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Celle que vous avez tu�e aujourd'hui, se�orita,
elle rendra bien avec les autres.
Mais je n'ai pas encore vu la panth�re noire.
Vous avez promis, Paulo. - Nous en avons trouv� une, se�orita.
D�s que cette automobile d�marre, essayez encore.
Oh, je ferais bien de voir s'ils ont eu de la chance
avec le carburateur.
J'appelle l'a�roport de Manaus. J'appelle l'a�roport de Manaus.
Entrez, s'il vous pla�t.
Ici l'a�roport de Manaus.
Salut � vous, se�orita. Nous allions vous contacter.
Comment se passe la chasse ? - Excellemment.
Et pour notre carburateur ?
Vous avez de la chance, nous l'avons.
Et un avion priv� a offert de le larguer par parachute.
Il devrait arriver l� o� vous �tes dans quatre ou cinq heures.
Quand vous entendrez le moteur, allumez les lumi�res comme signal.
J'�tais pr�te � payer pour affr�ter un avion, je...
Je n'aime pas m'imposer � quiconque.
Il n'y a pas d'autre avion disponible, se�orita.
Et le tr�s c�l�bre aviateur am�ricain,
le Colonel Warburton,
part en ce moment pour Rio de Janeiro.
Tout est pr�t. Faites-les tourner.
Embarquez, les enfants.
Je repr�sente l'agence de presse br�silienne, Colonel.
Ce voyage a-t-il un but particulier ?
Et, euh, va-t-il vous faire faire encore le tour du monde ?
Non, pas cette fois-ci.
Et s'il doit avoir un but, eh bien...
vous pourriez l'appeler une exp�dition de chasse.
Ces messieurs chassent les puits de p�trole,
et Dean Hartley va chasser les papillons
dans les Andes, et je vais...
Et il va chasser aussi les papillons sur la plage de Copacabana.
De pr�f�rence de couleur blonde.
Et la se�orita ? Elle chasse aussi ?
Oh, je suis d�sol�, voici le Docteur Lawrence.
Que chassez-vous, Doc ? - Les vacances.
Et vous auriez pu parier cinquante dollars que je ne viendrais pas.
Vous n'avez pas un peu peur ?
Une femme seule et quatre beaux messieurs.
Oh, elle n'est pas une femme, c'est un m�decin.
Tous � bord.
�a fait gin. - Oh ! Ce n'est pas mon jour.
Ce sont les 85 cents que je vous dois. - 85 cents ? Il y a quelques temps,
�a se montait � plus de quatre dollars ? - Non, attendez une minute,
c'�tait aux Etats-Unis. A pr�sent, nous jouons des pesos.
Doc, vous �tes un escroc international.
Dean, o� sommes-nous ?
Dean, o� sommes-nous ?
Hein ? Oh. Jerry, o� sommes-nous ?
A deux heures de Bel�m. C'est notre prochain arr�t.
Apr�s �a, il n'y a plus qu'un petit saut vers Rio.
Oh, vous les pilotes et vos �petits sauts�.
Je suppose que cela signifie cinq heures ?
Non-non. Dix.
Mais chaque minute en vaudra la peine, Doc,
parce que quand nous y serons arriv�s,
je vais consacrer la soir�e enti�re
rien qu'� vous courtiser et vous inviter � d�ner.
Non-non, pas avant que j'ai eu une semaine de sommeil, impossible.
Comme dans le bon vieux temps, capitaine ? - Oui.
Mais sans ces jolis bouquets
d'explosions d'obus anti-a�riens pour garder nos pieds au chaud.
H�, d'o� �a venait ?
Regarde devant, il y a en bien plus.
�a commence � nous encercler.
Les enfants, vous feriez mieux d'aller vous asseoir en bouclant vos ceintures.
Il est possible que �a devienne un peu cahoteux.
Attends, quelqu'un nous appelle.
C'est Manaus.
NC 695 � Manaus. R�pondez, Manaus.
Ravi d'avoir pu vous contacter.
Nous venons de recevoir un bulletin m�t�o.
Le barom�tre tombe � toute allure.
Une vilaine temp�te �lectrique est devant vous.
Il dit qu'il qu'il y a une vilaine temp�te devant nous,
et tant pis pour le carburateur.
Ecoutez, se�or, cette temp�te n'est pas face � nous,
elle est toute autour de nous.
Demande-lui comment nous allons nous en sortir.
Vous devez �couter tr�s attentivement
et abandonner votre itin�raire actuel.
Il vous serait impossible de continuer.
Laissez-moi vous dire que je vous �coute attentivement, se�or.
Allez-y.
Tournez � 90.
H�, attendez une minute, attendez une minute. C'�tait 90 ?
Pouvez-vous parler plus fort ?
Quatre-vingt dix-sept degr�s ?
H�, se�or ! Se�or ! Que vous est-il arriv� ?
R�pondez, Manaus. R�pondez, Manaus.
Et voil�. Le dernier �clair a d� griller
tous les tubes de l'appareil.
Tout ce que nous pouvons faire est de conserver la direction.
Il a dit que c'�tait impossible, j'ai bien entendu �a.
Dois-je lancer une fus�e en bas ? - On ferait mieux de les �conomiser.
Il n'y a rien d'autre en bas que la jungle.
J'aimerais essayer de prendre de l'altitude.
Inutile.
Ils ont probablement la m�me temp�te sur la lune.
H�, regardez !
Tout le monde va bien ?
La bouteille de Dean lui est tomb�e sur la t�te,
et Frank pense que c'est quelque chose qu'il a mang�, mais ils s'en remettront.
Nous sommes vraiment veinards de nous en �tre sortis
sans autre bobo qu'une radio HS.
Toi et ta grande gueule.
Peut-�tre pouvons-nous nous d�brouiller avec un seul moteur.
Avec un seul bon moteur.
Tu ferais bien de larguer cette fus�e.
Attachez votre ceinture, Doc.
Je vais devoir atterrir en catastrophe, il n'y aura peut-�tre pas de clairi�re.
Qu'est-ce qu'il y a, Paulo ?
Les gars disent qu'ils ont entendu un avion, se�orita.
C'est encore loin,
mais vous feriez bien d'allumer les lumi�res.
Dans la jungle, on ne peut pas les voir si on n'est pas directement au-dessus.
Allumez-les quand m�me. - Si, se�orita.
Bien... Je vais faire de mon mieux.
Ne fais pas de pri�res trop longues,
tu risquerais de n'avoir pas le temps de les finir.
Paulo...
l'avion a des probl�mes, n'est-ce pas ?
Ils essaient d'atterrir. - Si, se�orita.
Existe-t-il un endroit par ici o� ils pourraient atterrir sans danger ?
Oh, non. Je connais la jungle. Tr�s dense.
Sale pays, sale gens, sales Indiens.
Des chasseurs de t�tes. Mieux vaut mourir en tombant.
Les chasseurs de t�tes ne les auraient pas vivants.
Il n'y a rien � faire.
Oh ! A�e ! - Pas d'os bris�s.
Je vous ai dit que j'allais bien. - Alors pourquoi sursauter, monsieur ?
Parce que vous m'avez pinc�. - Les autres, vous allez bien ?
Jerry ? Dean ? Frank ? - Oui, nous sommes tous intacts.
