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Coups de feu.
-Dans un paysage mélancolique du Nord,
accident ou crime ?
Mystère.
La mort, en tout cas.
-Ah ! -Et la peur.
Ambulance.
-La dame d'onze heures. -Pourquoi la dame d'onze heures ?
-Pourquoi pas ?
-Curieux personnages et personnages curieux.
-Vous avez entendu les tirs ? -Au bord du canal.
-Voilà une affaire extraordinaire. -Je n'aime guère ce médecin.
-Vous préférez l'infirmière ? -Taisez-vous !
-Si on pouvait savoir ce qu'est devenue la jeune fille...
-Vous croyez aux illusionnistes ?
-Celui-là n'y croit pas.
Celle-là... y ferait presque croire.
Ceux-là s'en moquent.
Quant au juge d'instruction,
il a pour mission de ne rien croire et de tout découvrir.
Heureusement qu'il n'est pas seul. Coups de feu.
Non, il n'est pas seul.
Laissons là tous ensemble les personnages de ce drame.
Remontons avec eux
le cours du temps.
L'affaire Pescara n'existait pas encore.
Il y avait seulement un homme
qui rentrait d'une longue exploration en Afrique,
et qui se disposait à prendre quelques vacances.
-Vous avez vos papiers ?
-Qu'ai-je fait ? -Contrôle.
Merci.
"Stanislas Octeux". -Octave.
-"Octave Seminario, dit SOS".
SOS ?
-Stanislas Octave Seminario : SOS.
-"Né à Cambo". -Pays basque.
-Rudement sale, votre carte. -Oui, je reviens d'Afrique.
J'y ai beaucoup transpiré, en 5 ans.
-Qu'y faisiez-vous ? -Explorateur, puis journaliste.
-Où allez-vous ?
-Chez M. Pescara, à Bagnoles-de-l'Orne.
-Vous n'êtes pas arrivé ! -Voilà un client pour vous.
-André ! A toi !
-Haut les mains !
-Allons bon ! -Descends.
-Si vous insistez... Portefeuille.
-Oh... C'est le souvenir d'un crocodile que j'ai bien connu.
Coups de feu.
Coups de feu.
-Blessé ?
-Non. Vous non plus ? -Non, c'était un apprenti.
Stanislas Seminario. -Paul Wantz.
Mieux vaut ne pas s'éterniser ici.
-Merci, à charge de revanche. -On ne sait jamais !
-M. SOS ! Ca me fait plaisir de vous voir !
-Moi aussi, mon cher Guillaume. -Pour l'homme oisif,
les jours sont longs et les années courtes.
Je ne fais pas grand-chose, mais elles m'ont paru bien longues,
ces 5 années sans monsieur !
Brigitte, portez la valise de M. SOS dans la chambre rouge.
-La chambre rouge ? C'est très mauvais pour le sommeil.
-Ici, monsieur, je ne suis qu'un modeste instrument.
-Elle est pas gaie, votre Brigitte. -Non. Ici, personne n'est gai.
Monsieur est soucieux, et moi aussi.
La campagne et moi, ça fait deux. Quand je dis deux, ça fait quatre !
C'est sale, y a des tas de bêtes, y a pas de trottoirs...
Et ici, les animaux sont crus ! -Crus ?
-Vivants, avant d'aller à la cuisine.
-Ceux-là aussi, seront cuisinés ? -Non, pas ces innocentes créatures.
Nous en avons 27. -Un élevage ?
-Un sauvetage. Celui-là s'appelle Mitron.
Mme Muriel ne veut pas qu'on les noie.
-Comment va Muriel ? -Elle est devenue bien belle.
Y a d'ailleurs ici quelqu'un qui s'intéresse beaucoup à elle.
Dame ! C'est la nature !
Je lui ai donné la chambre jaune. -Et M. Charles ?
-Au moment de partir avec nous à la campagne, il a disparu !
Ca fait trois jours. -Une histoire de femme ?
-Non, je le saurais... -50S !
-Bonjour, Muriel. -Bonjour.
Viens, ils jouent aux échecs. -Qui ça ?
Par exemple ! C'est vous ? - J'allais le dire !
C'est lui dont je vous parlais !
-Le monde est petit, Brigitte ! Ces messieurs se connaissent.
J'ai cru comprendre que M. SOS lui a sauvé la vie en Afrique.
-Excusez-moi de continuer la partie,
j'essaie une méthode : les fous mènent le jeu, comme dans la vie.
-J'ignorais que vous aimiez les échecs.
-Ce jeu est le seul qui réussisse à me faire oublier tout le reste.
-Qu'y a-t-il ? -Il faut que tu nous aides.
-Je suis en vacances. -Ne plaisante pas, c'est sérieux.
Viens.
Nous faisons un tour dans le jardin.
-Que se passe-t-il ? -Tu vas voir.
-Quoi ? -Tout à l'heure,
ces pierres n'étaient pas là. -C'est que quelqu'un les y a mises.
-Ne ris pas, SOS.
-Tu permets ? -A quoi bon ? C'est pas la 1re.
-Il est facile de venir ici et de poser cette lettre.
-Et ça ? Qu'en penses-tu ?
La date de naissance de Charles
et la mienne. -Et celle-là ?
-Celle du jour où mon père
a reçu la 1re lettre anonyme.
-C'est quoi, ces lettres ? -Je ne sais pas.
-Muriel ! -Nous sommes là !
-Je vous cherchais.
Ah... Encore ? Muriel m'a mis au courant.
Je crois que tout cela n'est pas aussi grave qu'elle se l'imagine.
Voilà un an que ça dure, et rien de fâcheux ne s'est produit.
-Et celui-là, qui est-ce ?
-Le nouveau jardinier. -Y a longtemps qu'il est là ?
-Un peu plus d'un an. -Sa tête ne me revient pas.
-Voilà le dîner.
-Que fait-on de la lettre ? -On la remet au docteur ?
-Je l'ouvre ?
-Je la mets dans la boîte aux lettres.
-Elle est gentille. - J'allais le dire.
Elle est curieuse, votre nouvelle femme de chambre.
-Guillaume la croit somnambule. -Elle a des visions.
-Que voit-elle ? -Quelqu'un dans le parc, la nuit.
-Mais les chiens n'aboient jamais. -Concluez vous-même.
Cloche.
Qu'est-ce que c'est ? -Peut-être Charles ?
-Eh bien, Guillaume ? -Y a personne, monsieur.
Cloche.
-Vous entendez ?
«J'entends, mais je vois rien. -Allez jusqu'à la grille !
Vous avez peur ? -Peur, moi ? Non !
Mais les chauves-souris sont très désagréables.
-Pauvre Guillaume.
Je suis injuste avec lui.
S'il n'avait pas été avec moi au Chemin des Dames,
j'y serais resté.
Eh bien ? -Y a personne !
-J'ai horreur de ça. -Ca doit être le vent.
-Brigitte a des visions et Guillaume ne voit rien.
Ca s'équilibre.
-Eh bien, Guillaume ?
-Deux lettres, monsieur,. -Pour moi ?
-Une seule, monsieur.
-Pour moi ?
-C'est quoi, ces lettres ? -Rien, des prospectus.
-Des amis qui nous veulent du bien. -Vous pouvez disposer, Guillaume.
-Il me semblerait utile... -D'aller dormir.
Aboiements.
-Je suis si heureux d'être là pour vous protéger.
-Vous êtes chic, Paul. -Je n'ai pas peur des menaces.
On ne nous séparera pas. Même votre frère n'y parviendrait pas.
-Pourquoi dites-vous ça ? -Il ne m'aime guère.
