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Original subtitles

Apr�s une analyse dialectique la place devant la Kommandantur ce n'est pas possible.

Je vais chercher un autre lieu.

Excuse-moi, mais si on descend un Boche ici, d'autres camarades seront fusill�s.

A commencer par G�rard.

Avec le code des otages, il est en t�te de liste.

Les Boches prennent des otages pour nous emp�cher d'agir.

Tu sugg�res qu'on baisse les bras?

Qu'on c�de � leur chantage!

A la place de G�rard, �a pourrait �tre moi, �a pourrait �tre toi, ce serait la m�me chose.

Aucune chance de faire �vader G�rard?

Non. On ne sait m�me pas o� il est.

Pardon de mon interruption, camarade.

Je t'en prie. Pour le lieu, on d�cidera plus tard.

L'urgence c'est de trouver une arme.

C'est toi qui vas �tre charg� de cette mission, camarade.

Et vous voyez �a comment?

Il se trouve que la camarade Suzanne a eu une id�e.

Une bonne id�e.

Je croyais que tu l'avais retir�e de l'action.

De l'action principale, oui. Mais, pour trouver une arme...

Elle m'a parl� du bordel de Madame Berthe.

R�serv� aux officiers allemands, maintenant.

Reprends contact avec Suzanne. J'y rentre comment chez Madame Berthe?

Tu vois �a avec Suzanne.

Am�ne-nous cette arme au plus vite, camarade.

Le temps presse.

Ah comment vous faites pour faire un aussi bon caf�?

Vous n'avez pas faim. Vous avez travaill� toute la nuit.

Les probl�mes de ravitaillement, �a me coupe l'app�tit.

Quelque part des marchandises disparaissent et je n'arrive pas � trouver o�.

Je peux peut-�tre vous aider?

Oh, vous �tes gentille, mais j'ai peur que ce soit un peu... abstrait pour vous.

Oh, vous savez, je ne suis pas mauvaise en calcul.

A 15 ans je faisais d�j� la comptabilit� de mon grand-p�re.

Ah bon!

Bon. Ici, le ravitaillement qui part de Besan�on pour Villeneuve.

et �a, ce qui arrive vraiment � Villeneuve.

Mais c'est class� par canton et ce n'est pas les m�mes codes qu'� Besan�on, alors...

Mais il faut calculer les totaux par canton pour chaque marchandise.

... et comparer avec Besan�on.

On ne les a pas les totaux par canton. C'est bien l� le probl�me.

Les bordereaux de livraison des camions existent forc�ment quelque part.

Oui, ils existent. Ils sont � la mairie.

Mais, il faudrait tout calculer nous-m�mes camion par camion.

C'est vous qui voyez, Monsieur le Maire.

Ca va?

Pas fatigu�e? Ca va.

Et toi?

On est sur les dents.

A cause des attentats.

Il y en a eu un autre?

Un officier a �t� tu� � Bordeaux.

Les permissions sont supprim�es.

Les patrouilles sont doubl�es.

Il va y avoir des moments difficiles, Lucienne.

Je voudrais pouvoir oublier tout �a.

Justement. J'ai quelque chose... d'important � te dire.

Tu sais que j'ai �t� tr�s bien not� par mes sup�rieurs.

Alors Kollwitz a d�cid� de me r�compenser.

Et ils m'ont propos� un bon poste � la formation des jeunes recrues.

Tu vas �tre enseignant, comme moi?

En Allemagne.

Je sais, je sais. Au d�but j'ai pens� refuser �videmment.

Et puis j'ai r�fl�chi.

Lucienne, est-ce que tu veux devenir ma femme?

Je partirai le premier en Allemagne, tu me rejoins quelques semaines plus tard et on se marie.

L�-bas, �a ne posera pas de probl�me d'�pouser une Fran�aise.

Et puis mes parents seront surpris mais quand je leur dirai qu'on attend un enfant, ils accepteront.

En Allemagne.

Je ne sais pas. Ca voudrait dire que je quitterais tout...

Mon m�tier, mon p�re. Je ne le reverrai plus.

Avec le temps, les choses vont s'apaiser.

La guerre finira.

Et je ne parle pas allemand. Tu apprendras.

C'est une grande d�cision.

Laisse-moi un peu de temps. D'accord?

Mais le probl�me c'est que Kollwitz attend ma r�ponse ce soir.

Tu as la journ�e pour te d�cider.

Si vite!

C'est peut-�tre notre chance, Lucienne.

6 + 11 + 8 et je retiens.. Ca va?

... 2 . Vous aviez raison.

