All language subtitles for A.Guy.Named.Joe.1943.WAC

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Original subtitles

UN NOMM� JOE

C'est Pete Sandidge.

Le meilleur aviateur du monde.

Un rigolo ! On ne peut pas lui confier un avion !

Un seul appareil serait l�g�rement touch�.

� chaque passage de la Manche, c'est pareil.

Tout se d�roule bien, mais voil� !

Sandidge et Yackey font les malins l�-haut.

Et j'ai refus� une mutation � l'intendance !

Le Q.G. s'est encore plaint.

- Motif ? - La routine.

Ils prennent ces gars pour des agneaux ?

M�mes gosses, ils se battaient pour de vrai

au poing am�ricain. Ils �taient s�rs d'�tre invincibles.

Le Q.G. de Londres se plaint ! Et alors ?

Il y en a un qui br�le.

Je crois qu'ils arrivent.

Si ces voyous ont encore saccag� un avion,

Je les tue ! Avec eux, le pire est toujours s�r.

Les B 25, c'est pas des jouets.

Cet avion est en feu.

Un atterrissage forc� !

Allons-y.

Rien de cass� en bas ?

Tout va bien.

�a va ?

Tout va bien. Bel atterrissage.

Beau travail.

Merci.

Y a pas de bless�, toubib.

- �a va, Pete ? - S�r que je vais bien.

File-moi une cigarette.

Tu t'en es tir� de justesse.

Merci de m'avoir aid�.

J'avais jamais vu autant de tirs antia�riens. Et vous ?

- Bonjour. - Mon colonel.

Tous les avions sont l�.

Oui, merci.

Tu as pos� ce zinc tout en douceur.

J'ai cru que t'y arriverais pas.

On peut pas perdre un zinc en si bon �tat.

Pour s�r !

Fais le rapport. � dans une heure.

Oui, ici.

Sandidge !

Mon colonel.

Votre avion...

J'ai rendez-vous. � plus tard.

Je fais le rapport.

Puis-je vous accompagner ?

Bien s�r.

Les gars ont eu de la chance.

Je les ram�ne toujours, Nails.

Moi, j'ai pas eu de chance.

Pas comme hier ni avant-hier.

Oui, j'ai une sacr�e chance. Quel soleil magnifique !

�a met de bonne humeur.

Quelle �tait votre altitude ?

Nails ! Al va vous faire un rapport.

J'ai rendez-vous avec Dorinda.

Faut que je me rase, que je me lave. Pourquoi ne pas attendre le rapport ?

Qu'elle s'estime heureuse de vous voir.

Vous voulez casser mon histoire d'amour ?

Non, juste vous garder en vie.

Je m'en charge tout seul. � plus tard.

Oui. Tr�s bient�t !

Le voil� ! Appelle-le !

Non, c'est ton tour.

Crie "H� Joe !", � l'am�ricaine.

Il s'appelle pas Joe.

Vous connaissez pas l'argot ?

Dans l'aviation am�ricaine,

tout type bien est un type nomm� Joe.

N'importe quoi ! Je l'appelle.

Non, moi, Elizabeth.

- Pete. - Oui ?

On est contents de te voir.

Tu peux venir nous d�partager ?

S'il te pla�t !

Je vais essayer.

Qu'y a-t-il aujourd'hui ?

Cyril dit que le Spitfire est mieux que le P 38 am�ricain.

Je dis que le P 38 est mieux.

J'ai pas dit "compl�tement" mais "en gros" mieux.

C'est simple. Le P38 est un peu plus rapide.

Le Spitfire, un peu plus maniable. Les 2 sont bons.

Tu vois ?

Dire que le Spitfire est mieux, c'est mauvais

pour nos relations avec l'Am�rique.

J'ai un oncle en Am�rique. Toi, pas.

On a tous un oncle en Am�rique.

Qu'arrive-t-il si on monte tr�s haut sans oxyg�ne ?

On est faible, �tourdi. On a du mal � respirer.

On arrive plus � penser, � coordonner ses mouvements.

On veut faire quelque chose et on en fait une autre.

Mince !

�a fait quoi d'�tre tout seul l�-haut dans son avion ?

Encore ?

S'il te pla�t !

Raconte-nous, Pete.

On adore quand tu nous le raconte.

Tr�s bien.

Quand on est seul l�-haut dans son avion...

Vous ne le r�p�terez pas ?

Oh non !

Y a int�r�t.

Jamais.

Quand on est l�-haut, on est tout seul.

Y a que vous, l'avion, et le ciel.

On veut personne d'autre avec soi, personne pour g�cher �a.

Tout est calme.

Comme si on �tait � mi-chemin du paradis.

On n'entend m�me plus le bruit de son propre moteur,

juste un bourdonnement

comme si le ciel appelait,

qu'il vous chantait une chanson.

Mince !

Le temps n'existe pas, il n'y a que le pr�sent.

La terre ne compte plus. Seul le ciel est important.

C'est un ami � qui on a envie de crier :

"Bonjour Ciel ! Comment �a va aujourd'hui ?"

"Et cette bonne vieille Lune, depuis la derni�re fois ?"

Le vent vient de l'�toile du matin,

de beaux nuages blancs s'avancent.

On dirait de vieux amis.

Des amis qu'on ne voudrait jamais quitter.

Puis on voit un pan de bleu

et on y plonge comme un marsouin dans la mer.

Alors, on se dit : "Mon vieux,

"ici seulement, un homme se sent vivre,

"ici seulement, il est libre."

Le ciel r�pond en souriant : "Tu as raison.

"Sacr�ment raison."

Et si ton moteur tombe en panne ?

Elizabeth ! On se demande ce que tu fais avec eux !

- Tu vas �tre en retard. - Je t'attendais.

Vous, partez d'ici.

On te verra demain ?

Oui, mais motus ! C'est un secret entre pilotes.

Mince !

Dorinda m'aime � la folie.

En retard d'1 heure pour notre premier rendez-vous en 3 semaines.

Elle doit vouloir te faire attendre un peu.

�a te fait pas de mal.

Un de ces jours, je vais la... Tu m'�coutes ?

Cette fille a pilot� partout en Grande-Bretagne.

Elle pourrait t'en apprendre.

Elle le fait expr�s. Elle me prend pour qui ?

Pour ce que tu es, je crois.

Qu'est-ce que tu as ? Tu devrais �tre content.

Pourquoi ?

On a bluff� Nails. Il a aval� tout ce qu'on lui a racont�.

Il a rien pu dire.

C'est bien ce qui m'inqui�te. Faut pas qu'on s'attarde ici !

Donne-moi une cigarette.

Pourquoi tu t'en ach�tes pas un paquet ?

J'entends un coucou.

C'est bien elle.

Personne d'autre au monde n'atterrit comme �a !

Je veux pas voir �a. Dis-moi quand c'est fait.

Tu fais une de ces com�dies quand elle vole.

Regarde ! Un atterrissage superbe.

- Tu rigoles ? - Non, regarde !

Combien de fois

t'ai-je dit de pas descendre comme �a ?

En te voyant, j'ai voulu arriver plus vite.

Tu ne sais pas te stabiliser.

Pourtant, je me pose toujours sur trois roues !

Un tricycle aussi.

- Autre chose. - Quoi ?

- Tu as le visage tout sale. - O� ?

L�.

�a fait 1 heure que je t'attends.

Aucun autre homme n'attendrait 1 h pour un mauvais atterrisage, en plus !

- Ch�ri... - Y a pas de ch�ri qui tienne.

Tu devrais �tre consign�e.

Tu finiras par casser ce cou maigrelet.

Maigrelet ?

- Un cou de dinde. - O� as-tu vu �a ?

Je vois, Pete. Tu t'inqui�tais !

As-tu une id�e de ce que co�te ce zinc ?

Quelle mauvaise excuse ! Tu m'aimes.

- J'aime les avions. - C'est la m�me chose.

Notre grand pilote �tait mort de peur.

Il doit en pincer pour moi mais il s'en remettra, hein ?

D�p�che-toi de monter.

Pete ?

Nails te demande.

Cliff, sois un bon pote,

dis-lui qu'on a disparu sans laisser de traces.

C'est �a, tu me prends pour un pigeon.

Je suis d�sol�.

Sans ton retard, on ne serait plus ici.

- Allez. - J'arrive.

Tu as d� faire l'acrobate pour qu'il te demande.

Pas du tout. Je suis simplement indispensable, ch�rie.

Sois habill�e pour d�ner � l'auberge � 8 h.

On verra.

Si tu n'es pas l�, j'en trouverai une autre... plus jolie.

Fais �a et je t'arrache les yeux !

Vous vouliez me voir ?

Oui. Voyons. Je voulais...

- Asseyez-vous, commandant ! - Merci, mon colonel.

Je me rappelle, maintenant.

J'ai un petit probl�me � r�soudre.

Vraiment, mon colonel ?

Vu votre passion pour la photographie...

Vous devez confondre avec quelqu'un d'autre, mon colonel.

Je n'y connais rien, surtout sur mon jour de repos.

�a ne sera pas long.

J'ai vu cela sur les photos du raid de ce matin.

Tr�s tr�s int�ressant.

Tenez, voyez par vous-m�me.

Oui, mon colonel.

Le voyez-vous ?

� quelle altitude cet avion vole-t-il ?

Je ne saurais le dire.

Je dirais, environ � 300 m�tres.

C'est exactement mon avis.

Exactement � 300 m�tres.

Il est �crit que l'escadrille

�tait � 365 m�tres.

Je me demandais qui avait pu descendre

� 300 m�tres ?

Autre chose.

Savez-vous ce que c'est ?

Aucune id�e, mon colonel.

C'est un sifflet de vapeur. Vous voyez ? De locomotive ?

Il a travers� le fuselage de votre avion.

�tonnant, non, commandant ?

Vous voulez que je sois franc, colonel ?

Bien s�r !

Avec plaisir, commandant !

Apr�s toutes ces ann�es de camaraderie,

on va pas se faire des cachoteries.

Parlez, Pete !

Il fallait avoir la rotonde.

L'escadrille l'a rat�e. J'y suis all�.

J'ai cru qu'on �tait en guerre. Mais j'avais peut-�tre tort !

Pas d'�nervement.

Bien s�r, c'est une guerre,

mais que vous ne faites pas seul !

Allons, Nails, finissons-en !

D'accord ! Quand vous �tes l�-haut, vous �tes commandant,

pas justicier solitaire !

