All language subtitles for Murder.On.The.Orient.Express.2017.1080p.BluRay.x264-.YTS.AG

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Original subtitles

Le Crime de l'Orient-Express

Mur des lamentations, J�rusalem - 1934

Il a dit quatre minutes pile.

Vite.

Sont-ils parfaits cette fois ?

Peut-�tre.

C'est la faute de la poule.

Pourquoi pondre des �ufs de taille in�gale ?

Ce n'est pas ta faute, mon ami.

Ces �ufs sont tout � fait convenables.

M. Poirot...

J'ai trois religions au bord de l'�meute.

Si vous nous r�servez un de vos miracles,

c'est le moment.

Les �ufs sont pour toi. Allons-y !

Poirot !

Pardon pour le...

Ce n'est pas le...

C'est le d�s�quilibre du...

Je vois.

Excusez-moi. Lib�rez le chemin.

Faites venir les accus�s.

Le rabbin,

le pr�tre

et l'imam.

C'est comme la vieille blague, non ?

Un rabbin, un pr�tre et un imam.

Excusez-moi, je suis belge.

Commen�ons.

L�-haut, dans l'�glise du Saint-S�pulcre,

trois repr�sentants se sont r�unis sous la supervision

de l'inspecteur-chef de la police

pour discuter de se r�partir l'utilisation du march�.

Une heure apr�s cette r�union tendue,

on a constat� le vol d'une relique inestimable.

On dit qu'un de ces trois hommes l'aurait prise.

La police n'a trouv� aucun indice.

Moi, oui.

Sur le mur m�ticuleusement pr�serv� d'une fresque,

une fissure caus�e, en grimpant � la h�te,

par la semelle dure d'un soulier ou d'une botte.

Mesdames et messieurs, il convient de demander

qui profite du crime.

Nos trois saints hommes vivent modestement.

Leurs semelles us�es t�moignent de leur pauvret�.

Poss�der soudain des rubis et des richesses serait

trop ostentatoire. Ils n'en profiteraient pas.

Un garde arm� doit prot�ger la porte sud.

Merci beaucoup.

Non, le seul

qui profite du vol et du d�sordre en d�coulant,

c'est celui dont j'ai fait fouiller le bureau ce matin

en attendant, je dois dire, un d�jeuner plut�t d�cevant.

Un probl�me d'�ufs. Inutile de vous raconter �a.

Un homme bien pay� pour assurer la paix � J�rusalem.

Je parle, bien s�r,

de l'inspecteur-chef de la police.

Un homme qui s'accroche � un travail r�mun�rateur

alors qu'il est question

d'autogouvernance entre les peuples locaux.

Un homme chauss� de bottes, et qui regrette

d'avoir sollicit� mon avis sur l'affaire.

Comment osez-vous m'accuser ?

Sergent, je vous prie,

avez-vous fouill� le bureau � ma demande ?

Oui, monsieur.

Et avez-vous trouv� ce que je soup�onnais ?

Oui, monsieur. Comme vous l'aviez dit.

Halte !

Une livraison, capitaine. Elle doit partir demain matin.

Tr�s bien, monsieur.

Vos bagages sont � bord, monsieur.

J'ai �t� charg� de vous escorter au bateau.

Cap sur Istanbul, alors ?

Retournerez-vous directement � Londres ?

Je suis fatigu� et j'ai m�rit� des vacances.

Je veux admirer des tableaux

et avoir du temps libre � ma disposition.

Vous me fixez. Pouvez-vous arr�ter ?

C'est juste que...

Comment avez-vous su que c'�tait lui

� partir d'une simple fissure sur le mur ?

J'ai un avantage.

Je vois le monde tel qu'il devrait �tre.

Les imperfections me sautent aux yeux,

aussi visibles qu'un nez au milieu du visage.

�a me rend souvent la vie insupportable,

mais c'est utile pour d�tecter les crimes.

C'est comme si vous voyiez au c�ur des gens

et deviniez leur vraie nature.

Peu importe ce que certains affirment,

il y a le bien et il y a le mal.

Il n'y a rien entre les deux.

Nos routes se s�parent ici.

Oh, non, monsieur. Je vous escorte � bord.

Nous ne nous reverrons jamais.

Pouvez-vous redresser un peu votre cravate ?

- Oui. - C'est parfait.

Derniers passagers, s'il vous pla�t !

Excusez-moi.

Ce sera vite r�par�.

Oui, mais terminerez-vous � temps ?

On y travaille !

J'ai une correspondance � Istanbul.

D�part demain � 19 h.

Un patient tr�s malade m'attend � Londres.

Je suis m�decin.

M�decin.

Je suis m�decin.

Je crie contre vous en anglais,

bien lentement et bien fort.

C'est ridicule. Pardon.

Puis-je vous aider ? Laissez-moi vous aider.

Je reconnais votre moustache.

Je vous ai vu dans le journal.

Vous �tes le d�tective, Achille Poirot ?

Hercule Poirot. Je n'ai pas de faiblesse. Mademoiselle.

Mary Debenham, monsieur.

J'oublie les noms, mais jamais les visages.

S�rement pas le v�tre, en tout cas.

Vous arrivez de Bagdad ?

C'est donc vrai. Aucun d�tail ne lui �chappe.

Votre billet.

Avez-vous appr�ci� votre temps l�-bas

en tant que gouvernante ?

La craie sur votre manche et le manuel de g�ographie.

Gouvernante ou cartographe. J'ai tent� ma chance.

Je leur enseigne d'abord la g�ographie,

jusqu'� ce qu'ils connaissent le monde par c�ur.

M�me s'ils s'�garent du droit chemin dans la vie,

ils sauront toujours o� ils sont.

Lib�r�s de nos cha�nes, juste � temps.

Je me sens si libre ici, au large.

J'aimerais pouvoir en profiter.

Retirons-nous de l'affaire, Mary.

Pas maintenant.

Quand tout sera termin�.

Quand ce sera r�gl�.

Alors, plus rien ne pourra nous toucher.

Le d�but de mes vacances.

Je vois l'�me de la ville dans ces humbles pains.

Malgr� la destruction qui r�gne dans le monde,

on cuit des chefs-d'�uvre sur demande chaque jour.

M. Poirot !

Mohammed !

Mohammed, mon ami,

vous �tes un artiste.

Mon ami !

Pardon.

Par ici. Viens.

Nous cherchons simplement

un endroit o� nous disputer en priv�.

Nous en aurons pour environ 20 minutes,

apr�s quoi cela culminera

en une fin heureuse, du moins pour moi.

M. Bouc !

Poirot ! Dans la cuisine ?

�videmment, cet homme flaire la piste

d'une p�tisserie parfaite plus vite

que celle d'un voleur.

Je ne suis plus policier.

Je ne vous sortirai pas du p�trin avec elle.

Voici mon vieil ami, le r�put�

Poirot, que j'ai connu avant tout le monde.

Hercule Poirot, voici...

- Une prostitu�e. - Oui.

Oui. Bouc, tu m'as cach� que tu as des amis c�l�bres.

On est amis parce que je suis le seul � ne pas poser

de questions sur ses affaires. Je m'en fiche.

Et il ne juge pas mes �carts de conduite.

Tu es un vrai vaurien.

Madame, Bouc, prendrez-vous un verre avec moi ?

Je ne resterai ici qu'une heure.

Je prends l'Orient-Express � 19 h,

affaires officielles du directeur.

Mon oncle me paie une fortune

pour superviser son superbe train,

loin de lui

et de son si�ge social,

avec pour mission de charmer

des gens importants pour l'�ternit�.

Le n�potisme est un art.

Et vous �tes Michel-Ange !

M. Poirot.

Vous prostituez-vous aussi ?

- Jamais de la vie. - Vous emb�te-t-il ?

Il va le faire.

Vous �tes du consulat britannique.

- En effet, monsieur. - L'affaire Kassner.

Ma foi, c'est exact.

Mes pr�dictions �taient justes ?

Plut�t.

Inutile que je lise le t�l�gramme.

C'est fascinant.

Quelqu'un a �t� infid�le ou est mort ?

Les deux, malheureusement.

Quelqu'un a

perturb� le repos que je souhaitais tant.

Je dois partir avec vous ce soir, Bouc.

Trouvez-moi une cabine sur l'Orient-Express.

Mon ami,

j'ai peu de talents, mais je peux s�rement

vous trouver un lit dans mon train

en plein hiver. Trois jours

sans soucis, scandales ou suspense. Vous adorerez.

Un plaisir, mademoiselle. Monsieur.

On a ramass� vos bagages et pay� vos d�penses.

On viendra vous chercher � Calais

pour vous escorter jusqu'� Douvres,

puis � la gare Victoria de Londres.

J'aimerais officiellement

- exprimer ma gratitude. - Chut !

Vous empirez les choses.

- Un pourboire pour vous. - Merci, M. Marquez.

Je n'ai m�me pas port� vos sacs.

