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Original subtitles

NOTRE MARIAGE

BEN TON MARI LE SALON DE TH�

Qui �tes-vous ?

Je suis ton mari... Ben.

- Quoi ? - On s'est mari�s en 1999.

�a fait 14 ans.

Christine, tu as 40 ans.

Tu as eu un accident.

Un accident grave. Tu as eu un traumatisme cr�nien.

Tu as du mal � te rappeler certaines choses.

Quelles choses ?

Tout.

Tu retiens des informations pendant une journ�e,

et quand tu te r�veilles le matin, tout est effac�.

Tu reviens � tes 20 ans.

�a va aller.

- Tu peux... me faire confiance. - J'ai peur.

Je sais. Je sais, c'est rien.

Je t'aime.

Je t'aime, Christine.

On est mari�s depuis 14 ans.

On s'est rencontr�s � King. Tu finissais tes �tudes d'histoire.

On s'est mari�s deux ans plus tard.

Un mariage civil m'aurait suffi,

mais tu voulais la robe blanche.

J'ai d�test�, jusqu'� ce que je te voie marcher jusqu'� l'autel.

C'est tous les jours comme �a ?

C'est pareil tous les jours ?

Voici tout ce dont tu pourrais avoir besoin et o� le trouver.

Aspirine, premiers secours, affaires de toilette,

les choses auxquelles tu es allergique, et...

une liste de choses � faire. Tu... aimes t'occuper.

- "Faire les valises." - C'est notre anniversaire.

On part quelque part.

- Ce soir, apr�s le travail. - O� ?

C'est une surprise.

Que tu aimeras.

Tu comprendras quand on y sera, promis.

Je t'aime, Christine.

- Christine ? - Oui ?

C'est le Dr Nasch.

Ce nom ne vous dira rien. Je sais, ne vous en faites pas.

Nous travaillons ensemble sur votre m�moire.

Nous essayons de d�couvrir l'origine exacte du probl�me,

et s'il existe un moyen d'y rem�dier.

Ben ne m'en a pas parl�.

Je ne pense pas que Ben le sache.

Je ne comprends pas.

Christine, faites quelque chose pour moi.

Vous allez ouvrir le placard de votre chambre.

Votre placard dans la chambre.

On cherche quelque chose

cach� en bas de votre placard, au fond, dans un tiroir.

- Qu'est-ce que je cherche ? - Une bo�te � chaussures.

- Vous la voyez ? - Non.

Le placard de droite, tout pr�s de la salle de bains.

Avez-vous trouv� l'appareil photo ?

Oui.

Sur le dessus, � droite, vous verrez le bouton de marche.

Allumez l'appareil.

Appuyez sur le bouton lecture derri�re l'appareil.

Je m'appelle Christine, Christine Lucas.

J'ai 40 ans, et je suis amn�sique.

Ce soir, quand je m'endormirai, ma t�te effacera tout,

tout ce que j'ai appris aujourd'hui,

tout ce que j'ai fait aujourd'hui.

Je me r�veillerai demain comme je l'ai fait ce matin,

en pensant que j'ai la vie devant moi.

Alors qu'en v�rit�... ma vie est � moiti� termin�e.

Oh merde, il arrive.

DEUX SEMAINES PLUS T�T

Ce n'est pas une relation typique entre un m�decin et sa patiente.

Je vais vous chercher chez vous pour vous conduire � mon cabinet

sans que votre mari ne le sache.

Vous allez bien ?

Je vous ai vue au parc, il y a six mois, par hasard.

Un coll�gue m'a parl� de votre cas.

Mais je n'ai jamais r�ussi � vous contacter.

Je vous ai reconnue par la photo dans votre dossier.

Je vous ai expliqu� que j'�tais neuropsychologue,

et que je pr�parais un article sur l'amn�sie psychog�ne atypique,

et que j'�tais pr�t � vous soigner... b�n�volement.

Vous m'avez donn� votre num�ro, que vous aviez �crit dans un carnet.

Je vous ai appel� quelques jours plus tard.

Vous ne vous souveniez plus de moi,

mais vous avez consenti � me revoir.

Ce jour-l�, vous aviez avanc� la possibilit�

de chercher un traitement � Ben.

Il vous a bien fait comprendre

que vous aviez d�j� re�u beaucoup d'aide...

... mais que �a n'avait fait que de vous contrarier.

Apr�s vous.

Je veux que vous teniez un journal vid�o.

J'ai r�gl� l'heure et la date, et la carte a assez de m�moire.

Cela vous permettra de conserver les souvenirs de la veille.

M�me s'il reste des vides avant ou apr�s l'attaque,

au moins, cela vous apportera un peu de coh�rence...

