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Je n'aurais pas peint de murs dans une autre ville.
Ici, le climat et la lumière sont très propices.
On se promène,
on rêve de Los Angeles,
ce qu'elle pourrait être,
ce qui s'y cache.
C'est ce qui inspire ces murs peints.
Ce qu'il y a dans ces peintures
est présent à Los Angeles.
C'est écrit partout dans la ville.
Et s'il y a du rêve là-dedans,
c'est un rêve collectif, plus que le mien.
Mes peintures reflètent mes sensations d'enfant.
Face aux grands formats,
on se sent petit,
comme un enfant qui lève les yeux
vers ses parents.
Les hommes sont un peu machos.
Leur univers est écrasant, menaçant.
Ils forment un gang, au centre.
Les femmes, plus sensées, sont à l'extérieur,
protectrices.
Très stables, très sereines,
mais à l'extérieur.
Les femmes artistes sont marginales,
ici, et sans doute dans la plupart des cultures.
C'est une agence pour l'emploi.
Je devais peindre des chômeurs,
mais j'ai peint des artistes,
plutôt que ceux qu'on dit sans emploi.
Je les ai faits aussi grands que le mur me le permettait.
Il mesure environ 7 mètres.
Je crois qu'ils méritent cette dimension.
Pour moi, comme pour d'autres dans notre culture,
les artistes sont assez importants,
même si ce n'est pas vraiment
dans le sens habituel.
Je crois que cette dimension
représente leur potentiel, ce qu'ils accompliront un jour,
peut-être dans cinq ans, dans dix ans...
ou jamais.
Je m'appelle Marta Chaffee.
Je m'appelle Alonzo Davis.
Je m'appelle Paul Czirban.
Je m'appelle Oliver Nolan.
Je m'appelle Eloy Torres.
Je m'appelle Wayna Kato.
Je peins des oiseaux et des curs
depuis que je suis enfant.
Les Black Panthers m'ont demandé
pourquoi je ne peignais pas de poings et de fusils.
Pour moi, il y avait une autre manière de peindre
et d'autres symboles nécessaires,
même quand on est noir.
Je suis Larry Freeman,
directeur de l'école de Willobrook,
qui accueille environ 1 380 élèves.
Il y a un Caucasien, cinq Samoans.
Le reste, ce sont des Noirs.
La fresque que vous voyez
est l'uvre de deux anciens élèves,
MM. Johnson Clifford et Wyatt.
Je leur ai seulement interdit les symboles violents.
Pas de poing dressé, de Noir en colère,
ou de Chicano en colère...
Johnson est un homme bien.
J'ai grandi dans ce quartier
et j'allais à cette école.
Je mangeais à cette cantine.
Je suis heureux de vous montrer mon travail d'adulte.
Il y a des choses intéressantes dans cette école.
On fait beaucoup de peintures murales.
Par exemple, dans l'entrée des toilettes
des garçons.
Et aussi
dans l'entrée des toilettes des filles.
Richard Wyatt est un homme extraordinaire.
Je m'appelle Richard Wyatt Junior.
Je fais des images.
J'essaie d'être un artiste public.
Je peins ma famille ou les gens que je connais.
C'est difficile d'en parler. Ce que j'aime, c'est peindre.
- Comment tu t'appelles ? - Juliet.
Beaucoup croient qu'on se retrouve dans un gang
pour aller chercher la bagarre. C'est faux.
On grandit, on joue, on va à l'école avec d'autres gosses.
On devient vite un adolescent.
Après, peut-être qu'il y a de mauvais coups.
Mais on fait partie d'un gang
juste parce qu'on est né dans tel quartier.
J'ai peint ça parce que...
les gangs s'entretuent.
À ce que je sais, ici même,
deux types ont été tués.
Ce mural n'est pas décoratif. J'ai voulu montrer
que nous sommes les descendants des Aztèques,
des Mayas, des Toltèques.
Lui faisait partie du mouvement chicano.
Elle, c'est sa mère.
Elle pleure parce qu'ils l'ont tué.
Lui, c'est son frère. Il regarde par la fenêtre.
Il pense que la prochaine balle sera peut-être pour lui.
500 personnes ont été tuées l'année dernière.
500 adolescents.
Pourquoi, je sais pas. On les a tués.
Ou ils avaient des problèmes chez eux,
et ils se sont suicidés.
On a peint ce mur-là
parce qu'on a perdu beaucoup d'amis.
Mes frères du "barrio" ont été tués.
Ils sont tous morts.
