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Les �uvres d'EDGAR ALLAN POE
Edgar Allan POE LE MYST�RE DE MARIE ROGET
DISPARITION DE LA C�L�BRE COM�DIENNE MARIE ROGET.
LA PR�FECTURE DE POLICE DECONCERTEE APR�S DIX JOURS DE RECHERCHE
- Donnez m'en un, s'il vous pla�t. - Oui, Monsieur.
En ville, on ne parle plus que de la disparition de la c�l�bre com�dienne.
Eh, montez-moi un exemplaire, vite!
Je suis trop occup�. Va falloir descendre le chercher.
Regarde �a.
C'est presque incroyable la fa�on dont elle s'est �vanouie dans la nature.
Tout le monde sait le genre de femme que c'est, pour moi,
elle a disparu avec un de ses pr�tendants.
REPR�SENTATION ANNUL�E
"MARIE ROGET S'EST �VAPOR�E"
Les services de police sont clairement incomp�tents, et je vous tiens,
vous, le pr�fet, comme personnellement responsable.
Soit vous retrouvez Marie ROGET dans les prochaines 24 heures, soit
je fais en sorte que vous soyez d�mis de vos fonctions, compris?
Monsieur, nous faisons tout notre possible.
Croyez-moi, �a fait 10 jours que je ne dors pas.
J'ai mis tous les gendarmes de la ville sur l'affaire. Que puis-je faire de plus?
- Vous vouliez me voir? - Oui...
Voici le Dr Dupin, m�decin-chef du service.
- Dr Dupin. - Monsieur.
Dupin, voici M. Beauvais, le ministre des Affaires Navales.
C'est un ami intime de la famille ROGET.
Dupin? Vous avez travaill� sur
ces meurtres de la Rue Morgue, n'est-ce pas?
Travaill�, Monsieur?
Dr Dupin a r�solu l'affaire quasiment seul.
Ah oui? Alors pourquoi vous ne faites rien dans l'affaire Marie ROGET?
- Je suis s�r que nous la retrouverons, Monsieur. - Comment pouvez-vous en �tre si s�r?
Il y a tr�s peu d'affaires que notre police ne parvient pas � r�soudre.
C'est une affaire que vos services ont int�r�t � r�soudre, et vite
sinon, vous et vos amis vous retrouverez sans emploi.
- M. Gobelin! - Je vous ai dit de ne pas me d�ranger, non?
Oui, Monsieur, mais j'ai pens� que vous voudriez savoir.
Un rapport vient d'arriver.
Le corps d'une femme a �t� retrouv� dans le fleuve. �a pourrait �tre Marie ROGET.
Le corps est en bas, sous le 2�me pont.
Allez, allez, Marie ROGET! Vous voyez?
- Je vous avais dit qu'on la retrouverait. - Comment �tes-vous s�r que c'est Marie ROGET?
Facile de r�pondre � cette question: vous pouvez l'identifier par vous-m�me.
Vous nous accompagnez?
- Tout de suite? - Pourquoi pas tout de suite?
Je vous accompagne.
Circulez, circulez!
- Son visage...! - Du calme, monsieur.
Pouvez-vous identifier le corps?
- Je ne sais pas. - Elle a la m�me taille que Marie ROGET,
la m�me corpulence Et je vois ce collier, l�.
�a vous dit quelque chose, Monsieur?
Oui... �a doit �tre elle.
Mais elle n'a plus de visage.
Qui a pu lui faire �a?
- C'est l��uvre d'un monstre! - Ou d'une b�te.
On dirait que le visage a �t� lac�r� � vif par les griffes d'un animal.
Incroyable!
Oh, Mamie, si on ne nous dit rien, rien du tout de concret, m�me si...
Ma ch�rie, la police fait tout ce qu'elle peut
pour retrouver ta s�ur
Mais depuis 10 jours, ils auraient pu...
Monsieur Beauvais! Vous avez retrouv� Marie?
- Mon enfant, soyez forte. - Parlez.
- O� est-elle? - Voici M. Gobelin,
le Pr�fet de Police.
Mme ROGET, Mlle Camille ROGET.
Allez, dites: qu'avez-vous d�couvert?
Madame, cela ne m'est pas plaisant, mais je dois
vous informer que nous avons fait notre possible
pour votre petite-fille. Nous avons trouv� son corps dans le fleuve.
- Ce n'est pas vrai! - Calmez-vous, mon enfant, s'il vous pla�t.
Marie!
Bonjour!
Je le savais, je savais que tu n'�tais pas morte.
Morte, moi? Quelle horreur!
La police a trouv� un corps dans le fleuve et nous pensions que c'�tait vous.
- Eh bien, vous aviez tort. - Marie, o� �tais-tu pour l'amour de Dieu?
Oh, mamie, quelle importance? Elle est de retour, c'est ce qui compte!
Mais elle nous doit des explications.
Oui, Mademoiselle. Vous avez inqui�t� toute la ville.
Regarde le journal.
Quelle horrible photo de moi. Qui est ce petit homme?
Mademoiselle!
J'ai l'honneur d'�tre le Pr�fet de Police.
- Mmmh, g�nial! - Marie, o� �tais-tu?
Oh, Mamie, toi aussi?
Mademoiselle, vous ne comprenez pas. Je dois faire un rapport complet
� mes services et une d�claration publique.
Ah oui? Bon, je vais vous expliquer.
O� je vais et ce que je fais ne regarde personne.
Camille, je t'ai ramen� un joli cadeau, viens.
- Mademoiselle, vous ne pouvez pas partir... - Je suis vraiment navr�, Monsieur,
d'avoir importuner la police, mais j'ai peur
qu'il ne vous reste qu'� classer l'affaire.
- La classer, mais pourquoi? - Vous l'avez entendu.
Nous n'avons plus besoin de la police, Monsieur.
- C'est quoi, �a? - Un l�opard.
Qu'est-ce qu'il y a? Vous n'avez jamais vu de l�opard?
Tout � fait inoffensif, je vous rassure.
Oui, bien s�r...
Entrez!
- Qu'est-ce qu'il y a encore? - Je ne voulais pas vous d�ranger, M. le Pr�fet...
Mais le rapport sur l'affaire Marie ROGET...
- Archivez-le et oubliez-le - L'oublier?
Vous ne comprenez pas les ordres? Faites ce que je dis, oubliez-le!
Oui, Monsieur.
- Qu'avez-vous trouv�? - Rien pour le moment.
Il n'y avait pas une marque, pas un moyen pour identifier le corps?
Celui qui a fait �a, a fait un travail tr�s m�ticuleux.
C'est l'affaire la plus �trange que j'ai eu � r�soudre.
Une femme sans visage.
On va r�ussir � l'identifier. Je n'ai pas encore abandonn�.
J'ai une intuition, vous savez.
J'ai l'intuition qu'il y a un lien certain entre ce cadavre et l'affaire ROGET.
