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MONTR�AL 1980
Anna.
Comment va-t-elle ?
Vaut mieux rester ici cette nuit.
Si, c'est vrai. Tu vis comme un ermite.
- Pourquoi tu t'habilles comme �a ? - Il fait froid dehors, maman.
Il n'est pas trop tard.
Arr�te de te cacher le derri�re. Sinon, tu resteras toujours seule.
S'il te pla�t, maman.
Promets-moi une chose. Apporte mes cendres...
Ne dis pas �a, maman.
C'est ill�gal.
Mets-moi dans un Tupperware. Ni vu ni connu.
Promis ?
Les tulipes sont splendides.
Elle voulait que je vous donne �a.
D�s que ma m�re tomba malade, j'ai su que je devais accomplir son dernier souhait.
Et ce n'�tait pas tout.
Je sentais que ce que ma m�re avait dit sur moi �tait vrai.
J'allais d�couvrir qu'il manquait des choses dans ma vie.
Et pour ce qui est d'arr�ter de me cacher le derri�re...
elle allait avoir plus qu'esp�r�.
POUILLES, ITALIE
Je sens le vent ! Je veux continuer jusqu'au bout du monde.
Tiens bon, ma ch�rie, on y est presque.
Vito, regarde devant toi.
TULIPES
TULIPES AMOUR, HONNEUR ET UN V�LO
- C'est moi qui vais parler. - Qui d'autre sinon ?
�a peut �tre grave. Vaut mieux ne rien dire.
Et si on racontait simplement la v�rit� ?
On doit raconter la v�rit�.
- Vito, qu'est-ce qu'elle dit ? - Elle dit qu'on pourrait...
Tais-toi, le voil�.
Merci.
Salvatore Catarella, inspecteur en chef. Comment �a va ? Tr�s mal ?
�a pourrait �tre pire, Salvu. M�me si je marche moins bien.
Heureux de l'apprendre, Immacolata, mais je ne m'adressais pas � toi.
Mademoiselle, ce briquet est � vous ?
Non.
Elle ne fume pas.
- C'est le mien. - Non, c'est le mien.
Vous avez une id�e o� on l'a retrouv� ?
- Oui. - Et comment est-il arriv� l�-bas ?
Salvu, c'est une longue histoire.
Mon ami, je ne voudrais pas t'emb�ter avec �a. Et Anna a mal.
Nous ne sommes pas des amis. En tout cas pas aujourd'hui.
Miss Ardizonne, vous �tes inculp�e pour meurtre.
Salvu, attends un peu. C'est une histoire compliqu�e.
�a a commenc� il y a au moins 30 ans. Il y a mon histoire et celle d'Anna.
Et puis celle de mon fils Vito.
- Moi aussi, j'ai une histoire ? - Bien s�r.
On est dans les Pouilles...
donc il y a encore l'histoire du boulanger et du boucher...
Non. Il n'y a qu'une seule histoire.
Elle a commenc� il y a 9 jours.
Pas 30 ans ?
Oui et non.
Sainte Vierge.
Vito, rentre. Vite.
- Elle est revenue � la maison. - Qui �a ?
Anna. La fille de Gauke.
- La fille de Gauke est ici ? - Oui.
Mon Dieu, la voil�. Comporte-toi normalement.
Bonjour. Je vous sers quoi ?
Un th�, s'il vous pla�t.
D�sol�, nous n'avons que du caf�.
De l'eau min�rale.
Bien.
Tu lis quoi ?
Simple curiosit�. Je m'appelle Vito.
Et toi ?
De l'eau min�rale.
Bien s�r.
Attends.
Je ne voulais pas �tre d�sagr�able, Vito. Je m'appelle...
Anna.
Je le savais, Anna.
Il y a des ann�es je t'ai tenue dans mes bras, et maintenant tu es de retour.
Laisse-moi t'embrasser.
Je t'avais dit que c'�tait Anna, non ? D'o� tu viens ?
- D'o� tu viens ? - Du Canada.
Montr�al ?
- Et comment s'appelle ta m�re ? - Chiara.
Je le savais. La fille de Gauke est de retour.
Elle est revenue. Je savais que ce jour viendrait.
C'est une photo d'autrefois.