C'est une bonne chose que vous m'ayez rappel� r�cemment
que j'�tais un m�decin, pas une femme.
J'adorerais faire une crise de nerfs. - Bon moment pour �a, Doc.
Eh bien, il n'y a rien � faire d'autre qu'attendre la lumi�re du jour.
J'ai la sensation que nous n'allons pas aimer ce que nous verrons.
Quand bien m�me.
Jerry pense que nous sommes � quelques centaines de kilom�tres
au sud de Bel�m.
Qu'en pensez-vous, professeur ?
Quoi ? Oh, oui, il a absolument raison,
pr�s de l'Amazone. - Qu'est-ce qui vous le fait penser ?
La flore, la v�g�tation, euh, les insectes communs � cette r�gion.
Mais encore une fois, je l'ignore.
Que se passe-t-il ?
Je viens de trouver un doryphore.
Nous devons �tre dans l'Idaho.
Je dirais que notre probl�me num�ro 1 est la nourriture.
Le num�ro deux, c'est d'�tre trouv�.
Je pense que vous pouvez oublier le probl�me num�ro 2.
Nous avons �t� trouv�s.
Ecoutez.
Ce sont des Indiens, n'est-ce pas ? - Indubitablement.
La probabilit� qu'ils soient amicaux ?
Nous sommes sur un territoire de chasseurs de t�tes, vous le savez ?
Oh, vous voulez dire que si nous leur donnons nos t�tes, ils s'en iront ?
Oui, le peuple le plus int�ressant du monde.
Fascinant, vraiment.
Et ce qu'ils font avec des cr�nes humains !
D'abord le sujet est d�capit�
et avec l'emploi d'une chaleur extr�me,
la structure osseuse du cr�ne est retir�e,
permettant aux narines d'�tres cousues.
Et l'aiguille fait des va-et-vient avec la l�vre sup�rieure ici.
Et de la gauche vers la droite, elle est compl�tement cousue.
Et apr�s avoir renvers� la t�te,
du sable br�lant est... - Taisez-vous. Doc arrive.
Quelqu'un veut du caf� ? - Pourquoi pas. Merci.
H�, vous entendez les tambours ?
Ou ma tension est si �lev�e que �a ?
Ce sont des tambours, Doc.
Dean pense que nous devrions rester tout pr�s de l'avion
tant que nous ignorons si les intentions de nos �logeurs� sont amicales...
ou hostiles. - Vous plaisantez ?
Je ne vais pas seulement rester pr�s, je vais me mettre � l'int�rieur.
Je pense que nous devrions tous le faire.
Sortez toute l'artillerie dont nous disposons.
Frank a un fusil de chasse, et j'ai mon pistolet de service.
Oh, j'ai un couteau. - Hmm.
Je souhaiterais avoir fait des �tudes de sorcier gu�risseur.
Les tambours ne se sont pas arr�t�s depuis cinq heures.
Tu fais une belle cible dans l'embrasure de la porte, Jim.
Je veux �tre le premier � tirer.
Je n'ai que quelques cartouches pour ce machin
et je pourrais les convaincre de nous prendre avec des pincettes.
Je crois que notre compagnie est arriv�e.
Je peux les entendre, mais pas les voir.
Ils seront probablement d�j� sur nous avant que nous ayons le temps de tirer.
J'ai vu un buisson bouger.
Ces plombs vont peut-�tre d�busquer ces petits.
Bonjour.
Eh bien, bonjour vous-m�me.
Oh, euh, excusez le fusil, je... j'attendais quelqu'un d'autre.
Je suis ravie de vous retrouver vivant, M. Warburton.
Comment connaissez-vous mon nom ?
Je crains d'�tre partiellement responsable de votre pr�sence ici.
Le carburateur �tait pour l'une de mes voitures. D�sol�e.
Ce n'est pas de votre faute si je me suis �cras�.
Oh, euh, voici le docteur Lawrence. Voici, euh...
Pas le temps des pr�sentations. Nous devons y aller.
Ces tambours ne sont pas...
Quelle sorte de docteur ?
Eh bien, juste un docteur. Je n'ai rien de particulier.
Paulo, demandez � quelques hommes
de sortir ces choses de l'avion, en vitesse.
Si, se�orita.
Ces tambours sont plut�t effrayants.
Mais c'est encore pire quand ils s'arr�tent.
Si vous voyez ce que je veux dire.
Non. Quoi ?
Ils rassemblent leur courage.
Tant qu'ils jouent du tambour, ils n'attaquent pas.
Que pensez-vous d'elle, Doc ?
Eh bien, je crois qu'elle n'aime pas les docteurs.
Ou peut-�tre juste les doctoresses. - Mouais.
Sa r�action �tait dr�le.
Vous savez quoi ?
Je pense aussi qu'elle est la femme la plus intrigante
que vous avez rencontr�e. - A qui le dites vous.
A vous, vous m'avez entendue.
Qu'en pensez-vous, Paulo ? - Je crois qu'il faut pas ralentir.
Les chasseurs de t�tes utilisent du poison sur leurs fl�ches.
Nous devons pas perdre une minute.
Allons-y.
Montez !
D'apr�s la t�te des indig�nes,
c'est pass� tout pr�s. - Tr�s pr�s.
A pr�sent, la prochaine question est bien �videmment : o� allons-nous ?
Restez juste sur cette piste.
Il y a un petit village pas loin d'ici.
Nous y camperons ce soir. - Bien.
Peut-�tre aurons-nous le temps d'y faire les pr�sentations.
Bon, apr�s tout vous ne pouvez pas m'en vouloir
d'avoir envie de savoir qui vous �tes.
Que fait une belle jeune femme seule dans la jungle
avec une bande d'indig�nes.
S'il vous pla�t, Mr. Warburton, je... je ne r�ponds pas aux questions.
Je n'aime pas qu'on me pose des questions.
Oh, je suis d�sol�, je... je ne voulais pas �tre indiscret, mais...
Eh bien, comment puis-je vous remercier si j'ignore qui vous �tes.
Je suis celle qui devrait dire merci. Pour le carburateur.
Vous �tes pr�te pour la nuit, Doc ?
Oui.
Sa myst�rieuse majest� m'a propos� de partager son pavillon.
Ne croyez pas que �a me pla�t.
Quelque chose chez cette dame me rend nerveux.
Comme un baril de poudre conditionn� en gla�ons.
Je ne crois pas que l'invitation s'�tend � vous, de toute fa�on.
O� est le capitaine ? - A l'aff�t.
Quelque chose le rend nerveux lui aussi.
Je me demande quoi.
Commencez, se�or. - Hmm ?
Faites d�marrer ce truc. - Oh, d'accord.
Vous avez un tournevis ?
C'est trop mince, c'est tout.
�a devrait aller mieux. - Oh, �a va.
Une cigarette ?
Oui, merci.
Hum, votre patronne, Paulo, est une femme des plus int�ressantes.
La se�orita Ridgeway ? C'est une grande dame.
Ridgeway. Eh bien, dites-moi ce que, euh...
Mademoiselle Ridgeway fait ici dans la jungle ?
En ce moment ? - Non, non, pas en ce moment.
Je veux dire : pourquoi est-elle ici ?
Personne ne sait. Peut-�tre qu'elle aime chasser.
Un excellent coup de fusil.
Bon, euh, vit-elle ici comme �a tout le temps ?
