All language subtitles for Imma Tataranni 1x06 Dalla parte degli ultimi frances

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Original subtitles

Ca fait quelques jours que je fais le même cauchemar.

Je passe la matinée à cuisiner

pour préparer un bon repas à mon mari.

De l'agneau rôti, des pâtes au navet,

des fèves à la chicorée, des lampascioni frits.

- Des lampascioni frits ? - Oui, je sors le grand jeu.

On dévore tout. On ne laisse rien.

- On a le ventre comme ça. - Félicitations.

Mon mari finit par s'endormir sur le canapé.

Et là, il se passe quelque chose d'étrange.

Je vous écoute.

Après le café, je me lève

et je passe par une fenêtre

qui relie ma chambre à l'appartement des voisins.

Je me faufile dans leur cuisine, j'ouvre le frigo et je mange tout.

Comme si tout ce vous veniez de manger ne vous avait pas suffi.

C'est très intéressant.

Comment ont réagi les voisins ?

Ils vous ont entendue ?

Oui, le voisin est entré

et il m'a chopée avec les mains dans le pot de ricotta.

Vous ne comprenez pas ce que ça veut dire ?

Si vous ne comprenez pas, on va vous l'expliquer.

Personne n'est au-dessus de la loi, pas même vous.

Je vais obtenir l'acquittement.

Pourquoi tu m'aides ? Je pourrai pas te payer.

Je suis prêt à tout pour ma soeur.

Nous sommes ici aujourd'hui pour juger une Furie.

Une sorcière vindicative de la Grèce antique

qui n'a jamais réussi à devenir une Euménide.

A cet égard, j'appelle à la barre le maréchal Ippazio Calogiuri.

- C'est quoi le rapport ? - C'est un témoin.

Taisez-vous.

Je sais même pas de quoi on m'accuse !

De haute trahison.

Je vous invite à regarder

la victime présente dans la salle.

Pietro, je t'ai jamais trahi !

Pietro !

Je te le promets.

Maréchal Calogiuri, pouvez-vous affirmer que l'accusée

a déjà trahi la victime ?

Je dois avouer que oui.

Vous pourriez me dire avec qui ?

Avec moi.

T'as perdu la tête ?

Madame la Substitute,

on s'est cachés pendant longtemps,

mais il est temps que tout le monde le sache.

L'accusée vous a emmené dans la Grotte des Chauves-souris

et c'est là que la trahison a eu lieu ?

Vous confirmez, Calogiuri ?

Oui, mais c'est pas tout.

Y a eu d'autres endroits.

Je n'ai rien à ajouter.

Calogiuri, tu peux me dire où et quand

on est passés à l'acte ?

Je vous en prie.

Madame la Substitute...

Vous affirmez que vous n'avez jamais pensé...

Vraiment jamais,

même dans vos rêves les plus intimes,

à déguster de la ricotta avec moi

en dehors de votre foyer ?

Moi, j'y ai pensé.

Comme on dit :

Parfois, ce que l'on pense, ce dont on rêve,

devient plus réel que ce que l'on vit.

J'ai raison ?

Je demande à la cour la peine maximale

pour mauvaises pensées avec circonstance aggravante

étant donné la morbidité et la réitération de l'acte.

J'ai terminé.

Vous pouvez éteindre ce fichu téléphone !

J'ai les mains prises !

Vous voulez que je fasse comment ?

C'est une injustice !

Calmez-vous. Elle a une force surhumaine.

Elle s'évade ! A l'aide !

C'est une injustice !

Oui, Don Mariano.

Il faut que je vous voie.

Sur-le-champ.

Tout de suite ?

C'est à quel propos ?

Je peux pas en parler au téléphone.

Rejoignez-moi à la station-service.

Celle près de Miglionico, dans 30 minutes.

On peut se voir à 8 h 30 au Parquet.

Non, mieux vaut éviter les oreilles indiscrètes,

croyez-moi.

Près de Miglionico ?

Oui, dans 30 minutes.

Dans 45 minutes, ça vous va ?

OK, mais ne soyez pas en retard.

C'est une grosse affaire.

C'est très important.

Très bien, merci.

"Soyez pas en retard", facile à dire.

Pietro ?

Mon amour, qu'est-ce qu'il y a ? Viens là.

Chéri ? Viens.

Qu'est-ce qu'il s'est passé ?

Mon coeur...

Pietro ! Non !

Pietro ?

Valentina !

Qu'est-ce qu'il a ?

Ils m'ont parlé de son coeur.

Non, te fais pas de souci.

Il avait mal au ventre.

Il a dû trop manger hier soir.

Calme-toi.

Calme-toi, ça sert à rien de s'agiter.

Je suis sûr que c'est rien.

- Elles sont là. - Les voilà.

Que s'est-il passé ?

Qu'est-ce qu'il a mangé ?

T'avais cuisiné ?

Hier, il a dîné avec un collègue.

Commencez pas.

Ca se trouve, ça n'a rien à voir.

Son électrocardiogramme n'était pas bon.

- C'est son coeur ? - Mais non.

Il est en bonne santé.

Selon le médecin, le problème gastro-intestinal

a affecté sa circulation du sang.

- D'où la perte de connaissance. - Il s'est évanoui ?

Je vais appeler Ridolfi pour savoir ce qu'ils ont mangé.

C'est qui ?

Le collègue avec qui papa a dîné hier soir.

Allô ?

Paolo, c'est Imma.

Vous avez mangé quoi hier soir, avec Pietro ?

Ce matin, il a été malade.

Ah, Imma ! Salut.

Désolé, mais...

Je comprends pas. Quel dîner ?

Comment ça ? Hier soir.

Hier soir ?

Oui, tout à fait, hier soir, on a dîné ensemble.

Oui, on a mangé tous les deux.

Ne dis rien qui peut se retourner contre toi.

Mais non, t'inquiète pas.

Mais je me souviens plus ce qu'on a mangé.

OK.

- Salut, Paolo. - Salut.

Bravo, Pietro.

Qu'est-ce qu'il y a ?

J'ai essayé de t'appeler, mais c'était occupé.

On t'a dit pour Don Mariano ?

Bordel, ça m'est complètement sorti de la tête.

Il a appelé ?

Il est mort ce matin.

Renversé par une voiture.

Une patrouille l'a trouvé.

Où ça ?

Pas loin de Miglionico, à côté d'une station-service.

Matarazzo, allez à l'aire de repos.

On a pas besoin d'essence.

C'est pas pour l'essence. Arrêtez-vous.

Bonjour.

Bonjour.

Comment va votre mari ?

Il va bien, merci.

- Bonjour, madame la Substitute. - Bonjour.

J'ai parlé au pompiste de la station.

Il a vu Don Mariano vers 7 h, dans sa voiture.

Il attendait quelqu'un.

Ensuite...

Ensuite, il l'a perdu de vue.

Puis il a vu la patrouille arriver et ils avaient trouvé le corps.

Je pense qu'il attendait son assassin.

La station-service est équipée de caméras.

- Tu peux obtenir les vidéos ? - C'est déjà fait.

Mais l'entreprise est basée à Milan

et on aura pas les résultats tout de suite.

J'ai aussi déposé une demande pour obtenir ses relevés téléphoniques.

Déjà ? C'est bien.

T'as bien fait, c'est bien.

Et vous, qu'avez-vous à me dire ?

Etant donné sa position et les traces de pneus,

il a été renversé ici.

Ils lui sont passés dessus plusieurs fois.

Jusqu'à preuve du contraire,

sa mort est due à l'écrasement de sa cage thoracique.

Son portable était dans sa poche et il a été complètement détruit.

Je pense pas qu'ils en tireront quelque chose.

Vous pouvez identifier le type de voiture ?

Non, les traces sont trop légères et le terrain est trop dur.

La tablette ! Vous avez retrouvé une tablette ?

- Non. - Ils ont dû s'en débarrasser.

Il l'avait toujours avec lui.

Viens, on va à la fondation.

Vous montez avec moi ?

Non, merci, je vais rester avec Matarazzo.

Vous savez si quelqu'un le menaçait récemment ?

Il recevait des menaces de tout le monde en permanence.

Ca a commencé par le toxicomane.

Celui qu'il aidait.

Et y a eu le maquereau.

Pardonnez-moi l'expression.

Et les usuriers se sont mis à nous tabasser.

Regardez.

Mais je me laisse pas faire.

Depuis que j'ai quitté la Lituanie pour venir ici...

L'autre jour, un type qui cherchait sa femme est venu.

Il est arrivé le soir en hurlant.

Il se met à tout saccager.

Il n'était pas apprécié de tous.

Oui.

Vous savez où est sa tablette ?

J'en sais rien, son bureau est en bas.

Je peux vous accompagner.

Et maintenant ?

J'ai pas de travail.

Je sais même pas si je peux rester ici.

Si j'ai des infos, je vous tiens au courant.

Par ici, madame la Substitute.

Je l'ai déjà vu la cacher par ici.

Mais il l'avait souvent avec lui.

Ici, y a rien.

C'est quoi ton rôle à la fondation ?

Je donne un coup de main. Je cuisine.

Je rends service, j'essaye de me rendre utile.

Je dois beaucoup à Don Mariano.

Madame la Substitute Tataranni ?

Oui.

