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[Musique majestueus]
*- Le film que vous allez voir,
est né sous une bonne étoile.
...
Claquements métalliques
Un hibou ulule.
Voix mêlées
Bips de recul d'un camion
Voix mêlées
...
Cliquetis métalliques
...
[Klaxon]
...
[Klaxon]
...
- Les animaux d'élevage, je ne sais pas. Je vais appeler Stéphane.
On sera tranquilles. OK ?
- Tu t'en occupes ? - Oui, je le fais cet aprés-midi.
Aucun problème, je m'en occupe.
- Monique !
- Qui c'est, celui-là ?
- C'est mon frére.
C'est Jacques.
Il s'appelle Jacques.
...
30 secondes !
Hier encore, une chévre s'est échappée de son enclos.
Un client l'a rattrapée de justesse avant qu'elle arrive sur l'autoroute.
Les gars de l'atelier mécanique pourraient enterrer le grillage
à au moins 30 cm de profondeur ?
C'est à peine une journée de travail pour deux. Roger !
Bernard ! Vous battez pas.
Allez, on en reparle plus tard.
Sinon, à la laverie, il y a encore eu des problèmes.
Il y en a un qui a chargé la machine. Ça a bloqué le systéme.
On a dû ouvrir le tambour
et toute l'eau a...
Y a quelqu'un
qui passe derriére pour éponger. Faudrait faire gaffe.
Il faut remplir la machine à moitié,
quitte a': faire son linge deux fois par semaine. Ça marche ?
Bon appétit, les gars ! - MERCI, MONIQUE!
- Trés bon, ce hachis parmentier revisité.
- Alors ?
- Oui, oui.
Attends, je vais te dire.
Y a un fromage ? Un dessert?
Non ?
- Clafoutis aux cerises.
- Aux cerises ? Dénoyautées ou pas ? Sinon, c'est une tannée.
Bon...
- Donc ?
- En fait, j'aurais besoin d'un service. - Quel service ?
- Il faudrait que je reste quelques jours ici.
Pour... Juste le temps de...
- Si tu restes, faudra bosser. - C'est prévu.
Ça me ferait du bien. C'est juste pour étre un peu au calme.
Voir venir et travailler un peu la...
Mon idée. Ma nouvelle idée.
- Ta nouvelle idée de quoi?
- Mon idée pour devenir riche.
Enfin, trés riche.
Enfin, immensément riche.
- Commence par débarrasser ton assiette. - Oui, c'est prévu.
- Et donc ? - Au dispensaire, j'ai lu un article
comme quoi des milliardaires ont commencé dans leur garage.
Alors j'ai cherché une idée de business. Un truc auquel personne n'a pensé.
- Et donc? - Donc j'ai cherché.
J'ai cherché, j'ai cherché... Je cherchais...
J'ai cherché... - Et donc?
- Et donc, j'ai tellement cherché... - Et donc ?
- Jusqu'é ce que mon ex-pote insiste pour récupérer son garage.
Et ses loyers.
Oh! Oh!
Je veux un truc simple qui me rendra riche,
comme la roulette à découper la pizza.
Ou le Rubik's Cube.
Ou les séries américaines. Des trucs comme ça.
- Ça fait trois ans que tu es parti.
Pourquoi tu répondais pas quand je t'appelais ?
- Je ne voulais paste déranger.
- C'est génial qu'on se soit retrouvés. C'est génial.
- Mais bien sûr!
- Sauf que maintenant, on est seuls au monde.
- Je pense que papa et maman nous regardent.
- Papa et maman...
- Papa ! Papa ! C'est quoi, ton numéro de carte bleue ?
Je viens de sélectionner le meilleur site, Genius Trader.
Oh, un truc !
D'aprés leurs experts, le top, c'est les énergies renouvelables.
Tenez-vous bien, 17 % de rendement. Mais il faut placer avant minuit
5000 euros sur une société de panneaux photovoltaiques en Tchétchénie.
JustWind, ça s'appelle.
Ça vaut le coup de casser ton livret A. C'est défiscalisé.
- On paie déjà pas d'impôts, nous.
- Tu es sûr de ton coup ?
- Je suis plus que sûr, maman. C'est une affaire en or !
T'entends, y a des alertes partout !
Allez, papa, donne-moi ton numéro de carte bleue.
- 84... - Attends.
- 8422. - Quoi?
- 8422. - 8422?
Et le crypto ? Le cryptogramme ?
- Le crypto?
J'en sais rien, moi. - J'en ai besoin.
- Peut-étre mais comment veux-tu que je m'en souvienne ?
M'emmerde pas, je regarde la télé ! - Juste le crypto.
- Tu fais chier! - Je te demande juste une chose.
- Et alors ? On regarde notre émission.
- Tu la regardes tout le temps ! - Merde, dis donc !
- Quoi ? Je te demande 4 numéros.
- C'est épouvantable. - Eh ben, garde-le !
- Calme-toi. - J'ai besoin de personne, moi.
Garde-le, ton argent ! La porte claque.
- Tu crois qu'ils nous voient
sans leurs lunettes de vue ? - J'en suis persuade'.
- Je t'explique comment ça marche ici.
A Emmaüs. Alors, les gens arrivent.
On veut pas savoir d'où ils viennent.
On veut pas savoir ce qu'ils ont fait. On connaTt le prénom.
Alors ils essaient des ateliers.
Tu vois, ici... les livres.
Là, y a des meubles.
Ici, on t'offre le gite, le couvert et un pécule.
C'est le principe de tous les Emmaiis. Accueillir ceux qui n'ont rien.
L'abbé Pierre a fondé le premier en 1954.
Depuis, il y en a 350 dans 37 pays.
- C'est une multinationale, ça doit rapporter des tunes.
- Non, c'est une association à but non lucratif.
- A but non lucratif ? Quelle horreur !
Je voulais inventer un truc tout con
auquel personne n'avait pensé, comme la machine à pain,
ou sur l'ordinateur, un moyen pour l'utilisateur
d'envoyer des vidéos, des photos, des fichiers.
Envoyer des messages. - Facebook, quoi.
- Voilé, un truc tout con comme ça.
J'étais un incubateur.
J'incubais... - On en parle aprés?
- OK. - Manu, je te présente mon frére.
Je t'en avais parlé. - Salut.
- Oui, je me souviens. Tu voulais réussir dans les affaires.
- Comme tout le monde.
- Tu t'en occupes ? - Oui.
- A tout à l'heure. - A tout à l'heure, ma sœur chérie.
- Tu sais faire des meubles ?
- Je sais en acheter, mais pas en faire, non.
- Tu sais que ta sœur a fait une dépression?
Aprés avoir perdu son boulot, sa maison,
sa voiture, sa libido, et du coup, son mari.
- Je sais, quelle galére. - J'avais réussi à avoir ton numéro.
Je t'ai appelé pour te parler d'elle. - Oui.
- Pour te dire qu'elle était ici. Tu t'en rappelles ?
- Oui, oui.
Vaguement. T'avais un peu la voix de Jacques Chirac.
J'ai cru que c'était une blague.
- Passe-moi la planche, là. Non, c'est un rabot.
La planche, là-bas.
D'où ça sort, ça ? - Thalasso.
- M. Pora.
Vous penserez... - Allé ?
- Vous penserez à votre carte bleue ?
- Oui, Yannick ? - Pour l'empreinte.
- Attends, je t'entends pas. - M. Pora !
- Quand ça ? - M. Pora!
- Si t'as pas un peignoir et des mules a 5O ans, t'as pas réussi ta vie.
Ll est sympa, Manu.
On a bien bossé, aujourd'hui.
- Ça me fait plaisir que tu dises ça.
C'est peut-étre un travail manuel qu'il te fallait.
- Un travail manuel...
T'as déjà vu un ébéniste ou un plombier dans le CAC 4O ?
T'as toujours pas compris, Monique.
Le but du jeu, c'est de faire bosser les autres.
A ton avis, pourquoi je me suis fait chier à trouver une idée?
- Je sais pas.
En 44 ans, t'as jamais bossé, alors ?
- Si. Quand t'es viré par ton pére aprés 20 ans d'années sabbatiques...
C'est pas facile.
J'ai commencé à bosser dans le gisement d'emplois des services à la personne.
Vous étes infatigable, Madeleine.
- Et lécher le dindon ? - Non, c'est 200.
- C'est beau.
C'est noble.
C'est beau de s'occuper des vieux. Dommage que...
Papa et maman, tu t'en es pas beaucoup occupé.
