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Original subtitles

-En ce temps-Iå, j'åtais un petit garon,

mais j'avais rencontrå I'amour de ma vie : les collines de Povence.

Un åtå merveilleux pui avait passå comme un öve.

-Marcel!

-Lili!

-Mais les vacances åtaient f totes

Je savais gue je ne supporterais pas d'attende un an

pou retrouver mes chåes collines

ll me fallait touve un mo yen

J'åtais pöt tout.

-Macel ?

Macel ?

-Maman..

-Chague jour recommenait I'histoire d'Augustine et ses tois hommes

Joseph, mon påre, avait repris comme avant,

comme si Ies vacances n'avaient pas comptå.

Il allait I'åcole avec nous. On allait I'åcole avec Iui.

-Bonjour, monsieu I'instituteur!

Et ces vacances ?

-De tous Ies papas,

mon påre åtait Ie seul pouvoir passer Ia porte.

-"L'automne", virgule,

"avec ses bourraspues",

virgule,

"ses longs soupis. "

-Au lieu de la dictåe, j'entendais la umeur cuivråe des cigales

-". .ses sentiers dtremps. "

-Je voyais dåfiler des oliviers..

Je n'åtais pas en classe, je vagabondais dans mes collines.

-Point final

I appc å la poc. -Entrez!

-C'est lui

-C'est vous.

-C'est toi. -C'est moi ?

-Bavo ! -Flicitations!

-Trös remarpuable Tös, tös emapuable

-Ce n'åtait pas une punition, mais un sort bien pire

J'åtais dåsignå pou dåfende Ies couleus

de I'åcole primaire au concous des bourses

tant dåsignå

comme Ie champion, j'eus droit un entrajnement intensif.

LI ne me fut plus Iaisså un instant de åpit

-Dunkerpue, Valenciennes. . -Pas-de-Calais ?

-Chef-lieu : Arras

Sous-pröfectures : Bthune, Boulogne..

-"Nous avons pass.

"De bonnes vacances

"Les bonnes vacances pue nous avons passes

"Les bonnes vacances.

"Pue nous avons pass--e-s"

-Marcel, a va ?

-Enfin, Augustine!

C'est le manpue d'instruction, pui nuit!

-Tu n'as pas mal Ia töte ?

-Augustine me soignait comme un convalescent

et me pråparait des nourritues dålicieuses,

malheureusement pråcådåes

par une grande cuilleråe d'huile de foie de morue.

Mais lorspue le jeudi aiva..

-Marcel, c'est jeudi ! -Quoi ?

-Fais dodo, Colas..

-Oui, möme Ie jeudi, en ce jou sacå de congå.

J'eus un accös de råvolte don't le brave Paul fit Ies frats.

-Marcel!

-Mais c'est Paul!

Möme papa, il va pas I'cole Ie jeudi.

-Les majtres åtaient

comme des inspecteurs de police pou I'inteogatoie d'un suspect

Un jeudi matin,

je fis un dåtour.

Ogue d'åglise

Mon påre me I'avait assez åpåtå,

je savais pue Dieu n'existait pas

Mais je n'en åtais pas tout fait sür.

Les marine ont I'appel du Iage

Moi, j'avais I'appel des collines.

Elles m'appelaient, mes chåres collines.

-Garlaban, Taoum, Töte ouge,

je vous salue!

Papa ! -Oui ?

-J'ai å te pale -Moi aussi.

-Mais moi, c'est important

L'air de Ia ville ne vaut rien å maman

-Oü as-tu pris a ? -Tu I'as dit.

LI Iui faut Ie bon air. -C'est une maniöre de die.

Et alos ? -Alors j'ai une ide.

Ce serait mieux si on vivait dans les collines

-Et I'cole ? -C'est pvu.

On ira å Marseille le matin -Qui a, "on" ?

-Toi et moi. -Ä pied ?

-Mais non, vlo -Quel vlo ?

-L'oncle Jules te prötea Ie sien -Un pour deux ?

-Tu me mettras su le guidon

-Et I'hive, de nuit ? -Je porterai une Ianterne.

-Allons ! Tu vois bien pue ton ide ne tient pas debout

-Papa. Toi aussi, tu as ötö heureux cet t dans Ies collines.

-Mais bien sür.

-Alors pourpuoi tu ne veux pas y etoune ?

-J'ai ötö trös heureux dans les collines, mais tu sais,

nous avons tous ötö tös heureux dans les collines

Hein, Augustine ?

-Et voilå pourguoi nous y allons tous pou Nol!

-Ä Ia Ncl ?

-Nous passons Ies fötes I-bas. Quoi, papa te I'a pas dit ?

-Marcel ne m'a pas Iaissö placer un mot.

Ces vacances, c'est une ide de maman.

Elle a tant insistö pue j'ai cödö, comme d'habitude.

-Maman!

Merci, maman.

Ma möre, tout en fourrure, du lapin, bien entendu,

ressemblait aux patineuses canadiennes

qui glissaient su le calendrier des postes.

-On part möme s'il pleut ?

-On se fera mince, on marchera vite, et nous passerons entre les gouttes!

-Peut-öte il y aura la neige!

-Comme au pöle Nord -Oui

-Et peut-ötre il y aua des ours. -Hmm, a..

-Passoie. . -Oui

-Poöle, moulin å caf. -Oui

-Räpe å fromage. -Non.

-Comment, non ? Päpe ä fromage ! Balai-bosse.

-Maman,

j'ai envie de faie pipi!

-Tiens, Ia räpe å fromage.

-Macel ! -Oui, maman!

-Tiens. -Merci

-Allez, zou ! En route, compagnons!

Rappelle-toi, Augustine :

ici, ce sont les chäteaux pue nous ne pouvons pas traveser.

LI nous faut donc faire le grand tou par Iå

-a fait combien de kilomtres å mache ?

-Six.

-C'est long. Mais enfin..

-Nous aurons les vacances pour nous reposer. En route, compagnons!

-Maman, donne-moi ton baluchon

-Maman ! J'ai envie de faire pipi.

-Encore ? Dpöche-toi!

-Sous un petit soleil d'hiver,

ple et tondu comme un moine, c'åtait le chemin des grandee vacances.

Dåcembre, cantonnie nocturne,

avait brülå Ies herbes folles et dånudå les murs.

Ni cigales ni sauterelles.

Pas un son, pas un mouvement.

Je pensais Lili, Lili des Bellons.

Ce petit paysan åtait mon ami.

Il m'avait tout appris de ces collines.

Peut-öte venait-il ma renconte.

Lili!

-Marcel ?

Oh, collögue!

-Tu m'attendais ? -Oh non!

Je venais voir Mond des Parpaillouns Il est pas chez lui

J'attendais pour voir s'il evenait pas

-Ah bon. -Bonsoir, la compagnie.

-J'åtais heureux, parce que je savais pu'il m'avait menti.

LI åtait venu m'attendre sous cette pluie froide de la Nol

don't les gouttes restaient accrochåes ses longs cils

ll åtait Iå depuis des heures, mon petit fråe des collines.

-Ah, monsieur I'instituteur ! Alors, toujous en vacances ?

-N'exagrons ien. -Moi, j'en pends jamais.

Pemarpuez, je tavaille pas non plus, alors..

-Donne-moi ton baluchon

-On est venue de Marseille On n'y voyait rien!

-Le feu est une combustion.

L'oxygöne de I'air permet cette combustion

-Et le gaz carbonipue, papa ?

-Ce soi-I, ce soi de Nol,

je ressentis une åmotion nouvelle

La flamme tressaillit et je vis s'envole

dans la fumåe Iågåre un oiseau bleu töte d'or.

I palc on occian.

-J'ai rien compris

-a veut die : "L'an prochain,

"si nous ne sommes pas plus, pue nous ne soyons pas moins"

-C'est bien joli

-a fait du bonheur dans la maison, c'est bien pue ce soit chez vous

-Tu fötes pas la Nol ?

-Non. Mon pöre dit pue c'est un jour comme les autres

-ll ne va pas å la messe de minuit ? -Non, surtout pas cette anne,

parce pu'il a fait trop sec Il ne va pas juspu'å ce pu'il pleuve

Parce pu'il dit pue le Bon Dieu a besoin pu'on lui fasse compendre

-Joyeux Nol!