Oh, j'ai eu une bonne semaine.

Quand la fortune nous sourit, on f�te

et on la partage.

Vous direz de bonnes choses de nous, les Am�ricains.

Non !

H� ! Arr�tez !

Pour vous, M. Ratchett,

la meilleure table de la maison.

Juste ici, monsieur. La meilleure de toutes.

Non, je veux celle-l�.

Bonsoir, Masterman. Vous avez tout ?

C'est gentil de le demander, M. MacQueen.

Je ne commets pas d'erreurs.

Bont� divine ! C'est le comte Andrenyi.

Venez, venez.

Je vous ai vu danser au Monte Cristo.

Puis-je vous prendre en photo ?

Mon visage, non !

Excusez-moi.

L'Orient-Express de Simplon,

avec arr�ts � Sofia, Ni�, Belgrade, Vinkovci et Brod,

correspondances pour Bucarest, Zagreb,

Trieste, Venise, Milan, Lausanne,

Dijon, Paris, Boulogne, Calais

et liaison pour Douvres et Londres

part dans 15 minutes !

Par ici, Michel ! Marchandise pr�cieuse.

Il me faut une cabine de premi�re classe.

Prenez bien soin de mon ami, Michel.

Dorlotez-le comme un panda au zoo.

Mais M. Bouc, c'est complet. Il ne reste aucune place.

On lui en fera une. Donnez-lui la 11.

On la garde libre pour usage officiel.

Elle est tr�s confortable.

La 11 est occup�e.

Le professeur autrichien l'a prise.

Il ne reste aucune cabine en premi�re de tout le train ?

Non, monsieur.

- En deuxi�me ? - Pas la moindre place.

Mlle Debenham.

M. Poirot, vous joignez-vous � nous ?

Tout d�pend de qui gagne ce d�bat.

Tous les passagers sont arriv�s ?

Tous sauf M. Harris.

"Les passagers doivent s'enregistrer

"une demi-heure avant l'heure du d�part

"ou risquent de perdre leur place."

La demi-heure est �coul�e. Il a perdu sa place.

Portez les bagages de M. Poirot

� la cabine num�ro trois, avec M. MacQueen.

- Merci, Bouc. - Profitez-en, mon ami.

Bienvenue, monsieur.

Le chiffre trois porte malchance.

Pardon, je ne voulais pas vous manquer de respect.

Vous pourriez bien essayer.

Quand on voyage en train,

on se frotte toujours aux autres.

C'est merveilleux.

J'ai h�te de rentrer chez moi.

Les �pices, les mosqu�es, rencontrer des hommes,

c'est bien, mais mon lit finit par me manquer.

On m'accuse de chercher un mari � l'�tranger.

Honn�tement, je ne peux pas le nier.

J'aime bien �tre seule, c'est vrai.

Mais une dame a certains besoins

qui m�ritent d'�tre combl�s si elle a de l'argent,

de pr�f�rence avec r�gularit�.

Seigneur ! Au feu, la cuisine !

Au revoir, madame.

Bonsoir.

Num�ro neuf.

Bonsoir.

Comment allez-vous ? Bonsoir.

Non, apr�s vous.

Oui. Je crois que vous vous trompez de cabine.

Le train est plein.

Nous serons... quel est le mot ? Cochambreurs.

Ah bon ?

Vous me d�cevez �galement. C'est bien, ici.

Venez, mes ch�ris.

Non.

Non.

Ici ?

Pourquoi mes valises ne sont-elles pas d�faites ?

D�part dans cinq minutes.

Dernier appel pour tous les passagers !

Veux-tu qu'on te brosse ?

Qu'est-ce qui leur prend si longtemps ?

Demandez qu'on fasse le lit d�s le d�part.

C'est d�j� pr�vu, M. Ratchett.

Non. Je veux mon lit. Et apportez mon dictaphone.

Des chiens sur la table.

C'est ce que j'ai vu de plus d�go�tant de ma vie.

- Oui, monsieur. - Allez chercher MacQueen

et demandez-lui d'apporter les re�us de Milan.

- Faites-le. - Oui, monsieur.

Faites-le tout de suite.

- Ai-je dit tout de suite. - Oui, monsieur.

"Surveillez vos arri�res."

Votre caf�, M. Ratchett.

Qui a fait �a ?

Je ne saurais pas dire, monsieur.

Bonsoir, Mme Hubbard.

Bonsoir, M. Masterman.

Bonsoir.

Si ce regard s'�ternise, je lui demanderai un loyer.

Je paierai.

Prenez un autre verre.

�tes-vous insult�e ?

D��ue.

Les hommes se rincent l'�il.

Tout ce qu'ils ont � faire,

c'est garder le silence

pour ramener le prix de leur choix � la maison.

Et pourtant, ils ouvrent la bouche.

Tout va bien, Mme Hubbard ?

Vous �tes tr�s intuitive, je le sais.

C'est ce que disait mon deuxi�me mari.

Non, attendez, c'�tait mon premier.

Oui.

L'homme le plus brillant que j'aie connu.

Un visage de navet, mais j'adorais ce navet.

Content de vous avoir parl�.

Bonne nuit.

M. Poirot ?

Voil�.

Au souper,

je d�m�nagerai M. MacQueen dans la cabine de M. Bouc.

Vous voyagez en 1re classe, monsieur.

Bon apr�s-midi.

Mme Hubbard.

Bon apr�s-midi.

Tenez.

Gracieuset� de l'Orient-Express.

Merci, M. Bouc.

Je suis l� pour tous vos besoins.

Non, merci. Je ne bois pas d'alcool.

Vous le dig�rez mal ?

C'est le p�ch� que je dig�re mal.

C'est dans le vice que le diable trouve ses amis.

Je ne devrais plus vous parler.

Bon apr�s-midi.

Monsieur. Prenez donc l'ap�ritif avec nous.

Je regrette, mais j'ai rendez-vous

avec le directeur du train.

Il allait partir de toute fa�on.

Je vous en prie, monsieur.

Bien install� ?

Comme promis.

Ce qu'il y a de mieux � bord ne se mange pas.

Il y a quelque chose � propos

d'�trangers coinc�s ensemble

pendant des jours, sans rien en commun

sauf le besoin d'aller d'un endroit � un autre,

et qui ne se reverront jamais.

Un m�lange d'ennui, d'anonymat et de...

doux bercement constant.

Avec vos passe-temps, vous n'accomplirez rien.

Seigneur, j'esp�re bien.

Commandez-moi le poisson.

De la sole au lieu du m�rou,

avec pomme de terre au lieu de l'escarole

et velout� au lieu de la sauce au b�uf.

�a me semble d�licieux. M�me chose pour moi.

La princesse Dragomiroff.

S'il fallait que je me marie pour l'argent,

je dirais oui � une telle fortune.

J'ai bross� Dalia ce matin.

Non. Vous avez tortur� ma chienne ador�e.

Je vous ai demand� de la brosser.

Le Dickens vous pla�t-il toujours ?

Beaucoup, mon ami.

Avec vos livres et vos enqu�tes,

votre vie manque de romantisme.

Le romantisme ne s'en tire jamais impuni.

Il y a eu...

Il y a eu quelqu'un autrefois.

Je pr�f�rerais ne plus �tre assis avec lui.

On devrait �tre assis entre semblables.

Il n'est pas mon semblable.

Tout le monde n'est pas si pr�occup�

par la s�gr�gation des races, professeur.

C'est par respect pour chaque race

que je pr�f�re les garder s�par�es.

M�langer du vin rouge et du vin blanc

ne ferait que les g�cher tous les deux.

J'aime le bon ros�.

Comment allez-vous ? Me permettez-vous

de me joindre � vous ?

Le dessert est une g�terie,

et je me sens ridicule quand je me g�te seul.

C'est seul que je suis le plus heureux.

Mais...

en �change d'une bouch�e de ce d�lice,

vous pouvez vous joindre � moi.

Avec plaisir. Une autre fourchette ?

Je souhaitais faire votre connaissance, M. Poirot.

Je n'ai jamais �t� si proche d'une c�l�brit�.

Non, c'est faux.

J'ai d�j� pris l'autobus avec Ty Cobb.

Baseballeur, de Detroit.

Je peux prendre la petite d�coration ?

Vous �tes �trange.

Vous �tes un homme hors du commun.

� l'�ge que j'ai,

je sais ce que j'aime et ce que je n'aime pas.

J'adore ce que j'aime.

Je ne supporte pas ce que je n'aime pas.

Par exemple, l'amabilit� temporaire

avant une discussion d'affaires.

On s'amuse bien avec vous.

Tr�s bien.

J'ai du travail � vous proposer.

"D�fenseur des innocents." C'est votre surnom.

Et vous �tes un innocent ?

Je suis un homme d'affaires.

Un marchand d'art, nouveau dans le m�tier.

La chance du d�butant m'a souri.

Des reliques, des antiquit�s.

D'�tranges tapis orientaux.

