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Original subtitles

LE TUEUR DE BOSTON

Helen ?

Helen, ça va ?

C'est lui qui nous a prévenus ?

C'est moi.

C'est vous Rosten, qui avez appelé ?

Oui.

Vous l'avez identifiée ?

- Helen Lawson. - Comment le savez-vous ?

Nous allions nous marier.

Que faisiez-vous, ici, au milieu de la nuit ?

Elle attendait mon appel.

Elle a pris le combiné et...

Elle a poussé comme un hurlement. J'étais pas sûr que...

Pas sûr de quoi ?

On aurait dit que le téléphone venait de tomber.

J'ai essayé de rappeler encore. Mais c'était occupé.

Alors, vous êtes venu voir ce qui s'était passé ?

Oui.

Faites-lui signer le procès-verbal.

Lieutenant.

- Le labo a examiné ça. - Ils ont trouvé quelque chose ?

- Rien. Comme pour les autres. - Alors, on part à égalité de chances.

Qu'espériez-vous ? Des empreintes ?

Non, mais un indice quelconque. N'importe quoi...

Du sang. Un bout d'ongle cassé...

Vous voulez garder ça ?

Non, renvoyez-le au labo.

Voici le premier rapport d'autopsie.

Stanford n'a pas perdu son temps.

Ça doit être le camion de lait.

Oui, il est à l'heure. Comme d'habitude, Lieutenant ?

Oui, merci.

Frank.

- Vous avez tout noté ? - Toujours la même routine.

Ça ne m'avance pas. J'aurais pu trouver ça tout seul.

Helen Lawson, 25 ans, infirmière.

C'est avec son bas qu'on l'a étranglée.

- Ça fait 8 victimes de l'étrangleur. - Ça doit être ça, en effet.

Le médecin a examiné le corps, voilà ses premières conclusions.

Il n'y a pas eu de viol, et le corps n'a subi aucun outrage après le décès.

Que cherche-t-il en tuant ?

Premier service.

Vous aurez vite de l'avancement.

Il n'est pas bon ?

C'est mon estomac qui est détraqué.

Tous les rapports des inspecteurs sont là, j’ai fait établir un résumé.

Comme d'habitude, le crime a eu lieu dans un appartement.

On n'a vu rôder aucun suspect, ni entendu de bruits de lutte.

Aucune trace d'effraction sur les portes, et rien n'a été volé.

Helen Lawson était parfaitement respectable.

Où travaillait-elle ?

A la polyclinique Kramer, et avant, dans d'autres hôpitaux.

Ces pilules doivent maintenir éveillé. Je dormirais bien un peu, pourtant.

Allez.

Helen Lawson a dû être aperçue au moins une fois par l'assassin.

Sans doute là où elle travaille.

On a déjà contrôlé les hôpitaux, cliniques pour les précédents crimes.

Ce n'est pas une raison, Mack.

On est des millions dans cette ville. On en a contrôlé moins de 4 000.

Vous pensez qu'on aura plus de chance cette fois ?

Je ne le pense pas, je l'espère.

Le centre médical vient de téléphoner.

Ils voulaient savoir si vous aviez étudié leurs tests.

- Je n'ai pas eu le temps. - Ils attendent après vous.

- Je vais m'y mettre. - D'accord.

Au fait, on vous attend au bureau de la direction.

- Pourquoi ? - Le Dr Morton l'a ordonné.

Tous les employés masculins sont convoqués.

Je crois que la police fait une nouvelle enquête.

J'y vais.

Et pendant ce temps-là, ils disent qu'on ne fait rien.

Ne restez pas trop longtemps. Je ne peux pas finir ces tests moi-même.

Envoyez-nous le suivant.

Ces deux inspecteurs veulent vous poser quelques questions, Mr Kroll.

Asseyez-vous.

Je leur ai assuré que tout le personnel de l'hôpital les aiderait de son mieux.

Avez-vous beaucoup de relations avec les autres services de l'hôpital ?

Non, pas vraiment. Mon travail me retient toujours au labo.

Où habitez-vous ?

J'ai un appartement sur la place Arezza.

Vous êtes marié ?

Non.

Vous vivez seul ?

Mon père est décédé. Ma mère vit encore.

Avez-vous entendu parler de la polyclinique du Dr Kramer ?

- Naturellement, oui, un peu. - Y êtes-vous allé ?

Non.

Connaissez-vous quelqu'un qui y travaille ou qui y a travaillé ?

Non.

Connaissez-vous une dénommée Helen Lawson ?

Non.

Elle était infirmière, et travaillait à la polyclinique Kramer.

Elle a été étranglée, la nuit dernière.

Oui, je sais, je l'ai lu dans le journal, ce matin.

Elle avait travaillé ici, dans cet hôpital, il y a 6 mois environ.

A cette époque, l'avez-vous connue ?

Je vous ai dit que je ne la connaissais pas.

Il est possible que je l'ai rencontrée, mais j'ignorais qui elle était.

Où étiez-vous, la nuit dernière ? En particulier, entre 21h et minuit.

J'étais chez moi.

Votre mère était à la maison ?

Ma mère est infirme, elle doit rester au lit.

Des questions, Posner ?

Non.

Alors, ce sera tout.

Merci pour votre coopération, Mr Kroll.

Je regrette de n'avoir pas pu vous aider davantage.

Au suivant.

- Mr Kroll, s'il vous plaît. - C'est moi, Léo Kroll.

Clara Thomas, l'infirmière de nuit. Votre mère veut vous parler.

Viens-tu me voir, ce soir, Léo ?

- Ça fait des heures que je t'attends. - Oui, maman, je sais.