- J'avais trop la téte dans le dindon... Le guidon.
Je te sers ? - Non, merci.
T'as fait quoi d'autre de beau ?
- Aprés...
Qu'est-ce que j'ai fait ? J'ai travaillé dans les chemins defer.
Sonnerie d'annonce SNCF
*- Notre train va partir. Attention à la fermeture des portes.
*- Ladies and gentlemen, our train is about to leave.
Please mind the doors.
- Bonjour, excusez-moi de vous importuner pendant votre voyage.
N'ayez pas peur, je suis de votre bord.
J'ai fait une école de commerce, mais je n'ai pas trouvé d'emploi.
J'ai foi en notre systéme libéral et je sais que mon jour viendra.
En attendant ce jour, je vous demande de m'aider.
Vous étes pressés, vous voulez rentrer aprés une dure journée, c'est normal.
Je n'ai pas envie de tirer sur ce signal d'alarme...
Non, c'est pour ga, une petite piéce...
Ou méme une grosse. Pour rentrer à l'heure chez vous.
Pour rentrer à l'heure. Merci. Pour un futur collégue.
Votre argent sera bien utilise'. Mieux que vos impéts.
- Fonctionnaire...
C'est la sécurité de l'emploi.
C'est béte d'avoir laissé tomber.
- Fonctionnaire ? Moi ?
T'es pas folle?
Ces bons à rien qui plombent les comptes de la France...
Ces gagne-petit, ces suce-cailloux qui...
Qui s'accrochent à leurs acquis sociaux comme des tiques au cul d'un chien...
Moi, je veux pas le SMIC, Monique.
Moi, quitte à bosser...
Je veux étre dans le haut du panier de crabes.
Tu vois ?
Je veux qu'on me vouvoie.
Et puis, je veux... Je veux ma loge à Roland-Garros.
Je veux pas étre dans l'annuaire.
Moi, je veux étre dans le Who's Who.
Et sur liste rouge.
- Bon, moi, je vais dormir.
- Je t'envie...
Je t'envie de dormir les poings fermés,
sans te soucier d'améliorer ta condition.
Te contentant du minimum.
Moi, depuis trois ans, je ne dors pas, ma sœur chérie.
Je suis comme les grands fauves.
C'est la nuit que je chasse.
Les idées.
Et c'est au crépuscule que je la fignole,
ma grande idée,
ma belle idée.
- Allez, t'en meurs d'envie.
C'est quoi, ta grande et belle idée ?
- C'est de rendre les petites gens beaux.
Je... Tu veux que je t'explique?
Tout a commencé au boulot.
*- Attention au départ.
- Jacques ? Jacquot ?
Poutrain.
- Poutrain ?
- Poutrain !
- Poutrain !
Poutrain... C'est fou ce que t'as changé.
Je t'aurais pas reconnu.
- Au lycée, on me surnommait l'Américain parce que je pesais 130 kg.
- Waouh. - Un jour, j'en ai eu marre.
Mon sang, c'était de la créme pétissiére.
On aurait pu construire un immeuble avec les millefeuilles que j'ai avalés.
J'ai commencé par une sleeve. - Une?
- On t'enléve un bout d'estomac.
Ensuite, nouvelles dents, implants capillaires, lifting...
- Carrément ?
- J'étais avant-dernier de la classe.
- Oui, t'étais avant moi. - Oui.
Gréce à ma transformation, j'ai retrouvé facilement du travail.
J'ai commencé comme commercial. - Oui.
- Et maintenant...
Je suis PDG de la boite.
On est leader sur le marché de la pétisserie industrielle.
Et j'ai trouvé tout de suite une gonzesse au Lion's Club.
Le vrai réve, quoi. - Oui.
- Et toi, qu'est-ce que tu deviens?
- Moi, ça va, je bricole. En ce moment, je suis dans le...
Dans les travaux publics. Un gros...
Un gros chantier.
- Faut que j'y aille, Bobonne va jouer du clairon.
- Tu peux régler ? J'ai que des bitcoins.
- Pas de souci. Laisse, c'est pour moi.
Bon... Allez, salut.
- Salut.
- Combien je vous dois ? - 6 euros.
- Gardez la monnaie. - Merci.
- Poutrain...
Poutrain !
- Et aprés ?
- Aprés...
Oh!
Il a de la caillasse, le gros plein de soupe.
Sonnette
*- Allo ? - Oui, c'est Jacquot.
- Entrez, mon mari vous attend.
On allait se baigner, ça vous dit ?
- J'ai pas de maillot.
- Mon mari va vous en prêter un.
- Désolé pour le maillot, il date de mon ancien monde.
- Merci.
- Alors, suite parentale. - Oh !
Oh là là!
- Dressing zénithal. - Oh !
- Balnéo avec luminothérapie. - Oh !
- Jardin paysager. - Oh !
Jacques siffle d'admiration.
I feel... - Feel good.
Et lé, panic room à moulures. - Oh !
- Pour les opérations, je m'en suis sorti pour 2000 euros.
Tu sais pourquoi ?
C'est de la chirurgie esthétique super low cost.
En Bulgarie.
Les gens savent pas,
mais pour peanut, tu peux changer ta vie.
Ceux qui sont largués ou ont perdu les pédales devraient faire ça.
On en connait tous, des paumés.
Il suffirait de leur donner l'idée.
L'idée...
- T'as pas un stylo ?
Et c'est chez lui...
que j'ai trouvé ma fameuse idée.
La chirurgie esthétique super low cost.
Le systéme nous récompense toujours,
pourvu qu'on soit patients, ambitieux et travailleurs.
- Je connais des gens patients, ambitieux et travailleurs au chémage.
- Oui, mais ça...
- T'as la tirette,là. - Hein ?
- Là. - Là ? Oui.
- Tu crois que ça va marcher ? - Bien sùr.
J'ai des contacts à la clinique. J'ai mis le temps,
mais ça a porté ses fruits.
Ce qui compte maintenant, c'est l'individu.
Tu vois ? Faut qu'il se prenne en main.
Toi, papa et maman, vous avez jamais cru au capitalisme.
Mais c'est pas Karl Marx qui va t'aider a avoir un jacuzzi.
- Ah non.
J'y ai cru, à une société meilleure, basée sur le partage.
- C'est terminé, le temps des cerises. C'est le temps des noyaux.
T'as vu la crise ?
- Pa uvre papa.
- Oui, pauvre papa. Pauvre.
C'est bien ça le problème.
[Musique douce]
...
- Ben, t'y vas pas, lé?
- Où? - Hein?
- Où ça ? - Ben, au boulot!
- Ah oui.
Oui, oui. Excuse.
L'habitude.
Vous avez plein d'habits inouïs, ici.
- T'as vu ça ? - Ouais.
Je me suis servi, comme t'es un peu la PDG du truc.
- Y a pas de hiérarchie ici.
J'essaie de chapeauter un peu, bon an, mal an.
- Enfin, j'ai pas payé, quoi...
Allez !
J'ai héte de commencer cette journée.
[Musique douce]
...
Salut. - Salut.
- Je suis Jacques, le frére de ta chef.
Ça va? - Oui, ça va.
- Tu t'appelles comment? - Fréderic.
- Ça fait longtemps que t'es là ? - 2 ans et demi.
- Tu faisais quoi, avant? - J'étais militaire de carriére.
- Amiral ? - Non, capo-chef.
- C'est bien.
T'as un gros potentiel de séduction. Ça te dit de sortir de ta chrysalide ?
- Non, ça m'intéresse pas.
- Tu faisais quoi avant ? - J'étais dans l'aménagement extérieur.
- T'as un immense potentiel de séduction.
A condition de faire quelques petites retouches.
Si tu veux, on peut en parler. - OK.
- Tu m'appelles?
Salut. Excuse-moi.
- Oui, monsieur ?
- Jacques. Le frére de ta chef. Ça te dirait de changer de couleur ?
Excuse, je trouvais plus le chemin. T'as pu commencer sans moi?
Salut, ça bosse ? Je suis le frére de...
Qu'est-ce qui lui prend ? - C'est Gregory.
Allez, on bosse. - Oui.
On se prendrait pas un café avant ?
- T'as déjà une heure de retard. - Je sais, mais...
Pour bien bosser, faut se connaitre.
- OK... - C'est deux minutes.
Tu faisais quoi, avant ?
- Je tenais une agence de voyage.
Avec l'arrivée d'lnternet... - Ah ça...
Et avant ?
- Je tenais un vidéoclub.