- O� voulez-vous en venir? - �a peut para�tre un peu surnaturel,
mais vous avez dit vous-m�me que �a pourrait �tre l��uvre des griffes d'un animal.
J'ai dit que �a pourrait, pas que c'�tait le cas.
- A quoi pensez-vous? - La vieille dame.
La vieille Mme ROGET, une femme �trange,
excentrique et un peu f�l�e, je pense.
Elle a beaucoup d'argent, et pourtant elle habite
une vieille maison dans le Quartier Latin!
Et �coutez �a:
elle a un chat de compagnie... sauf que c'est un l�opard.
- Un l�opard? - Un bon gros l�opard.
C'est tr�s int�ressant, Gobelin. Mais c'est une impasse.
- Oh, non, je ne suis pas si s�r... - Vous feriez mieux d'oublier �a.
Je ne peux pas oubli... Comment vais-je...
Que j'oublie �a... Tout simplement.
Tout est r�gl�, alors?
Et je veux que Marie soit la premi�re au courant.
Je trouve �a plus excitant de ne rien dire � personne.
Comme �a, ils seront tous surpris.
Mais je suis oblig�e de le dire � Marie. Je ne lui ai jamais rien cach�.
Et elle te dit tout?
Tu sais o� elle �tait ces 10 derniers jours?
Non, mais c'est la premi�re fois qu'elle ne me dit rien.
Mais toi non plus, tu ne m'as pas dit o� tu �tais pendant presque 2 semaines.
Mais c'est �a, de travailler au Minist�re des Affaires Navales.
Ils peuvent m'envoyer n'importe o�, n'importe quand.
Tu vas devoir t'y habituer.
Je file, je vais �tre en retard.
- Marcel! - Marie.
- Je ne savais pas que tu �tais l�. - Marie, nous devons te dire quelque chose.
- Oui? - Tu peux nous f�liciter, on va se marier!
- Vous marier? Tous les deux? - Oui. �a ne te surprend pas vraiment, si?
Bien s�r que non. Je vous souhaite tout le bonheur du monde.
Oh, je vais �tre en retard...
Camille, j'ai oubli� mon sac.
- Sois un ange, va me le chercher, veux-tu? - Bien s�r.
Excuse-la, Marcel.
Merci, ma ch�rie.
Calme-toi Marie, ne laisse pas ta col�re bousiller nos plans.
Dans nos plans, il n'�tait pas question que tu �pouses Camille.
- Je n'ai pas l'intention de l'�pouser. - Alors pourquoi avoir demand� sa main?
- Tais-toi, on va t'entendre. - Je m'en fiche.
En fait, je vais tout leur dire. Tu entends? Tout!
Tu ne me feras pas changer d'avis.
- Ne sois pas idiote, Marie! - Oh, non, je ne serai pas idiote.
Je ne te laisserai l'�pouser. Je vais tout leur dire.
Que tu as promis de m'�pouser.
Mais tu ne vas pas laisser ta jalousie compromettre nos plans?
Dans nos plans, tu n'�pousais pas Camille.
- Je ne te laisserai pas le faire, �a non. - Je n'ai aucune intention de l'�pouser!
- Alors, pourquoi lui as-tu demand�? - �a devrait �tre �vident pour toi.
C'est juste une couverture. Personne ne soup�onnera son fianc�
quand elle dispara�tra demain soir. Tu ne comprends pas?
Marcel, ch�ri, tu es si intelligent!
Et moi si stupide... Tu m'aimes vraiment, hein?
Rien ne pourra changer �a, si tu crois en moi.
Alors nous allons mettre sur pied nos plans � la f�te.
D�s que Camille sera... partie, on aura tout.
Bien s�r.
- Bonjour, Gobelin. - Bonjour. Vous avez quelque chose?
- Oui, je viens de terminer l'examen du corps. - Et alors?
Le corps est celui d'une jeune fille tout � fait normale.
Elle est anglaise et est dans ce pays depuis plus de 24 heures.
Attendez une minute...
Elle est... anglaise...
Mais comment avez-vous fait pour savoir tout �a?
Tr�s simple pour un chimiste.
Les Chinois se nourrissent de riz et de l�gumes.
Les Anglais mangent du b�uf. Vous voyez, nous sommes ce que nous mangeons.
�patant!
- Anglaise, vous avez dit? - Oui.
Alors, Scotland Yard pourra nous dire qui elle est.
- Exactement. - Beau travail.
Comme quoi, on peut toujours se tromper...
J'�tais persuad� qu'il y avait un lien entre ce cadavre et l'affaire ROGET!
Pas s�r qu'il n'y en ait pas.
Je continue � travailler sur cette hypoth�se.
Mais l'affaire est officiellement class�e.
Alors on enqu�tera de mani�re non officielle!
D'accord, mais, dans quel but?
Autre chose:
j'aimerais rencontrer cette Marie ROGET.
Eh bien, je ne sais pas...
Mais j'y pense, De Luc, celui qui produit son spectacle
donne une f�te en son honneur ce soir.
- Je pourrais faire en sorte que vous y alliez. - Bien.
Dr, on a d�pos� ce message pour vous.
Merci. Excusez-moi.
Gobelin, �coutez �a.
Cher Docteur Dupin:
Nous devons nous voir imm�diatement.
Ne perdez pas de temps, c'est une affaire de la plus haute importance.
Venez seul. Sign�: Mme C�cile ROGET.
La vieille dame... C'est tout elle.
Elle ne demande pas, elle exige.
Quel est son lien de parent� avec Marie?
C'est sa grand-m�re.
D'apr�s ce que vous m'avez racont�, �a va �tre une rencontre int�ressante.
- Vous m'accompagnez? - Mais elle a dit de venir seul...
- Vous feriez mieux... - Vous n'avez quand m�me pas peur de ce petit chat, si?
Oh, non, pas du tout, je n'ai pas peur de ce chat!
En fait, il me pla�t bien...
sauf que ce n'est pas un petit chat du tout...
J'ai indiqu� clairement, Dr Dupin,
que je voulais vous voir seul.
Je suis d�sol�, Mme ROGET mais M. Gobelin
- est un ami en qui j'ai grande confiance. - Un ami de confiance, mon �il.
�a n'existe pas, �a!
Et c'est pour �a que je voulais �viter la police.
Dans ce cas, Madame, je vous prie de nous excuser.
Oh, oh, attendez une minute.
Asseyez-vous, s'il vous pla�t.
Je voudrais que vous fassiez quelque chose pour moi.
Eh bien, pourquoi restez-vous debout?
Et je vous paierai 50 000 francs.
- Eh bien, c'est une somme, Madame! - Vous, restez en dehors de tout �a, d'accord?
Je ne pense pas que ce genre d'argent m'int�resse, Madame.
Sornettes! Tout le monde ne s'int�resse
qu'� une chose: l'argent!
