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Original subtitles

Compte tenu des faits exposés et suite à nos conclusions,

nous demandons la mise en accusation

de M. Saverio Romaniello

pour homicide volontaire, acte de barbarie

et dissimulation du corps d'Aïda Bassir.

M. le Juge,

je tiens à préciser que mon client

n'a jamais dit qu'il était impliqué

dans le meurtre de la pauvre Aïda Bassir.

De plus, le témoin, Simone Vaccaro,

aurait pris la fuite.

On devrait parler de disparition,

conformément à mes hypothèses.

Ce qui est certain, c'est que Vaccaro

est un escroc

qui a profité de Mme Bassir.

C'est un fait.

Etrangement, il était introuvable

durant l'enquête.

Les conditions ne sont donc pas réunies

pour une procédure en référé.

Je prends acte de cet argumentaire,

madame la Substitute.

Par conséquent,

nous appliquerons la procédure ordinaire.

L'inculpé sera donc assigné à résidence.

Pour magouiller à distance !

Merci de modérer vos propos.

Madame la Substitute ignore

le sens du mot "modération".

C'est peut-être vous qui allez me l'expliquer ?

La prochaine audience aura lieu

le 2 mars.

Dans 5 mois. La blague.

C'est normal que je m'emporte.

C'est frustrant.

Don Mariano, vous êtes venu ?

Pourquoi ?

Je me le demande.

J'essaie de comprendre. Je suis quelqu'un de curieux.

Votre curiosité n'est jamais innocente.

Cinq mois, c'est trop.

La patience.

La patience est la plus grande des prières.

C'est de François de Sales ?

Bouddha.

Je m'inspire de la concurrence. C'est mal ?

Demain, je vous envoie des noms de filles motivées.

Je vous conseille une certaine Dorina.

Elle sera parfaite pour votre mère.

Merci, Don Mariano.

Accrochez-vous.

Oui, d'accord.

Le disque blanc chez Nunzio...

Celui qu'il utilisait comme cendrier.

C'est un détecteur de métaux.

Dedans, il y avait un bout de tablette votive grecque.

Les croix sur la carte indiqueraient des lieux de fouille.

Je dois vous dire une chose.

Il y a quelqu'un qui...

Ecoute, Imma...

Bonjour, madame.

Le maréchal La Macchia voulait vous attendre ici.

J'ai essayé de l'en dissuader, mais il est...

J'ai une information à vous communiquer.

En privé.

En privé, j'ai dit.

C'est moi qui décide.

La prochaine fois, vous attendrez dehors.

De quoi s'agit-il ?

J'ai découvert un élément croustillant

sur Nunzio Festa.

Il parait que sa belle-mère et lui...

se faisaient du bien.

Et le père l'avait découvert.

Et donc ?

Si c'est pas une histoire de drogue,

c'est une histoire de tromperie.

Et qui vous a communiqué ce scoop ?

Adele.

Adele Cammarota !

Celle que vous aviez traitée de...

De chaudasse.

Madame.

Ce sont pas de simples ragots.

Je l'ai rencontrée

et je peux vous dire

que c'est une femme très gentille.

C'est toujours pareil dans les villages.

Les rumeurs, les querelles...

La jalousie !

Maman ?

Bonjour, Pietro. Tu es seul ?

Oui, Imma rentre tard.

Dommage, j'aurais aimé la voir.

- C'est quoi, ce truc ? - Ce truc ?

J'allais quand même pas le jeter. Ca se fait pas.

Ma voisine me l'a offert.

Je lui ai obtenu une coloscopie en un temps record.

Grâce à l'oncle Lillino, j'imagine.

Il peut pas me rendre service ?

C'est à cause de ça que certains attendent des mois

pour un rendez-vous.

Mon Dieu !

Tu parles comme elle !

Valentina n'est pas là ?

C'est quoi, ça ?

Pour le concert de samedi.

Reprends-les.

Je vois.

Ta terroriste de femme

éloigne ta fille de sa meilleure copine

et elle lui interdit d'aller au concert.

Je t'ai toujours laissé gâter Valentina.

Cette fois, je refuse.

Tu veux en faire une nonne ?

Mon fils...

Elle t'a fait un lavage du cerveau.

Tu sais ce que tu as ?

Une maladie appelée le syndrome de Stuttgart.

Je l'ai vu hier, à la télé.

Tu sais quoi, maman ?