Enchanté, Antonio Scaglione.

Entrepreneur et investisseur de cette fondation.

Salut, Samuel.

Vous connaissiez Don Mariano depuis longtemps ?

Depuis des années. Il m'a sorti d'un mauvais pas.

Sans lui, je sais pas ce que je serais devenu.

Madame la Substitute ?

Le procès contre lui, c'est une honte.

Ils l'ont traîné dans la boue et ils l'ont tué !

Lui, c'est Sergio. Il nous donne un coup de main.

Et elle, c'est Caterina.

Don Mariano a aidé son fils.

C'était un toxicomane.

Il l'a sauvé. C'était un saint.

Il aimait pas que je dise ça, mais c'est la vérité.

Et vous, les institutions, vous l'avez abandonné.

Malheureusement, elle a raison.

Lors du procès Mottola, ceux qui avaient une dent contre lui

se sont manifestés.

Lui, qui l'a aidé ?

Personne.

Heureusement, j'ai pu l'héberger dans une maison isolée

à Sasso Barisano.

Quand ces salopards l'ont su, ils m'ont fait la misère.

Vous inquiétez pas, j'ai déjà porté plainte.

Elle ne s'occupe pas du procès Mottola.

Madame ?

Ne le laissez pas tomber une nouvelle fois.

Faites enfermer le salopard qui l'a tué.

T'as regardé le dossier sur Don Mariano ?

Je suis en train.

Convoque-moi immédiatement ce monsieur Mottola.

Imma, il veut qu'on se sépare.

Giuseppe ?

Excuse-moi, comment va ton mari ?

Lui aussi, c'est une perle.

Diana, ressaisis-toi.

T'as raison.

Tu peux me trouver des infos sur un certain...

Cenzino Latronico.

Il est décédé.

C'est personnel.

Cenzino Latronico, comme l'avocat ?

OK. Pourquoi c'est personnel ?

Ca a à voir avec l'enquête ?

Oui et non. Ca tend plus vers le non.

Donc, ne mets pas tout dans le dossier.

OK, Diana ? Fais preuve de discrétion.

Tu resteras à mes côtés pendant cette période ?

Comment ça ?

Je vais verser du sang et des larmes pour cette séparation.

Du sang et des larmes !

T'as de la chance d'avoir un homme de confiance à tes côtés.

Comment tu te sens ?

Je me sens beaucoup mieux.

Il est quelle heure ?

Il est presque 16 heures.

Elle revient quand maman ?

Elle a dit qu'elle viendra plus tard.

Elle était en colère ?

Papa, on a tous eu très peur.

Tu veux que je t'amène quelque chose ?

Non, j'ai besoin de rien.

Si besoin, j'appelle l'infirmière.

- Si tu dois y aller, vas-y. - T'es sûr ?

Oui.

Je reviens dans cinq minutes.

T'inquiète pas, ma petite infirmière.

Ridolfi ?

Oui, je me sens un peu mieux.

Si ma femme t'appelle...

Elle t'a déjà appelé ?

Génial.

M. Mottola, afin de mieux comprendre,

vous accusez Don Mariano de pas vous avoir aidé avec vos dettes.

J'ai perdu deux pharmacies sur trois.

Celle de Grottole et de Ferrandina.

Je suis vraiment désolée.

Pour vous, l'association de Don Mariano vous a aidé,

mais pas assez à votre goût ?

Et si j'ai bien compris, vous êtes persuadé

que Don Mariano demandait un pourcentage

pour aider les entrepreneurs en difficulté, comme vous,

et à vous, rien ?

Moi, j'avais droit à des sourires et à de la solidarité,

mais aux autres, il leur trouvait des financements.

Comment ça se fait ?

Je comprends que vous puissiez ne pas me croire.

Attendons l'issue du procès.

J'y crois pas trop.

Quand l'accusé meurt, le procès est annulé.

Moi, si j'étais vous, je m'estimerais chanceuse.

Vous évitez les frais de justice.

Vous vous rendez compte ?

Don Mariano a été le seul à vous venir en aide et il a été tué.

Vous culpabilisez pas ?

Moi ?

Pourquoi ? Je devrais ?

M. Mottola,

je vais vous poser la question clairement.

Il y a 3 ans, vous lui avez pas demandé de faire ce qu'il a fait ?

La plainte et le reste ?

Diana !

Raccompagne le monsieur.

Bonne journée.

On dîne quoi ?

Moi rien, j'ai pas faim.

Moi, j'ai faim et je vais manger.

Pourquoi t'es méchante avec papa ?

- Moi ? - Non, ma tante.

Depuis qu'il va mieux, t'as passé cinq minutes avec lui.

Ce soir, t'es même pas montée le voir.

J'étais fatiguée.

J'ai passé la journée à chercher l'assassin

d'un prêtre bon samaritain.

Je sais que ton travail est important.

Mais si y a que ça qui compte, pourquoi t'être mariée ?

Je me suis toujours posé la question.

Tu veux savoir pourquoi ?

Parce que ta mère est une idiote.

Une imbécile, une débile.

Mais t'es obligée de faire avec.

T'as pas eu de chance, Valentina.

Voilà la mère que tu te tapes !

Qu'est-ce qu'il y a ?

Rien.

C'est à cause de Don Mariano ?

Depuis hier, je pense à son intervention à l'école.

C'est quoi le rapport avec papa ?

Il a pas fait exprès de manger ces moules.

Tu le pardonnes ?

On verra bien.

Impossible de savoir le modèle de la voiture ?

Les pneus étaient très usés.

En gros, c'est une épave.

OK, merci.

- Bonjour, madame. - Bonjour.

J'ai rien de nouveau. L'autopsie n'a rien révélé.

Traumatisme au coeur et aux poumons, il est mort sur le coup.

Très bien, merci.

Au revoir.

Madame, j'ai les relevés téléphoniques.

- Les relevés ? - Ceux de Don Mariano.

- Déjà ? - Oui.

J'ai tout envoyé au Procureur général et au maréchal.

- A Calogiuri ? - Oui.

Je sais... Je t'en ai pas parlé.

Le matin du meurtre, Don Mariano m'a appelée à l'aube.

Il voulait me parler.

C'est moi qu'il attendait à la station-service.

Malheureusement, il m'a pas dit de quoi il voulait me parler.

Pourquoi vous m'avez rien dit ?

Je l'ai découvert tout seul.

T'es pas le seul.

J'en ai même pas parlé à Vitali.

Je pense qu'il vient d'être au courant.

Allô, M. le Procureur.

Bien sûr.

J'arrive.

Pourquoi ?

Je sais pas pourquoi.

C'est compliqué, Calogiuri.

J'ai pas d'explication.

J'ai suivi mon instinct et j'ai eu tort.

Mais Don Mariano m'a dit

qu'il voulait pas m'en parler au Parquet.

Et donc ?

- Vous me faites pas confiance ? - Non !

Laissons de côté les problèmes personnels.

Concentrons-nous essentiellement sur l'enquête, OK ?

Très bien.

Alors, madame la Substitute ?

Vous savez ce que j'ai sous les yeux.

Pas besoin de vous le montrer.

Le fait d'avoir oublié de vous dire qu'il m'avait appelée,

ça prouve ma bonne foi.

Vous avez une très bonne mémoire.

Comme à moi, rien ne vous échappe.

Il vous a appelée une heure avant le meurtre présumé.

Vous connaissiez la victime

et pour je ne sais quelle raison, vous ne m'avez rien dit.

Je peux savoir ce qu'il vous a dit ?

Il voulait me parler de quelque chose.

On avait rendez-vous à la station-service.

Pourquoi n'y êtes-vous pas allée ?

Mon mari a décidé de faire un malaise à ce moment-là.

Je suis désolé, j'espère que c'est rien de grave.

Vous avez pas idée... Laissez tomber.

Je suis vraiment désolé.

Mais vous pouvez m'expliquer

pourquoi vous n'avez pas reçu Don Mariano ici ?

Il a insisté pour qu'on se voie là-bas.

Il voulait peut-être me montrer quelque chose.

Un exemple parfait qui prouve que vous ne me faites pas confiance.

Je vais vous donner une gifle morale.

Je vous retire pas l'affaire,

mais faites attention.

Au premier faux pas, vous aurez des comptes à me rendre.

Me sortez pas votre histoire de complot.

Ma patience a des limites avant même d'avoir commencé.

Je veux uniquement des preuves.

Le reste, laissez-le aux amateurs de polars.

En ce qui concerne ce que vous écrivez,

tenez-moi informé au fur et à mesure.

Car c'est moi qui écrirai le final.

Les gars, vous pouvez nous laisser seuls ?

Alors ? Qu'est-ce qu'il vous a dit ?

Il me retire pas l'affaire,

mais en cas de pépin, c'est moi qui prends.

Bref, concentrons-nous sur l'affaire.

Y a du nouveau ?

Oui.

Selon les relevés téléphoniques,

Don Mariano, quelques jours avant sa mort,

a surtout parlé aux membres de l'association.

Y a un numéro qui apparaît comme inconnu.

Il appartient à un certain Pasquale Iannuzzi.

J'ai appelé Ilona, la femme de ménage de Don Mariano.

Elle m'a dit que ce Pasquale Iannuzzi

avait une dent contre le prêtre.

