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Musique dramatique
Musique entraînante
-Dis, vieux. Je m'absente 1 h ou 2.
Je montre la voiture. y suis jusqu'à 15 h.
-Si vos affaires vous mènent vers la banque,
oubliez pas le petit personnel.
3 semaines que je suis pas payé !
Musique joyeuse
-Ah, Éric !
Elle est belle, celle-là. C'est au moins une 6 cylindres !
-Un peu mieux.
-C'est épatant !
-Tout est automatique.
Si t'as chaud, tu ouvres la fenêtre avec ce bouton.
Si t'as froid, tu mets le chauffage avec la tirette.
Si t'as ni chaud ni froid, tu mets "Medium".
- Et si je veux qu'on m'embrasse ? - Tu me demandes.
Tout à l'heure, si tu permets. On a d'abord à causer.
Primo : le casse-graine.
- On fait pas le menu maintenant ? - Y a plus de menu.
-Si on va à Montfort et qu'on déjeune pas…
- Ca aussi, c'est remis. - Oh non…
-Ça me prive autant que toi. ai un déjeuner d'affaires.
Les affaires, ça compte !
-Te fâche pas. Ce que tu es irritable !
-Je m'irrite pas. Je t'expose mes problèmes.
Comment va le moral ? - Moi, tant que je suis avec toi…
-Pas toi ! Je parle du moral de ton branque de mari !
-C'est pas facile à savoir. Il était déjà pas causant avant.
Il ouvre plus la bouche que pour manger.
Ai pas une vie heureuse.
-Je t'en propose une autre. Mais j'ai besoin d'être fixé.
-Moi aussi.
Je me demande parfois si c'est pas un rêve, si c'est possible.
-Quand j'ai décidé une chose, elle se fait.
"Impossible" est un mot que je connais pas.
- Toi, t'en es un… - Voilà !
-Autant dire que M. Eric, avec ses costards tissés à Roubaix,
ses boutons de manchettes en simili et ses pompes de Grenoble,
c'est qu'un demi-sel.
Et je parle que de la présentation.
En psychanalyse, je dirais que c'est le roi des cons.
Et encore. Les rois sont à l'heure. en ai connu, maître, des rois.
Et pas des petits.
Des Hanovre, des Hohenzollern.
Que des michetons garantis "croisades".
Ai pas toujours tenu un clandé.
La rue du Chalabet… 60 chambres !
Ils ont tout filé aux Petites Sœurs des Pauvres.
Votre ami Eric, ses airs, qu'il se les cloque dans le baba.
-Pourquoi dites-vous "mon ami", en parlant d'Eric ?
Je lui prête de l'argent. Le vôtre, d'ailleurs. À 20 %.
C'est juste un client. - Vous pourriez les choisir mieux.
-Le dicton veut qu'on ne prête qu'aux riches.
Mais on ne leur prête pas à 20 %.
Je ne demande qu'à placer votre argent dans la famille Rothschild…
-Entre un baron et un traîne patins comme Eric, y aune marge.
Et je trouve baroque de vous prêter à 8 % du pognon qui travaille à 20.
-Les 12 % de différence sont le prix de ma garantie.
Avec moi, vous êtes sûr de revoir votre argent.
L'honnêteté, ça se paye.
C'est probablement votre argent qui arrive.
-C'est M. Éric.
-Messieurs, bonjour !
-On parlait de toi. On s'inquiétait.
-Fallait pas.
J'ai dit : "Je viendrai."
Je suis là.
-L'important n'est pas que vous soyez là, mais que vous y soyez
avec l'argent.
- Ca, c'est autre chose… - Ca veut dire quoi ?
- Charles, ne vous énervez pas. - Pourquoi je m'énerverais ?
Je peux le claquer sans m'énerver.
- Tu reçois gentiment. Agréable… - Pour affaires !
Je donne pas des matinées enfantines !
J'aimerais qu'on cause en adultes.
Il y a 1 an, tu ouvres une succursale de General Motors.
Je t'ai prêté 500 tickets. Je voudrais les revoir.
Tu les as ou pas ?
-Et si j'avais beaucoup mieux que ça ?
500 tickets… Et si je vous amenais la fortune ?
L'affaire, comme on en rencontre une dans sa vie ?
-"Après enquête, la brigade Financière a mis un terme
"aux exploits d'une bande de faux-monnayeurs."
"Miguel Mandarès, leur chef, est sous les verrous."
"Après examen du matériel,"
"il apparaît qu'ils allaient falsifier une monnaie européenne"
"sur une échelle de plusieurs centaines de millions."
Et mon pognon, là-dedans ?
-J'avoue ne pas saisir.
-J'explique.
Il allait mettre sur le marché plus de 500 millions de livres sterling.
-Livres sterling ?
Belle monnaie. Stabilité admirable. - Y a pas mieux.
Mais à travail d'élite, ouvriers d'élite.
Il avait engagé un graveur comme y en a pas 2. Un cador !
-Je dis pas qu'il est au trou par erreur. il y est, c'est tout !
-Mandarès, oui.
Mais pas le graveur. Et lui, il est à ma pogne ! Aux ordres !
C'est-y de la conversation d'adultes, ça ?
-Tu l'as connu comment ?
-À vrai dire, je ne le connais pas encore.
-Je me disais aussi…
-Mais j'ai sa souris en main !
Ça fait 6 Mois que je suis sur le coup.
Quand une femme a dormi là, elle s'en rappelle.
-Oui…
-Je l'ai amenée avec moi. Elle est au salon.
Et surtout, pas d'impair. Du tact. Je l'ai pas levée n'importe où.
-Tu vas plus au Balajo ?
-Si, et alors ? C'est pas la salle Wagram.
-Chère madame, je suis confus.
Éric vient de me prévenir. Le temps ne vous a pas paru trop long ?
Charles Lepicard.
-Solange Mideau. J'adore la peinture.
J'admirais vos œuvres d'art.
-C'est une œuvrette, même un peu…
Polissonne. Je m'en excuse.
-Avec les artistes, c'est souvent le cas. Seul le talent compte.
- Vous déjeunez ? - J'oserais pas être impolie.
-Les amies d'Eric sont nos amies.
Passez au bar et excusez-moi. J'ai quelques ordres à donner.
Georgette !
Rajoutez un couvert. Dites à Madame qu'on passe à table.
Allez, fissa ! - Oui, tout de suite.
Monsieur dit qu'il y a une invitée.
- Une invitée ? - Elle est venue avec M. Eric.
Sa femme, peut-être. - C'est ça… Hé !
Dire qu'il suffit de mettre un gigot au feu
pour voir s'amener les emmerdeurs.
-Eric nous a exposé les grandes lignes
d'une affaire à laquelle votre mari pourrait apporter son concours,
et que nous pourrions, nous, commanditer.
-Tu peux y aller. Je les ai Mis au courant.
-Il vaut mieux faire cette affaire avec nous que ne pas la faire.
-Oui, mais c'est pas moi qu'il faut décider. C'est lui.
-Eric en parlait comme d'un fin spécialiste. Un graveur hors pair.
-Un champion. Sur couleur, surtout.
10 fois il a failli passer contremaître-chef.
On devrait avoir une drôle de vie.
Il s'est toujours fait virer.
Rapport à son caractère autoritaire comme pas un.
-Si vous voulez mon avis,
quand l'homme ne ramène pas d'oseille,
l'autorité devient ni plus ni moins
de la tyrannie.
Et l'autoritaire, un emmerdeur prétentieux.
-C'est le mot !
- Y a pas que moi qui le pense. - On va passer à table.
-Tout juste.
-Chère amie…
-Madame…
Le café, on le prend ici ou au salon ?
-Au salon. Et que Georgette nous refile pas sa tisane.
Qu'on termine pas sur une fausse note.
-Madame Léa, votre gigot a beau être célèbre à Paris,
vous vous êtes surpassée.
- Quand les produits sont bons. - T'as raison, y a que ça de vrai.
