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...
Coup de klaxon.
-Bonjour.
-Lâchez ce couteau ou je tire !
Lâchez-le !
-C'est bon, on arrête.
-Maître Humbert, je vous en prie ! -Mme la juge,
ma cliente n'en peut plus.
C'est la 3e fois qu'elle rejoue la scène.
Ca suffit.
Je prends sa place. -Non, maître.
Le commandant Lioret va la remplacer.
La justice n'a pas les moyens de se payer plusieurs comédiens.
On en a un, c'est déjà bien.
Bon, allons-y.
Allons-y. -Lâchez ce couteau !
-Excusez-moi. -Quoi encore ?
-Le couteau,
dans la main droite. -Ah oui.
-Maître Humbert ? -Vous avez été parfait.
-Je n'aurais pas fait
une grande carrière de comédien.
Le préfet m'a chargé de vous remercier.
Nous sommes très satisfaits du jugement pour le guet-apens
du petit lieutenant. -Merci.
Vous en êtes où, pour ce policier tué, B. Malick ?
-Je vous tiens au courant. Le syndicat aura besoin de vous.
-Je suis là.
-C'est un plaisir, de travailler avec vous.
Transmettez mes amitiés à votre mari.
-Je n'y manquerai pas.
Il frappe.
-Ceinture.
-Ma fille, ton Khalil, il t'aime, tu l'aimes.
Qu'est-ce qui est compliqué ?
Sonnerie de téléphone. C'est qui ?
-Des journalistes.
Pas le moment. -Installez-vous ensemble.
Moi, j'adore ce mec. Demande à Sophie.
Deux cafés.
-Papa, Khalil me met la pression, n'en rajoute pas.
-Oui, lâche-la.
Quand on commence ce métier, il y a de place pour rien d'autre.
-Si, il y a de la place pour Khalil et même les copains.
-Que tu le veuilles ou non, Inès, la vie de couple, c'est comme ça.
Regarde ton père et moi. Un rendez-vous à 8h, je rêve !
Sonnerie de texto.
-Arrête avec ce téléphone.
C'est énervant.
-J'ai déjà entendu ça.
-On cherche toujours une collaboratrice, Inès.
Surtout que ton père a repris sa campagne.
-Je vous adore,
mais je me débrouille.
Les commissions d'office, ça me va.
Je vois des choses passionnantes. -J'ai adoré reprendre
le cabinet de mon père.
-Oui, je comprends,
mais moi, je ne pourrais pas être bâtonnier.
-Très drôle.
-Allô ? Oui ? -(Arrête avec ce portable.)
-Ah, très bien. -Alors, OK.
-J'arrive tout de suite.
Au revoir.
On a arrêté quelqu'un pour le meurtre d'un flic.
-Bertrand Malick ? -Comment tu sais ?
-Je l'ai entendu à la radio.
-Son avocat a un empêchement. Devinez qui le remplace ?
-Content pour toi. Tu nous tiens au courant ?
-Oui. Bisous, Sophie. Salut, papa.
-J'espère que la préfecture ne va pas t'appeler.
L'addition, s'il vous plaît.
Si on n'y allait pas ?
On ne se voit plus, avec cette campagne.
-Tes concurrents y seront. -Ils n'ont pas la chance de vivre
avec Sophie Humbert.
Allez, je te kidnappe.
-Chiche. -Et comment, chiche !
-D'accord.
Mais ne m'emmène pas dans un bar. Je plaide demain matin.
-Je n'entraverai pas la marche de la justice.
Je te ferai même réviser ton dossier, si tu veux.
-Non, ne vous inquiétez pas.
Il faut que je vous laisse. Merci. Je vous rappelle.
Alors ? -La préfecture ne t'appellera pas.
Mon client a plaidé coupable pour le meurtre de B. Malick.
-C'est qui ? -Loïc Ferrand, le coéquipier
de la victime.
Elle rit. -Quoi ?
-Je ne devrais pas te parler.
-On ne sera pas face à face. On peut parler entre consoeurs.
J'ai un client déplaisant. Offre-moi un café,
ça l'obligera à m'attendre.
-Quand je lui ai demandé de me confirmer ses aveux,
il a dit : "Tout le monde se fout de la vérité."
J'ai peur qu'il ait cédé par fatigue, par pression
ou pour protéger quelqu'un. -Tu lui en as parlé ?
-Oui, mais il fait le muet.
-Si tu es sûre de son innocence, tu vas devoir suivre ton instinct,
quitte à te battre contre lui. Il a déjà un casier ?
-Oui. Complicité de cambriolage, vol à la tire,
pas grand-chose.
Mais tout l'accuse.
Les flics ont retrouvé l'arme de service de Malick
dans une benne près du supermarché où il travaille.
-Sa famille, c'est quel genre ?
-Milieu modeste.
Des relations compliquées avec ses parents.
-"Gabriel Etchegaray." -Il a été adopté à la naissance.
-"Né sous X le 7 juillet 1997 à l'hôp..."
-Tu l'as déjà croisé sur une affaire ?
-Non.
Mon client m'attend, c'est un cauchemar.
Je dois y aller.
-Tu connais Sophie Humbert ? -Oui, légèrement.
C'est ma mère,
enfin ma belle-mère. Elle m'a élevée.
...
-Mademoiselle...
Mademoiselle !
...
-Bonsoir. -Salut.
Tu étais à l'entraînement ?
-Direct en sortant de la réunion du Conseil de l'ordre.
C'était agité,
mais un pur moment de bonheur.
Il faut que je m'entraîne, j'ai un match la semaine prochaine.
Tu n'as pas dîné, j'espère.
Ton portable
était éteint toute la journée. -Je suis allée courir.
Je n'avais plus de batterie.
-J'ai vu Lioret au tribunal.
La préfecture va nous soutenir pour mon élection au bâtonnat.
-Ah oui ?
-J'ai appris pour l'affaire Malick.
Inès ne va pas tomber dans tes griffes, cette fois.
-Ca te rassure ?
-De nous deux, c'est toi qui la protèges le plus,
ta belle-fille.
Tiens.
-Merci.
Je n'aurais pas dû l'allumer. -Ah non, tu n'aurais pas dû.
Il y a un souci ? -Pourquoi ?
-Je ne sais pas. Tu es...
Tu es calme.
Aïe. -Tu t'es blessé ?
-Oui, à l'entraînement,
mais tu vas me masser.
-Allez, viens, je meurs de faim.
Sonnerie de téléphone au loin.
Pleurs de bébé au loin.
On frappe. -Oui ?