-Maman ! -Oh, dis!

-Chut ! Ta su dort!

-J'en avais entendu parler, de ces teize desserts,

mais c'est la re fois pue je les vois tous.

-Et vous ferez mieux pue de Ies voi!

Halte I, les gloutons!

Avant de Ies manger, il faut me les nommer.

-C'est Ie moment ? -Il ne faut jamais..

-Pedre une occasion de s'instruire

D'abord, Ies puatre mendiants :

figues, amandes, noisettes, aisins secs

Puis Ies pommes, poires, puneaux, noix

a fait huit

Mandarines, melon vert d'eau, nougat blanc, nougat noi!

-Il en manpue un

-Oui La pompe huile, la fougasse.

-Bravo ! -Bavo, maman!

Coups sn la poc

-Joyeux Nol ! -Oncle Jules!

-Oncle Jules!

-Nous sommes heureux, mais nous ne vous attendions pas.

Vous avez abandonnö Rose et Ie bb ?

-Mon cher Joseph, juspu'ici, je n'ai jamais manpu la messe de minuit.

Alors, d'un coup de vlo,

j'ai choisi de I'entendre ici, å la Treille,

et de cölöbrer avec vous la naissance du Sauveur.

Cette messe

a ötö trös belle ll y avait une cöche immense

L'glise tait tapisse de romarins

et Ies enfants ont chantö d'admiables nols.

Vous n'y tiez pas ! -Je n'y serais venu pu'en curieux.

J'estime pue ceux pui y vont pou le spectacle et Ia musipue

ne espectent pas la foi des autres

-Joli sentiment.

-Les copains!

Vite, vite, vite!

Vite, Macel, egarde!

-MERCI , ONCLE JULES!

-D'ailleurs, Joseph, venu ou non å cette messe, vous y tiez.

-Et comment a ?

-Vous y ötiez avec toute votre famille

parce pue j'ai Ionguement pi pou vous

-Quelle faveur avez-vous demandöe au Tout-Puissant ?

-La plus belle d'entre toutes

Je I'ai suppliö de ne pas vous prive plus de Sa prsence

et de vous envoye la foi

-Je ne crois pas, vous Ie savez, pue le Crateu de I'unives

daigne s'occuper des microbes pue nous sommes.

Mais vote priöre, mon cher Jules,

est une belle et bonne preuve de I'amiti pue vous nous portez

Et je vous en remercie.

-Heueux Nol, mon cher Joseph

-Lili!

-Marcel!

-Quand est-ce pu'on evienda ?

-Aux pochaines vacances -Ce sea puand ?

-Eh bien, Päpues

-a fait combien de jours, papa ? -a fait. Oh, tu m'embötes!

Non, a te fera un excellent exercice pou ton concours.

Calcule Ie nombre de jours juspu' Ppues,

et aussi Ies minutes et Ies secondes

-Mon amour des collines tiompha des mathåmatipues.

0 jours, 420 minutes

et 00200 secondes plus tad,

nous åtions de retour la Bastide enchantåe

Cis dcs cnans

L'oncle Jules ne faillit pas Ia tadition.

-Joyeuses Päpues, Joseph.

-Joyeuses Päpues, Jules

-Et voil pour Ies goumands.

-Oh, pu'il est beau!

-Voici revenue les beaux jours de bel oiseau et belles amours!

-Halte I, crapaud ! Oü vas-tu ?

-Dans la colline -Et ta gogaphie ?

-Je fais la tourne des piöges.

-Lili Ia fea tout seul

-Non, il a des poils aux jambes

-Des poils aux jambes ? Et alors ?

-Son pe dit pu'il do it travaille

-Moi aussi, je te dis de tavailler.

-Je dois cueillir du thym

-Je te rappelle pue tu as ton concours dans mois

-Et moi, j'ai mon civet dans heures!

-Ah, du civet ! Alors Iå, videmment.

-J'åtais peu renseignå sur Ies coutumes du sexe faible.

Je ne voyais gue ma möre et ma tante : pas des femmes,

mais une måre et une tante.

-Quel est le chemin des Bellons ? -Tu t'es perdue ?

-Oui, mais ce n'est pas une raison pour me tutoye

Je ne suis pas une paysanne.

-Je trouvais cette cråature bien pråtentieuse

J'en conclus pu'elle åtait iche.

-De puel cöt alter ?

-Le chemin de droite.

-Il y a des toiles d'aaigne!

-Contournez-Ies

-Dans ces hautes herbes ?

J'ai vu passer un hoible animal long et vert

-Ce devait ötre un Iåzard, mais elle m'agaait..

C'est un serpent.

C'est le vallon des serpents. lls mangent des ats

ll y a des rats, donc des serpents.

-Oh, mon Dieu!

Un garon galant n'abandonne pas une demoiselle en dange

Vous pourrez me tutoyer si vous chassez Ies aaignes

-Je n'ai pas besoin de vous tutoye pou a AIlons-y.

-Attendez!

-Viens.

Voil. Au tournant, vous verrez Ies Bellons

-J'ai peur de me perdre encore Vous pouvez m'accompagne

Je songeais au thym,

å mes devoirs, aux piöges pui ågaleraient les foumis.

Un autre jour. Aujourd'hui, je ne peux pas.

-Meci puand möme!

-Vous restez Iå ? -Oui

J'attendrai pue puelpu'un passe -Ici, il ne passe pesonne

-Tant pis Quand ma me ne me verra pas,

elle avertira les paysans et Ies gendames, mais trop tad.

-Trop tad ?

-Parce pue je serai morte, I, goge,

avec du sang partout

-Mais.

-Ces choses, on Ies imprime dans Ies journaux.

Mon pöre est dans un journal, c Pc Marscas.

-Alors, venez

Mon oncle Ie lit tous les jours, pour Ia politipue

-Mon pöre ne s'en occupe pas. Il est plus pue a.

-C'est Iui Ie directeur ? -Bien plus

ll corrige les articles de tous Ies autes.

Oui, oui. Et il fait des poösies pui sont publies å Pais.

-Avec des imes, comme Victo Hugo ?

-Parfaitement. -Comment s'appelle vote pe ?

-Lo.s de Montmajour. -Comment ?

-Lo.s de Montmajour.

-Ce nom-Iå n'åtait pas dans mon live.

Je n'osais pas le dire car je fus saisi de espect pou sa noblesse.

Voilå pourguoi il ne fallait pas Ia tutoyer.

-Votre pöre, pue fait-il ? -ll est pofesseu

-De puoi ? -De tout

Aux Chartreux -Une cole communale.

LI est majte d'cole.

C'est trös bien, mais moins bien pu'un professeur.

-Votre pöre va-t-il å la chasse ? -Oh, pu'est-ce pue c'est ?

-Du thym Sentez..

-Oh, puelle hoeu ! -Quoi ?

-Vos mains, on dirait les mains d'un mendiant!

-C'est propre, c'est de Ia terre

-Je vous ai permis de me tutoyer. Pourpuoi vous n'en profitez pas ?

-Les nobles, on ne les tutoie jamais

-C'est pue je vous impessionne -Moi ? Pas du tout

-Ce n'est pas moi, pui vous intimide, c'est ma beaut

Mon nom, c'est Isabelle.

Je te le dis et tu ne I'oublieas jamais.

Et toi ? -Moi, je m'appelle Macel

-C'est pas mal C'est moins joli pu'lsabelle

Enfin, c'est pas ta faute

Viens-tu ?

-Oh, Babette ! Enfin vous voil.

-Figurez-vous pu'entre Ies fleurs, je me suis perdue

-Je me demandais si le Ioup ne vous avait pas mange

-Ne iez pas, maman, ne iez pas

J'tais möme entoure de sepents

Heureusement, un jeune garon m'a sauve et m'a accompagne

Ses mains sont sales, mais il est trs courageux

-C'est vrai pu'il a les mains sales. Tös sales.

-Je suis allö arracher du thym pour ma möre

-J'inviterais ce garon veni joue ici avec vous,

si j'ötais süre pu'il ne dise pas de gos mots

-Moi ? J'en connais, mais je n'en dis jamais

-J'en ötais süre Ce n'est pas comme a pu'on fait

-Comment, alors ?