Comment tu trouves mon champ' ? Camille me l'envoie d'Epernay.
- Quel Camille ? - Y en a pas 36 !
Le mari de Mme Raymonde. Le Panier Fleuri, quoi !
-C'est joli, comme nom.
-Oui. Encore une maison à l'abandon. Comme d'autres…
Quand un pays pratique une politique de démission.
-Parle pas de ça en digérant. Tu vas avoir ta boule.
-Oui.
-Comme cavette, elle fait le poids. Eric veut en faire quoi ?
-Pas ce que tu crois.
-Après vous, jolie madame.
-Tiens. Si tu veux des cigares…
Cigarette anglaise ? - Orientale.
-Commence pas à nous casser les pieds.
-Bon, alors une anglaise.
Il me parle comme mon mari. Décidément…
-Faites pas attention.
L'éducation, ça s'apprend pas.
Hein ?
Ça vous plaît ?
-On fait le tour du propriétaire ?
J'ai fait un effort sur les chambres d'amis.
Y en a pas 2 pareilles.
- Y en a plusieurs ? - 17.
-Qu'est-ce que vous pensez de tout ça ?
-C'est sûrement une affaire.
Cette affaire est-elle rentable ? La question est là.
Musique douce
-Psyché.
-Entrez donc.
-Oh ! Ce que c'est chic, alors !
-On appelait ça "le petit Versailles".
-C'est drôle, on croirait qu'on est toute une bande.
-C'est l'intérêt de la chose.
Venez, passez. Passez, mon petit, passez.
-Oh ! Y a un feu !
-Pour les amateurs de plein air.
-Oh ! Merveilleux ! On se croirait en Suisse !
Y a 2 ans, avec mon mari, on a fait les lacs.
Cette année, on devait faire l'Italie en autocar.
-Si tout va bien, vous la ferez en Cadillac.
-En Cadillac…
-Si vous aimez le mystère, l'exotisme,
les paradis artificiels…
-Ca, c'est drôlement spécial.
- Vous arriverez à le décider ? - Qui ?
- Votre petit monstre de mari. - Si je lui mène la vie dure, oui.
-Avec vous, les hommes ne doivent pas avoir beau jeu.
-Le café est servi. Si tu veux le boire chaud, descends.
A moins que madame te le monte.
Par ici, c'est plus court.
Air joyeux
-Tu es là, Ma petite reine ?
- Laisse-moi. - Tu as quoi, ma petite reine ?
-Je sens le graillon car j'ai pas de bonne pour la vaisselle.
-Si tu la faisais aux heures où il faut la faire…
-C'est le plus beau !
Monsieur critique !
-Je critique pas, je dis qu'il y a des heures pour tout.
Tu passes tes après-midi dehors…
- Tu le fais bien. - Pas pour les mêmes raisons.
Si je cherche pas de boulot, personne m'en proposera.
-Ça, non. Sans indiscrétion, ça a donné quoi ?
-Rien. Chez Hartman, c'est complet et chez Belloc, ils débauchent.
-J'aime mieux me taire. 6 ans qu'on attend la situation mirifique,
le patron qui apprécierait le talent de monsieur.
Avec ses prétentions, monsieur est grillé !
On avait une chance d'en sortir. Avec Mandarès.
Il a fallu que ça craque.
-Tant mieux ! Et je regrette rien ! Il est aux billes, Mandarès !
J'ai pas de boulot, on vit mal, mais je dors dans mon lit.
-Va dans ton lit, puisque tu t'y plais. Mais sans moi.
-Stop !
Je dis stop !
Vous parliez pourcentage et moi, j'ai réfléchi. C'est irréalisable.
- Voilà autre chose. - Ca tient pas.
- Pourquoi ? - Pourquoi ?
Nous ne connaissons rien à ce que nous voulons faire.
T'as déjà fait des livres sterling ? - Le mari…
-T'as vu son travail ?
T'as une preuve ?
- Non, alors ? - Non.
Vaut mieux renoncer et se faire une raison.
On aura fait un beau rêve, c'est tout…
Évidemment…
Évidemment… Non, ce serait pas possible. Ce serait trop beau.
-Vous pensez à quelque chose ?
-À quelqu'un.
-Je peux sortir, aussi !
-L'affaire serait possible
si on pouvait faire contrôler nos sterlings par un spécialiste.
- Vous en connaissez un ? - Le meilleur.
Blanchi sous le harnais. 30 ans de fausse monnaie et pas un accroc.
Un mec légendaire, quoi.
"Le Dabe". On se découvre en entendant son blase.
Une épée, quoi.
-S'il est aussi fortiche que tu le dis, ce Dabe,
il doit avoir de gros appétits.
! prend combien ?
-S'il entre dans la course, ça n'a pas de prix.
C'est comme s'associer avec la Banque d'Angleterre.
On pourra montrer nos sterlings à Pinay.
-Mon cher, je pense qu'il serait bon
de contacter ce Dabe au plus vite.
-Pour le voir, il suffit pas de traverser la rue.
Il a pris sa retraite sous les tropiques.
Le voyage, ça fait une brique. S'il est d'accord, c'est pour rien.
Musique sud-américaine
J'ai jamais vu un quinquagénaire se lancer dans la fausse mornifle.
Ça s'improvise pas, c'est un métier.
Je te conseille de pas y toucher, même avec des pincettes.
-Pourquoi tu veux faire de la fausse fraîche ?
-Tu sais pas ce qu'est devenue la vie en France.
-J'ai su les horreurs d'après-guerre,
la fermeture des taules… Je croyais pas que ça te touchait.
Aux dernières nouvelles, t'avais ouvert une volière modèle.
-C'était y a combien de ça ?
-À peu près 7 piges.
-Ca a changé. On m'a lourdé. Impossible de rouvrir.
Je reste avec la baraque sur les bras. 17 piaules.
C'est pas rien comme entretien. Et les impôts tombent tout pareil.
-Faudra bien rouvrir tout ça…
-J'y ai cru un moment, mais je suis découragé.
-Si t'as besoin de quelques briques, je suis toujours armé.
-Je suis pas venu te bottiner.
Quoi que la fraîche décarre et que je vais me retrouver sur les jantes.
-Puisque t'en es pas encore là, écoute-moi.
Tes misères, c'est rien à côté de ce qui t'attend si tu persistes.
Dans le faux talbin, tu vas comprendre ta douleur.
Tu vas y laisser ta santé.
Tu vas découvrir les vicieux. Pas ceux que tu connais, les vrais.
Ceux qui ont des grandes dents.
Ils vont te bectarès tout cru, les vilains.
Remarque, tu seras enchristé avant d'avoir touché une thune.
-Tu crois ?
-Sûr. Tu vaux 100 contre 1, dans le parcours.
Prends un beignet. C'est bon.
C'est du poiscaille que tu trouves pas en France.
-Il est giron, ton sommelier.
-Si tu veux, je peux te le bloquer pour la sieste.
-Non… C'est drôle, j'ai plus de goût à rien.
-Tu trouveras bien une autre façon de retrousser de l'oseille.
C'est un service que je te rends. - Oh…
-Puisque tu me crois pas,
Tu sais combien j'ai fait d'opérations, en 30 piges ?
- Une dizaine. - Non, monsieur.
5 ! Y en a 4 qui ont bien tourné et il y a eu la 5e.
- Ca n'a pas marché ? - Ah non. Ça n'a pas marché.
J'avais tous les atouts en main.
Léon le Stéphanois, un vrai Rubens,
avait gravé un 100 florins plus beau que le vrai.
J'avais eu le papier en Italie et les encres en Suisse.
La bécane, je m'étais mouillé de 7 briques.
Elle venait de chez Kotenburg, à Leipzig.
Je l'avais fait transiter en pièces détachées
par l'Italie et le Portugal.
Tu peux pas savoir. - Dis donc !
-C'est pas tout.
En 8 heures chrono les 2 millions de florins étaient tombés,
la bécane démontée, la gravure détruite,
et tout le papelard brûlé ! Tout, tout, tout !
