comme si c'était ta fille.
Merci.
Regarde-la, tellement petite.
Et tellement adorable.
On se reverra bientôt. Regarde-moi.
Regarde maman.
Je t'aime. Je t'adore.
Un bisou.
Viens avec mamie.
À bientôt.
Je t'aime.
Je t'adore.
Merci, Teté.
Je t'aime.
Au revoir, maman.
À bientôt.
Au revoir, maman.
Olga Salanueva a été expulsée vers Cuba après 3 mois de prison.
Elle a retrouvé ses filles
et milité pour la libération de son mari.
René González a passé 12 ans en prison.
Il a été libéré le 7 octobre 2011.
Gerardo Hernández, alias Viramóntez, a été condamné à deux perpétuités.
Il a été libéré dans le cadre d'un échange d'espions.
Après 15 ans de prison.
Ana Margarita Martínez a poursuivi le gouvernement cubain.
On lui a accordé 27 millions de dollars d'indemnité.
À ce jour, elle n'a touché que 200 000 dollars.
Juan Pablo Roque n'a plus jamais été pilote.
Suite à des problèmes d'argent, il a vendu sa Rolex sur eBay.
Raúl Cruz León purge toujours une peine de 30 ans de prison.
Luis Posada Carriles est mort en 2018, à 90 ans.
Il n'a jamais été poursuivi pour les attentats de 1997.
Sous-titres : Nelson Calderón & Pascal Strippoli
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