Elle vient certaines ann�es.
Peut-�tre une fois tous les deux ans. Elle reste pendant un moment.
Parfois longtemps. - Toute seule, comme �a ?
Elle n'a pas peur ?
La se�orita, elle n'a peur de rien.
D'o� vient-elle ?
Je ne sais pas. Elle le sait. Demandez-lui.
Vous savez quoi,
je viens juste de r�aliser pourquoi quelque chose me trouble chez vous.
Oh, je vous trouble ?
Depuis la premi�re minute o� je vous ai vue.
Et c'est plus que la simple vue
d'une jeune femme dans la jungle.
Vraiment ? - Mm-hmm.
Je suis convaincu que nous nous sommes rencontr�s quelque part.
J'ai pens� que peut-�tre vous pourriez me dire o�.
Non, nous ne sous sommes jamais crois�s. - Oh, mais �a doit �tre le cas.
Je... J'essaie de me rappeler o�.
Bien s�r, je ne peux vous en vouloir de ne pas vous souvenir de moi,
mais vous ne pouvez pas plus m'en vouloir d'�tre incapable de vous oublier.
Voyons voir.
Je le sais.
Ridgeway. - Je ne vous connais pas.
Nous ne nous sommes jamais rencontr�s. Jamais. Comment connaissez-vous mon nom ?
Je suis navr�, c'�tait... c'�tait un truc des plus grossiers.
J'ai extorqu� votre nom � Paulo.
J'ai cru que vous pourriez, euh, �tre plus ouverte envers une vieille connaissance.
Oh, je vois. - Suis-je pardonn� ?
Si �a peut vous r�conforter.
Alors pouvons-nous recommencer comme de nouvelles connaissances ?
D'accord, comme des connaissances, � votre guise, M. Warburton.
Jim Warburton. - Je m'appelle Christine Ridgeway.
Maintenant, voudriez-vous m'expliquer ce qu'une femme comme vous
peut faire seule dans la jungle ?
J'ai... j'ai choisi d'�tre seule.
Je me sens comme chez moi ici.
A l'ext�rieur, j'ai... j'ai l'impression d'attirer l'attention.
Et je n'aime pas �a.
Mais comment pouvez-vous �viter d'attirer l'attention ?
En fait, c'est commme demander aux gens
de ne pr�ter aucune attention � la lune
quand elle brille le plus. - Ne parlez pas ainsi, je vous prie.
Non, nous devons parler de quelque chose.
Je pr�f�rerais choisir le sujet, mais choisissez le sujet.
L'amour, la vie, les lettres, la culture des rosiers,
les �lections pr�sidentielles, tout ce que vous voulez,
tant que vous ne partez pas. - Tr�s bien.
Nous allons parler de vous.
Dites-moi qui vous �tes, ce que vous avez accompli,
et ce que vous comptez faire � part, euh, me remercier.
Figurez-vous, eh bien...
j'essaie, euh... de me rappeler qui j'�tais avant de vous rencontrer.
Voyons voir, bon, il y avait une guerre, vous vous rappelez ?
Et apr�s, j'�tais tourment� et solitaire.
Mais c'est ennuyeux � mourir, je sais tout sur moi.
Il doit s�rement y avoir un sujet de discussion plus int�ressant
avec une aussi jolie, et aussi jeune,
et aussi... - Bonne nuit, M. Warburton.
Pardonnez-moi, je suis vraiment fatigu�e.
Gu�re chaleureuse, pas vrai ?
On �coute aux portes ? - Pas pu m'en emp�cher.
Au moment o� je jetais un oeil, les grains de ma�s ont commenc� � sauter.
Hmm.
Bon, oui, je suppose que mon approche �tait un peu rustique.
Pr�historique. Vous devez prendre conscience qu'elle n'a rien de commun.
D'accord, je m'y suis mal pris. Que dois-je faire maintenant ?
Que voulez-vous faire ? D�s � pr�sent.
Eh bien, je veux juste percer sa carapace, c'est tout.
Dans un but scientifique, hein ?
Je crois qu'elle a peur de quelque chose, Jim.
Quelque chose qui ne vous regarde en rien.
Eh bien, le guide affirme qu'elle n'a peur de rien.
Oh, rien de physique, mais...
elle a quelque chose en t�te, autre que sa jolie coiffure.
Mm. D'habitude vous avez raison.
Vraiment ?
Alors je vais vous r�v�ler une autre de mes pens�es.
Je pense que j'ai parcouru pr�s de 5000 kms,
subi un crash dans la jungle, �t� poursuivie par des chasseurs de t�tes,
tout �a pour voir un nouveau regard dans les yeux
d'un Warburton pourtant circonspect avec les femmes.
Bonne nuit, Jim, mon pied me fait mal.
Bonjour.
Vous avez trouv� quelque chose d'int�ressant ?
Oh, Doc. Bien dormi ?
Comme un loir. Un loir gris, si je dois �tre pr�cis.
Bonjour, Mademoiselle...
Buenos dias, se�or. - Oh.
Il rassemblait le mat�riel.
Bon, o� est Mademoiselle... - Elle est partie depuis plusieurs heures.
Avec le break.
O� est-elle all�e ? - Qui sait ?
Quand revient-elle ? - Ne regardez pas votre montre.
Regardez un calendrier.
Peut-�tre l'ann�e prochaine. Peut-�tre la semaine prochaine.
Oh. Elle vous a �crit une lettre.
Oh, merci de la remettre aussi rapidement.
De rien.
�Cher M. Warburton. Il m'est n�cessaire de partir, mais Paulo
vous guidera jusqu'� Obidos, o� vous pourrez obtenir un bateau
pour Belem. De l�, vous pourrez gagner votre destination en avion.
Bonne chance � chacun de vous. Christine Ridgeway�
Bon, c'est r�gl�.
Allons-y. - O� �a ?
L� o� l'indique la dame, Obidos. Et par bateau pour Belem,
d'o� nous nous envolerons pour notre destination.
M. Warburton, s'il vous pla�t.
Une lettre pour vous, monsieur. - Merci.
Rien pour moi ? - Non, se�orita.
C'est de Jerry. - Lisez-la.
Eh bien, ils ont laiss� Dean � La Paz avec Jerry et Frank voici une semaine,
ils font un arr�t � Lima avant de se diriger au nord
vers le Venezuela, et ils vous envoient tous leur affection.
�D'autres nouvelles de ta princesse de la jungle ?
J'ai fait mon enqu�te au fil de notre route, mais en vain.
Es-tu entr� en contact ou as-tu fait...�
Oh, � chaque fois que vous recevez une lettre, j'ai le mal du pays.
Vous voulez rentrer chez vous ? Je crois pouvoir vous arranger un voyage retour.
Bon, ce n'est pas que je veuille, mais je devrai le faire bient�t.
Et vous alors ? - Eh bien, je pense
queje vais rester dans le coin pendant quelques temps.
Je pourrai m�me remonter � nouveau l'Amazone.
Oh, mon gars, vous �tes mordu.
Mordu ? - Bon, honn�tement,
vous ne pensez pas que je vais croire que vous repartez l�-bas
pour jouer � cache-cache avec les chasseurs de t�tes, n'est-ce pas ?
Bon, �videmment, s'il m'arrivait de la croiser...
