All language subtitles for 2015_La belle saison - Eine Sommerliebe.fra

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Original subtitles

...

Musique douce

...

T'as pas pris de ma�s ? -Non.

-Les parents d'Antoine s'y mettent.

-Quand t'auras un mari, tu lui demanderas de faire du ma�s.

Si tu continues � les laisser filer comme �a...

Tes copines sont plus rapides.

-Je veux pas me marier.

(Je veux pas.)

-Tu fais quoi de tes soir�es ?

T'es rentr�e tard, hier.

-Rien. Je me prom�ne.

-Tu vois quelqu'un ?

-Non.

-C'est Antoine ? -Non !

-Tu vas pas rester seule.

C'est terrible, la solitude.

...

-Je vais me marier en septembre.

-Avec qui ? -Pierre Coubin.

-Tu l'aimes ? -Je sais pas.

Je le connais pas vraiment.

Enfin, je le connais depuis toujours,

mais je sais pas quel mari il sera.

Il a l'air sympa.

Il a de l'ambition : il veut aller � Limoges.

-Tu parles d'une ambition !

-T'as envie de rester ici, toi ?

-Ouais.

Moi, j'aime tout, ici.

-Il faut qu'on fasse nos vies, Delphine.

On n'est plus des gamines.

-Ca compte pas, ce qui s'est pass� ?

-Mais si.

Ca compte, mais...

C'�tait pas s�rieux.

Sonnette de v�lo.

-Salut. -Salut.

-Qu'est-ce que tu fais l� ? -Je me prom�ne.

Et toi ?

-Tu le veux ? -Non, �a va. Merci.

Tu vas te faire choper, un jour.

-H�.

Tu iras au bal � Aubusson ?

-Je sais pas.

-On pourrait y aller ensemble.

-Je sais pas, Antoine.

On verra.

...

-Elle est o�, la petite ? -Je sais pas.

-Delphine !

Delphine ?

Delphine !

Musique douce

...

*-Le chef de l'Etat a tenu � recevoir � l'Elys�e

11 m�res de famille avec plus de 10 enfants.

M. Pompidou leur a remis la m�daille d'or de la famille,

et, dans une allocution, il a �voqu� le r�le de la famille.

"Elever les enfants procure beaucoup de travail.

"La famille est menac�e par l'environnement psychologique",

a-t-il pr�cis�.

"Un environnement marqu� par la violence.

"Nous ne voulons pas d'un pays autoritaire,

"mais l'Etat doit s'opposer � ces violences."

Cris et rires.

...

-Oh, les belles fesses ! -Ca va pas ?

-Voil�, monsieur !

-Le gros cul !

-H� !

Ca va ? Ca t'amuse ?

-Ouais. -Et l� ?

Ca t'amuse ? Tu en dis quoi ?

Tu rigoles ? -Tu la l�ches !

-Poufiasses !

-Fermez !

-P�tasses ! Salopes !

Allez vous faire mettre !

-Mais oui, t'es viril ! -Dans quel �tat il est !

-Comme si on lui avait vol� son portefeuille.

-On lui a vol� pire : son imago viril.

-Oh, madame ! -Heureusement que t'�tais l�.

-T'es pas trouillarde. Il �tait costaud.

-Il �tait pas dangereux. -Tu parles !

Il �tait d�cha�n� ! -C'�tait un pari ?

-Non. Notre cul, �a les d�range pas, mais le leur, ils aiment moins.

-Prochaine manif : les flics !

Elles rient.

-Vous manifestez pour quoi ?

-LE DROIT DES FEMMES. Elles rient.

-Le droit de pas se faire emmerder.

-Le droit au plaisir. -D'�tre libres.

-T'es pas d'accord ?

-Je sais pas.

-Y a pas des trucs que tu peux pas faire,

juste parce que t'es une femme ?

Sonnerie d'�cole.

Musique douce

...

-Excusez-moi. Je cherche une r�union.

Il y a des filles.

-Les excit�es ? L�-bas, amphi des loges.

...

-Notre force, c'est de nous m�langer !

-Non ! On ne fera pas des actions communes

avec des mecs !

Brouhaha.

-Les mecs doivent comprendre

que leur place est pas ici !

Applaudissements.

On va nous dire : "Vous �tes contre les mecs."

-Mais non !

-La moiti� des femmes ici, elles sont avec un bonhomme !

On n'est pas contre les mecs ! Ce serait n'importe quoi.

-On n'est pas contre les mecs, on est pour les femmes !

Acclamations.

...

Je suis d�sol�e,

mais avec un mec, l'attitude d'une femme change.

Sa parole change.

M�me la femme la plus �duqu�e, face � un homme,

elle censure sa parole et sa pens�e.

Nous, on veut retrouver

entre nanas !

Applaudissements.

-OK, OK.

D'accord pour la non-mixit�,

mais un journaliste veut venir � une r�union.

C'est super important !

Hu�es.

...

-A bas la presse h�t�ro-flic ! -C'est pour le mouvement !

-On laisse parler ! Si on s'entend pas,

on n'y arrivera jamais !

-Les femmes au bistrot !

Brouhaha.

...

Air de guitare

-Chut.

-NOUS QUI N'AVONS PAS D'HISTOIRE

DEPUIS LA NUIT DES TEMPS LES FEMMES

NOUS SOMMES LE CONTINENT NOIR

DEBOUT, FEMMES ESCLAVES

ET BRISONS NOS ENTRAVES

DEBOUT, DEBOUT

DEBOUT

ASSERVIES, HUMILIEES, LES FEMMES

ACHETEES, VENDUES, VIOLEES

DANS TOUTES LES MAISONS, LES FEMMES

HORS DU MONDE, RELEGUEES

DEBOUT, FEMMES ESCLAVES

ET BRISONS NOS ENTRAVES

DEBOUT, DEBOUT, DEBOUT !

Applaudissements.

...

Brouhaha.

-Je t'imaginais pas derri�re un bureau.

Plut�t...

Je sais pas... Dans un truc plus physique.

