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Soyez les bienvenus dans notre drive-in.
Notre super moderne snack-bar est ouvert et vous attend.
�a vous dirait un bon hamburger bien �pais ?
Des frites chaudes ou un "fish and chips" ?
Une orangeade ou une citronnade ?
Une bonne glace onctueuse ?
Un hot-dog avec sauce ou moutarde ?
Nous esp�rons vous avoir satisfaits.
Il y avait cette atmosph�re sp�ciale
des films d'exploitation australiens.
Bizarres, g�niaux...
Vraiment �tranges.
Des films crus.
Tr�s rapides.
Bon march�.
Assez vulgaires.
Plein de gros mots.
Prends-�a, putain de rosbif !
�a va p�ter.
Une touche de sexe.
Des Australiens...
terrorisant des gens.
Meurtres, viols, mutilations.
Du suspens...
De l'�pouvante...
Taillader et tuer.
Mauvaise pub pour l'Australie.
La plupart des films de genre australiens
sortaient aux USA via les bo�tes de distribution.
�a a co�ncid� avec le boom
de la nouvelle vague du cin�ma australien.
"My Brilliant Carrer", "Getting of Wisdom",
"Breaker Morant" et d'autres.
Quand ces films sont sortis...
c'�tait le nouveau cin�ma australien.
C'�tait le symbole du cin�ma ind�pendant.
Mais ils n'�taient pas vendus comme australiens.
J'en savais rien avant d'entendre leur accent.
Allez mec, tue-moi. Finis-en avec le kangourou.
Tue-moi !
L'histoire in�dite et d�lirante de l'Ozploitation !
On ne sait rien de l'Australie,
� part ce qu'offre un d�pliant touristique,
ce qui n'incite pas les gens � venir en Australie.
Car il y a peu de gens au monde
qui s'int�ressent aux kangourous et aux koalas.
Au tournant des ann�es 60,
il y a eu un vrai s�isme culturel et politique.
On ne voulait plus �tre dirig�s par les m�mes gouvernements.
Le monde entier est d�sesp�r�.
On ne peut pas rester les bras crois�s.
Le f�minisme commen�ait � alt�rer la relation homme femme.
Pour G. Greer, les femmes devaient se r�volter.
On s'opposait � la guerre.
On ne pouvait pas accepter une soci�t�
qui enr�lait les appel�s en les tirant � la loterie.
On participait au moratoire.
L'Apartheid.
On manifestait pour l'avortement.
Le d�sarmement nucl�aire.
On faisait partie d'une r�volte qui �tait mondiale.
On pensait avec certitude
qu'on pouvait tout changer.
Vous pouviez faire �a tout en �tant d�fonc�.
Il y avait une jeune aristocratie qui r�gnait,
qui pr�f�rait la fornication et les hallucinations
� ce qui avait pr�c�d�.
Seuls les noceurs �taient branch�s.
Il y avait une super �nergie qui touchait tous les arts.
Pour moi, l'Australie
n'avait pas besoin d'une sorte de culture.
Mais il en fallait une, comme avoir un op�ra.
De quoi illustrer les timbres.
Lentement, �a a commenc� � se d�velopper.
Mais �a n'a pouss� que sur du moisi,
car la culture c'est du fromage, non ?
Ou du yaourt ?
Production nationale :
Aucune originalit�.
Sans fond. Navrante !
Dans ce pays, personne ne fait de films.
L'�quateur et l'Islande
sont comme nous, des pays sans cin�astes.
Mais des signes indiquent qu'on se r�veille.
Le grand silence cin�matographique australien,
�tait parfois rompu par des �quipes �trang�res,
qui venaient tourner un film ici.
Ted Kotcheff a r�alis� "Le R�veil dans la terreur".
Voici John Grant,
un jeune, beau et intelligent professeur.
Voici John Grant,
une sale brute, pr�t � tout.
Qu'est-il arriv� � John Grant ?
L'outback lui est tomb� dessus.
C'�tait un lent cauchemar
de beuveries, de combats, de chasses aux kangourous.
Pour les Australiens, ce n'�tait pas l'Australie.
Ils disaient : "C'est pas nous, on n'est pas comme �a."
Les �trangers voient des choses
qui sont banales pour les Australiens et qui sont leur quotidien.
Ils ne voient pas ce qu'il y a de singulier dans leur vie.
ln memoriam.
Merci.
Il connaissait l'effet du d�paysement sur...
les Europ�ens civilis�s.
Sans ces envahisseurs
commentant notre apparence et nos paysages,
notre anonymat culturel aurait �t� total.
Ils ont fait comprendre aux cin�astes australiens
qu'on pouvait raconter
des histoires sur nous-m�mes,
rythm�es et int�ressantes.
On a vraiment eu de la chance,
d'avoir au bon moment et au bon endroit,
deux personnes tr�s engag�es dans le cin�ma australien.
Si vous aviez un soup�on de talent cr�atif,
vous �tiez largement financ�.
L'�tat file du fric � n'importe quel enfoir�
qui se croit peintre, po�te ou cin�aste.
Et tout a d�coll�.
Rustres, nichons, poils de pubis et bi�re
J'ai eu la dr�le d'id�e
de faire un film sur la sexualit�.
Que pensez-vous du lesbianisme ? Du lesb...
Je ne comprends pas les termes m�dicaux.
On voulait un Docteur Kinsey qui prendrait des notes.
Il a vu le sexe tel qu'il �tait.
Il rencontre une tenanci�re de bordel.
J'�tais une prostitu�e, moi aussi.
Mais l'�ge et tout le reste m'ont rattrap�e.
Des mannequins, des photographes, le type de la rue.
Le film �tait constamment
la cible de la censure.
Pas mal de sc�nes furent coup�es.
J'aurais peur de coucher. Je ne saurais pas quoi faire.
Le r�alisateur John B. Murray a ins�r� un dessin de lapin nu
� la place des plans coup�s.
Le lapin sautait, s'�battait et dansait.
Les gens adoraient.
Ils pr�f�raient toutes les sc�nes avec le lapin.
La censure australienne �tait la plus r�pressive
du monde occidental.
Si on voyait des seins nus...
ou pire, des poils pubiens,
on tombait � la renverse.
Il y avait un censeur � cette �poque.
Il s'appelait Prouse.
Je ne savais rien de lui, � part qu'il �tait manchot.
Prouse devait avoir plus de mal � se branler que les autres.
Quand je si�geais � la censure,
Barry Humphries pouvait d�clarer � la presse :
"D�sol�, M. Prouse n'a pas pu venir,
"mais il aurait donn� son bras droit pour �tre l�."
L'arriv�e de Don Chip au minist�re des douanes,
a permis un rel�chement de la censure.
Bon s�jour, en Australie.
Je pense que les esprits �voluent,
et que les principes de la censure aussi.
Il a lanc� le classement R.
Le classement R autorisait plus de violence...
et plus de sexe explicite.
Soudain, jeunes et vieux pouvaient en profiter.
La com�die la plus os�e, d�jant�e et hilarante jamais vue.
En m'approchant, je mets l'huitre dans mon nez.
Auriez-vous un mouchoir, madame ?
"Stork" �tait la premi�re com�die du genre "australien".
Ya des nanas par ici ?
Il y avait beaucoup de franchise
dans les m�urs � l'�poque.
Un m�nage � trois, c'est �a ?
�a n'�tait pas si cochon.
T'es puceau, Stork ?
� la stup�faction g�n�rale, "Stork" fut
le premier succ�s commercial australien
en 15 ans.
Ce fut un tournant pour les films australiens.
Le public australien voulait voir ces films.
Il y a peu, si on demandait � un �tranger
ce qui �tait typiquement australien,
il y avait des chances qu'il r�ponde
un kangourou ou un koala.
De nos jours, la r�ponse serait plut�t
notre h�ros national, Bazza McKenzie.
Barry McKenzie est un Australien en qu�te de sexe,
mais qui en m�me temps en a peur.
Un personnage simple qui se retrouve
dans le milieu beaucoup plus raffin� de Londres.
On voulait une mauvaise image de l'Angleterre.
Plut�t facile.
Vous aimez ?
Une seule couche de Dulux.
Il devait y avoir
des crottes de chiens partout.
J'avais �crit une chanson : "Attention aux crottes"
"Soyez attentifs.
"Les immeubles sont peut-�tre class�s
"mais les trottoirs sont couverts de merdes."
Salet� de merdes. J'ai failli me p�ter la jambe.
Il y a du nouveau dans le film de McKenzie,
la sc�ne du vomi �tant la principale.
C'est moi qui ai fait le m�lange.
Essentiellement de la soupe de ma�s...
- De pois. - Des salades de fruits.
Agr�ment� de salade de pommes de terre.
Plus de la limonade pour faire mousser.
Barry disait : "Mettez aussi des morceaux de tomates.
"Il y en a toujours."
On a une sc�ne de vomi dans le 1er film.
On a �t� copi�s dans "L'Exorciste".
Je ne ferai pas de proc�s.
Je me suis dit qu'on en mettrait deux dans le film suivant.
Une des sc�nes que j'adore,
c'est celle o� Barry vomit de la tour Eiffel.
Je me sens bizarre.
Je vais crier Ruth.
Les gens �taient perplexes.
Il se penche.
On l'entend appeler... Ruth !
Ruth !
C'est �c�urant d'y penser.
Un des grands moments du cin�ma australien.
S'il y en avait eu plus dans "Picnic at Hanging Rock",
�a aurait �t� encore mieux.
Comment un mec aussi beau que moi se prend autant de r�teaux ?
Alors qu'un sale gros lard comme toi
emballe un aborig�ne dans les WC d'un avion ?
L'homophobie et le racisme ont leur charme.
S'il pleuvait des vierges, je serais avec un p�d�.
Charmant.
Quelle jolie personne de couleur !
Fondamental.
Je refuse qu'on s'attaque � eux.
C'est ce qui fait ce que nous sommes.
On avait une classification.
I.A.T. : Interdit aux tapettes.
Combien de fois je te l'ai dit ?
Ne ram�ne pas ces tapettes de mannequins
chez nous.
Surtout des Australiens !
Ya pas plus p�d� qu'eux !
Barry a toujours eu en horreur et d�test� les beaufs australiens.
Mais ceux qu'il d�testait le plus adoraient le film.
�a vous va de voir ce film avec une fille ?
Comme dit la chanson, il faut chauffer Simone.
Je suis fier d'�tre Australien.
Il me fait sentir australien.
C'est un Australien pur jus.
Il y a toujours des cr�tins
qui confondent satire et documentaire.
Ils pensaient qu'on adh�rait � leur style de vie.
D'une certaine fa�on, �a l'�tait.
C'�tait affectueux.
J'ai parl� � des potes qui sont dans le m�tier.
Pour eux, ces films...
ont permis au pays d'�tre leader dans la production.
C'est ce que je pense.
Savez-vous que les critiques se d�cha�nent ?
Un mauvais film de 3e ou 4e cat�gorie.
C'�tait vraiment nul. Juste affreux.
C'est moche, confus et d�sagr�able.
Grossier.