- Tu as vu comme j'�tais belle ? - Le gar�on au milieu, c'est moi.
Et l'homme � c�t� de toi ?
C'est Gauke. Ton p�re.
- C'est mon p�re ? - Oui.
Chiara ne te l'a jamais dit ? On va boire un verre.
�a ne me plaisait pas que Chiara parte avec toi.
Quand je l'ai appris, j'ai pleur� pendant des jours. Comment va-t-elle ?
Comment va Chiara ?
Sainte Vierge.
Maman voulait revenir ici.
Non, non, non.
- Ce n'est pas ta m�re, �a. - J'ai bien peur que si.
- Non. - D�sol�e de vous faire de la peine.
Tu ne comprends pas. Chiara n'est pas ta m�re.
- Chiara n'est pas ta m�re ? - Si, si.
- Mais pas sa vraie m�re. - C'est qui alors ?
�a viendra apr�s, dans l'histoire. J'ai dit que c'�tait compliqu�.
J'�coute.
Par o� je commence ?
Tu te souviens de l'horrible temp�te en Hollande il y a 30 ans ?
Les digues se sont rompues en hiver et les inondations �taient si violentes...
que ton p�re s'est agripp� � une chemin�e pour ne pas �tre emport�.
Le lendemain, tout �tait d�vast�.
INONDATIONS AUX PAYS-BAS
La petite Hollande, � peine remise de la guerre...
a �t� violemment touch�e par son ennemi de toujours : la mer.
Les femmes et les enfants d'abord, �tait le mot d'ordre...
quand plus de 30�000 personnes furent chass�s de leurs foyers.
- Toute la Hollande �tait inond�e. - Non, pas tout le pays.
- En une nuit 100�000 personnes ont p�ri. - Non, pas tant que �a.
Plut�t 1 000. Pourquoi tu exag�res toujours ? Elle aime dramatiser.
C'�tait une terrible catastrophe. Une trag�die pour tous ces gens.
Et pour un homme en particulier.
Ceux qui ne s'�taient pas noy�s, ont �t� sauv�s des toits...
et conduits dans des centres d'accueil.
Parmi eux, il y avait ton p�re.
Il avait emport� avec lui son bien le plus pr�cieux.
Un v�lo.
C'�tait � mon p�re.
Vous entendez, les gars ?
Cet homme respecte son p�re.
- Regardez... - Dix hectares.
tout inond�...
c'est effroyable.
� la mort de son p�re, il a h�rit� une ferme de 10 hectares.
Mais il n'avait pas le c�ur � �a.
Il d�testait le climat humide.
Il pleuvait sans arr�t.
Il aspirait � mieux.
- Tu veux acheter ma ferme ? - Quoi ?
Tu veux acheter ma ferme ?
C'est le milieu de la nuit.
Je sais.
La vente de la ferme n'�tait que la moiti� de son projet.
"Ma ch�re future femme...
"Je m'appelle Gauke.
"Je ne connais pas ton nom, mais je te promets que nos enfants...
"n'auront jamais des chaussettes mouill�es.
"Je viendrai te chercher.
"S'il te pla�t, attends-moi."
Pour toi.
Mais tu ne pourras l'ouvrir que quand tu sauras o� tu veux �tre.
Quoi que ce soit, je n'en ai pas besoin.
Tu sais au moins o� tu vas ?
Je m'en doutais.
En cinq jours il a fait � v�lo le trajet Hollande Italie...
affrontant pluie et vent...
et sans s'arr�ter. Il avait l'air poss�d�.
Un instant.
Un instant. Cinq jours pour parcourir...
2 000 kilom�tres.
- Il �tait fort. - � travers les Alpes, les Apennins.
- En cinq jours ? - Il �tait tr�s fort.
Mais avec sa barbe et ses cheveux on aurait dit qu'il avait roul� pendant des semaines.
Qui dit qu'il n'avait pas d�j� cette barbe ? Il en avait d�j� une.
C'est s�r.
� VENDRE
Vend�si...
"Vend�si..." V�ndesi !
- Il a cru que c'�tait un village. - Il ne parlait pas italien.
Vend�si... Quel idiot.
Maman, maman.
J�sus est l�. C'est vraiment lui.
Sainte Vierge. Qui es-tu ?
