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Zulu
-
- Attendez, attendez !
Je sens que le 20 va sortir.
- C'est con, je l'ai pas.
- Et voilĂ le travail !
-Il lit dans le marc de café ?
- Non, dans le Ricard.
Je vois aussi que tu vas perdre tout ton fric.
âȘ ai un don. T'as des doutes ?
10 euros que je t'annonce le prochain Ă l'avance.
- T'es lourd.
- Chut.
Le 3.
Aboule les 10 euros.
- J'avais pas parié.
- Comment t'as fait ? -Il a du pot.
- Alors 20 euros pour le prochain.
- Tu veux jouer au con, on est deux.
- Le 38.
- OK.
50 euros. Tu me donnes le numéro suivant et le complémentaire.
Si tu te plantes, je ramasse tout.
- Si tu veux perdre ton pognon...
Le 23.
- C'est quoi, cette connerie ? - Non...
- Et le complémentaire...
30.
- Médium de mes couilles, ouais.
Je me barre, moi.
- Attends... Je vais t'expliquer, Jeff !
Il est trop con,
quand il est bourré. - Une derniÚre ?
C'est la mienne.
- Non. C'est la tournée de Jeff.
- Ah ben, ouais.
- Pierrot !
Avant de tuer Karine Gardot,
c'est le truc le plus malhonnĂȘte que j'avais fait.
Avant la fermeture de l'usine, tout était simple.
Je rentrais crevé, mais content d'avoir bien bossé,
de retrouver Katie, de prendre une bonne douche.
Si j'Ă©tais heureux ? âȘ en sais rien.
Je me rendais pas compte.
C'était simple, c'est tout.
Et puis tout s'est déglingué.
On nous a d'abord dégraissés.
Et puis quand il est plus resté de graisse,
on n'a pas fait de vieux os. L'usine a fermé,
comme d'autres dans le coin.
Les copains et moi, on est devenus demandeurs d'emploi.
Et nos banquiers, demandeurs de pognon.
Katie en a eu marre, de ce qui était devenu une vie de merde.
Et elle est partie.
Je l'ai senti venir. Mais qu'est-ce que j'y pouvais ?
âȘ ai pas eu besoin d'ouvrir l'enveloppe.
Ou pas eu le courage.
Tom a eu du pot.
Il s'est fait engager Ă la station-service.
Il s'est mis à me dépanner.
Jeff s'est mis Ă faire dans la magouille Ă 2 balles.
- Tu veux que je t'installe le cĂąble en douce ?
- J'ai vendu mon écran.
- J'en ai 2-3, dans le coffre.
- Non. Je me suis remis Ă bouquiner. Quand j'aurai du boulot.
- T'es pas prĂšs d'arrĂȘter de lire. T'es con.
- C'est devenu de plus en plus difficile.
Ăa fermait partout.
On bricolait Ă droite, Ă gauche.
Les gens avaient de moins en moins de pognon.
On Ă©tait prĂȘts Ă prendre n'importe quoi.
- Je veux que tu tues ma femme.
- Pourquoi moi?
- Parce que je t'aime bien.
- Te fous pas de moi.
- Tu es le genre de mec qui irait pas bavasser s'il refusait le job.
Un mec qui a plus de gonzesse, donc pas de confidences...
Le candidat idéal, quoi.
La période est dégueulasse, et ça va pas en s'arrangeant.
C'est pas le moment de refuser du boulot.
- Bien sûr, mais il y a boulot et... boulot.
Je suis flatté. Quand on est au chÎmage depuis 2 ans,
c'est rassurant de savoir qu'on a besoin de nous.
- C'est une offre d'emploi.
C'est rare, dans la région.
- Pour l'instant, je m'en sors.
- Ben, tant mieux.
Ton copain Tom vole des biĂšres pour toi parce que t'as pas de monnaie ?
Remarque, il a retrouvé du boulot, le veinard.
Servir du sans plomb pour 2 sous...
Mais il est gérant.
Il est remonté dans l'ascenseur social.
Tu dois baver d'envie, non ?
Moi, je te propose juste un coup Ă 20000 euros.
Et j'efface ta dette du poker.
Il te reste 10000.
- Je m'en sors, pour l'instant.
- Bon, tant mieux. Tout le monde est content, alors.
Le mec qui a fait saisir ta moto, il est content.
Celui qui t'a racheté ta télé, il est content aussi.
T'as bien fait de la vendre. T'as plus le cĂąble.
Non. Il y a que ton connard de banquier qui s'énerve.
Et puis moi.
Je m'inquiĂšte... pour ce que tu me dois.
-Il sourit tout le temps, Gardot. Je l'aime bien.
C'est un voyou, mais il rend des services.
Il organise des pokers souterrains,
et je lui dois du blé.
Je la tuerai pas, Gardot. Désolé.
- T'aimes les pĂątes ? - Ăa dĂ©pend de la sauce.
*ThĂšme musical du Parrain.
-
C'est bon.
Je vais la tuer.
- OK. Pour les pĂątes, moi, je fais 3 fromages.
- Carbonara.
Pourquoi tu veux sa peau ?
- Dans mon secteur, on peut pas se permettre d'ĂȘtre cocu.
Et je le suis gravement. De source sûre.
Si je savais avec qui, c'est le mec que j'aurais fait descendre.
Histoire de nous laisser une 2e chance.
Carbonara pour Monsieur et 3 fromages pour moi.
- Bien, messieurs.
- Merci.
Samedi, je vais me montrer Ă Deauville.
Tu rentres par la porte de derriĂšre,
tu la descends avec le flingue que je te passerai,
et tu rentres chez toi.
- La porte sera ouverte ? - Elle ferme mal.
On habite trÚs à l'écart. Personne n'entendra rien.
Santé.
Entoure tes godasses de chiffons. Pour les empreintes.
Et fais gaffe aux traces de poudre. Frotte sous les ongles.
Il faut que tu continues Ă avoir l'air raide.
Tu vas jouer des petites sommes aux courses.
Je rachĂšterai des billets gagnants.
T'iras les toucher jusqu'à ce que ça fasse 10000.
- VoilĂ . Carbonara. - Merci.
- Trois fromages. - Merci.
- Bon appétit.
- T'as un problĂšme ?
- Non. Je te ferai ça impeccable.
- Moral ?
T'aurais pas un problĂšme moral ?
- Si.
- Bonne réponse.
Si t'avais dit non, j'aurais su que tu mentais.
Et je ne fais pas confiance aux menteurs.
- Jacques.
âȘ ai une super bonne nouvelle.
Mon petit adjoint s'est fait descendre cette nuit par les flics.
La place est pour toi.
Dans les 1500 euros par mois.
'Super !
Merci.
Qu'est-ce qui s'est passé ?
- Il dealait. En voyant les flics, il a pris le pistolet d'alarme.
Il est tombé sur un flic. Le flic a vu l'arme, il a tiré.
Résultat, mon pote : on va rebosser ensemble !
- Hier, j'en aurais chialé de soulagement.
Pourquoi j'ai accepté ce contrat ?
Je vais devoir trouver une raison
pour m'absenter du boulot samedi soir.
Je pensais pas qu'il fallait rĂ©flĂ©chir, pour ĂȘtre tueur Ă gages.
- Fais gaffe aux caméras, là .
Si tu veux piquer des biĂšres ou mĂȘme fumer,
il va te montrer oĂč le faire. Hein, Mulot?
- Viens.
LĂ , on voit pas. - On voit pas ?
- C'est ce que je dis.
Il parle ch'timi.
- Ouoi ? -Il faut faire gaffe.
Il y a la caméra.
- C'est enregistrĂ© oĂč ? - LĂ -bas.
Un.
- Quoi ?
- Tu peux aussi cloper là . C'est pas filmé !
- OK.
-Il est sourd, ce con !
- T'as tout compris ? - Ouais.
Ă part Mulot, lĂ ...