J'ai l'�il d'un amateur, vu mon peu d'exp�rience.

Mais j'ai un petit probl�me avec les...

pr�tendus �valuateurs.

Aucun n'est digne de confiance.

Certains de mes clients

ach�tent une �uvre,

puis constatent qu'elle n'est pas originale.

Ce n'est pas ma faute

si une soie de Kashan est contrefaite.

N'est-ce pas ?

J'ai malheureusement r�ussi � me faire quelques ennemis.

J'ai re�u des lettres de menaces.

Je crois qu'elles viennent des Italiens.

J'ai vendu des tapis orientaux � Milan.

Les acheteurs sont insatisfaits de la provenance.

Ils veulent �tre rembours�s avec int�r�ts.

Les Italiens.

Un Rital, c'est un Rital.

C'est l� qu'entre en sc�ne le d�tective de g�nie.

Moi ?

- Oui, vous, Achille Poirot. - Hercule.

Voici ce que j'aimerais faire.

J'aimerais vous engager comme garde du corps

jusqu'� ce que je sois en s�ret�.

C'est de l'argent facile pour vous

et �a assure ma tranquillit� d'esprit.

- Je comprends. - Bien.

Je refuse.

Pardon ? Il ne faut pas.

Je n'ai peut-�tre pas �t� clair.

Quelqu'un veut ma peau.

Je ne suis pas un ange, loin de l�.

Si un autre monde nous attend,

je recevrai mon jugement, tout comme vous.

Mais...

Je ne suis pas press� d'en arriver l�.

- Me prenez-vous pour cible ? - Non.

Pas vous. Le monde.

J'existe dans le monde. Ne me prenez pas pour cible.

Que dites-vous de 10 000 $ par semaine ?

C'est g�n�reux, M. Ratchett, mais je refuse.

Quinze mille ?

Comprenez-moi bien. Je refuse.

Je vois.

Pas assez prestigieux pour le grand Achille Poirot ?

Pas d'appareils photo...

Vente de faux � des criminels.

Vous en souffrez les cons�quences.

Je d�busque les criminels. Je ne les prot�ge pas.

Vous dites donc non � mon argent sale.

C'est � vous que je dis non, M. Ratchett.

C'est l'arme, le probl�me, c'est �a ?

C'est bien plus personnel que �a.

Votre t�te ne me revient pas.

Excusez-moi.

Vous avez aim� mon g�teau, pas vrai ?

Il �tait excellent. Bon apr�s-midi, M. Ratchett.

Merci.

Il fait froid.

M. Dickens.

M. Ratchett ?

M. Ratchett ?

Bonne nuit.

Mme Hubbard ?

C'est toujours Mme Hubbard.

Mme Hubbard.

Est-ce qu'on est morts ?

Un d�raillement, mesdames et messieurs.

�a va, M. Marquez ?

Je n'ai rien, merci.

M. Bouc s'adressera � vous tous

demain matin.

Vos cabines sont un endroit s�r.

Certainement.

Allons-nous mourir ?

Mesdames et messieurs, je crains

que notre train ne puisse aller nulle part.

Sauf vers le bas.

Combien de temps faut-il attendre ici ?

Quelqu'un va s�rement intervenir.

Bien s�r que oui. Nul besoin d'agir.

Il y a exactement deux heures et dix minutes,

heure � laquelle nous devions arriver � Brod,

le chef de gare aura devin� notre situation

et envoy� une �quipe d�gager la locomotive,

d�blayer les rails et nous aider � repartir.

En attendant, je vous assure

qu'on sera tous au chaud, nourris et bien � l'aise.

On pourrait sortir marcher.

Et mourir de froid par le fait m�me.

J'ai une correspondance.

Mon bateau quittera la France apr�s-demain.

Sans vous � bord. Ni moi � Londres.

Je vous tiens responsable du retard, M. Bouc.

Je ne suis pas responsable de la m�t�o.

Bien s�r que oui. Qui d'autre ?

Et ma conf�rence � Turin ?

J'ai une r�union � l'usine de voitures de Sochaux.

Certaines choses sont entre les mains de Dieu.

Ce n'est pas � nous de dire

si nous m�ritons d'arriver en s�ret� � destination

ou si, comme Lucifer, la chute nous attend.

Votre d�jeuner, M. Ratchett.

Ah, bonjour, M. Masterman.

Y a-t-il un probl�me ?

Je n'en sais rien, monsieur.

M. Ratchett ?

Excusez-moi.

L'air est froid.

Appelez vite M. Bouc et le Dr Arbuthnot.

Seigneur !

Ne touchez � rien sauf au corps.

Mon Dieu, c'est terrible.

D'abord la neige, et � pr�sent...

Je devrai parler � la police

et faire ma d�position dans un poste miteux.

En plus, un homme est mort.

En plus, un homme est mort.

Il a �t� poignard�.

Un long couteau � lame droite.

De multiples blessures, tant superficielles

que profondes, tranchant les muscles.

Gaucher ou droitier ?

Justement.

On dirait que le tueur

a ferm� les yeux et frapp� � l'aveuglette.

Heure estim�e du d�c�s ?

Dur � dire avec la fen�tre ouverte,

mais je dirais entre minuit et 2 h.

Personne n'est entr� l�.

J'�tais au poste toute la nuit.

Si quelqu'un �tait entr�, je l'aurais vu. Impossible.

Merci. Retournez � la voiture-restaurant.

Michel, s�curisez ce wagon.

Poirot.

J'ai besoin de votre aide, mon ami.

Vous devez d�masquer le coupable.

Je vous en implore, au nom de l'Orient-Express.

Quand la police arrivera, je veux que ce soit r�gl�.

Vous seul pouvez me sauver.

Votre confiance me touche, mon cher,

mais j'ai besoin de repos.

Voyez cela comme une petite �nigme de vacances.

Ce n'est rien pour un cerveau comme le v�tre !

Fouillez les ant�c�dents des passagers.

D�terminez leur caract�re.

Faites ce que vous faites. Vous... Vous...

Vous vous asseyez en mangeant du g�teau

et vous r�fl�chissez jusqu'� trouver une solution.

On est coinc�s. Qu'avez-vous d'autre � faire ?

Sans stimulation constante, vos neurones affam�s mourront.

Vous croyez que je m'assieds

pour manger du g�teau

et qu'une grande id�e me vient ?

- Je l'ignore. - J'ai mon Dickens.

Au diable votre Dickens !

Si la police s'en m�le, elle choisira un coupable,

� tort ou � raison, et le fera pendre.

Probablement M. Marquez,

simplement parce qu'il s'appelle Marquez.

Ou le Dr Arbuthnot, pour la couleur de sa peau.

Vous seul pouvez rendre justice.

- Donnez-moi un plan du wagon. - Bien s�r.

- Chaque passeport. - Entendu.

Pr�voyez des entrevues avec chaque passager.

Preuves, ordre et m�thode nous conduiront au coupable.

Je d�sapprouve le meurtre, mon ami.

On croise chaque jour des gens

dont on se passerait,

mais on ne les tue pas.

L'homme est sup�rieur � la b�te.

Trouvons donc ce tueur.

Que se passe-t-il ?

Mesdames et messieurs, permettez-moi de...

La malchance s'acharne sur nous.

Je veux dire que...

Un passager est mort dans le train.

M. Ratchett.

Ils ont eu sa peau apr�s tout.

Vous pr�sumez qu'il a �t� tu� ?

Non, non.

Seulement, il �tait en excellente sant�.

Il avait des ennemis, c'est tout.

En effet. Il a �t� assassin�.

Bont� divine. Un meurtre, ici ?

H�las, madame.

Que Dieu ait son �me.

Quelqu'un est entr� dans ma cabine

en pleine nuit.

Personne ne m'a crue.

Que se passe-t-il ?

�tant coinc� par la neige,

j'accepte de m'attaquer � l'affaire

et de trouver le criminel pour mon ami, M. Bouc.

Pourquoi vous ?

Je m'appelle Hercule Poirot.

Je suis probablement l'as des d�tectives.

Je parlerai � chacun d'entre vous.

Pour l'instant,

je vous conseille de rester

dans votre cabine, porte verrouill�e.

Je me sens comme une prisonni�re.

C'est pour votre s�curit�.

S'il y a eu un meurtre,

c'est qu'il y a un meurtrier.

Ce meurtrier est avec nous

� bord du train en ce moment.

Les portes entre les wagons �taient bien verrouill�es ?

Tout � fait. J'y ai vu moi-m�me.

Le train a �t� fouill�. Personne ne s'y cache.

On peut limiter l'enqu�te aux occupants du wagon Calais.

Bouc, vous m'aiderez.

Vous �tes le seul � avoir dormi ailleurs,

et donc le seul qui n'est pas un suspect.

M. MacQueen, est-ce le moment de boire ?

Mon patron est mort.

Je n'ai plus d'emploi,

et vous me jetez des regards accusateurs.

