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Yoruba
Zulu
A l'atterrissage,
F-BFGM, Air France.
En provenance de Dakar, Casablanca.
Une petite minute, monsieur.
Mlle Monique,
voulez-vous voir ?
- Je suis à vous tout de suite. - Je ne suis pas pressé.
Excusez-moi.
Vous aviez raison.
Cette écharpe ira merveilleusement avec votre manteau.
- Cette couleur me grossit. - Oh, vous pouvez vous le permettre.
Et puis c'est tellement couture ! Pardon.
Laissez-moi l'arranger moi-même.
- Vous désirez, monsieur ? - Des petits machins comme ça.
Ça s'appelle des clips, monsieur.
- Ah ? Alors je désire des clips. - Nous avons le choix. Lesquels ?
C'est pour une blonde ? Une rousse ? Une brune, alors ?
Dans ce cas, prenez ceux-là.
Brune, elle l'était la dernière fois. Mais depuis...
Si cette dame a changé de couleur, nous vous ferons un échange.
Ou un rendu, suivant les circonstances.
Mademoiselle !
Cette teinte m'enlaidit. C'est beaucoup trop vif.
Nous avons également ceci. Plus strict, mais ça a un chic fou.
Merci.
Ça flatte toujours. Surtout aux lumières.
Tenez. Vous allez voir.
Quelle couleur, ses yeux ? Vous m'en demandez trop.
Vous êtes bien curieuse. Nous avons
le collier assorti. C'est très grand chic.
Et puis toutes ces pierres sur la peau, ça... Ça chante.
Oui, ça... C'est le mot juste.
Ça chante.
Navrée de vous interrompre.
Mais j'ai l'air en deuil. C'est sinistre.
Excusez-moi, monsieur.
Essayez la bayadère. Les rayures sont claires et le fond sombre.
Vous désirez voir autre chose ? Un parfum peut-être ?
Vous vous souvenez de son parfum ? Elle en a peutêtre changé.
Conseillez-moi. Attendez...
Je sais.
Celui-là, peut-être. Ça alors, il est merveilleux !
Un peu lourd et poivré en même temps.
Parfait. Fait pour vous.
- Minuit. - Ça, je veux bien. Où ça ?
Mais non, voyons ! C'est le nom du parfum !
Ça, je le craignais. Bon alors, un flacon de Minuit.
Mademoiselle !
Je veux bien qu'on me regarde, pas qu'on se retourne sur moi !
Oh, je vois. Vous avez l'air de prendre ça...
Eh bien, j'irai ailleurs.
C'est comme ça toute la journée. Ce sera tout ?
Moi, j'achèterais bien toute la boutique.
Il y a des femmes qui ont de la chance.
Vous pas ?
Vous êtes bien curieux, vous aussi.
- Répondez : vous pas ? - Je vous répondrai une autre fois.
Si vous repassez. Ah, qui sait ?
Si... Si vous avez un rendu,
ce soir exceptionnellement nous ouvrons jusqu'à 22h.
Il est préférable de faire ça le jour même.
Vraiment ?
Vous paierez à la caisse.
Madame.
- Pour Monsieur, ça fera ? - 14 et 7, 21000.
- Vous auriez peut-être 1000F ? - Non.
- 5000 ? - Non, je regrette.
Voilà 9.
- Merci. - Merci.
Voici votre paquet. Et le petit cadeau de Noël de la maison.
Merci.
- Bon réveillon. - Touchons du bois.
- Tu l'as vu ? - Qui ça ?
Le pape !
Mon client.
Pourtant on voit peu d'hommes seuls ici.
- Je n'ai rien vu. - Toujours à rêver !
L'homme de ta vie entrerait que tu ne le verrais pas.
- Comment le reconnaîtrais-je ? - Tu es trop gourde !
Il n'aurait pas eu à insister pour que ce soir j'oublie les amis.
Tu ne le connais même pas.
Moins on se connaît, plus on se plaît.
J'aime l'imprévu. Tu ne peux pas comprendre.
Change-toi, je finirai.
Le téléphone sonne.
Allô ?
Non, monsieur. Oui, monsieur. Je l'appelle tout de suite.
- Madame, M. Paul au téléphone. - Excusez-moi.
Occupez-vous de Madame.
Allô ?
Oui, chéri. Très bien marché. Un monde fou !
Je suis morte de fatigue. Et il y a encore tout à ranger.
Quoi ? Non, je tiens quand même à sortir ce soir.
Je suis fatiguée pour le reste, mais pas pour ça.
Quoi ?
Allons, ne dis pas de bêtises. Oui, viens me prendre ici.
Tu te changeras tout à l'heure. C'est plus simple. Je t'attends.
Alors ? Et la cliente ? Partie.
C'est inouï. Elle en avait une paire en main.
- Elle a changé d'avis. - Évidemment.
Dès qu'on s'en va, la vente s'arrête. Pour placer des gants,
il suffit de sourire. Mais toi, ça te fatigue.
Ici, sourire, c'est travailler.
Tu ne deviendras jamais vendeuse, ma pauvre fille.
Porte.
- La maison Duverger. - Je les attends depuis hier !
Aujourd'hui, ce serait parti comme des petits pains.
10 fois je vous ai téléphoné ! J'y peux rien.
Monique, aidez Françoise à mettre une de ces robes en vitrine. Vite !
- Il est tard. - Les vitrines travaillent 24h/24.
Elles ne font pas la journée de 8h, elles !
Moi, c'est celle-là que j'achèterais.
- 3 mois de salaire. - Non, 4.
Il n'y a que nous dans le quartier qui sommes ouverts jusqu'à 22h.
Celle-là fait grande vedette.
- Moi qui ai rendez-vous à 21h ! - Non, voici ma préférée.
Celle-ci, c'est la mienne.
Et il y a tout qui va avec. Les gants, les chaussures.
Juste ma pointure. J'ai ma robe ! Quoi ?
Je veux dire, la robe pour l'étalage.
Tu croyais que tu n'avais qu'à débarquer sans crier gare ?
Oui.
Et que je t'aurais attendu en te tricotant un pull !
- Pourquoi pas ? - Toujours modeste.
Oui, toujours.
Il rit.
Et toujours le même rire. Toujours content. Sûr de toi.
Tu n'as pas changé depuis. Depuis ?
Attends. L'année dernière, pour Noël j'étais à Rome.
- Moi, à New York. - l'année d'avant, à Majorque.
Moi, à Tanger. Donc ça doit faire...
Non ! Ne le dis pas, ça me vieillirait.
On venait de se quitter.
Au fait, pourquoi ? Oui, c'est vrai. Pourquoi ?
On ne s'aimait plus ? On ne s'est jamais aimés.
C'est vrai.
Ça devait être pour autre chose.
J'aurais juré que tu m'avais oubliée.
Irène ! Tu n'es pas une femme qu'on oublie. Non, je t'assure.
Je pense souvent à toi. Je revois tes yeux.
Tes cheveux noirs. Je suis brune depuis un mois !
Je savais que tu avais quelque chose de changé !
Tu as bien fait de choisir cette couleur.
C'est merveilleux.
C'est exquis, cette parure.
Oui, c'est très grand chic.
Et sur la peau, toutes ces pierres...
Ça chante.
- Poète, maintenant ? - Tu m'inspires peut-être.
Tiens ! Non, vois-tu, une chose me touche.
