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Original subtitles

Salut, Joxe Mari.

J'ai longtemps h�sit� � t'�crire. Cette fois, je saute le pas.

Celeste m'a bien s�r aid�e.

Allez, Arantxa. On y va.

Comment tu vas ?

Tu penses quoi de la tr�ve de l'ETA ?

Tu le vis comment, depuis ta prison ?

Maman a toujours refus� de t'apporter une photo de moi.

Elle me dit d'attendre.

Elle trouve que t'as pas le moral et que la photo te d�primerait.

Je veux que tu voies ce que je suis devenue.

Pourquoi se voiler la face ?

Moi, je veux pas te mentir. Je suis d�glingu�e.

J'ai besoin d'aide pour tout, comme une d�bile.

J'en ai marre qu'on me pousse, me conseille, m'alimente

et qu'on m'assiste.

Je r�ve d'�tre � nouveau seule,

de ne plus subir les d�monstrations de patience

parce que je n'ai pas eu la bonne id�e de mourir.

Le pire, c'est les petits compliments.

Tous ces "Ma belle"... Insupportable.

Salut, Arantxa. Tu es resplendissante !

Pr�te pour les exercices ?

Un, deux et trois.

Tu vas y arriver.

Depuis l'accident, je refusais de me regarder dans le miroir.

J'avais demand� � papa de les couvrir.

J'�vitais m�me les vitrines.

Tu veux quoi ?

Plut�t mourir que de me voir laide,

difforme, en train de baver.

J'�tais tellement bonne, avant !

Viens, tu vas voir comme tu es belle.

Allez.

Doucement.

Tu as ta prison, et moi, j'ai la mienne.

La mienne, c'est mon corps.

J'ai pris perp�te.

Il y a une autre diff�rence entre nous.

Tu as �t� condamn� pour ton crime. Moi, je n'ai rien fait.

Une derni�re chose.

Bittori, l'�pouse de Txato, va t'�crire.

R�ponds-lui. C'est quelqu'un de bien.

Inutile d'en parler � maman.

C'est ta s�ur qui te le demande.

Je t'embrasse.

- Je te sers quoi ? - Trois gin-tonics.

Salut. Je m'appelle Guille.

Tu danses le slow ?

Jamais.

On y va ?

Oui.

�a tue pas d'�tre aimable.

C'est bon, l�che-moi. J'ai un mec.

Tu mens.

T'en sais rien.

Nerea me l'a dit.

- Tu m'espionnes ? - Oui.

Je savais que tu allais te la jouer inaccessible,

mais j'abandonne pas aussi facilement.

Nerea, on rentre !

� bient�t, Jon !

Je m'appelle Edu.

T'es grave !

Le mec � la chemise ray�e m'a dit que vous aviez parl� de moi.

Oui, Guille.

Il voulait savoir si tu avais un mec.

J'ai dit que t'aimerais en avoir un.

- Putain, t'abuses ! - Mais non, je rigole.

Je te jure.

Il vit � Renteria.

Il dit des mots doux quand il danse.

C'est vrai ?

Pourquoi tu lui as pas saut� dessus ?

Pas mon genre de mec. Il est originaire de Salamanque.

C'est quoi, le rapport ?

Je sais pas. Pour danser, �a me va.

Pour le reste, c'est non.

Salut.

On y va, Arantxa.

C'est quoi, ce regard niais ? Raconte-moi.

J'ai un copain.

Il est du village ?

De Renteria.

Il s'appelle comment ?

Guillermo.

Guillermo...

Un garde civil ?

Mais non, maman. Il est assistant administratif.

� la papeterie de Renteria.

Un bon salaire ?

J'en sais rien, je lui ai pas demand� !

J'y vais.

Je sors.

Papa.

Oui ?

D'accord.

Papa.

J'ai dit � maman que j'avais un copain.

Depuis un mois.

Invite-le.

Je l'emm�nerai d�ner � l'association.

Il fait du v�lo ?

Non, il fait pas de v�lo, papa.

C'est pas grave.

Guillermo.

- Guillermo comment ? - Hernandez Carrizo.

