All language subtitles for 1931-_The Maltese Falcon-0022111

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Original subtitles

LE FAUCON MALTAIS

SPADE & ARCHER D�TECTIVES PRIV�S

SPADE & ARCHER D�TECTIVES PRIV�S

Au revoir, mon chou. � plus tard.

Effie.

Oui, Sam.

Ch�rie,

ai-je d'autres rendez-vous importants cet apr�s-midi ?

Pas � ma connaissance.

Fantastique.

Une femme veut te voir Elle s'appelle Wonderly.

- Une cliente ? - Je pense.

Tu vas la recevoir de toute fa�on. Elle vaut le coup d'�il.

D'accord, ch�rie, fais-la entrer.

Voulez-vous entrer, Mlle Wonderly ?

Enchant�. Veuillez vous asseoir.

Merci.

M. Spade, pourriez-vous...

J'ai pens�...

Enfin, je...

Ce serait plus simple si vous me racontiez tout depuis le d�but.

C'�tait � New York.

Elle l'a rencontr� l�-bas.

- Elle ? - Ma s�ur.

Oh, je vois. C'est donc votre s�ur qui vous pr�occupe.

Terriblement. Je dois la ramener � la maison

avant que mes parents rentrent d'Europe.

- Quand ? - Le premier du mois.

Dans deux semaines. �a nous laisse largement le temps.

Spade et Archer.

All�, Effie, Iva Archer � l'appareil.

Dites, mon mari est-il l� ?

Non, Iva. Il n'est pas encore rentr� de voyage.

Passez-moi Sam, alors.

OCCUP� - NE PAS D�RANGER

Il est en rendez-vous.

Ce n'est pas grave. Dites-lui que c'est tr�s important.

D'accord, ne quittez pas. Je vais transf�rer votre appel.

Excuse-moi.

Mme Archer au t�l�phone. C'est important.

Veuillez m'excuser une minute.

- All� ? - All�, Sam.

Je me sens terriblement seule. Il fallait que je te parle.

Oui.

Oh, bonjour, M. Archer.

Avez-vous fait bon voyage ?

Oui, merci.

J'ai d�couvert ce que je voulais savoir.

Effie,

pouvez-vous les mettre sur mon bureau ?

Sortez aussi les autres documents, voulez-vous ?

Oui, M. Archer.

Sois raisonnable. Je t'en prie.

Pas d'imprudences.

�a va aller.

Tu parais si froid.

Tu ne m'aimes plus ?

Ou c'est parce que tu as quelqu'un dans ton bureau ?

Oui. Oui.

Au revoir, ch�ri. J'attends ton appel.

Une affaire tr�s �trange.

Une femme a perdu son chien hier soir et elle souhaite le retrouver.

- Excuse-moi. Je pensais que tu �tais seul. - Entre.

Mlle Wonderly, mon associ�, Miles Archer.

Enchant�.

Enchant�e, M. Archer.

La s�ur de Mlle Wonderly a fugu� de New York

avec un d�nomm� Floyd Thursby.

- Thursby ? - Oui.

Ils sont � San Francisco.

Elle a rep�r� Thursby, mais il refuse de lui dire o� est sa s�ur.

- C'est bien �a ? - Oui.

Elle veut qu'on suive Thursby

jusqu�� ce qu'on d�couvre o� il cache sa s�ur.

Ce Thursby, comment le trouver ?

Mlle Wonderly va le rencontrer ce soir � son h�tel � 20 h.

Il serait plus s�r que vous le retrouviez dans le hall.

Mais soyez prudents.

J'ai tellement peur de ce qu'il pourrait faire... � ma s�ur.

Est-il dangereux ?

Je crois que rien ne l�arr�tera pour sauver sa peau.

On en fait notre affaire.

Ne vous inqui�tez pas, Mlle Wonderly.

M. Spade,

vous ou M. Archer...

L'un de vous pourrait-il traiter mon cas personnellement ?

J'ai tellement peur,

je me sentirais plus en s�curit�.

Je suis pr�te � y mettre le prix.

Est-ce assez ?

Oh, oui. Je vais m'en charger moi-m�me.

- Merci mille fois, M. Archer. - Je vous en prie.

- Merci, M. Spade. - Il n'y a pas de quoi.

Vous avez tous deux �t� tr�s aimables.

- Au revoir. - Au revoir.

- Au revoir. - Au revoir.

SAMUEL SPADE PRIV�

Des appels pour moi, Sam ?

- Oh, oui, ta femme a appel�. - Ah oui 7 ?

� quel sujet ?

Elle voulait savoir quand tu rentrais.

Elle a aussi dit que tu lui manquais beaucoup.

Ah oui ?

All� ?

All�.

Oui, lui-m�me.

Quoi ?

Mort ?

Oui, j'arrive.

Oui, je me d�p�che.

Mort ?

- Bonjour, Sam. - Bonjour, Tom.

J'ai pens� que tu voudrais voir le corps avant qu'on l�emm�ne.

Une balle en plein c�ur.

Tir�e de si pr�s que la poudre a br�l� son pardessus.

Archer n'a pas eu le temps de d�gainer.

Son flingue �tait encore dans sa poche revolver.

- Prends-le. - J'en veux pas.

Je sais ce que tu ressens.

Je suppose que c'est � toi de pr�venir sa veuve, hein ?

Oui, sans doute.

H�!

Tu ne veux pas le voir avant de partir ?

� quoi bon, Tom ? Tu l'as vu.

Je ne peux rien faire pour le ressusciter.

Entre, tr�sor.

- Qui attendiez-vous, ch�ri ? - Vous, mon ange.

Archer bossait-il ce soir, Sam ?

Il �tait cens� fil� un d�nomm� Thursby.

Pourquoi ?

Pour l'excellente raison

qu'une cliente nous a vers�

de bons vieux dollars pour qu'on le file.

As-tu averti la femme d'Archer ?

- Oui. - Comment a-t-elle pris �a ?

Je ne connais rien aux femmes.

C'est �a, oui !

Je vous pr�viens, vous n��tes pas � l'abri d'une erreur.

Tout le monde fait des erreurs.

Oui, et c'est votre tour.

- Quelle arme avez-vous ? - Aucune.

Vous n'en avez pas une ici, quelque part ?

Non.

- Vous �tes s�r de �a ? - Faites un tour.

Si jamais vous en trouvez une, c'est cadeau.

Je n'en ai pas, je vous l'ai dit.