Je vous donnerai 50.000 francs pour accompagner ce soir
ma petite-fille Camille � la f�te organis�e par Mme De Luc.
Pourquoi utiliser cet �trange stratag�me pour que Mlle Camille soit accompagn�e � une f�te?
Il se trouve que je sais qu'elle va �tre assassin�e ce soir.
Et je veux que vous emp�chiez �a.
Madame, vous savez ce que vous dites?
Bien s�r que oui, imb�cile.
Et je ne veux aucun policier sur le coup, vous m'entendez?
Pourquoi m'avoir choisi, Madame?
A cause de ce que vous avez fait dans l'affaire des meurtres de la rue Morgue.
Ma m�moire est encore plus aiguis�e que mon ou�e!
Votre ou�e? Donc vous avez entendu quelque chose.
Ce ne sont pas vos oignons.
Je parle au Dr Dupin, en tant que particulier,
et non en tant que membre de votre cher d�partement de police.
Comment savez-vous que Camille a �tre assassin�e aujourd'hui?
Laissez-moi vous le r�p�ter, cela ne vous regarde pas!
Dans ce cas, Madame, j'ai peur de ne pas pouvoir faire ce que vous demandez.
Vous ne m'aurez pas.
Vous voulez savoir pourquoi on va la tuer?
Demain, elle h�ritera de la fortune de son grand-p�re.
Plus d' 1 million et demi de francs.
Vous comprenez maintenant?
A qui profite sa mort?
Ne me posez pas de questions stupides!
Si Camille �tait cens�e mourir lors de la f�te de ce soir,
je ne comprends pas pourquoi vous la laissez y aller. Je ne crois pas un mot de tout �a!
On se fiche de ce que vous croyez.
C'est pour cela que vous n'�tes qu'un simple gendarme.
Madame, j'ai l'honneur d'�tre le Pr�fet de Police.
Allez vous faire voir!
Docteur Dupin, vous, vous savez peut-�tre
pourquoi Camille doit assister � cette f�te.
Selon moi, il n'y aura pas d'autres tentatives d'attenter � la vie de Mlle Camille,
et ce soir, ce sera le moment id�al pour arr�ter quiconque tente de la tuer.
Je savais que vous �tiez intelligent.
Je suppose que vous ne laissez pas sortir votre compagnon sortir la nuit, Madame.
Bien s�r que non. Je ne la quitte jamais des yeux.
Mais ces griffes sont dangereuses, non?
- De quoi parlez-vous? - Oh, rien. On y va?
Vous ne voulez pas gagner 50.000 francs?
Je me suis arrang� pour que Marcel Vignaux, le fianc� de Camille,
soit renvoy� du Minist�re des Affaires Navales.
J'ai des contacts haut-plac�s dans ce Minist�re.
Vous allez l'accompagner, n'est-ce pas?
Votre offre m'intrigue, Madame, mais je crains...
Oh, d�sol�e, Mamie, je ne savais pas que tu avais des invit�s.
Entre, ma fille.
Voici ma petite-fille, Camille.
Ma ch�rie, voici le Dr Paul Dupin.
Et tu connais ce... gentleman.
Bien s�r, M. Gobelin.
Vous disiez, Monsieur?
Je disais, Madame, que ce sera avec plaisir.
Tu m'as fait inviter mes amis pour �a?
Donner une f�te en l'honneur de cette cr�ature c�l�bre!
- Et dans ma propre maison. - Mais ce sont les affaires!
Mon nouveau spectacle est un succ�s gr�ce � elle.
Elle est sensationnelle. Tous les hommes � Paris s'int�ressent � elle.
- C'est exactement ce que je crains. - Oh, non, ma ch�rie, s'il te pla�t...
- Ah, c'est vous... - Pourquoi me traitez-vous comme �a?
Apr�s tout, je suis le sup�rieur de Marcel.
Je pourrais l'envoyer en Chine pendant 1 an.
Vous n'oseriez pas...!
Il n'est rien pour moi. C'est Camille qu'il va �pouser.
Ils peuvent passer leur lune de miel en Chine, pour ce que j'en dis.
Qui croyez-vous duper?
�coutez, Marie, vous savez que vous ne m'emp�cherez pas de comprendre.
- Oh, vous prenez tout tellement au s�rieux. - Et vous, jamais.
Je pourrais vous rendre tr�s heureuse. Je pourrais tout vous offrir.
Vous pourriez y r�fl�chir.
Henri, vous �tes un amour, et je vous adore.
Mais, rentrons avant que vous me fassiez pleurer.
Camille, Qu'est-ce que tu...?
Docteur Dupin, je vous pr�sente Mlle Marie ROGET
et M. Beauvais, notre Ministre des Affaires Navales.
- Nous nous connaissons d�j�. - Et M. Gobelin.
Bonsoir tout le monde.
- Excusez mon retard. - Oh, ce n'est pas grave.
Tu connais le c�l�bre Docteur Dupin?
Enchant�, Monsieur.
J'ai entendu parler de votre travail sur la Rue Morgue.
Merci, Monsieur Vignaux.
Vous m'accordez cette danse?
- Si �a ne vous d�range pas... - Pas du tout.
Vous me permettez?
- Que fait la police ici? - J'aimerais bien le savoir.
On peut pas suivre nos plans avec eux ici, trop dangereux!
Mais on n'aura jamais meilleure occasion!?
Il faut qu'on fasse diversion et qu'on les �loigne.
Tr�s bien.
- Un petit rafra�chissement te ferait plaisir, ch�rie? - Oh oui.
Excusez nous.
- Et vous, Mademoiselle? - Non, merci. Allons sur la terrasse.
- Deux verres de vin, Mademoiselle? - Oh oui.
Vous savez, vous avez quelque chose de myst�rieux et de tr�s convenable aussi.
Toute femme est myst�rieuse, jusqu'� ce qu'un homme l'�pouse.
Oui, mais elles ne cr�ent pas sensation quand elles disparaissent et r�apparaissent myst�rieusement...
- Est-ce un interrogatoire officiel, Monsieur? - Non, ce n'�tait pas mon intention.
Dans ce cas, je ne souhaite plus parler de cela.
Portons un toast � notre compr�hension mutuelle et � une longue amiti�.
Sant�.
Ah, la voil�... Marie, tout est pr�t.
Vous avez promis de chanter quelques unes de vos nouvelles chansons.
Bien s�r... Pardonnez-moi.
Alors, Dupin, maintenant que tu as discut� avec elle, tu en penses quoi?
A dire vrai, je n'ai pas eu l'occasion de me faire une id�e, pas encore.
Au fait, cher ami, je serais vous, j'oublierais Camille...
Elle est fianc�e � Marcel.
Je m'int�resse � Camille de mani�re purement professionnelle.
Oui, oui... J'�tais l� quand c'est arriv�.
Vous avez vu Camille depuis 10 minutes?