Je le regrette.
-C'est sa soeur qu'il faut convaincre.
SOS se couche... Que pensez-vous de lui ?
-Il est gentil mais n'a pas l'air d'avoir inventé l'eau chaude.
-Oh ! Pardon, monsieur,. -Vous n'êtes pas couché ?
-Non, je préparais du café.
-Bonne idée : je tombe de sommeil et je veux rester éveillé.
-A votre place, je dormirais. -Amenez-moi quand même du café.
-Bien, monsieur,.
Voilà, monsieur ! -Merci, Guillaume.
-Nous avons reçu un Canadien, il m'appelait William.
Ca veut dire Guillaume, en anglais -Oui, je sais.
-Moi, je savais pas. J'aimerais bien qu'on m'appelle William...
-Guillaume ! -C'est la vie...
-Guillaume !
-Comment était le café ? -Un peu amer.
-Pas étonnant, Brigitte m'a donné le plateau de monsieur !
Monsieur a bu le café bromuré de M. Pescara.
-C'est fin. -Non, c'est pas...
Monsieur me donne le bras pour monter dans sa chambre ?
-Vous croyez ? -Je ne crois pas, j'en suis sûr.
J'ai une question pour monsieur. Allez-y.
L'Afrique, le Gabon, comment est-ce ?
-C'est très gai. -Tant mieux, tant mieux...
M. SOS ?
J'ai apporté Mitron pour distraire monsieur.
-Comment êtes-vous entré ? -Par la porte.
- J'avais fermé à clé. -Le pêne est coupé.
C'est plus commode, si quelqu'un venait à mourir dans sa chambre...
-Vous êtes en pleine forme !
Non, pas de café ! -J'y ai goûté.
-Vous êtes gentil, Guillaume. -Si on pouvait m'appeler William !
Oh ! Monsieur Charles !
Monsieur...
-Je suis content de te revoir. -T'en as pas l'air.
-Je suis épuisé. J'arrive de Paris, je n'ai pas dormir.
-C'est pas comme monsieur... -Ca va, vous !
Mon vieux Charles, il se passe ici des choses bizarres.
Guillaume m'a dit que tu étais parti subitement. Tout ça se tient.
-Guillaume est un valet de chambre parfait.
-Merci, monsieur.
-Mais il exagère : j'étais à Paris pour affaires.
Et toi ? Ton voyage ? Ton retour ? -Qu'as-tu ?
-Rien. Raconte.
Tiens ? Tu fais de la sténotypie ? -Oui.
-Encore un nouveau talent ! - Même en vacances, je travaille.
-Tu nous ramènes des choses intéressantes ?
-Il est arrivé 2 lettres anonymes, hier soir.
-Deux ? Si je pouvais te dire... -Dis-le.
-Non, c'est un secret qui n'est pas le mien.
-Entrez.
-Monsieur est rentré et désire voir M. Charles immédiatement.
- J'y vais.
-Je te défends de t'occuper de mes affaires !
«L'écho est bon, Guillaume ? -Euh...
Monsieur est nerveux à cause de vous.
Monsieur a bu le café de monsieur et monsieur celui de monsieur.
-Où vas-tu, Charles ? -Envoyer un télégramme.
-Je t'accompagne !
-Bonjour, Charles !
-S0S ! Il y a une nouvelle inscription sur le banc : "Demain".
-"Demain" ? Ca veut rien dire. -"Demain", c'est aujourd'hui.
-Muriel !
Je m'excuse de bouleverser les plans de chacun d'entre vous,
mais nous rentrons à Paris. -Comment ?
-Après le déjeuner.
Je regrette, cher SOS, et pour vous aussi, M. Wantz,
mais je dois partir ce soir pour le nord de la France.
-Seul ? -Non, avec Charles.
-Rien ne m'oblige à rentrer aussi. -Avec ce qui se passe ici,
je ne veux pas te laisser seule. -Nous sommes là, nous.
-Ma décision est prise. -Oui, c'est plus prudent.
-Guillaume, retenez deux places dans le dernier train pour Arras.
Le plus tard possible. -Je m'en occupe !
«Jeune homme,
je vous observe. -Moi ? Et alors ?
-Je vous vois potasser des bouquins de médecine,
tout le fatras poussiéreux de nos morticoles distingués.
Je peux vous donner un conseil ? Des plantes, rien que des plantes.
-Mais je ne suis pas malade. -Nous sommes tous malades.
-Pas moi. -Vous croyez ?
Et pourtant, vous n'avez jamais été si près de votre mort.
Tirs.
-Vous désirez, monsieur ? -Madame, je...
Peut-on me prendre quelque chose en sténotypie, immédiatement ?
-C'est qu'il est déjà tard... -Je paierai ce qu'il faudra.
-Gisèle, vous pouvez rester prendre quelque chose en sténotypie ?
-Oui, madame. -Merci, madame.
-Je vous écoute, monsieur.
-Mon cher SOS,
on vient d'attenter deux fois de suite à ma vie.
-Comment ?
-Continuez, c'est un roman policier.
-Bonsoir. On prend le frais ? -On prend ce qu'on peut !
-Pas de courrier ? -Une jeunesse est venue vous voir.
-Personne ne sait que je suis rentré.
-Fernand, donne le paquet qu'elle a laissé pour M. SOS.
-Bonjour, M. SOS. -Bonjour. Il est pas lourd...
Ca marche, les mots croisés ? -Il me manque un mot de 10 lettres,
se terminant par "PIE". -Un nom d'oiseau ?
Du ruban ?
C'est quoi, ça ? Du chinois ? -Non, c'est de la sténoty pie.
-Ah ! "Sténotypie" ! S-T-E...
-"Mon cher SOS, on vient d'attenter 2 fois de suite à ma vie."
-Je n'avais pas voulu te livrer un secret qui n'était pas le mien.
Mais le danger me menace : je dois te raconter ce que je sais.
Il y a plus d'un an, mon père a reçu une lettre anonyme.
-Eh bien, Charles ?
-Qu'y avait-il d'écrit ? -"VIMY".
J'ai su qu'il en avait reçu beaucoup d'autres.
Au lieu de préparer mes examens, je passais mon temps à surveiller
la rue et la boîte aux lettres.
"Votre avenir est dans votre main !"
Ce n'était qu'un charlatan.
Une autre fois...
Des promesses électorales.
Enfin, un jour...
J'ai couru après le gamin.
Qui t'a donné cette lettre ?
-Une dame. Elle m'a donné 10 francs.
-Comment est-elle ?
-A mon âge, on regarde pas les femmes.
-Une femme, bien sûr ! Il y a dans les lettres anonymes
la ruse, la faiblesse et le détour de l'âme féminine.
Sottement, je me mis à dévisager les femmes du quartier.
Certaines n'avaient pas l'air de trouver ça désagréable.
Pauvre père. Je le trouvais soucieux, vieilli.
Je lui demandai des explications. -Ca ne te regarde pas !
-Enfin, un jour, j'aperçus devant chez moi
une jeune femme qui semblait attendre quelqu'un.
Je ne distinguais pas ses traits. J'hésitais à sortir lui parler.
Mes jumelles étaient introuvables.
Bien entendu, c'était Guillaume qui les avait prises.
Guillaume ! -Pardon, monsieur.
Ma chambre donne sur la salle de bains de la maison voisine.
-Ca ne se fait pas !
-Ils élèvent des canards dans leur baignoire, c'est mignon !
-Le lendemain matin, elle était encore là. Je la surveillais
en me rasant.
Je vis Muriel sortir pour aller à son cours.
