All language subtitles for Man.of.La.Mancha.1972.1080p.BluRay.x264-PSYCHD

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Original subtitles

L'HOMME DE LA MANCHA

Par décret de l'Inquisition...

diffuser des pensées subversives est déclaré hérétique.

Par décret de l'Inquisition...

les contrevenants seront soumis à la purification...

par la lame ou la flamme.

Par décret du Saint-Office de l'Inquisition,

la lecture et l'interprétation de la Bible...

sont du ressort exclusif de l'Eglise.

Vous ne devez en aucun cas vous convaincre...

que ces géants dont vous parlez...

étaient de véritables hommes de ce monde,

faits réellement de chair et de sang.

Confessez que vous dites qu'ils ne sont que...

fables et fiction, mensonges et rêves.

La Sainte Bible,

qui ne peut s'écarter d'un seul atome de la vérité...

nous dit que Goliath, ce philistin énorme...

mesurait prês de 4,5 m,

une stature prodigieuse.

Vous blasphémez en citant la Bible...

au service de vos fins personnelles.

L'interprétation des saints écrits...

est de la fonction sacrée des Frêres.

Nous ne pouvons pas tous être Frêres.

Dieu mêne ses enfants au foyer par de nombreux chemins.

La religion est chevalerie errante.

Miguel de Cervantês.

La vérité ne peut que se révéler...

ou se rêver.

Miguel de Cervantês...

au nom du Saint Office de l'Inquisition,

vous êtes aux arrêts.

Le logement pose-t-il problême?

Oh, non!

II est assez intéressant.

C'est ce que nous en sommes venus à considérer...

comme la piêce commune.

Pour ceux qui attendent.

Attendent-ils longtemps?

Une heure...

une vie.

Qui peut savoir?

Attendent-ils tous l'Inquisition?

Ah, non, señor. Pas tous.

La plupart d'entre eux...

ne sont que des voleurs ou des meurtriers.

Oh.

Si vous avez besoin de quelque chose, criez.

Si vous pouvez.

Qu'a-t-il voulu dire?

II veut nous intimider.

Je crois qu'ils veulent nous garder.

Vraiment? Mon Dieu!

Calmez-vous.

Il existe un remêde pour tout, sauf pour la mort.

C'est peut-être le remêde qu'il nous faut.

Mesdames et Messieurs, bonjour.

Je regrette cette entrée bousculée en votre compagnie.

J'espêre que vous ne verrez pas d'objection à notre présence.

C'est un environnement qui m'est familier.

J'ai été en prison plus d'une fois.

- De nombreuses fois. - De nombreuses fois.

Et j'ai souvent comparé le monde à une prison,

une prison três cruelle...

où tous ont des désirs...

mais où peu se réalisent.

Mais quel manque d'égard de ma part de...

Ca suffit!

Raffut, ennui, batailles.

Entretuez-vous s'il le faut,

mais pour l'amour de Dieu, faîtes-le en silence.

Qui êtes-vous?

Plus fort!

Cervantês.

Don Miguel de Cervantês.

Oh, un gentilhomme!

Ca ne m'empêche pas d'aller dormir le ventre vide.

Et ça?

Mon assistant.

A qui ai-je l'honneur?

On m'appelle le Gouverneur.

- C'est quoi ton truc? - Mon truc?

Ta spécialité, mon brave!

Coupeur de bourses? Voleur de grand chemin?

Rien de si rémunérateur. Je suis poête.

Ils mettent des gens en prison pour ça?

Non, pas pour ça.

Dommage.

Puis-je rencontrer ce gentilhomme?

Votre nom, Monsieur?

Les noms ne veulent rien dire ici. On m'appelle le Duc.

Et votre spécialité?

La trahison.

J'invente de faux renseignements sur un pays...

et les vends aux idiots qui les croient.

Cela semble bien raisonnable. Que faîtes-vous ici?

Une erreur de jugement. J'ai dit la vérité.

- Aimiez-vous votre métier? - Assez.

Vous aimez-vous?

Je pense que je pourrais apprendre à ne pas vous aimer.

Bon, passons maintenant au procês.

Quel procês?

Le vôtre, bien sûr.

Et qu'ai-je donc fait?

Nous le saurons bientôt.

Mais nous ne comprenons pas.

Nous ne sommes ici que depuis quelques heures.

Mon cher Monsieur, personne n'entre ou ne sort d'ici...

sans être jugé par ses compagnons de fortune.

Et si on me déclare coupable?

- Ce qui est sûr. - La peine?

L'amende se monte en général à tous les biens du prisonnier.

Tous?

En prendre plus n'est pas pratique.

Mais ces biens sont mes moyens d'existence.

Je croyais que vous étiez poête.

De théâtre.

De théâtre.

- Vous voyez? - Quoi?

Venez par ici.

Faux!

Biens et costumes.

Vous voyez, je suis auteur et comédien.

Donc ces pauvres choses...

ne vous seraient d'aucune utilité.

Attendez!

Vous allez le casser!

Prenez-les!

Oh, non, Don Miguel!

Non, prenez-les!

Laissez-moi seulement ceci.

Lourd? Précieux?

Seulement pour moi.

Vous pouvez l'avoir contre une rançon.

Je n'ai pas d'argent.

Quel dommage.

Papier!

Manuscrit.

Toujours sans valeur!

Non! Attendez!

Vous avez parlé d'un procês!

De par vos propres mots, j'exige un procês!

Três bien.

Je déclare l'audience ouverte.

Pourquoi êtes-vous ici?

Nous allons être présentés devant l'Inquisition.

Hérésie?

Non, pas exactement.

Vous voyez, nous produisons un divertissement.

Un divertissement?

Comment un divertissement peut-il causer des ennuis...

avec l'Inquisition?

Peut-être ont-ils réalisé qu'un divertissement...

peut avoir des apparences trompeuses.

Pourquoi êtes-vous ici?

Quelqu'un doit s'occuper de la mise en scêne.

Ces deux-là ont des trous dans la tête.

Gouverneur, avec votre permission,

je voudrais représenter l'accusation dans ce procês.

Vous? Et pourquoi?

Les poêtes...

à étaler des absurdités à partir de rien.

A brouiller la vision de la réalité.

Exactement!

La réalité!

Une prison de pierre broyant l'esprit humain.

La poésie exige de l'imagination.

Et grâce à l'imagination, on peut découvrir un rêve.

Le procês!

Miguel de Cervantês, vous êtes accusé...

d'être un idéaliste, un piêtre poête...

et un honnête homme. Comment plaidez-vous?

Coupable.

Bravo!

Votre Excellence,

Mesdames et Messieurs, ma défense.

Mais vous venez de plaider coupable.

Si j'avais plaidé innocent,

vous m'auriez sûrement trouvé coupable.

Puisque culpabilité j'admets,

la cour est obligée de m'entendre.

Pour quelle raison?

Le jury choisira peut-être d'être clément.

Futé!

II cherche à gagner du temps!

Souffrez-vous d'une pénurie de temps?

Aucun rendez-vous urgent?

II est vrai que je suis coupable de ces accusations.

Un idéaliste!

Je n'ai jamais eu le courage de ne croire en rien.

Un mauvais poête?

Cela me vient d'une oreille abîmée.

Avez-vous fini votre défense?

Non, je viens à peine de commencer.

Avec votre permission, je continuerai...

de la maniêre qui m'est la plus familiêre.

Sous forme de charade.

Charade?

Un divertissement, si vous voulez.

Un divertissement?

Au pire, ça fera passer le temps.

Et puisque la distribution est importante,

je vous prie tous de participer...

et jouer le rôle de votre choix.

Gouverneur, je voudrais objecter.

Non!

Ecoutons-le!

Si vous n'avez pas d'objection,

et avec votre aimable accord,

puis-je préparer la scêne?

Faîtes!

Je jouerai le rôle d'un homme.

Son nom est Alonso Quichotte.

Un gentilhomme de la campagne, plus tout jeune.

A la retraite, il consacre beaucoup de temps à ses livres.

Il les étudie de l'aube au crépuscule,

et souvent toute la nuit jusqu'à l'aube.

Tout ce qu'il lit l'oppresse,

le remplit d'indignation:

Les tendances meurtriêres de l'homme envers l'homme.

Il médite sur la façon d'améliorer le monde...

où le mal engendre profit, et la vertu rien du tout.

Où la fraude, la fourberie et la malice...

viennent se mêler à la vérité et à la sincérité.