Comment tu fais pour le capter ?
- Je fais des paris, je compte sur la chance. Il est gentil.
La porte s'ouvre.
- Salut. Il faut que j'aille pisser.
- T'as un chauffeur, maintenant? - Ben oui. J'ai plus 20 ans.
Je me suis offert une 2e bagnole.
VĂ©rifie si j'ai bien laissĂ© l'endroit dans l'Ă©tat oĂč je l'ai trouvĂ©.
- Ah ouais ! 0K. - Salut.
-
Qu'est-ce que t'as, lĂ ?
- J'ai un service Ă te demander. - Oui. Quoi ?
- T'es un pote de Tom, toi ? - Oui. Pourquoi?
-Il faut pas dire que j'ai demandé. Il pourrait me virer.
Mardi et jeudi, je finis Ă 20 h. Je peux pas aller au foot.
Micky, qui s'est fait descendre, il me couvrait.
On pourrait faire la mĂȘme chose...
- On te comprend bien, quand tu veux.
C'est bon, je dirai rien.
'Super !
- HĂ© ! Moi aussi, j'ai un service Ă te demander.
Samedi soir, j'ai quelqu'un Ă voir. Je serai revenu avant minuit.
Si tu peux me remplacer à 9 h, sans le dire, bien sûr,
je te filerai 20 euros.
- Tu vas t'occuper d'une gonzesse !
- Oui, d'une femme.
Mais elle est mariée, alors tu la boucles.
C'est bon ? -Il est sourd, ce con.
- Ă un moment, j'ai eu envie de devenir un mari et un pĂšre.
Mais pas un tueur.
âȘ ai toujours Ă©tĂ© honnĂȘte, jusqu'au bout des ongles.
âȘ ai dit que je la tuerais, donc je la tuerai.
Tiens. Je te paie d'avance. Mais tu racontes rien Ă personne.
MĂȘme si on comprend rien Ă ce que tu dis...
- MDR.
-
*Musique douce.
-
Le chien grogne.
Un.
Le chien aboie.
Un.
- Jacques ?
Coups de feu.
Bourdonnement.
Un.
- Tu peux y aller, mon grand. Merci.
'Déjà ?
T'aimes baiser vite !
- Elle est mariée, on peut pas traßner.
- C'est ce que je dis, tu baises vite.
- Ăa a Ă©tĂ© tellement facile.
âȘ ai tuĂ© le chien par rĂ©flexe, et Karine a suivi.
Comme si j'étais juste spectateur.
Tuer, c'est atroce.
En fait, c'est le bruit qui est atroce.
Ou alors, il faut un silencieux.
Cacher l'arme chez moi, c'était trÚs con.
âȘ ai pas pu la balancer.
C'est un réflexe d'ancien ouvrier :
le respect de l'outil de travail.
On frappe Ă la porte.
Un.
Fait chier !
- Salut. Gardot veut vous voir.
- Quand ? - Maintenant.
- J'ai pas dormi. - Désolé, il veut vous voir.
- Pourquoi il me regarde comme ça ?
Il vérifie que j'ai pas de micro, ou mon cul l'intéresse ?
-
- Vous venez ?
-
- Ah, Jacques.
C'est super. C'est sympa que tu sois venu.
Ăa fait une Ă©ternitĂ©.
Qu'est-ce que tu deviens ?
- Je tue le temps.
- T'as su ce qui m'est arrivé ?
Pour ma femme. - Ah ouais...
On m'a dit...
- J'arrive pas encore à réaliser. C'est dur.
Dans ces moments-lĂ , on a besoin des amis.
Tiens, Karl. Tu me remplaces ?
On va papoter. Tu nous en mets deux ?
C'est sympa ici.
Je suis sûr que tu connaissais pas. - Non.
C'est qui, ce con ? - Un con.
Il m'aide pour les trucs pas importants.
Bon boulot.
- Merci.
T'en fais un peu trop, avec ton costard noir.
- C'est pour Karine, que je porte le deuil.
Je lui dois bien ça, non ?
Bon. Revenons Ă nos affaires.
T'as un ticket
de PMU gagnant dans la poche.
Pas ici !
- Tu l'as engagé, mais t'as pas confiance ?
- C'est un con Ă l'essai.
Le ticket, c'est une petite somme.
Ce serait louche, sinon.
Tu vas continuer Ă perdre.
Je te ferai regagner dans 3 ou 4 semaines.
Merci.
Les flics disent que c'est un crime de voyeur.
Aucune trace.
Respect. T'as le don.
Tu recommencerais ?
âȘ ai des amis qui ont des fois des problĂšmes Ă rĂ©soudre.
Avec eux, on pourrait parler serious money.
Je serais impresario. On ferait 50-50.
- J'ai pas envie de devenir un tueur Ă gages.
- Et ce que tu viens de faire ?
- C'est un moment d'égarement.
- Je dois manquer de vocabulaire.
Karl va te raccompagner.
Si tu changes d'avis, tu sais oĂč me trouver.
Salut. - Salut.
Vibreur de téléphone.
AllĂŽ ? *-C'est Tom.
Viens, il y a un inspecteur. - Quoi ?
*-AmĂšne-toi. C'est urgent.
-Il y a un problĂšme ?
- Non... Non.
Qu'est-ce qu'ils veulent, les flics ?
- Quels flics ? - Ben, l'inspecteur.
- C'est pas un flic, c'est l'inspecteur de la boĂźte.
T'as touché au systÚme vidéo ?
- Non. J'ai rien touché.
- Surtout, tu lui dis que le local vidéo est toujours fermé.
Allez, viens. Il veut te voir.
Monsieur Brecht ?
Je vous présente Jacques.
- Les journaux ne sont pas dans le bon ordre.
Puis vous lui direz de mettre son gilet.
- Mais il est pas encore en service, lĂ .
-Il est dans le magasin.
Soit il met son gilet, soit il attend dehors.
- Bien sûr.
Il veut te voir au bureau. Mets ça.
- Quel connard ! C'est des mecs comme ça qui ont liquidé l'usine.
- J'ai besoin de ce boulot et toi aussi.
- Je suis là à cause des événements de la semaine derniÚre.
Ce qui s'est passé est absolument dramatique.
- La mort d'un gamin, c'est un drame.
- Je ne fais pas partie de la cellule psychologique.
On ne veut pas que la compagnie soit associée à ça.
Vous comprenez, monsieur... - Scoran. Jacques Scoran.
- Vous prenez de la drogue ?
- Avec mon salaire, je limite mĂȘme mes cafĂ©s !
- De l'humour, j'imagine.
Je vais devoir rester plus longtemps.
Ce qui se passe ici ne me plaĂźt pas.
âȘ ai regardĂ© les bandes vidĂ©os. âȘ ai certains points Ă Ă©claircir.
- Le matériel est vieux, il déconne...
- Oui, mais je ne pense pas
qu'il soit capable d'effacer le gilet du personnel.
Et le personnel ne porte pas son gilet.
- C'est vrai, mais il y a pas mort d'homme.
- Alors si, justement.
C'est pour ça que je suis là , moi.
Le local vidéo est-il systématiquement fermé ?
- Oui. Tom est trĂšs Ă cheval lĂ -dessus.
- Ben, c'est bien. Si vous le dites.
-
- Salut, mon Jacques.
- Gardot l'a fait descendre. - Tu déconnes ?
- Non. Je suis sûr.
- Mais c'est un voyeur. Ils l'ont dit.
- Mon cul, oui.
Il m'avait proposé de le faire.
Qu'est-ce que tu racontes ?
Et t'as refusé, toi ?
- Ben ouais.
Je fais des saloperies, mais je respecte la vie.
âȘ ai eu une Ă©ducation catholique.
- Et combien de fric il t'aurait proposé, pour ça ?
-40000.
- Ăa me fait chier qu'il lui ait proposĂ© avant moi.
