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Original subtitles

M. De Ruggeri, que comptez-vous faire ?

Rien de bien.

Tout ce que vous dites peut être retenu contre vous.

J'ai pas l'intention de parler.

Moi, je compte agir.

Allez, fais-moi une petite place.

Chéri...

Doux Jésus !

Bonjour.

Salut.

Félicitations !

Tu t'en vas ? Tu célèbres pas avec nous ?

Désolée, mais je dois y aller.

Félicitations.

- Merci. - Tu t'en vas ?

On peut pas tout avoir dans la vie.

Bravo, Calogiuri !

La substitute arrive.

Et alors ? On a un maréchal parmi nous.

- C'est vrai ! - Viens là.

- Allez, sers-nous. - Dépêche-toi.

- Doucement ! - Ramène ton verre.

Bonjour, madame.

M. Calogiuri, je vous félicite.

C'est quoi cette tête ?

T'es pas content d'être maréchal ?

- Si, je suis super content. - Vous trinquez avec nous ?

- Merci. - Vive Calogiuri !

Vive le maréchal !

Les filles ?

Le café est bientôt prêt.

Bonjour, ma puce.

Ca va ?

Tout va bien.

Bonjour.

Bonjour, ma chérie.

On a plus de biscottes ?

Je vais en chercher.

T'as besoin d'autre chose au supermarché ?

Non, c'est pas grave.

Tu vas pas cuisiner pour tes vidéos ?

La cuisine, ça m'est passé.

Quoi ?

- T'es même allée voir Palazzi. - Et alors ?

Au final, c'est que de la friture.

Valentina, c'était une blague.

On fait quoi ?

Qu'est-ce que j'en sais.

Tu veux que je la supplie de se remettre à la dînette ?

- Tu le ferais ? - C'est officiel,

t'as perdu la tête.

Allô ?

C'est Diana.

Deux secondes.

Elle dit que c'est urgent.

Allô, Diana ? Oui, je t'écoute.

Bonjour, madame la Substitute.

Ses clefs étaient par terre.

La porte était fermée à clef.

Et y a des barreaux aux fenêtres.

Dans ce cas-là,

la seule issue possible,

c'est à travers cette trappe.

Ou alors, l'assassin avait les clefs.

Quelqu'un de sa famille ?

Ou quelqu'un en qui elle avait confiance.

Qui a découvert le corps ?

Anna D'Avena.

La couturière du rez-de-chaussée.

Cause du décès ?

Etranglement.

Qu'est-ce qu'elle a ? Elle est pas comme d'habitude.

La victime, c'est une ancienne camarade de classe.

Calogiuri,

- elle a un lecteur CD ? - Non.

On a rien trouvé.

Ce matin, je suis montée voir Stella

un peu avant 8 h.

J'étais avec le plombier.

Il avait des réparations à faire.

J'ai ouvert la porte...

Stella m'avait confié un double des clefs.

Et je l'ai vue tout de suite.

J'arrive pas à m'enlever cette image horrible de la tête.

D'ici, vous voyez tous ceux qui entrent dans l'immeuble ?

Oui, quand je travaille.

Mais parfois, je m'absente.

Je peux pas vivre recluse chez moi.

Vous avez vu quelqu'un aller voir Stella ?

Hier, un homme que j'avais jamais vu est passé.

Un gars...

grand, très élégant. C'était un bel homme.

Je l'ai vu dans l'escalier, mais je sais pas où il allait.

- Il était quelle heure ? - Vers 17 h.

Il est redescendu ?

Oui, pas longtemps après.

Il m'a vue travailler

et il m'a demandé de lui faire un ourlet.

Il m'a demandé mes tarifs

et ensuite, il est parti.

Très bien, merci.

- N'hésitez pas. - Merci.

- Bonne journée. - Au revoir.

Stacchio !

- Quoi ? - Remonte.

Dépêche-toi.

Si je descends, c'est tant pis pour toi.

Il est incroyable !

Luca, 6,5.

8,5, c'est très bien.

7, c'est bien.

Bravo, Mlle Vega.

6,5.

De Ruggeri.

L'isolement, ça t'a fait du bien.

A la semaine prochaine. Sortez calmement.

- Bravo pour ta note. - Merci.

Gouine et intello.

J'ai rien à voir avec ce tag.

On rentre ensemble après ?

Ou tu supportes plus les moins de 90 ans ?

Ma grand-mère a 80 ans.

Et elle t'a pas déçue.

T'es pas la seule à m'avoir déçue.

Un garçon ?

- Oui. - Je le connais ?

Même moi, je le connais pas vraiment.

Comment ça ?

Rien, il se passera rien.

D'après l'autopsie,

la victime est décédée hier entre 16 h et 18 h.

D'après les informations sur son ordinateur,

elle était inscrite sur un site de rencontre.

Elle cherchait peut-être son âme soeur.

Ou alors, elle voulait juste s'amuser.

La connaissant, j'en doute.

Faut vérifier les relevés téléphoniques.

C'est en cours.

On sait quelque chose sur l'homme qui a parlé à la couturière ?

Pas encore.

Je vais retourner la voir pour établir un portrait-robot.

Ca se trouve, il n'est pas lié à tout ça,

mais c'est peut-être un des hommes du site de rencontre.

On a découvert

que la famille Pisicchio a un lamione aux Sassi.

Vous voyez ces espèces de...

Vous êtes allés voir ?

On y va maintenant.

Tiens-moi au courant.

Très bien.

Pauvre Stella.

La dernière fois qu'on l'a vue,

c'était à la soirée de Guarini, tu t'en souviens ?

Quand t'enquêtais sur le gamin de Nova Siri.

Nunzio Festa.

Elle avait pas changé.

Elle était juste un peu plus triste que d'habitude.

Elle le pressentait peut-être.

Qu'elle allait se faire tuer ?

Je peux ?

Bien sûr.

C'est vrai que la victime était l'une de vos camarades de classe ?

Vu vos expressions, je pense avoir ma réponse.

Vous vous sentez de boucler cette affaire ?

Oui, sans problème.

N'ayez crainte, je serai impartiale et professionnelle.

J'en doutais pas.

Allez, va la chercher.

- Vas-y. - Tu vas y arriver.

T'es bête ou quoi ?

C'est dangereux ce que tu fais !

Comment tu t'appelles ?

Quaratino Eustachio, mais tout le monde m'appelle Stacchio.

- Tu vas pas à l'école ? - Bien sûr que si.

On est les guides du parc.

C'est un projet avec la maîtresse Strammiello.

- Elle vous a envoyés ici ? - Oui.

Tu sais où c'est, San Pietro Caveoso ?

Un peu plus haut, là où y a des grottes.

Ca te parle ?

Tu peux me montrer ?

Vous préférez pas voir une basilique des années 1 000 ?

Santa Maria delle Virtù.

Elle est creusée dans la roche et contient des oeuvres byzantines.

Tu connais ton sujet.

Bien sûr !

Vous savez qu'ici, il y a 155 églises monolithes

creusées dans le tuf ?

Des ermitages, des monastères,

des cryptes et des basiliques.

C'est pas vrai ?

- Ca fera 2 euros. - Pourquoi ?

C'est le prix si vous voulez que je vous accompagne.

T'auras rien du tout.

Donc étudier, ça ne sert à rien.

Allez, viens avec moi.

Un jour, y a le président De Gasperi qui est venu ici.

Il est entré chez ma grand-mère,

l'âne s'est retourné et il a fait caca sur le lit.

De Gasperi a levé les bras et il a dit :

"Comment vivent-ils ?"

Et il a créé la loi d'assainissement des Sassi.

J'ai oublié le numéro de la loi.

C'est la loi 619.

Tu connaissais Stella ?

- Tu l'aimais bien ? - Elle était gentille.

On est arrivés.

La prochaine fois, mettez d'autres chaussures.

Madame la Substitute !

Par ici.

Stacchio !

Stacchio, reviens ici.

Bonjour.

Par ici, madame la Substitute.

Bonjour.

T'as trouvé quelque chose ?

Alors ?

Oui.

On dirait des négatifs.

Comme ceux qu'on utilisait avant.

Maintenant, t'es plus adjoint, t'es maréchal.

Et on doit collaborer sur cette affaire.

Si t'as quelque chose à me dire, fais-le maintenant.

Je n'ai rien à vous dire.

Lolita est une meurtrière, je pensais pas que tu l'aimais.

Comme je vous ai dit, j'ai rien à dire.

Et je n'étais pas amoureux d'elle.

Mais j'aime pas me moquer des gens.

Concentrons-nous sur l'affaire et c'est tout.

Très bien.

On va appeler la Scientifique

pour essayer de trouver ce que ça représente.

OK.

Je suis rentrée.