C'est peut-être sentimental.
Le parfum.
Ah oui... Le parfum.
Que tu te sois souvenu de mon parfum, ça m'étonne.
- J'ai de la mémoire ! - Tu aurais pu oublier.
Non ! On peut oublier la couleur des cheveux ou autre chose,
mais le parfum d'une femme, ça jamais.
Ainsi d'être près de toi et de sentir ce parfum,
toujours le même,
les souvenirs me montent.
Des souvenirs adorables, Irène.
Délicieux.
Des souvenirs charmants... Non.
Pourquoi ?
Parce que non. Les affaires ?
- Oh, ça va. - Jamais d'ennuis ?
Non, jamais !
- Toujours superstitieux. - Oui, toujours.
Je suis né un vendredi 13,
mais ça ne m'a pas empêché d'avoir de la chance. Sauf ce soir.
Ce soir, tu voulais vraiment sortir avec moi ?
Tout simplement.
Une nuit, Irène. Hmm ?
Une toute petite nuit de rien du tout.
Alors ? Non ?
Mon pauvre Marcel, c'est impossible.
- Je joue ta nuit aux dés ! - Je n'aime pas les jeux de hasard.
- Dans une heure tu le regretteras. - Juste ce qu'il faut. Pas plus.
- Prends le téléphone et décommande. - Ne fais pas l'enfant.
Oh...
Oh, ce que je vais m'ennuyer, ce soir !
Marcel, j'aimerais mieux que tu t'en ailles tout de suite.
- Avec toi. - Non, Marcel.
- Tu es sûre ? Vraiment pas ? - Vraiment pas.
Bien. Une soirée de perdue.
- La nuit ne fait que commencer. - Tu penses, un soir de Noël !
Les jolies filles sont prises. Avec ta chance habituelle...
Irène...
Sois gentille. N'insiste pas.
Bien.
Tu l'auras voulu.
- Happy Christmas, Marcel. - Happy Christmas, Irène.
Marcel !
La prochaine fois, préviens-moi un jour avant.
Monique, rangez tout ça.
Prenez l'habitude de tout remettre en place
après le départ des clientes. Françoise, aide-moi à porter ça.
Et ces bas Nylon ! Tout est sens dessus dessous.
Les numéros ne se suivent pas. M. Paul a tout dérangé ce matin.
M. Paul est ici chez lui.
Et tu sais qu'il n'aime pas voir les carrés de soie sur le bureau.
- C'est vous-même tout à l'heure. - Naturellement !
C'est tout le monde sauf toi.
Dis donc... Il manque une paire de bas Nylon.
Ah bon ? Vous pouvez regarder dans mon sac et sur mes jambes.
Il ne s'agit pas de toi.
Monsieur Paul n'a pas toujours très bon goût, mais tout de même.
Que fais-tu là plantée comme une asperge ? Va aider Monique.
Il n'y a que moi qui travaille !
Oui, oui...
Elle travaille pour ne rien faire et parle pour ne rien dire.
Comme d'habitude. Les rendus, ça se range à part.
- Ils devraient être interdits. - Pour les femmes, oui...
Pour les hommes, ça dépend.
Monique... La là la là la là...
Votre femme est là, M. Paul. Elle date un peu, votre chanson.
Changez de disque. C'est la chanson de mes 20 ans.
C'est encore mon succès du jour. Oui. En changeant de prénom.
Avant moi, c'était Amanda. Il y a de la tradition dans la maison.
Mademoiselle, respectez la maison et rangez un peu mieux que ça !
(Dis, Monique, tu fais quoi demain soir ?)
- Une neuvaine au Sacré-Coeur. - Hmm.
Pour qui la nouvelle paire de bas ?
- Quelle paire de bas ? - Vous me comprenez très bien.
Je l'ai emportée par erreur. D'ailleurs, je la rapporte.
Visiblement vos paires de bas n'intéressent pas tout le monde.
Tu n'as pas toujours dit ça.
Bonjour, chérie. Tu asticotais encore Monique ?
Ça ne va pas très loin. La preuve,
c'est que si tu veux t'en débarrasser,
je ne m'y oppose plus. Quelqu'un à placer ?
Comme si c'était mon genre ! Elles m'endorment, c'est effarant.
- Tu t'en aperçois aujourd'hui ? - Au début, on est trop indulgent.
On ferme les yeux. Non, pas ici. Là.
Je vais prendre la caisse. Qui doit fermer ce soir ?
- Monique. Elle n'est pas ravie. - On ne lui demande pas son avis.
Dites donc, Alberte. Alberte !
- Françoise, monsieur. - Je me trompe toujours.
Celle que vous avez remplacée s'appelait Alberte.
- Alberte... - Dépêchez-vous un peu.
Et rangez mieux que ça. Quant à vous, Alberte...
Enfin Françoise, vous devriez vous peigner.
Ça ne coûte rien. Oui, monsieur.
Et la poudre, c'est fait pour qui ? Les nez qui brillent
font baisser la vente. Oui.
Pourquoi vous êtes entrée dans la nouveauté ?
Vous n'avez rien pour attirer la clientèle. Enfin...
- On a juste le temps de s'habiller. - Allez... Bon Noël !
Au revoir, les enfants. Amusezvous bien.
Vous aussi.
Et voilà. Madame fout le camp et nous, on reste.
Je dois retrouver toute la bande. Ils ne vont pas m'attendre.
Mon réveillon commence bien. Je fermerai à ta place.
- Ça ne t'ennuie pas ? - Si je te le dis. Dépêche-toi.
Tu es gentille !
- Où réveillonnes-tu ? - Pas dans les boîtes de nuit. Non !
Je réveillonne dans un atelier de peintre.
Il paraît que les gâteaux, les bouteilles, tout sera suspendu.
Il n'y aura qu'à lever les bras. Tu vois ça d'ici ?
Oui, je vois.
Pour commencer, messe de minuit à Saint-Séverin.
Et toi, tu fais quoi ? Hmm ? Rien. Je vais me coucher.
- Comme ça, tout de suite ? - Oui.
Ce n'est pas drôle. Comment tu peux ?
- Question d'habitude. - Tu devrais, je ne sais pas...
- Ce qu'il est joli, ton manteau. - Hein ? Je me sauve. Merci.
Bon Noël. Et amuse-toi bien.
Toi aussi.
Hello !
Oh, pardon.
Vous désirez ? Je vais donner de la lumière.
Il est près de 22h.
J'allais fermer. J'avais commencé à éteindre.
Vous avez vu quelque chose à l'étalage ? Montrez-moi.
Oui... J'avais vu quelque chose à l'étalage tout à l'heure.
Ça n'y est plus.
- C'est peut-être à l'intérieur. - Non.
Non plus.
J'arrive trop tard.
Mais je n'y tenais pas tant que ça. Et je ne veux pas vous déranger.
Vous ne me dérangez pas. J'ai tout mon temps.
Ce soir, tout votre temps ?
Si c'est pour un cadeau, nous avons des nouveautés
en lingerie, parfumerie... Non, je vous assure.
Je pensais à autre chose, alors je suis entré. Voilà.
Je ressors sur la pointe des pieds. Ni vu ni connu.
Raccrochez, c'était une erreur. Quelle heure est-il ?
Je croyais que vous aviez raccroché. Il est 22h.