Il y pense, et y pense...

et y pense encore jusqu'à en assécher son cerveau.

Il abandonne sa mélancolie, fardeau de la raison...

et forme le projet le plus fou jamais imaginé...

se faire chevalier errant et gaiement...

parcourir le monde en quête d'aventures et...

réparer tous les torts, embrasser toutes les croisades,

pour relever le faible et le nécessiteux.

Il convainc son voisin, Sancho Panza...

un travailleur des champs et un honnête homme,

si le plus pauvre des pauvres peut être honnête,

et pauvre, il l'était, de devenir son écuyer.

Il choisit un ancien cheval de trait du nom de Rossinante...

comme monture...

protection de la volonté de son maître.

Ses préparations terminées, il saisit sa lance.

Il ne sera plus jamais le fade Alonso Quichotte,

mais un chevalier intrépide...

connu sous le nom de Don Quichotte de La Mancha!

Ecoute-moi...

Pauvre monde, insupportable monde.

Tu es tombé trop bas, trop gris, trop laid.

Un chevalier, sa banniêre fiêrement déployée,

charge et te défie.

Oui c'est moi, Don Quichotte,

Seigneur de La Mancha

Mon destin appelle, et j'accoure.

Et les vents déchaînés de la fortune...

font avancer ma quête,

où qu'ils soufflent,

où qu'ils soufflent,

c'est vers la gloire qu'ils me portent.

Et moi je suis Sancho.

Oui, je suis Sancho.

Je suivrai mon maître jusqu'au bout.

Au monde entier, fiêrement je dirai:

Je suis son écuyer.

Je suis son ami.

Entendez-moi, païens et magiciens,

serpents du péché,

vos ignominies sont révolues...

car une sainte aventure commence,

et la vertu enfin sera triomphante,

- Je suis Don Quichotte. - Je suis Sancho.

- Le Seigneur de La Mancha. - Et moi, je suis Sancho.

- Mon destin appelle, j'accoure. - Suivre mon maître jusqu'au...

- Et les vents déchaînés de... - Et au monde je dirai:

- Font avancer ma quête. - Je suis son écuyer.

- Où qu'ils me poussent - Je suis son ami.

Où qu'ils soufflent,

c'est vers la gloire qu'ils me portent.

Aimes-tu le goût de l'aventure?

C'est merveilleux, votre Grâce, mais c'est particulier.

Cette belle route vers la gloire...

ressemble à s'y méprendre à celle d'El Diboso...

où l'on vend des poulets bon marché.

C'est un signe que tu n'as pas l'habitude de l'aventure.

Patience, et tu verras des choses étonnantes.

Comme quoi?

Des chevaliers, des nations...

des sorciers et des magiciens.

La cavalerie d'une armée infinie.

Ils ont l'air dangereux.

Ils sont dangereux.

Mais l'un d'entre eux sera le plus dangereux de tous.

- Qui? - Le Grand Enchanteur.

- Le Grand Enchanteur? - Oui. Sois prudent, Sancho.

Ses pensées sont de glace, son âme aride.

Ses yeux sont de petites machines,

et ses pas souillent la terre qu'il foule.

Un jour, je le rencontrerai face à face.

Je ne m'en soucierais pas, votre Grâce.

Comme je dis toujours...

prends patience et bats tes cartes.

- Un proverbe? - Oui.

Un proverbe aprês l'autre, tu n'arrêtes jamais.

Non, votre Grâce j'en ai plein ma bedaine.

- Comme je dis toujours... - Doux Jésus!

- Le vois-tu? - Qui?

Le Grand Enchanteur!

- Ne le vois-tu pas? - Quoi?

Ce monstre énorme infâme!

Que j'ai l'intention de combattre.

- C'est un moulin à vent. - Un géant.

Un moulin à vent.

Un géant! Ne vois-tu pas...

ses quatre longs bras qu'il agite?

Un géant?

Exactement.

Nous sommes partis depuis quand?

Deux minutes.

Bientôt, je me lance donc dans un glorieux combat sans pareil.

Attends, monstre répugnant!

Arrête le lâche battement de tes genoux,

et prépare-toi pour la bataille

Je jure, votre Grâce...

sur la petite moustache noire de ma femme...

- ce n'est pas... - A la charge!

Votre Grâce, attendez!

Rends-toi!

Immonde lâche!

Rends-toi!

Rends-toi! Défends-toi!

Rends-toi, poltron!

Vile créature, ne commence pas à bêler!

Attendez!

Attendez, Maître!

Renonce! Je serai sans pitié!

- Vile créature! - Attendez!

Rends-toi, te dis-je!

A genoux et implore clémence!

Ou je t'ôte la vie!

Te voilà vaincu!

Vaincu!

Vaincu!

- Attendez, Maître! - Rends-toi!

Défends-toi!

Rends-toi, vile créature!

Rends-toi!

Votre Grâce!

Votre Grâce!

Maître!

Ne vous l'avais-je pas dit?

N'ai-je pas dit: "Votre, Grâce, c'est un moulin à vent!"?

L'oeuvre de mon ennemi!

L'Enchanteur?

II a transformé le géant en moulin à vent...

pour me priver de l'honneur de la victoire.

Il serait sage de l'éviter, votre Grâce.

Un de ces jours, il pourrait vous tuer.

L'Enfer n'a pas vu, ni le Paradis créé...

celui qui un jour me vaincra.

Il va três bien.

Venez, votre Grâce.

Nous trouverons un endroit où vous soigner.

Un chevalier ne doit se plaindre de ses blessures,

quand bien même ses entrailles toucheraient terre.

Mais nous pourrions trouver refuge chez un grand seigneur.

Ecoute!

Quoi?

Une trompette annonce mon arrivée.

Là! Cet endroit!

- Où? - Le château.

- Château? - Un rocher dans la montagne.

- Montagne? - Et les étendards.

Les nobles étendards flottant au vent!

Sonne le clairon...

qu'un nain monte aux remparts...

et annonce notre venue.

- Mais je ne vois pas de château. - Quoi?

- Je vois quelque chose. - Quoi?

- On dirait une auberge. - Une auberge?

Une auberge. Nous retournerons...

au pont-levis de ce château haut perché,

et peut-être que ta vision s'améliorera.

Et peut-être que ta vision s'améliorera.

La réalité.

Pour Sancho, une auberge.

Pour Don Quichotte, un château.

Pour quelqu'un d'autre, qui sait quoi?

Mais pour l'amour du débat, prenons la version de Sancho.

- Une auberge! - Une auberge!

Gouverneur, un aimable aubergiste.

Gérant d'un bordel, si vous voulez.

Et son épouse moins aimable.

Exactement. Un mariage de raison.

- Que Dieu nous garde! - Meneurs de mules!

Des hommes coriaces! Des trottes sans fin sur la route.

Et un homme pour les mener. Pedro.

Et pour les hommes,

des femmes qui contre de l'argent donnent du plaisir.

Fermina!

Et une três étonnante...

aide de cuisine...

du nom d'AIdonza.

Pour qui la vie ne montra guêre d'égards.

Une tigresse tapie dans l'ombre.

Dents et griffes encore acérées.

- Prends-y, Aldonza. - Aldonza!

Viens, Aldonza, prends-y!

- Aldonza! - Prends-y!

Aldonza!

Vous voulez ça sur la table ou sur vos misérables crânes?

Par ici, porcs, mangez.

Je t'ai apporté quelque chose.

Garde-le jusqu'à ce qu'il pousse!

Les corniauds ont de grandes idées.

Ce soir!

Paiement d'avance!

Aldonza!

Parle avec ton argent, pas avec tes mains!

Que penses-tu d'un bon lit de foin, à la place?

Que du bien. Mange-le.

Tu refuses Pedro?

Essaie-moi.

Mes mules ne sont pas aussi têtues.

Parfait. Fais l'amour à tes mules.

Aldonza, je vends mes mules.

Aldonza, je suis le meilleur des amants!

Et alors? Paie-moi!

C'est le même ennui dans les mêmes bras

Je ne sais qui ou quoi blâmer

Que ce soit toi ou bien ton frêre

C'est du pareil au même

C'est du pareil au même

Quand la lumiêre se meurt,

la flamme des hommes chevrotte

Tu me le prouveras avant l'aube

C'est du pareil au même

C'est du pareil au même

Pas moi, Aldonza!