Oui, son carburateur pourrait avoir besoin de, euh... d'un nouveau r�glage.
Hmm.
Que diriez-vous d'un d�ner ce soir ?
Une ravissante jeune doctoresse est cens�e m'emmener faire du bateau.
Admirer le port sous le clair de lune. - Hmm.
Jaloux ? - Non, inquiet, vous ne savez pas nager.
Comment ferez vous pour rentrer ? - Je pourrais apprendre.
Qui a dit que je le voulais ?
Donc vous voulez aller aux courses ?
Eh bien, je suis cens�e aller � l'h�pital cet apr�s-midi,
mais si vous insistez...
Eh bien, peut-�tre... - Oh, �a suffit, je vais y aller.
Oh.
Je ferais mieux de placer un petit pari sur ce poulain marron.
Quel poulain marron ? - Le num�ro 2. Bingo.
Oh, je n'aime pas la fa�on dont il respire.
Je parierais qu'il a une obstruction des voies respiratoires.
Il ne tiendra pas sur la longueur.
Maintenant je le sais, vous �tes un m�decin pour chevaux.
Et pas un bon. C'est un bon poulain.
Qu'ai-je � y perdre ? Misez 50 sur le num�ro 2.
Cinquante ? - Oui.
Donnez � monsieur les 50 que vous aviez pari�s sur le fait que je ne
viendrais pas ici avec vous.
Et, euh...
Misez �a pour moi. - Si, se�or. Num�ro deux.
Allez, le petit poulain marron. Allez, Bingo.
Reste l�-haut.
Je crois qu'il va y arriver, Doc.
Je ne devrais pas faire �a, mais...
La voil�, Jim. - Le voil�.
C'est un poulain. Regardez-le courir. - Huh-huh.
Votre Juliette de la jungle.
Vous encouragez le mauvais cheval.
Il s'appelle Bingo, pas Jungle.
Acc�l�re, Bingo.
Vas-y, Bingo. Allez.
Allez, Bingo. Allez.
Allez.
Vous l'ignorez peut-�tre, mais nous venons de gagner un chapeau
plein de laitue br�silienne. M�me si vous encouragiez
le mauvais cheval. - Je ne l'encourageais pas, idiot.
Je vous ai entendue ? Vous encouragiez Juliette de...
C'est �a. Un peu plus � droite.
Je vous pardonne. Mais ne croyez- vous pas qu'il serait pr�f�rable
de marcher jusque l�-bas plut�t de lui sauter dessus
comme un kangourou surexcit� ? - Oh, oui.
Oui, merci, Doc. Euh, je reviens tout de suite.
Dommage. J'aurais pu vous donner le gagnant.
Ce n'est pas important.
Depuis combien de temps �tiez-vous l�-haut ?
Juste quelques instants. - Vous auriez pu dire quelque chose.
Oh oui, la derni�re fois que j'ai dit quelque chose,
�a vous a envoy� droit dans la jungle et loin de mon existence.
N'�tes-vous pas un peu dramatique ?
Je suis n� ainsi. Je viens d'avoir une rechute.
Quand �tes-vous arriv� � Rio ? - Hier.
Puis-je ? - Bien s�r. - Merci.
A pr�sent, ne vous enfuyez pas � la prochaine question.
Voudriez-vous me dire � quel h�tel vous r�sidez ?
Le m�me que le v�tre, je vous ai vu au petit-d�jeuner.
Oh, vous m'avez s�rement �vit�, je ne vous ai pas vue.
Il ne m'est jamais venu � l'id�e que vous voudriez me voir.
Je... Je ne vous �vitais pas.
J'ai tout oubli� au sujet de... - Excusez-moi, se�orita.
Colonel Warburton, j'ai un message pour vous de la part de la dame.
Elle dit qu'elle devait aller � un cours de natation.
Ou peut-�tre acheter un maillot de bain pour revenir du yacht � la nage.
Cela vous para�t clair, se�or ?
Oui, �a me para�t clair. Merci.
Encore un moment, Christine.
Quelque chose ne va pas, se�or ?
Non, non, mais je dois changer mes plans.
Je ne descendrai pas ici.
Allons-nous danser avant de d�ner ?
Hum, non, pas maintenant. Mais dites-moi, votre, euh, amie...
ne la n�gligez-vous pas ce soir ?
Vous alliez dire petite amie.
Oui, en effet. - Elle ne l'est pas.
Oh, euh... une parente ?
Non, m�me pas. C'est le m�decin de famille.
A pr�sent, voulez-vous danser ?
D'accord.
Avez-vous dit Mlle Ridgeway ? - Oui.
Vous la connaissez ?
Oui. Oui, nous nous sommes rencontr�s. Et, euh, pourriez-vous faire remettre
mes bagages dans la voiture, s'il vous pla�t ? Je vais � l'a�roport.
Oui, monsieur.
Mlle Ridgeway, une lettre.
Excusez-moi.
Sois heureuse, ma tr�s ch�re.
Y a-t-il un probl�me ?
Avez-vous vu le monsieur qui a �crit ce billet ?
Oh, mais oui, se�orita. - O� est-il ? O� est-il all� ?
Il a commenc� � s'inscrire, puis il a dit qu'il avait chang� d'avis.
Mais o� est-il ?
Euh, il est all� � l'a�roport, je crois.
Christine. Puis-je faire quelque chose ?
Non, non, rien.
C'est juste quelque chose de personnel.
Alors pouvons-nous entrer prendre notre d�ner ?
Non, je me demande... �a vous g�ne si...? - Vous partez encore ?
Non, mais pourriez-vous m'emmener ailleurs ?
Bien s�r. O� �a ?
Je ne sais pas, n'importe o�.
Musique d'ambiance ? - Si vous le souhaitez.
�teignez �a, s'il vous pla�t.
Oh, d�sol�.
Qu'y a-t-il, Christine ? Pourquoi ? - N'essayez pas de me psychanalyser.
J'essaie seulement de vous comprendre, ainsi...
que ce qui vous fait peur. - Peur ?
Je n'ai peur de rien.
Vous n'avez peur d'aucun danger physique,
c'�tait �vident quand nous �tions dans la jungle, mais...
une question ordinaire de tous les jours, une note sur un morceau de papier,
une valse � la radio, et vous commencez � paniquer.
Pourquoi ? Qu'y a-t-il ?
Il y a quelque chose que vous ne pourriez pas comprendre.
Et n'essayez m�me pas.
Non, Jim, non.
Je suis tomb� amoureux de vous d�s le premier moment o� je vous ai vue.
Vous ne devriez pas dire �a, et si vous voulez me revoir,
ce sujet ne devrait plus jamais �tre abord�.
Je ne veux pas vous faire du mal, mais...
il ne peut rien exister entre nous.
D'accord, Christine, je ne vous reparlerai pas.
Jusqu'au petit-d�jeuner que nous prendrons ensemble demain matin.
Non, nous ne prendrons pas un petit-d�jeuner ensemble.
Le d�jeuner ?
Le d�ner ? Vous allez avoir horriblement faim. Vous devez manger.
Et o� que vous mangiez,
quand vous releverez la t�te de la table, vous me verrez.
Et o� que vous alliez, je vous suivrai.
Je crois que vous le feriez. Oui, j'en suis m�me tout � fait s�re.
- Non, non. - Christine, je vous aime.