- Tu bosses toujours Ă la pompe ? - Ouais.
Et toi, toujours dans le cĂąble ?
Et encore plus qu'il lui ait proposé le double.
- Je t'aurais bien proposé de t'associer avec moi...
MĂȘme avec le nez dans la merde, tu prĂ©fĂšres garder les mains propres.
- Salut, Mulot. Ăa va ?
- Les produits Arel, c'est en tĂȘte de gondole, systĂ©matiquement.
En haut, sur les présentoirs.
Vous contrĂŽlez le magasin
et vous m'arrangez ça.
C'est pas votre faute. Tom ne doit pas
savoir lire les mails. - Tom est pas lĂ ?
- Non. Je vais rester un petit moment pour diriger cette unité.
Vous me rejoindrez dans le bureau.
Et vous, mettez les produits Ă leur place.
Il est incompréhensible, ce garçon.
- On s'y fait, Ă la longue. - Oui, sauf que les clients,
ils passent juste.
On va pas le garder. On fait du commerce,
pas de l'insertion professionnelle pour handicapés.
Et vous mettrez votre gilet.
-"Gros enculé", il comprend ou je l'écris ?
Sa mĂšre la pute !
Qu'est-ce qui se passe, pour Tom ?
-Il va faire les nuits Ă votre place, jusqu'Ă ce qu'il fasse ses preuves.
-Il redevient vendeur ?
Et son salaire ? -Il tient qu'à lui de le récupérer.
On a conclu un accord. C'est ça ou la porte.
- Mais il a une famille.
- Parlons de vous, plutĂŽt.
Ma direction me demande un test urinaire pour l'ensemble des employés
de cette succursale.
- C'est illégal. Il y a que les flics qui peuvent faire ça.
- Si. On a des accords avec un labo. - Les autres, ils ont accepté ?
- Comme vous le faisiez remarquer, ils ont une famille. Donc oui.
Pour éviter toute tricherie, il est plus sage que ça se passe ici.
Je vous laisse aller aux toilettes
et vous remettrez ce petit récipient...
dans cette enveloppe.
Je vous laisse. C'est important, monsieur Scoran.
Bien. Vous avez l'enveloppe ?
- Ben non.
Pour éviter toute tricherie,
il est plus sage que ce soit fait ici.
Qu'est-ce que vous foutez ?
Je vais m'occuper de vous personnellement.
Vous ĂȘtes tarĂ©s, ici !
Vibreur de téléphone.
Un.
- Tom ? *-Qu'est-ce que t'as foutu ?
Mais t'es con ou quoi?
Brecht est furieux. Il va écrire son rapport.
Il va nous faire virer.
Si je perds ce boulot, Jacques, je perds tout, moi !
*Natasha St-Pier : "Tu trouveras".
Il chante en mĂȘme temps.
- Mes blessures et mes faiblesses
Celles que j'avoue qu'Ă demi-mot
Tu trouveras
Mes faux pas, mes maladresses
Et de l'amour plus qu'il n'en faut
âȘ ai tellement peur que tu me laisses
Sache que si j'en fais toujours trop
C'est pour qu'un peu tu me restes Tu me restes
- Prends la prochaine Ă droite. Te retourne pas.
Regarde la route.
-
Regarde devant toi.
Avance.
Te retourne pas !
Qu'est-ce que vous voulez ?
- ArrĂȘte-toi.
Tiens. Pisse lĂ -dedans, connard.
Magne-toi ! - Oui, oui...
Vous avez pas de flingue.
Vous ĂȘtes encore plus minable que ce que je pensais.
Eh bien, je vais envoyer mon rapport d'ici.
On joue les malins ? Vous ĂȘtes tous virĂ©s.
âȘ avais tout notĂ©. âȘ ai plus qu'Ă l'envoyer.
Il faut juste du réseau !
- Alors, il y a du réseau ?
- Oui. Dommage pour toi.
- Non, dommage pour toi.
Coup de feu.
Bourdonnement.
Un.
C'est dans les directives, monsieur Brecht.
Les produits Arel...
doivent ĂȘtre mis en valeur
systématiquement !
Pour la 1re fois depuis 9 mois, je me sens fort.
Je suis plus un ouvrier Ă la casse. Jacques Scoran est de retour.
Vibreur de téléphone.
*-C'est Tom. Allume la télé. Regarde les infos.
- J'ai plus de télé. *-Brecht s'est fait tuer.
- Tu déconnes !
*-Ce serait le voyeur qui a descendu la femme de Gardot.
On l'a retrouvé le cul à l'air.
Qu'est-ce que je t'avais dit? C'était un vicelard.
T'es redevenu directeur, alors ? *-Par le fait, ouais.
On dira pas qu'il voulait te virer. Reviens lundi.
- Super. On frappe.
Je te laisse. On défonce ma porte.
Un.
- Salut, Jacques. Gardot t'attend.
- Appelle avant de passer. Tu m'as réveillé.
- C'était pas les ordres.
Change d'oreiller.
T'as des plumes.
- Tiens...
Ah ouais.
- Utiliser le mĂȘme flingue, quelle connerie.
T'as d'autres projets ?
- Non.
- Je devrais te pourrir, mais je vais ĂȘtre honnĂȘte.
Ils ont dit que le mec avait un truc dans le cul.
Ils croient Ă un crime de vicelard.
Chapeau, l'artiste.
Pourquoi tu l'as tué ? T'as trouvé un contrat ailleurs ?
- J'ai pas signé d'exclusivité.
Puis c'était une merde.
Il allait nous virer.
Il voulait notre peau, alors je l'ai devancé.
- T'as flingué un mec pour garder ton SMIC ?
Des merdes Ă plomber, j'en ai !
- Moi aussi, je devrais te pourrir.
T'as demandé à Jeff avant moi.
C'est pas réglo.
-Il a sautĂ© de joie Ă ma proposition. âȘ ai su que j'avais dĂ©connĂ©.
âȘ ai prĂ©tendu blaguer.
âȘ ai rĂ©alisĂ© qu'il me fallait quelqu'un comme toi.
- Qui prendrait la moitié.
- Non. Quelqu'un d'honnĂȘte. HonnĂȘte, en colĂšre et Ă sec.
Jeff, c'est un sac Ă foutre. Une salope sans scrupules.
- J'en ai plus, de scrupules.
Alors vas-y, qu'est-ce que tu proposes ?
C'est oĂč ?
- Bruxelles.
- C'est quoi ? Oui ?
- On dit toujours 50-50 ?
- C'est moi qui fais le plus gros. 70-30. Pas négociable.
- Pour ma femme, t'as pris moins.
- C'était la femme d'un ami.
- Bon. OK, mais tu paies le voyage.
Ma copine tient un bistrot.
Tu t'installes au comptoir et tu dis :
"Une frite rapide. âȘ ai un train."
Je vais la prévenir.
- Je peux chanter Le Plat Pays.
- Tu préfÚres : "Je viens pour le meurtre"?
Elle t'expliquera et te fournira le matos.
Karl, tu le ramĂšnes. - Je vais faire du stop.
Je le sens pas, Karl.
Bonjour. - Bonjour.
- Je peux avoir une frite rapide ? âȘ ai un train.
- J'espĂšre que vous allez pas le rater.
- On va tout faire pour.
- Vous ĂȘtes croyant ?
- Non. - Moi non plus.
Je suis pratiquante.
Je vais prier à cÎté. à 3 h, aprÚs le service, par exemple.
C'est une jolie petite église.
- Ben...
j'irai voir les vitraux avant mon train.
- SEIGNEUR JĂSUS
TU ES PRĂSENT
, , 7
DANS CETTE OSTIE, NOUS T'ADORONS
ET NOUS TE MAGNIFIONS
- Faites qu'il ne souffre pas, je vous en supplie.
Walter a le cancer du fumeur.
Il est perdu.
âȘ ai pas la force de le faire.