-Bonjour. Sophie Humbert. C'est moi qui vous ai appelé
pour cette histoire d'héritage.
-Je ne peux rien faire.
Si votre cliente a accouché sous X, je n'ai rien sur elle.
Avec l'accouchement, on ne laisse aucune trace.
Par contre, si elle veut retrouver son enfant,
qu'elle laisse son nom
au Conseil national de l'accès aux origines personnelles.
Si l'enfant a fait la même démarche,
ils les mettront en contact.
Tenez.
-Merci.
-Je peux me remettre au travail ?
-Je voudrais parler statistiques.
-Pardon ? -Ma cliente a accouché
le 7 juillet 1997. Combien d'enfants
sont nés sous X ce jour-là ?
-1997 ? -Oui, 7 juillet.
-Un seul.
-Vous êtes sûr ?
-Oui. On en a eu 3 cette année-là,
à des dates différentes.
-Ma cliente m'a parlé d'une infirmière
prénommée Myriam, une femme formidable.
-Myriam Sebbaq, une grande gueule,
très sympathique.
C'est elle qui a dû rédiger
le carnet de l'enfant. -Le carnet ?
-Un cahier qui raconte sa 1re nuit, son 1er bain,
rien sur la mère.
Partez, maintenant.
-Vous savez où je peux trouver cette Myriam... Sebbaq, c'est ça ?
-Elle est partie à la retraite.
-Vous avez ses coordonnées ?
-Sortez ou j'appelle le poste de sécurité.
-Je comprends.
Je vous remercie infiniment.
Bonne journée. Au revoir. -Au revoir.
-Myriam Sebbaq, S, E, B, B, A, Q. Je suppose que ça s'écrit comme ça.
Vous allez trouver, Amélie.
Laissez-lui un message avec mes coordonnées.
Annulez tous mes rendez-vous ce matin.
J'ai une urgence.
Toute la matinée, oui.
Voilà, je vous remercie.
Désolée pour hier.
Si tu veux, on reprend le dossier Etchegaray.
Je veux bien un café.
-Oui. Je lui dirai. Merci, lieutenant.
Au revoir.
Eh ben, ça change, quand on appelle de ta part.
Il te salue.
-Il peut.
Alors ? -Bertrand Malick, 33 ans,
enquêteur à la BSU
depuis 3 ans.
Lui et son coéquipier Loïc Ferrand, que tu as vu au tribunal,
venaient de boucler une enquête de plusieurs mois
sur les marchands de sommeil.
Ils ont arrêté des hôteliers qui détournaient de l'argent
en parquant les sans-papiers dans des logements insalubres,
à Bacalan, là où on a trouvé son corps.
-Tu devrais fouiller par là, alors. -Oui.
-Et ça, ça vient de quelle rue ? -Celle à la sortie du terrain vague
où on a trouvé le cadavre.
Il est mort aux alentours de 6h du matin,
et Gabriel Etchegaray a été vu sortant de ce terrain vague
vers 6h20. -Tu as parlé à ses collègues ?
-Non. Juste à son patron.
Tiens, d'ailleurs,
j'ai récupéré
ses affaires, dans son casier. On sonne à la porte.
D'après lui, c'est un taiseux.
Bosseur, mais réservé.
Bonjour.
-Bonjour. -Vous avez trouvé facilement ?
-Oui. -Entrez.
Voici maître Humbert.
Chantal et Paul Etchegaray, les parents de Gabriel.
-Bonjour. -Bonjour.
Je vous ai vue
à la télé, non ?
-M. et Mme Etchegaray sont venus déposer des documents
pour Gabriel. C'est l'occasion de faire un point.
Tu... -On peut ?
-Bien sûr, asseyez-vous.
-Comment va-t-il ?
-Ca va. Un peu secoué, mais ça va.
-On peut le voir ? -Oui, bien sûr.
Il vous suffit d'appeler la prison.
-On va avoir besoin de vous.
Il faut nous donner des informations
sur Gabriel. Aviez-vous remarqué
quelque chose d'anormal chez lui ?
Un changement de comportement ? -Non.
-S'est-il acheté des choses coûteuses ?
Vous avez accès à ses comptes ?
-Je connais ses mots de passe. Je regarde parfois sur Internet.
Je suis le garant
pour son emprunt. Je veux pas payer ça en plus.
-C'est-à-dire ? -Un emprunt pour quoi ?
-Pour son permis de conduire.
Il a eu le code.
-Donc il n'est pas trempé dans un trafic,
sinon, il aurait d'autres moyens de se le payer.
C'est une bonne nouvelle. -Gabriel a avoué.
-Et vous le croyez ?
La balle a été tirée à bout portant,
un meurtre de sang-froid.
Pensez-vous votre fils capable de tirer sur un homme,
M. Etchegaray ? -Je n'en sais rien.
S'il a dit que c'était lui... -Enfin, Paul...
Gaby a fait des bêtises, mais de là à tuer un homme...
Il est sensible.
On a pu lui faire avouer n'importe quoi.
-Tu le défends toujours.
-C'est mon fils.
Je le défendrai toute ma vie.
-Selon vous, il n'a pas tué ce policier ?
-(Non, je ne crois pas.)
(C'est impossible.)
(Impossible.)
Cette femme va sauver Gaby. -Ce n'est pas elle, son avocat.
Et sauver de quoi ?
On lui a donné tout ce qu'on avait.
Il est en prison pour meurtre.
Il va y finir sa vie. -Je ne le supporterai pas.
-Si, tu supporteras. Tu as supporté tout le reste.
-C'était quoi, ce numéro ?
J'ai l'air de quoi ?
-J'ai essayé de les rassurer.
-Je vais m'en charger.
-OK. Bon.
On se voit demain à la soirée pour les orphelins de la police.
...
Bonjour. Vous êtes Myriam Sebbaq ?
-Hm. -Je suis Sophie Humbert.
-Je sais qui vous êtes.
Il y a 20 ans, je vous ai tenu la main,
alors que vous accouchiez.
Je ne vous ai pas oubliée.
Venez.
-Merci.
-Allez-y.
J'ai quitté la chambre à l'arrivée des services sociaux,
et le temps que je revienne,
vous aviez disparu.
-C'était un garçon ?
-C'est pour savoir ça que vous vouliez me revoir ?
Je suppose que maintenant, je peux vous le dire.
Oui.
C'était un garçon.
J'ai souvent pensé à vous, vous savez.
J'ai même espéré que vous aviez changé d'avis.
-Ben, j'ai hésité.
