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- Anders Hvidegaard ? - Oui.
- Entrez. - Merci.
Vous n'avez aucune exp�rience dans l'enseignement ?
Non, mais j'ai effectu� des stages,
dans deux �coles publiques, une priv�e et une � l'�tranger.
Et pourquoi le Groenland ?
Pour l'argent ?
Non, pas tellement.
Je n'ai pas d'enfants, pas d'attaches,
donc c'est le moment ou jamais de partir � l'aventure.
J'ai trois postes vacants.
Vous avez de la chance, l'un est � Nuuk. C'est la capitale.
Vous y serez aussi bien install� qu'ici.
Donc ma candidature est retenue ?
Oui, tout va bien.
Merci beaucoup.
Vous avez un bon dossier.
Alors, je vous envoie � Nuuk ?
O� se trouvent les deux autres postes ?
L'un est � Tasiilaq. C'est sur la c�te est.
Il y a 2000 habitants.
Et l'autre est � Tiniteqilaaq, un petit village de 80 habitants.
Il y fait un froid terrible.
Eh bien, si c'est possible, je pr�f�rerais Tini...
enfin, l'endroit isol�.
C'est vous qui voyez.
Et comment �a se passe pour la langue, ils parlent bien danois ?
On y travaille.
En tout cas, j'ai h�te d'apprendre le groenlandais rapidement.
Ne faites pas �a.
Vous allez l�-bas
pour leur apprendre le danois, pas l'inverse.
Comment voulez-vous qu'ils s'en sortent dans le monde moderne,
sans parler un mot de danois ?
�a ne rendrait service � personne, ni � eux, ni � vous,
que vous appreniez le groenlandais. C'est clair ?
Je sais de quoi je parle.
Je suis rest�e 10 ans l�-bas
sans apprendre un seul mot de groenlandais.
Et je m'en suis tr�s bien pass�.
Je serai de retour l'�t� prochain.
Et l�, je pourrai t'aider comme d'habitude.
Et m�me travailler tout seul si tu es trop fatigu�.
Et si tu as mal � ta jambe cet hiver,
embauche quelqu'un le temps n�cessaire.
Tiens, voil�.
Papa, je suis jeune, je veux voyager et vivre,
c'est normal.
Qu'est-ce que tu vas faire au Groenland ?
Il y a que des ivrognes l�-bas.
Ils passent leur temps � boire.
Ne t'en fais pas, tu sais comment est ton p�re.
Oui.
Je propose qu'on trinque � Anders,
puisque c'est la derni�re fois qu'on le voit.
La derni�re fois carr�ment ?
Eh bien, j'aimerais vous dire quelques petits mots.
�a me fait tr�s plaisir de partager ce moment avec vous,
avant de partir tr�s loin, au Groenland.
Hourra, hourra, hourra.
Et puis le long : hourra.
Car c'est un bon camarade Car c'est un bon camarade
Car c'est un bon camarade
Buvons � sa sant� Buvons � sa sant�
Sant� !
Apr�s avoir ramass� les �ufs
Les petits �ufs blancs
Je suis rentr� � la maison et je les ai compt�s
Combien y en avait-il ? Combien y en avait-il ?
Un, deux, trois, quatre
Cinq, six, sept
Huit, neuf
Il y en avait dix Il y en avait dix
Approchez-vous. Venez dire bonjour � Anders.
Miki,
Kamilla, Vivian...
Vivian !
Anders.
Asser, Juliatha,
Paula,
et Kamilla.
Et l�-bas, Ulrikka.
Je pense que vous m'avez dit tous leurs pr�noms.
Je me souviens d'aucun d'entre eux.
Pas encore mais �a viendra.
Oui.
Anders trou du cul.
Ici, il n'y a pas l'eau courante.
Tu dois aller chercher l'eau, avec deux bidons de 25 litres.
Tu peux les remplir � la citerne.
La maison de service est ouverte de 8 h � 15h30.
Tu peux y prendre ta douche et laver ton linge.
Les �boueurs passent lundi, mercredi et vendredi.
Ils vident les toilettes : un seau avec un sac en plastique.
J'esp�re que les chiens vont te laisser tranquille cette nuit.
Ils peuvent faire beaucoup de bruit le soir.
J'esp�re que �a ira.
- Pas de question ? - Non, pas pour l'instant.
Si besoin, tu peux toujours m'appeler.
Je passerai voir
si tu as besoin d'aide.
�a me semble bien.
Bienvenue dans ta nouvelle maison
et bienvenue au Groenland.
