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-Après tout, je suis con.
Après tout, si, il faut.
Il faut !
-Michel...
Emmène-moi. -Il est quelle heure ?
-10h50. -Non, ciao.
Maintenant, je fonce, Alphonse.
"Buesnas" noches
Mi amor
Si y croit me doubler, celui-là,
avec sa Frégate à la con.
Pa pa pa pa pa Patricia
Patricia
Alors, je vais chercher l'argent.
Je demande à Patricia oui ou non.
Et après...
"Buesnas" noches Mi amor
Milano, Genova, Roma !
C'est joli, la campagne.
J'aime beaucoup la France.
Si vous n'aimez pas la mer...
Si vous n'aimez pas la montagne...
Si vous n'aimez pas la ville...
Allez vous faire foutre !
Oh ho...
Des petites filles qui font de l'auto-stop...
Je facture un baiser du kilomètre.
La petite a pas l'air mal.
Elle a de jolies cuisses.
Mais l'autre... Oh, après tout...
Merde. Elles sont trop moches.
-Hé hé hé !
Pa ! Pa ! Pa !
Pa !
C'est beau, le soleil...
Les femmes au volant, c'est la lâcheté personnifiée.
Allez, dépasse !
Ah oui, merde, des travaux...
Il ne faut jamais freiner.
Les voitures sont faites pour rouler, pas pour s'arrêter.
Merde, la flicaille.
Oh, mon crocodile a sauté !
Piège à con !
-Ne bouge pas,
ou je te brûle !
-Mlle Franchini ? -Elle est pas là.
-Mais elle habite ici ? -Oui.
-Jamais de fric, les filles...
Un direct.
C'est combien, un oeuf plat-jambon ?
-180.
-Oui, alors un. -Oui.
J'achète le journal, je reviens.
-Oh là là, Michel !
-Je peux entrer ? -Oui.
-Ça va, ma douce ?
-T'as pas de veste ?
-Elle est dans mon Alfa Romeo.
Tu viens petit-déjeuner ? -Non,
je dois être à 9h10 à la TV.
J'ai tout craqué.
Voilà.
Qu'est-ce que tu deviens ? *-Il est 7h02.
-Je voyage.
-Et au Quartier ?
-Je sais pas. -T'y vas plus ?
-Parfois à la discothèque, mais y a des idiots.
-Tu fais toujours du cinéma ?
-Non, faut coucher avec trop de types.
Enrico, tu "t'en" rappelles ?
-Tu te le rappelles ! Ou tu t'en souviens...
-Je travaille avec lui à la TV comme scripte.
-A Rome, en décembre, j'étais fauché.
J'ai été assistant dans un film.
-Toi ? -Oui, moi.
-Et tu as déjà été gigolo ?
-Pourquoi ?
-Comme ça.
-Moi je voudrais bien, oui.
-Rappelle-moi dans quelques minutes.
-Gaby est revenu d'Espagne ?
-Il a acheté La Pergola. -Ah oui ?
Formidable !
C'est idiot d'avoir tout peint en noir !
Y a écrit quoi ?
-"Pourquoi ?"
Mais je n'ai jamais fini.
-Tu n'as pas 5000 francs
à me prêter jusqu'à midi ?
-Je l'aurais parié...
T'es dégueulasse.
-Mais non, je te les rends à midi.
-Je les ai pas.
J'ai 500 francs.
-Non, garde-les.
Tu viens pas petit-déjeuner au Royal ?
-Non, je suis en retard.
-Bon... Arrivederci !
-Ciao, Michel.
-M. Tolmatchoff est là ? -Oui, il est là.
Mais il n'est pas là.
-Patricia est avec vous ?
-Yes, she's over there. -Merci.
-New York Herald Tribune !
New York Herald Tribune !
-Tu m'accompagnes à Rome ?
Oui, je t'aime.
Je voulais savoir si te revoir me ferait plaisir.
- Vous étiez à Monte Carlo ?
-Non, de Marseille.
Monte Carlo, c'était avant.
Lundi, je t'ai appelée.
-Lundi et dimanche, j'étais pas à Paris.
New York Herald Tribune !
-Je t'en prends un. -C'est gentil.
Qu'est-ce que vous faites ici ?
Vous détestez Paris.
-C'est que j'y ai beaucoup d'ennemis.
-Alors vous êtes en danger !
-Oui ! Tu viens à Rome, Patricia ?
-Et faire quoi, là-bas ?
-On verra. -Non, j'ai des choses
à faire à Paris.
-Tu remontes ou tu descends les Champs ?
-Les Champs ? -Les Champs-Elysées.
Moi, je vais avenue Georges V.
-OK, je vous laisse.
-Allez, remonte avec moi !
-Jusqu'à la rue, alors.
New York Herald Tribune !
-Je te le rends, y a pas d'horoscope.
-Horoscope ?
-C'est l'avenir. J'ai envie de savoir, pas toi ?
-Moi aussi !
New York Herald Tribune !
Qu'est-ce qu'il y a ? -Je te regarde.
-Vous êtes fâché que "j'ai parti" sans dire au revoir.
-Non, mais j'étais triste.
C'est agréable
de se réveiller à côté d'une fille.
-Vous allez rester à Paris ?
-Oui, un type me doit de l'argent.
Puis il faut que je te voie !
-Non, il ne faut pas.
-Pourquoi ?
-Il y en a de plus jolies que moi.
-Non. J'ai couché avec 2 filles, depuis toi.
Ça gazait absolument pas.
-Gazer ?
-Elles étaient très jolies, mais c'était triste.
Tu viens à Rome ? J'en ai marre de la France.
-Non, je dois m'inscrire à la Sorbonne.
Sinon, plus d'argent de mes parents !
-Je t'en donnerai !
-On n'a passé que 3 nuits ensemble.
-Non, 5 ! Tu mets pas de soutien-gorge ?
