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Qui s'approche de Lui sentira sa chaleur
et son c�ur sera �lev� tr�s haut.
Saint Antoine de Lisbonne
Hom�lie prononc�e � Forli, Italie, lors de la Pentec�te, en 1222
All�, S�rgio ? Finalement !
Je t'ai appel� tellement de fois...
All� ?
Tu m'entends ?
Bien s�r que c'est Fernando.
C'est toi qui appelles. Qui veux-tu que ce soit ?
S�rgio ?
Je t'entends tr�s mal.
Oui, tout va bien.
Quoi ?
All� ?
Le r�seau est mauvais, ici.
Oui, je prends mes m�dicaments.
Je suis assez grand pour me soigner, non ?
Ne sois pas b�te...
All� ?
�a coupe, l�.
Je ne sais pas si tu m'entends encore.
On se parle plus tard. Je vais raccrocher.
Je t'embrasse.
L'ORNITHOLOGUE
20 juin, 10 h 30 du matin.
Les jeunes Aquila chrysaetus ont quitt� leur nid du Pic du Diable
mais ils sont rest�s dans le secteur.
L'un avait des taches blanches au centre des ailes
et sur l'int�rieur de la queue.
Il volait au-dessus de la falaise et du nid.
Ses g�niteurs le surveillent de pr�s.
20 juin, 11 h du matin.
Une colonie de Gyps fulvus
nidifie comme d'habitude sur le rocher du Puio,
malgr� une diminution d'individus cette ann�e.
Lin ?
Lin ?
O� es-tu ?
Idiote !
Trouillarde, va !
Tu saignes.
�a suffit !
Fei,
il faut partir d'ici.
Allez, l�ve-toi.
Cette for�t n'en finit plus !
Saint Jacques nous a abandonn�es.
Notre p�re qui �tes aux cieux,
que votre nom soit sanctifi�,
que votre r�gne vienne,
que votre volont� soit faite
sur la terre comme au ciel.
Donnez-nous aujourd'hui notre pain de ce jour.
Pardonnez-nous nos offenses
comme nous pardonnons � ceux qui nous ont offens�s.
Ne nous laissez pas entrer dans la tentation,
mais d�livrez-nous du mal.
Amen.
Regarde, il y a un homme l�-bas.
Tu crois qu'il est mort ?
Je ne sais pas.
Allons voir.
Non, j'ai peur. Allons-nous-en.
Ne sois pas b�te.
Il a peut-�tre besoin d'aide.
Saint Antoine a dit : "Les bonnes chr�tiennes, telles les abeilles,
"qui ne s'occupent que de choses utiles,
"le Diable ne les trouve jamais d�s�uvr�es."
Et s'il est mort ?
Sors-le de la rivi�re !
Qu'est-ce que tu attends ?
Aide-moi !
Il est vivant ! Sors la trousse de secours.
Merci, Lin.
Merci, Fei.
C'�tait tr�s bon.
Moi Fei, elle Lin.
Pardon, j'ai confondu.
Vous �tes dou� avec baguettes.
J'aime beaucoup la cuisine chinoise.
Buvez ce th�.
Vous vous sentirez mieux le matin.
Je n'ai jamais bu ce genre de th�.
Il a un go�t bizarre.
C'est une ancienne recette chinoise.
Buvez votre th�, Fernando.
Vous allez jusqu'� Saint-Jacques � pied ?
Oui.
Saint-Jacques-de-Compostelle.
Mais nous sommes perdues.
Oui, nous perdues.
Nous sommes venues de Chine.
T�l�phone portable marche plus. GPS cass�.
Et carte tr�s confuse.
En effet, pas de r�seau.
Vous �tes ici, au Portugal.
Tr�s loin du chemin de Saint-Jacques.
Je vais vous montrer.
Tr�s tr�s perdues.
Vous �tes ici.
Pr�s de la fronti�re espagnole.
Qu'est-ce qu'on fait, maintenant ?
Que peut-on faire ? Vous nous amenez ?
Oui, on part avec lui.
Mais...
je vais dans une autre direction. Je dois retourner � ma voiture.
Vous devez nous amener, Fernando !
On a peur de cet endroit.
Il y a des esprits dans la for�t.
Tengu est ici.
Des fois pleure, des fois rit.
L'esprit de la for�t.
- Les esprits n'existent pas. - Si !
Mauvais esprits.
Restez avec nous, s'il vous pla�t !
C'est quoi, �a ?
- Vous avez entendu �a ? - Tengu !
Toutes les nuits, m�me bruit.
Trois nuits, pareil.
On a tr�s peur.
Les esprits sont revenus. J'ai peur du Diable !
J'ai peur qu'il nous ait �loign�es du chemin.
Le Diable est ici !
Allons,
le Diable n'existe pas...
et Dieu non plus.
Il n'a pas la foi.
Un jour,
il trouvera la voie.
Fernando peut nous prot�ger.
Oui,
maintenant on n'a plus peur.
Nous avons homme fort.
Vous nous prot�gez.
Je me sens tr�s fatigu�.
On devrait aller se coucher.