Vous �tes responsable d'hommes et d'avions.

Oui, mais il �tait impossible d'avoir la rotonde � 365 m.

Faites un rapport et on avisera !

Quand il y a une mission d�licate, je m'en charge.

Tant que je serai ici,

aucun commandant n'ira slalomer entre les chemin�es.

- Vous voulez �tre quoi, un h�ros ? - Pas si vite, Nails, pas si vite !

Qu'avez-vous fait pour �tre d�cor� ?

Vous avez laiss� votre escadrille...

- �a va ! - Vous l'avez rejointe...

�a va ! �a va !

Eh bien... c'est bon, vous avez marqu� un point.

Vous savez, Nails,

l'aviateur gagne toujours contre le type au sol.

Oui. Je suppose qu'il en sera toujours ainsi.

Promettez-moi une chose.

Promettez-moi que vous serez plus prudent dor�navant.

- Oui, Nails, c'est promis. - Et puis...

- Merci d'�tre venu. - De rien.

- Bon apr�s-midi... - Merci, merci.

Oh, et Pete... Sans rancune ?

Mais non, mon colonel ! Bien s�r que non !

Parfait.

Appelez le Q.G. � Londres. Je veux parler au G�n�ral Sloane.

� vos ordres.

Et dites � Mlle Dorinda Durston de passer me voir.

Elle a un dr�le d'air, Pete. Bonsoir, Dorinda.

Bonsoir, ch�rie. On t'attendait pour d�ner.

Vous vous amusez bien ?

Un verre ?

Pas ce soir, merci.

Quel dommage.

Y a des gens qui critiquent ce que font des gens

alors qu'ils font

bien pire eux-m�mes, non ?

Je vais au bar.

Reste ici, Yackey. Tu ne t'en tireras pas comme �a.

Arr�te ce regard de tueuse et vas-y franco !

Bien. Quand vas-tu arr�ter de jouer au h�ros ?

- Tu as raison ! Tiens, c'est pour toi. - Peu importe ! R�ponds-moi.

Je n'ai rien compris.

Tu n'as rien compris ?

Je vais t'expliquer.

J'ai vu ton avion en photo. Il �tait au niveau des toits.

Nails me l'a montr�. C'est mieux que si j'y avais �t� en vrai.

- Bah, des photos... - Ne t'en m�le pas !

- Laisse-le en dehors. - Tais-toi !

Tu n'es qu'un vaurien.

Dorinda ch�rie, j'ai une surprise,

un petit cadeau pour toi.

Tu sais que je t'adore, ch�rie,

mais prends-le ou je t'�trangle !

Ne me parle pas sur ce ton ! Pour qui te prends-tu ?

Si tu as envie de te tuer en vol, �a m'est �gal.

Mais fais pas tes yeux de merlan frit.

De merlan !

Tu crois m'acheter avec un cadeau !

Tu peux le jeter � la poubelle, je m'en fiche.

� la poubelle ? �a ?

Hop ! � la poubelle !

Tu es la pire des vip�res et des enquiquineuses !

Une robe de fille !

De Londres.

Oui, je t'ai jamais vue en robe, tu te rappelles ?

Tu n'as pas pu l'acheter aujourd'hui.

Tu n'aurais pas eu le temps.

Et tu ne me disais rien ?

J'ai pas eu le temps. Tu �tais en col�re.

Pete, quel idiot tu fais ! Tu exag�res.

Mais tu es gentil.

Va l�-haut la mettre pour voir si je te reconnais.

Tu veux me briser le c�ur ?

Vas-y.

Quelle femme, Pete ! Quelle femme !

Possible.

Deux whiskies soda.

La poisse.

Mets-en trois.

Un avec du poison.

Je pensais bien vous trouver l�.

Vous nous manquiez !

Un verre, mon colonel ?

Vous m'avez jou� un joli tour, cet apr�s-midi. F�tons �a.

Bien. Quel tour ?

Montrer les photos � Dorinda. Vous m'avez mis dans un sale p�trin.

Ce n'�tait pas un tour, Pete.

C'�tait pour lui prouver quel h�ros vous �tiez.

Vous avez r�ussi, hein ?

- On est quittes, alors ? - Je pense.

Je ne sais pas si vous r�alisez, mais vos exploits ont fait impression au Q.G.

- Ah oui ? - Oui.

Vous allez passer commandant d'escadre.

C'est formidable.

Tu vas �tre lieutenant-colonel.

Oui, peut-�tre colonel. �a ferait du bien, des galons ici, hein Nails ?

Plus de pognon aussi !

�a me peinerait d'�tre plus grad� que vous.

Mais les pilotes d'active passent d'abord.

L'avancement ne viendra qu'apr�s une p�riode d'essai.

- Oh ? - Simple routine.

- Oh oui ! - Bien s�r.

Je vous aurai plus sur le dos, alors, �a s'arrose.

Bonne id�e. Buvons avant votre d�part.

Pour o� ?

L'�cosse.

L'�cosse ? Pourquoi ? Pour faire de la reconnaissance ?

C'est important.

C'est un endroit pour retrait�s !

- C'est assez reposant. - Attendez.

Vous manigancez �a depuis longtemps.

�a ne se se passera pas ainsi. J'irai voir le g�n�ral Sloane.

C'est amusant.

Cet ordre est justement sign� par le g�n�ral Sloane.

Faites pas �a � Pete. On a toujours vol� ensemble.

Comme c'est touchant.

Dans notre plus pure tradition.

Consolez-vous, vous n'avez pas �t� oubli�.

Le g�n�ral ne veut pas de c�urs bris�s.

Un avion vous attendra � 5 h, demain matin.

On y sera.

Trop aimable, commandant.

Bonne nuit.

Oh et...

merci pour le verre.

Il s'en tirera pas comme �a. � croire qu'on est l'ennemi.

C'est un rond-de-cuir.

Il sait plus piloter. Il monte pas un �tage sans parachute.

Je ne resterai pas en �cosse, crois-moi...

Regardez-moi �a...

C'est beau.

�a te pla�t ?

Tu es superbe.

Merci, Al. Et toi,

Pete, mon petit ?

- Mince ! - Bois un verre.

Je ne veux pas boire. Je veux danser. Viens, dansons.

C'est une tr�s belle robe, Pete.

- Oui, elle est jolie. - Oui...

Je me rends compte, gr�ce � elle, que tu es une femme.

Je me sens femme aussi.

�a me rappelle mes seize ans, la fin du lyc�e,

et mon premier vol en solo.

Vraiment ?

�a en fait des choses.

Oui.

- �a va, toi ? - Tr�s bien.

- Tu as choisi cette robe tout seul ? - Quoi ?

Moi, choisir une robe ? Tu es folle ?

Elles l'ont essay�e ?

- Qui ? - Les vendeuses.

Non !

J'aurais voulu �tre l�.

- �'aurait �t� si amusant ? - Non, pas du tout.

Pete ?

Et les chaussures ?

- Tu danses ou tu parles ? - Je veux mordre ton oreille.

On nous regarde !

Bon, dansons.

Tu connais ce type ?

Je ne l'ai jamais vu de ma vie.

Tu lui as souri ?

- Peut-�tre que oui. - Oui.

- Oui, je l'ai fait. - Oui, c'est s�r. Et pourquoi ?

Parce que je suis heureuse.

C'�tait idiot.

- Tu es jaloux ! - Pas du tout.

Mais ne lui donne pas de fausses id�es.

- T'ai-je d�j� fait �a ? - � moi ?

Eh bien...

Je l'avoue,

j'ai essay� une ou deux fois.

Es-tu s�re que tout va bien ?

Ta t�te va bien ?

- Ton foie ? - Je me sens parfaitement bien.

Merveilleux.

La grande classe !

Tu n'as encore rien vu.

Je m'en sortirai

aussi longtemps

que je t'aurai

Bien s�r, la pluie viendra,

mais jamais je ne me plaindrai

et le sourire je garderai.

La pauvret�

sera peut-�tre sur mon chemin,

c'est certain.

Mais que m'importe ?

Je m'en sortirai

aussi longtemps que

je t'aurai.

Encore une fois.

Si nous dansions toute la nuit ?

Je ne l'ai jamais fait mais ce doit �tre merveilleux.

Non.

Pourquoi ?

Al et moi partons � 5 heures.

- Que veux-tu dire ? O� �a ? - En �cosse.

En �cosse ?

Ordre de Nails.

- Mais il avait promis... - Il avait quoi ?

Il m'a dit qu'il voulait t'envoyer l�-bas.

Je lui ai plut�t conseill� une permission.

On a discut�, et il a fini par me le promettre !

Tu m'as d�fendu ?

Je te d�fends toujours.

- Tu es dingue de moi. - Arr�te de plaisanter.

Tu pars longtemps ?

Moins que ne le croit Nails.

- Tu te rends compte ? - Quoi ?

Tu te rends compte qu'on n'est jamais mont�s dans un avion ensemble ?

- Rien que toi et moi. - Oui. Je m'en rends compte.

Faisons-le, ce soir. Pour s'amuser.

Oui, ce serait amusant.

- C'est d'accord ? - Tu es adorable.

Mais si je veux m'amuser, je vole seul.

Ce n'est pas juste.

Ben, c'est comme �a.

S'il te pla�t, Pete.

T'es mignonne sans uniforme.

S'il te pla�t !

Cette robe te met en valeur.

Mais je n'ai jamais vol� avec toi !

Arr�te, Dorinda. Tu danses trop pr�s de moi.

Abandonne !

On le fait ce soir ?

On le fait ?

Voil� ce qu'on va faire.

Tu connais mon avis sur les aviatrices ?

Promets-moi d'arr�ter et je t'emm�ne.

Tu t'es tromp� de fille,

de lieu, et d'�poque aussi.

Sois un bon gar�on et �pouse-moi.

Monte te changer. Al et moi devons partir.

D'accord. Embrasse-moi.

Et nos enfants ?

Es-tu folle ?

Ils seraient mignons.

�cervel�s, bien s�r, mais pleins de vie.

Quel brouillard !

L'avion tourne depuis une demi-heure.

Impossible de se retrouver dans ce pays.

J'ai jamais vu un pays pareil. M�me les oiseaux marchent ici.

"Survol zone A. R.A.S. �pais brouillard."

Il ne se passe jamais rien, ici ?

Jack a descendu une mouette � 22 km au nord, ce matin.