Ce soir, vous m'avez dit beaucoup de choses qui n'ont aucun sens.

Je ne dis que ce que je veux bien dire.

Vous me direz ce que je veux savoir

ou vous le direz au tribunal.

Il s'agit d'un meurtre, ne l'oubliez pas.

�coutez, Dundy

�a fait un bail que je n'ai pas pleur� parce qu'un flic ne m'aimait pas.

Ah oui ?

Eh bien, �coutez-moi, Spade.

Archer a �t� assassin� � une heure du matin.

Un autre individu du nom de Floyd Thursby

a �t� descendu devant son h�tel

35 minutes apr�s votre d�part du cimeti�re.

Bas les pattes !

Qu'ai-je � voir dans tout �a ?

D�apr�s Tom, vous �tiez tellement press�

que vous n'avez m�me pas regard� le corps d'Archer.

Je ne voulais pas verser dans le sentimentalisme.

Vous n��tes pas non plus all� chez lui pr�venir sa femme.

Vous avez envoy� votre secr�taire.

Puisque vous avez tout compris,

peut-�tre me direz-vous comment j'ai tu� Thursby. J'ai oubli�.

Tandis qu'il entrait dans son h�tel, il a re�u que trois balles dans le dos

tir�es avec un 45 depuis l'autre c�t� de la rue.

Pas de t�moins, mais �a se serait pass� ainsi.

Voici les faits, si vous ne les saviez pas d�j�.

Thursby est mort avant de pouvoir dire qui l'a tu�.

Je n'ai jamais vu Thursby. Ni mort, ni vivant.

Sortez d'ici et laissez-moi dormir, voulez-vous?

Vous ne pouvez pas vous d�filer comme �a.

- Le procureur va �tre inform�. - Ah oui ?

Faites donc, et plut�t deux fois qu'une.

Que pensez-vous de �a, M. Dundy?

APPARTEMENTS CORONET

- Qui est-ce ? - M. Spade.

- Bonjour, M. Spade. - Bonjour. Comment allez-vous ?

Je ne m'attendais pas � votre visite. M. Archer devait passer.

M. Archer a eu un emp�chement.

- Voulez-vous vous asseoir ? - Merci.

L'�TRANGE HISTOIRE DU PETIT OISEAU NOIR

Dommage que nous n'ayons pu retrouver votre petite s�ur.

M. Spade,

j'ai un terrible aveu � vous faire.

Hier, je vous ai racont� des histoires.

Nous ne vous avons pas crue.

Nous avons cru � vos 200 $, cependant.

Pour une telle somme, vous pourriez me raconter un mensonge tous les jours.

Quand je vous ai dit que j'attendais M. Archer,

j'ai encore menti. Je sais ce qui lui est arriv�.

Mais vous continuerez � vous charger de cette affaire ?

Tout d�pend.

Deux meurtres ont �t� commis.

La police est aux aguets, ce qui fait grimper le prix

et complique les choses.

Vous ne pensez pas que je suis impliqu�e dans ces meurtres ?

- J'ai omis de vous le demander. Alors ? - Oh, non ! Bien s�r que non.

Bien.

�coutez.

Dehors, une horde de policiers, de substituts et de reporters

fouinent partout.

Qu'allons-nous leur dire ?

- Pouvez-vous m'�viter leurs questions ? - Peut-�tre.

Si vous me dites tout.

Je ne peux pas. Pas pour l'instant.

Je suis d�sol�.

Aidez-moi, je vous en prie. Il le faut.

Je n'ai personne d'autre et j'ai vraiment besoin d'aide.

Je vous expliquerai plus tard, d�s que possible.

Mais pas maintenant.

J'ai peur.

Je faisais confiance � Thursby et il m'a trahie.

Vous �tes le seul � pouvoir m'aider.

Si je n'y avais pas cru de tout mon c�ur,

je me serais enfuie hier au lieu de venir vous voir.

Je n'ai aucun droit de vous demander une aide aveugle.

Mais j'insiste.

Oh, soyez g�n�reux, M. Spade.

Vous n'avez besoin de l'aide de personne.

Vous savez y faire. En fait, vous �tes sacr�ment dou�e.

Ce sont vos yeux surtout

et votre ton larmoyant

quand vous dites : "Oh, soyez g�n�reux, M. Spade."

J'avais vraiment besoin de votre aide, d�sesp�r�ment.

- Au revoir. - Ne prenez pas la mouche.

Parlez-moi de Thursby et dites-moi la v�rit�.

Je l'ai connu en Orient.

Nous sommes rentr�s de Hong-Kong il y a une semaine.

Pourquoi vouloir le faire filer ?

Je craignais de ne pouvoir lui faire confiance.

- A-t-il tu� Archer ? - Assur�ment.

Avec l'arme qu'il avait dans la poche de son pardessus.

- Vous l'avez vue alors, hein ? - Souvent.

Il portait toujours une arme.

- Pourquoi ? - Par peur d'une attaque-surprise.

Sur le sol, autour de son lit, il mettait toujours

des journaux froiss�s

pour entendre si quelqu'un venait.

Vous �tes tomb�e sur un sacr� num�ro.

- Le seul genre qui aurait pu m'aider. - Vous aider � quoi ?

- La situation est-elle si grave que �a ? - Ce n'est rien de le dire.

Votre personne est-elle en danger ?

Je ne suis pas h�ro�que. Rien n'est pire que la mort.

� ce point, hein ?

Aussi s�r qu'on est ici, sauf si vous m'aidez.

Comment vous aider ? Je ne sais rien.

- Qui a tu� Thursby ? - Je n'en sais rien.

- Vos ennemis ou les siens ? - Je l'ignore.

- Les siens, j�esp�re, mais j'ai peur. - Vous �tes impossible.

- Vous n'irez pas trouver les flics, hein? - Les flics ?

Je n'ai qu�� les attendre:

ils se jetteront sur moi tel un essaim d'abeilles.

Je leur dirai ce que je sais et vous vous d�brouillerez.

Dites, combien avez-vous ?

Il ne me reste que 500 $.

Donnez-les-moi.

- Pour quoi faire ? - Pas de questions.

H�, il n'y a que 400 $.

J'en garde un peu pour vivre.

N'avez-vous rien � monnayer ?

Quelques bijoux.

Va falloir les mettre au clou, j'en ai peur.

- Je vous appelle d�s que j'ai du nouveau. - Merci.

- Au revoir. - Au revoir.

- Bonjour, ch�rie. - Bonjour, Sam.