-Quel genre ?

-Euh... Ma�tre-nageuse.

Ca t'irait bien. Le c�t� s�rieux, concentr�,

et c'est physique. -Toi, tu fais quoi ?

-Devine. -C'est trop dur.

Je te connais pas. -Apr�s 2 essais, t'as un gage.

-Euh... Vendeuse ?

-Perdu. Je suis pas vendeuse.

Dernier essai.

-Euh...

M�decin.

-Pourquoi ?

-Tu parles bien, donc...

T'as fait des �tudes pouss�es, et tu prends soin des autres.

C'est compl�tement con.

-Non, pas du tout. Non, je suis prof.

Prof d'espagnol.

-C'est quoi, le gage ?

-Tu dois venir � la r�union de jeudi.

Ah...

-Il faut faire des compromis.

-On n'avait pas dit �a. -On parle de gens

qui ne parlent jamais.

Les prisons n'ont pas de syndicats, donc si on ne repr�sente pas

ces gens-l�, �a n'a aucun sens.

-Les journalistes bourgeois sont frileux.

Surtout au "Monde" ! -Salut.

-Si on fait pas bouger les choses, �a sert � rien.

-Il y a d'autres articles ? -On est les premiers,

mais notre article

va s�rement �tre refus�.

-On va voir ce que va dire Fauvet.

Le but, c'est pas de publier dans "Le Monde".

-"Le Monde", �a donne du poids.

-On a travaill� pendant un an, mais pour �tre publi�s,

on va �tre consensuels ?

Si on est dans une parole rapport�e, c'est d�mago.

-Putain, c'est d�mago ? Alors, vraiment...

Faut l'avaler, �a ! -Oui, c'est d�mago.

On finira sur : "La prison fabrique de nouveaux criminels."

-Tu pourras prendre ma robe bleue ? -Hmm-hmm.

Mets-l� de c�t�, pas dans ton bordel.

-Je sais, faut que je range. J'ai pas le temps.

-On peut pas lib�rer ses soeurs

de la domination masculine, et laver son linge.

-Ben ouais.

Mais que ferais-je sans toi ?

-Les femmes ne peuvent pas se passer des hommes.

-Ah ! Phallocrate !

-Harpie. -Gougnafier.

-Virago. -Esclavagiste.

-Suffragette.

-Electeur de Pompidou. -Ah, non, non.

Pas de nom propre. -Non. Tu as perdu.

-Non, tu triches. Allez, hop, punition.

Elle rit.

-J'ai gagn�, j'ai gagn�.

-Oh, �a va ! -Salut.

-Oh, Delphine !

T'as rat� des super trucs.

On a bien rigol�, chez Menie Gr�goire.

Les gens criaient : "Libert� !" -Oh, Delphine !

-Salut.

-Ca va ? -Ca va, et toi ?

-Ouais. -Je lui raconte Menie Gr�goire.

-C'�tait quelque chose. Elle �tait dans un �tat !

Elle a fr�l� la syncope.

Tu tournes.

Tu veux essayer ? -Ils se mouillent pas !

Ils disent : "Les 343 salopes, courage ou exhibitionnisme ?"

-Et ton article, il est courageux ?

-"Tais-toi"... Il tient bien son nom.

-C'est pas comme �a. -D�sol�e.

-C'est pas grave. -"Appel � nos soeurs.

"R�clamons, main dans la main,

"des salaires d�cents � la hauteur du travail effectu�,

"que la femme ne soit plus un objet.

"Rendez-vous dans l'amphi B mercredi 23 avril."

-On en est o�, des banderoles ?

-C'est la quatri�me.

-Il en faut plus, non ? -Non.

Une, peut-�tre, encore ? -Ouais...

(Sur l'air de "L'Internationale") -C'est l'orgasme final

-COUCHONS-NOUS, ET DEMAIN

LESBIENNES ET PEDALES

SERONT LE GENRE HUMAIN

-Ca va ? -Ouais.

-Tu prends la pilule, toi ?

-Non. -Pourquoi ? T'es folle.

Faut la prendre. Je le r�p�te � mes �l�ves.

Discr�tement, pour pas �tre vir�e.

Tu la prends pas parce que c'est cher ?

-Non, c'est pas �a.

-Mon devoir de m�decin est d'aider un �tre humain � vivre,

quel qu'il soit, sans distinction de race, de sexe,

de religion, et si nous ne faisons pas cette distinction

de race, sexe et religion,

pourquoi en faire une en fonction de l'�ge ?

Imaginez, si nous disions que nos personnes �g�es

ne sont pas tout � fait des �tres humains,

et nous pouvons les tuer.

Non. Non.

La m�decine n'est pas du c�t� de la mort.

Elle est du c�t� de la vie.

Quand des femmes ont la chance

de porter la vie,

et veulent n�anmoins avorter,

j'ai envie de leur dire :

"Soyez responsables. Lorsque vous conduisez,

"vous faites attention."

Les femmes enceintes, leur passager,

c'est la vie, c'est un enfant � na�tre.

-Mon corps n'est pas une voiture !

-Qu'est-ce que c'est que �a ?

-Connard ! -Fasciste !

-Pour un avortement libre ! -Ca suffit !

-Ta m�re aurait d� avorter ! -Connard !

-Fasciste ! -Fichez le camp !

-Fasciste ! C'est toi, l'assassin !

-Connard, Chambard !

-CONNARD, CHAMBARD ! CONNARD !

Musique entra�nante

...

-L'avortement libre et gratuit !

...

-Tu fais quoi ?

Magne-toi. Ils vont appeler les flics.

...

Pour l'avortement. -Faut pas baiser.

-Vous avez pas bais� ? -Je faisais attention.

-Comment ?

-On se d�brouillait.

-"Cher Antoine, Paris est une ville aussi incroyable qu'on le dit.

"Chaque jour est diff�rent.

"On vit trois mois en une semaine.

"J'ai rencontr� une fille formidable.

"Une fille formidable.

"Une fille �tonnante.