Dès que la liqueur sera prête, je t'apporte une bouteille.

- Quelle liqueur ? - Le limoncello.

D'accord. Au revoir.

Nunzio n'a aucun compte à la banque ou à la poste.

Il n'avait qu'une carte qu'il rechargeait de temps en temps.

Mais son père a un compte

au Crédit Lucano

avec lequel il paye les échéances du prêt qu'il a contracté

pour payer ses agriculteurs.

Mais il y a une anomalie.

Pendant 10 mois, il a réglé aucune échéance.

La banque aurait pu saisir sa maison.

Deux jours après la mort de son fils,

il a versé 10 000 euros

et tout est entré dans l'ordre.

C'est moi qui ai donné l'argent à Rosario.

J'avais découvert qu'il avait fait un prêt

pour payer ses employés.

Ca n'a servi à rien.

La coopérative a quand même fait faillite.

Mais ils risquaient de saisir la maison.

C'étaient vos économies ?

Le peu qu'il me restait a payé l'enterrement de Nunzio.

Il y a des rumeurs qui courent.

On dit que vous entreteniez une relation avec Nunzio.

Ils se lasseront jamais de me traîner dans la boue.

Pour eux, je serai toujours "l'étrangère".

Comment l'a pris votre mari ?

Rosario n'est pas comme les autres.

Il se fiche des ragots.

On dit aussi que je l'ai épousé pour son argent.

Encore des ragots.

Non. Ca, c'est la vérité.

Quand je l'ai connu, il était riche.

Je suis tombée amoureuse de lui quand il a tout perdu.

Quand j'ai vu qu'il se saignait

pour payer ses employés.

C'était sa priorité.

Là, j'ai vu le genre d'homme qu'il était.

Excusez-moi.

J'ai trouvé ça dans un silo.

M. Festa ignorait qu'ils étaient là.

Pourquoi avoir mis en vente la maison ?

Trop de mauvais souvenirs.

Je suis rentrée !

Ca sort d'où, ça ?

C'est un cadeau de ma mère.

C'est pas vraiment la forme.

Quel dommage ! Elle a quoi ?

Je parle de la plante.

Ma mère va bien, elle est immortelle.

Ca va lui servir d'excuse pour venir tous les jours

voir comment tu vas

et me dire que j'ai pas la main verte.

Ma mère tient vraiment à faire un cadeau à Valentina

et lui offrir la place de concert.

Le problème est pas le concert.

Ta fille est punie pour ce qu'elle a fait au musée.

C'était rien.

Si t'apprenais que t'étais cocu, tu me prendrais la main ?

- C'est qui ? - Quoi ?

Imma... C'est qui ?

Où je trouverais le temps de te tromper ?

Non, c'est en rapport avec mon enquête.

J'essaie d'y voir plus clair.

Je t'écoute.

C'est un homme assez mûr.

Sa femme est belle et jeune. Elle est ukrainienne.

On raconte qu'elle se tapait son fils.

Si son mari l'a appris,

ça pourrait constituer un mobile, non ?

Un mobile pour faire quoi ?

Si elle se tapait son beau-fils, peut-être que...

Laisse tomber.

J'ai juste posé une question.

Si j'étais cocu...

J'hésiterais pas à me venger.

Madame Tataranni.

Joli camouflage,

mais le bruit de vos pas vous a trahie.

Au lieu de m'offrir des citrons, dites-moi où en est votre enquête.

J'étais chez la victime, hier.

C'est vrai que vous aimez jouer au policier de terrain.

Certains aspects d'une enquête sont impossibles à déléguer.

Alors convoquez les gens. C'est le temple de la justice, ici !

Tataranni, on te voit rarement seule.

Je suis un fantôme ou quoi ?

De quoi tu parles ?

Tu es toujours accompagnée de Calogiuri.

Il est de bonne compagnie, mais vous êtes inséparables.

C'est vrai, vous n'avez confiance qu'en lui.

Parce que quand on lui demande de faire une chose, il la fait.

D'ailleurs, Maria,

il me faudrait le casier judiciaire d'Emanuele Pentasuglia,

alias Manolo.

J'en ai fait la demande par mail, sans succès.

Si vous étiez plus aimable,

je vous apporterais même des sfogliatelle...

Je digère mal les gâteaux napolitains.

Excusez-moi.

Bonjour, madame. Je voulais vous dire...

Prends ça.