- Salut, maman. - Ma chérie.

- J'ai eu 8/10 en latin. - C'est super.

C'est pas la seule bonne nouvelle.

Elle s'est réconciliée avec Bea.

Allez, chérie.

Au moins, elle aura plus envie d'arrêter l'école.

Tu sais ce que je pense de Béa...

Je sais, tu la détestes.

Mais parfois,

mieux vaut avoir une amie quelconque

que ne pas en avoir du tout.

Qu'est-ce qu'il y a ?

Y a que toi qui peut inventer des proverbes ?

Et puis, Valentina, à son âge,

elle a besoin de contact humain.

Alors que toi, t'es collé à ton portable.

T'es jalouse ?

J'ai des raisons de l'être ?

Si tu savais combien de femmes voudraient être à ta place.

Une de mes anciennes camarades de classe a été tuée.

Stella Pisicchio.

Comment ça ?

Je la connaissais ?

Non, je crois pas.

A l'école, j'ai jamais eu trop d'amis.

J'étais l'une des plus rejetées.

Mais pour me consoler,

je me disais que ça pouvait pas être pire que Stella.

Elle était encore plus rejetée que moi.

Qu'est-ce qu'il y a ?

Rien, c'est personnel.

Ce qui te regarde, ça me regarde aussi.

Plus pour longtemps.

Une fois majeur, on va me renvoyer d'où je viens.

Tu fais la forte tête avec moi ?

Tu veux un coup de crucifix ?

Ta mise à l'épreuve est bientôt finie et tu seras libre.

Tu t'es bien comporté.

Tu mérites pas la prison.

Je suis à deux doigts

de dire au juge que tu dois tout recommencer.

Maintenant que tu vas partir,

on va perdre le meilleur cuisinier

qu'on ait jamais eu.

Et moi, je perds aussi un ami.

OK, mais...

Si vous voulez, je reste ici.

Rien ne m'attend dehors.

Pourquoi tu dis ça ?

Hein ? Pourquoi ?

Un gars intelligent comme toi

a plein de possibilités.

Mais tant que tu vis ici...

J'ai un service à te demander.

Tu sais t'en servir ?

Ca coûte cher.

Je vais t'expliquer.

Ce projet a mis des mois à voir le jour.

Surtout car il a fallu comprendre comment tout réorganiser.

Voilà le président.

En attendant, mettez-vous à l'aise.

Très bien.

- On vous suit ? - Venez.

Mon très cher président.

Viens, ils nous attendent.

- Merci. - Viens.

Vous connaissez tous le président Lombardi ?

- N'est-ce pas ? - Bonjour.

Comment allez-vous ?

Monsieur le Président...

M. Romaniello.

Voici le "Jardin".

C'est le projet de centre résidentiel

sur lequel on travaille depuis longtemps.

Ca te plaît ?

Matarazzo, on est pas pressées.

- Je vais trop vite ? - Un peu.

Il me semble qu'on a dépassé la vitesse autorisée.

C'est pas beau pour une voiture de police.

Vous pensez pas ?

Oui, madame la Substitute.

Vous avez vu ça ?

Quoi ?

C'est une voiture et alors ?

Pour vous, une Jaguar, c'est une simple voiture ?

C'est quoi ? Une soucoupe volante ?

Diana, écoute-moi.

Selon les relevés bancaires, Stella a retiré 2 000 euros...

Matarazzo, ralentissez.

Quelques jours avant sa mort.

Moi, je vais mourir ici.

Nous sommes à Grottole.

On fait quoi ?

Les courses.

Pardon ?

Bonjour.

BOUCHERIE

Je vous en prie, goûtez ce saucisson.

Il est particulier.

Il est fait maison.

Matarazzo, pas en service.

Un vrai délice.

Je vous ai déjà vue à la télévision.

Vous enquêtez sur Stella Pisicchio ?

Pauvre Stella.

Elle venait souvent ici pendant l'été.

A l'époque, c'était courant.

Des gens revenaient de France, de Suisse, d'Allemagne.

Ils revenaient tous ici

pour célébrer la Saint-Nicolas, en août.

Vous connaissiez Stella ?

Sa mère avait épousé un homme de Matera.

Mais avec sa fille, elles venaient passer leurs étés ici,

tant que ses parents étaient en vie.

Vous ne l'avez jamais revue ici ?

La maison des grands-parents n'existe plus.

On les a plus jamais vus dans le coin.

Moi, je l'ai vue un jour.

Elle était belle et très élégante.

On aurait dit une présentatrice télé.

Vous l'avez vue où ?

A la station essence.

Mon fils l'a aidée à faire le plein.

Elle n'arrivait pas à le faire toute seule.

- Elle était accompagnée ? - Non, seule.

Vous vous souvenez de la date ?

Le 17 mai.

Après, avec mon fils, on est allés au cimetière

pour les 30 ans de la mort de mon mari.

Elle était venue faire quoi ?

Elle nous a demandé si la route pour Ginosa était praticable.

Cette route est souvent en piteux état.

Elle vous a dit quelque chose ?

Elle m'a parlé d'un homme,

de serpents...

Quelque chose du genre.

Enfin, c'est le souvenir que j'ai.

Elle m'a dit :

"Les serpents, je vais les lui mettre autour du cou."

Ensuite, mon fils

lui a dit que la route était praticable et on est partis.

- Très bien, merci. - De rien.

Un demi-kilo de saucisse.

Piquantes ou pas ?

Piquantes.

Très bien.

- Imma. - Maria.

- Tu m'attendais ? - J'ai reconnu ta démarche.

Elle est unique.

Toutes mes condoléances.

J'ai appris pour la pauvre Pisicchio.

Ca m'a vraiment touchée.

- Vous étiez amies à l'école, non ? - Oui.

On était pas vraiment amies.

Ca ne m'étonne pas.

Comment ça ?

C'est pas toujours facile d'être ton amie.

Bref...

T'es allée faire des courses ?

A bientôt, Imma. Bonne journée.

Arrêtez de dire que j'ai mauvais caractère.

J'ai le caractère que j'ai.

Madame la Substitute.

Taccardi a appelé.

L'autopsie n'est pas terminée, mais...

Il m'a donné une information.

Stella était vierge.

- Vous le saviez ? - Non, non...

Avec Stella, on a toujours été semblables.

Un peu particulières.

On avait peu d'amis,

on était toujours à l'écart.

Merci.

On a le portrait-robot de l'homme qui a rendu visite à la couturière.

Une femme a vu Stella le 17 mai, quelques jours avant sa mort.

Elle était à Grottole

et elle se rendait à Ginosa pour voir un homme

qui est lié à des serpents.

Vérifie si des gens possèdent des serpents dans les environs.

- C'est illégal, non ? - Oui.

Très bien.

J'ai contrôlé les alibis de tous les habitants de l'immeuble.

Et les relevés téléphoniques ?

Un collègue, une centrale d'appels...

On va continuer à enquêter.

Et ceux du chat ?

Elle n'avait pas vraiment de succès, même avec ceux du chat.

Le seul avec qui elle était en contact,

c'est un certain Dino Bizzarri.

Il travaille dans la télécommunication.

Convoquons-le.

Stella... Comment dire...

Elle voulait perdre sa virginité.

Elle m'en a parlé lors de notre 2e rencontre.

Je prenais le thé chez elle, j'ai failli m'ébouillanter.

Et alors ?

J'étais très gêné.

Vous vous êtes revus ?

Non, je ne crois pas.

Le jour de sa mort, vous l'avez appelée à 16 h 47.

C'est faux.

- Moi ? - Oui.

Allez vérifier.

Ca a déjà été fait.

Vous avez appelé depuis la centrale d'appels à 16 h 47.

Je vous en supplie, ne dites rien ou je perds mon travail.

M. Bizzarri, on veut juste savoir pourquoi vous avez appelé Stella.

Pourquoi ?

Vous savez bien...

Les choses qu'elle m'a dites...

Moins j'essayais d'y penser et plus...

Si ma femme l'apprend...

Encore ?

Le 26 mai,

le jour du décès, vous êtes allé chez elle ?

Non, elle avait changé d'avis.

Au téléphone, elle m'a dit que c'était trop tard.

Elle avait raison.

Elle m'a rejeté.

Ca m'a pas fait plaisir.

J'ai entendu qu'elle écoutait la radio.

J'entendais de la musique.

Une chanson ?

Oui, mais elle a éteint tout de suite.

C'était Io ti vengo a cercare ?

Oui, je crois.

Vous finissez de travailler à 17 h, n'est-ce pas ?

Qu'avez-vous fait après ?

Je suis rentré chez moi.

Ma femme pourra vous l'attester.

Mais me faites pas ça.