"Une fille sensass."

Sonnette.

"Elle s'appelle Carole."

J'ai d� me tromper.

-Tu viens pour la r�union ?

-Oui. -Tu t'es pas tromp�e.

Rentre. -Allez, ouste !

-Tu me vires ?

-On n'a plus besoin de toi. -A la prochaine.

-Ca va ? -Ouais.

On n'est pas chez Carole ? -Si.

Chez Carole et Manuel. Le boudoir...

Il est pas du tout fou. Il est agr�g� de lettres, dr�le...

Mais il est p�d�, et ses parents l'ont mis en h�pital psychiatrique.

Vive la famille.

-On s'occupe pas de �a.

-On a d'autres priorit�s. -On reste sur la ligne

avortement et contraception, et tu le sais.

-Je devrais laisser mon pote � l'h�pital,

en train de se prendre

des �lectrochocs, parce que c'est pas la ligne

et que c'est loin ? -On n'a jamais dit �a !

-C'est l�gal de faire �a � quelqu'un ?

-Ouais. C'est le probl�me.

Enfermer un homosexuel, c'est l�gal.

-Alors, ton id�e ? -C'est simple.

On y va, et on le fait sortir de l�.

-Non, Adeline ! On s'occupe pas des mecs.

Et c'est une lutte minoritaire.

-Minoritaire ? T'es gonfl�e.

Je me bats pour ta pilule,

et pourtant, ma copine va pas me foutre en cloque.

-C'est vrai.

Brouhaha.

-Je suis d��ue. -Ne le prends pas pour toi.

-Nos actions sont coh�rentes.

On peut pas se disperser. -On le fait pas sous le nom du MLF.

-Ca, non. -Eh ben, d'accord.

-Adeline vous suit dans toutes les actions,

elle est toujours solidaire, et vous faites pas �a pour elle ?

-Tu sais quoi ?

Merci beaucoup. -C'est son meilleur ami !

Franchement ! -Carole, tu viens ?

-Je sais pas. -Tu dois demander � ton mec ?

-On fait quoi ? -Qu'est-ce qui te prend ?

-Tu y vas pas, mais moi, j'y vais. -Bon...

-Et ceux qui nous attendent, alors ?

-Il y a un groupe qui va chercher ton pote.

-Voil� ! -Pourquoi t'as chang� d'avis ?

-Pour faire plaisir � ma pote. -Bien s�r !

-C'est une tr�s bonne raison.

-L�, vous prenez par l�.

La deuxi�me � droite... -Sur la carte, on est l�.

Je pensais prendre ce chemin bleu. -Non.

C'est un cours d'eau.

Peut-�tre en ramant, mais je ne pense pas.

-D�sol�e. Je sais pas lire une carte.

-Oui. -Alors, on va y arriver.

Le ch�teau est l�.

-Non. -Le ch�teau est l�.

-Mais non, madame.

-L�, on est l� ? -Mais non, madame...

...

-Donne-moi ta main.

Bris de verre.

Janis Joplin : "Me and Bobby McGee"

...

-Busted flat in Baton Rouge

Waitin' for a train

And I's feelin' Near as faded as my jeans

...

Bobby thumbed a diesel down

Just before it rained

It rode us all the way

-H� ! Arr�tez-vous !

...

I pulled my harpoon Out of my dirty red bandana

I was playin' soft While Bobby sang the blues, yeah

Windshield wipers slappin' time

I was holdin' Bobby's hand in mine

We sang every song that driver knew

...

Freedom's just another word

For nothin' left to lose

Nothin', don't mean nothin', hon' If it ain't free

No, no

-J'arrive plus � ouvrir les yeux.

-When he sang the blues

You know, feelin' good Was good enough for me

...

-Salut, tata ! -Bonjour, ma grande.

-Ca va ? -Oui.

Ca me fait plaisir de te revoir. -Moi aussi.

Je vous pr�sente ma tante.

-Bonjour. -Bonjour.

Qu'est-ce qui se passe ? -Petit accident.

Mais rien de grave. -T'es s�re ?

-On a fait une folle embard�e.

Rires.

-Je vous sers � boire ? -Avec plaisir.

-Merci, madame.

-Ca va, Guitou ?

-Il revient parmi nous. Ca y est.

Tiens.

-J'�tais jamais venue dans le Sud.

Ca fait bizarre.

-Faut pas trop tirer.

-Non, pas �a. C'est le paysage.

Chez moi, c'est pas comme �a.

La terre est toujours pleine d'eau.

Ici, quand tu marches,

le sol est dur.

Ton pied rebondit, �a te donne un �lan.

Chez moi, m�me en �t�,

ton pied, il s'enfonce,

comme si la terre allait l'avaler.

Il faut lutter pour marcher.

Tu comprends ?

-Ouais, ouais. Oui, je crois, oui.

...

-J'ai jamais fait avec un homme, en fait.

-Sant�.

-C'est comme une loi, � la campagne.

-Vous voulez go�ter aussi ? -MERCI.

-Ma m�re, elle a pas de salaire,

pas de s�cu, pas de carnet de ch�ques,

mais elle bosse du matin au soir.

Quand il s'agit de prendre une d�cision pour la ferme,

on lui demande jamais son avis.

-Tu mets ton poing en arri�re, tu le plaques et tu le mets en cl�.

-Ah ouais ? -Tr�s vite, avec cette technique.

Il est immobilis�.

-Pourquoi t'en as pas parl� ?

-C'est pas int�ressant.

-Tu d�connes ? C'est passionnant.

C'est contre ces trucs-l� qu'on veut se battre.

Adeline ! (-Attends.)

Ca me g�ne. -Pourquoi ?

-Merci.

Je veux pas en parler devant tout le monde.

On frappe � la porte.

(-Je peux venir avec toi ?

(Adeline ronfle comme un sonneur.)

-Si tu veux.

-Merci.

Carole rit.

-Quoi ?

-H�, �a peut pas durer comme �a, cette histoire de ferme.

Faut que tu la prennes � ton p�re.