Alors ne me parle pas d'amour

Je ne suis pas une idiote

Au regard ébloui

Donne-moi juste ton argent,

Et tu auras ce que l'argent achête

Morte, aucun homme ne me pleurera

Car la vie n'est qu'un jeu pervers et cruel

Alors vous pouvez me maudire, ou bien m'embrasser

C'est du pareil au même

Du vin, Aldonza!

C'est du pareil au même

J'ai vu trop de lits

Et pas assez de repos

J'ai aimé trop d'hommes

La haine brûlant en mon sein

Aldonza!

Vous ne me plaisez pas, ni toi ni ton frêre

Je n'aime pas la vie que je mêne

Mais je suis moi,

Je suis Aldonza

Et ce que je donne, je choisis à qui...

Choisis!

C'est le même ennui dans les mêmes bras

C'est du pareil au même

C'est du pareil au même

Aldonza!

Tout va bien, gentilshommes?

As-tu nourri les mules?

- Comme toi, elles mangent. - Oh, non.

Que Dieu m'en garde!

II plaisante.

Il est bien connu que ma table est la meilleure...

de Madrid à Malaga.

Mes clients sont toujours...

C'est le tueur de cochons, je ne l'attendais pas si tôt.

Nom de Dieu!

On arrive! Señor boucher, on arrive!

Peut-on voir le seigneur du château?

Est-ce que le châtelain est ici?

Je suis responsable de cet endroit.

Nous attendions, Monsieur, un nain sur les remparts...

pour annoncer notre arrivée. Mais personne.

Les nains sont três occupés.

Chers nobles dames et sieurs,

mon maître, Don Quichotte...

- Chevalier errant? - Chevalier errant...

défenseur du juste, ami...

des causes nobles demande...

la grâce?

La grâce de l'hospitalité!

Monsieur, est-elle accordée?

Mais bien sûr!

Vous voyez, ce château est ouvert à tous.

Maître!

Maître!

Maître!

Avez-vous mal?

Un des inconvénients de ma profession.

Il est fou.

Les fous sont les enfants de Dieu.

Noble Chevalier, vous devez avoir faim.

Oui, Monsieur.

Abondance de nourriture. Pour votre écuyer aussi.

Comme je dis toujours, la faim est la meilleure escroquerie.

Et les pauvres ont toujours faim...

ils... Merci, Monsieur.

Restez et reposez-vous ce soir. Je m'occupe de votre bête.

Que vos valets soient doux avec mon rapide Rossinante.

Un cheval de courage, sobriété et chasteté.

La crême de la crême parmi les chevaux.

Merci, Maître.

- Qu'est-ce cette folie? - Aldonza!

A-t-il de l'argent pour payer?

Un homme pauvre a-t-il le temps de sombrer dans la folie?

II a de l'argent. C'est un gentilhomme.

Dis à Aldonza de lui donner du vin.

Aimables chevaliers...

belle châtelaine.

Si l'un de vous a besoin d'assistance,

il lui suffit de parler,

et mon bras vaillant est à votre service.

Que ce soit une princesse captive,

une armée assiégée,

celui qui doit se relever,

le souffrant, le pauvre...

Cher Dieu. C'est elle.

Douce damoiselle,

vierge magnifique...

J'ose à peine regarder votre visage...

car une telle beauté me rendrait aveugle.

Je vais chercher le vin.

Demoiselle, vous n'avez pas à me servir.

Je vous l'implore, dites-moi votre nom.

Aldonza.

- Mademoiselle plaisante. - Aldonza!

Le nom d'une fouille au pot ou d'une servante demoiselle.

Je vous ai dit mon nom.

Maintenant, laissez-moi ou alors...

Mademoiselle veut me mettre à l'épreuve?

Oh, douce reine de mon coeur sous le charme...

comment pourrais-je vous faillir quand je sais...

Que je rêve de vous depuis trop longtemps?

Jamais je ne vous avais vue, ni touchée,

Mais en mon coeur je vous connaissais

Une demi-priêre, une demi-chanson.

Depuis toujours, vous êtes avec moi,

Bien que loin l'un de l'autre

Dulcinéa

Dulcinéa

Quand je vous regarde, c'est les Cieux que je vois

Dulcinéa

Votre nom est une priêre murmurée par un ange

Dulcinéa

Dulcinéa

Si j'étends la main pour vous toucher,

Ne tremblez point, ne vous enfuyez point,

Laissez mes doigts jouer dans vos cheveux

Laissez mes doigts sentir

Que vous êtes chaleur et vie,

Et non pas un mirage prêt à s'évanouir

Dulcinéa

Dulcinéa

Je vous ai cherchée, chantée, rêvée

Dulcinéa

Je vous trouve. Que se dévoile au monde votre splendeur

Dulcinéa

Dulcinéa.

Venez, Chevalier. Que je vous montre vos appartements.

Dulcinéa.

Dulcinéa.

- Dulcinéa! - Dulcinéa!

Dulcinéa

Dulcinéa

Quand je vous vois, je vois les Cieux

- Dulcinéa - Dulcinéa

Porcs répugnants!

Votre nom est une priêre murmurée par un ange

Fils de putes!

Dulcinéa

Dulcinéa

Dulcinéa

Dulcinéa

Je vous ai cherchée, chantée, rêvée

Dulcinéa

Je vous trouve. Que se dévoile au monde votre splendeur

Dulcinéa

Dulcinéa

- Arrêtez! - Salauds!

Gouverneur, cet homme a dit qu'il soumettrait une défense.

C'est ma défense.

La plus bizarre que j'aie jamais entendue.

- Mais si elle amuse? - Le terme est "divertir".

Je crois que votre but est de nous divertir du nôtre.

Précisément. Puis-je continuer?

- Poursuivez votre défense. - Merci.

Imaginons la famille que notre chevalier a laissée.

Non pas les dames et les sieurs et...

serviteurs de Don Quichotte, Seigneur de La Mancha,

mais les femmes dans la vie d'AIonso Quijana.

Pensez au choc asséné par la nouvelle de sa folie...

- à sa niêce... - Antonia.

Antonia, préoccupée par les conséquences...

sur son mariage prochain.

Ne puis-je plus l'avoir?

Aprês tout, Princesse, vous pouvez le garder,

mais vous voilà ma niêce qui pense à son mariage.

Sa gouvernante de longue date...

une femme pieuse, allons, allons,

est terrifiée qu'il ne cêde aux démons et aux ténêbres.

- Et au prêtre local... - S'il vous plaît, je le joue.

Qui a connu Alonso toute sa vie. Un prêtre.

- Merci. - Un prêtre!

Et bientôt, apparaîtra un personnage...

dont la philosophie vous plaira certainement!

Antonia et la gouvernante se hâtent vers l'église.

- L'église, s'il vous plaît. - L'église.

Mortifiées par de telles circonstances,

pensant aussi à ce que les voisins pourraient bien dire,

elles vont chercher conseil auprês du prêtre.

Où est-il?

Révérend.

A l'église.

Mais en dépit des ennuis que la folie d'AIonso...

ne manquera d'assommer,

soyez en sûrs, vraiment, elles ne pensent qu'à lui.

Vraiment, je ne pense qu'à lui

Vraiment, je ne pense qu'à lui

Quoique je fasse, quoique je dise,

Vraiment, je ne pense qu'à lui.

Dans mon être, c'est bien connu,

II n'y a pas une pointe d'égoïsme

Pour lui je tremble, pour lui je prie

On me dit qu'il chasse des dragons

Et j'ai peur que ce ne soit vrai

Si mon promis l'apprenait,

Dieu seul sait ce qu'il ferait

On dit qu'il recherche une damoiselle,

son seul et véritable amour

Que Dieu me garde que dans sa folie,

II ne s'en prenne à moi.

Ah quel tourment, j'en mourrais

Farouchement je protégerais mon honneur

- Vraiment, je ne pense qu'à lui - Je sais, ma chêre

- Vraiment, je ne pense qu'à lui - Mais bien sûr, ma chêre

- Vraiment, je ne pense qu'à lui - Je comprends

Malheur

Malheur

Vraiment, elles ne pensent qu'à lui

Vraiment, elles ne pensent qu'à lui

Leurs saintes supplications

Vraiment, elles ne pensent qu'à lui

Quel réconfort, c'est sûr,

De savoir si pures leurs raisons

Qu'elles ont de s'inquiéter pour lui

Pour lui.

Voici qu'entre en scêne un homme d'éducation...

Voici qu'entre en scêne un homme d'éducation...

intelligent, logique.

Dr. Sanson Carrasco...

le fiancé d'Antonia,

licencié ês science,

diplômé de l'Université de Salamanque.