Don Mariano a aidé sa femme à fuir un mari violent.

C'est intéressant, non ?

C'est un mobile envisageable.

Essaye d'en savoir plus sur ce Iannuzzi.

Si la Scientifique a fini avec les affaires de Don Mariano,

tu peux me les faire envoyer ?

Tout est déjà dans votre bureau.

Merci.

De rien.

C'est toi qui l'as ?

De quoi ?

Ca.

Ils m'ont demandé de te l'enlever. Elle est à la maison.

OK, mais tu peux me la ramener ?

Sans, je me sens nu.

Avant, quand tu regardais ma main,

tu lui faisais toujours un petit bisou.

Pas aujourd'hui.

Je mangerai plus jamais de moules, je te le promets.

C'est bizarre que Ridolfi ait rien eu.

Il a pas mangé de moules ?

Le pauvre, il est déjà assez malchanceux comme ça.

On lui a diagnostiqué une démence sénile.

Il a pas 40 ans ?

C'est une sorte de démence anticipée.

Il a plus toute sa tête.

Il est toujours perdu.

L'autre jour, il a été retrouvé dans un supermarché.

Heureusement que c'était ouvert 24h/24.

Il était là-bas tout seul.

Il oublie même avec qui il a dîné.

Vous avez dîné où ?

Ca s'appelait "Fermeture Immédiate".

"Fermeture Immédiate."

- Tu connais pas ? - Non.

Et qui a payé l'addition ?

Qui a payé, Pietro ?

On a fait ça à la romaine.

T'as payé en espèces ou par carte ?

J'ai...

- J'ai... - Tu as quoi ?

Je comprends ce que vivent ceux que tu interroges.

Tu lâches pas l'affaire.

Mange.

Allez, mange.

- Ouvre la bouche. - J'avoue.

- Je me rends. - Ouvre la bouche, Pietro.

Ridolfi n'est pas sénile.

J'avais compris.

Ouvre.

Allez, ouvre.

Voilà.

J'admets aussi

que j'ai pas dîné avec lui.

J'ai tout avoué.

Encore ?

J'étais gêné par cette histoire...

Par ce dîner avec ma prof de saxo.

Mais les moules étaient délicieuses.

Les moules, hein ?

Arrête de te faire des films.

C'était un dîner de remerciement.

Parce que j'ai réparé son ordinateur.

La prochaine fois que tu vomis, appelle ta Cinzia Sax,

Cinzia Sexe, peu importe comment elle s'appelle.

Personne sait prendre soin de moi comme toi.

J'ai trouvé quelques informations sur Pasquale Iannuzzi.

Il y a 5 ans, il a pris 3 mois pour complicité.

Il a aidé un homme de la Sacra Corona Unita.

Il possède aussi un camion avec lequel il travaille.

Et sa femme a déposé 3 plaintes contre lui pour violence.

Une certaine Rosa Divella.

Mais cette femme...

a été aidée par Don Mariano

afin qu'elle échappe...

à son mari dangereux.

Un homme violent...

qui a des antécédents

et qui en veut à Don Mariano pour sa femme.

Le coupable parfait.

Vous êtes pas convaincue ?

Je t'ai toujours dit que dans une enquête,

les convictions, ça ne vaut rien.

Imma, j'ai les informations sur Cenzino Latronico.

Merci, Calogiuri, tu peux disposer.

Très bien.

Vive la discrétion !

Je savais pas qu'il était là.

Les enfants avec leur père.

Chiara est ophtalmologiste et Angelo est avocat au pénal.

M. Latronico était promoteur immobilier.

Il a fondé les Chantiers Latronico.

Il a connu le succès dans les années 60,

mais pas autant qu'en 80, après le tremblement de terre.

J'avais raison.

Avec l'avocat, ils sont de la même famille.

Les Chantiers Latronico opèrent dans le secteur public.

Y a énormément de photos de Cenzino avec des maires, des gouverneurs...

Avec des gens haut placés.

Il est mort le 2 juillet 2011.

Oui, le jour de la fête de la Bruna.

Viens voir le char !

Maman ?

Ca va ? Qu'est-ce qu'il y a ?

Tu te sens bien ?

Tu me caches quelque chose.

Il s'est passé quelque chose ?

Tu te souviens de la fête de la Bruna en 2011 ?

Tu voulais pas voir le char.

Tu t'en souviens ?

Maman, tu t'en souviens ?

De quoi tu parles ?

Je sais même plus comment je m'appelle

et tu me parles de 2011.

T'étais toute triste.

C'est normal.

Pourquoi ?

Ton père venait de mourir. Je devais me sentir comment ?

Papa ? Il était déjà mort depuis longtemps.

Si tu le sais, pourquoi tu me poses la question ?

C'est pour ça que tu vas toujours au cimetière ?

Pour la tombe de Cenzino Latronico ?

Don Mariano enquêtait sur une grosse affaire.

Faut qu'on trouve sur quoi.

Si on avait sa tablette...

Le tueur a dû s'en débarrasser.

Et Iannuzzi ?

Il possède une Twingo de 1992.

Selon le rapport,

il a été renversé par une vieille voiture.

Repartons du dossier de Don Mariano.

Il est où ce dossier ?

Diana, il est où ?

Sur ce bureau, c'est toujours le bazar.

Ici, je peux compter sur personne.

Mais je comprends pas.

On a enfin quelque chose de concret.

La seule chose concrète qu'on ait découverte.

M. Iannuzzi a une Twingo de 92

qui correspond aux traces relevées par la Scientifique.

Et nous, on le convoque même pas.

Il est primordial de savoir si quelqu'un a voulu le faire taire.

Et si Iannuzzi avait tué Don Mariano pour avoir aidé sa femme ?

Tu bloques sur le personnel. Ici, c'est pas le cas.

Là, faut aller au bout des choses.

Si vous voulez, je vais interroger Iannuzzi.

Ecoute, c'est pas notre priorité.

On va aller à l'association

pour comprendre à quoi servent les clefs retrouvées

sur Don Mariano.

Tu veux m'aider ou pas ?

Pour une fois, vous voulez m'écouter ?

T'as perdu la tête ?

Pourquoi tu pleures ?

Chez moi, ça crie tout le temps.

Ici, c'est pareil.

Ca crie de tous les côtés.

Maria ?

Je peux t'aider ?

Non, c'est bon, c'est léger.

- J'insiste ! - Dans ce cas...

Ca pèse un âne mort.

Une tornade vient de passer.

Calogiuri...

Je sais pas ce qu'il va m'arriver.

J'ai fait une erreur.

Vous avez entièrement raison de me punir.

Qu'est-ce qui t'a pris ?

Je sais pas comment vous faites.

Vous faites toujours les bons choix.

J'ai l'impression de tout faire de travers.

Je suis persuadé que c'est de ma faute

si vous ne me faites pas confiance.

J'ai confiance en toi, Calogiuri.

Ce jour-là, je sais pas...

Je voulais te protéger.

Le Parquet peut devenir un enfer quand on touche à certains suspects.

Je voulais t'éviter ça.

Maintenant, reprends tes esprits

et fais ce que je t'ai demandé, OK ?

Très bien.

Arrête de bouger.

C'est pas mieux avec un rasoir électrique ?

C'est plus sûr.

Lui, je l'ai trouvé à la maison.

Mais moi, je sais m'en servir.

T'inquiète pas, je m'occupais de la barbe de mon père.

C'était y a longtemps, Imma.

- Je t'ai fait mal ? - Oui.

Laisse-moi faire.

Non, je termine.

Tu me disais quoi à propos de ta mère ?

La petite Philippine est partie en vacances.

Elle est rentrée chez elle pour 2 mois,

pour le mariage de son neveu ou son cousin.

Je sais plus.

Quoi qu'il en soit, ma mère est désespérée.

Et tu sais à qui elle a pensé ? A Nikolaus.

Elle peut le penser, mais on touche pas à Nikolaus.

C'est ce que je lui ai dit.

Ma mère a besoin de lui en permanence.

Je sais.

J'ai une solution à te proposer.

Vraiment ?

T'es géniale !

Tu m'as ramené mon alliance ?

T'en fais pas, elle est au doigt de ta fille.

Elle est adorable.

Tu la trouves comment en ce moment ?

Elle est insupportable.

Elle a hâte que tu rentres.

Valentina a envie que je revienne.

Ma femme, je sais pas trop.

Vous savez ce qui est le plus drôle ?

Don Mariano nous disait toujours d'éviter les problèmes.

Et lui, il les attirait comme un aimant.

Vous savez à quoi servent ces clefs ?

Ca, ce sont les clefs de la maison.

Ca, celles de la fondation.

Celles-ci, je ne sais pas.

Moi non plus.

Vous êtes sûrs ?

Réfléchissez bien.

Après la plainte de Mottola,

la fondation a été victime d'intimidations.

Ils ont même mis feu au portail.

Donc, Don Mariano déplace le siège à Sasso Barisano.

Et Scaglione décide de l'héberger.

Ces clefs, peuvent-elles être celles du siège provisoire ?

Oui, c'est possible.

Par ici, madame.

Bonjour.

Vous ne savez pas rester sans rien faire, vous ?

Non. C'est un plaisir de vous revoir.

L'enquête avance ?

Vous avez trouvé le tueur ?