Faut que tu fasses un...

Un putsch paysan ! Un truc qui s'est jamais fait.

-T'as refum� ? -A peine.

Hein ?

-J'ai pas dit que je voulais virer mon p�re de sa ferme.

-Ah...

T'es une trouillarde. -Non.

-Comme la moiti� des nanas.

Les mecs ont encore de beaux jours devant eux.

Carole rit.

Qu'est-ce que tu fais ?

-Va-t'en, Carole. Va dormir ailleurs.

-Ca va, c'est pas grave.

On a trop bu. -Toi, t'as trop bu.

Va-t'en, Carole !

...

Conversation en fond.

...

-"J'avais 16 ans et demi. Je n'avais pas mes r�gles.

"J'�tais dans un lyc�e mixte. Une copine m'a dit :

"'Tu es enceinte.' Elle me conseille un toubib.

"Il m'a d'embl�e tutoy�e,

"mais pas comme une enfant.

"Il me dit : 'Tu es enceinte.'

"J'�tais paniqu�e.

"Il m'a dit : 'Que vas-tu faire ?' J'en savais rien.

"Je ne voulais pas me marier.

"J'avais pas de mec. Le type �tait � La Rochelle.

"Pas moyen de le joindre."

Musique m�lancolique

...

-Salut.

-Salut.

-T'es pas venue � la r�union ?

-Non. J'avais pas envie.

-Tu sais, pour l'autre fois...

Je suis pas du tout choqu�e.

Je... J'�tais juste surprise.

Mais... Enfin...

J'ai des copines lesbiennes, mais je le suis pas, c'est tout.

-Moi non plus.

...

Sifflotement.

...

Sifflotement.

Il chantonne.

Brouhaha.

-Moi, je prends les banderoles.

-T'es en retard. -Ca va !

-Prends les pancartes, plut�t.

-Ca va ?

-Ouais, �a va.

-On fait un premier aller-retour.

Mets tout dans la voiture.

Musique douce

...

-Tiens, donne. -On se met en t�te de manif.

-Faut qu'on se mette en d�but de cort�ge.

Musique douce

...

(-Delphine !)

Viens, on va chez toi.

Musique douce

Viens.

...

G�missements.

...

-C'est quoi, ce d�lire ? Tu fais chier.

C'est pour te prouver que tu es libre ?

-Je veux rien prouver du tout.

Je me suis pas dit : "Je vais coucher avec une fille."

C'est arriv�, c'est tout.

J'ai cru que ce serait qu'une fois,

et puis �a dure, et je... -Tu veux qu'on se quitte ?

-Non. Sinon, je t'en parlerais pas.

-C'est sexuel, ou t'es amoureuse ?

-J'en sais rien, Manuel.

Je sais pas.

...

-Tu la vois, aujourd'hui ?

-Je sais pas.

-Tu mens.

Je te connais, ma vieille.

Quand tu mens, t'as le teint jaune.

Je te jure.

-C'est pas s�r, mais c'est possible qu'on se voie.

-Tr�s bien.

Tu dors ailleurs.

Tu viens pas dans notre lit apr�s avoir bais� avec elle.

*Musique entra�nante

...

Carole grogne.

Delphine rit.

Carole grogne.

...

-Non !

...

Delphine rit.

Tout doux. Chut... Tout doux, tout doux...

Tout doux.

Carole grogne.

Vilaine b�te... Chut...

Carole grogne.

...

-Oh, �a va !

A bas la soci�t� bourgeoise ! -Arr�te.

*Musique entra�nante

...

-"Te quiero".

-"Te quiero. Te quiero."

-"Mi amor". -Euh...

"Mi amor". -"Me gustan tus pechos."

-Ca veut dire quoi ? -Vas-y, r�p�te.

-"Me gustan tus pechos."

-C'est bien. -"Me gustan..."

Ca veut dire quoi ? -Rien.

Elles rient.

-C'est �a, les "pechos" ? -Oui !

-Mais oui, "me gustan tus pechos" !

-C'est �a, mon amour !

Touches de machine � �crire.

...

Salut.

...

Touches de machine � �crire.

...

Touches de machine � �crire.

...

On frappe � la porte.

-Bonjour. Mlle Vinatier, c'est �a ?

-Oui. -J'ai un t�l�gramme pour vous.

...

-S'il �tait fatigu�, il fallait qu'il s'arr�te !

-Il avait pas l'air fatigu�.

J'ai rien vu venir.

La veille, encore, il courait dans tous les sens.

Tu sais comment il est. -Hmm.

-Et hier matin, il chargeait des bidons, et...

je l'ai vu tomber d'un coup.

Les m�decins, ils l'ont dit :

�a pr�vient pas, ce genre de choses.

On a de la chance qu'il soit encore l�.

-Tu trouves qu'on a de la chance ?

-C'est dur pour moi aussi.

-J'ai...

J'ai r�fl�chi. J'ai pas d'autre solution.

J'ai pas de fr�res, pas d'oncles.

Si je le fais pas, personne le fera.

*-Tu vas pas retourner t'enterrer l�-bas ?

-C'est trop, pour ma m�re.

On n'a pas les moyens de prendre un ouvrier.

-On commence quelque chose, et...

Tu peux pas me balancer �a. Faut qu'on se voie.

Je viens. T'es o� ?

*-Pas maintenant, Carole.

Musique m�lancolique

...

-Ca va ?

Je suis s�re qu'elle va revenir.

Ca se voit qu'elle t'aime.

Musique m�lancolique

Une porte s'ouvre.

-Tu fais quoi ? -Elle va pas bien.

Musique m�lancolique

...

Meuglement.

...

-Les fr�res Li�geard veulent racheter.

A peine ton p�re � l'hosto, ils sont pass�s voir ta m�re.

-Quelle bande de cons !

Ils m'ont pas dit. Ils peuvent courir !

-T'as chang�.

-Ah ouais ?

-Ouais, je sais pas. Tu fais plus femme.

Ou plus parisienne.