- Mlle Pescara ? -Oui ? Qui êtes-vous ?
-Celle qui travaille pendant que tu t'amuses.
-Une folle ?
J'arrivais trop tard pour la rejoindre.
Je trouvai une nouvelle lettre pour mon père. Je l'ouvris.
Muriel... Mon plus cher désir aurait été de te voir son époux.
Mais tu étais loin.
Elle avait rencontré à la Sorbonne un jeune pharmacien.
Ce flirt innocent durait depuis 2 mois.
La 1re lettre datait d'un an...
Quel était ce mystérieux correspondant anonyme ?
Vimy ? Un village du Nord que la Grande Guerre a rendu célèbre.
Mon père et Muriel partaient à Bagnoles-de-l'Orne,
moi, j'allais à Vimy.
Triste pays. Ravagé en 14-18
par les Allemands, occupé par nos troupes,
puis par les Allemands, et repris par les Canadiens.
-Bonjour, monsieur. -Bonjour.
-Je vous demande pardon, je vous ai pris pour quelqu'un.
Mais à bien vous regarder, je pourrais même pas dire qui.
-Peut-être connaissez-vous mon père ? M. Pescara.
-Non, -Au revoir.
-Vous m'excuserez ! -Je vous en prie.
Je rédigeai une annonce pour le journal local.
Une nouvelle surprise m'attendait.
-"Charles Pescara est à Vimy pour entrer en contact avec vous.
"Discrétion absolue. Boîte postale CP au journal."
CP au journal... La 1re n'a pas donné de résultats ?
-Non. Vous avez le texte de la 1re ?
Il me présenta le texte d'une annonce vieille d'un mois,
vraisemblablement envoyée par mon père.
Merci.
"Sommes victimes d'un grave malentendu.
"J'invite le correspondant qui m'écrit de Vimy
"à se faire connaître. Sécurité garantie.
"Répondre boîte postale GP, Arras."
Merci.
Je couchai à Arras, à l'hôtel d'Angleterre.
Je feuilletais un guide de la région, quand...
-M. Charles Pescara ?
On vous demande au téléphone. -Personne ne sait que je suis là.
-La cabine téléphonique est à côté. - Merci.
-Ne quittez pas.
-Allé ?
*-M. Charles Pescara ? «Lui-même.
*-Je veux vous voir ce soir à 11h. -Mais où ?
Allô ?
Allô !
Ne coupez pas, mademoiselle !
Qui est-ce ?
-Le magicien Pablo. Il donne une séance ce soir à l'hôtel.
Monsieur viendra ? -Je ne veux pas rater ça.
«L'expérience consiste à déchirer un journal de 4 pages côté long.
Dans le sens de la longueur.
Pour ne pas avoir de reproches de votre part,
je déchire une fois du côté large.
Avec ces morceaux, on fait un petit paquet.
Tout petit...
Et on n'a qu'à souffler sur ce paquet avec un souffle magique...
Hop !
Le journal est raccommodé !
Je vais maintenant vous demander de participer à mes expériences,
afin de constater qu'il ne s'agit pas de trucs routiniers,
mais d'un véritable pouvoir magique. Il me faut
deux personnes !
-Un militaire se leva.
-Approchez, n'ayez pas peur.
Personne d'autre ?
Je serai donc obligé de désigner une autre personne.
J'aurai l'honneur insigne de l'appeler par son nom.
-Ses yeux
rencontrèrent les miens. -M. Charles Pescara.
-J'hésitai, il insista. -M. Charles Pescara.
-On me prenait pour un compère.
-Avancez !
N'ayez pas peur. Asseyez-vous !
Voilà, asseyez-vous.
-Il commença par faire rire à nos dépens,
et sortit de nos poches une paire de bas, un soutien-gorge
et 20m de ruban rouge.
-De quoi faire 200 Légions d'honneur !
-Puis il s'empara de la main du soldat.
-Ne voyagez pas : la mer vous serait fatale.
Quant à la belle-mère, n'en parlons pas.
Ligne de vie longue et brillante, je vois un bel uniforme chamarré,
des galons... chasseur dans un restaurant, sans doute ?
- J'avais l'air sceptique, il se vengea.
-Et vous, montrez-moi votre ligne de vie.
-Tenez. Jusqu'à quand vivrai-je ? -Jusqu'à demain.
-Où voyez-vous ça ? -C'est écrit.
Ne partez pas avant d'avoir lu votre télégramme.
Charles Pescara, hôtel d'Angleterre, Arras.
C'est bien vous ? Plus fort que les PTT, merci !
Applaudissements.
-Il y a toujours en nous une vieille croyance au merveilleux.
Ma mort prochaine, cette dépêche dans ma poche,
cette Geneviève mourante... J'étais parti chercher quelque chose,
allais-je trouver une femme ?
Vous connaissez un Dr Vermeulen ? -Non,
Vous voulez parler de la clinique Vermeulen ?
-Oui, peut-être. -Une maison d'aliénés, à 10km.
-On peut avoir un taxi ? -Un taxi ? Il est près de 11h...
Allô ?
-Étrange voyage dans un paysage lugubre.
-C'est ici ?
-Vous vous trompez, c'est le cimetière.
-C'est plus loin, alors. -Dépêchez-vous, chauffeur !
Enfin, nous arrivämes.
-Je vous attends ? -Bien sûr.
C'est quoi, ça ?
-Les fous !
-Bonjour. -Où est le malade ?
-Il n'y a pas de malade. -Vous avez appuyé sur les urgences.
-Je viens pour Geneviève. -Je comprends. Entrez.
-Cette odeur d'antiseptique qu'on associe à celle de la maladie,
un relent de cuisine, un couloir,
deux couloirs... trois couloirs...
Les pieds chaussés de caoutchouc de l'infirmière...
Mes pas résonnaient comme dans une cathédrale.
-Une seconde.
Vous arrivez trop tard. Elle est morte ce soir, à 11h.
-Muriel !
-Septicémie évoluée. Le collapsus cardiaque était inévitable.
Tous les antithermiques n'y pouvaient rien.
-Elle était folle ?
-Non. Nous ne soignons pas ici que des aliénés.
-L'inconnue ressemblait étrangement à ma soeur.
Mais elle était brune.
Qui était-ce ?
Elle était en deuil.
Pas de pièce d'identité.
Juste une grossière bague où était gravée la lettre G.
Geneviève...
-Il n'y a personne au bureau.
L'enterrement aura lieu après-demain.
-Au pied du lit,
j'aperçus alors...
-Je m'excuse,
je dois faire sa toilette.
-Elle me poussa dehors.
Dans un pavillon isolé, on entendait un horrible ricanement,
Je m'enfuis. Je pensais que j'étais devenu fou.
Une femme ricane.
J'ai pris le 1er train pour Paris
et je vous ai rejoints à Bagnoles-de-l'Orne.
J'ai tout raconté à mon père. - "Il m'a violemment pris à partie,
"puis a accepté de se rendre à Arras avec moi pour l'enterrement.
"Nous prenons le train à 11h, je ne sais vers quels événements."
-Laissez-moi passer, je suis médecin.
Charles !
-Charles... -La dame d'onze heures.
-Charles ! Charles...
Mort...
Le poison a fait son effet.
-Oui, monsieur, c'est un épouvantable malheur.
Je remercie monsieur de sa sympathie.
Je transmettrai, oui. Fidèlement.
Pauvre M. Charles. A la campagne, rien de tout ça ne serait arrivé.
-C'est vous qui le dites. -On n'aurait pas tous ces appels.
Ca sonne sans arrêt. Des gens qui demandent des explications...