Vous pouvez y aller.

Mais restez disponible.

Au revoir.

Au revoir.

Bonne journée.

- Au revoir. - Au revoir.

Allô ?

Oui, salut.

Merci.

Merci, je vais le noter.

On sait qui est l'homme de l'ourlet.

Gaetano De Nardis. Il habite à Ginosa.

Gaetano De Nardis.

PALAIS DE JUSTICE

Merci.

Bonjour.

La pauvre Stella.

C'est moche de vivre seul.

J'espère que ça m'arrivera pas.

T'es mariée, ton mari est revenu...

Ne parlons même pas de lui.

Comment ça ?

Il aurait dû rester là-bas.

Depuis qu'il est rentré, il est stressé et agacé.

Et c'est qui qui prend ? C'est moi.

T'es sûre que t'as rien à te reprocher ?

On a tous des faiblesses.

Crois-moi sur parole.

Lui, il a toujours été tout pour moi.

OK, bref...

Tu sais quoi ?

Rentre, prends un bain, détends-toi

et demain, reviens en pleine forme.

Tout va s'arranger, t'en fais pas.

"Ne fais pas de mal..."

"Tu n'auras rien à craindre".

- Salut, Diana. - Salut, Imma.

Maman ?

Maman ?

Nikolaus, comment ça va ?

Bonjour, bien et vous ?

Mais votre mère passe son temps à ouvrir les tiroirs.

Elle sort tout, je range et elle recommence.

Allez, Nikolaus, soyez patient.

Elle est âgée. Maman !

Pourquoi tu fais enrager Nikolaus ?

Arrête d'ouvrir les tiroirs et les placards.

Je cherchais quelque chose.

Quoi ?

Ca.

Je t'interdis de le vendre.

Donne-le à Brunella.

Ta petite-fille s'appelle Valentina.

C'est un souvenir de ton père.

De papa ?

Il t'a offert ça ?

Le jour de ta naissance.

Il était pas au chômage ? Il l'a trouvé où, l'argent ?

Ca ferait un superbe tatouage.

Je le ferais au milieu du front.

C'est pas la voiture qui nous a doublées l'autre jour ?

Belle voiture.

Ca, c'est une voiture puissante.

Venez, Matarazzo.

- Bonjour. - M. De Nardis ?

Enchanté.

Enchantée, Imma Tataranni,

Substitute du procureur du Parquet de Matera.

- Mme Matarazzo, mon adjointe. - Bonjour.

- Enchantée. - On peut entrer ?

- Avec plaisir. - Merci.

Entrez, je vous en prie.

Par ici.

- Suivez-moi. - Oui.

Très bien.

Je vous en prie.

Merci.

- Je peux ? - Je vous en prie.

Isidoro De Nardis.

Un de mes ancêtres.

Un héros de la Renaissance.

Un historien, littéraire et naturaliste.

Il s'est battu aux côtés de Garibaldi

pendant l'expédition des Mille.

Comme disait un philosophe,

"nous sommes des nains sur des épaules de géants."

Ici, j'ai rien du tout.

Si vous voulez, je peux voir avec le bar en bas.

Non, ne vous en faites pas.

Vous connaissiez Stella Pisicchio ?

De Grottole ? Je connaissais sa famille.

Je me souviens d'elle quand elle était enfant.

Vous l'avez revue depuis ?

Bien sûr.

Je l'ai vue...

Une rencontre entre deux adultes consentants.

Allez-y, continuez.

C'est arrivé qu'une fois.

Au final, je la pensais plus mature que ça.

Après ce dîner, elle me harcelait au téléphone.

Je sais pas ce qu'elle croyait.

C'est devenu une obsession.

Un témoin affirme

avoir vu Stella à Grottole neuf jours avant sa mort.

Et selon elle, elle se rendait à Ginosa

pour voir un homme lié à des serpents.

C'est votre cas.

- Même si c'est un blason. - Bien sûr.

Stella est venue ici.

Mais je lui ai demandé de partir. Elle commençait à devenir lourde.

Mais après, vous êtes allé chez elle.

J'avais pas le choix.

Pour lui dire de me laisser tranquille.

Madame la Substitute...

J'avais rencontré quelqu'un d'autre.

Je voulais éviter tout malentendu ou équivoque.

Quelle heure il était ?

Vers 16 h 30, 17 h.

J'ai sonné, comme personne n'a répondu, je suis parti.

Dans l'escalier, j'ai croisé une couturière

et je lui ai demandé ses tarifs pour un ourlet.

Quel genre d'assassin irait parler à un témoin ?

Un très malin.

Excusez-moi.

Bonjour.

- Merci. - De rien.

- C'est qui ? - Qu'est-ce que j'en sais.

M. De Nardis croule sous les dettes.

Son père aussi, Don Annibale, vivait au-dessus de ses moyens,

mais il avait encore des terres.

Il les vendait si besoin.

Mais là, il lui reste plus rien à vendre.

Il fait comment ?

Dans le village, on s'entraide tous.

Regardez Michele.

Un ami primeur qui a un magasin ici.

Quand De Nardis passe,

il lui donne des courgettes, des tomates, il l'invite à déjeuner.

Sans Michele ou Camillo...

Un autre ami ?

Le boucher.

"Une amitié vaut tous les trésors."

Ici, les amis, ça court les rues, mais les trésors se font rares.

Je suis certain

que si De Nardis devait vendre sa maison,

il nous oubliera très vite.

Qui va acheter un tel bien à Ginosa ?

La mairie.

Ils veulent en faire un monument national.

A cause de ses ancêtres.

Isidoro, le héros de la Renaissance.

Il doit en avoir des morts sur la conscience.

Il dit qu'ils ont des morts sur la conscience.

J'habite Matera, pas Milan.

De qui vous parlez ?

Je dis qu'au lieu de nous donner des terres,

ils ont fait la guerre.

Ils ont tué femmes et enfants comme des lapins.

Et pour finir, ils les décapitaient.

Ils ont tous été égorgés.

C'est qui "tous" ?

- De qui il parle ? - J'en sais rien.

Il connaît un tas d'histoire de ce genre.

Il vient de fêter ses 103 ans. Il est passé à la télé.

On a fêté ça dignement.

Félicitations.

Je vous laisse jouer en paix.

- Tu fais quoi ? - Tu sais pas distribuer.

Bonjour.

J'ai besoin d'informations sur le Palazzo De Nardis.

Parlez-en avec le géomètre Calenzano

du service d'urbanisme.

Il est où ?

Juste là, en bas, s'il est pas encore parti.

Merci.

- Là ? - Oui, ici.

Bonjour, je peux entrer ?

- Je vous en prie. - Vous êtes du bureau d'urbanisme ?

Oui, tout à fait. Que puis-je faire pour vous ?

Imma Tataranni, Substitute du procureur du Parquet de Matera.

- Enchanté, M. Calenzano. - Je peux ?

- Allez-y. - Merci.

C'est vrai que la mairie veut acheter le Palazzo De Nardis ?

C'est pour une enquête administrative ?

Non, j'enquête sur un meurtre.

Alors ?

Oui.

Oui, un projet est en cours.

Il n'y a encore rien de concret.

Avant, ils doivent le classer monument historique,

sinon on peut rien faire.

Qui a relevé la superficie cadastrale ?

C'est moi.

Mais vous savez,

je ne sais pas où en est le projet.

Mis à part la mairie,

quelqu'un d'autre s'intéresse au bâtiment ?

Pour l'acheter ?

Oui, aujourd'hui, les B&B, c'est à la mode.

Vous avez raison.

Oui, effectivement.

En effet, une femme

a appelé pour se renseigner y a pas longtemps.

Vous vous souvenez de son nom ?

Pour tout vous dire...

Je lui ai pas parlé directement.

Un collègue a pris l'appel.

Vous pouvez pas demander son nom à votre collègue.

Attendez un peu.

Attendez, parce que...

Parce qu'ici,

tout est sous contrôle.

- Tout est en ordre. - Comme à mon bureau.

C'est presque toujours le cas.

Voilà.

C'est une certaine Santina Scandiffio,

de Potenza.

Votre collègue vous a dit ce qu'elle voulait ?

Elle voulait connaître la valeur du bâtiment,

mais elle n'a plus jamais donné de nouvelles.

Très bien, merci beaucoup.

- Vous m'avez aidée. - Tant mieux.

Si besoin, vous savez où me trouver.

J'hésiterai pas, bonne journée.

- Merci, à vous aussi. - Merci.

Allez, vite, faut y aller.

Un meurtre ?

Mme D'Avena ?

Vous pouvez sortir, s'il vous plaît ?

- Bonjour. - Bonjour.

Excusez-moi,

vous savez si Santina Scandiffio habite ici ?