Comme toutes les femmes, je suppose.
Je savais que je pouvais encore le reprendre, mais...
Je l'ai imaginé dans une vraie famille,
avec des gens qui l'avaient attendu.
-Et vous êtes devenue avocate, comme vous en rêviez.
J'ai vu votre photo dans le journal.
-Ca m'a aidée à oublier.
-On dirait que ça n'a pas vraiment marché.
-Je suis tombée amoureuse
et j'ai...
j'ai élevé la fille de mon mari, c'est déjà pas mal.
-Et vous n'avez jamais eu d'autre enfant ?
-Pourquoi vous avez espéré que j'aie changé d'avis ?
-Parce que, quand je vous ai vue le quitter,
j'ai su que ce serait plus dur pour vous que pour une autre.
La place était déjà prise.
Vous voyez ce que je veux dire ?
Allez, venez.
On va boire un truc frais.
Prenez les roses,
il leur faut de l'eau.
...
-Vous vous souvenez
de quelque chose ?
Vous connaissez le GHB ?
Une drogue qui provoque une amnésie.
Vous avez peut-être été abusée. -Non, j'ai bu.
-Mademoiselle ! -J'ai juste trop bu.
Coups de klaxon.
Emission de radio au loin.
...
-Ah, Michel...
-Vous êtes Loïc Ferrand ?
Je suis maître Humbert. On s'est croisés au Palais.
Je voudrais vous parler. -A quel sujet ?
-Gabriel Etchegaray.
-Mais je rêve !
-Le cadavre de votre ami était sur les lieux de l'enquête.
-Ce salopard a tué mon pote, OK ? Et vous venez parader devant moi ?
S'il n'était pas en prison,
je m'en serais occupé.
-Vous ne voulez pas savoir... -Vous voulez quoi ?
A part vous servir d'un mort pour finir dans les journaux ?
...
Coups de klaxon.
-Bonjour.
-Gabriel a eu un souci ? -Non. J'avais besoin
de vous parler.
Je peux parler à votre femme ?
-Allez-y.
-Merci.
-Je ne comprends pas.
Vous voulez récupérer le dossier ?
-Oui, c'est ça. -Mais pourquoi ?
Pourquoi vous vous intéressez à nous ?
-C'est la seule chance de sortir Gabriel de là.
Inès est une bonne avocate, mais elle débute.
Moi, j'ai 15 ans d'expérience.
-On ne pourra pas vous payer. Déjà, maître Merle...
-On verra ça plus tard.
On doit s'occuper de Gabriel.
-J'ai l'impression
de devenir folle.
On se dispute, à la maison. Paul croit à ses aveux.
On dirait que ça l'arrange. -Ne doutez pas, Chantal.
Gabriel a besoin de vous.
-Ton mari te cherche.
-Je dois y aller.
-Laissez, c'est pour moi.
-Merci. -Je vous en prie.
Dites à maître Merle
que vous voulez changer d'avocat.
Je lui expliquerai.
-Vous n'aimez pas
qu'on vous résiste.
Sonnerie de portable.
...
-Je dois y aller.
-Au revoir.
...
-Au 2d tour, tu seras face à Martinelli.
Ca passera sur Sénat TV.
Ce serait bien qu'on fasse appel à un coach.
-Un coach ?
Martinelli est un bon orateur, mais il n'est pas sincère.
-Réfléchis-y quand même.
-Bonjour. -Salut, mon amour.
On va déjeuner en bas. Tu viens ?
-Je vais voir. Salut, ça va ?
-Ton mari m'use, mais je tiens bon.
-Il a quelques défauts.
-Arrêtez de parler de moi.
-A plus tard. -Ah, Sophie,
l'audience a été reportée.
-Encore ? Le juge va en avoir marre.
On frappe.
-Tu récupères l'affaire Etchegaray,
c'est ça ?
-Tu as eu Chantal Etchegaray au téléphone ?
-Non, justement.
Je l'ai appelée, elle ne m'a pas répondu.
Du coup, j'ai appelé son mari,
qui m'a dit que tu buvais un café avec elle.
Tu m'expliques ?
J'ai raison ou pas ?
-Assieds-toi, on va parler. -Putain, je rêve.
Tu me piques cette affaire ? -Ecoute, Inès...
-Arrête ! Je n'ai plus 12 ans ! Pourquoi tu me fais ça ?
-Tu vas perdre.
-Pourquoi tu dis ça ?
-Tu tergiverses au lieu de faire ton boulot.
-Je croyais que je devais apprendre à encaisser les échecs.
C'est mon problème.
-C'est surtout celui de ton client que tu vas envoyer en prison.
-Quoi ? Tu as dit ça à sa mère ?
Tu dois être très malheureuse, pour en arriver là.
-S'il te plaît,
ne mêle pas l'affectif à ça. -Va te faire foutre !
Inès claque la porte.
-J'appelle pour un changement d'avocat
pour le numéro d'écrou 6274, détenu Etchegaray.
Je suis maître Humbert. C'est moi qui le représente.
Que fais-tu là ? -Ton portable était éteint.
Qu'est-ce qui se passe ?
-J'y vais.
-Tu voles le dossier d'Inès, tu défends un tueur de flic.
De flic, Sophie ! Notre plus gros client,
et je devrais me taire ?
Explique-moi. On fait pression sur toi ?
-Non. J'ai décidé de défendre ce garçon.
-Tu as décidé ? -Oui, j'ai décidé.
J'y vais.
-Ce n'est pas ton cabinet.
-Je vais faire comme si je n'avais rien entendu.
-Excuse-moi.
Explique-moi. -Que veux-tu que je te dise ?
Ce garçon est innocent.
Il a le droit d'être défendu correctement.
-Il a avoué.
-Après 24h sous pression,
entouré de flics enragés d'avoir perdu l'un des leurs.
-Tu n'as aucune preuve. -Disons que c'est mon instinct.
-Votre carte, madame. -Pardon.
-Tenez. -Merci.
-Vous êtes bien enceinte.
-Impossible, j'ai eu mes règles,
et je n'ai pas eu de ra...
-Regardez.
L'embryon est à 16 semaines.
-(Je dois avorter.)
-Vous êtes hors des délais d'avortement.
-Je ne peux pas... J'ai...
Je viens d'arriver à Bordeaux.
Je n'ai personne. Je ne peux pas...
Je ne peux pas...
Merci.
Monsieur Etchegaray...
-Vous avez bataillé pour me défendre ?
Ce n'est pas avec moi que vous allez faire fortune.