Un homme qui transporte son importance...

comme s'il craignait de la briser.

En effet.

Ces histoires de familles prennent trop de proportions.

Gouverneur, avec votre permission...

et il y a tant en jeu, puis-je récapituler les faits?

Señor, vous avez notre permission.

La reine. Complote.

Le château. Formidable.

Le roi. Restreint.

L'évêque. Plaisamment oblique.

Et maintenant, le problême du chevalier.

Ma chêre, votre oncle...

est la risée de tout le voisinage...

et je n'apprécie guêre d'avoir un fou comme oncle.

Voyons, docteur. Le bon Señor Quijana...

a juste une imagination débordante.

Señor Quijana a perdu l'esprit et il souffre d'hallucinations.

- Y a-t-il une différence? - L'exactitude de la pensée.

Je vous rappelle que je suis docteur.

L'innocent doit payer pour les péchés du coupable.

Coupable? De quoi? De douces hallucinations?

Comment savez-vous qu'elles sont douces? II est armé!

D'une lance et d'une épée.

Je ne peux approuver la folie qui met une épée dans sa main,

mais je peux aimer la douce âme qui l'habite...

à vouloir défier le mal.

Je m'occuperai de sa folie, mon Pêre...

et laisserai le soin de son âme entre vos mains.

Sanson? J'espérais tant pour nous, vraiment.

Tout aurait été pour vous...

la maison de mon oncle, ses terres.

C'est vrai, docteur. Tout vous serait revenu.

Etes-vous un prêtre ou un prêteur sur gage?

Ce que je voulais dire...

- pensez au défit. - Défi?

Pensez à l'intelligence qu'il faudrait...

pour le détourner de sa folie.

Pour lui faire changer sa trajectoire.

Pour le convaincre de rentrer chez lui.

Pour lui faire voir de nouveau le même monde?

C'est un défi.

Enorme.

De travailler avec sa folie.

De le guérir dans les termes mêmes de sa folie.

Venez, mon Pêre. Nous allons le faire.

Retournons maintenant à l'auberge, dans la cuisine.

Il est indispensable qu'un chevalier ait sa damoiselle,

car un chevalier sans damoiselle...

est comme un corps sans âme.

A qui dédierait-il ses conquêtes?

Quelle vision l'habiterait quand il part faire bataille...

contre le mal et ses géants?

Don Quichotte, ayant trouvé sa damoiselle...

envoie Sancho Panza lui envoyer une missive.

Missive? Qu'est-ce que c'est?

C'est comme une lettre.

Il m'a bien dit de vous la remettre en main propre.

Voyons.

Je ne sais pas lire.

Moi non plus. Mon maître envisageant cette situation...

me l'a récitée pour que je puisse l'apprendre.

Il pense que je ne sais pas lire?

Comme il me l'a expliqué,

les travaux d'aiguilles occupent tant les damoiselles...

Travaux d'aiguilles?

Broder les banniêres de leurs chevaliers...

Il dit qu'elles n'avaient pas le temps d'étudier.

Qu'est-ce qu'il dit?

Oh adorable souveraine, damoiselle bien née,

Le coeur de votre Chevalier, votre vassal,

Se meurt d'obtenir vos faveurs

Oh belle parmi les belles,

Pure parmi les pures,

Incomparable Dulcinéa

Encore! Mon nom est Aldonza

- Maître vous appelle Dulcinéa - Pourquoi?

Je ne sais pas, mais par expérience, je peux dire...

que les chevaliers ont leur propre langage...

Et qu'il vaut mieux ne pas poser de questions.

Ça ne vous attire que des ennuis.

Je vous prie de bien m'autoriser à baiser

le dernier ourlet de votre robe

Baiser quoi?

Si vous continuez de m'interrompre comme ça...

il ne restera plus rien dans ma pauvre tête.

- Bon, c'est ce qu'il veut? - J'y viens.

Je vous prie de m'autoriser à baiser

Le dernier ourlet de votre robe

Et de m'envoyer un gage de votre gente considération

Que je puisse arborer comme étendard au combat.

Quel genre de gage?

II dit qu'en général, c'est une écharpe en soie.

Pourquoi, ton maître est-il un cinglé?

On dit qu'un fou fait cent,

et que l'amour fait mille.

- Qu'est-ce que ça veut dire? - Je ne suis pas sûr.

Toi aussi, tu es fou.

- Qu'est-ce qu'ils attendent? - Le gage.

Je lui donnerai un gage. Tiens!

Mais, Mademoiselle...

Arrête tes "mademoiselle" ou je te broie comme une noix.

Eh, un moment.

Viens.

Viens. Dis-moi.

Pourquoi le suis-tu?

C'est facile à expliquer.

C'est une sorte de croisade.

Croisade?

Et il y a tous ces gens en détresse.

Détresse?

Oui, à cause de...

- Pourquoi? - Je vous le dis.

- Parce que... - Quoi?

Je l'aime bien.

Je l'aime vraiment bien.

Arrachez-moi les ongles,

Un par un

Je l'aime bien

- Ce n'est pas une raison. - Je n'ai pas

De três bonnes raisons

Depuis que je suis avec lui,

On a perdu des boules

- Tu es fou. - Mais je n'y peux rien

Coupez-moi en lamelles comme l'oignon qui finira en soupe

Malgré tout, je le crierai au Ciel,

Même si je ne peux dire pourquoi,

Que je l'aime bien.

Ce n'est pas logique.

C'est parce que vous n'êtes pas écuyer.

Três bien, tu es écuyer. Mais que fais-tu?

Je chevauche derriêre lui,

il se bat puis je le ramasse.

Qu'est-ce que tu y gagnes?

- Qu'est-ce que je gagne? - Oui.

Beaucoup. J'ai déjà gagné...

Tu n'as rien eu, alors pourquoi fais-tu ça?

Je l'aime bien

Je l'aime vraiment bien

Plumez-moi comme on fait avec un poulet ébouillanté

Je l'aime bien

Ne me demandez pas...

Pourquoi, où

Car je n'ai pas un seul bien

Et donc

Vous pouvez faire de mon pauvre corps des croquettes,

Frapper mes os en castagnettes,

Me faire congeler, me faire frire,

Me faire soupirer, me faire pleurer,

Toujours au Ciel je crierai,

Même si je ne peux pas dire pourquoi

Que je l'aime bien.

"Belle parmi les belles. Baiser l'ourlet de votre robe."

"Incomparable."

Dulcinéa."

Votre Grâce!

Mademoiselle l'a reçu?

Oh, chanceux écuyer.

Le gage. Et le gage?

De la gaze.

La plus pure des gazes.

Pardonne-moi.

Je succombe.

Oh, je suis un petit barbier

Et je vais gaiement,

Rasoir et bassinet à la main,

Je peux toujours gagner ma croûte.

Voilà quelqu'un!

Même si votre peau est douce comme le satin,

Vous aurez bientôt besoin de moi, je le sais

Car le Seigneur veille sur les barbiers...

Et fait pousser la barbe au menton.

Bonjour, Messieurs.

Ce n'est qu'un voyageur.

Que nenni!

Regardez ce qu'il porte sur la tête.

Par tous les Saints,

il y a de quoi faire fortune.

Aux armes. Cette rencontre pourrait être périlleuse.

Oh, cher.

Si je glisse en vous rasant,

Et vous coupe,

Je vous ferai office de docteur...

Car je soigne aussi le souffrant.

Voudriez-vous être mon premier...

vous savez, mon premier...

Par la barbe de Saint Antoine,

mes yeux semblent voir...

un chevalier...

en armure.

C'est absurde! II n'y a pas de chevalier!

- Comment? - Je me suis trompé. Désolé.

Excusez-moi votre Enormité.

Je croyais que c'était le soleil.

Tu verras pire...

si tu ne rends pas prestement ce casque d'or...

qui m'appartient de juste droit.

Casque d'or?

Mais c'est mon bassinet de rasage.

Bassinet de rasage?

Je dois admettre, votre Grâce, qu'il ressemble à un bassinet.

Oui, c'est un bassinet de rasage.

Je suis barbier. Je le mets sur la tête...

juste pour me protéger du soleil,

ce qui aura induit votre Altesse en erreur.

Silence!

Sais-tu vraiment de quoi il s'agit?

C'est le casque d'or de Mambrino.

Lorsqu'un homme noble le porte,

il a le pouvoir de le rendre invulnérable.

A quel chevalier tombé l'as-tu dérobé?

