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L'ILE AUX FILLES PERDUES
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Vers 1780, le gouvernement fran�ais
avait fait de l'lle du Diable,
proche de Cayenne,
un p�nitencier f�minin...
Par�s � man�uvrer!
Je n'en peux plus.
Donnez-moi de l'eau, j'ai soif, je suis � bout!
C'est inutile, nous mourrons ici.
Mais je ne veux pas mourir!
R�signe-toi, Pauline,
- cette d�portation signe notre mort. - Non!
Dix ans de bagne, ce n'est pas si long.
Et je veux m'en sortir.
En re vanche, ma sentence n'a pas de fin.
Je n'ai aucun espoir.
Ils ont d'abord condamn� mon p�re,
puis ma s�ur, et maintenant c'est mon tour.
Quel monde absurde!
Tu es condamn�e car ton nom repr�sente richesse et honneurs.
Alors que nous...
notre honneur a �t� perdu sur les trottoirs.
Et notre richesse, si nous en avons eue,
�tait le fruit du d�shonneur...
Regardez! Nous arrivons!
Tous � vos postes!
Au moins nous mourrons dehors.
Signalez au navire de ne pas accoster. Feu!
lls interdisent d'accoster!
L�chez les ancres!
Faites monter ces malheureuses.
Pour elles aussi, ce maudit voyage s'ach� ve.
Les d�tenues sur le pont!
Vous me ha:�ssez.
Je ferais de m�me si j'�tais � votre place.
Mais rappelez-vous qu'il existe des lois,
et que mon m�tier est de les appliquer.
Au moment o� vous allez quitter ce navire,
et que je c� de � d'autres le de voir de faire respecter la loi,
j'ai � vous dire ceci:
soyez fortes,
affrontez sereinement la sentence,
payez votre d� � la soci�t�.
Votre vie continue, et par-del� la justice des hommes,
il y a la justice de Dieu.
Confiez-vous � Sa mis�ricorde.
Il ne vous abandonnera pas.
Lieutenant Le Favre,
Commandant provisoire de l'�le.
Capitaine Douville.
C'est peine perdue de parler de Dieu � ces femmes.
Marseille vous envoie ces listes.
- Il n'y a rien d'autre? - Non, Lieutenant.
Rien que le nom des d�tenues et leur sentence.
- Occupe-t'en, Dubois. - Bien, Lieutenant.
Embarquez dans les canots, pressons.
Vous soufflerez � terre.
Pauvres femmes!
C'est votre premi�re mission, pas vrai, Capitaine?
Premi�re et derni�re.
Je n'aime pas faire le n�grier.
Cela ne pla�t � personne.
Ignoriez-vous qu'on ne peut accoster?
Si vous aviez encore avanc�,
je vous aurais coul�.
Tous les canons sont braqu�s sur vous.
Que craignez-vous? Qu'on enl� ve les condamn�es?
Pas elles, mais ce qu'elles produisent sur cette �le maudite.
J'esp�rais que vous apporteriez ma nomination.
Une autre fois, Lieutenant.
Comment vont vivre ces malheureuses?
Bien, Capitaine.
Tr�s bien.
A la suivante.
Ce bracelet ne vous sera �t�
qu'apr�s avoir purg� votre peine.
Connaissez-vous Mich� le Fouch�, ma s�ur?
Elle est arriv�e ici il y a longtemps d� j�.
Il n'existe aucune Fouch� ici.
Ne me parlez plus sans autorisation.
Pressons. Ne perdez pas de temps.
Qui conna�t Mich� le Fouch�? Mich� le! Qui la conna�t?
Je vous supplie, r�pondez-moi!
Je suis Jeannette Durville.
Tu es ma s�ur Mich� le!
Tu es folle! Je ne connais pas de Mich� le.
- Laisse-moi! - C'est impossible.
Apprenez aux nouvelles ce qu'elles ont � faire.
On te remettra un tamis et un sachet.
Voil� le ch�timent si vous parlez.
Vite, ne perdons pas de temps.
Quatre avec moi.
Le bien de l'Etat sera religieusement gard�
m�me s'il ne s'agit que d'un simple tamis.
Vous n'avez pas le droit
de perdre ce qui vous a �t� confi�.
Fais voir...
Tu n'as pas grand-chose, dis-moi.
Je n'ai pas de chance ce matin.
Et dire que tu pourrais rester tranquille � la Tour...
N'as-tu pas honte? Et ta promesse de sauf-conduit?
C'�tait pour que tu te montres plus gentille.
Mais maintenant je suis s�rieux.
Je veux te re voir, Jeannette!