Et monsieur qui veut recevoir personne... Enfin !
Ca prouve qu'on nous aime bien. -Pauvre Muriel.
Elle garde un calme admirable. -Elle aime bien monsieur, aussi.
Elle a dit : "Il me reste un frère, c'est SOS."
-J'aurais préféré qu'elle me considère comme un ami.
-Est-ce vraiment le mot exact ?
-Demandez au Dr Pescara s'il peut me recevoir.
-J'en doute, monsieur.
-M. Wantz.
-Bonjour. -Vous arrivez ?
-Non, j'ai fait les démarches pour l'autopsie.
-Vous êtes presque de la famille. -Vous aussi.
Vous êtes un frère pour Muriel. -Si vous le dites...
Vous avez des souliers neufs ? -Oui.
-Qui craquent ? -Non,
Monsieur attend M. SOS dans son bureau.
La porte d'entrée, le téléphone...
-Allez ouvrir, je réponds.
-C'est un sujet trop pénible, mon petit SOS,
pour que je m'y appesantisse. -Peut-être savez-vous des choses
qui permettraient d'expliquer ?
-J'ignore tout des circonstances qui ont causé la mort de mon fils.
-Et de celles qui l'ont précédée.
-Si j'avais des comptes à rendre, je le ferais à la justice.
Laissez-la suivre son cours. L'affaire est en bonnes mains.
Votre oncle est un homme éner -Mon oncle ?
-Vous ne savez pas ? Le procureur l'a désigné juge d'instruction.
-Vraiment ? Et vous vous portez partie civile ?
-Certainement pas.
Non, pour personne !
-C'est quoi, cette bague ? -Une bague ?
Vous permettez ?
Non, ce n'est pas à moi.
A Guillaume, peut-être : un G.
-Dans ce cas, je vais la lui remettre.
Le palais de Justice ?
Passez-moi Raoul Seminario, de la part de son neveu.
Bonjour, mon oncle ! Ici SOS.
Oui, Stanislas Octave... Oui, je rentre du Gabon.
Y a une huitaine.
Si, j'ai téléphoné chez vous, mais ça ne répondait pas.
*J'aimerais vous parler de... -Je m'en doutais. Où loges-tu ?
*-Chez M. Pescara. -Naturellement.
Déguerpis : je vais y faire une perquisition. Viens me voir à 2h.
-Oui, mon oncle.
Qu'y a-t-il, Guillaume ? -La police est dans la maison.
-Je peux sortir par derrière ? -Pourquoi pas ?
-Tu n'as pas changé. -Pourtant, en 5 ans...
-Ca n'est pas ce que je veux dire : il est 2h04 ! Tu es en retard.
-J'ai apporté des photos. -Soyons brefs :
cesse toute relation avec la famille Pescara.
-Pourquoi ? -Assieds-toi.
Lorsque le procureur m'a désigné pour instruire cette affaire,
j'en étais très satisfait, j'avais de l'estime pour M. Pescara.
Je pensais pouvoir lui être utile. Je me suis fourré dans un guéêpier !
-Un guépier ?
-Ne compromets pas ma position, mon prestige et mon avancement.
-Si vous me posez un ultimatum, il faut m'en donner les raisons.
-Soit. Je vais t'en dire plus que je ne devrais,
mais sous le sceau absolu du secret.
-Je vous écoute.
-De lourdes charges pèsent sur Pescara.
-Quoi ?
-D'après l'autopsie, Charles Pescara a été empoisonné.
Un poison imparfaitement défini.
Le légiste a remarqué que Charles portait la trace d'une piqûre.
M. Pescara était docteur,
avant de lancer ses spécialités pharmaceutiques.
Tu le savais ? -Oui.
-Il a reconnu avoir fait hier à son fils une piqûre d'huile camphrée.
Le jeune homme avait eu paraît-il un malaise... bien providentiel.
Rien n'aurait été plus simple que de lui injecter du poison.
-C'est monstrueux. -Innocent, va !
Tu connais les bêtes sauvages de l'Afrique, pas celles de ton pays.
J'en ai vu bien d'autres ! Des monstres à double-face !
J'ai là tout le dossier. M. Pescara est à la disposition de la justice.
Il est surveillé
par la police. Tu comprends ?
-C'est un malentendu. -Oublie les hypothèses saugrenues
et ne fais pas le matamore pour les beaux yeux de Muriel.
-Elle est à peu près fiancée à un jeune pharmacien.
-C'est donc désintéressé ? Bravo ! Il faut savoir choisir
entre le plaisir et le devoir.
- "Plaisir", "devoir". -Que fais-tu ?
-Je vous écoute et je note. -Tu te moques de la justice ?
N'oublie pas que les rois de France ont créé la noblesse de robe !
-Mais il y a eu les sans-culottes. -Nous demeurons aristocrates !
-Votre position, votre avancement, vous les ruinez l'une et l'autre.
-Toi, tu sais quelque chose. Je te somme de parler !
-A condition que tout ça reste entre nous.
-Baptiste !
-M. SOS ! Comment allez-vous ? -Bonjour, Baptiste !
-Notez la déclaration de mon neveu, -Non, non, non !
C'est contraire à nos conventions. -Veux-tu que je te fasse arrêter ?
-D'accord : je parlerai en présence de mon avocat. Au revoir, Baptiste.
-Tu me le paieras !
-Viens, Guillaume ! -Baptiste,
appelez l'inspecteur Rapier, qu'il soit là dans 20mn.
Dites au commissariat de placer 2 agents devant chez mon neveu.
-M. le juge veut perquisitionner chez M. SOS ?
-Exactement.
-Vous avez perdu quelque chose ? -Non. Où peut-on téléphoner ?
-A droite, puis à gauche, puis... -Merci, je vais au bistrot.
-Je suis reporter au "Petit Matin". On a reçu un coup de téléphone.
-Ces messieurs aussi. J'en sais pas plus que vous.
Tiens ? Le juge d'instruction...
-Bonjour, M. le juge.
-Qu'est-ce que c'est que ça ? -La presse.
Ils ont reçu un coup de téléphone. -Qu'allez-vous faire ?
-Faut-il vous réserver un article à la une ?
-Vous avez été victimes d'un plaisantin.
-Il vous a eu vous aussi : vous nous devez l'apéritif !
-Permettez ?
Qu'y a-t-il, Baptiste ? -On vient de téléphoner :
on a trouvé M. Pescara sans connaissance dans son bureau,
empoisonné. -Parfait !
Messieurs, voici votre article. j'attendais ce dénouement !
M. Pescara était coupable et s'est empoisonné.
-Sensationnel !
-Eh bien, Guillaume ? -Pardon ! Je ramassais une épingle.
C'est ainsi que le banquier Laffitte fit fortune.
-Qu'avez-vous vu ? -La consultation est terminée.
-Mes hommages, mademoiselle. -Guillaume, reconduisez-les.
-Alors ? -Il restera paralysé.
-Il ne peut plus parler ? -Non,
-Ni écrire ?
-Un toxique a attaqué les centres nerveux.
-Pauvre Muriel... -Pas de ça, Paul.
Il faut découvrir la vérité. Il faut venger Charles et papa.
Restez, Guillaume, puisque vous êtes là. Asseyez-vous.
L'autre soir, on a apporté un petit paquet pour Charles,
peu de temps avant qu'il parte. -Comment était ce paquet ?
-Gros comme ça.
-Qui l'a apporté. -Un gamin mal élevé !
Je lui ai donné 2 francs, il m'a traité de rapiat.
-Un gamin ?
-Voici le télégramme que Charles a envoyé de Bagnoles-de-l'Orne :
"Clinique Vermeulen, Arras, Nord.