Mais avec l'arrivée d'lnternet... - Eh oui.
Et avant ? - J'avais créé un Minitel rose.
Mais avec l'arrivée d'lnternet... - Ouais, là, c'est...
Et avant ? - J'étais dans...
la sidérurgie, en Lorraine.
Avec l'arrivée du plastique... - Oh là là.
- Je suis arrivé il y a 8 ans, j'ai plus bougé.
- C'est peut-étre ça, le problème. Faudrait que ça bouge, Manu.
Faut réformer tout ça.
Stop à l'immobilisme, quoi. Il faut...
ll faut sortir de ta zone de confort.
Hein ?
Tu comprends ?
Moi, je suis là pour ça.
Moi, j'ai un plan pour toi.
Si t'acceptes de me faire confiance.
- Ouais, ouais.
Ouais. - Ben, écoute, je te laisse ma carte.
On en parle quand tu veux. - "l Feel Good"?
- "l Feel Good", ouais.
C'est mon idée.
Jacques sifflote.
Manu m'a dit pour l'usine Renault, là.
Se faire virer pour étre remplacé par un robot...
Ça doit étre dur à vivre.
Mais c'était soit un robot, soit un Chinois. L'un dans l'autre...
C'est pas trop mon truc, la menuiserie.
Je préfére quand c'est plus physique.
Ça ne te dérange pas que je bosse avec toi?
Une maison à débarrasser, ça doit étre un décés.
Les héritiers doivent garder les trucs de valeur et laisser les merdes.
Je me trompe ?
C'est marrant, ça.
Tu me fais penser à moi, il y a un an.
J'étais comme toi. Je disais pas un mot.
Je me sentais...
encombré de mon corps.
C'est ça, encombré.
Un gros pata pouf.
On m'appelait l'Américain. "Hé, l'Américain !"
A l'époque, c'était un enfer de passer devant une terrasse.
De voir les petits bourgeois nous regarder d'un air narquois.
J'aurais préféré traverser un champ de mines.
Non, non ! Arrête ! Arrête !
C'est bon, c'est bon...
En une journée, tout a changé.
On m'a recollé les oreilles, quelques cheveux...
On m'a détartré les dents et j'ai commencé à bouger différemment.
A plus voir les gens comme une menace.
A réfléchir...
A parler... Ça ne tient pas à grand-chose.
C'est ga, qui est incroyable. Quand t'es beau,
tu te sens apaisé.
Quand t'es tranquille, tu te sens intelligent.
Comme les gens qui passent à la télé.
Les gens qui parlent... Qui parlent tout court.
Aïe ! Arrête ! Arrête !
Arrête ! Arrête !
Qu'est-ce quite prend ?
- Arrête de parler, s'il te plait.
Ça me perturbe.
J'arrive plus à penser à ce que je fais.
Ça me dépasse.
Ça me rend fou.
Faut que ça s'arrête.
- D'accord, je comprends.
- Non, tu comprends pas !
Tu me comprends pas !
Un clocher sonne.
- Tu vois, parce que je te ressens.
T'es comme un frére. Je te connais pas, mais si.
Comme un frére d'éme.
Un éme frére.
*- Jacques, tu es attendu é l'atelier menuiserie.
Jacques à l'atelier menuiserie.
Jacques la feignasse, tu es attendu à l'atelier menuiserie.
Jacques la feignasse, s'il te plaît, é l'atelier menuiserie.
- Enchanté, moi, c'est Jacques, le frére de Monique, ta chef.
- Elle m'a parlé de toi. Moi, c'est Vincent.
- Enchanté, Vincent. Enchanté.
Un esprit sain dans un corps... moyen.
Tu n'aurais pas un bouquin sur un businessman, genre...
Je sais pas, un biopic Bill Gates ?
- C'est pas notre clientéle, mais je dois avoir ça.
- Excusez-moi, pour le remboursement, comment on procéde ?
- Pour ça, il faut demander à l'auteur.
Le Clézio, avec une enveloppe timbrée et un RIB.
- J'ai ga, regarde.
Jean-Marie Messier : J3M, Maitre du Monde pour Mille ans.
- Pourquoi pas, oui.
"Ne jouez pas les héros..." J'ai bon.
"Prenez le temps de réfléchir." J'ai bon.
"Traitez les autres avec respect." J'ai bon.
Bon... Perte de temps, la lecture.
L'inspiration vient dans l'action.
Proust disait : "Mieux vaut un petit cul qui marche qu'un gros qui lit."
- Proust a jamais écrit ça.
- Oui, mais il aurait pu. Dans la vie.
En tant que pédé, je veux dire.
Non, mais il aurait eu raison.
Maintenant, l'apparence a plus d'importance que la performance.
Si.
BHL, on se souviendra de quoi ? De son œuvre ou de sa chemise ?
- La chemise. - Voilà, CQFD. Le physique, mon pote.
Si... Comme toi.
T'as... - Ah bon ?
- Ah ouais.
- Excuse-moi, le RIB dans l'enveloppe, je l'envoie oû?
- T'as vu mon frére ? - ll est encore en cabine.
- Ça va, à la menuiserie ?
- Oui.
Mais j'avais oublié, je suis allergique à la sciure.
Je ne suis pas sûr de continuer, hélas.
- Essaie tous les ateliers et tu vois. - Oui.
- Je t'ai fait des bouchées à la reine. T'aimes ça?
- Ce soir, tu fais rien.
Ce soir, je t'emméne... au restaurant.
- Mazette !
Oil je l'ai mise?
- On dirait la voiture qu'on avait quand on était petits.
- Ah, c'est ma voiture.
C'est la Simca 1100 de quand on était petits.
- Non ? - 520000 km.
Je l'ai récupérée.
- La voiture du fond du jardin ? - Ouais.
Retapée, requinquée par les copains de l'atelier.
Tu la reconnais pas ? - Si.
Bien sûr, avec le volant sport en option.
Et les housses de protection en plastique
pour protéger les fauteuils.
Qui sont encore neufs.
Oh!
- Attends, touche pas à ça. - Quoi ?
- C'est papa.
- Papa? - C'est sa seule et derniére volonté.
Cette voiture, c'était tout pour lui.
Maman est dans le vide-poches.
- Maman ?
[Vrombissement]
Allez, ça avance,là ? [Klaxon]
Pourquoi tu pleures?
- Pourquoi t'es pas venu é l'enterrement ?
- Ils m'ont foutu à la porte, Monique.
En pleine crise de la quarantaine.
- Ils en ont été malades.
- Bah, moi, ça m'a permis de me remettre en question.
De leur montrer de quoi je suis capable.
Allo ?
*- Je vous écoute. - Je vais prendre un menu Big Boss.
*- Oui. - Et un Big Five.
C'est 5 viandes, 5 fromages ?
*- C'est ça. - C'est quoi, exactement?
*- Poulet, bœuf, porc, veau, canard pour les viandes.
Reblochon, gouda, coulommiers, brie et roquefort en fromage.
- Trés bien. Et toi, tu veux quoi ?
- Quelque chose de léger.
- Un seau de wings, 2 potatoes originales et 2 Big Cola.
*- Oui, OK. Je vous laisse avancer pour l'encaissement.
- Oui.
Crois-moi, ma sœur chérie, on a tous un réve. Tous.
C'est quoi, ton réve ?
- Je sais pas...
Une grande girafe qui essaie d'attraper le pompon
dans une auto-tamponneuse.
- Ah oui. C'est pas banal.
- C'est mon réve de cette nuit.
- Ah oui, non. Mais je te...
Je te parle d'un vrai réve.
Je parle d'un vrai réve. Je voudrais que t'aies...
une voiture avec des vitres électriques. Je sais pas...
Une paire de chaussures par jour. 7 paires.
En attendant d'en avoir 365 paires.
C'est ça que je te dis.
Que t'arrêtes d'utiliser des coupons de réduction ou d'acheter...
- Je sais pas, j'ai jamais eu envie d'avoir plein de choses.
- Oui, ça, évidemment...
A ton avis, pourquoi les Russes boivent de l'alcool à 90 ?
Parce qu'ils savent pas que le champagne existe.
- Tu crois que c'est en devenant belle qu'on peut avoir tout ça ?
Moi, je veux bien changer ma téte pour te faire plaisir.
- Oui.
Pour me faire plaisir ? - Oui.
- Mais t'as rien compris, Monique.
Mais c'est pas pour me faire plaisir ! C'est pour te faire plaisir.
Avec une nouvelle téte, c'est une nouvelle vie.