Je suis peut-�tre vieux jeu,
mais le lesbianisme m'a toujours laiss� un go�t amer.
C'est anti-australien.
Les Australiens sont-ils tous homosexuels ?
C'est une rumeur propag�e
par le gouvernement pour attirer les rosbifs.
C'�tait peut-�tre trop australien.
On ne filmait pas pour l'office du tourisme.
Si on ne peut pas se moquer de soi,
on n'a pas d'identit�. C'est un film tr�s important.
La soci�t� changeait.
La perception des valeurs sociales
et politiques changeaient aussi.
Que les barri�res l�gales
contre la pornographie disparaissent.
Abolissons la censure et amusons-nous !
C�t� t�l�vision,
l'Australie �tait leader avec "Number 96".
"Number 96" �tait un programme
class� dans les 10 premiers.
�a a remu� la t�l�vision car c'�tait choquant.
Cette lib�ration
a �galement touch� le cin�ma.
Les sc�nes de nu �taient de rigueur.
On m'appelait la fille nue d'� c�t�.
On affirmait notre libert�.
Une fa�on de dire :
"Je suis comme je suis, attention !"
L'Australienne est fi�re de sa silhouette.
Elle a bien raison. Elle est belle.
Tout le monde voulait �tre nu � cette �poque.
C'�tait "in" de se balader sans son haut de maillot.
Si vous le mettiez, vous �tiez vraiment "out".
Tout le monde exhibait ses trucs et ses machins.
Les gens �taient nus dehors, dedans, dans les f�tes.
Un strip-poker ?
Femmes et hommes �taient fiers de leurs rondeurs.
C'�tait la c�l�bration de la chair.
Il y avait des �l�ments conservateurs dans la soci�t�
qui avaient peur de ces nouvelles libert�s.
Vous dites que la civilisation
court au d�sastre
si la moralit� se d�grade encore.
Combien de temps avons-nous ?
D'apr�s Lord Longford et Malcom Muggeridge,
il nous resterait dix ans.
J'attendais impatiemment cette d�ch�ance morale,
mais elle ne fut pas aussi importante.
Juste assez pour que ce soit int�ressant.
"Alvin Purple" a �t� r�alis� par
le cin�aste australien Tim Burstall.
"Alfie", avec Michael Caine, �tait sur les �crans.
J'ai renvers� la situation.
Alvin �tait la victime.
Les femmes �taient les pr�datrices.
Tim voulait quelqu'un pour ce r�le
qui ne soit pas un tombeur.
Si tu prends un tombeur comme premier r�le,
tous les mecs vont le ha�r
d'�tre un roi de la drague.
Toutes les femmes vont m'en vouloir.
Je suis jamais all� aussi loin.
Blundell �tait parfait,
c'�tait Monsieur tout le monde.
Il est devenu notre premi�re grande star.
C'�tait tr�s excitant mais difficile
� g�rer dans la vraie vie.
Les gens m'approchaient...
"Ma femme voudrait vous parler...
"Vous voyez le genre ?"
Je n'ai pas v�cu �a en �tant jalouse ou possessive...
On a divorc�.
Ma femme, f�ministe convaincue, ne voulait pas de tout le chahut
attach� au personnage d'Alvin Purple.
Tr�s peu d'actrices de ma g�n�ration
n'ont pas �t� nues dans un film d'Alvin.
Tu es partie t�t ce matin au boulot ?
Les filles un peu guind�es
se d�coin�aient et aimaient �a.
Avec de bas salaires, depuis que Burstall �tait impliqu�.
Tim montrait toujours un sein s'il pouvait.
C'�tait pour l'art.
Je crois que Tim a encourag� certaines actrices
� mettre des v�tements plus os�s,
en leur donnant plus d'argent
pour qu'elles soient plus confortables.
Tim ne m'a pas soudoy�e pour que j'en montre plus.
On avait d�j� tout vu � l'�cran.
Tim avait propos� 500 $ � Jackie Weaver
pour qu'elle soit nue.
Jackie a dit : "Combien ? Ok".
Gros budget.
J'ai demand� un jour � Johny Seale comment �tait le plan.
Il m'a dit : "Difficile � dire,
"l'objectif �tait totalement recouvert de bu�e."
En fait, l'oculaire �tait souvent embu�.
Il disait : "Putain, c'est torride !"
Vous vouliez rire, voir des nichons. Vous aviez tout �a.
Le succ�s a pris des proportions
astronomiques.
Avec un budget de 200 000 $, le film a rapport� 5 millions.
Ces �normes files d'attente
et la grande rentabilit� du film
ont boost� le cin�ma.
J'ai travaill� avec Robert Aldrich, Robert Altman
et Tim Burstall.
Ils avaient tous cette merveilleuse qualit� de vulgarit�.
De ce pass� exub�rant et passionn�,
ressort une histoire paillarde
et incroyablement belle.
� couper le souffle.
Heureusement, c'�tait il y a 140 ans.
Tim voulait faire un film sur Eliza Fraser,
mais pas une �uvre d'angoisse existentielle.
Il devait y avoir des �bats amoureux
avec ce qu'il faut de paillardise.
Il ne faisait aucun doute qu'Eliza Fraser
�tait un sacr� m�lange. Un grand pot-pourri.
C'�tait certainement
parce que l'industrie du cin�ma
cherchait � aller de l'avant.
On a trouv� en Tim la personne id�ale qui pouvait
faire un peu de tout.
C'�tait une vraie ordure.
Le sale morpion du cin�ma australien.
D'un autre c�t�, on lui doit tout.
C'est en partie gr�ce � lui
qu'a eu lieu cette renaissance � l'�poque.
Si Burstall avait de l'�nergie,
John Lamond avait une super �nergie.
John avait le don
de savoir ce que voulait le public.
Un peu de vulgarit� et de nudit�.
Nous explorerons l'�trange, l'�rotisme,
la laideur, l'obsc�nit� et la beaut�.
Un �trange et d�rangeant voyage
dans l'Australie interdite.
On a pass� un an � suivre des gens
qui plongeaient nus pour filmer des poissons.
Il y avait un dingue qui dirigeait un orchestre
et peignait ses femmes nues de diff�rentes couleurs.
Il y avait cette femme, Mme Lash.
Lash est pr�te.
Regardez ce chevalet, on n'en voit plus des comme �a.
Tout avait lieu pour de vrai.
Je n'ai plus jamais revu �a.
Mais �a ne m'aurait pas d�plu.
Les messes noires sont bizarres et effrayantes.
En voici une dans une for�t non loin de Melbourne.
Les gens �taient choqu�s.
"Des adorateurs de Satan � Melbourne !"
John a dit : "Je ne peux rien dire.
"Sinon, ils vont me jeter un sort."
J'ai insist� pour qu'il me raconte.
"C'�tait dans le jardin de ma belle-m�re.
"On avait une machine � faire de la fum�e
"et des nanas qui dansaient sur l'autel."
Apr�s Kings Cross, on manquait de vice.
Il a donc fallu en fabriquer.
"Jaws" passait dans un cin�ma et 14 drive-in.
On a fait pareil la semaine suivante.
Pour ceux qui viennent pour la 1�re fois au drive-in,
voici quelques conseils pour votre confort.
Dans toute l'Australie,
il y avait � peu pr�s 400 drive-in.
L'Am�rique comme l'Australie,
parce qu'on y f�tichise
et qu'on y fabrique des voitures,
avaient cette culture de drive-in.
J'y vois une opportunit� pour les films australiens.
S'ils ne gagnaient rien au festival de Cracovie,
ils pouvaient toucher le public des drive-in.
Croquez-en une tout de suite !
Pour la premi�re fois au cin�ma,
voici un regard neuf et l�ger
sur le sexe et l'amour aujourd'hui.
Un samedi, on a pondu une id�e pour ABC de "Love & Sex".
On voulait �viter � tout prix
un documentaire scolaire.
John Lamond m'a convaincu de jouer dans ce film
un type habill� en cuir.
C'est scandaleux !
Tout le monde attendait en peignoir
et retenait son souffle.
On les a enlev�s, ventres rentr�s,
et l'orgie a commenc�.
Personne n'aurait eu envie de faire une orgie avec eux.
On voulait provoquer la controverse.
Le vagin est une zone tr�s �rog�ne.
Gr�ce � son �lasticit�, il s'adapte � tous les p�nis.
John pouvait cr�er ces trucs et il a compris
qu'en mettant des jeunes femmes nubiles
qui se savonnent sous la douche,
on pouvait certainement attirer du public.
Voici Felicity, la plus effront�e,
intr�pide et sexy des nouvelles filles.
En lisant le sc�nario,
je me suis dit : "C'est... chaud !"
"Felicity" d�bute dans un couvent,
car les plus pervers ont souvent une �ducation religieuse.
Plus jeune, j'�tais tr�s f�ministe.
Je n'en reviens pas d'avoir fait ce film,
sauf que c'est un film en fait plut�t pro-femmes.
Miles, je suis tr�s excit�e.
Regarde �a.
C'est un fantasme masculin.
La sc�ne qui fait le plus fantasmer,
c'est une sc�ne de lesbiennes.
Deux nanas qui font l'amour sans �tre lesbiennes,
c'est un fantasme de mec.
Glory n'aime pas les sc�nes de lesbiennes.
Dans le priv�, je ne sais pas.
Je peux dire pour ma d�fense que �a existe vraiment.
C'est encore plus excitant
si les lesbiennes �taient des bombes.
Pas des camionneuses.
�a manque de naturel, mais...
il n'y a rien de mal.
John savait qu'il y avait un public qui voulait voir des voyeurs,
des f�tichistes et des orgies.
Il pouvait �tre obsc�ne,
mais il �tait toujours adorable.
John ne s'est jamais pris au s�rieux.
Soit comme un �vang�liste des m�urs et des libert�s sexuelles,
soit comme un auteur respectable et responsable.
J'essaye de traiter les femmes comme un objet sexuel,
et elles me refusent.
Au milieu 1970, le cul rapportait. C'est certain.
De nombreux films ont vu le jour,
et des gens ont vu leurs ventes augmenter
parce que le film comportait une sc�ne de nu.
Abigail �tait devenue c�l�bre gr�ce � "Number 96".
Elle avait une r�putation de fille os�e.
C'�tait un vrai sex-symbol.
La pub disait qu'on voyait
le premier nu int�gral d'Abi.
Elle pensait qu'on avait profit� d'elle.
Elle avait dit � la presse : "Il s'est servi de mon corps."
Je l'ai appel�e pour lui dire que j'ignorais qu'elle pensait �a.
Elle m'a dit que c'�tait pour me faire de la pub.
Les m�dias ont pris �a pour de la titillation.
�a allait avec les femmes sex-symbols.
C'�tait un peu ce qu'il fallait �tre � l'�poque.
�a allait avec les bikinis...
les filles qui couraient � moiti� nues,
les douches.
Je tournais car j'�tais jolie
et que j'�tais pr�te � me d�nuder.
Je trouve �a g�nial d'immortaliser
le fait qu'on �tait plut�t canon !
Je pensais
qu'on d�mystifiait le corps de la femme.
Je me trompais. C'�tait une sorte d'exploitation.