Ma montre n'a aucune idée de l'heure, comme moi. Merci.
Mais... Et vous ?
Comment se fait-il que vous ayez tout votre temps un soir de Noël ?
- Je suis de garde. - Et les autres ?
Elles font ce qu'elles veulent. On ne vous demande pas votre avis.
Allô, passez-moi police secours. Je viens de trouver à l'instant
une fillette abandonnée qui répond au signalement de Cendrillon.
Et qui a envie de pleurer.
C'est vilain ce que vous dites. Fichez-moi la paix à la fin !
Si vous ne voulez rien acheter, allez-vous-en. Qu'attendez-vous ?
Si c'est pour vous payer ma tête que vous êtes entré,
j'ai travaillé toute la journée, je suis à bout de forces !
Françoise pleure.
J'en avais besoin. Mais j'ai fini. J'espère que ça vous a amusé.
Maintenant, laissez-moi tranquille. Allez-vous-en.
Allez-vous-en !
Non.
Je ne partirai pas.
Vous avez bu ?
Oh, à peine.
Vous voyez, je suis très calme. Très tranquille.
Mais sortez ou j'appelle.
Je ne suis pas dangereux.
Ah non, vous avez tort.
C'était plus joli.
Je ne suis pas jolie. Vous ne m'apprenez rien.
Mais j'en ai assez de l'entendre. L'ironie, j'en ai soupé.
Si vous ne filez pas, j'appelle. Pour de bon, cette fois-ci.
Vous vous décidez ?
Écoutez, je me suis peut-être un peu moqué de vous.
Je ne prends pas les choses assez au sérieux.
Mais je ne voulais pas vous vexer. Pardon.
- Alors partez maintenant. - C'est triste d'être seule ce soir.
Oui. C'est pour ça que j'ai hâte de me coucher et de dormir.
Pour oublier qu'il y a des gens qui eux ne sont pas seuls.
Mais ça ne regarde que moi.
Moi aussi, je suis seul.
Je croyais avoir rendez-vous, j'avais 2 ans de retard.
Encore un coup de ma montre ! Et je reprends l'avion demain.
Je ne reviendrai peut-être que dans un an ou deux.
Pour moi aussi, ce n'est pas gai. Vous allez me faire pleurer.
Encore ?
Non. J'ai usé ma provision de larmes de la journée.
Maintenant, je dois fermer.
Rendez-vous à Noël prochain. On mettra nos souliers ensemble.
- Non. - Dans deux Noëls ?
- Non. - Dans trois Noëls ?
Non.
Bon... Très bien.
Je remporte mes souliers.
Encore vous ?
Oui. J'ai réfléchi. Vous allez venir avec moi.
Vous avez décidé ça ? Et où irons-nous ?
Partout. Nulle part, où vous voudrez.
Vous êtes seule, je suis seul.
On dirait un verbe à copier en retenue.
La retenue est finie. Conjuguons le verbe "Je suis seul" ensemble.
C'est plus simple. Cessez de me mettre en boîte.
On boit un verre et au revoir.
Pour moi, c'est plus gai que de me regarder boire dans une glace.
Et pour vous c'est moins triste que de rentrer. Dites le contraire.
Vous êtes malade ?
Vous n'avez trouvé personne ? Il est tard, c'est vrai.
- Il existe un bureau très sérieux : on téléphone,
une jeune femme vous rejoint dans un bar ou un restaurant
pendant 1h ou 2 en tout bien tout honneur.
J'ai téléphoné dans ce bureau et vous arrivez.
Bonjour, mademoiselle.
Je m'appelle Marcel. Et vous ? Françoise.
- Alors Françoise, c'est oui ? - Alors juste un verre et je rentre.
Regardez.
- Vous croyez que c'est sérieux ? - Ce n'est pas agréable ?
Si.
- Vous voyez, ça va déjà mieux. - Ça va déjà mieux...
Vous parlez comme un docteur. Je n'ai pas eu la scarlatine.
La solitude est une maladie plus grave. Mais pas contagieuse.
D'ailleurs quand on est deux, on est guéris. A votre guérison.
Ma guérison ! Je n'ai pas attendu après vous.
Peut-être que ça me plaît d'être seule.
- Ce n'est pas vrai. - Non, ce n'est pas vrai.
Quand je me regarde dans une glace, j'ai parfois envie
de m'emmener à la fourrière. Plus maintenant ?
Mais on va se quitter dans 5 minutes.
Dans ce cas, dites-moi la vérité. Pas d'ami ? Pas de fiancé ?
Personne.
Pas de parents ?
Si, j'en ai eu comme tout le monde.
Séparément, ça allait. Seulement ils étaient tout le temps ensemble.
A Noël, vous mettiez bien vos souliers devant la cheminée ?
Oui. Même une fois je me rappelle, j'ai trouvé une carte dedans :
"Je suis fauché, je repasserai l'année prochaine."
- Et l'année d'après ? - Il devait être encore fauché !
Il l'était toujours ?
Oh là là ! De plus en plus !
Buvez.
Mmm... Ça réchauffe. Comment ça s'appelle, ce truc-là ?
Un gin fizz. Je vous l'ai déjà dit.
Françoise Letanneur a bu un gin fizz. Non, deux !
- Vous voulez toujours rentrer ? - Je n'y pensais même plus.
Où c'est ?
- Oh... C'est de plus en plus loin. - Alors où voulez-vous aller ?
Au Carole, à la Nouvelle Eve, au Lido ?
Je n'ai pas de préférence.
Moi non plus, c'est parce que...
La difficulté, c'est de trouver une table. Barman !
Pourquoi vous n'essayez pas de vous coiffer autrement ?
Comme ça.
C'est bien mieux. Vous savez, dans les boîtes de nuit...
- C'est trop cher, peut-être ? - Ah non ! Mais non !
Écoutez Françoise, le Père Noël a trop tardé avec vous.
Alors cette fois... Quoi ?
Je vais vous expliquer.
Pourquoi ? Qu'est-ce que vous voulez faire ?
Pas de question au Père Noël. Ouvrez.
Comme si je n'avais pas assez vu cette boîte !
Ouvrez !
Je vous fais encore peur ? Je n'ai peur de personne, moi.
- Eh bien ouvrez. - Vous alors !
Maintenant ?
Vous voulez aller dans une boîte ?
- Si vous n'y tenez pas, tant pis. - J'y tiens !
Seulement vous ne pouvez pas y aller comme ça. Enfin...
Pas un soir de réveillon. Pourquoi me dire ça ici ?
Ici, il y a tout ce qu'il faut ! Vous n'avez qu'à prendre.
C'était pour ça ? C'est un coup à me faire balancer !
Pas question. Venez.
Mais... Vous n'avez pas compris.
Je vous ai dit que le Père Noël passait ce soir.
Eh bien, il a de l'argent. Prenez. Vous n'y pensez pas.
Mais j'ai beaucoup d'argent. Vous n'imaginez pas !
J'en ai presque trop. Trop d'argent ?
Allez, Cendrillon. Ce soir, je satisfais tous les voeux.
Hop ! Habillez-vous.
Je vous interdis de me donner des ordres.
Ne m'appelez plus Cendrillon. Et puis... Et puis...
Et puis... Et puis quoi ?
Je ne suis ni en vente ni en location.
Vous perdez votre temps. Puisque je ne vous demande rien.
C'est le Père Noël qui passe.