Changer de téte, c'est changer de vie.
C'est avoir un nouveau boulot...
Un nouveau boyfriend, tu pourras faire un crédit.
- 20,90 euros.
- C'est une nouvelle Monique !
Tu comprends ou pas ?
- Oui, je comprends. - Ben alors ? Vous avez un stylo?
Faut redessiner un peu les pommettes.
Voilà, ici... Comme ça.
Ce qu'il faut, c'est enlever les poches sous les yeux.
La petite fossette ici.
La bouche, c'est intéressant de la refaire un peu.
Et puis le nez, il faut le remonter.
Tu vois, faut faire un petit nez.
En direction... Par là.
- C'est possible, ça ? - Bien sûr.
- Euh... Je peux quand méme respirer ?
- Mieux qu'avant.
L'idée, c'est de retrouver la confiance.
Franchement, vous pouvez pas refuser.
- Qui, vous?
- Bah, toi et eux.
- Qui, eux?
- Bah, tes copains !
Enfin, ceux qui vont accepter.
Qu'est-ce que t'en dis ?
T'es d'accord ? J'ai besoin de toi, Monique.
Allez.
- Un petit nez !
C'est génial.
C'est génial. - T'as vu ?
- Un petit nez ! - Mais oui.
Hein ?
- C'est génial. - Ben, allez !
Allez... - T'es un chef, mon frére.
- Allez, on mange.
- Un petit nez.
- Monique...
La France est un grand pays.
Il n'y a pas de grand pays sans grand peuple.
Il n'y a pas de grand peuple sans grands travailleurs.
Et il n'y a pas de grands travailleurs sans grands patrons.
Et aujourd'hui, je fais partie de ceux-là.
Tu es la premiére à qui j'en fais part.
I Feel Good, ma société, est née ce soir.
Merde. Un bout de canard est tombé dans le vide-poches.
- Oh, bah, bravo, dans maman !
- Qu'est-ce que tu fais? - Je m'entraine aux petits trous de nez.
Hé, Jacques.
- Ah oui!
Oui, tu es prête.
- Classe, non ? - Oui. Tu le tiens.
T'es prête, là.
- Hein ?
- C'est la Fashion Week.
Salut, Manu. - Salut.
- Ça va? - Oui, ça va.
- Tu penses à ce que je t'ai dit?
- A quoi ? - Tu sais, pour ton avenir...
Je lui ai parlé de ce que tu sais.
- Ouais, j'arrête pas d'y penser. C'est pour ça que je dors pas...
. Qui, oui, ça...
Ça mouline. - Oui.
Depuis tout à l'heure, ça...
- Oui, c'est normal. Ça agit, alors ça...
- Moi aussi. Moi aussi.
- Ouais, ça monte. - Oui.
- T'y penses.
- Puis ça revient... - Exactement. Ça...
Oui. Faut que je dorme. Demain, ça va étre compliqué.
J'ai un millefeuille administratif.
Faut pas que ça me...
- Ouais, ça me le fait encore. - T'inquiéte pas !
Ça mouline, ça mouline et des fois, ça sur-mouline.
Hurlement
[Musique douce]
- Là, c'est bien, là. Arrête-toi.
- Tu fais chier, c'est la derniére fois.
C'est hyper loin, ton truc. T'as vu le détour ?
- Tu conduis le train, t'es pas à la mine !
Salut, Lionel !
*- Sur votre droite, l'une des plus belles villas de la ville.
- Excusez-moi.
Je veux bien patienter, mais je suis chef d'entreprise.
Ça fait 10 minutes quej'attends.
- Je termine, là. - Ouais.
Si c'est pour fabriquer une bombe atomique artisanale, ça peut attendre.
- Je fais mon CV.
- Chémeur, en plus.
Auto-entrepreneur, je suis inscrit. Carte de visite...
- Je peux vous aider ? - Non.
Si ça vous embéte pas, je vais le faire.
C'est une entreprise de chirurgie esthétique low cost en Bulgarie.
J'ai pas envie de me la faire piquer.
Merde, je l'ai dit.
Je l'ai dit, là, non ?
Bon...
Allez, 100.
C'est parti.
Mais c'est beaucoup trop, là !
Mais j'ai tapé 100 !
- Oui, c'était marqué. C'est par boite de 100.
Vous avez tapé 100 boûtes de 100.
100 X 100, ça fait 10'000.
Vous avez 10000 cartes.
- Je fais quoi avec 10000 cartes? - C'est pas mon probléme.
Heureusement, le tarif est dégressif.
- Fait chier, j'ai bouffé tout mon capital.
Faut que je léve des fonds, que je l'eve des fonds...
On toque.
- Bonjour, monsieur.
Vous avez un problème ?
- De quoi je me méle ?
- Apparemment, on vous a volà les roues.
- Non, je les ai vendues sur eBay la semaine derniére.
- Ah bon. Au revoir.
Jacques marmonne.
- Je peux revendre ga 100 euros sur Internet
pour les fonds de roulement.
- Ça va, Clic-Clac ?
Hé, dis...
Un gars voulait te piquer tes cardans, je lui ai mis une péche.
Heureusement que j'étais là, sinon...
- Tiens. - Merci, c'est sympa.
- Sans te commander, Tarzan...
- Et puis, tu sais...
C'est pas tout. L'autre soir, j'arrive...
Y en avait un qui démontait ton pare-brise.
Si j'avais pas été là... - J'ai plus rien.
- Et un autre piquait tes feux de détresse.
Celui-là, il est pas repassé. - J'ai rien.
- Une petite piéce?
Pour toi, c'est rien.
[Musique douce]
- Salut, l'abbé !
Ça se passe bien, vos vacances, là-haut ?
- Le nouveau ! Tu mangeras aprés. Viens m'aider.
- Au temps pour moi, Jean-François.
T'as raison.
Comme dit Donald... Pas le canard, Trump :
"Y a pas de petit profit. Y a que des petits cons."
J'en sais quelque chose, je suis patron.
- T'es en quoi ? SARL ?
- Auto-entrepreneur.
- Moi aussi, j'ai été patron.
- De quoi ?
- De bar.
- Et ça s'est mal passé ?
- Trop de charges.
En cuisine...
T'as beau payer des Sri-Lankais au black,
t'as beau faire des plats surgelés que tu réchauffes,
t'as beau avoir une double comptabilité,
t'as beau plus prendre la carte bleue,
couper l'alcool avec de l'eau...
Faire des tartares avec ce qui reste dans les assiettes... Tu t'en sors pas.
- On n'est pas aidés, en France.
- On n'aime pas les gens qui réussissent. Point barre.
- Clairement.
Mais tu sais quoi, Jean-François ?
Tout ce qui nous tue pas nous rend pas morts.
- C'est pas béte, ça.
- Tiens, je te laisse ma carte. - Ouais.
- Si tu veux changer de vie.
- Vous lisez dans les gants ? - Oui.
Vous avez eu de graves problèmes de santé, non?
- Non.
- J'en étais sûr.
En revanche, vous avez perdu votre travail.
A un moment.
- Oui, c'est vrai.
- Vous l'aimiez, votre travail.
- Je l'aimais.
J'aurais tout donné pour ce boulot.
- Oui, vous étiez...
Laissez-moi deviner... Vous étiez...
- J'étais comptable. - Exactement.
Exactement.
- J'ai été licenciée.
Pour faute grave.
J'ai été lanceuse d'alerte.
- Mais tu...
- J'ai découvert que mon entreprise avait un compte en banque.
- En Suisse ?
- Non. En banque.
Et aprés, j'ai envoyé les numéros de compte à la presse.
Et aprés, rien. Aucun article.
- Oui, ils sont de méche.
A Davos, ils bouffent tous à la méme raclette.
Béa, excusez-moi de vous le redire, mais votre place n'est pas ici.
- Mais moi, je suis bien, là.
- Oui, mais...
Quand vous étiez petite, vous aviez bien un réve ?
- Oui.
Je voulais étre comptable.
- Ou...
- Ou...
- Actrice.
Non ?
- Comment vous le savez ?
- Je l'ai senti trés fort.
Vous savez qu'il n'est pas trop tard?
- C'est vrai ? - Ben, ouais.
Vous avez quel ége? - 45.
- C'est parfait.
Yop!
Salut, sceurette.
- Alors, la cuisine avec Jean-François ?
- Super, super.
Ah oui.
C'est fou, Monique.
Je me suis jamais senti comme ça. Jamais.
Je parle à tout le monde, je m'intéresse aux autres.