-A Paris, je me sentais plouc, et pour toi, je fais parisienne.

-Tu sais...

Je suis d�sol�, pour Maurice.

Mais je suis content que tu sois l�.

*-Voyelle. *-E...

-Ne fouille pas dans les affaires de ton p�re.

-Pas le choix : je dois aller � la banque.

-Pour quoi faire ?

-Payer la quote-part.

Vous avez une deuxi�me mutuelle ? -Ben non.

On va pas payer deux mutuelles. On n'est pas les Giscard.

*-30 secondes.

-7 lettres...

-Ca va casquer.

Brouhaha.

...

-Les gars, en ce qui concerne l'achat du mat�riel,

on s'en tient � la moissonneuse-batteuse ?

Vous �tes d'accord ? -OUI.

-Je trouve

que c'est tr�s cher.

Il faudrait n�gocier avec le marchand.

-Tu tra�nes la patte ?

-On n'est pas Cr�sus.

-Quand on aura d�cid�

du mod�le, on d�finira les quotes-parts

et on r�cup�rera les ch�ques.

-Je passerai. -Oui.

On est partis comme �a ?

-Pour Maurice, on fait comment ?

-Je paierai notre part.

-Alors, je te prendrai rendez-vous � la banque, non ?

-C'est d�j� fait.

-T'as pris rendez-vous seule ? -Ben oui.

-C'est au pr�sident de s'occuper de �a.

Avec nous, tu aurais �t� plus cr�dible.

-Je pensais gagner du temps. -Oui, mais bon...

Ca se fait pas comme �a. Mais si t'as pris rendez-vous...

Ton p�re s'est r�veill�.

-Quoi ? -Ton p�re s'est r�veill�.

Il est encore faible, mais il est conscient.

Il parle pas, mais il comprend.

-Tu pars pas 10 jours !

-Il adore celle au sanglier. Il mange bien, ton p�re.

A�e ! On dirait deux poules sans t�tes !

Sonnerie.

...

*-Saint-Sulpice-Lauri�re. Deux minutes d'arr�t.

-Tu l'embrasses. Tu l'embrasses fort.

-En cas de souci, appelle Antoine. -Ouais.

Tu l'embrasses bien fort !

The Rapture : "In the Grace of Your Love"

...

-Tu disais que c'�tait les trois-huit.

Moi, je trouve que �a va.

-Je me suis lev�e � 4 h, pour tout faire avant ton arriv�e.

-Ah bon ? Tu dois �tre crev�e...

-J'ai encore de l'�nergie.

-Energie comment ?

Elles rient.

...

...

-In the grace of your love

...

You don't turn me away

...

In the grace of your love

...

There is no other way

...

In the grace of your love

...

Every day when I wake up

...

In the grace of your love

...

-Allez, vite, vite.

Carole pousse des cris.

Elles rient.

Allez, Laura !

Allez, Laura ! -Arr�te.

-Allez, la Margot !

Carole crie.

Qu'est-ce qui... La carafe d'eau !

Voix de femmes.

Rires.

...

-Au jeu du papa et de la maman, quand j'embrassais les gar�ons,

�a me faisait pas grand-chose.

Et un jour, j'ai fait le papa.

J'ai embrass� une fille. Ca m'a fait un effet fou.

-Et apr�s ?

-Apr�s, j'ai couch� avec une fille.

-T'avais quel �ge ?

-Moi, 16, et elle, 22.

-C'�tait une fille d'ici ?

-Une fille de la ville, comme toi.

Elle �tait en vacances pr�s de chez nous.

Mes parents �taient contents, parce qu'elle faisait des �tudes.

Elle �tait � la fac � Limoges.

-Et apr�s ?

-Quoi ? -Me dis pas qu'il y a rien eu

entre tes 16 ans et maintenant ?

-J'ai eu un chagrin d'amour avec une fille d'ici.

Et je t'ai rencontr�e.

Musique douce

...

-Je m'en doutais.

Je m'en doutais, mais j'y croyais pas.

C'est lamentable, ton comportement.

Tu me dis que t'es paum�e, et tu pars en week-end avec elle.

Je r�ve...

T'attends ma b�n�diction ?

T'as aucune rigueur.

Aucune rigueur.

L'engagement, c'est pas que dans un amphi.

C'est dans la vie aussi.

...

-Bonjour. -Bonjour.

-On va le sortir.

Soupirs d'effort.

...

Aide-moi.

Passe-moi sa robe de chambre.

-Merci.

-C'est normal.

Elle sanglote.

...

-T'es s�re de ce que tu fais ?

-Elle me manque d�j�.

Elle me manque vraiment.

Ca m'a jamais fait �a, alors j'y retourne.

Je peux pas faire autrement.

-Ca m'int�resse pas que je te manque.

Ce que j'ai aim� chez toi, c'est que tu �tais libre, forte.

Qu'est-ce que tu me dis ?

Que l'amour, c'est pas pouvoir se passer de l'autre ?

C'est se courir apr�s, comme dans un mauvais feuilleton ?

C'est pas toi, �a. -Peut-�tre.

Je sais pas, je sais plus. Je me laisse porter.

Je veux plus �tre dans un d�bat d'id�es.

-Tu vas pas arr�ter de penser.

-Maman !

J'ai une amie qui va venir, si �a t'emb�te pas.

-Non. Pourquoi �a m'emb�terait ?

C'est bien. Ca va te changer les id�es.

Entre la ferme et ton p�re, tu l'as m�rit�.

C'est une coll�gue ?

-Ouais.

Elle vient de se s�parer de son copain.

-Ils avaient des enfants ? -Non.

-C'est moins grave. Elle ira dans la chambre de mamie.

C'est ce qu'on a de plus confortable.

...

Carole rit.

...

Elles crient.

Elles rient.

...

-Oh l� l� !

-Je te pr�viens : on dort pas dans la m�me chambre.

-Pourquoi ? -Mon p�re a fait une attaque.

Je veux pr�server ma m�re.

On va y aller mollo, d'accord ?