On étudie plusieurs pistes.

Comment allez-vous ?

Le jour du meurtre, vous aviez l'air très affecté.

Ca va mieux.

Mais c'est dur de se dire qu'il n'est plus là.

Pourquoi vouliez-vous me voir ?

Vous m'avez dit avoir prêté une maison

à Sasso Barisano à Don Mariano.

Après les menaces contre la fondation.

C'était il y a trois ans.

Récemment, il vous a demandé les clefs de l'appartement ?

Oui et je les lui ai données.

Vous savez pourquoi il les voulait ?

Honnêtement, non.

Mais avec lui, c'était comme ça.

Avec moi, il n'avait qu'à demander.

Dans la limite de mes possibilités.

C'est une perte terrible.

Si vous avez terminé, j'ai des choses à faire.

L'enterrement de Don Mariano.

Vous viendrez lui rendre hommage ?

Bien sûr.

Au revoir.

Qu'est-ce que tu fais là ?

Et toi ?

Je l'appréciais beaucoup.

Je le connaissais à peine.

D'accord.

A plus tard, alors.

Salut.

C'est un ami ?

Il suivait ma page de recettes.

Police judiciaire, il y a quelqu'un ?

Je suis le maréchal Calogiuri et vous êtes ?

Je m'appelle Rosa Divella.

Vous êtes la femme de Iannuzzi ?

Tout le monde sait que je l'ai menacé. J'étais ivre.

Je l'ai regretté, on était amis.

Vous étiez amis, mais il cachait votre femme.

Car vous la frappiez.

Oui...

On avait décidé

de prendre...

Comment on dit ? Une...

Une pause de réflexion.

D'après ce que j'ai compris, c'était pas votre première pause.

Et durant cette pause de réflexion, vous avez menacé Don Mariano.

Vous l'avez harcelé par téléphone.

M. Iannuzzi, on a les relevés téléphoniques.

Vous vouliez savoir où était votre femme ?

Oui.

Oui, c'est vrai, j'ai...

J'ai appelé Don Mariano pour...

pour savoir où était ma femme.

Mais je l'ai pas tué.

Vous étiez où le 18 juin au matin ?

Pourquoi je devrais m'en souvenir ?

Car c'est le jour où votre ami a été tué.

J'étais chez moi.

Mais ma femme peut pas le prouver,

comme Don Mariano la gardait cachée.

Vous avez une vieille Twingo ?

Oui.

Mais elle démarre pas, je la garde au garage.

Très bien, on vérifiera.

Suivez-moi, la voiture est au fond.

Voilà, elle est là.

Désolé, j'ai pas eu le temps de la laver.

Et ça, vous l'expliquez comment ?

L'autre jour,

quand elle roulait encore, j'ai heurté un chien dans la nuit.

Ca devait être un très gros chien.

Je comprends pas ce que vous me voulez.

Vous allez vite comprendre, Iannuzzi.

Vous voyez cet angle ?

La Scientifique mettra pas longtemps à prouver que c'est votre voiture.

Vous devriez avouer.

C'est une circonstance atténuante.

Don Mariano était mon ami.

Vous étiez amis.

Iannuzzi, votre femme est là.

Espèce de salope ! T'as honte de rien !

Quoi ? J'ai rien fait, je te le promets.

Elle se tapait le prêtre.

Ce cher Don Mariano, le saint, il se tapait ma femme.

Iannuzzi !

Calmez-vous et surveillez votre langage.

Par respect pour nous,

pour votre femme et pour l'Eglise.

De quoi tu parles ?

Qui t'a mis ces cochonneries en tête ?

Tout le monde était au courant.

Je suis le seul imbécile qui n'a rien vu venir.

J'imagine ce qu'ils devaient dire de moi.

"Regarde, y a le cocu. Le prêtre se tape sa femme."

Iannuzzi ! S'il vous plaît !

- Qu'est-ce que t'as fait ? - Asseyez-vous.

C'était ton seul ami.

Lâche-moi !

C'était un menteur, un vicelard.

Il pensait qu'à lui. Tu parles d'un ami !

Il était là, il s'y attendait pas.

Je lui ai foncé dessus et plusieurs fois même !

Maintenant que l'affaire est résolue,

on est tous moins stressés.

Bien sûr.

On a des aveux, on peut pas faire mieux.

Les preuves circonstancielles, c'est toujours plus compliqué.

La route est longue, onéreuse et incertaine.

Vous n'êtes pas d'accord ?

J'y crois pas.

En quoi ne croyez-vous pas ?

J'ai interrogé Iannuzzi deux fois.

La première fois, il n'a rien dit.

Au contraire,

Don Mariano avait l'air d'être son meilleur ami.

Là, il a suffi qu'il voie sa femme et il avoue tout.

Je ne comprends pas

ce que vous ne trouvez pas clair dans cette histoire.

C'est le système qui n'est pas clair.

Qui permet le meurtre d'un de ses meilleurs citoyens.

Et qui accepte la solution de facilité.

On s'arrête à une histoire d'adultère et on va pas plus loin.

Et on est forcés d'y croire.

Vous ne croyez pas un mot des aveux de Iannuzzi ?

Vous voulez me rendre fou ?

Madame la Substitute, ici, on a un seul devoir.

Punir les coupables et résoudre les affaires.

C'est tout.

Mais quand ça touche au charnel, l'affaire est plus compliquée,

car la chair est faible.

Vous m'avez compris ?

Et maintenant, on fait quoi ?

Il va s'occuper de l'affaire.

Voilà.

J'aimerais bien savoir ce que tu dis, Don Mariano.

De Mura ? Imma Tataranni à l'appareil.

J'ai un service à te demander.

C'est un service personnel.

Pour une lecture labiale.

Un truc rapide, sans mandat.

Non, c'est pas une de mes affaires.

Enfin, ça l'est plus.

Merci, t'es un vrai ami.

Salut.

- Allez-y. - Doucement.

Qu'est-ce qu'il se passe ?

Rien, maman en fait trop.

Il tenait pas debout,

mais c'est normal après une longue hospitalisation.

- Donnez-moi un coup de main. - Viens.

Tiens.

Vas-y doucement.

- Attends... - Je vais t'aider.

- J'ai la tête qui tourne. - OK, allez.

On sait pas ce qui peut arriver.

Donne-moi ça.

Madame, je peux y aller ?

Oui, merci.

C'est tout ?

C'est pas couvert par l'hôpital ?

Non, c'est une structure privée.

Ca vous fera 60 euros.

60 euros... OK.

Envoyez-moi la facture.

Je vous laisse ma carte, au cas où.

Merci beaucoup.

- Allez-y. - Au revoir.

J'y crois pas !

Tu m'as beaucoup manqué, papa.

Tu l'as vu tous les jours.

Sa présence m'a manquée.

Là, il risque pas de bouger.

Il a un mois de convalescence.

C'est super.

- Papa, j'ai un truc pour toi. - Quoi ?

Quel bonheur !

Merci.

J'ai un petit creux.

Tu vas où ?

Quoi ? J'ai pas le droit d'aller au frigo ?

Mais le médecin t'a prescrit un nouveau régime.

Dans le frigo, y a rien que tu peux manger.

Et donc ?

Donc, tu t'assieds sur le canapé

et t'attends que j'aille faire les courses, OK ?

Mon petit papounet chéri !

Elle pense la même chose de toi.

Pour la première fois de ma vie,

j'étais pas en train de me dire que notre fille te préfère.

A quoi tu pensais alors ?

Tiens.

Je peux vous demander un renseignement ?

Vous savez où est la tombe de Don Mariano ?

- Je vous accompagne. - Merci.

Quelle triste histoire.

Vous le connaissiez ?

Tout le monde le connaissait et pourtant...

Vous voulez savoir la vérité ?

Peu de gens sont venus le voir,

malgré tout le bien qu'il a fait.

Comme dit le dicton :

"Fais le bien et oublie-le, fais le mal..."

"Et souviens-toi de lui."

Vous savez qui est venu le jour de son enterrement ?

Il était seul.

Il a attendu que tout le monde soit parti.

C'était son meurtrier.

Je l'ai reconnu, je l'avais déjà vu à la télévision.

Pasquale Iannuzzi ?

Oui, je crois qu'il s'appelle comme ça.

Il pleurait.

Il pleurait comme un enfant.

Entrez.

Je peux, madame ?

Maître Latronico !

Désolé, je passais juste vous dire bonjour.

Non, je vous en prie.

Asseyez-vous.

Je suis navré de la façon dont ça s'est terminé avec Romaniello.

- Vraiment ? - Vous me croyez pas ?

J'aime gagner.

Comme vous. D'où nos choix de carrière.

Mais devant un juge. Pas à cause d'une fuite de gaz.

Une fuite qui, comme par hasard, a détruit les preuves.

Que voulez-vous ? C'est la vie.

Vous êtes vraiment venu me saluer ?

Je voulais vous dire...

J'aurais aimé que notre 2e round ait lieu sur le procès Iannuzzi.

Il paraît que le Parquet sera représenté

par le procureur général en personne.

Vous voulez dire que vous défendez Iannuzzi ?

Oui.

A bientôt, madame.

A bientôt.

Chérie.

T'étais inquiète quand j'étais à l'hosto ?