Nous avons une longue journ�e, demain.
Viens.
Nous dormir.
Stop !
Toi, tu dors dehors.
Nous bonnes chr�tiennes.
On dort ensemble.
Bonne nuit, Fernando !
Fei ! Lin !
O� �tes-vous ?
Lin !
Allez, d�p�che-toi !
Toi bien r�veill�, Fernando...
Pourquoi tu m'as attach� comme �a, Fei ?
Nous maudits !
On va tous mourir !
Saint Jacques ne peut plus aider.
Seulement saint Antoine peut nous aider.
Arr�tez ce d�lire, d�tachez-moi !
Non, on peut pas, Fernando !
Comment �a ? Qu'est-ce que vous me voulez ?
Toi,
reste !
Et si on le d�tachait ?
Non, c'est risqu�.
Il doit rester avec nous
et prendre le temps de r�fl�chir.
Qu'est-ce que vous dites ?
D�tachez-moi. Je reste avec vous, je le jure.
Non,
il ment.
Il n'est pas pr�t.
Allumons un feu.
S'il vous pla�t !
Lin, Fei, s'il vous pla�t !
Ouvre bouche, Fernando. Mange !
Mauvais gar�on !
Nous bonnes p�lerines, on te nourrit comme bonnes samaritaines.
Fei, je ne peux pas rester comme �a. Lib�re-moi.
Moi Lin !
Alors tu parles anglais ?
Sale menteuse.
Laisse-moi partir, esp�ce de tar�e.
S'il te pla�t.
S'il te pla�t, Lin. Je deviens fou.
Bande de sadiques.
Tu nous appartiens !
Tu as entendu ?
C'est s�rement un animal.
Et s'il s'�chappe ?
Non, on l'a bien attach�.
On a tent� de le raisonner.
Demain, il aura ce qu'il m�rite.
Oui, demain, on le castre !
Putains de Chinoises,
elles ont gard� ma carte.
Appels manqu�s : S�rgio
"N'oublie pas tes m�dicaments.
"Je t'aime vivant :)"
Merde...
All� ?
J'ai eu un accident. Le r�seau est mauvais.
All� ?
Vous m'entendez ?
Merde !
"Fernando, je n'arrive pas � te joindre.
"Tu ne m'appelles pas ? Je suis inquiet.
"As-tu trouv� les cigognes ?
"Tu me manques :) Appelle-moi.
"Je t'aime XX"
23 juin.
J'ai retrouv� mon sac vide.
Je suis sur une plage fluviale o� a eu lieu un rituel �trange.
Mon kayak a �t� d�truit.
Il y a un feu de camp encore chaud.
J'ai retrouv� ma carte d'identit�
avec les yeux br�l�s et l'empreinte digitale effac�e.
Les Chinoises avaient raison. Il se passe quelque chose, ici.
Allons-y, les gars !
Il faut tout donner, !� !
Entretenez le feu !
Ram�ne des b�ches, mec !
Personne ne peut se mesurer � nous !
Allez mec, va chercher du bois !
Je vais me soulager !
Ram�ne du bois !
Am�ne du vin !
Cul sec !
Buvez encore !
Il faut tout donner, !� !
Allons-y, les gars !
�coutez ! J'entends un sanglier tout proche.
Allons-y, les gars, allons le chercher !
- T'as vu le sanglier ? - Attrapez-le !
Assomme-le !
- Le voil� ! - Attrapez-le.
- Quelle b�te ! - Regardez �a.
Il est �norme !
Putain, il est vraiment colossal !
Frappe-le !
Regardez �a !
Personne ne peut se mesurer � nous !
Du calme.
Tout va bien, du calme.
Bonjour !
Bonjour...
Salut.
Je m'appelle Fernando.
Content de te voir. Tu n'imagines pas ce qui m'est arriv�.
Je descendais la rivi�re.
J'observais les oiseaux, je suis ornithologue.
Il faut que tu m'aides. Il y a un village, par ici ?
Je dois t�l�phoner pour qu'on vienne me chercher.
Tu comprends ?
Qu'est-ce qui t'arrive ?
Tu es d�bile ou quoi ?
Tu ne parles pas portugais ?
Tu es sourd-muet.
Excuse-moi, je ne savais pas.
Calme-toi, tout va bien.
O� as-tu trouv� ce sweat-shirt ?
Je te parle ! O� as-tu trouv� ce sweat-shirt ?
Il est � moi.
O� tu l'as trouv� ? Tu l'as vol� ?
Tu as vu les Chinoises ? Tu leur as vol� mes affaires ?
Tu m'�coutes ?
Tu sais o� sont mes affaires ? J'avais une bo�te de comprim�s.
R�ponds !
Que vas-tu faire avec ce couteau ?
Tu veux me tuer ?
Calme-toi, je veux juste savoir si tu as mes m�dicaments.
J�sus...
J�sus...
deux, trois.
Tu crois que �a enregistre ?
Fernando, t'es tellement mignon !
S'il te pla�t, ne nous d�teste pas.
On va se revoir tr�s bient�t.