-D'accord.

-Papa ?

C'est Carole, qui est venue me rendre visite.

-Bonjour, monsieur.

Delphine m'a parl� de vous. Ravie de vous rencontrer.

-A plus tard.

-Hmm...

-Vous faites quoi, chez F�lix Potin ?

-Je travaille pas du tout chez F�lix Potin.

-Ben je croyais... -Je suis prof d'espagnol.

On s'est connues � un groupe de femmes.

-T'es fan de qui ?

-Non. A un groupe de poterie pour femmes.

-Oui. Ce sont des ateliers

autour de la mati�re.

On travaille son ressenti, on...

On sculpte, on malaxe. On travaille la glaise.

C'est agr�able. Ca calme �norm�ment.

-Tu fais �a, toi ?

-Elle est tr�s dou�e.

Elle a fait de jolis vases. Vous verrez.

Hein, Delphine ? -Hmm.

-C'est le dessert ? Je peux ?

-Je vous apporte une assiette. -Vous d�rangez pas.

-Hmm-hmm.

...

*Musique jazz

...

Carole rit.

-Chut...

...

Grincement.

...

Bruits de pas.

-D�j� debout ? -Ouais.

-Mal dormi ? -Je viens avec vous.

-On va travailler. -Je sais.

-Vous prenez du caf� ? -Oui.

-Tiens. -Merci.

Merci.

...

-C'est pas un travail pour un professeur.

-Je suis trop lente ?

-Je serais pas oblig�e, je le ferais pas.

-Ah bon ? Mais vous �tes fi�re, quand m�me ?

-Non. Pourquoi ?

-Vous faites tourner la ferme juste toutes les deux.

Une ferme peut �tre dirig�e par des femmes.

-Les femmes sont pas moins bonnes pour le travail, mais...

Ca se fait pas.

Quoi ? -Rien.

Tiens. -Ca va mieux avec un homme, non ?

-J'ai rien dit, moi.

-Vous avez quoi contre les hommes ?

Elles rient.

Ben quoi ?

Ben quoi ? -Non...

C'est �patant, ce que vous faites.

Il faut �tre fi�re, Monique.

-C'est bon.

-Tiens.

Regarde.

Ca, l�.

*Joe Dassin : "Fais-moi de l'�lectricit�"

*-Toi, tu me fais de l'�lectricit�

Tu fais monter ma tension

-Ah, Monique !

Dansez !

*-Tous les soirs, tu m'allumes Le matin, tu m'�teins

-Vous �tes infatigable. -Allez !

Allez, Monique ! Allez !

Allez ! Allez, allez, Monique.

Allez, venez. Allez !

Allez, allez, allez.

*-"All�, ch�ri"

Allons, n'insistez pas

"All�, ch�ri"

Mais faut pas m'le dire deux fois Car voil�

Toi, tu me fais de l'�lectricit� Tu fais monter ma tension

Pour pas tomber dans la lubricit� Faudra que je fasse attention

Tous les soirs, tu m'allumes

Le matin, tu m'�teins

M�me si tu dois tout faire sauter Fais-moi de l'�lectricit�

...

Toi, tu me fais de l'�lectricit�

Tu fais monter ma tension

Pour pas tomber dans la lubricit� Faudra que je fasse attention

Tous les soirs, tu m'allumes

Le matin, tu m'�teins

M�me si tu dois tout faire sauter Fais-moi de l'�lectrici...

Fais-moi de l'�lectrici... Fais-moi de l'�lectricit�

...

-Ah, Monique !

Vous �tes g�niale.

Carole g�mit.

...

-J'ai m�me pas touch�.

Carole g�mit.

T'as senti ? -Non.

-Tu vois ?

Et l� ? -Non.

Musique douce

...

-Tu lui as dit, pour les foins ? -Il comprend pas.

-Il comprend tr�s bien. Hein, papa ?

On a fini.

Faut lui parler. Ca le maintient.

-Raconte-toi ce que tu veux. Je vois ce que je vois.

Excuse-moi. Tiens.

Acclamations.

Applaudissements.

Acclamations.

...

-Delphine ! -Allez, Delphine !

-A toi, Delphine !

-Vas-y !

-Allez, Delphine

-Allez !

-Allez, Delphine !

Acclamations.

Applaudissements.

...

-A Delphine, et bienvenue �... -Carole.

-Moi, c'est Josette. A Carole et Delphine.

-Sant�.

-Paris, c'�tait bien ? -Ouais.

J'ai d�couvert des choses. -Comme quoi ?

-La politique.

-La politique ?

-Ouais. -Tu vas faire un kolkhoze ?

-Faire en sorte que les femmes

aient un salaire. -J'ai un salaire.

Celui de mon mari. -C'est d�j� une chance

qu'elles aient �a.

-Oui.

-Ca a l'air bon.

Je te sers un verre ?

-Non, merci. Pas pour l'instant.

-J'ai envie de picoler, ce soir.

C'est bien m�rit�. Regarde.

-C'est le m�tier qui rentre.

Pardon. -Tu la connais bien, Delphine ?

-Depuis toujours. -Elle �tait comment, petite ?

-Comme maintenant.

On peut pas conna�tre les gens autrement.

Delphine, elle repartira pas.

-Ah bon ?

Comment tu peux en �tre s�r ?

-T'as vu l'�tat de Maurice ?

Il pourra plus jamais conduire la ferme.

Delphine pr�f�rerait crever que de vendre.

-Parlons-nous, regardons-nous

Ensemble, on nous opprime Les femmes

Ensemble, r�voltons-nous

Debout !

-Chut. Tu vas r�veiller mes vieux.

Chut... -Ton p�re, �a m'�tonnerait.

Bonsoir ! -Chut.

-D'accord.

Excusez-nous, on a un peu trop bu.

Musique douce

...

Delphine, je sais pas si elle aime cette vie-l�, ou...

si elle arrive pas � s'imaginer autre chose.

Elle pourrait faire plein d'autres trucs.

Elle est intelligente, votre fille.