-Je suis contente d'entendre votre voix.
Il paraît que vous en êtes économe.
On a peu de temps.
On papotera quand je vous aurai sorti de ce merdier.
Ce merdier.
C'est vous qui appelez ça un merdier ?
-Vous appelez ça comment, vous ?
Vous ne devriez pas être en prison,
vous le savez très bien.
Malick a pris une balle dans les poumons
et s'est fracassé la mâchoire,
côté droit.
On pourrait penser qu'il s'est cassé la mâchoire
après avoir pris la balle en tombant,
or il a pris la balle de face
et il s'est écroulé sur le dos.
Ca ressemble plutôt à une bagarre.
Non ?
Si vous aviez un mobile pour tuer Bertrand Malick,
ce qui ne me semble toujours pas évident,
vous êtes bien plus petit que lui, nettement moins costaud
et surtout pas aussi entraîné.
Alors, expliquez-moi
comment vous auriez pu prendre le dessus.
Hm ?
Très bien.
Vous me ferez signe quand vous aurez une réponse ?
Enfin, quand vous réaliserez que je suis là pour vous éviter
de passer le reste de votre vie entre ces murs,
parce que, même dehors, on n'en sort jamais vraiment.
Elle frappe.
Elle halète.
...
Désolée.
-On y va ? Inès et Khalil ne viendront pas.
Tu es sûre qu'il est innocent ? -Hein ?
Oui. Après le parloir, encore plus.
-Bonne soirée.
-Je te laisse leur annoncer.
Moi, je ne pourrais pas leur expliquer.
-Je ne t'ai jamais lâché.
-Ravi de vous voir. -Bonsoir.
-Ca va ?
-J'ai un peu le trac. Je dois faire le discours.
-Le trac est le meilleur des stimulants.
-Le commandant Lioret, Elisabeth Veil,
qui se présente avec moi
en tant que vice-bâtonnière.
-Enchanté. -Bonsoir.
-Bon, je vous laisse. Je vais réviser mon discours.
-Il faut que je dise un mot au préfet.
Comment allez-vous ? -Bien. Merci.
-Il fera un bon bâtonnier.
-Oui.
-Tu le penses vraiment ? -Pourquoi je ne le penserais pas ?
-Je ne sais pas.
-Dis ce que tu as à dire, Elisabeth.
-Très bien.
Défendre un tueur de flic pendant notre campagne,
c'est n'importe quoi.
-D'accord.
Tu as fini ?
-Ce que tu as fait à Inès est dégueulasse.
Jamais je ne blesserais un de mes enfants ainsi.
Tu n'es pas sa mère. -Au revoir.
Tu diras à Olivier
que je suis rentrée.
Quelqu'un entre.
...
-Aïe...
-Tu as toujours mal ?
Désolée d'être partie. -Fous-moi la paix.
...
-Ca va, poulette ? -Salut, petite beauté.
...
Un chien aboie.
-Ferme ta gueule !
Arrête...
...
-Amélie, c'est moi.
J'ai besoin des horaires du bus 151 le matin du 30 juin.
Taxi !
-La musique ne vous dérange pas ? -Non, pas du tout.
Chanson en anglais.
-Elle est jolie, cette chanson.
-C'est la préférée de ma fille.
Elle est partie en Colombie, vivre avec son mari.
Parfois, je la passe en boucle.
-Vous allez la voir de temps en temps ?
-Ah...
Pas assez, bien sûr.
Vous avez des enfants ?
...
-Oui.
Oui, j'ai un garçon.
On frappe. -Entrez.
25.
25 dossiers.
J'ai une audience demain.
-Donc vous n'avez pas le temps. Je fais vite.
C'est au sujet d'Etchegaray.
-J'avais compris.
Que cherchez-vous exactement, dans cette affaire ?
Il a avoué.
Vous êtes au courant ?
-Il n'a aucun mobile. -L'argent.
C'est toujours pareil.
Un règlement de compte.
L'enquête le prouvera.
-Ou pas. -J'apprécie nos échanges,
mais je n'ai pas le temps.
-Voici les horaires du bus 151, du 30 juin.
Le bus où se trouve Gabriel Etchegaray
s'arrête à l'entrée de Bacalan à 6h09.
2 à 3 minutes plus tard, vers 6h12,
Etchegaray entre sur le terrain vague
et ressort à 6h15,
comme le montre la vidéosurveillance.
3 minutes.
Ca paraît court
pour subtiliser l'arme d'un policier chevronné,
le tuer et repartir.
Ca semble rapide.
-Vous êtes sûre
qu'Etchegaray a pris ce bus ? -Le conducteur l'a confirmé.
Je lui ai parlé.
Il le connaît, il le voit tous les matins.
Quelqu'un a pu
tuer Malick avant l'arrivée d'Etchegaray.
-Dans votre version,
comment l'arme de Malick, couverte des empreintes
de votre client, a-t-elle atterri
près du supermarché où il travaille ?
-Je ne sais pas, M. le juge.
J'ai besoin de temps pour le découvrir.
-C'est bon, maître.
Je vais interroger le chauffeur. -Georges Sana.
Il est... -Merci, maître.
Je sais lire.
-Oui.
Bonjour. -Bonjour, maître.
-Maître Humbert ?
-Bonjour.
-Vous défendez
le meurtrier de Malick ? -Présumé meurtrier.
C'est une question
ou une technique d'intimidation ?
-La préfecture va vous retirer l'affaire du jeune capitaine
et les autres à suivre.
Ce n'est pas de l'intimidation, mais une relation de confiance.
-Vous voulez que je décide là de la façon dont je dois exercer ?
-Faites ce que vous voulez.
Je vous invite juste à un peu de cohérence.
Sonnerie de portable.
...
*-Maître Humbert ?
*Chantal Etchegaray. -Ah, bonjour.
-Mon fils veut absolument vous revoir.
*Allô ?
*Maître Humbert ?
-Oui, je vous écoute.
*-Vous êtes toujours d'accord pour être son avocate ?
-Je passe par ce terrain vague tous les matins. J'y fume ma clope.
Ma mère croit que j'ai arrêté, donc à la maison, j'évite.
Il faisait nuit, mais j'ai vu le corps.
Ca faisait une ombre sur le sol. Je me suis approché.
Le flingue était là, à quelques mètres.
Si j'avais su que c'était un flic, je n'y aurais pas touché.
-Vous vouliez en faire quoi ? -Le vendre.
Vous croyez quoi ?
Un coup de fil, et je gagnais un mois de salaire
à trimballer des palettes comme un con.