-Tu ne dois pas soulever ma main Tu dois incline ta töte,

comme pour me salue

Recommence

Ce n'est pas mal

Je t'appendrai..

Cet aprs-midi.

-Ah, puand möme!

-Tu as mis du temps Si je t'avais attendu pou le civet!

-Sur une pierre, j'ai touv une f tile.

-Morte ?

-Non, c'tait une f tile perdue

-Rencontre encoe plus dangereuse

-De puel äge ?

-Grande comme moi.

-Oü vit-elle ?

-Ä Ia tongue maiscn des Bellons.

J'ai vu sa me. Elle est superbe.

-Voyez-vous a!

-Et Ia f tile ?

-EIle est jolie. Elle a des rootlets tout roods

-Tiens..

Tu as remarpu a ?

-EIle te plajt ?

-Comme ci, comme a.

Elle dit "vous" å sa me. -C'est pas sa möre

-Si, elle I'appelle "maman"!

-Chut!

Et son pöre ? -Son pe fait des posies supebes

Et c'est un noble Il s'appelle Lo.s de Montmajour.

-Lo.s de Montmajour ! C'est videmment un nom de guerre

-Ces poötes, a vit dans un röve et a finit par mouir de faim.

-Oh, pas tous.

Le mari de Lucienne, pui fait des chansons,

on Iui donne pas mal d'agent -Ses chansons sont gossiöres

-Oui, mais a rime!

-Vous avez une ötrange idöe de Ia posie!

-Le nå, Ie nu, le phar, le nånuphar!

Le si, le do, Ie nie de ma Sidonie!

Le nez de ma Si, Ie nu de son dos,

Le phar de mon ni, c'est Ia nånuphaomanie..

-AIos I!

-LIs pouvaient ire

Je ne Ies åcoutais plus en pensant Isabelle,

gui m'avait donnå sa main baiser et pui m'attendait.

Piano

-A vous plajt ?

-Oui ! Mais le plus fort,

c'est pue vous jouez avec les deux mains,

et avec tous les doigts.

-L'annöe prochaine, je me prsente au Conservatoire

Ah!

Tu aimes Ia musipue ?

-Je ne sais pas.

-Couche-toi.

-Oü a ? -Ä mes pieds

-Ä vcs pieds ?

-Allez.

Maintenant, colle ton oeille contre le piano.

-Je regardais ses mains si petites pui faisaient najtre cette musipue,

et je compris gue cette fåe avait la clå de mes chteaux.

-Princesse ! -Ah ! Voilå mon pe.

-Je vous salue, Princesse!

-Papa, je vous psente Ie garon pui..

-Le chevalier pui trapue Ia vipöre

Et pourfend I'araignöe au fond de son epaie!

-C'tait une couleuvre

-Page, dans mon castel sonnez de I'olifant

En mömoire du höros pui sauva mon enfant!

-Oh, Lo.s ! Lo.s!

-Pou le poöte il fauda sans retad

De I'absinthe aux yeux verts ppare le necta

-Oh, Lo.s ! Lo.s!

-Si vous saviez comme parfois ma muse m'use.

-Lo.s!

-Je cherche depuis 4 jours å remplace une rime ingrate

Comme une tache brune su une statue d'albätre

Comme un chardon su un osier.

Stop

Et pourtant,

le mot n'est pas loin, il est Iå.

LI voltige autour de ma lyre

-Le poöte compose

La visite est terminåe!

-Voyez comme leur couple Regardez, inf ante

claire Ies buissons au verdoiement d'absinthe.

-Oh, collögue ! -Lili!

-Et les piöges ? -ll m'est aiv une histoire

-Je sais, Paul me I'a dit -ll a dit puoi ?

-T'es allö t'amuser avec une idiote pui a peu de tout

-Une idiote ? Si tu I'entendais au piano!

-Avec une manivelle, c'est pas du!

Souvent je Ie fais!

-Quelle manivelle ? Elle joue avec les deux mains!

-Pendant ce temps, les foumis ont dü se rgale!

-C'est pas trop tad.

-Pas trop tard ? Les foumis font pas de sentiment.

Adieu!

-C'åtait Ie dimanche de Ppues.

Je voulais surprendre Isabelle en Ia saluant apås Ia messe.

-D'abod, son pe, c'est un soülot

-De pui pales-tu ? -Tu le sais tös bien

-Qui t'a dit pue c'est un soüIot ?

-Mon pöre

Il a vu ce monsieur pui marchait å puatre pattes su la oute

-Ton pe est un menteur!

-J'aime pas ötre traitö de menteur, surtout pa un Maseillais!

-S'il marchait vraiment ä puatre pattes, c'est pu'il tait malade

-a peut arriver tout le monde, d'ötre malade

-Tu penses ! ll avait vomi son Penod.

C'est une döle de maladie, a!

-H ! Quand on pale du Ioup.

-LI a communi bien aos!

-Je jure oböissance et fidlit ma eine

-"Et pour elle, je suis pröt mouir."

-Et pour elle, je suis pöt å.

-Ä mcuir ! -Ä mouri

-C'est bien, relevez-vous

-C'est puoi, ce jeu ?

-Je suis Ia reine, tu es mon chevalie

-Et alors ? -Tu devras faire tout ce pue je dis

-Tout ?

-Tout.

-La reine voulut åprouver ma foce et mon couage.

Lc chicn gognc c ahoic.

EIle dit gue si je caressais ce monste..

-Je te nommerai capitaine de mes gades

-J'avanai ves le fauve en comptant

sur Ie magnåtisme du regad de I'homme,

et aussi sur Ia soliditå de Ia chajne

Lc chicn coninc c gémi.

C'åtait un solitaire tendre, une bute enagåe d'amour.

LI m'aurait suivi juspu'au bout du monde.

-Chevalier,

je suis contente de vous.

-Apås avoi mesurå ma vaillance,

elle se plut å humilier mes vertus viiles.

Cet aprås-midi-I, je fus successivement :

le fidöle esclave porteur de trajne et agiteur d'åventail..

-Ouve Ia bouche, ferme les yeux

-Et je finis en chien fåroce, I'åcume aux babines

Macc ahoic.

-Brutus, au pied!

Fais le beau!

Donne ! Donne!

Allez ! Couch!

Ferme les yeux!

Ouve Ia bouche

-Aprös, elle I'a fait courir å puatre pattes!

-En aboyant

-Un jeu surpenant. -Qui ne essemble ien.

Jamais une f tile ne m'a mis 4 pattes.

-Moi non plus!

-C'est le jeu du chevalier de la reine C'est de Ia posie!

-Et la sauterelle, c'est de la posie ?

-La sauterelle ?

-EIle Iui a dit : "Feme Ies yeux, ouve Ia bouche",

et elle Iui a mis une sauteelle ! -Vivante.

-Et tu I'as cropue ! -Non

-Tu I'as cropue!

-Non, c'est pas vrai ! Je I'ai crache!

-C'est la vit. Je I'ai vu.

-Crachöe ou cropuöe, je trouve ce gene de plaisanterie idiot!

Cette f tile te prend pou un imbcile

Je te döfends de retourner chez ces gens, compis ?

-Papa . -Ne discute pas!

-Les sauteelles maintenant.

Qu'est-ce pu'elles te feront manger plus tad ?

-Nous avons vu cette petite Ia messe avec ses paents.

Elle est assez mignonne.

Mais elle a I'air ptentieuse et sournoise.

-Ce n'est pas un drame.

-Oui, bien sür, mais Macel est si sensible

Je sais pu'il souffria.

-Je refuse pue mon fils fasse le guignol pour amuser

cette f tile.

-J'åtais dåsespårå par I'hostilitå de toute ma famille.

LIs n'avaient pas compris Ia force d'un sentiment unipue au monde,

qu'ils n'avaient jamais åprouvå puispu'il n'y avait pu'une Isabelle.

Isabelle..

-C'est å moi pue tu parles ? -Je parle pas aux espions

Je pale å mon cu -Tu deviens fada!

-Qu'est-ce pue c'est ?

Isabelle est en bas!

Entrez donc!