Un de ces soirs, je viendrai, si j'en ai envie.
Mais c'est de l'or!
Tu as toute ta vie pour t'�merveiller.
Sergent,
faites-les taire. Je veux leur parler.
Silence! Arr�tez le travail.
Ceci vaut pour toutes!
Qui rentrera au camp sans un sachet plein
aura sept coups de fouet.
Travaillez en silence et...
Henriette! Sauve-toi!
Ne gaspillez pas les munitions.
Henriette!
- Que fais-tu? - Tais-toi! Ou je te tue!
Reprenez le travail!
Qui �tait-ce? Henriette?
�a n'a plus d'importance.
Au moins elle ne souffre plus.
Tu es malade? Comment t'appelles-tu?
Melina.
A vos postes, au lieu de parler.
O� est ton sachet?
On me l'a pris! II �tait plein!
- Menteuse! - Un instant!
C'est moi qui l'ai pris.
Mais...
Toi!
Qui veut se reposer demain?
Moi. J'aimerais bien boire ce soir.
D'accord.
Et toi, veux-tu te reposer? Tu as fait un long voyage.
Laisse-la!
Eh! Quelle mouche te pique?
Va trouver tes femmes ailleurs ce soir.
Viens toi, alors. Le Lieutenant serait content.
J'irai lorsque j'en aurai envie.
Si c'�tait moi,
il me suffirait d'un geste.
Ce ne serait pas pareil.
Lui n'aime pas les femmes prises de force.
Pas celle-ci.
Personne d'autre?
- Ainsi, nous sommes voisines. - Merci.
Bonne nuit!
Pauline!
H� l�ne...
Fran�oise!
Melina, tiens.
Mae va!
Courage.
Je le ferais m�me s'il fallait dix ann�es.
- Mich� le! - Tais-toi!
lci je suis Jeannette Durville,
une prostitu�e de Paris qui n'a que cinq ans � purger.
Mais...
S'ils d�couvrent qui je suis, je mourrai ici!
Comme toi, condamn�e � perp�tuit�.
Jeannette �tait � notre bord.
Elle est tomb�e � la mer et a coul�.
Tous ont cru que Mich� le s'�tait noy�e. Compris?
Une fois libre, tu te nommeras Jeannette Durville?
Parle-moi de toi, de maman.
Elle est morte de douleur.
Je m'�tais cach�e � Marseille chez nos oncles.
Mais un jour, on est venu me chercher.
Quelqu'un m'avait trahie. La cour de Louis XVI
ne pardonne pas.
Tu dois tout oublier.
Ici, il ne faut penser qu'� survivre.
- D�sormais, rien n'a d'importance. - Non.
Bient�t tout sera fini et nous serons libres.
- Libres? - Oui!
Regarde! Cela fait des nuits que nous scions cet anneau.
C'est une �le! II est impossible de fuir!
Tu verras demain.
Rien n'est impossible.
Tais-toi, malheureuse!
ldiote, c'est du parfum!
Maintenant...
Viens!
Allez, vite!
- O� allons-nous? - Tais-toi.
D�shabille-toi.
Les autres y sont d� j�. Nous irons � la nage.
- Pourquoi elle? - Elle vient aussi.
C'est ma s�ur.
Je r�ponds d'elle.
Elle n'y arrivera pas!
Ne t'inqui�te pas, Mae va. S'il le faut, je l'aiderai.
Deux ans que nous voulons fuir!
Mais enfin!
- Aidons-la. - Bon, d'accord.
Nous sommes � d�couvert, c'est dangereux.
Ainsi tout est pr�t.
Les autres sont averties mais n'ont pas les d�tails.
Bien.
- Ce sera ce soir. - Ce soir?
Oui. Pourquoi? Tu as peur?
Tu peux rester ici, comme la pauvre Henriette.
Nous avons r�par� l'�pave d'un canot, � l'insu de tous.
Une fois au large, ce sera gagn�.
Martine, veux-tu te joindre � nous?
Tu sais que je te suivrai partout.
Attention!
Un caillou! Pourtant personne ne vient jamais ici.
Vous savez qu'� notre arriv�e � Cayenne
il nous faudra nous vendre?
II y a tant d'or ici.
- Que proposes-tu? - Il est bien gard�!
II y a un passage par chez Le Favre.
Entrer dans sa chambre m'est facile.
- Te livrer � Le Favre! - Pour l'or.
Nous le ramassons au p�ril de nos vies, il nous le faut.
- Tu ne peux faire �a! - Pas de sermon!
Alors?
Alors? Tu n'y arriverais pas.
J'ai trouv� le canot!