Quand j'ai vu la bagnole des flics, j'ai paniqué,
je l'ai jeté dans la benne.
-Pourquoi avoir dit au juge que vous aviez tué Malick ?
-Pour que ça s'arrête.
-Quoi ?
-Tout ça.
Travailler comme un chien pour qu'on dise :
"Gabriel, il est honnête."
Même quand j'essaye,
ça me tombe sur la gueule.
Ils étaient tellement sûrs que c'était moi.
J'ai craqué, c'est tout. Quand tu n'es pas né du bon côté,
ça se passe comme ça.
Pourquoi vous me regardez ?
-Je suis contente que vous me parliez.
Elle soupire.
Vous voulez punir qui, dans cette affaire ?
Vous ou ceux qui vous refusent
la place que vous vouliez ? -Je ne comprends rien.
-Si, vous comprenez.
Mais ça vous fatigue.
Parce qu'il va falloir recommencer à se battre.
On vous prend pour un meurtrier.
-Je me fous
de ce qu'on pense de moi.
-Je ne crois pas.
Revenez sur vos aveux.
Aidez-moi, Gabriel.
Je ne peux rien faire,
sans vous.
-Mais pourquoi ?
Une porte s'ouvre.
-Parce que vous n'avez pas le choix.
Elle soupire.
-C'est moi. -Tu as oublié quelque chose ?
-Les papiers d'assurance. -Ils sont là, je crois.
-Salut. -Salut.
Je ferai tout pour te sortir de là, mon chéri.
...
-Je n'ai pas été claire ? -Si.
Pour comprendre comment votre mari est mort, j'ai besoin de vous,
quitte à vous harceler.
Café ?
-Merci.
Je n'ai pas le temps d'en prendre un le matin.
-Le corps de votre mari a été retrouvé
dans le quartier où il avait enquêté.
Pourquoi y est-il retourné ? -Je dois déposer la petite
à la crèche. -Je vous accompagne.
-Il a continué son enquête tout seul, en plus de son boulot.
Même son coéquipier n'était pas au courant.
-Vous n'aviez pas essayé d'en savoir plus ?
-On s'était séparés il y a un mois.
Je lui avais demandé de partir.
Je n'en pouvais plus de vivre avec un zombie.
Avec la petite, je n'arrivais plus à gérer.
-Vous ne vous parliez plus ?
-Le minimum.
Gamine, factures...
La veille de sa mort,
il m'a laissé un message gentil.
Le premier depuis longtemps.
(Allez, chérie.)
-Vous avez gardé ce message ?
C'est important, pour comprendre ce qui s'est passé.
N'importe quoi peut me mettre sur une piste.
Merci.
-Viens, on y va.
*-Julie...
*Ecoute-moi, c'est Bertrand. J'ai besoin de te voir.
*Je me dis qu'on pourrait partir s'installer ailleurs.
*Maintenant, je m'en fous,
*de tout arrêter. Je n'en ai plus rien à battre.
On frappe.
-Oh !
Quelle surprise !
-On mange un morceau ?
-Oui.
Je ne vais pas vous mentir. Après 30 ans de service,
ça a été dur, mais on se fait à tout.
C'était le seul moyen
de décrocher.
Un coup de cutter dans la dose qu'on vient de mettre sous scellés,
et on se persuade que ça ne se verra pas.
Je finissais plus chargé que les tox' que j'arrêtais.
-Ketchup et mayo ? -Oui, comme d'hab'.
-Comment vous vous sentez ? -Le métier me manque.
Mais j'ai retrouvé ma famille et ma santé.
Je n'ai pas complètement raté ma vie.
-Dites-moi,
aux Stups, vous auriez croisé un certain Bertrand Malick ?
-Je me demandais ce que vous veniez faire ici.
Vous voulez un service ?
C'est à cause de vous que j'en suis là.
-Non. Je suis avocate, pas magicienne.
Alors ?
On ne balance pas entre flics. -Vous n'êtes plus flic.
Je suis sûre que vous l'avez bien connu.
Malick adorait son métier. Un obsessionnel, comme vous.
-C'est vrai.
Un vrai flic de terrain, acharné, efficace.
-Lui et son coéquipier ont été mis sur l'affaire
des marchands de sommeil de Bacalan.
Des hôteliers ont été arrêtés. La hiérarchie les a félicités.
Mais Malick a continué, seul,
après le travail, sans rien dire à personne.
-Il a dû passer à côté de quelque chose.
-Dans un message à sa femme, il semble désabusé du boulot
et parle de tout arrêter. Etrange.
J'ai besoin de savoir ce qui s'est passé.
-Pourquoi ? Qu'est-ce que ça peut vous faire ?
-Ca, ça me regarde.
Mais si vous m'aidez, je me montrerai reconnaissante.
Fouiller le terrain, vous savez faire, non ?
Le portable sonne.
Alors ?
-OK.
Mais je travaille seul. J'aime qu'on me foute la paix.
-Tu verras ton frère
quand il sera libre.
-C'est Gaby qu'il fallait protéger, pas moi.
-Ca veut dire quoi, ça ?
Tu trouves qu'on n'en fait pas assez pour lui ?
Réponds !
Lisa !
Lisa, où tu vas ? Lisa !
Elle soupire.
Excusez-moi pour l'accueil. Entrez. Les ados, vous savez ce que c'est.
Vous en avez ? -Euh... Plus.
Mais j'ai connu ça. J'ai élevé la fille de mon mari, Inès.
Enfin, maître Merle. -C'est votre belle-fille ?
-Vous vouliez me montrer quelque chose ?
-Ah oui.
J'aurais pu passer à votre bureau. -Je n'étais pas loin.
-Tenez, c'est ce papier.
J'ai trouvé ça dans une des poches de Gabriel.
Asseyez-vous. -Merci.
-Je savais qu'il voulait écrire à cet endroit, le...
-Le Conseil national
d'accès aux origines. -Pour retrouver sa mère biologique.
J'ignorais qu'il l'avait fait.
Il a dû être dévasté en lisant ça, et moi, je n'ai rien vu.
-Euh...
Ca aurait pu le faire basculer ?
-Je me suis posé la question.
On est capable du pire, quand on est malheureux.
Je me suis occupé de lui plus encore que de ma fille.
Il a quand même voulu retrouver celle qui l'a abandonné.
-Peut-être que c'était la meilleure décision pour Gabriel.
-Elle n'a pas laissé son nom.
Comment peut-on tolérer ça ?
En Angleterre, les femmes sont obligées
de laisser leur identité.