Au premier p�lican, je le fais d�corer.

Je t'ai dit pour mon gosse ?

Non, quoi ?

Ma femme m'a �crit �a.

Le petit �tait parti chasser le lapin

et il est revenu en ayant tu�...

tu sais quoi ?

- Non. - Une vache.

Bel et bien morte.

� 8 ans, il a tu� une vache adulte !

Parfois, je me dis que tu es timbr� !

Tu trouves ?

Chacun pense ce qu'il veut.

Tu sais ce que je pense de toi ?

Tu es � cran.

Apr�s deux ou trois verres, �a ira mieux.

Belle fa�on de gagner une guerre.

Je suppose que Dorinda te manque.

Tu supposes, hein ?

� moi aussi.

On a du mal � s'en sortir sans elle.

Elle me manque autant qu'� toi. Elle est o�, tu crois ?

Comment je le saurais ?

S�rement avec un type qui la baratine.

Et qu'elle croit, bien s�r ?

Peut-�tre.

Ce que tu peux �tre b�te, parfois, Pete.

Pourquoi ? C'est son droit. Elle n'est pas mari�e.

Tu sais, Pete, de l� d'o� je viens,

on dit que l'amour est un poison lent ou rapide.

Si c'est un poison rapide, il te foudroie.

Mais si c'est un poison lent,

c'est une fi�vre qui habite ton corps pour des milliers d'ann�es.

Votre amour est un poison lent.

Parfaitement, un cas d'empoisemment lent.

Le pilote a trouv� un passage.

Transport.

Salut, cow-boy.

Vous l�sinez pas sur le brouillard, ici, les gars.

Commandant Sandidge ?

C'est moi.

J'ai un colis pour vous.

Un colis ?

Que je sois pendu ! �a va, ma belle ?

Bonjour, Al. Surpris ?

Un peu, oui ! Tu es belle comme une h�lice neuve.

Venez prendre un verre.

Non merci. J'ai d�j� une heure de retard. Bonne chance !

Merci, Ray !

� la prochaine.

J'ai de merveilleuses nouvelles.

Mais d'abord, je veux un vrai baiser.

Je crois qu'elle est contente de nous voir.

On a bien fait

de venir ici.

- Elle appr�cie. - Peut-�tre bien.

C'est ton avion ?

Le B 25 qui a l'air d'un fant�me ?

- Oui, pourquoi ? - Pour rien.

- Rien. - Quoi ?

Rien, rentrons.

Tu restes longtemps ?

24 heures. Pardon, 22.

Alors, cette nouvelle ?

Vous allez en tomber � la renverse.

- Je la connais. - Ah oui ?

Nails a d�cid� de gagner la guerre et il nous r�clame.

Non, bien mieux que �a.

Quoi ?

Nails rentre aux �tats-Unis avec sa bande.

Non ?

Il veulent des instructeurs aguerris.

Et Nails a pens� � vous si vous �tes d'accord.

On est oblig�s ?

Non, c'est du pur volontariat. Mais Nails vous r�clame.

C'est gentil de sa part. Et il t'a d�p�ch�e ici ?

Vu sous cet angle, oui.

J'irai apprendre

� voler � des gosses ?

C'est bon pour Nails, pas pour moi.

Je deviendrais fou � me tourner les pouces !

Et je hais les gosses !

Sinon, tu vas rester coinc� l�.

Non, ils auront besoin de nous bient�t.

Vous �tes deux idiots.

Vous avez une chance d'�tre utiles dans votre vrai boulot.

Mais non ! Vous pr�f�rez mourir ici.

Tu voudrais qu'on se planque ?

Je prends la Jeep et on va � l'auberge.

Sergent !

Pourquoi es-tu tourneboul�e ?

Je dois le faire partir d'ici.

- D'ici ? - Oui.

Pourquoi ?

Parce qu'il va y passer. Je l'ai su en voyant son avion.

Il y passera pas avant longtemps.

Il glissera dans sa baignoire � 80 ans. Il a la baraka.

Al, je te dis que je l'ai senti.

En voyant Joe Bailey, tu as su qu'il allait mourir.

Tu me l'as dit toi-m�me.

C'est vrai.

Et il y est pass�.

C'est justement ce que je ressens pour Pete maintenant.

Eh bien, je ne peux rien pour toi, dans ce cas.

Oh si, Al !

Si je le convaincs de partir, viendras-tu ?

Si tu le veux, oui.

- Sois pr�t � l'aube, veux-tu ? - Comment vas-tu le convaincre ?

- Je lui dirai... - Tu as faim ?

- Une faim de loup. - Alors, viens !

� plus tard, Al.

Je me suis endormie.

Qu'as-tu fait ?

Je t'ai �cout�e ronfler en regardant tes jambes.

Je ne ronfle pas, vieillard lubrique.

C'est de ta faute.

Pete, tu t'arraches les sourcils !

- Elle m'aime... - Arr�te.

- Un peu... - Arr�te !

Je ne veux pas d'un bonhomme qui ressemble � un �uf.

Je n'ai pas mang� d'�ufs depuis six semaines.

Quoi de mal avec les �ufs ?

Ils sont fades.

Moi aussi, je suis fade. Cela te surprend ?

Non.

Mais..

moi, je vais te surprendre.

Comment ?

Je demande mon transfert demain.

- Pour o� ? - L'Australie.

L'Australie ?

- Tu es folle. - Non, c'est vrai.

Oublie �a, veux-tu ?

�a me regarde, non ?

Non.

- Et qui �a regarde ? - Moi.

Je ne te laisserai pas faire.

Dis donc !

Comment comptes-tu m'en emp�cher ?

Juste en disant non.

�a semble un ordre. As-tu oubli� que je n'aime pas les ordres ?

Je te le demande, alors.

Dorinda, ne sois pas t�tue.

Pete, tu es si irr�sistible ! D�licat, subtil...

Ne ris pas. Je suis s�rieux.

Moi aussi, tr�s s�rieuse. � toi de m'�couter.

Je te propose un march�. Tu veux que j'arr�te ?

Si tu rentres demain matin aux �tats-Unis avec Nails,

je reste au sol.

Sinon, je vais en Australie. C'est �a ou rien.

Vraiment ?

Alors, ce sera rien.

Aussi vite que �a ?

Eh bien, changeons de sujet.

Ouais...

Tu as des pieds de singe. Je pense pas que tu...

Pete ! Rentre ! Je t'en prie ! Pour moi !

Pourquoi ?

Parce que ton compte est bon et que je t'aime malgr� tout.

Sais-tu que tu es tr�s jolie quand tu t'�nerves ?

Si mon heure est venue, y a rien � faire.

Autant que je ne tombe pas

en avion-�cole.

Et moi ?

Je me souviens d'un po�me que j'ai appris autrefois.

"Aux hommes, le labeur Aux femmes les pleurs."

Je me souviens surtout du "Aux femmes les pleurs" !

Tu ne souviens que de cela ! Qeul blabla !

Je devrais passer le restant de mes jours � me morfondre ?

Tu vas �tre surpris.

Bois au moins � ma sant�.

- Tu sais ce que je ferai ? - Tu pleureras !

Je ne pleurerai pas ! Je me trouverai un type sens� !

Pas aussi bon pilote.

Tu crois ?

Tu te prends pour un pilote ?

Ta place est sur les champs de foire de 1925.

� faire

des loopings et des acrobaties.

Tu n'as jamais vol� en formation de ta vie.

Tu es solitaire au lieu d'�tre solidaire.

Tu veux �tre un h�ros ? Eh bien, bien des types te valent !

Mais ils sont moins marrants !

Marrant ?

Qu'y a-t-il de marrant quand tu risques ta peau � chaque vol ?

Crois-tu que j'aime avoir peur en t'attendant ?

Avoir peur quand le t�l�phone sonne ?

Peur quand il ne sonne pas ?

Arr�te de dire des b�tises, Dorinda.

Tu me remplaceras pas, et tu le sais.

Qu'est-ce qui te fait croire �a, esp�ce de brute vaniteuse ?

Tu veux le savoir ?

Je rentre aux �tats-Unis avec toi et Nails.

Tu resteras au sol et je formerai ces surhommes.

Pete ?

Tu veux dire que j'ai gagn� pour une fois ?

C'est vrai ?

Il suffit d'une fois.

Et tu as gagn� cette manche.

Quoique je l'ai gagn�e aussi.

La r�cr� est finie.

Un convoi venant des �tats-Unis aurait rep�r�

un porte-avions allemand.

- Un porte-avions ? - Oui.

Eh bien, on va aller le couler.

Pourquoi toi ?

Les autres sont occup�s.

Et j'ai jamais vu de porte-avions allemand.

- Viens Pete, on doit partir. - J'arrive.

Toujours ma petite ?

- Oui. - � nous.

On en a d�cid�, des choses, ce soir.

Oh, Pete ! On n'aura donc jamais notre chance ?

De quoi tu parles ? Te rencontrer a �t� ma chance.

- Ne m'embrasse pas. - Pourquoi ?

- Je ne veux pas, pas maintenant. - Pourquoi ?

J'ai peur que ce soit un adieu.

Je ne te donnerai pas ce baiser.

Que racontes-tu l� ?

Je ne te dirai pas adieu avant mille ans.

Mais si je le faisais, je voudrais un baiser pour le dire.

Dors ici cette nuit. Je te r�veillerai en rentrant.

Ta place n'est pas sur les champs de foire !

Tu seras toujours le meilleur pilote.

�videmment.

Le voil�. Regardez cette flop�e de destroyers.

On a assez de bombes pour leur poser des probl�mes.

Ce serait amusant, non ?

Non, c'est � l'�tat-major de d�cider.

Vous voulez quoi ? Jouer au au h�ros ?

Ils vont virer.

Tu m'en diras tant !

Il y a encore deux semaines, il aurait fonc�.

Il doit devenir raisonnable.

Donnez la position du navire. On va sauter.

On saute, les gars.

Pr�venez Yackey.

02295. En position pour sauter.

Notez la position. Pr�venez la base.

Plus vite.

Et vous, commandant ?

J'arrive tout de suite. Sautez !

- Dorinda... - Ne me dis rien, Al.

Ne me dis rien. Je sais.

Je vais nous faire du caf�.

Non.

On a r�cup�r� les autres.

Tant mieux. Je suis contente.

On sait jamais pourquoi ces choses arrivent,

mais �a semblait plus fort que lui.