J'ai lu que mes seins n'�taient pas en forme.
Mes seins �taient comment�s
mais pas mon jeu.
Du coup, les bons acteurs
ne voulaient pas jouer
et des mannequins les rempla�aient.
Je m'appelle Tony Ginnane.
L'an dernier, je suis venu � Hollywood, capitale du cin�ma.
J'ai tourn� "Fantasm".
Personne ne voulait jouer dans ce film.
L'id�e est venue
de le tourner aux USA.
Je dirigeais la plus grande agence artistique
de mannequins nus.
Un jour, des Australiens ont d�barqu� dans mon bureau.
Je leur ai aussit�t propos� John Holmes, le Roi.
La preuve vivante que tous les mecs ne sont pas �gaux.
C'est un plan � vous couper le souffle.
Tout le monde a son heure de gloire.
John Holmes m'a donn� 30 cm de gloire.
J'y retournerai. C'�tait vraiment dr�le.
- Vraiment sympa. - Pareil.
Pendant une courte p�riode en Australie,
les couples mixtes de classe moyenne
voulaient voir du sexe � l'�cran.
De retour � Hollywood pour vous offrir
la plus scandaleuse des com�dies �rotiques
jamais vues.
Malheureusement, au moment de la sortie de "Fantasm II",
la mode �tait pass�e.
Les soi-disant critiques de l'�poque d�testaient ces films.
�a me rassure de savoir comment vole le pilote.
Venez voir mon manche.
C'�tait vraiment une sensation horrible
de devoir avouer au monde entier
qu'on �tait
des rustres.
On imaginait le gouvernement envoyer des policiers � la fronti�re
pour emp�cher nos films de sortir.
Au lieu de faire des films
qui montraient les libidineux que nous �tions,
on s'est mis � faire des films
sur ceux qu'on voulait qu'ils pensent que nous �tions.
Soudain, l'Australie devait avoir une image.
Et il y avait les ennemis de notre image.
Elle en veut, Curl.
Ses vieux veulent nous marier
avant que je trempe mon poireau.
Surtout ceux qui ne d�crivent pas l'Australie
comme le pays des filles qui disparaissent dans les rochers.
Mais Peter Weir et tous ces r�alisateurs
doivent admettre que sans Bazza et Alvin,
sans ces films vulgaires,
on n'aurait pas eu d'industrie du cin�ma.
On voit o� allait le cin�ma australien.
Il cr�ait un hybride entre le cin�ma europ�en et Hollywood.
Les films qui �taient financ�s
racontaient notre Histoire.
C'�tait un mouvement qui devait arriver.
Il y avait une autre tendance, le cin�ma de genre.
Tueurs comateux et films d'horreur de l'Outback
Terry Bourke, producteur, r�alisateur, sc�nariste...
salaud �gocentrique.
Il voulait essentiellement plaire
� n'importe quelle sorte de spectateurs.
Pour un meurtre :
10 seaux de sang !
"Night of Fear" �tait pr�curseur.
Une lente descente dans la folie.
Parmi les sc�nes controvers�es,
la plus critiqu�e a �t� celle avec la t�te coup�e.
Je tiens cette t�te d�capit�e
devant mon corps nu.
Debout,
les yeux baiss�s.
Je ne voulais pas voir �a,
mais c'�tait de l'horreur, on innovait.
Il tire sur un levier,
et 400 rats se ruent � l'int�rieur et la d�vorent.
Je suis l�, assis dehors et je fais...
Terry disait : "�a va, les rats sont derri�re la vitre."
Avant de commencer, il m'a dit :
"Au fait, il y a un probl�me avec la vitre.
"Ce serait plus efficace si on le faisait en r�el.
"�a t'ennuie si les rats te touchent les cheveux ?"
Carin hurlait.
C'�tait un vrai cri.
Les rats en libert� grouillaient sur le corps et faisaient...
S'il pouvait mettre dans le film
un �l�ment controvers�,
il n'h�sitait pas.
Il a fait The Lady Stayed Dead".
Le m�chant soul�ve l'actrice principale
et plonge sa t�te dans l'aquarium.
Terry lui avait dit de remuer les jambes si elle s'�touffait.
Elle les remuait comme une folle
et Chad la maintenait � l'envers.
�tant l'acteur principal, Chad
voulait assurer et n'a pas fait gaffe aux jambes.
Terry a coup� avant qu'elle se noie.
Puis, ils l'ont sortie.
C'�tait le genre � obtenir ce qu'il voulait,
dans la vie comme � l'�cran.
Dans "Brothers", des bonnes s�urs sortaient d'un bus en feu,
dont Grant Page, la plus vilaine de toutes.
Le genre de mec � vouloir �tre le meilleur.
Il n'y est pas arriv�,
mais il a essay� dur.
Les thrillers �taient plus internationaux
et r�alis�s pour un public international.
Mesdames et messieurs, je vous pr�sente "Patrick".
Patrick tombe dans le coma.
Il n'entend pas, il est mort.
L'infirmi�re se rend compte qu'il est conscient.
Tu le sens, n'est-ce pas ?
Il est conscient et gr�ce � la psychokin�sie,
il contr�le les gens.
Pourquoi fais-tu �a ? Que veux-tu ?
Puis, il devient m�chant.
On m'a donn� la version finale du sc�nario.
J'�tais sid�r� et je l'ai arrang�.
J'ai tout de suite su que Richard
�tait un fan d'Hitchcock.
Il connaissait les films d'Hitchcock, plan par plan.
Il a con�u "Patrick" sur ce mod�le.
On a copi� "Psychose"
et on lui a fait tuer sa m�re et son copain.
Patrick ?
Bon sang, Patrick, c'est ta m�re !
Je jouais avec un partenaire
qui n'avait aucune r�action, sauf celle de cracher.
On retrouve "Patrick" dans "Kill Bill"
quand la mari�e est dans le coma
et qu'elle crache.
Je n'oublierai jamais cet acteur.
Il avait un air incroyable avec ses yeux grands ouverts.
Dans le sc�nario original, c'�tait comme �a.
Je l'ai montr� � Uma...
"Je ne vais pas faire �a."
Je lui demande pourquoi et elle dit :
"On n'a pas les yeux ouverts dans le coma, c'est pas r�aliste."
Je n'avais jamais pens� au c�t� r�aliste.
Patrick le faisait et je trouvais �a trop cool.
Je vais faire des �lectrochocs � Patrick
pour voir si j'obtiens une r�action.
Quand on a film� la sc�ne des �lectrochocs,
le mec qui �tait notre expert technique nous dit :
"Et si on lui faisait des �lectrochocs ?"
Robert a dit que c'�tait une super id�e.
Il �tait ravi de faire quelque chose.
J'ai refus�, mais l'effet aurait �t� efficace.
Je pense qu'il y a eu des moments
o� c'est all� trop loin.
Quand Helpmann mange les grenouilles, on est dans un autre genre.
Il m'a forc�.
Pour avoir du succ�s, un film
doit avoir au moins une sc�ne culte...
Allez, ma belle. Je te ram�ne.
dont tout le monde parle.
La sc�ne o� Patrick bondit hors du lit
lui a assur� sa notori�t�.
Ce fut un tel succ�s
qu'un producteur italien nous a copi�s
et a fait une suite non autoris�e,
"Patrick Vive Encora".
Les films australiens �taient si percutants � un moment,
que les Italiens les copiaient.
Autoris� ou pas,
le ph�nom�ne �tait hors contr�le.
�a n'a rien � voir avec "Patrick",
si ce n'est parfois la t�te de l'acteur
en surimpression.
Ce devait �tre flatteur,
mais j'aurais pr�f�r� une meilleure suite.
J'adore tous les films d'Everett De Roche.
Un de ses films est dans mon top 5 des films australiens,
"Long Weekend".
L'histoire d'un couple qui se dispute
sans arr�t.
Ils partent un week-end dans les bois pour sauver leur mariage.
T'aimes pas le camping, mais on va pas vivre � la dure.
Avec 2 000 $ de mat�riel, j'esp�re pas.
Le prix d'une suite au Southern Cross.
- Tu t'y connais en chambres d'h�tel. - Enfoir�.
En plus de se disputer sans arr�t,
ils saccagent l'environnement.
Et les choses tournent
tr�s mal.
Le genre de films d'horreur auquel il appartient...
serait celui o� la nature devient dingue.
Tous les �tres vivants,
chaque brin d'herbe, se retourneront contre vous.
J'adore l'id�e que la nature contre-attaque.
Si les gens deviennent trop nuisibles, comme un cancer,
la nature a son syst�me immunitaire.
Au d�but, on est du c�t� des animaux.
Car la chose la plus destructrice et la plus effrayante
dans la for�t, c'est ce couple.
On veut qu'ils soient tu�s.
Mais le film a un autre aspect troublant.
Les choses ne sont pas ce qu'elles semblent �tre.
On ne dit jamais clairement
ce qui va mal dans cette for�t.
C'est terrifiant et dur � oublier.
C'est quoi ? Dans tes cheveux !
� sa sortie,
le film n'a pas trouv� son public.
Les Australiens refusaient peut-�tre de se voir ainsi.
Comme ce couple cupide et destructeur.
Certaines attaques de la nature
paraissaient grotesques au public australien.
Ce paysage familier n'est pas mena�ant.
Pour le public �tranger, c'�tait exotique.
Si vous allez dans les bois,
vous pourriez �tre surpris.
C'est un vrai petit bijou inconnu
qui ne demande qu'� �tre d�couvert.
Il a sa place dans le cin�ma de genre des ann�es 70.
"Long Weekend", une exp�rience terrifiante.
Le nom qui ressort parmi tous les autres,
c'est Anthony I. Ginnane.
Il a produit presque tous les films de genre
venant d'Australie que j'ai vus.
Il a �t� sous-estim� � l'�poque.
Tony Ginnane et ses films devraient �tre r�duits en poussi�re.
Je voulais que �a p�te.
Des gens poursuivis par des couteaux et des fusils.
Je doute qu'il ait fait beaucoup de bons films.
Le public ne devait pas s'endormir.
Je le r�veillais.
Le c�t� cr�atif l'int�ressait vraiment.
Mais on disait qu'il ne l'�tait pas.
Tony �tait assez mielleux,
plein de conneries.
Il �tait du genre � dire :
"�a me fait bander
"quand on parle d'un paquet de bl�."
Le Roger Corman australien.
C'est une assez bonne description.
S'il est producteur dans un film que je n'ai pas vu,
je vais le regarder.
Dans la nuit d�cadente et les bo�tes branch�es,
Angela joue � un jeu de cache-cache mortel.
Everett avait d� boire un vin bizarre
ou pris des drogues, quand il a �crit ce sc�nario.
Avez-vous plus absurde qu'un camion � glaces
poss�d� par le diable ?
Le sujet de "Snapshot" est assez l�ger.
Comme je devais retirer mon haut,
on pensait que �a aurait d� me rendre nerveuse.
Mais c'�tait une super aventure.
L'obsession de cet homme l'exigeait.
Elle rentre dans la pi�ce et voit des photos d'elle
recouvrir tout le mur.