Je ne l'ai pas volé.

- Donne-le! - II vaut une demie couronne!

Donne-le, ou je trancherai...

Votre Grâce, il coûte une demie couronne.

Paysan.

Oh toi, casque d'or de Mambrino

A l'illustre passé,

Trop longtemps détourné de la gloire,

Mais enfin retrouvé,

Casque d'or de Mambrino

Des casques comme toi, il n'en existe pas

Toi et moi,

Je serai ta vie,

Tu seras ma gloire.

Je crois entendre le coucou qui chante...

Dans le coucoutier.

S'il te dit que c'est de l'or,

Pourquoi vouloir le contrarier?

Mais il verra bien que c'est pas de l'or,

Qu'il ne le rendra ni fort ni courageux.

Mais au moins, il lui rendra service...

Quand il aura besoin de se raser.

Casque d'or

De Mambrino

Des casques comme toi,

II n'en existe pas

Toi et moi,

Je serai ta vie,

Tu seras

Ma gloire.

Dites-vous vos priêres?

J'ai pensé que vous aimeriez vous désaltérer puis souper.

- Sieur Châtelain. - Sieur Chevalier.

Je vais vous avouer une chose.

A moi?

J'avoue que l'on ne m'a pas adoubé.

Oh, ce n'est pas bon.

Mais je suis fort bien qualifié, Monsieur.

Je suis courageux et courtois, audacieux et généreux,

aimable et patient.

En voilà une liste.

C'est pourquoi je requiers une grande faveur.

Tant que c'est raisonnable.

Ce soir, je souhaite veiller dans la chapelle du château,

et à l'aube, recevoir de votre main...

la noble accolade de la chevalerie.

Il y a un petit problême. Il n'y a pas de chapelle.

- Pas de chapelle? - Elle est en restauration.

Accepteriez vous de...

faire votre veille ailleurs?

Dans le cour...

sous le ciel étoilé.

Et bien sûr, à l'aube, vous serez fait chevalier.

Monseigneur,

je vous remercie.

Voudriez souper maintenant?

Avant une veille? Non, Monseigneur.

Cette nuit, je dois jeûner et préparer mon âme.

Nous venons voir Don Quichotte, Chevalier de La Mancha.

On nous a dit qu'il était ici.

Oui, votre Grâce, c'est exact.

Ma soeur, cette noble dame voudrait lui parler.

Les trompettes retentissent! M'appelle-t-on?

Etes-vous celui que nous recherchons?

Je suis Don Quichotte de La Mancha.

On ne peut cacher la flamme.

On ne peut pas ne pas reconnaître la vertu.

Arrêtez vos louanges.

Votre renommée a atteint le fin fond de l'Espagne.

Inutile de solliciter notre faveur.

Dites seulement que vous nous aiderez.

Madame, ne vous agenouillez pas.

Jusqu'à ce que vous accordiez la faveur que je demande.

Je vous l'accorde librement.

Le Grand Enchanteur a apporté fléaux à tous.

Votre ennemi.

Il a ensorcelé notre frêre...

et l'a transformé en pierre.

Il ne pourra retrouver son ancienne apparence...

tant que Don Quichotte en combat singulier...

défiera l'Enchanteur.

Le Destin m'a-t-il vraiment réservé...

cette aventure sans égale pour mon épée?

Aide-moi, douce Dulcinéa.

Que tes faveurs et ta protection...

ne me faillissent pas dans cette premiêre épreuve.

Où puis-je trouver l'Enchanteur?

Faîtes-vous connaître, et il vous trouvera.

Bonnes priêres, Don Quichotte.

Prie pour la puissance de ta main, le tranchant de ta lame...

et le courage de ton âme.

Je vais prier dans la chapelle.

Prenez mon bras.

Est-ce Dame Dulcinéa?

Le gentilhomme vous parle.

- Ah! - Dulcinéa.

Elle s'appelle Aldonza.

Le gentilhomme aime l'appeler Dulcinéa.

Où se trouve cette chapelle?

Comment cette misérable auberge...

peut-elle bien avoir une chapelle?

Ce n'est pas une chapelle, votre Grâce.

C'est une étable.

Un autre débordement de son imagination.

Il ne fait de mal à personne.

Vous êtes plus fou que lui...

à jouer des tours à un fou. Pars!

On pourrait dire que Jésus était fou... ou St François

Un homme qui choisit la folie peut aussi choisir la raison.

Oui, c'était facile de préparer cette aventure...

il le sera moins d'en sortir sain et sauf.

La cure ne sera-t-elle pas plus cruelle que la maladie?

Nous avons alimenté sa folie.

Nous ne pouvons l'abandonner maintenant.

Nous avons dit qu'il rencontrerait l'Enchanteur.

Il doit le rencontrer.

Petit Oiseau

Dans l'arbre à cannelle

Dans l'arbre à cannelle

Petit oiseau

Chantes-tu pour moi ?

M'apportes-tu des nouvelles

De quelque connaissance ?

Petit oiseau

Je l'aime tant

Petit oiseau

Je dois savoir

Petit oiseau

Derriêre cet arbre

Cet arbre à cannelle

Nous avons appris l'amour

Nous avons appris les larmes

C'est ici

Que nos lêvres se sont jointes

Ici, par une nuit froide sans lune

Que nous nous sommes quittés

Petit oiseau

Petit oiseau

Aies pitié de moi

Petit oiseau

Ramêne-la moi

Petit oiseau

Derriêre l'arbre à cannelle

Petit oiseau

Trop longtemps j'ai attendu

Petit oiseau

Sans chanson

- Petit oiseau - Petit oiseau

Envole-toi je t'en prie

Petit oiseau

Et dis-le lui

Petit oiseau

Petit oiseau

Je crache sur tous vos petits oiseaux !

Ici !

Rends-moi ça ! Rends-moi ça !

Qu'est-ce que c'est ?

"La plus adorable souveraine..."

"et damoiselle bien née..."

Ça vient de son chevalier !

C'est une lettre d'amour.

- Des mots si jolis. - Des mots jolis !

D'accord. C'est un homme, n'est-ce pas ?

Il veut la même chose que tous les hommes !

- Ouais ! - Ouais !

Tu viens ?

Bientôt quand j'ai fini la cuisine.

Je dois maintenant penser comment les sages du futur...

décriront cette nuit historique.

Bien aprês le coucher du soleil...

qui assombrit les portes et les balcons de La Mancha...

Don Quichotte, son expression noble, ses pas mesurés...

tient la veille dans la cour d'un château majestueux.

Faiseur de fanfaronnades vides,

pourquoi céder cette nuit à la vanité.

Non. Don Quichotte respire la vie à grand coup...

et pense à comment tu dois la vivre.

Fais de ton âme ton unique bien.

N'aime pas ce que tu es, mais ce que tu peux être.

Ne recherche pas les plaisirs...

car ils pourraient te détruire, malheureusement.

Va toujours de l'avant.

Dans les nids de l'année passée...

Il n'y a pas d'oiseaux cette année.

Sois juste envers tout homme, courtois envers toute femme.

Vis dans la vision...

de celle pour qui les grandes actions s'accomplissent...

Dulcinéa.

Lêve-toi ! Lêve-toi !

Mademoiselle.

Pourquoi m'appelez-vous ainsi ?

- C'est votre nom. - Je m'appelle Aldonza !

Je vous connais, Mademoiselle.

Je ne le pense pas.

Je vous connais depuis des années, votre noblesse d'esprit

Je vous sais depuis longtemps en mon coeur

Votre coeur ne sait pas grand-chose des femmes

Il sait tout, Mademoiselle

La femme est l'âme de l'homme

La lumiêre qui éclaire son chemin

La femme est gloire.

Que voulez-vous de moi ?

- Rien. - Menteur.

Je mérite réprimande.

- Je demande de Mademoiselle. - On y arrive !

Qu'elle m'autorise à la servir,

la garder en mon coeur...

lui dédier toutes mes défaites...

et l'invoquer dans la défaite.

Et si enfin je vais donner ma vie...

Que ce soit au nom sacré de Dulcinéa.

Je dois y aller. Pedro attend.

Pourquoi faites-vous ces choses ?

Quelles choses ?

Ces choses ridicules que vous faites.

Mon but est de faire de ce monde de fer...

un monde d'or.

Le monde est un tas de fumier...

et nous sommes les vers qui rampent dessus.

Non.

Mademoiselle en son coeur sait mieux que ça.