"Arrivons ce soir par train de nuit."
Il faut savoir ce que c'est que cette clinique.
-Moi, je sais.
Avant d'être assassiné, Charles m'a laissé quelques indices
dans une confession sténotypée. -Il connaissait la sténotypie ?
-Je vais faire un tour à Arras. -Je pars avec toi.
-Non, la police est en éveil. Sa thèse n'est pas la nôtre.
-Puis-je poser une question ? -Certainement.
-Puis-je savoir où monsieur a eu cette bague ?
-Non,
-Bon, bien...
-En effet, je ne l'avais pas encore vue à votre doigt.
-Un souvenir de Charles.
Muriel, ton père n'a rien dit à la police,
et j'ai des scrupules à aller contre sa volonté.
-Avant d'aller dans le Nord sur des indices assez faibles...
-Oui et non.
-Profitez du fait d'être le neveu du juge d'instruction
pour savoir quelle est la thèse de la police et ce qu'elle sait.
-C'est une idée. A cette heure-ci, mon oncle n'est pas au palais.
Je vais tenter d'aller feuilleter le dossier. A demain.
-La maison risque d'être surveillée,
je vous propose un endroit neutre, comme les tours de Notre-Dame.
-Pourquoi pas ? -C'est haut.
Pardon de vous déranger, Guillaume. -Désolé, la serrure fonctionne mal.
-Qu'a-t-elle ? -On n'y voit rien.
-Vous êtes parfait, William. -Monsieur m'a dit William ?
Si j'osais... J'ai un secret à communiquer à monsieur.
-Je vous écoute.
-Montons dans ma chambre, personne ne nous écoutera.
-C'est haut.
-Excellent entraînement pour les tours de Notre-Dame.
Il me l'a remise avant de partir dans le Nord :
"Si je ne reviens pas, remets-la au procureur."
Il me tutoyait, car j'avais été son ordonnance, pendant la guerre.
-Il faut l'ouvrir. -C'est un cas de conscience.
Monsieur n'est pas revenu de là-bas,
mais il n'y est pas parti non plus. -Guillaume... Pardon, William,
cette enveloppe contient peut-être un secret.
-Monsieur ne m'a pas donné d'ordre. -Il est paralysé.
Vous me faites monter 4 étages pour me montrer une enveloppe fermée ?
-Il y a autre chose.
C'est moi qui ai trouvé monsieur.
A côté de lui, il y avait un médaillon.
Avant de perdre tout à fait connaissance,
monsieur l'a refermé et m'a fait signe de le prendre et de me taire.
-Ce que vous ne faites pas, et je vous en félicite.
Qu'y avait-il dans ce médaillon ? -Je l'ai pas ouvert.
-Voilà qui est invraisemblable.
-Encore une visite. Je vais voir.
-Ca ira ? -Oui, très bien.
Mettez une feuille blanche dedans. C'est de la cire à cacheter, ça ?
-Oui. -Très bien.
Posez l'enveloppe ici, s'il vous plaît.
-Mais c'est du papier blanc, dedans !
-Oui, je suis prestidigitateur. Je vous dois combien ?
-10 francs.
-Gardez tout. Au revoir ! - Merci.
Il a oublié sa serviette ! Voyons ce qu'il y a dedans.
-Vous permettez ? Merci.
J'ai oublié mon carnet dans votre chambre.
-Monsieur n'a pas vu mon chat ? -Non,
-Je monte moins vite que monsieur. -Je l'ai retrouvé. Je file !
Qu'est-ce qui vous prend ?
-Il est peut-être sous le lit. -Sûrement pas.
-Qu'est-ce qu'il en sait, lui ?
Mi mi mi mi mi ! Minet ! Minet !
Minet ?
-Tout cela doit rester entre nous. -C'est ingénieux.
-Ingénieux ? Diabolique ! Si c'est le même poison qui a tué Charles,
on aura fait un grand pas. Je te laisse Mitron pour l'autopsie.
-Je suis pas vétérinaire ! -Fais ça pour moi.
Voyons ce qu'y a là-dedans.
Flûte ! J'ai pris la fausse enveloppe. Au revoir !
-Non, vous ne pouvez pas aller dans le bureau de votre oncle.
-J'ai une lettre à écrire. -Ecrivez-la ici.
-Je peux pas me concentrer, là. -Soit, mais ne soyez pas trop long.
Votre oncle a beaucoup travaillé, aujourd'hui.
Il a emmené le dossier Pescara pour travailler encore ce soir chez lui.
Installez-vous. Vous désirez une enveloppe ?
-Non, -Bon. Voici du papier,
de l'encre... Mais j'y pense, vous avez sûrement un stylo !
-Oui. -Je vous amène une enveloppe !
-Allé, mon oncle ? Ici SOS.
Oui, Stanislas Octave.
Je pars pour Nice. Mais auparavant, j'ai une révélation à vous faire.
Vous venez chez moi ? Vous avez pas dîné ? Je vous invite !
J'ai une lettre cachetée que je ne peux pas vous apporter.
Voilà, dans 30mn. Au revoir !
-Et votre lettre ? -Elle est écrite. Merci, au revoir.
Il sonne.
-Oh !
Voyou ! Voleur ! Sais-tu ce que tu risques ?
Tu ne plaides même pas l'excuse de la folie ?
Si je n'avais pas oublié mon portefeuille,
tu serais en train de violer le secret de l'instruction !
-J'ai besoin de savoir la vérité. -Je devrais te faire arrêter.
-Laissez-moi jeter un oeil. -Pas question !
-Haut les mains ! Je compte jusqu'à 3 ! 1, 2, 3 !
-Saligaud !
-J'aurais compté jusqu'à 4.
Tirs à vide.
-Cornet Ferdinand, 32 ans, vétérinaire.
-Voilà, chambre 11.
Voulez-vous voir mon perroquet ?
-Je le vois, pourquoi ? -Il est malade.
-Et alors ? -Comme vous êtes vétérinaire...
-Ah oui... Tout à l'heure.
-J'ai chargé un monsieur place de la Muette, à 22h.
Il portait une valise et tenait un paquet à la main.
Il me dit : "Gare du Nord !"
-"Boîte et papier." "Que contenaient-ils ?"
Le médaillon, mon oncle, voyons.
-Il est à moi.
Je l'ai oublié hier à 22h en sortant du taxi, avenue Mozart.
-"Rapport du Dr David. Poison, traces d'acide prussique,
"scopolamine..."
"Mêmes effets, mais atténués, sur Gérard Pescara."
-Gérard Pescara, 50 ans.
Docteur ès sciences, chimiste, directeur de la SA
des produits pharmaceutiques Pescara. Affaire de moeurs.
-Il avait 19 ans, moi 30. J'étais pharmacienne rue Mouffetard.
Le soir des Quat'z'Arts, ils m'ont jetée de force dans un fiacre.
On m'a retrouvée dans le bassin du Luxembourg en costume d'Eve.
Il a été condamné !
-3 mois de prison avec sursis. Toute la guerre de 14 en 1re ligne.
Croix de guerre, Légion d'honneur, blessé au bras et à la tête.
Livret militaire perdu.
-Marié en 1925 avec Amélie Dutertre, fille d'un banquier
mort d'un empoissonnement attribué aux crustacés.
-De son mariage date sa fortune,
notamment le développement de son laboratoire pharmaceutique.
-M. Pescara ? Il venait le jeudi.
Je vais pas dire du mal d'un client !
Il avait des idées à lui. Il aimait le costume.
-J'étais près du taxi. Il a dit : "Le poison a fait son effet."