De l'eau ?
Du vin rouge ? Du vin blanc ?
- De la bi�re ? - De la bi�re.
Merci.
Merci. "Grazie."
Grazie.
- Que dit-il ? - Danke en allemand signifie merci.
- Tu parles l'allemand ? - Eh ben j'�coute la radio.
- Encore une bi�re ? - Volontiers.
Allemand ?
Hollande.
Hollande est la capitale du Danemark.
Venez voir, il s'est endormi.
Le g�ant se r�veille.
Tiens. Mange, mange.
Qu'est-ce qu'il fait ?
Sainte Vierge... Il vient de chez les barbares.
Regardez, �a lui pla�t.
Essaie.
Tourne...
Tourne...
Bravo.
C'est toi le forgeron qui vend ?
Combien ?
La ferme ? Entre.
Tu es un criminel ? Non, non, non.
150�000 lires. Et c'est ma derni�re offre.
Mais que fais-tu ? Cache �a.
On va � la banque. Banque.
- La banque. - Oui, la banque.
�a co�tera 5 000 lires de plus.
Je blague. Tu es mon ami.
- Non, c'est une banque. Tu comprends ? - Oui.
Fais attention. Qui es-tu ?
C'est un �tranger. Il est vraiment d�sol�.
Vos 54�700 florins fois 165...
moins notre commission, �a fera 8�500 000 lires.
Votre ami veut ouvrir un compte ici ?
Oui.
- Salut. - Salut.
Ma ch�re future femme...
J'ai trouv� le paradis, je dois seulement le retaper.
Je viendrai te chercher aussit�t pr�t.
Ton Gauke.
Hollandais, je te cherchais.
Mon ami, tu vas bien dormir l�-dessus.
Pantalon.
Pantaloni.
Bien courts.
Gauke.
Hauka.
Non.
Gauka.
- Kauk. - Quel Kauk ?
- Kauken. - Non, pas comme �a.
- Gauke. - Voil�, c'est �a.
Bicyclette.
Bicyclette.
Briquet.
Zippo.
Heet.
Chaud.
Allez, vas-y.
- C'est dur ? - Oui.
Pomme.
Sabot.
Sabots.
C'est bien, Vito. Tr�s bien.
- Bonsoir, tout le monde. - Bonsoir.
Bonsoir.
Il va pleuvoir aujourd'hui ?
Aujourd'hui, non.
Tu vas dire ce que tu cultives ?
Surprise.
Surprise.
J'ai d� lui promettre de ne le dire � personne.
Surtout pas � ma m�re.
Ce n'�tait pas facile.
Je peux me l'imaginer.
En r�compense, ton p�re m'a donn� son zippo.
Je l'ai toujours gard�.
Mais maintenant il est � toi.
Prends-le. Je dois quand m�me arr�ter de fumer.
- Qu'y a-t-il ? - Rien.
Je suis d�sol� pour ta m�re.
- Je suis en bas si tu as besoin de moi. - Attends...
Tu peux me parler d'elle ?
Ta m�re, qui n'�tait donc pas ta vraie m�re, n'est-ce pas ?
- Exact. - O� est sa place dans l'histoire ?
Un jour, Piero a d�cid� de pr�senter Gauke � sa femme.
- O� va-t-on ? - Voir ma femme. On va te nettoyer.
- Comment �a ? - Pour qu'elle n'ait pas peur.
- Tu as l'air d'un barbare. - Ou pire.
Giuseppe, tu peux le nettoyer ?
- Coupe-lui les cheveux et un peu la barbe. - Parfait.
C'est un bon coiffeur, tu comprends ?
- Giuseppe, je paie. - Comme tu veux.
- Travaille bien. - Merci.
Ch�rie, je te pr�sente mon ami Gauke.
Gauke, voici ma femme Chiara.
Bonjour.
Enchant�e. J'ai beaucoup entendu parler de toi.
- Du bien, j'esp�re ? - Certainement.
Allons nous asseoir.
Pourquoi ici ? Que cherches-tu dans cet endroit perdu ?
J'�tais � v�lo et soudain... Bam.
- Bam ? - Oui, il est tomb� et s'est cogn� la t�te.