Oui, enfin, elle est morte l'année dernière.

Elle était très âgée et elle était seule.

Stella l'aidait et lui faisait ses courses.

Selon elle,

une personne âgée en plus, c'était pas grand-chose.

Vous êtes intéressée par son appartement ?

Non, merci.

- Bonne journée. - A vous aussi.

Stacchio !

Viens voir.

Viens.

Désolée, j'ai oublié de te les donner l'autre jour.

- On est amis, non ? - Oui.

T'étais où jeudi dernier, le jour où Stella est morte ?

- Tu t'en souviens ? - Non.

T'as rien vu d'inhabituel ?

Quelqu'un qui montait chez elle.

J'ai rien fait !

Je montais qu'une fois par semaine.

Pour faire quoi ?

J'aide à porter l'eau et les courses.

Elle te donnait des sous ?

Non, même si elle était riche. Que des fournitures scolaires.

Comment tu sais qu'elle était riche ?

Stacchio, on t'attend !

Ils m'attendent.

Allez, va jouer.

Les griffures sur ses poignets ne sont pas dues à un mécanisme.

Oubliez les liens et les menottes.

C'est plus dû à une certaine pression.

Donc quelqu'un l'a serrée ?

Peut-être lors d'un jeu érotique qui a mal tourné.

Même si...

Un jeu érotique avec ce genre de femme...

Taccardi, tenez-vous-en aux informations.

Je suis un homme, madame.

On a de l'imagination. Après vous.

Evitez d'imaginer des choses.

Vous confirmez qu'elle était vierge ?

Oui.

D'autre part, qui aurait eu le courage de...

Ca, vous savez ce que ça fait.

Un jour ou l'autre, vous trouverez quelqu'un.

Selon les analyses, y a pas eu de rapport intime.

Stella n'a jamais fait attention à son apparence,

mais elle était très apprêtée le jour de sa mort.

C'est vrai. La victime était apprêtée.

Comme si elle sortait de chez l'esthéticienne.

Le résultat était pas...

Taccardi, arrêtez avec ça.

Que savez-vous du coupable ?

Il n'avait pas une prise particulièrement puissante.

Une femme aurait pu faire ça ?

C'est envisageable.

Et un enfant ?

Un enfant ?

C'est Stella qui a appelé la mairie de Ginosa.

Elle a utilisé le nom d'une voisine décédée.

Santina Scandiffio.

Pourquoi utiliser un autre nom ?

Pourquoi ? Elle voulait pas qu'on remonte jusqu'à elle.

Y a rien dans ses relevés téléphoniques.

Elle a peut-être appelé d'une cabine.

Je suis persuadée que De Nardis

et Stella se sont pas croisés par hasard.

Elle voulait le voir.

C'est pour ça qu'elle s'est renseignée sur le Palazzo.

Tu réponds pas ?

C'est Cleo, je la rappellerai après, t'inquiète pas.

Rien de la Scientifique sur les négatifs ?

Non, toujours pas.

A tout à l'heure.

Au nom du Père,

du Fils, du Saint-Esprit, amen.

A NOS ANNEES D'INSOUCIANCE

Vous étiez amies ?

J'ai vu les fleurs. Enchantée.

Imma Tataranni.

Oui, la célèbre substitute.

On allait à l'école ensemble.

Enchantée. Eufemia Abbate.

On était amies.

On s'est connues à Grottole.

Quand elle était jeune, elle était pas si insouciante.

Mais sur les fleurs, y a écrit "à nos années d'insouciance".

Avec Stella, on se croisait pendant les vacances.

On passait des superbes étés.

Les gens revenaient de l'étranger.

Nous les jeunes, on traînait ensemble jour et nuit.

Et la nuit...

La nuit était toujours étoilée.

Excusez-moi.

- J'ai du mal à... - Ne vous en faites pas.

Je comprends tout à fait.

Vous devez arrêter ce malade.

Oui, il a été acheté ici.

Mais je devais pas être née.

J'espérais trouver quelqu'un de plus âgé que vous.

J'aimerais savoir qui l'a offert à ma mère.

Si vous voulez, madame Tataranni,

laissez-le-moi et je le montre au propriétaire

pour voir s'il s'en souvient.

- OK ? - Oui.

- Merci, au revoir. - Au revoir.

- Calogiuri ! - Oui ?

C'est pas parce que t'es maréchal que tu peux tout salir.

Allez, c'est pas grave.

Excusez-moi.

Désolée, je t'ai même pas félicité pour ta promotion.

Vous inquiétez pas, ça change rien entre nous.

Un talon en caoutchouc.

C'est pour éviter que les chaussures s'abîment.

On l'a trouvé sur le toit de madame Pisicchio.

Je suis allé chez le cordonnier

et ça correspond à du 36.

Une chaussure plate.

Ca pourrait être...

un mocassin ou des chaussures de ville.

Du 36 ?

Oui.

C'est une pointure d'enfant.

Et alors ?

A quoi tu penses ?

Dans la maison de la victime,

on a trouvé les empreintes d'un enfant.

Si vous voulez, je vous accompagne chez Stacchio

pour vérifier s'il fait du 36.

Un maréchal peut pas me servir de chauffeur.

Ca fait quoi ?

D'accord, mais uniquement car Matarazzo ne sait pas conduire.

Très bien.

- Madame ! - Bonsoir.

Enchantée, madame.

Imma Tataranni. Vous êtes la mère de Stacchio ?

Vous savez si ça appartient à votre fils ?

Il chausse du combien ?

Du 36.

Qu'est-ce qu'il y a ?

Stacchio est introuvable depuis hier soir.

On l'a cherché partout.

Partout, mais il est introuvable.

Vous avez signalé sa disparition ?

Oui.

Venez, madame.

On va le retrouver, ne vous en faites pas.

- Madame ! - C'est toujours un plaisir.

Excusez mon interruption.

Un enfant a disparu. Eustachio Quaratino.

- Vous êtes au courant ? - Elle s'occupe du dossier.

Comme il vit dans l'immeuble de Stella Pisicchio,

je voulais m'occuper de l'affaire.

Je pense qu'elles sont liées.

Votre zèle est louable,

mais vous ne vous rendez pas compte

que vous frôlez le ridicule.

Vous voulez tout faire ?

Comment pouvez-vous être sûre que ces affaires sont liées ?

Ce patin retrouvé sur le toit de chez Stella.

C'est du 36, la même pointure que l'enfant.

Donc, selon vous, un élève de primaire

aurait tué une femme au meilleur de sa forme ?

Selon Taccardi, c'est plausible.

J'ai une autre hypothèse.

A mon avis, l'enfant a vu quelque chose à travers la trappe.

Et l'assassin s'est débarrassé de lui.

Quoi qu'il en soit, il faut agir vite.

Voilà ce qu'on va faire.

Vous êtes têtue et même Dieu vous fera pas changer d'avis...

Même le Diable y arriverait pas.

Voilà.

Comme madame D'Antonio est quelqu'un de disponible...

De très disponible.

Oui, c'est bien connu.

Vous allez travailler ensemble et c'est mon dernier mot.

Mais traitez-la bien.

C'est quelqu'un de compétent.

Donc, essayez de déléguer autant que faire se peut.

Il faut retrouver cet enfant au plus vite.

Avant qu'il ne soit trop tard.

L'union fait la force.

Votre binôme est en place.

Vous pouvez y aller.

Les dernières personnes à l'avoir vu,

ce sont ses amis du parc.

Deux jumeaux qui étaient dans sa classe avant son redoublement

et Brunella, une amie de classe

qui est toujours avec son petit frère.

- Il est petit et roux ? - Oui.

Avant-hier, à 17 h 30, le petit a dit à ses amis

qu'il devait rentrer pour surveiller ses frères.

Sa mère travaille de nuit.

Mais à 18 h, il n'était toujours pas là.

Sa mère s'est pas inquiétée ?

Elle s'est dit qu'il devait être avec ses amis.

Elle a déposé les petits chez sa soeur.

Eustachio avait les clefs.

Le lendemain matin,

elle s'est dit qu'il était déjà parti à l'école.

Mais il est pas revenu pour déjeuner.

Elle le croyait chez son père pour pas se faire gronder.

A cause du retard de la veille ?

Donc, la mère a probablement dû appeler le père.

Il lui a répondu que le soir

et il lui a dit qu'il l'avait pas vu.

- C'est pas un enfant de choeur. - Comment ça ?

Il est connu de la police

pour trafic d'automobiles avec la Roumanie.

En ce qui me concerne,

j'ai pas grand-chose à ajouter.

Et pour continuer là-dessus,

cette co-assignation n'était pas nécessaire.

Mais comme l'a dit le procureur, je suis quelqu'un de disponible.