Elle est � l'int�rieur, je crois...
Elle est l�-bas.
Je vous avais dit que rien ne lui arriverait.
Notre vieille dame dit n'importe quoi.
Il faudrait l'enfermer � l'asile, l� est sa place! Et je le pense!
Je t'ai dit que c'�tait trop dangereux avec Dupin ici.
Ta grand-m�re lui a demand� de venir.
Camille m'a dit que c'est son garde du corps.
La vieille a flair� quelque chose, mais comment?
Impossible! Elle n'a pas pu deviner.
Alors pourquoi Dupin est l� avec le Pr�fet de Police?
Tu essaies juste de faire une
montagne d'un grain de sable, et tu le fais expr�s.
Pourquoi tu n'admets pas que tu ne veux plus le faire?
Ne sois pas stupide!
�a ne vous prendrait que quelques minutes de sortir d'ici.
Le fleuve est si proche.
�a ressemblera � un accident.
Oui...
Peut-�tre que la police est tout ce dont nous avons besoin!
On le fera juste sous leur nez.
Tu sais, Marie, parfois tu es brillante.
J'attends ici. Va la chercher.
Il est presque minuit. Vous ne pensez pas qu'on devrait ramener Camille chez elle?
Laissez-moi juste finir ce cigare. Vous en voulez un?
Merci.
�a venait du jardin. Par l�!
Je suis certain que �a venait de quelque part par ici.
Qu'est-ce que c'est?
Marie ROGET.
- Oh, j'ai cru entendre un cri. - Ah bon, et o� �tiez-vous, Monsieur?
Eh bien... je me promenais dans le jardin.
- Avec Mlle Marie ROGET? - Non.
J'�tais seul. Que s'est-il pass�?
Nous ne savons pas encore.
- Est-ce que je peux vous aider? - Je ne pense pas. Merci, Monsieur.
- Je vais dans la maison voir si je trouve Marie. - D'accord.
Vous avez l'air de chercher quelqu'un, Monsieur Gobelin.
Oui, Mlle Marie ROGET, vous l'avez vue?
La derni�re fois que je l'ai vue, elle se rendait au jardin.
- Avec qui �tait-elle? - Je n'ai pas vraiment fait attention, pourquoi?
- Ce n'est pas tr�s important, merci. - Elle est assez inaccessible, d'apr�s les hommes.
Je... Qu'avez-vous l�?
- Vous avez trouv� Marie? - Non, elle n'est pas l�-bas.
A qui appartient ce mouchoir, selon vous?
- Je ne peux pas en �tre certain. - Vous jouez � quoi, Dupin?
Vous savez qu'on peut facilement reconna�tre ce parfum. C'est celui de Camille.
Ce qui est s�r, c'est qu'il se trame quelque chose ici.
�coutez, je suis parfois un peu lent � comprendre. Mais je ne marche pas cette fois.
Si on pense qu'un crime a �t� commis, ce mouchoir peut �tre tr�s important.
Si votre int�r�t pour Camille n'est autre que professionnel,
alors ne me laissez pas croire que vous la prot�gez.
- Que je la prot�ge? De quoi? - Eh bien de...
J'aimerais savoir � quoi vous pensiez.
Je pensais aux tr�s gros ennuis qui nous attendent.
Il y a des nouvelles de l'affaire Marie ROGET?
- Oui, ce journal vient juste de sortir. - Donnez m'en un.
Dans ce qui est consid�r� comme le plus grand myst�re de la d�cennie,
Marie ROGET a disparu pour la seconde fois.
- Qu'est-ce qu'elle mijote, d'apr�s toi? - �a, ma ch�re, c'est ce que la police aimerait savoir.
�a ne sert � rien, Monsieur. Je ne pense pas qu'on trouvera le corps.
C'est � moi d'en juger. Continuez � tirer.
Ils ont tir� au canon toute la journ�e.
- Qui sont-ils? - Le lieutenant Gobelin et ses hommes.
Ils supposent que Marie a �t� noy�e,
et ils essaient de faire remonter le corps � la surface.
- Vous pensez qu'ils vont r�ussir? - Non. Marie va revenir.
- Elle est intelligente. - Je n'en serais pas si certain.
Que voulez-vous dire?
J'ai le pressentiment qu'ils vont retrouver son corps.
Et quand ce sera fait, ils continueront � nous ennuyer.
Mme ROGET et...
tous ceux qui sont li�s � l'affaire.
Nous pouvons forc�ment faire quelque chose...
Notre minist�re est en charge des ports et des fleuves.
- Que se passe-t-il, Dupin? - Vous perdez votre temps, Gobelin.
Tirer au canon ne sert � rien.
Si le corps est au fond du fleuve, il y a une chance sur un million
que les vibrations sonores le fassent remonter � la surface.
Je ne laisserai pas passer la moindre opportunit�.
La gravit� sp�cifique du corps de Marie ROGET
�tait telle qu'il a d� couler imm�diatement.
Quelle gravit� sp�cifique? Tout le monde sait que les cadavres
remontent � la surface au moins deux fois.
La science a d�montr� le contraire.
Si la gravit� sp�cifique d'un objet est mise en contact...
... avec l'eau, il coulera une bonne fois pour toutes.
Et c'est exactement ce que ferait le corps d'une femme endormie.
Avez-vous une quelconque raison de penser que le corps n'est pas dans le fleuve?
Vous auriez d� regarder les plans du lit de la rivi�re.
Si le corps est encore dans le fleuve, au niveau du jardin des De Luc,
un plongeur peut le remonter. Alors, vous allez faire ce que je dis?
Dites leur de retourner au commissariat.
C'est le signe que le plongeur veut remonter.
Mon Dieu, Dupin! �a, c'est pas non plus un poisson.
Monsieur le Pr�fet.
Vous avez les honneurs de M. Beauvais, Ministre des Affaires Navales.
Je viens r�cup�rer ce cadavre.
- Mais je n'ai pas termin� de l'examiner. - J'ai des ordres.
Votre rapport concernant le cadeau de Mme ROGET m'a fortement int�ress�.
Oui, un tr�s bel animal. M. Beauvais l'a d�pos� ce matin.
La voil�.
Oui, nous nous sommes d�j� rencontr�s..
C'est exactement ce que je pensais...
Nous avons absolument besoin que les griffes de cet animal soient cur�es.
Bien s�r. Entrons.
Attendez. Je ne crois pas que ce soit n�cessaire, mettez juste ce que...
vous aurez gratt� dans cette enveloppe. D'accord?
Oui.
- N'est-ce pas une belle journ�e, Dupin! - Pourquoi?
Oh, pour l'amour. Celui de Camille, par exemple...
Oh, arr�tez, Gobelin. Dites-moi ce qui vous met de si bonne humeur?
Mon ami, je suis sur le point d'apporter la touche finale au crime
le plus fantastique du si�cle: le myst�re de Marie ROGET.