Nous n'accusons personne.

Puisque vous le connaissiez, vous nous donnerez les faits.

�tiez-vous parents ?

Non, j'�tais son secr�taire.

Je r�servais ses voyages, commandais ses biftecks.

Je n'avais encore connu personne

qui mange autant de biftecks.

Il travaillait dans les antiquit�s

Il n'�tait pas qualifi� pour �a,

n'avait pas les comp�tences.

Il n'avait pas le sens des affaires, des comptes,

rien de tout �a.

Je m'occupais de tout.

Depuis quand �tiez-vous son employ� ?

�a aurait fait un an dans 20 jours.

La prohibition, ce n'�tait pas pour moi.

Je me suis retrouv� � l'�tranger, endett�.

Je suis avocat de formation,

mais pas de temp�rament.

J'�tais tr�s mauvais.

Aimiez-vous votre patron ?

J'aimais son argent.

Ratchett �tait grossier,

exigeant, insultant et probablement un criminel.

Quand l'avez-vous vu pour la derni�re fois ?

Juste apr�s 22 h.

Il voulait discuter de nos ventes en Italie.

Milan, la vente de faux ?

Oui.

Il voulait examiner les comptes.

Je devais tout traduire pour lui,

les contrats �tant en fran�ais.

Il n'en parlait pas un mot.

Et lors de l'arr�t � Vinkovci,

j'ai bavard� avec le m�decin noir, Arbuthnot.

On a bu quelques verres, on s'est d�gourdi les jambes.

Il avait quelques

opinions que je devais rectifier � propos de Staline.

Je ne juge pas un homme � sa race,

mais je m'entends mal avec les Britanniques.

� quelle heure vous �tes-vous s�par�s ?

Il est parti juste apr�s 2 h.

Savez-vous si Ratchett avait des ennemis particuliers ?

Seigneur.

Choisissez votre homme.

Avait-il re�u des menaces ?

Certaines lettres inqui�tantes, oui.

Je peux vous en remettre quelques-unes.

Il a d�chir� les autres.

Il les a jet�es au feu.

Les voici.

suRVEillez vOs ARRi�REs

perSONne Ne noUs �cHaPPE

Merci, M. MacQueen.

Merci.

Si on a d'autres questions, on redemandera � vous parler.

Avez-vous pens� � l'Hispanique ?

Marquez. Tout un homme.

Vous savez ce qu'on dit de son peuple.

Ils ne partagent pas notre d�dain pour le meurtre,

historiquement parlant.

Vous disiez ne pas juger un homme � sa race.

Je suppose

que �a d�pend de la race.

Il s'en tirait si bien.

- C'est MacQueen ? - Trop t�t pour le dire.

J'avoue que je l'imagine mal poignarder un homme 12 fois.

Enfin, pas sobre. Qui l'a fait, alors ?

Je l'ignore. Il faut le demander.

- � qui ? - � la victime.

Douze coups de couteau,

port�s au hasard selon Arbuthnot.

Si le m�decin est coupable,

il n'a pas laiss� ce fait influencer

ses responsabilit�s.

Sa montre s'est arr�t�e � 1 h 15.

�a concorde avec les dires du m�decin.

Possible, oui. Certainement.

- Je ne comprends pas. - Moi non plus.

Je ne comprends rien du tout.

Regardez ces deux blessures.

Puissantes, profondes, mais il y a peu de sang.

C'�tait pourtant une attaque fr�n�tique.

Des lac�rations ici et l�.

Aucun ordre, que de la violence extr�me.

Pendant ce temps, notre victime,

vigoureuse, nerveuse et bourr�e de caf�,

serait rest�e immobile, sans lutter contre la mort,

alors qu'elle avait sous la main

un moyen de se d�fendre.

Tenez.

Voyons un peu.

Du barbital. On l'a drogu�.

Pour l'emp�cher d'utiliser son arme.

Et plus tard, ici, le mouchoir d'une femme.

Un objet de luxe, cousu � la main.

Facilement 200 francs � Paris.

Il y a m�me une initiale : h.

Notre petit ami

- le cure-pipe. - Un autre indice.

Une foule d'indices commod�ment �chapp�s.

Pourtant, un seul me semble authentique.

Le cendrier nous fournira

une bribe d'information accidentelle.

Un fragment calcin� d'une lettre.

On a peut-�tre tent� de br�ler une preuve.

Pr�tez-nous votre �quipement.

Merci.

Je pr�f�re comprendre la raison

de la pr�sence d'un indice plut�t que sa nature.

C'est � l'int�rieur qu'il faut chercher la v�rit�.

Dans ce cas, par contre,

j'ai besoin d'aide scientifique.

Vous ajusterez la flamme.

Encore une lettre de menaces.

Erreur, mon ami.

Celle-ci a un secret � nous r�v�ler.

Regardez.

"Sang sur les mains, vous mourrez."

Qu'est-ce que �a signifie ?

Suivez-moi, Bouc.

Nous allons combler les vides.

�a n'a jamais �t� une �nigme de vacances.

Je connais le vrai nom du d�funt.

Ce n'est pas Ratchett, mais Cassetti.

Je connais ce nom.

Vous connaissez donc aussi le nom Armstrong.

L'affaire Armstrong ?

Cette histoire a choqu� le monde.

Il y a deux ans,

le colonel John Armstrong, pilote r�put�,

et sa femme Sonia,

ont d�couvert que Daisy, leur fille unique,

avant �t� enlev�e pendant son sommeil.

D�sesp�r�s,

les Armstrong ont pay� la ran�on.

Peu apr�s, Daisy a �t� retrouv�e tu�e par...

Ratchett, alias Cassetti.

Sonia Armstrong �tait enceinte

quand elle a appris la nouvelle.

Le choc a d�clench� des contractions.

Ni le b�b� ni elle n'ont surv�cu.

Comment savez-vous cela, Poirot ?

John Armstrong lui-m�me me l'a racont�.

Il m'a �crit pour demander mon aide.

Quand j'ai re�u sa lettre,

il �tait d�j� trop tard.

Il avait �t� trouv� mort par balle.

Un suicide.

"Vous avez le sang de Daisy Armstrong sur les mains.

"Vous mourrez pour cela."

C'est bien ce qui est arriv�.

- M. Poirot ? - Oui, Michel.

Mme Hubbard veut vous parler.

Je l'ai retenue autant que j'ai pu.

Mme Hubbard, navr� pour l'attente.

Vous br�lez d'envie de me parler.

En effet. J'essaie de vous dire

une chose depuis ce matin.

Le meurtrier �tait dans ma cabine hier soir.

J'ai craint pour ma vie. Avec raison,

sauf que c'est Ratchett qui y est pass�.

R�veill�e en pleine nuit, j'ai su

qu'il y avait un homme tout pr�s.

Vous �tes certaine que c'�tait un homme ?

Je le sais quand j'ai un homme dans ma chambre.

Le chef de train n'a pas voulu me croire.

Je lui ai dit de v�rifier la porte entre

ma chambre et celle de Ratchett.

L'intrus est s�rement sorti par l�.

Elle �tait bel et bien d�verrouill�e.

Je sais que je l'ai verrouill�e

apr�s ce que Ratchett m'a dit.

Il m'a fait des avances.

Avez-vous entendu parler

de l'enl�vement de la petite Armstrong ?

Difficile de faire autrement.

Une histoire morbide.

L'assassin de l'enfant, Cassetti,

est mort la nuit derni�re.

C'�tait Ratchett.

Je savais que c'�tait un voyou.

Me croyez-vous

� propos de l'homme dans ma chambre ?

Je sais que vous me trouvez ridicule.

Mais j'en ai la preuve.

�a vient de l'uniforme

d'un chef de train de l'Orient-Express,

mais Michel a pu le perdre

quand il �tait dans votre chambre.

Je n'ai perdu aucun bouton.

Je l'ai trouv� au pied du lit, sur l'�dredon,

l� o� je dormais.

Que dites-vous de �a ?

Que c'est un indice. Merci, Mme Hubbard.

�tes-vous all� en Am�rique ?

Une fois.

Bri�vement, il y a des ann�es.

Dans quel but ?

- Pour confirmer un soup�on. - Lequel ?

Que �a ne me plairait pas.

On m'a offert un poste � Boston.

J'ai vu Boston et je suis rentr� � Londres.

Ratchett �tait-il de l�-bas ?

- De Boston ? - Je l'ignore.

�a n'aurait pas �t� appropri�

de le demander.

Continuez.

J'ai vu M. Ratchett

pour la derni�re fois � 21 h.

Je lui ai apport� du caf� et j'ai rang� ses v�tements.

On dirait qu'une dent vous fait souffrir.

Je la ferai arracher � Londres cette semaine.

M. Ratchett insistait pour que je sois trait�.

Il en avait assez d'entendre mes geignements �touff�s.

Cet empathique Ratchett

avait-il l'habitude de boire du caf� le soir ?