Donc, si t'arrives à résoudre cette affaire,

- tiens-moi au courant. - J'y manquerai pas.

T'es un vrai policier ?

Oui.

Il est où ton pistolet ?

Allez, montre-le-nous.

- Vous voulez le voir ? - Oui !

- Vous êtes sûrs ? - Oui !

Allez, montre-le-nous.

- Prêts ? - Oui.

C'est un stylo !

On est tous affectés par l'histoire du petit Stacchio.

Mais personne ne sait rien.

Ni moi, ni mes collègues, ni les enfants.

J'ai essayé de leur parler.

Tu me laisses parler avec la dame ? J'arrive.

Nicolas et Stacchio étaient amis ?

Tout le monde adorait Stacchio.

Mais lui, il est très affecté par ce qu'il s'est passé.

Pourquoi à votre avis ?

Il est peut-être plus fragile que les autres.

Il n'a pas une vie facile.

Ici, ils sont nombreux dans ce cas-là.

Stacchio m'a dit que vous leur aviez appris

des anecdotes sur la région.

Oui.

On a inventé cette histoire de guides touristiques.

Les histoires de brigands, ça plaît aux enfants.

Vous saviez qu'il se faisait payer ?

Vraiment ?

Ca ne m'étonne pas. Il a mille idées à la seconde.

Je vous ai apporté un cahier

avec son dernier devoir.

Ca peut peut-être vous aider.

- C'est peut-être utile. - Merci.

J'espère qu'il ne lui est rien arrivé.

Et vous, vous êtes à combien de mois ?

J'entre dans le 8e.

- C'est pour bientôt ! - Bonne chance.

- Tu veux devenir policier ? - Oui.

C'est vrai ?

Maîtresse, c'est un vrai policier.

Oui, Domenico, je sais.

Arrêtez de l'embêter.

Excusez-les.

Venez.

Salut, les petits soldats.

Je déteste les interros de fin d'année.

Cette année, t'auras peut-être la moyenne partout.

J'y crois pas trop.

C'est un phénomène rare, comme l'alignement des étoiles

ou quand madame Todisco tombe malade.

Qu'est-ce qu'il y a ?

Salut.

Je m'appelle Samuel.

Un ami de Valentina.

Tu t'appelles Samuel ?

Oui.

Zito Maccherone, c'est un surnom.

Tu croyais que c'était mon vrai nom ?

Désolée, j'ai jamais pensé à toi ni à ton prénom.

C'est toi, l'occasion ratée ?

Je t'ai fait des poivrons séchés.

Cueillis dans mon jardin.

J'ai arrêté la cuisine.

A cause de moi ?

Calme-toi, t'es pas le centre du monde.

T'es son avocate ?

Mais tu crois que des poivrons en sachet

vont suffire à te faire pardonner ?

Quoi ?

Ils sont pas en sachet, ils sont séchés.

Plus croquants.

Attends.

Je veux immortaliser ce sourire.

Merci, c'est gentil.

- Envoie-nous la photo. - T'es folle ?

Quoi ? Je suis curieuse.

Lui, c'est l'ami de Stacchio.

J'espère qu'on va pas faire fuir les autres.

- Je peux ? - Bien sûr.

Les gars, j'ai perdu mon chien.

Un gros chien blanc tout poilu.

Vous l'avez vu ?

On a vu un chat noir et blanc, mais pas de chien.

C'est bizarre, il est passé par là.

J'ai lâché sa laisse.

Il est peut-être devenu invisible.

Il a peut-être été désintégré.

Désintégré ? Non, il s'est sûrement échappé.

C'est pas ici que votre ami a disparu ?

Le petit Stacchio ?

J'espère qu'il lui est rien arrivé.

Vous saviez qu'il devait me faire visiter les Sassi ?

Oui, on était là, ce jour-là.

On devait réviser l'itinéraire.

- Vous êtes aussi des guides ? - Oui.

Comment tu t'appelles ?

Brunella.

Le jour où on s'est vus, il a fait quoi Stacchio ?

- On sait pas. - Vraiment ? Vous êtes sûrs ?

Il m'a déjà dit qu'il devait aller en Roumanie.

Avec qui ?

Avec son père. Il était super content.

Il me l'a dit aussi.

Il voyait son père, alors ?

Un jour, il est venu le chercher, mais il est pas sorti de la voiture.

Une vieille Fiat Panda rouge.

Stacchio a pas voulu qu'on s'approche.

Pourquoi ?

Ecoutez-moi,

je sais que vous vous faites du souci pour votre ami.

Si vous savez quelque chose, il faut nous le dire.

C'est pour son bien.

Quelqu'un vous a menacé de vous taire ?

Non.

- Vous êtes sûrs ? - Oui.

On continue de chercher notre chien.

Au revoir.

Mon père, il est génial.

Il va s'acheter la même moto que le père des jumeaux.

Et on ira faire des tours en allant à toute vitesse.

J'aimerais bien voir la tête des deux autres.

Parce que mon père, c'est le plus fort.

Il est plein aux as.

C'est le plus fort.

Quand je pense à lui, j'ai peur de rien.

Un jour, il va venir me chercher

pour qu'on aille voir un match de l'AC Milan.

Pas à la télévision, hein, mais au stade San Siro.

Moi, avec une vieille Panda ?

Vous me connaissez mal.

Et vous avez déjà vérifié.

J'ai pas de Panda.

On a pu vous la prêter.

Les enfants vous ont vu parler avec Stacchio près du parc.

J'y suis jamais allé.

Les enfants peuvent dire ce qu'ils veulent.

Vous écoutez des enfants ? Ils disent que des conneries.

Les enfants...

Et vous savez quoi sur votre fils ?

Sur Stacchio ? On se voit jamais.

Je sais même plus à quoi il ressemble.

Ma nouvelle copine peut pas le voir.

Elle est allergique.

Vous vous fichez de votre fils ?

Et alors ?

Il est à moi et je fais ce que je veux.

Si vous le voulez...

Baissez d'un ton.

On a terminé, vous pouvez y aller.

Venez.

Bonne journée à vous.

Restez à disposition, Quaratino.

Oui, c'est ça.

Me touche pas.

Allez, avance. Dépêche-toi.

Pourquoi faire des enfants ?

Ca me rappelle quelqu'un.

Le poulet est bientôt prêt.

T'as encore oublié la sauge.

J'ai mis du romarin.

Mais pourquoi ?

Avec le poulet, faut de la sauge.

De la sauge !

Peu importe, tant qu'on mange. J'ai faim.

Mamie a raison. La sauge, c'est mieux.

Je croyais que t'avais arrêté la cuisine.

Tout le monde sait qu'avec le poulet, faut de la sauge.

Moi, je préfère avec du romarin, OK ?

C'est un pays libre ?

Vive la démocratie.

- A qui tu parles ? - Pardon ?

A qui tu écris ?

Respecte mon intimité.

Ton intimité, elle m'appartient, OK ?

C'est Ridolfi, il a un problème avec son ordinateur.

Il t'écrit à cette heure-ci ?

Y a pas d'heure pour avoir un problème.

Nous sommes actuellement

dans le quartier où Eustachio Quaratino

a été vu pour la dernière fois.

C'est pas le petit...

Le pauvre.

...afin de reconstituer ses dernières heures.

Voyons ce qu'en pense le procureur de Matera,

M. Vitali.

C'est un moment dramatique.

Mais je vous garantis que toutes les forces de police

collaborent entre elles

pour retrouver au plus vite le petit Eustachio Quaratino.

- Alors ? - Je suis.

Vraiment ?

Je suis aussi.

Ca se trouve, je bluffe.

C'est ça !

Les verres, ça existe.

Les photos sont bien ?

C'est plus un travail de voleur que de photographe.

C'est pour ça que tu me l'as demandé.

C'est toi qui l'as dit.

Je regrette de t'avoir demandé de faire ça.

Mais c'était important.

C'était un jeu d'enfant.

Non.

C'était pas un jeu.

T'as eu de la chance.

Tu pouvais pas t'en douter.

Et pour être honnête,

j'en savais rien non plus.

Mais, c'est primordial

que tu ne parles à personne de ce que t'as vu chez Romaniello.

A qui j'en parlerais ?

T'es bête ? A personne, je t'ai dit.

Même pas au Bon Dieu.

Attends, ma chérie.

- Reste dans mes bras. - Non.

Comme une moule sur son rocher.

Ou comme deux serpents.

T'as dit quoi ?

Comme deux serpents.

Qu'est-ce qu'il y a ?

- Désolée. - Tu vas où ?

Je suis désolée.

- Tu me laisses tout seul ? - Oui.

Madame, je préférais votre ancienne collègue.

Vous êtes pas content de me voir ?