Je voulais t'étrangler.

J'aurais pris 10 ans car j'ai des circonstances atténuantes.

Mais...

si on oublie la petite scène de jalousie,

je suis content que tu aies pris soin de moi.

Je me demande pourquoi je l'ai fait.

Approche.

Quand j'étais en soins intensifs,

j'avais l'impression d'être dans un rêve,

où je voyais tout, je comprenais tout.

Mais je n'arrivais pas à bouger ou à parler.

Je voulais te dire que je t'aimais

plus que tout.

Que je n'étais rien sans toi.

Que je ne voulais pas te perdre.

Mais j'y arrivais pas.

J'ai vraiment eu peur

de mourir sans pouvoir...

te dire combien je t'aimais.

Non, chérie.

Le médecin a dit que je devais pas faire d'efforts.

Chérie...

Je dois pas faire d'efforts.

T'inquiète pas, tu te rendras compte de rien.

J'en suis pas si sûr.

J'adore les lupins.

Je déteste ceux qui mangent des lupins

et crachent la peau par terre.

On dirait que vous faites partie de cette catégorie.

Toujours aussi cinglante, Madame Tataranni.

Et si vous me disiez qui vous êtes ?

Maître Morelli, enchanté.

Vous m'espionnez ?

Non, je voulais faire votre connaissance.

Et vous informer que vous allez recevoir

une assignation à comparaître.

Je m'occupe du divorce de M. Sigillino,

le mari de votre amie, Diana.

Et je vous demanderai sûrement

si votre amie avait bien un amant

au Parquet.

On est collègues, pas amies.

Vous étiez dans la même classe et vous êtes pas amies ?

Je suis sûr que vous l'avez pistonnée

pour qu'elle travaille au Parquet.

J'ai jamais fait de favoritisme.

Alors dites-moi ce que vous savez.

Il y a qu'une chose qui m'intéresse...

Joyeuse fête de la Bruna.

Merci.

Tu es enrhumée ?

On va dire ça.

Tu peux signer ces papiers ?

Qu'est-ce qui se passe ?

Tu sais ce qu'il a fait, ce salaud ?

Lequel ?

Comment ça, lequel ? Mon mari.

Il a envoyé son avocat ici

pour savoir si j'ai eu une aventure avec un carabinier.

- Il est venu te voir aussi ? - Moi ? Non.

T'es folle.

Tu sais bien que quand je vois un avocat, je fuis.

T'as bien raison !

Quelle honte !

Qu'est-ce que je devrais dire de son histoire avec sa pute ?

Il faut que je me calme. Je suis toute brûlante !

C'est dingue comme les hommes peuvent être cruels.

La petite qui fait des crises à cause de nous...

La "petite", comme tu dis, est presque majeure.

Il y a pas d'âge pour être traumatisé !

Je vais au tribunal pour l'audience de Iannuzzi.

Pour faire quoi ? Ce n'est plus ton affaire.

De quoi je me mêle ?

Me parle pas comme ça ! Je suis en pleine crise !

Tu le cherches aussi, Diana !

Excuse-moi. On est toutes les deux stressées.

Oui, je suis tellement stressée.

N'oublie pas que l'essentiel, c'est le travail.

Le travail ?

Imma...

Il y a un truc que je rêve de te dire...

Je t'écoute.

Va te faire foutre !

Tu dois avoir tes règles.

Salut.

T'as mis la photo que j'ai faite sur ton profil.

Ca veut pas dire que je te pardonne pour la dernière fois.

Ce soir-là, j'ai pas pu venir à la démo...

car le juge d'application des peines est passé à l'improviste.

Il fallait que je sois présent.

Je devrais pas te demander ça...

En effet, ça se fait pas de demander ce que j'ai fait.

Je rigole.

En fait, j'ai jamais été un élève modèle.

J'allais même pas à l'école.

Et quand on traîne trop dehors...

on enchaîne les conneries.

C'était plus facile par Internet.

J'aurais évité de te dire certaines choses.

J'aime pas quand c'est trop simple.

Tu vas faire quoi, vu que Don Mariano est plus là ?

Je sais pas.

J'aimerais devenir cuistot.

Mais c'est dur.

Je finirai par trouver une idée.

Allô ?

M. Samuel Cristiani ?

Oui, qui est à l'appareil ?

C'est le secrétariat de l'académie piémontaise de haute gastronomie.

Votre demande d'inscription au master de cuisine

a été acceptée.

Mais j'ai envoyé aucune demande.

Elle est pourtant à votre nom.

Elle a été envoyée par un certain Licinio Mariano.

Allô ? Vous êtes là ?

Ca commence quand ?

Le 6 juillet, au siège de l'école,

à Bra, dans la province de Coni.

Ca dure 6 mois. Mais ça, vous le savez déjà.

Vous le saviez, non ?

Ca va, Iannuzzi ?

Ca pourrait aller mieux, Giuseppe.

T'inquiète pas, t'as fait ce qu'il fallait.

Mais cet avocat, Latronico, il est vraiment bon ?

Il est très bon.

Il faut que je te parle en tête-à-tête.

Va voir le premier surveillant.

Dis-lui que tu veux bosser à la menuiserie.

On parlera tranquillement.

D'accord.

Nos amis sont contents ?

Bien sûr.

Ta femme a déjà reçu le 1er versement.

J'espère qu'on mettra vite un terme à tout ça...

Ce sera fini avant que tu t'en aperçoives.

T'inquiète.

M. De Ruggeri, attendez avant de jouer au solitaire.

Une petite partie est bénéfique pour la digestion.

Valentina, pose ce téléphone.

C'est quoi, ces manières ?

M. Pietro, dans l'évier.

Enfin la carte que j'attendais ! C'est pas trop tôt !

M. Pietro, au frigo.

Cette Ilona est une tornade.

Ce matin, elle a nettoyé toutes les fenêtres en 30 minutes.

On dirait un général à la retraite,

mais la maison brille de propreté.

Tant mieux.

Elle faisait quoi, avant ?

Je travaillais sur le trottoir.

Pas de café pour toi.

Je vais regarder s'il y a autre chose à faire.

Elles sont combien ?

C'est un Réplicant.

Elle voulait dire quoi par "sur le trottoir" ?

Elle devait être agent de circulation,

d'où le côté autoritaire.

Tu m'as refilé une prostituée ?

Elle fait bien le ménage, c'est ce qui compte.

C'est le moins qu'on puisse dire.

Si tu l'avais vue nettoyer les coins...

Un phénomène.

On dirait qu'elle a un lance-flammes.

Désolée, ce téléphone...

Je t'écoute, Calogiuri.

Iannuzzi ?

Mme la Substitute Tataranni, du Parquet.

Iannuzzi, comment ça va ?

Je me sentais mieux hier.

Bon, il s'est passé quoi ? Qui vous a poignardé ?

Je sais pas.

Je vais vous le dire.

Giuseppe Mazzocca, dit "Le Géant." Vous le connaissez ?

Vous avez jamais entendu ce nom ?

Il a pourtant pris perpétuité quatre fois.

Association mafieuse avec la 'Ndrangheta.

Famille Mazzocca, plus précisément.

- Alors, ça vous dit toujours rien ? - Je suis désolé.

Donc,

si vous le connaissez pas,

vous ignorez aussi pourquoi il vous a agressé.

On vous poignarde et vous savez pas pourquoi ?

- C'est arrivé par hasard. - Je vois.

J'ai une dernière question.

Vous avez dit quoi à Don Mariano à la station-service ?

Ce que je lui ai dit ?

Que je voulais lui parler.

Mais dans un endroit où personne pourrait nous entendre.

C'est tout ? Il a dit : "D'accord, allons-y" ?

Oui, madame.

C'était ses derniers mots.

Vous êtes sûr ?

Allez, faites un effort.

J'en suis certain.

Mme Tataranni, veuillez sortir d'ici.

Pourquoi ?

C'est mon affaire.

Non, votre affaire, c'est le dossier Don Mariano.

La tentative de meurtre contre Iannuzzi,

c'est mon affaire car j'étais de garde

quand la victime a été poignardée.

S'il y a quelqu'un qui doit sortir, c'est vous.

Comment osez-vous me parler sur ce ton ?

Vous perdez les pédales !

Je suis parfaitement calme.

Je suis la procédure

que vous connaissez mieux que moi.

- Beaucoup mieux ! - Voilà.

Vous allez trop loin !

Je vous avais prévenue.

Sortez, s'il vous plaît.

Au revoir, Iannuzzi.

Pardon.

Comment ça va ?

Je me sentais mieux hier.

Bon, il s'est passé quoi ?

Qui vous a poignardé ?

Vitali avait l'air furieux.

C'est un homme,

je lui ai prouvé qu'il avait tort, il l'a mal pris.

Et pour Iannuzzi ?

Vous avez l'air de croire qu'il a dit autre chose à Mariano,

à la station-service.

J'ai regardé plusieurs fois la vidéo

et on voit Don Mariano dire quelque chose.

L'expert est sûr qu'il a dit :

"Il faut que j'attende tante Annie."

Ca veut dire quoi, ça ?

Tante Annie...

Tataranni.

Peut-être qu'il a dit : "Il faut que j'attende Tataranni."

Tataranni, tante Annie...

Ce serait plus logique.