Non, mais il �tait tr�s agit� r�cemment.

Il voulait rester alerte, surtout la nuit derni�re.

Il avait trouv� une lettre dans sa cabine.

Dites-moi que ce n'est pas de vous.

Si je laissais un message d�plaisant

sur votre oreiller, monsieur,

ce ne serait pas une lettre.

Mon caf�.

Je doute qu'un valet

aussi consciencieux que vous

parle � son ma�tre sur ce ton.

� moins qu'il sache que sa carri�re arrivait

� sa fin.

Ce n'est pas un simple mal de dent.

Les poumons ?

La thyro�de.

M�tastases � l'estomac.

Comme pour mon p�re, cinq ans plus jeune.

Quelques mois, sans plus.

"Inop�rable, je le crains", a dit le m�decin.

Du coup, je n'ai plus eu... peur de rien.

Je pouvais faire seulement ce qui me plaisait.

Je pouvais �tre honn�te.

Le caf�.

Quelqu'un y a gliss� du barbital.

Vous me direz s�rement que ce n'est pas vous.

Bien s�r que ce n'est pas moi.

O� et quand

avez-vous ramass� le caf� et les tasses ?

Dans la cuisine, monsieur.

Au souper, j'avais demand� qu'il soit pr�t � 21 h.

N'importe qui aurait pu y toucher avant moi.

M. Masterman.

Navr� pour votre mal de dent.

J'adore les petits g�teaux.

Mlle Pilar Estravados, vous �tes missionnaire,

mais vous �tiez infirmi�re avant de changer de m�tier.

Je le devais � Dieu.

Vous aviez une dette envers Lui ?

J'ai eu...

Des p�riodes d'indulgence dans ma vie.

J'ai pris plus que j'ai donn�.

Gerhard Hardman.

Professeur de g�nie.

C'est la science qui redonnera � l'Allemagne sa fiert�.

- Biniamino Marquez. - M. Marquez.

Je veux me d�tacher

de toute association avec le crime,

alors allez-y, interrogez-moi.

Je ne mens plus.

Avez-vous quitt� votre cabine hier soir ?

Une fois, pour aller chercher de l'aspirine.

Mme Hubbard m'en avait offert.

J'ai d'abord refus�, mais incapable de dormir,

je suis all�e lui en demander.

Ma conf�rence est � Turin.

Je dois �tre le seul conf�rencier autrichien,

alors sans moi,

les expos�s seront m�diocres.

Je me suis �vad� de prison et,

entr� aux �tats-Unis gr�ce � un pot-de-vin,

j'ai jur� de ne plus voler ni mentir.

Quand les gens sont en confiance,

ils ach�tent davantage.

Les Italiens sont des vaches. Les Espagnols, des moutons.

Les Belges...

Je partage ma chambre

avec le valet anglais malheureux.

Il geint beaucoup.

Il a d� me voir dormir jusqu'au matin.

Je dois dire,

au cas o� ce serait pertinent,

qu'il y a eu un moment g�nant.

Quand je suis all�e voir Mme Hubbard,

je me suis tromp�e de porte.

Oh, pardon.

Quelle heure �tait-il ?

Il devait �tre...

Ne vous excusez pas.

... 22 h 40.

C'est int�ressant.

� ce que l'on sache,

vous �tes la derni�re � avoir vu Ratchett vivant.

- Votre domaine ? - L'automobile.

J'ai trois salles d'exposition.

Arriv� en Am�rique, je n'avais rien. � pr�sent...

Si c'est vrai, elle me le dira.

Mlle Debenham le confirmera.

Mais c'est vrai.

Je ne mentirais pas.

Je ne mentirais pas.

Est-il possible que Mlle Debenham

ait quitt� la cabine � votre insu ?

Non. J'ai le sommeil l�ger.

Au moindre bruit, je suis debout.

On m'a surprise une fois.

Plus jamais.

Je n'ai pas dit que j'�tais chauffeur.

Les photos dans vos bagages.

Il y en avait une belle

d'un petit gar�on coiff� d'une casquette,

visitant son papa au travail.

Pour qui �tiez-vous chauffeur ?

Mlle Estravados, pourquoi vos mains

ont-elles des rugosit�s, comme un boxeur ?

Je travaille dans des villes dangereuses.

Je ne peux pas laisser la peur me dominer.

J'ai appris � me battre.

Vous n'avez plus confiance en Dieu

depuis votre surprise ?

C'est au cas o� Il serait occup�.

Dieu est toujours occup�.

C'est Masterman.

Un mourant n'a rien � perdre.

Bien dit, Bouc. Sauf que M. Marquez

a maintenant confirm�

que son cochambreur, Masterman,

lisait au lit au moment de la mort.

Je ne serais pas c�l�bre si c'�tait facile. Suivant.

Mlle Debenham,

braver l'air froid ne vous d�range pas ?

Nous avons un piquenique pour vous.

Et pour ma cochambreuse, une voiture �touffante.

Je vois.

Choisir le meilleur endroit

pour soutirer la v�rit� � chacun.

Elle, la d�stabiliser. Moi, me faire geler.

Astucieux.

�crivez votre nom complet

et votre adresse, je vous prie.

Mauve p�le, au fait.

Mlle Estravados a dit que vous aviez

demand� la couleur de son peignoir.

"Mary Hermione Debenham."

Vous appelle-t-on parfois Hermione ?

Toujours Mary, ou Mlle Debenham au travail.

Gauch�re.

Inhabituel, je sais.

Vous n'avez aucune piste si vous analysez mon �criture.

Que pensiez-vous du d�funt ?

Euh, je ne pensais pas du tout � lui.

Je vois mal le but de la question.

Pardonnez mes excentricit�s, mademoiselle.

La nature humaine est perverse dans sa complexit�.

Il faut les bons outils pour la percer.

Il s'agit de jouets et non d'outils, Hercule.

Laissez donc tomber tout �a.

La m�thode directe ? Parfait.

Le m�decin l'avez-vous connu avant le voyage ?

Le Dr Arbuthnot ?

Non.

L'attirance a �t� imm�diate ?

Nous ne sommes pas en Am�rique,

Mlle Debenham. Aucune loi n'interdit

ce que vous ressentez.

Il n'y a pas non plus de loi contre le silence.

Je pr�f�re m'en tenir...

Je ne suis jamais all�e en Am�rique.

J'ai des questions sur quelques

paroles que j'ai entendues.

Vous et l'�tranger, Arbuthnot,

�tes plus proches que deux �trangers moyens.

Vous avez dit :

"Quand ce sera r�gl�, rien ne pourra nous toucher."

De quoi parliez-vous ?

Vous croyez que je parlais de meurtre ?

Pour l'homme au marteau, chaque probl�me est un clou.

Vous vivez entour� de crime.

- Le mal est votre quotidien. - Non.

Je vois assez de crimes pour savoir

qu'il s'agit d'anomalies.

Je crois qu'il faut avoir l'�me bris�e

pour tuer un de nos semblables.

Je le r�p�te : de quoi parliez-vous ?

Nous avons convenu

qu'il n'y a pas de loi contre le silence.

Tr�s bien.

Et apr�s, princesse Dragomiroff ?

Apr�s le souper, je me suis couch�e.

Dieu m'a offert une longue vie,

mais afflig�e d'un dos qui me fait souffrir.

Vers une heure moins quart,

j'ai appel� Fr�ulein Schmidt.

Elle m'a mass�e

et m'a fait la lecture un moment.

Puis, j'ai dormi.

Avez-vous d�j� connu

une famille du nom d'Armstrong ?

Ils ont souffert une trag�die innommable.

J'admirais beaucoup la m�re de Sonia Armstrong,

l'actrice Linda Arden.

Un talent comme on en voit une fois par si�cle.

Mme Arden allait devenir metteuse en sc�ne.

Elle aurait �t� la premi�re grande femme de Broadway

si ce n'avait �t� de cette trag�die.

Linda Arden est-elle morte ?

C'est tout comme.

Elle ne sort plus de chez elle.

Daisy �tait ma filleule.

Elle �tait...

Quel est le lien avec nos ennuis, d�tective ?

L'homme tu� hier soir s'appelait en fait Cassetti.

C'�tait l'assassin de la petite Daisy Armstrong.

Je vois.

J'avoue conna�tre la famille, et cet homme est mort.

La co�ncidence

doit �tre insupportable.

Vous avez droit � une co�ncidence.

J'ai quelques questions � poser � Fr�ulein Schmidt.

C'est inutile.

Je me porte garante d'elle.

Tout de m�me, permettez-moi.

Fr�ulein, r�pondez-moi en allemand.

Mais Son Excellence ne me comprendra pas.

Justement.

Est-ce � vous ? H pour Hildegarde ?

C'est bien trop raffin� pour moi.

Dit-elle la v�rit� � propos d'hier soir ?

Oui. Le chef de train est venu me chercher.

Apr�s, je suis retourn�e au lit.