Mon quartier s'appelle Hazard.
J'ai le blues du barrio
Tôt le matin...
J'ai le blues du barrio
Et ça me prend toujours
Le matin, quand je vois la souffrance
Ça me prend toujours quand je vois la souffrance
Dans mon ghetto de barrio
J'ai vu une mère pleurer
Et elle m'a dit
Mon fils est mort, il n'avait que seize ans
Tu vois, mon ami
La guerre des gangs n'arrangera rien
Des frères s'entretuent
Ce qu'il nous faut, c'est être unis...
C'est le blues du barrio.
Mon nom ou mon surnom ?
Chava.
Ce "mural", c'est l'homme.
Et la fleur, les filles.
Toutes les filles de Californie...
C'est Judith Baca qui a organisé ça.
On a fait des esquisses, puis elle nous a laissés libres.
C'était bien de travailler avec elle.
Elle a été réglo.
Je m'appelle Judith Francisca Baca.
Je suis peintre,
muraliste et éducatrice.
J'ai peint des murs après avoir réalisé, à 23 ans,
que je n'avais jamais vu de Chicana dans un musée.
Il y aurait sans doute eu très peu de chance
que je présente mon travail dans les circuits officiels.
Alors, il m'a semblé logique
de présenter mon travail aux miens.
J'ai réuni des jeunes de différentes communautés,
gangs et groupes ethniques,
pour qu'ils travaillent ensemble sur ce mural.
C'est un territoire neutre qui n'appartient à aucun gang.
Le génie militaire m'avait fait des propositions.
On a coopéré avec le Contrôle des crues, la ville de L.A.,
et le service de protection des mineurs.
Tous les jeunes
ont dû remplir les conditions du tribunal des mineurs
et avoir été en prison au moins une fois
pour être acceptés sur ce projet.
Pour l'instant, 130 jeunes ont travaillé ici.
Ils ont tous été payés le SMIC,
3,10 dollars de l'heure.
Ils ont aussi été payés pour leurs recherches.
Enfin la prison mène quelque part !
C'est ce que disent les mômes : "Le crime paie."
Ce mural retrace l'histoire de la Californie.
Mais l'histoire occultée.
Les oubliés : les Asiatiques, les Chicanos, les Noirs
et les femmes.
Au cours de nos recherches,
nous avons découvert qu'Edison, le grand inventeur,
était né à Zacatecas, au Mexique.
Il s'appelait Thomas Alva Edison
et ses parents étaient mexicains.
On l'a représenté avec la déesse des Chichimecas.
Elle est moitié femme, moitié maïs.
Elle lui chuchote le secret
de l'ampoule électrique
et du kinétoscope, qui a transformé l'industrie de L.A.
et a joué un rôle décisif dans son développement.
C'est mon 2e mural, un hommage à Strother Martin,
mon acteur préféré, un méchant.
Il inclut pour la 1re fois le motif du crochet.
Ce châle au crochet, mis à part les couleurs,
est celui que ma grand-mère m'a fait.
Je l'ai utilisé pour contrebalancer
l'image négative de Strother Martin,
le "méchant" de Hollywood.
Mon 2e mural "au crochet" représente Lillian Bronson.
On l'appelle "La vieille dame de l'autoroute."
J'ai peint ce châle, fait aussi par ma grand-mère,
car il me rappelle
une époque où on était fier
de faire des choses qui durent.
Il ne me semble plus que ce soit le cas.
Ce châle représente quelque chose qui vivra plus longtemps
que la plupart des voitures qui passent sur l'autoroute.
Ce mural s'intitule
"La Sainte Trinité et la Vierge".
D'habitude, il n'y a que le Père,
le Fils et le Saint-Esprit.
J'ai ajouté la Vierge Marie.
Elle, c'est Jan Clayton,
la mère la plus célèbre
de la télévision, dans les années 50.
C'était la mère célibataire d'un chien, Lassie.
On a traité le Christ comme un chien.
Cette femme ressemble terriblement à ma mère.
Voici la poche de la mère.
Elle a la taille de la nacelle où j'ai passé 9 mois,
pendant que je peignais ce mur.
Du blanc, du blanc...
C'est comme si je nageais dans un océan de lait.
C'est Clayton Moore, symbole parfait de Dieu.
Il est le Justicier Solitaire, l'homme masqué.
Il monte un cheval blanc et protège les gens de l'Ouest.
C'est le cow-boy le plus célèbre en Amérique.
Je n'aurais pas pu trouver
de modèle plus parfait pour Dieu
que Moore, l'homme masqué, sans son masque.
