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Le silence.

Un, deux, trois.

Il �tait un petit homme

Pirouette, cacahu�te

Il �tait un petit homme

Qui avait une dr�le de maison

Qui avait une dr�le de maison

Sa maison est en carton

Pirouette, cacahu�te

Sa maison est en carton

Ses escaliers sont en papier

Ses escaliers sont en papier

"La dur�e d'un r�cit est comme la dur�e d'un r�ve.

"On ne d�cide pas quand on s'endort, ni quand on s'�veille.

"Et pourtant, on avance. On passe.

"On voudrait toucher son personnage,

"avoir des attentions pour lui, lui prendre la main,

"mais on est l�. On ne fait rien.

"Toute la vie aura pass�, on n'aura rien fait."

Le beau fil s'est cass�

Pirouette, cacahu�te

Le beau fil s'est cass�

Le bout du nez s'est envol�

Le bout du nez s'est envol�

Un avion � r�action

Pirouette, cacahu�te

Un avion � r�action

A rattrap� le bout du nez

A rattrap� le bout du nez

Mon histoire est termin�e

Pirouette, cacahu�te

Mon histoire est termin�e

Messieurs, mesdames, applaudissez

Messieurs, mesdames, applaudissez

Je sais, vous �tes fatigu�e,

mais dites-moi o� est votre b�b�. Je dois le peser.

Je suis l� pour vous aider.

- Il est quelque part. - O� �a ?

"Quelque part", je vous dis. Vous m'�nervez, avec vos questions.

�a va, mon grand ?

- Vous lui avez pas donn� � manger ? - Quoi ? Il braie pas.

- Il n'en a plus la force. - Vous me faites chier.

Vous n'avez rien d'autre � faire ? Il y en a marre.

Le changer, lui donner � bouffer... J'ai plus un rond.

Mais merde ! Allez faire chier quelqu'un d'autre !

- J'appelle le SAMU. - Ben, faites-le. Il y en a marre.

Le monsieur, il est pass� !

A�e, a�e, a�e, la t�te. Oh l� l�. Tu t'es cogn� la t�te.

Guillaume, assieds-toi bien.

Voil�, bonhomme.

Non. C'�tait � moi.

Tout doucement. Voil�. C'est �a.

- Matthieu... - Vas-y.

C'est bien.

Attention. Et voil�.

Non. Je ne suis pas d'accord. Ne montre pas ton lacet.

Dis : "S'il te pla�t, Daniel, refais mon lacet."

Oh ! Doucement.

Allez, vas-y.

Occupe-toi de tes oignons.

Allez, et je te le refais.

Demande-le-moi. Je veux entendre le son de ta voix.

Bon. Allez. Tu vas t'asseoir.

Oh ! Allez. Va jouer dans ton coin. File.

- Qu'est-ce qui se passe ? - Ben, il cogne.

Il cogne.

Alors, bonhomme ?

Monsieur Kevin, on ne dit rien ?

Tu ne veux pas le dire ? Comment on dit, gentiment ?

Comment on demande ?

Hein ?

"Je n'aime pas les portes,

"les portes qu'on ouvre, celles qu'on referme.

"C'est toujours le m�me vide,

"parfois rempli de cris, parfois rempli d'absence,

"un vide qui claque, brise les trajectoires.

"C'est la fille qu'on prend sous un porche.

"C'est quelqu'un qui part, quelqu'un qui revient. C'est pareil."

Tu n'as pas perdu tes dents, toi. Tu ne les as pas perdues.

"Et on retourne sur ses pas.

"Qu'est-ce qui nous tient ici ?

"L'amour ?

"L'enfance ?"

Tu n'es pas habill�, toi. Tu vas avoir froid.

Mais... Viens voir, toi.

Madame Thi�vaux, il a encore son pyjama.

- Oh non. - Sous ses v�tements ?

C'est comme �a, quand on est press�s.

Vous pouvez me garder la petite La�titia ?

- J'ai rendez-vous chez le m�decin. - Allez-y.

Tu seras sage ?

Allez. Viens, ma grande.

- On va jouer, en attendant maman. - Merci.

C'est bien. Lave-toi les mains.

Mardi, il y a du couscous, La�titia.

H� ! Monsieur Lef�bvre ! Elle est l�.

La�titia, ta maman.

Tu t'es essuy� les mains, ma puce ?

On va bien remonter la tirette, parce qu'il fait froid.

On y va ? Allez.

Au revoir, ma grande.

Qu'est-ce qui se passe ? Madame Henry !

Madame Henry !

Attendez. Elle �tait...

J'ai d� d�tourner la t�te tellement elle sentait le vin.

Allez, on rentre.

Vas-y.

Si tu n'y arrives pas, tu m'appelles.

Qu'est-ce qu'il est sale !

Merde.

- Le num�ro demand�... - Ils n'ont plus le t�l�phone.

Bon.

�a commence � bien faire. J'en ai 2 sur les bras.

- J'ai pas que �a � foutre. - Appelez le commissariat.

Vous vous rendez compte ? Un b�b� et une gamine au poste.

�coutez, c'est le r�glement. Ils les ram�nent.

Les flics vont faire un rapport. Pour Mme Henry...

Je sais. Essayez la PMI, alors.

Ah oui.

Le robinet de la salle d'eau fuit toujours.

Pour l'instant, baby-sitting. Le robinet, on verra plus tard.

Alors, PMI.

Elle �tait ivre. On est tr�s emb�t�s.

On se retrouve avec une gamine sur les bras

et un petit.

Pardon ?

Je l'ai d�j� dit. Daniel Lef�bvre,

directeur de l'�cole L�o Lagrange, � Hernaing.

Conduisez-le au commissariat.

Non. Attendez. Trouvons une autre solution.

Il s'agit de la famille Henry. H, E, N, R, Y.

J'ai rien, sur ma fiche. Vous avez le num�ro d'un parent ?

D'un fr�re ? D'une grand-m�re ? Ce serait mieux que les flics, non ?

On est tenus au secret professionnel. Je ne peux pas vous le donner.

C'est incroyable. Elle me raccroche au nez.

Bon. Allez.

Je les raccompagne. J'en ai ras le bol.

Je prends tout sur moi. Allez, hop.

Ma puce... La�titia...

Oh. Pitchoune... On rentre � la maison.

Merci.

�a va ? Tu te r�veilles ?

Impeccable, le cheval. Tu l'as r�ussi.

- Bonsoir, M. Lef�bvre. - Bonne soir�e.

Je vous ouvre.

- La prochaine fois, j'ach�te un car. - Il va falloir, bient�t.

- C'est pas le 1er. - Attendez. Je vous ouvre.

Il faut m'ouvrir, monsieur Lef�bvre.

Allez, monte.

C'est les vacances ?

C'est pas les vacances, mais le ramassage scolaire.

- Ah, "le ramassage scolaire". - C'est clair comme du jus de chique.

Au revoir, monsieur Lef�bvre.

Avec ce temps, elle ne va pas l'avoir belle.

Elle ne sera plus l�, l'ann�e prochaine.

Comment va le petit fr�re ?

- Il va bien. - "Il va bien" ?

Il ne gigote pas trop ?

- Si. - "Si" ? Un peu ?

Une souris verte

Qui courait dans l'herbe

Je l'attrape par la queue

Je la montre � ces messieurs

Ces messieurs me disent

Trempez-la dans l'huile

Trempez-la dans l'eau

�a fera un escargot tout chaud

Qu'est-ce qu'elle a donc fait, la petite hirondelle ?

Elle nous a vol�...

C'est l�, alors ?

Tiens. Tu restes sur le trottoir.

Coucou. On est arriv�s.

Coucou.

Viens l�, bonhomme.

Alors...

C'est l�.

C'est ouvert ?

- Il n'y a pas de lumi�re ? - Non.

Maman...

�a va, maman ?

Laissez-nous.

Laissez-nous.

Monsieur... Excusez-moi. Je suis le directeur de L�o Lagrange.

J'ai ramen� les 2 enfants de Mme Henry.

Elle n'allait pas bien. Vous savez o� est son mari ?

En Belgique, pour une bo�te de transport.

Ah. Merde.

- L'�lectricit�, �a fait longtemps ? - �a fait des mois.

Vous savez, c'est pas la seule.

Les enfants, on les prend, quand il fait froid.

Je vais les prendre, ce soir. C'est tout ce que je peux faire.

C'est gentil. Merci beaucoup.

"Je pense aux carreaux cass�s de chez Mme Henry,

"au froid.

"Mon p�re, il y a 30 ans, rampait sous terre, dans une mine.

"Les terrils montent avec leurs sommets noirs,

"comme des trous renvers�s.

"Seuls les fous grimpent encore l�-haut,

"les innocents."

Je sais. Cathy m'a t�l�phon�.

- Ah. - Oui.

Arr�te.

- Qu'est-ce qu'on mange ? - Lapin � la bi�re.

Trop cool. C'est bon.

Tiens. Tu me passes l'ail ?

J'ai un bl�me.

C'est � cause de Rimbaud.

"Comme je descendais des fleuves impassibles..."

Na, na, na... "...guid� par les haleurs..."

Pas "na, na, na".

"Je ne me sentis plus guid� par les haleurs.

"Des peaux-rouges criards les avaient pris pour cibles,

"les ayant clou�s nus..."

- C'est pas ce truc-l�. - Ah bon ?

"J'ai de mes anc�tres gaulois l'oeil bleu, blanc,

"la cervelle �troite et la maladresse dans la lutte.

"Je trouve mon habillement aussi barbare que le leur,

"mais je ne beurre pas ma chevelure." Je dis pas la suite.

Fais voir.

- Je dois dire ce que je ressens. - Alors ?

C'est compl�tement d�bile, ce truc.

Sa chevelure, c'est son probl�me. Moi, je ressens rien.

"J'ai de mes anc�tres gaulois..."

Putain. Mon dinosaure, il a pris 100 g.

L'avenir de notre r�gion, vous le savez, c'est le tourisme.

Il faut changer notre image.