Ce qui est dans mon coeur me mênera en enfer...

et vous, Señor Don Quichotte...

vous tête finira étrangêre à votre cou.

- Sans importance. - Qu'est-ce qui en a ?

Je poursuis ma quête.

C'est pour votre quête.

Quête. Qu'est-ce que ça veut dire ?

La mission de tout vrai chevalier, c'est le devoir...

non pas le privilêge.

De rêver l'impossible

De combattre l'insurmontable

De souffrir l'inconsolable

De courir où le brave n'ose

De réparer l'irréparable

D'aimer de loin la pure et chaste

D'essayer même dans l'épuisement

D'atteindre l'inaccessible

C'est ma quête

De suivre cette étoile

Même sans espoir

Même trop loin

De combattre pour la cause juste

Sans questions, sans répit

D'accepter d'entrer aux enfers

Pour une sainte cause

Et si je suis fidêle

A cette quête glorieuse

Mon coeur paix et tranquillité connaîtra

Quand enfin je me reposerai

Et le monde sera devenu meilleur

Car un homme couvert de mépris et de coups

Continue le combat de son courage

Pour atteindre

l'inaccessible

Une fois seulement, me verrez-vous telle que je suis ?

Je vois beauté, pureté.

Dulcinéa.

Tu me fais attendre ?

- Non. Je n'ai pas voulu... - Mademoiselle !

Ma petite fleur !

Monstre !

N'approchez pas !

Vous ne frapperiez pas une femme ?

Bats les pattes ou je te casse la tête.

Votre coeur de pierre et tes entrailles de vinasse.

Je suis tué.

Jose ! Tenorio !

Jose ! Tenorio !

- Pedro ! - Anselmo ! Jose !

Muletiers !

Anselmo !

Tenorio ! Anselmo ! Muletiers !

Reculez !

J'entends le claquement apeuré de vos genoux.

Préparez-vous au combat !

Allez ! Tous !

Vienne ce qu'il vienne ! Je suis ici !

Laissez-le. Il vaut 100 d'entre vous.

Recule, la putain ! Tu vas voir !

Sancho !

Attention, Votre Grâce !

Sancho !

J'arrive, Maître !

Attention, Tenorio !

A l'aide ! A l'aide !

Attention, Maître ! Attention !

Victoire.

- Victoire ? - Victoire ?

- Victoire. - Victoire !

- Victoire ? - Victoire.

Victoire ! Victoire !

Qu'est-ce que c'est que tout ce raffut ?

Qu'est-ce que c'est que tout ce raffut ?

- Quelle chose affreuse ? - Glorieuse, oui !

Don Castellano...

Je vous informe que la justice a triomphé !

Votre Grâce, êtes-vous blessé ?

Non. Juste une faiblesse passagêre.

Votre Grâce !

De l'eau, vite !

Oh, croisée.

Votre Grâce. Votre Grâce ?

Il revient à lui.

Oh, que je me réveille toujours devant une telle vision.

Ne bougez pas.

Je dois dire, Votre Grâce, nous avons bien travaillé.

Nous les avons mis en déroute.

Ils marcheront les jambes arquées pendant une semaine.

Ce n'est pas séant que de rire des vaincus.

Qu'ils pourrissent en enfer !

Monsieur, je suis un homme docile et tranquille.

Sieur Chevalier, sans vouloir vous froisser...

je suis obligé de vous demander de partir au plus vite.

Je suis désolé d'avoir insulté la dignité de votre château.

Je partirai à l'aube.

Puis-je néanmoins vous rappeler votre promesse ?

Ma promesse ?

Ce n'est certes pas encore l'aurore...

mais j'ai fait veille et prouvé ma valeur au combat.

Et je vous demande donc de me faire Chevalier.

Mais certainement. Que ce soit fait.

Sancho, veux-tu aller chercher mon épée ?

Oui, votre Grâce.

Je ne peux dire, Mademoiselle...

à quel point je suis heureux que cette cérémonie ait lieu...

en votre présence.

Soyez prudent maintenant.

Voici le moment solennel qui scelle ma vocation.

- Etes-vous prêt ? - Oui.

Três bien. A genoux.

Don Quichotte de La Mancha...

je vous fais Chevalier.

Mon Seigneur.

Ça n'allait pas ?

Si votre seigneurie pouvait faire mention...

des actions accomplies méritant cet honneur...

Bien entendu.

Don Quichotte de La Mancha...

ayant aujourd'hui prouvé votre courage...

en un combat glorieux et terrible...

et en ma position de seigneur de ce château...

je vous fais Chevalier.

Mon Seigneur...

Quelque chose d'autre ?

Si votre Seigneurie se souvient,

il est de coutume de donner au nouveau Chevalier...

un nouveau nom.

Si votre Seigneurie pouvait trouver un tel nom...

Voyons voir.

Gloria, Triste Chevalier...

A la triste figure

Le triste Chevalier à la triste figure

Où que tu ailles

Le monde saura

Les actions glorieuses

Du triste Chevalier à la triste figure

Adieu et bonne chance

Brave Chevalier

Galope vers le coup glorieux

Quand tu seras parti

Je me souviendrai de toi

Pour toute la vie

Gloria. Triste Chevalier à la triste figure

Triste Chevalier à la triste figure

Où que tu ailles

Combats le malheur

Il reculera à la vue

Du triste Chevalier à la triste figure

Chevalier vaillant

Va, combats pour la justice

Contre les vilains

Mais quand vous le ferez

Qu'adviendra-t-il de vous ?

Dieu merci, je ne serai pas là pour le voir

Gloria, triste Chevalier

- A la triste figure - Gloria, Chevalier

- A la triste figure - Gloria, triste Chevalier

A la triste figure

Gloria, triste Chevalier

Gloria, triste Chevalier à la triste figure

Triste Chevalier à la triste figure

Où que tu ailles

Le monde saura

Les actions glorieuses

Du triste Chevalier à la triste

Figure.

Je vous remercie.

Sieur Chevalier, je vais me coucher.

Et je vous conseille d'en faire de même.

Triste Chevalier à la triste figure.

C'est un nom magnifique.

Venez, votre Grâce. Allons nous coucher.

Pas encore, Sancho. Je me dois à mes ennemis.

- C'est fait. - Pas encore, Mademoiselle.

- Quoi ? - Noblesse exige.

Vraiment ?

Oui. J'irai donc.

J'irai les soigner.

C'est inutile.

Ce sont aussi mes ennemis.

Soyez bénite.

Venez, votre Grâce. Allez au lit.

Sancho, j'envie mes ennemis.

Votre Grâce, vous êtes fatigué.

Non, Sancho. Je me sens bien.

Votre Grâce, nombre d'hommes...

vont se coucher en forme...

et se réveillent morts.

- C'est un proverbe ? - Oui, votre Grâce.

- Je ne les aime pas. - Je sais, votre Grâce.

Que diable fais-tu ?

Je vais panser tes blessures.

- Pardon ? - Noblesse exige.

Tourne-toi, sale rusé !

Toi...

Fils de putes !

Laissez-moi partir !

Non !

Salauds !

Salauds ! Salauds !

Salauds !

Salauds !

Salauds !

Laissez-moi partir !

Laissez-moi partir !

Non !

Assez !

Chargez. Nous partons.

On en fait quoi ?

On l'emmêne.

Que cela te prouve, mon cher Sancho,

que la noblesse triomphe. Que la vertu gagne toujours.

Oui, votre Grâce.

En ce glorieux instant...

je confirme mon honneur de chevalier et mon serment.

Toute ma vie, je jure.

De rêver l'impossible

de combattre l'insurmontable

De souffrir l'inconsolable

De courir où le brave n'ose

Qu'est-ce que c'est ?

L'un des dangers de cette prison...

les braves hommes de l'Inquisition !

Ça veut dire qu'ils viennent chercher un prisonnier.

Amenez-le qu'il subisse la question.

Avant qu'il ne s'en rende compte, il sera mort.

Ils viennent três certainement pour moi.

Comment, Cervantês, t'as peur ? Où est ton courage ?

Ou habite-il aussi dans ton imagination ?

Pas d'échappatoire. Ça arrive.

Pas toi, brave homme de La Mancha, mais toi.

Vite, Cervantês, invoque-le. Qu'il te protêge.

Laisse-le te sauver s'il peut.

Non !

Pas cette fois-ci.

Vois-tu, Cervantês, il y a une différence...

entre la réalité et l'illusion...

et une différence entre ces prisonniers...

et vos hommes fous.