Ce n'est pas vrai, dites. Ça ne peut pas être vrai, non ?
Seulement il ne repassera peut-être pas. Dépêchez-vous.
Allez. Vous n'avez jamais eu envie de quelque chose ici ? Jamais ?
- Oh si, alors. - Alors prenez ! Prenez vite.
Oh dites, ce n'est pas une blague ? Vous me le jurez ?
Après tout, tant pis. Pensez ce que vous voulez.
J'en ai trop envie ! J'en ai trop envie...
Les chaussures.
Ça aussi.
Marcel rit.
J'en étais sûre. C'est une blague.
Une sale blague. Vous vous êtes payé ma tête.
Vous me dégoûtez, tenez !
Françoise !
Je vous demande pardon. C'est trop, tout ça.
Je ne sais pas ce qui m'a pris. Mais non, c'est trop peu.
Habillez-vous vite. Je vous attends.
J'ai l'impression que tout ça, c'est du pas vrai.
Porte.
Voilà, c'est fait.
Oh...
Il vous faut un bijou. Non, j'ai déjà trop.
Chut ! Taisez-vous.
C'est le Père Noël qui commande.
Vous êtes prête ? Comment ?
Je vous demande si vous êtes prête.
- Oui. - Vous ne voulez plus rien ?
- Oh non. J'ai tout. - Alors faites le compte.
Le collier.
Oh, c'est trop. Ce n'est pas possible.
Si, c'est très possible.
Bon Noël, Cendrillon.
En route pour le bal.
Un orchestre joue un air de jazz.
Ravissant !
- A quel nom, votre table ? - Il beg your pardon ?
Monsieur n'a pas retenu de table ?
No.
Je regrette beaucoup, toutes nos tables sont réservées.
Il don't speak French. Give me one of your best tables.
For you. Yes, Sir.
Immediately, Sir.
This way, please.
... Claquettes.
- Vous êtes américain ? - Quand c'est plus commode.
La preuve. Les autres fois, vous êtes d'où ?
- De Montmartre. - Montmartre ? Je suis de Montrouge.
La Seine nous sépare.
Oui. Elle a failli me séparer de bien d'autres choses.
Un soir, j'ai voulu... Vous avez voulu ?
Non, rien. J'étais idiote. Je me suis ressaisie tout de suite.
- Ça allait si mal que ça ? - Ne parlons pas de ça.
Ce soir, la vie est si merveilleuse.
Vous avez raison. ...
Il fait peur. On dirait un juge d'instruction.
Ne parlez pas de ces gens-là.
Vous n'avez pas la conscience tranquille ?
Ne vous occupez pas de ça et laissez les juges où ils sont.
Regardez plutôt la carte. Oui.
Oh ! Quoi ?
- Vous avez vu les prix ? - Le Père Noël est là, choisissez.
Alors ?
- C'est qu'il y a beaucoup trop... - Caviar ?
- Vous êtes fou ! - Vous n'aimez pas le caviar ?
Si ! C'est même
ce que je préfère. Vous en avez mangé souvent ?
Jamais.
Enfin, jamais personnellement. Mais Monique en a mangé.
Comme elle me raconte tout, ça revient au même. Presque.
J'adore le caviar. Alors deux caviars.
- Ah oui, mais... - Quoi ?
J'avais envie d'huîtres.
Prenez !
- En plus ? - Oui.
Bien, alors des huîtres. Des marennes.
- Et ensuite ? - Oui.
Je voudrais de la dinde. Et du foie gras. Je peux ?
Oh ! Oh, ils ont du boudin blanc ! Et du marcassin.
Je me demande à quoi ça ressemble. Et c'est servi avec des marrons.
Oh, les desserts. Regardez !
Les noms qu'ils ont ! "Délices de Tahiti". "Oranges à la turque".
"Kadaïfs et cornes de gazelle" !
- Ce sera tout ? - Hmm.
Alors, caviar pour deux, deux douzaines de marennes,
boudin blanc,
dinde, foie gras,
marcassin,
délices de Tahiti, oranges à la turque,
kadaïfs et cornes de gazelle. Ce sera tout.
- Il y a aussi des physalis. - Des physalis.
Des physalis. Monsieur attend combien de personnes ?
On n'attend personne. On est au complet.
Et deux iced tea tout de suite.
Vous pourrez tout manger ?
Ce n'est pas tant pour manger que pour regarder.
Je vais grignoter de tout. Histoire de savoir quel goût ça a.
Des physalis... Monique va en faire, une tête, lundi !
Roulements de tambour.
... ...
... ...
... ...
... ...
Roulements de tambour.
Applaudissements.
Quel dommage !
Quoi ?
Je n'aurais jamais dû y goûter. Je l'aimais mieux avant.
- C'est vraiment mauvais ? - Oh, ça se mange.
Ça y est. Françoise a mangé du caviar.
Faites un voeu puisque c'est la première fois.
Voilà, c'est fait.
- Qu'avez-vous demandé ? - Ça, c'est mon secret.
Non. On peut tout dire au Père Noël.
Ça dépend.
Qu'est-ce qu'elle a à me regarder comme ça ?
Musique hawaïenne.
Rien.
Elle vous trouve élégante. C'est vrai.
Ça, ce sera le plus beau cadeau que vous m'aurez fait.
Vous pensez que beaucoup sont aussi heureux que nous ?
Je ne sais pas.
Ceux-là, par exemple.
Non. Non, ils font semblant.
Leurs pieds ne sont pas d'accord.
Pour savoir la vérité sur les gens, il faut regarder sous la table.
Piano.
La table 23
a gagné le ravissant petit sabot rempli de chocolats.
Et maintenant, nous allons tirer le gros lot.
OH !
C'est le numéro...
Le numéro 17. La table 17 a gagné le gros lot de la loterie.
Peut-on voir la gagnante ?
La gagnante est ravissante !
Nous allons lui demander
de venir chercher son lot.
Gagner le gros lot la nuit de Noël, c'est du bonheur toute l'année.
Vous ne pouvez pas refuser. Le bonheur !
Non, je... Je ne peux pas.
... L'orchestre joue un air solennel.
... ...
- Oh... Oh ! - Ça par exemple !
Des pieds à la tête.
Le bonheur mérite d'être applaudi.
Alors applaudissons. Un ban ! Un, deux, trois...
- Contente ? - Oh oui !
Air entraînant.
Petite, je rêvais d'un ours.
Je ne l'ai jamais eu. Tout arrive.
Mais je rêvais d'un ourson.
- Depuis le temps, il a grandi. - Il est beau quand même.
Je l'appellerai... Martin ?
Comment savez-vous ?
Je suis un peu sorcier. La preuve, je porte chance.
Oui.
Ça fait même peur. La chance, c'est comme les trains, c'est dangereux.
- Comme les trains ? - Au passage à niveau,
il y a toujours écrit "Attention, un train peut en cacher un autre".
180000 ? Je vais lui dire ses quatre vérités.
Pas de scandale ici.
Le scandale, c'est que j'en ai moins sur le dos que ma coursière !
- Une photo-souvenir ? - Marcel, une photo !
- Non, non. - Oh si, une petite photo.
Merci beaucoup.
Alors Françoise, on a gagné le gros lot ?
- Madame Paul ? Vous voyez. - Je vois, je vois.
Je vois même beaucoup de choses. C'est parfait. Absolument parfait.
