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LES FRUITS DU PARADIS
Ils �taient nus, tous deux,
et ils �taient sans honte.
Le serpent �tait le plus averti
de tous les animaux.
Il demanda � la femme :
"Est-ce vrai que Dieu vous a dit :
"Vous ne mangerez les fruits d'aucun arbre du paradis." ?"
La femme r�pondit au serpent :
"Nous mangeons les fruits du paradis.
Mais quant aux fruits de l'arbre plant� au milieu du jardin du paradis,
Dieu a dit :
Vous n'en mangerez point, au risque de mourir."
Le serpent r�pondit � la femme :
"Non, vous ne mourrez pas !
"Mais d�s que vous croquerez ces fruits,
vos yeux s'ouvriront et verront,
et vous vivrez tout comme les dieux,
et conna�trez la v�rit�."
Dis-moi la v�rit�.
Dis-moi la v�rit�.
Qui est-ce ?
Qu'est-ce que tu manges ?
Tu en veux ?
Non.
C'est celui qu'on attendait hier.
Dors.
J'ai envie de manger quelque chose.
Tu as envie de quoi ?
Bonjour.
Bonjour.
Oh� !
Monsieur !
C'est � vous ?
Regardez.
C'est votre serviette ?
Comme il fait beau aujourd'hui !
N'est-ce pas ?
Le courrier !
Le courrier !
Le courrier est arriv�.
Donnez-le-moi.
Tout n'est pas pour vous.
Je sais.
Oh, zut !
Tenez, encore une lettre.
Tu as re�u six lettres.
Tu m�nes.
Une enveloppe presque blanche,
une toute blanche,
une blanche,
encore une blanche,
une autre pas tout � fait blanche,
et une parfum�e.
Qu'est-ce que tu as ?
Rien.
Tu penses que tu me diras un jour la v�rit� ?
Qui t'envoie cette lettre ?
Tu es encore de mauvaise humeur ?
Qui conna�t la v�rit� sur tout ?
Pountia, viens ici.
Attrape !
Viens !
Je voudrais faire un potager.
Cultiver des l�gumes pour mon mari.
Mais,
le sol est tr�s dur par ici, comme vous le voyez,
le sol est tr�s dur.
Et puis, il y a des limaces.
L'heureux hasard nous fait nous rencontrer souvent,
ch�re madame.
C'est vrai.
Bon, il faut que j'y aille.
Au revoir.
Au revoir.
Bye-bye.
Au revoir.
Attention, attention, tenez-moi !
Attention !
Pardon, pardon.
Comment une telle chose a pu se produire ?
Ce n'est rien. La prochaine fois, ce sera mieux.
C'est bien.
Doucement.
Ce n'est rien. Il faut tenir l'�quilibre.
Attention, attention.
J'arr�te.
Mais vous vous y prenez mal.
Cette fois �a ira mieux.
On y va.
Pas toute seule, non.
Venez. Encore.
Non, j'arr�te.
Non, je veux rentrer chez moi.
Allons, laisse-toi conduire.
Ne me chatouillez pas.
Et on roule !
Maintenant, on va y arriver.
Qu'est-ce qui se passe ?
�a ne te g�ne pas si je sors un peu ?
Si, �a me g�ne.
Bye-bye.
C'est vous, Robert ?
O� �tes-vous ?
Je sais que vous �tes l�.
Bye-bye.
Bye-bye.
Bonjour.
Je vous tiens !
Attendez.
Non, non.
Petit voyou !
Vous �tes enfin l� ! Attendez, vous allez voir.
Attendez, vous allez voir.
Vous allez voir, petit voyou !
On va faire un tour ensemble.
L�chez-moi.
L�chez-moi !
Puis-je partager votre lecture ?
La lecture, c'est profond.
Bonjour.
Bonjour.
Comme vous avez grandi !
Ne vous sauvez pas.
Attendez.
Attendez.
Bonjour.
Tu la connais ?
Non.
Bonjour.
Vous venez s�rement pour la premi�re fois.
Oui.
Qui est-ce ? Je ne le connais pas.
C'est Monsieur Robert.
Il vient en cure depuis sept ans.
Quel bon compagnon.
Et il vient tout seul.
De plus, il est c�libataire.
Quel homme de son �ge aurait autant de chance ?
Quelles petites mains !
Ch�re madame, vous permettez ?
� moi, vous pouvez confier
votre �ge.
Devinez.
Disons...
cinquante... deux.
Mais non, soixante-dix-huit.
Soixante-dix-huit ?
Soixante-dix-huit.
Ce n'est pas possible !
Mais oui.
Quel bel �ge vous avez atteint !
O� avez-vous vagabond� tout ce temps ?