C'�tait flippant pour elle de voir sa photo
et que tout prenne feu.
Les cascadeurs essayaient un produit
qui permettait de courir tout en prenant feu.
Avec l'actrice principale.
Au moment de la prise, �a fait encore plus r�el,
elle r�agit pour de vrai.
Le film a �t� rebaptis� aux USA "The Day after Halloween".
Ginnane et ses coll�gues �trangers
capitalisaient sur le film de Carpenter.
Un film avec le mot Halloween pouvait �tre une suite...
Tu y vas et tu te dis : "C'est quoi, cette merde ?"
�a n'a aucun rapport, �a ne parle m�me pas d'Halloween.
C'�tait de l'exploitation � son apog�e.
Aller voir chaque film d'exploitation,
c'�tait se faire arnaquer au moins 5 fois par an.
Ce film �tait une arnaque.
Tony a trouv� une formule qui lui a amen� le succ�s.
Le film d'horreur avec un tour psychologique ou surnaturel.
Les vampires.
Pouss�s par une soif insatiable.
D�s le d�but,
Ginnane nous a dit clairement
que c'�tait un film pour drive-in.
On voulait une sc�ne qui mettrait les gens � cran.
La soif est en nous tous.
Pas en moi !
Dans "Soif de sang", on avait David Hemmings, Henry Silva...
Qui ne pouvait pas lire son texte sans lunettes.
Il est devenu le seul vampire � lunettes du cin�ma.
Il y a un plan o� David Hemmings est en h�licopt�re.
Silva s'accroche et l�che les patins.
Il ne voulait pas s'approcher d'un h�lico.
On a pris les patins d'un h�lico et on les a accroch�s sur une grue.
On lui a dit qu'on le soul�verait � peine.
Il est all� plus haut que pr�vu.
Il est mont� � 20 m�tres, il criait et hurlait sans cesse.
Il a d� faire dans son froc � 6 m.
Tony faisait des films pour les vendre � l'�tranger.
�a ne m'a pas rapport� beaucoup d'amis, sauf ceux que je payais.
Ces films �taient nuls.
Je m'y opposais farouchement.
Est-il le nouveau messie,
ou un d�mon d'un autre monde ?
"Harlequin" avait sa touche de sexe.
C'�tait avec B. Crawford, D. Hemmings et R. Powell.
C'est un conte politique moderne,
bas� sur la vie de Raspoutine.
Et c'est tout.
�a m'a excit� et j'ai fait 20 000 km pour le tourner.
Balivernes.
Abracadabra.
On essayait de pr�senter le film
comme ne se passant pas en Australie.
C'�tait au pays de nulle part.
Nos tentatives de gagner le march� am�ricain �taient souvent idiotes.
On m'a dit de l'arr�ter et de l'enfermer.
Je fais quoi ?
Maudits f�d�raux.
C'�tait certainement pas vu comme �a par le public international.
Tous ces films ont d� rapporter pas mal d'argent � Ginnane.
Mais pas � nous.
Tony a assur�.
Il a lev� des fonds
et a permis � beaucoup de gens de tourner.
L'effrayant roman surnaturel de James Herbert
est d�sormais un film.
"The Survivor" a �t� le premier film australien,
� atteindre un budget de 1 million.
Le film commence par le crash d'un avion.
�a a �t� la plus grande quantit� de combustibles
jamais utilis�e dans un film australien.
C'�tait assez ambitieux de construire et de d�truire un 7 47
pour ensuite raconter une histoire de pilote ressuscit�.
300 �mes assassin�es
unissent leur �nergie psychique pour traquer leur tueur.
L'erreur que j'ai faite
a �t� de freiner sur les �l�ments gore.
De l'ambiance, du myst�re, de l'ambig�it�,
plut�t que des gens qui se font taillader et tuer.
Pr�parez-vous � un voyage au-del� des limites
du cauchemar.
Tony pensait que pour vendre sur les march�s am�ricain et europ�en,
il fallait des acteurs am�ricains.
Des acteurs qui autrement
auraient �t� � la retraite.
Tu veux un acteur ? Tu te souviens de lui ?
Il �tait dans ce film de Mickey Rooney de 1935.
Il n'est pas cher.
On ne pouvait pas engager un desperado,
Broderick Crawford, oscaris�.
Il m'a regard� et m'a dit d'aller me faire voir.
Joseph Cotton, oscaris�.
Un acteur tr�s adapt� en 1940.
J'aimais plusieurs de ces acteurs.
L'Am�rique ne leur offrait pas ces r�les.
C'�tait tr�s mal vu par le syndicat.
�a n'avait aucun sens culturel ou philosophique.
Et franchement, aucun int�r�t �conomique.
Le syndicat prenait ses d�cisions suivant les couvertures de magazines.
L'auto-stoppeuse s'amuse.
- T'es jeune pour faire du stop. - T'es vieux pour t'arr�ter.
Le camionneur s'amuse.
Une poitrine en vaut une autre...
Immonde, bien envoy�.
Et le tueur s'amuse au jeu le plus mortel.
Everett est parti du sc�nario de "Fen�tre sur cour",
et il l'a adapt�e dans un camion.
J'ai toujours �t� intrigu� par l'id�e
que sur la route
on double quelqu'un qui va vous redoubler plus tard.
C'est comme une communaut�. Ils font des blagues idiotes...
Il a des couilles.
des jeux stupides. Ils gardent l'esprit l�ger
avec en toile de fond une extr�me violence.
Et si c'est un tueur errant qui d�coupe
les femmes pour en faire des tacos.
On m'a appel�e pour un film en Australie
r�alis� par l'Alfred Hitchock australien.
Jamie Lee �tait � cette �poque
la d�esse du genre. La reine du cri.
On lui a demand�
ce que �a faisait de mettre des Australiens au ch�mage.
Je pensais � l'�poque, tout comme aujourd'hui,
qu'il fallait �loigner les Am�ricains de notre argent.
C'�tait tr�s flippant � faire.
D'�tre une sorte de symbole am�ricain
de quelque chose qui g�n�re de l'hostilit�.
Il y avait d�j� une hostilit� envers moi
sans parler que je prenais le boulot d'un autre.
Deux Am�ricains qui se rencontrent dans le d�sert australien,
c'est une sacr�e co�ncidence.
Mais �a a march�. Je pense que c'est l'attrait du film.
Ce synchronisme et cet heureux hasard arrivent
au milieu de nulle part.
Sur 2 500 km d'autoroute d�sertique,
ils jouent � des jeux violents et mortels.
On a commenc� � tourner � Melbourne, puis jusqu'� Perth.
Tout le film se passait dans la plaine de Nullarbor,
comme un film de John Ford.
On �tait comme une �quipe de gu�rilleros du d�sert.
Apr�s 5 jours de tournage,
on avait un retard de 4 jours.
Soudain, ils ont �pluch� le story-board en disant :
"On tournera pas �a et tu feras 4 prises, pas plus."
Malgr� le budget et les contraintes, il s'en est bien sorti.
Le premier meurtre avec la corde de guitare est g�nial.
Toute la sc�ne est magistrale.
En la regardant, on se dit :
"C'est pas juste le film d'horreur de la semaine.
"C'est vraiment bon."
La cascade du bateau est la plus extraordinaire du film.
De la course de chars dans "Ben Hur",
j'ai retenu les roues du camion qui frottent contre le bateau.
Quand on d�truit un bateau, on n'a qu'une chance.
�a s'est fait, Dieu merci, sans aucun probl�me.
On retrouve des �l�ments dans "Wolf Creek".
La notion d'aventure sur l'autoroute et la rencontre avec le m�chant.
M�me dans la sc�ne finale, on retrouve "Road Games".
On pourrait refaire "Road Games" demain
sans changer un mot,
et �a ferait flipper tout le monde.
C'est un super film.
"Road Games"
Si personne ne s'arr�te bient�t,
il n'y aura plus de survivants pour jouer.
� l'�poque, l'identit� culturelle �tait un sujet sensible.
Un des probl�mes avec les financements �tait
que le film devait jouer une partition australienne,
sentir l'eucalyptus.
Des �meus, des gros plans sur des gommiers,
de beaux couchers de soleil.
Voil� la culture australienne.
Faites votre film, il ne doit pas �tre rel�gu�
dans l'outback pour �tre australien.
Les critiques ne supportaient pas
que certains r�alisateurs fassent des films
qu'ils consid�raient comme du genre am�ricain.
Regardez bien, mais ne vous retournez pas.
Sentez vos poils qui se dressent sur la nuque.
Je voulais faire un film d'horreur, inutile d'�tre subtil.
J'avais envie de taillader le cul de la nana
qui s'�tait fait baiser dans la loge.
Quand John a un th�me...
il aime le faire durer.
On m'a dit : "Quel r�le veux-tu ?"
J'ai r�pondu : "Judith peut-�tre.
"C'est la seule qui n'est pas tu�e pendant qu'elle baise."
Ce n'est pas mon meilleur r�le...
� l'�cran et on est tr�s loin d'un sujet
qui aborde d'un point de vue philosophique la condition humaine,
et y contribue.
Beaucoup de films vous promettent l'effroi,
mais "Nightmares" est vraiment effrayant.
Le grand danger
pour un r�alisateur australien de films de genre,
est qu'il peut facilement tomber
dans un style d�riv� des Am�ricains.
"The Marsupials" utilisait
un genre hollywoodien bien �tabli
pour en faire une com�die australienne.
Tu veux mettre une crevette sur le barbecue ?
La s�rie "Howling" continue
avec une nouvelle race de loups-garous.
Imogen Aisnley jouait la louve-garou.
Le second choix pour le r�le �tait Nicole Kidman,
mais elle ne faisait pas assez loup-garou.
Elle n'avait pas ce c�t� loup-garou.
Il y a plein de trucs ridicules.
J'adore la ballerine qui devient loup-garou.
Dans une sc�ne, elle est dans son lit
et quelque chose sort de sa poche.
La t�te du loup-garou qui surgit
�tait un hommage � "Alien".
La naissance du marsupial est encore plus dr�le.
J'ai �tudi� des documentaires vraiment ennuyeux
sur les naissances de kangourous.
J'essayais de trouver comment faire avec McCarron.
Il a propos� de mettre une souris dans un costume de f�tus.
C'�tait une bonne id�e.
On a pris une souris et on lui a mis un costume de f�tus.
Imogen a cri� et la souris courait partout.
Bob a d�cid� de l'endormir.
L'infirmi�re est venue.
Elle l'a piqu�e et la souris est tomb�e raide morte.
On lui a dit de mettre moins de s�datif.
Elle �tait d�sol�e.
On en a pris une autre.
Impossible de la mettre dans la poche.
Je l'ai mise, j'ai film� � l'envers...
Du coup, elle est ressortie. C'�tait parfait.
On savait que c'�tait nul.
Que tout �tait une blague.
Il est sorti en salles, au grand �tonnement de beaucoup.
�a c'est s�r.
D'apr�s le "New York Times", c'est le film de loups-garous � voir.
J'en avais marre d'entendre toujours cette r�action...
Pourquoi fait-on ce genre de films en Australie.
On n'a pas d'argent,
on ne fait que des films de sous s�rie Z.