Je dirais des hommes dont les illusions sont réelles.

Assez semblable, n'est-ce pas ?

Pourquoi les poêtes aiment-ils tant les fous ?

Nous avons beaucoup en commun.

Vous tournez le dos à la vie ?

Nous faisons le tri !

Un homme doit accepter la vie telle qu'elle est.

La vie telle qu'elle est.

J'ai vécu plus de 40 années et j'ai vu...

la vie telle qu'elle est.

Douleur...

misêre...

impensable cruauté.

J'ai entendu les voix des créatures...

les plus nobles de Dieu

Grognements sur des tas d'immondices dans les rues.

J'ai été soldat et esclave.

J'ai vu mes compagnons tomber au combat...

ou mourir lentement sous le fouet en Afrique.

J'ai senti leur dernier soupir.

Ces hommes qui voyaient la vie telle qu'elle est.

Et pourtant, ils sont morts dans le désespoir.

Sans gloire, sans derniêres paroles courageuses.

Seulement leurs yeux emplis de confusion...

se demandant pourquoi.

Pas pourquoi ils mourraient...

mais plutôt pourquoi ils avaient vécu.

Quand la vie elle-même n'a de sens, qu'est-ce la folie ?

Etre trop pragmatique, c'est peut-être ça la folie.

Abandonner ses rêves, c'est peut-être ça la folie.

Chercher un trésor où il n'y a que ordure...

trop de raison, c'est peut-être ça la folie !

Et folie parmi les folies,

voir la vie telle qu'elle est et non comme elle devrait être !

Je suis Don Quichotte

Seigneur de la Mancha

Pourfendeur du mal

Je marcherai au son

Des trompettes de la gloire

Pour toujours, pour conquérir ou mourir

Je ne comprends pas.

Quoi, mon ami ?

Pourquoi vous êtes si joyeux.

D'abord, vous trouvez votre dame, ensuite vous la perdez.

Jamais.

Enfin, elle est bien partie avec ces muletiers.

Pour une noble cause, sans aucun doute.

Noble cause avec ces bas personnages ?

Sancho, toujours tes yeux préfêrent voir le mal.

Mes yeux n'ont pas créé ce monde. Ils le voient.

Exact, mais vous devriez faire une trêve.

Et laisser prospérer la malice ?

J'ai remarqué que l'armure de la malice était épaisse.

Et donc tu voudrais que j'arrête ?

Non, laissez un homme se faire frapper mille fois !

- Mais il doit se relever et... - Combattre. Oui.

Mensonges ! Folies et mensonges !

Mensonges ! Folies et mensonges !

Ils seront punis pour leur crime !

Crime ?

Le pire de tous ? Celui d'être né.

Ça, on en est puni toute sa vie.

- Dulcinéa. - Ça suffit !

Trouvez-vous une maison de fous !

Où personne ne peut vous entendre.

- Mademoiselle. - Je ne suis pas votre Dame !

Je n'ai rien d'une dame.

Car une dame est modeste et vierge

Même un aveugle verrait que la vertu me fait défaut

C'est difficile d'acquérir

Des airs virginaux

Dans une étable, les quatre fers en l'air

Ne me voyez-vous donc pas

Nom de Dieu, ne me voyez-vous donc pas ?

Regardez la putain de la cuisine

Qui empeste la sueur

Qui est née sur un tas d'ordures

Qui mourra sur un tas d'ordures

Une catin que les hommes utilisent puis jettent

Si vous trouvez mes airs

Plus aussi virginaux

Donnez-moi un sou

Et je vous montrerai le reste

N'oubliez jamais que vous êtes Dulcinéa.

Enlevez les nuages de vos yeux ! Voyez-moi telle que je suis !

Vous m'avez montré le ciel

A quoi bon le ciel

Pour celle qui ne pourra jamais que ramper ?

De tous les pires salauds

Qui m'ont sans relâche martelée

Vous êtes le pire

Ne voyez-vous pas ce que vos douces folies me font ?

Elles me volent de ma colêre et m'emplissent de désespoir

Coups et insultes, je peux endurer

Et les rendre encore

Mais la tendresse, je ne peux la souffrir

Alors je vous en prie, ne me torturez plus

Avec vos "douce Dulcinéa"

Je ne suis rien, je ne suis personne

Je ne suis qu'Aldonza la putain.

Maintenant et pour toujours, vous êtes ma Dame, Dulcinéa.

Non !

Maître.

Maître !

Est-ce Don Quichotte de la Mancha ?

S'il ose supporter le poids de mon regard...

qu'il avance.

Je suis Don Quichotte...

Chevalier à la triste figure.

Ecoute-moi, charlatan.

Tu n'es pas un chevalier mais un dérisoire imposteur.

Tes jeux sont des jeux d'enfants et tes principes...

ne valent guêre que la poussiêre que je foule.

Manque de courtoisie, fausse chevalerie !

Donne-moi ton nom avant que je te châtie.

Tu le sauras en temps et en heure.

Pourquoi me cherches-tu ?

Tu m'as appelé, Don Quichotte.

Tu m'as injurié et menacé.

L'Enchanteur.

A terre et sois prêt à combattre !

Quelles sont les conditions ?

Choisis.

Três bien. Si tu es vaincu, tu perds ta liberté...

et tu dois m'obéir en tout.

Et tes conditions ?

Si tu vis...

à genoux, tu imploreras pardon à Dame Dulcinéa.

Ta dame est une chatte des rues.

- Monstre ! Défends-toi ! - Arrêtez.

Tu as demandé mon nom, Don Quichotte.

Je vais te le dire.

Je suis le Chevalier aux Miroirs.

Regarde, Don Quichotte. Regarde dans le miroir de la réalité...

et vois les choses telles qu'elles sont.

Regarde, Don Quichotte.

Regarde dans le miroir de la réalité.

Regarde ! Que vois-tu Don Quichotte ?

Un galant chevalier ? Rien qu'un vieux fou.

Ne le vois-tu pas ?

Un fou déguisé pour la mascarade.

Une mascarade !

Regarde, Don Quichotte. Vois-le pour ce qu'il est.

Vois le clown.

Que vois-tu, Don Quichotte ?

Ne le vois-tu pas ?

Un fou ! Regarde, Don Quichotte !

Vois-le pour qui il est.

Regarde, Don Quichotte.

Viens te noyer, Don Quichotte.

Viens te noyer dans le miroir.

Viens te noyer. Viens te noyer dans le miroir.

Profondément.

Profondément.

La mascarade est terminée.

Avoue que ta dame n'est qu'une traînée, que ton rêve...

n'est que le cauchemar de l'esprit qui s'égare.

C'est fait.

Votre Grâce, c'est le docteur Carrasco.

C'est juste Sanson Carrasco.

Pardonnez-moi, Señor Quijana. C'était la seule façon.

Don Miguel de Cervantês ?

Qui le demande ?

Don Miguel.

Cervantês ! Cervantês !

Don Miguel de Cervantês !

Don Miguel de Cervantês !

Tu vas être convoqué.

Convoqué ? Par qui ?

Les juges de l'Inquisition.

Capitaine ? Dans combien de temps ?

Bientôt.

Mais pas maintenant. Bien.

Tu auras juste assez de temps pour terminer ton histoire.

L'histoire est terminée.

Bien entendu, une fin comme il faut.

Non !

Je n'aime pas cette fin !

Et les jurés non plus, on dirait.

Bon, alors, il a échoué.

Ah, Don Miguel de Cervantês.

La Cour vous condamne donc...

- Attendez ! - Quoi ?

- J'ai besoin de temps. - Je vous en accorde.

Et l'Inquisition ?

Juste un petit moment, je vais improviser une fin.

Une ferme, dans la plaine de La Mancha.

Une bougie.

Une piêce.

Un homme qui un jour se fit appeler Don Quichotte...

se trouve à l'ombre de la vie et la mort.

Ne pouvez-vous rien faire ?

Je regrette mais mes services de médecins sont inutiles.

Où est-il, je me demande ?

Dans quelle sombre caverne de l'esprit ?

- Selon des théories récentes... - Docteur, je vous en prie.

Vous ne pensez pas que j'ai bien fait ?

C'est paradoxal.

Encore vous !

- Dites-lui de partir. - Quel mal peut-il faire ?

Il a déjà été fait.

Révérend ? Puis-je lui parler ?

Je crains qu'il ne puisse vous entendre.

Alors, je ne dirai pas grand chose.

Aucune mention de chevalerie errante.