-Parle pas comme ça. -Je m'excuse.
On se revoit tout à l'heure ?
-Pas tout à l'heure, ce soir. Oui ?
-Yes ! Où ça ?
-Oh, ici.
-Monsieur !
Vous n'avez rien contre la jeunesse ?
-Si. J'aime bien les vieux.
M. Tolmatchoff est là ?
-Le guichet "Aviation".
-Salut, amigo. -Salut, fils.
-Tu es passé à 10h ? -Chercher mon argent.
-Il est là, viens.
Ça va ?
-Je suis venu voir une fille. Et toi ?
-Je rouille, ici.
-Mieux vaut rouiller que dérouiller.
-C'est là.
Vous avez l'enveloppe que je vous ai donnée ?
-Le con ! Pourquoi il l'a barré ?
-Je sais pas. Endosse-le.
Pas à moi, j'ai tout mis sur le tiercé.
-Et Bob, il me m'escompterait ?
-Il est en taule, ce con. -Sans blague ?
J'ai pas confiance en Berutti.
-C'est pas ton pote ?
-Il est revenu de Tunis ? -Oui, je l'ai vu hier.
-C'est quoi, déjà, son téléphone ?
-Elysées 99-84.
-Je peux le faire d'ici ? -Vas-y.
Qui est-ce, la fille ?
-Une New-Yorkaise.
-Elle est jolie ?
-Elle est drôle. Je l'aime bien.
Allô. Elysées nonante-neuf, huitante-quatre ?
Pourrais-je parler à Antonio ?
Ah bon ?
Non, non. Je rappellerai.
Il est pas là. Je vais voir ailleurs.
Au revoir, fils. -Ciao, amigo.
-Agence Inter Americana ? -Oui, c'est ici.
-Vos clients reçoivent du courrier ici ?
-Oui.
-Vous connaissez Michel Poiccard ?
-Non. -Il se fait appeler aussi...
... Laszlo Kovacs.
-Le monsieur là-bas est chargé de ça.
-Tiens, tiens... Tolmatchoff...
-Bonjour, M. l'inspecteur.
-Tu organises des voyages ?
-Comme vous voyez.
-Tu te rappelles, quand tu as donné ton ami Bob ?
-Et alors ?
-Tu vas faire la même chose...
Michel Poiccard. 1,79m.
Cheveux châtains. Ancien steward d'Air France.
Il se fait expédier son courrier ici.
-Oui, je le connais.
-Il est venu ici, ces jours-ci ?
-Non. -Mademoiselle !
Personne n'est venu voir M. Tolmatchoff ces jours-ci ?
-Si, il y a cinq minutes. Un monsieur assez grand...
-Oh, nom de Dieu !
-Complicité de meurtre, tu sais ce que c'est ?
-Bogie...
-J'ai vu un type mourir. -Pourquoi mourir ?
-Dans un accident.
-Tu m'invites à dîner, Michel ?
-Evidently.
Je vais de nouveau téléphoner.
Tu m'attends ?
-Téléphone depuis le restaurant.
-Non.
Je reviens dans 1 seconde.
-Les Français disent 1 seconde et ça dure toujours cinq minutes.
-Où on va ? -N'importe où.
A Saint-Michel.
-On couche ensemble, ce soir ? -Je sais pas.
-T'es pas bien, avec moi ? -Si, bien sûr.
-J'ai lu un truc pas mal.
Un receveur d'autobus avait volé 5 millions
pour séduire une fille.
Ils sont descendus ensemble sur la Côte.
En 3 jours, ils ont grillé les 5 millions.
Le type s'est pas dégonflé, il a dit à la fille :
"C'est de l'argent volé, mais je t'aime."
Et la fille l'a pas laissé tomber.
Elle lui a dit : "Moi aussi, je t'aime."
On les a pincés alors qu'ils cambriolaient des villas.
Elle faisait le guet. C'est gentil.
-Pardon. Vous avez du feu ?
-Voilà 100 sous. Achetez des allumettes.
-Oh, zut, j'oubliais ! J'ai un rendez-vous.
-Avec qui ? -Un journaliste qui m'emmène
à une conférence de presse.
-Où ça ? Maintenant ?
-Ça ne vous regarde pas. Vous êtes agaçant.
-Tu ne restes pas avec moi, alors ?
-On se verra demain.
-Pas demain. Ce soir, Patricia.
-Mais c'est impossible.
-Pourquoi es-tu cruelle ?
-Où y a-t-il des taxis ?
-Ma voiture est à l'opéra. Je te dépose ?
-OK.
Et ta Ford, tu ne l'as plus ?
-Elle est au garage.
Allez, je reste avec toi.
-De toute façon, j'ai mal à la tête.
-On couchera pas ensemble !
-Non, ce n'est pas ça, Michel.
Pourquoi vous êtes triste ? -Parce que.
-C'est idiot.
Pourquoi tu es triste ?
C'est mieux quand je dis "vous" ou "tu" ?
-Pareil. Je peux pas me passer de toi.
-Tu peux très bien. -Mais je veux pas.
Regarde, une Talbot ! Elle est belle... 2,5 L.
-Tu es un garçon... -Quoi ?
-Je ne sais pas. -Patricia, regarde-moi.
Je t'interdis d'aller voir ce type.
Hélas... Hélas, hélas...
J'aime une fille qui a une très jolie nuque,
de très jolis seins, une très jolie voix,
de tès jolis jolis poignets,
un très joli front,
de très jolis genoux...
Mais qui est lâche.
-C'est là ! -Attends,
je me gare. -Non, inutile.
-Bon. Fous le camp.
Je ne veux plus te voir.
Fous le camp !
Fous le camp, dégueulasse !
-Hello !
-I'm sorry. I'm awfully late.
-Oh, that's alright.
Sit down.
This is the book I've promised you.
-Merci.