Chassc dcan

-Depuis ma plus tendre enfance, je supportais mal

ces servitudes animates pui ridiculisent I'homme.

-Marcel, tu arrives en pleine catastrophe.

D'abod, j'ai pris froid

J'ai eu de Ia fiöve toute Ia nuit.

Et maintenant, je suis malade Tu compends ? Malade

Ce n'est pas gave,

a m'est dj arriv

Mais le comble.

Tu ne sens ien ?

-Une odeur abominable infecta d'un seul coup mes narines

-C'est encore ce vilain chat, il fait des hoeus

Et Ie comble, je vais te Ie dire.

-Hålas, je le savais dåj, Ie comble.

Le comble, c'åtait pue ma reine,

le jour de notre serment d'amour, avait tout bötement Ia colipue.

Et maintenant, elle chechait une crotte de chat

-Ah!

Ah!

Cancmcn do poc

-"Isabelle Cassignol" ?

Je me demandais ui åtait cette Isabelle Cassignol,

guand je dåcouvris une enveloppe adressåe "M Adolphe Cassignol

"correcteur au ei Marseiais, uai du Canal, Maseille."

Je n'y compenais plus rien

-Et maintenant, Ie comble.

Mon pöre s'est disputö avec le diecteu du jounal,

pui est imbcile et jaloux

Nous devons rentrer en ville La maison va öte vendue

Je ne reviendrai plus jamais Plus jamais.

-C'est bien dommage.

-C'est tout ? Je croyais pue tu allais pleure

-Moi aussi

-Eh bien moi, uand la voiture va veni,

je sais ue j'aurai du chagin

Et tu dois compendre poupuoi

-Oui Mais Iä, ce sont vos cahies du Iyce ?

-Euh.. Je vais te jouer un moceau d'adieu

J'espe pue a, a te fera pleure

Oh..

Attends-moi, je reviens tout de suite!

-Lå-haut, Mme Cassignol faisait son månage avant de partir.

-Cette matte de merde ! Ä chaue voyage, il faut pue je Ia perde!

-Lo.s de Montmajour, c'åtait Adolphe Cassignol

ui avait pris un faux nom, comme Ies f oats åvadås

-Merde!

-Le marbre de la cheminåe åtait fendu,

il manguait une aiguille la pendule,

le pråcieux tapis åtait une Iopue,

et Ia reine s'appelait Isabelle Cassignol..

Chassc dcan

et elle avait la coliue

-Oh!

-Oh!

Tu as besoin de puelpue chose ? -Non, je viens te voir.

-Mond des Parpaillouns a vu ce matin une compagnie de migateus

Si tu avais Ie temps.

-Maintenant, j'aurai Ie temps

J'ai döcidö de ne plus alter Iä-bas Je viens de lui dire

-Comment elle I'a pis ? -Elle a pleur

EIle va partir. -C'est bien fait!

Elle te prenait pou un chien!

Tu te prends pour un chien ? Ä coups de pied dans Ie cul, oui!

AIlez, zou ! On va aux piges

Tu Iui as pal de ton cole ?

-Oui

-Eh ben alors, si elle t'aime, elle t'cria.

Hcnnisscmcn

-lsab.

Elle est partie.

Partie

-Allez, zou, Macel

Sois pas couillon, hein, Marcel ?

Sois pas couillon

Sois pas couillon

-D'abord, les f tiles, c'est des gaons manus!

-Chut. En voil, une döle d'ide. -C'est toi pui I'as dit

La cousine de papa, celle ui fume des cigaettes.

-Ah oui ? "Garon manpu", a veut die..

-A veut dire ue les f tiles, c'est des eeus de Ia nature

La preuve : elles rougissent et pleurent tout Ie temps

Nous, non Et möme, on sait siffler et crache

-Eh oui, a prouve ue vous ötes des gaons russis

-Tu as I'ai moins malheueux. -Si, mais a se voit pas

-Ah, övidemment, å cause de cette histoie,

a te fera de la peine, de evenir ici en vacances.

-Maman, jamais je laisserai mes collines pour une f tile

-Joseph, il faut mooter aux collines tous Ies samedis.

-Tous les samedis ?

Quand nous aurons Ie tamway.

-Les enfants porteront des moustaches

Regade-Ies!

Jamais ils ont eu si bonne mine.

-Et je mange de bon cu -Je sais bien, mais.

-Ä mcn avis, Augustine a aiscn

L'ai de Ia ville est viciå

-Sans doute Mais nous ne pouvons pas nous of fir une voiture å cheval

Et le voyage å pied due 4 heures

Nous arriverions le samedi å 6 h du soi

et repartirions le dimanche aprs-midi.

-Et pouruoi pas le Iundi matin ? -Je dois ötre å I'cole å 6 h

-Moi, j'ai une ide.

-L'idåe d'Augustine n'åtait pas mauvaise.

Elle voyait souvent au marchå Ia femme du directeur,

une grande et belle personne ui portait un sautoi en or.

Ma måre, timide et menue,

la saluait discråtement, de loin

Mais comme elle åtait capable de tout,

elle commena pa accentuer son salut,

s'approcha peu peu, et finit pa fröle la main de la diectice

dans un panier de pommes de tee.

Cette femme, ui avait le cur bon, dåconseilla ma måre

I'achat de ces tubercules et Ia conduisit chez une autre machande.

Deux jours apås,

elles faisaient Ieur marchå ensemble

La fois suivante, Mme Ia directrice invita ma måe

å venir boire chez elle une tisane anglaise u'on appelait du thå.

Et pou paracheve le tout,

Augustine mit profit ses talents de coutuiåe.

Joseph ignorait tout de cette conuöte

ll fut bien surpris, uand il Iut sur Ie tableau

une dåcision de M. le directeur son endroit

Ce chef tout-puissant avait dåcråtå par une fantaisie subite

pue mon påre seait..

-"Chargö de Ia surveillance du jeudi matin" ?

-En åchange, d'autres professeurs se chargeraient de ses ålåves..

-"Le lundi matin"!

-On pourra passer la fin de semaine aux collines

-Oui, mais dois-je

remercier M. le diecteu ? Non

Ce serait reconnajtre u'il a chang I'emploi du temps

pour Ia commoditö d'un majtre . Que faie ?

-Rassue-toi, j'y ai pens.

J'ai envoyö un beau boupuet å Mme Ia directrice.

-Ce geste ne parajtra pas trop familier ?

-Non, elle I'a trs bien pris

Elle m'a möme dit ue j'tais un amou

-Tu lui as parl ?

-Bien sür, nous faisons note march ensemble

Et möme, elle m'appelle Augustine.

-Mais alos, c'est toi ui.

-Oui

-Mes enfants,

votre me a Ie gnie de I'intigue

-C'est ainsi gue tous Ies samedis, nous pümes monte aux collines.

-C'est ainsi gue tous Ies samedis, nous pümes monte aux collines.

-Eh bien, je te Ie dis, Augustine, dans Ia socit futue,

les chäteaux seront des höpitaux,

les murs seront abattus, Ies chemins, tacs au cordeau.

-Tu veux la Rvolution

-Non ! Pas Ia Rövolution, c'est un mot mal choisi.

C'est un tour complet.

Par consöpuent, ceux ui sont en haut redescendent,

mais ensuite, ils emontent Ieur place pimitive

-J'adorais ces confårences politico-sociales de mon påe.

Je me demandais pouruoi Ie påsident

n'avait jamais penså I'appele pendant les congås,

car il eüt fait en trots semaines le bonheu de I'humanitå

-Monsieur Joseph!

-Bouzigue ! Qu'est-ce ue tu fais I ?

-Moi ? Je fais mon travail, moi, monsieu Joseph!

Je suis pipueur au canal Gäce å vous,

je peux le die!

Vous avez bataillö, pou mon certificat!

Et voilå, je suis piueur!

-Mais u'est-ce ue tu pipues ?

-Enfin, c'est moi pui vais vous appendre uelue chose!

Pipueur, a veut dire ue je surveille le canal

-Avec une piue ? -Mais non!

Avec cette cl en T

Et ce petit canet noir.

Avec Ia clö, j'ouve et je feme Ies pises,

j'en contröle le dbit.