- Quoi ? - Il parle basque ?

Pas un tra�tre mot.

Ind�pendantiste ?

Il s'int�resse pas � la politique.

Il ne va pas plaire � Joxe Mari.

Pourquoi �a ?

Ne t'inqui�te pas.

Tu n'as qu'� tra�ner avec lui dans le village.

Va � l'Arrano.

Les gens s'habitueront � vous voir.

Je te les pr�senterai.

Salut.

Salut, �a va ?

- Guillermo. - Bonsoir.

- Salut. - Enchant�.

Bonsoir.

- Allez. - � plus.

� plus.

- Ils sont sympas. - Salut.

- Salut. - On prend une bi�re ?

- Non. - Allez !

Apr�s, on d�colle plus.

Allez, � plus.

� plus.

J'aimerais bien les rencontrer.

- C'est encore trop t�t. - Pourquoi ?

Crois-moi. D'abord, je rencontre tes parents.

Ensuite, je te pr�senterai les miens.

Il y a pas d'ordre � suivre.

Ils risquent de pas m'appr�cier ?

Je me rase et me lave tous les jours.

Que t'es b�te.

- Reste encore un peu. - Je peux pas.

- Il est pas tard. - Je rentre, il est super tard.

Qu'est-ce que tu es belle.

Je veux quand m�me rencontrer tes parents.

Quand tu verras les murs de la chambre de mes fr�res,

tu comprendras.

Je dois y aller.

Je t'appelle demain.

Oui, s'il te pla�t.

Bonsoir.

Maman ?

Maman, �a va ?

Papa ?

Arantxa.

Viens.

Qu'est-ce qui s'est pass� ?

Maman a vu Joxe Mari br�ler un bus dans une manif

et ils se sont disput�s.

C'est pour �a qu'ils font cette t�te ?

Joxe Mari a frapp� papa.

Putain...

Comme tu dis.

Gorka.

Promets-moi de jamais faire de conneries.

Tu vas faire quoi ?

Ce que toi, tu devrais faire :

me tirer d'ici.

Allez, un peu de champagne.

Avec mod�ration ! On se laisse facilement aller.

Un peu plus pour moi.

S'il vous pla�t.

Vous le savez, je n'aime pas les longs discours.

Mais...

Mes enfants,

je vous souhaite tout le bonheur du monde.

Arantxa, bienvenue dans notre famille.

Bien dit, Rafa.

Vive les mari�s !

On trinque !

Bois pas trop, grand-m�re !

�a va te d�friser !

Allez, c'est bon.

Assieds-toi l�.

"Une f�te intime"...

Comme si c'�tait un enterrement.

Parle ! Tu as trouv� �a comment ?

Bien.

La viande �tait un peu dure.

Dure ? C'�tait une semelle.

Et le consomm�, vraiment moyen.

On a mang� mieux ailleurs pour moins cher.

Voil� ce qui arrive quand on fait les choses � moiti�.

Arantxa a l'air de s'entendre avec sa belle-m�re.

Tu as vu ? Elle l'aidait avec sa serviette.

Elle lui a enlev� la mayonnaise de la moustache.

On va pas se mentir : c'est une moustache !

On va pas commencer.

Tu �tais bien avec Guillermo.

Pourquoi vous rigoliez ?

Il va y passer aussi ?

C'est une cr�me.

Notre fille va le manger tout cru.

Vous discutiez dans votre coin.

On aime le sport.

Et ton quart d'heure larmoyant...

Tout le monde t'a vu pleurer.

Tu aurais pu aller aux toilettes.

J'avais honte pour toi.

- J'ai pas pu me contr�ler. - C'est �a.

Comme avec les verres de champagne. Je t'ai vu.

Ne commence pas. J'ai pens� � notre fils.

On �tait tous r�unis. Il manquait que lui.

Heureusement que t'as pas parl� de Joxe Mari.

Je t'aurais balanc� l'assiette � la figure.

Ils sont pas � leur place, ici.

Ils sont gentils, polis... Tout ce que tu veux.

Mais �a se voit qu'ils sont pas d'ici.