-J'étais sa cuisinière pendant 7 ans.
C'était jamais assez bon et toujours trop cher. Et violent !
Il giflait ce pauvre M. Charles. Madame pleurait à cause de lui.
-Dangereux homme d'affaires sans scrupules.
Mon ennemi, seul concurrent. C'est lui qui m'a ruiné.
-"Pescara a empoisonné son fils, car il en savait trop.
"Drame de famille. Cherchez la femme." Salaud !
Entrez.
-Je vous apporte le perroquet. -Désolé, je suis pressé.
Y a un commissariat, dans le coin ? -Oui, à droite en sortant.
J'ignore ce qu'il a : il bave... -Il bave ? Ecoeurant !
J'ai trouvé ça.
-Faut faire une déposition. -Pas le temps.
-Si on ne l'a pas réclamé dans un an et un jour...
-Ca m'étonnerait : "Juge d'instruction Seminario".
-Vous toucheriez une récompense. -Ca m'étonnerait encore plus !
Muriel, ça fait 40mn que j'attends. -Si tu savais ce qui arrive...
Hier soir, j'avais rendez-vous avec Paul. Il n'est pas venu.
Ce matin, je passe à son hôtel. Le patron est monté avec moi.
Tout était au pillage. Dans un coin,
il y avait un mouchoir plein de sang et une lettre. Encore une.
"Pour sauver celle que tu aimes, sois à 11h rue des Dames."
-Vous connaissez M. Wantz ? -Non,
-Vous étiez là, hier, à 2 3h ? -A 23h ? Je dormais !
-À 23h ? Je rentrais. Une grosse voiture noire stationnait en face.
On faisait monter un homme de force. Je m'en suis pas mélé !
- Très courageux. Merci.
-Alors ? Où va-t-on ? -Chez moi.
26 rue Fabert !
-C'est des cancans, faut pas vous en faire !
Ah ! C'est M. SOS.
-La voie est libre ? -Oui. Que s'est-il passé ?
-Je vous raconterai. Rien d'autre ? -On vous a encore livré un paquet.
-Qui l'a apporté ? -Un gamin.
-J'aime pas ça. Si je suis pas revenu dans 5mn, montez voir.
-Intolérable, un bruit pareil ! Il se croit en Afrique ?
-Au revoir.
-Vous repartez ? -Oui. Si on me demande,
je suis à Nice, pour le carnaval. -C'est pas la saison ! Ha ! Ha !
-Gare de Lyon !
-Gare de Lyon ? -Je vais à Vimy.
-J'y comprends rien. -Vous passerez par la gare du Nord.
-Laisse-moi partir avec toi. -Certainement pas.
-J'ai peur. -Tu ne risques rien.
-C'est pour vous, que j'ai peur. -Merci pour le pluriel.
Je te le raménerai, ton Paul, promis.
-Tu es le plus chic copain que je connaisse.
-Tu connais pas grand-chose. -Tu es parti si longtemps...
Chauffeur, arrêtez ! -Pourquoi ?
-Je veux pas aller à la gare, j'ai horreur des départs.
Je pleurerai et je serai épouvantablement triste.
-Alors, au revoir. Je penserai à toi quand j'aurai des ennuis.
Je tâcherai d'être toujours un chic copain.
Gare du Nord !
-Je suis pas sourd. -J'ai besoin de gueuler.
Vous connaissez Geneviève Pescara -Pas du tout.
- Merci.
-Pas de Geneviève Pescara.
-Non, pas de Geneviève Pescara. Ce n'est pas un nom d'ici.
Toutes ces régions ont été rasées pendant la guerre de 14,
et les populations dispersées pendant celle de 40.
Si cette jeune fille a été baptisée,
vous trouverez le double des registres à l'évêché.
Mais si vous ignorez l'année... -Merci, j'ai une autre idée.
-Laquelle ? -Le cimetière. Merci M. le curé.
Pardon, monsieur. -A votre service !
-Cette tombe est récente ? -Oui, le carré est pas encore fait.
-Et ces autres noms ? -Les clients sont pas encore là.
-Qui a commandé ces croix ?
-Un monsieur est venu et a laissé de l'argent : le Dr Vermeulen.
-Celui qui dirige la clinique d'aliénés ?
-Non, la clinique d'Hénin-Liétard. -Non, la clinique d'aliénés.
-"Aliéné" ? Je connais pas ce pays-là, moi.
-Le docteur n'est pas là. -Vous pourriez me renseigner ?
-Je sais peu de choses. -Vous êtes sur vos gardes ?
-Pas du tout, je me sens simplement un peu lasse.
-Qui a amené ici Geneviève Pescara, et pourquoi ?
-La visite est terminée. -Hélène, je m'en vais.
-Dr Vermeulen ? «Lui-même.
-Si vous partez, c'est qu'il était là.
-Qui est-ce ? -Paranoïaque.
-J'enquête sur la mort de Geneviève Pescara.
-Ce nom ne me dit rien. -Son frère est Charles Pescara,
dont l'assassinat mystérieux a rempli les journaux.
Je voudrais savoir...
Primo : qui a amené ici Geneviève Pescara et pourquoi ?
Secundo : pourquoi avez-vous envoyé un télégramme à Charles Pescara ?
Tertio : pourquoi avez-vous commandé 4 plaques mortuaires
au nom de la famille Pescara ? -Monsieur est venu seul ?
Voulez-vous venir ?
Entrez ici.
Quand je reviendrai, amenez-le-moi encadré par deux hommes.
Vous avez de si beaux yeux...
-Il y a encore une place au pavillon des agités.
-Ah bon ?
Pardon pour ce malentendu, mais les apparences étaient contre vous.
J'ignore tout de cette dépêche et de ces croix mortuaires.
Ce qui est exact, c'est que cette femme a été enterrée là-bas.
Donnez-moi la fiche.
Merci.
"Geneviève Pescara, née le 22 février 1917 à Vimy,
"décédée le 16 juin à 11h du soir.
"Collapsus cardiaque, septicémie incurable.
"Amenée par son frère, Gérard Pescara."
-Son frère ? Un homme de quel âge ? -Assez âgé.
-Il avait une pièce d'identité ? -Livret militaire.
-Les causes de la mort ? -Staphylocoque doré.
-Qu'est-ce que c'est ? -Venez voir.
Un joli nom pour un vilain microbe.
On le reproduit par milliards en bouillon de culture.
-403 ?
Tout cela se balade en liberté dans vos tiroirs ?
Et si on en vole une goutte qu'on replace dans un milieu favorable ?
-Les microcoques se reproduiraient comme ceci... Regardez.
-Et si quelqu'un les ingérait, ça entraînerait la mort ?
-Parbleu ! Mais au bout d'un certain temps,
par septicémie.
-Ainsi, une autopsie conclurait à une mort naturelle ?
-Oui. Le poison laisse des traces, le microbe est plus naturel.
-Nous avons affaire à un grand criminel.
-Peut-être une femme ?
Qu'en pensez-vous, Hélène ?
-Les femmes sont aussi capables de tuer que les hommes.
-Muriel, je suis content de te voir.
-Pardon, mais je dois prendre le train dans une demi-heure.
-Guillaume a tenu à m'accompagner. -Que faites-vous ici ?
-Nous venons mettre monsieur au courant de notre enquête.
Voici donc l'enveloppe.
-C'est la bonne ? -Y en a qu'une.
-Ce sont des photos ?
-Oui, les documents originaux sont en lieu sûr,
- Bravo.
Où vas-tu ?
-Je préfère que tu lises tout ça sans moi.