âȘ ai demandĂ© Ă Gardot
s'il connaissait quelqu'un de pro. Pour qu'une balle suffise.
Oh, c'est affreux !
Excusez-moi.
- Techniquement, comment ça se passe ?
-Il est au 1er, dans la chambre.
Il fait sa sieste.
âȘ ai dĂ©verrouillĂ© la fenĂȘtre de la cuisine,
qui donne sur la cour.
Il y a une arme sous la caisse.
Bip de la caisse.
- Pour l'argent, justement, c'est...
- Je le donnerai Ă Gardot quand ce sera fait.
Mon Dieu, quelle horreur !
-Il y a pas de silencieux ?
- On n'a pas de voisins.
- Non, c'est pas pour ça. âȘ ai oubliĂ© mes boules...
- Vous monterez au premier.
C'est la 2e porte.
- Pourquoi vous ĂȘtes lĂ ?
Vous faites pas la sieste ?
- Je veux pas crever pour du pognon. Prenez la caisse et partez.
- Vous me prenez pour qui? Je suis pas un voleur.
- Pourquoi vous ĂȘtes lĂ , alors ? - Je suis venu vous tuer.
- Pourquoi ?
- Pour vous éviter de souffrir.
Votre femme m'envoie, Ă cause de votre maladie.
- Quelle maladie ?
- Ben... votre cancer de...
du fumeur... C'est ce qu'elle m'a dit.
- J'ai jamais fumé !
Par contre, j'ai 51 % du resto et une bonne assurance vie.
Elle est en train de nous baiser.
Quand je l'ai connue,
pour un ticket-reste, elle te faisait une pipe.
Et elle rendait la monnaie.
Non !
- Allez-y. Partez vite.
âȘ ai peur de changer d'avis, de pas avoir le courage de le faire.
- Encore une victime de la cigarette.
- Je réalise que je suis pas un vrai pro.
Les gens dégueulasses sont plus faciles à descendre.
Résultat : je rentre sans pognon et j'ai payé les billets.
C'est ça, d'ĂȘtre honnĂȘte.
On croit que tout le monde l'est. C'est moche.
Tu tiens le coup, toi ?
- Je me suis séparé de Claude et Leslie, il y a plus personne.
MĂȘme GĂ©gĂ© LefĂšvre vient plus.
-Il a plus de ronds ?
- Ăa m'Ă©tonnerait qu'il ait plus soif.
Allez, elle est pour moi.
- Un problĂšme ?
- Euh... Non.
On s'est déjà vus, je crois.
- Possible. Vous faites partie du tournoi ?
- Euh... Non.
Ravi de vous revoir.
Si on s'est déjà vus...
- Ah oui, d'accord ! Pareillement.
Bon. Ben... Ă un de ces quatre. - OK.
Et voilĂ . âȘ ai ratĂ© la fenĂȘtre de tir.
âȘ ai plus le coup de main, pour draguer.
- Ouais.
Je vous le passe.
C'est pour toi.
*-AllÎ ? Je peux savoir ce qui s'est passé ?
Ho, t'es lĂ ? - Ouais.
- Pourquoi c'est parti en sucette, Ă Bruxelles ?
*-Ăa s'est mal goupillĂ©.
*-Oui... Pourquoi il l'a rectifiée, son mec ?
-Il l'a...?
Mais je savais pas.
Ah, c'est pour ça qu'elle est pas venue !
*Elle devait m'expliquer ses projets aprĂšs le service.
Je l'ai attendue et personne s'est pointé. J'ai pensé
*qu'elle voulait plus.
- Ouais... Il a dĂ» les flairer, ses projets.
- Ouais, ça expliquerait tout.
*-On parle demain. Je t'envoie Karl.
- Salut, mec.
- Les flics voudraient te parler.
Ils ont demandĂ© oĂč t'Ă©tais.
- Pourquoi ? Ils croient que j'ai flingué Brecht ?
- J'ai l'impression.
- Tu déconnes ?
-Il aurait bavé sur toi
auprĂšs de la direction, disant que tu te droguais,
pour qu'ils te virent.
- Mais tu me gardes, toi.
- Ben oui. Pointe-toi demain matin.
- Ouais, ouais. Non, non, je te jure.
Un aller-retour, c'est moins cher qu'un aller simple. Promis.
Ouais. Attends, deux secondes.
Oui ?
- On m'a dit que la police voulait me parler.
- Oui. Ă propos de quoi?
- Ben, je sais pas. Mais il y a un type dans ma boßte qui a été tué.
- Ouais... Votre nom ?
- Jacques Scoran.
- Le nom de la victime ?
- M. Brecht, il me semble. Brecht, oui.
- Asseyez-vous. On va vous appeler.
- Merci.
Elle est flic.
HĂ©, salut. - Ah, bonjour.
- On s'est croisés chez Pierrot. - Je me souviens.
- On s'est parlé.
- Que faites-vous lĂ ? - Rien... Des contraventions.
- Mais c'est pas le bon bĂątiment.
Il faut juste traverser la rue. - Ah...
- M. Scoran ? Vous pouvez me suivre.
- Bonne journée. - Merci. Toi aussi.
C'est quoi, votre prénom ?
- Anita.
- C'est joli, comme prénom.
- Merci.
- J'espĂšre qu'on se recroisera chez Pierrot un soir.
- Oui. Je suis en finale du tournoi. C'est jeudi.
- Super. Je viendrai vous soutenir.
- Vous me suivez ? - Oui.
- Salut. - Salut.
-
- Mais il est pas noir, le mec.
- Ben non... Désolé.
- Vous ĂȘtes qui ?
- Jacques Scoran...
- Non, c'est pas lui.
Tu me l'as mis oĂč, l'autre ?
- C'est pour quoi ?
- Ben, je suis pas noir.
Je suis Jacques Scoran.
Et ensuite, on m'a dit qu'on voulait me parler
Ă propos de la mort de M. Brecht.
- Vous allez attendre ici. Asseyez-vous.
-
- J'ai besoin de la chaise.
- Soit ils sont trĂšs cons, soit ils sont trĂšs malins.
Il vaut mieux faire comme s'ils étaient trÚs malins.
Il faut que j'aie l'air cool.
- Bon. Je suis désolé.
L'inspecteur Massé a dû s'absenter.
- On fait quoi, alors ? - Je sais pas...
Repassez plus tard.
- Ah, mon chauffeur préféré.
- Et ces derniers temps ? - Je t'ai manqué ?
- Non, mais je me demandais.
Vous avez pas vu le patron depuis longtemps.
- Fais gaffe, avec moi, on s'attache vite.
Ouais, Tom ?
Il est repassé ?
âȘ y suis allĂ©, mais j'ai poireautĂ© pour rien.
Je vais le rappeler. C'est quoi, son nom, déjà ?
Attends...
Merci.
OK. Merc...
Salut.
'On y va ?
- Le nonos !
Couinements du jouet.
Hop lĂ .
C'est Ă qui, le nonos ? Hop !
Allez, allez. Hop.
Hop !
Un.
Salut.
T'as vu, il est sympa.
- J'ai des trucs Ă te dire. - Je l'ai depuis ce matin.
- Je voudrais te parler. - Je l'ai appelé Clebs 2.
- Et Clebs 1, il est oĂč ?
- Va à l'intérieur.
T'entends rien ?
Qu'est-ce que t'as ?
Qu'est-ce que t'as ?
- LĂąche-nous !
- Tu commences Ă me faire chier !
Alors ferme ta gueule, OK ?
Va nous commander des biĂšres.
- C'est un flic, ce mec.
Couinement.
- Depuis le début, tu peux pas le blairer.
- Depuis le début, j'ai raison.
Il m'a passé un stylo.
Le mĂȘme stylo Ă©tait sur un bureau, chez les flics.
Il y a de la pub pour un hĂŽtel dessus.