Oh, g�nial...
Ces raclures que vous m'avez demand� d'analyser, elles sont sans aucun doute...
Attendez une minute. Laissez-moi vous le dire cette fois.
Du sang humain, hein?
- Comment le saviez-vous? - Mon cher ami, voici la solution!
- Tr�s int�ressant. - Vous ne me croyez pas, c'est �a?
Alors, �coutez �a:
Le soigneur du zoo a re�u ce matin
un cadeau de Mme ROGET.
- Un l�opard. - c'est bien...
Vous ne comprenez pas? Elle n'a plus besoin de la b�te.
Elle s'en est servi pour tuer Marie.
Elle a admis elle-m�me qu'elle craignait que Marie
tue Camille pour r�cup�rer l'h�ritage.
Le cadavre mutil�?
Vous-m�me avez dit que c'�tait l��uvre d'un animal.
J'ai seulement dit que �a pouvait l'�tre.
Cependant, dans ce cas, je suis certain que c'�tait l��uvre d'un animal... humain.
- Un animal humain? Vous �tes s�r? - Tout � fait.
Et une journ�e g�ch�e...
Au fait, mon ami: Beauvais est furieux.
Quelqu'un est entr� dans la morgue la nuit derni�re,
et a vol� le cerveau du cadavre de Marie.
Vous ne savez rien � ce sujet, n'est-ce pas?
- Il fallait que nous l'ayons. - Oh, Dupin, c'est ignoble!
Oh allons... Vous �tiez en route pour arr�ter Mme ROGET.
Je ne voudrais pas vous distraire. Je peux vous accompagner?
Eh bien, je ne veux pas... Mais si c'�tait un animal humain...
Allons-y.
Dupin, j'avais tout...
Arr�tez-vous ici!
Nous y sommes.
Nous ne sommes pas chez Mme ROGET, mais chez Mme De Luc!
- Je sais, je sais. - Oui, mais...
Mais nous avons pass� cet endroit au peigne fin.
Qu'esp�rez-vous trouver ici?
Patience, Gobelin, patience.
Nous sommes de la police, Monsieur. J'aimerais savoir quelque chose.
Oui, Monsieur.
O� rangez-vous vos outils de jardin, vos bineuses, vos pelles et tout?
Dans le cabanon, par l�. Je vais vous montrer.
Ne vous d�rangez pas, je le trouverai seul.
Mais Dupin, vraiment, que...?
Ah, voil�.
C'est juste une petite bineuse � main.
Une pi�ce � conviction, Gobelin!
Quand j'analyserai la salet� dessus, je vous garantis qu'on trouvera du sang humain.
- Vous ne voulez pas dire que �a, c'�tait...? - Exactement. Allons-y.
- O� �a? - Chez Mme ROGET.
- Ah, maintenant, on tient quelque chose. - Ah bon?
Attendez, Gobelin.
- Quelle est la chambre de Marie? - Celle-l�, dans le coin.
Elle la partageait avec Camille. Quelle importance?
- �a pourrait avoir une grande importance. - Oh non, vraiment?
Ma patience est infinie, mais je vous pr�viens, Dupin
je ne vais plus supporter vos airs myst�rieux bien longtemps.
Excusez-moi, Gobelin, mais je suis quasiment certain de savoir qui a tu� Marie.
Alors pourquoi ne pouvons-nous pas l'arr�ter?
On ne peut pas arr�ter quelqu'un sans preuve certaine. Nous ne devons laisser
aucune chance de fuir � l'assassin. Vous connaissez la suite.
Madame.
Encore vous? Bon, que voulez-vous?
- Madame, nous avons... - Nous �tions inquiets pour votre bras, Madame.
Comment le saviez-vous?
Je l'ai devin� quand j'ai appris que vous aviez abandonn� votre animal de compagnie.
Je peux m'asseoir?
La b�te m'a attaqu�e par surprise.
Leur instinct revient toujours.
Henri, allez me chercher un ch�que de 50.000 francs pour le Dr Dupin.
- Si vous permettez, je pense que... - Qui vous a demand� de penser? Faites ce qu'on vous dit!
Ce n'est pas vraiment grave.
En paiement de vos services, Docteur.
Je ne crois pas que je l'ai d�j� m�rit�, Madame.
Ne me dites pas que vous avez des scrupules � prendre l'argent.
Ce n'est pas �a. Je veux le m�riter pleinement.
Vous n'�tes pas sans savoir que votre petite-fille Marie a �t� assassin�e.
- Assassin�e? - De quoi diable parlez-vous?
J'�tais s�r que vous tenteriez quelque chose comme �a.
J'ai demand� � ce que le cadavre soit retir� de votre juridiction,
afin d'�viter une erreur cruelle.
Maintenant, prenez votre argent et partez avant que je ne m'�nerve.
Henri, surveillez vos mani�res.
Dr Dupin est mon invit�.
- Comment savez-vous que c'est Marie? - Votre grand-m�re peut vous l'expliquer.
Vous �tes un vilain garnement, Dr Dupin. Vous voulez quoi? Plus d'argent?
Vous savez bien que tout ce qui m'importe est de savoir qui a tu� votre petite-fille.
Comment proposez-vous de prouver qu'il s'agit du corps de Marie?
Avec la chirurgie. Avec votre permission,
- j'aimerais remodeler son visage. - Je ne permettrai pas cela.
Disons qu'il s'agit de Marie, si elle est morte, on ne la ram�nera pas � la vie.
- Grand-m�re, que dis-tu? - Je sais ce que je dis.
Je ne supporterai pas une minute de plus de ce sensationnalisme bon march�!
Qu'on en finisse, vous entendez?
- Vous ne pouvez pas �touffer un meurtre! - Vous osez m'accuser?
Personne ne vous accuse, Mme ROGET.
Si vous le souhaitez, nous pouvons rendre les choses plus agr�ables.
Si vous le permettez, j'aimerais fouiller la chambre de Marie.
- Que cherchez-vous? - Son journal intime.
Le journal intime de Marie nous dira tout ce que nous voulons savoir.
Marie n'avait pas de journal intime, � ma connaissance.
De plus, je ne vous autoriserai pas � retourner ma maison.
- Nous pourrons toujours avoir un mandat, Madame. - Comment vous...!
Je crois qu'en y r�fl�chissant, pas besoin de fouiller.
Vous avez entendu Mme Roger. Elle est parfaitement dans son droit. Je pense que nous devons partir.
- Bonne journ�e. - Mais, vous ne pouvez...
Ce Dupin est un provocateur.
On dirait qu'il pense que l'un de nous a tu� Marie.
Peut-�tre que c'est le cas.
Mamie!
Dupin, je ne comprends pas. Vous soufflez le chaud, puis le froid.
Vous �tes exasp�rant!
Prenez le journal intime, par exemple. C'�tait une id�e de g�nie!