Bien sûr, je suis ravi.

Vous êtes toujours la bienvenue.

Merci.

Je suis là pour une question personnelle.

J'adore les vieilles voitures.

L'autre jour, j'ai vu une vieille Panda rouge ici.

Un ancien modèle. Vous savez à qui elle est ?

Ca se trouve, il veut la vendre.

C'est celle de Michele, le primeur.

Mais il est parti.

- Michele ou le véhicule ? - La voiture !

Il est parti avec à la campagne.

Madame, vous avez réussi à découvrir qui a tué la pauvre Pisicchio ?

Bric-à-brac.

Bric-à-brac.

Peppino Bric-à-brac.

"Donne-moi vos vieux machins pour repartir trésor en main."

Peppino Bric-à-brac ?

"Donne-moi vos vieux machins pour repartir trésor en main."

Vous pouvez m'en dire plus sur ce Peppino ?

Vous avez d'autres anecdotes ?

Peppino était toujours en vadrouille

à Matera ou aux alentours.

Il essayait de gagner sa vie.

De se faire quelques sous.

Tu sais ce que Nikolaus m'a dit ?

Il achète des haricots verts congelés.

C'est pas la même chose.

Les haricots surgelés, ça n'a rien à voir.

A mon époque...

Tu te souviens de Peppino Bric-à-brac ?

Il est mort y a tellement longtemps.

Je sais, mais c'était qui ?

Il se baladait dans les environs en criant "bric-à-brac".

On lui donnait des casseroles en cuivre,

de la dentelle fait main,

des choses dont on se servait plus.

En échange,

il nous donnait

des bassines en plastique.

Elles étaient propres et toutes neuves.

Pas mal comme commerce.

Bric-à-brac, c'était son surnom ?

Tu te souviens de son vrai nom ?

C'était y a tellement longtemps.

Je crois qu'il s'appelait...

Scannicchio.

Non.

C'était Pisicchio !

Giuseppe Pisicchio.

Tu sais qui c'est ?

C'est le grand-père de ta copine d'école,

Stella.

Ca fait tellement longtemps que je l'ai pas vue.

Comment elle va ?

Elle va bien.

Elle va très bien.

Quand tu la verras, dis-lui bonjour de ma part.

- Oui. - Stella...

Oui...

Ils ont mis du temps à les développer,

mais le résultat est parfait.

Elles sont très nettes.

Nettes mais atroces.

Mon Dieu.

Après 1861, des milliers de sudistes ont été massacrés.

Pontelandolfo,

Casalduni...

L'armée piémontaise les a brûlés en représailles contre les brigands.

Ils ont ordonné le massacre des habitants.

Tu te rends compte que ces...

gentilshommes font partie de l'Histoire

comme les héros du Risorgimento ?

Les grands qui ont forgé l'Italie.

Isidoro De Nardis.

- Il s'appelle pas Gaetano ? - Non.

Isidoro, c'est l'un de ses ancêtres.

J'ai compris ce que Stella lui voulait.

Quoi ?

Elle a trouvé ces négatifs

dans sa cave.

Son grand-père, Peppino, les a déposés là.

Elle a appris que De Nardis

voulait vendre le Palazzo à la mairie.

Un joli coup.

Si des photos prouvent qu'un des héros du Risorgimento

baignait dans un tel massacre,

je pense pas que le maire puisse valider la vente.

Tu penses que Stella faisait chanter De Nardis ?

- Madame la Substitute. - Calogiuri.

J'ai eu Michele au téléphone.

Le primeur, le propriétaire de la Panda rouge.

Parfois, il la prête à De Nardis contre la Jaguar.

Il a même pas de quoi se payer l'essence.

L'homme qui est allé chercher Stacchio...

C'est peut-être De Nardis.

Il a peut-être enlevé Stacchio parce que le petit l'a vu tuer Stella.

Si ça se trouve, il l'a pas juste enlevé.

C'était la guerre.

J'ai pas l'impression que c'est des soldats.

Ce sont des malheureux qui comptaient pour personne.

Aujourd'hui, ils sont appréciés.

Les brigands.

Mais c'était des monstres.

Les Piémontais aussi, c'était pas des amateurs.

Eux aussi ont commis leur quota d'atrocités sur la population.

Je comprends que ça puisse être gênant

d'avoir un ancêtre responsable d'un massacre.

J'ai une autre histoire pour vous.

Ca remonte au début des années 60.

Quand des gens sont arrivés dans les villages de la Basilicate

et en échange de vieux objets, ils donnaient des bassines,

des seaux en plastique...

Les paysannes étaient ravies.

Un d'eux s'appelait Peppino Bric-à-brac.

Giuseppe Pisicchio de son vrai nom.

Le grand-père de Stella.

Il possédait une petite fortune

et c'est lui qui aidait sa famille financièrement.

Mes parents étaient très généreux.

A la fin, le patrimoine familial en a pris un coup.

Parmi les objets récupérés par Peppino,

y avait plusieurs négatifs de photos.

Et après des années, la petite-fille de Peppino

les a retrouvés dans sa cave.

Stella vous en a déjà parlé ?

Elle l'a mentionné lors de notre 1re rencontre.

Elle est tombée dessus en rangeant.

Elle savait que ça me concernait.

Si elle les rendait publics, ça aurait compromis la vente.

Stella vous a fait du chantage.

Elle voulait 15 000 euros.

Je voulais négocier.

15 000 euros, c'était exagéré.

Les négociations se sont bien passées ?

Y en a pas eu.

Comme je vous ai dit, quand je suis arrivé, y avait personne.

Très bien, merci pour votre aide.

Une dernière chose.

Vous avez entendu parler

de la disparition d'Eustachio Quaratino ?

Stacchio.

- Non. - Non ?

Madame la Substitute...

Faut que je vous parle.

Vous êtes sûr ?

Très bien.

Merci encore.

Calogiuri, on y va.

J'ai envoyé la Panda rouge à la Scientifique.

Un collègue m'a dit qu'ils ont fait des analyses,

et sur l'un des tapis, y avait des traces de fiente.

Elles proviennent d'une espèce de chauve-souris

qui n'existe qu'ici.

Dans la Grotte des Chauves-souris.

Quelqu'un a dû marcher dans la fiente

et l'a déposée dans la voiture.

Il m'a dit que les traces étaient fraîches.

Stacchio...

- Tout va bien ? - Oui.

"Papa, je suis là."

On continue ?

Faites attention à vous !

T'inquiète pas, c'est rien.

Madame, venez !

Faites vite.

On l'a trouvé.

Je suis désolé.

Allez chercher De Nardis.

J'ai rencontré Stacchio chez Stella,

le jour où elle m'a montré les négatifs.

J'ai vite compris qu'il était livré à lui-même.

Comme j'avais pas l'argent que Stella réclamait,

j'ai demandé à Stacchio de voler le double des clefs.

Vous pensiez que les négatifs étaient chez elle ?

Je voulais les voler.

Vous avez un double des clefs de Stella ?

Non.

Non, je les ai jetées quand...

Quand vous avez compris que vous étiez suspecté de meurtre.

Vous savez que la porte était fermée à clef ?

Vous avez envoyé le petit avec les clefs chez Stella

pour qu'il vole les négatifs, mais ils étaient dans la cave.

Stacchio m'a parlé de cette cave.

Il m'a dit qu'il pouvait ouvrir la porte.

Bien sûr, il voulait de l'argent.

On est allés à la grotte et...

Forcer la serrure a été un jeu d'enfants.

Ce sont des vieilles bâtisses.

On a réussi avec une épingle à cheveux.

Il est entré, il a pris les négatifs,

mais ils sont tombés et se sont cassés.

Il est venu me voir en pleurs.

Je lui ai dit de laisser tomber.

Je lui ai donné quelques euros

et je suis rentré.

Sans les négatifs, elle pouvait plus rien faire.

Pourquoi vous êtes allé chez Stella le 26 mai

si vous n'aviez plus rien à craindre ?

Madame la Substitute...

Quand on a peur, notre esprit s'emballe.

J'avais peur qu'elle ait fait des copies.

Je voulais m'assurer qu'elle pouvait plus me faire chanter.

Et vous l'avez tuée.

Non !

J'ai sonné, mais personne n'a répondu.

J'ai attendu un peu et je suis parti.

Mais on a été en contact.

Et le chantage de Stella...

L'enfant était son seul témoin.

Vous vouliez l'éliminer.

C'était qu'un gamin livré à lui-même, non ?

Vous êtes venue chez moi et m'avez interrogé...

La peur m'a fait faire des choses que je regrette.

J'ai dit à Stacchio que son père avait tué Stella.

Et qu'il se cachait dans la grotte.

Je l'ai emmené là-bas et...