Tu nous retarderais trop.
Toutes ou rien. On m'a fouett� pour �a.
- C'est ce soir? - Ce n'est pas fix�.
C'est pour ce soir.
Je suis malade, certes, tr�s malade. Mais pas idiote.
Que fais-tu? Tu as chang�!
Apr�s un an dans cet enfer, toi aussi tu changerais.
Je veux me reposer demain.
Et cela t'a pris subitement?
Pr� venez Le Favre ou je trouve quelqu'un d'autre.
Il ne renoncera pas � toi.
Moi aussi je veux...
Le Commandant est d� j� servi...
mais moi je suis libre!
Allons.
Ce n'est pas pour ce soir.
Bien s�r. Je te crois.
Quand la peau est en jeu, plus rien n'a d'importance.
Dois-je tant attendre?
Pas si c'�tait moi.
Enfin.
J'avais promis de re venir.
Je craignais que tu ne franchisses plus ce seuil
de ta propre volont�.
Cela te d�plaisait?
Les femmes prises de force ne donnent aucun plaisir.
Laisse, je m'en occupe.
Je t'attends depuis si longtemps.
Je veux te rendre heureux.
Je le suis.
C'est une nuit merveilleuse.
Je suis s�re que tu t'en souviendras longtemps.
Tu as peur?
Tu ne disais pas avoir d� j� tu�?
C'�tait pour me donner de l'importance.
Je m'en occupe.
Non, je dois y arriver.
Je le dois.
- Au marais. - Et Jeannette?
Elle nous y rejoindra.
Dubois!
Tout est pr�t, Lieutenant.
Ta s�ur sait se d� brouiller.
Si vous l'aviez connue, avant.
Elle �tait douce, timide, bonne.
Silence!
lls sont remplis d'or!
Mich� le!
Martine!
J'aurais d� le tuer.
- Fuis! - Non!
Pour moi, tout est fini.
Prends l'or. Qu'il vous serve au moins.
Vous m�riteriez la mort.
Mais je ne veux pas me priver encore d'autres bras.
Dans deux semaines, la flotte vient chercher l'or.
Elle doit en trouver plus que les autres fois.
Vous resterez � jeun trois jours et trois nuits.
Puis je vous ferai couper la langue.
Vous ne comploterez plus!
Je vous ferai attacher � l'�pave.
Tu as laiss� Jeannette prendre l'or pour la tuer.
Mais je jure que je la vengerai.
Pourquoi t'int�resser tant � cette petite garce?
Ce n'�tait pas une prostitu�e. C'�tait ma s�ur!
Si Dieu est juste, II te punira.
Emmenez-les!
Le Commandant te remercie.
Il a demand� ta gr�ce. Tu seras libre dans un mois.
Je ne veux plus �tre libre.
Je ne veux plus.
Elle est morte.
Pauvre Fran�oise!
L'espoir soutenait la folle �pop�e de ces hommes.
A bord de ce navire, pendant des jours sans fin,
assoiff�s, fi� vreux,
ils scrutaient l'horizon cherchant l'�le du Diable
o� �taient les condamn�es. Ces p�res,
fr�res, maris, recherchaient leurs aim�es.
Tout � coup leurs femmes les virent.
Mais la temp�te jeta le navire sur ces r�cifs,
et il n'en resta que ces vieilles planches.
Ce n'est qu'une l�gende.
Et rien d'autre.
- J'y crois! - Moi pas.
Il faut garder foi en la vie, Pauline.
J'aimerais que cela soit vrai.
Un tel navire pourrait venir pour nous!
Regardez!
Et s'il venait nous chercher?
- Pas plus que les autres. - Non, il s'arr�te!
Cela ne peut �tre vrai.
C'est un mirage!
Non, c'est un vrai navire!
Ce n'est pas un mirage.
Ce navire apporte-t-il enfin ma nomination?
Le Capitaine Henri Valli�re.
Vous �tes le premier officier?
Lieutenant Le Favre, � votre service.
Tenez. Je suis le nouveau commandant par ordre du Roi.
Le nouveau Commandant?
Cela ne va pas, Lieutenant?
Non, Capitaine. Tout va bien.
Vous ne semblez pas accueillir mon arriv�e avec joie.
Quels sont vos ordres, Monsieur?
Je veux d'abord voir les fortifications,
puis rece voir les consignes quant � l'or.
Les coffres sont pleins et surveill�s.
La flotte viendra les chercher sous peu.
Inspectons, Lieutenant.
Que font l� ces femmes?
Ces d�tenues ont tent� de s'� vader.