-Et alors ?
-Devine.
-Le client a pas casqué ?
-Non.
- Non ! - Des ennuis avec les perdreaux ?
- Je vois pas… - Le 17 juin 1945.
Ça te dit rien, à toi, le 17 juin 1945 ?
Le 17 juin 1945, la Banque royale des Pays-Bas a annoncé
que le billet de 100 florins était démonétisé, retiré du circuit.
Un vanne de la reine Wilhelmine. Je m'en rappellerai !
Je me suis farci un feu de 1500 millions !
-Ils avaient le droit ?
-Pauvre con !
En matière de monnaie, les Etats ont tous les droits,
et les particuliers aucun.
-Entre nous, Dabe… C'est une supposition.
Je dis bien une supposition.
Si j'ai un graveur, du papier et que j'en imprime pour 1 milliard.
En admettant, c'est toujours une supposition…
En admettant qu'on soit 5 sur l'affaire,
ça rapporterait net combien à chacun ?
-20 ans de placard.
Les bénéfices, ça se divise, la réclusion, ça s'additionne.
Fais pas une tronche pareille. Faut être raisonnable.
Tu vas prendre ton avion et oublier tout ça.
Tes idées folles nous auront au moins permis de boire ensemble.
Après tout, c'est peut-être le der.
A nos âges, on aura plus tellement l'occasion de se voir.
-Maintenant que c'est cuit, je peux te le dire.
Je voulais pas seulement ton avis.
C'était aussi pour une collaboration.
-Toi, t'es gonflé, tu doutes de rien.
Primo : j'ai jamais travaillé en coopérative, tu dois le savoir.
Et j'ai assez de pognon pour vivre jusqu'à 100 piges.
Et avec mes goûts simples, je vis de rien.
J'ai pas de vice. - Et tes chevaux ?
-Je gagne du pognon avec.
Un turbin, même avec la Chase Bank, je refuserais.
Franc suisse, sterling ou dollar, je dirais non.
- Même sur la sterling ? - Oui, monsieur.
Musique sud-américaine
Entre nous, votre singerie, là…
Sur quelle devise vous vouliez la faire ?
-Ben…
-Ça te gêne de me le dire ?
-Ça me gêne… Oui. Ça me gêne pour toi.
Sur le florin…
-Arrivée du vol Air France 096,
en provenance de Pointe-à-Pitre, Santa Maria et Lisbonne.
Les passagers accèderont à l'aérogare par la porte 36.
Arrivée dans quelques minutes du vol Air France 110,
en provenance de Montevideo, Caracas et Pointe-à-Pitre.
L'appareil stationnera au poste D-4.
-Commiissaire, ça va être à nous.
-T'excite pas.
-Il ne sait pas qu'on l'attend. L'effet de surprise peut jouer.
-Compte dessus. Sans lui, je serais divisionnaire depuis 15 ans.
J'en ai cravaté, des tapeurs de badours.
Tiens, Mandarès. Y a pas 3 semaines.
Mais le Dabe, lui, c'est un cas.
Un baratin pareil, tu peux pas savoir. C'est pas pensable.
Devant nous, y en a qui perdent leurs moyens.
Mais lui, le poulet, ça l'inspire.
La dernière fois, c'était au Havre, à la descente du Queen Mary.
Il venait soi-disant pour s'acheter un Cézanne.
Fallait l'entendre parler de la "Baigneuse en bleu"…
Je lui ai filé le train 3 jours dans Paris, de galerie en galerie.
2 mois après, on trouvait dans les banques des faux 20 dollars
qu'avaient rien à voir avec la "Baigneuse en bleu".
Tu parles, si ça m'a valu de l'avancement, ça…
-Cette fois, ça pourrait bien se passer autrement.
-Le voilà.
-Alors, Rémi ? Tu me boudes ?
-Tiens ! C'est toi ?
T'as pas changé, ma vache !
-Toi non plus. A part moi, t'attends personne ?
-Pas besoin de prendre de voiture.
Tu me déposeras.
-Tu descends où ?
-À l'hôtel Napoléon.
-Et tes bagages ?
-Je suis là pour 48 h. Ça suffit.
- Ces 8 valises sont à vous ? - Oui.
- Rien à déclarer ? - Ça m'étonnerait, monsieur.
-C'est bien, cette autoroute. C'est des impôts bien employés.
-Tu connaissais pas ?
-Y a combien de temps que t'es pas venu ?
-Oh… Attends… Ça doit faire environ 15 piges.
-Et peut-on savoir ce qui t'amène, cette fois ?
Toujours la peinture ?
-Si je trouve un beau Van Gogh abordable, je dis pas,
mais en principe, je suis pas venu pour ça.
- T'es venu pour quoi, alors ? - Pour acheter des pouliches.
Tu sais pas ? J'élève des trotteurs.
- Tiens… - Oui.
L'anglo-arabe tient pas, dans mon bled.
Au bout d'un an, ils font de l'anémie. Les herbages ou le climat.
Je vais tâter de l'anglo-normand.
Avec un chromosome de tarbais pour améliorer les antérieurs.
T'en penses quoi ?
-On fera du plein air. Ça changera des galeries.
-T'as du culot de reparler de ça.
J'ai failli me faire repasser, avec ton Cézanne !
C'était un toc !
À quoi vous passez votre temps ?
Quoi ? Les faux, c'est pas vous que ça concerne ?
Hein ?
-Taxi !
Merci, monsieur.
-À Vincennes, au champ de courses.
-Vas-y.
-Elle est pas fautive, mais nerveuse.
-Sa mère était comme ça.
Jolie bête, hein ?
-Mais il sait tout faire, ce coco là !
-Tu commences à comprendre ?
Musique entraînante
- Je suis pas fou ! On l'a pas vu. - On le verra plus. Viens.
-J'appellerai l'entraîneur du cheval.
Envoie-lui 150 sacs pour le dérangement.
-150 sacs ?
-Ben, j'ai une réputation à soutenir.
Par la même occasion, t'enverras un chèque à l'hôtel.
T'as du pognon, sur toi ? - Oui. Pourquoi ?
-Tu m'arrêteras chez un fleuriste.
-Fallait pas, Dabe. C'est une folie !
Tu m'as gâtée. Elles sont jolies.
- Elles te plaisent ? - Bien sûr.
C'est jamais l'autre qui penserait à ça.
T'es là pour longtemps ? - En principe, non.
En affaires, on sait jamais.
Tu te déplaces pour 3 semaines et tu peux rester 20 piges.
-Il est resté le même. Plaisantin.
-Je te demandais ça comme ça. Tu sais que tu es chez toi.
-C'est gentil.
-Tu regardes mon faune ?
J'en suis pas encore aux toiles de maître… C'est un début.
-C'est un début qui promet.
Mais si j'étais chez moi, comme tu le disais si gentiment,
je mettrais ça ailleurs.
-Il serait mieux près de la fenêtre. Tu le verrais où ?
-À la cave.
-Chacun ses goûts.
Ton palais, c'est une chose,
l'harmonie française en est une autre.
T'as besoin de te réacclimater. - Peut-être…
-Viens voir tes appartements.
Tu viens, maman ?
Je donne de l'eau aux roses et j'arrive.
Georgette !
Georgette !
-Celle-là, c'est "la chambre du Roi-Soleil".
C'est la plus chouette.
A l'époque, le plumard m'a coûté le prix d'une traction.
Y a plus qu'à Fontainebleau que tu peux trouver le même.
Musique baroque
Ça te la coupe ?
-Ca, je dois dire…
-Tu peux pas savoir ce que cette piaule plaisait. Hein, maman ?
Pendant le salon de l'auto, on avait des réservations 3 jours à l'avance.
Maintenant que t'es là, c'est pas à pleurer de voir ces pièces vides ?
-Te laisse pas sombrer.
Je lui dis que ça rouvrira, il me croit pas.
-Il a raison. T'es une épée, Dabe. Une figure.