Les enfants peuvent connaître leur histoire.
-Ce genre d'histoire peut être moche.
-Ca veut dire quoi ?
-Que c'est compliqué.
Elle aussi a dû souffrir. -Pourquoi vous la défendez ?
Vous savez ce que Gabriel endure.
-Je ne la défends pas.
Quand je vous vois, là, tous les quatre,
je me dis que peut-être que Gabriel a eu plus de chance
que vous ne pensez.
-Gabriel adorait sa soeur.
Il était jaloux de voir Paul s'en occuper.
Je lui répétais que c'était grâce à lui si elle était là.
J'étais tellement heureuse. J'ai fini par tomber enceinte.
Je ne comprends pas.
(Je ne comprends pas.)
Comment on a pu en arriver là ?
...
Un chien aboie.
Il prend une photo.
...
-Mais vraiment... Rires.
Bon, on y va. On a du boulot.
J'adore ce moment, mais allez.
-Merci pour l'invit'. -Merci d'être venu.
Salut, ma fille.
Tu es belle. Tu as encore grandi ?
-Non, c'est toi qui as rapetissé.
-Bonsoir.
-A demain. -Salut, Elisabeth.
-Merci. 8h30, hein ? -Oui.
-(Bonsoir.)
Pourquoi tu ne m'as pas prévenue ? -Personne n'avait envie
de te voir, ma chérie. -Très bien.
-Ce petit air... Je te connais par coeur.
Ca t'emmerde de ne pas être le centre d'une petite soirée.
-C'est pour ça que tu les as invités ?
Tu as ouvert mon courrier ?
-Oui, et j'ai bloqué ta messagerie en essayant d'y entrer.
Tu es tombée amoureuse
de ce voyou ? -Tu plaisantes ?
-Ca peut arriver.
-Merde, Olivier.
Je n'ai pas à me justifier.
-Je te connais par coeur. Tu te dérobes.
Tu ne sais faire que ça. Ca fait 15 ans qu'on vit ensemble.
Je n'ai rien appris sur toi en 15 ans.
J'ignore où tu as passé ton enfance.
Tu ne dis rien.
-Ma vie a commencé avec Inès et toi.
Le reste est sans intérêt.
-Je te parle de ta façon de fuir quand ça t'arrange.
Ne me prends pas pour un con ! -Il ne s'agit pas de notre couple,
mais d'un problème de boulot. -De boulot ?
Elle n'était pas sûre d'elle, et tu n'as rien arrangé.
Tout le monde n'a pas ta capacité à se blinder.
Maintenant, tu m'expliques. Je veux comprendre
pourquoi tu as blessé ma fille, pourquoi tu ruines ma campagne.
Tu ne connais pas ce môme.
-Il faut que j'y aille.
Pousse-toi.
-Tu vas où ?
-Ce n'est pas une histoire de cul, si ça peut te rassurer.
Elle claque la porte.
-Oui, c'est ça.
Eh bien, merci.
-Ca va ?
Vous en voulez ?
-Merci.
-Je vous donne ce que je sais
si vous m'aidez à reprendre le terrain.
Gardien, j'en peux plus. -Je ferai au mieux.
-Mieux que ça. -Je ferai au mieux.
Vous voulez quoi ? Que je vous signe un contrat ?
-Votre parole.
-Vous l'avez. Soit ça vous suffit, soit je m'en vais.
-Attendez. Ho...
En face du terrain vague, il y a une épicerie.
Le proprio m'a donné le film de la vidéosurveillance.
-Comme ça ?
-Je l'ai menacé. Enregistrement illégal
de la voie publique.
-D'accord. Vous l'avez regardé ?
-Evidemment.
Je vous laisse la surprise. Ca va vous plaire.
-OK.
-Allez, buvez un coup.
-Je vous appelle quand je l'aurai vu.
Sonnerie de portable.
...
Allô ? *-Maître Humbert ?
-Oui. *-J'ai une affaire à vous confier.
-Désolée, il est tard. Rappelez mon bureau lundi.
*-Ma femme a été victime d'une agression.
*Une agression très violente, dans un parking.
*L'homme est entré dans sa voiture, alors qu'elle téléphonait.
*Elle venait de mettre le contact. Il l'a menacée avec un couteau
*et l'a violée.
*Vous savez pourquoi ?
*Parce qu'elle se mêlait de ce qui ne la regardait pas.
...
-Bonjour.
Je peux te parler, Inès ?
S'il te plaît.
-Je dois passer un coup de fil.
Asseyez-vous. -Merci.
Je suis désolée, j'ai été odieuse.
Ca n'a rien à voir avec toi
ou ta capacité à faire ce boulot.
Je sais que tu ne comprends pas ce que j'ai fait,
et je ne peux pas te l'expliquer, mais...
Tu me manques.
Si j'avais pu l'éviter, je l'aurais fait.
-Qu'est-ce qui se passe ?
-Je te demande juste de me faire confiance.
Tu veux bien ?
Merci.
Je te laisse avec ton chéri.
...
Bonjour.
Qu'est-il arrivé à vos cheveux ?
-J'ai... J'ai rasé.
On me prend plus au sérieux.
-Ah...
Alors, il est temps de sortir.
Vous devez revenir sur vos aveux.
Arrêtez de vous buter, Gabriel.
Je suis là.
Je ne vous laisserai pas tomber.
-J'ai du mal
à y croire.
-Vous avez tort.
Ne jamais lâcher,
c'est mon boulot. Je vous défendrais même
contre vous-même.
-Il fait quel temps ?
-Hm ? -Dehors, il fait quel temps ?
-Ah. Lourd.
Je crois qu'il va pleuvoir.
-J'avais une copine.
Assia.
C'était la première fois.
-C'est fini, entre vous ?
-Oui, elle m'a...
Elle m'a...
Elle m'a quitté deux jours avant cette merde.
-Elle vous a dit pourquoi ?
-Parce que je lui faisais peur.
Quand je me mettais en colère, je lui faisais peur.
Elle disait qu'elle ne me reconnaissait pas.
Ce n'était jamais contre elle, mais...
Je ne sais pas.
Elle me manque.
J'ai envie de la revoir. -Vous la reverrez.
On va tout faire pour vous sortir de là.
-Si je dis au juge que je ne l'ai pas tué, je sors ?
-Ce sera un 1er pas. -Ca ne sert à rien, alors.
-Gabriel...
Regardez-moi. Regardez-moi.
Avez-vous tué Bertrand Malick ?
-Non. -Mieux que ça.
-Non. -Non ?