Il a ouvert les yeux, il a vu la ferme et il a d�cid� de rester.
Destina.
- Le destin. - Le destin.
Tu es mari� ?
Oui.
Non.
Peut-�tre. Je l'esp�re.
Je lui ai d�j� expliqu� que c'est une situation particuli�re.
D�s que la ferme est pr�te. J'esp�re.
On porte un toast � la ferme.
� la ferme.
Regardez, les miracles existent...
mais il faut les cr�er soi-m�me.
Bravo.
Bravo, Gauke.
Sant� ! � la n�tre.
- Combien ? - Il est quasiment neuf. En bon �tat.
- Combien �a co�te ? - Que puis-je dire ?
- Dites-moi combien �a co�te. - C'est pour vous ?
Pour qui d'autre ?
Ma nouvelle voiture. Tu viens faire un tour ?
Tu es fou. Tu ne sais m�me pas la conduire.
Apprends-moi alors.
Arr�te.
Doucement, doucement, doucement.
C'est quoi ?
Il n'y a plus d'essence.
- Qui t'a vendu ce tacot ? - Il n'y a plus d'essence.
Je ne pense pas. C'est autre chose.
Et maintenant ?
Alors tu pousses.
D�gagez, attention.
H�, je le connais, ce type.
Comment �a va ?
Bonjour.
Donne �a. C'est tout ?
- Piero ? - Je n'ai pas plus. J'ai une famille...
Laisse-moi t'aider.
Non, ne fais pas �a.
Allons-y.
Je suis content de pouvoir t'aider pour une fois.
Tu comprends ce que tu as fait ? O� tu as la t�te ?
Il croyait que je leur devais de l'argent. Il leur a donn� son argent.
Comment pouvait-il le savoir ? Arr�te un peu.
- D�sol�, Piero. - Tu n'as pas besoin de t'excuser.
- Il ne le savait pas. - Maintenant ils reviendront.
Toi, tu pensais que ce serait mieux de venir vivre ici.
On ne part pas d'ici. C'est fini.
Attendez.
Je vais vous raconter une blague. En italien.
Gauke, on ne blague pas. Ce n'est pas dr�le.
Je connais une blague.
Je la raconte en italien.
J�sus sur la croix murmure quelque chose.
Marie ne comprend pas ce que dit son fils...
donc elle demande aux soldats romains une �chelle...
et monte en se disant...
qu'elle doit absolument entendre les derni�res paroles de J�sus.
Elle demande � J�sus de r�p�ter ce qu'il a dit...
et tend l'oreille vers lui.
Il dit :
"Maman...
"je peux voir de loin notre maison."
Merci.
Je paie la tourn�e.
- En 20 ans, tu n'as jamais rien pay�. - Dieu te pardonnera.
Ce n'est pas � moi qu'Il doit pardonner.
- Notre patron veut te voir. - Le bar est ferm�.
- Ami, bonsoir. - Ami ?
Oui, on est tous amis.
On doit discuter avec cet homme.
Pas ici.
Dehors.
Toi, tu restes ici, idiot.
Je t'ai d�j� dit de ne plus venir ici.
J'ai d�j� pay� mon tribut.
Et laisse mon ami tranquille. Il n'a rien � voir avec �a.
Bien s�r que si. Il a choisi de vivre ici.
Je te jure que je te poursuivrai dans tes r�ves.
Tout le monde dehors. Dehors.
Tu fais quoi, si tard dehors ?
Si j'�tais ton p�re...
Au fait, il est o�, ton p�re ?
Il est mort.
Ils l'ont descendu quand j'avais deux ans.
Qu'est-ce qu'il avait fait ?
Rien. Il refusait de payer le pizzo.
- Payer la pizza ? - Pizzo, l'imp�t de protection.
Contre quoi ?
Pour ne pas �tre assassin�.
Les types qui �taient l�, ils sont dans le coup ?
Quels types ?
Bonne nuit.
Bonne nuit, Gauke.
- Je dois m'asseoir l� ? - � moins de vouloir conduire.
- Tu veux conduire ? - Je peux ?
- Je t'en prie. - OK.
- Quoi ? - T�m�raire. Comme ta m�re.
Que se passe-t-il ?
Vito, � la cuisine.