- Merci. - � plus tard.
- Prends soin de toi. - � plus tard.
Bonjour.
Bonjour !
Bonjour !
H� ! Silence !
Je m'appelle Anders Hvidegaard.
Mettez les pieds par terre.
H� ! Asseyez-vous !
Et nous commen�ons ici. Comment tu t'appelles ?
Tu t'appelles comment ?
Je m'appelle Anders.
Non, je ne crois pas.
Qu'est-ce que �a peut te faire ?
Tu t'appelles comment ? Tu as quel �ge ?
12 ans.
- As-tu des fr�res et s�urs ? - Oui !
- Combien ? - 6.
Comment s'appellent-ils ?
Paneeraq, Minu,
Ulrikka, Imaka,
Hansina et Orpa.
Quels sont tes loisirs ?
J'aime faire la vaisselle.
Tu aimes bien faire la vaisselle ?
Silence !
Non ! J'ai pas envie.
Comment tu t'appelles ?
Asser.
- Quel �ge as-tu ? - 8 ans.
Asseyez-vous !
Asseyez-vous et restez assis !
Oh, Duchnoc !
Silence.
Stop !
Quel �ge as-tu ?
Euh... 7 ans.
7 ans !
Ne crie pas.
"Ne crie pas."
Et quels sont tes loisirs ?
Mr. Bean, Chaplin
et blablabla...
En danois, merci !
Laisse tomber, je suis crev�.
Comme �a.
Silence !
La 3.
La 3, on l'a d�j� trouv�e.
L�.
- Tu dis n'importe quoi. - Mais si, c'est �a.
Celle-l�.
Mais non, c'est pas �a.
Tu dis n'importe quoi.
Mais si. Allez, �cris �a.
�a, c'est du danois.
Mais bien s�r, c'est du danois :
"Singe."
"Singe" ?
�a veut dire quoi ?
C'est du danois.
Je comprends rien.
J'y comprends rien au danois, moi.
J'en ai marre de tes devoirs.
�a y est ? Tu as fini ?
- Hein ? - Je ne sais pas.
Et apr�s, tu sais plus ?
Allez, �cris n'importe quoi qu'on en finisse.
Aujourd'hui, j'aimerais bien que vous dessiniez.
Vous allez dessiner votre famille.
Vous, maman, papa,
mamie, papi.
Dessinez votre famille.
Ton dessin est nul.
Le mien est plus beau.
Regarde comment je dessine mes bonshommes.
C'est toi que tu dessines ?
Moi, je me dessine.
Il te ressemble pas du tout.
Il est trop grand, le tien !
Oui, je sais !
Il le fait tr�s tr�s grand.
Tu as pas bien colori�, Asser.
Il faut que j'appuie plus fort.
Qui as-tu dessin� ?
Papi Gerty.
Ton grand-p�re Gerty, oui. Et l�, c'est qui ?
Mamie Thomasine.
Grand-m�re Thomasine. Et ici, qui est-ce ?
- Asser. - Toi.
J'habite ici.
OK. Et qui habite ici ?
Ici habitent
mon papa Mundi
et ma maman Margrethe.
Donc, tes parents, ils habitent ici,
mais tu habites l�.
Pourquoi tu habites l� ?
Et pourquoi tes parents, Mundi et Margrethe, ici ?
Pourquoi ?
Tu ne le sais pas ?
Tu finis pas ton g�teau ?
Non, j'aime pas.
T'aimes rien.
Elle se ressert alors qu'elle a m�me pas fini.
Laisse-moi tranquille.
T'as fini ? On va jouer ?
Oui, j'arrive.
Flavia, est-ce qu'il y a des enfants qui n'ont pas � manger chez eux ?
Qu'est-ce que c'est que cette question ?
C'est vraiment une question de danois.
Je ne comprends pas le groenlandais.
Est-ce qu'il y a des enfants qui n'ont pas � manger � la maison ?
Chez vous, il y a des gens dans cette situation.
Dans votre pays � vous, il y a des gens qui dorment dehors.
Et qui n'ont que des ordures � manger.
Je le sais, j'en ai souvent entendu parler.
Mais au Groenland, ces choses-l� n'existent pas.
Alors, il y a des enfants qui n'ont pas � manger ?
Oui ou non ?
Tu as le regard d'un danois.
Depuis que tu es arriv�,
tu n'as regard� les groenlandais que de haut.
En fait, tu regardes tout de tr�s haut.
Tu le sens ?
Tu veux go�ter ?