Il faut en finir avec Germinal.

"Du pass�, faisons table rase", chantaient nos adversaires.

Nous, nous le ferons.

Montrons que nous sommes modernes, accueillants, europ�ens.

Mettons du soleil sur nos terrils.

Ne nous replions pas sur le protectionnisme.

Adaptons-nous aux lois du march�.

Alors, M. Delaunay,

vous avez retir� un poste de pu�ricultrice, un de psychologue.

Ne dramatisez pas.

Vous savez combien vous �tes, dans la moyenne nationale ? 93 %.

93 %.

"La moyenne nationale", c'est quoi ?

Ce sont des chiffres abstraits qui n'ont aucun sens.

1 pu�ricultrice pour 250 naissances, c'est Byzance, � Neuilly. Ici, non.

Bon. Nous consacrons 45 % de notre budget au social.

45 %, ce n'est pas un chiffre abstrait, �a.

Vous avez �conomis� des millions, en fermant le planning familial.

L'argent promis suite � cette d�cision,

la PMI, elle ne l'a pas vu.

Et les cr�dits d�bloqu�s pour l'aide � l'enfance d�linquante ?

Et les �ducateurs install�s sur le terrain ?

Rappelez-vous �a.

Et le bibliobus, on l'a invent�. Vous avez vu le succ�s ?

C'est avant, qu'il faut agir. La solution...

Vous me l'avez dit :

"Pas dans le curatif, mais dans la pr�vention."

Le tableau est simple :

sur des rumeurs, on calomnie le planning familial, on le ferme,

on r�cup�re des millions sur le dos d'une population d�favoris�e,

on charge les associations de s'en occuper,

et pour qu'on ait l'impression que �a bouge, on investit,

on construit, on coupe le ruban et on chante La Marseillaise.

- Il a du boulot pour 1 mois. - C'est d�j� �a de pris.

- Le travail, �a va ? - �a va.

- Pas trop dur ? - Non. �a va.

C'est un F2 ?

Un F3, avec 2 chambres, 1 s�jour...

Sullivan, doucement. Fabien, tu attends qu'on t'appelle.

Renaud...

Nadine, viens. Ton papa est l�.

Je peux aider Madame � raccompagner son enfant ?

- Il a l'air turbulent. - Oui.

Il a �t� formidable, aujourd'hui.

Tu l�sines pas. Surtout, beaucoup de maroilles,

parce que dans le magasin, quand tu l'ach�tes, c'est sec.

Beaucoup de cr�me fra�che, du maroilles et du poivre.

Depuis 1 mois, il n'a pas son go�ter. Je fais quoi, moi ?

Je dois appliquer le r�glement.

Si demain, il n'a rien, je le renvoie chez lui.

�a ne m'amuse pas.

Allez, Nicolas. Viens. D�p�che-toi, bonhomme.

Viens. Tu es content, de voir ton papa ?

Ah. Je voulais vous voir. Mallory, viens.

Elle m'a dit qu'elle avait bu du caf�.

Elle pr�f�re le caf� au chocolat.

Je vous ai dit de ne pas lui en donner.

Viens, Audrey. Viens. Pas �tonnant qu'elle soit �nerv�e.

On l'a lu en classe. Il rep�re bien les mots, les sons.

Enfin, il avance. C'est bien, �a. C'est tr�s bien.

Il a pass� la journ�e � admirer ses chaussures.

Tu as de tr�s belles chaussures.

Je suis contente de vous voir. Je veux voir ses parents.

Il se bat tout le temps avec les filles, surtout avec Margot.

Ou alors, t'es amoureux.

Allez. Va avec ta grand-m�re. Allez. Va avec grand-m�re.

Je suis la voisine de Mme Henry. C'est pour La�titia.

Vous venez la chercher, alors.

- Allez voir M. le directeur. - D'accord.

Au revoir, La�titia.

- Vincent. - "Vincent..."

Au revoir. �a va, avec J�r�mie ?

Non, �a va pas. J'en ai marre.

M�me � moi, il r�pond. Je vais le placer.

- Il a 14 ans. Qu'il fasse du sport ! - Il n'a rien de bon.

Allez, allez, allez.

C'est apr�s-demain, la photo de classe. Qu'ils soient beaux.

Je prends la petite. Mme Delacourt m'envoie.

- Vous avez vu mon mari, hier. - Pas de souci.

Signez la fiche d'autorisation de sortie. Belle �charpe.

Elle te va tr�s bien, ma puce. Tu es une vraie princesse.

- Vous avez 2 min ? - Non. �a ira.

- Ne vous inqui�tez pas. - S�re ?

- Le b�b�, c'est bon, pour la photo ? - �videmment.

- Je vous remercie. - Vous �tes en forme !

� l'�chographie, �a va. Il revient de loin.

Vous devriez toucher, M. Lef�bvre. �a porte bonheur.

Mme Bry, je peux vous voir 5 min ? Entrez dans la classe.

La coop�rative, �a fait quand m�me 2 fois que vous ne la payez pas.

Si tout le monde faisait comme vous, comment on ferait ?

� votre avis, que fait-on, avec cet argent ?

On ach�te des cadeaux de No�l, des oeufs de P�ques.

On fait un petit go�ter.

Ce n'est pas dr�le, de r�clamer de l'argent.

Je ne paie pas les traites de ma voiture avec.

30 F pas trimestre, Mme Bry, ce n'est pas le bout du monde.

Je finis le mois, avec 30 F.

On est le 23. Il reste 7 jours jusqu'� la fin du mois.

Vous dites que vous tenez � quatre une semaine, avec 30 F ?

Oui, c'est vrai.

J'ach�te du lait, des biscuits, les biscuits carr�s secs.

On les fait tremper, et on mange comme �a.

On r�ussit � tenir une semaine.

On va se d�brouiller autrement.

Dites donc. J'ai �t� oblig� de calmer Mme Pr�vel.

Elle m'a dit que vous aviez tir� les cheveux de Julien.

Maintenant, quand elle l'am�ne, il pleure.

Elle l'�coute trop, sa m�re. Et puis il est infernal.

Il perturbe la classe. C'est �puisant.

Je vous comprends.

Mais c'est vrai que vous lui avez tir� les cheveux ?

Je ne le supporte plus. Il m'a pouss�e � bout.

�a nous arrive � tous,

� un moment, de prendre un gamin en grippe.

Parce que certains sont des tiges.

Ce n'est pas tous des cadeaux.

Je savais plus ce que je faisais.

On est tous pareils.

Mais quand �a arrive, le mieux, c'est d'en parler.

On nous a tellement appris � cacher ce genre de sentiments

qu'un jour, un m�me d�guste et devient le souffre-douleur.

Julien, il a 3 ans. Il a connu 4 d�m�nagements.

Ah bon ?

- On peut passer, Sophie ? - Je vous en prie.

Pardon.

� l'IUFM de Lille,

on m'a dit que je ferais plus de social que d'enseignement.

- On vous dit �a, maintenant ? - Oui.

C'est plut�t bien, �a. Et apr�s ?

"Et apr�s", rien. On nous l'a dit. Point final.

- Un petit bonbon ? - Je veux bien.

Les poux, �a ne part pas comme �a.

Je r�p�te que je n'ai pas le droit de faire de shampoing

ou d'appliquer la Marie Rose, consid�r�e comme un m�dicament.

Et puis �a ne servirait � rien.

Ses fr�res et soeurs en ont aussi. Et sa m�re.

Chez eux, c'est insalubre.

- Avertissez le service social. - Je l'ai fait.

Ils m'ont dit qu'ils allaient faire quelque chose.

On ne peut pas rester comme �a. Soyez �nergique.

- Renvoyez cet enfant. - Oui. C'est un motif.

- C'est �crit. - Ben, voyons.

Pourquoi pas renvoyer les b�gues ?

Et les poux, alors ?

C'est beau, ces r�unions, mais est-on vraiment utiles ?

Les toilettes sont toujours dans un �tat lamentable.

Oui. Le robinet de la salle d'eau.

Encore une �pid�mie de gastro.

Et le chauffe-eau est une fois encore en r�paration.

Je sais. �a fait 10 fois que je le signale � la marie.

Il faut beaucoup se bagarrer, pour obtenir peu de choses.

On en a vraiment marre. Je propose de faire une p�tition

et qu'on l'envoie au maire et aux journaux.

Ah. Moi, je suis d'accord.

Je peux m�me vous aider � la r�diger, seulement, je suis pas au courant.

S'ils l'apprennent, �a va pas nous arranger.

Alors que proposez-vous ?

Je suis d'accord pour la p�tition, mais il y a plus grave :

les classes surcharg�es,

avec de plus en plus de familles � probl�me.

- �a, la mairie n'y peut rien. - On devrait �tre en ZEP.

25 �l�ves par classe et des moyens suppl�mentaires.

Mais la principale du coll�ge doit signaler son �tablissement

en zone d'�ducation prioritaire. - C'est pas gagn�.

Je comprends pas. Pourquoi elle ne le fait pas ?

- �a fait mauvais genre. - La p�tition, on la fait ?

- Oui ? - Je vous aurai pr�venus.

Et si on souhaitait bon anniversaire � Mich�le ?

Joyeux anniversaire.

- Bonjour, Julie. - Bonjour, Daniel.

Je reviens de la mairie. On m'a dit que tu d�jeunais l�.

J'ai un probl�me avec Mme Henry. Tu connais ?

- Tu parles de l'alcoolo ? - Oui.

- Plat du jour : filet de poisson. - Bien.

Laisse tomber. Le service contentieux d'EDF, ils sont tr�s durs.

Sp�cialement Mme Etchaberry. Une vraie garce.

Exemple : la famille Dauby. 2 gamins en bas �ge en plein hiver.

Le d�put� est intervenu, �a n'a servi � rien.

Et la PMI, tu as essay� ?

Ils m'ont raccroch� au nez. "Secret professionnel."

Secret de quoi ?

Tout le monde sait qu'ils sont dans la merde.