Avez-vous vu quelqu'un ?

Seulement l'autre chef de train.

"L'autre chef de train." Vous parlez de Michel ?

Non. Pas celui qui m'a r�veill�e.

Suivez-moi.

Est-ce lui que vous avez vu ?

Non. L'autre chef de train �tait un petit homme barbu.

Fr�ulein, il n'y a que lui.

Je sais ce que j'ai vu.

Il avait une voix aigu� et portait le m�me uniforme.

Mais il lui manquait un bouton.

Monsieur, pr�tez-moi votre passe-partout.

Nous cherchons un uniforme et un kimono rouge.

Des milliers de photos, des chaussettes � l'infini,

des peignoirs de toutes les couleurs sauf rouge,

mais aucun signe d'un faux uniforme.

On a v�rifi� les bagages de tout le monde ?

Sauf le comte

et la comtesse Andrenyi, monsieur.

Il est interdit de fouiller leurs valises.

Ils ont des visas de diplomates.

O� pourrait-il bien �tre ?

Il reste une valise qui n'a pas �t� fouill�e.

La mienne.

Le tueur se moque de moi.

Bien. Sa premi�re erreur.

Et puisque la nuit doit suivre le jour...

Non, ce n'est pas � moi.

Vous aurais-je parl� du chef de train

- si c'�tait moi ? - Non,

ce qui fait de votre cabine la cachette id�ale.

Voil�, le bouton.

Et avec un uniforme de chef de train,

pourquoi pas un passe-partout aussi ?

Voil� comment le tueur

a pu franchir par magie des portes verrouill�es.

- Du bourbon. - MacQueen.

Que cherchons-nous � pr�sent ?

Cinq cents livres.

MacQueen avait aussi un journal.

Toutes les transactions de Ratchett.

O� est-il ?

Poirot ?

Bouc, gardez tout le monde � l'int�rieur !

Je vous prie d'arr�ter !

Veuillez rester l� o� vous �tes.

Merci, messieurs. Merci.

C'�tait MacQueen ? Vous tenez votre homme ?

Comment a-t-il pu ?

Je ne l'ai pas tu� !

Vous avez br�l� les comptes,

mais ils restent en partie lisibles.

Les calculs sont inexacts

parce que vous le voliez.

Ils sont pleins de...

Comment dit-on ? Le fard.

- Maquillage ? - Maquillage !

Les comptes sont maquill�s !

Vous le voliez !

Vous craigniez de vous faire prendre.

Vous l'avez donc tu� !

Oui.

C'est vrai, je le volais.

Je lui ai pris des milliers.

Je savais que c'�tait de l'argent sale.

�a changeait quoi que je me serve ?

Mais j'ai une question pour vous.

Pourquoi aurais-je tu� ma vache � lait ?

Ce n'est pas moi, le coupable.

- Je ne l'ai pas tu� ! - C'est vrai.

Ce n'est pas lui, le coupable.

J'imagine que son alibi repose sur moi,

buvant avec lui jusque tard.

Eh bien, c'est vrai.

Je l'ai vu boire son whisky et j'ai comment�

la qualit� inf�rieure de l'alcool am�ricain.

Il m'a offert quelques verres pour me faire changer d'avis.

On a discut� de politique. Il avait quelques

opinions ridicules sur Staline

� rectifier. Mais l'alcool, il conna�t �a.

J'aimerais vous parler, monsieur.

Vous �tiez donc avec lui toute la soir�e ?

� fumer et � bavarder, jusqu'� 2 h ou presque.

Entre amis, lui avec ses cigarettes et vous...

Le seul homme du train � fumer la pipe.

Puis-je voir votre pipe et votre tabac ?

Bien s�r.

Et vous, Dr Arbuthnot,

vous revenez d'Inde, je crois bien ?

Vous m'interrogez ?

�tes-vous entr� voir Ratchett avant sa mort ?

Pas du tout.

Mais ce cure-pipe est le v�tre, n'est-ce pas ?

Si vous l'avez trouv� pr�s du d�funt, cherchez encore.

Je suis m�decin, monsieur.

Je soigne les gens. Je ne les tue pas.

Vous avez d� travailler

tr�s fort pour devenir m�decin.

Peu de votre race ont cette occasion.

Un par ann�e au coll�ge m�dical Middlesex.

J'ai eu cet honneur en 1924.

J'�tais tireur d'�lite durant mon service.

Un des meilleurs.

J'ai sauv� bon nombre d'officiers.

Les plus reconnaissants

ont su voir mon souci de rigueur

et m'ont soutenu dans ma formation.

Je leur dois beaucoup.

Connaissiez-vous un colonel Armstrong ?

Je crois avoir connu deux ou trois Armstrong.

Tommy du 60e... Selby Armstrong...

Je parle du colonel John Armstrong.

Il a �pous� une Am�ricaine.

Leur fille a �t� enlev�e et tu�e.

Je ne l'ai pas connu.

Quand avez-vous rencontr� Mlle Debenham ?

Dans le wagon que nous partagions

entre Kirkouk et Nissibin.

Elle affirme autre chose,

ce qui la rend malheureusement suspecte.

Mary est une dame.

Laissez-la. Je me porte garant d'elle.

Et de l'emploi du temps de MacQueen ?

- Vous n'entendez pas raison. - Jamais.

Vous avez de la chance. Le m�decin affirme

qu'il ne vous a pas quitt� des yeux.

Vous voyez ? �a ne peut pas �tre moi.

Oui, �a le pourrait.

Ratchett prenait un somnif�re chaque soir.

Vous auriez facilement pu y ajouter du barbital,

faire de m�me avec l'un des verres du m�decin

et saisir l'occasion de le tuer.

Pourquoi aurais-je fait �a ?

Vous aviez un mobile.

J'en ai un autre � sugg�rer.

Une raison diff�rente, plus personnelle.

"Avocat de formation, pas de temp�rament."

Pourquoi avoir �tudi� le droit ?

�tait-ce pour contenter un p�re aim�,

mais exigeant,

qui avait lui-m�me connu du succ�s

dans cette profession

avant de perdre son poste ?

Il y a eu un MacQueen r�put�, n'est-ce pas ?

Procureur de l'�tat du New Jersey,

responsable de la poursuite dans l'affaire Armstrong.

Il n'y avait aucun suspect.

Mon p�re a �t� somm� de s'en prendre

� une pauvre Fran�aise,

Susanne, une domestique dont l'alibi �tait faible.

Toutes les accusations reposaient sur elle.

Elle s'est suicid�e.

Elle �tait innocente.

Les preuves ont fini par incriminer Cassetti,

mais il avait fil� depuis longtemps.

Mon p�re a �t� an�anti.

Je ne pouvais rien pour lui.

Vous affirmez pourtant ignorer que Ratchett �tait Cassetti.

Je l'ignorais.

Mais vous l'avez trouv�.

Non.

Vous l'avez trouv�.

- Vous l'avez lessiv�... - Non.

... pour rembourser les dettes de votre p�re

et vous venger enfin.

Non, non, non.

Non. Ce n'�tait pas...

�a ne s'est pas pass� ainsi. Ce n'�tait pas...

- On a enfonc� la porte... - Docteur !

... et on m'a couvert le visage.

Il faut l'enlever tout de suite.

- Je veux ma trousse. - Bien s�r.

Elle est dans ma cabine.

Pas d'empreintes digitales.

Le tueur jetait l'arme du crime.

Le tueur n'a pas touch� de poumon ni d'art�re.

Elle a de la chance d'�tre en vie.

Comme vous tous.

Vous parlez d'un g�nie !

Pourquoi n'avez-vous pas r�solu l'affaire ?

Donnez-lui du temps.

Oui, bien...

J'ai d�j� beaucoup donn�. Je suis exsangue.

Oui.

Vous interrogiez M. MacQueen

alors que le vrai tueur est ici.

C'est l'un de vous.

J'ignore qui vous �tes. Je n'ai rien dit.

Laissez-moi tranquille.

Musique.

Le chemin de fer sera d�blay� demain matin.

Retournez � vos chambres.

Je dormirai ici,

o� tout le monde me voit et je vois tout le monde.

Faites tous cela pour rester au chaud.

Restez en s�ret�, bien en vue, jusqu'au matin.

Un tueur n'h�site pas � r�cidiver.

Je vais passer le message aux Andrenyi,

immunit� diplomatique ou non.

J'aimerais voir vos passeports.

Je dois lui parler, vous savez.

Le nom de votre femme est tach�.

Vous devriez y voir.

Elena se porte mal.

Si vous persistez, votre r�ticence

sera not�e par la police yougoslave.

Vous serez certainement arr�t�s tous les...

- Comment osez-vous ? - Ch�ri !

Ch�ri.

Vous avez une dr�le d'allure, M. Poirot.

Est-ce le cas pour tous les d�tectives ?

Pardon de vous r�veiller, madame la comtesse.

Je passe mes nuits debout.