Oh, �coute, Effie,

fais �ter "Spade & Archer" de la porte

et fais mettre "Samuel Spade" � la place.

D'accord.

- Sam. - Oui.

Tu as un nouveau client. Une beaut�.

- Une beaut� ? - Un canon !

Fais-la entrer, ch�rie.

Veuillez entrer, s'il vous pla�t.

- Bonjour. - Bonjour.

- Asseyez-vous, docteur. - Merci.

Que puis-je pour vous ?

Permettez-moi tout d'abord de vous pr�senter mes condol�ances.

Oh, oui. Merci.

Y a-t-il, comme la presse le sugg�re, un quelconque lien

entre ce regrettable �v�nement et la mort d'un d�nomm� Thursby ?

Oh, je l'ignore. Pourquoi ?

Ce n'est pas de la simple curiosit�.

Il m'est apparu que ces deux accidents, si je puis dire,

pourraient avoir un rapport

avec un certain objet que j'essaie de retrouver,

non pour moi, mais pour son propri�taire l�gitime.

- De quel genre d'objet s'agit-il ? - Une statuette.

Un oiseau noir.

Au nom de son propri�taire l�gitime, je suis pr�t � payer

la somme de 5000 $ pour le r�cup�rer.

5000$?

Et je peux vous le promettre, aucune question ne sera pos�e.

Entre.

- Autre chose ? - Non, c'est tout. Bonne soir�e.

- Et ferme la porte en partant. - Bonne soir�e.

5000 $, c'est une coquette somme.

Veuillez mettre vos mains derri�re la nuque.

Vous plaisantez ?

Veuillez mettre vos mains derri�re la nuque.

Tr�s bien, docteur.

Je vais fouiller votre bureau, M. Spade.

Pas un geste, sinon je vous tue.

Levez-vous. Je dois m'assurer que vous n��tes pas arm�.

Pourquoi m'avez-vous frapp� apr�s m'avoir d�sarm� ?

Je m'excuse.

Mais imaginez mon embarras,

quand j'ai su que votre offre de 5000 $ n'�tait rien d'autre que du bluff.

Vous faites erreur. C'�tait s�rieux.

Je suis pr�t � vous payer 5000 $ pour r�cup�rer la statuette.

- L'avez-vous ? - Non.

Si elle n'est pas dans ce bureau,

alors pourquoi m�emp�cher de fouiller ?

Qu'esp�riez-vous ?

Que je reste assis ici et que je vous laisse me d�valiser ?

Vous avez mon adresse, je vois. �tes-vous aussi all� chez moi?

Oui.

Bien que dispos� � payer 5000 $ pour la statuette,

j'ai voulu �pargner cette d�pense au propri�taire.

� qui appartient-elle ?

- Je ne peux r�pondre � cette question - � quoi ressemble cet oiseau noir ?

Il fait environ 30 centim�tres de hauteur, en �mail noir.

Tr�s bien, march� conclu.

Mais n'oubliez pas,

vous ne m'engagez ni pour tuer ni pour voler.

Vous souhaitez simplement que je le r�cup�re

de fa�on l�gale et honn�te. Exact ?

Si possible.

Avec discr�tion, en tout cas.

D'accord.

Je suis descendu � l'h�tel Belv�d�re si vous souhaitez me joindre.

Bien.

- Au revoir. - Au revoir, docteur.

- Puis-je avoir mon pistolet ? - Bien s�r.

Merci.

Veuillez mettre vos mains derri�re la nuque.

Je vais fouiller votre bureau, M. Spade.

Allez-y, cherchez. Vous payez pour �a.

Bonsoir.

D�sol� pour le retard.

Je vous ai fait attendre.

Je suis venue d�s que j'ai eu votre message.

J'ai vu votre ami Cairo aujourd'hui.

Vous connaissez Cairo ?

Oui.

Il m'a offert 5000 $ pour l'oiseau noir.

Vous n'y songez pas, tout de m�me ?

5000 $, c'est une coquette somme.

Mais vous avez promis de m'aider. Je vous ai fait confiance.

N'essayons pas de savoir � quel point vous m'avez fait confiance.

J'ai promis de vous aider, certes,

mais vous n'avez rien dit concernant un petit oiseau noir.

Vous ne... Vous ne pouvez pas me traiter de la sorte.

5000 $, c'est une coquette somme.

Oui.

Plus que je ne pourrais vous offrir pour votre loyaut�.

�a vous va bien de dire �a.

N'avez-vous pas essay� d'acheter ma loyaut� ?

Si je dois la vendre, �a sera au plus offrant.

J'aime bien ton appartement, Sam.

Ne te sens-tu jamais seul ?

�a arrive.

- Bonsoir, Tom. - Bonsoir.

Bonsoir.

On a vu de la lumi�re.

On s'est dit qu'on allait monter vous parler.

Allez-y, je vous �coute.

Bon sang, tu ne vas pas nous laisser dehors, si ?

J'ai bien peur que oui, Tom. Vous ne pouvez pas entrer.

Vous n'allez donc pas nous aider. Vous la jouez encore solo.

Dites ce que vous avez � dire.

C'est simple,

on raconte que la femme d'Archer et vous �tiez plut�t intimes.

C'est vrai ?

Non.

On dit m�me que c'est la raison pour laquelle il a �t� tu�.

Quand cesserez-vous d��tre m�prisable, Dundy ?

Vous ne devriez pas essayer de m'accuser de tous les meurtres.

- Je vous ai accus� de rien du tout. - Bien s�r que non.

Vous vous �tes content� de vous pointer ici

- et de me poser des questions idiotes - Pour obtenir des salades.

Vous avez peut-�tre raison de nous r�sister.

R�fl�chissez-y.

Au plaisir de vous revoir, lieutenant.

Passez me voir quand �a sera plus calme. Je vous ferai entrer.

Encore un de vos tours, et je vous tue.

Que se passe-t-il ?

Je vous �coute.

Elle m'a frapp� � la t�te. Elle m'aurait tu�.

Pourquoi? Qu'avez-vous fait ?

Rien ! Rien ! Parole d'honneur.

Eh bien ?

Mlle Wonderly, je vous pr�sente le lieutenant Dundy

et le sergent Polhaus.

Mlle Wonderly travaille pour moi.

Et voici un de mes vieux copains de fac,

le docteur Cairo, en provenance de la c�te Est.

Et il s'agit d'une simple dispute amicale, hein ?