- Je le pose où ? - Dans le bureau.

Saleté de citron ! Et saleté de belle-mère !

Tu as dit à la copine de Nunzio de venir

dans le temple de la justice ?

Tout va bien ?

Oui. Tous ces virages en voiture me donnent la nausée.

Tu te sens de continuer ?

Vu que je suis là...

J'ai entendu une rumeur, au village.

Nunzio aurait eu une relation avec sa belle-mère.

Je sais que Nunzio était avec toi et que c'est des ragots.

Mais ton frère fréquentait Adele Cammarota

et c'est elle qui a lancé la rumeur.

Oui, je sais.

Mon frère me l'a dit.

La dernière fois,

quand il est revenu de chez Cammarota,

il était furieux.

C'est pour ça qu'il s'est battu avec Nunzio

devant la boîte ?

Mais c'était faux ?

Absolument faux.

Avec quoi il payait toutes ces fringues,

ces places pour le concert, ces tournées ?

Dis-le-moi.

Il aurait pas fait des deals, par hasard ?

Il aurait pas vendu des objets antiques ?

Honnêtement, madame,

je sais pas d'où il sort le fric.

Bon, écoute-moi, Milena.

Je vais te demander de faire un petit effort.

Il y a pas un évènement qui t'a marquée,

ces derniers temps ?

Allez.

Un jour, on a pris la voiture de son père.

On est allés dans un bois, sur une colline.

Comme on était fous l'un de l'autre...

Qu'est-ce qu'il y a ?

Nunzio !

Où tu vas ?

Nunzio !

Un porc-épic ?

- Oui, madame. - T'as fait quoi ?

Je l'ai attendu. Il est revenu 20 minutes plus tard.

Il n'avait plus envie de me faire l'amour.

Il voulait me ramener

pour aller voir Manolo.

- Pentasuglia ? - Oui.

Tu te souviens où vous étiez exactement ?

Il est allé où ?

Là-haut.

On cherche quoi, exactement ?

- Les porcs-épics. - Pardon ?

C'est des animaux paresseux.

Ils installent leur terrier là où il y a déjà un trou.

En voilà un.

Je vais par là.

Madame la Substitute !

Par ici.

Venez !

Il y a un trou énorme.

C'est peut-être ça que Nunzio a trouvé.

C'est sans doute ici qu'il a trouvé les pinakes

qu'il cachait dans le silo.

Vous êtes qui ? C'est une propriété privée !

Bonjour.

Je suis la Substitute du Procureur, Immacolata Tataranni.

Qui êtes-vous ?

Mileo Ignazio.

C'est mes terres. Désolé si je vous ai fait peur.

C'est nous qui sommes désolés. Vous mettez quoi, là-dedans ?

On comptait entreposer notre fumier.

C'est grand pour du fumier.

On a pas mal de bêtes.

Avant, il y avait quoi ?

J'en sais rien.

Il y a des trous partout, dans la région.

Ces trous étaient des tombes et des temples romains.

Vous devez le savoir mieux que moi.

Vous avez déjà vu Nunzio Festa rôder dans le coin ?

Le fils de Rosario ? Celui qui a été tué ?

Je le connaissais. C'était un bon petit.

Mais il savait rien faire, au grand regret de son père.

Mourir si jeune...

Vous l'avez vu, oui ou non ?

Oui, au village. Mais pas ces derniers temps.

Je dois aller nourrir mes bêtes, madame.

Allez-y, ne les faites pas attendre.

- Au revoir. - Au revoir.

Tu as la carte qui était sur l'ordinateur de Nunzio ?

Oui, sur mon portable.

Vérifie s'il y a une croix là où on se trouve.

Je vais voir.

Oui, il y a une croix.

J'en étais sûre !

Le terrain de ce Mileo

est signalé par une croix.

Un des lieux où Nunzio a trouvé des objets qu'il a vendus.

Mais Nunzio n'était pas seul.

Pour vendre ces antiquités,

il faut connaître des gens importants

prêts à les acheter.

- Oui... Manolo Pentasuglia. - Exactement.

Vous avez trouvé quoi sur lui ?

Une amende pour détention de stupéfiants.

Rien d'autre ?

Il y a quelques années, il a fini aux urgences

suite à une bagarre.

On l'a interrogé

et il a accusé un certain Michele Cannone.

Mais il a fini par retirer sa plainte.