Il y a un probl�me au d�p�t de Saint Roch.

Il manque 60kg de beurre, 50kg de viande, et 200l de lait.

Oui. Ca fait beaucoup, quand m�me.

Je vais pr�venir le sous-pr�fet au plus vite.

Merci. Vraiment.

Oh je ne sais pas ce qu'il a aujourd'hui mais alors il est... ronchon.

C'est peut-�tre parce qu'on a d�cid� de changer de nourriture il y a quelques temps.

Ah bon. On a d�cid�. Oui.

Enfin, j'ai d�cid�.

Comme tu t'absentes assez souvent en ce moment, il faut bien que Sarah...

Je comprends.

Sarah, vous voulez bien l'emmener faire un tour.

Bien Madame.

C'est quoi, tout ce fatras?

Un d�tournement de marchandises qui alimente le march� noir.

Et on vient de trouver d'o� �a venait.

Ah... Tu sais que tes patients attendent leur consultation depuis plus d'une heure.

Les villeneuvois attendent du beurre et du lait depuis des mois.

Ch�rie, qu'est-ce qui se passe?

O� on va, Daniel?

Tu partages plus de choses avec une domestique qu'avec moi.

Tu exag�res. Non!

Non. Mais j'ai tort de t'en vouloir.

Le probl�me il vient de moi.

Mais qu'est-ce que tu racontes?

L'autre jour, quand je t'ai menti � propos de Blanche...

Ce n'est pas grave. Je n'�tais pas avec Jean.

J'�tais avec Henrich Muller.

C'est mon amant.

Monsieur B�riot?

Vous savez o� est le cahier de musique? Je le cherche depuis ce matin.

Je crois que je l'ai mis dans le troisi�me tiroir dans mon bureau.

Ce n'est pas sa place habituelle!

Je m'excuse. Je... Je me trompe toujours.

Qu'est-ce qu'il y a? Ca ne va pas?

Vous faites une dr�le de t�te.

Non, �a va, non. Surmenage peut-�tre, trop de courrier...

Ca va, vous?

Oui.

A vous, je peux le dire... Kurt m'a demand� en mariage.

... et il veut m'emmener en Allemagne.

En Allemagne!

Mais c'est.....

C'est tr�s inattendu.

Vous croyez que c'est possible, pour une femme fran�aise d'�tre bien l�-bas?

Ecoutez, j'ai un cousin qui est parti travailler l�-bas � Munich

donc m�canicien de chemin de fer, il dit que ce n'est pas mal. La bouffe est bonne...

Mais je ne parle pas allemand.

Et bien, vous apprendrez.

Lucienne, vous me manquerez.

Vous aussi, Monsieur B�riot.

Enfin, si je pars.

Bon, j'y vais.

Les enfants m'attendent.

J'ai essay� de revenir vers toi, Daniel...

... sinc�rement, j'ai essay�.

Mais avec toi tout est si douloureux, si lourd. On dirait que tu portes constamment le poids du monde sur les �paules.

Avant, �a ne te g�nait pas. Qu'est-ce que tu en sais?

J'ai toujours �t� comme �a, Hortense.

Depuis la communale. Et j'�tais comme �a quand on s'est rencontr�, il y a plus de 10 ans, je te rappelle.

Je ne sais pas. C'est depuis la guerre, l'occupation...

Tu prends tellement tout � coeur. J'ai l'impression que toute la mis�re du monde traverse le salon.

Mais enfin, c'est toi qui m'a conseill� d'accepter la mairie.

Tu disais m�me que personne ne pouvait faire �a aussi bien que moi.

Oui, c'est vrai, Daniel, personne ne peut �tre maire aussi bien que toi.

... seulement �a me fatigue. Si tu savais comme �a me fatigue!

Et moi, ce qui me fatigue, Hortense, c'est qu'on est encore en train de parler de moi, de comment je suis, comment je ne suis pas...

... mais ce n'est quand pas moi qui suis all� avec Jean et aujourd'hui qui va avec un autre.

Un Boche, en plus !

Est-ce que tu es seulement venue me voir avant de faire �a pour me dire que quelque chose n'allait plus entre nous?

Pour me dire que je prenais tout trop � coeur � part toi, si je comprends bien.

Si tu le prends comme �a, �a ne sert � rien de discuter.

Si, si. Parlons-en. Discutons-en au contraire.

On me reproche toujours de ne jamais dire ce que je pense. Et bien je vais te le dire, ce que je pense.

Je pense que tu te payes ma t�te.