Toutes les jeunes filles ont un journal de nos jours, o� elles �crivent leurs secrets.
Comment avez-vous pu laisser la vieille vous emp�cher de le voir?
Du calme, Gobelin.
- Venez. - O� va-t-on maintenant?
- Dupin, allez-vous m'expliquer � la fin? - Soyez patient et suivez-moi.
Bon Dieu, Dupin, vous allez vous briser la nuque!
Ne me dites pas que le 2�me �tage vous fait peur, si?
Il n'y a pas de raison, mais...
C'est la chambre de Marie, c'est �a?
Eh bien, oui... Oh, je vois!
On va l'avoir ce journal, hein?
�a, c'est une autre histoire...
Qu'est-ce que vous attendez? Allons chercher le journal!
- Rien ne presse. Il va pas s'�chapper. - Oh Dupin, c'est pas le moment de plaisanter.
Je suis tr�s s�rieux.
- Dupin, j'ai une id�e! - Bien, il �tait temps, non?
Non, attendez, je suis s�rieux. On va tendre un pi�ge.
Vous voyez, l'assassin de Marie va vouloir r�cup�rer le journal pour le d�truire.
Et �a veut dire que le premier qui passera cette porte sera notre homme.
Mon cher Gobelin, vous �tes un g�nie.
Non, c'est intelligent, mais pas...
Quelqu'un arrive.
- Vous allez tout g�cher... - Je sais ce que je fais.
Eh bien, Monsieur!
Qu'est-ce que �a veut dire? Que faites-vous ici?
�a ne marche pas comme �a, Monsieur. C'est � moi de vous poser cette question.
Vous savez ce que je cherche. Le journal.
- Vous avouez? - Bien s�r.
Maintenant, je vous tiens.
Vous savez qu'il existe une loi contre les irr�gularit�s?
Madame ROGET, vous n'allez pas nous envoyer en prison pour si peu.
Pas vous, Dr Dupin.
Mais votre ami le Pr�fet... �a me tente bien.
Madame, nous �tions en train d'essayer de pi�ger l'assassin de Marie.
Et nous sommes tomb�s sur M. Beauvais qui cherchait le journal.
Et alors? Mme ROGET me l'a demand�.
- C'est vrai? - Bien s�r, pourquoi?
Bon, je crains qu'il y ait eu un petit malentendu, Monsieur.
Toutes mes excuses.
Maintenant, partez et ne nous emb�tez plus.
Un instant. Avant que vous ne partiez, je souhaiterais �claircir un petit d�tail.
Ce mouchoir... Mlle Camille, je crois que c'est le v�tre.
En effet, o� l'avez-vous trouv�?
La personne qui a tu� votre s�ur l'a laiss� sur place.
- Non...! - Vous n'allez pas accuser Camille?
Expliquez-vous.
Camille a pu apprendre ce que sa s�ur avait l'intention de faire.
Je ne sais pas de quoi vous parlez.
Mamie, que disent-ils � propos de Marie?
- Dois-je lui dire moi-m�me? - Je vais le faire.
J'ai voulu t'�viter de souffrir, ma ch�rie,
mais t�t ou tard tu l'aurais su.
Tu adorais Marie. Et elle... elle te d�testait.
- Je ne le crois pas. - �coute.
Tu �tais la pr�f�r�e de ton grand-p�re.
Aujourd'hui, tu es inscrite sur son testament.
Marie ne t'a jamais pardonn� pour �a.
Elle avait secr�tement pr�vu de te tuer.
Et j'ai demand� au Dr Dupin de te prot�ger d'elle.
Quelque chose a mal tourn� et elle a rencontr� le destin qui �tait cens� �tre le tien.
Je ne sais pas qui l'a tu�e, et �a m'est �gal.
Elle est morte, et je suis ravie.
Tu ne connaissais pas bien ta demi-s�ur et ce dont elle �tait capable.
Elle �tait consum�e par la haine et la jalousie,
�a la rendait folle. Elle a m�me cru que je la suivrai dans ses plans diaboliques.
Vous?
Quelque chose me dit, Dr Dupin, que Marcel
pourrait nous parler de ce mouchoir,
si vous le voulez bien.
M. Vignaux?
Oui... J'ai d� le laisser dans le jardin par m�garde.
Pendant que nous dansions, Camille m'a demand� de prendre son mouchoir.
Je l'ai mis dans ma poche.
Il a d� tomber quand... quand je l'ai tu�e.
- Marcel...! - Vous l'avez tu...
Je devais le faire pour te sauver la vie, Camille.
Ne vous attendez pas � ce qu'on vous croie, vous essayez juste de prot�ger Camille?
Je l'ai tu�e, je vous dis!
Elle m'aimait beaucoup, et elle croyait que je ferais n'importe quoi pour de l'argent.
Vous n'avez aucune id�e de qui elle �tait vraiment.
Je l'ai tu�e parce que je n'en pouvais plus!
Nous comprenons tr�s bien.
Et je ne le regrette m�me pas.
Pourquoi l'avoir d�figur�e?
Je ne me souviens pas avoir fait cela.
Non, bien s�r.
- Et vous vous �tes d�barrass� du corps en le jetant � l'eau? - Oui, je crois.
- Mais je ne suis pas s�r. - Vous comprendrez, Monsieur, que la justice suivra son cours.
- C'est la proc�dure, n'est ce pas? - Vous devez me suivre, vous �tes en �tat d'arrestation.
Tout ce que vous direz pourra �tre retenu contre vous.
- Je n'ai rien � cacher. - Vous en �tes certain?
Je vous ai tout dit. Que voulez-vous de plus?
Bien, Monsieur.
Et le 11 juillet, � 23h45, vous avez, par la force, �t� la vie de ladite Mlle Marie ROGET.
- Je demande la parole. - Monsieur le Ministre?
Compte-tenu des circonstances att�nuantes, cette affaire ne doit pas �tre jug�e.
Cette cour ne juge pas l'affaire.
Les charges sont en train d'�tre lues et l'accus� les �coute dans le box.
Ces formalit�s sont dict�es par la loi. Je ne peux rien faire contre cela.
Pourriez-vous, s'il vous pla�t, �viter d'interrompre la proc�dure?
L'accus� est inform�, par son avocat, que s'il souhaite que je juge son affaire,
il doit plaider non coupable, comme l'exige la loi.
- Que plaidez-vous? - Non coupable.
Gobelin, je veux que vous retiriez vos accusations.
- Quoi? - Faites ce que je vous dis...
... avant qu'il ne soit trop tard, ne posez pas de questions.
- C'en est trop! - On n'a pas beaucoup de temps...
- vous faites ce que je dis ou non? - Certainement pas!
- Tr�s bien. - O� allez-vous? Qu'allez-vous faire?
Voir son avocat. T�moigner en sa faveur.
- Vous �tes fou? - Vous feriez mieux de vous d�cider vite, Gobelin.