Le même Cannone qui, en octobre 2011,

a été condamné à 4 ans

pour délit contre les biens ?

Sacrée mémoire !

Oui, c'est bien lui.

C'était un voleur, un pilleur de tombes...

et un type violent.

Manolo a dû couper les ponts

avec les pilleurs de tombes professionnels

pour s'associer à Nunzio.

Il faut absolument qu'on découvre tout sur les propriétaires

des autres terrains marqués d'une croix.

Ca vous dit, Maréchal ?

Moi ? Pourquoi on doit enquêter ?

La Macchia...

Faites travailler vos méninges

si vous voulez sauver votre cerveau.

Pourquoi Nunzio a mis des croix sur ces terrains ?

Parce qu'il a trouvé quelque chose.

Si on enquête sur les propriétaires des terrains,

on découvrira sans doute

qu'ils cachent quelque chose.

D'accord, je m'en occupe.

Diana, fais venir Manolo.

Bien sûr, Imma... Immédiatement.

Je peux faire un commentaire qui a rien à voir ?

Madame, vous devriez arroser votre citronnier.

Il a les feuilles qui jaunissent.

Bon, j'y vais.

J'ai du travail. Au revoir.

Au revoir.

Jolie maison, madame !

Oui, jolie maison !

Bon, Dorina, ici, on a les médicaments.

- Je vais te donner la posologie. - D'accord.

Ici, on a la chaudière. Là, regarde.

Ici, c'est la chambre de ma mère.

D'accord.

De ce côté, on a la cuisine.

- Regarde comme elle est belle. - Très belle.

Là, tu as les produits d'entretien et le lave-vaisselle.

C'est un peu compliqué.

Il y en a déjà 2 qui ont démissionné.

Il faut être patient et énergique.

Tu es énergique ?

- Oui, j'ai ça en moi. - Parfait.

Parce que ma mère s'enfuit quand on a le dos tourné.

Je vois.

Aujourd'hui, elle est calme.

Ce monsieur...

Il ressemble au type de la télé.

Qui ça, maman ?

Celui qui chante.

Comment il s'appelle ? Bruno !

Bruno Lauzi !

Oui !

T'aimes bien Bruno Lauzi ?

Bien sûr ! Il est sympathique !

Excusez-moi...

Vous vous appelez Bruno ?

Non, je m'appelle Nikolaus.

Mais vous pouvez m'appeler Bruno.

Parfait.

Moi aussi, j'ai le droit d'avoir un homme qui fait tout.

Qui fait tout !

Un beau mâle !

Bravo, Bruno Lauzi !

Mon Dieu...

Habemus Nikolaus !

Ou plutôt Bruno Lauzi.

Ca va peut-être marcher, cette fois.

Pourquoi ça marcherait pas ?

Qu'est-ce que ça sent bon !

- Pas touche ! - J'y touche pas.

Madame.

- Le dîner est prêt. - Tiens. J'apporte le plat.

Mon Dieu !

Valentina !

Je vais la chercher.

Comment ça, t'as donné ma place ?

Je l'ai revendue.

Et puis le shérif t'a interdit d'y aller.

- Le shérif ? - Ta mère.

- Papa allait la convaincre. - Tu rêves.

T'aurais pas pu attendre ?

J'aurais pas pu la revendre.

Je sais même pas avec qui tu y vas.

Avec Elisa.

J'ai vu que vous discutiez, ce matin.

Je pensais que par solidarité t'allais pas y aller.

T'as jamais été fan d'Achille Lauro, contrairement à nous.

Vous ?

Je te laisse. A demain.

Valentina.

Tu viens pas dîner ?

Tu m'as dit que t'allais la convaincre.

C'est délicieux, mon chéri.

Valentina n'a pas faim.

Pourquoi ?

Parce qu'on la laisse pas aller au concert.

Voilà pourquoi.

Elle finira par comprendre.

Comprendre quoi ?

En plus, dès que Béa a appris la nouvelle,

elle a revendu sa place

à sa nouvelle amie, à celle qui est assise à côté d'elle.

Pourquoi tu prends ce ton ?

- Quel ton ? - On dirait que c'est ma faute !

C'est toi qui as l'air de culpabiliser.

Moi ?

Bref.

Tu sais ce que j'en pense.

Non, je sais pas ce que t'en penses.

Je trouve que t'as exagéré.

Tu sais quoi ? Je n'ai plus faim.

Je n'ai plus faim non plus.