Non merci.
Attention � lui, il est un peu sauvage.
Pourquoi tu me poses cette question ?
Pour savoir si c'est vrai ce qu'on m'a dit chez moi.
Et pour me pr�parer un peu � ce qui m'attend ici.
OK, qu'est-ce qu'on t'a dit ?
Qu'il peut y avoir de graves probl�mes sociaux,
comme des enfants qui vont mal,
qui ne sont pas bien trait�s, qui sont n�glig�s.
Je suis choqu� par ta question.
C'est horrible qu'on vous raconte des trucs comme �a.
D'accord, mais �a me semble quand m�me bizarre :
quand je regarde la liste de classe,
il y a seulement 2 enfants sur 9
qui habitent chez leurs parents biologiques.
�a n'arriverait jamais au Danemark,
que tant d'enfants habitent ailleurs que chez leurs vrais parents.
L'adoption est tr�s normale ici.
Il y a des enfants qui habitent chez leurs grands-parents,
parce que c'est un peu une tradition.
M�me si les parents n'ont pas de probl�mes,
c'est normal.
- Ce n'est pas un signal d'alarme ? - Non.
Mais bien s�r, certains sont retir�s
de leur famille � cause de probl�mes d'alcool.
Ici, il n'y a pas de travail.
Donc beaucoup vivent d'allocations.
- L'aide sociale. - Oui.
Merci de prendre le temps de me recevoir.
Je voulais discuter avec vous car j'ai remarqu� qu'Asser
n'est pas venu � l'�cole depuis une semaine.
Et on ne m'a pas dit pourquoi il �tait absent.
Donc je voulais savoir s'il y avait une raison.
Il n'est pas venu � l'�cole parce qu'il est sorti en tra�neau
avec son grand-p�re pour chasser.
C'est plus dr�le pour lui d'�tre sur le tra�neau avec les chiens,
mais c'est important qu'Asser aille � l'�cole,
sinon il aura trop de retard
quand il sera au coll�ge � la ville
et il aura des probl�mes pour suivre.
Faire du tra�neau ne doit pas l'emp�cher d'aller � l'�cole,
parce qu'il va bient�t rentrer au coll�ge.
Arr�tez.
Lui apprendre vos trucs de danois,
�a ne lui servira � rien.
C'est son grand-p�re qui lui apprend
ce dont il aura besoin dans la vie.
Asser veut �tre chasseur plus tard.
Alors je pr�f�re qu'il aille avec son grand-p�re.
Autant que je rentre alors ?
Tout le monde
ne pense pas comme elle.
Et si quelques-uns font des �tudes, c'est d�j� pas mal.
Ouais, si tu le dis...
Sans te couper.
N'en mets pas partout.
L'instituteur est venu nous voir,
il veut qu'Asser retourne � l'�cole.
Laisse-le parler.
Enl�ve la glace.
- Hein ? - Enl�ve la glace.
Tiens, regarde.
L�, comme �a.
�a marche mieux avec �a.
�a p�che mieux.
Pour les chabots de mer.
Tu sais, moi,
j'ai commenc� � p�cher tr�s jeune.
J'�tais enfant.
On allait faire nos trous l�-bas, le long de la c�te.
On y p�chait les chabots avec mes fr�res et s�urs.
Encore un.
C'est une femelle. Tout � l'heure, j'ai pris un m�le.
Tiens, � toi maintenant.
Tu dois tout finir.
Oui.
Luther �tait aussi l'un des premiers � proposer que la Bible...
soit lisible par tout le monde.
Car jusque-l�, elle existait uniquement...
C'est normal qu'il te ressemble sur la photo ?
Jusque-l�, elle existait uniquement en latin.
- Quoi ? - "En latin."
La Bible n'existait qu'en latin.
- Quoi ? - "En latin."
�coutez-moi.
Alors, Luther a traduit la Bible vers l'allemand.
Pour que tout le monde
puisse la lire.
Vers l'allemand.
Comment �a, qu'est-ce qui se passe ?
Eh bien, � l'�cole, les enfants, c'est...
Ils sont impossibles.
Tu vois, ils ne m'�coutent pas, ils ne me respectent pas.
Ils font ce qu'ils veulent.
Si je leur demande de s'asseoir,
ils se l�vent et commencent � courir.
Et si je me mets � gueuler,
ils me rient au nez.
Tu ne pourrais pas essayer de parler � leurs parents ?
Eh bien, j'ai essay� mais ils sont � la limite encore plus difficiles.