Je peux pr�parer un colis avec de la bouffe,

mais je peux pas l'apporter. La m�re doit se d�placer.

Attends. Elle ne se d�placera pas.

Mais c'est la r�gle : qu'ils montrent qu'ils en veulent,

qu'ils apprennent � se responsabiliser.

Dans 10 ans, on y est encore.

La petite, elle ne doit pas manger � sa faim.

- Elle est pas � la cantine ? - Trop cher.

Ces gens, tu leur files une aide, ils ach�tent des bi�res.

"Ces gens", ils ont un b�b� et une petite.

T'as vu o� ils vivent ? Alors on fait quoi ?

�a va ! Je peux pas m'occuper de tout le monde.

Bon. Je ferai passer une demande de gratuit� au conseil municipal.

Seulement, il faudra patienter.

10 repas � 12 F, �a fait 120 F. C'est �a ?

Tu diras que c'est de la part de la mairie.

Attention. Levez les mains. Hop !

Waouh ! Les mains !

Les mains pleines de peinture. Allez, continuez.

- Excusez... - Gloria, ne me d�rangez pas,

surtout si c'est un repr�sentant. - Mais ce n'en est pas un.

Et Mme M�riaux...

Mme M�riaux.

Je regardais, parce que...

- C'est � 16 h 20, la sortie. - Bon. Voil�. Je m'en vais.

La prochaine fois, je me f�che pour de bon.

Au revoir, Mme M�riaux.

Ah. Mme Duhem.

Vous avez eu un probl�me avec les Henry.

- Je n'�tais pas l�. D�sol�e. - C'est aberrant,

qu'au service social, on refuse de me donner un renseignement,

alors que je suis en rade. - On est d�bord�s.

Vous l'�tes depuis des ann�es. C'est pas la 1re fois.

Pour vous faire venir, c'est la gal�re.

Je vous signale des familles en difficult�, mais rien.

Le bilan de 4 ans, je le r�clame.

� chaque fois, il manque quelqu'un. Une pu�ricultrice, une infirmi�re...

C'est inadmissible. Vous entendez ?

- La loi, vous ne l'appliquez pas. - On fait ce qu'on peut.

On fait le m�me boulot. On doit marcher ensemble.

Pour les enfants, aucun secret professionnel.

Tant que tous les probl�mes ne seront pas r�solus,

je ne recevrai personne de la PMI dans mon �cole.

Allez, au revoir.

Je suis d�sol�. Allez, hop.

Pourquoi vous me regardez ? Il n'y a rien � faire ?

Le probl�me est r�gl�.

- Puisque vous le dites... - Oui, je le dis.

Les gommettes.

On fait passer.

M. Lef�bvre,

le tableau � double entr�e, c'est bien pass�.

Bravo, car c'est ma hantise, les tableaux � double entr�e.

Il y a trop de bruit, ici.

Mme Delacourt, � demain.

Vous vous �tes bien �nerv�, tout � l'heure.

�a va nous retomber dessus, si l'inspecteur l'apprend.

Avec votre 19,5, vous l'avez, le b�ton de mar�chal.

�a fait des histoires. Je connais cet inspecteur.

Il ne va pas vous rater.

Trop de choses ne vont pas. Vous avez vu o� vit La�titia ?

Oui. �a fait plus de 3 mois qu'elle dort avec ses moufles,

car il fait trop froid.

Ben, alors ?

Il y a 20 ans, j'avais 45 �l�ves.

On ne se plaignait pas. 45 �l�ves.

La discipline, �a marchait.

Les gamins venaient � l'heure et ils �taient propres sur eux.

Ce n'�tait pas qu'il n'y avait pas de pauvret�.

Maintenant, c'est plus pareil.

J'en ai 30, et je ne m'en sors pas.

Non seulement ils arrivent en retard, mais ils viennent sales.

Les parents sont souvent dans des situations d�sesp�r�es.

Si peu ont du travail !

Les petits ne savent m�me plus ce que c'est, un m�tier.

Et puis, surtout, on dirait qu'ils n'ont que moi � qui parler.

L'espoir,

pour moi, c'est pas de me dire qu'ils vont passer le bac,

parce que �a, je n'y crois plus.

C'est juste de leur donner de l'affection,

parce que je suis attach�e � eux.

Enfin, c'est tout l'espoir qui me reste.

Si je vous montrais les gamins dans quel �tat ils sont...

Si petits,

si fragiles...

Les m�res ne s'occupent plus de leurs gosses comme avant.

Elles n'en peuvent plus.

Ils ont 40 de fi�vre, elles les am�nent.

Elles restent devant la t�l�.

Le soir, elles collent leur gamin devant, pour �tre tranquille.

R�sultat : il faut tout leur apprendre,

m�me � dire bonjour.

Et pas seulement �a.

Certains ne savent m�me pas qu'on peut parler � quelqu'un.

Pour eux, les mots servent � dire "j'ai faim", "j'ai froid", ou "soif".

C'est de la survie.

Ils sont pleins de jeu.

Ils sont pleins de jeu, mon vieux.

- Tu l'as pas frapp�e ? - Merde. J'y ai pas pens�.

Tu as encore des progr�s � faire.

Papa, tourn�e g�n�rale. Daniel a encore foutu la merde.

Autant dire que c'est moi qui paie.

- Une Jenlain. - "Une Jenlain" ?

Allez. Sers-lui une Jenlain.

Bonjour, La�titia.

- Elle est l�, maman ? - Elle dort.

C'est pour elle. Pour toi aussi, bien s�r.

- Je peux mettre �a dans l'entr�e ? - Oui.

Au revoir, ma puce.

T'as vu ?

Des fois, c'est bien, de dire un mot. Tu peux m'appeler "Daniel", aussi.

- Qu'est-ce qu'il y a ? - Je veux sauter le cercle.

- M�me chose ? - Oui.

- Qui gagne ? - Nous.

Vous avez 8...

10 et 11.

Un petit Gr�gory a le m�rite de venir alors qu'il a �t� op�r� du pied.

Oui ! Du 1er coup !

C'est pas normal. C'est pas vrai.

C'est Mme Bry. Je te laisse un peu.

Bonjour, Wendy.

�a va ?

Tu me fais un bisou ?

Tu ne veux pas me faire un bisou ? Je vous pr�sente Val�ria.

- Comment elle s'appelle ? - Wendy. Elle fait la t�te.

Regardez. M�me les biscuits pour les anniversaires.

�a fait combien de fois que je r�clame une vraie serrure ?

Et en plus, ils ont d�chir� les photos de classe.

- Vous avez une id�e de qui c'est ? - Des gamins du coin.

Ils ont vol� le magn�toscope, une t�l�, mon cam�scope.

Pas de chance.

Vous �tes venus pour quoi, en fait ?

Bon. Tu fais un relev� d'empreintes.

Je fais �a pour vous, pour l'assurance.

Pas d'effraction visible, pas de sous. Voil�.

Avec tous ceux que j'ai fait p�ter, j'aurais fait fortune, comme vitrier.

Putain !

Il n'y a pas classe. Il faut qu'on r�pare tout.

Il faut attaquer le...

C'est inadmissible. On doit nettoyer.

C'est dangereux, le verre. On ne les garde pas.

- C'est des voleurs ? - Oui.

Il y en a qui peuvent nous aider � nettoyer ?

�a a �t� saccag�.

Mme Choquet, vous ne pourriez pas garder Marie pour la journ�e ?

Je travaille, mais je peux m'arranger.

- Bonjour. Bonjour, Mme Lamart. - Vous ne prenez pas les enfants ?

Tu leur as expliqu� ?

On essaie de s'organiser, pour les enfants.

Sa m�re l'a d�pos�e. Elle ignorait que l'�cole avait �t� saccag�e.

- Comme vous la connaissez... - Je vais m'en occuper.

- Vous n'avez pas d'assurance ? - Si, si.

Mais en attendant, on n'en a plus. Et surtout mon cam�scope � moi.

Bonjour, ma puce.

On vous en a gard� un bout.

Ben, merci. Il ne fallait pas.

Mon mari.

- Bonjour, monsieur. - Monsieur.

Vous �tes routier, je crois.

En ce moment, je fais des livraisons sur les chantiers.

�a vous dirait, de venir expliquer votre m�tier aux enfants ?

Moi ?

- �a, je saurais pas. - Mais si.

Montrez-leur comment fonctionne un camion. Ils adorent �a.

C'est-�-dire que le camion, il n'est pas � moi.

Pour �a, je pourrais m'arranger avec votre patron.

Hein, La�titia ?

�a te plairait, qu'il vienne montrer son camion ?

Monsieur, on vient vous aider. On est d�j� 4.

- D'accord. J'arrive. - Je vous pr�pare un balai.

La mairie, ils vous ont contact�s ?

- Ils veulent qu'on passe. - Et ? Alors ?

On pr�f�re se d�brouiller tout seuls, monsieur,

parce que vous savez, j'ai 4 jours de boulot,

et je suis plus ch�meur longue dur�e.

�a, c'est les Assedic.

L'Assedic, la mairie, l'ANPE, ils sont tous pareils.

- Ils v�rifient toujours. - C'est pas notre faute, le ch�mage.

Et puis ils pourraient placer les gosses.

C'est pas pour �a qu'ils vous ont contact�s.

Non, non.

On a pris votre cam�scope ?

Oui.

- Monsieur, on a besoin de vous. - Je suis oblig� d'y aller.

Ne vous inqui�tez pas.

Marc, rassure-moi, la convocation des Henry,

c'est un colis sanitaire ? Rien � voir avec la Ddass ?

Tu devrais leur dire. Je les ai vus. Ils ont la trouille.

Oui. Je sais. Mais c'est un autre probl�me.

Bon. Je te sens press�. Je te laisse. Ciao.

- �a part, vous ? - Pas tellement. Il faut frotter.

�a, c'est du yaourt.

Bon. Je vais jeter la poubelle.

- On ne va jamais y arriver. - C'est la 3e fois que �a arrive.

Moi, �a me r�volte, des trucs pareils.