Mais pas dans cette branche.
Quand ça rouvrira, il sera trop tard.
Tu trouveras plus personne pour tenir une taule.
C'est toute une école.
T'auras du standard, mais les manières seront perdues.
-Ce sera le monde de demain. Le Kolkoze Fleuri.
En attendant les temps futurs,
dis à ta bonniche de me faire couler un bain.
-Je lui avais dit de sortir tes costards. Georgette !
-Oui, voilà !
-Je vais l'avoiner. Comment tu fais, avec tes indigènes ?
-Ils travaillent au pair.
- Monsieur a appelé ? - Veuillez me faire couler un bain.
Vous trouverez mes sels là-dedans.
Avant, allez m'acheter des journaux. - Lesquels ?
- Paris Turf, non ?
-Tiens donc…
La Vie des métiers, Le Progrès industriel,
Le Chasseur français et le New York Herald Tribune.
- Le quoi ? - Le New York Herald Tribune.
-J'y vais.
-Voilà 5 kg de café
de ma récolte.
-Tu nous gâtes. Après les fleurs, le caoua, c'est superflu.
-Pour éclaircir les idées à ton homme, c'est pas du superflu.
-Mathias !
Mathias !
- Qu'est-ce qu'il y a ? - Je crois qu'ils recommencent.
Viens voir le genre de celle qu'est là.
Ils font ça même dans la rue, maintenant. C'est pire qu'avant.
-Bonjour, monsieur Eric.
- Bonjour, Georgette. - Je vais vous annoncer.
-Te voilà, Eric !
-Tu penses… Alors ? Il est là ?
-Puisque je suis là, il est là.
Mais on peut pas le voir avant 2 jours.
- Pourquoi ? Qu'est-ce qu'il fait ? - Il travaille.
-Où ?
Musique classique
Ah. Service des petites annonces, s'il vous plaît.
Je voudrais passer une annonce dans la rubrique "échanges".
C'est ça.
Voici le texte.
"Après une longue absence d'Europe"
"échangerait tulipes hollandaises"
"variété grandes fleurs"
"contre jolie gravure moderne."
"Adresser réponse dans ce journal."
C'est ça. Voulez-vous relire, je vous prie ?
Merci, mademoiselle.
L'annonce est à publier pendant 1 semaine à dater de ce jour.
Vous envoyez votre facture à M. Charles Lepicard,
14, rue Verdoux.
C'est ça. Merci, mademoiselle.
Charles ! Léa !
-Qu'est-ce que tu veux ?
-C'est quoi, ce poison qu'on m'a monté ?
On veut me buter ?
Vous faites du jus de gland ! Faut être con !
-Râle pas. Je t'en fais un autre.
-Si c'est le personnel, virez-le. Pas de Borgia à l'office !
-Dis donc, il a l'air gracieux, ton pote.
-Charles, tu as fait part de mes conditions à tes amis ?
- Eric Masson. - Je suis positivement enchanté.
-Moi aussi. Tout le monde est enchanté.
-C'est fait. Cela dit, mes amis trouvent la note un peu salée.
-Quoi ?
-Ne trouvez-vous pas excessif de prendre 50 %
à vous seul ?
-Messieurs, mettons-nous d'accord.
Je n'apporte pas mon concours à des fêtes de charité.
J'ai des exigences. Vous les acceptez ou non.
Mais si vous les acceptez, comprenez bien
que mon pourcentage n'est pas négociable.
C'est une question de principe.
Un avion part vers midi. Il me faut 10 min pour faire mes valises.
-Me Lucas n'a pas voulu dire ça.
-Je hais les pousse-mégots.
Alors ? Nous sommes d'accord ?
Bravo.
Entre gentlemen, les questions d'argent ne se posent pas.
-Eh bien, vous voyez, messieurs… Tout baigne dans l'huile.
-Conscient de mon devoir, je m'engage de mon côté
à mener à bien la fabrication et l'écoulement
de billets de 100 florins équivalant à 1 milliard d'anciens francs,
puisque vous en avez des nouveaux.
-Sans indiscrétion,
pourquoi nous en tenir à cette somme ?
-C'est vrai ! Pendant qu'on y est…
-J'ai un preneur pour le tout. Je fais pas de porte-à-porte.
Vendre à la sauvette, c'est pas mon genre.
Question technique : avez-vous un endroit pour le tirage ?
-Nulle part on serait mieux qu'ici.
J'ai pensé à la cave. On peut débarrasser un coin.
-Et pourquoi pas le trottoir ? T'as entendu une imprimerie ?
- Ca passe pas inaperçu. - Non.
2 h après la mise en route, on aura les perdreaux sur le dos.
Le faux talbin est un travail qui se fait dans le feutré.
-Où que vous alliez, votre machine fera autant de potin.
-Il y a un lieu où ce bruit est naturel, c'est une imprimerie.
-Ah, évidemment…
-Nous allons donc nous en offrir une.
-Ça va coûter une fortune !
-On la revendra après à perte et ça rentrera dans les frais généraux.
-Admettons…
Lequel d'entre nous vous semble susceptible d'acheter ce commerce ?
-Jeune, dynamique…
Vous êtes homme à investir dans une affaire d'avenir.
J'ai repéré 5 ou 6 affaires qui conviendraient parfaitement.
Vous allez visiter ça, mais attention.
Je veux un inventaire des machines. La marque,
le type, l'année de mise en service, tout.
-Oui ?
-Je l'ai fait moi-même. J'espère qu'il te plaira, ce coup-ci.
Un sucre, deux ?
-Un seul.
-Dis, Dabe, jusqu'où tu veux aller, pour l'achat du fond ?
-Le prix qu'on demandera moins 10 %.
Faut avoir l'air sérieux.
-Et on fait quoi du cave, dans tout ça ?
-Quoi ? Y a un cave ?
-Mon graveur…
-Qu'est-ce qu'on en a à foutre tant qu'on n'a pas d'imprimerie ?
-Comment tu le trouves, celui-là ?
-Parlons d'autre chose, on se fâcherait.
Musique entraînante
-Voilà une 13-18 et une 18-24 avec objectif japonais.
C'est le plus demandé.
-Mais il me faudrait une chambre 50-60 avec objectif Fridolin.
-Bien, monsieur.
- Voilà l'inventaire. - Ah ! Merci.
Oui.
- Bonjour. - Mademoiselle…
- Madame ! il y a un client. - Voilà…
Monsieur s'intéresse à notre collection ? Des choses charmantes.
Nos autruches, entre autres.
Nous avons été dévalisés, avec tous ces mariages princiers.
Je peux cependant vous montrer un joli choix de qualité rare.
Nos bouquets capucines et violettes sont très prisés.
Nous sommes les derniers à les fournir. À demain, Lucienne.
-À demain.
-Le Dabe ! Si je m'attendais à ta visite…
-Pauline, on revient toujours.
-Ca fait drôle, de te revoir après tant d'années. Toujours beau gosse.
Je parie que tu fais encore des ravages.
T'as quimpé des greluches, dans le temps.
- Il est loin, le temps. - Viens par-là.
Dans ma canfouine, on sera mieux.
- Toujours dans la fleurette ? - M'en parle pas !
On vendra toujours, mais c'est faire fabriquer, qu'est plus possible.
Tu te souviens de mes petites fées ? - Faudrait être ingrat.
-Ca vivait d'un rien.
Un cornet de frites à midi, un morceau de brie le soir…
La misère…
Maintenant, elles veulent la 4 chevaux, le frigidaire. Tout !
Ma violette me revient au prix de l'orchidée chez Lachaume.
C'est un désastre. Faut s'y faire.
-Fidèle au mêlé-cass ?
-C'est une boisson d'époque.
-Et allez !
- À la bonne nôtre, Ferdinand. - À la tienne.
-Et toi ? Ça marche un peu ?
-Tu sais, à mon âge, quand on a son paquet de tabac…
-Je sais plus qui m'a dit que t'étais aux Amériques.