L'attaque ? Quelle attaque ?

Il y a 10 ans, on vous a trouv� dans une zone industrielle,

pas loin d'ici.

Selon le rapport m�dical,

vos blessures correspondent � des coups r�p�t�s � la t�te.

Non. Mon mari a dit que c'�tait un accident.

J'en suis s�re.

J'ai un double du rapport m�dical ici-m�me.

Quelques articles de journaux, de tablo�ds.

Femme sauvagement attaqu�e

On poss�de peu d'informations sur l'attaque.

"Laiss�e pour morte" ?

Quelqu'un a essay� de me tuer ?

Qui ? Qui a essay� de me tuer ?

- Personne ne le sait. - Quoi ?

Vous �tes la seule.

NIVEAU B2

�vitez de parler de l'appareil � Ben.

C'est votre journal.

Il ne faut pas que vous vous... limitiez

par peur que Ben d�couvre vos pens�es les plus intimes.

Si je ne dis rien, comment vais-je me rappeler de l'appareil ?

Vous pouvez le cacher dans votre placard, au fond.

Je vous appellerai tous les matins pour vous le rappeler.

C'est oui ou non ?

Je veux gu�rir.

Je m'appelle... Je m'appelle Christine Lucas.

J'ai 40 ans, et je suis amn�sique.

Ce soir, quand je m'endormirai, ma t�te effacera tout,

tout ce que j'ai fait aujourd'hui,

Alors qu'en v�rit�... ma vie est � moiti� termin�e.

Et je...

Oh merde, il arrive.

Christine ?

On est mari�s depuis 14 ans.

On s'est rencontr�s � King.

Tu finissais tes �tudes d'histoire,

et on s'est mari�s deux ans plus tard.

J'enseigne dans une �cole juste � c�t�.

Je dirige la section chimie.

- Qu'est-ce que je fais ? - Tu restes � la maison.

Je ne fais rien ? Je n'�tudie pas ?

Je ne travaille pas de la maison ? Je reste ici � ne rien faire ?

Tu emmagasines des informations,

et quand tu r�veilles le matin, tout est parti.

Tu reviens � tes 20 ans.

Ce soir, quand je m'endormirai, ma t�te effacera tout,

tout ce que j'ai fait aujourd'hui.

Je me r�veillerai demain comme je l'ai fait ce matin,

en pensant que j'ai la vie devant moi.

Sans cette vid�o, je croirais tout ce qu'il me dit. Tout.

Que j'ai eu un accident de voiture.

Est-ce qu'il ment sur autre chose ?

Si on veut garder cela entre nous,

je ne peux pas vous appeler chez vous quand Ben est l�.

Pourquoi n'a-t-il pas parl� de l'attaque ?

C'est peut-�tre plus facile.

- Mon Dieu ! - D�sol�.

J'aimerais ne pas avoir aussi peur tout le temps.

Vous pensez vraiment que c'est une bonne id�e ?

Il y a eu beaucoup d'ant�c�dents

o� les patients sont revenus sur le lieu du traumatisme.

M�me si c'est rarement efficace.

Alors pourquoi le fait-on ?

On instaure la confiance entre nous.

GARDIEN

Attends.

- M. Nancarrow ? - Oui ?

Je suis le Dr Nasch. On s'est parl� au t�l�phone.

Dr Nasch, oui.

Je te rappelle.

Attention !

J'ai eu la frousse quand je vous ai vue.

L�, au fond.

C'est l� que je vous ai trouv�e.

Pouvez-vous nous d�crire ce que vous avez vu ?

Je ne sais plus, �a remonte loin.

- Essayez de vous rappeler. - J'avais fini de travailler.

Mme Lucas �tait... nue.

- Nue ? - Elle n'avait qu'un drap.

- En tissu ou en plastique ? - Je dirais en plastique.

Comment suis-je arriv�e l� ?

Vous aviez oubli�.

Vous n'aviez pas les id�es claires.

Il y avait du sang.

Mon sang ? O� �a ?

Partout.

Que venais-je faire pr�s de l'a�roport ?

Il y a beaucoup d'h�tels dans le coin.

Des douzaines.

Des h�tels ?

Cela expliquerait le drap.

Je vis ici. Pourquoi irais-je � l'h�tel ?

Un tas de raisons.

Le rapport m�dical fait �tat de rapports sexuels r�cents.

Il n'y avait aucune trace de sperme

permettant d'identifier l'homme avec qui vous avez couch�.

On m'a viol�e ?

Le rapport de police... sugg�re que non.

Je suis mari�e.

Je ne pense pas �tre le genre de femme � tromper mon mari.