Vous avez bien rangé le magasin avant de partir ?
Bien sûr.
Pour que nous gardions un bon souvenir de vous.
- De moi ? - Vous n'allez pas rester coursière.
Tout est possible quand on peut s'acheter de pareilles robes.
- Vous l'avez reconnue ? - Elle coûte assez cher !
Vous avez très bon goût. Vous qui n'avez pas de mémoire,
vous avez pensé à la parure, au sac... Tout y est. Bravo.
- Mais madame... - Ne vous excusez pas.
C'est complètement inutile.
On veut se montrer, briller, alors on vit au-dessus de ses moyens.
On pense que ça ne se saura pas.
C'est ma patronne.
J'avais compris.
Votre patronne ? Pas ce soir. Ce soir, je me réjouis pour vous.
Je ne redeviendrai votre patronne que lundi. Juste un moment.
Le temps de vérifier la caisse. En attendant, amusez-vous.
Profitez bien de votre soirée. Et à lundi matin.
Excusez-moi, madame.
- Oui ? - Euh...
Si j'ai bien compris,
Françoise aurait pris cette robe et le reste dans votre magasin ?
C'est la jeunesse d'aujourd'hui, monsieur.
Mais alors si c'était vrai, ce serait très vilain.
Ce serait du vol.
- Je n'osais pas dire le mot. - Madame,
n'ayons pas peur des mots. Oh bah ça alors !
- Eh bien non. Non, non, non. - Quoi, non ?
Dites à la dame
que vous n'êtes pas une voleuse. Quand même !
Tout l'argent est dans la caisse. C'est lui qui m'a offert tout ça.
Quoi, tout ?
C'est vrai, j'aurais dû le dire tout de suite. J'ai tout payé.
Un petit cadeau de Noël.
Tout payé ? Mais...
Alors vous êtes venu une seconde fois ?
Évidemment.
Alors excusez-moi. Toi aussi, tu ne m'en veux pas ?
J'avais l'air de la gronder, mais il faut bien surveiller.
Le magasin, c'est comme une grande famille.
Au fond, j'étais bien contente pour elle et pour vous.
Si vous êtes un client, vous êtes un ami.
Vous reviendrez nous voir ? C'est un Américain.
Oh...
Alors... je suis plus confuse et plus contente aussi.
Good night. Happy Christmas.
Tout s'arrange.
N'empêche qu'elle me prenait pour une voleuse.
Comme c'est drôle.
Vous avez entendu ? Ça prend des grands airs.
Avec ses physalis !
Des physalis ! Rire moqueur.
Vous devriez vous lever et demander votre vestiaire.
- On ne me donne pas d'ordre. - Gaston. Ne lui réponds pas.
C'est un conseil, pas un ordre.
- Pense à ton point de côté. - Et à ton conseil d'administration.
D'ailleurs, je ne supporte pas certains voisinages.
Je préfère m'en aller. Maître d'hôtel !
- Donnez l'addition à ce monsieur. - Et au vestiaire mon addition.
Vous avez de la chance : se battre à cette heure-ci est dégradant.
- Oui... - Partons.
Il fallait qu'il arrive une tuile.
Ne soyez pas triste.
Votre main tremble.
Allez, on va danser. Un petit sourire.
Allez. Mieux que ça !
Elle ne le connaissait pas avant ce soir ?
Vous pensez ! Nous le saurions.
- Le coup de foudre. Délicieux ! - C'est ça.
Il est entré, il l'a vue, et hop, 180000F dans la caisse.
Il les avait sur lui, comme par hasard.
180000, vous imaginez ! Il a pu verser un acompte.
C'est ça. Il a dit qu'il passerait porter le reste et elle a accepté.
Vous l'attendrez longtemps. Et vous ne pourrez rien faire.
Tu as raison. Il faut agir. J'en aurai le cœur net.
L'aller et retour. Je suis là dans 10 min.
- On ne danse pas si mal ensemble. - Nos pieds se sont vite compris.
- Chut ! Ne le dites pas tout haut. - Pourquoi ?
Ils pourraient entendre.
Ils ne savent pas qu'on va se séparer tout à l'heure.
Applaudissements.
Musique caribéenne.
A quelle heure partez-vous demain ?
Ah non, ne parlons pas de ça. La nuit n'est pas encore finie.
Tout de même, dites-moi.
- Huit heures. - Huit heures ?
Quelle heure est-il ? Bah... Vous vous ennuyez ?
Oh non !
Mais ça approche, ça approche. Quoi ?
La fin de la nuit.
"Au chant du coq, Cendrillon disparut de la salle de bal."
Pour le chant du coq, on a le temps.
Bien sûr.
Pour vous, c'est un soir banal. Aujourd'hui vous êtes avec moi.
Demain avec une autre. A Noël prochain, si on se croise,
vous ne me reconnaîtrez même plus. Françoise !
Même plus.
Je ne vous en voudrais pas. Vous êtes si gentil.
Marcel ? Hmm ?
Je voudrais aller au bar.
Je vous expliquerai.
Une femme vous fixe et je veux que vous ne regardiez que moi.
Moi toute seule. Champagne.
Mais vous, est-ce que vous êtes sûre de me reconnaître ?
Moi, ce sera facile. D'ailleurs je vous ai reconnu tout de suite.
Vous êtes à peu près comme je vous imaginais.
Un tout petit peu plus grand. Quand je pense à lui, je lui arrive là.
Non. Là.
Mais vous souriez comme lui. Exactement comme lui.
Quand vous l'imaginez, vous lui donnez un nom ?
Non, jamais. Lui, c'est lui.
Quelquefois je l'appelle "le monsieur de minuit".
Il arrive toujours au moment où je m'endors.
Pourquoi je vous raconte tout ça ? Je veux encore du champagne.
Mais... N'avez-vous pas un peu trop bu ?
Moi ? Oh non. J'ai toute ma tête à moi !
Et vous ? Moi aussi.
Ah !
C'est tout de même bon, le champagne.
Marcel... Je ne veux pas que vous partiez. Pas le jour de Noël.
Je ne veux pas être seule demain. Je ne partirai pas.
Buvez. Promettezle.
Je le promets.
Allez !
- Alors ? - l'argent est là ?
Oui.
Elle cachait bien son jeu.
Elle mériterait que je la fiche à la porte.
S'il est américain, elle ne restera pas chez nous.
- On dirait que tu vas la regretter. - Moi ? La regretter ?
Pourquoi ? Pourquoi la regretteraitil ?
Changez !
Oh ! Ça ne va pas ?
Oh si, ça va !
Allez !
Changez !
Changez !
Compliments. La grande vie, alors ?
Dire que je ne me doutais de rien. Vous cachez bien votre jeu.
A la bonne heure. Ça ne me déplaît pas d'ailleurs.
Ne me serrez pas comme ça ! Ma robe !
Nous en avons d'autres. Françoise...
Je vous offrirai un petit Noël lundi matin.
Je vous en supplie, ne me parlez pas de lundi matin !
Changez !
- Marcel, je vais faire une folie. - Laquelle ?
Ça me coûtera cher mais tant pis. Je vais filer avec toi.
Et tes amis ?
- Je les lâche et je t'enlève. - Non.
Tu ne vas pas terminer ta nuit avec... Où l'as-tu ramassée ?
- Dans un conte de Perrault. - Soyons sérieux.