Aucun vivant n'a jamais vu le visage de Dieu
ni celui du Justicier Solitaire.
Je suis évangéliste.
Voici le Christ. C'est Billy Gray.
C'était le fils du bon père dans une série télé.
Ces mains sont les mains
d'un motocycliste américain.
Elles sont puissantes, extrêmement grandes.
Ce sont les mains du Christ.
Après tout, s'Il était vraiment Dieu fait homme,
ses mains devaient être très grandes.
Le blue-jean, c'est l'uniforme américain.
Peut-être que si le Christ réapparaissait en Amérique,
il porterait un jean.
Le corps, c'est celui de mon ami Paul,
qui est charpentier, comme l'était le Christ.
Ma chemise de l'armée que Paul portait
quand il posait pour moi.
La cravate de l'armée de l'air
que je portais à l'époque.
Et cela nous conduit
à la tête très puissante du Christ,
avec sa coupe de cheveux virile.
Beaucoup trouvent ses yeux trop clairs.
Le regard du Christ les transperce
et cela les trouble.
À mon avis, c'est leur problème.
J'ai peint le Christ tel que je le vois.
Je m'appelle Wayne Alaniz Healy.
J'ai peint le mural qui est derrière moi.
Il s'intitule "Fantômes du barrio".
En général, quand on montre des Chicanos à la télé,
dans les magazines ou les journaux,
c'est de manière négative.
Je voulais qu'ils se voient grands et forts,
et qu'ils soient fiers.
Je veux montrer
qui sont nos ancêtres.
Pourquoi ces clés ?
Dès qu'on entend le bruit des clés,
on se dit : "Oh, oh, le voilà qui arrive !"
Ici, à Ramona Gardens, vivent 610 familles.
99 % sont hispaniques
et 1 % sont noires.
Il doit y avoir environ 2 300 enfants.
J'aime beaucoup ce quartier
parce qu'il ressemble à celui où j'ai grandi.
Ce mural dépeint l'époque
de Glenn Miller,
du rock'n'roll...
"Blueberry Hill", Fats Domino...
Tout ça continue à vivre en nous.
Nos jeunes ont été influencés
par le mode de vie américain.
Ils ont perdu leur tradition.
On essaie de leur transmettre cette culture.
Les murs peints
leur montrent en images l'histoire
de leur peuple.
Beaucoup de jeunes Chicanos
ne peuvent pas s'identifier à des Mexicains,
mais ils ne peuvent pas non plus
s'identifier à des Américains.
Leur angoisse, leur douleur,
est bien réelle.
Et les murs peints
l'expriment.
Ce mural, "Lire entre les lignes",
est mon uvre la plus engagée.
Il parle des événements du Watergate.
Les téléphones branchés sur table d'écoute.
Il montre l'espionnage de la CIA.
Il montre la télévision
et le public captivé par ce qui se passe.
Merci !
Je dois te refaire une beauté.
Je m'appelle Lynn Carey, je suis chanteuse.
J'ai travaillé en France au début des années 70.
J'ai chanté à l'Olympia avec Johnny Hallyday.
C'était merveilleux.
Pendant qu'Arthur peignait,
un costaud
qui faisait du jogging a regardé...
Qu'est-ce qu'il a dit ? Il a regardé la peinture et...
Il a dit :
"Alors, vous pensez
"que le monde appartient aux femmes ?
- "Quelle connerie !" - Il était fâché.
J'ai peint ce qui m'intéressait.
Et c'est Lynn.
Même trois secondes,
l'art s'est montré à eux.
C'est la rue la plus laide du monde.
Elle avait besoin de quelque chose, regardez...
Des panneaux, des ordures...
Les gens, ici, ont besoin de beauté.
Pendant que je peignais, on m'apportait des cadeaux.
On me disait : "L'État fait enfin quelque chose de bien."
La ville est assoiffée d'art de qualité.
Une forêt urbaine, c'est de l'art.
Comment je le sais ? Je me fie à ce que je sens.
Et je sens que c'est bien.
Je m'appelle Orlando Pellegrini.
Je fabrique et je vends des glaces.
J'ai fait faire cette fresque sur le mur de mon magasin.
Piazza Navona est une des places principales de Rome.
On s'y rencontre, on mange des glaces,
on regarde le ciel, on parle du temps qu'il fait.
Les glaces américaines n'ont rien à voir
avec les glaces européennes
et surtout celles de Rome, des "Tre Scalini".