Comment le savez-vous ?

Ce qui s'est pass� ce soir-l�...

... ce que j'ai fait...

... il faut que je m'en souvienne.

C'est certain.

Il le faut, pour nous.

Pour nous.

Maman !

Chris.

Non !

Non !

Christine, pouvez-vous ouvrir les yeux ?

Je vais vous montrer des photos. Vous allez les regarder

et vous dire � vous-m�me de qui ou quoi il s'agit.

Se souvenir d'un �v�nement passe

Allez-y.

�a va ?

Il y avait des photos au hasard et des photos de votre dossier.

Celle-ci a provoqu� une r�action neurale prononc�e.

Qui est-ce ?

J'avais une amie ?

Bien s�r. Beaucoup. Tu �tais tr�s appr�ci�e.

Une rouquine ?

- Pas que je sache. - Appel�e Claire ?

Claire ? �a ne me dit rien. Pourquoi ?

Tu en es certain ?

C'est possible. Tu avais beaucoup d'amis. Pourquoi ?

C'est juste... Un souvenir m'est revenu.

Un souvenir ?

Enfin, si on veut.

C'est formidable. Quel genre de souvenir ?

Claire. Elle �tait rouquine. C'�tait une amie.

Une bonne amie, je crois.

Oui, enfin...

... c'est possible, il y a des ann�es de cela.

Claire... Il y avait peut-�tre une Claire.

Une amie d'universit�. Vous �tiez assez proches.

Enfin, elle s'appelait peut-�tre Claire.

Qu'est-elle devenue ?

Quoi ?

Ce n'est pas la premi�re fois que tu te souviens de Claire.

Je ne comprends pas.

On ne parle pas d'elle.

Pourquoi ?

- Vous avez eu un diff�rent. - Pourquoi ?

Deux ans apr�s ton accident, elle a d�m�nag�.

O� cela ?

- Au Canada, je crois. - Tu crois ?

�a n'a pas d'importance. Tu l'oublieras d'un jour �...

C'est important. C'est important maintenant.

Je t'aurais pr�venue.

Je les garde dans mon bureau.

Tu les caches.

Elles te contrarient.

- Tu me caches mon pass�. - Pour te prot�ger.

De quoi ?

Elle ne le supportait plus.

Elle ne supportait pas de savoir que 15 minutes apr�s son d�part,

tu n'avais plus aucun souvenir de son existence.

Au bout d'un moment, elle a arr�t� d'appeler...

- Et �a n'a pas �t� la seule. - Comment te faire confiance ?

Je vis avec toi.

Parfois, quand la v�rit� est douloureuse ou compliqu�e,

je n'ai plus la force.

G�n�ralement, si, mais pas toujours. D�sol�.

- Tu �lagues ma vie ? - Tu n'es pas la seule ici.

Parfois, j'ai aussi du mal � le supporter,

et je ne peux pas toujours tout supporter.

Pas tous les jours.

On a tous les deux besoin d'un jour de cong�.

Il te cache Claire.

Il dit qu'il te prot�ge, mais... M�fie-toi de lui.

M�fie-toi de Ben.

- All� ? - Christine ?

Bonjour, c'est le Dr Nasch.

Vous ne vous rappelez pas de moi,

mais on se voit presque tous les jours depuis des semaines...

... un appareil photo.

Dans une bo�te � chaussures en bas

du placard pr�s de la salle de bains.

Il te cache Claire.

Il dit qu'il te prot�ge...

Claire... Il te cache Claire...

Il dit qu'il te prot�ge, mais il te cache Claire.

M�fie-toi de Ben.

M�fie-toi de Ben.

Salaud.

Correspondance

�a va ?

Je suis enceinte.

Quand tu te r�veilles le matin, Winnie,

quelle est la premi�re chose que tu te dis ?

"Qu'y a-t-il � d�jeuner ?" Et toi... Cochonnet ?

Je dis : "Que va-t-il se passer de passionnant aujourd'hui ?"

Oh, mon Dieu.

- On a un enfant. - Chris...

On a enfant, un petit gar�on, non ?

Non ?

O� est-il ?

O� est-il ?!

- O� est-il ? - Viens � l'int�rieur.

- Non. Non. O� est-il ? - Viens � l'int�rieur.

Je ne peux pas te parler sous la pluie.

Pourquoi tu me le caches ? O� est mon fils ?

- Je ne le cache pas. Rentre. - O� est-il ?

- Veux-tu rentrer... - Non, je ne rentrerai pas !

- O� est-il ? - Viens � l'int�rieur.

- Viens. - O� est-il ?

Il est mort. On avait un fils, mais il est mort.

- Il est mort. - Non !