Je viens juste de rentrer. J'ai dû travailler tard, ce soir.

Ça va, Léo. Viens.

Non, maman, pas ce soir. Je n'en peux plus, je vais me coucher.

Léo, viens ce soir, je te le demande.

Maman, je suis épuisé. Je vais me coucher. A demain.

- Léo ! - Au revoir, maman.

Léo !

Regarde qui est là.

Notre gros habitué. Ça fait longtemps qu'on ne vous avait vu.

Où étiez-vous donc passé, tous ces derniers jours ?

Nulle part. Je voyageais. Et je suis revenu.

Pour une semaine ou deux.

Il va falloir se méfier. Chaque fois que vous venez ici, vous gagnez une poupée.

J'ai de la chance.

Je me réjouis de votre chance. On aime faire plaisir à nos habitués.

Pas trop, quand même. Sinon, il faudra changer de boulot.

Pourtant, regarde à Las Vegas. Ça leur fait de la publicité si quelqu'un gagne.

Dany a le sourire commercial. Je me contente de l'aider.

Quand un client emporte un lot, je prends ça comme une insulte.

Barbara n'a qu'une idée en tête : la recette.

Vous avez fini votre journée ?

J'avais l'intention de faire une ou deux parties.

Il va encore tout gagner.

Vous aimeriez que je reste ici pour vous porter chance ?

- D'accord. Parce que c'est vous. - Merci.

Tu as vu ce coup !

Vous êtes drôlement fort à ce jeu.

Ma parole, vous vous entraînez chez vous !

Je n'ai pas de chez moi, mademoiselle. Je suis presque toujours en voyage.

Je ne passe par ici qu'une ou deux fois par mois.

Heureusement. On serait ruinées si vous habitiez ici.

Moi, je trouve ça merveilleux de réussir à chaque coup.

Ça n'a guère d'importance. Ce n'est qu'un jeu.

Jeu ou pas, il y a des tas de gens qui passent leur vie entière

sans jamais réussir à faire quelque chose de bien.

Quand j'étais enfant, j'avais un jeu d'adresse.

Un jeu comme celui-ci. J'y jouais tout le temps.

Je suppose que vous étiez déjà un champion.

Non.

Pourquoi, vous étiez battu par votre père ?

C'est pas ça. Je ne jouais qu'avec ma mère.

Avec votre mère ?

C'était très important pour moi d'être meilleur qu'elle ne l'était.

Que voulez-vous dire ? Pourquoi était-ce si important ?

Chaque fois que j'avais quelque chose à faire, elle le faisait pour moi.

Inutile d'essayer d'expliquer.

Elle serait drôlement fière de vous. Vous avez gagné.

Eh bien, choisissez.

- Je prends une poupée. - Laquelle ?

Celle-là.

Vous au moins, vous ne choisissez pas les lots les plus chers.

Toujours la même chose. Vous devez avoir une sacrée collection de poupées.

Je ne les garde pas. J'ai un tas de nièces.

Je dois m'en aller, maintenant.

La prochaine fois que vous passez par ici, venez nous voir.

- Oui, comptez-y. - Au revoir.

Au revoir, Dany.

Etes-vous marié ?

Il est tard, Mme Kroll. Il va falloir vous préparer.

Mettez ceci.

Je ne veux pas mettre ça. On me prendra comme je suis.

Allons, Mme Kroll... Faites-vous belle pour votre fils.

Léo ne s'intéresse ni aux habits que je porte, ni à mon sort.

Mais si, voyons. Vous m'avez dit qu'il venait vous voir tous les soirs.

Il ne vient pas tous les soirs.

Il m'oublie quelquefois trois soirs dans un mois.

Bien des fils ne viennent pas si souvent.

Ils devraient.

Il n'a absolument rien de plus important à faire.

Quelle ingratitude.

Je peux vous dire que j'ai été une mère et un père pour ce fils.

Chacun d'entre nous grandit, Mme Kroll.

Même votre fils.

Ne me parlez pas de grandir, à moi.

Je suis bien vieille.

Vous savez, j’ai été jolie.

Quand Léo était un petit garçon, lui aussi me disait que j'étais belle.

Vous l'êtes encore, Mme Kroll.

Il sait que je m'impatiente, vers 19h. Quelle heure est-il, maintenant ?

Il est presque 20h.

Ne vous mettez pas dans cet état, Mme Kroll. Vous allez avoir une crise.

Rappelez-vous ce qui s'est passé hier.

Je vais lui dire ce que je pense de lui sans mâcher mes mots.

Tu es en retard. Où étais-tu passé ?

Je me suis arrêté pour t’acheter ça.

Tu ne m'as pas embrassée.

Je sais, maman.

Ce n'est pas une façon d'embrasser sa mère.

- Oui, je sais, mam... - Je t'en prie !

Oui, je sais, maman... On dirait un perroquet.

-Je m'excuse. - Tu es le plus agaçant des...

...des je ne sais quoi.

Est-ce que tu l'aimes, ta mère ?

Oui, bien sûr.

Je vais mettre ça dans un vase.

Ça, c'est mon fils.

Je t'aime, et tu m'aimes.

Emmène-moi dans le couloir, on va parler tous les deux.

D'accord, maman.

On a quelque chose à se dire ?

Tu n'es pas venu me voir, hier soir.

- Où étais-tu, Léo ? - Je suis resté à travailler.

Ainsi, tu ne sais rien de ce qui m'est arrivé.

Tu vois qu'il nous faut parler.

Qu'est-ce qui s'est passé ?

Tu ne tiens pas à le savoir.

Léo, tu fumes trop.