Les Am�ricains les font mieux que nous.
C'est des conneries !
Je ne me souviens pas avoir tent� de rivaliser
avec les Am�ricains.
En v�rit�, on voulait juste faire des films.
J'adorais Russell Mulcahy,
pour moi, c'�tait le Ridley Scott du pauvre.
Par le nouveau r�alisateur australien,
Russell Mulcahy,
"Razorback"
Il n'a que deux �tats.
Dangereux ou mort.
Bob McCarron avait un tr�s gros sanglier.
Russell en voulait un beaucoup plus gros.
D'au moins un m�tre de plus.
On lui a dit que ce serait super cool.
On l'a fait, mais � la r�flexion, on n'aurait pas d�.
Un cochon de 10 $ pour un film de 100 millions.
Il roulait comme une brouette.
L'animal montrait ses dents
en grognant devant le visage de Gregory.
La salive �tait un m�lange absurde de...
On faisait des blagues sur le sperme. C'�tait d�goutant.
Je me suis demand� � plusieurs reprises ce que je faisais l�.
J'�tais enlev�e par un cochon m�canique.
Apr�s coup, on se dit que c'�tait vraiment stupide.
J'aurais pu me blesser.
On n'imagine pas une si belle photo
dans un film sur un cochon g�ant,
mais Russell a mis le paquet.
Je sautais par-dessus des plages de dialogues manquants,
et il disait : "De la fum�e sort du ventilateur.
"Passe � travers rapidement
"car la fum�e se dissipe vite si on se d�p�che pas."
Comment jouer dans de la fum�e ? On ne peut pas.
Russell m'a convaincu
qu'on n'�couterait pas les dialogues
� cause des images spectaculaires.
C'est affreux de dire :
"Tu te fiches du texte,
"Les images vont t'�clipser, personne ne te regardera."
C'�tait un film commercial et pour beaucoup, il �tait...
sans valeur artistique ou intellectuelle.
Quand le chien se fait �craser...
j'ai vu plusieurs producteurs quitter la salle.
Pourquoi t'as fait �a ?
Je ne sais pas.
J'ai appris que tuer un chien dans un film, c'est mal vu.
Nous devions travailler sur des crit�res commerciaux,
et il y avait des films am�ricains bien meilleurs que �a.
"Razorback" avait plus de style que d'�toffe.
Mais il y a beaucoup de style.
Je n'ai pas voulu faire une vid�o, c'�tait juste mon style.
C'�tait alors consid�r� comme un "moins",
tandis que c'est un "plus" maintenant.
C'est pour �a qu'il n'est pas d�mod�.
C'est devenu un style de film d�sormais moderne.
On est pourchass�s par un animal.
Pendant l'�criture de "Rogue", j'ai r�alis�...
qu'existait d�j� un film sur les crocodiles, "Dark Age".
On pourrait sortir "Dark Age" en salles demain,
sur 2 000 �crans et les gens iraient le voir.
Mais le crocodile n'est pas bon.
Je devais lui attacher la t�te. Il est arriv�
et a fait...
J'essaye de l'affoler.
Il devait bouger � une vitesse raisonnable.
Si on peut appeler �a
une vitesse raisonnable.
J'ai r�ussi � faire marcher les pattes et on courait � c�t�.
Ses vieilles pattes faisaient...
et on faisait : "Allez, Numminwarry".
Allez, petit.
Dans la mare. Une fois dans l'eau, il a grill�.
Beaucoup de crocodiles mangeaient des gens.
Je me suis dit que c'�tait l'occasion de racheter "Dark Age".
Mais je n'ai convaincu ni Hoyts ni Village,
et il fait partie des chefs-d'�uvre oubli�s.
Ces films sont rel�gu�s
sur les �tag�res des vid�os clubs.
"Next of Kin" est un tr�s bon film.
J'�tais moins int�ress� par le gore, le sang
et ne pas savoir ce qui se passait
que par la peur.
Le film dont il se rapproche le plus, c'est "Shining".
"Next of Kin" a le m�me ton et la m�me ambiance,
ce qui est un sacr� compliment pour un film.
Je ne le surestime pas.
Ce qui m'a le plus marqu� dans "Next of Kin",
c'est le plan final.
La cam�ra filme en plong�e la fille qui sort du resto,
se dirige dans le camion et la filme par la vitre arri�re.
On fait un panoramique arri�re et tout l'immeuble explose.
Le technicien a appuy� sur le bouton trop t�t.
On voit l'explosion se refl�ter dans le panneau,
et le temps de faire le tour, c'est fini.
Mais le public a ador� ce plan final.
On ne voyait l'explosion qu'� la fin. C'�tait g�nial.
On �tait beaucoup � snober les films de genre.
C'est s�r. On n'aimait pas �a.
"Commercial" a toujours �t� un gros mot
dans ce pays.
Si tu vas au Festival de Cannes,
90% des films sont des films d'exploitation.
Il y a des films d'auteurs, de cul, de monstres...
Mais ils ne sortent pas.
�tre commercial n'est pas si facile.
Catastrophes explosives et ma�tres du kung-fu
Si on a grandi en voyant des films de genre australiens,
on est persuad�...
qu'il y a un d�sert partout.
Et un tas de brutes en cavale
dans des caisses trop ch�res pour eux.
Des monstres m�caniques mena�ants errant sur l'autoroute,
� la recherche d'une proie...
De femmes � violer, de gars � frapper.
Dans les histoires d'amour, ces mecs s'am�nent.
T'as abim� ma caisse.
Dans un film de cochon g�ant, ils s'am�nent.
Ils tra�nent � la recherche de gens � faire chier.
Les "Grave Digger" arrivent. Un nouveau gang � moto.
Quelqu'un veut leur mort.
Les flics ont envoy� Stone.
J'ai vu ce type, c'est un porc.
"Stone" �tait un ovni dans le cin�ma australien.
C'est un voyage
au c�ur d'une culture parall�le.
Celle du Rock. C'�tait une sorte d'attitude...
Une de mes sc�nes pr�f�r�es
est le cort�ge fun�raire.
Quand on voit cette sc�ne,
on se dit : "Quel film !"
Le flic et le gang.
Deux mondes s'affrontent.
Dans un thriller au suspens impr�visible.
La cascade de P. Armstrong est la chose la plus incroyable
que j'ai vue faire par un homme.
�a l'a assomm�.
Le choc le plus violent de ma vie.
J'�tais couvert de bleus pendant deux semaines.
J'�tais ankylos� mais �a en valait la peine.
Pendant le tournage, je pensais qu'on merderait.
C'�tait comme les montagnes russes.
En fait, mon id�e �tait...
de cr�er un club de motards et de filmer notre groupe tel quel.
La prod �tait aussi sexiste
que le milieu qu'on filmait.
Ta gueule, morue !
Les acteurs ont bien int�gr� leur r�le
de motards dans un gang.
Les femmes ob�issaient et les mecs avaient l'air de s'amuser.
Je ne peux pas dire que j'ai aim� ce r�le.
On a tourn� une sc�ne incroyable...
pendant 25 heures, o� on fumait de l'herbe.
C'�tait un film radical !
Il y a plusieurs sc�nes avec les Hells Angels.
Sur le balcon de l'h�tel,
j'ai hurl� :
"Tous les Hells Angels sont des tapettes !"
L�, je me suis dit qu'on �tait mort.
Seul un fou n'aurait pas eu peur.
Une bande de motards bien brutes.
Rien ne les arr�terait.
On avait une sc�ne de bagarre.
C'�tait une fausse rixe qui a tourn� en vraie bagarre.
La r�mun�ration des Hells Angels, malheureusement,
�tait en bi�res.
Ils sont devenus fous ce soir-l� et ils se sont battus.
Un mec avec 2 nanas s'est pris la t�te avec un des motards.
T'as un probl�me ?
Il a dit un truc con.
Ils l'ont scalp�. J'avais jamais vu autant de sang.
Il y en avait du sol au plafond.
Les mecs, vous �tes pas forts en relations publiques.
Sandy esp�rait un peu que quelque chose de dangereux arrive,
pour pouvoir le mettre dans le film.
Il s'est totalement impliqu�
pour saisir les rebelles.
Le r�alisateur de "Stone" est Sandy Harbutt.
Il joue dans le film.
Il a co�crit le sc�nario, et de ce fait,
"Stone" est vraiment un film d'auteur.
C'est un vrai et authentique visionnaire
qui a du m�tier
et qui nous fait une forte impression.
Apr�s tous les trucs cools qui arrivent dans "Stone",
il y a sans doute la fin la plus authentique
et la plus r�aliste de tous les films de motards
de l'histoire du cin�ma.
Ils le frappent � mort � coup de pieds,
mais il conna�t le code des motards.
Pas de flics.
Apr�s �a, il file droit.
Il sait qu'il l'a cherch�.
Il cherchait leur respect, il l'a eu.
Il devient l'un des leurs en acceptant la punition.
Les critiques et les motards ont lou� le film
comme un t�moignage honn�te sur leur vie.
En route.
Roulement, vitesse, bip, clap, 6�me prise,
bang, clic, chiffon, action.
On l'appelait Mad Dog Morgan.
Le roi des hors-la-loi.
On voulait trouver une personnalit� qui rappelle
le cin�ma am�ricain et les westerns.
Dennis Hopper est Mad Dog Morgan.
On �tait excit�
d'avoir Easy Rider pour jouer Mad Dog.
On avait un vrai hors-la-loi. Sans savoir...
que �a allait compliquer le tournage.
Reviens ici ! Je t'ai dit de revenir...
ou je te frappe avec �a.
Mad Dog Morgan �tait un psychopathe,
et Dennis y a mis toute son intensit�.
C'�tait facile.
Facile, je ne sais pas, mais c'�tait �vident.
Un fils de pute arrogant avec un accent irlandais.
Ici, Easy Rider.
Dennis s'investissait � fond.
Je cherche l'opium.
�a l'arrangeait que Mad Dog boive du rhum.
Il s'�tait renseign� avant d'arriver.
J'ai bien aim� ce c�t�-l�.
Il a �t� arr�t� la nuit de son arriv�e � Sydney.
Pour bagarre dans un pub.
Il sniffait de la coke, il buvait
d�s le r�veil, c'est-�-dire tr�s t�t.
Il s'�croulait pendant les sc�nes.
Il avait 39 ans � l'�poque.
Je ne pensais pas qu'il arriverait � 40 ans.
David avait disparu.
On l'a ramen� 4 jours apr�s.
Je lui ai dit qu'il ne pouvait pas quitter le plateau.
C'�tait un gros probl�me.
Il disait : "Je devais consulter les oiseaux
"et les arbres sur Dennis."
J'ai demand� : "Ils ont dit quoi ?"
David a dit que pour les oiseaux et les arbres, Dennis �tait fou.
Je lui ai dit que j'aurais pu le lui dire.
Quand j'ai eu ce rhum 151,
ce fut la descente aux enfers.
Je vous emm�nerai dans la nature... en Australie.
O� les mecs ont 17 femmes.
On ne r�p�tait pas, il fallait �tre pr�t.