Il est mort. Viens...

- Non ! - Chris...

- Non ! - Viens, rentre, viens.

Comment ?

M�ningite.

Quel �ge ?

Huit ans.

Adam est mort trois semaines avant son neuvi�me anniversaire.

Je les garde en s�curit� dans le garage.

C'est des choses qu'il ne faudrait pas

que tu trouves toute seule, Christine.

Il vaut mieux que je te les explique.

C'est Adam quand il �tait b�b�.

C'est mon b�b� ?

Adam ?

Il devait avoir trois mois sur cette photo.

Quand est-il n� ?

Le 4 ao�t 1999.

ACTE DE NAISSANCE ADAM THOMAS LUCAS

Adam.

Adam Thomas Lucas.

Magnifique.

Je suis malade. Rentre � la maison. Adam

"Je suis malade. Rentre � la maison."

J'�tais o� ?

A l'h�pital, souvent.

- Chris... - Non.

Je ne peux pas faire �a. Je ne peux pas. D�sol�e.

Ben a d�j� v�cu tout �a.

Il a d�j� fait son deuil.

Mais pas moi.

Et demain, ce sera pareil.

Et le lendemain aussi, et le lendemain apr�s �a,

et ainsi de suite et tous les jours...

tous les jours pour le restant de ma vie.

Il a d�j� fait son deuil. Mais pas moi.

Mais pas moi.

Il a d�j� fait son deuil. Mais pas moi. Mais pas moi.

Mais pas moi.

Et demain, ce sera pareil.

Et le lendemain aussi, et le lendemain apr�s �a,

et ainsi de suite et tous les jours...

tous les jours pour le restant de ma vie.

- Vous saviez pour Adam ? - On a parl� d'Adam.

Ben a peut-�tre raison.

Il vaut peut-�tre mieux que je ne sache rien.

On peut rester un peu ici ?

Bien s�r.

Je devrais en parler � Ben ?

De nous ?

De la th�rapie ?

J'�tais une bonne m�re ?

Enfin, avant l'accident ?

Vous �tiez une tr�s bonne m�re.

�a devait �tre dur, d'avoir une m�re qui ne le reconnaissait pas.

Vous aimiez beaucoup Adam.

Je comprends pourquoi tu voulais me cacher �a.

Tu as s�rement v�cu cela plus de fois que tu ne le supportes.

Je comprends que certains jours, tu te dis :

"Je ne peux pas. Je ne peux pas revivre �a."

Mais si tu tiens � ce mariage, et je pense que c'est le cas,

n'essaie plus jamais de me cacher mon fils.

Je suis d�sol�.

Je suis d�sol�.

Adam ?

MAMAN

Mike...

Bonjour, Christine.

C'est le Dr Nasch.

Je suis neuropsychologue � l'University College de Londres,

et je vous appelle chaque matin

pour vous rappeler de chercher un appareil cach� dans votre placard.

Vous tenez un journal vid�o.

Regardez-le en vous pr�parant, je passe vous chercher.

- Mike. - Comment ?

Je ne suis pas s�re, mais je pense que c'est son nom.

Le nom de qui ?

L'homme qui m'a fait �a.

Approchez.

Venez.

Venez, allez. C'est rien.

C'est rien.

Il n'y a qu'avec vous que je me sente bien.

Je veux que vous vous sentiez bien.

H�pital Psychiatrique Westland DR MIKE NASCH

Neuropsychologue consultant

Christine, je suis d�sol�.

Christine, je m'appelle Dr Nasch.

- Je sais. - Comment vous sentez-vous ?

Horrible.

Je vous ai donn� un s�datif l�ger pour vous calmer,

pas pour vous endormir.

- Je m'en souviens. - Vous �tiez perdue.

On appelle cela la confabulation.

Votre imagination remplit les vides dans votre m�moire,

faisant de moi l'homme qui vous a fait �a.

Vous comprenez ?

- Je veux parler � Ben. - Non.

Non, j'ai d�couvert quelque chose

et je dois vous en parler en personne.

Christine...

... c'est sur Ben.

A qui parlais-tu ?

Quand ?

Quand je t'ai appel�e tout � l'heure, j'ai eu ta messagerie.

Oh, j'essayais de t'appeler.

Je m'appelle Christine, Christine Lucas.

J'ai 40 ans, et je suis amn�sique.

Ce soir, quand je m'endormirai, ma t�te effacera tout...

Il a d�j� fait son deuil. Mais pas moi.

Vous �tes vuln�rable.

C'est normal que vous �prouviez des sentiments pour votre psychiatre.

C'est courant.

C'est moins courant que ce sentiment soit r�ciproque.