Venez, M. Pentasuglia. Elle vous attend.

Il fait quoi ? Il tape le procès-verbal ?

Ne vous inquiétez pas.

Vous êtes ici en tant que témoin.

C'est en rapport avec l'histoire de Nunzio ?

Vous vouliez vous faire du blé

en vendant illégalement des pièces archéologiques ?

Moi ? Non !

Je voulais ressusciter le printemps.

Le printemps ?

Je cherchais pas l'argent,

je cherchais le temple.

Là où ils ont fait leurs horreurs.

Les forages, les entrepôts,

les puits de pétrole...

C'est là qu'on célébrait les Mystères d'Eleusis.

L'harmonie entre l'Homme et la nature.

Le temple de Perséphone était le Woodstock de l'Antiquité.

- Manolo ! - Oui ?

Ca vous dit rien, ça ?

Non, je l'ai jamais vue.

On l'a trouvée sur l'ordinateur de Nunzio.

Ces croix

indiquent les sites qui renfermaient des pièces archéologiques ?

Peut-être.

Je perds patience.

Un garçon que vous fréquentiez a été tué

et vous m'aidez pas.

Ca se trouve, vous y êtes pour quelque chose.

Moi ? Mais qu'est-ce que vous racontez ?

J'appréciais Nunzio.

Alors arrêtez de me faire perdre mon temps.

Pourquoi Michele Cannone vous a frappé, il y a 2 ans ?

On avait vendu 2 pinakes et je lui avais pas donné sa part.

Je vous jure que c'est pas l'argent qui m'intéresse.

Je fais ça...

Oui, pour le printemps.

A qui avez-vous vendu ces pinakes ?

A un ami de la famille.

Sauf que...

Sauf que quoi ?

Il y a quelques semaines,

lors d'une fouille, on a trouvé des tombeaux

et une statuette funéraire en bronze.

Une beauté d'une valeur inestimable.

Nunzio m'a conseillé de la vendre.

Je lui ai donné le numéro de ce fameux ami.

Et après ?

La vente s'est bien passée.

Comment s'appelle cet ami de la famille ?

Saverio Romaniello.

Cet argent, il a été utilisé comment ?

Depuis ce jour-là,

plus aucune nouvelle du fric ou de Nunzio.

Mon client a tout à fait le droit de garder le silence.

M. Romaniello n'est pas mis en examen dans cette affaire.

Votre présence, Maître, n'est donc pas nécessaire.

Vous connaissez pas la loi ?

On peut bien lui rendre ce service.

Si elle y tient...

Posez-moi vos questions.

Détenez-vous de manière illégale des fragments archéologiques ?

Voici ma modeste collection de pinakes.

Les pièces ont été déclarées aux autorités.

Bon, je reformule ma question.

Vous a-t-on déjà proposé d'acheter des pinakes de manière illégale ?

Quand vous étiez jeune,

on vous a jamais proposé d'acheter du cannabis ?

Vous avez sans doute refusé, tout comme moi.

Vous vous rappelez qui vous a fait cette proposition ?

Nunzio Festa, ça vous dit rien ?

Dommage

car M. Pentasuglia n'est pas du même avis.

Qui ? Manolo ?

Il s'est cramé le cerveau

quand il a commencé à prendre des champignons.

Allez-y, demandez-lui de témoigner.

Vous connaissez M. Pentasuglia depuis longtemps ?

Nos familles sont très proches.

Mais j'ai jamais rien eu en commun avec Manolo.

Merci.

Vous formez un joli couple.

C'est dommage parce qu'il était débrouillard, ce jeune.

Madame, bonjour.

Bonjour.

J'ai enquêté sur les finances des propriétaires

des terres marquées d'une croix sur la carte.

J'ai découvert des choses.

M. Albano Furio

s'est acheté la voiture de ses rêves.

Garde au sol abaissée,

double spoilers...

Une voiture d'occasion comme neuve.

De son côté, M. Luca Calabrese

a versé un acompte pour une piscine avec jacuzzi.

Même à Hollywood, on ne trouve pas ça.

De son côté,

Roberto Marinacci

a changé le pare-chocs de sa femme.

De sa femme.

- Vous voyez de quoi... - Oui.

C'est pas le genre d'opération que la Sécu rembourse.

Je vous parle pas des sorties.

Restos, pizzerias et même des soirées cinéma,

madame.