Faites-les lib�rer de suite.
C'est moi qui les ai punies!
Vous ne pouvez ni les juger, ni les garder ligot�es.
Voil� deux ans que je commande ici, Capitaine,
et par exp�rience �tre bon avec elles ne sert � rien.
Vos opinions m'importent peu...
et je n'aime pas r�p�ter les ordres.
Faites-les lib�rer.
D�tachez les d�tenues.
Tiens. Mets-la.
- C'est du parfum. - Je sais.
J'ai lu le rapport de ton jugement.
Tu vivais bien.
Et le rhum qui m'a �t� promis?
Le Lieutenant te le donnera.
Et puis souris.
Je ne veux pas!
Je vous dis que non!
Laissez-moi partir!
Moi, je te dis que tu veux bien.
Bienvenue Capitaine!
Vous venez nous tenir compagnie?
Demain matin, rassemblez les soldats de vant le fort.
Ainsi que les d�tenues.
Ce que je dis concerne tout le monde sans exception:
Ces femmes sont ici pour purger leur peine,
et non pour �tre tortur�es
ni contraintes � des t�ches hors de leur travail.
Ceci est le premier et dernier avertissement.
Si je surprends quelqu'un � les maltraiter,
ou � abuser d'elles,
il sera pendu.
Je ne r�p�terai ni ne modifierai ce que j'ai dit.
Aux soldats est confi� un r�le de simple surveillance.
Les d�tenues, elles, travailleront
avec le m�me z� le qu'avant.
Et vous avez tous le droit de d�noncer,
aupr�s de moi, directement, tout abus.
Y a-t-il des objections?
Bien. Alors au travail sans plus tarder.
- Bougez-vous! - Jetez ces fouets!
Capitaine, on n'en tirera rien!
J'ai dit: jetez les fouets.
Bien Capitaine.
Quel est votre nom?
Martine Fouch�.
Que puis-je faire pour vous?
Me laisser tranquille.
Permettez-moi, Capitaine,
mais avec ces m�thodes, elles ne travailleront pas.
La solution me para�t tr�s simple:
sans travail, elles ne mangent pas.
Vous avez entendu?
Si vous ne travaillez pas, vous ne mangerez pas.
Pour ce que l'on mange!
- Martine! - Il va la tuer!
Martine! Re venez � la berge!
Vite, re venez!
Aidons-le!
Ma vie ne vaut rien, Capitaine.
Or vous avez risqu� la v�tre.
S'il vous avait attrap�e,
je n'aurais pu me le pardonner.
Merci.
L�chez-moi! J'ai rien fait!
O� l'avez-vous pris?
Sur la c�te, pr�s d'une barque.
- Que fais-tu l�? - J'p�chais, M'sieur,
j'ai perdu ma voile et j'ai d�riv� jusqu'ici.
Qui d� barque doit mourir.
J'vous jure que j'ai rien fait, j'veux partir!
Donnez-lui � manger et laissez-le partir.
Tiens.
Je n'ai jamais vu femme si blonde.
Tu es tr�s belle.
Plus vite, minable. Avale et pars.
Toi, l� ve-toi et file!
Qu'as-tu � me fixer?
J'veux pas oublier ta t�te, ami.
Un jour ou l'autre j'pourrais te re voir.
Ici est le tr�sor.
D�fendu tout autour,
et capable de soutenir l'assaut de cent hommes.
Il n'y a rien de ce c�t�.
Ni canon ni soldat. Et si on attaque?
II n'y a aucun accostage.
Et puis la jungle et les marais sont infranchissables.
Quiconque tenterait une attaque par l�
irait droit � la mort.
Vous croyez?
Les plans les plus r�ussis sont aussi les plus fous.
Demain vous m�nerez les soldats rele ver une ligne de d�fense.
Vous ne pouvez d�garnir le fort!
Qui d'autre saura les mouvements de troupe?
Du reste, vous rentrerez avant la nuit.
Ou bien, Lieutenant,
n'approuvez-vous pas l'op�ration?
Demain, j'ex�cuterai vos ordres.
Entrez.
Capitaine, la d�tenue Martine Fouch�
insiste pour vous parler.
Faites-la entrer.
Je vous laisse seuls.
Je viens vous parler de cet officier.
Restez.
J'accuse le Lieutenant d'avoir pr�m� dit� la mort de ma s�ur.
C'est vrai, Lieutenant?
Je n'ai rien � dire de vant une d�tenue.
- R�pondez-moi. - C'�tait mon de voir.
Celle qui dirigeait l'� vasion avait vol� deux sacs du tr�sor.
Que de vais-je faire, la remercier?