On appelle �a le contre-transfert. Ce n'est pas professionnel.

Vraiment pas s�rieux.

Sur la vid�o, je disais que vous �tiez mon seul espoir.

Je vous recommande � une neuropsychiatre de St Thomas.

Je disais qu'on faisait des progr�s.

Je ne peux pas continuer, �a soul�ve des questions morales.

- Je vous en prie... - Christine...

Elle travaille � l'universit� de King.

- Elle est tr�s qualifi�e. - C'est vous que je veux.

Vous me gu�rissez.

Quand je vous ai appel� ce matin...

vous aviez d�j� regard� votre journal vid�o.

Vous vous en �tes rappel�.

Oui. Oui.

Mais ce dont vous vous souvenez un jour

risque de ne pas vous revenir le lendemain.

- M�me des choses significatives. - De quel genre ?

Ben vous a transf�r�e d'un h�pital psychiatrique en 2007

� un centre de repos.

J'ai appel� la responsable pour arranger une visite.

Apparemment, votre amie Claire a essay� de vous joindre.

Voici son num�ro.

La responsable a demand� de vos nouvelles.

- Elle semblait un peu confuse. - Pourquoi ?

Selon ses dossiers...

Ben a demand� le divorce il y a quatre ans.

Bonjour, ici Claire. Laissez un message.

Claire, c'est... Christine Lucas.

J'ai vraiment besoin de te parler. Tu peux me rappeler. Mon num�ro...

- On est divorc�s ? - Qui te l'a dit ?

Qui me l'a dit ? Personne.

- Je m'en suis rappel�. - Vraiment ?

- Oui. Oui. - Tu en es s�re ?

Tu te rappelles de beaucoup de choses derni�rement.

Ne t'approche pas.

Dis-moi la v�rit� !

Pourquoi as-tu demand� le divorce ?

Pourquoi as-tu demand� le divorce ?

- Tu veux la v�rit� ? - Oui.

Je vais te le dire ! On avait un gar�on.

On avait un gar�on, il est tomb� malade, et on l'a perdu.

Je suis parti. J'�tais effondr�.

Mais je suis revenu, et je suis l�.

Je ne te quitterai jamais, Chris. Jamais.

Je suis d�sol�.

- All� ? - Chrissy ?

Claire ?

Oh, mon Dieu, c'est vraiment toi, ma ch�rie ?

Oui, c'est moi.

Tu m'as appel�e Chrissy.

J'ai appel� le centre de repos. On te l'a dit ?

On m'a donn� ta vieille adresse, et mes lettres sont revenues.

Chaque jour, j'attends que ce t�l�phone sonne

et que tu sois au bout du fil.

On m'a dit que tu avais d�m�nag�.

- D�m�nag� ? - Oui.

Qui t'a donn� cette id�e ?

Oh, mon Dieu, Chrissy. Tu me manques tellement.

Comment vas-tu ?

Je ne me rappelle de rien, mais sinon, �a va.

O� es-tu ?

A la maison. Avec Ben.

Je veux vraiment te parler. On peut se voir ?

Oui... Mais je pr�f�re ne pas venir chez toi.

Pourquoi ?

C'est dur � expliquer au t�l�phone.

On se retrouve � l'observatoire ?

- L'observ... - A Greenwich.

Je peux y �tre dans une heure.

Est-ce que �a ira ?

Oui, �a va. J'y serai.

Chrissy ?

Chrissy, ma ch�rie, c'est moi, Claire.

Claire.

Claire.

Je me souviens de toi.

C'est vrai ?

Tu m'as manqu�, tu m'as manqu�.

Je me souviens de toi.

Tu m'as tellement manqu�.

C'est incroyable.

J'�tais une bonne m�re ?

Chrissy, Adam �tait le plus aim� des enfants.

Ben se d�p�chait de rentrer du travail pour voir son fils.

Adam �tait comme lui � son �ge.

M�me � l'�poque, il �tait aussi beau que son p�re.

Qui m'a fait �a ?

Les choses �taient... dures.

Tu t'occupais d'Adam en commen�ant un nouveau travail.

Toi et Ben, vous vous disputiez souvent.

Je m'occupais d'Adam deux apr�s-midis par semaine.

Apr�s un mois au travail, tu semblais aller mieux.

Tu t'habillais m�me diff�remment.

Je n'ai pas tout de suite compris pourquoi.

J'ai rencontr� quelqu'un.

Je te l'ai demand�.

Tu l'as ni� au d�but, mais je n'�tais pas b�te.

On s'est disput�.

Finalement, tu as m'a dit la v�rit�.

Je ne t'ai pas dit son nom ?