- Je peux tout vous expliquer, lieutenant. - Je n'en doute pas.

Mlle Wonderly n'a encore jamais vu le docteur Cairo.

Quand il est entr� dans mon appartement par-derri�re,

- elle a eu peur, ce qui est naturel - Oh, j'ai eu peur.

Terriblement peur.

Je me r�jouis que vous ne soyez pas un cambrioleur, Dr Cairo.

- J�esp�re que vous me pardonnerez. - Tr�s certainement, mademoiselle.

Pourquoi votre vieux copain de fac devrait-il passer par la porte de derri�re ?

Je ne connais gu�re la r�ponse.

Jo�l, pourquoi ?

Le fait est que j'ai beaucoup d'argent sur moi.

Naturellement, j'avais peur d��tre suivi.

Je ne suis pas peureux d'habitude, mais je ne connais pas la ville.

Si je pouvais partir avec vous, je me sentirais plus en s�curit�.

Votre vieil ami vous a rendu une visite �clair.

Vois-tu un inconv�nient, Sam, � ce que je parte avec ces messieurs ?

Absolument pas, Jo�l.

- Reviens vite me voir. - Je n'y manquerai pas.

Pardon pour ce petit incident.

Oh, ce n'est rien, ce n'est rien.

Et Mlle Wonderly, a-t-elle aussi peur de rentrer dans le noir ?

Je suis en train de lui dicter quelque chose. Nous n'avons pas termin�.

Je vois.

Dans ce cas, nous allons vous laisser travailler.

- Bonsoir. - Bonsoir, lieutenant.

Si ces policiers m'attendent dehors,

ils vont attendre longtemps.

Tu peux prendre ma chambre. Je dormirai ici.

J�esp�re ne pas te causer de d�rangement.

Es-tu � ton aise, ma ch�rie ?

Allez, dis-moi tout ce que tu sais sur cet oiseau noir.

Oh, je suis si lasse, Sam.

Lassa de tout, de moi-m�me, d'inventer des mensonges,

de ne plus savoir o� est la v�rit�.

Je voudrais...

APPARTEMENTS CORONET

Sam.

Ne tire pas, ch�rie. Ce n'est que moi, Sam l'�picier.

- O� �tais-tu ? - Je suis descendu faire des courses.

D�sol� de t'avoir fait peur.

Je pr�parerai le petit-d�jeuner si tu me fais couler un bain.

�a me va.

- Bonjour, Sam. - Bonjour, Iva.

Comment vas-tu, ch�rie ? Content de te voir.

Je suis venue te parler, Sam.

- Puis-je entrer ? - Je suis tr�s occup�, l�.

Ne fais pas l'idiot. Je suis venue te parler, je ne vais pas rester sur le palier.

Viens ici.

Je l'ai vue ! Qui est cette femme v�tue de mon kimono ?

Calme-toi, voyons.

Je n'ai donc aucun droit d'exiger ta fid�lit�.

Je pensais que si.

Que ton pr�tendu amour me donnait ce droit.

Ne parlons pas de �a maintenant. Que veux-tu ?

Juste te parler, Sam. Je le dois. Il le faut.

Je n'ai pas le temps.

Tu ne veux pas m'�couter ? J'en connais un qui le fera volontiers.

Le lieutenant Dundy sera probablement int�ress� par ce que j'ai � dire.

Au plaisir.

Tout va bien ?

Tout est sous contr�le, ch�rie.

Tes petites amies te causent bien du tracas, pas vrai, Sam ?

Cher M. Spade, venez imm�diatement au Palace H�tel, chambre 900,

et vous apprendrez une information de premi�re importance

� propos de "l'oiseau noir". Casper Wightman

Au franc-parler et � la clairvoyance.

Soit.

- Un cigare, monsieur ? - Merci.

- Vous �tes laconique. - Non.

- J'aime causer. - Causons, si vous voulez.

Je vous le dis tout de suite,

j'aime parler � ceux qui aiment parler.

Parfait.

- Parlons de l'oiseau noir. - Formidable.

Vous ne tournez pas autour du pot. Droit au but.

- Venons-en au fait. - Oui, certainement.

�tes-vous ici, M. Spade, pour repr�senter Mlle Wonderly ?

Non.

Je suis ici en mon nom.

C'est merveilleux, monsieur. C'est merveilleux.

J'aime les hommes qui avouent travailler pour eux-m�mes.

N'est-ce pas notre lot � tous ?

Parlons de l'oiseau noir.

Bien s�r.

M. Spade,

avez-vous la moindre id�e de ce que ce petit oiseau noir peut valoir ?

Beaucoup, si j'ai bien compris,

- mais j'ignore ce que c'est. - Vraiment ?

Que savez-vous de l'ordre de Saint-Jean de J�rusalem,

- plus tard appel� chevaliers de Rhodes ? - Pas grand-chose.

- �a date des Croisades, non ? - Exact.

Quand l'empereur Charles Quint c�da l'�le de Malte � ces chevaliers,

il y mit une condition:

le tribut annuel

d'un faucon,

en gage de soumission � l'Espagne.

- Vous comprenez ? - Oui. Bien s�r.

Avez-vous la moindre id�e de la richesse inou�e,

voire inestimable, de l'ordre de Saint-Jean � l'�poque ?

Autant que je m'en souvienne, �a devait �tre pas mal.

"(�a devait �tre pas mal."

Ils avaient saisi les tr�sors de l'Orient,

butins de leurs victoires.

On le sait tous, les guerres saintes �taient affaires de butins.

Les guerres saintes ?

Une grande escroquerie, je parie.

Les chevaliers voulurent exprimer leur reconnaissance � l'empereur.

Pour leur premier tribut, ils ne lui envoy�rent donc pas

un quelconque oiseau vivant,

mais un magnifique faucon d'or

serti de leurs plus belles pierres.

Les pierres pr�cieuses les plus grosses et les plus belles d'Asie.

- Ce sont les faits historiques. - Tr�s bien, tr�s bien.

"Tr�s bien", dites-vous. Mais l'empereur ne re�ut jamais le faucon.

Des pirates prirent le navire qui le transportait

et s�empar�rent de l'oiseau.

J'ai retrac� le parcours de cet oiseau partout en Europe.

En 1840, � Paris.

Entre-temps, pour dissimuler sa vraie identit�, il avait �t� �maill�

de mani�re � lui donner un air quelconque.

- En est-il toujours ainsi ? - Ainsi camoufl�,

il passa de main en main � Paris pendant 70 ans.