Je pense que tu as envie de vivre des aventures de gamine et que tu n'es m�me pas capable de le reconnaitre.

de le comprendre m�me.

Ce n'est jamais toi qui fais, c'est toujours moi qui d�fais.

Va les vivre tes aventures de gamine et arr�te de me reprocher d'�tre ce que je suis.

Tu entends comment tu me parles!

J'en ai assez. Je dinerai seule dans ma chambre.

Monsieur?

Je... Vous avez besoin de moi? Oui, Sarah...

Refaites-moi un de vos merveilleux caf�s, l�.

Et apportez-moi mon pardessus gris.

Camarade.

Camarade.

Alors, finalement tu n'as pas parl� � Edmond.

Non. J'ai essay�, mais il est vraiment insupportable.

Quand il explique la lutte des classes, il est presque int�ressant.

Tu sais, j'ai r�fl�chi depuis l'autre jour.

Il faut absolument que tu cesses de voir ce flic.

Je veux dire d�finitivement.

Que tu coupes, quoi.

Mais si je fais �a, �a va l'agacer.

Tu dois le revoir quand?

J'ai promis de l'appeler d'ici 15 jours.

Bon. Ecoute, d'ici l�, l'op�ration aura eu lieu.

On aura tous d�m�nag�, non?

C'est Emilie.

Elle fait des m�nages chez Madame Berthe.

Bonjour camarade. Bonjour.

Je n'ai pas beaucoup de temps. Mon petit dernier a de la fi�vre.

Explique lui comment tu vois la chose.

Assieds-toi.

Il faut que ce soit demain parce que Madame Berthe n'est pas l�.

Comment je fais pour entrer sans me faire voir?

Par l'entr�e de service.

La porte est ferm�e � cl�, mais j'ai la cl�.

Tu arrives directement dans le couloir des chambres.

Si je croise quelqu'un?

Et bien tu es le plombier.

Le plombier? Oui. Un bleu de travail, une sacoche, �a fera la blague.

Quand ils vont au bordel, les boches, ils viennent avec leur arme.

Pas toujours. Mais demain il y a le lieutenant Braun qui vient.

Lui a toujours son arme.

Avec l'�tui en bandouli�re, dans la ceinture, comme �a.

Il vient � quelle heure?

9h. R�gl� comme le laitier.

Et la chambre de Violette, c'est laquelle?

C'est la chambre 7. Alors ce qu'il y a avec lui c'est qu'il laisse sa veste et son �tui sur un porte manteau pr�s de la porte.

Ils ne te verront pas, ... du lit... Et s'ils ne sont pas dans le lit?

Et bien tu dois �couter � la porte.

Violette elle est du genre bruyante.

Si la fille me voit, les Boches vont la d�couper en rondelles.

Tu crois qu'elle risque quelque chose?

On risque tous quelque chose.

Il faut absolument que je la r�cup�re demain matin premi�re heure, sinon je suis fichue.

Il y en a une autre?

Madame Berthe. Puis il y en avait une troisi�me mais elle est perdue.

C'est ma s�curit� cette troisi�me cl�. N'importe qui a pu la trouver ou la voler.

Bon. Je vous laisse.

Je ne veux pas laisser mon petit trop longtemps.

Bonne chance, camarade.

Merci, camarade.

Qu'est-ce que tu en penses?

Ben le coup de la troisi�me cl�, c'est faisable.

Mais j'ai peur pour la fille de la chambre.

Tu la connais?

Ah non.

Tant mieux.

Je suis un peu surpris de te voir l�.

Tu sais que c'est ici qu'on fabrique les casemates pour les boches.

Tu vas bien?

La routine. Et toi?

Je ne m'en sors pas tr�s bien.

De Kervern et Madame Morhange sont tr�s gentils, mais les uns sur les autres comme �a tout le temps...

Je me disais....

La ferme est toujours en m�tairie?

Ben non. Jeannine l'a vendue, tu penses !

Elle le regrette un peu, � cause des poulets.

De Kervern a retrouv� la tombe de Lorrain.

Ah bon!

Je suis all�e prier avec les enfants.

Je n'arrivais pas � imaginer Lorrain comme �a.

Ce petit monticule de terre.

Il n'a m�me pas son nom.

Et m�me pas une croix.

Il est mort comment ?

Il est mort, c'est �a qui compte.

J'ai besoin d'aide Raymond.

J'ai vraiment besoin d'aide.

Si je te trouve un travail, �a pourrait t'aider?

Ca serait bien.

On est mal parti.

Ca m�rite l'exclusion, �a!

Ben � quoi tu penses ?

Je ne sais pas.