Tu n'as pas voulu me dire quoi que ce soit.

Ben l'a su ?

- Quand la police t'a retrouv�e. - Oh, mon Dieu.

Pauvre Ben !

J'ai d� lui dire, Chrissy.

Je l'avais d�j� dit � la police. Je n'avais pas le choix.

- Pas �tonnant qu'il me mente. - C'est Ben tout crach�.

- Il te prot�ge. - Peut-�tre.

Ou il pense peut-�tre qu'on ne tournera jamais la page.

Il me ment toujours sur l'attaque,

et il ne me parle jamais de toi.

Eh bien...

Il y a une raison... pour laquelle il ne te parle jamais de moi.

Laquelle ?

Apr�s ton accident...

j'ai essay� de vous aider.

Tu imagines comme c'�tait dur pour Ben de s'occuper d'Adam.

J'ai fait ce que j'ai pu.

On passait beaucoup de temps ensemble.

Un jour, apr�s qu'il t'a rendu visite, il s'est...

...�croul�. Il n'avait plus la force de continuer.

J'ai pass� mes bras autour de lui.

C'est all� trop loin.

�a n'est arriv� qu'une fois.

Je m'en voulais.

On s'en voulait tous les deux.

J'ai d�cid� que c'�tait mieux que je parte, alors...

j'ai disparu.

Je suis d�sol�e.

Tu ne peux pas nous en vouloir, apr�s ton aventure.

Tu ne sais pas la chance que tu as.

Tu n'as pas su quelle chance tu avais d'avoir Ben.

- Je dois y aller. - Non, Chris...

- Ben va bient�t rentrer. - Je t'en prie.

- Il va s'inqui�ter. - Non, attends.

Ben m'a envoy� �a, juste avant votre s�paration.

Il m'a demand� de te la remettre quand tu irais assez bien.

Je suis contente que ce soit le cas.

Tu ne vas pas me croire, mais je tiens � toi, Christine.

Beaucoup.

C'est rien.

Ma ch�re Christine...

j'ai du mal � te dire ces mots... mais j'ai d�cid� de te quitter.

J'ai bien essay� de trouver un autre moyen.

Il faut que tu me croies.

Tu aimais Adam.

M�me si consciemment, tu ne te souvenais pas de lui.

Il courait vers toi et tu le prenais dans tes bras.

Pendant un moment, tu sentais qui c'�tait.

Puis tu as commenc� � penser qu'on t'avait �t� enlev� Adam

quand il �tait b�b�.

A chaque fois, tu pensais le voir pour la premi�re fois.

Je lui demandais de te dire

quand il t'avait vue la derni�re fois."Hier, maman."

Mais tu ne le croyais pas.

Un jour, tu m'as attaqu�, tu as pris Adam en courant.

Il s'est mis � crier.

J'ai essay� de lui expliquer, mais il ne comprenait pas.

Il avait peur de venir te voir.

J'ai laiss� passer quelques jours avant d'appeler le centre.

On m'a dit que tu �tais heureuse.

J'ai demand� si tu te souvenais de nous, ils ont r�pondu non.

Je t'aime tellement, Chris.

Je t'aime plus que tout ou n'importe qui au monde.

Mais notre fils n'a que huit ans.

Il est au bord du d�sespoir, Chris.

Je ne peux pas le laisser revivre ce genre de traumatisme.

Je veux votre bonheur � tous les deux.

M�me si tu ne peux trouver ce bonheur que sans nous.

Pardonne-moi. Ben.

Je te pardonne.

Peux-tu me pardonner ?

Tu es mon amour, mon protecteur,

et ma vie n'est rien, rien du tout sans toi.

Quand tu verras �a, tu sauras tout.

Tu sauras que je ne ressens que de l'amour pour toi.

J'esp�re qu'on pourra trouver le moyen d'�tre vraiment ensemble.

Oh� ?

Chris ?

Je te pardonne. Peux-tu me pardonner ?

Tu es mon amour, mon protecteur, mon tout.

Quand tu verras �a, tu sauras tout.

Tu sauras que je ne ressens...

Non, regarde-le depuis le d�but.

Comment �a : "Tu sauras tout" ?

Je vois un m�decin, le Dr Nasch.

Depuis quelques semaines.

Il m'a donn� cet appareil photo.

Il m'appelle tous les matins pour me le rappeler.

Pourquoi fais-tu �a ?

Pour garder mes souvenirs.

Non, pourquoi me caches-tu des choses ?

Je ne savais pas si je pouvais te faire confiance.

- Mais je le sais maintenant. - Tu me trompes ?

Non. Non.

Je sais que je t'ai fait du mal.