J'ai l'impression que je change.
Je sais pas si c'est l'effet abbé Pierre, mais...
C'est comme si j'avais regu quelque chose.
- Ça a failli étre un coup de pied au cul.
Quand t'es arrivé, tu faisais pas l'unanimité.
J'ai dû parler de toi à tout le monde.
Lé...
"Nous avons autant besoin de raisons de vivre
"que de quoi vivre."
- Oui. - C'est porte-bonheur.
- C'est lui qui a dit ça ? - L'abbé l'a dit.
Si on pouvait tous étre à son image...
- C'est bien dans mon intention.
Rendre la vue aux aveugles,
changer l'eau en Chéteau Pétrus, multiplier les pains Poiléne.
- T'as vu Béatrice aussi ?
- Oui, oui.
- Elle a dû dire oui pour ton business, non?
- Notre business, Monique. Ouais, notre business.
Oui, elle réfléchit, mais elle devrait accepter.
- Ah bon ?
Elle va dire oui, finquiéte pas.
- Jespére, parce que j'ai pas assez de clients.
- Mais fais gaffe à qui tu demandes.
- Oui. - Y en a qui sont fragiles.
- T'inquiéte. - Demande-moi qui avant.
- T'inquiéte !
- Je voudrais remercier les gens de l'image,
les gens de l'éclairage
et les gens du micro.
Et je voudrais dire que sans les intermittents du spectacle,
les films seraient moins chers,
mais sans doute moins bien.
Car, comme le dit si bien Jean-Luc Godard,
"le cinéma, c'est le seul endroit en ville
"Ou on peut dormir au chaud."
[Musique douce]
- Salut.
Ça va?
Ça te dirait de changer de vie ?
T'es trop direct, aussi...
Faut que je fasse gaffe.
VERRE
Bris de verre
Salut.
- Salut.
- Je suis le frére de ta chef, Monique.
Ça va?
Je vois qu'on a des goûts en commun.
Et t'es chargée de quel poste ?
- Ben, je bidouille. Je fais des trucs... Je peins.
Par exemple, la fresque à l'entrée, j'ai aidé.
- Génial.
*- Ceux qui ont pris tout le plat dans leur assiette,
laissant les assiettes cles autres vides,
et qui, ayant tout,
disent avec une bonne figure, une bonne conscience :
"Nous... Nous qui avons tout, on est pour la paix."
Je sais que je dois leur crier, é ceux-là :
"Les premiers violents, Ies provocateurs de toute violence,
uclest VOUS."
- Oh ouais...
ll était vénére, le papé.
- Ouais, c'est vrai que dans son genre, c'était un punk.
Je fabrique un tableau vidéo qu'on va mettre à Pentrée pour le public.
- C'est super !
La recherche de l'art en toute chose, c'est magnifique.
- Ouais.
- T'as raison, y a pas que les nichons. C'est sûr.
- Hein ?
- Méme si t'as pas de poitrine, on s'en fout.
- Je t'ai jamais parlé de ça.
- Non, tu l'as pas dit verbalement, mais j'ai cru décrypter tes non-dits.
Et t'as raison.
C'est vrai que la beauté, c'est les gros nichons.
Au départ. C'est vrai.
Michel-Ange et les autres n'ont pas choisi des planches à pain.
Moi, comme tous les gars du monde, on sortirait pas avec une fille plate.
C'est... Ce genre de choses...
- Souffle.
[Musique douce]
- Tu plantes quoi, toi ?
- Lé, c'est des choux, des choux rouges...
- Jacques !
- Hein ?
On en reparle?
- Pas de souci.
'Oui?
- Tu faisais quoi avec Corinne é l'atelier ?
- Elle hésite encore un peu, mais...
- Je t'avais dit de m'en parler avant.
Corinne est hyper sensible. On peut pas...
- J'allais t'en parler.
- Jacques.
J'adore ton idée.
- Ben, alors ?
- Mais je peux paste laisser continuer.
- Pourquoi?
- En fait...
Je suis inquiéte pour mes copains. Ça peut pas marcher.
- Mais pourquoi ? C'est du velours.
- Oh, j'adore le velours !
- C'est la chance de ma vie. Je touche du bois, mais...
- J'adore le bois. - Eh ben, alors ?
- Jacques.
Jusque-là, on a réussi à vivre ensemble sans que l'argent nous pourrisse.
C'est beau.
Alors géche pas tout.
- Mais...
Monique.
L'argent ne pourrit pas forcément tout.
Faut arrêter avec ça.
L'argent, c'est aussi la liberté.
C'est la liberté de...
de consommer...
La liberté de voyager,
de rien foutre et méme d'en donner.
- Ah, évidemment !
Moi, si j'en aurais, j'en donnerais...
J'en donnerais aux autres. A toi...
Atout le monde. Evidemment.
- Voilà, oui. C'est bien ça le problème.
C'est pour ça que nous, les winners, on se garde le gateau.
Parce que les losers s'offriraient les miettes
et à la fin, y aurait plus de gateau.
Comme vous étes 7 milliards...
- Jacques. - Hein ?
- Je te demande, s'il te plait, d'arrêter.
Ou c'est moi qui vais tout arrêter.
T'es pas bien dans ta téte, Jacques.
Je vais étre obligée de l'expliquer aux autres.
Ça se peut pas d'étre comme tu es.
- Cest-é-dire ?
- Je voulais t'en parler, mais t'avais l'air si heureux !
Mais t'es malade, Jacques.
Je sais pas ce que t'as, mais ça va pas.
Faut faire quelque chose.
[Musique douce]
Air mélancolique
Air entrainant
Ça va aller.
- On va où ? - Chez le docteur Berger.
Tu peux lui faire confiance,
c'était notre pédiatre quand on était petits.
- Ah bon ?
- Je suis sûre qu'il va t'aider é mieux aller.
Voilà.
Un bébé gazouille.
175731,
Monique rit toujours.
- Ah, Jacques !
Qu'est-ce qui t'amène?
Toujours super actif?
C'est ta Ri... Ritaline que tu veux?
- Pas besoin. Non. - C'est ça ?
Monique rit aux éclats.
Mme Seguin.
- Ben alors ? - C'est bon.
Il est partant. Il veut bien se faire refaire les dents.
- Ah bon ? - Oui.
Il est OK pour les implants capillaires, mais il a des rendez-vous jusqu'en 2032.
Voilà... Non, sinon, il m'a parlé de toi.
- De moi? - Oui.
J'ai ton ordonnance, tu vois ?
T'es bipolaire, il m'a dit.
Moi, ça va trés bien.
Mais toi, c'est trés grave.
- Ah?
- T'as pas remarqué que tu ris, tu pleures, puis tu ris ?
Puis tu pleures, puis tu re-ris. Des fois, tu re-pleures?
Ça date de quand ? Tu te rappelles ?
- Grosso modo, si je calcule bien...
C'est depuis que t'es là, je crois.
- Ah?
Pas sûr...
De toute façon, il faut que tu prennes tes médicaments.
Tu me le promets ?
C'est important. Demande à la pharmacienne, Thepakote.
- Comment? - Thepakote.
- Thepakote ? - Oui, j'ai un truc à faire en ville...
Tarzan sifflote.
- Oh, Jacques. Putain, tu le croiras jamais.
- Quoi ? - Un enfoiré voulait dormir dedans.
- Et alors ? - Je l'ai viré direct.
Le mec insistait, insistait...
"J'ai sommeil..." J'ai dit : "Moi aussi,
"mais je dors pas dans la voiture de Clic-Clac."
Alors voilà. J'ai bien tenu et il est pas resté.
- Ouais.
- C'est sympa, merci.
Dis, pour le gardiennage de ta caisse, je pourrais
te faire un forfait à l'année.
- Rigole... Bientét, on se verra plus, Tarzan.
Ma société est sur les rails.
Elle est en marche.
Et j'ai commencé avec un peignoir et des mules.
- Un peignoir ?
- Oui, un peignoir et des mules.
C'est ce qu'ils diront en racontant mon histoire.
- Dis-moi le secret de ta réussite.
S'il te plait.
- Comme auto-entrepreneur, j'ai un business plan sur trois ans.
Année 1 : je cartonne avec mon premier coup.
Année 2 : je cartonne avec ma franchise I Feel Good.
Année 3 : je revends tout,
je fais la culbute et je cartonne dans l'immobilier.
Eh ouais, l'immobilier, c'est l'avenir.
Et le présent.
Et le passé.