II a tir� alors que nous �tions encercl�es,
dans l'impossibilit� de fuir!
- On vous accuse d'assassinat. - Qui �a, elle?
J'ai dirig� cette �le deux ans sans le moindre souci.
Vous avez instaur� des mesures absurdes,
contraires � la discipline et au r�glement.
Vous n'�tes pas fait pour commander cette �le.
Mon rapport au Gouverneur initiera la proc� dure.
Vous serez jug� pour assassinat.
Demain, ex�cutez mes ordres comme indiqu�. C'est tout.
Partez!
Justice vous sera rendue, Martine.
Sinon, je le tuerai moi-m�me.
Croyez-vous que le tuer fera re vivre votre s�ur?
Je dois travailler, Capitaine.
Martine!
Mon rapport donnera les d�tails de la mort de votre s�ur.
Mais je ne comprends pas qu'elle ait pu voler l'or.
Le Favre a d� mentir?
Cet or est maudit, rougi de sang.
Bien s�r, mais mon rapport
ne peut parler d'une d�tenue dans la Tour!
C'est absurde.
C'est la v�rit�.
Ma s�ur est pass�e par la chambre de Le Favre.
Elle disait qu'il y avait un passage menant au tr�sor.
Nous l'attendions dehors.
Je l'ai vue, elle �tait si proche lorsque...
Ce mis�rable paiera.
Pourquoi �tes-vous rest�s?
Le Lieutenant Le Favre nous a dit de garder la Tour.
Bien. Laissez les d�tenues aller librement.
Oui Monsieur.
On signale un navire.
Navire en vue!
Retournons au fort.
- Mais, les ordres... - C'est mon affaire.
Au fort!
Des pirates! Fuyons d'ici!
Melina!
Louise, tu es bless�e!
Tu verras: les pirates tueront les soldats,
peut-�tre nous lib�reront-ils.
Nous serons libres!
Oui, bien s�r.
Nous rentrerons chez nous...
En avant!
O� es-tu, Henri?
Henri, fuis! lls vont te tuer.
Bart!
Ma parole, on dirait un perroquet!
Quelle id�e que la tienne!
Quelle id�e!
II y a m�me la colombe!
Un pirate!
Et l'or? J'en veux au moins cent livres.
Tu en auras bien plus de cent livres.
L� est le passage qui m�ne aux coffres.
C'est pour cela que tu me questionnais!
- Attends... - Des femmes sont mortes.
Tu�es par tes complices.
Tu es comme Le Favre. Pire que Le Favre!
Pire, bien pire!
Les femmes, apr�s.
Soit.
Voyons l'or. Avons-nous du temps?
Jusqu'� ce soir. Les soldats sont de l'autre c�t� de l'�le.
- Je vais regrouper nos gars. - Bien.
- Qui est-ce? - Martine.
Elle aime Valli�re et a d� apprendre qui il est.
Que je sois pirate te d�pla�t-il?
Non, cela m'est �gal.
M�me moiti� noir et moiti�...
L'amour n'a pas de couleur.
Merci.
Ils sont venus voler l'or.
Ils fileront, nous laissant � Le Favre,
qui se vengera sur nous.
Pourquoi se vengerait-il?
Nous n'y sommes pour rien!
Le Favre nous tuera toutes.
Il d�foulera sa col�re!
Quand bien m�me, que faire?
- Avertir Le Favre! - Non!
Aider cette ordure! Au moins le Capitaine a �t� gentil.
Je comprends tes sentiments,
mais Le Favre a tu� Jeannette.
Tu n'as pas d� j� oubli� �a?
Nous fuirons avec les pirates.
Allez, d�p�chons!
Bart!
Peux-tu sauver les d�tenues politiques?
Je ne peux les embarquer toutes � bord!
J'ai dit non pour toutes,
mais une, je peux!
A bient�t � bord!
Avancez, vite.
- O� vas-tu? - Qui commande?
Bart.
- O� puis-je le trouver? - Ici.
J'ai interdit � mes gars de toucher aux d�tenues.
Bel exemple.
J'ai � vit� qu'elles donnent l'alerte en leur promettant la libert�.
Tu l'as promis, pas moi. Il n'y a pas de place � bord.
C'est faux!
II y aurait de la place si vous n'emportiez pas l'or!
Tu voudrais que j'y renonce?
Et qui m'assure contre des voleuses � bord?
- Et des tueuses. - En plus.
- Votre nom est Bart? - Francis Bart.
Profession... pirate.
Pirate, non... plut�t aventurier des mers!
Souhaitez-vous la gr�ce royale pour vos m�faits?