J'ai ma voiture. Alors ? Une fois... Deux fois...
- Trop tard. - Changez !
Elle éclate de rire. Ce qu'on s'amuse !
C'est merveilleux. Je voudrais que ça ne finisse jamais !
Musique langoureuse.
Marcel ?
Demain, vous restez ? Mais oui !
Vous dites ça, mais vous partirez quand même.
Je vous connais.
Vous partirez comme mon monsieur de minuit.
Seulement avant de partir, il me dit qu'il m'aime
et il m'embrasse.
Il m'aime et il m'embrasse.
Marcel ? Hmm ?
Embrassez-moi. Je veux que vous m'embrassiez.
Oh...
Embrassez-moi comme si vous m'aimiez.
- Je t'aime, Françoise. - Oh oui, c'est ça...
C'est exactement comme ça.
Je t'aime.
Tu ne sais pas comme je t'aime.
Merci.
Ça va ?
- Monsieur, vos photos-souvenirs. - Ah oui, merci.
Merci.
- L'air vous fera du bien. Taxi. - Bien, monsieur.
Je vous les rapporte. Vos deux billets sont faux.
Comment ?
Je les ai pris tout à l'heure dans ma caisse.
Attendez.
Ça, c'est incroyable.
Vous n'êtes pas le premier. C'est le 6e de la soirée.
La caissière n'a pas pu identifier qui a payé avec les 4 premiers.
Une nuit de réveillon, on n'a pas le temps de vérifier.
Voyez là : le dessin ne va pas tout à fait jusqu'au bout.
Dans celui-ci non plus.
Alors ça...
Tenez. Merci.
Ah !
- Tu as été bien long. - Que veux-tu ? Ils sont débordés.
Ah... Merci.
Merci.
Cher ami, quand vous viendrez à la maison demain,
j'aurai quelque chose à vous demander. Entre nous.
Vous avez encore besoin d'un alibi pour passer la soirée en ville !
Pas encore, mais ça viendra.
Rire satisfait.
- Tu es bien gai. Pourquoi ? - Parce que c'est Noël.
Noël m'a toujours réussi. C'est ma petite fête personnelle.
Allez, viens.
Hé ! L'étage ?
Hein ?
Hé ! Françoise !
Quel étage ? Premier ?
Deuxième ?
Troisième ? Cinquième étage à droite.
Ah bon ? Merci, madame.
Allez...
Zou ! Allez !
Il y a une marche, là.
Françoise soupire.
Là...
Maintenant, dodo. Hmm ? Françoise va faire dodo.
- Non ! - Ah si, je veux.
- Non... - Si, si. Dodo.
Chut.
Couinement.
Marcel...
La nuit n'est pas finie. Pas encore finie.
Vous aviez promis de ne pas partir. Vous aviez promis.
- Je ne partirai pas. J'ai promis. - Ah bon...
Dormez. Dormez vite.
Bonne nuit, Françoise.
Elle gémit doucement.
Un véhicule passe. Hep !
Hep, taxi !
Avenue de Friedland et après, à l'aérogare des Invalides.
- Désolé. L'avion décolle dans 5 min. - Il n'y en a pas d'autre ?
Pas avant demain même heure. Attendez que je voie ma liste.
Il me reste une place. La dernière. Vous avez de la chance.
Voici. Demain 8 heures. Celuilà, je ne le raterai pas.
Sifflotement.
Rasoir électrique.
Le sucre
est dans le placard. Ah ! Vous êtes réveillée ?
Pas trop...?
- Vous n'êtes pas parti. - J'avais promis.
Il ne fallait pas m'écouter. Vous auriez peut-être dû partir.
Pardonnez-moi. Mais non...
Ça me faisait plaisir de rester. Pas trop mal à la tête ?
Si, un peu. Ça tourne, ça tourne...
Les chevaux de bois. Je vais vous donner quelque chose.
Je n'aurais pas dû boire autant. Tout passe devant moi.
Les musiciens, les danseurs...
Ma patronne quand elle m'a tancée. Oh si je pouvais ne plus la voir...
Oh... Oh là là. Avalez ça vite.
C'est pour les ivrognes. J'en ai toujours.
Marcel, cette nuit, j'ai dû dire des bêtises ?
- Non. - Alors j'en ai fait ?
Aucune ! Buvez ça vite.
Vous n'avez même pas cassé un verre.
- Quel dommage ! Rien ? Vraiment ? - Non, non.
Ah si ! Vous ne vouliez pas donner votre adresse au chauffeur de taxi.
Vous vouliez retourner danser. Ça alors !
Hé ! Le lait !
Laissez-moi faire. Oh...
S'il vous plaît, passez-moi ma robe de chambre.
Restez couchée. Je fais le service comme les stewards des paquebots.
Merci !
Oh... Oui, aujourd'hui il y a du roulis. Tournez-vous !
Maintenant vous pouvez.
Mais j'y pense... C'est vous qui m'avez déshabillée.
Oh ! oh ! Mais je suis bien élevé. J'ai fermé les yeux.
Je ne me rappelle plus rien.
Maintenant, ça fait une drôle d'impression.
Merci.
Vous avez dû très mal dormir. Très mal. J'étais sur un radeau.
Oh Marcel, vous êtes sorti pour m'acheter des fleurs ?
Ce que c'est joli ! Ça me fait drôle de voir des roses ici.
Ce que vous pouvez être chic. Mais non, pas du tout.
Vous devez me trouver légère.
Pourquoi ?
Hier soir on ne se connaissait pas et brusquement j'accepte tout.
Des robes, des bijoux... Une robe ! De rien du tout.
Je bois plus que de raison et vous finissez chez moi.
- Oh... Dans un fauteuil. - C'est vrai.
J'espère que la concierge ne nous a pas vus !
C'est elle qui m'a indiqué l'étage.
Oh là là.
Tous les locataires vont me regarder de travers.
Ils n'ont qu'à déménager.
Après tout, tant pis. Je suis libre de rentrer avec un monsieur.
Bah !
Dire qu'ils ne sauront pas que c'était avec du champagne.
J'aurais dû rapporter un bouchon en souvenir.
Un souvenir, nous en avons un. La photo. Vous voulez la voir ?
Non. Demain.
Quand vous serez parti. Parce que demain vous partirez.
Je ne vous demanderai plus de rester.
C'est même moi qui vous dirai : "Maintenant, allez-vous-en."
Comme ça, vous aurez fait tout ce que je vous aurais demandé.
Jusqu'à la dernière minute.
Françoise... Je ne veux pas que vous ayez du chagrin.
Du chagrin, Françoise ? Elle ne s'est jamais autant amusée.
Jamais ! Pardon. Ce n'est rien.
Je vous ai brûlé ?
- Non. - Vous savez, ça ne tache pas.
Oh, vous... Vous avez été blessé ?
- Il y a très longtemps. - Comment ça ?
C'est trop compliqué à raconter.
Ça ne se voit presque plus.
Oh, Marcel !
C'est si bon une présence dans cette chambre.
Il ne vient jamais personne. Que moi. Toujours moi.
Seule...
Toute seule...
Non, laissez-moi !
Mais non, il n'y a pas trop de jouets !
Les enfants de nos amis sont nos enfants.
Te voilà, toi. Regarde tout, dis-moi ce que tu veux
et je le décrocherai. Allez ! Choisis. Là.