- Bonjour. C'est la PMI. - Il manquait plus que �a.

J'ai pas �t� assez clair ? Vous allez m'�couter.

Ne revenez pas sans avoir abord� les vrais probl�mes.

Je suis d�sol�. Au revoir. Il faut crever l'abc�s. Merde.

Ah. C'est pas vrai !

- Ben, �a sonne. - Oui. Je sais.

- Pourquoi vous n'allez pas ouvrir ? - Oh. �a va !

- �a va. - �a sonne.

C'est peut-�tre le plombier.

Bordel.

Si vous me reclaquez la porte au nez, je sonne jusqu'� 17 h.

On vous a raccroch� au nez, c'est inadmissible,

mais �a ne vous autorise pas � jouer les Rambo, surtout avec un balai.

Et je crois que vous avez besoin d'aide.

Je suis Samia Damouni. Je suis pu�ricultrice.

Je suis ici depuis 1 mois.

Waouh !

Eh ben !

Bonjour.

Vous manquez d'autorit�, avec vos �l�ves.

Tr�s dr�le.

Vous savez combien on est, pour le secteur ?

4.

4, pour plus de 4 000 personnes,

dont 300 familles en difficult�.

On est d�bord�s. On devrait �tre 2 fois plus.

On a 1 m�decin pour 5 000 enfants. Le bilan, on le fait quand on peut.

- Mais c'est pas l�gal ! - �videmment.

Seulement tout le monde s'en fout,

� commencer par un bon nombre de vos coll�gues.

Tenez.

Chez nous aussi. Certains restent dans leur coin

et laissent faire le sale boulot aux autres.

Je dois l'attendre encore 5 ans, ce bilan ?

Vu le bruit que vous avez cr��, vous l'aurez vite, votre bilan.

Mais avec des trucs en prime, comme dans les paquets de lessive,

genre convocation de l'inspecteur. On l'a senti un peu crisp�.

- Oui, ben, comme d'hab. - "Comme d'hab."

Remarque, vu comme �a a carillonn�,

on va peut-�tre passer � la vitesse sup�rieure.

Dites donc. Ils sont beaux, vos dessins.

Oui. L'ann�e derni�re, j'avais fait une expo.

L�, c'est Lolita, un peu sauvage. �a se sent, dans les couleurs.

Dylan, Wendy, l�-bas, un peu plus triste,

Clayton...

"Dylan", "Wendy", "Clayton"... C'est le Texas, ici.

Non. Les Feux de l'amour. Michael quitte Pamela,

qui se console avec Jack. R�sultat : ravages dans l'�tat civil.

Mais je me plains pas. En face, il y a Starsky et Hutch,

des jumeaux.

Authentique.

J'en ai plein le cul, de perdre mon temps avec �a, moi.

Des plaintes de vol, des cabines t�l�phoniques explos�es...

J'ai 50 appels par semaine.

On n'y va plus. Que des petites frappes.

12 ans, qui savent pas quoi foutre,

avec des parents qui s'occupent pas d'eux.

�a, le magn�toscope et la vieille t�l� pourrie,

qu'est-ce que vous allez en faire ?

Tous les ch�meurs l'ont, la t�l�, ici.

Tous pareils. Vous �tes sales.

On vous a jamais appris � vous laver ?

Taper les vieilles, �a suffit plus. Vous saccagez une �cole.

Il n'y a plus de limites, l�.

Des minables, vous �tes. Des bons � rien.

L'avenir, c'est la taule, pour vous. Rien d'autre. La taule.

Tu en as, des camions, en jouets ?

Tu as un tracteur ?

La grue se d�plie.

D'abord, elle avance, et elle se d�plie.

Comme �a, on peut prendre des affaires.

C'est haut !

Voil�. L�-dessus, il va y avoir tout le poids.

Vous voyez ?

Doucement. Doucement.

C'est magique, �a.

�a va ?

Moi !

Moi !

Moi !

Moi !

- Que peut-on mettre dedans ? - De la paille.

Vas-y. Voil�. C'est l�.

Alors ?

C'�tait une bonne id�e que vous avez eue.

Je crois que �a leur a fait plaisir.

Merci !

Au revoir, M. Henry.

Donnez-vous la main.

Lindsay, donne la main � Brice.

- Je peux vous parler 2 minutes ? - Oui. Bien s�r.

Cathy...

�a sert � rien, tes conneries. Sors de l�.

- Sors ou j'�clate la porte. - J'ai rien fait !

J'y suis m�me pas entr�, moi.

C'�tait une blague.

"Une blague" ? Tu te rends compte ? T'as rien dans la t�te, mon gar�on !

Alors tu t'en fous ? Tu t'en branles ?

Il n'y a que tes dinosaures et tes jeux vid�o � la con ?

Sors ou j'�clate la porte.

Allez. Sors, maintenant.

J'y suis pas entr�.

T'es pas mon p�re !

Voil� les whiskys.

- �a ira ? - Tu veux venir 5 minutes ?

Qu'est-ce que tu fais l� ?

T'en fais, une t�te !

�a va pas.

J'ai gifl� R�mi.

Il �tait avec les petites frappes qui ont saccag� l'�cole.

- C'est pas possible. - Les flics me l'ont dit.

Il voulait me faire "une blague". Il leur a fil� la cl�.

Tu te rends compte ? C'est parti tout seul.

- Je l'ai gifl�. - T'aurais pas d�.

Pourquoi tu m'as pas pr�venue ?

Je sais pas. Parce que je sais pas m'y prendre,

parce que je fais que des conneries,

parce que ton m�me m'aime pas. - Ne dis pas n'importe quoi.

Il est tout seul ?

Oui, mais �a va.

Mais c'est pas vrai !

Ne t'inqui�te pas. On y va ?

Allez.

Daniel, tu fermeras la porte !

Tu ne veux pas qu'on parle ?

C'est quoi, ces mecs avec qui tu tra�nes ?

C'est des voyous, des malfrats, ces mecs-l�.

R�mi, r�ponds-moi. Pourquoi t'as fait �a ?

Tu veux la bousiller, notre vie ? Tu veux tout foutre en l'air ?

�a t'amuse, de faire du mal � Daniel ?

Tu comprends rien. Je m'en tape, de ces mecs.

Eux, c'est leurs vrais p�res qui les frappent.

- Moi, je connais pas le mien. - Je marche pas.

Tu balances toujours la m�me chose. C'est trop facile.

Pourquoi tu m'en parles pas ? Comment il s'appelle ?

- J'ai le droit de savoir. - Ton p�re, il n'existe pas.

- Il est pire que rien. - Pourquoi t'as bais� avec lui ?

Ta m�re n'a pas bais� avec quelqu'un.

J'avais 17 ans. J'ai dans�. Je me suis sentie bien. C'est tout.

- Non. Je suis n�. Je suis son fils. - Tu l'es pas. T'es rien, pour lui.

La seule chose qu'il voulait, c'�tait que j'avorte.

Voil� la v�rit�.

Quand je lui ai dit que je te gardais, silence radio.

Alors un mec comme �a, j'ai pas voulu le revoir.

Salut.

Dis donc, t'as foutu un boxon terrible.

On raccompagne les m�mes chez eux et voil� o� �a nous m�ne.

Je remets ma cravate. J'ai vu la m�re Duhem.

Je vous ai r�unis � la demande du ministre,

qui souhaite r�activer le dialogue entre l'�ducation nationale,

vous, chefs d'�tablissement, et les partenaires sociaux.

Un dialogue parfois difficile,

si j'en juge par des incidents qui se sont pass�s.

Enfin, je ne citerai personne.

En attendant, pour faciliter l'approche des comp�tences,

je vais demander aux partenaires de se pr�senter

et de d�finir leurs t�ches.

Je pense que ce sera profitable pour tous.

- Il botte en touche. - Qui veut commencer ?

Je veux bien y aller.

Je suis assistante sociale. Je m'appelle Carine Duhem.

Je m'occupe des familles en difficult�

avec suivi de terrain.

Je fais face � des probl�mes souvent graves :

hygi�ne, sant�, alcoolisme, inceste, violence conjugale...

La liste est longue.

M. l'inspecteur, que je remercie d'avoir organis� cette r�union,

a raison de souligner que notre t�che est parfois alourdie

par des enseignants qui jouent les assistantes sociales.

Je conteste l'expression "jouer aux assistantes sociales".

J'ai laiss� la parole aux partenaires sociaux.

On n'est pas chez Michel Field. Bon.

Laissez-les s'exprimer et faire leur travail. Merci.

�a nous rajeunit, de fumer dans les toilettes.

Tu parles d'une r�union de concertation !

Tu la fermes et t'�coutes des types te dire

qu'ils n'ont jamais de compte � te rendre.

On sait que �a sert � rien. Et le social, c'est pas notre m�tier.

Les vaches seront bien gard�es.

Dans la courbe de Gauss, je m'int�resse � ceux du milieu,

parce que eux, on peut encore les sauver. Les autres, rien � faire.

On puis on n'est pas le bon Dieu.

Du pipeau, ta courbe. �a ne tient plus debout.

Tous mes gamins sont en difficult�. La soci�t� implose.

Alors voir des directeurs autour du grand chef

pour �couter la bonne parole, je trouve �a...

Le temps qu'on perd !

Que veux-tu qu'on fasse ? On n'est pas le SAMU !

Et si tu t'occupes des cas sociaux, tu ne t'occupes plus des autres.

On en jette la moiti� et on voit avec les autres ?

La poubelle, elle va p�ter. Elle n'arr�te pas de grossir.

C'est facile, de noircir le tableau, mais moi, je suis positif.

Je fais un journal d'�cole. Des �l�ves s'en sortent comme �a.

Parlons-en.

Tu te souviens de Laurent et de sa camisole de force ?

Tu en as peut-�tre sauv� 10, ou plus, comme tu dis,

mais qu'est devenu Laurent ?

Qui sait s'il ne va pas se tuer ?

Plein de m�mes sont au bord du gouffre.

On te demande pas du social, simplement les �couter.