Nous avons eu pas mal de succès.
Pour faire cette peinture, j'ai appelé un Italien.
Il est venu.
Il a passé trois semaines sur ce mural.
Et moi, j'ai déboursé 3 500 dollars.
C'est beaucoup
pour trois semaines de travail.
Mais je l'ai fait parce que j'aime la Piazza Navona.
J'y ai travaillé 10 ans, dont 6 aux "Tre Scalini".
Je m'appelle Cristiano Rimassa.
Mon travail pourrait s'appeler du surréalisme symbolique.
J'ai peint un coin de Californie, comme un écran.
C'est peut-être un effet optique.
Mais si on veut y voir un symbole,
c'est peut-être l'Europe derrière l'Amérique.
Je m'appelle Josine Ianco Starrels.
Depuis la préhistoire, en peignant sur les murs,
des artistes expriment ce qu'ils ressentent.
Nous sommes derrière la boulangerie.
Je m'appelle Esther Macias.
Je suis la tante de Willie Herron.
Willie Herron
est celui qui a fait la peinture, là.
Il m'a dit que ça représentait
des gens en détresse, emprisonnés dans un mur,
des mères
et des frères qui souffraient,
à cause de ce qui se passait ici,
à East L.A.
Je tiens une boulangerie.
Neuf hommes et cinq femmes
travaillent ici.
C'est moi qui les dirige tous.
C'est assez dur, parfois, mais je m'en sors.
On fait du pain mexicain.
Bonjour, Alfredo !
On fait des gâteaux au café, des brioches,
et 15 sortes de pain mexicain.
Ça, je ne sais pas...
C'est ce qu'il voit dans sa tête.
C'est pour ça qu'il l'a peint comme ça.
C'est tout ce que je peux vous dire.
Je lui ai rien demandé mais j'aime.
Oui, c'est très joli.
C'est une très jolie peinture.
Une belle scène.
Willie a grandi dans la boulangerie.
Petit, il lavait les plateaux.
Il a commencé en dessinant à la craie.
Je savais pas qu'il avait ça en lui.
J'ai grandi dans ces rues.
Écrire sur les murs, c'était naturel.
Tout le monde écrivait son nom un jour où l'autre.
Un soir, je suis rentré à la maison
et j'ai vu mon frère étendu dehors, dans une mare de sang.
Il avait seize ans.
Il avait été descendu par une bande rivale.
Il était là, dans une mare de sang.
La bande venait de l'autre côté du pont.
Sur le chemin de l'hôpital,
j'ai rassemblé toutes ces images
et les pensées qui me traversaient la tête,
et j'ai décidé
que ma vengeance pourrait passer
à travers l'art.
Les murs, la musique, les performances...
Pour un type de dix-neuf ans,
c'était une manière différente d'exprimer
la pression qu'on ressent à l'intérieur.
J'ai vraiment connu la violence
au début des années 70.
Beaucoup d'amis sont morts, et cela continue partout.
C'est donc un message toujours actuel
que j'ai choisi d'exprimer sous une forme artistique.
Je l'ai appelé "Le mur fissuré".
Jusqu'à présent, la police ne m'a jamais
été bénéfique.
La violence est une force très négative.
Elle touche tout le monde
et elle fait mal.
La police est venue ici et a frappé les gens.
Notre mural était un message adressé
aux nôtres et à l'extérieur.
Il parle de notre condition, de nos sentiments,
en tant que minorité aux USA.
Je suis dans la rue, sans endroit où aller
Je n'ai pas de foyer à L.A.
Un homme s'est approché, m'a demandé mon nom
Je parlais pas sa langue et il m'a embarqué
C'est ça le prix qu'il faut payer
Quand on vient aux USA ?
On vient travailler, on paie des impôts
Et la police de l'émigration nous vire à coups de pied
On m'a jeté dans un bus avec un aller simple
Expulsé pour avoir fait la plonge à L.A.
Regardant par la fenêtre, j'ai pensé qu'on était
Un million de clandestins et tous on aurait tort ?
C'est ça le prix qu'il faut payer
Quand on vient aux USA ?
Je sais pas pourquoi on peut pas rester
Gronk a foutu en l'air la frontière, hier !
Je rêve qu'on crée ensemble
la plus grande galerie en plein air du monde.
On veut peindre environ 77 murs.
On en a fait 55, pour l'instant.
Dans mes rêves, je tombe d'un échafaudage.
Mais je ne suis jamais tombé.
J'ai 38 ans et je suis ici depuis 8 ans.