Quand tu les convoques, ils te disent "oui oui",
mais ils ne viennent jamais.
Et parfois, les enfants ne viennent m�me pas � l'�cole,
parce qu'ils vont � la chasse ou je ne sais quoi avec leurs parents.
C'est un peu comme si l'�cole n'avait pas d'importance.
Parce que tout le monde s'en fout.
Mais tu as des amis ou tu parles � des gens au moins ?
Non, pas vraiment.
J'ai l'impression
qu'ils n'aiment pas que je sois ici ou je ne sais pas...
Le week-end dernier par exemple,
il y avait une grande f�te,
tout le monde �tait invit�, tout le village �tait l�, sauf moi.
Ils ne voulaient pas de moi apparemment.
Ils ne me saluent pas quand je me prom�ne,
m�me si je leur dis bonjour.
Apparemment, je suis invisible ici.
Putain !
Et merde !
�a donne quoi ?
On dirait que tes br�leurs sont morts.
Et tu saurais les r�parer ?
Ben... il va falloir les faire venir de la ville.
De la ville ? Il n'y a pas de pi�ces de rechange ici ?
Et �a risque de prendre du temps. On ne peut pas circuler en ce moment.
Ni en bateau, ni � tra�neau.
Sinon, je peux te pr�ter un radiateur �lectrique.
Mais tu rigoles ?
Je suis employ� par la commune, j'ai droit � du chauffage.
C'est ton boulot, ta responsabilit�.
Mais tu t'attendais � quoi, au juste ? C'est le Groenland, ici.
�a prend le temps que �a prend.
Mais j'emmerde le Groenland !
Si �a continue, je rentre au Danemark.
Mais rentre au Danemark. Connard !
Il ne reste plus que quelques heures de l'ann�e 2016.
Dans peu de temps, nous �crirons 2017,
une nouvelle ann�e avec de nouvelles opportunit�s.
Mais aussi avec de nombreux probl�mes � r�soudre.
Cette ann�e encore, l'int�r�t grandit pour le Groenland.
La nature sauvage attire des visiteurs venus du monde entier.
Mais le Groenland est en danger.
Le changement climatique est clairement perceptible,
je suis tr�s consciente du d�fi que vous avez � relever.
Je voudrais envoyer ce soir mes v�ux les plus sinc�res
� l'ensemble du Groenland.
Dieu pr�serve le Danemark.
Bonne ann�e.
Tiens, on renverse �a ici.
Il faut la nettoyer.
L�, dans la neige.
Vous me cherchez ?
Non, pas sur moi !
Allez, venez !
Il faut la retourner.
Oui.
Et maintenant ?
Il faut tirer les cordes, pour la tendre par les c�t�s.
Je peux vous aider ?
Tu veux essayer de faire �a ?
Je me souviens
de notre dernier voyage avec mes parents.
On revenait des territoires de chasse jusqu'� la ville.
Nous avons voyag� pendant 5 mois.
On dormait sous la tente ou on creusait des trous dans la neige.
C'�tait l'hiver, il y avait un vent fort et mordant : le Piterak.
Oui.
Pendant 8 jours, on s'est abrit�s dans un trou dans la neige.
Et on avait que de la peau de phoque � manger. Du cuir.
On a mang� le fouet.
Mais c'�tait de la vieille peau dure � manger.
Je veux bien te croire.
Alors, on l'a fait bouillir.
Comme �a, c'�tait plus facile � manger.
Je sais pas tr�s bien comment on a surv�cu si longtemps
avec de la nourriture comme �a.
J'oublierai jamais le moment
o� on a eu � manger normalement.
Du coup, on a fait beaucoup caca.
Gerty !
Salut Julius !
On m'a dit que tu savais
construire les tra�neaux.
Et je voulais savoir si tu voudrais bien m'en construire un,
parce que je pense que �a pourrait �tre sympa,
d'en avoir un fabriqu� � la main.
Oui, peut-�tre.
Mais je suis vieux maintenant, tu vois bien.
Ouais. Tu n'es pas si vieux que �a !
Tu ne crois pas que �a reste dans les doigts ?
C'est comme le v�lo, �a s'oublie pas.
OK, donc on va...
C'est d'accord.
Mais tu as d�j� fait du tra�neau ?
Non, jamais.
Quand je vois les gens sur leur tra�neau,
ils savent tous en faire.
Donc je vais y arriver aussi. Il faut juste s'asseoir.
Qu'est-ce que tu veux que j'apprenne ?
Franchement, c'est simple comme bonjour.