D�p�che-toi, � la cuisine.
Vito, d�p�che-toi.
Sainte Vierge, qui es-tu ?
D'o� tu viens ?
De Hollande.
De Hollande ?
Qu'elle est belle.
Vito, tu as compris ? C'est la femme et l'enfant de Gauke.
Va le chercher. D�p�che-toi.
Gauke, Gauke.
Gauke, r�veille-toi.
Comment tu t'appelles ?
Ria.
Tu es sourde ?
- Qu'est-ce qu'il dit ? - Gauke dit que Ria est sourde.
Et Gauke lui a demand� son nom.
Quoi ? Elle vient de Hollande, ils ont fait un b�b�...
et il ne sait pas son nom ? Mais o� va le monde ?
Anna.
- Magnifique. - Tr�s belle.
- Voici ma fille et ma femme Ria. - Je m'appelle Piero.
Elle est splendide. Regarde, Chiara. Quelle beaut�.
Bonjour, mon tr�sor.
Ce n'est pas n�cessaire.
Gauke, Gauke.
Regarde.
C'est gr�ce � toi.
Italien.
Italien ? Tu l'as appris ?
Tu veux vivre ici avec moi ? Oui ?
Vito.
Ta m�re �tait la plus belle femme que j'aie jamais vue.
J'�tais exactement ici.
Donc mon p�re a plant� un sac de trois cents � quatre cents oignons...
et en une nuit des milliers de tulipes ont soudain pouss� partout ?
Oui, je l'ai vu de mes propres yeux.
C'est tr�s po�tique, je le reconnais.
C'est quoi �a, l�-bas ?
Une grange.
Malheureusement, il ne reste plus rien.
- Son v�lo. - Il a disparu.
Chiara l'a emport� � Montr�al. Je l'ai encore.
- C'est vrai ? - Je m'en sers tous les jours.
C'est bien.
Vito, qui est cette jolie fille ?
Anna, la fille de Gauke. Tu te souviens ?
Oui, bien s�r. Qu'elle est belle !
Anna est ici, la fille de Gauke.
Gauke et Ria, vous vous souvenez ?
- Anna, enchant� de te rencontrer. - C'est la fille de Gauke.
Que tu es belle, avec tes magnifiques yeux bleus.
Tulipes fra�ches de toutes les couleurs.
Oui, oui.
Tenez.
- Voil�. - Tulipes. Tulipes.
Rouges, jaunes, blanches. De toutes les couleurs.
Tulipes, tulipes fra�ches.
Merci.
Ce n'est rien. C'est le meilleur ami de Piero.
Une cacahu�te ?
- Celles-ci sont pour toi. - Merci, Vito.
Gauke, c'est mon tour.
Viens, on va f�ter �a.
Quoi �a ?
Non ? D�j� ?
- Vito, Anna va avoir un fr�re ou une s�ur. - C'est bien.
Allons-y.
Hollandais, Lo Bianco veut te f�liciter pour le succ�s de tes affaires.
Pourquoi c'est toi qu'il envoie ?
On doit discuter. Tu nous dois de l'argent.
Comment �a ? D'apr�s moi, c'est toi qui me dois de l'argent.
Mais on peut r�soudre �a en tant qu'hommes d'honneur.
Pas de violence. Pas de violence.
Vous voulez quoi ?
- Sale merdeux. - Pas de violence...
Pas de violence ?
Vito.
Laisse.
- On y va. - Roule.
Bon, on va danser. Allez.
Si, si, tu es le seul homme qui reste.
Non, je ne suis pas un homme mais un enfant.
- Sois un gentleman pour ta m�re. - Tu l'as promis.
Ria aimerait danser avec toi. �a t'emb�te ?
Ah, du limoncello.
Tu sais, Piero...
j'ai rencontr� ces deux cons qui voulaient ton argent.
- Quoi �a ? - Ria les a chass�s...
avec le caca d'Anna.
Et �a te fait rire ? Je t'ai averti.
Je r�ve ou quoi ? Tu es conscient de ce que tu as fait ?
Idiot de Hollandais.
Qu'y a-t-il ? Tu vas � nouveau �tre p�re ?
Et vous ? Pourquoi vous n'avez pas d'enfants ?