� la sant� de celui qui supporte ma fille depuis 2 ans.

Il est vraiment

Il est vraiment ph�nom�nal

R�mi, va voir Daniel.

Allez. Sois gentil. C'est mon anniversaire.

- Allez. Viens lui parler. - L�che-moi.

T'es plus mon copain.

"On a ferm� les puits, �teint les laminoirs.

"Les hommes montrent aux enfants la route des pommiers,

"le ciel r�chauff� par la brique, la rondeur du ventre des carpes.

"L'eau coule par les for�ts.

"On traverse le pays comme si les terres

"allaient nous rendre plus forts, plus humbles.

"La neige remplit le corps des robes. Les corbeaux dansent avec les f�es.

"Il y a Mormal et les �tangs cach�s,

"les vierges dans la pierre des chapelles,

"20 peupliers dress�s � la porte des villages."

Le 1er mois, d'accord. Il y a eu un certificat m�dical.

Le certificat est valable 1 semaine, pas 3.

- Il est fragile, Jo�l. - Attendez.

J'ai 32 �l�ves. C'est difficile.

Si je dois me battre pour qu'il vienne, comment je fais ?

- On comprend. - Vous comprenez,

alors pourquoi vous ne le conduisez pas � l'�cole ?

C'est pas la mer � boire !

Le matin, on ne met plus le r�veil.

�a fait des ann�es qu'on cherche du boulot.

Quand on veut se lever, le matin, on n'a plus envie.

Quand on s'est d�cid�, trop tard. On n'ose plus.

Excusez-moi. C'est pour l'�tat du lait.

Oui. J'arrive dans 5 minutes.

Oui. Je comprends.

C'est dur, hein ?

Si vous baissez les bras, qu'est-ce que je peux faire ?

Je radie Jo�l de mon �cole et c'est termin�.

C'est � lui que vous faites du tort.

Vous n'avez pas le droit de d�missionner.

Il faut vous lever, le matin. C'est important.

Il faut le conduire � l'�cole.

C'est pas un passe-temps, la maternelle.

Je lui apprends les bases de la lecture.

C'est important, de savoir lire et �crire.

S'il fait la maternelle, �a ira, en primaire.

Il prendra pas de retard.

Vous savez, parfois, on n'en peut plus.

Ben oui.

Il est formidable, votre Jo�l.

Formidable.

Oui. Presque �a.

Oui. C'est bien. C'est bien, Cassandra.

T'es forte. Tu l'as vue lancer ? Vas-y. Doucement. Tout droit.

Non. � c�t�. Allez, vas-y. Montre-moi.

Vas-y.

Ne te mets pas devant. Retourne derri�re. Voil�.

Oui ! Qui a r�ussi ?

C'est toi qui as r�ussi ? Bravo.

Presque. Et au basket, on y arrive, au basket ?

C'est plus dur, au basket.

Essaie par en dessous. Hop ! Essaie par en dessous.

Attention.

Oui ! Bravo, Maxime.

Vous avez vu ce qu'il a fait ? Mets-toi derri�re.

Monsieur Lef�bvre...

Allez voir dans les water. Je crois que c'est grave.

Je reste ici. Je garde les enfants. C'est � qui ?

Montre-moi ta main. L�, tu as un beau bobo.

Il va falloir qu'on le soigne. Et l'autre.

Alors ?

Ah. Tiens. Montre ton dos � M. Lef�bvre.

Attends.

Allison, Fabrice, allez dehors.

Installez-vous sur le banc tranquillement.

Voil�. C'est bien.

Dis, Jimmy. Il s'est pass� quoi ? Tu es tomb� ?

Non ?

- Qui c'est qui t'a fait mal ? - Personne.

"Personne" ? T'es s�r ?

Et tu t'es battu ?

Non ?

Qu'est-ce que vous en pensez, M. Lef�bvre ?

Ben, je n'en sais rien.

Attends. Fais voir ton dos.

Il y a bien des marques, mais elles sont att�nu�es.

Je peux pas faire un signalement, avec �a.

Il faut me le dire, Jimmy, si quelqu'un te fait mal.

D'accord ?

Personne n'a le droit de te toucher. Personne.

C'est comme �a.

Ni moi, ni Cathy,

ni papa, ni maman. Personne n'a le droit de te faire mal.

Le titre "Ballons dans le ciel", tu le mets sur quelle photo ?

Oui. Tr�s bien. Fais-le. Il est o�, le titre ?

Regarde bien le mot, Kelly. Regarde.

- C'est quoi, ce mot ? - "Ballons."

Alors, maintenant, Nicolas...

Tiens, Cathy...

"Les dons de la mer", on le met o� ?

Vas-y, mon grand.

Oui.

Maman ! Maman ! Il est o� ?

Avec les colombes, l�.

Papa !

Papa...

Frappe !

Frappe-le ! Il �touffe ! Frappe-le !

Fais quelque chose, Daniel. Il �touffe !

Il va mourir ! Frappe !

- Vas-y. Frappe-le ! - Papa...

Mais vas-y, Daniel ! Frappe-le ! Il va mourir ! Il �touffe !

Frappe. Oui. Frappe-le.

- Je t'emm�ne ? - Non. Je l'attends ici.

Comme �a, il reviendra.

- Pr�viens ton fr�re. - Oui.

�a marche, les photocopieuses, en ce moment.

J'en ai plac� une trentaine autour du Havre.

C'est bien.

Tu devrais te tirer d'ici et venir bosser avec moi.

Votre p�re, �a va mieux. Vous pouvez aller le voir.

La cigarette, s'il vous pla�t.

Val�ria...

Val�ria !

Val�ria, �teins ce bordel. Mon p�re a eu une attaque.

- Mon p�re a eu une attaque. - J'ai entendu.

Je reviens de l'h�pital. Ils l'ont mis en r�animation.

- C'est tout ce que �a te fait ? - Oui.

Ce mec t'a bousill� ton enfance.

Il t'a frapp� � te laisser sur le carreau. Moi, il m'insulte.

Tu voudrais que je pleure � cette annonce ?

Non, non.

Enfin, c'est quand m�me mon p�re.

J'avais soif.

- T'en veux ? - Non.

Tu sais, elle est comme �a, maman.

J'en veux bien un peu.

� la tienne, gamin.

C'est comme �a, hein ?

Tu m'en veux ?

Je dirai plus �a.

Tu me montres ce que t'as �crit ?

Ton p�re rentre dans une semaine.

Il t'a parl� ?

Il est bien trop fatigu�.

Personne n'est venu le voir.

�a fait des ann�es qu'il ne parle plus � personne.

Tu tra�nes pas des bouteilles � oxyg�ne pour aller au WC, toi.

De la vraie chirloute, ton caf�.

Le caf� que boit ton p�re.

C'est pas du caf� d'instituteur, c'est du caf� de mineur.

Tiens.

Tu ne veux pas me r�parer la prise de salon ?

Quoi ? Encore ?

Il est temps de quitter cette baraque.

Ne m'emb�te pas avec �a.

Ton p�re veut pas quitter le coron. C'est toute sa vie, ici.

Commence par le Charlotte Delbo.

Tu vas voir.

"Elle coiffe la neige comme un hiver re�u en pleine poitrine.

"Entre ses doigts et ses cheveux glisse une sorte d'amour,

"une multitude couch�e dans le sang.

"Elle coiffe la neige.

"C'est une longue marche dans les champs.

"Elle coiffe la neige. Oui. C'est cela.

"Elle prie, si prier est cette lenteur retrouv�e,

"cet �carquillement de soi.

"Douceur des larmes dans les mains, la voix...

"Douceur de n'�tre rien, dans la plus intime des secondes."

Un Monstre. "J'ai dessin� un monstre affreux

"avec des bosses, avec des creux, des racines, des antennes,

"des rustines, des mitaines,

"un oeil vert, sans paupi�re, et 3 pieds, sans soulier.

"Quand il m'a regard�, j'ai voulu le gommer,

"mais il s'est �chapp�."

Tr�s bien. C'est tr�s bien.

Oph�line...

Bon app�tit, ma puce.

- Au revoir. Bon app�tit. - Merci, Oph�line.

Au revoir.

- Bonjour. - Bonjour.

Je passais dans le secteur,

alors je t'apporte des dossiers � remplir pour le bilan de 4 ans.

Mardi 5 mai, �a ira ?

Je r�ve !

Bravo.

- �a fait 3 mois que je suis l�. - Bal�se.

Il y a un probl�me ?

La nouvelle consigne :

on n'accepte plus les enfants sans ticket.

- M. Lef�bvre, vous courez o� ? - M. le maire est en rendez-vous.

Vous avez priv� 2 gamins de cantine. J'en fais quoi ?

- Calmez-vous. - Je les emm�ne au McDo ?

Laissez-nous.

Ils doivent bien manger !

On l'a d�cid� en conseil municipal et pas de gaiet� de coeur.

Des gens abusent de la situation. On y perd beaucoup.

- Vous n'�tes pas � 20 F pr�s ! - Fois 100, �a fait une somme.

�a fait 5 mois que �a dure, qu'on nourrit leurs enfants.

Et les m�mes, ils font quoi ?

Je n'ai pas de le�on � recevoir. J'ai un taux de 34 % de ch�meurs.

Nous sortons d'une tutelle �conomique caus�e par mon pr�d�cesseur.

Plus d'un quart du budget passe dans le social.

J'ai 8 �coles comme la v�tre. Plus d'argent.

Les entreprises ferment. Je me bats pour qu'on soit en ZEP.

- J'ai �crit au ministre. - Et les enfants...?

Les parents doivent prendre leurs responsabilit�s.

Alors l�...

- Un maire communiste... - �a n'a rien � voir l�-dedans.

Il y a des choses que je ne peux pas faire.

On est pass�s d'un paternalisme des houill�res � celui des �lus.

"Je veux un emploi et un logement, M. le maire."

S'ils ne les ont pas, FN.

Je ne suis pas une bouteille de Mercurochrome.

H� ! La�titia...

- Un t�l�phone coup�. - Laissez.