Oui.

Au rendez-vous, vous les auriez vus tous les deux.

Exactement.

Don Mariano devait voir Iannuzzi,

mais il voulait que je sois présente.

Quand Iannuzzi a su que j'allais débarquer,

il est parti

et Don Mariano l'a rejoint.

Je pense que Iannuzzi cherche à protéger quelqu'un.

Je le pense aussi.

C'est quand même bizarre

qu'il soit défendu par maître Latronico,

un des plus chers de la ville.

Qui a bien pu le payer ?

M. le Juge, nous devons envoyer un signal clair à la collectivité

pour prouver à tous que la justice

peut très bien être rapide et efficace.

Un honnête citoyen a été tué,

un homme de foi,

qui défendait son prochain et qui aimait sa terre.

C'est un crime mafieux, me direz-vous.

Ce n'est pas le cas.

Nous aurions tort de croire ça.

Il s'agissait en réalité d'un conflit privé,

d'un malentendu sentimental.

Pasquale Iannuzzi n'est pas là pour nous le confirmer

puisqu'il a été blessé en prison.

Mais nous devons croire en son repentir,

respecter et comprendre cet homme,

qui devra vivre avec le poids des remords.

Je demande donc à ce que Iannuzzi soit condamné à 21 ans de réclusion

et que l'on tienne compte des circonstances atténuantes.

J'ai terminé, M. le Juge.

M. le Juge...

Qu'est-ce qui se passe, enfin ?

Silence !

Silence !

M. le Juge.

- Qu'est-ce qui se passe ? - Iannuzzi...

- Il est mort ? - Il s'est évadé.

J'écoute votre version des faits, Alessi.

Je vous jure, je n'ai pas quitté mon poste.

Ce matin, Iannuzzi a voulu aller aux toilettes

et je l'ai accompagné.

Je suis pas entré. J'ai attendu dehors.

Comme il sortait pas...

Il s'est échappé par la fenêtre.

Il saute du 2e étage alors qu'il est encore blessé.

Un complice devait l'attendre dehors.

Dites-moi, Alessi,

ces derniers jours,

est-ce que Iannuzzi a parlé à quelqu'un ?

Non, absolument pas.

Il avait le droit de voir personne.

Il a juste passé un coup de fil hier.

- Un seul ? - Oui.

Heureusement !

Vous vous rendez compte à quel point c'est grave ?

Vous avez laissé un prisonnier

passer un coup de fil

au complice, j'imagine, qui l'a aidé à s'évader.

C'est moi qui l'ai autorisé.

C'est ma faute.

Pourquoi vous avez fait ça ?

Il a une leucémie.

Il voulait l'annoncer à sa femme.

Il lui reste peu à vivre.

Vous êtes sûre ?

On a dû lui faire plusieurs examens suite à l'hémorragie.

Les résultats ne font aucun doute.

Iannuzzi a dû appeler sa femme

qui, à son tour, a contacté son complice.

J'aimerais savoir une chose.

S'il vient d'apprendre qu'il lui reste peu à vivre,

pourquoi il s'évade ?

Bonne question.

Moi, j'en ai d'autres.

Pourquoi tenter d'assassiner Iannuzzi en prison,

alors qu'il était déjà condamné.

Ils le savaient ?

Vous pensez qu'il savait déjà qu'il avait une leucémie

et qu'il nous a tous bernés ?

Oui.

Alors qui a tenté de le tuer ?

Ceux qu'il essaie de protéger.

Ils lui ont payé un ténor du barreau

pour lui obtenir une petite peine.

Pourquoi ils auraient fait ça ?

Ils ont peur qu'il parle.

C'est à eux que Iannuzzi tente d'échapper.

Je vous confie le dossier.

Allez au bout des choses.

Entrez.

Madame, vous êtes encore là ?

Oui. Toi aussi ?

J'ai fait les recherches que vous m'avez demandées.

Vous aviez raison : Iannuzzi avait fait des analyses de sang

et les résultats étaient mauvais.

Il savait qu'il était malade. Ca change tout.

- Pourquoi ? - Parce que ça nous donne un mobile.

Pour le meurtre de Don Mariano ?

Indirectement parce que si Iannuzzi

savait qu'il allait mourir, il aurait pu passer un marché

avec ceux qui voulaient tuer Don Mariano

pour des raisons liées au combat qu'il menait.

Il aurait proposé de tuer Don Mariano pour de l'argent ?

Pour laisser à sa femme un petit pécule,

pour pas qu'elle se retrouve sans le sou.

On a pas enquêté sur le lieu du crime.

Pourquoi Iannuzzi a emmené Don Mariano dans ce champ-là ?

Ca voudrait dire...

qu'il voulait m'emmener là-bas aussi.

Exactement. J'ai remarqué que dans ce champ,

ils font rien pousser depuis 2 ans.

Je m'y connais en agriculture.

Et ces terrains

me rappellent ceux de Nova Siri.

Quoi ?

Bravo, Calogiuri.

Il est bizarre, votre champ.

Pourquoi vous cultiviez plus rien depuis 2 ans ?

C'est un bon terrain pour les tomates et les salades.

Mais peut-être qu'avec ce poison, les légumes seraient souillés.

Je vous jure que je n'en savais rien !

On était à l'étranger.

Je pouvais pas deviner que des criminels viendraient enterrer ça.

Vous vous souvenez des croix sur la carte de Nunzio Festa ?

Bien sûr que je m'en souviens.

- Il y avait un certain... Mileo ? - Oui.

On pourrait le convoquer.

M. Mileo, il y a quelque temps,

je vous ai demandé si on vous avait proposé de l'argent

pour enterrer des déchets toxiques dans vos champs.

Je m'en souviens parfaitement.

Je vous ai dit que personne était venu.

Je m'en souviens aussi.

Alors pourquoi vous m'avez convoqué ?

Peut-être qu'entre-temps, vous avez changé d'idée, de version.

J'ai dit ce que j'avais à dire.

Non, vous m'avez pas dit toute la vérité.

Où avez-vous trouvé l'argent

pour soigner votre fille ?

Epargnez-moi l'histoire du parent américain qui vous a fait un prêt

car je ne suis plus une gamine

et je ne crois plus aux contes.

J'avais pas le choix.

Vous auriez fait quoi à ma place ?

Le fils d'un ami

vous dit : "Je peux sauver votre fille si vous regardez ailleurs

"pendant que je décharge ça dans votre champ."

J'ai accepté.

Nunzio Festa m'a apporté l'argent peu de temps après.

Vous avez été en contact qu'avec Nunzio Festa ?

Qu'avec lui.

Vous êtes sûr ?

- Certain. - Excusez-moi.

Oui, Calogiuri ?

Madame la Substitute, on l'a trouvé.

Je vous tiens au courant.

Iannuzzi !

Iannuzzi !

Arrêtez-vous !

Il est mort...

J'ai visé le pneu.

On a fait ce qu'on a pu, madame.

Je sais.

- Vous avez fouillé l'appartement ? - Oui.

Mais on n'a rien trouvé de pertinent.

- L'assassin est mort ? - Oui.

Il appartenait à la famille Mazzocca.

J'ai les résultats de la Scientifique.

Les bidons qui étaient dans le champ où Don Mariano a été tué

contenaient des déchets toxiques.

Ils veulent savoir d'où ils viennent, mais ça va être dur.

Bon, on récapitule.

Iannuzzi tue Don Mariano.

On l'arrête, il dit qu'il ne sait rien,

puis nous dit qu'il l'a tué par jalousie.

En réalité, il tue Don Mariano car il avait découvert quelque chose.

Il m'en aurait parlé si j'étais allée au... Bref.

Laissons tomber.

Don Mariano avait dû convaincre Iannuzzi

de m'avouer qu'il transportait souvent des déchets toxiques

et de me montrer un des champs

où il les enterrait,

comme à Nova Siri.

Sa leucémie a été provoquée par les déchets toxiques ?

Oui, il était chauffeur depuis plusieurs années.

Le champ où il a emmené Don Mariano

était une de ses destinations les plus fréquentes.

Vous êtes sûre qu'il l'a tué là pour se repentir ?

J'en sais rien.

Mais en éliminant Don Mariano à l'endroit

où il enterrait les déchets toxiques,

il a peut-être voulu dire :

"Je tombe, mais vous tomberez tous avec moi.

"Vous, qui m'avez ordonné de faire ça

"et qui m'avez condamné à mort."

Don Mariano t'a inscrit à ce cours de cuisine sans t'en parler ?

Il a envoyé un dossier d'inscription.

Ils m'ont appelé.

T'as été pris ?

J'ai même eu une bourse d'études.

Tu te rends compte ? On va me payer pour étudier !

C'est toujours pareil.

Dès que je m'attache à quelqu'un, il s'en va.

Je suis désolé.

T'inquiète, j'ai l'habitude.

Arrête, Valentina.

Ne me dis plus que t'es désolé. C'est moi que ça désole.

Toi, qu'est-ce que t'y perds ?

Toi.

Ta décision est prise ?

On peut toujours s'arranger.

Je suis prêt à faire 10 heures de train pour venir t'embrasser.

Tu pars quand ?

Le soir de la fête de la Bruna.

Pourquoi tu m'as appelée ?