Papa !

J'ai pas eu le courage de le tuer.

J'ai eu l'impression d'être un monstre.

Vous n'avez rien d'autre à déclarer, M. De Nardis ?

On a terminé.

Maréchal, escortez-le.

L'affaire est bouclée, non ?

De Nardis a tué Stella Pisicchio et ce pauvre enfant.

On le met en examen ?

Non ?

Madame la Substitute ?

Vous m'écoutez ?

Tu pars tôt aujourd'hui.

J'ai rendez-vous pour me faire épiler.

Je vais même me faire un soin du visage,

- une pédicure... - Tout ça !

Oui.

Si ça se trouve, si je me fais une beauté...

Depuis qu'il est rentré, Giuseppe ne m'a pas touchée.

Comme si j'étais invisible.

S'il le fait pas, un autre pourrait s'en charger.

Tu rigoles ?

Je suis pas comme lui, je suis fidèle.

Donc avec ton rendez-vous chez l'esthéticienne, tu espères...

Je me suis peut-être laissée un peu aller.

Il en faut pas beaucoup

pour réveiller la bête qui sommeille en lui.

Ces soins coûtent cher ?

Ca dépend d'où on part.

Tu trouves que je suis mal en point ?

Non.

Mais tu vas devoir reporter, on va faire des heures sup.

Hors de question.

Au contraire.

Convoque Eufemia Abbate,

elle habite à Grottole, elle connaissait Stella.

Tu peux pas me demander de...

De faire ton travail ?

Quelle prétention !

Madame la Substitute,

je pensais pas qu'après notre rencontre à l'enterrement,

vous alliez me convoquer au Parquet.

Y a même un agent qui établit un procès-verbal.

Je dois m'inquiéter ?

Non, vous faites pas de souci.

Je voulais vous montrer une photo.

C'est vous ?

Oui, c'est moi.

Vous reconnaissez celui qui est à côté de Stella ?

C'est Luca Lacerenza.

Vous savez où il habite ?

Il est pas de Grottole, il y venait en vacances.

Sa famille a émigré en Suisse.

L'été, il faisait tourner la tête de toutes les filles.

J'en faisais partie.

Et un jour, il a disparu.

A votre avis,

y a eu quelque chose entre Luca et Stella ?

Non, je pense pas.

Non.

Elle m'en a jamais parlé.

Mais je pense pas.

Vous me convoquez pour me parler du passé ?

Non, pas que pour ça.

- Vous êtes esthéticienne ? - Oui.

Vous avez besoin de soins ?

Non, mais parlez-en à ma greffière.

Stella était l'une de vos clientes ?

Non.

Mais quand je l'ai vue il y a quelques années,

elle a pris ma carte de visite.

Elle m'a appelée quelques jours avant sa mort

parce qu'elle voulait changer de tête.

Elle voulait paraître plus jeune, plus belle.

- Comme sur la photo ? - Exactement.

Elle m'a dit : "Eufe...

"fais-moi remonter le temps."

Vous savez que c'était pas une tâche facile.

Mais au final,

j'ai fait ce que j'ai pu pour la satisfaire.

Ca lui a coûté 2 000 euros ?

Non, pas autant.

Ca lui a coûté 900 euros.

Mais, en toute modestie,

je l'ai complètement transformée.

Elle semblait plus jeune, plus belle.

C'est ce qu'elle voulait.

Vous avez pas trouvé ça étrange qu'elle dépense autant ?

Si, je lui ai même posé la question.

Mais elle s'est bloquée et elle m'a dit :

"T'es la dernière personne avec qui je veux en parler."

Les obsèques d'Eustachio Quaratino ont eu lieu aujourd'hui.

La ville de Matera a pris part à la souffrance...

Je peux te montrer quelque chose de joyeux ?

Pour te remonter le moral ?

...afin de lui dire au revoir une dernière fois.

La cérémonie a été orchestrée par...

Attends.

Regarde ça.

Sans son amie, elle avait l'air perdue.

Et là, regarde comme elle sourit.

Elle va mieux.

Bea, c'est pas la seule raison.

Ce qui compte, c'est qu'elle soit pas seule.

Qu'elle soit heureuse.

Au moins, qu'elle soit sereine.

Et toi ?

Ca t'arrive de te sentir seule ?

Oui.

Mais je pense à la chance que j'ai de t'avoir et je me sens mieux.

Tu penses à ton amie Stella ?

Elle a pas eu cette chance.

Tu fais quoi ?

Ils étaient tous autour d'elles.

- L'une avait des extensions. - Les profs ont rien dit ?

Ils ont rien dit.

Maman ?

Valentina, écoute,

ta photo de profil...

Je suis avec des amis.

Je veux pas te déranger.

Tu vois de laquelle je parle ? Celle avec Bea.

Qui vous a pris en photo ?

Pourquoi tu veux savoir ça ?

C'est un garçon qui te plaît, non ?

Je connais ton petit regard par coeur.

C'est à lui que tu souriais ?

T'es en train de m'espionner via mon profil.

C'est important, c'est pour le travail.

Et tu sais que je suis de ton côté.

Rentre pas tard.

Vous m'avez dit que ce garçon,

c'est Luca Lacerenza, n'est-ce pas ?

Vous m'avez dit que Stella n'était pas amoureuse de lui

et vous aviez raison.

Stella souriait à la personne qui a pris la photo.

Elle en était peut-être amoureuse.

Francesco ? Le cousin de Luca ?

Pourquoi vous riez ?

Francesco, il était bizarre.

Comment ça ?

Physiquement, je veux dire.

C'était un type banal, ni beau, ni moche.

Mais pour moi, il tendait plus vers le moche.

Et ce Francesco, il s'appelait Lacerenza comme son cousin ?

Non.

Il s'appelle Calenzano.

Francesco Calenzano.

J'ai dit une bêtise ?

Non, ne vous en faites pas.

Je le convoque sur-le-champ.

J'ai trouvé.

Elle date de 1988.

Pendant l'été, elle était numéro 1 du hit-parade.

AOUT 1988

Demain, on a notre dernier contrôle. Tu veux venir chez moi ?

On peut réviser ensemble.

Je préfère travailler seule.

- Dommage. - Pourquoi ?

C'est la fin de l'année.

Qui sait quand on se reverra.

Imagine si on se voit plus jamais.

Pourquoi ça arriverait ?

On sait jamais, même pour nous, la vie peut changer.

Il est arrivé.

Calogiuri est là aussi.

- Madame la Substitute. - Bonjour.

Bonjour.

Le maréchal Calogiuri, mon collaborateur.

Oui, on s'est déjà rencontrés.

Ma greffière, Diana De Santis.

Tout ce monde ?

Ne vous en faites pas.

Gaetano De Nardis a été inculpé pour meurtre,

mais on a encore des choses à éclaircir.

C'est pour ça que vous êtes là.

J'ai besoin de votre aide.

Je suis à votre disposition.

On dirait...

Qu'est-ce que vous regardez ?

Veuillez m'excuser.

J'adore les chaussures et je remarque

que vous avez des petits pieds.

Vous chaussez du 35, du 36 ?

Oui, du 36.

Si vous vouliez ma pointure, on aurait pu s'appeler.

Vous avez raison.

C'est vrai.

Je vous ai pas convoqué pour ça.

Vous saviez qu'avec Diana,

on était à l'école avec Stella ? On était dans le même lycée.

Si je me trompe pas, vous habitiez le même village.

Vous êtes de Grottole, non ? Même si vous travaillez à Ginosa.

J'ai oublié d'où je viens.

Je suis parti très tôt.

J'avais même pas 6 ans.

En Suisse ?

A Winterthour pour être exact.

Vous êtes le cousin de Luca Lacerenza.

On est plus comme des frères.

On a grandi ensemble.

C'est lui ?

Oui.

Chez madame Pisicchio,

on a trouvé plusieurs empreintes digitales.

Certaines d'entre elles

ne correspondent pas à ceux qui la fréquentaient.

Vous vous souvenez de ça ?

Tout le monde s'en souvient.

C'est Io ti vengo a cercare,

de Franco Battiato.

J'étais tout jeune.

C'était beau, la jeunesse.

Les fêtes, les premiers amours,

les nuits passées à la belle étoile à jouer de la guitare.

Les bains de minuit.

Que de souvenirs !

Votre cousin était pas mal.

Oui.

Mais c'est pas à lui que Stella souriait.

Elle souriait

à celui qui a pris la photo.

Chez Stella,

le jour du meurtre, quelqu'un a entendu cette chanson.

Ce qui est étrange, c'est qu'elle avait le CD chez elle,

mais pas de lecteur. C'est bizarre, non ?

Un peu.

Allez-y, vous pouvez répondre.