On mettra sans doute 10 ans à terminer ça.
Après, j'irai dans le désert ou dans les montagnes...
et adieu les murs !
Pourquoi ils sont blancs ?
Beaucoup de gens pensent
que le blanc était intentionnel.
Et ça leur plaît comme ça.
À l'origine, elle devait porter une robe de mariée
et lui, un smoking.
Il devait y avoir un contraste
entre la civilisation et le monde sauvage.
Messieurs, je m'appelle Carlos Ortiz.
Je suis le propriétaire du "Monarch Bridal Shop".
Une boutique de mariage.
Nous avons entre 50 et 75 mariages par semaine.
Comme nous sommes au deuxième étage,
nous voulions une enseigne spectaculaire.
Carlos Ortiz est resté seul sur le mur pendant deux ans,
avant qu'on trouve le modèle de la mariée.
Finalement, j'ai choisi ma fiancée à l'époque, Susan.
Je lui ai mis une robe de mariée
et un bouquet dans la main.
C'est notre bague.
Le monde entier sait que c'est elle.
Aujourd'hui, je suis fier et reconnaissant envers Kent
d'avoir fait ce beau travail
à Los Angeles.
East L.A. !
On n'avait pas de murs peints avant qu'ils arrivent.
Ils ont apporté leurs murs peints,
leur esprit et leur âme.
C'est très latin de peindre les murs.
Ils peignent tout : les trottoirs, les palissades,
les façades, les cours, les toits, les sols...
C'est comme ça qu'ils vous disent qu'ils sont mexicains.
Je ris parce que j'ai grandi parmi eux.
Je suis une sorte de mélange de Hollandais,
d'Espagnol, d'Indien, d'Anglais et de Juif !
Il m'a semblé que vous étiez française.
Mais je ne parle pas français. Je chantais, avant.
Alors je vais vous chanter une chanson.
Femme, si tu peux parler à Dieu
Demande-lui si parfois
J'ai cessé de t'adorer
Ô mer, miroir de mon cur
Quand j'ai vu tes larmes
Mon amour
Je t'ai cherchée partout
Sans te trouver
Pourquoi vouloir tes baisers si tes lèvres
Ne veulent plus des miennes
Et toi
Qui sait où tu iras
Quelles aventures tu vivras
Tu es si loin de moi !
Ces peintures représentent...
d'abord...
les choses pour lesquelles ils luttent.
À part jongler, que faites-vous ?
J'étais dans un cirque.
Maintenant, je suis dans un théâtre évangéliste.
Nous cherchons à évangéliser le monde,
à susciter un renouveau du christianisme.
Nous croyons en Jésus, fils de Dieu.
Nous voudrions que tous sachent
comme il est merveilleux de pouvoir compter sur Lui.
Et le ciel ?
Le ciel représente pour moi la création.
La création que Dieu a créée pour nous.
Les mystères du ciel sont l'uvre de Dieu.
Hare Krishna !
Je m'appelle Sama Pria Dasse.
Cela signifie la servante
de Celui qui est l'égal et le bien-aimé de tous.
Le ciel ?
C'est une partie de l'énergie de Krishna.
De même que Dieu est dans tous les curs,
le ciel enveloppe tous les êtres.
C'est très vrai. Dieu est dans tous les curs.
Vous aimez quel genre de musique ?
On est des missionnaires.
On aide les gens dans le monde.
Les gens nous font des dons.
Trois disques pour 5 dollars, c'est pas cher.
"La révolte des femmes"
est un mural amovible.
Il doit faire le tour de la ville.
Il traite de la séparation
entre le monde du travail et le monde de l'argent.
Je m'appelle Arno Jordan.
Je suis arrivé d'Autriche en 1951.
J'ai peint mon autoportrait
quand j'ai commencé à travailler pour "Farmer John".
J'étais plus jeune, comme vous le voyez.
C'était en 1968.
Il y avait un autre homme, Les Grimes,
qui a lancé cette affaire en 1946.
Il y a travaillé jusqu'en 1967.
Puis il a eu un accident.
Il est tombé d'un échafaudage et s'est tué.
Depuis ce temps-là, je travaille sur ce mur.
Ça a été beaucoup de travail.
J'utilisais cinquante litres de peinture
par semaine.
Combien y a-t-il de cochons peints ?
Je dirais 2 000.
Vous aimez les cochons ?
Pas particulièrement.
Mais j'aime la viande de porc.
Quant à avoir un cochon
comme animal domestique, non ! Je préférerais un chien.