Si je vois une fente dans Ia berge

ou un petit pont ui devient faible des eins,

je le note dans mon carnet, et Ie soir, je fais mon rapport

-a n'a pas I'air bien fatigant -Oh non!

Ce n'est pas le bagne. Et puis, dites..

Brave comme je suis, ui voudrait m'envoyer au bagne ?

J'ai ien fait de mal. -L'orthogaphe

-Je fais des progrös, avec mes "pocs-vebals"!

-Vebaux!

-Ohö, dites, M. Joseph, ne me chicanez plus!

Mais je vois ue la petite famille s'est allonge!

Madame Joseph, elle n'a pas bien gossi,

mais elle est charmante.

Oü vous allez, avec tout ce chagement ?

-Ma foi, nous montons notre maison de campagne.

-Vous avez fait fortune ? -Ah, pas exactement, mais..

-Donnez, je vous accompagne

-Tu es gentil, Bouzigue, mais nous allons tös loin

-Vous allez jusu'aux Camoins ? -Plus loin

-Juspu' Ia Teille ? -Non, aux Bellons.

-Oü vous puittez Ie tamway ? -Ä la Barasse.

-Pauves de vous!

A fait au moins 6 km pied!

-Non, 0.

-Vous faites a souvent ? -Tous Ies samedis.

-Pauves de vous!

-C'est long, mais puand on y est, on ne regrette pas sa peine

-Moi, ma peine, je la egette toujous

Mais j'ai une idöe Vous ne feez pas 0 kilomtres

Oh non ! Venez avec moi, nous allons suive Ie canal,

ui traverse en droite Iigne toutes ces popits

Dans une demi-heure, nous seons å la Treille

-Mais . -Suivez-moi

-Bouzigue.. Es-tu sür pue ce soit parfaitement Igal ?

-Mais uel mal nous faisons ?

J'ai encontr mon instituteur

et je suis fier de lui montrer oü je travaille

-a pouait te coüter che

-En cas d'incident, j'aangeai tout,

parce ue ma sur est mariöe. . de Ia main gauche.

Au conseiller gånåal

Et c'est elle ui a fait nommer Bistagne, le sous-diecteu

Et si Bistagne me faisait la moinde citiue,

il auait des coups de travesin

-AIlez, c'est bon, allons-y

Chan dcs cialcs

-Et voilå mon canal!

Il a I'air de rien, mais c'est gäce å lui u'å Marseille

on peut se laver Ia salade et Ies pieds!

-C'est bien joli.

-Ce petit pont, c'est moi ui I'ai fait aange

avec du ciment sous-marin. -Il y a pourtant une fissure

-Oü a ? -Ici

Ce n'est pas du ciment sous-main

D'autre part, Ia proportion de sable est top forte

-Vous en ötes sü ? -Certain.

Mon pöre ötait dans Ie bätiment et je m'y connais assez bien.

Si tu ne colmates pas, dans 1 mois, cette fente aura 4 doigts de Iage

-Je vais mettre a dans mon apport, moi!

On va sooner Ies cloches I'entepeneu ui a fait a

-Merci, monsieur Joseph -C'est rien

-Si, vous rendez service å la collectivit!

On arrive au chäteau!

La möme cl pour toutes Ies portes.

C'est bien commode

C'est le chäteau d'un noble Un comte.

-S'il nous voyait, a pourrait lui dplaire

Je n'aime pas trop Ies nobles -On n'en dit pas de mal

-C'est peut-ötre pace pu'on ne Ie connajt pas

Et il a sürement des sbires sa solde.

-Des sbires, non Mais un gade, oui.

Une espöce de göant Je I'ai rencont puelpuefois.

LI ne me parle pas "Bonjour", "bonsoi" et c'est tout.

Celui-I, c'est celui du notaire

C'est toujours ferm, sauf en aoüt

ll n'y a u'un paysan ui soigne le vege

Ce chäteau-I, c'est Ie plus gand et le plus beau

Le propritaie habite Pais.

Encore un noble. Un baon, je cois

ll n'y a jamais ue le gade

-Oui, mais ce garde, c'est un ami ? -Pas exactement.

C'est un ancien adjudant, toujous soül, et il a une jambe aide

Si jamais il vous voyait, mais ce serait extaodinaire,

penez le pas de gymnastipue.

LI serait bien incapable de vous rattaper, möme avec son chien!

-LI a un chien ? -Oui

Un chien nome,

mais il a au moins 20 ans

et il peut å peine bouge

ll s'appelle Mastoc

-Mastoc..

-Je vous assure u'il n'y a aucun danger.

Il siffle I'air du "Bon roi Dagobert".

-La voie est Iibre

Amenez-vous ! Zou ! Zou!

Mais baissez-vous puand möme

Et maintenant, Ia suprise!

Clochcs c hélcmcns

-Le carrefou des Quate-Saisons.

-Mon Dieu, c'est pas possible!

-Nous venons de faire en 24 minutes un pacous ui nous pend d'habitude

2 heues 45!

-A alors!

-Je vous I'avais dit ! Plus apide pu'une automobile!

Maintenant, on va boie un coup!

-Ah non, dsol. -M Joseph, pas de mantes.

C'est ma toune.

-Avez-vous de I'eau de Vichy ?

-Si vous y tenez, j'en ai Ia cave

-Vous avez mal au foie ? -Non, non.

Mais je pröföre möler au vin blanc cette eau salutaire

vendue en pharmacie. a fait un champagne

au goüt tås agåable.

Hop, hop, hop!

-Madame ? -Oh non.

Cette fois-ci,

je suis pas fatiguöe. Si nous pouvions faie a tous Ies samedis..

-Eh bien..

Vous allez me permettre de vous faie un cadeau

Prenez-la.

-Pou uoi faie ? -Pour gagner 2 heures å I'alle,

et 2 heures au retour J'en ai une aute.

-Non, non

-Et poupuoi ?

-Parce ue je suis fonctionnaire

Si on disait I'inspecteur d'acadmie pu'un de ses instituteurs,

muni d'une fausse clö, va su le teain d'autui!

-Pas fausse!

-Raison de plus!

Tu dois la gade

-Personne ne vous dira jamais rien ! Vous avez bien vu

-J'ai des principes

-A.e a.e a.e ! Les principes.

A.e a.e a.e!

Allons.. Voyons, M Joseph.

Quels principes ?

-J'aurais honte d'entrer chez Ies autes

dans un but stictement personnel

Je suis un majtre d'öcole ui enseigne la morale aux enfants

Si celui-ci voyait son pöre se faufiler comme un maraudeu,

ue penserait-il ? -Que c'est plus court.

-Et il a aison!

-J'en connais ui n'hsiteraient pas.

2 heures Ie samedi et le Iundi matin, a fait 4 heues de gagnes.

-J'aime mieux marcher 4 heures de plus et conserve ma pope estime

-J'ai une idöe ui arrange tout. Je vais vous donne une caspuette

-Une casuette du canal su un instituteur ?

Tu ignores ue a pourrait finir en correctionnelle ?

-Faire marcher ses enfants comme Ia Lgion tange..

Et avec un barda teible

et des rootlets comme des spaghettis.

Et Madame ui n'est pas paisse!

Et puis surtout..

C'est dommage pour Ie canal. -Pou le canal ? Que veux-tu die ?

-Comment ? Avec ce pue vous m'avez dit su le ciment sous-main!

-Tu te rends pas compte -Il se rend pas compte

-Cet entrepreneur ui a mis top de sable

va devoir nous rembourser peut-ötre 2000 francs.

Peut-öte 2500!

Parce ue je vais le faire, moi, le apport.

Et ce faudeur sera coinc.

-Gäce å ui ? -En somme, tu supposes ue.

Ma collaboration clandestine paie en uelue sorte note passage ?

-Dix fois, cent fois, mille fois!

Et moi, si tous Ies lundis vous me donnez une petite note,

un petit rapport, je Ie recopieai tout de suite,

en y ajoutant guelgues fautes et je Ie soumettai mes chefs.

Rendez-vous compte de la belle situation pou moi.

Un peu vous, un peu ma su.

Dans un an, je suis chef de section!

-Videmment.

-Joseph..

Avant de refuse, flchis.