Je dors durant le jour.

Certains craignent le noir. Moi, c'est la lumi�re.

Vous �tes toujours sous l'influence du...

Barbital.

Le barbital, le barbital.

J'en prends des tonnes.

Oh, inutile de mentir, mon amour.

On ne peut rien lui cacher.

Sans �a, je ne peux pas sortir.

Je ne peux pas dormir.

J'en prends pour lutter contre mes peurs.

De quoi avez-vous peur ?

De tout.

Je vois que votre nom de jeune fille est Goldenberg.

Vous �tes juive ?

Pas tant que �a. Mon deuxi�me pr�nom est Maria.

Vous dansez, comme votre mari ?

Non, pas comme mon mari.

Le corps de ballet.

Il a �t� b�ni par les anges.

Moi, la passion

et l'acharnement m'ont rendue potable.

Excusez-moi, je dois me recoucher.

Est-ce votre seul peignoir ?

Non, j'en ai un autre en chiffon couleur ma�s.

J'aime parler aux d�tectives.

On ne sait jamais ce qu'ils vont demander.

Je connais tr�s bien les capitales.

Ma gouvernante insistait sur la g�ographie.

�tes-vous satisfait ?

D�masquer un menteur me satisfait toujours.

Madame, votre nom est Helena, pas Elena.

Malgr� vos essais maladroits

pour le changer ici et sur vos bagages.

Mon mari a entendu qu'on avait trouv� un indice,

un mouchoir portant l'initiale h.

Je ne voulais pas que mon h soit m�l� � �a.

On a donc modifi� le passeport et les bagages.

Ce n'est pas un crime de fuir les ennuis.

Pourtant, les ennuis vous suivent.

Un �trange d�tail concernant

la trag�die Armstrong au c�ur de cette affaire,

c'est le nombre de personnes qui ont �t� bless�es.

La s�ur cadette.

La m�re actrice,

Linda Arden de son nom d'artiste.

Elle devait �tre aussi d'origine juive.

Qui d'autre adopte un nom d'artiste ?

Serait-ce aller trop loin que de sugg�rer

que son vrai nom �tait Goldenberg ?

Surtout lorsque nous trouvons une jeune femme

du m�me �ge

que la fille qui lui reste,

vivant dans un monde de peur ?

La s�ur de Sonia Armstrong.

Sortez !

Le bruit m'a fait accourir. Juste � temps, non ?

Vous devez croire le comte et la comtesse coupables.

Le comte est protecteur.

La comtesse ne ferait de mal � personne.

Vous pouvez cesser votre cirque.

Vous n'�tes ni autrichien, ni allemand, ni professeur.

Mais vous �tes bon imitateur.

Vous �tes-vous inspir� d'une connaissance ?

Le boucher du quartier quand j'�tais petit, un boche.

Un homme bon qui avait un bel accent.

Comment l'avez-vous su ?

Votre prononciation de "Turin"

avec l'accent sur la mauvaise syllabe

pour un authentique fier Teuton.

"Tu-rine."

Vous �tes dr�lement fut�, je dois l'admettre.

Le professeur Gerhard Hardman,

c'est ma fausse identit�.

Excusez mes commentaires sur les gens de couleur.

Je suis moi-m�me � moiti� juif.

Cyrus Bethman Hardman.

Un d�tective de l'agence Pinkerton ?

Depuis 30 ans.

Je terminais un contrat � Istanbul

quand j'ai re�u un t�l�gramme.

Ratchett voulait qu'on le surveille,

trois fois le salaire habituel.

J'ai eu de la chance d'�tre dans le coin.

Il m'a dit de guetter

un petit homme basan� � la voix aigu�.

J'ai surveill� le couloir

toute la nuit par une fente dans ma porte.

Le malfaiteur, qui qu'il soit,

devait passer devant moi.

Je le jure.

Jureriez-vous aussi

que vous avez 30 ans de service pour Pinkerton

ou me mentiriez-vous encore

en niant que vous avez d'abord �t� policier ?

Votre arme. Sa crosse, sa finition bleut�e...

Typique des mod�les remis � la police.

�dition 1927.

Il n'y a pas de fin aux mensonges

qu'on invente juste pour moi.

Laissez votre arme en sortant, professeur.

D'apr�s la position de sa cabine,

il n'aurait pas pu rater le tueur.

� moins que la porte de Ratchett ait �t� ouverte...

Et Pilar Estravados affirme l'avoir ouverte.

Dans ce cas, quelqu'un aurait pu

�chapper � son regard.

C'est un crime abominable,

et je n'y vois pas clair, ma Katherine.

Je ne trouve pas la fissure dans le mur.

Qui arrive � me duper ?

J'ai toujours �t�

si certain.

Trop certain.

Je me sens � pr�sent tr�s humble

et je dis, comme un petit enfant,

que je ne sais rien.

J'ai peur, ma Katherine.

Mes excuses, mesdames et messieurs.

Ce n'est pas s�r � bord

pendant qu'on replace le train.

Il faut attendre dans le tunnel. Merci.

O� emm�nent-ils les chiens ?

Ils seront bien.

�a ne se fait pas.

C'est juste pour se d�gourdir un peu.

Non, �a ne se fait pas.

On g�le !

On est coinc�s ?

Vous m'avez demand�e ?

Un autre interrogatoire ?

Oh, non. J'aime votre compagnie.

Merci, Bouc.

Je vous en prie.

J'ai dix questions toujours sans r�ponses

alors que le train va partir.

Vous avez l'esprit alerte.

J'ai pens� que vous auriez peut-�tre une id�e.

"Le mouchoir. Le cure-pipe.

"Le kimono rouge. L'uniforme.

"L'heure sur la montre.

"A-t-il �t� tu� � ce moment, avant ou apr�s ?

"Par une personne ou plusieurs ?

"Laquelle ou lesquelles ?"

Je regrette, je ne peux pas vous aider.

Il y en a peut-�tre une onzi�me

que vous n'avez pas encore pos�e

et qui vous fournira la r�ponse aux autres.

Peut-�tre.

Je pourrais accuser la comtesse Andrenyi.

J'ai d�couvert qu'elle �tait la s�ur de Sonia Armstrong.

- En �tes-vous certain ? - Oui.

Je crois qu'elle est peut-�tre innocente.

Peut-�tre.

Mais tant de personnes m'ont menti

avec insouciance dans ce train.

Vous l'avez fait sans effort.

Moi ?

Vous dites n'avoir jamais visit� l'Am�rique.

Vous m'avez aussi cach� qu'au moment de la trag�die,

vous viviez chez les Armstrong

en tant que gouvernante de leur fille.

Vous le savez.

Je dois gagner ma vie.

Une jeune femme arr�t�e pour meurtre...

Aucune bonne famille ne m'engagerait.

Mlle Debenham, vous avez planifi� le meurtre.

Vous avez fait venir la comtesse comme t�moin.

Si elle le voyait mort,

la Helena d'autrefois pourrait revivre.

Votre cochambreuse n'avait pas sommeil.

Vous l'avez drogu�e.

Le barbital lui a donn� mal � la t�te.

Elle a demand� une aspirine lors d'un arr�t,

quand le chef de train �tait sorti

et que la voie �tait libre

pour que vous entriez en secret

dans la cabine de Ratchett.

Vous aimiez Daisy Armstrong. Vous avez tu� Cassetti.

Cassetti �tait un porc.

Il m�ritait de mourir.

Elle ne l'a pas tu�.

C'�tait moi.

Pars, Mary.

Je ne te laisserai pas prendre le bl�me

pour ce que j'ai fait seul.

Mary, je t'en prie, pars.

John Armstrong �tait mon meilleur ami,

mon commandant.

Il croyait en moi.

Il a pay� mes �tudes, m'a offert un avenir.

Cassetti l'a an�anti.

Dans ma douleur, j'ai trouv� Mary.

Puis, j'ai trouv� Ratchett.

Notre plan �tait de le d�noncer � la police,

c'est ce que vous avez entendu.

Mais en voyant son visage,

j'ai su qu'il ne m�ritait pas un proc�s.

Vous avez drogu� MacQueen.

Vous avez chang� l'heure sur la montre

pour mentir � propos de l'heure du d�c�s.

Je ne pouvais pas laisser Mary �tre accus�e.

Ni MacQueen.

Je paierai seul pour mes p�ch�s.

Je suis un soldat.

Un soldat tue pour prot�ger.

� pr�sent, M. Poirot, je dois me prot�ger de vous.

Pourquoi n'�tes-vous pas mort ?

Poirot ?

Messieurs, arr�tez !

Il faut faire remonter tous les passagers

dans le train.

Vous devez

vous �loigner du train

jusqu'� ce que je vous dise de revenir.

Vous racontez vos mensonges

et vous croyez que personne ne s'en rendra compte.

Mais deux personnes s'en rendront compte.

Oui, deux personnes.

Votre Dieu

et Hercule Poirot.