-I hope that, uh... merci... nothing happens to you like the woman in the book.
-Oh, what ? -Read it, you'll see.
Well, she doesn't want a child, but the operation is unsuccessful and she dies.
Je serais très triste
si ça vous arrivait, Patricia.
-On verra...
-Qu'est-ce qui ne va pas ?
-Je voudrais creuser un trou pour que personne "me verra".
-Non, il faut faire comme les éléphants !
Ils partent. They vanish.
-I don't know if I'm unhappy because I'm not free or if I'm not free because I'm unhappy.
-Il m'est arrivé une histoire.
Je vais vous la raconter.
Une fille... Je me suis dit
il y a 3 jours qu'on devrait coucher ensemble.
Je lui donne
rendez-vous, on déjeune.
Je voulais lui dire : "Je trouve
qu'on devrait coucher ensemble".
Et je ne sais pas...
Ça m'est sorti de la tête. Ha ha !
On s'est séparés et j'y ai repensé.
Tout de suite, je lui ai envoyé un pneumatique
pour le lui dire.
Trois heures après, elle me répond.
Elle disait : "Extraordinaire, cette coïncidence.
J'ai eu la même idée en venant déjeuner."
-What's happening to your projects for me to write ?
-You go to Orly tomorrow.
To interview Parvulesco. You know, the novelist.
-Marvelous. What time ?
-Just come to the office early tomorrow afternoon.
Well... I'm going.
You are coming with me, of course.
-Of course.
Of course ?
Of course !
-France-Soir. C'est la dernière édition ?
-Oui, monsieur.
-Ma clé n'est pas là ? -Elle n'est pas sur la porte ?
Oh, zut alors !
-Buongiorno !
-Que faites-vous là ?
-Y avait plus de place au Claridge.
Alors je suis venu ici.
J'ai pris ta clé en bas.
-Tu pouvais aller ailleurs.
-Moi, je descends toujours au Claridge !
-Toi alors, tu es fou.
-Fais pas la tête.
-I can never be alone when I wanna be.
-Ça te va d'ailleurs très mal.
-C'est quoi, faire la tête ?
-Faire comme ça.
-Moi, je trouve que ça me va bien.
-Tu es plus folle que moi.
Fait chier...
Je m'intéresse aux filles pas faites pour moi.
Patricia !
T'as vu que je vous suivais, hier soir ?
Qu'est-ce que tu as ?
-Laissez-moi, je réfléchis.
-A quoi ?
-Le drame, c'est que je ne sais pas.
-Moi, je sais.
-Non, personne ne sait.
-Tu penses à hier soir.
Mais si !
-Hier soir, j'étais furieuse. Maintenant, ça m'est égal.
Non, je pense à rien.
Je voudrais penser à quelque chose
et "je n'arrive pas".
-Bon. Moi, je suis fatigué, très fatigué.
Et je me recouche.
Pourquoi tu me regardes ? -Parce que.
-Tu aurais dû rester avec moi.
-Je ne pouvais pas. -Tu pouvais très bien.
Fallait dire non à ce type.
-Mais il va me faire écrire des articles ! C'est important.
-Ce qui importe, c'est d'aller à Rome avec moi.
-Peut-être. Je ne sais pas.
-T'as couché avec lui ?
-Non...
-Je parie que si.
-Non, Michel. Il est très gentil.
Il a dit qu'un jour
on coucherait ensemble, pas aujourd'hui.
-Mais il me connaît pas !
-Pas toi ! Lui avec moi.
On a pris un verre à Montparnasse.
-J'y étais aussi. A quelle heure ?
-Je ne sais pas, on n'est pas restés longtemps.
Pourquoi tu es venu ici ?
-Parce que j'ai envie de recoucher avec toi.
-Ce n'est pas une raison.
-Si, ça veut dire que je t'aime.
-Moi, je ne sais pas encore si je t'aime.
-Tu le sauras quand ?
-Bientôt.
-Ça veut dire quoi ?
Dans un mois ? Dans un an ?
-Ça veut dire bientôt.
-Les femmes ne veulent jamais faire en 8 secondes
ce qu'elles veulent bien faire 8 jours après.
Ça revient au même, 8 secondes ou 8 jours.
Ou pourquoi pas 8 siècles ?
-Non, 8 jours c'est bien.
-Les femmes, c'est toujours les demi-mesures.
Ça me démoralise.
Pourquoi tu veux pas recoucher avec moi ?
-Parce que je veux savoir...
... ce que j'aime en vous. Je voudrais "qu'on serait"
Roméo et Juliette. -Oh là là...
C'est bien une idée de fille.
-Je croyais que tu ne pouvais pas te passer de moi.
Tu peux ! Roméo pouvait pas se passer de Juliette.
Mais toi, tu peux.
-Non. Je ne peux pas me passer de toi.
-Oh là là ! C'est bien une idée de garçon.
-Souris-moi.
Bon. Je compte jusqu'à 8.
Si à 8, tu ne m'as pas souri,
je t'étrangle.
Deux...
Trois...
4, 5, 6...
Sept...
Sept et demi...
Sept trois quarts...
Tu es si lâche que tu vas sourire...
Elle rit.
-Je n'ai plus envie de jouer.
-Tu es lâche, c'est dommage.
-Pourquoi tu me dis ça ?
-Tu m'énerves.
-Toi aussi.
-Je ne suis pas lâche.
-Comment sais-tu que j'ai peur ?
-Quand une fille n'arrive pas à allumer sa cigarette,
c'est qu'elle a peur de quelque chose.
Je ne sais pas de quoi, mais elle a peur.
-Prends-en une.
-Non, pas de Chesterfield.
Les miennes sont dans ma poche.
-Celle-là ? -Donne.
-C'est votre passeport ?
-Non, il est à mon frère.
-Mais y a le nom correct là-dessus.
-Ah oui ? C'est pas mon vrai frère.