Frédo l'Avocat !
-Je soigne mes rhumatismes au soleil. Je me prolonge.
Qu'est devenu l'Avocat ?
-On l'a trouvé au bois de Vincennes avec 3 balles. Mort.
-Et la Joncaille, tu l'as vu quand ?
- Lequel ? - Francis, celui de la rue Godot.
-Il est cané, la Joncaille !
Abattu il y a un an à Hambourg par un marin. Règlement de comptes.
Tu veux mes archives ?
Tu veux voir mon Bottin mondain ? Je garde tout.
Rien que des gars qui sont venus ici boire le coup comme on le boit.
Et celui-là ? Ça te dit rien ?
-Le vieux la Glisse !
Il doit avoir 100 piges. Ça fait une paye !
-Ça m'étonne pas.
On l'a repêché au barrage de Suresnes, une bastos dans la tête.
Un règlement de comptes.
-Sa femme a pas dû s'en remettre. Elle est où ? Au Carmel ?
-Elle a pleuré 3 mois et épousé un grossium de la Bourse.
Elle le montait en client chez Reine.
-Qu'est-ce que tu veux ? Faut bien faire une fin.
C'est pas le môme Jambe-de-Laine ?
-Si.
On l'a aussi emmené à Thiais, il y a un an.
-Règlement de comptes ?
-Cirrhose du foie.
-Merde… Ça prouve la fragilité de la condition humaine
et ce que c'est que de nous.
Dis donc, je suis pas venu faire l'appel aux morts.
-C'est vrai, au fait. T'es venu pour quoi ?
-Pour chercher du papier.
-Oh, de nos jours, le papier…
-Tu me dis ça… De nos jours, personne n'écrit plus. On téléphone.
Ce qu'il me faudrait, c'est quelques rames genre simili Japon.
90 g, en coquille
ou en raisin. Tu vois ce que je veux dire ?
-Je suis plus au courant du marché, mais je peux m'informer.
-Ca sert à rien de te fatiguer avec des allées et venues.
Je veux le papier de Mandarès.
T'as pas intérêt à le garder.
Si la Marne monte du côté de ton hangar, il va onduler, ton papelard.
-Y a une porte, à mon hangar. Tout acier.
-Une porte, ça s'ouvre.
Et puis y a les malfaisants.
-Tu remplaces Mandarès ?
J'ai 5 rames de coquille. 2 briques.
Et cash.
-À ce blond-là, fais-en des cornets !
- Te fâche pas, on parle ! - Ecoute-moi.
Ça te reposera.
Y a plus une équipe pour le prendre, ton papelard.
J'offre une brique. Parce que c'est toi.
-Je disais que t'avais pas changé. Féroce comme avant. Peut-être pire.
-Comme t'es d'accord, je le fais prendre à Joinville ?
Je t'envoie un mec cette semaine.
- À quoi je le reconnaîtrai ? - Un beau brun.
Des bacchantes. Grand, l'air con.
-Ca court les rues, les grands cons.
-Lui, si la connerie se mesurait, il serait mètre étalon. À Sèvres.
Fatigue pas tes jambes, je connais le chemin. Au revoir.
-Il sait pas ce qu'il veut ! Je suis le 11e à être refusé !
-Ils sont tous dingues. Enfin… On verra bien.
- Au revoir. - Salut.
-Vous avez lu l'annonce ?
-J'ai lu l'annonce.
-Robert Mideau…
-Oui, monsieur.
-Yvon…
Wormser…
Vous avez des fourmis dans les pattes ? Vous quittez tout.
-Ecoutez, je suis venu parce que ma femme m'y a poussé.
S'il faut passer à confesse, j'aime autant vous dire…
-Voyons, mon petit, non…
Ce que je disais, c'était façon de parler.
D'autant plus que vos certificats sont irréprochables.
Je vous explique. Je remonte cette affaire en partant de zéro.
En somme, c'est pas tellement un ouvrier, que je recherche…
Plutôt un collaborateur.
Pour tout dire, un cadre.
Est-ce que vous vous sentez les épaules suffisantes ?
-Oui, je crois.
-Oui, mais…
Si vous êtes sûr de vous, convenons d'un essai de 3 mois.
-Ça me fait pas peur.
-Voulez-vous qu'on jette un œil sur tout ça ?
Allez-y, je vous rejoins. Le temps de liquider votre collègue.
Dites, mon vieux, je regrette. C'est fait. Au revoir.
-L'Aurélia 46, c'est joli, ça.
Vous savez qu'il y en a pas 15 en France, de ces machines.
Ça, c'est bouffé aux mites et le massicot est bon pour la casse.
- Ah ? - Oh oui.
Mais celui-là est au poil.
Tout dépend du travail que vous comptez prendre.
-Je veux forcer sur la couleur. J'ai un client.
-Non ? Vous pouviez pas mieux tomber.
Sans me vanter, pour la couleur, je suis un petit chef.
-Ben, dites donc ! J'ai un drôle de vase !
-Dites plutôt que c'est moi qui suis cocu !
-Peut-être, oui…
Ouh ! Je dois aller place Pereire.
Si vous allez par-là, je vous conduis.
-Vous savez où j'habite ? A Levallois. Décidément.
-Vous êtes dans un bon jour.
Je vous rejoins. Un coup de fil à donner.
-Oui ?
Je te le passe.
C'est pour toi. C'est Éric.
-Oui ?
Oui.
Eh bien, bravo.
Bravo.
Au revoir.
D'après votre ami Eric, avec les réserves que ça comporte,
il paraît que pour votre cave, c'est dans la poche.
On va voir…
-Alors ?
Ça avance ?
-Votre client nous a refilé un truc difficile.
Ça vient bien.
Ça représente quoi ? - Je sais pas…
Une action, je crois…
Pourquoi vous riez ? - Faites pas attention.
Une fois réduit de format,
pour peu qu'on y ajoute un portrait et des chiffres,
ça ressemblerait à un billet de banque.
- Ca alors ! C'est marrant ! - Oui.
-Ferme la fenêtre.
-Ce cave a une paluche qui vaut de l'or. Une main rafaélienne.
Nous tenons un prodige. Ça s'annonce grandiose.
-Reste plus qu'à l'affranchir.
-Je sens tant d'affinités entre lui et Moi que je vais le rouler
en deux coups les gros.
-Où il est, ce bouton de chemise ?
Il me manque un bouton ! - Mets-en une autre.
-Y en a pas une de repassée ! Y en a jamais une de prête !
- Je vais te coudre un bouton. - On va être en retard.
Mon patron m'apprécie et on va passer pour des grossiers !
Si M. Éric arrive… - Et alors ?
-Il sonne et te voit comme ça !
Ça fait bien… - il aurait une drôle d'idée de moi.
- Tu cherches quoi ? - Ma trousse bleue.
- Ta quoi ? - Ma trousse bleue !
-Jamais on y sera. Quelle pagaille !
- Pétrossian a livré le caviar. - Que Georgette fasse les toasts.
-Tu sais pourquoi t'as pas ton journal à l'heure ?
- Non. - Mademoiselle le lit en priorité.
Je l'ai vue hier. Tu sais ce qu'elle lisait, cette andouille ?
"Le crime ne paye pas." - Non ?
- Où tu vas ? - Correctionner mademoiselle.
-Attends.
Au lieu de lui filer une avoine, mets-la au courant.
- De quoi ? - De la nouvelle situation.
Eric ne connaît pas Solange et Solange n'est jamais venue ici.
Pas d'impair.
Je veux pas perdre l'artiste pour une bévue ancillaire.
-Une quoi ?
-Une connerie de ta bonniche.
-Je t'ai pas dit ?
Tu vas être épatée par sa charrette. Drôle de tire.
-Oui ?
-C'est lui ! Mon froc !
-Voilà ! Voilà ! Voilà !
-Ah ! Dans mes bras, cher petit ! Dans mes bras, vite !
Laissez-moi vous regarder. Voyons..
Oh oui. Oh oui.