Il �tait hors champ.
C'�tait du genre, suis-moi ou t'es fichu.
Je dis � Dennis : "O� sont tes bottes ?"
"On s'en fout, je suis Mad Dog Morgan."
Je lui dis que je le sais,
mais hier, Mad Dog avait ses bottes.
C'est la m�me sc�ne, c'est pas des bottes magiques.
Il est renvoy� ! Hors du plateau !
On y va, silence.
Dans une sc�ne, Mad Dog Morgan meurt.
Un acteur devait poser sa t�te sur sa poitrine
et il devait dire : "Il est mort".
Il est mort.
Dennis �tait bien vivant, il murmurait, alors j'ai dit :
"Qu'y a-t-il ? Il est pas mort."
Il a dit : "J'avais besoin du fric. J'ai rien dit...
"mais je suis sourd et je vois presque pas.
"Prenez un grand b�ton...
"et quand je dois parler, piquez-moi."
Je trouve l'id�e super.
Dennis meurt, je pique le gars, il est mort. Parfait.
Dennis s'est relev� et m'a dit :
"J'ai boss� avec des enfoir�s.
"J'ai boss� avec des r�alisateurs vraiment cons.
"Mais jamais avec un enfoir�
"qui pique ses acteurs avec un b�ton.
"Qu'est-ce qui te prend ?
"On n'est pas des b�tes."
Je me suis enfil�
une bouteille de rhum 151,
et j'ai d�cid� d'aller d�truire le cimeti�re.
Dennis s'est jet� derri�re le volant
en disant qu'il avait �t� pilote de courses.
La police l'a arr�t�, habill� en Mad Dog...
Ils m'ont dit : "Vous �tes mort."
Vous avez un tel...
Votre taux d'alcool dans le sang... Vous �tes mort.
Bonne nouvelle.
Non seulement, vous ne pourrez plus conduire dans l'�tat de Victoria...
J'ai jamais �t� passager avant.
Vous �tes conduit � l'a�roport.
Comment on a fini le film ? Aucune id�e.
On a d�pass� le budget et le planning,
mais il y a une certaine magie.
La bourse ou la vie ? et dans cet ordre.
Quand les officiels
ont vu Max Fairchild violer Dennis Hopper
et la Chinoise se faire massacrer,
ils ont failli mourir.
Ils ont trouv� �a d�sastreux.
Pour eux, �a n'allait pas marcher.
"Mad Dog" fut le seul film � se vendre � Cannes.
Il est sorti dans 40 salles aux USA.
Le 1er film australien avec une telle sortie.
Au grand air, � cheval,
� tirer sur la police.
Voil� la v�rit� sur
Mad Dog Morgan.
Pour moi,
l'action �tait la valeur universelle
dans les march�s de films.
Et l'action transcendait toutes les barri�res linguistiques.
Un bon coup de poing fonctionne aussi bien
� Hong Kong
qu'en Australie,
qu'en Islande,
qu'en Argentine,
partout.
Les films de Bruce Lee et de kung-fu �taient populaires.
Brian s'est dit :
"Pourquoi pas ici, sur Ayers Rock ?"
Ce film est d'enfer.
C'est un tr�s bon film qui tient encore la route.
Voici l'inspecteur Fang Sen Lan, de Hong Kong.
Un Dirty Harry chinois arrive en Australie
et casse tout au nom de la justice.
Tu te fiches de ce qu'il a dit et des preuves.
Non, faut juste...
La superstar asiatique, Jimmy Wang Yu,
arrive � Sydney pour tourner "The Man From Hong Kong".
Jimmy Wang Yu est le Steve McQueen chinois.
Jimmy �tait affreux.
Un sale type.
Un des pires mecs avec qui j'ai boss� dans ma vie.
Me fais pas chier !
Il n'avait aucun respect pour personne.
Les femmes blanches �taient...
des ordures.
Et les actrices blanches encore plus.
Rebecca, charmante et magnifique,
n'�tait donc qu'une tra�n�e.
Mais il avait une sc�ne d'amour avec elle.
Es-tu assez r�tabli pour me faire l'amour ?
Je ferai avec.
Il a insist� pour attraper des mouches
et les manger avant de l'embrasser.
Quoi ?
Il a quoi ?
Je l'ai pas excit�.
Brian le doublait dans les sc�nes d'amour
pour qu'il puisse s'allonger sur Rebecca.
Il disait : "John, viens voir. C'est le bon angle.
"C'est parfait." Et il s'allonge sur elle.
Et elle fait...
T'attendais quoi, de l'acupuncture ?
Wang Yu �tait une star en Asie et il avait aussi r�alis� 8 films.
Moi, j'�tais jeune et je r�alisais mon 1er film
avec un budget 4 fois plus grand que ceux de Wang Yu.
Jimmy Wang Yu voulait tout diriger.
Il voulait r�aliser le film.
Brian s'en sortait tr�s bien.
Il a bien boss� car c'�tait assez �prouvant.
Il r�alisait, jouait dedans et prenait m�me des coups.
� chaque fois que je regarde le film,
je le vois frapper Brian...
Il fait pas semblant.
Il m'a maltrait�.
Un ma�tre kung-fu a mis son art au service du mal.
J'ai dit � Brian : "Tu veux
que je mette une racl�e � Jimmy ?"
J'�tais pr�t � faire �a pour Brian.
Brian a dit : "Non.
"Je gagnerai le combat au box office".
C'est ce qui est arriv�.
George Lazenby est Jack Wilton.
L'impitoyable tsar du mal.
J'avais besoin d'argent.
J'avais du mal � obtenir un job dans le cin�ma.
� cause du r�le de James Bond,
je ne signais pas leur contrat.
J'�tais black-list�.
Il avait eu son moment de gloire et je pense
qu'il avait accept� que le succ�s ne soit plus l�.
Le film co�tait le prix d'une limousine dans un James Bond.
Arr�tez ce fou !
On ne savait pas vraiment ce qu'on faisait.
On s'est jet� � l'eau et on a essay� de filmer au mieux.
Des choses �taient bien, d'autres non.
Mais c'�tait dangereux.
J'ai souvent cru que j'allais mourir.
Moi ou les autres, ou bless�s.
La sc�ne d'Ayers Rock o� la voiture explose...
La porte s'envole...
Elle est pass�e pr�s.
Des trucs dangereux, on en faisait tous en priant.
Les cascadeurs fracassent les voitures et vous �tes dedans.
Des courses de vitesse sur l'autoroute...
Sans agent, sans autorisation, sans rien.
On filmait.
La voiture d�rapait et j'�tais sur le si�ge passager.
On avait notre ceinture ou pas.
Personne ne s'en souciait.
Les gars se faisaient percuter et se relevaient.
�a va ? Bois une bi�re, �a ira.
Reste l� mais retire-toi juste avant.
C'�tait fou, quand on y pense.
Avant, tu descendais de la moto et on te cognait.
Il a dit : "Fonce-moi dessus, je te fais tomber."
Il l'a fait.
On m'a enflamm� sept fois,
dont une fois pour montrer � George
qu'on pouvait le faire en toute s�curit�.
Tous me poussaient � le faire, �a allait �tre super.
On m'a allum�. Les Chinois se demandaient...
ce que j'allais faire apr�s �a.
Le r�alisateur s'�tant enflamm�, je devais le faire.
Quand on sait que c'est vrai,
�a fait frissonner.
�a ne se cr�e pas. Pas d'effets sp�ciaux.
Ils l'ont vraiment fait.
George fait tous ses mouvements,
mais il n'arrive pas � retirer sa veste.
George se dit qu'il est en train de br�ler.
Mon bras �tait plein de graisse
et le feu est mont� jusque l�.
Je n'avais vu personne essayer de fuir son bras
aussi vite.
Grant l'a plaqu� au sol
et on a jet� une couverture.
Forc�ment, il �tait furieux.
Il a frapp� Brian Trenchard-Smith.
Pas du tout.
Il s'est relev� et l'a frapp�.
Trenchard a r�pliqu� et lui a presque p�t� la m�choire.
Je ne m'en souviens pas.
Si c'est vrai, je m'excuse.
Il est impossible d'allumer un briquet
sur un plateau de nos jours sans un max de s�curit�.
On �tait � fond, � l'�poque.
Voici le cascadeur professionnel, Grant Page.
On appelait Grant pour les cascades en voiture,
d�valer en feu une falaise,
plonger et attaquer un requin.
Grant Page �tait le genre de mec qu'on respecte.
Le plus intr�pide des hommes.
Il �tait barge, totalement cingl�.
Aux USA, on appelle �a �tre fou.
Il peut faire abstraction de la douleur le temps qu'il faut.
�a fera mal apr�s.
Mon cuir chevelu pendouillait.
J'ai eu 120 points de suture sur la t�te.
Il vit toujours.
C'est un vrai miracle.
Je voulais que Mad Dog sorte de l'eau en flammes.
Il fallait enflammer Grant puis le faire plonger dans l'eau.
Malheureusement,
ils n'arrivaient pas � enflammer l'essence sur l'eau.
Me voil� debout sur le rebord,
le gel s�che...
Et quand on l'embrase, il br�le rapidement.
J'avais peu d'espace pour �viter d'enflammer Dennis.
Grant s'est tromp� de sens, on a eu du mal � l'arr�ter.
Il criait. On l'a emmen� � l'h�pital, il �tait gravement br�l�.
C'�tait pas assez douloureux pour y rester.
D�sol� pour tout, mais le temps est tr�s sec.
Une cascade dangereuse.
On a pr�par� la cascade. Le plus dur �tait la chute.
80 m�tres de haut.
Plein de rochers dans l'eau.
En sortant, il saignait des oreilles et du nez.
Il a pris un sacr� coup.
En 21 ans, je n'avais jamais vu �a.
J'ai boss� avec des fous, Hattaway, Stevens...
Tous les dingues !
Pour moi, Grant �tait indestructible.
Brian m'a fait d�buter dans le cin�ma.
Il avait entendu parler de mes exploits.
Il voulait les filmer.
Ce type devait �tre devant la cam�ra.
Je vous offre du grand frisson.
Un test de votre habilet�,
de votre ing�niosit�, et de votre sang froid.
Je vous promets du danger et beaucoup de tapages.
C'est tout ce que j'ai.
L'acheteur hollandais de "Death Cheaters"
voulait que je les pr�vienne
si j'avais une autre id�e de film.
J'ai dit que j'avais une id�e qui s'appelait "Stunt Rock".
Un cascadeur australien rencontre un groupe de rock US !
Des cascades et du rock, les m�mes allaient tout casser.
Parfait, non ?
Fallait trouver
un groupe avant le lundi sinon pas de film.
J'ai trouv� le genre de groupe qu'on trouve en express.
La nouvelle d�couverte rock, Sorcery.
Brian avait trouv�
un groupe de magiciens qui jouaient �galement.
Mais ils �taient meilleurs en magie qu'en musique.
Cette formation musicale rencontre le cascadeur Grant Page
dans une explosion de feu, de fum�e et de sons � l'�cran.
Le film n'avait pas de structure en 3 actes
ni une histoire profonde
dans laquelle le personnage
voit sa vision du monde changer.