Quand il est né, maman avait déjà divorcé.
Tu vois ? Moi, j'ai pas peur.
-Je n'ai pas dit ça.
-Tu parles, Charles !
-Non.
-Tu aurais voulu le dire et tu es vexée !
Tu ne peux plus.
-Maintenant, je ne te parle plus.
-Tu penses à la mort, parfois ?
Moi, j'y pense sans arrêt.
-Michel ?
-Quoi ? -Dis-moi une gentillesse.
-Quoi ?
-Je ne sais pas.
-Alors moi non plus.
-Je l'aime bien, ton cendrier.
-Ça vient de Suisse.
Mon grand-père avait une Rolls.
Formidable, comme voiture.
On n'a jamais soulevé le capot pendant 15 ans.
-Tu as vu ma nouvelle affiche ?
-Patricia, arrive ici !
-Non. -Mais si, nom de Dieu, quoi !
-Ici, ça ne va pas. Où est-ce que je la mets ?
-Tu me donnes une claque quand je regarde tes jambes.
-Ce n'étaient pas mes jambes.
-C'est exactement pareil.
-Les Français disent que c'est pareil
quand ce n'est pas pareil.
-J'ai trouvé une gentillesse.
-Laquelle ?
-Je voudrais recoucher avec toi
parce que tu es belle.
-Non, "je ne suis pas".
-Alors parce que tu es laide.
-C'est pareil ?
-Oui, ma petite fille.
-Tu es un menteur, Michel.
-Ce serait idiot, de mentir.
Comme au poker, autant dire la vérité.
Les autres croient que tu bluffes,
et comme ça, tu gagnes.
Qu'est-ce qu'y a ?
-Je vous regarde "jusqu'à vous me regardiez plus".
-Moi aussi.
-Je mets mon affiche dans la salle de bain.
-Je peux téléphoner ? -Oui.
Là, c'est pas mal, hein ?
-Oui. Très bien.
-Tu aimes cette affiche ?
-Pas mal.
-C'est un grand peintre, Renoir.
-J'ai dit "pas mal".
-Tu la trouves plus jolie que moi ?
-Dès que tu as peur, que tu es étonnée,
t'as un drôle de reflet dans les yeux.
-Et ? -Je voudrais recoucher avec toi.
A cause de ce reflet. -Michel !
-Je peux pisser
dans le lavabo ?
-Devine ce que je vais dire.
-Aucune idée.
-Je suis enceinte, Michel.
-Hein ?
-Tu as très bien entendu.
-De qui, de moi ?
-Oui, je crois.
-Tu as vu un docteur ?
-J'y suis allée hier matin.
J'y retourne jeudi après-midi pour les analyses.
-Tu aurais pu faire attention !
Je voudrais Elysées nonante-neuf huitante-quatre.
99 84.
Antonio est là ?
Vous ne savez pas s'il va revenir ?
Non.
Je rappellerai.
Michel Poiccard.
Elysées 25 32.
J'ai appelé le type qui me doit de l'argent.
M. Tolmatchoff, s'il vous plaît.
Salut, fils.
Dis-moi, je trouve pas Berutti.
Il n'y était pas, j'ai passé la nuit à Montparnasse.
La police ?
Merci. Ciao, fils.
Oh, merde !
-Quoi ? -J'ai glissé.
Hé... Ça me rappelle l'histoire du condamné à mort.
-Raconte.
-Il monte sur l'échafaud, glisse sur une marche,
et dit : "Décidément !"
De près, tu as un visage de martien.
-Oui, parce que je suis sur la lune.
-Un enfant, quelle idée !
-Ce n'est pas sûr.
Je voulais savoir "ce que vous dira".
-Mets-toi toute nue. -A quoi ça "serve" ?
-Vous êtes cons, les Américains...
-Pourquoi ? -Vous admirez Lafayette
et Maurice Chevalier, les plus cons des Français.
Je vais téléphoner.
Belle Epine 35 26.
Patricia, arrive ici !
Allô... M. Mansard ?
Il sera là cet après-midi ?
Je viendrai le voir.
J'appelle de la part de Tony, de Marseille.
Laszlo Kovacs.
Je lui amène une Américaine. -Dismissed !
Une Américaine ?
-Laszlo Kovacs.
Mais non, pas toi.
Ma voiture américaine !
J'arrive pas à joindre
le type qui me doit du fric...
-Vous aimez mieux les disques ou la radio ?
-Tais-toi, je réfléchis.
-Par coeur.
Je les connais tous par coeur...
-Tu as quel âge ? -Je mets la radio.
100 ans.
-On le dirait pas.
-Tu n'aimes pas musique ?
-Ça dépend, si.
Allez, Patricia, viens en Italie.
Italia !
A quoi ça t'avance, tes cours en Sorbonne ?
-Tu as jamais fait des examens.
-Si.
Le premier bac. Après, j'ai plaqué.
-Plaquer ?
-J'ai fait autre chose.
-Quoi ?
-J'ai vendu des voitures.
-Ici, à Paris ? -Non.
A New York.
Tu... couchais souvent avec tes garçons ?
-Pas tellement souvent.
-Combien de fois ?
-Et toi ? -Moi ?
Pas tellement non plus.
-Je voudrais habiter à Mexico.
Il paraît que c'est très beau.
Quand j'étais petite, mon père me disait : "On y va samedi."
Mais il oubliait.
-Le Mexique, je me méfie.
Ça doit pas être tellement beau.
Les gens sont menteurs.
C'est comme Stockholm.
"Les Suédoises sont formidables,
je m'en suis envoyé trois par jour..."
Moi, j'y suis allé. C'est faux.
Elles sont différentes là-bas et à Paris,
et aussi moches que les Parisiennes.
-Mais non, elles sont très jolies.
-Non, non, c'est une légende.