Le menton de Jacques Callot, le front de Dürer.
Il y a des signes qui ne trompent pas.
Comment vous appelez-vous ? - Robert Mideau, monsieur.
-Laissez-moi vous appeler Robert. J'y tiens !
Robert, tout court, comme on dit Raphaël ou Léonard.
Cher petit magicien, enfant béni des fées.
-Tu crois pas qu'il en fait trop ?
-Il se fait la voix. C'est un début.
-Madame Mideau, je présume ? L'épouse du poète. Permettez ?
Votre robe est un pur chef-d'œuvre, madame.
-Vous pouvez m'appeler Solange.
-Et de l'esprit ! On ne rencontre cette double élégance qu'à Paris.
-En parlant d'élégance, c'est quelqu'un, chez vous.
-Un pied-à-terre que mes amis habitent pendant mes voyages.
Charles, my friend, notre princesse meurt de soif, occupe-t'en.
(Cette morue va me casser la cabane. Neutralise-la, bon Dieu !)
-Whisky, champagne, porto.
- Whisky-soda. - Des amuse-gueule ?
- Non. - Ca fait passer la boisson.
- Et vous, Robert ? - Ce que vous voulez.
Je ne bois presque jamais.
-Un doigt de porto, c'est réconfortant.
Mais vous avez raison, ne buvez jamais.
J'ai connu un lithographe qui s'est gâté la Main aux anis.
Pour vous, ce serait déplorable. - Vous me surestimez.
-Pas du tout !
Ne pas reconnaître son talent, c'est faciliter la réussite des médiocres.
Aux hommes de l'art. - À votre bonne santé.
- Voilà un picon maison bien tassé. - Georgette, un porto.
-Ah ! Vous faites connaissance.
- Ma chère, rendez-moi un service. - Tout ce que vous voudrez.
-M. Lucas,
mon banquier, hait la solitude.
-Banquier ? Je le croyais dans les affaires.
-La banque, c'est pas une affaire ? Charmante.
Ça vous plaît ?
- Faudrait être difficile. Des Binet ? - Oui.
-J'ai travaillé sur ses illustrations de Restif de la Bretonne.
J'ai reconnu son trait.
-Puisque vous aimez, il y a là un Moreau le Jeune.
-Excusez-moi, je préfère Binet.
Sa technique, son autorité sur le burin…
-Vous êtes connaisseur.
-4 ans d'atelier de gravure à l'école Estienne.
-Formation classique, y a que ça.
- Charles. - Quoi ?
- T'as entendu ? - Non.
- C'est à lui, on est les gardiens ? - Laisse.
-Demain on sera les pipelets, et puis les clodos ! Et quoi encore ?
Toi, tu t'en fous. Tu laisses courir.
Vous vous faites lever votre sauterelle.
-Me faites pas marrer.
- Vous êtes banquier ? - Une coupe ?
-Du scotch.
- Avec soda ? - Bien sûr.
-Si vous aimez le Piranèse, vous devez aller à Florence
pour voir la collection des Offices.
-C'est pas l'envie qui manque.
Mais dans la vie, ça se passe pas toujours comme on voudrait.
-Mon petit Robert, écoutez le conseil d'un père.
Il faut bâtir notre vie pour éviter tous les obstacles.
-Petite coupe ?
-J'avais dit de prendre des ballons bien fins.
-J'en ai pas, de ballons bien fins. Ça manque.
-Musique…
Et celui-là ? - Laissez-moi chercher.
-Quand vous aurez plus soif, apportez le champagne.
-Oui…
-C'est un monde !
- Musique ! - Quoi, "musique" ?
-Ton ami veut de la musique.
-Un Larmessin, d'après Boucher ?
-Tout juste.
- C'est bath. - N'est-ce pas ?
Jazz
-Oh, là ! C'est abrutissant, non ?
- Vous n'aimez pas ? - Pas la musique de singes.
J'ai quelque chose à vous montrer. Ça vous plaira.
Vous verrez. C'est sans prétention, mais c'est amusant.
- Vous dansez ? - Non.
- Une petite ? - Je veux bien.
-Permettez, cher Maître.
-Vous dansez, Léa ?
Musique étouffée
-Voilà. C'est mon petit atelier personnel.
Je ne suis qu'un amateur. "Eclairé", comme on dit,
mais amateur tout de même.
Si j'avais votre main, je ferais de grandes choses.
-Oh… On croit ça et puis… Y a qu'à voir.
-Vous reconnaissez votre travail ?
-Bien sûr.
-Je veux vous demander quelque chose. J'ai un embarras.
En dehors du texte,
là, je voudrais mettre un motif, en noir ou en bistre.
-C'est pas infaisable.
-J'avais pensé à enjoliver le côté droit avec un portrait.
Une jolie tête. Celle d'Erasme, par exemple.
L'Érasme d'Holbein.
Est-ce que vous pourriez m'exécuter ça ?
-C'est faisable.
A condition d'avoir un bon modèle.
-Qu'est-ce que tu dis de celui-là ?
-Merci de nous avoir ramenés. On aurait pris un taxi.
-Un taxi ?
Tu l'aurais trouvé où ?
(-À demain.)
- Sa charrette remonte à Ben-Hur. - T'es beurré, toi.
-Tu peux pas comprendre. Elle s'ouvre, cette porte, oui ?
-Dis ! Tu permets ? Après moi.
-Pour comprendre, faudrait que tu saches.
Là, j'ai rencontré un homme, un vrai !
- Eric est charmant. - Je parle pas de ce nave !
Je parle de M. Ferdinand. C'est quelqu'un, celui-là !
- Avant, tu jurais que par Éric. - Ah ? Tu l'appelles déjà Eric ?
-M. Masson, si tu préfères.
-Chut ! -Ce que je préfère, c'est l'autre !
-Si tu veux mon avis, l'autre,
il voudrait pas de M. Masson pour cirer ses pompes !
-Chut !
Viens.
- Allez ! - Tais-toi !
-Robert !
-Quoi ?
- Tu vas réveiller tout le monde. - Je m'en fous !
J'ai pas longtemps à voir leurs tronches !
Je vais laisser ces paumés ! - La concierge.
-La concierge ?
Voilà pour elle ! - Allez…
Allez…
-Je vais chercher la carte grise. Tu t'en sortiras ?
-J'ai l'habitude de pas m'en sortir ?
-Non…
Il faut tirer le double de billets sans le dire au Dabe.
J'ai eu l'idée cette nuit. - Elle me paraît assez brillante.
Mais est-ce très régulier, vis-à-vis du Dabe ?
-Régulier ?
C'est régulier, de prendre 50 % de bénefs à lui seul
et de nous traiter comme des grouillots ?
-C'est juste. Nous aurions tort d'avoir des scrupules avec lui.
Mais un double tirage implique 2 choses.
Trouver le double de papier et avoir l'accord du cave.
-Le cave est à ma botte. Une fois pour toutes !
Je vais chercher le papelard dans 1 h.
Au lieu de 5 rames, j'en prendrai 10. C'est simple.
-À condition de verser 2 millions au lieu d'un.
-Votre banque est fermée ?
-Comme vous y allez ! 1 million, c'est une somme !
Un milliard aussi, vous me direz…
Je vais demander la participation de Charles à ce supplément.
"In the baba",
il va l'avoir, le Dabe ! Dans l'os ! Et méchamment !
-Brun, avec des bacchantes, grand, l'air con.
-Ca court les rues, les grands cons.
-C'est un gabarit exceptionnel.
-Si la connerie se mesurait, il serait mètre étalon. À Sèvres.
-C'est marrant, que vous m'ayez reconnu.
-On m'avait fait un portrait parlé. Je pouvais pas me tromper.
-Y aurait pu avoir quelqu'un pour m'aider.
-Vous vous croyez aux Galeries Lafayette ?
XY a trop. - Peut-être pas.
Je pourrais en prendre le double. Ça m'éviterait de revenir.
-Je traite pas
avec les commissionnaires.