A qui ai-je l'honneur? A la reine de France?
Nous sommes des d�port�es politiques,
issues de l'aristocratie ennemie de l'Autrichienne.
- De qui? - De Marie-Antoinette.
Toutes, je ne peux pas.
Tout au plus toi, � condition que tu tiennes ta promesse.
Et m�me. Suis-moi � bord malgr� tout.
Nous toutes, ou aucune.
Dommage.
Henri, tu es bless�?
Ce n'est rien.
Le Favre est plus fin que je ne le pensais.
- �a de vient risqu�. - Je te couvre!
Feu!
En avant!
Retournons � bord!
Attention!
Que fais-tu ici?
Tes amis s'en vont?
Va � bord. Je les tiens � distance et te rejoins.
Viens, toi aussi.
Cours, ne crains rien pour moi!
Arr�tez!
Emmenez-le.
Je le veux vivant.
Pauline!
Mae va.
Les l�gendes peuvent �tre vraies parfois.
Je n'y croyais pas.
Maintenant, c'est moi qui n'y crois plus.
J'entends comme des pas...
un bruit de soulier sur les pav�s.
Je retourne sur les trottoirs de Paris!
Les canons ont �t� sabot�s.
Il est trop tard pour les rattraper.
O� se dirigent tes complices? O� portent-ils l'or?
Encore!
Portez-le dans les caves.
L'une de vous sait o� allaient ces voleurs?
Parlez!
Vous travaillerez jour et nuit.
Que personne ne bouge!
Vous remplacerez tout l'or vol�, dussiez-vous mourir dans les marais.
J'ai su que tu voulais venir m'avertir
apr�s l'arriv�e des pirates.
Est-ce vrai?
Je ne sais plus.
Ne t'en repentis pas.
Ton intervention me touche et je veux t'en remercier.
Tu ne travailleras pas aujourd'hui.
Je dois travailler comme les autres.
Mais si c'�tait ce pirate
qui te l'avait propos�, tu aurais accept�!
Non.
Je le hais parce qu'il m'a menti.
C'est un l�che!
Bart! Je retourne chercher Martine.
- Quoi? - Je dois y aller.
Elle ne voudra peut-�tre plus me suivre mais je me serai justifi�.
Et risquer de te faire tuer par ces bandits?
Je ne demande qu'une barque.
Je de vrais t'assommer, �a te sauverait la vie.
Je ne suis pas mort, Bart!
Tu le seras si tu y retournes.
Nous sommes pleins d'or,
et tu veux tout g�cher pour cette...
Demande deux gars au quartier-ma�tre.
- On ouvre la cale de r�serve? - Oui, vite.
Ecoute.
Nous croiserons au large pendant trois jours.
Si tu ne re viens pas, nous partirons.
Si je ne re viens pas,
que ma part d'or aille � la R� volution.
Je vous accompagne.
C'est d� j� difficile pour un homme seul!
Elle reste ici.
Va dans la cale.
Tu es vraiment fou.
Tu es avec nous par id�al, et cela ne suffit plus.
Il y a cette femme: tu es doublement fou!
Peut-�tre dis-tu vrai. J'esp�re te re voir.
Bonne chance, Henri Valli�re!
Pr�parez une chaloupe.
Travaille!
Allez!
- Ne perds pas de temps! - L�che!
Nous mourrons ici. Toi, tu mourras damn�!
Melina, �coute. Il y a quelqu'un derri�re ces herbes.
Je crois que c'est... Tu dois le rejoindre.
Mais... Tu me fais confiance?
Et pourquoi pas? Va, et fais attention � toi.
Moi j'occuperai ces crapules.
Accorde-moi du repos, je suis � bout.
Un court instant, j'ai re vu la femme qui m'attend � Paris.
Dans un autre lit!
C'est comme �a qu'elles vous attendent?
- Garce! - Non!
Valli�re.
Personne ne m'a vu.
J'esp�re que vous n'avertirez pas Le Favre?
Non... Ici, ils vous verront.
O� aller? Ma barque est bris�e.
Aux falaises derri�re la colline.
Tentez de les rejoindre sans �tre vu.
Merci.
Dites � Martine que je suis l�.
Oui.
Martine!
Laisse-moi, il n'y a plus d'or!
Tu es re venu trop t�t pour voler.
Je ne suis pas re venu pour l'or, mais pour toi!
Et je de vrais te croire?
Tu m'as tromp�e, m�me ton amour �tait feint!
Presque toutes mes amies sont mortes par ta faute.
Personne ne de vait mourir.