Vous le savez.

Elle en a sous la casquette.

...

Vous savez...

Je suis pas venue pour faire les foins,

ou pour �tre en vacances.

La campagne, j'en ai rien � foutre.

...

Je suis venue pour votre fille.

...

Parce que je l'aime.

Voil�, c'est dit.

Je l'aime comme une dingue.

Je pensais pas qu'un jour, j'aimerais quelqu'un comme �a.

Je la prends ? -Hmm-hmm.

...

-Delphine ! -Hmm ?

-Ca te manque pas, Paris ?

-Non, je crois pas.

-Quand on s'est rencontr�es, tu aimais la ville.

-Parce que tu y �tais.

Si tu avais �t� sur Mars, j'aurais aim� Mars.

-Tu sais parler aux femmes.

Je pensais pas que �a me manquerait.

L'odeur des bagnoles...

Les klaxons...

Le caf� au comptoir, avant d'aller bosser.

Quand un ouvrier et un patron sont pareils pendant 5 minutes.

M�me les flics, tiens.

-Faut pas jeter tout �a. Vous g�chez, l�.

-Ah bon ? -Oui. Allez.

-Bonjour.

-Bonjour, Antoine. -Vous allez bien ?

-Salut. -Bonjour.

-Quand m�me... Elle l'�pouserait, �a serait bien.

-Pourquoi vous dites �a ?

-Quand elle est partie � Paris, je me disais :

"Antoine va en trouver une autre", mais comme elle est revenue,

je vois pas ce qui emp�che.

-Il lui a d�j� demand� ?

-Il l'attend. C'est une fa�on de lui demander.

-Delphine, elle le sait ? -Tout le monde le sait.

Elle a des yeux pour voir.

(-Carole !)

Qu'est-ce que tu fais ?

-J'ai pas �t� enlev�e par des extraterrestres.

-Qu'est-ce que t'as ?

-Ta m�re s'imagine que tu vas �pouser Antoine !

Tu te rends compte de l'�normit� du truc ?

-C'est pas grave. Elle a le droit de r�ver, non ?

-Le droit de r�ver...

Tu dis rien, parce que �a t'arrange !

-Je devrais lui dire, pour nous 2 ? -Ben ouais.

Tu vas pas mentir toute ta vie.

Elle arr�tera de penser que je veux revenir � la terre.

-Je peux pas la brusquer. Elle sait pas que �a existe.

-Tu la prends pour une demeur�e. C'est bien pratique.

-Carole !

(Carole...

(S'il te pla�t, ouvre.

(Carole...)

...

-Ca va ! Pas de commentaire, hein.

Quoi ?

-Qu'est-ce que tu essayes de faire ?

-Ta m�re m'a demand� de mettre �a.

-Tu t'y prends mal.

-T'as le coup de main, toi.

-Elle t'a adopt�e, Monique. Elle te demande tout.

-Oui, elle m'aime bien.

Heureusement, elle sait pas les cochonneries qu'on fait.

-Carole...

-Bonjour. -Bonjour.

-Il va colporter :

"La fille de Maurice, c'est une grosse lesbienne !"

-C'est pas dr�le.

-Delphine...

Musique m�lancolique

...

...

Cri d'effort.

...

-Ca glisse.

-Allez !

-Je peux pas rentrer la main.

Ca y est, je l'ai.

Il vient.

Oui ! -Allez, allez.

-Allez, ma belle. -C'est bien.

-Yes! -Ouais !

-Ouais !

Tiens.

-Tu nous as fait peur, toi.

C'�tait mal engag�.

Merci, Antoine.

-Un caf� ?

-Je veux bien.

-Tu veux un caf� ? -Ouais.

...

Une porte claque.

-Je vais rentrer � Paris.

-Ouais, c'est �a, vas-y.

T'as qu'� retrouver Manuel.

-Je l'ai quitt� pour toi, tu te souviens ?

-Est-ce que �a m'arrangeait ?

Tu d�barques, comme �a ! -Quoi ?

-Tu d�boules, et faut que j'assume !

-T'es d�gueulasse.

C'est d�gueulasse de dire �a !

-J'en ai pas rien � foutre de ce que pensent les gens, moi.

-Dis que je te fais honte.

Bordel, j'ai...

J'ai ferm� ma gueule, j'ai tout accept�...

C'est pas les autres

qui te regardent, c'est toi qui te surveilles.

T'es ton propre flic.

Ton propre flic. -Je peux pas tout faire !

M'occuper de la ferme, �tre avec toi...

Tu dis que les femmes doivent �tre ind�pendantes,

mais moi, je me bats pour cette ferme !

C'est du concret !

-Tr�s bien, bravo ! T'es une pionni�re !

C'est g�nial !

Tu te bats plus pour ta ferme que pour nous !

T'as pas de coeur ! Tout ce que j'ai sacrifi� !

Tu comprends ?

Je suis l� pour toi, moi.

-C'est bon, pour le hangar ?

Brouhaha.

...

-T'as trouv� ta place ? -Ouais.

Brouhaha.

-Ca va ? Ils ont achet� une machine.

-Belle machine.

-Ca va ? -Et toi ?

-A la sant� de la batteuse !

-Merci. -A la batteuse !

Brouhaha.

...

L�ger brouhaha.

...

-T'�tais o� ? On n'a m�me pas trinqu�.

Elle est bien, cette machine.

-Ouais.

Embrasse-moi. -Hein ?

-Embrasse-moi.

-Pourquoi tu fais �a ? Tu bouffes � tous les r�teliers ?

-Quoi ? -Je vous ai vues, avec ta copine.

-Qu'est-ce que t'as vu ?

-Me prends pas pour un con.

-Arr�te.

Musique m�lancolique

...

Antoine ! Antoine...

-Tu joues � quoi, l� ?

Tu cherches quoi ? Que je te serve d'alibi ?

...

Je dirai rien.

T'as trop compt� pour �a.

...

-T'en as mis, du temps !

Musique m�lancolique

...