Vous ne pouvez pas comprendre ?
Je sais que vous �tes sinc�re
et croyez que vous avez tous les droits de parler ainsi.
C'est ma faute si je ne vous ai pas fait comprendre
depuis le d�but que c'est sans espoir.
Si j'�tais n'importe quelle autre femme en ce monde,
je serais amoureuse de vous en ce moment.
Mais je ne pourrai jamais vous aimer, ni vous ni un autre.
Et je ne pourrais pas supporter la douleur de vous expliquer pourquoi.
Mais vous devez comprendre ceci.
Il y a eu une trag�die dans mon existence,
une peine, que rien ni personne ne pourra jamais gu�rir.
J'ignore si je veux qu'elle soit gu�rie.
Eh bien, si vous partagiez avec moi cet ennui, quel qu'il soit, je...
je pourrais comprendre, je pourrais aider.
Non, vous ne pouvez pas. Personne ne peut.
Mais vous ne pouvez pas passer le reste de votre vie toute seule.
En courant d'un endroit � l'autre,
� observer la vie sans jamais y prendre part.
Vous �tes si jeune et... - Arr�tez ! Arr�tez �a !
N'utilisez plus jamais ce mot.
Quel mot ? - Je le hais.
�a va ? Jim ! Jim ! Jim.
Christine.
Mais vous... vous �tes si jeune.
Et adorable, � ce qu'on dit.
Seulement, je ne suis pas Christine.
Hein ?
Hein ?
H�, comment suis-je arriv� ici ? - Cette dame vous a d�pos�
comme un cadeau de No�l, la nuit derni�re.
H�, h�.
Doucement.
C'est une vilaine bosse.
Le coup aurait d�fonc� n'importe quel cr�ne normal.
Je dois sortir d'ici.
Vous ne comprenez pas commment elle voyage ?
Elle pourrait �tre en Chine, � pr�sent. - Oh, du calme, elle est encore ici.
Vous �tes s�re ?
Elle est venue deux fois vous rendre visite.
Et je dois dire que vous avez fait tr�s peu pour nous divertir elle et moi.
Lui avez-vous parl�, Doc ? Qu'avez-vous d�couvert ?
Rien venant d'elle.
Beaucoup de choses � son sujet.
Dites, Jim, il y a des gens qui ont �t� si profond�ment touch�s
qu'on ne devrait pas leur poser de questions.
Ou essayer de les embrasser quand ils ne veulent pas �tre embrass�s.
M�me dans l'ombre du Pain de sucre.
Elle vous a racont� �a ? - Vous pensez qu'elle est un chat ?
Vous �tiez tr�s bavard jusqu'� ce que je vous donne un somnif�re.
Bien, Doc, je ne vais plus lui poser d'autres questions.
Et je ne vais plus essayer de l'embrasser.
Mais je ne vais pas la laisser s'�loigner de moi.
Je le veux quelles que soient les conditions, Doc.
Mais elle ne veut pas de moi, elle ne veut rien avoir � faire avec moi.
Je ne suis pas si certaine qu'elle ne veut rien avoir � faire avec vous.
C'est ce qu'elle a dit ? - Non, mais...
visiblement elle s'inqui�te pour vous, sinon elle ne serait pas si contrari�e
de vous avoir donn� cette bosse. Maintenant, retournez vous coucher.
Oh, non, j'ai du travail � faire.
D'accord, d'accord, je vais le boire.
�a ne vous �tait pas destin�. C'est moi qui ai mal � la t�te.
Berk ! Mais je veux que vous compreniez ceci, Doc,
Je vais l'�pouser. Que r�pondez-vous � �a ?
Bonne chasse, Jim.
Non, vous ne semblez...
Mm. Ne semblez pas tr�s ravie de �a.
Vous ne pensez pas que c'est juste pour elle si je ne me range pas.
C'est ce que vous pensez, pas vrai ?
Vous voulez parier ?
Eh bien, je le ferai. Si c'est son d�sir,
je me rangerai, vivrai dans la jungle,
je vivrai dans n'importe...
Je m'en occupe.
All� ?
Oui, ici le Dr Karen Lawrence.
Oh, oui.
Montez.
Devinez qui c'est ?
Non, non, dites-lui d'attendre. Je dois me raser.
Je... je ne suis m�me pas habill�. Je ne peux pas la voir comme �a.
Pas la peine de me raccompagner jusqu'� la porte.
Et ne dites pas que ce serait un plaisir.
Entrez. - Bonjour, Jim.
Bonjour.
Vous avez pris votre petit-d�jeuner ? - Euh, oui, c'est fait.
Un cocktail, peut-�tre ? Je vais en commander.
Non, tr�s peu pour moi.
Une cigarette ? - Euh, non, merci.
Non ? Oh. Pourquoi ne vous asseyez-vous pas ?
Je suis contente que vous vous sentiez mieux.
Oh, je me sens bien. Je...
J'esp�re seulement que je n'ai pas endommag� votre pare-brise.
Non, il est plus dur que votre t�te.
C'est de ma faute, toute l'histoire.
J'aurais d� faire v�rifier mes pneus.
Oh, non, ce n'est pas votre faute.
Vous savez, je... je vous dois une excuse, Christine,
pour la nuit derni�re. Pour vous avoir prise par surprise
et vous avoir g�n�e en vous posant plein de questions, et le reste.
Ne vous excusez pas. Ne vous excusez jamais.
A quoi pensez-vous ? - Hmm ?
A quoi je pense ? - Mm-hmm.
Vous pensez � quelque chose. Vous �tes absente.
Vous ne me regardez pas, vous ne me voyez m�me pas.
Je suis d�sol�e... c'est vrai. Je... je songeais.
A vous enfuir encore, je suppose.
Eh bien, malgr� ce qui est arrriv�,
je n'ai aucune intention de vous laisser vous �loigner de moi.
Absolument pas.
Je continue � penser que vous avez �t� irrationnel
en m'emmenant avec vous. - Qui veut �tre rationnel ?
Dites, quelqu'un doit vous avoir parl� des roses et des choux,
mais il a manifestement oubli� d'insister sur les particularit�s
�motionnelles de la petite fille des roses et des choux.
Deux s'amusent, trois commencent � s'ennuyer...
A la troisi�me. - C'�tait mon id�e.
Oh. - Elle pense que je vais faire ma demande
sous peu si nous nous retrouvons seuls.
Elle n'a pas encore accept� ?
Oh, une fille aime bien rendre les choses difficiles pour un homme.
Vous savez comment vous le seriez.
Que se passe-t-il, Christine ?
Rien, c'est... c'est comme une impression que vous avez dans la jungle
quand... quand vous �tes observ�.
Comment va-t-elle ? - Elle ira bien.
Hyst�rie, frayeur...
Je ferais mieux d'y aller. - O� �a ?
Je dois retrouver cet homme avant qu'il ne disparaisse.
Peut-�tre sait-il la r�ponse. - Jim...
�tes-vous certain de vouloir conna�tre la r�ponse
avant que la question ne soit �vidente ?
Je l'aime, Doc, et je veux d�couvrir de quoi elle a peur.
Afin de l'aider.
Tr�s bien. Allez-y.
Je vous rejoindrai d�s que possible. - Bien.
Je vous cherchais.
J'avais l'intention de vous voir. La jeune dame...