Une ou deux, oui, d'accord, comme à Paris ou à Londres.
Non, les seules villes
où toutes les filles sont assez jolies,
pas sublimes, d'accord, mais comme toi, charmantes,
des filles à qui on peut mettre 15/20,
parce qu'elles ont toutes quelque chose...
C'est ni Rome,
... ni Paris, ni Rio de Janeiro,
... c'est Lausanne et Genève.
Toi aussi, dis-moi une gentillesse.
-"Moi aussi", je ne sais pas.
-Si tu étais avec un autre type,
tu le laisserais te caresser ?
-Tu sais, tu disais que j'avais peur, Michel.
C'est vrai, j'ai peur.
Parce que je voudrais que tu m'aimes.
Et puis... Je ne sais pas.
Je voudrais que tu ne m'aimes plus.
Je suis très indépendante.
-Et alors ? Moi je t'aime.
Et pas comme tu crois.
-Comment ?
-Pas comme tu crois.
-Tu ne sais pas ce que je crois,
ni à quoi je pense.
-Si. -Non. C'est impossible.
Qu'y a-t-il derrière ton visage ?
Je le regarde depuis dix minutes,
et je ne sais rien, rien, rien.
Je ne suis pas triste, mais j'ai peur.
-Gentille et douce... -Oh, non !
-Bon, alors cruelle, idiote,
sans coeur, lamentable, lâche,
méprisable... -Oui, oui.
-Tu ne sais même pas mettre ton rouge à lèvres.
Je te trouve affreuse.
-Dis ce que tu veux, ça m'est égal.
Je mettrai tout ça dans mon livre.
-Quel livre ? -J'écris un roman.
-Toi ? -Pourquoi pas ?
Qu'est-ce que tu fais ?
-J'enlève ton chandail. -Pas maintenant.
-Oh, tu es énervante !
-Tu connais William Faulkner ?
-Non. Qui est-ce ?
Tu as couché avec lui ?
-Mais non, mon coco !
-Alors je me fous de lui. Enlève ton jersey.
-C'est un romancier que j'aime bien.
Tu as lu ça ?
-Non. Enlève ton chandail.
-Ecoute la dernière phrase.
"Entre le chagrin et le néant,
je choisis le chagrin."
Et toi, tu choisirais quoi ?
-Montre tes doigts de pied. -Ha !
-C'est important, rigole pas.
-Tu choisirais quoi ?
-Le chagrin, c'est idiot.
Je choisis le néant.
C'est pas mieux.
Mais le chagrin, c'est un compromis.
Tout ou rien.
Et puis maintenant, je le sais.
Ça y est.
Pourquoi tu fermes les yeux ?
-Je les ferme très fort pour que tout devienne noir.
Mais je n'y arrive pas.
C'est jamais complètement noir.
-Ton sourire...
... vu de profil, c'est ce que tu as de mieux.
Ça, c'est toi.
-C'est moi ? Ha ha !
On se regarde les yeux dans les yeux
et ça sert à rien.
-Patricia Franchini !
-Je déteste "cet nom".
Je préférerais Ingrid.
-Mets-toi à genoux.
-Qu'est-ce qu'il y a ?
-... se termine l'émission... -Je te regarde.
-Les Français aussi sont idiots.
-... présentée par l'auteur.
-Je veux que tu restes avec moi.
-Oui.
-Nous interrompons nos émissions
pour synchroniser nos réseaux.
-C'est étrange. -Quoi ?
-Je vois mon reflet dans vos yeux.
-C'est le rapprochement franco-américain.
-On se cache comme les éléphants.
-Les hanches d'une femme, c'est très émouvant.
Si un autre te caressait, tu t'en ficherais ?
-Tu m'as déjà demandé...
-L'émission "Travailleuses en musique" va commencer.
-Et voilà !
Tu connais ce livre
de Dylan Thomas, "Portrait de l'artiste
en jeune chien" ?
-Le dimanche matin C'est le moment rêvé
Pour faire la grasse matinée
-Je m'habille.
-Il est quelle heure ? -Midi.
-C'était bien ?
-Yes, sir.
-On dort jusqu'à ce soir. -No.
Je dois m'acheter une robe. Tu as ta voiture ?
-Oui oui.
-Bonjour, Michel.
-Elysées 99 84.
Allô.
Bonjour, madame.
Antonio est passé ?
Oh là là...
C'est infernal !
Vous savez où il est ?
Non ? Tant pis.
Toujours Michel Poiccard.
-Je mets un soutien-gorge ?
-As you like it,
baby.
-Tu aimes mieux mes yeux, ma bouche ou mes épaules ?
Si tu devais choisir...
-Ta conférence de presse,
c'était de la frime ? -C'est tout à l'heure, à Orly.
-Je suis pas beau, mais je boxe bien.
Tu vas à cette conférence ?
-Je passe au bureau d'abord.
-Je t'accompagne. -All right.
-Le président Eisenhower ira à l'Arc de Triomphe.
Il déposera une gerbe...
-Tu as fait la guerre ? -Oui.
-Et tu faisais quoi ?
-Je zigouillais les sentinelles. -Zigouiller ?
-Je les couchais, comme ça. -Non, Michel.
-Je suis fatigué...
Je vais mourir. -Tu es fou.
-Oui, complètement dingue.
-Dingue ? -C'est moi.
-Elle est pas là, ta voiture ? -Elle est au garage.
Je vais la chercher et on y va.
Chouette, une Ford.
Quel étage ? -Cinquième.
-Je me suis trompé d'étage.
-J'ai peur de vieillir.
-Tu es idiote.
Le pire des défauts, c'est la lâcheté.
-Tu m'achètes une robe Dior ?
-Y a des robes plus jolies dans les Prisunic.
Non, chez Dior, il faut téléphoner.
On peut y téléphoner à l'oeil.
Y a 12 cabines branchées sur l'extérieur.