On pr�viendra les parents ce soir.

Venez manger avec nous, sinon, il n'y aura plus rien.

C'est bon, les frites.

Alors, �a mange ?

Attention, La�titia.

- �a te fait peur ? - Elle met sa manche dans le ketchup.

Elle n'a pas mang� de cr�pe. Elle pr�f�re vos g�teaux.

Kevin en a mang� 3, lui.

C'est bien. � la maison, il ne mange rien.

C'est un enfant qui a fait beaucoup trop de foyers.

- La Ddass... - Ne m'en parlez pas.

- Au revoir, bonhomme. - Bonsoir.

Tiens, Cathy.

Madame Henry...

J'ai un souci, avec la cantine.

Ils n'acceptent pas les enfants sans ticket.

Ils m'ont dit qu'ils vous ont aid�e, le mois dernier.

Il y en a qui abusent. Pas vous, je sais bien.

Je vais pouvoir m'arranger. Mon mari a �t� pay�.

- Je vais acheter des tickets. - Tr�s bien.

Mme Delacourt est tr�s contente de La�titia.

Elle prend confiance en elle.

Hier, tu as �crit ton nom en entier ?

C'est bien, ma puce.

- Au revoir. - Allez, viens.

Garde ton petit fr�re.

- Je peux vous parler une minute ? - Oui.

J'ai eu un papier. Je comprends pas. Je peux vous le montrer ?

�a doit �tre � cause de l'EDF.

Non. C'est le loyer. C'est un avis de recouvrement.

Ils vont faire une retenue sur salaire.

Il y a 6 644 F de frais d'huissier !

Ils vont nous prendre l'argent ?

Oui. Le 3, ils vont vous pr�lever 2 000 F.

J'ai vu quelqu'un de la mairie pour avoir plus de temps.

D�j�, �a fait plus de 6 mois qu'on est sans courant.

- Demandez le mini-compteur. - Ils veulent qu'on paie avant.

C'est pas vrai !

Mais comment je vais faire ?

O� sont les nuages ?

Alors, allez-y. Les nuages.

Faites les gros nuages.

Tiens. Refais ta danse.

Oui !

Oui !

Oui !

Je veux toucher d'autres publics, montrer mon travail

dans des usines, des �coles, des quartiers d�favoris�s

qui n'ont jamais vu de sculpture, leur faire dire ce qu'ils ressentent.

Tant pis, s'ils me crachent dessus, s'ils trouvent �a nul.

Il y aura eu un �change.

Vous avez droit � la patate, avec votre r�gime ?

Le bulletin syndical est revenu vierge.

Je suis le seul syndiqu�, ici ?

�a ne sert � rien. J'ai �t� syndiqu�e 10 ans.

Non, je suis pas d'accord. Ils nous aident, parfois.

Pour passer les �chelons, et surtout pour conserver leurs privil�ges.

Et il y a l'int�gration des instits parmi les professeurs des �coles.

Vous dites que je suis syndiqu� pour �tre professeur des �coles ?

Mais non. Pour gagner 1 000 balles de plus.

Bonjour l'engagement.

Vous voulez qu'on chante l'Internationale ?

Vous vous en souvenez ?

Allez. � la v�tre.

Alors ? Comment il est, ce vin ?

- Franchement ? - Oui.

Bon. Ben, ces trois-l�, aucun probl�me.

OK. Ana�s Doise.

Je suis inqui�te � son propos.

Elle a des vertiges et est m�me tomb�e.

La vue, l'audition, �a para�t normal.

Les parents l'ont emmen�e chez le m�decin ?

Ils n'ont pas d� y aller. D�j�, venir...

Alors on �crit :

"Prendre imp�rativement rendez-vous

"avec le m�decin traitant en vue de faire un scanner."

- Alors, Estelle Dupuis. - C'est terrible. Quand elle court,

je l'appelle, elle ne r�pond pas, elle ne r�agit pas.

Et puis elle parle comme un b�b�.

J'ai remarqu�. Je l'ai dit aux parents,

mais � chaque fois, ils se vexent.

"Dites tout de suite que notre fille est sourde !"

�crire sur le bulletin confidentiel : "Audiogramme.

"Voir oto-rhino."

- J'assure le suivi avec les parents. - D'accord.

Voil� les monstres.

- �a va �tre l'heure des mamans. - Alors, les sportifs ?

- Au revoir. - Rentre.

- Au revoir. - � bient�t.

- Pardon. - Laisse passer M. Lef�bvre.

Pardon. Excusez-moi. Merci beaucoup.

- Bonjour. - Bonjour.

Jean-Baptiste !

Le formidable Jean-Baptiste. Hein ?

Au revoir, gamin. Tr�s bien, aujourd'hui.

Allison !

- Tope l�. - Alors ?

- On a gagn�. - Au revoir, ma grande.

Et le bilan de 4 ans, c'est pas obligatoire.

Non. Je te crois pas.

C'est celui du passage en CP qui l'est.

Mais entre toutes ces circulaires,

entre le conseil g�n�ral et l'�ducation nationale,

personne ne s'y retrouve. Tu leur as foutu la trouille

et t'es pass�.

Dis, au fait, va voir les Henry.

Un avis de recouvrement de loyer est tomb�.

Je n'y crois pas. J'ai appel� 2 fois le service contentieux.

- Voil� l'argent de la coop. - Tr�s bien. C'est not�. Au revoir.

Tiens ! Mais c'est Aur�lie !

Ben, alors ?

T'es � la grande �cole, mais tu peux m'embrasser.

- Elle est 1re. Je suis contente. - Ah. Tr�s bien.

Il ne fallait pas que je m'inqui�te. Elle est timide, mais elle s'en sort.

Par contre, lui, ce sera une autre paire de manches.

Tu sais ce qu'a mis le prof de R�mi sur le bulletin ?

"Atteindra peut-�tre la moyenne en 2021."

C'est pas dr�le. C'est humiliant. Il en a chial�.

�a va pas lui donner envie de bosser.

- Tu as vu le prof ? - J'ai essay� 4 fois.

Je n'arrive pas � comprendre.

Les parents sont re�us, en maternelle, et apr�s, rien.

Tu fais mal aux poissons.

Mais non. Leur bouche, c'est comme le bout des doigts.

Et si on t'accrochait un hame�on au doigt ?

H� ! Ne g�che pas mon apr�s-midi.

Oui. Si t'en prends un, je veux m�me pas le voir.

Allez. Embrasse-moi.

Allez.

Daniel, �a mord ! Viens. D�p�che-toi. Vite !

Reste calme. J'arrive.

Vas-y. Baisse le moulinet.

Vas-y. Respire.

Val�ria, �puisette. Vite !

Vas-y. Baisse.

- Vas-y. Donne. - Je ne veux pas voir �a.

Vas-y. Rapproche-toi.

Vas-y. Ram�ne-la.

Doucement. Doucement.

Viens voir papa.

Hop !

Il est lourd ! La vache ! Merde !

Il a d�mont� l'�puisette. C'est un monstre. T'as vu ?

- Vous faites quoi ? - On le remet � l'eau.

- Ah. Quand m�me. - Tu veux venir voir ?

On va essayer de lui enlever �a. Bravo !

Chapeau, mon gars.

Hop.

Chef...

Attention ! Attention !

Allez. On va se mettre en rang. On va retourner en classe.

Bonjour, M. Lef�bvre.

Allez, Kevin.

Cathy, on les fait rentrer dans la classe.

Allez. En rang par deux.

Bonjour, madame.

Je n'ai pas besoin de vous dans la classe.

- On y va ? - Oui.

Vous continuez le d�coupage des kangourous.

Oui. On y va, ma puce. Allez.

Des bisous dans le cou

Moi, j'en veux beaucoup, beaucoup

Aur�lie, elle a lev� le doigt.

- C'est quoi ? - La sorci�re Cracacha.

Alors, l�, bravo. Tu la fais ?

Vas-y. �coutez bien.

La Sorci�re.

"La sorci�re Cracacha a dans son sac � poussi�re

"des id�es de cauchemars, de la poudre de cafard,

"des graines de vilains mots, et des col�res, des vilains mots.

"La sorci�re Cracacha, je ne l'aime pas."

- Bien. - Elle a dit 2 fois "vilains mots".

- C'est pas grave. - Encore.

- C'est quoi ? - Pimprenille.

Pimprenille, la reine des chenilles

Elle a fait son cocon pour faire un papillon

Pimpreton, le roi des papillons

S'est coup� la barbe, s'est coup� la barbe

Pimpreton, le roi des papillons

S'est coup� la barbe et s'est coup� le menton

C'est bien, le bruit des ciseaux. Je pose une question, vous r�pondez.

"Comment �a va, sur la Terre ?"

"�a va."

Oui. Tr�s bien.

- "Les chiens sont-ils prosp�res ?" - Non.

Tu dis "non", toi ?

Tu dis "non", Nicolas ?

Que dit-on ? "Les chiens sont-ils prosp�res ?"

"Mon Dieu, oui. Merci bien."

"Et les nuages ?"

"�a flotte."

"Et les volcans ?"

"�a mijote."

- "Et le temps ?" - Non.

"Et les fleuves ?"

- "�a s'�croule." - "�a s'�croule" ?

"�a s'�coule."

"Et le temps ?"

"�a se d�roule." Tr�s bien.

- C'est moi qui l'ai dit. - C'est toi ? Bravo, Kelly.

- "Et votre �me ?" - "Elle est malade."

"Le printemps �tait trop vert, elle a mang� trop de salade."

C'est bien, hein ?

Comment ?

Oui ?

Je fais quoi, avec ?

On met de l'eau, pour que �a marche ? Pour �crire ?

Ah !

Si je mange trop de salade...

Mais je ne vais pas manger trop de salade.

All� ?

Qu'est-ce qui... Oui, le t�l�phone a sonn�.

Et celui-ci ?

Continuez.

Tu suis bien les fl�ches. Tu remontes, pour faire le R.

Le R de "Brice".

C'est tr�s bien, ma ch�rie.