-Non !
-Vous allez dire ça au juge.
Comme ça.
Oui.
Mettez-la sur mon bureau. Je la signerai en arrivant.
Merci, Amélie.
Klaxon. Hé !
Qu'est-ce que vous faites là ?
-J'apporte son linge à Gabriel. Vous l'avez vu ?
-Oui. -Comment il va ?
-Il va très bien.
J'ai une grande nouvelle. Il va revenir sur ses aveux.
-Oh, merci.
Elle soupire.
Je ne l'ai jamais cru coupable. Mais pour Paul, ça va tout changer.
-Vous voulez que je vous attende ?
-Non, je vais faire des courses après.
Demain, c'est son anniversaire. Il a 20 ans.
On va faire une fête pour lui montrer qu'on pense à lui.
Venez. C'est important que vous soyez là.
-D'accord.
-Je dois filer. A demain ?
-A demain. -Merci.
-Je vous en prie. Au revoir.
Sonnerie de portable. Allô ?
-Je l'ai trouvée en vidant le studio de Bertrand.
Je n'ai pas pu m'empêcher de vérifier.
L'hôtel est à Bacalan.
Visiblement, il y passait ses nuits.
J'ai repensé à ce que vous m'avez dit.
Je suis sûre que sa mort a un lien
avec cette saloperie d'enquête. On sonne à la porte.
Le bébé gazouille.
C'est moi qui ai demandé à maître Humbert de venir.
-Pourquoi ?
Bonjour.
-Je veux savoir comment Bertrand est mort.
Ce n'est pas le petit jeune qui l'a tué
pour lui voler son fric. -Comment ça ?
-Il y avait un autre homme sur le terrain vague,
le jour de la mort de Bertrand. Il est sorti par derrière
pour éviter la vidéosurveillance.
-Un autre homme ?
Vous avez une preuve ? -Un film, mais flou.
-Vous voyez son visage ?
-Non, il a une casquette.
-C'est pas possible. Il faut le trouver.
-Je m'en occupe. Envoyez-moi les images,
je vais tout reprendre. Si celui qui l'a tué
n'est pas Etchegaray, je le coincerai.
Je te promets, Julie. Je le coincerai.
Sonnerie de texto.
-"Et mon boulot ?"
Sonnerie de texto.
...
Sonnerie de texto. -(Putain.)
Propos indistincts.
...
-Peretti...
Oh, le salaud.
-Non, un acte de vandalisme.
Je l'ai laissée au garage. Je la récupérerai demain.
Oui, je reste en ligne.
-Ah, désolé,
je vous ai fait peur.
-Que fais-tu là ?
-Je récupère les affaires d'Olivier.
-Ah, OK, d'accord.
-En fait,
il compte rester un peu de temps chez Inès.
-Elle va bien ?
-Très bien.
Ca lui a fait du bien que vous lui parliez.
Elle vous aime beaucoup.
-Moi aussi, je l'aime beaucoup.
-Bon, ben, j'y vais.
...
-Vous êtes vraiment décidée ?
Vous ne voulez laisser aucune information
sur votre identité ?
Sachez quand même
que vous avez deux mois pour changer d'avis.
Pendant ces deux mois,
l'enfant sera confié à l'Aide sociale à l'enfance
et il sera placé en pouponnière.
Par contre, après ces deux mois, il sera déclaré adoptable.
-D'accord.
-Il y a aussi quelque chose que vous devez savoir.
C'est qu'à tout moment
de votre vie,
dans 2 ans ou dans 10 ans, vous pourrez revenir
sur cette décision de secret
de votre identité.
Sonnerie de portable.
...
-Bonjour. -Ca va ?
-Ca va. Et vous ? -Oui.
Alors...
La chambre de Malick, la 346, donne sur l'immeuble désaffecté.
Le lieu d'échange entre les trafiquants et Peretti,
la tête du réseau.
C'est le type que Malick et Ferrand n'ont pas pu coincer.
J'étais sur une affaire, il y a des années :
du recel de bijoux volés.
Son nom circulait déjà. Gros poisson, ça.
-Malick et Ferrand
n'ont pas démantelé le trafic.
-Non. Tant que Peretti est dans la nature, ça continue.
-Il est du genre à commanditer le meurtre de Malick ?
-Il est du genre à plein de trucs.
-D'accord.
Bon...
J'ai envoyé les photos que vous m'avez données
à Ferrand, ce matin. On verra ce qu'il trouve.
Il y a un type qui me suit.
-Comment ça ?
Coups de fil anonymes, pare-brise fracassé.
-Si Peretti vous en veut,
levez le pied.
Vous voulez mon arme ?
-Vous avez une arme ?
-Oh, ça va. Vous la voulez ?
-Non.
Bon...
Merci.
-Ca n'a pas l'air d'être la grande forme.
Votre mari ?
-Disons ça.
-Il faut parler, vous savez.
Sinon, ça s'envenime.
Vous me l'aviez dit, à l'époque.
Je me souviens. "Parlez, Francis.
"Ca n'avance à rien, juridiquement,
"mais ça soulage."
-Ca ne m'étonne pas.
Je suis forte pour donner des conseils.
-Bon... Au revoir. -Bonne journée.
Merci beaucoup, Francis.
-C'est gentil d'être venus. On sonne.
Ah, je reviens.
Conversations indistinctes.
-Bonjour. -Bonjour.
C'est gentil d'être venue. -Je vous en prie.
-Elles sont magnifiques.
Entrez, entrez.
Je vais chercher un vase dans la cuisine.
Paul ! -Oui.
Venez, entrez. -Bonjour.
-Bonjour.
-20 ans...
C'est formidable.
-Oui.
On n'a pas toujours fait du bon boulot,
mais ça fait quelque chose.
-Je sais que c'est dur, pour vous, de demander un parloir,
mais il faut le faire. Gabriel a besoin de vous entendre
dire que vous l'aimez.
Il est très seul. Ses copains se sont peu manifestés.
-C'est de la racaille, ces gars-là. Il est toujours à faire confiance.
Il va revenir
sur ses aveux ?
-Oui.
-Merci. -Vous venez ?
Ecoutez, tout le monde.
Je voulais vous dire un petit mot.
Ne vous inquiétez pas, je ne serai pas longue.
Euh...
Voilà, il y a 20 ans, Gabriel est...
né tout seul.
Et...
-Ce que Chantal veut dire,
c'est qu'il y a 20 ans, elle et moi...
on avait de l'amour en trop.
3 mois plus tard, il arrivait ici, tout petit,
avec des yeux immenses,
comme s'il avait besoin de tout voir.