-France-Soir !
France-Soir !
France-Soir.
-Hep ! France-Soir ! -Oui, monsieur.
-Je reviens.
-France-Soir ! -Merci, monsieur.
-France-Soir !
-Voilà, voilà !
-Ce sera long ?
-1/2h, je ne sais pas.
-Je reviens. -OK.
-Patricia !
Patricia !
-Pourquoi avez-vous choisi "Candidat"
comme titre de votre roman ?
-Le livre, en France,
recevra, à cause du puritanisme français, un accueil assez réservé.
-M. Parvulesco !
-Je voulais vous demander...
-Pensez-vous qu'on puisse encore croire à l'amour ?
-On ne peut plus qu'y croire !
-M. Parvulesco !
-Rilke considère que l'homme et la femme s'éloignent.
-C'était un grand poète. Il devait avoir raison.
-Merci, par ici ! -M. Parvulesco ?
-M. Parvulesco ? -Ça va...
-Allez...
-M. Parvulesco !
-Les femmes françaises et américaines
sont-elles différentes en amour ?
-Oui, totalement.
La femme américaine domine l'homme.
La femme française ne le domine pas encore.
-M. Parvulesco ! -M. Parvulesco !
Quelle est votre ambition dans la vie ?
-Le plus moral, est-ce une femme qui trahit
ou un homme qui abandonne ? -La femme qui trahit.
-Les femmes sont-elles sentimentales ?
-Peu de femmes s'offrent le luxe des sentiments.
-Y a-t-il une différence entre l'érotisme et l'amour ?
-Non, pas tellement, je ne pense pas.
Je n'en crois rien.
L'érotisme est une forme d'amour,
et l'amour une forme d'érotisme.
-Croyez-vous en l'âme ?
-Je crois à la gentillesse.
I believe in gentleness.
-La femme a-t-elle un rôle à jouer dans la société moderne ?
-Oui, si elle est charmante, en jolie robe à rayures...
-Casanova écrit que toute femme
finit par être séduite par la reconnaissance.
-Cocteau répondra.
-Combien d'hommes une femme peut-elle aimer ?
Je veux dire, physiquement ?
-Plus que ça. -S'il vous plaît !
Mademoiselle, pas dans le champ !
-Les hommes veulent les femmes,
et les femmes veulent l'argent.
-Ah, vous êtes pessimiste.
-Une belle fille avec un type friqué,
c'est une fille bien. Lui, c'est un salaud.
-Quel est le pays le plus intelligent ?
-Aimez-vous Brahms ?
-Pas du tout.
-Et Chopin ? -Dégueulasse.
-Quelle est votre ambition ?
-M. Parvulesco ?
Devenir immortel.
Et puis... Mourir.
-M. Laszlo Kovacs.
-Mansard, c'est vous ?
-Oui, M. Kovacs.
-Ce matin, on m'a dit que vous seriez là.
-Oui, M. Kovacs.
-Je viens de la part de Tony.
-Oui, M. Kovacs.
-On s'est vus à Nice, avec lui.
-Non, M. Kovacs.
-On ne vous a pas téléphoné ?
-Si. Ce devait être une Oldsmobile.
-Oui, mais ça n'a pas marché.
-Et alors ?
-Alors voilà.
-800 000.
-OK.
-Je vous donne l'argent la semaine prochaine.
-Vous êtes un salaud !
-Et vous, M. Kovacs...
Qui êtes-vous ?
-Et alors ?
-Je ne donne pas l'argent maintenant.
-Tant pis. Il est 15h ?
-15h15. -On peut téléphoner ?
Antonio est là ? -Il vient de passer.
-Merde !
-Il sera au Réaumur ou à l'Escale à 16h.
-16h à l'Escale ? Bon, d'accord.
Merci.
-J'ai mon fric sur moi.
-Avancez-moi 10 000 francs, quoi.
-Non.
-5 000. -Non.
-2 500.
Elle tourne plus ?
Hé, là-bas !
Vous avez enlevé le fil du delco ?
-Vous me devez un téléphone.
-C'est pour mon taxi.
Allez, bourrez !
Vous occupez pas des piétons !
Nom de Dieu, ça traîne !
Toute l'aile avant gauche arrachée. Moi, rien !
Regarde la maison où je suis né.
En face, ils ont construit une maison horrible.
Ça me démoralise, des maisons pareilles !
-Oui ?
-Oui, moi j'ai le sens de la beauté, beauté.
Non, passez
par le Châtelet !
Si je le rate, ce sera de ta faute.
Allez, dépassez la 403 !
Pourquoi vous freinez
derrière une 4CV ?
Regardez, vous vous faites dépasser !
On tourne à gauche.
Je reviens. -Oui, monsieur.
Il est parti il y a six minutes.
-Ton ami qui te doit de l'argent ?
-Antonio Berutti, oui.
C'est de ta faute !
Là, c'est quitte ou double.
-Pourquoi ? -Je t'expliquerai.
Allez, mon gros père !
Où tu vas ? -Au New York Herald.
-Regardez devant vous !
A quoi ça sert d'écrire ? -A avoir de l'argent et à être
libre des hommes. Les Parisiennes font poules.
-Allez, je t'en prie !
On a envie de faire comme ça.
-Ne te gêne pas. -Stoppez là !
On revient. -D'accord.
-Tu ne payes pas ? -Allez, viens !
-On va où ? -Sur les Champs.
Tout Paris connaît ce couloir.
Je déteste les taxis
qui craignent de rayer la voiture.
Pendant la guerre, la Gestapo avait fait un mur.
-Je repense à la fille de François.
-Quelle fille ?
-Celle qui est restée sur la Côte d'Azur.
Tu aimais bien son caractère.
-Oui, une fille normale. C'est rare.
-Tu restes avec moi ? Je vais au journal.
-Non, je vais téléphoner.
Je vais chez le tailleur et je reviens.
