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Je n'ai pas cet argent.
Il en va de votre vie, vous le savez.
Oui.
Bonne journée.
La première télévisée tant attendue de la série Maromi est enfin programmée.
Voici sa créatrice, Mlle Sagi. Alors, comment vous sentez-vous ?
Maromi a tant évolué, grâce à l'amour qu'elle a reçu de tous.
Comment dire ?
J'espère que la série apportera encore plus de paix aux gens.
Elle rend les gens si joyeux, non ?
Merci. Je suis heureuse qu'elle vous fasse cet effet-là.
Ne ratez pas la série "Douce Maromi".
T'as entendu ? Le Gamin à la batte est de retour.
Il n'est plus si petit que ça.
On dit qu'il est grand et musclé.
Il a le corps noueux et solide.
Son visage est tout mutilé.
Il n'est même plus humain. C'est un démon.
IKARI
Je sais qui tu es.
Et pourquoi tu es ici.
C'est moi qui t'ai appelé, hein ?
J'admets que j'ai pensé à m'enfuir.
Ça ne valait pas le coup de me faire opérer pour prolonger ma vie.
Mais je me suis trompée.
Comment ai-je pu un seul instant souhaiter mourir ?
Si je meurs, ce sera comme si je trahissais mon mari.
Tu le connais bien, n'est-ce pas ?
Tu ne réalises pas ?
Cette pièce, elle ne te rappelle pas quelque chose ?
PRIX DU MÉRITE attribué au Sergent Keichi Ikari
Tu as compris. Mon mari, c'est...
Vous, pas par là.
SENS INTERDIT
Tu choisis ceux qui veulent fuir la réalité
et tu les agresses sans discrimination.
Tu penses les soulager de cette façon ?
Tu crois peut-être les sauver ?
Assieds-toi donc.
Je vais te montrer que les hommes
ne sont pas les faibles créatures que tu crois.
Assieds-toi là.
Je suis née avec une santé très fragile.
Enfant déjà, on m'a dit que je ferais pas de vieux os.
Devenue adulte, je n'ai pas osé rêver me marier un jour.
Mais il est entré dans ma vie et tout a changé.
Il m'a dit : "Je te prends comme tu es."
"Je ne veux personne d'autre que toi."
J'étais folle de joie.
On a décidé de se marier et de vivre une vie simple et modeste.
J'étais si heureuse. Pourtant...
Ce bonheur n'a pas duré longtemps.
On a voulu fonder une famille, mais je ne pouvais pas enfanter.
Mon corps ne l'aurait pas supporté.
J'étais désespérée.
J'avais si honte, je n'osais plus regarder mon mari.
À l'époque, je me suis maudite comme jamais.
Mais malgré tout ça,
il m'a pardonnée.
"Peu importe ce qui arrivera, on restera soudés", m'a-t-il dit.
Et je me suis mise à pleurer, dans ses bras.
J'ai pleuré longtemps.
Dans le monde entier,
il n'existe personne qui soit aussi noble que lui.
Tu crois que tu as le droit d'arriver en retard ?
Désolé, on m'a retenu sur l'autre chantier.
Épargne-moi tes excuses. Dépêche-toi de rejoindre ton poste.
Tu fais quoi, là ?
Désolé.
J'ai décidé de devenir une femme digne de cet homme-là.
J'ai décidé de tout faire pour lui,
peu importe ma santé.
Mais c'est au moment où j'ai pris cette décision
qu'il s'est mis à rentrer de plus en plus tard.
Au début, j'ai accepté
en me disant que c'était pour son travail.
Mais j'ai fini par craindre qu'il se soit lassé de moi.
Et si c'était juste une manoeuvre pour rester loin de moi ?
Je ne pouvais pas lui en vouloir. Je ne suis qu'une invalide.
Je ne l'ai pas supporté.
Je pouvais accepter d'être en train de le perdre.
Mais je ne supportais pas l'idée d'être un poids pour lui.
J'ai honte.
Mon mari passait ses journées à se tuer à la tâche pour moi.
Et au lieu de lui en être reconnaissante, j'ai douté de lui.
C'était une pensée bête et impardonnable de ma part.
J'ai eu honte de moi et j'ai attendu son retour.
Et j'ai cru de toutes mes forces que s'il était tout pour moi,
il fallait à tout prix que je représente tout pour lui.
Rentre chez toi plus tôt, pour une fois.