Leur fa�on de parler, leurs mani�res...

Ils m�chent m�me diff�remment.

Je te pr�viens,

ton petit-fils va s'appeler Hernandez.

J'en ai des crampes � l'estomac.

Qu'est-ce qu'on a rat� dans son �ducation ?

Pourquoi notre fille est aussi bizarre ?

Joxian,

tu dors ?

On fait comme on a dit.

J'entre avec le flingue, vous m'attendez dehors.

On peut pas tirer � pile ou face ?

Non, putain !

Je m'en occupe. Faut bien que je le fasse un jour.

D'accord.

Le voil�.

Tu peux attendre dehors ?

Je n'ai pas encore ouvert.

Ne tire pas. Prends le fric...

Allez, roule !

T'as du nouveau sur Joxe Mari ?

Rien.

On a eu des nouvelles de Koldo.

Il est au Mexique. Il a un statut de r�fugi�.

Il a �crit � une de mes s�urs qui vit � Cordoue.

Il a parl� de Joxe Mari ?

Pas un mot.

J'ai au moins des nouvelles de mon autre fils.

Des bonnes nouvelles.

Gorka a gagn� un prix.

J'ai un truc � vous dire. Venez.

Gorka, mon fils, a gagn� un prix.

Ils en parlent dans le journal. Regardez.

C'est �crit l�.

"Le vainqueur du prix de litt�rature

"de la Caisse d'�pargne de Guipuzcoa

"dans la cat�gorie po�sie en basque

"est Gorka Garmendia..."

C'est mon fils cadet.

"... avec le po�me intitul� 'La Voix de la montagne'.

"Le laur�at remporte 10 000 pesetas

"et un troph�e."

10 000 pesetas ! Pas mal !

Qu'il continue. Vous allez devenir riches.

N'importe quoi.

"Le laur�at, heureux et �mu,

"a d�clar� que ce prix l'encourage � �crire davantage."

Attendez.

Il y a son nom en gros, l�.

�a veut dire que ce soir, tu payes ta tourn�e, Garmendia.

Une tourn�e pour mon fils et pour la po�sie,

bordel de merde.

Bonjour.

Putain, Joxian,

je te cherchais.

Pourquoi ?

Un fils po�te... F�licitations, putain !

Tu dois �tre fier de lui.

Et quand le patron est venu me f�liciter,

�a a �t� la cerise sur le g�teau.

Herminio et les autres n'en revenaient pas.

Le patron avait une de ces montres...

Pour me payer la m�me, il faudrait que je bosse...

toute ma vie.

Toi, il faudrait que tu encha�nes les prix.

Et toi, maman, t'es contente ?

Bien s�r. Elles m'ont toutes f�licit�e.

Juani, Conchi, la poissonni�re...

Tu es devenu le nouveau pape.

Au Pagoeta, ils �taient tous contents.

Il �tait temps que les gens nous jalousent un peu !

Alors,

tu feras quoi avec l'argent ?

Je l'ai pas encore.

Quand tu l'auras.

M'acheter des fringues et des chaussures.

- Oui ? - F�licitations, champion !

J'en �tais s�re. On est super contents pour toi.

Je t'embrasse.

Il t'embrasse.

Merci. Je l'embrasse aussi.

Mais fais attention. Ne t'expose pas trop.

C'est-�-dire ?

�cris ce que tu aimes

et ne laisse personne profiter de ton talent.

Tout le monde a �t� gentil.

Je sais.

Mais est-ce que quelqu'un a lu ton po�me ?

- Non. - Tu vois ce que je veux dire ?

Je crois, oui.

Je serai prudent. Merci, Arantxa.

� plus.

Elle m'a f�licit�.

Le p�re Serapio veut te voir au plus vite.

Passe � 17 h, tu le trouveras � la sacristie.

Il veut quoi ?

Te f�liciter, bien s�r.

Nous avons �t� un peuple entreprenant, aventurier,

constitu� d'hommes courageux et pieux.

Mais malheureusement,

les Basques ont un peu n�glig� la litt�rature.