A la vie.

Tu penses � la vie!

Quelle dr�le d'id�e.

Je pense au type qu'on va descendre avec le pistolet.

Si j'arrive � le piquer. Les boches?

Oui. Eh bien? Il est peut-�tre dans un lit en ce moment en train de dire des mots doux � une femme.

Ah oui. Contrairement � toi!

Je ne sais pas si j'arriverais � tirer.

A mon avis, tu n'auras pas � le faire.

Yvon voudra le faire lui-m�me.

Je n'arrive pas � accepter que pour faire gagner la vie, il faille donner la mort.

Arr�te de penser, un peu.

Un bon militant n'arr�te jamais de penser.

En fait c'est plut�t l'inverse. A force de penser, tu risques de remettre en question la ligne.

Un bon militant, �a ne pense pas, �a ob�it.

Alors, �coute moi bien, camarade.

La ligne du jour, parce que la ligne change souvent, quand m�me...

... c'est tu la fermes et tu m'embrasses.

Monsieur B�riot. Madame Schwartz?

Je voulais m'excuser pour ma sortie pendant le concours de g�teaux.

Je voulais vraiment gagner... Je suis d�sol�e.

Oh bien, non. Ecoutez, ce n'est pas grave. Enfin je veux dire,

c'est surtout aupr�s de Madame Cr�mieux qu'il faudrait vous excuser.

Mais je vais le faire.

Je vais le faire. D'ailleurs je compte l'inviter � une causerie litt�raire � la maison du prisonnier.

Mais je croyais que vous n'acceptiez pas les isra�lites dans vos fameuses causeries.

On peut faire une exception.

Et puis attention, il y a juif et juif.

Madame Cr�mieux elle pr�sente tr�s bien.

Elle est distingu�e comme il faut, cultiv�e mais pas trop...

Excellente patissi�re.

Vous viendrez?

Pourquoi pas?

Tr�s bien.

Et, sinon... rien de sp�cial, dans l'�cole?

Non. Pas de nouvelles particuli�res?

Pas que je sache, non.

Vous savez, moi je ne suis que le directeur.

Si vous voulez bien m'excuser.

Bon, je vous laisse. C'est �a.

Bon, et bien il faut pr�venir les services de ravitaillement. Surtout pas!

Un tel niveau de d�tournement cela suppose des complicit�s chez eux.

Alors, vous sugg�rez quoi?

Il faut faire une descente au d�p�t de Saint Roch.

Pi�ger les traficants et faire un article dans le journal de Villeneuve.

Les gens seront contents de voir qu'on fait vraiment quelque chose contre le march� noir.

C'est bien de lutter contre le march� noir.

Mais impliquer les services du ravitaillement ce n'est gu�re souhaitable,

cela risque de miner la confiance du public envers le Mar�chal.

Alors, faisons cette descente au nom du Mar�chal.

Larcher, on ne peut pas comme �a se revendiquer du Mar�chal, il faut que je fasse une demande officielle.

Et �a prendra longtemps?

Le temps n�cessaire.

De toute fa�on en ce moment je n'ai pas les effectifs.avec les attentats, la priorit� c'est la lutte anticommuniste.

Mais enfin, c'est incroyable. On dirait que vous voulez prot�ger les trafiquants

Larcher, je vous en prie.

Vous avez des soucis en ce moment ou quoi?

Excusez-moi. Je n'ai pas dormi cette nuit.

Mais la priorit� c'est quand m�me le ravitaillement, non?

Non. La priorit� c'est d'�viter que les allemands se mettent � fusiller � tour de bras.

Alors on ne fait rien!

Laissez-moi votre dossier. D�s que la tension sera retomb�e, je verrai ce que je peux faire.

Kurt, ma r�ponse est... oui.

Oui!

Demain matin � 10h, je t'expliquerai tous les d�tails.

Je t'aime.

Maman.

Je suis ici, mon amour.

Bin qu'est-ce que tu as, mon lapin? Tu as l'air tout chose.

Tu sais, Gustave il ne fait que parler avec H�l�ne.

La maitresse c'est moi qu'elle punit.

Ce n'est pas juste. J'ai des lignes.

Elle te punit, la maitresse?

Et tu ne lui as pas dit que c'�tait Gustave?

Si mais elle m'a quand m�me puni.

Tu devrais prendre tes distances avec Gustave.

Il n'a pas d'�ducation, pas de r�gles...

Qu'est-ce que tu veux! Un p�re �a ne peut pas remplacer une m�re, hein.

Et puis...pour ta maitresse...tu ne t'inqui�tes pas...