Mlle Ridgeway va se remettre parfaitement.
Oh, alors c'est la fille Ridgeway.
Vous la connaissez ? - Mais, bien s�r.
Je m'appelle Don Sebastian Ortega.
Ravi de vous rencontrer. Je suis Jim Warburton.
Voudriez-vous prendre un verre avec moi ? - Merci, volontiers.
Gar�on !
Un autre verre.
Si je la connais ?
Je suis un vieil ami de son p�re,
et de sa m�re aussi.
Bien que que je ne les ai pas vus depuis des ann�es,
depuis la naissance de leur petite fille.
Incroyable ! Elle est le portrait crach� de sa m�re.
Et quand je l'ai vue ainsi, devenue adulte...
Jim. - Oh.
Voici Don Sebastian Ortega. Docteur Lawrence.
Enchant� ! - Enchant�e !
Elle va bien ? - Oui, elle dort paisiblement.
Dites-moi, sauriez-vous ce qui a pu provoquer
chez elle une telle r�action ?
Non, je n'en ai aucune id�e.
Et, euh, �tes-vous, elle et vous...? - J'esp�re l'�pouser.
L'�pouser ?
Mais ma pr�sence ici tombe incroyablement � pic.
Moi, qui accompagnait sa m�re et son p�re durant leur lune de miel.
Vous connaissiez ses parents si bien que �a ?
Si bien que �a ?
Je dois vous dire � quel point, jeune homme,
pour que vous sachiez quelle femme merveilleuse
est la m�re de cette jeune fille.
Ou peut-�tre la connaissez-vous ?
Elle vous a racont� notre terrible exp�rience.
Non. Mais j'aimerais l'entendre. - Bien s�r, bien s�r.
Comme hier, tout est encore si net.
Pour eux, c'�tait � la fois une lune de miel et un voyage d'affaires.
Ridgeway avait �t� envoy� pour n�gocier du bois
et son �pouse avait insist� pour l'accompagner.
J'�tais avec lui parce que... eh bien, si je puis me permettre,
personne ne conna�t mieux l'Amazone que moi.
Nous nous sommes �quip�s � Bel�m,
puis nous nous sommes dirig�s directement vers l'int�rieur.
La jeune �pouse de Ridgeway
n'avait jamais connu de jungle plus sauvage qu'un parc municipal.
Mais elle �tait avec l'homme qu'elle aimait,
et si elle n'appr�ciait gu�re une lune de miel
dans une jungle �trange, elle n'en manifesta rien.
Un des Indiens lui fit cadeau d'un petit singe.
Ce fut le coup de foudre entre eux.
Mais, alors, c'�tait le coup de foudre
pour quiconque rencontrait cette femme.
Tiens, Cacahu�te.
Oh, je suppose que je vais devoir mettre une casserole
sur la t�te pour attirer l'affection de mon �pouse, maintenant, hein ?
Tu vois, Cacahu�te, il est jaloux. Peut-�tre devrais-tu lui faire plaisir
et nous laisser seuls, hmm ? - Oh, oh.
L'allusion vaut pour nous deux. M. Cacahu�te, viens.
On va te mettre au lit et voir si les chevaux vont bien.
Allons-y.
Qu'est-ce que c'�tait ?
Une panth�re.
C'est juste un gros matou. Pas de quoi avoir peur.
Elle n'attaquera personne, sauf si elle accul�e ou bless�e.
Tout va bien, ma ch�rie. Tout va bien.
Oh, je croyais que tu avais dit... - Oh, elle n'�tait pas apr�s moi.
Cacahu�te avait l'air d'un repas facile
et j'ai d� alors intervenir. - Oh !
Nous avons d�cid� de rester dans ce campement quelques jours.
Car il �tait proche des h�v�as
que, euh, Ridgeway voulait inspecter.
Et quelque chose se produisit alors
qui fut la chose la plus excitante de mon existence.
Et quasiment la plus terrifiante.
La jungle �tait silencieuse dans la chaleur de midi,
car tous ses habitants se reposaient.
L'incident de la panth�re nous avait laiss�s tous nerveux, mais le petit singe
s'�tait enfui dans la jungle et n'�tait pas revenu.
Je leur sugg�rai de faire la sieste.
J'ajoutai que je monterai la garde.
Mais, avant d'en prendre conscience...
je m'endormis aussi.
Soudain, je fus sur le qui-vive.
Encore aujourd'hui, j'ignore pourquoi.
Je crus que c'�tait juste pour jeter un coup d'oeil aux Ridgeway
que mon regard revint dans cette direction.
Mais ce dut �tre le pressentiment d'un d�sastre.
C'�tait la panth�re bless�e.
On pouvait voir le sang s�ch� qui couvrait
son flanc.
Arr�te, ch�rie. Arr�te.
Arr�te. �a va, elle est morte.
Tout va bien.
�a va bien.
J'ai connu une guerre, se�or, sans avoir vraiment peur.
Mais ce que vous avez dit m'a flanqu� une peur bleue.
En tant que m�decin, Se�or Ortega,
j'attends encore que vous me racontiez la partie la plus int�ressante de l'histoire.
Qu'y a-t-il encore � dire ?
Que voudriez-vous encore savoir ?
Eh bien, le, euh...
l'effet que cette exp�rience a eu sur elle physiquement, et...
spirituellement comme mentalement.
C'est le c�t� le plus remarquable de cette merveilleuse femme.
Elle s'est tr�s vite remise,
et a insist� pour panser les blessures de son mari.
Puis elle s'est couch�e et s'est endormie comme un b�b�.
Ridgeway voulait l'emmener loin de la jungle, chez elle.
Non-non. Elle a insist� pour que l'exp�dition continue.
Et plus jamais durant le voyage je n'ai vu une trace de peur chez elle.
C'�tait...
il y a plus de vingt ans.
Euh, je suppose que vous les avez revus depuis.
Non. Voyez-vous, l'Honduras a �t� mon foyer,
je l'explore toujours. Mais on se perd de vue.
Je sais qu'ils vivaient � Pasadena, en Californie.
Le Se�or Ridgeway... a pris sa retraite.
Si vous voulez bien m'excuser,
je ferais mieux d'aller voir si Mlle Ridgeway va bien.
Vraiment, Doc ? Je vous en saurais gr�.
Se�or... vous �tes un homme heureux.
Tr�s heureux.
Eh bien...
Salud.
Puis-je parler � la fleuriste, je vous prie ?
Oh. Ici M. Warburton. C'est �a.
Je veux commander un bouquet.
Le plus beau bouquet de votre carri�re.
C'est �a.
Oh, non, non. Tout de suite. Ce matin.
Entrez.
Eh bien, je... je ne sais pas. Je dirais des orchid�es.
Des blanches.
Bien. En abondance.
Juste un instant. Merci.
Et, euh, quelques unes de ces petites, euh, comment les appelez-vous, euh,
Cymbidium, c'est bien �a. Peut-�tre quelques tulipes et, euh...
Bon, je vais vous en laisser toute la responsabilit�,
mais je veux que vous compreniez ceci :
ce doit �tre absolument un bouquet synonyme de �Oui�.
Merci.
Euh, Mlle Ridgeway, je vous prie.
Eh bien, essayez � nouveau. Elle est forc�ment l�.
Mais elle doit �tre l�. Continuez � appeler jusqu'� ce qu'elle r�ponde.