Dieu t'a accord� talent et vocation.

En Son nom, je te demande d'�tre disciplin�

et de mettre ce talent au service de notre peuple,

comme Joxe Mari qui, o� qu'il soit,

le fait � sa fa�on.

Tu comprends ?

Oui.

Le basque a besoin de s'appuyer sur sa propre litt�rature :

romans, pi�ces de th��tre, po�sies, etc.

Il ne suffit pas d'aller � l'�cole

ou de parler basque en famille.

Nous avons plus que jamais besoin d'auteurs

pour porter la langue � l'apog�e de sa splendeur.

Un Shakespeare ou un Cervant�s en basque,

ce serait formidable.

Tu imagines ?

Je veux dire que quand tu �cris,

c'est tout le Pays basque qui �crit.

Crois-moi, c'est une bien belle mission,

que je qualifierais, sans nulle exag�ration,

de sacr�e.

Tu as ma b�n�diction, Gorka.

Si tu en �prouves le besoin, quelle que soit la raison,

n'h�site pas � venir me voir.

Nous serons l� pour t'aider

� te consacrer pleinement au noble m�tier d'�crivain.

Merci.

- F�licitations ! - Merci beaucoup.

- F�licitations. - Merci.

- F�licitations, Gorka. - Merci.

Patxi, 3 bi�res. Je leur dois une tourn�e.

- F�licitations ! - Merci.

Gorka,

tu as fait une erreur.

Comment �a ?

Ne t'avise plus de parler � un journal fasciste

et d'accepter le fric d'une banque qui exploite les travailleurs.

Pour le journal, c'est trop tard.

Mais ne recommence pas.

Pour l'argent, par contre...

Tu peux mettre 10 000 pesetas l�-dedans.

- T'es l�, putain ! - Merci.

- Bravo, le po�te. - Je disais donc...

J'ai r�ussi � faire 4 cocktails Molotov.

Tu veux en faire quoi ?

Les siroter, tiens ! Je veux qu'on passe � l'acte.

� la Maison du Peuple.

Ou au QG du PNV.

Non, mon p�re joue aux cartes l�-bas.

On pourrait cramer du flic dans une manif.

Oublie les flics !

On doit br�ler les encul�s qui nous font chier ici !

Moins fort. Combien de fois je dois le dire ?

D�sol�, Patxi.

Il y a un mec au village qui a des camions.

Mais oui, c'est vrai.

Non, pas lui.

- Si. - Non.

Non, je rigole pas. Je dois y aller.

Tu retrouveras tes livres plus tard.

- Allez-y sans moi. - Tu nous l�ches, l'Ermite ?

- Quoi encore ? - Il veut pas venir.

Il se d�gonfle.

T'es pas digne de ton fr�re.

Tu comprends pas. J'ai des choses � faire.

�coute.

Quand on conna�t le plan, on va jusqu'au bout.

Fallait pas t'engager.

Maintenant, c'est trop tard.

Allez, d�gagez.

Allez.

Allez !

J'en veux deux. C'est moi qui les ai faits.

- Moins fort ! - On va pas br�ler les camions !

C'est toute la bo�te qu'on va cramer.

� toi. Je t'ai �clair�.

Salopards !

Putain, il est l� !

On se barre, d�p�che !

Salopards !

Quelle bonne surprise !

Qu'est-ce qu'il y a ?

Tu peux m'h�berger quelques jours ?

Pourquoi ?

La situation est un peu compliqu�e au village.

Et les parents ?

Je voulais d'abord t'en parler.

Allez, viens.

Donne-moi �a.

On a qu'un lit.

Le n�tre.

Je dormirai par terre sur une couverture.

T'es recherch� par les flics ?

- T'es s�r ? - Certain.

Par la bande, alors ?

Par la bande, entre autres.

Guille a le droit de savoir pourquoi on t'h�berge.

Bien s�r.

Allons-y.

Si je reste l�-bas, je finirai comme Joxe Mari.

Ils me harc�lent.

Ils disent que les livres me rendent fou.

Ils me surnomment l'Ermite.