Je sais que tu as mis du temps � me pardonner, et...

je comprends pourquoi tu m'as quitt�e, je comprends tout.

Ben...

tu es tellement bon avec moi.

Je t'aime. Je t'aime tellem...

Oh, merde.

Il a fait quoi ?

Laisse-moi lui parler.

Il... Il est parti.

Je vais l'appeler.

Ce n'est pas une bonne id�e.

�coute, je vous aime tous les deux.

Mon Dieu.

Je te rappelle tout de suite.

Ben m'a frapp�e.

Je lui ai tout dit, et il m'a frapp�e.

Et rien ne peut changer �a, alors...

- All� ? - J'ai parl� � Ben.

- Il dit qu'il vit seule, Chris. - Quoi ?

Ben a dit qu'il ne t'a pas revenue depuis quatre ans.

Christine...

d�cris-moi Ben.

- Quoi ? - D�cris-moi Ben.

A quoi ressemble-t-il ? Il est grand ?

- Oui. - Des cheveux noirs ?

Non. Non, il a des cheveux marron.

Oh, mon Dieu.

Est-ce qu'il a une cicatrice ?

- Une cicatrice ? - Oui, il a eu un accident de ski.

Il devrait avoir une cicatrice sur la joue droite.

Chrissy ?

Non. Non, il n'en a pas.

Ben n'a pas de cicatrice.

L'homme avec qui tu vis, j'ignore qui c'est, Christine...

mais ce n'est pas Ben.

Oh, mon Dieu.

Aide-moi.

Donne-moi ton adresse.

Il faut que je sache o� tu es.

Je ne m'en souviens pas.

J'ai presque fini.

Trouve vite, je te rappelle sur ton cellulaire.

NOTRE MARIAGE

Qui �tes-vous ?

Je suis ton mari... Ben.

- Christine ? - Oui ?

Je suis le Dr Nasch. Ce nom ne vous dit rien, je sais.

Nous travaillons ensemble sur votre m�moire,

pour essayer de trouver...

- Avez-vous trouv� l'appareil ? - Oui.

Regardez, et je vous rappelle.

Tu es mon amour, mon protecteur.

Ma vie n'est rien sans toi.

Quand tu verras �a, tu sauras tout.

Tu sauras que je ne ressens que de l'amour pour toi.

J'esp�re qu'on pourra trouver le moyen d'�tre vraiment ensemble.

AUCUNE PHOTO DISPONIBLE

All� ?

Christine, c'est moi.

Tout va bien ?

Tout va tr�s bien.

Appel

Ben ?

Oui, d�sol�, j'ai entendu.

Je suis dans les bouchons.

Rappelle-toi de faire les valises. Pour notre anniversaire.

Appels Manqu�s

Les valises ?

Je l'ai �crit sur le tableau dans la cuisine.

Oui, je m'en souviens.

Ben...

... Je t'aime.

Je t'aime aussi, Christine.

H�PITAL ASCOT

Appel cellulaire

Ligne occup�e

Dr Nasch, vous �tes demand� � la r�ception.

Dr Nasch, vous �tes demand� � la r�ception.

Dr Nasch ?

Puis-je vous aider ?

Je m'appelle Ben Lucas.

Oh, M. Lucas.

- Comment va Christine ? - Comment va-t-elle ?

Ne vous approchez pas de ma femme.

H�TEL RENAISSANCE

- C'est vraiment notre anniversaire ? - Oui.

Notre anniversaire de mariage ?

Non.

C'est un anniversaire diff�rent.

Pourquoi m'as-tu fait venir ici ?

Je veux que tu te souviennes.

Mike, je ne peux pas faire �a. Non, je suis mari�e.

Mike, je ne peux pas.

Et maintenant ?

Mike.

Mike.

O� est Ben ?

Ben t'a quitt�e.

Pas moi.

Je suis rest�e � tes c�t�s,

j'ai veill� sur toi, je t'ai prot�g�e.

Prot�ger ?

Ton cher mari t'a laiss� pourrir dans un centre de repos.

Je te voyais fl�trir et p�rir, chaque jour.

Je ne le supportais plus.

Je devais te faire sortir de l�.

On t'a laiss� me ramener ?

Faux documents et sourire trompeur. Tu �tais sortie en 30 min.

Tu crois vraiment que j'aurais r�ussi un tel coup

si quelqu'un tenait � toi, Christine ?

Tu sais, ce n'�tait pas le but de toute cette com�die.

Le but...

Le but...

c'�tait de prendre soin de toi.

Et s'occuper de toi.

C'�tait pour t'aimer.

Je voulais te dire la v�rit�. Mais tu �tais tr�s d�sempar�e...