-Oui, ça vaut mieux.
Voici la 1re lettre anonyme reçue par monsieur,
puis la 2 de... Celle-là plus explicite, naturellement.
-"Celle que tu as abandonnée en 1919 vient de mourir.
"Ta fille est née dans une étable, comme le Christ..."
-Oui, c'est écrit.
-"Comme lui, elle porte sa croix. Il est temps de te repentir.
"Le poison fera son effet. Signé : Vimy."
-Vimy, c'est là où nous étions au repos, en 1916.
-Je comprends, le Dr Pescara avait une intrigue dans la localité.
-Oh ! Monsieur portait bien l'uniforme !
Moi aussi, d'ailleurs. On habitait la plus belle maison, chez Mlle...
J'ai oublié le nom. Son père avait été fusillé en 1914 par les boches.
Monsieur a dû être à la fois un libérateur et un consolateur...
Il ne me faisait aucune confidence !
-Il y avait des portes, non ? -Monsieur, voyons...
-Quand avez-vous quitté Vimy ? -Lors de l'offensive allemande.
Nous sommes partis en 15mn.
Monsieur a oublié son livret militaire.
-Chez la demoiselle ? Intéressant. -Non, ça n'avait aucun intérêt.
-Si, c'est avec le livret militaire qu'on a déclaré Geneviève.
-Geneviève ? Je comprends pas. -Je me comprends.
-Tant mieux, monsieur,.
Comment cette bague est-elle arrivée ici ?
-Vous la connaissez ?
-C'est moi qui l'ai gravée dans les tranchées pour la fête de monsieur.
-"G" ne veut pas dire "Geneviève" ? -Non, monsieur s'appelait Gérard !
-Qu'était-il advenu de cette bague ?
-Monsieur l'avait égarée. -Egarée au doigt de quelqu'un...
-Voilà mademoiselle. Elle a encore une révélation à faire à monsieur.
-Oui : je sais ce que c'est que la dame d'onze heures.
Les dames d'onze heures, ce sont des ornithogales en ombelle.
De vulgaires fleurs de nos jardins.
-Voilà quelque chose de précis : des ornithogales en ombelle...
-"Rouleau", voilà le nom que nous cherchions.
-Qu'ont-elles à me regarder ainsi ? J'ai du noir sur le nez ?
-C'est parce que tu es jolie. Je vais à la poste restante.
-Ils vont bien faire semblant ! -Qui ça ?
Votre grand-père !
-On te reconnaît, même si tu es blonde et que tu nous ignores.
-On reçoit les télégrammes par téléphone : j'ai pas bien compris.
-"Aiguille médaillon empoisonnée. Chat tué par même poison.
"Analogie symptômes mort fils et maladie père.
"Analyse suit. Signé : Lucrèce Borgia."
-C'était bien ça ? -Ca pouvait pas être mieux.
- Merci.
En 10 ans, j'ai jamais reçu un télégramme pareil.
-Lucrèce Borgia n'est pas morte ? -C'est encore un film américain !
-Messieurs-dames. -M. Seminario, de Paris.
Ces dames me prennent pour... -Geneviève Rouleau.
Mesdames, je fais un reportage sur les familles des fusillés de 14-18.
Où est née Geneviève Rouleau ? -La pauvre a mal choisi son moment.
Nous avons été évacués en juillet 1916.
Elle est née dans une ferme du côté d'Hénin-Liétard.
-Sa mère travaillait à une fabrique de textile.
-Elles sont revenues ici ? -Jamais.
-Et elle tenait pas à ce qu'on la revoie.
-Je sais.
-Elles ont eu une vie difficile ? «Jeanne s'est tuée au travail.
-Elle est morte il y a deux ans. -Et Geneviève ?
-Elle s'était mise avec un herboriste, paraît-il.
-OÙ ça ? -On ne saurait pas vous dire.
-Où puis-je vous trouver ?
-Demandez les demoiselles Deconingue, sur la place.
-M. Vernet, aux Quatre-chemins. Voulez-vous un verre de genièvre ?
-Non, merci.
-Ca se voit que vous êtes de jeunes mariés : elle est timide.
-Nous ne sommes pas mariés. -Ca viendra !
-L'estaminet est en face.
-Non, merci, nous sommes pressés. Mesdames, monsieur...
-Où allons-nous ?
-A Hénin-Liétard. -Qu'allons-nous faire là-bas ?
-On va apprendre à un magicien un tour qu'il ne connaît pas.
Fouille-le, Muriel.
-Il a un revolver.
-Il y a 10 jours, tu rencontres Charles Pescara.
Le lendemain, il est assassiné. Tu t'en souviens ?
-Je ne sais rien. -Tu connaissais pourtant son nom.
-Il faut que je vous dise...
La divination, ça n'existe pas.
-Sans blagues ! Et alors ?
-Je me fais indiquer à l'avance par le portier de l'hôtel
quelques personnes dans la salle, et je les nomme par leur nom.
-Et cette prédiction sur la mort de mon ami Charles ?
-Une plaisanterie ! Votre ami faisait l'esprit fort.
Il m'a demandé : "Jusqu'à quand vivrai-je ?"
J'ai dit : "Jusqu'à demain." Je passe mon temps à dire l'avenir,
c'est la 1re fois que je tombe juste.
-Et la dépêche ?
-Elle venait d'arriver à l'hôtel avant que j'entre en scène.
J'ai donné 20 francs au chasseur pour qu'il me la donne.
J'étais sûr de faire un triomphe ! -Ca va !
C'est tout ce que vous savez ? -Je le jure.
-Viens, Muriel. -Haut les mains.
Vous voyez que vous pouvez avoir confiance en moi.
Puis-je faire une prédiction ? -Non, ça Va.
-Un simple souhait : beaucoup de bonheur pour tous les deux.
-Va te coucher, tu es fatiguée.
Rendez-vous demain à 11h au jardin public.
-Tu crois que c'est Geneviève qui a écrit les lettres et m'a parlé ?
Pourquoi papa n'a-t-il pas essayé de les retrouver ?
-Il a essayé, mais tout était détruit. Et puis, il s'est marié.
-J'ai honte d'avoir été si gâtée et si heureuse.
-Ne pense qu'à une chose : au meurtrier.
Nous le connaîtrons bientôt.
-Comme tu es gentil.
-Je suis pas gentil, je suis seulement un chic copain.
-On demande monsieur au téléphone. Un M. William, de Paris.
-Allé, William ? *-Oui, monsieur.
Mlle Muriel a reçu un télégramme de M. Wantz.
Daté de Lyon. "Beaucoup de difficultés, mais tout va bien.
"Suis sur piste sérieuse. Tendresse. Paul Wantz."
-Merci. Comment va monsieur ? -Tout doux. Et l'enquête ?
-Ca va. Au revoir, merci.
Tu vois ? Tout va bien.
"Piste sérieuse"... Je me demande ce qu'il a pu trouver.
-Je suis contente qu'il ne lui soit rien arrivé.
-Moi aussi.
-Je sentais sa présence entre nous qui me génait.
-C'est normal. -Non, tu ne comprends pas.
J'avais honte d'être bien.
J'avais peur qu'il lui soit arrivé quelque chose par ma faute.
Maintenant, je me sens libre de te dire combien je suis bien avec toi.
A demain !
Téléphone.
-Allé ?
*-Allô ? Terminé ? -Non, ça commence seulement.
Alors ? En plein travail ? -Faut bien !
-Ca fera un joli massif.
-Je vais les marier avec des bégonias.
-Comment s'appellent ces fleurs ? -La dame d'onze heures.
-Comment ? -La dame d'onze heures !