- Et ensuite ? - En 1911, un Grec le trouva

et d�couvrit sa v�ritable valeur.

Son domicile fut cambriol� et lui fut assassin�.

Personne d'autre ne savait pour l'oiseau. Il disparut � nouveau.

- Il n'a toujours pas r�apparu. - C'�tait il y a 20 ans.

C'est le temps qu'il m'a fallu pour le retrouver, mais j'y suis arriv�.

J'ai retrouv� sa trace chez un Russe � Constantinople.

Kemidov.

Il a refus� de me le vendre.

J'ai donc envoy� des agents le r�cup�rer.

Ils l'ont pris, et je ne l'ai pas.

Il n'appartient donc � aucun d'entre vous.

- Il appartient au g�n�ral Kemidov. - Lui appartient ?

Autant dire que c'est la propri�t� du roi d'Espagne.

� mon sens, le v�ritable propri�taire,

c'est celui qui le d�tient.

- Il appartient donc � Mlle Wonderly. - Non,

- elle est un de mes agents. - Oh, je vois.

- Vous �tes s�r qu'elle l'a ? - Je ne suis s�r de rien.

Oui, mais vous savez o� le trouver.

Au bon moment et pour un bon prix.

Avant de parler chiffres,

quand pouvez-vous me remettre le faucon ?

- Dans un ou deux jours. - Cela m'irait tout � fait.

J'ai deux propositions � vous faire.

Je vous verse 25000 $ � la remise du faucon

et 25000 $ � mon arriv�e � New York.

- Voici la premi�re. - Et l'autre ?

Je vous donne 25 %,

soit un quart du prix de vente.

� vous de choisir.

Soit 50000 $ tout de suite,

soit une plus grosse somme dans quelques mois.

- Combien ? - Qui sait 7?

Si je vous disais le minimum probable, vous me traiteriez de menteur.

Non.

Pas m�me si je le pensais.

Eh bien,

que diriez-vous d'un demi-million ?

Un demi-million ?

Croyez-vous vraiment que cet oiseau vaut 2 millions ?

Sans aucun doute.

D'accord, march� conclu.

Maintenant, M. Gutman,

que diriez-vous d'un acompte pour sceller ce march� ?

Oh, bien s�r. Certainement, monsieur.

O� avais-je la t�te ?

Que pensez-vous de 1000 $ ?

Parfait.

J'ai donc votre parole d'honneur.

Ma parole d'honneur! Vous avez mes 1000 dollars en plus.

Le docteur est ici.

Le docteur ?

Oh, oui. Oh, mon Dieu.

Veuillez m'excuser, je dois voir mon m�decin.

- Ne partez pas. - Je ne bouge pas d'ici.

Je reviens tout de suite.

Jo�l, mon grand.

Dois-je comprendre que tu r�int�gres la bande ?

D�barrassez-vous de lui.

Pourquoi ?

Je viens de lui proposer 25000 $ pour le faucon.

Et moi, 5000.

Il nous a roul�s.

- Il ne l'a pas. - Il ne l'a pas ?

Je viens de lui verser un acompte de mille dollars.

Il dit pouvoir me le donner dans deux jours.

- On peut l'avoir aujourd'hui sans son aide. - Comment ?

- Vous vous rappelez le capitaine Jacobi ? - Jacobi ?

J'ai cit� son nom dans mon rapport de Hong-Kong.

Je disais l'avoir vu avec Mlle Wonderly.

Jacobi. Oui, je me souviens.

- Son bateau s'appelait La Paloma. - Exact.

Regardez.

ARRIV�ES DES NAVIRES CE JOUR La Paloma de Hong-Kong

Qu'est-ce que tout �a a � voir l�-dedans ?

Oh, pour vous, �a n'a aucun rapport avec le faucon ?

- Mlle Wonderly d�tient le faucon. - Non.

J'ai fouill� son appartement. Aucune trace du faucon.

C'est parce qu'elle l'a donn� � Jacobi � Hong-Kong.

Elle le lui a donn� 7

Pour qu'il le rapporte aux �tats-Unis. Thursby et elle ont pris un autre bateau.

� quelle heure arrive Le Paloma ?

J'ai t�l�phon� au port. Il doit arriver avant minuit.

- On ferait bien de se d�p�cher. - Il a encore mon argent.

Wilmer peut se charger de lui.

Non.

Non.

Je connais un meilleur moyen.

Ma technique est plus douce que celle de Wilmer.

Veuillez accepter mes excuses pour cette interruption, M. Spade.

Nous avions termin�, n'est-ce pas ?

- Absolument. - Ravi de vous l'entendre dire, monsieur.

Buvons � une affiliation

qui, l'en suis s�r, s'av�rera plaisante et avantageuse pour nous deux.

D'accord.

� la clairvoyance.

Oui, monsieur.

Les bonnes ententes

se scellent par un toast amical.

- �tes-vous d'accord avec moi ? - Parfaitement.

Oui.

C'est bien ce que je pensais, NI. Spade.

Que fais-tu ici � cette heure de la nuit ?

Tu m'as dit de ne pas bouger jusqu�� ton retour.

- Sam ! - Ne bouge pas.

- Il est mort, ch�rie. - Sam,

- ne devrait-on pas appeler un m�decin ? - C'est trop tard.

Vite, ferme cette porte.

Sam, qui est-ce ?

"John Jacobi.

"Capitaine de La Paloma. Arriv� � San Francisco de Hong-Kong."

Jetons un coup d'�il � sa valise.

Ruth Wonderly.

Ouvre �a , ch�rie.

Sam, qu'est-ce que c'est ?

C'est l'oiseau noir apr�s lequel ils courent tous.

J'ignore pourquoi, mais il vaut une fortune.

Celui qui a tu� ce capitaine te fera subir le m�me sort.

J'ai peur. D�barrasse-t'en.

Arr�te de t'inqui�ter. Je vais m'en charger.

- Que vas-tu en faire ? - Pas de questions.

CONSIGNE

- Veuillez le consigner. - Bien, monsieur.

Consigne - Date

Valide 30 jours.

Boite postale 894

- Bonjour, Tom. - T'es en train d'�crire des mots doux ?

- Oui. - Ne tire pas sur la corde.

C'est l'un des meilleurs moyens de s'attirer des ennuis.

Est-ce un avertissement ?

Je t'ai cherch�, j'ai quelque chose � te dire.

De la part de Dundy ?