Ta femme doit t'attendre. Ça sert à ça, finir plus tôt.
Pourquoi tu cumules trois chantiers ?
Laisse, c'est bon.
Stupides examens.
Si seulement le Gamin à la batte pouvait se pointer.
Il peut venir démolir le lycée, s'il veut.
Je n'ai nulle part...
Désolé pour le retard.
Je vais te dire comment faire. Laisse ton sac là.
Alors, t'as fait quoi ?
Allez, tu peux me le dire.
À ton âge, on devient vigile suite à une grosse bêtise.
Attends voir. À vue de nez, je dirais... zonzon ?
Non, je n'ai pas...
Encore raté. J'espérais qu'on aurait un truc en commun.
De la prison ?
Moi ? J'ai passé 5 ans aux frais du contribuable.
En sortant, j'ai rien trouvé.
Pour être vigile, pas besoin d'expérience ou de qualifications.
Inspecteur ? Inspecteur Ikari ?
Ça alors, inspecteur Ikari, je le savais.
Tu me remets pas ? C'est toi qui m'as coffré.
Oh, Inukae ?
J'ai tenu la maison du mieux que j'ai pu. IKARI
Pour en faire un endroit où il pouvait se reposer.
Où il pouvait retrouver un peu de calme.
Un endroit où il avait envie de revenir.
Tous les jours, je lui préparais son lit et son bain, pour son retour.
Un des rares soirs où il mangeait à la maison,
il m'a dit tout à coup :
"C'est ta cuisine qui est la meilleure."
"Et c'est grâce à toi que je parviens à travailler autant."
Mais un jour, il s'est passé quelque chose qui nous a enlevé
tout ce qu'on avait mis tant de temps à bâtir ensemble.
Oui, tu as ruiné notre vie.
Quelle ironie, hein ?
Un ex-flic et un ex-cambrioleur qui finissent collègues.
Tu imagines comme je suis surpris.
Je ne pensais pas te croiser ici.
Moi aussi, ça me surprend. Te connaissant,
j'aurais cru que tu reprendrais du service après ta peine.
Non, pas question.
Un type comme moi n'avait plus sa place dans le milieu.
Ils ont des nouvelles techniques et des nouveaux outils pour tout.
Déjà à l'époque, tu étais un classique.
Tu avais un foulard sur la tête et un sac en bandoulière.
J'ai failli rire en t'arrêtant.
C'est le costume du voleur.
C'est vrai, ça.
Le voleur a toujours son sac,
l'ivrogne a toujours sa bouteille
et les brochettes ont toujours trois morceaux.
C'est toujours comme ça, dans la vie.
C'était le bon vieux temps. On n'a pas vu le temps passer.
C'est pareil pour tout.
Laisse tomber. Maintenant que je te vois, je ne sais pas,
j'ai l'impression d'être chez moi.
Ah bon, vraiment ?
Je me souviens de ton sermon lors de mon arrestation.
"Ce monde est peut-être pourri,
"mais il reste des trucs bien et ça nous permet de continuer."
Tu m'as dit ça.
Tu es une insulte à mon mari.
Chacune de tes agressions a bafoué tout ce en quoi il croyait.
Il m'a dit un jour qu'il ne rentrerait pas
tant qu'il n'aurait pas arrêté le coupable.
Je lui ai accordé mon soutien.
S'il décidait de tout donner pour arrêter l'agresseur,
en tant qu'épouse, je devais l'encourager et le soutenir.
Malgré la distance, mon coeur restait avec lui.
Tous les deux réunis pour faire face à toi.
Mais plus tard...
Ils t'ont viré ?
Il n'y a plus de place pour un flic vieille école dans mon genre.
Comme pour toi.
T'as manqué de pot, ouais.
J'ai suivi ton affaire dans les journaux.
Ce gamin qui agressait les gens à la batte, c'était de la folie.
Un monstre, produit de l'époque.
Tu as raison pour une chose, c'est un monstre.
On avait perdu. En tant que mari et femme, on avait perdu.
Mon mari a perdu son boulot, il ne nous restait plus rien.
Pourtant, on n'a pas baissé les bras.
À quoi bon se complaire dans la déception ?
Mon mari a trouvé un nouveau boulot.
Il en est très fier et il se démène pour nous deux.
Malgré tout, on a trouvé la force d'aller de l'avant.