Je l'ai mùchouillé. Il y a encore les traces.
- Et toi, qu'est-ce que tu foutais chez les flics ?
-Ils veulent me parler de Brecht. - Pauvre connard !
Je t'avais prévenu !
- Karl bosse pour eux.
- Toi aussi, tu y Ă©tais. Ăa veut rien dire.
- Dégage !
- Tu m'en as dĂ©jĂ bousillĂ© un ! ArrĂȘte !
- Hurle, c'est ça.
Je suis sĂ»r qu'il a un micro. D'oĂč tu le sors, ce blaireau ?
- Je l'ai rencontré ici.
Il était avec un mec que je connaissais.
Le mec s'est porté garant.
- Les flics ont passé un deal avec lui pour te gauler.
C'est un infiltré, voilà , c'est ça.
- C'est vrai qu'il a disparu de la circulation, le mec.
On va parler avec Karl.
- Je suis sûr qu'il a un émetteur. - On verra sur place.
Il faut qu'on rÚgle ça,
parce que je te préviens :
si tu te goures, c'est que t'es un psychopathe.
Je peux pas vivre avec une grenade dégoupillée dans le slip.
On va lui foutre la pression.
Il faut que je pisse.
âȘ aurais pas dĂ» boire la biĂšre de Jacques.
D'autres clients ?
Hein ?
Qu'est-ce qu'on fait ? - Rien.
On pisse et on réfléchit.
- C'est pas faux, pour la biĂšre.
Qu'est-ce que t'as fait, cet aprĂšs-midi ?
- Ben, rien. âȘ ai nettoyĂ© la bagnole.
- T'es allé emprunter
une peau de chamois chez les flics ? - Quoi ?
- T'es passé chez les flics, cet aprÚs-midi.
Alors c'était pour quoi?
- Je comprends pas ce que tu racontes.
- J'y suis passĂ©, chez les flics. âȘ Ă©tais un peu nerveux.
On sait jamais ce qu'ils ont dans la tĂȘte.
Sur la table, il y avait un stylo.
âȘ ai pas pu m'empĂȘcher de le mĂąchouiller.
C'est con, hein ? - Ăa arrive.
-Il était marrant, ce stylo.
Avec une pub pour l'hĂŽtel de La Baule, dessus.
Le commissaire avait dĂ» faire une thalasso.
C'est un métier stressant, flic, non ?
- Je suppose.
- Tu peux me repasser ton stylo ? - Pour quoi faire ?
- André voudrait noter un truc.
- Ben... Il pisse, lĂ . - Ouais. Pour son traitement.
Il veut noter les heures.
- Je sais pas ce que j'en ai foutu.
- Attention !
Bourdonnement.
Mais t'es un malade !
- J'ai cru qu'il avait un flingue.
Putain...
âȘ espĂšre que tu m'as fait descendre un innocent.
Si j'ai tué un flic, je suis mal.
Bon. Il est oĂč, le micro ?
Et passe-moi son portefeuille.
T'as fait buter mon assistant, flingué ma femme,
mon chien, ton patron... T'es un vrai danger public.
Il y a rien, lĂ -dedans.
- Tu t'attendais Ă une carte de cantine du commissariat?
Ce qu'il y a d'important dans le portefeuille d'un infiltré,
c'est ce qu'il y a pas.
Pas de carte de crédit, pas de photo de gosses...
Faux portefeuille.
- Si tu le dis.
Qu'est-ce que tu fous ?
Tu veux faire un don Ă la Croix-Rouge ?
- Merde.
Tiens ! Qu'est-ce que c'est que ça ?
- C'est un stylo ! Ăa ne prouve rien !
-Il y a mes dents. C'est la preuve qu'il traĂźne chez les poulets.
Pourquoi il a pas voulu nous le montrer ?
Pourquoi il a essayé de se tirer ?
- Je sais pas. Tu me fais peur, Jacques.
On est dans une belle merde !
On fait quoi, du corps ? On compte sur les loups ?
- On le balance Ă la flotte sous la centrale.
-Ils vont le trouver.
- C'est radioactif.
On a 1000 ans pour trouver un alibi. - Je devrais te flinguer.
- Aide-moi, putain !
- Je vais prendre les godasses.
- Le problĂšme, c'est les mecs au bar.
- C'est des amis.
âȘ ai de quoi leur faire prendre entre 5 et 10 ans ferme.
On est tranquilles.
- L'amitié, il y a que ça de vrai.
Alarme.
*-Vous avez un message. Aujourd'hui, 8 h.
*-Je sais que tu as tué Karine Gardot.
Je veux 20000 euros, sinon je renseigne les flics.
Je sais que tu as fait tuer ta femme par Jacques.
Je veux 2000 euros, sinon je te balance aux flics.
- La mĂȘme personne. -Il y a une grosse diffĂ©rence.
- Laquelle ? - T'es pas en liste rouge. Moi, si.
Il y a qu'un seul mec qui a ton numéro et le mien. Réfléchis.
- Jeff. - Gagné.
âȘ Ă©tais pas sĂ»r, mais maintenant, oui.
Jacques, il faut que tu me rendes un service.
- Liquider Jeff ? On tue pas un copain de boulot.
Un mec avec qui on a fait grĂšve... Je peux pas !
- Ălimine ce fumier,
descends-le, pĂšte-lui la gueule,
fous-le dans un trou avec de la chaux.
- Dans la chaux ? - Dans la chaux !
- Je vais lui parler.
- Emporte ça. Au cas oĂč les pourparlers n'aboutiraient pas.
- Jacques...
Ben, entre.
EnlĂšve ta veste. - C'est quoi, ce message ?
- De quoi tu parles ? âȘ ai rien reçu.
- Non. Ăa, c'est vrai. Mais tu l'as enregistrĂ©.
Comment t'as compris ? - De quoi tu parles ?
Je comprends rien...
Laisse-moi te servir une biĂšre.
- Assieds-toi. - Ou autre chose.
- Jeff, je vais te tirer une balle dans la gueule.
Si tu poses pas tout de suite ton cul sur le canapé,
je vais te tuer, en plein milieu de ton salon-salle Ă manger.
- Jacques, je... - Ferme-la !
Je veux que tu fermes ta gueule et que tu m'écoutes.
- D'accord. Mais si quelqu'un t'a fait une saloperie, c'est pas moi.
- Je vais te poser des questions.
Tu vas me répondre.
Si tu me rĂ©ponds honnĂȘtement, complĂštement,
tu pourras continuer Ă vivre.
Je suis clair ?
- Oui.
Oui.
- Tu veux une clope ?
- Oui.
- J'aime bien comment t'as arrangé ton salon-salle à manger.
- Oui, c'est... Merci.
- ComplĂštement honnĂȘte, hein. T'as pigĂ© ?
Question 1 : comment t'as compris ?
- Ă ta tĂȘte quand je t'ai dit que Gardot
m'avait proposé de flinguer Karine.
âȘ avais besoin...
âȘ avais besoin d'avoir quelque chose Ă faire.
Tu peux comprendre ça. Faire n'importe quoi.
- Ăa, je peux comprendre.
- C'est toi qui as eu le boulot.
Il t'a filé mon boulot, cet enculé.
- Je suis désolé, Jeff. Vraiment.
- Va te faire foutre.
âȘ aurais Ă©tĂ© capable de le faire. Je te l'aurais fait nickel.
Mais il a pas eu confiance en moi.
Qu'est-ce qui cloche ? Pourquoi t'as toujours le boulot?
- De quoi tu parles ?
- L'usine. C'est moi qui devais ĂȘtre responsable.
Mais ils t'ont choisi, toi. Pourquoi ?
Pourquoi c'est toujours toi ?
Pourquoi tu me flingues pas ? Qu'on en finisse !
Tu m'as bousillé ma vie !
Pourquoi tu gagnes toujours ?
MĂȘme au Loto, tu gagnes !