Entrez.
Salut, Doc ! Quelle journ�e, hein ?
Eh bien, �videmment que je veux que vous continuiez � appeler.
J'attendrai toute la journ�e si n�cessaire.
Raccrochez, Jim. - Hein ?
Raccrochez. - J'appelle Christine.
Oui, je sais. Raccrochez. - Pourquoi ?
Parce qu'elle ne r�pondra pas.
Elle est partie. Vous n'avez pas eu son message ?
Cher Jim. Je pars et je vous supplie de ne pas me chercher.
Je ne pourrai jamais vous �pouser et il serait
pr�f�rable que nous ne nous revoyions pas.
C'�tait cruel de ma part de vous laisser vous attacher � moi, mais, croyez-moi,
il n'y a pas d'autre moyen, et, si c'est possible, pardonnez-moi. Christine.
Mais pourquoi ? Pourquoi est-elle partie ? - Parce que je le lui ai conseill�.
Je lui ai dit de partir. - Vous ?
Oui, Jim. - Pourquoi ?
Parce que c'�tait la seule chose � faire.
Allez-vous arr�ter de parler par �nigmes. Pourquoi m'avez-vous fait �a ?
Je ne l'ai pas fait contre vous. Je l'ai fait pour vous. Et pour elle.
Bon, pourquoi n'essayez-vous pas de me faire confiance ?
Je lui ai tenu compagnie toute la nuit derni�re,
et j'ai appris des choses que je ne peux m�me pas encore vous r�p�ter.
Une chose est s�re, vous vous dirigiez tous deux
vers une incroyable trag�die.
Est-ce le domicile de M. Ridgeway ? - Euh, oui.
Mais il n'est pas l�.
A 16 heures, M. Ridgeway est au cimeti�re.
Le cimeti�re comm�moratif. Il y va chaque apr�s-midi.
Oh. Merci. - De rien.
D�sol�, M. Ridgeway. Bonjour. Je ne veux pas vous d�ranger.
Oh, �a n'a pas d'importance. Je vous attendais.
Mais vous ne me connaissez pas.
N'�tes-vous pas l'homme qui est amoureux de Christine ?
Oui.
J'ai laiss� consigne � ma gouvernante que vous me trouveriez ici
si vous arriviez dans l'apr�s-midi apr�s 16 heures.
Euh, Ortega m'a �crit que je pouvais m'attendre � votre venue, M. Warburton.
Que puis-je faire pour vous ?
Eh bien, j'ai � vous parler, M. Ridgeway.
A propos de votre fille, Christine. Qu'est-ce qui la trouble, monsieur ?
Ma fille...
Christine ? - Oui, monsieur.
Qu'y a-t-il ?
Ou peut-�tre l'ignorez-vous. - Non, je le sais.
Ortega vous a parl� de la fois o� Mme Ridgeway m'a sauv� la vie ?
Oui. Mais pourquoi Christine serait-elle tellement affect�e
par sa simple vue ?
Eh bien, j'esp�re qu'en discuter avec moi ne vous g�ne pas.
Si vous �tes amoureux d'elle,
vous avez droit � une certaine tranquillit� d'esprit.
Le droit de conna�tre certaines choses � son sujet.
A notre sujet. M�me si, euh,
je crains que les savoir ne vous aidera gu�re.
Ortega vous a parl� de notre exp�rience dans la jungle.
Je ferais mieux de vous parler de la trag�die qui en a r�sult�.
Un terrible choc.
Apr�s avoir quitt� l'Am�rique du Sud...
ma femme et moi avons v�cu sur la Riviera pendant quelques temps.
C'est l� o� notre fille est n�e.
Elle �tait ravissante.
Elle a grandi en ressemblant de fa�on surprenante � sa m�re.
Quand elle a eu 20 ans, le... euh...
l'accident est arriv�.
Il y avait une f�te pour les jeunes gens
� notre domicile de Pasadena.
Il s'amusaient avec une joie infectieuse
qui semble nous avoir quitt�s une fois 25 ans pass�s.
�a alors, o� est pass� tout le monde, M. Ridgeway ?
O� est tout le monde, George ? Il me semble voir beaucoup de gens.
Oh, vous parlez de ma fille, hein ? - Eh bien...
Oui.
Je l'ai vue danser avec Johnny il y a quelques minutes.
Oui, elle est l�.
N'est-ce pas Mme Ridgeway ?
Si, euh, vous voulez vous d�barrasser de votre future belle-m�re,
Johnny, il y a des moyens moins embarrassants que broyer du noir.
D�sol�.
Vous savez, je ne veux pas me d�barrasser de vous.
Ne croyez-vous pas qu'il est temps de danser avec votre fianc�e ?
O� est-elle ? - Je l'ignore.
Pourquoi s'inqui�ter d'elle ?
Vous �tes la seule personne avec laquelle je veux danser.
Rappelez-vous comment marchent les fian�ailles.
Je suis la m�re, pas la fille.
Ou essayez-vous d'�tre galant ? - Non, je ne fais qu'�noncer un fait.
Je pense que j'ai assez danc�. - Je suis d�sol�, je vais me tenir.
Mme Ridgeway ? - Oui.
Je veux juste vous parler.
Il faut que je vous dise quelque chose.
A propos de ma fille ? - Non, � propos de vous.
Pourquoi ne pas me donner une chance ? Je suis amoureux de vous.
Johnny, nous n'allons pas poursuivre ce genre d'imb�cillit�s.
Je suis d�sol�, je m'excuse. - Bien, rejoignez les autres.
Y suis-je oblig� ?
Les autres semblent prendre du tr�s bon temps.
Je croyais que vous aimiez danser.
Je suis s�r qu'ils prennent du tr�s bon temps.
Mais ce serait aussi mon cas si seulement vous...
Je vous aime. - Johnny, vous �tes fou.
L�chez-moi. - Oui, oui, je suis fou, c'est vrai.
C'est parce que vous me rendez fou.
Comment pourrais-je �pouser votre fille alors que je suis amoureux de vous ?
Je hante cette maison nuit et jour,
juste pour �tre pr�s de vous. Qu'est-ce que �a me rapporte ?
Je pensais que vous aimiez ma fille.
Oui, d'une certaine fa�on,
mais uniquement parce qu'elle est un reflet de vous.
Elle est un second choix, et ce depuis que je vous ai vue,
et vous le savez. Qui plus est, elle le sait maintenant.
Comment pourrait-elle le savoir ? - Parce que je le lui ai dit.
Je lui ai racont� tout ce que je vous ai dit.
Mais je suis amoureux de vous et je le resterai toujours.
Il n'y a rien que vous et moi ne puissions y faire.
Vous avez dit �a � ma fille ? - Oui, en effet.
Tony ! Tony, l'as-tu vue ?
Qui ? La future �pouse ? Non, pas depuis un moment.
Aimeriez-vous danser, Mme Ridgeway ?
Non, George. Tony, quelque chose de terrible est arriv�.
Aide-moi � la trouver.
Ch�rie ! Ch�rie, attends, attends !
Judy ! Judy ! Judy !
Mon b�b� !
Quand nous avons retrouv� son corps dans le canyon...
Judy �tait morte. - Votre fille, Judy ?
N'�tait-ce pas votre femme ?