Tu connais la Trump Tower ? - Non, j'y suis jamais allé.
- Ben, tu vois, là ?
Lé, je verrais bien ma tour.
Une grande tour en verre, ici.
La Pora Tower.
Exclamation impressionnée
Eh oui.
Pora Tower.
- Clic-Clac, fexagéres pas un peu ? - Rigole, oui.
Clic-Clac... Justement, regarde Airbnb.
Le gars, au début, c'était pour louer son matelas.
Aujourd'hui, il en a partout, des tours.
Percussions
ll est fort, le gars.
Trés, trés fort.
C'est fort, ça.
Méme ga, c'est fort !
Il est fort, lui...
- Thepakote.
Thepakote, Thepakote.
Thepakote !
Thepakote ! - Arrête, on dirait une poule.
Je t'ai doublé la dose pour que ça agisse.
- Thepakote !
*- Le propriétaire du fourgon rouge garé devant la déchetterie
est prié de le déplacer de toute urgence.
- Thepakote, Thepakote.
- J'ai réfléchi, c'est d'accord.
Je veux bien étre beau.
- Ben... ll était temps, mon ami.
Viens avec nous.
- Thepakote.
- Tu es sûr qu'aprés l'opération, je pourrai étre footballeur ?
A mon age ?
- Gregorinho.
Tous les footballeurs mentent sur leur age.
- Tous ? - Bien sûr.
Neymar, le Brésilien. ll a 40 ans.
- Ah bon ? - Oui.
- Messi est né la méme année que le pape.
- Ah bon ? - Bien sûr.
Tout le monde le sait en Argentine.
On s'en fout de Pége, c'est pas ça qui compte.
Le foot, on s'en fout. Avec ton nouveau look...
- Ah ? - Oui.
Avec ton look et tes tatouages, tu seras un aimant à sponsors.
- Ah bon? - "Ah bon"!
Et puis, ça va dérouler.
Le jet-ski, la blonde à la fourrure, la voiture de sport...
- Ah bon ?
- Je te créerai une société offshore pour pas trop payer d'impôts.
- Ah bon ? - Tu sais cracher ?
C'est important, les footballeurs crachent.
Vas-y, crache.
T'es doué. Viens.
On va s'entraîner.
- "Effets secondaires :
"diarrhée, anxiété, difficultés respiratoires,
"maux de téte, perte d'appétit,
"nausées, cauchemars,
"bourdonnements d'oreilles,
"bouche séche,
"caquétements."
Caquéte... Caquétements.
Caquétements... - Je te fais la passe.
- Thepakote.
Thepakote.
Thepakote !
Elle continue à caqueter.
- Ah!
*- Déjé, Corinne, je voulais te remercier
d'avoir changé d'avis. Bien !
Tout le monde est installé ? C'est bon ?
On va commencer par un tour de table pour se présenter.
Je te laisse commencer.
*- Monique.
*- Jean-François.
*- Corinne.
*- Mario.
*- Mario ? *- Oui, c'est un ami que j'ai convaincu.
*- Trés bien, bienvenue, Mario.
*- Vincent. *- Gregory.
*- Manu. *- Voilà.
Et bien sûr, Béatrice. Alors...
Pour améliorer la qualité de nos services,
sachez que cette réunion sera filmée par une future grande du 7e art.
Voilà.
Alors... Eh bien, voilà.
Alors, I Feel Good.
"I Feel Good". Qu'est-ce que c'est que ce nom étrange ?
Vous Pentendez depuis quelques jours.
I Feel Good, c'est pas que de la chirurgie esthétique.
Vous l'avez deviné par vous-mémes.
I Feel Good, c'est... C'est un blot.
Un blot complet qui inclut chirurgie esthétique,
culture, confiance en soi,
Oméga-3.
Alors, pour la culture, c'est...
C'est le temps d'un week-end en Bulgarie.
Circuit touristique, thématique...
De ma conception. Voilà.
* Je vais vous donner les dossiers médicaux.
Evidemment, tout ça est dans le secret du respect...
Dans le respect du secret médical.
Vous me les rendrez donc sous enveloppe
pour qu'il n'y ait que le professeur Ursus qui puisse les lire
é la clinique de l'Espoir en Bulgarie.
Je vous ai joint aussi un document...
commercial pour vous montrer que c'est une clinique sérieuse
qui a pignon sur Web.
Ben, voilà !
On se connait un peu plus, maintenant.
On s'est regardé un peu en chiens de faience,
mais les choses se mettent en route.
On s'est parlé de nos opérations.
Si vous avez des questions, je suis là pour ça.
Je suis votre manager.
Corinne, je t'en prie. - C'est qui, ce professeur Ursus?
ll a des bons antécédents ?
- Bien sûr qu'il a de bons antécédents.
A commencer par moi.
Demandez a': Monique, j'avais la téte d'un vieux fonctionnaire.
Avec des chicots et les oreilles décollées.
Oui...
Et surtout, je pesais 145 kg.
La preuve. Mon maillot de bain.
- La vache ! - Mon ancien maillot de bain.
* Oui. D'autres questions ?
*- Moi. *- Gregory.
*- Qu'est-ce qu'on mange pendant le voyage ?
*- Alors ça... Pourquoi tu mets ta main comme ça ?
*- C'est un truc de footballeur professionnel.
*- Oui, bien sûr. Oui.
Alors, c'est une trés bonne question.
Habituellement, les clients d'l Feel Good sont plus...
hauts en gamme que vous. Voilà.
Dans votre cas, vous le savez, j'ai du tirer les prix un maximum.
Un maximum.
C'est trés serré. Donc en gros,
il s'agit plus d'une formule test
qui inclut transport "zéro cost",
hétel belle étoile
et le maquereau en boTte pour les Oméga-3.
On va revenir à l'objet principal de cette réunion,
dest-é-dire les forfaits... Le paiement des 8 forfaits...
I Feel Good.
Nous avons une lipoplastie,
nous avons deux liposuccions,
une micro-greffe capillaire...
Nous avons deux liftings faciaux.
Nous avons une implantologie dentaire.
Une mammoplastie.
Une otoplastie.
Une vaginoplastie.
Euh... Une rhinoplastie...
Une pénoplastie.
Mario, je suppose, un débridage ?
- OK.
- Eton ajoute un détartrage. - D'accord.
- Mais Jacques, putain...
Il est ou, ton respect du secret médical ?
- J'ai pas dit les noms, Jean-François.
Alors, ça nous fait un total de 12'160 euros.
Vous payez en groupe ? Je divise par 8 ?
Si je divise par 8,
si je divise par 8, ça va nous faire...
un total de 1'520 euros. Bon, par personne, c'est pas non plus...
- C'est une somme, quand méme.
- Oui.
- C'est trop. Je paie pas pour ceux qui ont pris des trucs chers.
J'ai qu'une petite liposuccion.
- Pas de mesquinerie. Restons dans l'esprit des compagnons.
L'esprit de partage si cher à l'abbé, Grégory.
On passe à l'encaissement maintenant ?
Eton en parlera aprés. - ll nous faut un délai.
- OUAIS.
- Faut que ça cogite. Dans ce cas, je vous laisse deux jours.
D'accord ? - OK.
- Papa, maman...
Désolée, mais je dois vous changer de caveau.
M'en voulez pas.
Je sais pas où je vais, je sais pas ce que je fais,
mais je sais que j'ai une mission.
Vous y étes pas arrivés, mais moi, il faut que j'y arrive.
- Voilà. Je vous écoute.
*- Une lipoplastie, deux liposuccions,
une micro-greffe capillaire, deux liftings faciaux.
- Tout à fait. *- Un implant dentaire.
Une mammoplastie, une otoplastie, une vaginoplastie.
Deux rhinoplasties. Cris
Une pénoplastie, un débridage, un détartrage.
Paiement en liquide ?
- Tout à fait, j'ai réuni les fonds nécessaires.
Cris *- Je confirme au docteur Ursus.
Vous me laissez quelques minutes?
- Oui, le temps de voir avec la secrétaire de ma start-up
pour décaler le rendez-vous suivant.
Je patiente. Cri
A tout de suite. *- A tout de suite.
Cri de joie - Merde !
Je suis en conférence !
*- l\/l. Pora ?
- Oui ! Tout à fait.
[Musique douce]
- Ça va, Monique ?
- Oui, ça va.
- Jacques, je peux te demander quelque chose ?
Tu crois que ça va marcher ?
- Bien sûr que ça va marcher.
T'es en excellente condition physique.
Et puis, t'as le bagage technique.