Bient�t tu en auras une nouvelle.

Ah bon. Elle va partir, Mademoiselle Borderie?

C'est possible.

Attention, c'est un secret entre tous les deux. Tu ne dis rien � Gustave. Promis?

Allez. Va prendre ton bain.

Tu es rentr�, mon grand.

Je vais chercher son petit costume gris chez la couturi�re, Madame.

Vous voulez que je poste votre lettre? C'est sur ma route.

Non, merci, Jos�phine. C'est gentil mais je vais le faire moi-m�me.

Vous �tes oblig� de boire �a?

Vous en voulez?

Vous savez, Monsieur le maire...

...je ne demande qu'� vous aider. Je n'ai le droir de faire aucun acte. Je vous rappelle que Servier m'a mis � pied.

C'est pour cela que j'ai besoin de vous. Il me met des b�tons dans les roues.

Ah bon? C'est bizarre �a.

Livraison?

Mais il laisse tourner le moteur. En ce moment les vrais livreurs ils coupent.

Mauvais genre, le zozo l�.

Pas de bordereau, pas de signature, � priori c'est du noir.

Et maintenant, on fait quoi?

Vous arr�tez le type et vous le secouez.

Mais je n'ai pas le droit, Monsieur le Maire.

Je n'ai m�me pas le droit d'aller au commissariat.

Et moi, j'ai le droit de requ�rir tout citoyen dans le cadre d'une enqu�te d'utilit� publique.

Je vous requiers.

Pour le zozo, amenez-le � la mairie.

Champagne? Non merci. Champagne. Plombier.

Viens sur moi.

Embrasse-moi.

Mais tout cela c'est tr�s bien, J�rome... Michelet, mais qu'est-ce que tu as � me raconter?

Je voudrais savoir ce que je fais ici.

Quand on t'a arr�t� tu avais un pistolet sur toi, quand m�me.

Les rues ne sont pas s�res. Aaaah!

Et tu �tais en train de faire quoi, au d�p�t Saint Roch?

Je me promenais. C'est interdit?

Non.... Non, mais on t'a vu r�ceptionner de la marchandise.

Viande, lait, beurre, la totale.

Oui, c'est... c'est parce que...

J'aide un ami. Ce n'est pas officiel.

C'est le proprio de l'entrep�t.

Il s'appelle comment?

Caberni.

Louis Caberni.

On peut le trouver o�, ce Caberni ?

Il a disparu depuis une semaine.

Vous ne vous parlez pas entre poulets ou quoi?

Tu as int�r�t � changer de ton avec moi, J�r�me, parce que l� je t'ai pris en d�lit de march� noir et c'est du lourd.

50kg de viande, presque 100l de lait. Dans la conjoncture actuelle �a fait entre 5 et 10 ans, �a.

Ce n'est pas du march� noir. Ah non? Il n'y a pas de bordereau de livraison, la viande n'a pas le tampon du service.

Et ton chauffeur, l�, je peux te dire que d'ici ce soir il se sera mis � table.

Alors au lieu de raconter des conneries tu ferais mieux de balancer tes contacts au ravitaillement.

Vous pouvez m'expliquer?

Oui. C'est un flagrant d�llit de march� noir... et c'est du lourd.

Tais-toi.

Vous continuez � travailler alors que vous �tes mis � pied.

J'ai �t� r�quisitionn� par Monsieur le Maire, c'est tout � fait l�gal.

Je vous ai suspendu. Et une suspension pr�fectorale est opposable � tout acte du maire.

Larcher le sait tr�s bien. Il ne peut pas vous r�quisitionner.

Et vous connaissez cet individu!

Je n'ai pas � vous r�pondre.

Vous auriez int�r�t, monsieur le sous-pr�fet, parce que m�me mis � pied, j'ai une langue.

... et le maire a des oreilles.

Cet individu, comme vous dites, est mon neveu.

et une plaie.

Mais enfin! Je t'ai dit de te taire.

Tu veux t�ter de la prison?

Je crois que vous devriez parler de toute urgence avec le maire, monsieur le sous-pr�fet.

Je sais.

Merci.

Alors?

Ca s'est pass� comment?

Violette m'a vu.

Et comment elle a r�agi?

Elle a serr� le boche contre elle.

Oh! Elle n'a pas invent� la poudre, Violette, mais elle sait manier les hommes.

Elle s'en sortira.

Esp�rons.

Sinon, vous aviez raison. Ca c'est bien pass�, ce contr�le fiscal. J'ai toujours raison.

N'exag�rez pas, quand m�me...