Hier, c'�tait la goutte de trop.

Je n'ai pas dormi et je n'ai pas arr�t� de marcher.

Trouve un boulot et tire-toi du village.

C'est mon objectif.

Merci de m'h�berger.

Tu seras tranquille ici.

Tu trouveras du boulot � Saint-S�bastien.

T'es sur un nouveau projet d'�criture ?

J'ai commenc� � �crire une nouvelle la semaine derni�re.

- �a parle de quoi ? - De pirates.

- De pirates ? - Oui.

�a fait 900 pesetas.

Merci.

- Et voil�. Merci. - Au revoir.

C'est ton pr�f�r� ? Tr�s bon choix.

- Si tu le dis. - Oui.

Mais il y a une faute.

Il est �crit "Kompozisiva" au lieu de "Komposiziva".

Ils ont invers� le "Z" et le "S".

Tu bosses pour l'Acad�mie de la langue basque ?

Ramuntxo, de la radio publique basque.

- Enchant�. - Je couvre l'expo.

Gorka. Je travaille � la librairie Donosti.

- Celle qui est � c�t�. - Oui, la librairie Donosti.

- Voil�. - Oui.

- �a te pla�t ? - J'aime bien.

Mais bon, j'y connais pas grand-chose.

On cherche d'autres fautes ou on descend au bar ?

C'est moi qui r�gale.

Ce serait avec plaisir, mais j'ai un bus dans 15 min

et je n'ai rien vu de l'expo.

- Dans ce cas... - Allez, un petit verre.

Allez.

Suis-moi.

- Ils organisent des concerts. - Ah bon ?

Du jazz.

- Tu aimes le jazz ? - Oui, enfin...

Pas aujourd'hui,

mais d'habitude, il y a des concerts.

On me saluait dans la rue

comme si j'avais d�j� �crit 5 livres

ou on me demandait de faire des d�dicaces.

Bref, j'�tais plus tranquille chez moi.

J'ai fini par quitter le village

et j'ai trouv� du travail � la librairie Donosti.

- Je te l'avais d�j� dit ? - Oui.

� part �a, je fais un peu de tout.

Des quatri�mes de couverture, des d�pliants,

des traductions...

La langue basque m'a sauv� la vie.

Tu as fait quoi comme �tudes ?

Rien.

Je n'ai pas pu aller � la fac.

Mes parents ne roulent pas sur l'or.

Une maison d'�dition a publi�

un de mes contes : "Le Bateau bleu des pirates".

Ils ont chang� le titre sans demander mon avis.

Ne le prends pas mal.

L'essentiel est qu'ils l'aient publi�.

C'est ce que je me dis.

Merde, j'ai rat� le dernier bus.

Je peux te ramener. J'ai une voiture.

Tu me rendrais un sacr� service.

Mais raconte-moi des choses. Il n'y a que moi qui parle.

D'accord.

- Vas-y. - J'arrive.

- On y va ? - Allons-y.

J'ai �tudi� � la fac, o� j'ai rencontr� ma femme.

On est sortis ensemble pendant environ un an,

puis on s'est mari�s.

J'ai divorc� quand j'ai compris que j'aimais pas les femmes.

J'ai une fille, Amaia.

Et tu vis � Bilbao ? J'y suis jamais all�.

Tu rigoles ? C'est � une heure d'ici.

Je connais rien

� part mon village et Saint-S�bastien.

On va r�gler �a, alors.

On peut y aller ce week-end. Tu dormiras chez moi.

La premi�re � droite. C'est l� que je vis avec ma s�ur.

Heureusement que tu m'as ramen�.

Merci.

Je t'en prie.

Garmendia,

encore une lettre.

T'as une amoureuse ou quoi ?

Joxe Mari, c'est Bittori.

Tu te souviens de moi ?

J'ai pas pour but de t'emb�ter. Je suis d�pourvue de haine.

Pourquoi je t'�cris ?

J'aimerais conna�tre les d�tails de la mort de mon mari.

Vu mon �ge, il ne me reste pas longtemps � vivre.