Je voulais vous le dire avec autant de m�nagement que possible, M. Warburton.
Mais vous devez le comprendre...
Ma fille est morte. Vous �tes amoureux de ma femme.
C'est un cauchemar. - Oui.
Cela a �t� un cauchemar...
cet �chec de ma femme � vieillir.
Mais pourquoi n'a-t-elle pas vieilli ? - Je ne peux vous le dire exactement.
Tout ce que je sais, c'est que le jour o� elle a tu� cette panth�re
pour me sauver la vie, quelque chose s'est bris� dans son esprit.
Elle...
elle a cess� de prendre de l'�ge.
Mais elle semble si jeune. - Oui, elle �tait jeune.
Quand Judy nous a quitt�s, elle ressemblait encore � une fille
d'une petite vingtaine d'ann�es.
Judy adorait sortir avec elle.
Les gens les prenaient pour des soeurs.
Mais, avec la mort de Judy...
la suppos�e b�n�diction de Christine est devenue une mal�diction.
Je commence � r�aliser ce que �a a d� �tre.
Oh, je ne voudrais pas que vous pensiez que l'amour nous a quitt�s,
ou � des disputes, hum, mais sa beaut� a plan� sur notre foyer
comme une mal�diction qui a d�truit notre fille
et qui maintenant nous s�pare.
Elle ne recherchait pas la fontaine de la jeunesse,
mais la s�r�nit� de l'�ge, et cela lui a �t� refus�.
Je n'ai pas pu l'aider. Personne ne l'a pu.
Le jour est venu o� elle ne pouvait plus supporter la maison
parce qu'elle lui rappelait Judy.
Ne pouvait plus me supporter
parce qu'elle savait � quel point j'adorais Judy.
Elle refusait d'�tre vue en public par ses amis.
Elle �tait persuad�e qu'ils la jugeaient responsable,
l'accusant d'avoir tu� sa fille, bien entendu.
Puis, un jour, elle me quitta.
D'abord, elle a voyag� � travers l'Europe.
Pour quelque raison, elle semblait toujours attir�e par la jungle.
Vers l'Am�rique du Sud.
C'est l� o� je vous ai vu la premi�re fois. A Rio.
Je voulais voir si, peut-�tre, elle �tait pr�te � revenir.
Mais quand j'ai vu la joie sur son visage...
j'ai su que vous lui faisiez du bien.
Je suis reparti chez moi.
Je trouve que vous �tre bien aimable de me raconter tout ceci.
Oh... vous avez le droit de savoir.
A pr�sent, je trouve plut�t difficile de dire ce que j'avais en t�te.
Je parierais que deux hommes ne se sont jamais parl�s
dans d'aussi �tranges circonstances. - Eh bien...
Je suppose que j'ai toujours su que cela arriverait un jour.
Je, euh...
Pourquoi n'allez-vous pas la voir ?
Vous savez o� elle est ? - A Santa Barbara.
Au sanatarium du Dr Jungmeyer.
�a ne vous d�range pas que j'aille la voir ?
M. Warburton, il y a une autre chose que vous devez comprendre.
Depuis le premier instant o� j'ai rencontr� Christine,
son bonheur a �t� tout ce qui m'importait.
Au revoir, monsieur. - Au revoir.
Docteur Jungmeyer ? Je m'appelle Jim Warburton.
Oui. Oh, oui, je sais.
Euh, Christine, euh, Mme Ridgeway,
Elle a parl� de moi ?
M. Ridgeway m'a dit de m'attendre � votre visite.
Elle a �galement parl� de vous. - Bon, puis-je la voir ?
Je, euh... je ne peux vous donner cette permission.
Je ne suis que le neurologue consultant sur ce dossier.
Son propre m�decin est ici.
Docteur ? M. Warburton est l�.
Doc ?
Bonjour, Jim.
Vous l'avez amen�e ici ?
Oui. - Il veut la voir.
Elle ne veut pas vous voir, Jim.
Mais elle n'a rien dit sur le fait que vous puissiez la voir.
Elle est endormie en ce moment.
Merci, Doc. Je ne la r�veillerai pas.
Dans la pi�ce de l'autre c�t� du hall.
C'est, euh, difficile de retranscrire cela en mots
pour que le profane puisse comprendre, mais...
Eh bien, vous avez entendu de cas
o� les cheveux d'une personne devenaient blancs en l'espace d'une nuit.
Ils peuvent prendre plusieurs ann�es en un instant
� cause d'une horrible exp�rience. - Oui, bien s�r.
Alors pensez � une sorte d'affreuse exp�rience
qui aurait d� g�n�rer de la frayeur,
mais a vu, � la place, son apog�e marqu�e par l'absence totale de celle-ci.
La panth�re noire. - Oui, dans son cas.
Savoir que si elle s'abandonnait � la peur,
cela signifiait une horrible mort pour son mari,
a annihil� sa peur.
Son esprit s'est fig�. Avec lui, son corps s'est aussi fig�.
Alors le choc de voir cet homme, Ortega, l'a lib�r�e.
C'est comme si elle avait �t� inconsciente
depuis l'instant o� elle a tu� l'animal.
Bon... bien entendu,
c'est seulement l'explication simple de ce cas.
A pr�sent, elle est redevenue une femme normale,
avec des �motions et des craintes de femme normale.
Et savez-vous ce qu'elle redoute le plus ?
Qu'elle puisse avoir perdu l'amour de son mari.
Ne lui apprenez pas que je suis venu ici.
Ou que je l'ai dit, mais dites- lui de rentrer chez elle.
Elle n'a rien � craindre. Son mari l'aime.
Profond�ment.
C'est inutile, Jim. Elle n'ira pas.
Tout ce qu'elle veut faire � pr�sent, c'est d'aller sur la tombe de sa fille.
Et ensuite...
peut-�tre repartir � nouveau.
La tombe de sa fille ?
Laissez-la faire. Laissez-la, Karen.
Apr�s toutes ces ann�es,
Christine a retrouv� sa fille.
Son ravissant visage p�le sugg�re encore une pointe de culpabilit�.
Et les tragiques �v�nements de son existence
semblent se refl�ter dans ses yeux.
Elle a toujours senti que sa vie, � elle aussi,
s'�tait achev�e cette m�me journ�e.
Ce n'est pas le cas.
A cet instant m�me, une nouvelle vie a commenc� pour elle.
Karen et moi nous sommes d�brouill�s pour qu'elle aille sur la tombe de Judy
� 16 heures.
Pour une raison.
Pour une tr�s bonne raison.
Et il y eut quelque chose chez cet homme
que je n'avais pas vu auparavant.
La... la lumi�re sur son visage.
Le regard d'un coll�gien rencontrant inopin�ment
sa bien-aim�e dans un parc.
Ou plut�t un jeune mari� voyant son �pouse
venir vers lui.
Je n'oublierai jamais le spectacle de leurs retrouvailles.
Comme si le monde entier et toutes ses oeuvres
n'avaient �t� con�ues que pour l'accomplissement
de ce moment.
Leur �treinte ne dura qu'un instant.
Puis il prit son bras et ils remont�rent l'all�e,
en marchant tous deux droits et fiers.
Un homme �g� et une femme d'�ge moyen.
Marchant ensemble comme s'ils n'avaient �t� s�par�s qu'un jour,
au lieu de presque toute une existence.
FIN
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