Non, du procureur, ce coup-ci Il veut te voir.

Pour quelle raison ?

C'est Iva Archer. Elle a pas mal balanc�.

PROCUREUR - PRIVE

Spade, qui a tu� Miles Archer ?

Je ne sais pas.

Peut-�tre bien, mais vous pourriez deviner.

M�me si je devine juste,

je ne suis pas suffisamment stupide pour le faire devant un procureur.

Jusqu�� pr�sent, je doute que la police ait la bonne th�orie.

Vous m'en voyez ravi.

Elle n'envisage que deux sc�narios.

Le premier :

Archer a �t� tu� par une femme qui voulait se d�barrasser de lui.

Le second :

l'amant de sa femme a commis le meurtre

dans le but d'�liminer Archer,

obstacle � leur relation illicite.

Et le troisi�me:

Archer est mort de vieillesse.

Vous n��tes pas s�rieux.

Vous dissimulez des informations qui nous permettraient de r�soudre cette affaire.

Ce faisant,

vous vous rendez complice d'un meurtre.

Je pensais que cet entretien serait informel.

Je suis au service de la loi 24 h sur 24,

rien d'officiel ou d'officieux ne vous autorise � me cacher

des preuves concernant un crime.

� moins, bien entendu, que vous redoutiez de vous compromettre.

Je n'ai rien � dire, ni � vous ni � la police.

Si vous avez autre chose � me dire,

arr�tez-moi et je viendrai avec mon avocat.

J'y ai song�.

Eh bien, quand vous vous serez d�cid�, faites-le-moi savoir.

Quand l'heure sera venue, Spade,

vous verrez que nous savons des choses sur la femme d'Archer et vous

qui n�cessiteront de nombreuses explications.

Ma seule chance de m'en tirer,

c'est de vous livrer les meurtriers sur un plateau.

Je vous laisse 24 heures.

Merci. J'en prends bonne note.

Et rappelez-vous, Spade,

si � cette m�me heure demain, l'affaire n'est pas r�solue,

je vous fais arr�ter pour le meurtre de Miles Archer.

Je suis toujours joignable � mon bureau ou � mon domicile, M. Bryant.

J'aspire � rendre service sept jours sur sept,

24 heures sur 24.

Au revoir, mon ch�ri.

Sam !

Je pensais que tu ne viendrais jamais. Je t'attends depuis des heures.

O� �tais-tu ? Je t'ai cherch�e partout.

Je crois que je suis suivie. Laisse-moi monter chez toi, Vite.

D'accord.

Sam.

Alors comma �a, on a de la compagnie.

Eh bien, monsieur, nous sommes tous l�.

Asseyons-nous et mettons-nous � l'aise pour discuter de notre affaire.

Quelle affaire ?

Nous savons, bien �videmment, que vous avez le faucon.

Oh, vraiment ?

Quand pouvez-vous faire le premier versement ?

On avait parl� de bien plus, vous savez.

En effet, monsieur,

mais ce n'�tait que des mots.

�a c'est du s�rieux.

Permettez-moi de vous rappeler

que vous d�tenez peut-�tre le faucon, mais que nous, nous vous tenons.

Vous ne me faites pas peur.

�coutez-moi tous attentivement.

Dans cette affaire, un aspect a �t� n�glig�.

- Lequel, monsieur ? - Il nous faut un bouc �missaire.

- Un bouc �missaire ? - Absolument.

Les flics doivent avoir un coupable

� qui coller les trois meurtres sur le dos.

N'allez pas nous faire croire que la police vous fait peur

ou que vous ne savez pas y faire.

Je ne crains pas les flics et je sais y faire avec eux.

Mais il leur faut un coupable.

Vous plaisantez, monsieur.

Un bouc �missaire, comme vous dites,

les conduirait au faucon.

Non, nous ne prendrons pas ce risque.

R�fl�chissez, Gutman. Les flics ne dormant pas,

ils attendant, tapis.

Je suis mouill� jusqu'au cou, et ils le savent.

Vous n��tes pas homme � vous soucier d'un petit probl�me.

Vous trouverez une solution.

Pendant que vous vous enfuirez � New York, en Chine ou ailleurs, hein ?

Je travaille ici, ne l'oubliez pas.

C'est ma ville et mon boulot. Je sais ce qui est le mieux pour nous.

Gutman, on est perdus, sauf si on livre un coupable.

Eh bien,

aucun d'entre nous n'est vraiment qualifi� pour ce r�le, monsieur.

C'est ridicule.

Je consid�re Wilmer

comme un fils.

Un fils, vous pouvez en avoir un autre. Le faucon est unique, lui.

- Songez-y. - Si votre plan �tait viable,

ce qui n'est pas le cas,

qu'est-ce qui emp�cherait Wilmer de parler du faucon et de nous tous ?

On peut le faire descendre pour refus d'obtemp�rer.

Mon affection pour Wilmer

rend ceci impossible.

J'ai une autre suggestion � faire.

Pourquoi ne pas leur donner Cairo ?

Pourquoi pas vous ou Mlle Wonderly ?

Je m'en fiche. N'importe qui.

Je veux un bouc �missaire.

Vous oubliez que vous n��tes pas en position d'imposer quoi que ce soit.

Je suis dans une bonne position, t�chez de ne pas l'oublier.

R�glons cette affaire.

Vous avez per�u votre argent. Pourquoi ne peut-on pas avoir le faucon ?

J'ai dit que je voulais 20000 dollars.

En outre, je ne pourrai pas avoir l'oiseau avant demain matin.

Demain matin ?

Dans ce cas,

mieux vaudrait pour nous tous

de ne pas nous quitter jusqu�� la fin de notre transaction.

Wilmer, ferme cette porte.

Que personne n'entre ni ne sorte.

Vous avez l'enveloppe ?

Je l'ai.

Ch�rie, la nuit va �tre longue.

Va pr�parer des �ufs, des sandwiches et du caf�.

Nous nous devons de bien recevoir nos invit�s.

Bien s�r.

Veuillez tous m'excuser.

Un instant, ma ch�re.

Il vaudrait mieux laisser l'enveloppe ici.

Pour �viter les taches de graisse.

Oh, comme je suis b�te.

Elle ne contient plus que neuf billets.

Quand je vous l'ai donn�e, il y en avait dix.

Je reviens.

Dis-moi,

c'est toi qui avais l'argent et il manque un billet.

- O� est-il ? - Je ne l'ai pas pris.