J'aimerais vraiment,

avant qu'on m'enterre,

savoir comment est mort Txato.

Je veux surtout savoir qui a tir�.

Je sais que tu es impliqu� dans sa mort.

J'aimerais que tu me racontes ta version des faits.

Le transporteur Jesus Maria Lertxundi, 58 ans,

a �t� abattu cet apr�s-midi par 2 membres pr�sum�s de l'ETA

qui ont fui � bord d'une Escort

qui les attendait.

Le drame a eu lieu vers 16 h,

quand Jesus Maria Lertxundi, propri�taire des Transports Txato,

se dirigeait vers son garage...

Tu le connaissais, alors ?

Mon p�re et lui �taient comme des fr�res.

Mais ces derniers temps, ils s'�vitaient.

�a doit �tre une erreur.

Ils ont d� se tromper de cible.

Tu veux qu'on aille l�-bas ?

Non, il vaut mieux pas.

Ramontxu.

On en reparle plus tard.

Passons � l'agenda culturel.

Le groupe El Ultimo de la Fila

participera finalement au concert...

All� ?

Salut, papa. C'est moi.

Gorka. Maman n'est pas l�.

Elle est all�e � la manifestation pour l'amnistie.

Apr�s ce qui s'est pass� ?

Je lui ai dit : "Il te manque une case."

En plus, c'est le d�luge.

Elle a la fi�vre ind�pendantiste. Rien ne l'arr�te.

Je vois.

Je veux pas sortir.

Il arr�te pas de pleuvoir, et avec mes rhumatismes...

Et puis je veux voir personne.

O� est-ce qu'il a �t� tu� ?

Sur le pont,

pr�s de chez lui.

Je pense qu'ils l'attendaient.

Tu ne le voyais plus, si ?

Comment tu sais �a ?

Je discute avec des amis du village.

Et avec Arantxa.

Aussi.

J'aimerais...

pr�senter mes condol�ances � Bittori.

Mais avec ta m�re...

Tu pourrais pas lui envoyer de Bilbao

une carte de condol�ances ?

Et tu signerais "Gorka et sa famille".

Fais-le-toi.

�a t'�viterait d'aller la voir. Tu mets "Joxian et sa famille".

�a va pas te tuer d'�crire une lettre !

Je te demande jamais rien.

Je vais y r�fl�chir.

Prends soin de toi, papa.

Bonsoir.

La barbarie de l'ETA frappe encore.

Avec cet attentat, un nouveau nom vient s'ajouter

� la liste des victimes.

Il s'agit de Jesus Maria Lertxundi, �g� de 58 ans...

Tu vas lui �crire ?

- � Bittori ? - Oui.

S�rement pas.

Au pire, je dirai � mon p�re que je l'ai fait.

Il ne pourra pas v�rifier.

Pourquoi il r�agit comme �a ?

Parce qu'il est l�che.

Exactement.

Je suis tout aussi l�che que mon p�re

et que tant d'autres qui doivent se dire :

"Quelle horreur ! �a fera pas avancer notre cause.

"Pauvre Txato."

Oui, pauvre Txato. Mais personne ne fera rien.

Ils ont d�j� d� nettoyer le sang au Karcher

pour ne laisser aucune trace.

Demain, il y aura des murmures.

Mais rien ne va changer.

Les gens iront aux manifs pro-ETA pour qu'on les remarque,

pour pouvoir vivre en paix au pays des taiseux.

Et ce sera pareil � chaque meurtre.

Je suis mal plac� pour faire des reproches.

Je suis pareil que les autres.

Pareil.

La voiture est pr�te.

J'ai coup� l'eau et le gaz.

C'est quand tu veux.

Attends.

Vous me chassez de chez moi. Je le laisse veiller sur la maison.

Au revoir, mon Txato.

Ne laisse pas la haine te d�vorer.

C'est �a. Allons chanter et danser.

Maman, s'il te pla�t...

Ce qui s'est pass� ne doit pas...

�a ne s'est pas "pass�". On nous l'a fait subir.

Je vais prendre le courrier et on y va.

Il voulait pr�senter ses condol�ances ?