Exag�rer, Raymond. C'est tout ce qui nous reste en ces temps troubl�s.

Ca et les femmes. La v�tre se porte bien?

Tr�s bien. J'ai un petit service � vous demander.

Je vous �coute. L'ancienne m�tay�re de ma ferme cherche du travail...

Elle est veuve, deux enfants. C'est quelqu'un de tr�s bien, tr�s d�gourdie et elle peut faire.... tout.

Pourquoi vous ne l'engagez pas � la cimenterie?

Parce que Jeannine ne l'aime pas.

Une vieille histoire de poulets qui n'ont pas �t� livr�s � temps pour son anniversaire.

Voil�. Je ne peux pas l'engager officiellement.

Si je la prends ici, �a ne va pas am�liorer les comptes. Ah ne vous inqui�tez pas pour �a...

Ce sera un grand service.

Du genre de ceux qu'on n'oublie pas.

Elle est de bonne moralit�? Ah Oui, oui, oui.

Elle a fait trois mois de prison parce que son mari a �t� impliqu� dans une affaire plus ou moins antinationale.

Ca ne va pas vous g�ner, �a.

Dites-lui qu'elle commence demain.

Merci, vraiment, hein.

Je vous en prie.

A part �a un policier est venu me voir hier.

L'inspecteur Vernet. Il m'a pos� plein de questions sur vous, sur Caberni, mais sans rien vouloir me raconter. Il y a un probl�me.

Ah apparemment Caberni aurait disparu depuis une semaine, mais enfin bon...

On ne va pas s'en plaindre!

A bient�t. A bient�t.

Vous aussi, mademoiselle .... Violette, c'est �a?

Allez-y.

Mettez-vous dans la position, comme vous �tiez. Allez, allez.

Et vous, mademoiselle Violette vous aussi, vous n'avez rien vu, �videmment.

Je regardais au plafond.

Et vous, madame Estabet, vous �tes la femme de m�nage, c'est �a?

Oui.

Et pour venir travailler, vous passez par la petite porte de service d'en bas, je suppose.

Oui. Mais aujourd'hui je ne suis pas de service donc je n'ai rien � voir avec tout �a, moi.

Vous avez une cl� de cette porte?

Oui.

Parce que... je crois que le terroriste est pass� par cette porte, vous savez.

Qui a un double de cette cl�?

Madame Berthe.

Et c'est tout?

Non. Il y en avait une 3�me... mais on l'a perdue il y a quelques semaines.

Elle a �t� perdue ou alors, peut-�tre vol�e.

Ah mais, euh... on l'a retrouv�e la 3�me cl�. Elle �tait sous le comptoir, dans le hall.

Madame Berthe ne t'a pas dit?

Non. Tu dois te tromper.

Ah non, je t'assure. C'est moi qui l'ai retrouv�e.

Et elle est o�, cette cl�?

Juste � c�t�.

Vous pouvez aller la chercher, s'il vous plait.

Accompagnez-la.

Vous voyez. Tout est arrang�.

Oui. Tout est arrang�.

Merci.

Madame Estabet, je crois que nous allons poursuivre ce passionnant entretien dans mon bureau.

J�r�me est le fils de ma soeur....

Il est ing�rable, d�pensier, de moeurs plus que douteuses...

Je l'avais confi� � une relation d'affaires, un type formidable...

... qui a myst�rieusement disparu il y a une semaine.

Louis Caberni.

Comment vous le savez?

C'�tait visiblement lui, l'organisateur du trafic.

...et le propri�taire de l'entrep�t. Votre neveu ne faisait que l'assister.

De mieux en mieux!

Qu'est-ce que vous voulez, Larcher?

Ce que je veux?

J�r�me est le fils de ma soeur. Qu'est-ce que vous voulez?

Je veux qu'on organise une grande distribution de nourriture avec les marchandises d�tourn�es.

... r�serv�e aux plus d�favoris�s.

Toujours votre id�e fixe!

C'est un peuple qui soutient le r�gime, vous savez!

Et je veux que vous leviez la suspension de de Kervern.

C'est un antinational.

Votre neveu aussi, monsieur le sous pr�fet, et d'une fa�on autrement plus grave � mes yeux.

Ah qu'est-ce qu'ils sont chiants!

Pire que mes beaux parents dis donc.

Monsieur Schwartz? Oui! Monsieur Schwartz?

Il y a un monsieur...

Inspecteur Vernet, s�ret� nationale.

Monsieur.

Vous... connaissez M. Caberni?

Louis Caberni.

C'est une relation d'affaires.