Il y a un an, aucun d'eux ne pouvait se payer tout ça.

Cet argent, il pousse pas sur les arbres.

Et Mileo ?

L'histoire de Mileo est plus triste.

Sa fille de 30 ans a une grave maladie.

Elle est allée à Houston...

A Houston ?

Oui, au Texas,

pour essayer un traitement expérimental.

Coût de l'opération...

50 000 euros.

- D'où vient le fric ? - Oui, d'où il vient ?

Mystère !

A chaque fois, j'ai eu la même réponse :

c'est un prêt d'amis et de la famille.

Vous m'avez dit

qu'ils n'ont pas tous fait des achats mirobolants.

Oui, il y en a un : Antonio Palma,

dont le terrain est marqué

sur le plan de Nunzio Festa,

qui a continué à cultiver ses terres.

Excellent travail, Maréchal.

J'ai bien entendu ?

Vous m'avez félicité ?

Qu'y a-t-il ?

Je vais autoriser la fouille des terrains

de Mileo, Calabrese et Marinacci.

Très bonne initiative, madame. Très bonne !

On cherche quoi ?

Bonjour, madame.

Je vous savais pas mécanicien,

Don Mariano.

Il faut savoir tout faire, ici.

Que me vaut votre visite ?

On a trouvé ça sur l'ordinateur de Nunzio Festa,

le jeune qui a été assassiné le 21 octobre.

Je le connaissais.

En 2003, on disait déjà

qu'il fallait qu'on reste sur nos gardes,

qu'ils contourneraient la loi

pour enterrer leurs déchets toxiques.

Vous pensez que ces croix

indiquent les endroits où des gens auraient enterré...

les déchets toxiques ?

Les propriétaires de ces terres

sont devenus riches du jour au lendemain.

Le loto, ça existe.

Oui ! Et vous pourriez devenir pape !

Pourquoi pas ? J'ai les qualités requises.

Un peu de sérieux, Don Mariano.

Ils ont tous déclaré que cet argent provenait

d'un prêt à taux zéro.

Drôle de coïncidence, non ?

Vous connaissant,

vous avez dû demander qu'on fouille ces terres.

Vous me connaissez bien.

Rien non plus.

Mais vous êtes là car vous n'avez rien trouvé.

Qu'est-ce que vous savez sur tout ça ?

Pour l'instant,

rien d'utile, ni pour vous ni pour moi.

Don Mariano.

Unissons nos forces. Un gosse a été tué.

Regardez-moi dans les yeux.

Vous dites que Nunzio a été tué parce qu'il aurait découvert...

un trafic de déchets toxiques ?

C'est bien ça ?

C'était un pilleur de tombes.

Il cherchait les terriers sur chaque terrain.

Il a dû trouver autre chose que des antiquités.

Si c'était le cas,

vous n'auriez jamais retrouvé le corps de Nunzio.

Ces hommes...

règlent les problèmes autrement.

- Laissez-moi un peu de temps. - J'en manque.

Le temps ne nous appartient pas.

Il appartient à Dieu.

Pourquoi j'ai l'impression que Dieu n'est pas toujours de notre côté ?

Comme vous dites, c'est une impression.

Méfiez-vous, ces gens-là ne rigolent pas.

Au fait, ça s'est bien passé avec Dorina ?

L'infirmière ? Son mari a eu plus de succès.

Quel rapport avec son mari ?

Ca s'écrit avec 2 "N", abrutis.

Valentina, remonte. J'arrive.

Ne t'inquiète pas, tout est sous contrôle.

T'aurais pas pu choisir un métier normal ?

Ta mère est normale.

Son travail est normal.

C'est notre monde qui est à vomir.

Ces types sont des lâches. N'aie pas peur.

Bea est trop une conne ! T'avais raison !

Elle a vendu ma place à la fille qui s'assoit à côté d'elle en cours.

Je ne veux plus y aller.

- Je vous retire l'affaire ? - C'est une question ?

C'est une question qui demande une réponse !

Vous devez arrêter de jouer au chat et à la souris !

L'enquête sur la mort de ce garçon

devient une affaire sérieuse.

Il ne s'agit que d'une inscription au sol.

Je veux continuer.

Vous serez escortée.

Encore ? Vous m'avez dit la même chose, cet été !

Vous avez choisi votre belle-mère !

Faites-moi confiance. Sinon, priez pour moi.

Mme Tataranni.