-C'est ce ue je fais.

-Quelle conomie su les souliers. -Les souliers, je pense bien!

-Si je peux servir Ia collectivit,

möme de faon un peu igulie,

et d'autre part, si je puis t'aider..

-M'aider ? a peut change toute ma caie!

-Oh, je n'en suis pas sür, mais enfin.

Je vais y penser.

I s sonpicn.

Je ne sais pas encore si je m'en servirai!

Nous verrons a.

-L'occasion d'utiliser Ia clå se påsenta dås le Iundi matin,

au moment de redescendre ves la ville.

-Mais vous avez vu I'heure ? Dpöchons, dpöchons!

-Mais, Joseph, tu oublies la cl!

-Ah non, pas aujourd'hui.

-Mais, papa . -J'ai dit non!

Pas de isue ce matin.

Nous n'avons plus de povisions å porter,

et d'autre part, il est plus facile de descendre ue de monte

-Le samedi suivant, nous åtions devant Ia pemiåre porte.

Mon pöre åtait en paix avec sa conscience, ca ce n'åtait pas

pour raccourcir une route, mais pour pråserver Ie påcieux canal

et sauver Maseille de la såcheresse.

Cependant il redoutait Ies gardes.

LI me confia le öle d'åclaireur.

Venez!

Le mur du dernier chteau apparut comme une forteesse imprenable.

Je sentais Ia main d'Augustine trembler.

Derriåre, il y avait le gade ivrogne..

-Et son chien Bouzigue a dit u'il tait norme

-T'as vu, papa ? -Un couteau pointu ?

-C'est pou le gade

S'il t'attaue, je passe derriöre et je Ie tue dans les fesses

-C'est trös courageux, mais tu es encoe bien petit Donne.

-Toi ui es grande, piue-Ie dans I'il.

-C'est en tremblant, ue nous taversmes Ia popiåtå

-Paul!

Paul!

-Par bonheur, nous ne vjmes ni homme ni böte

Gräce Ia clå, note vie fut tansformåe.

Paul grandit d'un seul coup comme un diable sort de sa bojte,

Augustine reprenait des couleurs,

et je ne pensais plus mon concours,

don't I'åchåance, pourtant, se rappochait dangereusement.

Cuant Joseph..

-Si j'åtais un petit sepent

fålicitå sans paeille..

LI chantonne

-Mais cette bonne humeur ne fanchissait pas

I'aube du samedi, ca dås son lever,

il pråparait son courage pou enter dans I'illågalitå.

-N'aie pas peu Avance

Bonjou, monsieur. -Bonjour. Je vous attendais.

-Ai-je I'honneur de parler au propritaie de ce chäteau ?

-En effet, monsieur.

-Laissez-moi vous explipuer. . -lnutile, monsieur.

Depuis uelue temps, malg toutes vos pcautions,

j'observe votre manöge pou passe su mes terres

-C'est--dire ue I'un de mes amis, piueur du canal..

-Oui, je sais, oui. J'ai fait venir ce matin möme ce. "Boutipue".

-Non, Bouzigue. Mon ancien Ive Je suis.

-Oui, je sais Ce "Boutipue" m'a tout dit :

la bastide dans la colline, le tramway trop court,

le chemin trop long, les enfants et les papuets.

Ä propos, voil une petite dame

ui me parajt bien chage.

Voulez-vous me pemettre ?

WIadimir!

Prends les papuets des enfants.

-Bonjour!

Donne!

Donne!

Et toi, donne!

Maintenant, gimpe!

-Je peux, papa ?

Adimi imic nn hcnnisscmcn.

-Ne tadez pas

-Je ne sais comment vous emecie

Et je suis mu Vaiment.. mu.

-Je le vois bien Je suis charm de cette frajcheu

Ce ue je vous off re n'est pas grand

Vous passez chez moi modestement et je ne m'y oppose pas, voil tout

Il n'y a pas I de uoi cie au miracle

Comment s'appelle

cette gentille petite f tile ? -Germaine.

-Bonjour, Germaine.

-Gemaine!

-Maman!

-J'oublie facilement

cette balafe.

Un coup de sabre dans une houblonnie,

en Alsace, il y a 5 ans.

Elle est trop jeune pou appcier Ies vertus militates.

Vous Iui direz ue c'est un chat ui m'a giff

Elle en tirera au moins une leon de pudence.

Je vous prie de sooner å la grille du parc

et d'emprunter I'alle centale.

Le chemin est beaucoup plus court de ce cöt.

Monsieur..

-Monsieur..

-Madame.

-Å partir de cette måmorable journåe, la travesåe du premie chteau

fut note föte du samedi.

-Hue!

Hue ! Hue!

-Savez-vous comment s'appellent ces roses, madame ?

Ce sont Ies roses du Roy

C'est une espöce ue j'ai ce moi-möme

Laissez-moi vous les off rt

-Notre famille råpublicaine åtait comme anoblie par ces oses du Roy.

-Halte I-bas!

Oü allez-vous ?

Et alos, hein ?

Et alos ?

Vous en faites pas, je fais semblant

pace pue Ies patons nous regadent

J'espöre ue le vieux

va bientöt crever. D'apås Ie docteu, c'est pou bientöt

Montez-moi vote carnet!

Je dois voir vos papies

-Je m'appelle . -Esmnad, Victo!

Demeurant 2,

rue de la Rpubliue

Maintenant, vous allez partir en couant pour pue a fasse bon effet

La prochaine fois, ce sea coups de fusil!

La prochaine fois, passez Ie long des tomates, a isue rien

-Mais il restait Ie dernier chteau, celui du garde au chien.

-Augustine.

Voyons, Augustine . Mais tu es morte de peu

-Oui

-Je suis sür ue ce garde nous a dj vus et pu'il s'en moue

-Joseph, j'ai peur.

C'est stupide, mais j'ai peu

-Comment nous couait-il apös

avec sa jambe raide et son chien malade ?

-Joseph, je t'en supplie..

C'est nerveux, a va me passer.

C'est nerveux, tout simplement.

Voil.

C'est fini

AIlons-y.

-On y alley donc, et tout se passa fort bien.

Le mois de juin fut un mois sans collines.

Le mois de juin fut un mois sans collines.

Il me parut bordå de hautes muailles,

et ce long corridor de prison åtait femå,

I-bas, par une åpaisse porte de fer :

Ia porte des bouses.

-Je n'y compends ien moi-möme ! -C'est du brevet lmentaie!

-S'il vous plajt, je suis eu ?

-Le rödacteur de cette önigme n'a jamais pal å des enfants.

-On y döcöle clairement I'astuce complipue

et Ia subtile fourberie des secondaies!

Je te flicite.

De n'y avoi rien compris

-Alors je suis reu ? -Naturellement

Il ne manpuerait plus ue a -Mais il y a eu et eu

-J'avais brillå partout,

mais j'avais butå su un problåme su les alliages.

Son ånoncå avait åtå rådigå avec tant de perfidie

ue je n'obtenais pue Ia ?nde place

-videmment, j'auais pf Ia e, mais enfin,

tu as Ia bourse et tu entree au Iyce

C'est bien, Macel

C'est bien

-ll en åtait fier,

lui ui n'avait jamais franchi les portes de ce Iycåe

Mais il souffrait tout å coup d'une secråte dåchirue.

-A.. B.. C. D..

Voil toute ma science

Et je I'enseignerai toute ma vie.

Un jour, peut-ötre, tu auas honte de moi.

-Papa.

-J'ai peu de te perde, crapaud -Poupuoi tu dis a ? Je suis Iå

-Tu es I maintenant, mais uand ces pofesseus du Iyce

auront fait de toi un monsieur trs savant.

-AIors, papa, je reviendrai pou t'apprende tout ce ue je sais.

Dehors, Ies grandee vacances commenaient.

-Ho!

Vous pouvez y alter!

Y a pas de dange!

-Voil Ia famille Esmönard pui passe et ui vous salue bien!

-Salut,

Esmånad, Victo!

-Joseph, j'ai un pressentiment. -Moi aussi.

Le pressentiment

ue nous allons passer des vacances magnifiues

-Venez vite, Ie garde est pas Iå

-Qu'est-ce ue t'en sais ? ll nous egarde peut-öte.