Parce que j'ai quelque chose à vous dire.

Il y a quelque temps, Don Mariano m'a confié une mission.

Il voulait que je suive le député Lombardi,

celui qui a été élu président de la région.

Je devais prendre des photos de l'endroit où il se rendait.

Il se rendait où ?

Au siège de l'association de Saverio Romaniello.

Il y avait d'autres gens avec eux,

comme Scaglione.

Tu les as pris en photo ?

Avec l'appareil que m'avait donné Don Mariano.

On a trouvé aucun appareil photo.

Je sais juste qu'il avait transféré les photos sur sa tablette.

- En les voyant, il a dit... - Quoi ?

"N'en parle à personne. T'as jamais fait ces photos."

Il me l'a fait jurer.

Il y avait d'autres gens

à part Romaniello, Scaglione et Lombardi ?

Oui, mais je me souviens que de Romaniello.

Ils fêtaient quelque chose.

Il y avait une maquette sur une table,

une ville miniature

ou un complexe résidentiel.

D'accord.

Merci, Samuel.

Si tu fais souffrir Valentina...

je te tue. Je plaisante pas.

C'est normal.

Je suis pas le gendre rêvé pour une mère comme vous.

Quel genre de mère je suis ?

On vous surnomme "le shérif de Matera".

Je sais pas ce qui va se passer...

La vie est pleine de surprises.

On se bat pour l'avenir de nos enfants.

On veut la vérité !

Les déchets nucléaires de catégorie B et C

disparaissent au bout de 20 000 et 150 000 ans !

On veut pas les avoir sous nos pieds, sous nos terres !

Elle a ses écouteurs...

Imma.

Imma.

Je voulais juste t'informer de ce que j'ai trouvé sur Scaglione.

Il était maçon, il avait une petite entreprise.

Il a fait fortune à l'époque du tremblement de terre.

Il est devenu un grand entrepreneur, un des plus riches de la région.

Il y a 2 ans, il a rénové la maison de Lombardi.

A propos de Lombardi...

- Tu as lu le journal, ce matin ? - Pas encore.

J'ai jeté un oeil en prenant le petit déjeuner.

Il y a quelque chose qui pourrait t'intéresser.

Ils parlent du Jardin, le projet immobilier de Giulio Bruno,

le fils de l'assassin du Vallone della Femmina.

Et à qui ils ont confié les travaux de construction ?

A l'entreprise de Scaglione.

C'est écrit nulle part.

C'est la secrétaire du service technique de la région

qui me l'a dit au yoga.

Merci.

Pour ?

Pour tout.

Mais explique-moi une chose...

Pourquoi Capozza ?

Ne t'inquiète pas. Tiens-toi à carreau

et je dirai à l'avocat de ton mari que tu es une vraie sainte.

Je sais pas pourquoi Capozza.

Je sais pas.

Peut-être parce qu'il m'a regardée bizarrement.

C'était ni gentil ni méchant. Seulement étrange.

Ca faisait longtemps que plus personne me regardait.

De toute façon, c'est déjà fini avec lui.

Je dois me concentrer sur la procédure de divorce.

Désolée pour ce que je t'ai dit la dernière fois, je le pensais pas.

Je sais que tu as un très bon fond.

C'est juste qu'il faut creuser.

Je viens voir Monsieur Vitali.

- Ce n'est pas un avantage. - Sûrement pas.

Je vous avais dit que je ne voulais pas être dérangé.

Monsieur Romaniello veut vous voir.

- Je vous recontacte plus tard. - Oui, à plus tard.

Merci.

M. Romaniello, que me vaut cet honneur ?

M. Vitali,

je garde un mauvais souvenir de mon dernier passage ici.

Heureusement, depuis, tout est entré dans l'ordre.

Comme vous le savez,

je ne peux pas m'entretenir avec vous sur ce sujet.

Allons,

oublions le passé.

Parlons plutôt de l'avenir.

De l'avenir de cette région.

- Vous êtes pas lucanien ? - Non.

- Mais vous êtes du Sud. - Oui.

Nous, les gens du Sud, on est dans le même bateau.

On voudrait que ces terres

deviennent la force motrice de cette nouvelle Italie,

de la nouvelle Europe, n'est-ce pas ?

Qui ne le voudrait pas ?

Dans ce cas, coupons les branches mortes.

Débarrassons-nous des boulets qui, avec leur formalisme

et leur rigidité morale,

mettent à mal l'évolution de ce pays.

Je ne vous suis pas, M. Romaniello.

M. Vitali, au sein de ce Parquet,

et vous êtes le mieux placé pour le savoir,

il y a un problème, un seul.

Nous pourrions le régler très facilement.

C'est pourtant facile de trouver un vice de procédure.

Vous pensez à un transfert ?

Par exemple.

Dans une ville comme Matera,

un procureur de Rovereto ou de La Spezia serait plus impartial

puisqu'il serait moins attaché aux traditions locales.

Et vice-versa, bien sûr.

De plus...

Vous imaginez la Substitute Tataranni

avec ses petits ensembles à Rovereto ?

Et sa passion pour les complots.

M. Vitali.

Prenez le temps de bien y réfléchir.

Je pense qu'il est inutile de vous dire

que la reconnaissance est une vertu lucanienne.

Uniquement lucanienne.

Mme Tataranni !

On parlait justement de vous

avec M. Vitali.

Bonne fête de la Bruna.

Bonjour.

Vous avez des journaux

sur le tremblement de terre des années 80 ?

- Oui. - Merci.

Je peux entrer ?

Il y a quelqu'un ?

Il y a quelqu'un ?

M. Scaglione ?

C'est beau, non ?

Les gens viennent du monde entier pour le voir.

Nous, depuis 600 ans,

on le construit puis on le détruit.

- Faut avoir de la patience. - Oui.

Chaque année, il est pareil et différent.

Ceci grâce à nos artisans et à ceux qui, comme moi,

sponsorisent la fête

parce que sans argent, on va pas loin.

C'est sûr.

Venez, montez.

Merci.

Vous vouliez me voir ?

Pour y voir plus clair.

L'affaire est claire :

Mariano a été tué par jalousie et un procès est en cours.

Un procès qui a dû s'interrompre quand l'inculpé a été tué.

Vous savez que Iannuzzi a été abattu

par un membre de la famille Mazzocca ?

Oui, j'ai cru voir ça quelque part.

On a des raisons de penser que les Mazzocca

étaient en contact avec un homme assez étrange et contesté :

Saverio Romaniello. Vous le connaissez ?

La Basilicate est petite, mais Matera l'est encore plus.

C'est donc un oui.

Bien. Vous l'avez vu dernièrement ?

Je l'ai vu il y a un an, totalement par hasard.

Je le croise toujours par hasard.

Vous saviez que Iannuzzi avait une leucémie ?

Non, j'étais pas au courant.

Il a eu ça en transportant

des déchets toxiques illégalement.

On a de la chance d'être lucaniens.

On a un beau territoire plein de cavités naturelles

et en 2003, le gouvernement de l'époque

a tenté d'exploiter ce beau territoire

en enterrant

les déchets radioactifs d'Europe et d'Italie.

Mais on ne s'était pas laissé faire.

Le gouvernement a dû faire marche arrière.

Mais quand une idée est bonne,

d'autres tentent de se l'approprier.

La mafia adore les bonnes idées.

Je vois pas où vous voulez en venir.

Iannuzzi avait compris que sa leucémie était due

aux voyages effectués pour la famille Mazzocca.

C'est pour ça qu'il en a parlé à Don Mariano.

Il voulait tout avouer.

Mais la famille Mazzocca

a appris l'existence de ces rencontres

entre Don Mariano et Iannuzzi

et a profité de la situation.

Ils ont dû lui dire : "Tue le prêtre

"et une fois que tu seras décédé,

"ta femme n'aura aucun souci d'argent."

Vous auriez fait quoi, à sa place ?

Mais Iannuzzi était loin d'être bête.

Il a assuré ses arrières.

Ce matin-là, il a fait venir Don Mariano dans un champ

où il venait d'enterrer des déchets toxiques.

D'ailleurs, on a retrouvé tous les bidons.

Quel rapport avec moi ?

Aucun.

Mais vos amis ont dû conclure un marché avec eux.

Le Jardin, le quartier résidentiel du Vallone della Femmina...

Vous voyez de quoi je parle ?

Oui, mon entreprise a remporté l'appel d'offres

pour sa construction.

Je suis convaincue que sous le terrain du complexe,

ils sont en train d'enfouir des tonnes de déchets.

Je savais pas que Pasquale était malade.

C'est la vérité.

Quant au reste, avez-vous des preuves de ce que vous avancez ?

Je n'ai aucune preuve.

Mais je vais continuer à chercher et je vais en trouver.

La tablette de Don Mariano, par exemple.

Elle contient toutes les preuves nécessaires.

Je suis sûre qu'il y a tout un dossier sur Le Jardin.

Et sur tous les gens impliqués.

Certaines nuits,

j'ai l'impression d'entendre les morts.

C'est après le séisme que vous êtes passé de l'autre côté.

Oui.

Je n'étais qu'un simple maçon.

Après de nombreux sacrifices, j'ai monté ma boîte tout seul.

Le 23 novembre 1980,

toutes les villes se sont effondrées.