Tu te conduis comme ton père. Il exagérait toujours.

D'ailleurs, il est mort alcoolique.

Que voulais-tu me dire ?

Moi ? A quel propos ?

J'en sais rien, tu disais que c'était important.

Que s'est-il passé, hier soir ?

Léo, ta mère est à l’agonie.

Mon cœur, Léo... Il a failli flancher.

Tu n'es pas venu.

- Que s'est-il passé ? - Je ne sais plus.

Ils ne nous disent pas ce qu'on a, réellement. Je me suis évanouie.

Il m'a semblé qu'un couteau perçait mon cœur.

C'est tout ce dont je me rappelle.

Si Clara n'avait pas été là pour me faire une piqûre,

je n'aurais pas survécu.

C'est vrai.

Tu as eu beaucoup de chance, maman.

Je m'en suis sortie, mais je n'aurai pas toujours de la chance.

Clara, voici mon fils, Léo.

J'étais en train de lui parler de vous. Léo, voici Mlle Thomas.

Il veut vous dire toute sa gratitude pour m'avoir sauvé la vie.

Votre mère m'a beaucoup parlé de vous, Mr Kroll.

Je ne vous avais jamais vue.

J'étais dans l'équipe de jour. Je fais maintenant 16h - minuit.

Je pourrai continuer à veiller sur votre mère.

Sans elle, je serais morte.

Si Clara n'avait pas été là, Dieu seul sait ce que je serais devenue.

Je serais morte.

Elle m'a sauvé la vie, Léo.

Je m'en souviendrai.

Oui ?

Mlle Thomas, puis-je vous voir, je vous prie ?

Qui est là?

C'est Léo Kroll.

C'est urgent.

Il est arrivé quelque chose à votre mère ?

J'arrive.

Qu'est-il arrivé ? Votre mère dormait quand je l'ai quittée.

Je voulais avoir l'occasion de vous parler d'elle.

Est-ce vrai que son état est très grave ?

Mr Kroll, vous devriez voir son docteur.

Mais vous lui avez sauvé la vie ?

Peut-être bien.

Nous devrions parler de ça plus tard.

Mr Kroll, je sais que vous vous inquiétez pour votre mère.

Tant que je serai là, je prendrai bien soin d'elle.

Sans vous, elle serait sans doute morte, aujourd'hui.

On dirait...

que vous souhaitez que votre mère...

Non.

- Que voulez-vous en faire, Frank ? - Je l'ignore.

C'est peut-être important.

La seule chose qui ait été cassée dans cette chambre est cette poupée.

Elle a été délibérément jetée contre le mur, et brisée.

Qui l'a jetée ? L'étrangleur, ou Clara Thomas ?

Elle aurait pu la lancer sur l'assassin pour se défendre.

Mais la marque est si profonde que j'en doute.

A-t-elle pu être jetée par quelqu'un d'autre ?

Par qui ? Et pourquoi ?

Non, je ne le crois pas.

Les deux dernières personnes à être venues ici sont l'étrangleur, et Clara.

Je vais retourner à la voiture pour téléphoner.

Dès qu'ils auront fini de relever les indices,

emmenez la poupée au labo pour les analyses.

Tâchez de découvrir où elle a été achetée.

- Et aussi par qui. - Exactement, par qui.

Inspecteur Posner sur la 61.

Ici Posner.

C'est encore lui.

Ça fait 9 crimes au compte de l'étrangleur.

Le précédent date de moins d'une semaine, Lieutenant.

Vous dites ça à moi ?

La victime est Clara Thomas. Elle travaillait à la clinique du parc.

Allez faire la liste de tous ceux qui y travaillent

ou qui y ont travaillé depuis un an.

- C'est bien entendu ? - Entendu.

Vérifiez aussi la liste des malades, des parents, des visiteurs.

Tous ceux qui ont accès à cette polyclinique.

Oui, chef. Qui aurai-je avec moi ?

Tous les hommes disponibles. Ils vous aideront pour les interrogatoires.

Le Sergent Clyde viendra vous relever quand vous aurez fini.

Je veux tous les noms. Une liste complète.

Et je la veux en vitesse !

Vous n'avez pas entendu ça à la radio ?

- Tout le monde est au courant. - Je n'écoute jamais la radio.

Après tout, ça ne vous concerne pas. Vous êtes un homme.

Il ne tue jamais d'hommes.

Passez-moi des plaques, s'il vous plaît.

Je suis une femme, une infirmière.

Non, pas une infirmière.

Comment saurait-il la différence ? Je travaille dans un hôpital.

Il tue les infirmières et j'ai peur.

Savez-vous ce que je ferais ?

- Vous m'écoutez ? Savez-vous ce que je ferais ? - Quoi ?

J'ai une grande épingle.

Regardez-moi !

Si jamais il essaie de me toucher, je lui enfonce ça droit dans l'œil.

Charmant.

J'ai une copine, Norma...

Elle a toujours des gaz lacrymogènes sur elle.

Dans une éprouvette. Comme celles du labo.

Vous savez ce qu'on m'a dit, à la pharmacie ?

On dit que beaucoup de femmes, pour se défendre,

ont acheté des flacons d'acide, qu'elles gardent dans leur poche.

Très intéressant.

Dans la maison, il y a une dame qui a fabriqué un système d'alarme,

avec des bouteilles ficelées autour des portes et des fenêtres.

S'il essaie d'entrer chez elle, ça fera un drôle de boucan.

C'est stupide.

En quoi est-ce stupide ?

Vous croyez qu'il essaiera d'entrer sans jeter un coup d'œil ?

Ce n'est pas un chat. Il ne verra rien, dans le noir.