Ne me faites pas regretter d'avoir choisi ce Parquet.

Ecoutez, je...

Mon Dieu, j'arrive pas à y croire.

Pourquoi on a choisi ce métier ?

Quand je pense à ma Cleo...

Mon pauvre petit ange... J'ose même pas y penser.

C'est moi qu'on a menacé, pas toi.

Entrez.

Madame.

- Antonio Palma est là. - Qu'il entre.

Il est venu avec Rosario Festa.

Qu'est-ce qu'il fait là ?

Je sais pas. Ils sont amis.

Qu'il entre aussi.

- Bonjour, madame. - Bonjour.

J'ai accompagné mon ami Antonio. Sa voiture est en panne.

Bonjour, Madame. Antonio Palma.

Vous m'avez convoqué et mon ami

a proposé de m'accompagner.

Il y a du nouveau ?

L'enquête progresse.

- Faites asseoir M. Palma. - Tout de suite. Venez.

Il est tout sec.

Les feuilles sont toutes jaunes et flétries.

Prenez-le et plantez-le chez vous.

Peut-être qu'il pourra repartir.

Madame...

Quand une plante est trop atteinte,

pourquoi s'acharner

alors qu'il est déjà trop tard ?

M. Palma, je vous ai convoqué pour vous poser une question.

Est-ce qu'on vous a récemment contacté

pour vous faire, disons,

une proposition indécente ?

Dans quel sens, madame ?

Est-ce qu'on vous a proposé une somme importante,

dans les 10 000 euros,

pour pouvoir déverser des déchets toxiques

sur vos terres ?

Réfléchissez bien, M. Palma.

Promettez-moi que vous direz rien à Rosario.

A Rosario ?

Je voulais dire à Rosario

que Nunzio était dans le pétrin.

Mais je l'ai pas fait.

Quand il s'est fait tuer,

j'ai préféré ne rien lui dire

pour pas salir la mémoire de son fils.

C'est donc Nunzio

qui vous a proposé d'enterrer les déchets sur vos terres ?

Oui.

Mais je lui ai dit que j'en voulais pas, de ses déchets.

Ca donne des légumes rachitiques

et des tomates violettes au lieu de rouges.

Il vous a proposé combien ?

10 000 immédiatement

et 40 000 une fois que ce serait fait.

Il vous a dit combien il empochait ?

10 % du total.

En essayant de vendre des fragments archéologiques,

Nunzio a rencontré quelqu'un qui s'intéressait aux cavités.

Ils lui ont demandé d'aller voir les amis de son père

et de leur donner de l'argent

pour qu'ils acceptent d'enterrer des déchets.

Et ce quelqu'un est peut-être Romaniello

puisque c'est le dernier à avoir parlé à Nunzio,

avant qu'il passe

des fragments à quelque chose de plus dangereux.

Deux cafés.

Tous ont accepté sa proposition

sauf Palma qui n'en a pas parlé à Rosario.

Tout ça ne nous dit pas qui a tué Nunzio.

Et voilà.

Merci.

Madame,

il est devenu quoi, le citronnier ?

Je l'ai pas vu au bureau.

Je l'ai tué.

Pardon ?

Je veux dire que je l'ai jeté.

C'est dommage. Je pense qu'on aurait pu le sauver.

Rosario a dit qu'on devait éliminer les plantes malades.

Tant qu'il y a de la vie, il y a de l'espoir.

C'est comme pour Maria Luisa et moi.

On pensait tous que c'était fini.

Mais on se laisse une dernière chance.

Si on avait jeté la plante...

Tu as fait une métaphore ?

Non ! J'oserais jamais vous faire ça !

C'est une figure de style.

On parlait de la plante...

Tu as fait un parallèle avec ta relation de couple.

J'ai comparé le citronnier à mon histoire avec Maria Luisa ?

Qui est finalement loin d'être terminée.

On verra.

Et si Rosario avait fait une métaphore ?

Comment ça ?

Peut-être qu'il parlait pas du citronnier,

mais d'autre chose.

Je sais juste qu'à la campagne,

on tente de sauver ce qui peut l'être.

Je sais que t'as pas avorté, Milena.

J'ai tout compris quand tu es venue au bureau

et quand tu m'as dit que t'arrêtais le kick-boxing.

Vous avez découvert quoi d'autre ?

Que Nunzio ne voulait pas de cet enfant.

Nunzio n'était pas méchant.