On va se revoir tr�s bient�t.
Oui, tr�s bient�t.
Au revoir, Fernando !
Comment es-tu entr�e ici ?
Tu m'as fait une belle frayeur.
Du calme.
Je ne te ferai pas de mal.
Laisse-moi voir cette aile.
C'est moche, �a.
�a fait mal, non ?
Oui, tu t'es bris� une aile.
Dors bien.
Dans quelques jours, tu iras mieux.
Ton aile n'�tait pas si bris�e que �a...
Putain, fous-moi la paix !
Poissons,
mes fr�res,
Comment �tes-vous arriv�s ici ?
Pendant le D�luge, quand tous les animaux ont p�ri hors de l'arche,
Vous, sans aucun dommage,
avez surv�cu comme aucune autre cr�ature.
Vous qui avez des nageoires
et la force d'aller o� vous voulez, librement,
comme bon vous semble,
comment avez-vous fini dans ces eaux noires ?
Pourquoi ne cherchez-vous pas une eau claire et pure
pour voir le chemin que vous devez prendre
et la nourriture que vous devez manger ?
Stop !
Stop !
Melampus, vas-y !
Tranquille.
Taisez-vous !
Taisez-vous !
Melampus.
Vous vous sentez bien ?
Oui, je crois que �a va.
Je ne sais pas ce qui s'est pass�.
Vous dormiez � l'air libre.
Vous �tes perdu ?
Vous voulez qu'on vous emm�ne quelque part ?
Non, je campe pas loin d'ici.
On dirait que les chiens vous appr�cient.
Je ne les ai jamais vus comme �a.
Les animaux m'aiment bien.
Vous ne voulez vraiment pas qu'on vous accompagne quelque part ?
R�fl�chissez,
�a ne pose pas de probl�me, c'est juste passer un appel.
Non.
Non, je vais bien.
Alors on repart.
La chasse est termin�e.
Faites bon voyage.
Elle vous attend.
Salut, � Antoine.
Je m'appelle Fernando.
Salut,
� Antoine !
J�sus...
Tu ne te souviens pas de moi ?
Non.
Je me souviens de peu de choses.
C'est-�-dire...
la nuit derni�re...
Je crois que c'�tait la nuit derni�re.
La nuit o� je suis mort.
Nous �tions l�, dans le bois, avec mes amis,
� boire et � danser,
� r�p�ter pour la f�te.
La f�te des gar�ons.
On a jou� avec des couteaux et je suis mort.
Je ne me souviens pas de toi.
Qui es-tu ?
Je suis mort ?
Je m'appelle Antoine
et toi qui parles maintenant, tu es vivant.
Antoine ?
Moi, je m'appelle Thomas.
Thomas ?
Tu dois me croire, Thomas.
Il y a des choses qu'on ne peut pas comprendre.
Elles adviennent
et il faut y croire.
Le feu de l'Esprit est un myst�re que nous ne comprendrons jamais,
Mais que nous devons laisser br�ler en nous librement.
Lorsqu'il se saisit d'une �me, Il l'emplit de Lui-m�me
En la transformant,
faisant d'elle la flamme qui se transmet aux autres.
Alors il faut croire en un mensonge ?
Je sais que je suis mort.
Ce n'est un mensonge que pour toi.
Pour les autres, tu es vivant.
Tu n'as jamais �t� mort.
Mais j'ai mal.
Pourquoi moi ?
Pourquoi pas mon fr�re, mon semblable, qui est mort comme moi ?
Je donnerais ma vie pour ressusciter J�sus.
Pourquoi as-tu le couteau de mon fr�re ?
Calme-toi, Thomas.
Baisse le couteau.
C'est toi qui as tu� mon fr�re.
J�sus �tait ma moiti�. Maintenant, je ne suis la moiti� de rien.
Ce sifflet appartient � mon fr�re.
Regarde mes doigts.
Je ne suis plus cet homme-l�.
Je suis ici pour r�parer cette faute.
PADOUE
Salut, Antoine !
Tu as fini par trouver ton chemin !
Tu es libre, je suis libre
Et la nuit arrive
Alors pourquoi ne pas �tre ensemble ?
Pourquoi ne pas plonger
Dans l'aventure des sens ?
Tu es seul et moi je le suis plus encore
Toi qui attires mon regard
Voil� ma main ouverte
Qui attend de se refermer
Sur ta main d�serte
Viens, car l'amour n'attend pas
Et ce n'est pas l'attente qui le fait na�tre
Viens, car l'amour est le moment
O� je me donne
O� tu te donnes
Toi, tu cherches de la compagnie
Et moi, je cherche qui voudra bien
Me sortir de cet �tat
�tre un corps de plaisir
�tre le d�but d'un nouveau jour
Tu attends toujours
Un mieux qui n'arrivera plus
l'espoir a �t� trouv�
Par quelqu'un avant toi
Mais au moins, tu m'as trouv�
Viens, car l'amour n'attend pas
Et ce n'est pas l'attente qui le fait na�tre
Viens, car l'amour est le moment
O� je me donne
O� tu te donnes...
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