Tu m'as balancé les chiffres. Tu m'as tiré 70 euros.
Tu m'as toujours baisé sur tout !
- Mais, Jeff, putain...
La télé derriÚre toi avait 2 secondes d'avance sur le tirage.
Tu lui tournais le dos. Qu'est-ce que tu racontes ?
Tu te fous de moi ?
- Non, je me fous pas de toi. C'est de nous que je me fous.
T'es prĂȘt Ă me balancer aux flics pour du pognon,
et moi, Ă t'exploser le crĂąne.
Ăa te fait pas marrer ?
Mais si, ça te fait marrer. Alors marre-toi.
Je vais parler Ă Gardot.
Il va avoir besoin de personnel. Il est cool.
- C'est bon, ça.
Merci, Jacques.
*-Oui ? - Salut, Jacques.
Je t'appelle pas de mon téléphone.
C'est la merde. Les flics me suivent.
*-C'est dans ta tĂȘte. - C'est pas dans ma tĂȘte.
Ils essaient mĂȘme pas de se cacher.
Partout oĂč je vais, il y a une voiture banalisĂ©e derriĂšre moi.
Alors réfléchis à ce que tu diras, s'ils te cuisinent.
*Laisse rien traĂźner de suspect chez toi.
- T'angoisse pas.
- Salut.
Le monsieur dans le coma a laissé tomber son téléphone.
- Merci.
- Bonjour, monsieur. Vous venez pour quoi?
- Je vois flou. - Votre carte Vitale ?
-Il faut que j'arrĂȘte de flipper. Jusqu'ici, tout roule.
On cogne Ă la porte.
Un.
Qu'est-ce qu'il y a ?
- Vous ĂȘtes M. Scoran ? - Oui.
- Nous avons un mandat. Suivez-nous.
- Vous m'arrĂȘtez ? - Non. On voudrait vous parler.
- Je suis obligé de vous suivre ? - C'est conseillé.
- Vous l'avez vu quand, M. Brecht, pour la derniĂšre fois ?
- En quittant mon service, lundi.
-Il vous a rien dit de spécial ? - Si.
Que les produits Arel devaient ĂȘtre placĂ©s en tĂȘte de gondole.
-Il vous a pas parlé de drogue ?
-Il était quelle heure ?
- Attendez, excusez-moi...
âȘ ai du mal Ă rĂ©pondre Ă plusieurs questions Ă la fois.
- Attention, ne le prenez comme ça.
Vous connaissez André Gardot ? - Bien sûr.
-"Bien sûr" ? - Tout le monde le connaßt, ici.
- Vous savez ce qu'il fait ?
-Il a 2-3 affaires à LiÚge. Mais légales, hein.
Les créateurs d'emplois quittent la France.
- Vous savez qu'il organise des pokers clandestins ?
- Oui... On entend des bruits...
Les gens s'emmerdent.
- Vous avez déjà participé ? - Oui, comme beaucoup.
- Vous savez que c'est illégal ? -lllégal si on joue de l'argent.
On joue des points.
- Comme dans les maisons de retraite ?
- Oui, sauf que nous, on gagne des biĂšres.
- M. Brecht et Mme Gardot ont Ă©tĂ© tuĂ©s par la mĂȘme arme ?
- Ah bon ?
âȘ ai lu qu'il y avait un malade sexuel dans le coin.
- Bon. Vous pouvez partir.
Vous connaissez cet homme ?
-Il m'a conduit une ou deux fois. C'est le chauffeur
de Gardot.
- Vous savez oĂč il est? - Non.
Peut-ĂȘtre qu'il a dĂ©connĂ©.
Il est exigeant, Gardot.
- Ăa suffira pour aujourd'hui. Je pense qu'on se reverra.
- Au revoir.
Qu'est-ce que tu fous lĂ ?
- Un truc Ă l'Ćil. - C'est grave ?
- Non, c'est rien. C'est réglé.
Par contre, une copine de Karine est venue m'apporter des dragées.
Elle m'a balancé avec qui ma femme s'envoyait en l'air.
Un pilote d'Air Palma, mon gars.
Le samedi, il faisait escale dans son cul.
Ils voulaient mĂȘme se barrer avec mon pognon.
Une femme que j'ai aimée.
- Et que t'as fait flinguer. - Je lui aurais tout donné.
Ăcoute, je veux que tu fasses la peau de cet enculĂ©.
- C'est pas le moment. Il faut prendre sur toi.
-Il a une maison aux Baléares. Un pote à Palma te fournira le fusil.
Je te paierai bien. Je t'en supplie, Jacques.
Les avions me donnent envie de chialer.
- Les flics feront le lien avec Karine,
donc avec toi, donc avec moi.
- Non. Ces salopards se planquaient. Il y a que sa copine qui sait.
Elle parlera pas. Je vais l'épouser pour la contrÎler.
Et pour la remercier aussi.
- T'es pas un ingrat.
-Il faut que t'emmĂšnes une fille. Genre week-end de cul.
Ăa paraĂźtra plus normal.
- J'ai personne sous la main.
- Tu vas trouver. T'es beau mec...
Un hÎtel de charme aux Baléares, ça devrait le faire.
- à force de fréquenter des professionnelles,
il pense que toutes les femmes sont Ă louer.
- Quand on Ă©pouse une stripteaseuse de 20 ans de moins, faut pas rĂȘver.
Tu veux que je te dise ?
C'était une stripteaseuse de merde.
On se demandait ce qu'elle foutait lĂ .
C'est pour ça que je l'aimais.
- Je vais faire une pause pour réfléchir.
Je suis un peu flottant, lĂ . - Tant que tu coules pas...
Attends, tiens !
Embarque les dragées, je peux pas blairer ça.
- Salut. - Salut.
- Ah bon ?
Ah, ben... Oui.
D'accord.
Au revoir.
LĂ , on est morts.
Qu'est-ce qu'il y a ?
- On va encore perdre notre boulot.
- Pourquoi ?
-Ils mettent le bail de la station en vente.
Mauvaise image pour leur société.
- Merde.
- Ce coup-lĂ , je suis foutu, moi. Jacques, je vais perdre la maison.
Je sais pas comment je vais annoncer ça à Mélanie.
Je crois que j'aurai pas les couilles, lĂ .
- Merde...
Moteur.
Un.
Ăa va ? Je te dĂ©range ?
T'as des problĂšmes avec ta caisse ? - Euh...
- Elle boufferait pas un peu d'huile ? Ăa fume blanc.
- Possible.
- On boit un coup, et aprÚs, on répare ça.
âȘ ai les munitions.
On se la prend dehors, non ? Il fait doux.
- Ouais.
- Vous faites quoi ? - Salut, Mélanie.
On rĂšgle sa caisse. Elle fait de l'huile.
- J'arrive. Je range et j'arrive.
- Ăa va, Jade ? - Ouais.
- Picolez pas trop, hein, les garçons.
- On va l'acheter ensemble, la station.
-20000 chacun ? - Ouais.
- OĂč tu vas le trouver, le pognon ? Hein ?
Chez (Bardot 7.?
- T'occupe.
Je peux trouver le fric.
- T'aurais pas tué
sa femme ?
- Pourquoi tu me poses cette question Ă la con ?
- T'aurais pas tué Brecht ?
- Putain, merde ! Tom !
Ouais, je les ai liquidés. Tous les deux.
C'étaient deux merdes.
Brecht allait te virer
parce que tu plaçais pas les produits Arel en tĂȘte de gondole,
systématiquement.
Il y a plus de rÚgles, sur Terre. Réveille-toi !
Des mecs dans des tours virent des employés
pour faire monter leurs actions.
L'économie, c'est de la merde. De la douleur, du mensonge.
Et je suis en train de faire mon trou lĂ -dedans.
- T'as tué d'autres gens ?
- Ben non.
On reprend l'affaire ou pas ?
- Oh ben non, non...