En êtes-vous sûre, Thelma ?

Bon, je vais déjeuner, j’ai faim.

J'ai minutieusement vérifié, Frank.

Le médecin aboutit aux mêmes conclusions.

Mort par étouffement dû à une strangulation.

Pourtant, il me semble qu'il y a quelques différences.

Quelles différences ?

Regardez bien ceci.

Ce sont des photos de plusieurs victimes.

Celle que vous regardez, c'est la cinquième victime.

Les yeux clos, elle semble détendue.

Un bas noué autour de son cou. Ni marques, ni contusions.

Voici la n°3, et c'est pareil.

Là, c'est la victime n°8, Helen Lawson, tuée il y a une semaine.

Encore un bas, et toujours aucun signe de coups.

Inutile de les regarder, toutes se ressemblent.

Exceptée la dernière.

Clara Thomas.

Pas de bas.

Pourquoi s'est-il servi de ses mains, cette fois ?

Vous avez posé la bonne question.

Il devait être très en colère contre elle.

Sur les autres victimes, il n'a laissé aucune marque.

Il a étendu les corps dans une position normale, avec précaution.

Il leur a même fermé les paupières.

Qu'est-ce qui l'a fait changer ?

Est-ce que ça veut dire quelque chose ?

Avait-il une raison personnelle d'en vouloir à Clara Thomas ?

Toujours le même schéma. Elle n'a pas été violée après le décès.

Elle aurait pu lutter davantage avec l'assassin,

mais ça n'a pas grande signification.

Elle n'était pas aussi grande que les autres, et sûrement pas aussi forte.

Apparemment, non.

Je ne crois pas qu'elle était en état de résister à son assassin.

J'ai une théorie sur le déroulement de ce meurtre.

- Voulez-vous l'entendre ? - Allez-y.

- Vous voulez du lait ? - Volontiers.

Après l'avoir étranglée,

l'assassin aurait dû se sentir poussé,

émotionnellement, à suivre ses habitudes.

A compléter l'horrible rituel qu'il a instauré.

Mais, au contraire, il n'avait pas le cœur à l'ouvrage.

Excusez cette image pitoyable que je viens d'utiliser.

Mais elle décrit bien ce que je veux dire.

Que voulez-vous dire ?

Peut-être qu'il n'a pas tué Clara Thomas pour les mêmes raisons perverses.

Et après qu'il l'a tué, il s'est passé une chose imprévue.

Un événement qui l'a fait changer d'avis.

Il s'est enfui. Probablement très vite.

D'accord, jusqu'ici, ça va.

Mais là-dedans, que devient la poupée ?

Cette poupée est cassée.

C'est peut-être plus qu'un jouet.

- C'est peut-être un fétiche. - Un fétiche ?

C'est très commun.

C'est un transfert d'émotion d'un objet quelconque à un autre.

Le fétiche peut être n'importe quoi.

N'importe quel objet sans signification sexuelle,

mais qui déclenche des sentiments érotiques.

Que ce soient des chaussures, des stylos, ou des morceaux de tissu.

Dans notre cas, une poupée.

Mais pourquoi une poupée ?

Ça, je l'ignore.

Docteur, vous êtes un psychiatre, vous devriez connaître la raison.

C'est juste. Hélas, je n'ai pas de boule de cristal.

En avez-vous une ?

Non. Je ferais bien d'en acheter une.

Mr Kroll ? Nous sommes de la police.

Entrez.

- Veuillez nous suivre, s'il vous plaît. - Je n'ai rien fait.

Nous ne vous accusons de rien. Nous avons juste quelques questions.

Je dois aller travailler. Vous avez un mandat ?

Non, mais cet inspecteur peut rester avec vous jusqu'à ce que j'en ramène un.

Alors, je suppose qu'il est inutile d'attendre.

Je vais prendre quelques heures de vacances, pour une fois.

- Je peux prendre ma veste ? - Faites donc.

Excusez-moi.

Ces gants de caoutchouc sont à vous ?

Oui, évidemment. A qui d'autre voulez-vous qu'ils soient ?

Vous les utilisez pour le travail ?

Tout le temps. Avec les acides, les réactifs...

Parfois, je les range, par erreur, dans ma poche, en allant me laver les mains.

- Puis-je les reprendre ? - Bien sûr.

Leur fourniture est à ma charge.

Vous avez dit avoir vu Clara Thomas combien de fois ?

Rien qu'une fois.

Combien de fois l'avez-vous vue en dehors de l'hôpital ?

Je ne l'ai jamais vue ailleurs.

Ça a l'air de très bien se passer pour lui.

Ça en a l'air.

Avez-vous eu un entretien avec Clara Thomas la nuit où elle est morte ?

L'avez-vous vue à l’hôpital, la nuit précédant son assassinat ?

Non, je ne suis pas allé voir ma mère ce soir-là.

Pourquoi ?

J'ai travaillé tard. Je croyais avoir attrapé froid.

Je suis rentré à la maison, et j'ai dormi.

Vous êtes-vous relevé ? Êtes-vous sorti ?

Non.

Ça devrait bientôt être fini, maintenant.

Ça fait plus d'une heure qu'il est là.

C'est cette nuit-là que vous avez emporté les gants en caoutchouc ?

Je ne sais pas. J'en ramène parfois une paire à la maison.

Vous n'en avez donc pas besoin au laboratoire ?

Si, mais j'ai plusieurs autres paires à l'hôpital.

Etes-vous allé chez Clara Thomas, dans son appartement,

- aux environs de minuit ? - Non.

Je n'ai aucune idée de l'endroit où elle habite.