Tiens, môme. Pour tes cigarettes.
Musique classique
-Elles sont de quelle taille, tes tulipes ?
- Grosse bouture. - J'aime ça.
-Quel taux ?
-20 % du prix du catalogue.
- Trop court… - Disons 30.
-J'aimerais mieux qu'on dise 40.
-Mais alors, je ne prends pas plus de 1000 unités.
-Ca va, c'est aussi ma pointure.
-Par ici, s'il vous plaît.
-Ÿ a-t-il des séries que tu affectionnes ?
-Je te les communiquerai demain.
Ça ira ? - Très bien. Et pour la livraison ?
-À domicile, comme toujours.
Talbins contre talbins.
Je te prépare ça en francs français. Coupures de 10000.
-Plutôt une monnaie plus sérieuse. Dollars. Coupures de 100.
- Robert, ouvrez ! - Vous voulez quoi ?
-Il me charrie ! Je suis chez moi ! Où vous en êtes ?
- Y a rien à voir ! - Vous entendez ? C'est un monde !
-Lui avez-vous parlé du 2e tirage ?
-J'ai proposé 10 %, il en a exigé 15 !
-Il nous fera chanter !
-J'aime pas qu'on me fasse la loi. Je vais lui claquer le beignet !
-Pour ça,
attends qu'on ait plus besoin de lui.
- Quoi, encore ? - C'est Moi.
-Je vous dis que c'est un monde !
-Voilà qu'il nous enlèverait nos remords.
À supposer que nous en ayons.
-À propos, tu nous as pas dit où t'en étais, avec ton papelard.
-La vieille a fait sa bêcheuse. J'ai dû la remettre en place.
J'ai un autre tube. Un manouche.
Son beau-frère connaît un Arménien qui bosse dans une papeterie.
-Comme quoi ? Comme balayeur ?
-Ca y est ! Mes typons sont secs.
-Bravo, môme.
Ça, c'est du BSA extra piste. - Je suis prêt à rouler.
-Pour une fois, c'est moi qui suis pas prêt.
J'aurai les numéros de série que demain.
On peut tourner demain, mais ce sera dimanche.
Une imprimerie qui tourne le dimanche éveille les curiosités.
Ces belles images peuvent devenir des billets touristiques
pour Poissy, Clairvaux et autres lieux réputés. Des amateurs ?
Bon. Nous sommes samedi.
Il faut mettre nos typons à l'abri des curiosités et des convoitises.
-Mettons-les à la banque, j'ai un coffre.
-Et les perceurs de murailles ?
- Pourquoi pas ici ? - Non.
-Merci. La confiance règne.
-Je connais ton honnêteté et mes classiques.
D'Adam et sa côte à Napoléon attendant Grouchy,
tous les coups foirés étaient basés sur la confiance.
As-tu une enveloppe ?
-Donne.
Nous allons confier notre trésor aux seuls gens qui n'égarent rien.
Aux employés de cette administration qu'on nous envie.
-Ca alors… J'ai nommé les PTT.
-Ben voilà. En postant cette lettre avant 16 h,
elle passera le dimanche à l'abri, et le môme l'aura lundi matin.
-Fameuse idée, les PTT !
-On ne risque rien ?
-Rien… Sauf une grève surprise.
Faire confiance aux honnêtes gens
est le seul risque des professions aventureuses.
-Cette fois, c'en est trop !
Ils ne respectent plus le jour du Seigneur. Je téléphone.
-Oh !
-Il a insisté pour qu'on déjeune ensemble !
Au parc à autos, personne ! J'ai envoyé mon homme au football.
- Il est peut-être pris. - Lui ? Travailler le dimanche ?
Musique guillerette
-Eric est un bûcheur. Un self-made man, comme on dit.
Vous n'avez qu'à l'attendre ici et déjeuner avec nous.
Mme Charles rajoutera un couvert. Hein, maman ?
-Me voilà encore de tambouille.
Georgette non plus ne travaille pas le dimanche.
Musique douce
- Te voilà ! - Bonjour.
- J'avais peur que tu rates le coche. - Pas de danger.
La dernière fois que je suis monté là-dessus, j'avais 12 ans.
L'année de ma 1re communion.
-J'y venais, quand j'étais môme.
Après, j'ai pris des bateaux plus gros pour aller plus loin,
mais je suis resté fidèle. C'est une jolie façon de voir Paris.
T'as eu du mal à venir seul ? - Ma femme mange chez sa mère.
C'est peut-être une idée,
mais on dirait que vous n'aimez pas Solange.
-Si on allait casser la graine ?
-Vous voulez pas répondre ?
-Je veux pas te couper l'appétit.
Parlons des cadences. L'enveloppe arrive à 8 h. Pour la gravure,
il te faut… 2 heures ?
-Vaut mieux prévoir 2 heures 30.
-Admettons. Montage sur la bécane, réglages…
1 heure ?
-Je crains que ce soit juste.
-Ah bon ? Pour le tirage, tu comptes combien ?
J'avais prévu 3 heures.
-S'il n'y a pas de pépin. ! vaut mieux prévoir
30 min de battement. On sait jamais.
-Pour le massicot, 2 h suffiront. Pas de pépin possible.
-J'essaierai. Je promets rien.
-Pour démonter la gravure, la détruire, nettoyer,
et brûler les chutes, il te faut combien ?
-Au moins 1 heure 30.
-Je pensais que tout serait prêt à 17 h.
S'il te faut ce temps, c'est que t'as tes raisons.
-Pardon.
Pardon, monsieur.
Voici…
-Écoute, mon petit Robert.
Le bon Dieu t'a donné une main exceptionnelle.
Il aurait pu te créer honnête, Il t'a même épargné ça.
Tu penses pas que tu devrais laisser certains avantages aux caves ?
À ceux qui en ont besoin ? - Besoin de quoi ?
-De faire des heures supplémentaires.
-Merci.
Merci bien, monsieur. Merci.
- Vous regrettez pas d'être restée ? - Ca pour sûr, non.
- Va voir, tu veux ? - C'est peut-être Eric, non ?
-Si le hasard faisait que ce ne soit pas lui,
après le caoua, on pourrait sortir un peu.
Du canot au Bois de Boulogne ? - Je préfère le cinéma.
-Ma femme aussi. Alors que le canotage, elle déteste.
- Charles ! - Quoi ? Tu m'as fait peur.
- Larpin et Maffeux ! - Quoi ?
-Larpin et Maffeux !
-Messieurs, qu'est-ce qui vous amène ?
-Le printemps. Les beaux jours.
-Alors ? T'as rouvert en douce ? On avait ta parole.
- T'es incorrigible. - Expliquez-vous.
-On est là pour ça. Des gens du quartier se plaignent.
Ça revient chez toi à pleines voitures.
De jour comme de nuit. - Même le dimanche.
-C'est une méprise, une dénonciation. On m'en veut.
On reçoit personne. On est tous les deux. On est en famille.
-Et ça ?
C'est votre grande fille ?
-C'est une amie. On peut plus avoir ses amis à déjeuner ?
-Si, si. Occupe-t'en. Si elle a pas sa carte, on l'emballe.
Nous deux, on va aller visiter les étages. Hein ?
-Vous êtes un malhonnête !
-Ca vient, ces papiers ?
-Je te jure…
-Vous vous gourez, inspecteur.
-On vous l'a dit. Y a eu des plaintes.
-Tenez. La voilà, ma carte.
-Vous en auriez pas une autre ? Une de chez nous.
-Et ça ? "Préfecture de Police de Paris" !
Vous savez pas lire, non ?
-Vous aviez peut-être raison. Mais quelle tourte !
- Comment ? - Disposez.
-J'écrirai à vos chefs pour dire ce que vous êtes.
-Vous n'avez pas pris votre dessert.
-On a sa fierté, non ?
-Tiens.
T'avais raison. C'est plus un bob. C'est un atelier d'art.
- Qu'allez-vous chercher ? - Je te savais pas photographe.