Ca a été une drôle de rencontre, entre lui et nous.
-Et aujourd'hui,
il a 20 ans,
et c'est pour ça qu'on voulait être tous ensemble.
...
Que faites-vous là ?
-Tenez, c'est la pièce qui manquait dans la vie de Gabriel.
Faites-en ce que vous voulez.
J'espère que vous comprendrez.
...
Elle crie. -Un petit peu...
Je l'ai presque.
Arrêtez de pousser. Voilà.
Elle sanglote.
...
Pleurs de bébé.
-Il va bien ?
...
Elle halète.
...
Je suis sûre que c'est un garçon.
S'il vous plaît,
dites-le-moi, Myriam.
S'il vous plaît, dites-le-moi.
Le bébé pleure.
Elle sanglote.
-Il faut lui dire au revoir. Vous êtes prête ?
-Non.
Le bébé pleure. Elle pleure.
Le bébé pleure.
...
Elle pleure.
-Ca ne devrait pas être compliqué de compter sur lui.
Déontologiquement, on a toujours été proches.
Je te rappelle.
Elle sanglote.
-J'ai besoin de toi, je suis désolée.
Elle sanglote.
...
Gabriel Etchegaray est mon fils.
Non, reste.
-Comment ça, ton fils ?
-J'ai accouché sous X il y a 20 ans, jour pour jour.
-Quoi ?
-J'étais étudiante, je me suis réveillée un matin,
après une fête.
Je ne me souvenais de rien.
Tout ce dont je me rappelle, c'est...
d'avoir dansé avec un type qui m'a offert un verre et...
J'ai bu ce verre et puis...
Il était trop tard,
quand j'ai su que j'étais enceinte. J'étais déjà à 4 mois.
Je ne savais pas quoi faire.
Je n'avais plus mes parents, peu d'argent.
Soit j'abandonnais tout et je le gardais,
soit j'accouchais sous X, et j'ai choisi.
Je me suis dit que je m'en sortirais.
J'ai essayé d'oublier,
et je ne voulais pas
que cette histoire existe entre nous.
-Elle a existé.
(Elle a existé.)
Je t'ai suppliée d'avoir des enfants.
Tu as toujours refusé.
Tu m'as menti
pendant des années. -Non.
Non. Elever Inès m'a comblée.
Je ne voulais pas d'autre enfant. Ne mélange pas tout.
-C'est toi qui mélanges tout. Ta vie n'a pas commencé
avec Inès et moi.
Tu ne m'as pas fait confiance. Regarde-moi.
Regarde-moi !
Elle sanglote.
Moi, je ne t'ai jamais menti. Jamais.
-J'ai juste essayé d'oublier.
-Et tu t'es plantée.
Qu'est-ce que tu comptes faire ?
-Je voudrais le sortir de là. Il a besoin de moi.
Je peux l'aider. J'ai besoin de le faire.
-Tu décides tout, toute seule, dans ton coin, toujours.
Tu nous as tous foutus dedans !
Je fais des discours sur la déontologie des avocats.
Toi, tu défends ton fils. Tu mens à ses parents.
Laisse-moi ! Laisse-moi.
Il claque la porte.
Sonnerie de portable.
...
Elle sonne.
-Mme Etchegaray ?
-La chambre de réa, c'est où ? -Juste là.
-Merci.
(Bonjour.)
Je suis Sophie Humbert. Vous m'avez laissé un message.
-C'était ma collègue. On a retrouvé votre carte sur lui.
Vous n'êtes pas de la famille ?
-Non, je suis une amie. Que lui est-il arrivé ?
-Il a perdu le contrôle de sa moto.
Les freins ont lâché.
-Il va s'en sortir ?
-On ne sait pas.
Ne restez pas longtemps.
-(D'accord.) -Prévenez sa femme.
-Oui, bien sûr. -Merci.
-(Francis, c'est Sophie.)
(Que s'est-il passé, Francis ?)
(Je n'entends pas, dites-moi.) Il chuchote.
-C'est une manipulatrice.
Je ne veux plus la voir. Qui sait ce qu'elle a en tête ?
Elle veut peut-être faire sortir Gabriel de prison
et briser notre famille. -Ah non.
Vous ne pouvez pas dire ça.
Dans l'intérêt de Gabriel, laissez faire Sophie.
Elle a pris un risque en le défendant.
Ca pourrait lui coûter sa carrière. -Ah bon ?
Quel risque ? -Elle ne devrait pas
défendre Gabriel.
Je la connais. Elle ne vous fera pas de mal.
-Vous la connaissez ?
Vous ne saviez pas qu'elle avait abandonné un enfant.
-C'est vrai.
Mais je n'ai pas oublié le reste.
-Elle ne s'est pas intéressée à nous par hasard.
-Bonjour. -Bonjour.
-Je voudrais la chambre 346.
-Vous auriez une pièce d'identité ? Merci.
Merci.
-Dites à Peretti que je suis là.
...
Sophie Humbert. J'ai besoin de vous, commandant.
Hôtel de la Comète, chambre 346. C'est très urgent.
...
On tambourine à la porte.
Sonnerie de portable.
On tambourine à la porte.
Grands coups.
Sonnerie de portable.
Elle crie.
...
-Lâche-la ! Lâche-la, Ferrand !
Allez, venez. Ca va.
Venez, c'est fini.
-Bouge pas, Ferrand.
-Ca va ?
C'est vous qui aviez raison.
Malick a découvert
que Peretti avait été prévenu par Loïc Ferrand.
Il s'est fait repérer,
et Peretti a posé un ultimatum à Ferrand.
Soit il s'occupait de son pote, soit ses activités parallèles
seraient dévoilées à ses supérieurs.
-Si Malick avait dénoncé Ferrand, il serait en vie ?
-Sans doute.
Il a trop hésité.
Comme s'il n'arrivait pas à croire
à la trahison de son coéquipier.
En tout cas, vous avez pris un risque insensé.
Ca devait valoir le coup.
-Promettez-moi de vous occuper de Francis Benhamou.
-C'est promis.
Je vais aller le voir. -Merci.
-Prenez soin de vous.
...
-Merci.
-On ne se reverra plus, alors ? -La vie nous le dira.
Elle est surprenante, parfois.
-Merci.
...
-Bonjour.
-J'avais envie de le voir.
Et j'avais envie de te voir.
Ca y est, il est libéré ? -Hm.
-Il sait ?
-J'ai levé le secret de mon identité.
Il a le choix.
...
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