Vous ne croyez pas que vous aviez une bonne raison de la tuer ?

Non.

- L'avez-vous tuée ? - Non.

Ce sera tout, Mr Kroll.

- Gardez-le ici. - Très bien.

Alors, qu'en pensez-vous ?

Je ne vois rien de suspect dans ses réactions.

Maintenant, je dois étudier son graphique.

Quelle est votre opinion ? Il dit la vérité ou non ?

Vous pourriez m'accorder quelques minutes de réflexion.

Excusez-moi.

Je voudrais lui poser quelques questions moi-même.

Posner.

Posner, donnez-moi votre carnet de notes.

Mr Kroll, nous savons qu'après la mort d'Helen Lawson,

vous avez été interrogé à l'hôpital où vous travaillez.

Oui, avec tous mes autres collègues.

Vous avez été interrogé par le Sergent Clyde.

Mon adjoint, l'inspecteur Posner, était avec lui, et a pris des notes.

Vous vous souvenez d'eux ?

C'est vague.

Pourtant, ce sont eux qui vous ont amené ici.

J'ignorais comment ils s'appelaient.

C'est le Sergent Clyde, qui est assis, là.

Vous vous souvenez de ce que vous leur avez dit la semaine dernière ?

De quoi devrais-je me souvenir ? J'ai dû dire beaucoup de choses.

Je vais vous lire ce qui a été dit au sujet d'Helen Lawson.

"Mr Kroll, où étiez-vous la nuit dernière, entre 21h et minuit ?"

- Vous avez répondu "Chez moi". - Oui.

Avant, vous avez dit que votre mère était vivante,

et que votre père était décédé.

C'est exact.

On vous a demandé si vous viviez seul,

vous avez insinué que vous viviez avec votre mère.

Non, je n'ai rien insinué.

Vous n'avez pas dit que votre mère vivait depuis 2 ans à la clinique.

Non, sans doute. Mais le Sergent Clyde ne me l'a pas demandé.

Au cours de cet interrogatoire, le Sgt Clyde vous a posé cette question.

"Où étiez-vous entre 21h et minuit ?" Vous avez répondu "A la maison".

"Et votre mère était là ?" Vous avez répondu...

"Ma mère est infirme, elle doit garder le lit."

- C'est ce que vous avez dit ? - Puisque vous le dites.

Vouliez-vous qu'il pense que vous étiez resté avec votre mère toute la nuit ?

Non, rien de tout ça.

Je voulais dire que je passais presque toutes mes soirées avec ma mère.

Si M. Clyde en a tiré des conclusions erronées, je n'y peux rien.

Je voulais dire "à l’hôpital, non chez moi".

Ce qui signifie que vous n'avez aucun alibi.

Si j’avais été l'assassin, je vous assure que j'en aurais eu un, d'alibi.

D'après votre dossier, vous avez été à la faculté pendant 2 ans 1/2.

Ensuite, j’ai dû interrompre ma médecine, à l'université.

Mais, en tout cas, j’ai assez étudié pour être inspecteur de police.

Lieutenant, je sais que vous vouliez mon rapport très vite.

Je n'ai constaté aucune perturbation importante dans le graphique de Kroll.

Il est évident qu'il n'a été troublé par aucune des questions.

Désolé, mais je n'ai rien trouvé qui indique clairement, ni à moi, ni à vous,

ni à personne d'autre, que cet homme ment.

Très bien.

Clyde.

Restez ici avec Mr Kroll, je dois parler au Dr Stanford.

Docteur, vous êtes Clarence Stanford ?

Oui.

J'ai lu beaucoup de vos livres sur les anomalies de la psychologie.

Cela m'aide dans mon travail, vous savez.

Je suis très flatté, M. Kroll.

Le Dr Morton dit que le test n'est pas concluant.

Je m'y attendais.

Allons le voir.

- Vous êtes sûr de vous ? - Pour moi, l'affaire est classée.

Peut-être que mon confrère y verra quelque chose.

Je n'ai pas grande confiance dans ce genre de test.

C'est lui qui a demandé à faire ce test.

Quel que soit votre assassin, c'est un personnage

pour qui un détecteur de mensonges ne représente pas une difficulté.

Que voulez-vous dire ?

Selon moi, l'assassin est un schizophrène.

Avec un dédoublement complet de la personnalité.

Il est donc capable de mentir à un détecteur de mensonges

car il n'a aucun sens de sa faute.

Le problème, c'est que nous ignorons de quoi il a l'air.

Tout au moins, de l'extérieur.

Peut-être pourrez-vous nous dire de quoi il a l'air à l’intérieur.

Je peux essayer. Mais seulement des généralités.

Quelques faits semblent établis.

Comme j'ai dit auparavant, votre étrangleur est un schizophrène.

Un paranoïaque schizophrène.

Il souffre d'un sentiment de haine contre toute forme de féminité.

Probablement issu de la haine de sa propre mère.

Ou d'une autre femme qui lui est proche.

Elle est peut-être morte ou encore vivante,

mais il pense qu'elle s'est mal conduite avec lui, ou qu'elle l'a trompé.

Avez-vous une idée de son âge ?

Entre 19 et 25 ans. Ou peut-être même 30.

C'est à cet âge-là que la plupart des schizophrènes deviennent violents.

- Docteur. - Bonjour.

Pour les poupées, j’ai vérifié tous les fabricants et les grossistes.

Aucun résultat.

Alors, vérifiez chez les détaillants.

Bien. Kroll est toujours là. Clyde voudrait savoir ce qu'il doit en faire.

- Qu'il le renvoie chez lui. - Bien, Lieutenant.