Je sais.

Son compte �tait bon. Je le savais.

Je lui avais dit que quand il se crasherait,

je ne pleurerais pas. Pas une larme.

Et je n'ai pas pleur�.

Tu sais, ma belle...

Je ne crois pas qu'il faille pleurer pour Pete.

C'�tait un pilote.

Les pilotes s'�crasent peut-�tre de temps � autre,

mais ils ne meurent jamais vraiment.

Ce n'est pas vrai, Al.

Ce n'est pas vrai parce que...

moi, je viens de mourir.

Eh ! Dick Rumney !

Pete ! Pete le Sourire !

Joli spectacle avec ce porte-avions.

Ah ben oui, tu me connais !

J'ai travers� le nuage, et il �tait l�, peinard,

avec 4 destroyers, � 22 n�uds.

Fallait pas utiliser la radio. On allait partir,

mais ses chasseurs ont surgi.

Al �tait � 10 km de l�.

Donc... il pouvait pas nous aider et...

Y a un hic, l�.

Lequel ?

Toi ici.

Je suis pourtant � ma place.

- Tu es Dick Rumney, non ? - Oui.

Je t'ai vu tomber � Brest. Ton avion a pris feu.

- Personne s'en est sorti. - C'est exact.

- Tu t'en es sorti. - Non, j'y suis rest�, Pete.

Attends, pas si vite.

Soit je suis mort, soit je suis fou.

Tu n'es pas fou, Pete.

Je suis mort ?

Je suis...

Tu veux dire...

pour de bon ?

T'as devin�.

Tu veux dire que les boches m'ont eu ?

- C'est �a. - Et maintenant, je suis...

Tu... tu veux dire que je suit mort ?

Mort. Que dis-tu de �a ?

�a me va.

Je me sens pareil.

C'est pareil... quand t'as saisi le truc.

Je vais faire de la harpe.

Tu n'auras pas le temps. On a beaucoup de travail.

En route. Je vais te pr�senter le patron.

- Vous avez un commandant, ici ? - Et un bon !

Vite fait, alors.

Qu'y a-t-il ?

Dorinda...

Elle avait vu juste.

C'est comme �a.

Comment va-t-elle ?

Elle va bien.

- Pauvre gosse. - Pourquoi ?

C'est s�rement un coup dur pour elle.

Pour un temps. Elle s'en remettra.

Comment �a, elle s'en remettra ? Elle est dingue de moi !

Une jolie fille comme Dorinda se fera de nouveaux amis.

�a ne me d�range pas qu'elle se fasse de nouveaux amis.

C'est tr�s g�n�reux !

Il faut bien qu'elle se distraie. Rien de s�rieux, bien s�r.

Mais une fois de temps en temps.

T'en fais pas pour �a.

- C'est lui ? - Oui.

Un tr�s grand aviateur.

Bien s�r, ils sont tous ici !

- Ils savent pour moi ? - Ils le sauront.

Quel h�ros de l'aviation...

Dommage qu'il n'ait pas connu nos avions.

Je pourrais lui montrer un ou deux trucs.

Vous pouvez entrer.

Le commandant P. Sandidge, mon g�n�ral.

Repos.

- Enchant�, Sandidge. - Merci.

Nous vous attendions

- depuis longtemps. - Merci, mon g�n�ral.

- Vraiment, mon g�n�ral ? - Oui.

Vu vos �tats de service.

Des broutilles.

Je suis de votre avis.

Vous pilotez assez bien et si vous ob�issez...

Assez bien ?

Je fais des choses impossibles.

C'est bien le probl�me.

Ici, nous faisons des choses possibles avec un avion,

que leur concepteurs ont cru possibles.

J'y arrive aussi.

Je l'esp�re.

Vous connaissez le travail, ici.

Non.

Le principle est simple. Il s'agit d'aider autrui.

Si un pilote en bas a besoin d'aide,

l'un des n�tres vole avec lui.

Je vois.

Les temps changent.

Le jour o� j'ai vol� seul, le vent �tait fort,

le moteur toussotait...

Croyez-vous

avoir appris � voler seul ?

Qui m'a aid�, alors ?

Je vais vous le dire.

Vous avez �t� aid� par tous les hommes depuis le commencement des temps

qui ont r�v�, un jour, d'avoir des ailes.

Par les pionniers qui ont fait les premier vols

bien avant votre naissance.

Par les pilotes

qui se sont �cras�s au sol

afin que d'autres restent dans le ciel.

Je vois.

C'est � vous d'aider un successeur.

- Oui, mon g�n�ral. - Ce sera tout.

Rumney vous accompagnera quelque temps.

Je pense que �a vous plaira quand vous aurez saisi.

Eh bien, bonne chance, les gars. Et faites du bon boulot.

Merci, mon g�n�ral.

Base �cole de l'arm�e de l'air Phoenix, Arizona

On ne salue pas, ici ?

Pas si on ne te voit pas.

Ils ne nous entendent pas non plus ?

J'ai dans l'id�e qu'on va vite en avoir assez.

Pas si on s'en occupe.

Va falloir que je m'habitue � n'�tre rien.

Sais-tu, l'ami,

qu'il s'en passe de belles que tu ne vois pas ?

Tu as l'air d'un abruti, tu sais �a ?

Et pas d'insolence ! Personne.

�a a des bons c�t�s.

J'esp�re tomber sur Nails Kilpatrick avant de mourir.

Enfin, tomber sur lui, quoi.

Que fait-on ?

Ces gars ont eu 9 semaines d'instructition au sol.

Ils entament la pratique, et sont tr�s nerveux.

Nous, on s'occupe des "cas".

Comment reconna�t-on notre pilote en herbe ?

Tu vas voir.

Mon colonel.

Vous r�alisez que vous avez vol� trop pr�s du r�servoir ?

J'essayais d'�valuer les distances.

Voyez-vous �a.

Si je veux une cascade, je vous le dirai.

Bioen, mon colonel. En faisant �a,

Pete Sandidge a coul� un porte-avions.

Voil� un bon petit gars.

S�rement le plus gros coup de chance

de cette guerre.

De chance ? Ce type me rappelle Nails !

Il a coul� le navire et il a �t� d�cor�.

J'ai �t� d�cor� !

Malheureusement, il n'en a pas profit�. On ne vous forme pas � mourir.

mais � vivre. Tout h�ros en herbe sera

recal�.

Je n'aime pas ce type.

- Randall... - Oui.

Rourke et vous avez

des difficult�s.

D�collez, que je voie ce qui ne va pas.

Rompez.

Viens, suivons ces deux pilotes.

Je ne vais pas me plaire ici.

J'ai l'impression que c'est mon homme.

- Tu as un probl�me. - C'est pour �a que je suis l�.

Il attend quoi ?

Mets les gaz, imb�cile !

Oh, non ! Comment un type peut faire �a � un avion ?

Pourquoi il d�colle pas ? De quoi il a peur ?

- C'est ton probl�me, pas le mien. - Comment �a ?

Tu l'as choisi, Pete. C'est ton b�b�.

J'apprendrai donc jamais � me taire ?

As-tu oubli� tes d�buts ?

Je savais piloter.

Dor�navant, tu piloteras � traver des gars comme lui.

Y en a pas deux comme lui.

Regarde-le. Il est idiot ou quoi ?

Non, c'est un type bien, comme le mien.

Il est ing�nieur en m�canique. Le mien est footballeur.

C'est ing�nieur et �a fait �a � un avion ?

Il ne sait pas encore voler. Il est nerveux.

Il a h�rit� de 4 millions de dollars.

4 millions !

Tu sais ce que j'en ferais si j'�tais lui ?

Je prendrais une assurance-vie.

Je peux pas voir �a. Viens.

- C'est l� qu'il dorment, hein ? - Oui.

- Et nous, o� on dort ? - Par terre.

Tr�s douillet.

Une chose est s�re, le confort ne nous ramollira pas.

Tiens, voil� ton homme.

Regarde-le, gentiment �tendu sur son joli lit blanc.

Comment oses-tu dormir apr�s tes exploits ?

Voil� le plein aux as.

Il dort pas.

Tu ne fermes pas tes grands yeux bleus ?

Qu'est-ce que t'as ? T'es un anxieux ?

Tu te rends compte ?

Millionnaire et insomniaque !

Je le laisse

papillonner ou je le berce ?

Laisse-le, c'est un m�ditatif.

� quoi penses-tu ?

Pas � tes soucis financiers. Qu'est-ce que tu as ?

Pourquoi ne dors-tu pas ?

Regarde ce gars, regarde cette tombrine !

4 millions de dollars !

Tous les h�ritiers sont des bons � rien.

Dors bien.

Fais de beaux r�ves.

Tu ne me plais pas.

Qu'il te plaise ou non, tu voleras avec lui demain matin.

Tu as peur ?

Moi, non.

� ton avis ? Le colonel Sykes est un dur.

Bonne chance ! C'est aujourd'hui ou jamais.

� toi, d'abord. Salut.

C'est parti.

En d�pit de tout bon sens,

sans que tu le saches, il para�t que tu m'entends.

J'en doute.

Non, d�colle !

Mets les gaz. Tu n'as pas � t'inqui�ter.

Tu dois vivre pour profiter de ton pognon.

D�contracte-toi, laisse faire le zinc.

Il en sait plus que tu n'en sauras jamais.

J'ai dit : Relax !

Je suis trop contract�. Faut que je me d�tende.

�coute.

�te-toi certaines id�es de la t�te si tu veux voler.

En v�rit�, plus tu es haut, plus tu es en s�curit�.

La terre est ton ennemie. Si tu la touches, tu t'�crases.

T'en fais pas, d�tends-toi.

Profites-en. Amuse-toi.

Voil�, c'est pas mal. C'est mieux.

Regarde le panorama.

C'est pas mal, ici, hein ?

Tr�s joli.

Descendez, Randall.

Contr�lez votre altitude.

Allez, descendons en douceur.

Ne te contracte pas !

Faut que je me d�tende.

Maintenant, on descend...

On descend, on descend...

Doucement, maintenant.

Tu es une bulle de savon.

Tu es une plume.

Doucement.

Doucement... doucement... doucement...

C'�tait bien.

Mais on se demande comment tu es arriv� ici !

Ils sont � court de pilotes ?

Tu es riche et en plus, tu vas �tre pilote.

N'oublie jamais que c'est gr�ce � moi.