- Mais je ne peux pas... - Chut, �a suffit.
La Cour rappelle � l'accus� que la d�tention...
- Un instant, votre Honneur. - Oui, M. le Pr�fet?
L��tat retire ses accusations charges contre le pr�venu.
Vous avez une raison pour proc�der aussi �trangement, Monsieur?
Bien s�r, votre Honneur.
- Je dis quoi? - Dites n'importe quoi.
Que nous avons besoin de plus de temps pour pr�parer le dossier.
Je demande l'indulgence de la Cour, l��tat
n'est pas pr�t � pr�senter ses accusations.
Vous r�alisez que vous avez fait perdre un temps pr�cieux � la Cour?
Nous ne tol�rerons plus ce genre de pratiques � l'avenir.
La s�ance est lev�e!
Humili� en public. J'esp�re que vous �tes satisfait...
Tout est votre faute, Dupin!
Je ne voulais pas qu'un innocent soit jet� en prison.
Je voulais juste mettre les choses au clair, mais pour une raison qui m'�chappe, vous m'en voulez!
Vous m'avez offens�, Monsieur.
Et je vous tuerai, co�te que co�te.
Vous l'avez cherch�.
On aurait pu emp�cher cela, l�galement, mais en ce qui me concerne, qu'il vous tue!
- Il est s�r de lui, hein? - Qu'il va vous tuer?
Non, qu'il puisse s'en sortir si facilement.
Que voulez-vous dire par l�?
Vous pouvez me d�poser � la Pr�fecture.
Je doute fort que nous ayons � nouveau l'occasion de collaborer.
- Vous commencez � perdre confiance en moi, Gobelin. - Vous vous attendiez � quoi?
Vous �tes totalement impr�visible.
Marie dispara�t. On trouve un cadavre, que l'on identifie comme �tant Marie.
Puis elle r�appara�t, mais ne veut rien dire.
On me demande de prot�ger Camille.
Puis Marie est assassin�e.
Beauvais essaie d'�touffer l'affaire, la vieille essaie de l'oublier.
Les suspects sont Beauvais, la vieille, Marcel et Camille.
Mais maintenant que nous avons la version de Marcel, tout est clair.
A l'exception d'une chose: ce n'est pas un simple homicide, comme
le soutient Marcel, mais un meurtre de sang froid et pr�m�dit� .
Si vous dites qu'il y a pr�m�ditation, cela change tout � l'affaire.
- Vous essayez de m'embrouiller. - Au contraire.
Supposant que Marcel soit jug� et qu'il dise qu'il l'a fait pour prot�ger
Camille, quel jury le condamnera?
Ils l'acquitteront, mais...
S'il s'agit d'un meurtre de sang froid, pr�m�dit� et que nous
parvenons � le prouver plus tard, ils se paieront notre t�te.
Aucune loi ne pr�voit de juger 2 fois quelqu'un pour le m�me crime.
Exact...
�a vaut aussi pour Beauvais et Mme ROGET.
Ah, donc vous n'�tes pas s�r que c'�tait Marcel!
- C'est juste une supposition. - Oh, Dupin, vous allez m'achever!
Dites-moi, qu'esp�rez-vous trouver ici que nous ne sachions d�j�?
Voyons...
Nous sommes venus ici directement apr�s avoir entendu le cri, exact?
- Oui, oui... - Marcel est retourn� danser.
On aurait d� le croiser.
Ce n'est pas le cas, et �a prouve qu'il aurait tout fait pour ne croiser personne.
C'est clair... Mais Beauvais �tait l�. Beauvais pourrait �tre notre homme!
Attendez. Si Marcel avait tout planifi� pour retourner
dans la maison, cela prouverait la pr�m�ditation.
C'est �vident...
Il doit �tre bien plus intelligent que nous le pensons.
Mais comment a-t-il fait cela?
Vous �tes Marie. Je vous attrape.
Vous criez. Je cours jusqu'au fleuve et je vous y jette.
- Puis j'entends des bruits de pas. - C'�tait nous.
Je dois retourner dans la maison sans �tre vu.
Comment faire?
- Je cours vers la cabane � outils. - La cabane � outils?!
Oui, maintenant, restez l� et comptez jusqu'� 10.
- J'ai pas envie de jouer... - Faites-le, s'il vous pla�t.
...2, 4, 6, 8, 10.
Dupin, vous... Dupin, o� Diable �tes-vous?
Eh, vous!
- Oui, Monsieur. - Qu'avez-vous fait du Dr. Dupin?
Dr Dupin? Ah, l'autre gentleman. Il �tait avec vous, Monsieur.
Vous revenez du fleuve, vous y avez jeter quelque chose, j'ai entendu le bruit.
Oui, Monsieur, un caillou. Un gros caillou...
- Qu'avez-vous fait avec le Dr Dupin? - Je n'ai rien fait, Monsieur.
Je vous ai � l��il. Et on saura tr�s vite si vous dites la v�rit�.
Je vous arr�te.
Si on retrouve son corps dans le fleuve, je...
je vous �craserai de mes propres mains.
Je demande toute votre attention:
Vous vous souvenez d'o� nous avons trouv� le corps de Marie ROGET?
- Oui, Monsieur, sur la propri�t� de Mme De Luc. - Exactement.
Je veux que vous envoyiez imm�diatement 4 hommes l�-bas �quip�s pour y plonger.
- La nuit? - La nuit, oui! Utilisez vos lampes!
Br�lez la maison si vous le devez,
mais allez-y et trouvez le corps de Dupin.
Oh, pourquoi toute cette agitation?
Ne restez pas l� � me regarder comme des andouilles. Dehors!
Allez, sortez!
Le jardinier, vous voulez toujours l'interroger?
- Lib�rez-le, allez, faites ce que vous voulez. - Oui, Monsieur.
Pour ce que j'ai envie de vous faire,
on pourrait m'envoyer � la guillotine, et �a me rendrait heureux.
Pourquoi? Vous avez seulement organis� des recherches pour retrouver mon corps, non?
Vous et l'affaire ROGET me faites tourner en rond!
- O� �tiez-vous? - Je go�tais le vin.
- Vous go�tiez le vin! - Oui, et je vous ai apport� un cadeau.
Une bouteille de Napol�on,
le meilleur cognac de la cave des De Luc.
Est-ce que vous comprenez que...?
Un Napol�on de 25 ans d'�ge...
Vous r�alisez que c'est la meilleure liqueur du monde?
Dans la cave des De Luc?
Vous �tes un fin limier, Gobelin, rien ne vous �chappe, hein?
Allez-vous enfin me dire ce que vous faisiez dans la cave � vin des De Luc?
Si vous vous �tiez donn� la peine de regarder mieux, vous auriez d�couvert
une trappe qui m�ne � la cave, puis ensuite dans la maison.
Comprenez que j'�tais un peu nerveux!