Bonne nuit, Mme Kroll.

Votre mère vous a réclamé ces deux dernières nuits.

J'étais mal fichu à cause de la chaleur.

Vous savez au sujet de Mlle Thomas ?

Oui. C'est terrible.

Votre mère l'aimait beaucoup. Elle comptait beaucoup sur elle.

J'ai bien senti qu'elle était une excellente infirmière.

J'espère que la police va découvrir ce maniaque.

Nous n'aimons pas cacher la vérité aux patients.

Mais en de telles circonstances,

nous n'avons pas dit à votre mère que Mlle Thomas a été tuée.

Que lui avez-vous expliqué ?

Qu'elle était partie en vacances dans sa famille.

Il vaudrait mieux que vous ne disiez rien d'autre.

- Ce serait un choc. - D'accord.

Merci, Docteur, je ferai attention.

Où étais-tu passé ?

Tu n'es pas venu me voir depuis 2 soirs.

Je te l'ai dit, l'autre soir j'ai travaillé tard,

et hier, je n'étais pas bien.

Je ne crois pas que tu aies envie me voir.

Tu cherches des mauvaises excuses.

Je ne crois pas que tu m'aimes.

Alors, tu m'aimes ?

Arrête !

Léo. Je t'ai donné tout mon amour.

Je t'ai consacré ma vie entière.

Tu l'as déjà dit... 20 fois par jour.

Ecoutons un peu de musique.

Laisse ça, le poste est cassé.

Es-tu pressé, Léo ?

Non.

Préférerais-tu être ailleurs ? Aimerais-tu vivre chez des amis ?

De qui veux-tu parler ?

Je n'ai aucun ami.

Tu as une petite amie. C'est ça ?

Léo, je t'ai toujours prévenu à propos des femmes.

Elles te rendront malheureux, et te ruineront la vie.

Toutes les femmes sauf toi, c'est bien ce que tu veux dire.

Regarde-moi en face.

Dis-moi pourquoi une fille voudrait de toi ?

Approche-toi. Viens ici.

Vois les choses en face.

Tu n'as pas belle allure, tu es gras.

Tu le sais très bien toi-même, pour plein de gens, tu es ridicule.

Je t'en prie, maman.

Déjà, quand tu étais petit, personne ne t'aimait.

A part moi, personne ne t'aime.

De plus, tu ne gagnes pas assez.

Les femmes veulent de l'argent, ne l'oublie pas.

Avec ton salaire, tu peux juste offrir parfois des bas

à des garces du quartier.

Même pas. Une fois que j'ai payé tous tes frais d'hôpital...

Comment ? Je ne peux plus parler avec toi ?

Pourquoi faut-il que tu me contraries toujours ?

Je voudrais que Clara revienne de vacances. Elle me parle, elle.

Elle me manque.

Elle me manque tellement.

Je pense à elle sans cesse.

Maman, tu ne sais donc pas ?

Clara est morte.

Elle est morte, maman. Assassinée.

Clara est morte, et tu ne la reverras plus jamais.

M. Kroll, comment va votre mère ?

Ça va, merci.

Bonsoir.

Oui, ici Léo Kroll.

Non...

Ce n'est pas possible.

Maman allait très bien quand je suis parti.

Très bien, faites le nécessaire.

Non, je n'ai jamais acheté de poupées qui disent "maman".

Merci.

Celles-là sont des poupées de luxe, sophistiquées.

On dirait de vraies femmes. Lingerie, sous-vêtements...

Vous ne donnez jamais de poupées qui disent "maman" ?

Non, pas depuis que je suis là.

- Qui vous fournit ces poupées ? - Le gérant de l'entreprise.

Il vient seulement pour encaisser la recette, vous comprenez.

Oui, c'est toujours comme ça.

Merci.

Mais c'est notre as des as !

Même qu'il s'est mis sur son 31.

Vous avez un rendez-vous galant ?

- Où est Tally ? - C'est son jour de repos.

On ne pensait pas vous revoir si tôt. Vous avez lâché votre travail ?

Je suis juste revenu plus tôt que prévu. Ça n'a rien d'extraordinaire.

J'ai pas dit ça.

On garde toujours la ligne...

C'est rudement calme, ce soir.

Il y a quelques minutes, vous aviez un client.

Le gars en costume gris ? C'était pas un client.

C'était un flic.

Donnez-moi quelques anneaux.

Que voulait-il ?

Il se renseigne sur des poupées.

Vous l'avez manqué.

Que lui avez-vous dit ?

Encore manqué.

Que cherche-t-il sur les poupées ?

Vous avez encore manqué !

Vous êtes un vrai tocard, ce soir !

Donnez-moi encore des anneaux.

Les flics s'intéressent aux poupées, maintenant ?

Oui, on dirait. Vous les avez toutes gagnées.

Encore raté. Vos nièces vont être déçues.

C'est ça que j'aurais dû lui dire. Lui dire de vous voir.

C'est vous le plus grand expert en poupées.

Parce que vous, question poupées, vous êtes vraiment calé, hein ?

Il ne s'intéresse qu'à celles qui disent "maman".

Maman !

Pourquoi avez-vous dit ça?

C'est si important, les poupées, après tout ?

Je crois que nous avons assez bavardé, aujourd'hui.

Hé, vous êtes fâché ? Ne partez pas comme ça.

Revenez.

Vous êtes furieux parce que vous n'avez rien gagné ?

Non.

Si, vous êtes fâché.

Approchez plus prés.

C'est pour vous.

Je vous la donne pour vous consoler.

Saluez toutes vos nièces.

10 ! La dixième !