-Tu as une imagination maladive Mais pou te mnager,

nous allons jouer aux lndiens comanches.

-Nous arrivämes devant la derniöre porte magiue ui allait s'ouvri

su les grandee vacances.

-Et ton pessentiment ?

-Ouvre vite, je t'en supplie. Vite!

-Voyons, ne t'ånerve pas, tu vois bien ue c'est fini.

Une chajne et un cadenas

-Je Ie savais.

Mon Dieu, nous sommes pisonnies ici.

-On peut I'aacher!

-Malheureux ! Mais ce serait une eff action.

Ahoicmcns

-Eh oui. une effraction

Une effraction, a peut valoir dans les.. tois mois de pison.

H ! Calme, Mastoc. Calme!

Que faites-vous ici ?

Qui vous a permis d'entre chez monsieu le baon ?

Vous ötes ses invitös ? Peut-öte ses paents ?

Quel est votre nom ?

-Esmnad, Victo

-Tais-toi. C'est pas Ie moment de plaisante, enfin

-Eh ben ! Il est bien dressö, il sait djå donne un faux nom

Instituteur public ?

Oh ben a, c'est le comble

Un instituteur ui pönötre en cachette dans la proprit d'autui

Un institute...

Aprös le faux nom, le pe peut donne une fausse carte

-Nous n'avions d'autre intention ue de prende un raccouci.

-On commence par un raccourci et on epart avec I'argenteie

-Enfin, nous sommes charge!

Voyez Ia fatigue de ma femme, des enfants.

-Arröte, tu vois bien u'il veut rien comprende!

-Va joue avec ton fråe.

-Toi, tu bouges pas, et pue a te serve de Ieon

Calme, Mastoc, calme!

Cette cl, vous I'avez fabripue -Non

-AIos vous I'avez vole -Vous pensez bien ue non

-Alors ?

-Je I'ai touve. -C'est a.

Vous avez tout de suite compris u'elle ouvrait les portes du canal

Hein ? Qui vous I'a donnåe ?

Hein ? Qui vous I'a donne ?

-Je ne puis pas vous le die.

-C'est un fonctionnaire sans conscience.

Je I'ai vu me vole des figues -Je Ie crois honnöte.

-La preuve : il vous a donn une cl.

-Pour Ie bien du canal.

-Calme, Mastoc!

-J'ai certaines connaissances dans les ciments et morties.

Voyez vous-möme ce carnet

-Vous ötes Iå comme expert ? -Oui

-Et ceux-Iå ?

J'ai jamais vu des experts de cet äge

Voil une preuve magnifiue

-Vous n'avez pas le droit -Si ! Ouvrez ces papuets

-Non, ce sont nos affaires personnelles

-Vous efusez ?

Faites bien attention

Je suis garde assement

On dirait Ie cambriolage d'une åpicerie.

Il est chagå ? -Non.

-C'est heueux pour vous.

LI est pope.

Encore heueux pour vous.

Avec ce genre de pötoire, il est facile de manue un pedreau,

mais il est possible d'abattre un gade

Un gade ui se mfieait pas

Bon. Vous allez m'embarue tout ce baza,

faire vos papuets, et reparti

Moi, je vais faire mon procös-verbal

Je savais pas u'on ötait si bien pay, dans I'enseignement

Eh ben, si on vous rövoue, ce sera vote faute

AIlez ! AIlez, Mastoc, viens!

-Papa ! Papa!

-Bien jou, mais a pend pas

Allez, viens.

Lc bébé hulc.

-Comme on est faible, puand on est en tort

-C'est pas Ia fin du monde!

-Nous sommes en vacances,

mais dans 0 jours, je serai peut-öte au chömage

-La dame nue est casse!

Papa, la dame nue est casse!

-La cl. Il a gard Ia cl.

-C'åtait Ia premiöre fois ue je voyais un cambioleur,

et ce ciminel, c'åtait mon påe.

-Tant pu' faie de m'accuse.

Ayons au moins Ia courtoisie de la efemer.

-LI fallut faire I'immense dåtour. Nous aivmes la bastide

ui nous attendait dans le cåpuscule

-Joseph, tu exagöres

On va tout de möme pas te guillotine pou a

-Certainement pas Mais tu ne connais pas I'inspecteu

Il tansmettra le apport au recteur

et a peut alter jusu'å la vocation

-Allons donc, il n'y a pas de puoi fouetter un chat

-Peut-ötre Peut-ötre, mais.

II y a de uoi inflige un blme

un instituteu

Et pour moi, un bläme uivaut å la vocation

Ca je dmissionnerai, Augustine

-Comment ? Tu enoncerais ta retraite ?

-Oui

-Mais alors . de puoi allons-nous vivre ?

-Je n'en sais rien, mais je vais y pense

-Tu pourrais öte professeur Iibre

Des Ieons particuliöres

-Oh non, non

Je vais alter voir Raspagnetto

-Raspagnetto ? Le marchand de pommes de tee ?

-Oui. Tu sais, nous ötions I'cole ensemble

AIors, un jour, il m'a dit : "Toi, tu tais fort dans le calcul

"Mes affaires sont importantes et j'ai besoin d'un homme comme toi"

Je pourrai Iui expliuer, et il ne me mpisea pas

-Les amis, on ne peut pas toujous y compter.

-Je sais, mais Raspagnetto me do it beaucoup

Je Iui ai soufflö au certificat d'tudes

Et puis . je ne te I'avais jamais dit, mais.

J'ai des obligations du chemin de fer

pour 760 fancs

EIles sont cachåes dans le gros atlas.

-Pas possible..

Tu m'as fait des mystes.

-C'tait en cas de coup du

Je I'ai fait dans une bonne intention

-Ne t'excuse pas..

Parce ue j'ai fait Ia möme chose.

-Augustine..

-Mais moi, j'ai pue 20 fancs

Ce pue j'ai pu öconomiser sur ce ue tu me donnes tous Ies matins.

-Augustine.

-Papa : 760.

Maman : 20.

A fait 000.

J'avais moi-möme 7 francs,

et Paul, malgrå ses cachotteries, en possådait au moins 4.

Cela faisait donc 00 francs.

Je fus aussitöt assuå

et Ie marchand de sable m'en jeta une bonne poignåe.

Popos inaudihcs

-Mais entez!

-Un monsieu voudrait vous voi -Eh bien, faites-Ie enter.

-Oh, Joseph!

Par exemple ! Quelle suprise!

Je vous croyais en vacances

Rose est dans Ie Roussillon avec le petit Piee.

J'ai peu u'il n'attape I'accent.

-Jules, je viens vous annoncer une nouvelle.

-Je la connais dj!

-Mais comment ? -Mais oui!

J'ai vu passer Ia liste signe pa le ecteu

Flicitations ! -Mais c'est un malentendu.

-Allons ! Ne faites pas Ie modeste

Les palmes acadömipues votre äge, c'est exceptionnel!

Bravo!

-Comme on est faible, uand on est dans son tort..

-Joseph..

Joseph..

-Mais c'est une tragdie!

Un gendarme d'Aubagne a t tu par un paysan

pou un procös-verbal

Un procös-verbal, c'est Ie dshonneur et la uine

-Ce garde, c'est ä tous, u'il a fait des nuisances.

LI m'a dönoncö parce ue j'avais cach 4 grives

dans mon chapeau melon.

4 francs, ils m'ont fait paye

-Ho!

-AIos ? -Oui, alos ?

-Minute ! Pemettez pue je m'arrose Ie gosier.

-Bon. Alors ?

-Je I'ai vu, Ie garde. Il civait Ie pocs-vebal.

Je lui dis de pas Ie faire, il dit : "Je m'en piverai pas"

Je dis : "Poupuoi ?"

LI dit : "Les instituteurs sont toujous en vacances."

Je lui dis I'histoire des bartavelles.

Alors il dit : "Je m'en fous complötement"

Je lui dis..

-Alors tu lui dis ? -Alors je Iui dis. plus ien.

LI a continuö et j'ai bien vu u'il se galait.

-Ce garde, si jamais il vient dans nos collines,

il n'attendra pas Iongtemps le coup de fusil u'on Iui do it!