Je voudrais la poupée qui est là-haut.
Ah !
- Tiens. La voilà, ta poupée. - Le Père Noël est trop gentil.
- Il n'est jamais trop gentil. - Allez, dis merci.
- Merci, monsieur. - Tu es adorable. Va !
Va jouer avec les autres.
Je vous laisse. Vous m'excuserez, cher Maître.
Il fallait absolument que je vous voie.
J'ai un conseil à vous demander. Entre nous.
Je ne tiens pas à ce que ma femme soit au courant.
Hier au soir, l'Américain a tout payé.
- Oui et alors ? - 18 billets de 10000F, tous faux.
- Non ? - J'ai vérifié.
D'abord une question : la petite qui a fait la vente
et qui en a profité peut-elle être considérée comme sa complice ?
En principe oui. Ça dépend de la plainte que vous déposerez.
- Parfait, parfait. - Prévenez vite le commissaire.
- J'aimerais mieux attendre demain. - Oui.
Les billets faux sont restés dans votre caisse, naturellement ?
- Non, je les ai sur moi. - Mettez-les dans votre caisse !
C'est là que le commissaire devra constater leur présence.
- Ils y seront. - Ah oui...
- Où sont les verres ? - Je les apporte.
Et les couteaux, aussi.
Elle rit.
Quoi ? Ce n'est pas bien ? Si, c'est très bien.
C'est drôle de vous voir faire ça. Vous ne voulez pas sortir dîner ?
Ma chambre est si laide que ça ?
Non, je n'ai pas dit ça. Seulement ça vous changerait.
Ce soir, je ne veux pas changer.
Je veux que mes souvenirs soient ici.
Pour les retrouver le soir en rentrant.
Je ne veux les partager avec personne.
Et puis ça ne regarde que moi. Faites-nous donc une bonne flambée.
Je ne vous entends plus. Faire du feu n'empêche pas de parler.
Je regarde votre chambre. J'essaie d'imaginer la vie que vous menez.
Ma vie n'a rien de compliqué.
Il y a l'autobus du matin et l'autobus du soir.
Entre les deux, le magasin.
Mais... Et le dimanche ?
Le dimanche ?
Il n'y a rien.
Françoise...
Pourquoi ne changez-vous pas ? Changer de quoi ?
D'autobus ou de magasin ? Non ! De vie.
Vous savez, je ne suis pas très liante.
Et je ne connais personne. C'est difficile de connaître des gens.
Surtout quand on ne veut pas.
Oh... Ce n'est pas dramatique, mais parfois ça pèse.
Les fêtes, surtout, c'est terrible. Noël. Voir tout le monde qui...
C'est pour ça que j'ai accepté si facilement.
Pour moi, c'était extraordinaire ce qui m'arrivait.
Et toutes ces choses que je vends et dont j'ai envie malgré tout.
Je suis devenue une cliente.
Assez de sentiment. Tenez. Allumez les bougies.
Qu'est-ce que vous regardez ?
"Bond Street, London". Vous voyagez tout le temps ?
Oh, elle est décousue. Non, c'est une poche.
Une poche ? Pour tout ce qu'on veut cacher ?
Mais... qu'allez-vous imaginer ?
Je ne sais pas... Les lettres d'amour ?
Les photos ? Les secrets ? Ah, vous n'osez pas me contredire.
Françoise...
Si vous ne me connaissiez pas ?
Si j'étais un type moche ? Oh !
Il y a longtemps que je n'ai plus peur de vous.
Si vous étiez un type moche, vous ne seriez pas ici. Allez.
Asseyez-vous là bien gentiment.
- Vous ne voulez pas d'aide ? - Laissez-moi faire.
Ça ira plus vite.
Alors je sers à quoi ?
Vous ? Plus à rien. Vous êtes l'homme. Celui qui met du désordre.
Vous pouvez poser vos pieds sur la table,
jeter vos mégots par terre.
Chantez, riez, sifflez comme ce matin.
Je veux vous entendre vivre.
Il ferme à double tour.
Un ? Deux ? Non, pas de sucre.
Je ne sais rien de vous.
Ni combien de sucres vous prenez ni qui vous êtes.
Qui je suis ?
- Enfin, le métier que vous faites. - Ah !
Je suis dans les grandes affaires internationales.
Je vois... Vous avez une vie agréable, vous voyagez.
Vous avez de la chance. N'estce pas ?
- Vous ne trouvez pas ? - Oh si, bien sûr !
Ne faites pas attention. Le feu de bois me rend sentimental.
Oui... Les feux de bois font toujours cet effet-là.
Donnent les mêmes idées.
Une maison avec une grande cheminée, des chiens, des livres.
Du calme. Et quelqu'un qui vous attend.
Oui... Quelqu'un qu'on attend.
Et dès qu'il arrive, tout est encore mieux.
Vous aussi, vous aimeriez ça ?
Je comprends ! Seulement, c'est impossible.
Impossible ? Vous pourriez vous offrir
la maison, les livres...
Oui, mais pas en profiter. Je voyage sans cesse.
Je dois me... Non, c'est trop difficile à expliquer.
Dans un sens, on en est presque au même point.
Oui, presque.
La chaumière et le cœur, ce n'est pas pour nous.
Oh... Regardez votre ombre.
Ça fait drôle de voir une ombre d'homme ici.
Elle fait connaissance avec la vôtre.
Elle lui dit des choses. Elle dit qu'elle part demain à 9h
et que demain soir, il n'y aura plus qu'une ombre.
Françoise...
Il ne faut pas parler comme ça. Pas maintenant.
Je ne veux pas que vous ayez de la peine.
Je n'aurai pas de peine. Pourquoi en aurais-je ?
Je ne suis pas amoureuse de vous.
Pourtant dans cette histoire,
j'aurais dû tomber follement amoureuse.
Et... non ?
Non.
C'est sûr ?
Puisque je vous le dis.
Et pourtant, vous me manquerez. Beaucoup, même.
Peut-être que c'est vous qui manquerez le plus à l'autre.
Marcel...
Ce serait effrayant si je vous aimais.
Il ne faut pas. Dites, il ne faut pas.
Non, il ne faut pas.
Je ne vous aime pas, moi, Françoise.
Je ne vous aime pas !
Je ne vous aime pas, vous m'écoutez ?
Non. Vous ne dites pas ce que j'écoute.
Tu ne dors pas ?
Tu sais très bien que non.
Françoise... J'ai quelque chose de très grave à te dire.
Plus tard.
Non...
J'aimerais te le dire maintenant. Pendant qu'il fait encore nuit.
Il s'agit de moi. Chut... Taistoi.
On est si heureux. Ne change rien.
Sonnerie.
Tu as entendu ?
Oui.
C'est lundi.
Marcel. Oui ?
Retournez-vous.
Je sais que c'est idiot, mais ne vous fâchez pas.
C'est pour que vous emportiez un bon souvenir de moi.
J'en emporte un merveilleux, Françoise.
- Je suis jolie ? - Très jolie.
- Aussi jolie que l'autre soir ? - Beaucoup plus.
Alors c'est bien. Maintenant, buvez votre café.
En allant travailler, j'en vois, des femmes en robe du soir.
On pensera que je reviens d'une soirée.
Bien sûr. Je suis très content que tu aies mis cette robe.
C'est vrai ?
Merci.