On surveille les hôpitaux, et ce cinglé s'en va étrangler une employée de...

baraque foraine.

Impossible de surveiller toute la ville. Et qui aurait deviné qu'il changerait ?

Il doit avoir une bonne raison, et je voudrais bien la connaître.

C'est à ce sujet que je voulais vous voir.

J'ai parlé avec cette fille.

Comment ?

Ne vous fâchez pas, il n'avait aucune raison de le mettre dans son rapport.

Expliquez-lui.

La nuit dernière, à peu près vers 22h...

C'est ça, Barbara Wells.

Elle travaillait à un stand de jeu d'anneaux depuis un an environ.

J'essayais d'éclaircir ces histoires de poupées qui parlent.

Je suis allé là-bas parce que j'ai vu qu'elle avait des cadeaux.

Des poupées.

Des poupées ? Que vous a-t-elle dit ?

Cette fille Welles a dit qu'elle n'offrait jamais ce genre de poupée.

Elle avait l'air d'une brave fille.

C'est forcément plus qu'une coïncidence.

Barbara Wells et Clara Thomas. Avec des poupées toutes les deux.

Même si elles sont de différentes sortes.

C'est certain.

Il faut établir une souricière à cet endroit.

- Et à ce jeu d'anneaux en particulier. - Bien, chef.

- Combien d'hommes ? - Autant qu'il vous en faut.

Mel, il va falloir jouer finement.

Cet assassin peut sans doute renifler un piège de loin.

S'il voit trop de policiers, il restera dans son coin.

Laissez-moi m'en occuper tout seul.

C'est un coup à ne pas rater.

Dès que vous l'aurez vu, collez-le comme votre jumeau.

Bonsoir.

Vous n'avez pas l'air très réjouie, ce soir.

Vous ne savez donc pas ce qui est arrivé à Barbara ?

Je rentre seulement de voyage.

Elle est morte. Un meurtre.

On dit que c'est l'étrangleur.

La police le dit ?

Un policier est resté ici presque toute la journée.

Je crois qu'il vient de s'en aller.

Ont-ils un indice quelconque ?

Seulement Barbara.

Je ne peux pas m'empêcher de penser à elle sans cesse.

Je ne supporte plus la vue de ce stand.

Je partirai à la fin de la semaine.

Non.

Si vous vous en allez, je ne vous verrai plus.

C'est très gentil à vous de dire ça.

Mais il faut que je m'en aille.

Alors, nous partirons tous les deux.

Je vous ai apporté quelque chose.

Vous voyez ?

C'est très joli.

C'était la bague de fiançailles de ma mère.

Nous allons nous marier.

Non, je vous prie...

Vous ne comprenez pas ?

Je suis libre maintenant, je peux faire ce que je veux, aller où je veux.

Nous pouvons nous marier.

Je ne veux plus vous écouter.

Nous vivrons où vous voudrez.

Je vous gâterai. Je gagne bien ma vie.

Je reprendrai mes études de médecine.

Arrêtez, je vous en prie.

Mais je vous aime.

Vous pouvez comprendre à quel point je suis bouleversée.

Je suis désolée, mais je le suis vraiment.

Vous ne comprenez pas, on ne peut pas se marier.

On se marie pas comme ça.

Il faut se connaître davantage, et il faut s'aimer.

Je vous observe depuis longtemps.

Sans que vous le sachiez, d'ailleurs.

Je pensais...

que vous aimeriez la bague.

Je l'ai gardée pour vous, après la mort de ma mère.

Ne discutons pas de ça plus longtemps.

Je ne sais pas qui vous êtes. Je ne vous aime pas.

Je suis désolée.

Vous avez toujours le sourire.

Je ne pense qu'à vous voir, qu'à vivre avec vous.

Je croyais que vous m'aimiez aussi.

Vous prétendiez que vous m'aimiez.

Je n'ai jamais dit ça.

Vous n'êtes qu'un client, c'est tout. Je suis aimable avec tout le monde.

Elle avait raison.

Qui ?

Je suis ridicule. Et je suis... gras.

En plus, je ne gagne pas beaucoup d'argent.

Il y a des tas de gens qui ne rient plus de moi, maintenant.

Ils ne rient plus de personne.

Ma remplaçante va arriver d'un moment à l'autre.

Vous croyez que je vais me contenter d'un non après tous ces...

Non, je ne m'en contenterai pas. Plus maintenant...

Je vous en prie, allez-vous en !

Je vais partir.

Tally...

je m'en vais.

Mais nous nous reverrons.

Pourquoi une fille voudrait de toi ?

Il vaut mieux se connaître davantage, et il faut s'aimer.

A part moi, aucune femme ne t'aime.

Je ne vous aime pas.

Vois les choses en face...

Vous n'êtes qu'un client, c'est tout. Je suis aimable avec tout le monde.

Je ne vous aime pas.

Déjà, quand tu étais petit, personne ne t'aimait.

Je vous en prie, allez-vous en. Allez-vous en !

Allez-vous en !

- Vous êtes toujours là ? - Oui, fidèle au poste.

Ça vous ennuie que je m'assoie ?

Non.

- Je vous ai vu rentrer chez vous. - Seulement pour dîner. Un café.

Aucun dingue, aucun cinglé dans le coin, depuis tout à l'heure ?

Juste avant qu'arrive ma remplaçante, un client est venu m'ennuyer.

Tout d'un coup, sans raison, il m'a demandé de l'épouser.

Il avait déjà une bague.

L'aviez-vous déjà vu, avant ?

Oui, il vient ici très souvent. C'est un habitué.

J'ignore son nom, où il vit, je ne sais rien de lui.