Chiara ne voulait pas qu'ils grandissent ici.
Pourquoi pas ?
Elle veut partir, mais je n'ai pas envie de recommencer � z�ro.
�a suffit comme �a.
C'est une belle journ�e pour vendre des fleurs.
Oui, allons gagner un peu d'argent.
O� tu vas ? Reviens.
H�, reviens.
Reviens.
Bonjour, messieurs. Je peux vous aider ?
On veut notre argent.
Dans mon pays, on travaille pour gagner de l'argent.
Pas de travail, pas de paye.
Tu n'as peut-�tre pas compris. C'est �a notre travail.
Bonne journ�e � tous.
Arr�te, arr�te.
Tu veux dire que ce cultivateur de tulipes...
devient soudain un guerrier kung-fu, une sorte de ninja ?
- Il les a tous assomm�s. - Dix, douze hommes ?
- Quinze. - � lui seul ?
- Avec l'aide de ma m�re. - Ta m�re ?
Oui.
Avec tout mon respect, mais ta m�re est une femme.
Et alors ?
- Et avec Piero. - Oui, mais Gauke a assomm� la plupart.
Je dis la v�rit�. Pourquoi est-ce que je mentirais ?
Continue.
Docteur, docteur.
Docteur.
Elle est s�rieuse ?
Non, attendez. Ne les laissez pas ici.
Je vais avoir de gros probl�mes. Revenez.
Je veux cultiver des tulipes.
Uniquement cultiver des tulipes...
On va bient�t partir d'ici. Je suis maintenant convaincu.
Chiara a raison. Ils reviendront toujours.
Et je n'ai plus la force de me battre contre eux.
Je serais tr�s triste si tu partais.
Tu as besoin d'argent ?
Non, merci. Mais tu es un v�ritable ami.
- Vous devriez tous partir. - Mais je n'ai pas envie.
Je ne sais pas o� aller. C'est chez moi, ici.
INONDATIONS AUX PAYS-BAS
Salut.
Salut.
Pourquoi tu as ces tatouages ?
Ils vont bien avec ma moto.
Autrefois j'�tais tr�s maigre. Je voulais avoir l'air d'un dur.
- �a a march� ? - Pas vraiment.
� cause de tes yeux.
Je sais. Ils me causent sans cesse des probl�mes.
Un caf� ?
Et �a, c'est quoi ?
Mon tout premier.
Ma m�re voulait me tuer. Mais j'�tais pr�par�.
Tu dois beaucoup l'aimer.
- C'est bien que tu sois revenue, Anna. - Moi aussi �a me pla�t d'�tre ici.
Alors pourquoi es-tu si triste ?
L'histoire.
Il n'y a qu'une fa�on d'en finir avec Lo Bianco.
�a se termine mal, hein ?
Apr�s tout ce qui s'�tait pass�, Piero et Chiara d�cid�rent de partir.
Montr�al. Un cousin � moi habite l�-bas.
Je dois finir mon travail. Demain on pr�pare nos affaires.
Un cadeau d'adieu.
- On ne peut pas l'accepter. - S'il te pla�t.
Non, c'est trop.
Tu es s�re de vouloir rester ici ?
Qu'y a-t-il ? Qu'est-ce que tu veux ?
S'il te pla�t.
Au feu ! Au feu !
Gauke, viens. La forge de Piero est en feu.
Gauke, qu'est-ce qu'il y a ?
Ria est morte.
Piero ! Piero !
On peut demander de mettre les cendres de Chiara � c�t� de Piero.
Non, elle veut �tre ailleurs.
- Pas pr�s de Piero ? - Non.
Il y a une f�te ce soir.
On pourrait peut-�tre y aller.
�a nous ferait peut-�tre du bien.
Va voir tes tulipes, �tranger.
D�guerpissez. Foutez le camp.
Allez-vous-en.
Pompe.
Plus fort. Pompe.
Vous avez peur ?
Cet homme n'a jamais travaill� de sa vie.
Il ne sait pas faire du pain, g�rer une forge ou cultiver un champ.
Il s'enrichit avec votre peur.
Moquez-vous de lui et son r�gne finira.
Sainte Vierge.
Quelle puanteur.
Faisons la f�te.