Mais est-ce que �a int�resse les m�mes ?
Ils pr�f�rent quand �a p�te !
Humour et action, comme souvent dans mes films.
En place pour le d�lit de fuite, s'il vous pla�t.
De Grant Page et Brian Trenchard-Smith...
est n� "Mad Max".
Page s'est cass� la jambe et celle de l'actrice
en allant en moto sur le plateau le premier jour.
Quand Gibson l'a rencontr� le 1er jour, il �tait pl�tr�.
"C'est lui, votre cascadeur ?"
Quand la voiture traverse la caravane...
il conduit la jambe pl�tr�e.
Il percute le van qui se met � tourner sur lui-m�me.
On �tait stup�fait du nombre de tours.
"Mad Max" �tait un film de s�rie B
avec de l'ambition.
On savait qu'on devait satisfaire les attentes
de la majorit� du public,
autant que si c'�tait nous assis l�
et qu'on avait pay� 5 $ pour voir le film.
En Australie, la route tue plus que les meurtriers.
Je travaillais dans un grand h�pital,
j'�tais aux premi�res loges.
�a me perturbait.
�a m'int�ressait un personnage comme Max
qui vit dans un monde tr�s violent
et qui essaye de combattre sa nature violente.
Un monde sans loi.
Un monde sans ordre.
Un homme sans peur arrive.
Quand on imagine ce docteur
avec son argent,
installer des barrages et filmer ces sc�nes.
Pour nous,
c'�tait stimulant de savoir qu'ils faisaient �a.
Les cascades se faisaient le week-end.
Avec Eggby � l'arri�re d'une moto.
Il y a une sc�ne o� Goose quitte la bo�te...
On voit cette moto...
David est assis dessus en short et t-shirt,
en train de filmer le compteur.
Il est mont� � 180 km/h.
C'est devenu un tournage de barges.
Il n'y avait aucune loi
qui autorisait de bloquer la route, de rouler � toute vitesse,
et de percuter une autre voiture.
Je suis une machine suicide � injection.
La caisse de Night Rider percute un bidon d'essence.
C'�tait une vraie roquette dans le coffre de la voiture.
Je savais qu'on risquait souvent notre vie.
Et que les motards �taient dans une situation tr�s dangereuse.
La moto a d�rap� sur le c�t�...
�a l'a frapp� � la t�te.
Il a eu une grosse migraine.
On n'a tu� personne mais on a fait des d�g�ts.
Un vrai chaos.
Beaucoup de jambes et de clavicules cass�es.
Pour David, c'�tait incontr�lable.
On ignorait si on avait un film.
George et lui
se disputaient sur la fa�on de filmer.
Ils se sont battus.
Deux sensibilit�s diff�rentes.
Je filmais comme personne ne l'avait fait en Australie,
d'o� les d�saccords.
George �tait le visionnaire, mais n'avait aucune exp�rience.
J'entendais les murmures.
"On n'a que 9 installations, aujourd'hui.
"Avec tel ou tel r�alisateur, on en aurait 43."
Il d�testait le c�t� de la production.
C'�tait la guerre.
J'ignorais d'o� venaient les balles et o� �taient les mines.
J'ignore comment un film, qui � la fin a eu du succ�s,
a pu sortir de tout �a.
L'accueil a �t� bon et pour les gens, c'�tait nouveau.
L'impact sur le public
�tait extraordinaire.
�a les touchait vraiment.
On le leur a impos�.
On ne peut faire �a qu'� 100 km/h,
l'objectif � 10 cm du sol,
avec un grand angle et une voiture qui d�rape.
C'�tait �a qui diff�renciait "Mad Max" des autres films.
La violence montr�e
et la violence puissamment implicite m'ont vraiment d�moralis�.
Alors que j'ai vu beaucoup de films sur les camps de la mort.
En Inde, une critique disait
que ceux qui avaient fait ce film devraient �tre pendus.
Je l'ai vu apr�s avoir lu cette critique.
Ce film d�chire un max.
"Mad Max" est un super film,
mais ce n'est pas si original.
Un type est � bout. Sa famille se fait tuer.
"Mad Max" n'est qu'un film sur la vengeance.
� la fin,
c'est un anti-h�ro.
Il roule et il rencontre Johnny qui vient de tuer quelqu'un.
Il lui menotte la cheville � la voiture et lui donne une scie.
La cha�ne des menottes est en acier tremp�.
Tu mettras 10 mn pour la scier.
Maintenant, si t'es veinard,
tu peux scier ta cheville en 5 mn.
C'est le point fort du 1er "Saw",
ces gars qui doivent scier la cha�ne.
Il ne veut pas qu'on scie nos cha�nes,
mais nos pieds.
�a nous a directement influenc�s.
"Mad Max" a lanc� le sous-genre
des films d'action italiens post-apocalyptiques.
Il a �t� copi� partout dans le monde, mais pas ici.
On a esp�r� qu'avec le succ�s de "Mad Max",
qu'il y aurait ici 150 films du genre, mais c'est pas arriv�.
C'�tait difficile � imiter,
mais le cin�ma australien �tait inconsciemment sur une autre voie.
Celui des films d'�poque.
D'une fa�on, "Chain Reaction" a suivi.
Ce qui n'aurait jamais d� arriver...
a commenc�.
Les morts ont de la chance.
George Miller a dirig� la 2�me �quipe.
Un peu de taule froiss�e.
George n'avait boss� que sur du goudron.
Sur la terre, les roues ne crissent pas.
C'�tait une d�bauche de poursuites.
Le moteur menait l'histoire,
mais sa trame
avait aussi de la profondeur.
La r�action en cha�ne d'une contamination.
Une fuite nucl�aire.
Le personnage de Larry Stillson
essaie de passer du bon temps avec sa femme en robe l�opard.
Je n'ai rien contre cette id�e.
Le nucl�aire �tait un sujet d'actualit� � l'�poque.
Le spectaculaire a gagn�
et le message est rest� sur le si�ge arri�re.
De l'amour, du sexe, des poursuites.
Il y en a pour tout le monde.
Personne ne filme les voitures comme les Australiens.
Leur fa�on de filmer avec cet objectif est jouissive.
Matez la bande-annonce de "Midnite Spares".
Les voitures sont mieux que dans "Fast and Furious".
Il y a plus d'action et d'accidents dans cette bande-annonce...
que dans les deux "Fast and Furious" r�unis.
Il y avait une sc�ne sur un circuit dans "Midnight Spares".
Il y a eu un accident.
Un pilote de courses a heurt�
un cam�raman qui avait quitt� sa zone de s�curit�.
Il a �t� tu�.
On faisait moins attention � la s�curit� que maintenant.
Il y avait moins de contr�les
mais les accidents arrivaient.
On a v�cu un incident p�nible sur "Yankee Zephyr".
Un jet boat devait �tre pilot�
par Ken Wahl et Donald Pleasance.
Ils devaient descendre des rapides qu'on nous avait assur�es calmes.
Le pilote a saut� dans le jet pour l'essayer
et le jet s'est fracass� dans les rapides.
Le pilote du jet a �t� tu�
ainsi que deux autres personnes.
Il n'y a pas eu d'autres accidents.
R�aliser des films d'action haut de gamme
demande une comp�tence sp�ciale.
Tu crois que �a m'impressionne ? Pas du tout.
David Hemmings n'en avait probablement pas.
Il buvait
et cela diminuait sa r�sistance
et sa concentration.
Quiconque regarde "Yankee Zephyr" admettra
que Trenchard-Smith en aurait fait autre chose.
Il a tous les �l�ments d'un bon film d'action.
Yankee Zephyr.
Mais �a n'a pas pris.
Le film aurait pu �tre mieux ? Oui. Il a rapport� ? Oui.
30 jours, projet suivant.
L'industrie �tait avide de passer � l'�tape suivante
avec la r�duction d'imp�ts appel�e 10 BA.
On vous offrait 150% de d�duction sur le budget du film.
Une multitude de films de genre ont vu le jour
parce que les financiers ne s'int�ressaient pas au r�sultat.
Ils s'int�ressaient au contrat, � leurs �quipes
et � faire un max d'argent.
On a fait des films impensables.
1995.
La chasse est le sport national.
Les gens sont les proies.
"Turkey Shoot" est un autre film de Ginnane
qui semble toujours d�clencher la controverse.
Quelque chose s'�tait �croul�.
On avait des probl�mes d'argent.
Il manquait la moiti� du budget.
On n'a pas perdu la moiti� de l'argent, Brian exag�re.
On payait les cascadeurs. Ils faisaient comme bon leur semblait
parce que le budget �tait devenu mis�rable.
Les producteurs jouaient aux courses.
Ils pariaient chaque jour pour gagner.
Ils ont pass� du temps aux courses.
Le film n'a pas co�t� 2,5 millions de $.
Ils ont claqu� 25, 30 ou 17... les versions diff�rent.
Combien de pages du sc�nario ont-ils retir�es ?
Si on n'a pas de d�but...
on n'a rien...
On est fichu.
Je respecte Steve,
mais il n'�tait pas alors en �tat de se rappeler les pages.
N'allez pas aux courses
et ne rejetez pas la faute sur la coupe de 700 000 $
car �a n'a rien � voir.
N'allez pas aux courses. �a avait un rapport avec �a.
Si on abandonne maintenant, tous nos espoirs meurent.
Il faut continuer.
� tort ou � raison, j'ai voulu faire un film tr�s sanglant.
Les cascades coutent cher, pas le sang.
Les prisonniers r�citaient un mantra qui disait
qu'ils �taient la lie de la soci�t�.
Je suis une d�viante, la pire des esp�ces sur Terre.
Roger Ward joue le garde
qui fait mine de la frapper.
Je lui avais dit : "J'ai l'air d'un salaud,
"mais ce n'est que du jeu."
Je l'ai cogn�e...
Je l'ai battue...
On dirait qu'il la frappe vraiment � mort.
J'aimais ce film, mais apr�s cette sc�ne,
je l'ai ador�.
Je l'enterre, Mr Ritter ?
Elle est pas morte.
Je peux le faire quand m�me.
Tout ce qui donnait un c�t� gore �tait bon.
Trenchard-Smith �tait dou�.
Pour le sang qui gicle,
comme pour trouver des moyens d'arracher des orteils...
Le petit orteil.
et des gens qui les mangent.
Ce film est devenu d�bile.
Je l'ai d�test�.
Elle retourne la fl�che pour la lui planter dans la gorge,
et sa t�te �clate � ce moment-l�.
�a a fait des �tincelles.
Ce qui marche, c'est quand j'explose une t�te.
C'�tait efficace.
� peu pr�s.
Hemmings dirigeait la 2�me �quipe.
Je me souviens de la sc�ne
o� un des acteurs se fait trancher la main.
Olivia tenait la machette et David a dit : "Coupez !"
Il voulait dire d'arr�ter de filmer.
Elle a compris : "Coupe-la" et elle l'a fait.
Non, ne la coupe pas !
Elle a rat� la main de peu.
Je tiens � dire que personne...
ne devrait jamais...
jamais...
�tre bless�...
sur un tournage.