S'il vous aimait, vous deviez vous en douter.

Non, pas du tout.

Quand je l'ai rembarré, il est devenu comme fou.

Il m'a fait peur.

Qu'a-t-il fait ?

Il a filé avec la poupée qu'il a gagnée.

Des poupées, il doit en avoir beaucoup. C'est le seul lot qui l'intéresse.

Vous dites qu'il n'y a que les poupées qui l'intéressent ?

Oui.

Ça vous ennuie de venir avec moi pour essayer de l'identifier ?

Non.

Ce sont les dernières, Frank.

Ce n'est pas lui.

J'aurais reconnu sa photo, mais elle n'est pas là-dedans.

Ça prouve une chose... il n'a pas de casier.

Ou s'il en a un, nous ne l'avons pas.

Lieutenant, venez voir.

En effet, ça lui ressemble un peu.

Pas encore assez, hein ?

Allez-y, mademoiselle, indiquez-lui les retouches.

Il est beaucoup plus gros. Son visage est plus arrondi.

C'est beaucoup mieux.

Quel est son âge, à peu près ?

Dans les 30 ans.

Les yeux...

Dites-lui ce qui ne va pas.

Ils sont très ronds, et il les faudrait plus gros.

Deux yeux bien ronds, et exorbités.

- Voilà, c'est mieux ? - Oui, beaucoup mieux.

Quelque chose d'autre ?

J'hésite...

Je pense que c'est le menton qui ne va pas.

Bien, allons-y.

Ce menton, est-il assez grand ?

Je crois qu'il est trop grand.

Regardez, je vais le réduire peu à peu, et vous me direz d'arrêter.

Là.

Non, là il est trop pointu.

Encore une chose, il a comme un double menton.

Il est énorme, il dépasse les 120 kg.

C'est ça. Maintenant, ça lui ressemble vraiment.

Mais c'est ce fichu enquiquineur.

Kroll. Léo Kroll.

Il connaissait Helen Lawson, Clara Thomas, Barbara Wells.

- Avertissez Mack. - Avec plaisir.

Mel.

On dirait que nos ennuis sont terminés.

Café ?

Aimeriez-vous manger quelque chose ? Dites-moi ce que vous voulez.

Je voudrais rentrer chez moi.

Désolé, mais vous devez encore rester ici.

Pour l'identification.

Regardez là-dedans.

Mel.

- Vous avez trouvé quelque chose ? - Regardez ça.

Benson. Homicide.

D'accord, Mack.

Faites surveillez son appartement et l'hôpital où il travaille.

Et revenez ici.

Kroll n'est pas chez lui. Je me demande ce qu'il va faire.

Il y a un risque qu'il revienne à votre stand,

ou peut-être à votre appartement.

C'est ce qu'il m'a dit.

Quoi, qu'il vous reverrait ?

Oui.

Il est devenu furieux. Il a dit toutes sortes d'âneries.

Quand ça ?

Après avoir gagné une autre poupée, en partant.

Il a gagné une autre poupée que vous lui avez donnée ?

C'est si important ?

Ça se pourrait bien.

J'ai l'impression que vous courez un grand danger.

On pourrait diffuser un communiqué

dans toute la presse, la radio, la télévision.

Mais ça pourrait le pousser à se cacher.

Il pourrait quitter la ville ou passer la frontière.

On a une chance de l'arrêter, avec votre aide.

Non, je n'ai rien à voir là-dedans.

Mais vous êtes impliquée.

Je comprends que vous soyez effrayée, je ne vous en veux pas.

Mais, durant 24 heures, la police vous protégera.

Non... je vous en prie.

Je lui ai dit que je quittais la ville à la fin de la semaine.

Mais j'ai changé d'avis.

Je m'en vais aujourd'hui.

Tout de suite.

D'accord.

Je ne peux pas vous obliger à rester.

J'ai fait tout ce que je pouvais. Je l'ai identifié.

Je veux rentrer chez moi faire mes valises et quitter la ville.

Vous n'aurez plus à vous inquiéter pour moi.

Mais si, nous sommes inquiets pour vous.

Vous avez tort.

Je m'excuse.

Je vous en prie,

laissez-moi m'en aller. Tout ira bien, je vous le promets.

Je vais aller vivre en Pennsylvanie dès aujourd'hui.

A votre aise.

Reconduisez mademoiselle chez elle.

Je sais que je ne suis pas très courageuse.

Vous dites qu'il s'agit de l'étrangleur et qu'il veut aussi me tuer.

J'ai peur.

Vraiment peur.

Quand je songe à Barbara, je suis...

malade.

Bien sûr.

Je n'y peux rien.

Cachez ce micro dans son appartement.

D'accord.

Vous allez la surveiller, qu'elle le veuille ou non.

Oui, mais elle ne doit rien savoir.

Ce n'est pas nécessaire de m'accompagner, Sergent.

Soyez tranquille, je vous conduis jusqu'à votre porte.

- Pourquoi ? C'est inutile. - Faites-moi plaisir, voulez-vous ?

Vous ne voulez pas que je reste un peu avec vous ?

Non, c'est inutile. Je vais faire mes valises.

Pourrais-je avoir quelque chose à boire ?

- Je n'ai que de l'eau. - Ça ira très bien.

Merci. Je vous souhaite un bon voyage.

Merci, Sergent.

Quelque chose ne marche pas. On n'entend plus rien.

- Le micro doit être en panne. - Il fonctionnait à l'instant.

Tout fonctionne à la réception. C'est donc le micro qui ne va pas.

C'est cet arrêt du son qui me tourmente.

Mademoiselle, ouvrez !

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