L'heure est venue de r�soudre cette affaire.

Le Dr Arbuthnot m'a demand� pourquoi je n'�tais pas mort.

Il connaissait la r�ponse, bien s�r.

Un tireur d'�lite qui rate sa cible � bout portant ?

Votre tir avait une pr�cision chirurgicale.

Vous ne pouviez pas me tuer, car vous n'�tes pas un tueur.

Aucun de vous n'est un tueur.

Pourtant, quelqu'un a tu�.

Il y a deux solutions possibles � ce crime.

Une qui concorde avec la majorit�

des faits, mais pas tous,

et une autre,

plus complexe.

Voyons la premi�re.

Ratchett avait des ennemis.

Un mafieux monte dans le train � Vinkovci

pendant que MacQueen et Arbuthnot prennent l'air.

�quip� d'un uniforme

et d'un passe-partout, il poignarde Ratchett.

Il sort par la cabine de Mme Hubbard

et s'�chappe.

Non.

Non, �a n'a pas de sens.

Pourquoi cacher l'uniforme ?

Qui a drogu� Ratchett ?

Ou poignard� Mme Hubbard ?

Bon sang !

Qui ce crime avantage-t-il ?

Ce crime, c'est le meurtre d'un meurtrier.

L'avantage est peut-�tre

de mettre fin aux souffrances de l'esprit.

De faire taire une voix int�rieure

qui hurle et nuit au sommeil.

Un meurtrier se trouve parmi nous.

Donc...

On a le Dr Arbuthnot,

ami d�vou� et reconnaissant du colonel Armstrong.

Il trouve du r�confort aupr�s

de la gouvernante, Mary Debenham,

une deuxi�me m�re pour la fillette.

Et tr�s proche de la jeune s�ur de Mme Armstrong,

Helena Goldenberg,

�pouse d'un homme puissant

qui n'est pas �tranger � la rage et � la violence.

Nous voyageons aussi avec la marraine de Daisy,

� qui appartient

le mouchoir brod� trouv� sur les lieux du crime.

La lettre h, dans l'alphabet russe,

se prononce n.

Natalia Dragomiroff.

Et la domestique d�vou�e qui a l'�il d'un chef ?

Qui �tait-elle auparavant ?

La cuisini�re des Armstrong, peut-�tre ?

Mais ce n'est pas termin�.

L'infirmi�re qui prenait soin de Daisy,

prise d'une ferveur religieuse issue

de sa culpabilit� d'avoir laiss� la petite

se faire enlever. Vous �tiez l�, n'est-ce pas,

dans la chambre, la nuit

o� Ratchett est entr� par la fen�tre ?

Aviez-vous bu un verre de vin de trop

au souper ce soir-l� ?

Vous bl�mez-vous depuis

d'avoir �t� trop endormie pour l'arr�ter ?

Elle ne connaissait que la douceur

et l'amour, jusqu'� ce que...

Jusqu'� ce que je...

Nul besoin de deviner avec moi.

J'ai servi le colonel Armstrong pendant la guerre.

Apr�s, j'ai �t� son valet � New York.

Un des grands hommes que Dieu ait mis sur terre.

Son chauffeur serait-il d'accord ?

Serait-ce un pr�t obtenu par Armstrong

qui l'a aid� � b�tir son empire automobile ?

Il avait une dette �norme. Qui d'autre ?

Le d�tective de Pinkerton, autrefois policier affect�

� l'affaire Armstrong ?

Il s'�tait attach� � quelqu'un,

une victime m�connue.

Vous �tiez amoureux de la domestique

avant qu'elle soit faussement accus�e.

Vous avez d�missionn� de la police,

t�moin d'un simulacre de justice

lorsque le p�re de MacQueen l'a fait arr�ter.

Elle s'est ensuite enlev� la vie.

Non ! Non !

Susanne �tait si charmante.

Et elle avait des sentiments pour moi,

d�j� vieux et grisonnant.

Je lui disais qu'elle pouvait faire mieux,

mais elle �tait l�,

� l'heure pour chaque rendez-vous.

Pourquoi un train

bond� en plein hiver ? Les blessures inconstantes ?

Pourquoi les multiples indices ? Pourquoi...

Pourquoi le chef de train ?

Pierre Michel, d'Avignon,

qui a perdu sa s�ur,

la domestique accus�e.

Susanne Michel.

Une seule �me peut affirmer avoir perdu

plus que vous tous.

La pauvre Linda Arden,

m�re de Sonia,

grand-m�re de Daisy.

Elle s'est retir�e du th��tre

pour un dernier r�le.

Vous �tes terriblement brillant.

Un meurtre devrait n'avoir qu'une victime.

Quand Ratchett a tu� Daisy Armstrong,

il a d�truit une dizaine de vies.

Elles exigent que justice soit faite !

Ces �mes bris�es doivent enfin r�pondre.

Qui d'entre elles est capable de tuer ?

Qui prendra le couteau ? La r�ponse est

qu'aucun de vous ne pouvait le faire seul.

Ni � deux.

Cela ne pouvait �tre fait

que par vous tous.

Ensemble.

Ensemble.

M�me lorsque l'avalanche a tout chang�,

ainsi que le d�tective. Les plans ont d� changer.

Le kimono, l'uniforme.

Une remarquable improvisation.

Le m�decin qui sait blesser sans tuer.

Chacun a son r�le � jouer.

Faites-le.

C'�tait mon plan.

Je les ai recrut�s.

Hardman a retrouv� Cassetti pour moi.

J'ai envoy� MacQueen travailler pour lui,

puis Masterman.

MacQueen pouvait planifier

un voyage lorsque Michel �tait en service.

M. Ratchett ?

Bonne nuit.

Donc, ce fut fait.

Pour la mort d'une innocente.

Une vie contre une vie.

La vengeance.

Moi seule devrais �tre pendue pour cela.

C'�tait mon plan !

Dites � la police que c'�tait moi.

Ma vie est termin�e.

Ils ont encore une chance de vivre la leur.

Helena, j'esp�re,

a une chance.

Ils peuvent

vivre leur vie,

trouver la joie,

quelque part.

Que cela finisse avec moi.

Ce ne sont pas des tueurs.

Ce sont de bonnes personnes.

Ils peuvent redevenir bons.

Il y avait le bien, il y avait le mal.

� pr�sent, il y a vous.

Je ne peux pas juger cela.

Vous devez d�cider.

Si vous souhaitez �tre libres, impunis pour votre crime,

vous devrez en commettre un dernier.

Je ne vous en emp�cherai pas.

Vous ne pouvez pas les laisser vous tuer.

Jetez mon corps dans le lac

et quittez la gare en innocents.

Vous devez me faire taire.

Bouc peut mentir.

Pas moi.

Faites-le ! Un d'entre vous !

Non.

Je suis d�j� morte en m�me temps que Daisy.

Non !

Vous disiez que votre r�le �tait de trouver la justice.

Quelle justice y a-t-il ici ?

La loi de l'homme ne suffit pas toujours.

O� est votre conscience ?

Enterr�e aupr�s de Daisy.

Cher colonel Armstrong,

je peux enfin r�pondre � votre lettre

avec la conviction dans l'esprit

et le sentiment dans le c�ur

qu'o� que vous soyez, vous pouvez m'entendre.

J'ai fini par d�couvrir

la v�rit� sur l'affaire, et elle est

profond�ment troublante.

J'ai vu la fracture de l'�me humaine.

Tant de vies bris�es, de douleur et de col�re,

faisant place au poison du d�sespoir

jusqu'� ce qu'un crime devienne multiple.

J'ai toujours voulu croire

que l'homme est rationnel et civilis�.

Mon existence m�me d�pend de cette croyance

en l'ordre, en la m�thode et en l'intellect.

Mais � pr�sent, on me demande peut-�tre

d'�couter plut�t

mon c�ur.

Mesdames et messieurs,

dans cette affaire, la balance de la justice

ne saurait peser �quitablement les choses.

Je dois apprendre, pour une fois,

� vivre avec le d�s�quilibre.

Il n'y a pas de tueur ici.

Seulement des gens qui m�ritent de gu�rir.

La police a accept� ma premi�re hypoth�se,

celle de l'assassin qui aurait r�ussi � fuir.

Je descends du train ici pour terminer les formalit�s.

Vous �tes libres de partir.

Je vous souhaite de trouver la paix.

Je nous le souhaite � tous.

Bonjour.

Je cherche M. Poirot.

On le demande dans une affaire urgente.

Il est en vacances.

Encore l'affaire Kassner ?

Non, monsieur. Bien pire.

Je dois vite l'escorter jusqu'en �gypte.

Il y a eu un meurtre sur le Nil.

C'est vous, le d�tective ?

Oui.

C'est moi, le d�tective.

Pouvez-vous redresser votre cravate ?

Je vous rejoins � la voiture.

Voil�, monsieur.

Le Crime de l'Orient-Express

Traduction : Elsa Deland, Deluxe

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