OK...
Celui-l�, il est pour toi.
Moi, je vais arr�ter de faire du tra�neau, je suis trop vieux.
- Mais toi, t'as quel �ge ? - 8 ans.
8 ans. Tu vas pouvoir commencer.
Regarde comme il a l'air dou�.
Il va courir vite.
Tu veux le prendre ?
Moi, j'ai tellement fait �a
que mes dents me font mal maintenant.
Je suis plus bon qu'� manger de la soupe.
T'es pr�t ?
Allez, tire.
Comme �a ?
Allez, de toutes tes forces.
Tire de toutes tes forces.
Encore !
Mon pauvre petit, pas trop fort.
Tu me fais rire.
Voil�, le trou est fait.
Maintenant, tu vas l'agrandir.
Et comment je fais ?
En l'humidifiant
comme �a.
Allez, vas-y.
Mets-le dedans.
Appuie de toutes tes forces vers le bas.
�a a pas l'air facile !
Tu vas y arriver ?
Voil�.
Comme �a.
Allez, coupe par ici.
- De ce c�t�-ci. - Oui.
Tu m'as coup� le doigt !
Allez, coupe ici maintenant.
Allez, tire tr�s fort.
�a y est.
C'est bient�t fini.
Et voil� le harnais de ton chien.
Quand tu seras en tra�neau
avec tes chiens,
tu leur mettras ce harnais
et tu penseras � moi.
Tout doucement,
d'avant en arri�re.
Vas-y.
Je fais d'avant en arri�re ?
Oui. D'avant en arri�re, doucement.
Du calme, du calme !
On va voir si tu fouettes les chiens aussi bien.
Je fouette quelque chose au moins.
Essaie de faire la m�me chose que moi.
Essaie.
Vas-y, essaie encore.
Allez, il va bien falloir que tu y arrives.
On regarde dans quelle direction ?
Tout droit.
Il faut tourner la carte.
Maintenant, elle est dans le bon sens.
Asser, regarde avec nous.
Les montagnes, l�.
Elles sont o� ?
Les montagnes, l�.
Oui, c'est �a. Elles sont loin, apr�s l'�le, tout l�-bas.
De l�... jusque-l�.
C'est toute cette partie.
On en voit une bonne partie, quand m�me.
Continuez � dessiner.
- On recommence du d�but. - Oui.
Comment vas-tu ?
Je vais bien.
Et toi, comment vas-tu ?
Je vais bien. Et moi, comment je vais ?
Tu vas bien.
Ah oui, c'est toi qui as commenc�...
Je me suis emm�l� les pinceaux.
Comment est-ce qu'on dit : "Il s'appelle comment ?"
Alex.
Oui, mais comment on dit en groenlandais ?
Comment s'appelle-t-il ?
Tout au long de sa vie,
Gerty a v�cu cette esp�rance
que Dieu nous a donn�e.
Est arriv� le moment o� il va �tre jug�.
Gerty, tu as pu �prouver de l'angoisse,
mais c'est en J�sus que se trouve la lumi�re.
Dieu est notre refuge.
De tous temps, confiez-vous � Lui.
Amen.
Que les disparus se r�jouissent
Car ils seront sauv�s
Et de sa croix
J�sus leur viendra en aide
J�sus, je te remercie
D'�tre sur Terre
Je te garderai toujours pr�s de moi
Car tu t'es donn� � moi
Illumine-moi et conduis-moi
Sur le chemin
Laisse-moi �tre toujours pr�s de toi
Jusque dans la mort
Y en a un, l� !
J'ai tir� � c�t�.
Il est l�-bas, tr�s loin.
Je n'ai plus qu'une cartouche.
Il est pas encore mort.
Le fusil...
On en a tu� 1000.
Avec mon papi.
Menteur, ton papi est mort.
Arr�te !
- Menteur ! - Non.
Menteur.
C'est l�-bas qu'on les a tu�s.
Menteur !
- Je te dis qu'on en a tu� plein ! - Menteur !
Quand ils sortaient de l'eau, on les tirait comme �a.
On y est.
Bonjour.
J'ai aid� Asser � monter le bidon, c'est encore un peu dur pour lui.
Rentre, Asser.
Merci.
Oh, il est beau !
Il est gros ?
Oui.
Tu as besoin d'aide ?
C'est un saumon ?
- F�licitations ! - Merci !
O� est-ce que tu l'as eu, celui-l� ?
Je l'ai eu vers Tsarpa.
Y en avait beaucoup ?