- Peut-�tre pas, mais je dois savoir. - Tu ne me crois pas ?

Non, pas du tout. D�shabille-toi.

Hors de question.

- Oh, que si. - Certainement pas.

Bien. Ils se r�jouiront de te donner un coup de main.

Sam.

Tr�s bien.

- C'est vous qui l'avez, Gutman. - C'est ridicule.

C'est vous.

Avouez ou je vous fouille.

Oui, monsieur. Oui, c'est moi.

J'�tais curieux de voir votre r�action.

C'est un tour digne d'une personne de l��ge de ce salopard.

Vous essayez donc d'incriminer Mlle Wonderly, hein ?

De l'incriminer ?

Vous vouliez qu'elle soit notre bouc �missaire.

Je vais d�cider tout de suite sur qui �a va tomber.

Et je choisis Wilmer.

Que penses-tu de cette id�e, Wilmer ?

C'est dr�le, non ?

- Rira bien qui rira le dernier. - Du calme, Wilmer.

Tu ne devrais pas attacher autant d'importance � ces choses.

Le monsieur ne fait que plaisanter.

Qu'il me laisse tranquille ou je le refroidis.

- Rien ne m�arr�tera. - Allons, Wilmer.

Allons, assieds-toi. Allez, assieds-toi.

Je peux te parier qu'ils vont te trahir.

Spade...

Voici notre bouc �missaire.

- Mais... Mais... - Il n'y a pas de "mais" qui tienne.

Dites oui sur-le-champ ou l'oiseau noir

et toute votre bande finissez chez les flics.

Eh bien...

j'accepte, monsieur.

Et vous, Cairo ? �tes-vous avec nous ou contra nous ?

- Je vous suis. - �patant.

On avance.

Berkeley 007.

Pauvre Wilmer.

- All� ? - All�, ch�rie.

D�sol� de te tirer du lit.

C'est pas grave. Qu'y a-t-il ?

�coute,

te souviens-tu de notre boite � la poste ?

Elle contient une enveloppe �crite de ma main.

Dedans, il y a un ticket de consigne pour la valise qu'on a eue hier.

Je veux que tu me l'apportes � la premi�re heure.

- D'accord. - Tu es un amour.

Au revoir, ch�rie.

- Je vais prendre l'enveloppe maintenant. - Avec le plus grand plaisir, monsieur.

- Parfait, Gutman. Asseyez-vous. - Merci.

R�glons les d�tails.

Pourquoi Wilmer a-t-il descendu Thursby et comment a-t-il tu� le capitaine Jacobi?

Thursby �tait un tueur notoire

et le protecteur de Mlle Wonderly.

Nous avons tent� de le convaincre de s'allier � nous. Rien � faire.

Alors Wilmer l'a suivi � son h�tel

et a fait le n�cessaire.

Si Wilmer les a tu�s tous deux avec la m�me arme,

les balles seront identiques.

La mort de Jacobi est enti�rement la faute de Mlle Wonderly.

Que voulez-vous dire ?

Il n'aurait jamais �t� tu�

si elle ne lui avait pas confi� le faucon � Hong-Kong.

Oh, je vois. Il �tait donc au courant pour le faucon ?

Non. Il ne savait rien.

Tomb� sous le charme de Mlle Wonderly,

il a accept� de rapporter le faucon aux �tats-Unis

- tandis qu'elle prenait un autre bateau - Avec Thursby ?

Le faucon est pass� de Thursby � Jacobi,

puis de Jacobi � vous-m�me, conform�ment � ses instructions.

J'�tais donc le prochain sur la liste apr�s le capitaine Jacobi.

Mlle Wonderly ne manque pas de soupirants.

Elle les a tous utilis�s pour servir ses int�r�ts au mieux.

H�, qu'est-ce qui vous prend ?

C'�tait juste une mouche.

- Bonjour, Sam. - Bonjour, ch�rie.

- La voici. - Merci beaucoup.

- Autre chose ? - Non, on se voit plus tard.

- D'accord. Au revoir. - Au revoir.

Voici votre oiseau noir.

D�barrassez la table.

C'est bien le faucon.

Il faut s'en assurer. Un couteau.

C'est un faux. Ce n'est pas le vrai faucon.

Je n'en connais pas d'autre.

Tu t'es bien amus�e. Dis-nous o� se trouve le vrai faucon.

Oh, non, Sam. C'est celui de Kemidov, je le jure.

C'est �a !

C'est un coup du Russe. Kemidov.

Vous avez tout fait rater, imb�cile !

Il a compris sa valeur et en a fait faire un faux

Il s'est bien fichu de nous.

On s'est pourchass�s dans le monde entier pour un morceau de plomb.

Oui.

Oui, c'est un coup du Russe.

Cela ne fait aucun doute.

Eh bien,

c'est ma faute, je le reconnais.

Allons-nous rester l� � nous injurier

ou retourner � Constantinople voir Kemidov ?

- Vous comptez partir ? - Absolument. Pourquoi pas ?

Je vous suis.

Wilmer, tu seras du voyage, bien entendu.

- Votre petit copain s'est fait la malle. - Oh.

Oh, c'est dommage.

Oui.

Son aide aurait �t� tr�s pr�cieuse.

Et puis je l'aimais comme un fils.

Je vais vous demander de me rendre l'enveloppe.

Ne faites pas l'idiot, Gutman.

C'est pas de chance pour vous, mais j'y suis pour rien.

Oh.

Mes 10000 $, je vous prie.

Au revoir, monsieur.

Je regrette profond�ment que vous vous retrouviez sans coupable.

Je m'en sortirai.

2000 Union.

Bien.

- All� ? - All�, Tom ?

- Sam Spade. - Bonjour, Sam.

�coute, fais vite, trois escrocs s�appr�tent � quitter la ville.

Gutman, au Palace H�tel, chambre 900.

Il y a aussi Cairo. Oui, tu l'as rencontr� chez moi.

Et un gamin du nom de Wilmer Cook.

Exactement.

Cook a tu� Thursby et Jacobi. Je d�tiens l'arme qu'il a utilis�e

Je l'ai ici chez moi.

- Oui. Il n'y a pas de temps � perdre. - Merci pour le tuyau.

�coute, tr�sor, mettons les choses au clair.

Quoi, mon ch�ri ?

Cairo et toi avez doubl� Gutman,

puis tu as d�laiss� Cairo pour Thursby. C'est bien �a ?

Quelque chose comme �a, oui.

Pourquoi as-tu donn� l'oiseau noir � Jacobi ?