Moi ?
Des obligations professionnelles.
Bye-bye.
Au revoir.
Puis-je me balancer avec vous ?
Puis-je me balancer aussi ?
Vous permettez ?
Pardon, je ne voulais pas vous d�ranger.
C'est qu'on vous trouve l�,
o� on ne s'attendrait � rencontrer qui que ce soit.
Absolument pas.
Je ne vous attendais pas non plus.
Regardez.
S'il vous pla�t...
Pourrais-je vous dire quelque chose ?
- Il faut s'arr�ter au bon moment. - C'est exact.
Le six.
Qu'est-ce que vous faites ?
Il a perdu sa cl�.
Vraiment ?
L�, elle est l�-bas.
Mais, tout de m�me,
je l'ai vue l�-bas.
Je suis toujours si pr�voyant.
- Vous comprenez ? - Oui.
Je suis tr�s ordonn�, je l'ai mise dans ma poche.
R�ellement ?
Qu'est-ce que tu fais ?
Tout le monde t'attend, d�p�che-toi.
J'y vais.
Tenez, voil� quelque chose pour nous.
Le myst�rieux assassin r�appara�t.
�coutez !
"Depuis un an, on s'inqui�te
de myst�rieux assassinats de femmes blondes.
- Hier soir..." - Montre !
- "Hier soir..." - Attendez, un instant.
�a ne te concerne pas.
"Hier soir, on a encore trouv� une blonde assassin�e."
Laisse-moi lire.
"Hier soir, il a �t�..."
Hier soir. Mais parlez !
Vous l'avez trouv�e ?
Oui.
Tu en veux ?
Donnez-moi �a.
Robert va lire.
Il lit bien.
�coutez.
"Hier soir,
on a encore trouv� une blonde assassin�e.
Elle a �t� assassin�e
de fa�on �trange.
Sur son front, on peut voir l'empreinte du chiffre six.
Il s'agirait
de la sixi�me victime du m�me meurtrier
d�j� recherch� par la police.
Un d�tail � relever.
Le chiffre six estamp� sur son front
est barr� par un trait."
Joseph !
R�veille-toi !
Je t'en prie !
�ve,
ouvre les yeux.
Oublie tout.
Pardonne-moi.
J'ai p�ch� contre toi.
Pardonne-moi.
Je t'en prie.
Je t'ai menti.
C'�tait involontaire.
Pardonne-moi.
Ne te d�tourne pas de moi.
�coute, tu es ma femme.
Et moi ton mari.
Ce n'est pas vrai !
Comment ?
Tu n'es pas mon mari.
Qu'est-ce que tu dis ?
Tu as quelqu'un ?
L�che-moi.
Tu es comme lui.
Qui ?
Vous �tes tous les m�mes.
Excusez-moi, le hasard m'a amen� par ici,
et je viens de m'adosser contre votre porte.
C'est lui ?
Oui.
C'est le meurtrier.
Ne fais pas semblant de jouer.
Allez, � la maison !
File !
Rhabillez-vous et sortez !
Sortez.
Vous allez sortir ou non ?
Elle a d� me m�dire.
Comme je vous regarde.
Alors,
vous avouez ?
Qu'est-ce que je vous ai fait ?
Quelle insolence !
Quel vicieux !
L�chez-moi.
Esp�ce de rat !
J'ai bien entendu le tambour.
On �touffe.
Venez voir quelque chose.
Vous avez vu cet ange ?
Qu'elle est lourde, cette sculpture !
Toute chose doit supporter son poids.
En effet.
Quelle beaut� !
Cet �clairage est parfait.
Regardez ces jambes parfaitement sculpt�es.
Je n'ose pas regarder.
C'en est fini d'elle.
O� vas-tu ? Je t'en prie...
L�che.
Je t'en prie, une si belle journ�e !
Tu es compl�tement folle ?
Regardez le r�sultat.
Je ne comprends plus rien.
Moi, je vous comprends bien.
Appelez-moi Robert.
Je n'aurais jamais pens� me sentir aussi seul.
�a fait une heure qu'elle devrait �tre l�.
Je pensais te trouver seul.
Bonjour.
O� �tais-tu si longtemps ?
� l'�glise.
Tu refuses de le dire ?
Gar�on,
une glace.
Du feu.
Vous voyez ?
Je vous comprends parfaitement.
Je ne l'ai jamais tant bl�m�e.
Quelle r�ussite, cette journ�e, messieurs.
Oui.
Nous avons un tr�s beau temps, ch�re madame.
Je ne lui ai jamais fait de mal,
elle pourrait enfin me pardonner.
De plus, elle ne sait pas s'y prendre.