C'�tait extra, Ted, vraiment extra !

J'ai encore eu chaud. Comme � chaque fois.

Moi, je crois que j'ai enfin saisi.

On dirait que tu tiens un pilote.

- Pas mal, hein ? - Tu es plut�t fier de toi.

Je lui ai mis du plomb

dans la cervelle.

- Et ton gars ? - Il y va.

Maintenant ?

- Footballeur, hein ? - Oui.

�a me pla�t.

Prends-le.

- Je peux ? - Oui.

- Fais tes preuves. - Merci.

Ma m�re ne m'a pas dit

quand j'�tais petit...

Arr�te �a.

Ma m�re ne m'a pas dit

quand j'�tais petit...

Fiston...

C'est mieux.

Primo, ta m�re t'a presque rien dit.

Secundo, c'est moi que t'�coutes.

�coute, gros ballot :

mets les gaz et passe en-avant derri�re la ligne d'arbres.

Allez, ex�cution.

Tu veux pas ?

Bon, fais une vol�e alors.

Ou un drop ou ce que tu veux,

mais fais d�coller ce zinc !

Fais-le monter au-dessus des arbres.

Fais-le d�coller !

Tu devais faire sensation sur un terrain.

Virez, Rourke.

C'est mieux.

T'entends �a ?

L'entra�neur appr�cie.

Voil� ce que je te propose.

Quand tu �tais arri�re, le quaterback �tait le cerveau.

� lui toutes les louanges.

L�, c'est diff�rent.

Dans notre �quipe, c'est toi, le cerveau.

C'est toi, la vedette.

Pense � la "une" des journaux. Penses-y !

Bien.

Dans le couloir d'approche. La voie doit �tre libre.

On va tenter le drop. Rappelle-toi que c'est toi qui tiens le ballon.

Et tu le tiens du bout des doigts.

C'est compris ?

Vas-y en douceur. En douceur.

Ne lache pas la balle, gros nigaud.

N'oublie pas, 60 000 supporters te regardent.

Doucement, maintenant.

Pose-le comme �a.

Doucement avec les commandes ! Du bout des doigts.

Du bout des doigts !

Pile entre les poteaux. Quel coup de pied !

Oui. Quel coup de pied...

- Il revient de loin. - J'ai d�j� vu �a.

Un gars a l'air nul et soudain, le d�clic.

Peut-�tre sera-t-il moins bon demain, mais c'est gagn�.

Il a trouv� les sensations.

Je suis le plus fort ! Faut me voir faire...

- C'�tait super, l'artiste. - C'�tait pas si dur.

Tu sais quoi ?

Je suis plus � l'aise seul, l�-haut,

qu'avec un instructeur volant avec moi.

�a alors !

Tu sais quoi ?

C'est comme un match de football.

De football ?

Contre Pittsburgh...

On a fait une feinte. J'ai trouv� l'ouverture au centre.

Le quaterback

a �chapp� le ballon. Plus vite que l'�clair, je l'ai ramass�.

Le reste appartient � l'Histoire !

- 65 m�tres et essai ! - La radio en a parl�.

�a a fait du bruit !

Regarde �a. Tout cette vie autour de lui, et lui, il lit un livre.

J'ai deux places de cin�ma au "Majestic", ce soir.

�a t'int�resse ?

Non.

Tu sais que tu as le reste de ta vie pour lire ce livre ?

Pourquoi n'invites-tu pas une de ces poup�es � danser ?

� moins qu'aucune ne soit assez bien pour toi ?

Regarde la fille l�-bas.

Regarde-l�, idiot. Elle est jolie.

Une vraie beaut�.

Peut-�tre que tu pr�f�rerais danser ?

Non.

Elle se sent seule.

Va donc l'aborder.

Dis-lui que tu es seul, que tu veux danser.

Qu'elle te rappelle ta s�ur. Dis-lui n'importe quoi.

�a te plaira peut-�tre de l�cher quelques billets.

Tu veux un sandwich ? Des bonbons ? Autre chose ?

Non, rien.

Bonsoir.

Je...

Je me permets de venir vous voir parce que...

Elle te rappelle ta s�ur.

Vous me rappelez beaucoup ma s�ur.

Comme c'est gentil. Voulez-vous danser ?

Avec plaisir.

Je m'appelle Ellen Bright. Et vous ?

Ted Randall. Ravi de vous conna�tre.

Ce n'�tait pas le cas du gar�on au comptoir.

Qu'a-t-il ?

Sa famille lui manque. Il est toujours assis l�.

C'est dur d'�tre loin de chez soi.

S�rement.

Au d�but de mes �tudes,

ma famille me manquait tant que j'en aurais pleur�.

Je pense que c'est ce qu'il ressent, maintenant.

Vous savez qui il est ? D'o� il vient ?

C'est dur de ne pas le savoir. Il en parle tout le temps.

Il s'appelle Sanderson, il vient d'une petite ville, Twink Hooks

� Rhode Island.

D'apr�s lui, c'est cinq fois plus beau que le paradis.

Vous m'attendriez juste une minute ?

- Bien s�r. - Je reviens tout de suite.

C'est un bon d�but, non ?

Et apr�s avoir gagn� le match,

dans les vestiaires, on a entonn� notre chant.

Vous allez adorer : Battons nous pour la Caroline.

Battons-nous pour la victoire...

T�l�phone pour Sanderson !

T�l�phone pour Sanderson !

Sanderson ?

Pour qui ?

Un appel pour Sanderson. C'est toi ?

Ce doit �tre un autre Sanderson.

Qui pourrait bien m'appeler ?

Qui ?

Je ne comprends...

Maman !

C'est ma m�re !

C'est si chic de votre part !

C'est amusant, c'est un type bien.

Et qui sait bien d�penser son argent.

Je sais simplement ce qui s'est racont� en ville.

Quand Hank �tait petit, enfin, grand comme �a,

il travaillait � la scierie.

Un jour, il est tomb� sur la scie et s'est coup� le gros orteil.

C'est affreux.

Pas pour Hank. Il n'a pas vu le m�decin.

Quand on lui en parlait, Hank disait que ce n'�tait rien.

Que l'orteil avait repouss�.

Tu plaisantes ?

Ce gars est plus menteur que moi. Mais lui, il est cr�dible.

Pourquoi Ted et toi ne venez pas demain soir ?

Parce qu'on va partir sous 24 heures.

Ce qui veut dire que demain, on sera loin de San Francisco.

On ne sait pas o� on va... Pourquoi Ted ?

Il est mignon.

Tu le connais ?

- Qui ? - Ted.

Depuis un an. On a eu notre insigne en m�me temps.

Continue.

Un an avant que je parte de chez moi,

Hank �tait toujours � la scierie.

Il est retomb� sur la m�me scie.

Cette fois, il s'est coup� le pied... jusque l�.

Je n'y crois pas.

Les gens disaient que son pied repoussait.

Et ensuite ?

Pour certains, le pied repousserait

avant la jambe.

Pour d'autres, c'�tait la jambe puis le talon, et les orteils.

D'autres

optaient pour un petit pied de b�b�

qui grandirait normalement.

Quelle �nigme pour la science !

C'est fascinant.

C'est l'histoire la plus merveilleuse que j'aie entendue.

Elle est bonne pour l'asile.

Trouvant immoral de ne pas conna�tre la v�rit�,

ils vont chez Hank

et menacent d'incendier sa maison s'il n'ouvre pas.

Hank les re�oit � coups de fusil et ils mettent le feu.

La chaleur devient intenable...

Merci.

Laissez-moi vous regarder ? C'est incroyable !

Vous me rappelez ma s�ur.

On est tous fr�res et s�urs, non ?

Premi�re fois en six mois que cette r�plique ne marche pas.

Tr�s bien, merci.

Eh bien ! Faut y aller !

D�sol�. Finissez de d�ner sans nous.

Mais pourquoi ? Qu'y a-t-il ?

- Mais Ted ? Et l'incendie ? - Je vais finir en sortant.

Cette histoire de pied, ce mensonge, c'est mauvais

Et s'il y croit lui-m�me, il est dingue.

C'est pas possible, hein ?

J'en sais rien.

Emmenez ces jeunes files l� o� elles veulent.

Qu'est-il arriv� � Hank ?

Hank ? Oh, sa maison a br�l�.

Mais Hank ?

- Myst�re. - Mais il en est sorti

- ou non ? - Jamais.

Et le pied, idiot ?

Son pied a repouss� ou non ?

Nul ne le sait. On a trouv� une dent en or.

Rien d'autre. Rien du tout.

J'ai pas dit que c'�tait une histoire dr�le, juste

- une histoire. - Du pipeau.

On se s�pare ici.

� bient�t.

C'est donc �a, l'immoralit� de la guerre ?

� qui le tour, maintenant ?

Mais enfin, on part avec eux.

- Avec eux ? Mais ils peuvent voler... - Non, on doit les voir au combat.

Je dois veiller sur lui ?

On ne peut pas savoir o� on va ?

Eh bien, l� o� on va, je peux te dire

que personne te te rappelera ta s�ur.

On a les pi�ces d�tach�es ?

- Oui. Les 23 caisses. - Bien. Embarquez !

On l'a fait.

�a avance, caporal ?

J'esp�re que les renforts vont apporter

des pi�ces avec eux.

- Qu'y a-t-il ? - Explos�.

Explos�, hein ?

�a me fait penser � la lettre de ma femme.

Devinez ce qu'a fait mon gosse !

Il s'amusait � faire des m�langes dans la grange.

Un peu de potasse, de soufre, de nitro. Et vous savez quoi ?

Il a fait sauter la grange. Tout simplement.

C'est pas le truc le plus hilarant que vous ayez entendu ?

Oui, mon colonel.

Oui, c'est dr�le, mon colonel.

C'est comme mon fils. Il a quatre ans...

C'est � partir de neuf ans qu'ils sont vraiment dr�les.

Oui, mon colonel. Je disais donc...

Les gosses, y a rien de mieux.

Pr�venez-moi quand vous aurez fini ce truc.

Oui, mon colonel.

Les nouveaux arrivent quand ?

Dans une heure.

Occupez-vous d'eux.

Au fait, une de vos amies est arriv�e de Sydney.

- Qui ? - Dorinda Durston.

Dorinda ? O� est-elle ?

� la 4.

Sapristi !

- Saluez-la pour moi, voulez vous ? - Comptez sur moi !