Je pensais que ce qui m'arriverait ne vous importait pas, j'ai d�cid� de vous tester!
De jouer avec moi, vous voulez dire.
Au moins, vous avez d�couvert comment Marcel a pu se volatiliser.
- Si c'�tait bien Marcel. - Ah, non. �a suffit, j'en suis convaincu.
Je vais l'envoyer devant les juges, et l'accuser de meurtre avec pr�m�ditation.
Vous voulez tout g�cher?
C'est notre parole contre la sienne. Tout va en sa faveur.
- Eh bien, nous allons prendre le risque. - Non, parce que je ne vous laisserai pas faire.
- Nous n'avons aucune autre alternative. - Bien s�r que si.
Je vous jure que si vous ne me dites pas exactement ce que vous
avez en t�te, je ne r�ponds plus de mes actes.
Tr�s bien, je vais vous dire �a:
Je suis all� voir Mme ROGET,
Marcel, Beauvais et Camille ensemble.
- Et? - J'ai pos� un pi�ge.
- Quel genre de pi�ge? - Je peux pas vous dire, j'ai du travail.
- Ils arrivent. - Dr Dupin nous a ordonn� de les suivre.
Le cocher sait ce qu'il a � faire.
On nous suit.
�a doit �tre Dupin, je me demande ce qu'il manigance maintenant?
- Vous ne le savez pas, Marcel? - Non. Je n'ai rien � cacher.
On ne va pas discuter. Dites au cocher d'acc�l�rer.
Plus vite, cocher!
Regardez, ils ont mis les gaz devant.
Il ne faut pas qu'on les perde Plus vite!
Plus vite!
On a bien eu ce Dupin, peu importe ce qu'il trame, vous ne trouvez pas?
Oui.
- Bonne soir�e. - A demain, au Minist�re.
- Dupin! Dupin! - Qu'est-ce qu'il y a Gobelin? Vous ne voyez pas que je suis occup�?
- Vous allez vouloir voir �a. - Oh, exactement ce que je pensais...
L'exp�rience peut attendre...
- Absolument pas. Vous seriez heureux de savoir... - Pouvez-vous m'�couter une minute?
Scotland Yard vient de m'informer qu'ils ont identifi� le 1er cadavre. Et...
C'est la femme de Marcel Vignaux.
- Et comment savez-vous cela? - J'ai toujours su qu'il y avait un lien entre les 2 meurtres,
comme les maillons d'une cha�ne.
Il l'a �pous� � Londres il y a des ann�es, puis il l'a laiss�e tomber.
Elle est venue ici, a menac� de faire capoter ses plans, donc il l'a tu�e.
Il l'a d�figur�e, esp�rant qu'on ne l'identifierait pas.
Pourquoi ne pas m�avoir dit tout �a?
Parce que vous avez l'habitude d'aller plus vite que la musique.
Vous auriez tout de suite arr�t� Marcel et �a aurait �t� moins dr�le.
Vraiment, Dupin, un meurtre n'a rien de dr�le.
Vous avez raison, Gobelin, vous avez raison
Mais nous n'avons aucune certitude que Marcel ait aussi tu� Marie.
�a aurait pu �tre Beauvais, la vieille ou m�me Camille.
On en sera s�r ce soir.
Pourquoi ce soir?
- Dr Dupin, ils nous ont sem�s! - Qui donc?
- M. Beauvais et M. Vignaux. - De quoi parlent-ils?
Ne perdez pas de temps � poser des questions. Allons-y!
- Mais o� allons-nous? - Chez Mme ROGET.
C'est une question de vie ou de mort.
Pourquoi? Attendez, Dupin...! Expliquez-moi...!
Une question de vie ou de mort, vous avez dit?
Oui, et j'ai envie de me botter les fesses d'avoir mis Camille en danger.
Camille...? Oh, ne vous pr�occupez pas de moi, je profite juste du cocher.
Excusez-moi, Gobelin, je voulais vous le dire...
Quand j'ai quitt� le jardin des De Luc, je suis all� chez Mme ROGET.
Beauvais et Marcel �taient l�.
J'ai accus� Camille d'avoir le journal de Marie et de savoir ce qu'il contenait.
Je lui ai laiss� jusqu'� ce matin pour se rendre, ou elle serait accus� de complicit� de meurtre.
Ah! Et vous vouliez savoir lequel des deux,
entre Beauvais et Marcel, reviendrait chercher le journal?!
Exactement. Le pire est qu'il n'y avait aucun journal.
Quoi?
Tu es s�re que tu n'as pas le journal?
Pour la derni�re fois, Mamie, je ne savais m�me pas que Marie avait un journal.
Ce Dupin est sacr�ment rus�!
Bonne nuit, ma ch�rie.
Bonne nuit, Mamie.
Vous voyez, Gobelin, Marie avait un profil de criminelle.
- Marie ROGET, une criminelle? - J'avais moi aussi du mal � y croire.
Mais j'avais des soup�ons, donc j'ai appel�
le professeur Valtour, de l'Institut m�dico-l�gal.
Ce soir, j'ai v�rifi� ses analyses, et il n'y a plus aucun doute:
Marie ROGET avait l'esprit tortur� d'une criminelle confirm�e.
Mais qu'est-ce que �a a � voir avec le journal?
Vous ne comprenez pas? Un criminel n'�crit pas de journal.
S'il tombait entre les mains de la police, ce serait tr�s g�nant.
Oh, mais bien s�r, je vois ce que vous voulez faire.
L'assassin de Marie ignore qu'il n'y a pas de journal,
et il va revenir pour essayer de le prendre � Camille.
Exactement, et si c'est trop tard, je ne me le pardonnerai jamais.
Plus vite! Plus vite!
On va s'envoler maintenant...
Marcel Vignaux.
- �a va, vous �tes bien install�? - Oui, merci.
- Vous ne feriez pas mieux d'aller vous reposer? - Oh, je vais bien maintenant.
A partir de maintenant, tu ferais mieux d'�couter le docteur.
Ce que je ne m'explique pas: Quand avez-vous su
que c'�tait Marcel?
Le soir, chez les De Luc, quand il a essay� de vous empoisonner, vous et le Dr Dupin.
- Nous empoisonner? - Oui.
M. Beauvais a vu Marcel mettre quelque chose dans nos verres.
Il les a enlev�s et me les a apport�s pour que je les analyse.
- Et vous savez le reste. - Pourquoi vous ne me l'avez pas dit?
Parce que vous ne me faisiez pas autant confiance que M. Beauvais.
- Oh Dieu du Ciel... - Gobelin, cependant,
vous avez men� cette enqu�te avec une grande intelligence.
- Oh, M. le Ministre... - Qu'est-ce qu'il a fait, lui?
- Madame, vous oubliez que j'ai... - Oh, asseyez-vous.
Merci...
Trad. Mme Karloff
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