-On peut pas te röformer, tu as Ies palmes!

-Papa.

-Oh, si

On peut toujours rayer de Ia pomotion

un fonctionnaire ui va avoi un bläme

-Papa, tu devrais te faire cultivateu

-En voilå, une ide ! -ll do it change

-Oui, mais ce mötier-I, je ne saurais pas, je..

-Pas besoin d'ötre spöcialiste uand a pousse tout seul

Voyez le pois chiche ?

Pas besoin d'eau, pas besoin de fumier, möme pas de tee.

Et I'haicot hätif -Htif ?

-L'haicot press, uoi.

Eh bien, on fait un petit trou, on place Ie haricot au fond,

on le couvre et on part en courant, sinon il vous rattape!

C'est un peu exagörö, mais c'est pou dire u'il pousse vite.

-Je vais dormi un peu.

-Et Bouzigue ? -ll n'tait pas Iå

-Tu veux rien manger ? -Non, ien.

Rien.

-Monsieu Joseph!

Monsieu Joseph!

Oh!

-Bouzigue!

-Bouzigue ! -Bouzigue!

Bouzigue!

Bouzigue!

-T, voil pour vous. -Mon carnet!

Le gade te I'a donn ?

-Pas donn, non.

On peut pas die.

Ce matin, dös pue j'ai touv vote petit mot,

je suis all chercher du renfort.

Binucci, pui est piueur comme moi..

-Monsieur.

-Et Fnestelle, Ie fontainier. -Messieus dames

-Monsieur. Et alors..

-Allez ! Procös-verbal!

-Il est interdit d'empöcher I'ouvertue des portes du canal!

-Article 02 de Ia convention

-Ä mci, un pccs-vebal ? -Nom, pnom ?

-Vous allez pas me faie a ? -Vous efusez ?

Mfiez-vous, j'ai Ia loi avec moi!

-Un procös-verbal, moi ?

Attendez ! Attendez ! Ce cadenas, c'tait pas pour vous.

Je vous jue!

C'ötait pour prendre Ies gens ui taversent la proprit

avec une fausse cl.

-Une fausse cl, tu entends a ? -Une fausse cl!

-Qu'est-ce pue vous inventez ? -La preuve : Ia voilå

-Piöce conviction D'autes preuves ?

-Y a le carnet du chef de Ia bande

Un instituteur.

-Piöce å conviction.

-Y a mon rapport pou vote administation.

-Confispu.

-Et puis surtout, y a mon procös-verbal

-Confisu

-ll manpue Ia cl du cadenas

-La voil.

-Merci

-Ä votre service, messieurs.

AIos.

Tout est en ögle, hein ?

-Oh, malheueux!

Malheureux!

Dans un rapport officiel, vous avouez!

-Quoi ?

-Avoir mis une chajne et un cadenas su une porte de I'administation!

-Qu'allez-vous faie ?

-Eh..

-Calme, Mastoc ! Calme!

-Peuche, il est tout etoun -Pour cette fois..

-H ! La loi, c'est la Ioi!

Ä mcins pue..

-Oui ?

-Il faudrait dötruire toutes ces piöces å conviction.

Mais moi, je ne peux pas pendre cette esponsabilit.

-Moi, je peux -Si vous tenez å vote kpi..

Exöcution ! AIlez, dchiez-moi tout a. Allez!

-Voil, plus rien -Plus petite, Ies confettis!

Plus petite ! -Comme a, hein ? Voil.

Attendez ! Non, non, attendez!

Attendez!

-Comme a, pour un garde, vous seez bien gad!

-Mais . -Mastoc!

Mastoc!

Attrape!

-Mastoc!

Mastoc, donne ! Mastoc, donne!

Donne, Mastoc ! Mastoc, donne!

Non, calme, calme, calme ! Calme, Mastoc!

Non, calme ! Gentil, Mastoc Donne.

Donne, Mastoc.

Voil.

-L'histoire est entee,

mais il vaut mieux ne plus passe par Iå

-Möme si on avait Ia permission, je n'aurais pas le couage.

Je cois bien pue je m'vanouirais.

-Rassure-toi, dsomais, nous irons en voitue.

-Comme I'oncle Jules ? -Oui, comme I'oncle Jules

-Vous avez gagn å la Ioteie ?

-Joseph va recevoir les palmes acadmipues.

LI passe en e classe,

et a nous fera 22 francs par mois de plus!

-Oh Iå I!

-OH!

-Ah.

-Marcel, va nous chercher les bouteilles de I'oncle Jules

-Mais, M Joseph, c'est encore Ie vin, pui fait Ie moins de mal

Ici, vous buvez de I'eau de citerne, mais savez-vous ce u'il y a dedans ?

-De I'eau du ciel

Oui, de I'eau distillöe par Ie soleil

-Je vous parie u'on y trouve aussi une dizaine d'araignes noires,

deux ou trots låzards et toute une famille de crapauds!

L'eau de citene,

c'est de I'essence de pipi de crapaud!

-Oui, n'empöche ue cet alcool, pou ta sant.

-Joseph.

Joseph.

Tu m'escagasses!

-Le temps passe,

et il fait tourner la roue de la vie comme I'eau, celle des moulins.

Cis admiais

Cinp ans plus tard.

Je marchais derriåre une voiture aux roues si hautes

ue je voyais les sabots des chevaux

J'åtais en noi

et Ia main du petit Paul serrait la mienne de toutes ses foces.

On emportait notre måe pour toujours.

Pendant des annåes, juspu' I'ge d'homme,

nous n'avons jamais eu le couage de parler d'elle.

Puis Ie petit Paul est devenu tås grand

ll portait une barbe de soie

Dans Ies collines de ltoile, il menait son toupeau de chåvres

Il fut Ie dernie chevie de Virgile.

Mais 0 ans, il dispaut son tour.

Mon Lili I'attendait depuis des annåes au cimetiåe,

sous un carrå d'immortelles.

En 1017, dans une noire foöt du Nod,

une balle en plein front avait tanchå sa vie

et il åtait tombå su des plantes froides

don't il ne savait pas les noms

Telle est Ia vie des hommes.

Quelgues joies trås vite effacåes pa d'inoubliables chagrins.

LI n'est pas nåcessaire de le die aux enfants.

-Ah, v!

A voå ! a voå!

Tu as vuc ?

Tu as vue reourncr, a Pomoncc ?

Is, arcc!

Aoc!

-Encore dix ans, et je fondai une sociåtå de films.

Le succås couonna I'entreprise.

J'eus I'ambition de construire sous le ciel de ma Provence

une Citå du cinåma.

Mon notaire cherchait un domaine assez vaste pour ce beau pojet.

Il trouva mon affaire pendant ue j'åtais Paris

ll m'informa par tålåphone

de sa dåcouverte

ll åtait enthousiaste et honnöte.

J'achetai donc sans avoir vu

Chan dcs cialcs

Huit jous aprås, mon åpuipe et moi

allions prendre possession de Ia terre pomise.

Ce n'åtait pas un monument

mais I'immense demeure d'un gand bourgeois du second Empie.

Je regardais orgueilleusement ma gande entepise

Iorsgue je vis au loin une haie d'arbustes.

Mon souffle s'arröta, et je m'ålanai dans une course folle

traves la prairie et le temps.

C'est seulement

uand je le vis par-dessus la haie ue je reconnus le chteau

Celui de Ia peur, de la peur de ma måe.

-Marcel!

Marcel!

-Oui, c'åtait I C'åtait bien

le canal de mon enfance

Je ref is Ie chemin de mes vacances de petit garon,

et les chåres ombres du passå machaient aupås de moi.

Au pied du mur, pås du canal,

il y avait Ia porte noire, celle ui n'avait pas voulu s'ouvir.

La porte du påe humiliå

ll me sembla ue je respiais mieux,

ue le mauvais chame åtait conjurå

Mais de I'aute cötå du temps,

il y avait une tås jeune femme brune

ui serrait sur son cur fragile Ies roses ouges du Roy.

Elle entendait les cris du garde et Ie souffle aupue du chien.

Blöme, tremblante et pour jamais inconsolable,

elle ne savait pas u'elle åtait chez son fils.

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