Salut, Dorinda.

Al ! Al Yackey !

Ils m'ont dit que tu �tais arriv�e.

C'est bon de te voir.

C'est bon de te voir aussi, Al.

Eh, qu'y a-t-il ?

Serre-moi fort un instant.

Fais-toi voir.

- Mais Al, tu es colonel ! - Exact.

On a tous �t� promus. Nails est g�n�ral de brigade.

Colonel Al Yackey.

Tu imagines Pete me saluant ?

Oui.

Il l'aurait fait, bien s�r.

Assieds-toi.

Je d�faisais mes valises.

Je voulais voir comment tu allais.

Pas si bien que �a.

J'essaie de m'occuper.

Il para�t.

Tu veux gagner la guerre toute seule.

Tu ne sors pas. Le travail d'abord.

�a m'�vite de penser.

Tu as l'air fatigu�e. Une fille comme toi...

Al !

Je t'en prie, ne me fais pas pleurer.

Il faut t'en remettre, Dorinda.

M'en remettre ?

On dirait que j'ai eu la rougeole.

On ne se remet pas d'une chose pareille.

On en meurt.

Ce n'est pas la fille que je connais, �a.

J'ai trop de souvenirs, Al.

Quand tu crois les avoir tous pass�s en revue,

d'autres surgissent encore.

Quand, en me parlant, il a march� dans une flaque.

Il s'est mis de la boue sur sa tenue neuve.

J'ai ri, �a l'a rendu furieux.

Et on n'y a plus pens� jusqu'� ce que...

ce faux pas resurgisse dans ma m�moire.

Et quand...

Je vois ce que tu veux dire.

Je me souviens qu'il �tait toujours � cours de cigarettes.

Il me taxait et je lui disais : "Pete, ach�te-t'en.

"Je ferai jamais d'�conomies avec toi."

Eh bien, il est plus l�

et j'ai toujours pas d'�conomies.

C'est stupide de rester ici � ressasser tout �a.

�coute,

je rencontre nos nouveaux pilotes, ce soir.

Viens avec nous boire un verre.

Non, je pr�f�re rester ici.

Tu pr�f�res rester ici ?

� pleurer ?

C'est mon affaire.

Tu as raison, bien s�r. C'est ton affaire.

Tu veux passer le reste de ta vie � pleurer ?

Alors, trouve-toi un endroit o� te clo�trer,

mets des robes noires,

un foulard blanc et prends l'air abattu.

Une femme chez moi a fait �a.

Elle a eu ce qu'elle voulait : On l'a plainte toute sa vie.

- C'est m�chant. - D'accord, mais c'est la v�rit� !

Tu n'es pas la seule � avoir eu un coup dur.

�a arrive chaque jour de cette guerre.

Tu peux t'apitoyer sur toi-m�me,

ou voir que les vivants sont bien aussi.

Je t'aime plus que quiconque...

et je sais que tu veux m'aider.

Mais je dois m'en sortir � ma fa�on.

Regarde, ch�rie.

Tu vois ce type ?

C'est Pete Sandidge. Je n'aurai jamais de meilleur ami.

Pour moi, c'est le type le plus merveilleux au monde.

Il me manque plus qu'on ne l'imaginera jamais.

Mais il est mort... et je suis vivant.

Et je le remets � la place qui lui appartient.

- Non, Al ! - Juste l� !

Faut que j'aille travailler.

Je reviens dans une demi-heure.

Fais-toi toute belle. Ce soir, on va s'amuser.

Allez, un sourire.

Tu te sens mieux ? M�me un tout petit peu ?

Oh, Al ! Tu es merveilleux !

Tu dis �a � tous les hommes ! Je te connais.

Il ne te reste que 29 mn 15.

D'accord. � vos ordres, chef.

Al !

Al Yackey ! Vieille branche !

Regardez-moi-�a.

Tu es au sol maintenant, hein ?

Il est colonel et regarde �a ! Gras et arrogant.

Le derri�re plus lustr� que les bottes.

Bienvenue en Nouvelle-Guin�e, Robertson.

Je vous am�ne de sacr�s pilotes.

Colonel Yackey, voici les lieutenants Rourke et Randall.

C'est �a ton boulot de colonel ? H�tesse d'accueil ?

Randall ? C'est �trange...

on ne s'est pas d�j� vus ?

- Non... - Non ?

Le lieutenant Ridley.

Tu n'as pas peur de tomber sans ton parachute ?

Tu pourrais tomber de ton bureau !

Ridley va vous installer dans vos quartiers.

Si vous voulez boire un verre, rejoignez-moi au mess.

Bonne id�e.

Vous verrez la plus belle fille de Nouvelle-Guin�e.

Si vous vous int�ressez aux jolies filles.

- Avec plaisir. - Parfait.

�coutez �a.

Ce gros balourd parle de femmes.

Je le crois pas ! Un colonel !

J'aurais �t� un g�n�ral 3... non, 4 �toiles !

- Un soda. - Deux.

Al peut bien �tre colonel, mais Nails, g�n�ral, �a m'ach�ve !

Y a que des grad�s dans cette guerre ?

Et eux qui boivent du soda.

Pas d'alcool. Il sera bient�t capitaine.

C'est mon gars.

Grignote �a en m'attendant.

Dorinda !

C'est moi, Pete !

Il faut que tu m'�coutes.

Je peux encaisser beaucoup de choses.

Voir Al et Nails, c'�tait d�j� dur.

Mais voici l'instant que je redoutais le plus.

Je me demandais comment je r�agirais.

Tu es toujours belle � croquer. Belle comme un c�ur.

Je vais rester un peu.

Tu es toujours la m�me ?

Tu sais ? Certains �tres sont plus beaux dans nos r�ves.

Mais toi, tu es encore plus belle qu'en r�ve.

Tu es toujours ma petite ? Bien s�r. � jamais, hein ?

Tu sais, je me rappelle tout ce que nous avons v�cu.

Ta col�re si je te reprochais d'avoir malmen� un zinc.

Ta fa�on de sauter de l'avion,

avec de la graisse sur le nez, juste ici.

Et surtout, je n'oublierai jamais le jour de notre rencontre � Londres.

Ton visage sous la pluie ressemblait � une fleur.

Tu n'avais pas �t� tr�s aimable.

Quand je t'ai dit...

Excusez-moi de vous d�ranger, mais vous ressemblez � ma s�ur.

Quelle �trange co�ncidence.

Incroyable, m�me.

Je ressemble aussi � ma s�ur.

Vous permettez ?

Bien s�r.

Ted Randall.

- Le lieutenant Randall ? - Oui.

Dorinda Durston.

Enchant�. J'admire beucoup le service de transbordement.

Il a des ressources fabuleuses.

J'esp�re que vous ne serez pas d��u.

Je suis s�r que non.

Au fait, je vous dois toutes mes excuses.

- Vraiment ? - Oui.

Je vous ai menti.

Lieutenant !

Je n'ai pas de s�ur.

J'en �tais s�re ! Je n'en ai pas non plus.

Comment le saviez-vous ?

Il se trouve qu'il y a longtemps, on m'a menti de la sorte.

�coute ce gros b�ta.

Y a rien � faire. Ce gosse ne comprend rien aux femmes.

Colonel Yackey, bonsoir !

Bonsoir, Randall. Salut, ma belle.

- Tu connais le lieutenant. - Nous avons fait connaissance.

ll dit que je lui rappelle ses s�urs.

- Elle est pas dupe. - Ah oui ?

Asseyez-vous. Combien de s�urs avez-vous ?

Onze, c'est bien �a ?

�a alors, onze s�urs ?

- Et tr�s belles ! - Je ressemble � toutes !

Vous allez prendre un verre. Gar�on !

Donnez-lui � boire. Randall est sous mes ordres, ma belle.

Un sacr� pilote, para�t-il.

Il est nul.

C'est n�cessaire avec Al.

C'est ce que j'ai entendu.

Si on d�nait ensemble ?

Je vous ferai un steak de kangourou � vous rendre folle !

Comment le cuisinez-vous ?

Avec une sauce wallaby.

Quel ruse de ringard !

Tr�s int�ressant.

Je voudrais voir �a.

Pourquoi pas ce soir ? Pour f�ter �a !

Quoi ?

Votre rencontre.

L�, �a me pla�t. Il va se faire remettre � sa place.

Non, non.

- Je regrette. - Allez, Dorinda.

�a te fera du bien de t'amuser.

C'est tout elle.

Une sauvageonne. Allez, dis-lui oui !

Bon, c'est d'accord.

Je pr�f�re �a.

Viens !

On se tire d'ici !

Al !

- O� �tais-tu pass�e ? - � Sydney.

- C'est vrai ? - Oui, pour du mat�riel.

Bien ! Mais tu sais, faut pas partir si longtemps, Dorinda.

Ton pilote d�p�rit depuis ton d�part.

Moi aussi. O� est-il ?

En patrouille. On prend un verre ?

Non, je ne peux pas, Al. Je dois faire mon rapport.

Je vois.

- Comment s'en sort-il ? - Qui ?

- Ted, idiot ! - Bien. Il a eu trois cibles.

- Non ? - Si.

Alors, je lui fais � d�ner ce soir. � toi aussi.

Je ne voudrais pas d�ranger.

D�p�chons-nous.

Cr�nom de nom d'une pipe en bois !

O� est la patrouille de s�curit� ?

Sales petites fouines aux pieds plats !

Nails ! Regarde, voil� nos petits !

Descendez-moi ces nouilles. Mettez-les moi dans l'huile,

et faites-les frire pour le petit d�jeuner.

- Qu'avez-vous dit ? - J'ai rien dit !

Allez, mon gars. � toi de jouer.

Tu es cens� te battre en plus de faire le joli c�ur aupr�s de ma copine.

Bien jou� !

Bon, tu as eu de la chance.

Attention !

Calme-toi.

Ne t'en fais pas pour lui.

C'est peut-�tre le type le plus veinard que j'aie jamais vu.

Sans doute le meilleur.

N'oublie pas �a, si tu es bon, c'est parce que je suis l�

pour te prot�ger.

Encore un !

Je dois admettre que tu es bon.

Robertson.

Regardez �a !

Ils s'en vont. Regardez !

On en a eu six sur huit.

On en a perdu un.

C'est normal que tu trembles.

La nervosit� du combat.

J'ai vu des gars trembler bien plus.

Bien s�r, je sais.