Chez Emmaüs, tu sais monter et démonter tous les grille-pains.
Bah oui...
Non, ton plus gros problème,
c'est ton physique.
Ton allure générale.
- Oui, t'as raison. J'ai toujours été emmerdé avec ça.
Cette allure générale... Encore aujourd'hui.
C'est les filles qui m'ont démoli. - Ah oui.
- Elles parlent entre elles, elles te cassent.
Terrible. - Terrible.
C'est pareil, pour aller dans l'espace...
Faut avoir les cheveux blonds, les dents blanches,
les yeux bleus aussi.
C'est comme ça, Mario.
- Ouais.
- Cosmonaute, ça doit faire réver.
Ça doit bien présenter.
Mario ? - Oui ?
- Regarde là-haut.
Bientét, tu y seras.
- Merci, Jacques.
Merci.
T'es un bon gars, Jacques.
- Vin blanc, maquereau ? Maquereau au vin blanc ?
Vin blanc, maquereau ? Maquereau au vin blanc ?
Vin blanc, maquereau ?
- Un verre de blanc.
- C'est mieux dans un camion que dans un avion.
Regarde mes jambes, on est bien assis.
- C'est un avion pour ceux qui ont peur de l'avion.
- D'accord.
- Vin blanc, maquereau ? Maquereau au vin blanc ?
Il me reste du foie de morue en duty free.
Ouelqu'un urine.
[Musique douce]
L'ennemi, c'est qui ?
L'ennemi, c'est tous ces salauds qui se mettent sur votre chemin
pour vous empécher de réussir.
Pour vous empécher de vous enrichir.
Et l'ennemi, c'est aussi vous !
C'est vous !
Alors combattez votre stress, combattez votre gentillesse.
Combattez cette... cette...
Cette amabilité qui fait... Ça vous empéche...
Vous étes empéchés par ce que vous étes. Vous étes encombrés...
Combattez ! Il faut étre comme le roi de la jungle!
Le roi des animaux. Qui c'est ? ll est indomptable.
Il est insatiable.
Il est... C'est qui, le roi des animaux?
Qui c'est ? - Le lion.
- C'est le lion ! Voilà !
Ne bougez pas. Petite turbulence, ne bougez pas.
- Vous, arrivés. Arrivés.
- Ah. Mesdames et messieurs,
le débarquement se fera par le cul du camion.
Monique, tu me passes l'argent?
- Ah oui. - Dans mon sac.
240 euros pour un charter, c'est pas cher.
Profitez du "Pora tour". Prenez-en plein les mirettes.
Voici le palais de Ceausescu, le dernier palais des cocos.
- Mais c'est la Roumanie, ça !
Pour aller en Bulgarie, tu comptes y aller en charrette ?
- Vous inquiétez pas, chers clients, vous allez avoir un avant-goût
du réve américain. - Putain, une Logan limousine !
- Voilà, this Way.
Alors, je vous présente Misha, qui sera notre référent.
Misha, trouvé sur Internet, sélectionné par I Feel Good
pour son professionnalisme et son coût imbattable.
- Payer tout de suite. - Oui...
Monique, ton sac.
Dites, sur LeBonRom, vous parliez d'une limousine pour les mariages.
Sans vous vexer, on dirait une limousine pour les divorces.
- Moi amener limousine de Bucarest à Sofia.
Pour mariage. - Oui.
- Moi pas encore fini peinture. - Je vois ça.
- Pour ça, voyage pas cher.
Claquement - C'est quoi, ce bruit?
- C'est normal, à mon avis.
[Musique douce]
- Une limousine pour les divorces... Bonne idée.
Vous n'avez pas un stylo ?
Personne n'a un stylo ?
Vous avez perdu votre langue ?
Répondez-moi, qu'est-ce qu'il y a ?
- Ben on a le trac. - Le trac ?
Vous avez déjà vu un lion avoir le trac avant de sauter sur un gnou ?
Non, de la confiance.
Hein ? De la confiance !
[Musique douce]
- C'est quoi, ce truc ?
- C'est la clinique.
Oh, les tétes inopérables !
Mais non, c'est pas la clinique.
I Feel Good, c'est la santé,
et c'est surtout le tourisme culturel.
C'est là, la grande originalité du blot I Feel Good.
Ce truc-là, c'est le Buzludzha.
C'est la grande pyramide du communisme.
Le plus grand bétiment réalisé par un homme en son honneur.
This way...
On active un peu, qu'on soit pas en retard.
Terminé en 1981,
Buzludzha était destiné é étre La Mecque du communisme.
Visible de la Roumanie, de la Bulgarie et de la Gréce,
ce monument a nécessité l'emploi de 6000 travailleurs.
This way.
Nous allons passer à l'intérieur.
Alors, là...
N'essayez pas de lire, ça a été écrit un peu à l'envers.
On n'y comprend rien.
Je vous en prie, rentrez. Rentrez.
This way, installez-vous.
Alors, regardez... Ne ratez rien. Regardez bien au-dessus de vos tétes.
Rien que le logo de départ, en 1914.
Une faucille et un marteau, juste avant l'arrivée des moissonneuses-batteuses
et des machines-outils.
Ça commengait mal.
Lé, vous avez les fondations du communisme,
pavées de bonnes intentions,
avec ses trois prophétes barbus :
Marx, Engels et Lénine.
Résultat: 100 millions de morts
et un bilan rouge comme leur drapeau. - Non !
- Monique ! Monique!
Monique, qu'est-ce que j'ai dit ?
- En disant ga, t'as insulté papa.
- J'ai pas insulté papa.
On fait tous des erreurs. Moi, j'ai cru en Bernard Tapie.
- Sauf que lui, il y croyait vraiment.
T'étais trop petit, mais...
Tous les dimanches, on allait distribuer L'Humanité sur le marché.
Tous les dimanches !
C'est pas du sang qu'on avait sur les mains,
mais de l'encre et de la sueur. Et du bonheur!
Et de l'espoir qu'on donnait aux pauvres gens
qui étaient exploités par des fumiers de patrons.
Pauvre petit papa qui t'aimait tant.
Quand je t'entends parler de lui comme si c'était un assassin !
Ou penser qu'é devenir exploiteur.
Ton capitalisme, à la fin, c'est 7 milliards de morts !
7 milliards ! 7 milliards!
Sans compter les animaux qui seront morts avant.
- Attends, Monique... Non. Excuse-moi.
Pardon, excuse-moi.
Monique, pardon.
Excuse-moi. - Jacques, mon petit frére...
Tu vas te rendre compte par toi-méme ?
Tu vas dans le mur.
Tu seras jamais heureux comme ça. Jamais.
- Monique...
Vous devez... devenir beaux.
Je t'en supplie. Vous devez devenir beaux.
C'est important. J'ai besoin de toi.
J'ai besoin de toi, Monique.
J'ai besoin de toi. S'il te plait.
S'il te plait...
Il marmonne.
Comme je vous disais par Skype,
I Feel Good, c'est 100 % sûr.
- Oui. - De toute façon.
On pourrait concevoir un partenariat.
- Pourquoi pas ? - Parlons-en au docteur Ursus.
- Oui.
- En plus, j'ai un gros contingent à venir.
- Oui. - L'un dans l'autre...
Sonnerie de téléphone Excusez-moi.
Jean-François, je suis en plein deal.
Vous inquiétez pas. Monique est au bloc, aprés, c'est votre tour.
De quoi ? Pourquoi ?
Dis-moi, qu'est-ce...
Bon, j'arrive.
Excusez-moi, mes clients me réclament. - Allez-y.
- J'ai fait le tour, là. Belle affaire.
Ils ont méme racheté une IRM de la NASA.
Qu'est-ce qu'il y a ?
- Jacques, désolé, on voulait te dire un truc.
On n'a jamais vraiment eu envie d'étre les rois des animaux.
- Et?
- Ouais, Jacques...
Je m'en fous d'avoir une Tesla ou un riad à Marrakech.
J'adore mon chien, j'aime ma mobylette
et j'aime méme ma sale gueule de con.
- Je m'en fous d'étre actrice.
Je suis bien chez moi.
Avec ma culotte de cheval.
- Moi, je m'en fous d'étre gros.
Je vois pas mettre un anneau gastrique.
Mon estomac, c'est pas une andouillette.
Et le foot, j'aime plus ça.
Pourri par le fric !
- Franchement, comment t'as pu croire que je voulais étre miss Météo ?
Je m'en fous et avec le réchauffement, il va faire beau.