Ce soir-là, en boîte, il m'a dit :

"Pourquoi tu me fais ça

alors que je commence à peine à vivre ?"

J'ai commencé à pleurer.

Je voulais le garder, ce bébé.

Je le veux.

C'est là qu'il m'a frappée. Il détestait me voir pleurer.

Il a déjà parlé de sa relation avec son père ?

Il aimait Rosario.

C'était son idole quand il était petit.

Il employait des gens. C'était pas un soumis.

Puis leur relation s'est détériorée.

Il ne le supportait plus depuis un moment.

Depuis la faillite de la coopérative.

Il disait que son père s'était ramolli,

que c'était devenu un soumis.

Je ne sais pas quoi faire.

Ne t'inquiète pas.

On va trouver une solution.

Si c'est une fille, elle sera aussi belle que toi.

Vous savez ce qui m'énerve le plus ?

C'est qu'il soit mort avant qu'on se réconcilie.

Viens.

Bonjour.

Bonjour.

Vous êtes sur le départ ?

On va chez une amie qui vit en Sicile.

Calogiuri, aide-la.

Merci, mais ça va aller.

Vous allez donc partir et tout abandonner ?

On a pas le choix.

On a tout vendu. On peut s'en aller.

On a découvert que Nunzio travaillait pour des gens

qui voulaient enterrer des déchets toxiques sur vos terres.

C'est des gens qui appartiennent à l'ecomafia.

Nunzio vous a demandé de faire comme les autres,

de pourrir nos terres avec cette merde qui vient du nord.

Mais vous avez refusé.

Pas vraiment.

Nunzio n'avait aucun lien avec ces crapules.

Je pense que c'est justement pour ça que vous l'avez tué.

Je vous offre la possibilité de tout avouer.

Le juge en tiendra compte.

Vous n'avez aucune preuve.

Non, mais je pourrais trouver le couteau.

Si vous l'avez gardé,

la Scientifique trouvera le sang de votre fils dessus.

Vous savez que Nunzio s'était mis d'accord

avec des mafieux

pour enterrer des déchets sur vos terres.

Nunzio n'était pas comme moi.

Il était obsédé par la pauvreté.

Il disait qu'il avait pas fait d'études

car j'étais fauché.

C'est faux.

J'aurais été prêt à m'endetter pour qu'il étudie.

Pourquoi avoir attendu qu'il rentre de boîte, ce soir-là ?

Ce matin-là, il m'a dit

qu'il voulait enterrer ces déchets dans mes champs.

Il s'était déjà engagé.

Mais je voulais pas empoisonner mes terres.

C'est mes terres !

J'ai attendu qu'il rentre

et je lui ai dit

que je le laisserais pas faire.

"Tu es vieux, tu es dépassé."

Voilà ce qu'il m'a dit.

Que mes idées allaient nous mener tous à la ruine.

Je le regardais et j'en revenais pas.

Il a sorti une liasse de billets.

Il était tout fier.

"Trop tard. Ils m'ont déjà filé une avance."

Je sais pas ce qui m'a pris.

Je sais vraiment pas ce qui m'a pris.

J'ai machinalement plongé ma main

dans la poche où je range mon couteau.

Madame.

Ma femme a rien fait.

Promettez-moi de pas la mêler à tout ça.

Vous, promettez-moi une chose.

Livrez-vous à la police. Faites-le vite, s'il vous plaît.

Merci, Calogiuri.

Bonne soirée, madame.

A toi aussi.

Je peux te poser une question, Diana ?

Tu sais, quand t'as voulu t'asseoir à côté de Guarini au lycée...

Mais si, tu disais que tu voyais pas bien le tableau.

Mais t'as jamais porté de lunettes.

T'as même vu les feuilles jaunies du citronnier.

Tu sais pourquoi t'as changé de place ?

Parce que je t'ai jamais laissé copier sur moi.

Même pas une fois.

Je trouvais ça injuste.

Je le pense toujours.

A plus, Diana.

On va où à cette heure-ci ?

C'est une surprise.

Maman, c'est trop bien !

Il raconte quoi dans sa chanson ?

C'est juste des mots.

Elle est insupportable, elle !

Elle me bouscule ! Ca suffit, mademoiselle !

Maman !

Danse !

- Allez, danse ! - Non, ma chérie.

Adaptation : Mahdi Benfeghoul

Sous-titrage : HIVENTY

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