Oui ? Qu'est-ce qu'il y a ?

Tu continues. Tu peux changer de couleur.

Tr�s bien.

Qu'est-ce qu'il y a, Sylvia ?

Qu'est-ce qui se passe, ici ?

Comme par hasard, c'est avec Aur�lien.

Tu t'occupes trop des autres, pas assez de toi. Tu restes ici.

Le bouchon, on le prendra.

Alors, est-ce qu'on d�coupe bien, ici ?

Oh. Lolita, que s'est-il pass� ? Tu as d�chir� ta feuille ?

� tout � l'heure, les enfants.

Bon, bon, bon.

J'ai assist� � une s�quence de langage

o� ils retrouvent une comptine � partir des gestes.

Bon exercice de m�moire, de motricit�,

de bonne articulation du langage.

Vous ma�trisez le feed-back de Laurence Lentin.

Vous savez captiver votre petit auditoire.

On voit que les enfants prennent du plaisir � cet exercice.

Mais lors des activit�s d'atelier,

�vitez de circuler � travers les groupes.

Vous vous dispersez.

Vous devriez vous r�f�rer aux travaux de Jocelyne Giasson.

Pas facile � prononcer, "Jocelyne Giasson".

Elle d�nonce la juxtaposition des savoirs

qui peuvent participer � l'�chec scolaire.

Mais je fais quoi, avec les autres groupes ?

Rendez-les autonomes.

C'est le b.a.-ba de la p�dagogie moderne.

Une autre remarque, importante, celle-l�.

N'oubliez pas de noter pr�cis�ment sur le cahier journal

l'objectif p�dagogique des activit�s, pour la construction des savoirs.

Et �a pr�pare votre livret d'�valuation pour chaque enfant.

2 ou 3 choses, encore, peut-�tre.

On ne dit pas "c'est quoi ?", mais "qu'est-ce que c'est ?"

Soyez plus directif. Vous vous laissez d�border.

Quant � votre direction d'�cole, je suis l� pour �a aussi,

je ne m'�tendrai pas sur vos rapports avec les services sociaux,

vos initiatives � coups de sabre, vos contestations.

Enfin, bon.

On ne transforme pas un Maradona en �v�que anglican.

Ne me dites pas que vous ignorez qu'une p�tition circule.

C'est une initiative du conseil d'�cole.

Oui. Vous faites trop participer les parents.

C'est pas ce qu'on nous demande ?

Mais sous mon contr�le personnel. N'oubliez pas �a.

On ne vous demande pas d'�tre un agitateur, mais un m�diateur.

Hier, 2 parents se sont plaints de votre refus d'inscrire leur petit.

Je suis d�j� � 32 par classe.

C'est lourd, dans ce secteur.

Je croyais que vous d�fendiez le projet de ZEP.

Je le d�fends. Mais c'est pas la question.

Je ne veux plus de plaintes � votre sujet.

Non. C'est bien. Je vais r�fl�chir, pour la note.

Ah. Bonjour, Mme Delacourt. Tout va bien.

- Qui est ce monsieur ? - �a, c'est le grand chef.

La�titia, viens. C'est maman.

Ah. Comme �a. Vas-y.

Elle vous attendait. Elle �tait impatiente.

Excusez-moi. Vous savez rien, pour l'EDF ?

On ne m'a toujours pas rebranch�e. M. Lef�bvre devait s'en occuper.

Je ne peux pas vous dire.

M. Lef�bvre est dans son bureau.

- Comment �a s'est pass� ? - Parlons d'autre chose.

Il n'a pas dit bonjour, en sortant.

M. Lef�bvre, on a encore �gar� le tricot d'Oph�line.

Sa m�re, elle est remont�e.

Vous ne m'avez pas donn� mon bulletin d'autorisation d'absence.

- Ah. Mme Henry... - Donnez-moi le formulaire

et je m'en occupe.

Mme Henry, je ne peux pas, l�. Allez voir Samia. D'accord ?

Au revoir.

�coutez. Je ne peux pas m'occuper de tout �a.

Donnez-moi le formulaire et je m'en occupe.

Sur les 8 inspecteurs que j'ai eus, 1 seul connaissait le terrain,

proche de nous, � qui on pouvait parler.

Les autres, je les collerais � la cit� du Temple.

Vous savez que ce n'est pas pour eux qu'on travaille.

Je vais passer tous mes �chelons � l'anciennet�.

�a fait 12 ans que �a dure.

Cet enfoir� ne va pas augmenter ma note.

19,5, Mme Delacourt.

Moi, j'ai la note la plus basse de l'�cole.

Arr�te un peu de te plaindre.

Qu'est-ce que tu en as � foutre, de ces points ?

C'est d�bile, ce syst�me. Infantilisant.

On vous note comme des gosses.

Avec 13, tu passes moins vite les �chelons,

tu gagnes moins et on te regarde comme un incapable.

- Qui ? - Les coll�gues, la secr�taire,

les conseillers p�dagogiques...

Eh bien, d'accord. Reste un petit fonctionnaire.

Tremble devant tes chefs, devant ton p�re.

� quoi �a rime, de prendre des risques, de vivre,

de respirer, de s'engueuler ?

De se marier, par exemple ?

D'oser me faire un enfant ?

Oui, enfin...

Je le mets � quelle heure, le r�veil ?

Pas de r�ponse. OK. 6 h 30. Comme d'hab.

Laisse-moi tranquille.

On n'y arrivera jamais, alors.

�a y est ? Tu �teins ? Je peux dormir ?

OK. J'�teins, c'est un gar�on. Je laisse allum�, c'est une fille.

Tu es s�r que tu veux un gar�on ?

Laisse allum�.

Vu la quantit� de Gardenal,

les enfants sont partis en moins de 5 min.

Daniel, tu es au courant ? C'est grave.

Allez, viens boire un caf�.

Tu veux du sucre ?

Je crois que je vais tout plaquer.

Il y a des gens qu'on a beau aimer, on ne les retient pas.

Elle buvait, Mme Henry. Elle n'a jamais vraiment arr�t�.

C'est trop facile, de dire �a.

Je n'ai rien vu venir, moi. J'ai tout rat�.

- On n'a m�me pas remis son compteur. - J'ai 20 cas comme �a.

Oui, mais elle, elle s'est tu�e. Je croyais qu'il y avait des lois,

qu'on n'avait pas le droit de foutre les gens dans le froid,

en plein hiver. - Ils sont malins.

Ils coupent en automne et ils ne rebranchent plus.

Et on ne se suicide pas pour une histoire de compteur.

Tu rentres avec tes m�mes, tu peux pas leur faire � bouffer.

�a fait 8 mois que �a dure.

T'as pass� l'hiver � regarder tes m�mes avoir froid.

T'as un coup de d�prime, tu bois, et un soir...

Il y avait plein de sujets de d�prime.

Il y avait le loyer, les Assedic, des plaintes.

On voulait placer ses petits.

Des gens comme elle, il faudrait venir les voir 3 ou 4 fois par jour.

Comment je fais ?

Ne l�che pas, Daniel.

Ne l�che pas.

Tu viens d�ner, ce soir ?

Non. Je ne peux pas. Une autre fois.

Si j'avais pas d�croch� le t�l�phone, elle aurait pu me parler.

- Je comprends pas pour les enfants. - Que voulez-vous comprendre ?

Je vous attendais.

Mme Delacourt n'est pas l�. J'ai fait entrer les enfants.

All� ?

Oui. C'est moi.

Prenez votre temps, Mme Delacourt.

C'est �a. Allez-y. Pleurez.

On en a tous besoin. �a fait du bien.

Ne vous inqui�tez pas. On va se d�brouiller.

C'est Mme Delacourt ?

Je peux lui parler ?

Gloria s'occupe de tout. Je vous embrasse fort.

Ne raccrochez pas. Mme Pacotte veut vous parler.

C'est �a. Au revoir.

All� ?

Oui. Je sais.

Ne vous en faites pas. Je passe vous voir.

Pour la danse, on s'arrange.

Monsieur Lef�bvre...

La mairie va envoyer de l'argent pour le bus,

pour la sortie en for�t.

Ah oui.

C'est bien.

"�tant donn� le deuil qui nous frappe, il serait bon

"qu'un repr�sentant des �coles assiste � l'enterrement de Mme Henry

"et de ses enfants, La�titia et Alexis.

"Veuillez prendre les dispositions n�cessaires." Etc...

On l'a laiss�e sans rien. Personne ne l'a aid�e.

Et ils vont lui faire un enterrement de 1re classe.

Mais ne pas y aller, c'est pire, M. Lef�bvre.

�a va peut-�tre faire bouger les choses.

Je ne veux pas y aller.

Vous ne pouvez pas faire �a. Vous vous mettriez des gens � dos.

Vous n'avez qu'� y aller. Je ne vous retiens pas.

Vous saurez mieux trouver les mots que moi.

Dans la foul�e, remplacez-moi l'ann�e prochaine. J'en ai marre.

Je crois qu'il a raison.

"Quoi qu'a dit ?

"A dit rin.

"Quoi qu'a fait ?

"A fait rin.

"� quoi qu'a pense ?

"A pense � rin.

"Pourquoi qu'a dit rin ? "Pourquoi qu'a fait rin ?

"A existe pas."

On appelle le copain ?

On fait venir le copain ?

Oui ?

Chut.

Reste assis. Doucement.

- Voil� le copain Nicolas. - C'est Nicolas Dubois.

Nicolas Dubois.

- Le copain... - Restez. Asseyez-vous.

Asseyez-vous.

Daniel.

Asseyez-vous.

Laissez M. Lef�bvre.

Tu ne peux pas rester comme �a.

Tu crois qu'elle aimerait te voir dans cet �tat, La�titia ?

Qu'elle voulait que tu laisses tomber ?

Et Oph�line, Cam�lia, Kevin et tous les autres ?

Je sais ce que tu dois faire.

La robe que je m'�tais cousue pour les 40 ans de Marc,

la verte, aux losanges jaunes, oranges et aux reflets violets...

elle t'avait fait rire.