Non, je n'ai vu que celui-l�.
Un phoque, comme celui-l�, �a se vend combien ?
Et la peau, �a se vend aussi, non ?
Oui. En g�n�ral, on garde la viande pour la famille.
Mais bien s�r, on peut en vendre un peu en ville.
La peau, elle, on la vend. Mais �a ne vaut plus grand-chose.
C'est pas bien cher.
Et vous arrivez � en vivre de la chasse ?
Oui, moi je vis que de �a.
Non, mais lui, c'est une exception.
Tu sais, quand on �tait petits, on voulait tous �tre chasseurs.
Ce n'�tait pas policier ou autre. C'�tait la chasse.
Mais la vie a chang� et aujourd'hui, c'est beaucoup plus compliqu�.
Mais si tu prends Asser, par exemple,
il veut devenir chasseur. Quelles sont ses chances maintenant ?
Il va devoir partir au coll�ge en ville.
Et quand il reviendra ici, il aura 16 ans,
il ne saura ni chasser, ni faire de tra�neau, ni p�cher.
S'il veut �tre chasseur,
il doit commencer maintenant.
Apr�s, ce sera trop tard.
Mais il s'ouvrira peut-�tre � d'autres possibilit�s
quand il sera en ville.
La plupart des gens ici, comme sa grand-m�re,
n'ont jamais quitt� le village.
Donc, ils ne connaissent pas le monde ext�rieur.
Ici, il y a � peine 15 emplois.
Pas de journalistes, pas d'emplois qualifi�s.
Comment veux-tu qu'ils sachent quelles �tudes choisir ?
Ils ne le savent pas.
Aujourd'hui, nous avons la visite de Tobias, parce que je sais
que vous avez plein de questions sur le m�tier de chasseur
et sur son quotidien.
Donc, j'ai fait venir Tobias
pour qu'il r�ponde � toutes vos questions.
Alors qui a une question ?
Juliatha ?
Est-ce que les femmes peuvent devenir chasseurs ?
Avant, traditionnellement,
il y avait des femmes chasseurs.
Mais comme les femmes avaient des enfants,
elles chassaient moins r�guli�rement.
C'est ce que j'ai entendu dire.
Qui a une autre question ?
Asser.
Comment on chasse le narval ?
On utilise le harpon, comme dans le pass�.
Une fois qu'on a atteint le narval,
il y a une lani�re et un flotteur.
Alors le narval plonge,
et quand il remonte, on regarde o� se trouve le flotteur.
La premi�re fois que j'ai atteint un narval,
j'�tais jeune, j'�tais tr�s nerveux.
C'�tait comme si on me serrait � la gorge !
J'avais trop envie de l'atteindre, c'�tait trop excitant.
Je l'ai vis�. Je l'ai fait !
Arriver � le harponner, c'�tait tellement excitant !
C'�tait comme si la vie devenait extraordinaire !
Vous pouvez venir voir mon fusil.
C'est celui que j'utilise pour les phoques.
Il faut le prendre comme �a.
Qui veut essayer ?
Asser, tu veux essayer ?
Attention, il est lourd.
Te voil�.
Mon petit chien.
On fend au milieu de ces deux points.
Comme �a.
On coupe bien au milieu.
Une fois qu'on a fait �a...
L�, on continue comme �a.
Vas-y, mets-le dans le seau.
Maintenant, tu fais le travail des femmes.
Tu passes trop de temps avec ta mamie.
Mets �a l�.
Voil�, on a presque fini !
Il reste plus qu'� nettoyer.
�a ici...
Et le reste dans l'autre seau.
- Comme �a ? - Oui.
Il �tait une fois un village
o� les chasseurs qui partaient en kayak
disparaissaient les uns apr�s les autres.
Le village se vidait de ses hommes et la nourriture vint � manquer.
Bient�t, il ne resta qu'un jeune gar�on.
Il d�cida de partir dans son kayak pour d�couvrir ce qu'il se passait.
Alors qu'il naviguait
sur le grand fjord,
il entendit soudain quelqu'un crier :
"Qajaarngaa ! Qajaarngaaaa !
Viens, s'il te pla�t !"
Alors il pagaya vers les cris.
C'�tait une vieille femme
qui l'appelait depuis la berge.
Le jeune gar�on la suivit et entra dans sa maison.
Il baissa les yeux et vit des os humains.
Des t�tes �corch�es �taient suspendues sur les murs.
C'�taient les visages des chasseurs de son village.