Je n'avais pas confiance en Thursby.

- J'avais peur que Gutman ne le soudoie. - Balivernes.

Il t'aimait, et tu le savais.

Quel �tait ton plan pour te d�barrasser de Thursby ?

Je pensais que s'il se savait fil�,

il prendrait peur et quitterait la ville.

Je ne pensais pas qu'il tuerait Archer.

Tu avais raison, Thursby n'a pas tu� Archer.

Archer �tait idiot, certes,

mais pas assez pour se faire surprendre dans une impasse,

avec son flingue dans sa poche revolver

et son pardessus boutonn�.

En revanche, il serait all� dans cette impasse avec toi.

Sam, ne dis pas de telles choses.

Et si tu lui avais demand� de t'y accompagner,

sachant que vous seriez seuls, il t'aurait suivie.

Puis tu te serais tenue tout pr�s de lui,

il aurait eu le sourire jusqu'aux oreilles

et tu aurais pu lui tirer dessus.

Le sourire, comment as-tu su ?

Je connaissais Archer et je veux savoir pourquoi tu l'as tu�.

C'est bien toi qui l'as tu�, n'est-ce pas ?

Je ne voulais pas au d�part.

J'�tais sinc�re quand je disais juste vouloir faire peur � Thursby.

- Mais quand j'ai d�couvert que... - Arr�te de mentir.

Voil� pourquoi tu l'as tu�:

Thursby aurait �t� accus� du meurtre,

tu aurais eu l'oiseau pour toi seule.

Mais quand tu as appris la mort de Thursby,

tu as eu besoin d'un protecteur et tu m'es revenue, je me trompe ?

Je te serais revenue t�t ou tard.

D�s que je t'ai vu, j'ai su

que je te reviendrais.

Tu es un ange.

Avec un peu de chance, tu sortiras de San Quentin dans vingt ans

et tu me reviendras.

J�esp�re qu'on ne te pendra pas, ch�rie.

�a serait dommage de tordre ce si joli cou.

Ne dis pas �a. M�me pour plaisanter.

Pas apr�s ce qui s'est pass� entre nous.

Ne sois pas b�te. Tu dois trinquer.

Vas-tu r�ellement me livrer � la police ?

J'en ai bien l'intention.

Tout �a, c'�tait du vent. Je ne compte pas � tes yeux.

- Tu ne m'aimes pas. - Oh, si.

Et alors ?

Je ne suis ni Thursby ni Jacobi et je ne serai pas ton pigeon.

Tu sens bien au fond de ton c�ur que malgr� tout ce que j'ai fait,

- je t'aime. - Peut-�tre.

T'as jamais �t� honn�te avec moi plus de 30 mn d'affil�e.

Tu as dup� tous les hommes

- qui ont �t� assez b�tes pour t'aimer. - Pas toi.

Je n'ai pas pu.

Je suis folle de toi.

Oh, c'est...

C'est tout aussi facile de devenir fou de toi.

Et apr�s ?

�a me passera.

Je vais avoir du mal � dormir un temps, mais �a passera.

J'arriverai � t'oublier.

Oh, bonjour, les gars.

- Entrez. - Bonjour.

Bonjour, Spade.

Tiens, Tom.

Pi�ce � conviction A.

Les armes utilis�es par le gamin pour tuer Thursby et Jacobi.

Il s'en est servi d'une autre depuis.

Son h�tel nous a signal� la mort de Gutman. Liquid� par Wilmer Cook.

- Le gamin l'a descendu ? - Oui, Cairo et lui.

On l'a arr�t� alors qu'il quittait l'h�tel.

- Voil� qui r�gle notre affaire, je pr�sume. - Pas tout � fait.

Il reste un autre meurtre � �lucider avant midi.

- � quoi pensez-vous ? - Archer.

- Avez-vous trouv� comment je l'ai tu� ? - J'y ai beaucoup r�fl�chi.

Tr�s bien.

Messieurs, vous connaissez Mlle Wonderly.

- Oui. - Oui. Comment allez-vous ?

Elle a tu� Archer avec le flingue de Thursby.

C'est la complice de Cairo et du gamin.

Et vous avez de quoi le prouver ?

Ne vous inqui�tez pas, Dundy.

Je dispose de suffisamment de preuves pour �tayer mes propos.

- Vraiment ? - Oui.

Parfait.

Allez, ma belle, suivez-nous.

Dommage que les agences de d�tectives n'aient pas plus d'hommes

dot�s de votre force de caract�re, M. Spade.

Ne vous faites pas de souci pour moi, Mlle Wonderly.

Je ne vois pas ce qu'il y a de dr�le.

- Quand se voit-on ? - Je viendrai plus tard.

San Francisco Examiner - 3 MEURTRES LI�S AU FAUCON MALTAIS �LUCID�S !

Beaut� reconnue coupable du meurtre d'Archer

Samuel Spade, d�tective priv�, fait sensation au tribunal

en produisant un n�gociant chinois du nom de Lee Fu Gow,

unique t�moin du meurtre d'Archer,

qui a formellement identifi� Mlle Wonderly comme �tant la meurtri�re.

- Elle est dans la dix, Sam. - Merci.

Dites, vous auriez une cigarette ?

Merci.

- Bonjour. - Bonjour.

Salut, beau gosse.

Une cigarette, tr�sor ?

On te nourrit bien ? C'est pas trop mauvais ?

Tu ne peux pas t�emp�cher de venir me voir, pas vrai ?

J'ai une bonne nouvelle.

Une bonne nouvelle ?

Je viens d��tre nomm� enqu�teur principal pour le bureau du procureur.

Ils n'auraient pas pu trouver mieux pour ce boulot.

Merci, ch�rie.

J'ai pens� que tu aimerais le savoir. C'est gr�ce � toi.

Je l'ai fait avec amour, tu peux me croire.

Avec amour ?

Et rien d'autre, Sam.

Si tu as besoin de quelque chose, fais-le-moi savoir.

Au revoir.

- Sarah. - Oui, Sam.

Sois gentille avec la fille de la dix.

Donne-lui tout ce qu'elle veut.

De la bonne nourriture.

Des cigarettes et des bonbons.

- Tu vois ce que je veux dire. - Parfaitement, Sam. Ne t'en fais pas.

Qui va payer ?

Adresse la facture au bureau du procureur.

Je l'approuverai.

Est-ce que tu en auras le droit ?

�a. Oui!

Fin

French

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