On n'en aura plus besoin.
- Tu sais, moi, devenir acteur porno...
Me faire greffer une bûche là, ça me rendra pas plus heureux.
- Moi je m'en fous d'étre cosmonaute.
Je vis déjà dans la lune et je suis dans les étoiles.
- Mais...
Vous vous foutez de ma gueule ?
Je comprends plus.
Je comprends rien. - Ben, en fait,
on a fait semblant d'avoir envie depuis le début.
- Oui, on voulait faire plaisir
é ta scxaur.
On voulait pas qu'elle replonge.
- Ben non.
- Parce que nous, on l'aime, Monique. - OUI.
- Et l'argent ?
- Il est à ta sœur. Elle a vendu la Simca 1100.
Et tout ce qu'elle avait de précieux.
- Ton truc, culture et chirurgie esthétique,
ça fait des lustres que ça existe.
Dans un Marie Claire de 2012, ils en parlaient déjà.
C'est pas trés original comme idée.
[Vrombissement]
- Changer la face du monde, tu parles !
Avec des losers pareils !
Ils n'ont qu'é se démerder pour rentrer.
Qu'est-ce que j'ai fait, putain?
Tout... Tout, j'ai tout fait !
Putain, tout !
J'étais à ça... A ça !
Putain!
Faut que je rebondisse.
Il marmonne.
Juste de quoi rebondir avec une nouvelle idée.
Une limousine pour les divorces.
Maman ?
Papa ?
Qu'est-ce que vous faites là ?
Vous y voilà. Au pays de vos réves.
[Musique douce]
Monique !
Pardon, Monique !
Pardon, ma sœur chérie. Je reviens.
Excuse-moi.
Je suis trop con !
Moi aussi, je t'aime.
Je suis trop con.
Klaxon
---
---
Il crie.
Merci.
Grand fracas
Bip continu
Un homme parle en bulgare.
---
- Dans l'avion, tu disais : "Qui est le roi des animaux ?"
Je t'ai dit : "Le lion.
"C'est toi, le lion ! Tu vas t'en sortir, t'es un lion !
- Tiens bon, Jacques. On est avec toi. - Jacques !
- Dr Ursus, vous parlez français ?
- Attendez ! Qu'est-ce qui se passe ? C'est quoi, ce cirque ?
Je suis russe !
- Oh, tant mieux !
Je vous explique.
Mon ami
a eu un accident.
Opérez-le au plus vite.
- Mademoiselle, "vite"... On n'est pas des bétes.
- Allez...
Je pense que l'argent de notre opération
est dans ses papiers.
Je vous les donne.
Faites-le opérer...
- Je vois qu'il a beaucoup de blessures au visage.
Il me faut sa photo comme modéle,
je vais essayer de reconstituer son visage.
- Je pense que sa photo est aussi dans ses papiers.
Je vais la chercher.
Allez, les gargons.
Soulevez, soulevez.
Jacques gémit.
La voilà.
- Alors...
Je ferai ce que je peux.
- Je vous remercie beaucoup.
- Ça se passe bien ? - Oui, et toi ?
- Ça va, je vais avoir un stagiaire. - Cool.
- Je suis content. ll va m'avancer pour le festival.
- Il va t'aider. - Oui, j'ai demandé à Monique.
- C'est bien. - Y a pas de problème.
- Nickel. - C'est bien passé.
Je suis trés content. Ça me permet... - Bonjour.
- Bonjour. - Bonjour.
- Vous étes d'Emmaüs? - Oui.
- Vous pourrez peut-étre m'aider. Je cherche Clic-Clac.
- Ça me dit rien. - Connais pas.
- Un copain à moi. - Non, désolée.
- Bonjour. - Bonjour.
- Je cherche un gars qui s'appelle Clic-Clac.
- Clic-Clac ? Je connais pas.
- Jacques, peut-étre?
- Jacques... Je sais pas é quel poste il est aujourd'hui,
mais demande au bureau, é Monique.
- Trés bien, merci.
Il frappe-
Bonjour, je cherche Monique.
- C'est moi. - Ah.
Je suis Tarzan, un bon pote a Jacques.
Je voulais faire le voyage avec vous il y a un an...
- Tu l'as échappé belle. T'as vu le résultat?
- Ça vous va bien. On dirait une actrice.
- Une actrice ? - Oui.
- Une actrice ? - Bah...
- Je te jure, ces mecs !
Tu lui veux quoi, à mon frére ? - J'ai assez de fric pour venir.
Je me demandais...
- Ah, tu te demandais ?
Arrête de te demander et demande-lui.
Il est en face, là.
A la comptabilité. Tu peux pas le louper.
- Merci, madame l'actrice.
"Pora Tower"...
L'abbé ?
- Non, c'est moi. Jacques.
- C'est... C'est dingue.
- Oui, c'est dingue.
Heureusement, ma sœur m'a pas refourgué la photo de Mére Teresa.
Qu'est-ce que tu veux ?
- J'ai repensé à ce que t'as dit... Je suis prét.
Je veux me faire refaire la gueule.
En Bulgarie. J'ai le pognon.
- Laisse tomber. - Quoi ?
Ah non ! Me fais pas ce coup-là.
S'il te plait, l'abbé.
- Non, l'abbé, y en a qu'un.
- Arrête, Jacques. C'est quand, le prochain voyage ?
- Y en a plus.
Y en a pas.
C'est fini, tout ça.
J'essayais de leur vendre de la beauté quand il y en avait plein.
En chacun d'eux.
Garde tes sous et rejoins-nous.
- C'est beau ce que tu dis.
- Oui.
J'ai changé, Tarzan, tu sais.
- mais ça...
- Non, mais dans la téte, aussi.
Je me révais en Bill Gates milliardaire,
je me retrouve en abbé Pierre comptable.
Résultat : c'est tout bénef.
Regards.
Ça, c'est le nouveau monde.
Tu vois, on récupére l'ancien,
on le retape,
on le transfigure...
- Finalement,
t'as réussi, mais pas comme prévu.
- Oui, on peut dire ça comme ça.
Tu sais, l'abbé disait : "L'important, c'est pas de réussir.
"L'important, c'est...
"C'est de pas louper l'apéro." Il a dû le dire.
Allez, viens !
[Musique douce]
- OK, c'est bon.
- Un, deux, trois, quatre.
[Musique entrainante]
- Alors, mon bon Tarzan. Qu'est-ce qu'elle devient, ma Volvo?
- Je l'ai vendue. Où tu crois que j'ai trouvé le pognon ?
- Je rne sens bien, je le savais Que j'aurais une bonne idée
Je le savais que ça viendrait
Comment j'ai fait?
Je suis malin, je m'impressionne
Au CAC 40, moi, je cartonne
Des rendez-vous en cacahuéte Comme au début de Mister Bill Gates
J'ai un projet fantastique
- Et maintenant... J'ai un stylo !
- I feel good
Tant pis pour l'art et la maniére I feel good
On n'est pas tous comme Pabbé Pierre I feel good
I feel good
I feel good
Mine de rien
J'ai galéré Y a pas moyen, je vais trouver
Je suis un vrai bon, je suis un danger
Je suis un bonhomme, je suis pas personne
Rien à graiter, je vais me fécher
Lever des fonds, méme sans pitié
Dans mon royaume, je suis sur mon tréne
Dans mon cosmos, dest moi le boss Mon univers est de travers
A l'envers
Dans ma life, j'ai pas de doute
Mes compagnons de banqueroute
Qui m'aime me suive sur ma route
J'ai un projet fantastique
I feel good
Un plan business supersonique
I feel good
Tant pis pour l'art et la maniére
I feel good
On n'est pas tous comme l'abbé Pierre
I feel good
I feel good
I feel good
On n'est pas mal, là Ah ouais ? On est bien, là, non ?
Ah ouais On n'est pas mal, non ?
Ah ouais ! On n'est pas mal On n'est pas mal
On n'est pas mal
On est bien, la':
On est bien
On n'est pas mal, là
On est bien, la':
On n'est pas mal, là
J'ai un projet fantastique
I feel good
Un plan business supersonique
I feel good
Tant pis pour l'art et la maniére
I feel good On n'est pas tous comme l'abbé Pierre
I feel good
I feel, lfeel, I feel good
- Je vous présente Tarzan, un copain de l'ancien monde.
- A TARZAN !
(Monique) - Voilà, mission accomplie.
[Musique entrainante]
...
C'est malin, maintenant, elle est froide.
Sous-titrage TITRAFILM
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