Ciao, petite fille !
-Here. There she is !
I'll present you to her. -Wonderful !
-Bonsoir. -Bonjour. Ils t'attendent.
-Oh, c'est rien.
-Well, Patricia. How did it work ?
-Oh, not so bad. I have to type up my notes now.
-This is our new star reporter. -Great pleasure.
-Mlle Patricia Franchini ?
-Elle est là-bas, je crois.
-Miss Franchini ? -Yeah.
-Vous parlez français ? -Yeah.
-Connaissez-vous ce garçon ?
-Non.
-Attention,
ma petite fille.
On ne plaisante pas avec la police.
-C'est Michel. -Michel Poiccard ?
-Oui. Elle est vieille, cette photo.
-Ce matin, ici, on vous a vue avec lui.
-Qui m'a vue ? -Il pilotait une Ford,
33 82 GF 75.
-Oui.
-Où est-il ?
-Je ne sais pas.
-Attention.
Attention, ma petite fille.
-C'est un type que j'ai vu 5 ou 6 fois.
Je ne sais pas où il habite ou ce qu'il fait.
-Vous le connaissez
depuis longtemps ? -Non.
Je l'ai rencontré à Nice il y a trois semaines.
Il est ici pour voir un type qui lui doit de l'argent.
-Qui ? -Je ne sais pas.
Un homme italien.
-Vous pensez le revoir ? -Peut-être.
Parfois, il me téléphone pour sortir,
comme ce matin... Je ne sais pas.
-Oui, oui.
Oui, oui. Vous avez un permis de travail ?
-Oui. -Vous ne voulez pas
avoir des ennuis avec votre passeport ?
-Non. -Alors si vous le voyez,
voilà mon numéro.
-"Danton 01 00".
-I'm mixed up, Bill. What are you asking me ?
-How did you meet David Korvo ?
-You won't believe me... no matter what I tell you.
You don't want to hear the truth.
You won't let me tell it.
You think I'm lying. -You are.
-No, Bill. -Does this cheap parasite mean this much to you...
that you're willing to wreck everything to cover up for him ?
-Cover up for him ? How ? -You saw him kill her. You're trying to protect him !
-Oh, no. No, Bill. I didn't see him.
You don't believe me !
-Le président Eisenhower est toujours très souriant...
-C'est pour ça "tu disais" quitte ou double ?
-Oui, un peu pour ça.
-Allons voir le western au Napoléon.
-Oui, attendons la nuit.
-Méfie-toi, Jessica.
Les baisers et les ans passent vite.
Et vite et vite et vite, les souvenirs brisés...
-Vous faites erreur, shérif.
Notre histoire est noble et tragique.
Aucun détail indifférent ne rend notre amour pathétique.
-Oh, la belle fille. -La mignonne !
-Ils disent quoi ? -Je lis.
-Les flics me recherchent. Ils sont cons.
Je suis un des rares types en France qui les aime bien.
Patricia, je voudrais te caresser.
Parle-moi, quoi !
-Ça alors ! -Quoi ?
-Tu es marié ? -Montre !
Oui, y a longtemps.
Avec une fille cinglée. Elle m'a plaqué.
Ou moi... Je sais plus.
-Je t'aime énormément.
-Ça fait quoi, d'être dans une voiture volée ?
-Et toi, quand tu as tué le policier ?
-J'ai eu peur !
-Comment la police a su qu'on se connaissait ?
-Un type a dû nous voir et nous dénoncer.
-C'est très mal. -Quoi ?
-Dénoncer.
-Non, c'est normal.
Les dénonciateurs dénoncent.
Les voleurs volent.
Les assassins assassinent.
Les amoureux s'aiment.
Regarde ! C'est beau, la Concorde !
-Oui... C'est mystérieux, toutes les lumières.
-C'était idiot de garder cette 403.
Faut changer.
-Quoi ? -On change de voiture.
-On vole la Cadillac ? -Ah oui !
Cadillac Eldorado !
-Et les clés ? -Dans ce garage,
il y a les clés sur les voitures.
-Je dis quoi au type en bas ?
-Dis-lui bonsoir en anglais, il osera rien dire.
Les Français sont trouillards. -Trouillards ?
-Avoir peur. Est-ce que tu as peur ?
-C'est trop tard, "d'avoir peur".
-Good night !
-Bonsoir, madame.
-Je dois trouver Antonio.
Dès qu'on cherche quelqu'un, on le trouve pas.
-Ouh là !
-Michel...
-Qui est-ce ?
-Accélère, minouche. -Minouche ?
-As-tu vu Antonio ?
-Je te le dis si j'embrasse la petite.
-Ça ne dépend pas de moi.
Ça dépend d'elle.
-Il est à Montparnasse
avec Zombach.
- Carl !
-Ça va ? -Antonio est pas avec toi ?
-Si, il est au Sélect.
-Qui est-ce ? -Qui ? Antonio ?
-Non, lui. -Carl Zombach.
-Montre tes chaussettes.
Chaussettes de soie et veston de tweed !
-J'aime la soie. -Alors pas de tweed.
-Berutti !
-Salut, amigo. -Salut, fils.
-Je vous laisse. -A tout à l'heure.
Tu voulais me voir ? Tu as appelé.
-Oui, je suis emmerdé. De Dieu, de Dieu !
-Merde... Tu as deux minutes ? -Oui.
-C'est ce type.
-Je lui dis quoi ? -Ce que tu veux.
J'en ai pour deux minutes.
-Ils font quoi ?
-Il va prendre une photo quand elle embrassera le type,
pour faire du chantage.
-Je reviens.
-Qui c'est, cette souris ?
-Je suis amoureux. -La vache...
-Why don't you smile, Patricia ? I just left Mr McGregor.
He was Chez Adrien with me and... Monique.
-It's just possible he'll say it's fantastic. But it would certainly surprise me.