Non, c'est personne.

Respirez.

Respirez calmement.

C'est que...

Les travailleurs saisonniers

ne pouvaient pas rester en Suisse plus de 9 mois.

Donc on revenait passer l'été au village.

A Grottole.

L'été 1988 était un été spécial.

Mon cousin avait déjà des petites romances.

Les femmes lui couraient après.

Une certaine Eufemia

le suivait partout où il allait.

Et elle était toujours

avec une amie.

Une fille assez réservée.

Elle restait toujours dans son coin.

Comme moi.

C'était Stella.

C'est moi qui ai pris la photo.

Cet été, cette chanson passait tout le temps.

Vous avez rendu Stella heureuse.

Et sur cette photo, c'est flagrant.

Oui, mais...

Ensuite, je suis retourné en Suisse.

On s'est plus revus, mais on s'est écrit.

Quand l'avez-vous revue ?

Le 17 mai.

Devant le Palazzo De Nardis.

Elle cherchait l'entrée, et je finissais de prendre les mesures.

On s'est pas reconnus tout de suite.

C'était Stella !

"Tu es Stella Pisicchio ?

"C'est moi, Franco Calenzano."

On avait tellement de choses à se dire.

A partir de ce moment-là,

on a commencé à se voir et on est devenus...

- des amants. - Vraiment ?

C'est pour ça que je n'ai rien dit.

Je suis marié, j'ai des enfants.

Vous êtes devenus des amants ?

M. Calenzano, Stella était vierge.

Vous me racontez des cracks.

Non, je...

Quand...

Je vais tout vous dire afin que vous compreniez.

Les enfants n'étaient pas admis en Suisse.

On était cloîtrés chez nous.

On pouvait même pas se mettre à la fenêtre.

On était toujours enfermés dans la pénombre.

Les volets étaient fermés pour nous cacher.

On avait pas le droit de pleurer, de rire et encore moins de jouer.

Nous n'existions pas.

On avait pas le droit d'exister.

Vous savez combien d'Italiens ont grandi comme ça ?

En Suisse ? Des milliers.

Quand ma tante entendait du bruit,

elle m'enfermait

dans l'armoire à double tour.

Un jour, les policiers sont venus.

Mon coeur battait tellement fort

que je pensais qu'ils allaient l'entendre.

Et d'un coup,

le silence.

Comme quand on meurt.

Je l'imagine comme ça.

J'étais petit.

Je pensais que le Diable allait venir me chercher.

Aujourd'hui encore, j'ai honte de le dire,

mais j'ai fait dans mon pantalon.

Je sais pas combien de temps je suis resté comme ça

avant que ma tante vienne m'ouvrir.

Ils l'avaient embarquée pour un contrôle.

C'est Stella qui a verrouillé la porte.

Oui.

Oui... Madame la Substitute,

nous les hommes, on est différents des femmes.

On est moins romantiques.

Quand j'étais en Suisse,

je pensais plus vraiment à Stella.

Quand on s'est retrouvés,

pour moi, c'était une belle coïncidence.

Mais pour elle, c'était différent.

Pour elle, c'était un signe du destin.

Elle voulait aller là où on s'est embrassés pour la 1re fois.

On a réitéré.

Après plus de 30 ans, madame la Substitute.

Je m'y attendais pas.

C'est la vérité.

J'ai ressenti quelque chose

de très fort.

Après tant d'années...

la vie me rendait mon premier amour,

alors qu'elle m'avait ôté tant de choses.

J'arrêtais pas d'y penser.

J'ai pas arrêté de penser à ce baiser.

J'aurais voulu la revoir.

Mais elle...

Elle temporisait et je comprenais pas pourquoi.

Et ensuite...

le 26 mai est arrivé.

J'ai décidé de ranger un peu ma cave.

Et vous avez trouvé le CD.

Oui.

Io ti vengo a cercare.

J'ai sorti une excuse à ma femme

et sans prévenir Stella, je suis allé chez elle.

Elle était surprise d'entendre ma voix à travers la porte.

Elle a mis du temps à ouvrir

et après, j'ai compris pourquoi.

Elle avait mis ses plus beaux sous-vêtements.

Elle était allée chez l'esthéticienne pour être prête.

Oui.

Oui...

Quand elle m'a ouvert, je lui ai donné le CD.

Mon coeur battait la chamade.

On a fini par s'embrasser sur son lit comme deux adolescents.

Au début, c'était...

magnifique.

Ensuite, elle s'est déshabillée.

Et là, j'ai vu...

son ensemble de lingerie qui était très provocant.

J'en suis resté choqué.

Ensuite...

Son téléphone s'est mis à sonner et elle a fini par répondre.

C'était M. Bizzarri, un homme rencontré sur Internet.

Pendant qu'elle était au téléphone,

vous avez reçu un coup de fil.

Avec cette même sonnerie.

Et Bizzarri l'a entendue.

C'était ma femme.

Elle voulait savoir où j'étais.

J'ai marmonné une autre excuse.

En raccrochant,

j'ai regardé Stella...

C'était comme sortir d'un rêve.

J'avais plus envie d'elle.

J'ai pensé à ma femme et à mes enfants.

A tout ce qu'on a vécu ensemble.

Ecoute, Stella, je...

Je me sens pas très bien.

On remet ça à plus tard, OK ?

J'étais perdu.

Complètement perdu.

C'était une bêtise.

Si tu pars,

j'avoue tout à ta femme.

De quoi tu parles ?

Qu'on est amants depuis des années.

Laisse-moi partir.

- Donne-moi ça. - Non.

Donne-moi tes clefs.

Donne-moi tes clefs !

Donne-les-moi !

Donne-moi ça !

Allez !

Donne-moi tes clefs !

Donne-les-moi !

Stella...

Stella ?

J'avais l'impression

d'être pris au piège.

Comme dans l'armoire quand j'étais petit.

De Nardis est arrivé.

Il voulait pas partir. Il attendait sur le palier.

J'étais pris au piège.

Je pouvais pas sortir.

J'essayais de trouver un moyen de sortir de cet appartement.

J'ai fouillé partout comme un fou.

Je suis passé par la trappe.

M. Calenzano ?

Suivez-moi.

Venez.

Par là.

On va où ?

Ne vous inquiétez pas, tout va bien se passer.

Imma ?

Nicolas est là avec sa maîtresse.

Madame la Substitute !

Désolée, mais...

Nicolas a quelque chose à vous dire.

Viens, mon petit Nicolas.

Qu'est-ce qu'il y a ?

On voulait savoir où il cachait son argent.

Quel argent ?

L'argent gagné grâce aux touristes.

Stacchio voulait pas nous dire sa cachette.

Un jour, on l'a suivi,

mais il est allé se cacher dans une grotte.

Vous l'avez trouvé ?

Oui.

On l'a encerclé.

- Vous vouliez le taper ? - Pas moi !

Mais les jumeaux et Brunella en avaient envie.

Ils ont fait quoi ?

Rien, parce qu'à un moment...

il s'est enfui et...

il est tombé dans un trou.

Il pleurait.

Et d'un coup...

il s'est arrêté de pleurer.

Je pensais qu'il s'était endormi et je suis parti.

On va prendre un peu l'air ?

Viens, on va boire un verre d'eau.

- Au revoir, madame la Substitute. - Au revoir.

- Salut. - Cinzia !

J'ai apporté à boire.

- Fallait pas. - C'est rien.

Merci beaucoup.

Je savais pas quoi faire d'autre.

Je pensais t'avoir tout expliqué au téléphone.

Ce genre de truc, c'est pas pour moi.

Je suis vraiment nulle.

J'ai décidé de me mettre à la composition.

Mais j'ai pas les moyens pour un vrai piano, donc...

Je suis là pour ça.

Mais faut faire vite, je veux rentrer pour le dîner.

J'ai préparé à dîner.

Fallait pas.

Tu m'as dit que t'adorais le poisson cru.

Comme t'allais venir m'aider, j'ai voulu te remercier.

Un "merci" aurait suffi.

Quoi ? Ca, c'est nettement mieux.

Assieds-toi.

Je vais chercher le vin.

Valentina, à table.

On attend pas papa ?

Ton père, il dîne pas ici.

Allô ?

Bonsoir, madame Tataranni.

Ernesto Morra à l'appareil.

Désolé de vous appeler si tard.

Mais je n'ai pas eu le temps

de vous appeler plus tôt.

J'ai vu le bracelet que vous avez déposé.

Je sais qui l'a acheté.

C'était l'un de nos clients préférés.

C'est monsieur Latronico.

Cenzino Latronico ?

Oui, tout à fait.

J'espère vous avoir été utile.

Oui, très utile, merci.

Merci, bonne soirée.

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