Tu fais dans quoi ? Idylles champêtres ou pères Fouettard ?
Bergers grecs ou moines espagnols ?
-Je m'amuse pas à ça.
Un homme de ma classe ! Vous me prenez pour qui ?
Je fais de la photo. J'ai pas demandé à être lourdé !
On m'a mis en vacances. En vacances, on fait de la photo.
Ça distrait. - T'as beaucoup de distractions ?
À part celle en bas ?
-Taxi !
-550. Vous avez la monnaie ?
- Gardez tout. - Vous tombez bien.
J'en apprends de belles. Votre hôtel particulier est un clac ?
- Vous dites ? - Avec vous,
ils auraient été polis.
- Qui ? - Les poulets.
Y en a plein les étages ! - Oh là…
Où ca ? Hop ! En route !
-Au Sacré-Cœur.
-Par curiosité, puisque nous avons perdu un million de plus,
une brique de mieux, comme vous dites…
Comment est-il, votre papier ? Est-il seulement regardable ?
-Evidemment, c'est pas l'autre. Il est un poil plus crème.
Et y a des tâches. Faut avoir le nez dessus.
-On est en plein Waterloo !
Vous parlez papier, mais sans le Dabe, c'est que dalle !
-Je ne crois pas qu'il soit parti à la veille d'empocher un milliard.
-Il se sera souvenu d'une course sans le dire à Solange.
Il va revenir.
-Là où sont passés les poulets, le Dabe revient jamais.
-Notez qu'on peut se passer de lui pour le tirage.
Seules les négociations ultérieures s'annoncent délicates.
-On trouvera peut-être preneur.
-Ou on pourra les brader sur les marchés.
-Je suis ravie que les conneries s'arrêtent là.
- Quelles conneries ? - Ce que vous faisiez.
Le laboratoire, l'imprimerie… Tu crois que j'avais pas compris ?
Si à ton âge t'es pas guéri, je suis pas bonne pour les parloirs.
Surtout que j'en aurais 3 à assister.
Sans compter le Dabe, qu'a plus de famille ici.
Les colis, les démarches, c'est pour ma pomme.
Donc ça vaut mieux.
-Allô ? Oui.
C'est lui.
Mais… Fallait pas te sauver comme ça.
C'étaient des inspecteurs des mœurs. T'avais rien à craindre.
Laisse-moi t'expliquer !
-Y a rien à expliquer. Ce qui s'est passé, je veux pas le savoir.
Où je suis, ça vous regarde pas. Ecoute bien.
On tourne demain. Le personnel fera la journée de 10 heures.
Passe-moi le gigolo.
-Il veut te parler.
-Allô, Dabe ?
-Demain, sur le coup de midi, emmène ta chèvre à la campagne.
Distrais-la jusqu'à 17 h, qu'on l'ait pas dans les pattes.
Pour le rendez-vous, Charles te dira. Repasse-le-Moi.
-Il te reveut.
- Oui ? - Rendez-vous demain soir
à 17 h 50, place du Trocadéro, sous la statue du maréchal Foch.
Je serai à l'heure et J'attendrai pas.
Si tout va bien, vous dormirez demain sur un joli matelas.
D'ici là, faites de beaux rêves. - Attends une seconde !
Si on a besoin de toi, personne sait où t'es.
-Si. Moi. Et c'est déjà de trop.
Musique intrigante
- Monsieur Robert Mideau ? - C'est Moi.
-Si vous voulez bien signer là…
[ci.
Voilà.
Merci, monsieur. Au revoir. - Au revoir.
-Comtesse de la Frapinière. Cure de sommeil.
-Bien.
Et ici ? - Rentré hier soir.
M. Maréchal, industriel. Dépression nerveuse.
Musique guillerette
Musique intrigante
-Le surmenage intellectuel n'exclut pas l'appétit.
C'est pas des carottes et une compote qui vont me remonter.
-Nous savons ce que vous ne devez pas manger.
-À 30 sacs par jour, ce que vous mangez pas, c'est du pognon.
- Oui… - Ben, dites donc…
-Je peux prendre du caviar ?
-C'est jour de fête. Tu peux t'en mettre jusque-là.
Caviar, langouste, et on verra après.
Champagne nature. - Bien, monsieur.
-Dire qu'hier, j'étais fâchée. Ce que c'est que l'amour…
-Je pense bien.
-J'ai rêvé qu'on était riches et qu'on partait pour les Îles.
-Oui ?
-Ce que c'est que les rêves..
-Cet industriel surmené, où est-il ?
-Il n'y a personne, docteur.
Il a pris ses affaires.
-Je crois qu'il est l'heure.
-Il avait dit 17 h 50. Il est à la bourre.
Le voilà !
-Avec vos rendez-vous à la con, j'ai pas trouvé de taxi.
-Le môme se mettra entre vous et la valise sera ici, devant.
Vous me larguerez à la gare d'Austerlitz, je prendrai un taxi.
Le temps de voir mon changeur…
Disons à 20 h chez toi pour le fade.
-Tu regrettes plus ton voyage ?
(-Hé ! Hé ! Venez !)
-Robert ?
Oh ! Petit !
-J'aime pas ça. Il maquille quoi ?
-La valise ? Où est-elle, cette valise ?
-Ce cave n'aurait pas osé nous faire ça à nous !
-Faire quoi ?
Oh là !
Qu'est-ce qui se passe ?
-Non, je suis pas fou du tout !
Si vous croyez me faire jongler, vous aurez pas beau schpile.
Et ce papier, c'est quoi ?
Il était pas dans l'inventaire ! D'où sort-il ?
-Il vaut mieux être franc. On voulait vous faire une surprise.
-Et ça, c'en est une ?
Vous vouliez me repasser, oui !
Avec du papelard à démaguiller ! C'est pour ça
que le môme était dans le coup.
Mais il s'est fait la malle. Y a pas de jaloux, on est tous repassés !
C'est pas la Hollande, mais un merdeux qui me fait marron !
À mon âge ! Et je peux même pas porter plainte !
Toi, le godant, tu nous mènes vite chez lui. Il a pas tant d'avance.
-Voilà ! J'ouvre !
Musique guillerette
C'est quoi, ce genre ? Vous cherchez quoi ?
- Un voleur. - Ton mari
s'est tiré. - C'était aujourd'hui ?
- C'était, madame. - J'étais avec lui toute la journée.
Oh !
! m'a fait la malle ! A moi, sa petite reine !
-C'est la seule chose qu'on puisse pas lui reprocher !
Quand je pense à ma réputation sur les 5 continents !
7000 bornes pour me faire repasser par un cave ! C'est beau, non ?
- On fait quoi ? - Je sais pas !
Avec votre papelard à 10 sacs la rame, faites marchands de papier,
ou servez-vous-en pour ce que je pense !
-Où allez-vous ?
Ou allez-vous ? - Là où je verrai pas vos tronches !
-Mais…
Il se tire avec ma bagnole !
- Ta bagnole, ta gonzesse, tes combines. Voilà pour ton pif !
-Du calme, je vous en prie !
Qu'est-ce que c'est que ce papier à 10000 F la rame
pour lequel j'ai sorti 1 million ?
-Démerdez-vous, mais moi, je change de notaire !
-Combien d'argent français et de devises étrangères ?
-25000 francs. Anciens. Et 200 dollars.
-Dernier appel. Vol Air France 109.
Embarquement immédiat porte numéro 34.
-Cet appareil est un Boeing 707 intercontinental, quadriréacteur.
Notre prochaine escale sera Lisbonne, que nous atteindrons
en 2 heures de vol.
Nous volerons à une altitude de croisière de 12000 m,
à la vitesse de 900 km/h.
Veuillez attacher vos ceintures et ne pas fumer au décollage. Merci.
-Je m'excuse, mais j'ai pas eu le temps de m'habiller.
-Te caille pas. Là-bas, on porte de l'alpaga.
Mon tailleur te fera des prix.
Musique sud-américaine
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