... et apr�s, le mensonge n'a fait qu'empirer...

Tu sais quoi ? J'en ai assez de m'expliquer.

Et j'en ai ras-le-bol de mentir.

C'est pour �a que je t'ai amen�e ici.

Pour en finir.

Quand on quittera cet endroit, on ne sera pas Christine et Ben,

mais Christine et Mike.

- Je ne peux pas continuer comme �a. - Appelle Ben et dis-lui tout.

- Non. - Dis-lui.

Ne sois pas ridicule. Je ne peux pas faire �a.

Alors je le ferai.

- A sa place, je voudrais savoir. - Ne sois pas �pais.

C'�tait toi.

Non.

- Non ! - Que voulais-tu que je fasse ?

J'ai essay� de te parler, mais tu n'as rien voulu entendre.

Je ne te ferais jamais de mal.

Je m'en veux pour ce qui s'est pass�.

C'est rien. Ne t'en vas pas, s'il te pla�t.

J'ai peur.

Ne pars pas.

Vas-y.

- Alors va-t'en. - Merci.

Pourquoi t'as voulu faire �a ? Tu vois ? C'est ce que je disais.

C'est ce qui arrive !

- Je suis d�sol�e. - Tu vas arr�ter de t'excuser !

D'accord.

Je ne veux plus �tre Ben.

Tu es ma seule raison de vivre.

Tu comprends ?

Je t'en prie, laisse-moi partir.

Non, on repart ensemble, ou pas du tout.

Maintenant...

... plus de culpabilit�.

Confirmer Effacer Oui

Plus de douleur.

Plus de combats � mener.

Effacer toutes les photos ?

Oui

En cours

Voil�.

Tu es libre.

Viens l�.

Viens.

Viens.

Ici.

Viens ici.

Embrasse-moi.

Encore.

Oublie Ben.

N'y pense plus.

Et oublie Adam.

Il t'a oubli�e.

Adam t'a oubli�e.

Adam ?

Adam ?

Mon fils est en vie ?

On repart ensemble... ou pas du tout.

C'est compris ?

- L�che-moi, je t'en prie. - Non.

ALARME INCENDIE D�CLENCHEUR D'ALARME

Je m'appelle Christine Lucas. J'ai 40 ans, et je suis amn�sique.

Ce soir, quand je m'endormirai, ma t�te effacera

tout ce que j'ai appris, tout ce que j'ai fait aujourd'hui.

Je me r�veillerai demain comme je l'ai fait ce matin,

en pensant que j'ai la vie devant moi.

Alors qu'en v�rit�...

en v�rit�, je ne laisserai plus personne me voler ma vie.

Et je ne me r�veillerai plus en pensant que mon fils est mort.

Jamais.

Jamais.

Christine ?

Christine, je suis le Dr Nasch.

Je suis neuropsychologue. Je vous traite depuis un moment.

Mais je ne suis pas ici en qualit� de m�decin.

Je suis ici en tant qu'ami.

Vous avez deux c�tes cass�es, une commotion c�r�brale mineure,

alors quelqu'un doit vous surveiller, mais vous vous en remettrez.

Votre amie, Claire,

vient cet apr�s-midi pour vous ramener chez elle.

Vous vous souvenez de Claire ?

Rouquine.

C'est tr�s bien.

Vous �tes en s�curit� maintenant.

L'homme qui vous a fait �a est en garde � vue.

Il va passer un long moment derri�re les barreaux.

Vous rappelez-vous ce qui s'est pass� hier soir ?

Christine, vous avez de la visite.

J'esp�re que cela vous aidera � avoir une r�v�lation.

Cet homme s'appelle Ben.

Vous �tiez mari�s, mais vous �tes s�par�s depuis quatre ans.

Elle est r�veill�e.

Merci.

Christine...

... c'est Ben.

Ton Ben.

Si j'avais su que tu courais un danger quelconque,

je ne serais jamais parti.

J'y ai �t� forc�...

... dans l'int�r�t d'Adam.

C'est notre fils, Chris.

Et il t'aime beaucoup.

On t'aime tous les deux.

Salut.

Salut.

Je m'appelle Adam.

Adam.

Quand tu te r�veilles le matin, Winnie,

quelle est la premi�re chose que tu te dis ?

Je dis...

"Qu'y a-t-il � d�jeuner ?"

Et toi, Cochonnet ?

Je dis... Je dis...

"Que va-t-il se passer de passionnant aujourd'hui ?"

Tu t'en souviens.

Adam.

Adam.

Je me rappelle.

Je me rappelle.

Je me rappelle.

Adam.

Mon Adam.

Traduction : Fran�oise Sawyer

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