Si les Fran�ais avaient tard�, elles seraient � bord, libres.
Mais elles sont mortes.
- Et il y en aura un autre. - Qui?
Ton ami. Que Le Favre torture dans la Tour.
Le m�tis? Vivant?
Oui. Et j'esp�re qu'il parlera, pour qu'on vous poursuive.
Mais comment oses-tu me juger?
Tu ignores la raison qui m'a fait voler l'or.
- Henri! - M�tisse!
On dirait que j'arrive � temps!
On vient, attention!
Ainsi, tu continues � te taire?
Mais tu parleras!
J'avais bien dit qu'on se re verrait.
Ach� ve-le.
�a suffit.
Suis-moi, allons en lieu s�r.
Celle qui parle aura affaire � moi!
Nous ne paierons pas la mort de Dubois!
Ce n'est pas notre faute!
D�non�ons Valli�re.
- Tu ne sortiras pas vivante! - Non!
Arr�tez! Vous �tes de venues folles.
Ne trahissons pas Valli�re.
Je le voulais, avant. Mais souvenez-vous:
avec lui nos peines ont disparu,
nous rede venions des humains.
Tu parles ainsi car tu l'aimes.
Rassurez-vous, je sais que les responsables sont ailleurs.
Les assassins du Sergent Dubois auront leur ch�timent.
Les c�tes sont surveill�es,
et � l'int�rieur, la jungle ach� ve qui ose la d�fier.
Tu es bien malade.
- Il faut te soigner. - Inutile.
D�sormais, pour moi, c'est la fin.
Ne dis pas cela.
On peut toujours s'en sortir.
Un navire demande � jeter l'ancre.
Indiquez-lui d'attendre.
Allez l'inspecter et ramenez le Commandant � terre.
M�me si nous n'avons plus d'or � d�fendre,
le r�glement doit toujours �tre appliqu�.
Allons, Melina, viens.
Votre position est grave, Lieutenant Le Favre.
Marseille ouvrira une enqu�te.
Je ne pouvais pas supposer, tout �tait en r�gle!
L'Etat avait besoin de cet or
pour combattre ceux qui veulent abattre la monarchie.
Nous avons de la poudre pour vous.
Venez Capitaine, on nous invite � d� jeuner.
Qu'as-tu? Tu ne vois pas que ce repas est en ton honneur?
Tu es bien silencieuse!
Ta conversation est fine, cultiv�e.
Le Capitaine aimerait t'entendre.
Tu dis d'habitude des choses int�ressantes.
Que t'arrive-t-il, ce jour?
Peut-�tre l'intimidez-vous?
Vous n'entendrez donc que ma voix, Capitaine.
A moi de vous raconter une belle histoire de ce pays.
Il s'agit d'une jeune et jolie d�tenue
qui ressemble � notre ch�re Melina.
Par le pass� elle nous avait �t� utile... en clair,
elle avait espionn� pour nous,
et avait caus� la mort de certaines compagnes.
Et bien, Capitaine,
maintenant je me demande
ce qu'il lui arriverait
si les autres apprenaient sa trahison?
C'est � dire si, un jour,
lass� d'�tre amical et patient avec elle,
je me d�cidais � tout leur r� v� ler.
Ce serait un beau spectacle, pas vrai, Capitaine?
Pensez � ses camarades qui l'ont aid�e,
en toute confiance...
Tuez-moi, mais tuez-moi donc!
Pourquoi me torturer?
Ce serait un crime de plus que l'on m'attribuerait.
La haine de tes compagnes doit te tuer.
Il faut parfois avoir piti� de ces malheureuses.
Capitaine,
je ne saurais avoir piti� si ma vie est en jeu.
Parle!
Dis-moi o� se cachent les assassins de Dubois?
Tu le sais!
Je ne dirai rien, je pr�f�re mourir!
Garde!
Faites rassembler les d�tenues!
Tu n'as qu'une seule fa�on de t'en sortir.
Parler, parler
et parler encore!
Mon Dieu, aidez-moi!
II faut les rejoindre.
Regarde!
Pauvre Melina, elle est boule vers�e. Maudit Le Favre.
Melina!
Viens nous voir.
Qu'as-tu? Tu te sens mal?
Laissez-moi, vous ne de vez pas vous occuper de moi.
Mais qu'est-ce qu'elle a?
Elle est si malade...
Regarde, Martine. C'est le moment!
Je ne me crois pas encore vaincu:
avant de partir, j'esp�re que vous participerez � notre battue.
Pour notre gibier, nous avons deux potences de bon cordage.
J'accepte avec plaisir, Lieutenant.