Il voulait savoir quand il reprendrait le boulot.

Il ne sait pas que ses amis ont tu� son patron ?

Josu dit qu'on peut transf�rer l'affaire aux employ�s.

Jamais !

Il est fou ?

Il dit que c'est une option.

Je pr�f�re tout bazarder.

Ils ont fait subir tellement de gr�ves � ton p�re.

- Tu proposes quoi ? - Pas �a.

Je laisserai pas ce casse-pieds d'Andoni

h�riter de l'entreprise.

Plut�t mourir.

Pareil pour les autres.

Ils n'ont t�moign� aucune compassion.

Ils ne sont m�me pas venus � l'enterrement, rien.

Si ta s�ur et toi voulez l'entreprise,

sachez qu'ils vous tueraient aussi.

Cette bo�te, elle faisait partie de Txato.

Elle dispara�t avec lui. C'est tout.

Nerea est venue hier de Saragosse.

Elle a dormi chez moi.

Elle nous attend � l'appart de Saint-S�bastien.

Elle stresse � l'id�e de te voir.

- Salut, Nerea. - Salut.

Salut, maman.

C'est cet immeuble ?

Entre.

Regarde quelle belle vue.

Ton p�re a d� payer une fortune.

Non, il �tait en vente depuis un moment.

Tu seras bien ici, loin des graffitis.

Et la maison au village...

Tant que je serai en vie, on la vend pas !

� ma mort, vous ferez ce que vous voudrez.

- Les affaires de papa sont l�. - D'accord.

Les cl�s.

Maman.

Regarde ce qu'on t'a apport�. Tu vas l'adorer.

Bien s�r, vous en avez pris un noir.

Elle te tiendra compagnie.

Non. Ton p�re me tenait compagnie.

Mais pose-la par terre !

Laissez-moi.

Je veux rester seule pour tout ranger.

- Au fait, dans un des cartons... - C'est bon.

- Tu savais... - C'est bon, je te dis !

D'accord.

- Maman... - Tu ferais mieux de te taire.

Allez, partez !

Ouste !

Dis donc ! C'est lourd !

Mon gangster...

J'�tais avec Joxe Mari.

Pourquoi tu lui as envoy� ta photo ?

Tu veux qu'il d�prime ?

C'est �a, "Fiche-moi la paix"...

Il dit qu'il a r�pondu. Je sais pas de quoi il parlait.

J'en ai marre que vous parliez � la folle !

Je parle pas chinois, pourtant !

Je vous ai dit de pas la laisser lui parler !

C'est elle qui vous paye ?

Mme Miren, si vous n'�tes pas satisfaite de mes services,

licenciez-moi.

J'ai beaucoup d'affection pour votre fille.

J'ai le c�ur bris�

quand je la vois souffrir...

Dans ce cas-l�, ne revenez plus ici !

J'en trouverai une autre !

Allez, prenez vos affaires et d�gagez.

D'accord, c'est bon...

Celeste,

pardon.

Pardon pour ce que j'ai dit. Je ne sais pas ce qui m'a pris.

Vous allez me rendre folle !

C'est bon, je m'en occupe.

Emmenez-la faire un tour. Je vais ramasser.

Je ne vous attendais plus.

Il y a eu un petit impr�vu � la maison.

Miren m'a cri� dessus.

� cause de nos rencontres.

"On l'emmerde" ? Non, il ne faut pas dire �a.

Regarde.

Joxe Mari m'a r�pondu.

"Bittori, je serai bref.

"Je ne regrette pas ce que j'ai fait.

"Je reste membre de l'ETA

"et je me bats pour un Pays basque ind�pendant,

"socialiste et bascophone.

"C'est ma derni�re lettre.

"Je te demande de ne plus m'�crire

"et de ne plus t'approcher de ma famille.

"Au revoir."

Tu en penses quoi ?

D'accord.

"�cris-lui.

"Moi aussi, je lui enverrai une autre lettre."

Tu crois ?

Moi ?

Allons-y.

Adaptation : Mahdi Benfeghoul

Sous-titrage : VSI - Paris

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