La vieille femme s'approcha avec un plat rempli de baies noires
sur lesquelles �tait plac�e
une main coup�e.
Le gar�on saisit la main,
la regarda
et la lui lan�a au visage en disant :
"Je ne mangerai pas cela car c'est la main d'un homme !"
Et il la gifla au visage.
La vieille femme commen�a � s'�nerver.
Le jeune gar�on n'�coutant que son courage,
la saisit par les cheveux.
Il ramassa au sol un couteau de femme
et d'un seul geste lui trancha la t�te.
Qajaarngaa rentra chez lui.
D�sormais seul parmi toutes les femmes,
il devint un tr�s grand chasseur.
Le plus fort de toute la r�gion.
Jamais plus la nourriture ne manqua au village.
C'est incroyable, les aurores bor�ales.
Tu sais ce qu'on dit ici ?
Non, je ne sais pas.
Quand j'�tais petit,
on me racontait cette histoire.
Ce sont les esprits des animaux
qui jouent au football avec des t�tes de morse.
Des t�tes de morse ?
Vous n'avez pas d'aurores bor�ales au Danemark ?
Non, il n'y en a pas.
C'est quoi ce pays d'o� tu viens ?
Je ne sais pas.
Sans aurores bor�ales.
Quand on siffle,
elles se rapprochent de plus en plus.
Enfants, on nous disait qu'elles pouvaient nous attraper.
Donc tu rentrais vite � la maison ?
Oui, des fois on avait vraiment peur,
et alors il fallait jeter
des merdes de chien en l'air.
Et �a les faisait dispara�tre ?
Bien s�r ! Si tu y crois, bien s�r !
C'est quoi cette blague ?
On y croit toujours.
Moi j'y crois pas trop.
Ce sont nos l�gendes.
Bon allez, j'y vais.
H� le g�ant, t'as mal jou� !
T'es vraiment un champion !
Recouvre sa carte.
- � moi de jouer ! - Non non !
Ah ! Il est gentil !
Six, six !
Je peux pas jouer !
- Je vais mettre �a. - Donnes-en trois � Anders !
Suite de cinq !
�a, c'est un homme !
Nous allons voir !
Bien fait pour lui !
Tu ramasses !
Je sens que �a va �tre pour moi tout �a.
La roue tourne !
Voil� une paire ! Contre les 5 que tu nous as mis !
- Prends �a ! - Qu'est-ce que c'est ?
Moi, je n'ai pas de cinq...
� toi !
C'est bien celle-l� que j'ai pos�e ? Tant mieux.
Une suite de neuf, maintenant !
Merci de m'avoir invit�. J'esp�re juste que j'arriverai � vous suivre.
Si tu n'y arrives pas, tu courras derri�re nous.
Ou � plat ventre !
Asser est encore petit. Tu vas lui manquer.
Moi, je pense qu'il est assez grand pour vous suivre.
On part pour plusieurs jours.
C'est trop dur pour lui.
�a va, qu'il vienne avec nous. �a va aller.
- Merci. - De rien.
Allez...
Tout seul comme un grand.
Tu vas faire attention, hein ?
Oui.
Sois courageux.
- Ce sont ses affaires ? - Oui.
Tu es content ?
Voil�, comme �a.
Si tu l'attrapes par le bas,
c'est plus facile de la passer dedans.
Tu vois, si tu la prends par le haut, c'est plus dur.
Mais comme �a, c'est plus facile. Vas-y.
Oui, par en dessous.
Voil�. C'est bien ! C'est tr�s bien.
Voil� ! OK.
Au suivant.
Viens, il y en a un, ici.
Allez Asser, faut dormir maintenant.
Regarde, prends ta botte comme coussin.
Et on ferme tout �a
pour pas que t'aies froid.
�a, on voudrait pas.
Comme �a.
T'es bien l� ?
Tu me laisseras encore faire le fouet demain ?
Tu me laisseras encore faire le fouet demain ?
Il veut que tu lui laisses encore le fouet demain.
Oui, bien s�r que tu pourras.
Bien s�r.
- Mais d'abord, faut dormir, hein ? - Oui.
Comme �a, l�.
Bonne nuit.
� toi aussi.
On va contourner par l� ?
Oui, c'est comme s'il y avait un chemin.
Ils n'auront pas d'issue si on les coince l�.
Oui.
Bon, allons-y.
Qu'est-ce que vous regardez ?
Un de nos amis a vu des traces d'ours blanc.
Il y a deux jours.
Si on continue vers le nord, en contournant la montagne,
on peut peut-�tre les rattraper.