Elle ne vous fait pas piti� ?
Ne faites pas souffrir mon ami, ch�re madame.
Dans tous les cas, nous devons tous mourir un jour.
Venez faire un tour.
�a va me d�tendre un peu, cher monsieur.
Oui, excellente id�e !
Oui, je vous en prie,
allez faire un tour, tous les deux.
Mais soyez prudente !
N'ayez aucune crainte.
Je vous fais peur ?
Non.
Pourquoi ?
Je ne vous fais pas peur ?
Vous devriez vous m�fier.
Attention,
ce que je dis, c'est la pure v�rit�.
Ce n'est pas grave,
on est des amis.
Vous ne me croyez pas, Robert ?
Pourquoi pas ?
Je le sais.
Il n'y a pas d'amiti� sans confiance.
Vous devez me tuer, Robert.
Vous devez me tuer.
Tu veux que l'on te tue ?
Comment fait-on ?
Il ne faut pas avoir peur.
Tu aimes les rochers ?
Oui.
Je connais un lieu isol�,
j'y ai trouv� pour toi un beau bloc de rocher.
Il ne faut pas avoir peur. Et je vois que tu n'as pas peur.
Tu dois t'y rendre le soir.
Tu viendras ?
Je viendrai.
Tu trouveras le rocher ?
Je le trouverai.
Tu ne veux pas y renoncer ?
Elle ne veut pas.
Puis-je vous parler, Robert ?
C'est impossible.
Robert a un rendez-vous.
Elle avait raison. Vous �tes le meurtrier.
Si vous voulez, je n'y irai pas.
Mais dites-le-lui vous-m�me.
Robert !
C'est vous ?
Oui, c'est moi, Robert.
Viens.
Bon sang !
Quel lieu merveilleux,
parfait pour nous aimer.
Et toi, comme tu es belle !
Dis-moi,
comment tu as fait ?
J'esp�re, ch�rie, que tu n'as pas attendu ton Robert trop longtemps !
Me voil�.
Je suis � toi.
Viens !
Tu ne m'aimes plus ?
Tu as peur de ton mari ?
Laisse-moi passer.
� notre sant� !
Ce vin est vraiment excellent !
Tu le trouves bon ?
Oui, il est bon. Merci.
Tu trinques encore avec moi ?
Avez-vous d'autres d�sirs ?
Non, merci.
J'ai oubli�. Robert est parti.
Du moins, il me l'a promis.
Tu ne voudrais pas danser ?
Moi ?
Oui, avec plaisir.
Puis-je avoir l'honneur ?
Excusez-moi,
mon mari danserait volontiers avec vous.
Vous permettez ?
Puis-je vous demander une danse ?
Robert !
Vous �tes ici ?
Robert !
Je suis si fatigu�e.
Ne me laissez pas seule.
Je suis l�.
Tu veux me tuer ?
Tu vois,
je n'ai pas oubli�.
Tu veux me tuer, alors qu'� pr�sent je t'aime.
Moi aussi, je t'aime.
C'est pour �a qu'on est ici.
Je t'aimerai toujours. Je te le jure.
Oui, je sais.
Tu es la premi�re � qui je fais confiance.
Tu serais capable de me tuer ?
C'est vrai ?
Je n'ai pas besoin de te mentir.
Mais non.
Qu'y a-t-il ?
J'ai froid.
Tu as froid ?
�a m'est insupportable, ma ch�rie, je suis d�sol�.
R�chauffe-toi.
Tu ne te doutes pas combien je t'aime.
Comme tu es belle !
Viens ici.
Regarde-moi.
Tu es la seule qui soit venue librement.
Tu es le dernier � qui j'ai fait confiance.
Quelle trahison !
Oui, tout n'est que mensonge.
Non !
C'�tait vrai.
Ne cherche pas la v�rit�.
Joseph !
C'est moi,
�ve !
Joseph !
Ne te d�tourne pas.
Ne cherche pas la v�rit�.
Tout comme moi je ne la cherche pas.
Comme �ve s'est aper�u
que l'arbre donnait � manger,
et que l'on pouvait acqu�rir le savoir
par cet arbre attrayant,
elle croqua dans ses fruits
et mangea.
Elle en donna aussi � son �poux
qui en mangea.
Alors, tous deux, ils ouvrirent leurs yeux,
et connurent leur nudit�.
� ce moment, ils entendirent
les pas de Dieu le Seigneur marchant dans le jardin du paradis,
dans la brise matinale.
Et l'homme et la femme se cach�rent
du regard de Dieu le Seigneur,
dans la verdure des arbres
du paradis.
Traduction : Daniela Staskova-Pelliccioli
Sous-titrage : C.M.C.
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