Vous mangez du porc ?
Du jambon avec les ufs, le matin,
et parfois du rôti de porc, des côtes de porc grillées.
Albert Brigg.
Je suis le chef de la sécurité de l'emballage.
Combien de cochons entrent ici chaque jour ?
Entre 5 000 et 6 000.
Ils arrivent en train.
Ils marchent jusqu'aux enclos.
Il y en a des noirs, des rouges, des blancs,
des noirs et blancs...
Pas de roses ?
Non, pas de cochons roses.
C'est une idée que tout le monde se fait.
Les porcs sont de différentes couleurs, comme les vaches.
Merci.
J'ai peint ce mural en 1975,
à la demande du propriétaire du restaurant.
Malheureusement, le budget a été réduit.
J'ai touché 800 dollars.
Alors, il n'est pas aussi grand que prévu.
J'ai travaillé un mois, un mois et demi.
Il est un peu abîmé par les intempéries,
mais il est encore bien.
On a trouvé le sujet
après maintes discussions.
C'est une image
d'une vieille revue française, "La famille".
Je m'appelle Betty Brandelli.
Cette fresque date de 1973.
Elle a été financée par la municipalité de L.A.
J'ai reçu 150 dollars
pour 5 semaines de travail.
Mon mari, Philip, n'est pas à mes côtés,
parce qu'il est mort en 1978.
C'était un personnage très aimé.
Dans le bar, il y a des photos de quand il était boxeur.
C'était le paradis des ex-boxeurs, ici.
Il avait de l'argent,
une très belle femme...
Il pouvait boire à volonté et inviter tous ses amis.
Vous ne voulez plus de moi ?
Je peux récupérer ma veste ?
Mes lunettes ?
Je suis fasciné par la réalité et l'illusion,
et la différence entre les deux.
Souvent, une chose qui semble très ordinaire
peut, quand on change un peu la perspective,
devenir très étrange,
avec plusieurs niveaux et des images dans l'image,
comme un jeu de miroirs.
J'essaie d'inciter les gens à s'arrêter et à se demander
ce qu'ils sont en train de regarder,
qui ils sont et ce qu'ils font.
Amusez-vous bien !
Je m'appelle Doris Carrer.
Je travaille au Hula Club depuis treize ans.
J'ai posé pour ces peintures il y a quatre ans.
J'étais plus mince, comme tout le monde.
Je vais vous présenter mon patron. Joe ?
Oui, ma belle.
Voici l'homme qui me supporte depuis 13 ans.
C'est le patron le plus extra qu'on puisse rêver.
C'est vrai, chérie.
J'ai payé ce mural 600 dollars, en 1976.
Il est beau.
Regardez...
Sept belles filles travaillent ici.
Ça, c'est juste un échantillon.
Allez voir les autres.
Si celles-ci vous plaisent, entrez.
Il y a Gronk, Willie Herron,
Patsy Valdez et moi,
Harry Gamboa, fabricant d'illusion.
Pourquoi East L.A. brûle, comme les Chicanos
et nous ?
On devrait, couche après couche,
détruire notre histoire et créer à partir des cendres.
Fin 70 et début 80,
l'immobilier est devenu une religion
qui transforme en fanatiques des gens normaux.
Si je repère un mur,
je sais le jour même ce que je vais y peindre.
Le côté très éphémère de ces fresques
a un rapport avec l'envie de peindre ces sujets-là.
Pour peindre des murals,
il faut accepter qu'ils passent, qu'ils soient mutilés.
Le fait qu'ils changent fait partie de leur beauté.
C'est une situation où on n'a pas le choix.
C'est ça ou retourner dans le système,
travailler pour les galeries.
Ça changerait quoi si on les conservait ?
L'important était de produire une uvre vitale
dans un milieu vivant.
L'important était de faire cette uvre.
C'est ce qu'on voit
là-bas.
Les gens regardent ce qu'ils ne voient pas.
Le tableau n'est pas un miroir littéral.
Il reflète ce qui est toujours là.
Le thème général, c'est le vide.
Le tableau est désert.
Je crois qu'il y a quelqu'un.
Je n'ai jamais vu personne.
C'est Venice après l'holocauste nucléaire.
Aucun survivant sur terre. C'est ce que ça raconte.
Je n'ai aucune sorte d'intérêt
à prêcher l'apocalypse,
ni à faire des connections magico-mystiques
avec la peinture,
même si mes uvres ont repris
des thèmes prophétiques
ou des visions d'apocalypse.
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