Ca va mieux ?

...

-Ouais.

...

-Petit Indien...

Ca va aller.

Ca va aller. Ca va...

Chut...

-Delphine ?

Delphine !

7 h 30.

-Maintenant, c'est clair.

-Putain...

J'y crois pas... Putain !

Mais te marre pas !

...

-J'ai fait la traite.

-Merci.

Je ferai attention, demain.

-J'esp�re.

...

Elle craque une allumette.

-Je suis d�sol�e.

-Je vais partir au march�. -Oui.

-Vous avez 2 heures pour quitter la maison.

Je veux que ce soit comme si vous �tiez jamais venue.

-Delphine sera d'accord ?

-Je suis chez moi. Fichez le camp.

Je veux que vous partiez. -Attendez.

Parlons-en. -Ma fille est saine.

Elle est tr�s bien.

Vous l'avez d�traqu�e. Vous �tes...

Vous �tes de la saloperie.

-Je suis la m�me personne

avec laquelle vous avez travaill�, Monique.

Vous me traitiez pas de saloperie.

-Je savais pas. Vous �tes une menteuse.

-Oui, c'est vrai, on vous a menti.

Delphine avait peur de vous faire mal.

J'ai accept�, parce que je l'aime.

-Taisez-vous.

Taisez-vous.

Vous allez me raconter toutes vos saloperies ?

Vos horreurs ?

Je veux pas savoir vos cochonneries !

-C'est pas des cochonneries !

-Sortez !

Vous �tes le diable ! -Stop ! Arr�tez.

-Le diable dans ma maison...

-Arr�tez, Monique. Arr�tez.

-Delphine !

Delphine, je m'en vais !

J'en peux plus !

J'en peux plus...

Elle m'a foutue dehors !

Musique douce

-Carole !

...

Si tu pars, je pars.

Je viens avec toi !

Musique douce

...

"Maman, je pars avec Carole.

"Je t'ai jamais parl� de moi. J'esp�re que tu comprendras.

"Pardonne-moi le chagrin que je te fais.

"Vous serez toujours dans mon coeur.

"Je reste ta fille. Delphine."

Musique douce

...

-Adeline va pas en revenir.

Je vais r�cup�rer mes affaires,

et on va trouver un chez-nous.

...

On a 45 minutes avant la correspondance.

Il y a m�me pas un caf�. J'ai vraiment la dalle.

Quand on arrive, je t'invite dans un super resto.

...

T'as pas faim, toi ? -Pas trop.

...

Carole, je peux pas. -Quoi ?

-Je veux pas te peiner, mais je peux pas.

...

-Tu peux pas changer d'avis comme �a,

en une heure, pour quelque chose de si important.

-J'arrive pas. J'arrive pas.

-Viens, je t'en supplie.

Delphine... C'�tait quoi, la probabilit�

pour qu'on se rencontre ? Une sur 1 million ?

On s'est retrouv�es au m�me endroit, au m�me moment.

5 minutes plus t�t, tu m'aurais pas vue.

On se serait pas rencontr�es ! C'est un signe, non ?

J'y crois, aux signes !

On le prend, ce train.

Musique m�lancolique

-Carole...

-Faut y aller. Le train arrive.

Prends ta valise.

...

Allez !

Delphine !

...

Coup de sifflet.

Musique m�lancolique

...

-T'as rat� ton train ?

-Non. Je suis revenue.

Je suis l�.

-T'es revenue ?

Et l'autre ?

-Carole reviendra pas.

...

-Tes parents le savent ?

T'as pas peur ? -Non.

-Ca va me faire mal ?

-Ah, non. T'inqui�te pas.

Le m�decin va pratiquer une aspiration.

C'est le type d'avortement

le moins risqu�, et c'est totalement indolore.

Tu n'en es qu'� 3 semaines.

Tu es venue nous voir au bon moment.

C'est clair pour toi ?

-Oui, je crois. Merci.

-Est-ce que tu as d�j� pens� � prendre la pilule ?

-Je sais pas.

Prendre un m�dicament tous les jours, c'est bizarre.

On sait pas

comment �a marche. -Je peux t'expliquer.

Ca t'�vitera de t'imaginer des choses.

-Vous la prenez, la pilule ?

-Ah, non.

-Pourquoi, si c'est si bien que �a ?

-Je la prends pas,

parce que j'ai pas besoin de contraception.

Je vis avec une femme.

-Tu sais, Coralie, qu'on avait vue ? -Hmm ?

-En fait,

elle dort � la maison.

Ben quoi ?

Elle �tait paum�e, sans fric...

Je l'ai pas envoy�e dans le centre d'h�bergement.

-Siegrid... T'es tellement gentille...

-C'est pas qu'un d�faut.

-Tu devrais pas faire �a � chaque fois.

-C'est que la 3e fois.

Ca m'arrange. En ce moment, je me sens seule.

Ca va pas ?

-Si, si, �a va.

Excuse-moi.

Musique douce

...

-"Ch�re Carole...

"J'esp�re que cette lettre arrivera jusqu'� toi.

"J'ai r�ussi � quitter la ferme de mes parents.

"Ce que j'ai pas fait quand tu �tais l�,

"j'y suis arriv�, des ann�es apr�s.

"J'ai pens� � toi. J'ai suivi votre mouvement.

"J'en reviens pas de ce que vous avez obtenu.

"Je me demande pourquoi tu te bats, ce que tu es devenue.

"Je vis dans le Sud, j'ai ma ferme.

"Elle est petite, mais elle est � moi.

"J'aimerais pouvoir remonter le temps,

"revenir � ce jour o� nous �tions dans le train,

"et avoir le courage qui m'a manqu�, mais �a...

"C'est pas possible.

"J'ai beaucoup pleur�,

"mais j'ai au moins compris

"qu'on pouvait pas revenir en arri�re.

"Seulement aller en avant.

"C'est ce que j'essaie de faire."

Musique douce

...

"Je t'embrasse. Delphine."

...

Sous-titrage : VECTRACOM

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