Je pensais moins au combat qu'� Robertson.

C'�tait un type bien.

Et un excellent commandant.

�a para�t impossible qu'il ne soit plus l�,

plus jamais l�...

Est-ce qu'une chose pareille t'est d�j� arriv�e ?

Oui.

Il faut oublier, mais c'est pas facile au d�but.

Pour nous autres pilotes, ce n'est pas la m�me chose.

Mourir en avion. C'est la plus belle mort.

Chaque corps d'arm�e doit penser �a.

Mais un gars qui meurt en pilotant son avion

tombe en faisant

ce qu'il aime le plus.

C'est une mort � part.

J'y avais jamais pens� mais c'est vrai.

Ted, arr�te de t'arracher les sourcils.

Comme des p�tales de fleur.

Arr�te !

Eh bien, je vais y aller avant qu'on pleure tous.

Non, c'est de ma faute. Ne partez pas.

J'ai besoin d'un bon verre et d'une nuit de sommeil.

Pardon si j'ai fait quelque chose de mal.

Tu n'as rien fait de mal. C'est moi.

S'il y a quelque chose de mal chez toi, je l'aime.

Bonne nuit.

- Bonne nuit. - Petit d�jeuner ?

D'accord.

Bonne nuit.

Tu l'as vu faire ?

Oui, je l'ai vu.

Ses gestes,

ses actes...

Tu sais, ch�rie, j'ai l'impression

que tu tombes amoureuse de ce type.

- Non ! - Non ?

Non.

Non, c'est difficile � expliquer...

J'ai un sentiment �trange en le regardant.

Je sais.

Je comprends ce que tu ressens. Je dois filer, maintenant. Bonne nuit.

Bonne nuit, Al.

Ne te fais pas rouler par ce tombeur.

Tu sais ce que je veux dire.

N'est-ce pas ?

Rappelle-toi que tu es toujours ma petite.

Lt Randall, c'est un honneur pour moi de vous remettre cete m�daille

pour votre courage et votre h�ro�sme au combat.

Sur recommandation de votre sup�rieur, et avec mon aval,

Vous �tes promu au rang de capitaine.

- F�licitations. - Merci.

Ils filent �a � n'importe qui, maintenant.

F�licitations, Ted.

Vous m'excuserez, j'ai un rendez-vous important.

- Bonne chance, alors ! - Merci !

Tout est pr�t ?

Oui, mon capitaine !

Qu'a-t-il donc de si important � faire ?

Entrez.

- Je suis l� ! - Bonjour !

Ted !

Idiot !

Je suis capitaine et j'ai �t� d�cor�.

- Tu ne dis rien ? - Laisse m'en le temps !

Tu es la plus belle fille du monde. Plus belle qu'un P 38 !

J'ai trouv� ce qui ne va pas chez toi. Tu es fou !

Pas vraiment fou. J'ai juste pris une d�cision.

Une d�cision ?

Dorinda, je vais t'�pouser.

M'�pouser ?

Oui, t'�pouser.

Tu vas �tre Mme Ted Randall. Ma femme.

Moi, je vais �tre ton mari. Tu vois ?

Ce n'est pas tr�s original. D'autres l'ont fait.

Mais jamais deux personnes comme nous.

Toi et moi ?

C'est �a, mari�s. M-A-R-I-�-S.

Le maire fait juste un discours et on est mari�s.

Tu veux, n'est-ce pas ?

Oh, Ted, je...

Oui.

Hourra !

Entrez, les gars !

Surprise !

Ted, tu es fou !

Tu en as mis du temps !

- Le repas est froid. - �a a �t� long !

Bonne chance � vous.

Jouez encore !

Ce sera comme �a d�sormais.

Toi et moi. � nous, la vraie vie.

J'ach�terai un joli petit avion.

Et on volera juste tous les deux jusqu'au sommet du monde.

Ch�ri !

Avant, je voulais voler seul. Mais avec toi, ce sera bien.

� table !

D'o� viennent ces merveilleux mets ?

Secret d�fense.

Jouez encore !

� Mme Ted Randall !

� M. Randall !

Qu'as-tu ?

Tu �tais s�r de ton coup, n'est-ce pas ?

Comment �a ?

Et si j'avais dit non ?

Jouez l'autre air, les gars !

Garde-�-vous !

C'est quoi ? Un congr�s ? Continuez, les gars.

F�licitez-moi.

C'est fait. Pourquoi ?

Dorinda et moi, on va se marier.

- C'est vrai ? - Oui.

Formidable.

- F�licitations. - Merci.

D�sol� de jouer au trouble-f�te, mais...

Nails veut que vous sortiez avec vos hommes.

Quand ?

Tout de suite, j'en ai peur. Il ne pouvait pas savoir.

D'accord, d'accord... Allons-y, les gars !

Quelle journ�e ! Fianc� et commandant d'escadrille !

- Gardez le vin au frais ! - Et le repas au chaud !

�videmment !

Mettez-vous en formation.

- Souhaite-moi bonne chance. - Tu n'en auras pas besoin.

Garde ma m�daille, veux-tu ?

Tu as confiance ?

� ton avis ?

Grimpe donc, Rom�o !

Tu sais que c'est pas encore gagn� ?

Tu es fianc� mais pas encore mari� !

Tu veux vraiment la garder ? Alors, je vais te dire un truc.

Elle adore les aviateurs dingos. Elle a toujours aim� �a.

Comment tu crois que je l'ai eue ?

Vas-y.

De la fantaisie, le rupin. Elle va adorer. Nails aussi.

Pourquoi tu l�cherais pas cette escadrille ?

Montre-leur ce qu'on attend d'eux.

Vas-y ! T'auras pas d'ennuis.

Elle te trouve merveilleux. Ne la d�cois pas !

Donne-lui du spectacle.

Lieutenant Rourke, prenez le commandement.

Que les gars regardent.

Ils vont voir ce qu'on attend d'eux.

Re�u.

Que fait-il ?

Je ne sais pas. Mais ce n'est pas bon.

Cet avion tiendra bon. Tu le sais ?

Vas-y, le joli c�ur, pousse ce zinc � fond.

Et n'oublie pas �a :

elle a connu un gars qui savait piloter un avion.

�a, elle aurait pu le faire.

Allez, aviateur !

Descends et va chatouiller le sommet de ces arbres.

Doucement, maintenant ! Pas la peine de faire du z�le !

Nails va adorer celui-l� !

Joli !

Maintenant, fiston, advienne que pourra.

Je suis � cours d'id�es.

Merci, sergent.

On dirait que la r�cr�ation est termin�e pour aujourd'hui.

� tout � l'heure.

Que ce jeune idiot vienne au rapport.

Qu'est-ce qui vous a pris ?

Je ne sais pas. J'ai �t� idiot.

Vous l'avez dit.

Peut-�tre, mais un idiot qui sait piloter un avion.

On peut rien y faire maintenant, le patron vous demande.

�a lui co�tera ses permission pour les 6 prochains mois.

Il se mariera au trou.

C'est possible.

Au fait, le patron veut te voir.

Moi ?

D'accord, mais...

allons voir Nails d'abord. Apr�s, je pourrai tout accepter.

Je veux juste le voir r�trograd�.

Rentre � la maison. Je te rejoindrai apr�s.

Ne t'en fais pas. C'est peut-�tre pas si grave.

Bonne chance.

Sergent. Ramenez Mlle Durston � ses quartiers.

- Vous vouliez me voir, mon g�n�ral ? - Oui, j'ai vu votre petit spectacle.

Pardon, mon g�n�ral. Je ne sais pas ce qui m'a pris.

Moi, je sais.

Ne le faites plus, capitaine. Vous �tes commandant d'escadrille.

Alors, quoi ? Tu te ramollis ? Il devrait �tre r�trograd� !

Vous �tes bon, Randall.

J'ai une mission pour vous.

Je l'accepte.

Lisez d'abord.

C'est quoi ? Un salon de th� ?

Je ne change pas d'avis.

Comprenez que cette mission est sp�ciale.

L'�tat-major veut un P 38 pour l'accomplir.

Vous voyez �a ?

C'est Pali-Bok. L'�le de Pali-Bok.

Le plus grand d�p�t de munitions ennemi dans le Pacifique.

Il faut nettoyer la zone.

Vous devez arriver l�-bas avant minuit.

- Bombardez et d�campez, compris ? - Compris.

D�truisez l'objectif et rentrez. C'est compris ? Rentrez...

Je ne veux pas avoir de h�ros morts sur les bras.

Ce sera tout.

Sergent ?

Apportez-moi le registre. Passez-moi le 8 3.

T'imagines ? Si �a avait �t� moi, j'aurais fini en �cosse � vie.

Et lui, il r�colte une chouette mission.

Il a pas le m�me caract�re.

- Ce sera pas un boulot facile. - Pour toi non plus.

- Moi ? - Le patron te demande.

- Tu te souviens ? - J'ai failli oublier.

Vas-y. Je t'attends ici.

Entrez.

Sandidge au rapport.

Repos.

Eh bien ?

Il n'y pas grand-chose � dire.

J'ai juste voulu tester ce gosse.

Ce n'est pas la v�rit�. Vous �tiez jaloux.

Pourquoi serais-je jaloux de lui ?

Je suis meilleur pilote qu'il ne le sera jamais.

Asseyez-vous.

Je ne crois pas que vous ayiez bien compris

- votre t�che, ici. - Oh, si, mon g�n�ral.

Je sais qu'on doit faire de ces gars de meilleurs pilotes.

C'est en partie cela.

D�sol� de ne pas avoir �t� plus clair depuis le d�but.

Ce n'est pas juste vous, en tant qu'individu, aidant votre gars

en tant qu'individu.

Nous �uvrons ensemble pour l'avenir.

Tous les hommes qui ont vol�.

C'est dur pour moi de mettre des mots l�-dessus, Sandidge.

Vous ne le ressentez pas.

- Je pense comprendre. - Non,

je pense que vous n'y comprenez rien du tout.

Pr�sentons-le ainsi.

Avez-vous d�j� �t� dans votre avion... la nuit ?

Tout seul ?

Quelque part �...

6 000 m�tres d'altitude au dessus de l'oc�an ?

Oui, mon g�n�ral.

Avez-vous d�j� entendu une musique l�-haut ?

- Peut-�tre. - Oh, non.

Sinon, vous ne l'auriez pas oubli�e.

C'est la musique que l'esprit d'un homme chante � son c�ur.