C'est une sacrée merde, tout ce que tu me racontes, là .
Bon. Si t'arrives à trouver le pognon, on est associés.
- Ăa marche.
- Mais tout doit ĂȘtre Ă mon nom, au cas oĂč les flics fouinent.
- OK.
On va reprendre la concession, avec Tom.
Je fais ton contrat. Il nous faut 40000.
Il siffle.
- T'es devenu exorbitant. - Je te demande pas de me les donner.
Tu les prĂȘtes Ă Tom.
On te remboursera la moitié quand ça roulera.
- Tu crois qu'ils comprendront pas que Tom est un prĂȘte-nom ?
Tu te sers mieux d'un flingue que de ta cervelle.
- Je partirai pas sur ton contrat si on peut pas reprendre l'affaire.
- J'ai une meilleure solution.
Tom va demander un crédit
Ă un directeur de banque que je tiens par les couilles.
On apparaĂźtra ni toi ni moi. -Il suivra ?
- Entre un petit crédit et une jolie photo de groupe sur Internet,
ça m'étonnerait qu'il hésite.
Tu vas me téléphoner pour me demander de réserver
ton hĂŽtel, puisque t'as plus ta carte.
Et tu me proposeras de rembourser en liquide.
Comme je suis sur écoute, on sera couverts.
Le pilote va nager à l'aube avant de partir pour l'aéroport.
Il y sera dimanche prochain.
Tu le tireras au large.
- Plomber un mec au large ?
Je suis pas tireur d'élite, moi.
âȘ ai jamais shootĂ© avec un fusil.
- Avec une arme moderne, c'est pas sorcier.
On pensera qu'il s'est noyé.
- Avec la moitié du crùne en moins ?
- Une hélice.
- Ăa fait pas les mĂȘmes trous. - Ăa dĂ©pend du calibre.
- Je vais voir, pour la fille.
- Je pensais pas que j'allais te faire autant d'effet.
- Salut.
- Tu fais de la gonflette ?
- Non. Plus depuis l'usine.
- Non, mais lĂ ... Pendant que je frotte.
- C'est sa tournée !
- Non, c'est pour moi. C'est ma faute.
Bon. Vas-y, maintenant, avoue.
- Comment ça ? -Ils te voulaient quoi, les flics ?
- Tu bosses lĂ -bas ?
- C'est pour ça que t'es tout tendu, là ?
- Non, c'est parce que tu me regardes...
- Ah ouais, t'y vas, toi !
Tu fais quoi, alors ?
- Des petits jobs Ă droite, Ă gauche.
Pour (Bardot, entre autres 7.?
- Tu connais André Gardot ? - Comme tout le monde, quoi.
- Et comment tu sais ?
- C'est Pierrot qui m'a dit.
- J'ai un petit peu bricolé pour lui. - Genre quoi ?
- J'aime pas trop parler de moi.
Et toi, alors ?
- Ben, moi...
- C'est pas top, avec ton mec ? âȘ ai fait parler Pierrot.
- Non, mais je... âȘ aime pas trop parler de moi.
- Tu bosses demain ? - Non, pas avant mardi.
- Ăa te dirait, les BalĂ©ares ?
- Puis on peut aller Ă Venise, aprĂšs.
- Je déconne pas.
- T'es sérieux ?
- On m'a filé 2 billets. Ce serait con que ça se perde.
- Excuse-moi, je dois y aller. Je suis hyper Ă la bourre.
- Et pour le week-end ? - J'aurais adoré,
mais ma chatte est malade,
je dois l'amener chez le veto.
Je vais pas pouvoir ĂȘtre ton alibi.
- Rien Ă voir. C'est juste pour les vacances.
- Ah, Jacques !
Tu veux boire quelque chose ?
Café, biÚre...
T'as vu mon Ćil?
C'est encore un peu rouge, mais ça va mieux.
- Ah ouais... Ouais.
- C'est gentil, de t'inquiéter pour moi.
Et toi, le boulot, ça va ?
- Ben, c'est un peu dur, en ce moment.
Ils vont fermer la station-service.
- Merde ! Ah, c'est chiant, ça.
Ăa, c'est... C'est trĂšs chiant !
âȘ ai bien fait de faire le plein avant.
- C'est sûr que ça va faire loin, maintenant.
C'est moins pratique.
C'est comme ça, hein.
- Ăcoute, il faut prendre ce qui se prĂ©sente.
Il y a des fois, on a pas le choix.
Et lĂ , t'as pas le choix. - Non.
Alors lĂ , non !
Je prendrai pas le risque de me taper la meuf de mon pote !
Je suis pas prĂȘt Ă tout pour du pognon !
Salut. - Salut.
- Ăa va ? - Ouais.
- Quelle surprise.
- à quoi ? 'J'Y ai repensé, en fait.
- L'Espagne, ça tient toujours ? - Un peu, que ça tient !
Tu veux venir ? Génial.
- Ouais, mais juste pour prendre l'air, en fait.
Je sais que tu bosses pour Gardot, et j'en ai rien Ă foutre.
Mais je veux juste pas que tu caches de la dope dans mon sac.
âȘ ai juste envie de me casser d'ici.
- Aucun souci. - COOL
Et on dort pas ensemble. - J'ai qu'une chambre.
Je dormirai par terre. C'est pas un problĂšme.
- Et si tu peux éviter d'en parler,
ça m'arrangerait.
- T'as rien Ă craindre.
- Tu cacheras pas de dope dans mon sac ?
- Rien Ă voir.
Je m'occupe pas de ça.
Ta chatte va mieux ?
Depuis 30 secondes, je suis un flingueur heureux.
âȘ ai une course Ă faire, en arrivant.
Je t'amĂšne Ă l'hĂŽtel. Tu pourras te baigner.
Puis aprĂšs,
on se trouvera un resto sympa.
- Tu trouves pas ça tordu, ce voyage ? - Non, pourquoi?
Parce qu'on se connaĂźt pas ? - Ouais.
- Non, je trouve pas.
- Moi, si.
- C'est cool, que tu sois venue.
Je te remercie.
Vas-y. - Merci.
- Sur Internet, ils disaient "Junior suite".
Ben, c'est plutĂŽt junior.
Au moins, il y a deux lits.
- Moi, ça me va. Regarde, il y a la mer juste en face.
Il fait trop beau.
Je vais aller me baigner en t'attendant.
-
En espagnol - Tu cherches qui ?
- Monsieur Puech.
- Jaime !
C'est pour toi.
Il est lĂ -bas, au fond.
- Oui ?
- Vous parlez français ?
- Un peu. Tu veux quoi?
- Je suis un ami de Gardot. Je viens pour le fusil.
- Quel fusil ? Gardot ?
- Ouais. André.
Il a téléphoné pour prendre un fusil.
- Tu sais quelque chose ? - Quoi ?
- Quelqu'un a appelé ? - Je te l'ai dit,
mais t'étais complÚtement défoncé.
- Tu m'as rien dit. - Si.
- Et alors ?
Il y a un fusil ici ?
- Dans les chiottes.
- Donne-le-lui.
- Mais c'est dégueulasse.
Il pue la pisse.
- Je comprends pas.
-Il marche encore ?
- Si, si. OK.
-Il est vieux, hein.
Old? - Old but 0K. Good.
T'as des balles ?
Comment je vais faire ?
- J'ai trouvé les balles, mec.
Les balles.
- Vous avez un truc
pour emballer ?
-LI y a ça, aussi. Ăa va avec.
- Merci.
-
- Putain, elle a fouillé dans mon sac !
Et si c'était elle, le flic ?
On a descendu un mec pour un stylo
et je suis en train de me faire baiser.
Elle était pas trop froide ?
- Si. Mais c'est tonique, du coup.
Ăa creuse. - J'ai repĂ©rĂ© un resto
au bord de l'eau.
- OK. Il faut que tu réserves. On est samedi.