Il n'a pas donn� signe de vie depuis une semaine.

Vendredi dernier, exactement.

Vous l'avez vu ce jour l�, n'est-ce pas?

Vendredi, Vendredi...

En fin de matin�e, oui, effectivement.

Quel genre d'affaires vous faisiez avec lui, M. Schwartz ?

Il s'est occup� de l'aryanisation d'une entreprise que j'ai rachet�e, les �tablissements Albert Cr�mieux.

Oui, je connais.

Ca rapporte, les aryanisations?

Comme �a.

Vous savez, Caberni est peut-�tre en voyage. Il voyage beaucoup, je crois.

Ca m'�tonnerait. M. Schwartz, on a retrouv� sa voiture dans la for�t ce matin avec des traces de sang.

Pas tr�s loin d'ici, d'ailleurs.

C'est beaucoup plus inqui�tant, �a effectivement.

Et pourquoi vous vous �tes vus vendredi, alors?

Eh bien je viens de vous le dire, pour une aryanisation.

Elle �tait sign�e depuis 15 jours, M. Schwartz.

Alors, pourquoi est-il venu vous voir.

Pour me proposer une autre affaire.

Encore une aryanisation.

Je ne sais pas. Il n'est pas venu donc on n'a pas pu en discuter.

Et �a ne vous a pas inqui�t�?

Vous savez, des rendez-vous j'en ai tellement, et les affaires ce n'est pas ce qui manque non plus alors...

Et finalement, vous avez fait quoi, ce soir l�?

Je suis all� � la c�r�monie pour le retour des prisonniers, � la mairie.

Maintenant, personne n'est venu me voir. Ca vous va?

Je ne vous soup�onne de rien, vous savez...

Mais votre m�tier c'est de soup�onner tout et tout le monde, Non?

Merci pour votre temps, Mr Schwartz.

On reste en contact.

Beaucoup de patients?

Non. Quatre.

Madame est sortie ce matin. Elle est partie avec son sac de voyage beige que vous lui aviez ramen� de Paris.

Je lui ai demand� si elle comptait rentrer pour d�jeuner, mais elle ne m'a pas r�pondu.

Elle n'a pas dit o� elle allait?

Non, Monsieur.

Bonjour, Messieurs-dames.

Je suis d�sol�e, Monsieur.

Allo?

M. Larcher ? Kreiskommandant Kollwitz � l'appareil. Je vous demande de venir imm�diatement � la Kommandantur.

Le vol d'une arme � un officier en ce moment, c'est dramatique, Monsieur le Maire.

Je vais devoir prendre d'autres otages, avancer le couvre-feu...

... faire subir toute une s�rie de vexations � la population.

Il s'agit certainement d'un acte isol� commis par un irresponsable.

Mais vous n'�tes pas au courant de ce qui s'est pass� � Bordeaux?

� Rouen, � Li�ge? Nous sommes face � une action concert�e et nous allons r�agir en cons�quence.

Qu'est-ce que vous voulez que je vous dise, mon commandant.

Nous n'avons aucune influence sur les terroristes, vous le savez bien!

Vous ne nous aidez pas assez dans la lutte anticommuniste, Monsieur le maire.

Nous vous demandons la liste des militants d'avant guerre, vous ne les donnez pas.

Nous vous demandons de nous communiquer la liste des communistes que vous arr�tez. Vous ne les donnez pas!

Vous faites le jeu des terroristes, Monsieur le maire.

Je vais voir avec notre police et le sous pr�fet ce qu'on peut faire. Je vous le promets.

Communiquez au plus vite ces informations au SD Heinrich Muller.

Qu'est-ce qui vous fait rire?

Rien.

Vous avez un probl�me avec le SD ou quoi? Non, non.

Monsieur le maire, si vous voulez que nos rapports se passent le moins mal possible vous feriez mieux de me dire ce qu'il y a.

Oh, mais �a n'a rien � voir avec...

C'est.. un probl�me d'ordre priv�.

Priv�? Ca n'existe pas en temps de guerre.

Heinrich Muller. Il couche avec ma femme Heinrich Muller, mon commandant.

Alors je vais avoir un peu de mal � collaborer avec lui.

Bonjour. Bonjour.

Le feldwebel Wagner devait me rendre des partitions aujourd'hui. Ah bon.

Il n'est pas venu.

Ah bon!

Vous ne l'avez pas vu?

Non, Madame.

Bah, c'est que ces partitions sont tr�s importantes pour moi. J'en ai besoin.

Il est souffrant?

Kurt a �t� convoqu� au plenreich (?) du Kreiskommandant.