On va faire la m�me chose avec ton �cole.

On va prendre ces couleurs et les mettre dans la cour.

Elle est grise, ta cour. Tout est gris.

On va l'�clabousser de couleurs

et on va demander aux enfants de nous aider.

�a va co�ter que dalle. On utilisera de la r�cup.

On ramasse les vieux feutres. On fait tremper les cartouches.

Comme �a, on fabrique des jus.

Dans ta salle de sport, 3 tonnes de sable.

- "3 tonnes de sable" ? - Oui.

On recr�e le d�sert africain, on plante des tentes berb�res...

Tu les trouves o�, les tentes ?

On r�cup�rera des vieux draps. Les enfants les peindront.

Ils verront qu'avec rien, on peut faire du beau.

Tu la tiens bien.

Allez. C'est parti.

Allez, Nicolas. Continue. H� ! �a d�borde !

Qu'est-ce que tu es fort !

Tu remplis.

Allez. On choisit chacun une couleur et on peint.

Allez, Alexandre.

C'est bien. Tu en portes beaucoup. C'est formidable.

Allez. Vous retournez voir Val�ria.

Vas-y, mon grand.

- Je fais quoi, du sucrier ? - Il dit quoi ?

Je sais pas. Le sucrier.

�a.

- Il te pla�t ? - Il est marrant.

Gardez-le. C'est un objet de famille.

- S'il l'aime, je lui donne. - Il ne restera rien,

si tu donnes tout.

Tu sais, � mon �ge... �a me fait penser.

J'ai bien aim� un livre de Charles Juliet.

C'est son histoire. Il a vraiment v�cu �a ?

J'en ai pleur�, tellement c'est bien �crit.

Tiens. Attends.

Tiens. Lis �a.

Tu me diras si je dois le jeter.

- Je t'avais dit de ne pas te lever. - Laisse-le.

�a me fait plaisir que t'aies accept� de d�m�nager.

Tiens. C'est pour toi. Un petit cadeau.

- Pour moi ? - Oui.

- Comme �a ? - "Comme �a." Allez, ouvre.

Non ?

T'es cingl�e ! �a co�te super cher !

J'ai vendu une sculpture.

C'est pour que tu continues � �crire.

- Je n'oserai jamais, avec �a. - Mais si.

L'autre fuyait de partout. �a faisait cancre.

H� !

- Merci beaucoup. - Il te pla�t ?

"Que fait ma petite main ?

"Elle caresse.

"Doux, doux, doux.

"Elle frappe.

"Pan, pan, pan.

"Elle pince.

"Ouille ! Ouille ! Ouille !

"Elle chatouille.

"Guili ! Guili ! Guili !"

"Que fait ma petite main ? Elle caresse.

"Doux, doux, doux."

Cathy...

Cathy, venez voir, l�.

Chut. Oh !

Regardez.

C'est du sang. On dirait un h�matome.

Silence. Continuez la comptine avec Cathy.

On recommence, avec l'autre voisin.

"Que fait ma petite main ?"

Dis-moi, Jimmy. Il faut que tu t'expliques. D'accord ?

Tu vois, t'es tout rouge, l�.

T'es tout rouge, et t'es tout bleu, sur ta t�te.

Il s'est pass� quoi ? T'es tomb� du lit ?

Non ? Tu t'es cogn�, peut-�tre.

Non ? T'es s�r ?

Qui t'a fait �a ?

Tu me le dis dans l'oreille ? Tu le dis rien qu'� moi.

- Comment tu dis ? - Tonton.

D'accord.

C'est bien, gamin.

C'est bien.

Ce n'est pas un coup de poing.

Il a �t� projet� contre quelque chose.

Il a des marques partout. Regardez.

Il a des bleus sur les bras.

L� et l�.

Jimmy, tu peux me redire ce que tu as dit � Daniel ?

Hein ?

C'est important.

Allez, bonhomme. Qu'as-tu dit, tout � l'heure ?

R�p�te.

Hein, gamin.

Vas-y. Il faut r�p�ter. C'est important.

Rejoins Cathy dans la classe tout seul, comme un grand.

Il est trop nou�, Jimmy.

Il va mettre du temps � parler,

mais je lance la proc�dure de signalement.

Oui.

Je le connais, le tonton : le concubin de Mme Despret.

- �a va pas �tre de la tarte. - Je sais.

C'est lourd, cette ann�e. �a p�se.

L'an pass�, j'ai eu 2 cas d'inceste. L�...

L�, c'est un gamin � qui tu viens de sauver la peau.

- Marion. - Lindsay !

- Lindsay, M�gane... - Elle arrive.

Jimmy...

Viens l�, bonhomme.

Aur�lie !

Nicolas.

Viens par ici.

Reste sur le banc.

Et voil� les mains toutes rouges.

C'est super.

Hop, hop, hop.

Oh, merde.

C'est toi, hein ?

- J'en suis s�r. - Mais non !

T'as pas les couilles de le dire.

Putain !

Vas-y. Viens le dire. C'est moi qui le frappe.

Laisse-moi, toi.

Viens me le dire. Vas-y.

Putain !

Arr�te de saloper la vie des autres, fouille-merde !

Vous voulez qu'on appelle les flics ?

T'as du bol qu'elle soit l�, toi.

Jimmy, on me l'a pris hier.

Des gendarmes, avec une camionnette bleue,

comme si j'�tais une moins-que-rien, une criminelle.

Tu sais rien de ma vie. Qui va me rendre mon gosse ?

Qui va me le rendre ?

� ta place, je serais pas fier.

Il y a un truc que je ne serai jamais.

C'est assistante sociale.

Oh merde. Il a crev� mon pneu.

Il n'y a pas qu'assistante sociale, que j'aimerais pas �tre.

Il y a aussi instit.

Tiens.

Je ne suis pas s�r que ce soit l'endroit, ni le moment,

mais j'ai envie de t'�pouser. - Quoi ?

�a m'a pris, comme �a.

C'est elle. La voil�.

Bonjour, Mme Delacourt.

Bonjour.

Je n'embrasse pas tout le monde. Bon. Si. Toi.

Monsieur, je vais encore grossir.

Vous prendrez bien un caf�.

Allez. Ne restez pas debout. Asseyez-vous, madame.

Merci.

On m'avait promis un employ� municipal.

3,5 tonnes tout seul, c'est Cayenne !

- �a va vous faire les bras. - Pourquoi ? J'en ai besoin ?

Que pr�f�rez-vous ?

Les m�langes ? On fait des m�langes.

Allez. On prend les bouteilles. Vert et jaune.

Non. Celle-l�, tu la laisses. Tu en prends l�. Ici. La jaune.

M�lange avec la verte.

Nicolas...

Allez. Une bouteille l�-bas.

Allez. Mettez la couleur.

Vas-y. O� tu trouves que c'est beau.

Mets-la o� tu trouves que c'est beau. Allez-y.

Sans courir. Tu vas casser la bouteille.

Tiens !

- C'est une surprise. - Des g�teaux pour la f�te.

Vous pouvez les vendre pour faire de l'argent pour l'�cole.

- C'est une super bonne id�e. - J'ai apport� des �pices.

On pourrait faire go�ter �a aux enfants.

Sophie, on peut mettre �a au frais ?

Attendez. Je vais go�ter.

Et votre ligne, M. Lef�bvre ?

�a va.

Mme Baudoin...

Bonjour.

Je voulais vous remercier, pour Estelle.

Ils ont trouv� qu'elle �tait sourde du c�t� gauche.

Je me sens b�te, apr�s tout ce que je vous ai dit.

Mais non. C'est pas grave. Et on doit remercier Lef�bvre,

gr�ce � qui on a eu le bilan de 4 ans.

M. Lef�bvre, Mme Dupuis veut vous parler.

Oui. Je voulais simplement vous remercier, pour Estelle.

Allez, Brice. On y va.

Sylvia... Allez, on y va. On est pr�ts.

Voil�.

Oui. Attends.

Alors, Nicolas...

qui s'en va alors qu'il doit mettre son costume.

Allez. Rentre, mon bonhomme.

C'est vrai que vous allez nous quitter ?

On dit des choses, parfois...

Oh non ! Un directeur comme vous !

C'est gentil.

Qu'est-ce qu'il fait l�, ce costume ?

Je l'ai fait expr�s, pour qu'elle soit de la f�te.

Allez.

Sur les c�t�s.

Comme �a.

Chouchous, 5 F !

10 F la robe.

Moi ! Moi !

"Il y a des choses qu'on ne rasera jamais, ici.

"C'est dans la chair.

"�a parle. C'est dans la terre."

C'est ton fils qui a �crit �a.

Daniel ?

"C'est dans la terre.

"Des tas de cailloux, mais qu'on a mis un par un.

"C'est les mains de nos p�res, nos grands-p�res,

"toute leur patience accumul�e � r�sister aux pluies, � l'horizon,

"en faisant des petits tas devant la nuit

"pour que la lumi�re de la lune s'y accroche,

"pour �tre debout,

"pour s'inventer des montagnes et jouer � la luge

"et croire qu'on a atteint les �toiles.

"On racontera � nos enfants. On dira que c'�tait dur."

"C'est dans la terre.

"Des cailloux qu'on a mis un par un.

"C'est la mains de nos p�res, de nos grands-p�res,

"toute leur patience accumul�e � r�sister aux pluies, � l'horizon,

"en faisant des tas

"pour que la lumi�re de la lune s'y accroche, pour �tre debout,

"pour s'inventer des montagnes

"et croire qu'on a atteint les �toiles.

"On racontera � nos enfants

"qu'ils �taient des seigneurs, nos p�res,

"et qu'on a h�rit� �a d'eux.

"Des tas de cailloux et le courage pour les soulever qui va avec."

Daniel, c'est moi.

Je me suis accroupie,

et puis il m'a serr�e comme �a, tr�s fort.

Il m'a fait si mal que j'ai pleur�. Mais c'est pas tellement �a...

Sous-titrage : Eclair Group

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