- Je vais à la réception. Je t'attends en bas.
- OK.
Ă tout de suite.
- Oui.
- Merci.
- Ils lésinent pas sur la quantité, ici, hein.
Désolé, la chambre n'est pas trÚs glamour.
- Non. Ăa me va trĂšs bien.
Par contre, il y avait comme une odeur de pisse.
- Votre table est prĂȘte. - Merci.
âȘ ai une vie de merde.
- Pourquoi ?
- J'ai un mec qui est plus souvent dans son camion que chez moi.
Quand il rentre, c'est pour picoler tout seul.
Tout seul ou pas, en mĂȘme temps... Mais pas avec moi.
On n'a rien Ă se dire.
Et j'ai un boulot qui me fait bien chier.
- Tu fais quoi, exactement? - Je vais te décevoir.
- Flic ? - Ăa aurait pimentĂ© ton sĂ©jour.
- On peut dire ça.
- Tu passes deux jours avec une gratte-papier.
En fait, je classe les crimes et délits dans des cases.
Genre agression sur la personne ou petite délinquance.
âȘ attends les directives du ministĂšre.
C'est pour ça que je suis venue. Pour un peu de changement.
Le piment, c'est moi qui en profite.
Bon, allez. Et toi ?
- Ma copine m'a quitté aprÚs les licenciements.
- Ăa, je sais. C'est pas ça que je veux savoir.
Il t'a envoyé
faire quoi, Gardot ?
- La partie commence. âȘ ai pas prĂ©parĂ© de rĂ©ponse.
- Putain. Vu ta tĂȘte, ça doit ĂȘtre du lourd.
- Comment tu sais que ma copine s'est tirée ?
- Pierrot me l'a dit.
Qu'est-ce qu'il t'a dit d'autre ? - Que t'es un mec bien.
Que t'es tombé dans la déprime.
Et que t'as besoin d'une meuf sérieuse pour te requinquer.
- T'aurais envie de me requinquer ? - Va savoir.
- Tu veux pas qu'on choisisse les fruits de mer ?
- Je vais dans la salle de bain.
- Bien sûr. - Merci.
Ăa vient de ton lit.
- Ouoi ? - Les effluves.
Quelqu'un a dĂ» marquer son territoire.
- Ouais.
Ăa doit ĂȘtre dans le matelas.
'Ăa te dĂ©goĂ»te pas ?
- Si.
Mais j'ai pas envie de dormir par terre.
- Qui te parle de dormir par terre ?
- Elle va peut-ĂȘtre me faire plonger, mais je m'en fous.
Tant pis si ça me coûte 30 ans ferme.
-
Fait chier !
Bourdonnement.
Quelle merde !
(Oh merde !)
Il est oĂč, cet enculĂ© ?
Merde !
-
Il parle espagnol.
- Désolé, vieux. Le fusil s'est enrayé.
- Ne faites pas ça !
- Je suis vraiment désolé. Il me faut cette station-service.
- Attends !
C'est le cĆur.
Il respire difficilement.
âȘ ai mal !
âȘ ai besoin d'aide. Appelez quelqu'un !
Un.
S'il vous plaĂźt !
- J'ai pas pris mon portable !
- Mais j'ai mal !
-
- Tu t'es levé aux aurores. - Ouais.
âȘ avais chaud !
Je voulais nager un peu avant que les mÎmes débarquent.
- Ăa devait ĂȘtre bien.
- Ah ouais, c'était...
T'es lĂ depuis longtemps ?
- Non. Pourquoi?
- Oh non, comme ça. Pour rien.
T'as bien dormi? - Ouais.
Mais pas assez. C'est ta faute.
âȘ ai envie d'aller nager avant que les mĂŽmes dĂ©barquent.
- Ah ouais ?
Mais... sur une plage plus sympa, non ?
LĂ , ici, c'est un peu mortel.
- OK.
- OK ? - Oui.
- J'aime pas qu'on se foute de ma gueule, Jacques.
âȘ aimerais avoir une explication, sinon je serai trĂšs fĂąchĂ©.
Tu comprends ce que ça veut dire, "trÚs fùché" ?
Qu'est-ce que tu racontes ?
- Puech m'a fait passer un message.
T'es jamais venu chercher le fusil. -Il déconne ! J'y suis allé.
- Ah oui ?
Pourquoi il me raconterait des conneries ?
- Moins fort.
Je sais pas ce que ce petit trouduc t'a raconté...
- C'est pas un trou du cul !
âȘ Ă©tais en cellule avec lui.
Il dit que tu l'as pas pris, je le crois.
- En cellule ? Il a Ă peine 20 piges.
Défoncé 24 heures sur 24.
Il m'a refilé une antiquité.
Impossible de tuer une vache Ă bout portant.
-20 balais ? Il a les cheveux roux ?
- Peut-ĂȘtre, une fois qu'il les a lavĂ©s.
- C'est son abruti de fils.
- J'ai été à ton adresse et j'ai demandé M. Puech.
- Je t'ai donné l'ancienne adresse. Il a dû refiler l'appart à son fils.
Il avait un super fusil pour toi. Ăa m'a coĂ»tĂ© un bras.
- Moi, c'est fini.
Je vais éviter d'assassiner les gens, maintenant.
Je vais reprendre une vie normale, avec un job normal,
dans une station-service normale. Avec Tom.
- Avec quel pognon ? T'as pas tué le mec.
- Tu lis l'espagnol ?
Tiens, regarde. Je t'ai rapporté ça.
- C'est quoi ?
- On a retrouvé un mec noyé sur une plage.
Un enculé de pilote d'Air Palma.
- Comment t'as fait ça ?
- Je l'ai regardé méchamment.
C'est réglé. Comment on fait, pour le pognon ?
- J'ai commencé à travailler le banquier.
Si t'as besoin de pognon pour le beurre des épinards,
je peux te retrouver des coups.
- Tu m'oublies, André.
- Je comprends. La fille, tu la baises.
- T'occupe.
- Ah oui. Et c'est sérieux. - Pas exclu.
- Ăa me ferait vachement plaisir, que tu te trouves quelqu'un.
Je le pense vraiment.
Allez, salut. - Salut.
- Ăa va ? - Ouais.
Ta journée, c'était bien ? - Ouais.
L'aprÚs-midi a été un peu lourde, mais ça s'est bien terminé.
Bon. Les huissiers ont tout piqué.
- Non, c'est cool. J'aime bien. - Installe-toi.
Et toi, ta journée ?
- Supportable.
Mais elle est en train de trĂšs bien se terminer aussi.
Bardot a tenu sa promesse.
Il a expliqué à son banquier qu'il avait pas le choix.
On travaille 60 heures par semaine. C'est facile, quand c'est pour soi.
Dans deux ans,
on devrait gagner 3 000 euros chacun.
Jeff passe de temps en temps. Il parle jamais de Gardot.
MĂȘme un mec aussi con comprend qu'il vaut mieux la fermer.
- Tu m'excuses, je dois pisser.
Tu vĂ©rifieras que j'ai tout laissĂ© dans l'Ă©tat oĂč je l'ai trouvĂ©.
Allez, salut !
-
- Anita ?
Anita ? Tu dors pas ?
Qu'est-ce qui se passe ?
Anita ?
Oh!
Qu'est-ce que...? - Joyeux anniversaire, chéri.
- Oh, mon amour!
- Haut les mains !
- Vous m'avez fait peur !
Je recommence Ă ĂȘtre content de rentrer crevĂ©.
De retrouver la femme que j'aime...
Et mes potes.
C'est redevenu simple.
Peut-ĂȘtre que le bonheur, c'est quand on s'en rend pas compte.
-
C'est le super fusil des Baléares.
Celui que j'ai pas pu récupérer.
C'est une merveille. Il avait raison.
Et il est fourni...
avec un silencieux.
Sous-titrage : Eclair Media
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