Non. On ne parle pas de corde...

dans la maison du pendu.

Un proverbe. Excusez-moi, votre Grâce.

- Votre Grâce ? - Juste quelques mots.

Tout petit pour égayer son coeur.

Un petit bavardage

Une petite causette

Une petite causerie de ci et de ça

Je lui dirai tous mes soucis

Mais comme il ne peut entendre

Il ne s'en fera pas.

Je suis désolé.

Quelle horreur j'endure...

depuis mon retour, votre Grâce.

Vous savez combien elle est forte, ma femme Teresa,

les muscles d'un taureau.

Eh bien elle me bat.

Elle me bat avec tout, sauf avec la maison.

Elle crie...

"Où sont cet or et ces bijoux..."

"que tu devais me rapporter ?"

"Où est ce royaume que tu allais conquérir ?"

Je garde dignement ma langue, votre Grâce...

car il est des questions sans réponses.

Comme un homme qui crie, "Que fais-tu avec ma femme ?"

C'est une question sans réponse.

Bien sûr, je l'ai battue en retour, votre Grâce.

Mais elle est plus solide que moi...

et comme dit le proverbe,

"Que ce soit la pierre qui touche la cruche..."

"ou la cruche la pierre..."

"c'est la cruche qui va prendre."

J'ai donc des bleus d'ici à...

Je n'ai pas combattu un moulin à vent en deux semaines

Et les joies mornes sont chaque jour plus mornes

Pourquoi lorsque je dors, un dragon à la langue de feu

Murmure, Sancho, sors et viens jouer ?

Ça suffit !

- Qu'est-ce que j'ai fait ? - Je vous ai prévenu.

- Je n'ai rien dit. - Silence.

Mon ami ?

Votre Grâce, a-t-elle dit quelque chose ?

Tu es un gros pudding...

farci de proverbes.

C'est chose bien connue, votre Grâce.

Je disais...

- Mon oncle ? - Ma chérie.

Bonjour, mon Pêre.

Ou est-ce le soir ?

Comment allez-vous, Monsieur ?

Tout sauf bien.

Pouvez-vous dire votre nom ?

Un homme, ne devrait-il pas connaître son nom ?

Dites-le, s'il vous plaît.

Alonso Quijana.

Mon Pêre ?

Je suis ici, derriêre vous.

Je désire faire mon testament.

Oui.

Bien sûr.

- Mon oncle ? - Pardonnez-moi.

Quand je ferme les yeux, je vois un cheval clair...

et je le monte.

Non, mon oncle, vous allez vous rétablir.

Oh, mon cher maître, ne mourez pas...

vous avez de belles années devant vous.

La mort est un tel gâchis de bonne santé.

Doux et beaux, mes chers amis.

Il n'y a pas d'oiseaux dans les nids de l'an passé.

Rapprochez-vous.

J'ai fait de bien étranges rêves.

De tels rêves.

Je pensais que m'étais déclaré.

Non, je n'ose point, vous penseriez que je suis fou.

- Chassez-les de votre esprit. - Ils sont partis.

Je ne savais pas ce qu'ils voulaient dire non plus.

Mon Pêre ?

Parlez et je prendrai note.

Moi, Alonso Quijana...

un pied à l'étrier...

et partant pour sa chevauchée finale...

Ne laissez entrer personne.

Choisis les dispositions suivantes pour mon domaine.

Je laisse la majeure partie à ma niêce, Antonia Quijana...

sauf quelques legs personnels...

que voici...

Je n'admets personne dans cette piêce !

Hors d'ici, sorciêre !

- Qui est-ce, Sanson ? - La catin de l'auberge.

J'ai essayé de l'arrêter mais elle m'a menacée...

De t'arracher les yeux si tu me touches !

- Dehors ! - Pas avant de l'avoir vu !

Laissez-la entrer.

Chez moi, la courtoisie rêgne !

Approche-toi.

Que veux-tu ?

Ne me connaissez-vous donc pas ?

Le devrais-je ?

Je suis Aldonza.

Navré. Je ne me souviens de personne de ce nom.

Je vous en prie, mon Seigneur.

Pourquoi dites-vous, "Mon Seigneur"?

Vous êtes mon Seigneur, Don Quichotte.

Don Quichotte ?

Excusez-moi, je n'ai plus tous mes esprits.

Il est possible que je vous ai connue. Je ne m'en souviens pas.

Par là.

Essayer de vous rappeler.

Est-ce si important ?

Tout.

Toute ma vie.

Vous m'avez parlée.

Et tout a changé.

Je vous ai parlée ?

Et vous m'avez regardée...

et vous m'avez appelée par un autre nom.

Dulcinéa.

Dulcinéa

Un jour, vous avez trouvé une fille

Et l'avez appelée

Dulcinéa

Quand vous disiez ce nom

Un ange murmurait

Dulcinéa

Dulcinéa

Peut-être que ce n'était pas un rêve.

Vous parliez d'un rêve...

et d'une quête.

Une quête ?

Comment vous combattriez ?

Et qu'importe la victoire ou la défaite...

Tant que vous poursuiviez cette quête.

Que vous ai-je dit ?

Répétez-moi ces mots.

"De rêver..."

"l'impossible."

Ce sont vos mots.

"De combattre..."

"l'insurmontable."

Vous ne vous souvenez pas ?

"De souffrir"

"L'inconsolable."

Vous devez vous souvenir !

"De courir..."

"Où le brave n'ose."

De réparer...

L'irréparable.

Oui.

D'aimer...

De loin pureté et chasteté.

Oui.

D'essayer même dans l'épuisement...

D'atteindre l'inaccessible.

Merci, mon Seigneur !

Mademoiselle, ce n'est pas séant !

A genoux devant moi ?

- Mais vous n'êtes pas bien. - Pas bien ?

Qu'est-ce la maladie au corps du chevalier errant ?

Les blessures comptent-elles ? A chaque fois qu'il tombe...

il se relêve et malheur au vilain !

- Sancho ? - Oui, votre Grâce !

- Mon armure ! Mon épée ! - Plus de mésaventures !

D'aventures, mon ami !

Les trompettes de la gloire

Appellent

Oui, elles m'appellent

Et où que me porte ma monture

Fidêles à mes côtés

Mon écuyer et ma dame

Je suis Don Quichotte

Seigneur de La Mancha

Notre destin appelle et nous accourons

Et les vents déchaînés de la fortune

Nous poussent

Où qu'ils soufflent

Où qu'ils soufflent

C'est vers la gloire qu'ils nous portent

Maître !

- Maître ! - Mon oncle !

Maître.

Mon Seigneur.

De profundis clamo ad te

Domine

Domine

Audi vocem meam

Fiant aures tuae intentae

Ad vocem abse creationis meae

Si delictarum memorium

Serva neris

Domine

Domine...

Il est mort.

Mon maître est mort.

Un homme est mort.

On dirait un brave homme...

même si je ne le connaissais pas.

Mais vous avez vu.

Don Quichotte n'est pas mort.

Crois, Sancho.

Crois.

Aldonza...

Dulcinéa.

Dulcinéa.

Sous l'autorité du Saint Office de l'Inquisition...

et en raison de certaines offenses...

commises contre sa Majesté l'Eglise Catholique...

ce pécheur est convoqué pour répondre de ses actes...

et soumettre sa personne à la purification...

s'il devait en être décidé ainsi...

Don Miguel de Cervantês.

Je suis un accusé populaire.

Convoqué devant une Cour...

avant d'en avoir terminé avec une autre.

Que dit le jury ?

Je crois maintenant savoir pourquoi vous parlez tant...

de l'histoire de votre chevalier fou,

que vous écrivez à son sujet.

Lisez aussi bien comme ici...

et vous ne brûlerez point.

Je n'en ai pas la moindre intention.

Cervantês ?

Je crois que Don Quichotte...

est le frère de Cervantês.

Que Dieu nous garde. Nous sommes les hommes de La Mancha.

Car pour moi seul est né Don Quichotte...

et pour lui seul suis-je né.

Je vous le donne.

Prêt, mon vieil ami ?

Courage.

De rêver l'impossible...

de combattre l'insurmontable,

De souffrir l'inconsolable

De courir où le brave n'ose

De courir où le brave n'ose

Même si le but est toujours trop loin

D'essayer jusqu'à l'épuisement

De toucher l'inaccessible

De toucher l'inaccessible

Même en sachant qu'il est impossible

De vivre avec le coeur aspirant toujours plus haut

Une lointaine

Et inaccessible

Etoile

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