- Tu ne veux pas aller voir les tulipes ? - J'en ai marre des tulipes.
Gauke ?
Qu'est-ce que tu veux ?
Va-t'en.
Gauke...
Fiche le camp.
Fiche le camp.
Je ne veux plus jamais te voir.
Sale con.
C'�tait la derni�re fois que je l'ai vu.
Le lendemain, il avait disparu. Personne ne sait ce qui s'est pass�.
Chiara l'a recherch� pendant longtemps. Puis elle est partie.
- Avec moi. - Pour te donner une vie.
- Lo Bianco ? - Il n'a jamais arr�t� de p�ter.
C'est vrai. Il puait tellement qu'il a perdu tout son pouvoir.
Il para�t qu'il vit dans une grotte.
Qui sait ?
- O� je peux trouver des tulipes ? - Quoi �a ?
J'en ai besoin. O� je trouve des tulipes ?
- On est au milieu de la nuit. - Je sais.
Viens.
Tu en veux combien ?
Tu les as gard�es en vie. Toutes ces ann�es.
Sois prudente.
Que se passe-t-il ?
Des tulipes ? Qui tu es ?
Anna, la fille de Gauke.
Le salaud qui m'a ruin� la vie.
C'est toi qui lui as ruin� la vie.
- Des tulipes... - Mon dieu, que �a pue.
Ce n'est pas moi, mais cette grotte pleine de m�thane.
Ce n'est pas ce qu'on m'a dit.
Je d�teste les tulipes.
- Dis-moi ce qui est arriv� � mon p�re. - Pourquoi �a ?
Sinon, je t'en apporterai tous les jours.
Tr�s bien.
Ton p�re �tait un l�che et un ivrogne.
Bonsoir, �tranger. Il est temps de partir.
Hollandais, retourne-toi et regarde qui est l�.
Pas besoin, je te sens d'ici.
Retourne-toi, � moins de pr�f�rer �tre tu� de dos.
Tu aurais d� rester chez toi, Hollandais.
Ta route se termine ici.
O� allez-vous ? Revenez.
Bande de cons...
Selon moi, la route se termine ici pour nous deux.
Ne fais pas �a.
Tu es un bon gars.
R�fl�chis bien.
Pense � ta femme. Pas de violence.
Tu te souviens ?
Pas de violence.
Tu sais ce qui est dr�le ?
- Tu sais ce qui est dr�le ? - Quoi �a ?
Je peux voir d'ici notre maison.
Comme je disais, ton p�re �tait un l�che et un ivrogne.
- Salaud. - Tu ne peux rien y faire.
C'est quoi, �a ?
Qu'est-ce que tu veux faire ?
Tu voulais faire quoi avec �a ?
Attends, je vais te montrer un truc super.
Attends...
�a arrive.
�a arrive. Un instant. O� tu vas ?
�a arrive. O� tu vas ?
C'est dr�le.
Anna ?
Vito.
C'est la fille de Gauke !
Vito, Vito.
Dois-je croire que Lo Bianco s'est suicid� avec ton briquet...
- gr�ce � sa flatulence l�gendaire ? - C'est la v�rit�.
Je pense que Lo Bianco avait raison...
et que la grotte �tait pleine de m�thane et de gaz sulfureux.
L'explosion �tait si �norme...
que personne pr�s de lui n'aurait pu survivre.
Mais si tu savais qu'elle �tait innocente, pourquoi ne l'as-tu pas dit aussit�t ?
Et rater alors une si belle histoire ?
Bonne journ�e, Immacolata. � vous tous.
Salvu, viens manger dans mon restaurant. Je te ferai des calamars farcis...
et peut-�tre un risotto noir.
Je retiens ta proposition.
- C'est comment � Montr�al ? - Agr�able, surtout en �t�.
- On peut vivre � deux dans ta maison ? - Je pense que oui.
- Donc il y a de la place pour moi aussi. - S'il te pla�t, maman.
Au revoir, maman.
- Adieu, Chiara. - Au revoir, Chiara.
On pourrait prendre la moto et aller d'abord en Hollande.
C'est une bonne id�e.
Maman, arr�te.
Ne me regarde pas, Vito.
Faut jamais intervenir entre un Italien et sa m�re.
Attends-moi, Vito.
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