Comment tu veux les rattraper s'ils ont deux jours d'avance ?
Quand il fait chaud, ils ne bougent pas pendant plusieurs jours.
Ou peut-�tre qu'ils sont d�j� loin. On n'en sait rien.
On verra.
On verra.
Voil�. Tu refermes.
Oui.
Et on attend
trois minutes.
Oui. Trois minutes.
Oui, je crois. C'est �a. Trois minutes.
Oui.
Et moi, je peux prendre les tiennes ?
Voil�.
A�e, ma barbe !
Silence !
Doucement.
- Non. - Si.
- Non. - Si.
Silence !
Et voil�.
Est-ce que tu as d�j� tu� un ours avec ce fusil ?
- Non. - M�me pas ?
Quand tu seras grand, tu tueras un ours avec un vrai fusil.
Moi, une fois, j'ai tu� un tr�s grand ours.
Je l'ai vu avec mes jumelles : il �tait immense.
Je me suis dit que c'�tait mon jour de chance.
J'ai � peine eu le temps de les ranger qu'il me fon�ait dessus.
J'ai pris mon fusil et mon kayak et je suis parti en courant.
Je courais, je courais. Il me suivait.
Il se rapprochait et l'eau �tait encore loin.
Je courais. Il faisait peur tant il �tait grand.
Mon kayak �tait lourd et la neige �tait un peu fondue.
�a me ralentissait et il me suivait.
Je me suis retourn� et je l'ai vu juste derri�re moi.
Et au moment o� il allait me rattraper,
il est tomb� � l'eau, l� o� la glace �tait plus fine.
Et tout d'un coup, il a surgi de l'eau, j'ai tir�
et je l'ai tu�.
J'aurais d� le d�couper
mais j'avais oubli� mon couteau.
Alors je l'ai attach� derri�re mon kayak.
Et je l'ai ramen�.
� mon arriv�e, les gens ont dit :
"H�, regardez-le, il ram�ne un ours tout seul !"
- Un ours entier. - Oui, un ours entier !
Toi aussi, un jour, tu rencontreras les grandes dents.
Allez ! On y va.
Oui, c'est �a, il faut enlever la neige.
Le vent se l�ve.
Le Piterak arrive.
Elles sont toutes fra�ches.
Il est pas loin.
Je suis s�r qu'on peut le rattraper.
C'est un peu risqu� avec ce temps.
Mais il vient juste de passer l� !
On continue.
OK.
On y va !
Pose-le comme �a et �a va tenir !
Tiens !
Poussez-vous de l�, les chiens !
- Donne-m'en un autre ! - OK !
Je le tiens !
Tiens les deux !
Vas-y !
C'est pas de niveau !
Enl�ve la neige l� en dessous !
�a tient. Donne-m'en un autre !
Merci.
Alors,
tu veux toujours rentrer au Danemark ?
C'est pas si simple, tu sais.
Mon p�re a une ferme,
que ma famille poss�de depuis 8 g�n�rations.
C'est de l� que vient mon nom de famille.
Je m'appelle Hvidegaard, ce qui veut dire "la ferme blanche".
Et comme je suis leur seul gar�on,
mon p�re s'attend � ce que je la reprenne,
pour qu'elle reste dans la famille.
Mais,
je n'en ai pas vraiment envie.
C'est pour �a que j'ai fait des �tudes de prof
et que j'ai demand� � travailler ici.
Venir au Groenland, c'�tait un moyen de partir loin de la ferme.
Vous �tes vraiment compliqu�s, vous, les Danois.
Mais toi, tu veux rester ou tu veux rentrer ?
Je ne veux plus rentrer.
Couch�s !
Couch�s !
Il y a quelque chose dehors ?
Couch�s !
- On tire pas, elle a des petits. - Je vois.
Oui. Qu'est-ce que �a donne ?
Cheval.
Qu'est-ce qu'un cheval ?
Tu sais faire �a, toi ?
Vas-y, Asser.
Vas-y, Asser.
Oui.
P-o-u-l-e. Poule.
Et une poule, comment �a fait ?
Et puis parfois, elle fait...
Non.
On y est presque.
On regarde le dernier ?
Cinq.
Thomasine, il est bon ton phoque.
Je suis contente que �a te plaise.
La prochaine fois, c'est toi qui le pr�pares.
Oui, mais il faudra que tu m'apprennes.
Oui, je t'aiderai.
Asser, c'est bon ?
Oui.
Asser, regarde !
Sous-titrage : HIVENTY
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