J'en ai ma claque. J'ai tout fait pour coffrer ce saligaud
et ils m'ont envoyé sur les roses.
Regarde où j'en suis.
Il est pas si nul que ça, ce boulot.
C'est vrai, il est à la portée du premier nul venu.
C'est quoi, ça ?
Je suis nul. Ce chien a gagné le gros lot.
Je l'ai trouvé dans la rue.
Dépêche-toi, on va rater le début.
Dites donc.
Il y a des travaux ici.
Inspecteur, qu'est-ce que vous faites là ?
Le passage est par là, je vous prie.
Mlle Sagi.
Votre créature, à bien y regarder, elle est mignonne.
On joignait à peine les deux bouts.
Mes frais médicaux s'accumulaient sans qu'on en voie le bout.
Ça devenait désespérant.
Je lui ai dit que c'était ma faute.
Que sans moi, il n'aurait pas dû traverser toutes ces épreuves.
Il m'a lancé un regard furieux et pénétrant :
"Ne redis plus jamais ça."
"Tu essaies juste de fuir la situation."
"Ne fuis jamais la vérité."
"Ne te dis pas qu'il y a une solution facile."
"Même si c'est très dur, ne fuis pas. À deux, on viendra à bout de tout."
Il a dit ça avec une conviction totale.
Parce qu'il est ainsi. Noble, fort et courageux.
Tu es venu ici pour profiter de ma vulnérabilité.
Pour me tuer.
Pour m'offrir un salut illusoire.
Mais je n'en suis plus là.
La mort ne résout rien.
Je ne la souhaiterai plus.
Oui, tu connais la vérité à propos des hommes.
Peu importe l'adversité, nous ferons toujours face.
Mais ça, tu ne le comprends pas, car tu n'es pas humain.
Tu ne fais que tuer ceux qui sont dans le doute
en pensant les soulager de leur fardeau. Quelle prétention.
Tout ce que tu fais, c'est jouir de tes propres actions.
Ton existence n'est rien qu'une illusion.
Une paix temporaire et illusoire, voilà tout.
Toi et Maromi, vous êtes pareils.
Je vais me faire opérer.
Désolé de t'avoir entraîné ici.
Bah, fêtons ensemble nos échecs.
Reprends-toi un peu, tu veux.
Y a pas que le boulot, dans la vie.
Tu m'as dit que tu avais une femme, non ?
Elle est malade, hein ?
Heureusement, elle est en vie. - À la bonne heure.
Tu m'as dit que c'était une bonne épouse.
Oui, une très bonne épouse. Presque trop bonne.
Chaque jour, elle m'attend, elle aère mon lit même quand il pleut.
Elle me prépare un bain chaque jour.
Une fois, j'avais dû m'absenter pendant toute une semaine.
Elle m'avait préparé un repas chaque jour
et elle avait attendu mon retour assise devant la table.
C'est pour vous.
Elle est malade depuis si longtemps...
Jusqu'ici, j'ai toujours tout fait pour la soutenir.
Mais là, j'ai atteint mes limites.
Tu es fatigué, c'est tout.
Tiens, mange une brochette.
C'est juste ta stupide affaire.
Tu dois oublier ça, aller de l'avant et...
Je m'en moque, voilà.
De l'affaire, du Gamin à la batte.
Je ne suis plus sûr que d'une chose :
mon temps est révolu.
Enfant, j'ai voulu devenir flic
pour pourchasser les voleurs comme toi, le sac en bandoulière.
Mais j'ai bien peur que cette époque aussi soit révolue.
Je n'ai plus rien à faire ici.
Tu en es si sûr ?
On y va ?
Mais...
Vauriens.
Que puis-je pour vous ? - Des cigarettes.
Au voleur.
À l'aide, il est parti par là.
Halte.
Halte-là. Au nom de la loi, je vous arrête.
IKARI
Mme Ikari ? - Il n'est pas encore rentré.
Mon mari, il n'est pas encore rentré à la maison.
Je suis son partenaire.
VISION PROPHÉTIQUE
D'abord, une licorne se bat férocement.
Guidée par l'essaim de poupées
et la voix du Vieux Maître, elle trouve
l'épée sacrée au pied de la lune.
Et à présent, elle se dirige vers Pégase.
Qui a appelé le Chevalier Sacré ?
C'était pourtant une si gentille enfant...
Bref...
Épisode 12 : RADAR MAN
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