-Vous n'avez pas vu passer une très jolie jeune fille blonde ?
-Comment ? -Une jolie blonde !
J'avais rendez-vous avec elle et je suis en retard.
-Elle a pris l'ambulance. -Y a eu un accident ?
-Non,
-C'était l'ambulance de la ville ? -Je sais pas.
Il y avait quelque chose d'écrit. -Clinique Vermeulen ?
-C'est ça ! - Merci.
-Je vais revenir à ma 1re opinion...
Vous parlez d'assassinat, de télégrammes mystérieux,
de croix mortuaires... Et là, vous m'accusez d'enlèvement ?
-Jurez-moi que vous êtes étranger à tout ça.
-Si vous êtes assez simple pour croire à un serment...
Je peux faire mieux : voulez-vous visiter mes chambres ? Ma cave ?
Le pavillon des agités ?
-Si on avait enlevé la femme que vous aimez, que feriez-vous ?
-Mon ami, si j'aimais une femme, c'est moi qui l'enléverais.
-Voulez-vous vérifier si votre ambulance est là ?
-Si ça peut vous faire plaisir...
Allô, Maurice ? (C'est le chauffeur.)
Oui, c'était pour savoir si la voiture était là.
Comment ?
Y a combien de temps ?
Bon, vous me l'enverrez dès qu'elle reviendra.
Une infirmière a pris la voiture pour faire des courses.
-Mlle Hélène. -Exactement.
-Il y a longtemps qu'elle est chez vous ?
-Je réponds de mon personnel comme de moi-même.
-Toujours rien ? -Si, un coup de téléphone.
Une dame. -Qui ça ?
-Elle n'a pas dit son nom mais a laissé un message.
-Dites-le ! -Pardon.
Elle donne rendez-vous à monsieur au bord du canal,
devant l'usine, avant l'écluse 113, ce soir, à 11h.
-La dame d'onze heures. -Pardon ?
-Non, rien. Vous avez une carte de la région ?
-Voici.
-Non ! Coups de feu.
-Hélène, l'infirmière !
-C'est fini...
Attention...
-Où est Muriel ?
-La dame d'onze heures...
-Quelle dame d'onze heures ? -Eh !
Qu'y a-t-il, là-haut ? -Où peut-on téléphoner ?
-Chez moi, à l'écluse !
Par ici, c'est rien !
J'ai tenu une écluse sur l'Escaut, à la frontière...
Y avait souvent des coups durs avec les contrebandiers.
Ca sonne.
Vous regardez les feuilles de passage ?
Oh ! Ils dorment, à leur centrale !
-Oh ! -Quoi ?
-"La dame d'onze heures"... -Et alors ?
-C'est une péniche ? -Oui, une vieille.
-Où est-elle ?
-Elle doit pas être bien loin, elle fait plus grand-chose :
du bois, du coke... Allé ?
Attendez... La v'là, votre centrale.
Tenez.
-Allé ! Passez-moi la gendarmerie !
On tape à la machine à écrire.
-50S !
-Muriel...
-Comment es-tu arrivé jusqu'ici ? -J'ai eu qu'à frapper.
L'infirmière t'a amenée ici ? -Oui, en me disant que tu y étais.
On m'a droguée et j'ai perdu connaissance.
Quel jour sommes-nous ? -Vendredi.
-Allons-nous-en, j'ai peur ! -Attends. Sais-tu où nous sommes ?
-Sur une péniche. -Baptisée "La dame d'onze heures".
Tout le secret doit être à bord.
Qu'étais-tu en train de faire ?
-C'est la machine sur laquelle les lettres anonymes ont été écrites.
J'avais noté les défauts de frappe. -"Mon cher SOS,
"si tu savais comme je t'aime ! Si tu savais comme je t'aime !"
-Je te demande pardon.
Tu vois, les "i" sont en diagonale, les "S" sont trop serrés,
et les "V" sont descendus.
Et pourtant, c'est pas une lettre anonyme.
-Bravo, Muriel.
-Dans cette penderie, j'ai trouvé des robes de femme.
Ca devait appartenir à cette pauvre Geneviève.
-Et la vieille qui est sortie ? -Elle n'est pas méchante.
Elle me prend pour Geneviève.
-Il dort. Tu peux l'attacher ?
Tiens, de la ficelle.
403.
Faudra faire analyser ça.
403.
Je parie qu'il y a là-dedans assez de staphylocoque doré
pour empoisonner tout le pays. Tu y arrives ?
-Il faut faire arrêter cette infirmière.
-Trop tard, on l'a tuée. -Qui ça, "on" ?
«L'homme pour qui elle a fait tout ça, qu'elle a trahi par jalousie.
Le livret militaire de ton père. -Comment ?
-Et ça, t'as compris ?
On approche.
-Paul !
-Muriel !
Eh ben ! J'arrive au bon moment ! -Je vous félicite.
-Je suis passé par Lyon. -Et moi, par Vimy.
-Tous les chemins mènent à Rome. -Ou en cour d'assises.
Ne bougez pas !
Vous avez fait chanter le Dr Pescara pendant plus d'un an.
Vous avez tué votre femme Geneviève pour pouvoir épouser Muriel.
Vous avez tué Charles Pescara et Hélène Tassin, l'infirmière
qui allait vous trahir. -Quelle histoire rocambolesque !
-Un séducteur ne doit jamais laisser traîner ses photos.
-Quelles photos ? -Tu doutes, Muriel ?
Le livret de famille de Geneviève et monsieur. Et des photos :
l'une au bras de Geneviève, l'autre avec Hélène l'infirmière.
J'ai pris ces photos cette nuit dans le sac d'Hélène Tassin.
-Assassin !
Que faites-vous là ? Vous venez l'arrêter ?
André ! Mon petit gars ! Que lui as-tu fait, misérable ?
-Laissez-le. Vous devriez plaider coupable, M. Wantz.
-Il s'appelle pas Wantz, mais Delbec !
Ma petite fille ! Ma petite fille ! C'est lui qui l'a tuée !
C'est dans les journaux, ce matin.
Mais c'est bien fini ! Je dirai tout ce que je sais ! Tout !
J'ai des témoins ! On reconnaîtra à Roubaix et à Vimy
l'herboriste qui épousa Geneviève Rouleau !
On autopsiera Geneviève ! Je fournirai des preuves !
Les microbes, le livret militaire, tout est là dans le placard !
Il l'a obligée de prendre à la clinique le flacon de microbes !
Il a porté ses affaires ici !
André !
André ! André ! André !
-Si le hasard m'avait favorisé, je serais né comme tant d'autres,
dans une famille riche ! Ce qui compte, c'est la puissance !
C'est l'argent qui mène le monde et donne le pouvoir et la domination !
Les pauvres attirent les pauvres. Alors, j'ai épousé Geneviève...
En apprenant le hasard de sa naissance,
j'ai vu le moyen de trouver cet argent dont j'avais besoin.
J'avais le livret militaire du Dr Pescara et sa bague.
Hélas, je vous ai rencontrée. -Et vous avez voulu la dot.
-Non. Mon erreur, c'est d'être tombé amoureux de vous.
C'est avec Hélène que j'aurais dû faire ma vie.
Si je l'avais laissé faire, vous seriez morte.
Elle m'aurait pas vendu et personne ne nous aurait retrouvés !
-Vous avez tué Charles et Geneviève !
Coups de feu.
-Ne tirez pas. Reculez.
Allez...
Posez votre revolver.
Reculez !
-T'es pas un peu fou, non ?
Saloperie, va !
-Regarde, SOS !
-Regarde, SOS !
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