On tirait de vraies balles
sur les acteurs pour toucher les rochers.
Un cascadeur, Glen Boswell, traversait la rivi�re.
� la fin de la sc�ne,
il s'est relev� et il a vu qu'il saignait.
Apr�s examen, on a trouv� une balle.
Je pense qu'ils tiraient � blanc.
Je n'aurais jamais autoris� de vraies balles.
Le bon c�t� de "Turkey Shoot",
c'est que �a nous a permis de bien rigoler
aux d�pends des �lites du cin�ma.
Philip Adams, apr�s avoir d�moli "Mad Max",
s'en est pris � moi.
"Turkey Shoot" est l'un des films que j'aime le moins.
La vue de Lynda Stoner en train de se faire poignarder les seins
par une lesbienne carnivore, c'�tait trop pour moi.
�a l'�tait vraiment.
Il s'est pr�cipit� hors de la salle.
Il devait croire qu'on lui volait un sarcophage.
C'�tait un film bien pire qu'on pouvait l'imaginer.
Il a des d�fauts professionnels
mais aussi d'ordre moral.
Essai.
"Turkey Shoot" �tait vraiment bizarre.
C'�tait Brian qui faisait des films.
Il se donnait � fond.
Certains, comme "BMX Bandits",
manquent de profondeur et de sens.
Mais c'est du bon divertissement.
Les BMX Bandits sont l�ch�s dans les rues.
Une course folle vers l'aventure.
Les BMX descendaient les escaliers et �a lui plaisait.
Ils montaient sur les murs.
Il pouvait avoir des poursuites,
tout ce qu'il aimait faire �tait dans ce film.
Et �a a march�.
Les critiques les plus cyniques ont �t� conquis.
Et encore plus quand ils ont vu Nicole Kidman.
Tu sais ce qu'on dit : Deux �a va, trois bonjour les ragots.
Les gens ont de nouveau cru en moi.
�a me rappelle un film que j'ai vu au drive-in,
"Kiss the Blood off my Carburator"
- Un road-movie d'horreur. - Comme tous, non ?
Dans "Fair Game",
il y a des monstres m�caniques terrifiants
conduits par des sales types.
D�gage de la route, salope.
Ce sont des tueurs de kangourous, donc des m�chants.
Ils emmerdent les filles.
Salauds.
Ils d�truisaient la maison.
Un camion fon�ait droit dans un mur
et je courais d'un mur � l'autre.
C'�tait flippant, mais j'ai d�tal� comme un lapin.
C'est la voiture qui prime...
contrairement aux films US o� c'est le couteau.
La voiture est-elle flippante ?
Les personnages masculins �taient un peu mauvais.
Je t'ai eue !
Ils empirent.
Alors, je les tue.
C'est "Straw Dogs" au f�minin.
Apr�s avoir regard� "Straw Dogs",
pourquoi Peckinpah l'a-t-il fait en Angleterre ?
C'est une histoire australienne.
Quand vous aimez les films choquants,
vous ne vivez plus que dans l'attente
de ces moments �tranges
qui arrivent parfois
dans les films de genre.
Quand vous n'en revenez pas de voir ce que vous voyez � l'�cran.
Il y a un de ces moments dans "Fair Game".
Apr�s avoir bais� la fille, ils la d�shabillent.
Ils l'attachent ensuite � l'avant de leur �norme camion.
Puis, ils d�cident de foncer sur la route � plus de 160 km/h
avec la fille nue attach�e devant. Une vraie d�co humaine.
Qui a bien pu penser � �a ?
Qui en a eu l'id�e et qui les a laiss�s faire ?
Qu'est-ce qui leur est pass� par la t�te
en filmant cette sc�ne ?
On regarde les films d'exploitation pour ces moments.
�a arrive vraiment ?
Je vois vraiment �a ou j'ai une remont�e d'acide ?
C'est un classique du cin�ma de genre.
Il para�t que la moiti� des films
financ�s par la 10 BA
ne sont jamais sortis parce que trop mauvais.
L'arc a �t� lanc�,
la pierre a �t� enjoliv�e,
maintenant, la grande aventure est de retour.
"Sky Pirates" sera l'aventure de votre vie.
"Indiana Jones et le Temple de merde".
Ils ont � coup s�r jet� un sort...
� la notion de films de genre en Australie.
Ce dont a besoin le monde
C'est d'un h�ros
Ce dont a besoin le monde
C'est d'un homme glorieux
Qui volera encore et encore
Pour sauver la mise
Ce dont a besoin le monde
C'est d'un h�ros pour nous sauver...
Est-ce que tout �a s'accordait ?
Avec le recul, je me demande comment.
Mais parmi toutes ces merdes,
on faisait encore des films fantastiques,
dont certains �taient tr�s originaux.
Une surprenante vision va vous mener
vers l'apocalypse et au-del�.
"Dead End Drive-in" est
mon film pr�f�r� de Trenchard-Smith.
Vous pouvez le montrer � n'importe qui et il le reconna�tra
et l'acceptera comme une �uvre exceptionnelle.
Je pouvais �tre excentrique.
Merde, on br�le.
Mais �galement classe.
C'est dur d'�tre les deux au pays du petit budget.
� la fin du film, il n'y a pas d'issue.
Dead End Drive-in.
L'histoire et l'id�e sont tr�s bizarres.
L'�tat g�re une vague de crimes
en arr�tant les pr�tendus criminels et en les enfermant...
... dans un drive-in transform� en camp.
Ils vivent dans leurs voitures,
et des films d'exploitation sont projet�s en boucle.
C'est g�nial.
- Arr�te avec ce film. - Je veux voir la fin.
Le film pr�sente un autre grand cascadeur, Guy Norris.
Il voulait �tablir le record du monde de saut en camion.
Le camion a atteint 50 m�tres.
La situation �tait grave. Quand "Dead End Drive-in" est sorti,
le cin�ma d'exploitation �tait sur sa fin.
Remplac� par la vid�o.
Je voulais que ce soit le dernier film vu dans un drive-in,
et les drive-in disparaissaient vite.
Les gens regardaient ces films chez eux.
C'�tait triste de voir leur d�clin,
ils �taient de plus en plus mauvais.
"Blood Moon" avait une "pause frayeur" au milieu.
C'�tait pour ceux qui avaient trop peur de voir la fin.
Relevez le d�fit "Blood Moon".
Tiendrez-vous le choc ?
Ils pouvaient r�cup�rer leur argent.
Je l'ai r�cup�r� illico. Rendez-moi mon argent.
Pour les agences de financement,
c'�tait difficile de demander
l'argent des contribuables pour des films de genre
car ils �taient consid�r�s comme des films import�s.
Puisque les films de genre ne marchaient pas,
il ne fallait pas perdre son temps avec eux.
On devrait juste faire des choses artistiquement valables,
comme on aurait d� toujours le faire.
Des films r�fl�chis avec un contenu culturel et social.
Le film de genre est mort pour un temps.
On ne s'aper�oit peut-�tre que maintenant
que le film d'exploitation australien
re�oit une certaine reconnaissance et est red�couvert.
Une nouvelle g�n�ration
veut revenir au film de genre
et le renouveler.
Toute cette activit�
est enti�rement due � "Wolf Creek".
Que faites-vous,
maintenant ?
Je pourrais vous le dire, mais je devrais vous tuer.
Le film avait �t� refus� pour de mauvaises raisons.
Ils ne voulaient pas prendre de risque.
L'horreur doit �tre extr�me, sinon...
elle est noy�e dans les autres films d'horreur.
C'est pas un couteau.
�a, c'est un couteau.
De voir ce film se faire, �a me rappelle...
l'�nergie des ann�es 70.
On dirait qu'une nouvelle vague est en train d'arriver.
Avec des films comme "Wolf Creek", "Undead" et d'autres,
j'esp�re que �a va relancer le film de genre.
Ces films reviennent.
Dans "Storm Warning", on a repouss� les limites.
On a essay� de faire comme avant.
C'est le signe d'une grande maturit�.
C'est une bonne chose pour le cin�ma
d'�tre revenu � son point de d�part.
Le niveau d'�nergie et l'audace de ces films
sont une bonne r�f�rence pour les r�alisateurs.
Moi et d'autres r�alisateurs le voient comme �a.
Ils font partie de notre h�ritage.
Je crois pouvoir dire sans craindre qu'on me contredise
que parmi les nombreux champs de l'activit� artistique,
celui dans lequel les Australiens excellent,
c'est l'art du cin�ma.
� l'avant premi�re de "Kill Bill" � Sydney,
une bonne partie du cin�ma australien
�tait dans le public.
Je savais qu'ils �taient snobs,
et je ne vis que pour faire chier les snobs.
Je l'ai d�di� � Trenchard-Smith.
Si vous ne l'aimez pas, vous d�testerez mon film.
Alors, d�gagez. Vous �tes pr�venus.
Si vous lisez le cin�ma australien,
genre litt�rature et analyse,
je suis une note en bas de page.
Les autorit�s reconna�tront
� contrec�ur
que je suis un artiste presque d�cent,
mais pas d'avantage pour le moment.
Il n'y a aucun doute,
Richard Franklin et John Lamond
ont �t� sous-estim�s.
De fa�on int�ressante,
la seule fois o� j'ai rencontr�
des gens comme eux,
c'�tait quand j'ai rencontr�
Scorsese et Spielberg.
J'ai gard�
une coupure de presse de John
devant un sex-shop � Melbourne.
J'y tiens. C'est tout lui.
C'�tait bien, je le referais.
Je le referai si quelqu'un met l'argent.
Je ferai un gros film � petit budget
et je serai content.
J'aimais bosser pour Brian.
Tout ce qu'il faisait �tait ambitieux
et tr�s excitant.
C'�tait son fort.
Savoir si les professionnels
trouvaient ces films
dignes du nouveau cin�ma australien
n'est pas important. Ils l'�taient tous.
C'�tait l'aventure.
Comme le Grand Ouest.
C'�tait excitant d'en faire partie.
�a vous a nourri pendant un moment
dans un monde plus grand et plus brillant.
J'aimerais finalement �tre vu
comme une sorte de solitaire galopant
au bord de la prairie.
Un peu comme John Wayne
quand il sort � la fin de "The Searchers"...
En sachant qu'on ne va pas
vous inviter � rester pr�s du feu.
Mais �a me va.
Laissez-moi.
Rentrez, prenez votre argent,
sortez de ma vie. Je vous d�teste.
Le drive-in Toorak le vendredi soir
�tait le test d�cisif.
Peu importait si les critiques
avaient aim� le jeudi.
Si en passant en haut de la colline,
on voyait du monde,
c'�tait bon, on referait un film.
Je le faisais
pour pouvoir faire un autre film.
Le cin�ma est un milieu �trange.
Des chefs-d'�uvre
pourrissent dans des tiroirs,
des navets gagnent aux Oscars.
C'est la vie.
C'est une expression australienne.
Avant de partir, rangez le haut-parleur,
puis avancez tout droit et tournez � gauche.
En esp�rant que vous avez pass� une bonne soir�e.
� la m�moire de notre ami, Richard Franklin
Sous-titrage : C.M.C.
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