Lorsque la terre est loin

et qu'il n'y a plus de raisons d'avoir peur.

C'est le chant noble, pur, magnifique

d'une cr�ature terrestre que ses ailes ont port�e haut

et qui a regard� l'avenir en face.

Qui a eu, l'espace d'un instant, la vision incroyable

d'un homme libre dans un monde libre.

Mais � quoi bon ? Vous n'avez rien entendu.

Je l'ai entendu. Vraiment entendu, mon g�n�ral.

J'ai tent� en vain de l'expliquer � des enfants.

Des enfants pourraient comprendre. Bien s�r.

Parce que l'avenir leur appartient.

Ils s'y avancent d�j�.

Ils vont sortir de ce bourbier,

lever les yeux et voir le ciel.

Ils vont y voler comme une g�n�ration d'anges

dans l'air libre et la lumi�re du soleil.

Oui, c'est certain.

Tous les enfants peuvent comprendre.

"Libre comme l'air".

L'homme le r�p�te depuis qu'il est sorti des cavernes,

qu'il est descendu des arbres.

C'est pour �a qu'on se bat :

la libert� de l'air que nous respirons,

la libert� de l'humanit� qui vole vers l'avenir.

Comprenez-vous cela ?

Le pouvez-vous ?

Oui, mon g�n�ral, je le peux.

Aucun homme n'est vraiment mort tant qu'il a foi en l'avenir.

Et aucun homme n'est vraiment vivant

tant qu'il n'accepte pas ses responsabilit�s envers lui-m�me.

C'est la chance que nous vous offrons ici.

L'opportunit�

de rembourser � l'avenir

ce que vous devez pour avoir appartenu au pass�.

Juste une autre fa�on de dire : "je suis content d'avoir v�cu,

"d'avoir �t� en vie.

"Laissez-moi vous aider."

Vous pensiez avoir d�j� choisi la vie ou la mort,

quand vous avez survol� cette carri�re... Mais c'etait faux.

C'est maintenant que vous devez choisir.

C'est � vous de voir, Pete...

J'aimerais redescendre, mon g�n�ral, et faire mon travail maintenant.

Tr�s bien, vous pouvez y aller.

Merci, mon g�n�ral.

Dorinda...

Dorinda, j'ai quelque chose � te dire.

J'ai beaucoup appris.

Et j'ai appris �a :

Il y a plus important que toi et moi.

Que nous tous.

On ne compte pas.

On n'est rien.

Mais si on fait ce qu'on doit faire, alors, on est des gens formidables.

J'aimerais tant que tu m'entendes, Dorinda.

Je te regarde, maintenant, et j'aimerais avoir �t� diff�rent.

J'aurais souhait� t'avoir dit tant de choses

que je pensais sans avoir pu trouver les mots.

Pour te dire combien ton nez se retrousse, parfois,

combien tes cheveux sentent si bon,

combien tes yeux s'illuminent quand tu ris,

et combien tu sembles faite pour te blottir dans mes bras, ma ch�rie.

Mais je ne te l'ai jamais dit.

Bien fait pour moi.

Tu sais, ton pilote part faire un boulot dangereux.

Mais je veux que tu saches que je le ram�nerai

et que tout ira bien, ne t'inqui�te pas.

Sais-tu ce que j'essaie de te dire ?

J'essaie de te dire ce que je n'ai jamais dit � personne.

Je t'aime, Dorinda. De tout mon c�ur.

Et je veux que tu sois heureuse.

Si te marier avec lui te rend heureuse, alors, c'est ce que je veux.

Je me trouverai une autre mission, apr�s celle-ci,

cette fois, pas aussi proche de chez moi.

Au revoir, Dorinda.

On faisait une sacr�e paire.

La porte �tait ouverte.

Pete !

Ted.

Dorinda, qu'y a-t-il ?

Rien, rien du tout.

Je ne t'attendais pas, voil� tout.

J'ai voulu venir te dire bonsoir.

Qu'y a-t-il, Dorinda ?

Ted ?

Oui ?

J'ai quelque chose � te dire.

Vas-y.

Je ne vais pas t'�pouser.

Mais pourquoi ?

Je n'ai pas �t� honn�te avec toi, Ted.

Je ne t'aime pas, Ted. Je le pensais, mais je ne t'aime pas.

J'aime un homme qui s'appelle Pete Sandidge.

- Arr�te, Dorinda ! - Mais, c'est vrai !

Je ne veux pas te leurrer, Ted.

Je viens de m'en rendre compte.

Que quand une femme aime, c'est pour toujours.

Enfin, c'est mon cas.

Mais il est mort, Dorinda.

Quele diff�rence cela fait, Ted ? C'�tait l'Amour vrai.

Semblable � la nourriture, � l'air et l'eau.

Pas de substitut.

Tu ne voudrais pas d'un substitut, n'est-ce pas ?

Car sinon, tu ne conna�trais jamais le vrai !

Tu n'aurais qu'une p�le copie.

Et nous souffririons tous les deux.

- Es-tu s�re de ce que tu dis ? - Oh oui, Ted.

Tellement s�re.

Tellement !

Je n'ai pas le temps de te parler, je dois partir, mais j'aurais voulu...

Cela ne servirait � rien, crois-moi.

Eh bien...

Voil� tout.

C'�tait trop beau pour �tre vrai, de toute fa�on.

J'aurais d� m'en douter.

Bonsoir, Ted.

Bonsoir, Dorinda.

Me permets-tu de ha�r Pete

juste pour quelque temps ?

Dorinda, je suis pass� te dire une chose que tu dois savoir.

Laquelle ?

Tu as eu un coup tr�s dur avec Pete.

Je dois te pr�parer au suivant.

Tr�s bien, vas-y.

Ted sort pour une mission tr�s difficile, ce soir.

Quel genre ?

Faire sauter un d�p�t de munitions jap.

Quelles sont ses chances ?

Eh bien...

elles sont faibles, Dorinda.

O� est le d�p�t ?

Je ne peux pas te dire �a et tu le sais.

- Secret d�fense, hein ? - C'est �a.

Que veux-tu dire ? Le secret d�fense ? Entre toi et moi, Al ?

Tu penses que je sillonne cette r�gion depuis six mois

sans savoir qu'il n'y a que deux d�p�ts importants de munitions ?

Pali-Bok est le plus grand ? C'est celui-l�, hein ?

Al ?

Ted a-t-il une chance de rentrer en vie ?

C'est faisable.

Je viens avec toi.

J'ai dit que je venais avec toi. Je dois parler � Ted.

D�p�chons-nous.

Son avion est l�.

Bien. Tant mieux !

Tu vas dans mon bureau ?

Non. Vas-y, je vais l'attendre ici.

Tu veux le voir seule ?

Tout est clair ?

Aucun doute ?

Six minutes. Prenez un caf�.

Salut, l'artiste !

Salut !

Que fais-tu ?

Je pr�pare cette bombe volante pour Ted.

J'irais bien dans ce voyage !

Pourquoi pas ? Nails te demande.

C'est vrai ?

N'�teins pas, je le ferai pour toi.

D'accord.

- Fais-le tourner. - D'accord.

S'il chauffe, coupe tout.

Oui !

Qu'y a-t-il ?

Dorinda ! Je sais ce que tu fais mais tu as tort.

Ted et moi aurions r�ussi ce boulot.

Fais demi-tour. Rentre � la base.

Tu dois m'�couter et rentrer. Tu n'y arriveras pas !

C'est est contraire aux ordres ! C'est absurde !

�coute, Dorinda...

Je sais que tu une tr�s bonne aviatrice mais pas pilote de combat.

Tu sais, il ne s'agit pas seulement d'un d�p�t de munitions.

Si tu �choues, tu penses aux cons�quences ?

Tu mettras tout en p�ril.

Nos gars mourront parce que tu as eu peur de toi-m�me.

Tu sacrifies ta vie en essayant l� o� un autre aurait r�ussi.

Tu sacrifies ta vie parce que tu as peur de faire ton propre boulot.

Peur de vivre ! Peur de la vie !

C'est une double trahison quand tu trahis des gars qui luttent pour elle

Tu ne peux pas faire �a. Pas ma Dorinda.

Dorinda !

Prends ce gouvernail et sors ce zinc d'ici.

Dorinda, il faut que tu m'entendes. Ne sois pas t�tue !

Il nous ont rep�r�s. Je suis l�, derri�re toi.

Ouvre le feu.

Maintenant !

Allez, d�gage-toi !

Direction, la lune !

Maintenant, laisse-moi te ramener.

T'as encore le visage tout sale.

C'est mieux.

Maintenant, pointe son nez au ciel et monte droit jusqu'au Paradis.

Plus haut, Dorinda. Plus haut.

�coute, Dorinda.

C'est beau. Tu entends ?

Je peux te le dire, maintenant, Dorinda...

je peux te dire tout ce que j'ai toujours voulu te dire.

Tu vas rentrer et avoir une belle vie,

une vie merveilleuse.

Tout ce que tu verras sera plus beau qu'avant.

La pluie sera plus parfum�e,

les arbres seront plus verts,

et les nuits seront remplies d'�toiles.

Quand tu d'endormiras, Dorinda,

tu ne feras pas de cauchemars.

Et quand le soleil du matin caressera ton visage,

tu te r�veilleras en riant.

Et surtout, tu auras tout ce qu'on les autres,

y compris l'amour.

La seule chose bien dans ma vie a �t� de t'aimer, Dorinda.

Mais si le souvenir de cet amour obscurcit ta vie,

C'est qu'il n'�tait pas bien.

Il aurait d� emplir ton c�ur de tant d'amour

qu'il t'aurait fallu trouver quelqu'un d'autre � qui le donner.

C'est l� le seul amour v�ritable.

Le seul qui vive toujours.

Je me demande comment seront vos enfants.

J'aimerais leur parler un jour.

Je crois que j'aurais des choses � leur dire.

Je crois que je leur parlerais de la vie.

Combien elle est belle,

et combien elle peut l'�tre.

Et que les bonheurs de la vie ne meurent jamais.

Que le seul amour pr�cieux est celui qui ne cesse jamais

de vivre,

de rire,

et de se battre...

et d'aimer.

Le voil�, Dorinda.

Va.

Je te rends ta libert�.

Je sors de ton c�ur.

Au revoir.

Au revoir, ma ch�rie.

C'est ma petite.

Et c'est mon petit.

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