Ne regarde pas le réveil.
Allons Françoise...
Pas triste.
Ce n'est pas permis. Vous avez raison.
Les yeux rouges, c'est vilain. Range les bols.
- Non. Ce soir, à mon retour... - Tout de suite !
- C'est un ordre ? - Oui.
J'ai envie de te donner un ordre. Ça te déplaît ?
Oh non.
Ça y est.
Allons-y.
Vous connaissez le langage des fleurs ?
Non.
On ne saura jamais ce qu'on se dit en ce moment.
Tant pis.
Françoise, cette nuit, je voulais te dire quelque chose.
Non, je vous en supplie, ne dites plus rien.
J'ai été si heureuse. Marcel...
Non ! Ne regarde pas l'heure tout le temps.
Plus que quelques minutes. Inutile de se dire qu'on s'écrira.
On sait que c'est faux. D'ailleurs à quoi bon ?
On va se quitter bravement.
Vous aurez votre maison quand vous voudrez.
Moi, j'ai eu presque une maison et presque un mari.
Une nuit et un jour. C'est déjà pas si mal.
D'autres sont plus à plaindre. Là c'est vous qui regardez l'heure.
Je ne peux pas partir sans t'avoir dit la vérité.
Marcel, faites attention. Faites très attention.
Air France,
les passagers à destination Cap-Vert,
Canaries et Rio sont priés de se diriger vers l'autocar.
Vous allez le manquer !
Écoute...
Tout ce que j'ai acheté, je l'ai payé avec de faux billets.
Je ne peux pas te mentir à toi. Pas à toi.
Tu comprends ? Je vis de ça. Les faux billets, c'est mon métier.
Marcel, ce n'est pas vrai ? Ce n'est pas vrai !
Pardonne-moi. C'était Noël. Je ne sais pas ce qui m'a pris.
Tout me semblait si facile, ce soir-là, si amusant même.
Je ne me rendais pas compte.
Je ne te connaissais pas encore.
Mais maintenant, entre nous deux, c'est autre chose.
Tu comprends, Françoise ?
C'est autre chose.
Françoise !
Écoute ! Sur la cheminée, ils sont vrais !
Françoise !
Dépêchez-vous de monter, monsieur. On part.
Bonjour, ma petite Françoise.
Oh... On ne s'est pas couchée ? On a encore fait la fête ?
Toutes les nuits, alors ?
Qu'y a-t-il ? Ça n'a pas l'air d'aller.
Un petit ennui ? Une dispute d'amoureux ?
Racontez-moi. Rien de grave ? Je dois me changer.
Oh non...
Laissez-moi vous admirer. Vous avez de très jolies épaules.
C'est un crime de les cacher.
Voilà une petite robe qui ne me disait rien,
une petite vendeuse que je n'avais pas remarquée,
et il a suffi que l'une entre dans l'autre pour que j'ouvre les yeux.
Laissez-moi.
Oh... Mais on est nerveuse !
On n'a pas assez dormi !
Vous ne voulez pas que je vous aide ?
Il tente en vain d'ouvrir.
Bon !
Bon, mais peut-être que bientôt,
c'est vous qui me demanderez de vous aider. Qui sait ?
Je ne suis pas pressé. J'ai tout le temps.
Bonjour, M. Paul.
C'est rare de vous voir ici à cette heure.
Quelle mine de papier mâché. Et en retard, naturellement !
J'ai une course à vous faire faire. C'est l'affaire de Françoise.
On ne vous demande pas votre avis.
Vous irez chez Duverger chercher mes bordereaux.
J'en ai besoin tout de suite. Allez, dépêchez-vous !
C'était Monique. Mais je m'en suis débarrassé.
Il n'y a plus que nous deux.
Je m'en veux de ne pas vous avoir remarquée plus tôt.
Il a fallu que je vous voie avec votre taille mannequin,
votre petit nez en l'air et vos mèches folles sur le front.
Maintenant, je ne peux plus penser à autre chose.
Mais... je sens que je vais rattraper le temps perdu.
N'est-ce pas, ma petite Françoise,
que nous allons rattraper le temps perdu ? Hein ?
Et voilà ! Je retrouve ma petite Françoise de tous les matins.
Bien sage, les yeux baissés.
Curieux... Vous n'êtes plus tout à fait la même.
Il reste quelque chose de votre robe du soir sur vous.
Et votre parfum... J'adore votre parfum.
Ne me touchez pas !
Vous avez tort de le prendre sur ce ton.
Vous auriez intérêt à être gentille.
Je peux vous créer des ennuis, moi. Beaucoup. Je ne plaisante pas.
C'est grave. Très grave. Qu'estce qui est grave ?
Oh... J'espère pouvoir étouffer l'affaire.
Je dis "J'espère".
Parce que rien n'est sûr.
Ça dépendra de moi.
De vous.
Et enfin...
D'un tas de choses. Quelle affaire ?
Madame Paul n'est pas au courant, pas encore.
Mais si elle venait à savoir, j'aurais du mal à vous tirer de là.
Je ne comprends pas.
Ce soir, nous en rirons peut-être
en prenant le premier verre de l'amitié.
Mais oui. Mais oui, tout ça s'arrangera.
Et même vous pourrez tout garder. Tout quoi ?
La robe. Le sac. La parure.
Tout a été remis en place. Parce que rien n'a été payé.
Je sais, je n'aurais pas dû prendre ces affaires. Mais c'était Noël.
On m'avait invitée. Alors en voyant Mme Paul, j'ai menti.
J'ai dit que tout était réglé. La robe n'a pas une tache.
Vous pourrez la revendre.
Mme Paul n'aura même pas besoin de me renvoyer, je pars.
On ne part pas comme ça ! Tu sais bien que tout a été payé.
Avec de drôles de billets.
Qui envoient en prison ceux qui les font, qui les passent,
ou qui en profitent. Compris ? Non.
Tête de mule ! Tu sais, oui ou non ?
Ton client est dans la fausse monnaie. Je peux le faire coffrer.
Et toi aussi comme sa complice !
Dites à Mme Paul que les clés sont sur son bureau.
Tu te fiches de moi ? Tu veux voir les billets ? Les voilà !
Petite garce.
Tu les as pris ? Oui !
Je comprends pourquoi vous parliez tant de ces billets. C'est raté !
Où sont-ils ?
Dans l'égout. Vous pouvez les chercher longtemps.
Voleuse. Petite voleuse !
- Prouvez-le. - Je le prouverai !
Vous ne pouvez plus rien ni contre lui ni contre moi.
Tu le défends ? Un type qui paie avec de faux billets !
Vous, vous êtes un honnête homme. Un honnête mari, un honnête patron.
Vous suez l'honnêteté !
- Parfaitement ! - Lui n'est pas honnête.
Mais s'il y a quelqu'un de volé, ce n'est pas vous, c'est moi.
Pour une fois j'ai voulu croire au Père Noël.
Il s'est encore payé ma tête. Il ne m'a donné que du pas vrai.
Allons, allons...
Il faut y croire, au Père Noël. Il existe.
Mais si, il existe. Puisque je suis là.
Tu ne comprends donc pas ? Laissezmoi.
C'est vous qui ne comprendrez jamais.
Les passagers à destination Cap-Vert, Canaries et Rio,
au départ s'il vous plaît.
Bon Noël, Cendrillon.
France. tv access
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