Je ne renverrai donc pas mes soldats � bord.
Je reporte notre d�part � ce soir.
Comme il vous plaira.
Je mets la poudre � l'abri, Lieutenant?
Plus tard.
Martine, tu veux me parler?
Soyez remerci�, Lieutenant,
en notre nom � toutes, de votre...
Mais non!
Je veux que cette �le o� vous avez souffert
ne soit plus terrifiante pour vous,
et sp�cialement pour toi, Martine.
Je voulais demander...
Oui, dis-moi.
- Je voudrais un repos. - Comment?
Je suis tr�s fatigu�e. Je n'en peux plus.
Je m'attendais � cela.
Pourquoi?
Parce que j'ai vu ton application au travail.
Aujourd'hui tu peux faire ce que tu veux.
Je veux te faire confiance. Tu ne seras pas surveill�e.
Va donc.
Tu le m�rites.
Merci.
Laissez-la libre.
Je sais bien o� elle ira.
Nous de vons embarquer ce soir pour retrouver Bart.
Regarde voir s'il y a encore du bois.
Elle va aux falaises � la nage. Nous irons par le haut.
Que veux-tu?
J'�tais la seule � pouvoir t'avertir.
- De quoi? - Il y a un canot.
- Attention, c'est un pi�ge. - Non,
Henri, tu dois me croire.
Pardonne-moi d'avoir �t� si dure, si injuste.
Tu crois ce qu'elle dit?
Oui.
Bon, montre-moi ce canot.
Arr�tez!
Plus un geste ou je tire.
- On nous a trahis! - Ce n'est pas moi!
Pourquoi te justifier? Nul ne t'accuse.
Saluez votre Capitaine!
Prenez-le!
Ne bougez plus.
Vous serez pendus
si vous ne r� v� lez pas o� est cach� l'or.
Allons.
Courage, Martine.
Henri, tu es ma seule raison de vivre, mon seul espoir.
Le Favre t'a donn� une chance de te sauver:
rends-lui l'or, je t'en supplie, Henri!
Je ne veux pas mourir.
Mais que vaudrait ma vie
si je trahissais les id�aux pour lesquels j'ai lutt�:
la suppression des privil�ges,
- l'�galit� de tous... - La R� volution?
Mais quelle importance?
C'est ta vie qui compte. Tes droits.
L'or est n�cessaire au succ�s de notre cause.
Libert�,
Fraternit�, Egalit�,
je ne pensais pas que l'on puisse mourir pour ces trois mots.
Ils sont doux comme une pri�re.
Mais ces mots ne veulent
plus rien dire.
Je sais seulement ceci:
je t'aime, et ne veux pas te perdre.
Martine,
je te demande de me comprendre.
- Je ne veux que cela. - Non!
Je t'aime!
Le Favre te veut au premier rang.
Avance.
Je suis curieux de voir si tu sais mourir.
Lib�rez-les ou je mets le feu aux poudres!
Et nous sautons tous!
Fais-les reculer, Le Favre. Laisse-les s'enfuir.
Voil�, Le Favre,
tu peux bien dire que c'est moi qui ai trahi Valli�re
et mes compagnes.
Ce seront tes derni�res paroles.
Et ma honte... sera de courte dur�e.
J'ai dit: � loignez-vous.
Mettons-nous � l'abri!
Vite.
Melina, non!
Partez!
Martine, lib�re mes liens.
Regroupez les femmes
et ramassez armes et munitions. Vite!
Suivez-moi!
M�tis!
Suis-moi.
Voil� ce que nous avons. Et de la poudre.
Parfait.
- Qui sait utiliser un fusil? - Moi!
Prenez position entre ces canons, vite.
Les autres derri�re les bosquets.
Ne tirez pas sans mon ordre.
Feu!
Henri, les soldats avancent!
Nous sommes trop � d�couvert, ici.
Repliez-vous, vite, repliez-vous.
Pointez au sol sur les femmes.
Vite, vite, pointez vers la mer!
Tirez!
En avant!
Notre vengeance approche.
A mort Le Favre!
Henri!
C'est Francis Bart!
Tu arrives � temps, Bart! Occupe-toi d'eux!
- Rosie! - Amour!
Enfin,
tu t'es d�cid� � m'emmener, vieux brigand.
Un peu plus et tu ne trouvais que les os!
Henri, tu as trouv� ta colombe?
Oui, je l'ai trouv�e.
Moi aussi!
Encore heureux qu'il soit rest� plus que les os!
Je n'avais jamais vu de femme si blonde!
Adaptation: P. Barsanti
Sous-titrage: C.M.C. - Paris
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