Je croyais que Dieu avait décidé de s'en prendre à moi,

à tout ce que j'avais bâti.

Là, un inconnu est venu me voir... C'était le démon.

C'est là que tout a commencé.

Il s'appelait comment, ce démon ?

Je sais pas et je m'en fiche.

Je veux plus en entendre parler !

Est-ce que par hasard il s'appelait...

Les deux rois de la brique

Cenzino Latronico ?

Vous avez bien mené votre enquête.

Bravo.

A très bientôt, M. Scaglione.

Au revoir.

- Maria. - Imma !

Salut !

Je viens de recevoir du henné. Tu veux essayer ?

J'ai pas le temps. Je viendrai dès que possible.

Porzia.

Quelle coïncidence de se trouver ici.

J'ai appelé ta fille parce que tu décroches jamais.

Elle m'a dit que t'étais ici.

- Tu es venue pour me voir ? - Oui.

J'ai une chose à te demander. Plutôt deux.

Tu te souviens de Cenzino Latronico ?

Excuse-moi, Maria.

Tu me laisses respirer ?

J'ai l'impression d'étouffer.

Merci.

Ma mère allait faire le ménage chez lui.

J'étais pas encore née.

Et alors ?

Encore cette histoire ?

Elle t'a dit quoi sur Latronico ?

Qu'il était mon père.

Je sais pas ce qui s'est passé,

si c'est venu de lui ou d'elle

ou de tous les deux.

En tout cas, c'est arrivé. Mais une seule fois.

C'est ce que m'a dit ta mère.

Franchement,

elle s'en est voulu toute sa vie.

Peu de temps après, tu es née.

Non !

Tu es la fille de ton père, je t'assure.

De Rocchino Tataranni.

Ca, c'est une certitude.

C'est Latronico qui a eu des doutes.

Ta mère n'a pas osé le contredire.

Elle a pas osé le contredire ?

Il s'est amené avec le bracelet.

Ta mère n'a ni démenti ni confirmé.

Et elle a arrêté de travailler pour lui.

Comment tu peux être aussi sûre de toi ?

Comment ? C'est ta mère qui m'a tout raconté.

Quand elle avait toute sa tête.

Mais en vieillissant, son cerveau est devenu confus.

Bon, oublions tout ça.

Je voulais te demander autre chose.

Tu fais le ménage dans le bureau de Vitali.

Je te demande un petit service.

Je t'écoute.

Madame Tataranni, il y a un paquet pour vous.

Merci.

De rien. Bonne fête de la Bruna !

- A vous aussi. - Merci.

Madame, dans cette tablette, vous trouverez les preuves

que Don Mariano avait réunies

pour nous inculper tous.

Moi y compris.

J'ignore pourquoi je l'ai gardée

au lieu de la brûler comme ils me l'ont tous conseillé.

Je pense que j'appréciais vraiment Don Mariano.

J'entends encore ses cris.

Mais les cris que j'entends encore le plus

sont ceux de Iannuzzi

et des Lucaniens qui pourraient mourir à cause de moi.

Je veux pas de ça.

Je veux pas de ce poids sur la conscience.

C'est pour ça, parce qu'on a toujours une seconde chance,

même quand le diable s'est emparé de notre âme,

que je vous envoie la tablette.

Profitez de la fête de la Bruna, puisque vous le pouvez.

Vous savez ce qui est drôle ?

C'est qu'il faut un an pour construire le char

et 5 minutes pour le détruire.

Antonio Scaglione.

Je suis arrivé trop tard.

Il s'était déjà suicidé.

Tu n'aurais pas pu le sauver.

Taccardi m'a dit qu'il s'était pendu tôt ce matin,

après m'avoir fait parvenir le paquet.

Regarde ça.

Bon, on va reprendre.

Grâce aux révélations de Iannuzzi

et après de longues heures d'observation,

d'interrogation et de prises de tête,

Don Mariano a réussi à reconstituer le réseau d'affaires

qui oeuvrait à la réalisation

du Jardin,

le quartier résidentiel du Vallone della Femmina.

Oui, là où on a retrouvé le cadavre du frère de Domenico Bruno.

Voilà. Le projet a été réalisé par Giulio Bruno,

soutenu politiquement par Romaniello, Lombardi,

et financé par Zachary et par la Firex.

Ce projet les aurait aidés à enterrer d'autres déchets.

Oui, le terrain était propice à ça et personne n'aurait rien dit.

Tant pis si certains meurent d'une tumeur comme Iannuzzi

parce que tous ces gens, mon cher,

vivent loin de Matera.

Expliquez-moi une chose.

Quel est le rôle de Scaglione dans tout ça ?

Pourquoi Don Mariano s'est pas éloigné de lui ?

Ils sont restés proches jusqu'au bout.

Tout simplement parce que Scaglione

a eu l'intelligence de se maintenir à l'écart.

Du moins, jusqu'à l'appel d'offres

qui a eu lieu récemment,

après la mort de Don Mariano.

Ils voulaient donc le tuer avant la publication de l'appel d'offres.

Oui, sans doute.

Mais Don Mariano avait compris que Scaglione

était impliqué dans cette affaire.

Il l'a su quand il a demandé à Samuel de suivre Lombardi.

Grâce aux photos du jeune homme,

il a découvert que son ami Scaglione faisait partie de l'organisation.

Mais pourquoi Scaglione s'est suicidé ?

Il était pas au courant pour les déchets.

Ils lui ont pas parlé de la maladie de Iannuzzi.

Il pensait que c'était qu'une simple spéculation immobilière.

Quand je lui ai raconté toute la vérité, il est tombé de haut.

Et maintenant ?

Tu peux rester encore ?

Oui.

J'ai des lettres d'amour à écrire.

Avec grand plaisir, madame.

J'adore écrire des convocations de 1re comparution !

Il reste plus que nous dans les bureaux.

Oui.

Mais c'est la dernière lettre.

Demain matin, elles arriveront toutes à destination.

C'est pour des moments comme celui-ci qu'on fait ce métier.

C'est comme une drogue.

Maintenant, je me sens...

Plus détendu, plus serein.

J'ai beaucoup réfléchi à ces derniers jours.

A la raison pour laquelle j'étais...

Tout le temps énervé, nerveux.

Comme si j'allais exploser.

J'ai enfin compris pourquoi.

J'étais jaloux.

De vous,

de votre mari, de votre famille...

De tout le monde.

De tous ceux qui passent un peu de temps à vos côtés

en dehors du travail.

De tous ceux qui peuvent te tutoyer.

Bref,

de tous ceux qui peuvent passer du temps avec toi.

Qui peuvent dormir avec toi.

Sentir ta respiration,

au beau milieu de la nuit.

J'étais jaloux de ceux qui font partie de ta vie.

Même de l'air que tu respires.

J'étais jaloux de tout.

Et je le suis encore.

Bien.

Heureusement que tu n'es pas bavard !

Certains mots sortent tout seuls.

Même si je ne devrais pas les dire.

Calogiuri, oublie ça. C'est un ordre.

Tu es trop dangereux, Calogiuri.

T'as vu que papa a pris une place avec balcon ?

Merci, papa.

C'est ça, "merci" ! Regarde plutôt par là !

Chérie !

Je suis là. J'avais pas oublié.

Pile à l'heure.

C'est la première fois qu'on voit aussi bien le défilé.

Regarde, Valentina.

Regarde tous ces gens.

Mon Dieu !

Qu'est-ce qu'il y a ?

Rien.

Comment ça, rien ?

Tu me quitteras jamais, pas vrai ? Quoi qu'il arrive ?

Bien sûr. Je serai là quoiqu'il arrive.

Chérie, Valentina est là.

C'est bon, elle est grande.

- On part. - Un instant.

T'as qu'un mot à dire et je resterai avec toi pour toujours.

T'es fou ? Et tes études ?

On ouvrira un resto à l'association.

Ca aurait fait plaisir à Don Mariano.

Je crois pas.

Il t'a dit de suivre tes rêves. Et je pourrai te rejoindre...

Mais tu me raconteras tous tes secrets. Je parle pas de cuisine.

Tu veux que je t'en dise un, là ?

J'ai 18 ans, aujourd'hui.

On fête ça ensemble ?

Bon, je prendrai le bus de minuit.

Tout va bien, maintenant.

Madame Tataranni. Monsieur De Ruggeri !

Alors, ça va mieux ? Vous êtes guéri ?

Beaucoup mieux. Merci.

Tant mieux.

Tout est bien qui finit bien.

Je suis passé au Parquet.

Je sais tout.

- Je veux pas parler de travail. - Moi non plus.

Je veux voir ce merveilleux spectacle qui, paraît-il,

est impressionnant. C'est vrai ?

Oui.

Alors profitons-en.

Espérons que nous pourrons le revoir l'année prochaine et la suivante.

Vous, vous pourrez le voir. Moi, j'en suis pas si sûre.

Je vais vous dire une chose.

Vous êtes une des magistrates

les plus intelligentes que j'ai rencontrées.

Vous avez résolu des affaires extrêmement complexes.

Seul un idiot

se priverait de vos talents à cause de votre caractère insupportable.

Bonne fête de la Bruna.

Détendez-vous un peu.

Ca vous fera du bien.

Bonne fête de la Bruna à vous aussi.

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