-1,3 million, je peux le faire.
Le chèque est sur quelle banque ? -BNCI.
-Montre.
-On fait quoi ? -Je sais pas.
-Je t'appelle où, demain ?
-Je sais pas.
Les hôtels sont pleins, avec ces touristes.
-A Montmartre, j'ai une amie !
-Pas à Montmartre.
-Pas à Montmartre, on te dit !
-Pourquoi ?
-On y a trop d'ennemis.
Va chez la Suédoise de Zombach.
-Rue Campagne-Première ? -Oui.
-Appelle-moi chez elle demain.
Salut, fils. -Ciao, amigo.
-Antonio m'a dit qu'on pouvait dormir ici.
-Oui. Asseyez-vous.
-OK. Souris.
Souris !
-La photo, ça rapporte.
-Il faut coucher avec tout le monde.
-Ah ? -Je pense à quelque chose.
-Quoi ? -J'hésite.
-A quoi faire ?
-Je ne sais pas. Sinon, je n'hésiterais pas.
-T'as plaqué ton journaliste ? -Oui.
-Pourquoi tu lui as dit bonjour ?
-Pour être sûre que je ne l'aimais plus.
-Tu te compliques la vie...
-C'est fini !
Tu m'emmènes aux Champs ? -D'accord.
Au revoir.
-Au revoir ! -Au revoir.
-Tu mets quoi, comme disque ?
-Le concerto pour clarinette, de Mozart. Ça t'ennuie ?
Non, celui-là, je l'aime bien.
-Mais tu n'aimes pas la musique !
-Juste ce disque. Mon père était clarinettiste.
Oui, c'était le génie de la clarinette.
-On va dormir ? -Oui.
-C'est triste, le sommeil.
On est forcés de se "sépar"...
-... rer ! -Se séparer.
On dit "dormir ensemble", mais c'est pas vrai.
-Patricia !
-Qu'est-ce qu'il y a ?
-Rien.
-Patricia ! -Quoi ?
Arrive ici !
Achète France-Soir et du lait.
-OK.
-La délégation soviétique a pris une position catégorique.
On n'a pas le droit... -Il est quelle heure ?
-17h.
-Les Russes veulent construire une pyramide hexagonale,
contenant... -Sans arrêt occupé !
-Les dangereux déchets seraient ainsi emprisonnés dans la pyramide.
-Michel ? -Quoi ?
-Rien... -France-Soir !
-Je te regarde...
-Jour de chance !
Essayez, prenez un billet !
-Un scotch. -J'en ai pas.
-Un café, alors.
Il met la machine à café sous pression.
Danton 01 00 ?
L'inspecteur Vital, s'il vous plaît.
Allô ?
Patricia Franchini.
Le garçon que vous cherchez...
Je viens de le voir...
Il est... 11 rue Première-Campagne.
Oui, 11 rue Campagne-Première.
Allô ? Allô ?
Allô ?
-Tu as soif ?
-Non.
-Antonio passe dans quinze minutes.
Il vient d'appeler.
On part en Italie !
-Moi, je ne peux pas partir.
-Mais si ! Je t'emmène.
Berutti me prête sa Simca Sport.
Amedeo Gordini !
-J'ai téléphoné à la police.
J'ai dit que tu étais ici.
-T'es cinglée ! Ça va pas, non ?
-Si. Ça va très bien.
Non, ça ne va pas.
Je n'ai plus envie de partir avec toi.
-Oui, je le savais.
-Je ne sais pas... -Moi, je parlais de moi,
et toi de toi. Alors... -Je suis idiote.
-T'aurais dû parler de moi, et moi, de toi.
-Je ne veux pas être amoureuse de toi !
J'ai téléphoné à la police pour ça.
Je suis restée avec toi pour être sûre que je t'aimais.
Ou que je ne t'aimais pas.
Et puisque je suis méchante avec toi,
c'est la preuve que je ne t'aime pas.
-Redis-le.
-Et puisque je suis méchante avec toi,
c'est la preuve que je ne t'aime pas.
-On dit qu'y a pas d'amour heureux,
mais c'est le contraire. -Si je t'aimais...
Oh, c'est trop compliqué. -Au contraire.
Il n'y a pas d'amour malheureux.
-Je veux que les gens ne s'occupent pas de moi !
-Mais je suis indépendant. -Peut-être que tu m'aimes.
-Tu y crois, et tu l'es pas.
-C'est pour ça "je t'ai dénoncé".
-Je te suis supérieur.
-Maintenant, tu es forcé de partir.
-Tu es cinglée !
C'est lamentable, comme raisonnement !
C'est comme les filles qui couchent avec tout le monde
et ne veulent pas coucher avec le seul type qui les aime,
sous prétexte qu'elles ont couché avec tout le monde.
-Pourquoi tu ne pars pas ?
J'ai couché avec beaucoup de garçons, je suis pas fiable.
Mais pars ! Qu'est-ce que tu attends ?
-Je reste. Je suis mal fichu.
J'ai envie d'aller en prison.
-Tu es fou.
-Oui.
Personne ne me parlera.
Je regarderai les murs.
-Tu disais...
-Merde, Berutti !
Berutti !
-Attends, je vais me garer.
-Fous le camp, les flics arrivent !
L'Américaine m'a dénoncé. -Viens.
-Non. -Sois pas con, grimpe !
-Non, je reste.
Ha ! Oui, j'en ai marre...
Je suis fatigué.
J'ai envie de dormir.
-Tu es dingue. Monte.
-Non, je sauverai ma tête.
Mais je devrais pas penser à elle,
et j'y arrive pas.
-Tu veux mon automatique ?
-Non. -Sois pas con.
-Fous le camp !
Tu es vraiment dégueulasse.
-Il a dit quoi ?
-"Vous êtes vraiment une dégueulasse."
-Dégueulasse ?
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