Ce n'est pas bon du tout.

Je crois que c'est � cause de vous.

Tu as parl� de nous � ton mari?

Oui... mais je ne pouvais pas faire autrement. Je trouvais que �a salissait notre histoire.

Il a visiblement parl� � Kollwitz.

Tu en es s�r?

Et Kollwitz a exig� que je cesse imm�diatement de te voir.

Et...?

Et alors. Pas question que j'ob�isse � un abruti de la Wermacht.

Mais pourquoi tu joues comme �a avec moi?

Mais pourquoi tu as parl� � ton mari?

Non, non. Ne r�ponds pas, tu as tes raisons.

Vous vous �tes vraiment disput�s!

Oui. Et le b�b�?

J'irai le voir demain.

... ou apr�s-demain.

Mais, en attendant, je ne sais pas o� dormir.

Va � l'H�tel Moderne. Tu diras que tu viens de la part d'Henri.

Ils ne te poseront pas de questions et ils te donneront une belle chambre.

Et moi, je viendrai te retrouver plus tard.

Ca va? Oui.

L�, j'ai du travail.

Allez. A tout � l'heure.

Alors, madame Estabet?

A qui avez-vous donn� cette cl�?

Je ne sais pas de quoi vous parlez.

Je ne m'en s�pare jamais.

Comment le terroriste est-il entr�?

Vous accusez Madame Berthe.

Violette? Non, je n'accuse personne.

Vous fumez?

Non.

Madame Estabet? A qui avez-vous donn� cette cl�?

Je ne sais pas ce que....

Vous aimez la douleur?

Vous parlerez, Madame Estabet. Tout le monde parle. Plus ou moins vite, c'est le seul myst�re.

donc... voulez-vous souffrir un peu ou beaucoup?

Je n'ai rien � voir avec tout �a, vous vous trompez.

J'aimerais tant vous croire.

Nous avons de la visite. Venez.

Venez.

Vous voyez?

Alors, qu'est-ce qu'on fait, maintenant?

Je fais entrer votre fils ou vous me dites ce dont j'ai besoin?

Laissez-le partir.

Apr�s. A qui avez-vous donn� la cl�? A un homme qui s'appelle Paul. Communiste?

Oui. Bien. Paul comment?

Je ne sais pas.

Oh, non. Je vous en supplie. Laissez-le partir.

Apr�s. Le nom?

C'est le fr�re du maire.

Marcel Larcher.

S'il existe un moyen de te faire renoncer, dis-le.

La vis�e est l�g�rement d�cal�e sur la gauche.

Il faut que tu corriges.

Merde. On a combien de balles en tout?

Encore 8.

Ne vous inqui�tez pas. A la distance o� je serai, je ne le raterai pas.

Tu ne pr�f�res pas que ce soit Max qui s'en charge?

C'est ma mission camarade.

J'ai �t� mandat� pour �a par le parti.

EH bien, justement. Pour accomplir ta mission il faudrait peut-�tre que... C'est moi qui le ferai.

Pour ce qui est de la cible, j'ai r�fl�chi, il faut que ce soit le commandant de la place.

Je sais que �a augmente la difficult�, mais comprenez bien, camarades...

Si m�me le grand chef peut se faire descendre, �a veut dire que n'importe quel boche peut se faire descendre.

Kollwitz, pr�s de la commandanture... Impossible!

Quelqu'un sait o� il habite?

Dans une caserne � 10km d'ici.

Est-ce qu'on connait un endroit o� il se rend r�guli�rement?

Ah pas qu'on sache, en tout cas.

Ah... si.... Il y a un endroit o� il se rend... enfin o� il peut se rendre...

Les �tablissements Schwartz.

C'est quoi, les �tablissements Schwartz?

C'est une boite qui fait du b�ton pour les Boches et o� Paul travaille.

Mais Kollwitz ne vient pratiquement jamais!

Ca ne devrait pas �tre trop difficile de le faire venir.

Tu travailles dans une boite qui fait du b�ton pour les Boches ?

Ben oui. Mais c'est formidable. Tu connais parfaitement les lieux alors!

Qu'est-ce que tu en penses, Max?

Oui, c'est... c'est faisable.

Il y a un truc qui n'est pas possible, si on fait �a l�-bas. Quoi?

Kollwitz, il sera forc�ment avec Schwartz. Et alors?

Et alors, Schwartz il me connait.

Il me verra.

Il me d�noncera.

Eh bien il faudra qu'il ne soit plus en �tat de te d�noncer.

25 octobre 1941

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