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À votre place, je ne ferais pas ça.
Merci du conseil, mais si elle saute ?
Vous inquiétez pas.
Elle ne fera rien. Elle restera là.
Ensuite, elle fera les cent pas,
puis elle s'accoudera et regardera la mer...
Il faut un permis, pour venir là.
Mon vieux, si elle le voulait,
elle serait reçue à la Maison Blanche !
Ne vous y frottez pas, cette dame n'est pas n'importe qui.
Parlant de permis, où est le vôtre ?
Vous êtes nouveau, ici ?
Ah, vous êtes commandant ?
J'ai débarqué en canot.
Je l'ai amarré au bout de la jetée.
Je vous avais dit que tout irait bien.
Que va-t-elle faire ?
Regardez...
Elle attend le retour d'un bateau
qui gît au fond de l'Atlantique !
- Quel bateau ? - Il s'appelait le "Fortuna".
Le bateau-casino ? Il était amarré ici, à une époque.
- J'étais à la jetée 27... - Oui, oui...
Son proprio s'appelait Joe-le-Grec.
Ça vous dit quelque chose ?
Sûr ! Il suffisait d'ouvrir le journal.
Vous le connaissiez ?
J'étais le commandant du "Fortuna".
Dites, il était vraiment grec ?
On ne savait qu'une chose : c'était un dur !
Mais pas n'importe lequel, un dur de dur !
Trop malin pour être heureux.
Il vous a joué un tour ?
Il se l'est joué à lui-même.
Comment ça ?
Voilà comment...
C'est ici qu'elle l'a vu pour la dernière fois.
Quand était-ce ?
Du temps où le "Fortuna" mouillait ici.
Nous ne bossions plus. Nous étions fauchés, dans la mouise...
Un jour, Joe s'est ramené, la gueule enfarinée
et toujours de la glace dans le cœur.
On s'était fait interdire la Côte Ouest.
On cherchait des fonds pour démarrer la saison à La Havane.
Joe était plutôt dans le pétrin...
Il y avait à bord un petit marin grec, Bascopolous...
Comment va Bascopolous ?
Il est bon pour avaler son acte de naissance.
Qu'a dit le médecin ?
D'après lui, il est cuit.
Il ne lui donnait qu'une heure à vivre, il y a deux heures !
Comment ça s'est passé, en ville ?
On n'est plus dans le plâtre, on peut appareiller.
Tant mieux, tes lascars devenaient nerveux.
Préviens-moi quand le petit aura calanché.
Blubber, répare-moi ça !
Elle ne marche pas ?
Trop bien !
Mais il n'y a pas de clients !
Il y en aura où l'on va. Répare-la.
Salut les gars... Je l'ai !
Ça valait ses 10 000 dollars.
Signé du juge de la Cour supérieure.
Il a fallu sept avocats et mon talent.
Range ça dans le coffre, Zepp.
On ira à La Havane dès que Bascopolous aura cané.
Oublie ça, Joe, ce bateau n'ira nulle part.
- Qui a dit ça ? - L'Oncle Sam.
C'est quoi c'te blague ?
Une blague ? Regarde plutôt...
"J. Bascopolous, G. Zepp, Joe Adams..."
A été déclaré apte à servir dans l'armée.
Ils n'ont pas le droit ! Je suis un civil !
C'est ce que tu crois.
J'y ai droit aussi. "Apte à servir dans l'armée".
Pas le temps de se couper une jambe.
- On arrose qui pour y échapper ? - Pas moyen.
Ma guerre, je l'ai déjà faite.
J'en ai bavé pour m'en sortir. Mais j'ai gagné cette guerre.
Tu vas aider à gagner celle-ci.
C'est pas ma guerre.
T'en fais pas, patron, j'ai tout arrangé.
Un avion peut nous emmener à Mexico dans deux heures.
De là, on pourra rejoindre Rio.
On bossera là-bas jusqu'à la fin de la guerre.
Doucement, Crunk.
Ils sont pleins aux as, là-bas !
Du calme, je te dis.
Vous croyez que je vais renoncer à ce bateau pour ça ?
Vous avez rien reçu ?
Fallait pas garder ton nom. Change chaque mois, comme nous.
Qui dit que c'est mon nom ?
J. Bascopolous...
Il a été déclaré quoi, lui ?
"4-F"... Ça veut dire quoi ?
Qu'ils ne veulent pas de lui. Il est inapte.
Veinard jusqu'à la tombe !
Inapte, hein ?
C'est vrai ?
Allez, du vent !
L'un d'entre nous n'ira pas à l'armée.
Et ce serait toi ?
On est associés, non ?
Ça veut dire qu'on fait 50-50...
Tu veux la moitié de ça ?
Sa réforme contre ma moitié du bateau.
Que ferais-je du bateau à l'armée ?
Non, celui qui gagne aura aussi le bateau.
Alors, qui ?
Tu veux couper ?
Non, aux dés.
Je marche.
- Je vais les chercher. - Attends !
Pourquoi ne pas respecter les formes ?
Les dés posent problème ?
Le type n'est pas encore mort !
Quand il aura rejoint le grand cirque, ce sera différent.
Nerveux, hein ?
Joue-nous ça bien.
Brelan de rois, Joe !
Prends une sèche, Crunk.
Carré de rois, Joe,
en deux coups !
Fais mieux !
Une minute, patron...
À toi !
Brelan d'as...
Tu croyais jouer avec un amateur ?
Je ne comprends pas...
Et l'éléphant, qui vient de passer aux pattes boueuses ?
Je n'ai pas triché, Joe.
Vraiment ?
Alors, souffle pour la chance.
Souffle !
Je ne roulerais pas mon propre associé !
Jamais de la vie ! Un as de plus, et c'est gagné.
Et voilà !
On dirait que l'armée a besoin de gars comme toi.
Tu feras bien attention.
Je mettrai dans mon bureau un beau drapeau à une étoile,
rien que pour toi.
À plus tard, Swede.
Où vas-tu, Joe ?
- Chercher de l'argent en ville. - On n'est pas déplâtrés ?
Si, mais ça nous a mis à sec. Il nous faut 50 000 $ en coffre.
- Comment vas-tu faire ? - Laisse-moi l'après-midi.
Sers la main du nouveau Joe Bascopolous !
Prends cet argent, et paie les funérailles à Joe Adams.
Des fleurs blanches ! C'était un bon gars.
- De quoi parle-t-il ? - Explique-lui.
Je change de cravate et de fonce-et-fume.
Je crois que ça suffira.
Impatient d'être incorporé ?
Ça m'a déjà tant coûté !
Dommage, vous avez 21 de tension, on ne peut pas vous prendre.
Vous êtes inapte. Désolé.
- C'est grave si je me saoule ? - Ce n'est pas bon.
Je vais me saouler, et rester saoul !
C'est bête... un si bon patriote !
Il a eu un choc...
Jette-moi ça.
Tu as trouvé le blé ?
Même pas le premier grain !
- Je ne reconnais plus cette ville ! - Et tous tes contacts ?
Soit ils ont été appelés,
soit ils ont décidé de se ranger
et de payer leurs impôts.
Comment vas-tu faire, Joe ?
J'ai essayé tout le monde.
Notre chance a tourné.
- Fais attention ! - Regarde !
Six d'un coup !
C'est un signe du ciel. Il faut foncer !
Vas-y, je t'attends.
Ça marche que si on s'y met à deux.
Tu veux nous porter la poisse ou quoi ?
C'est un coup gagnant. On ne peut pas rater.
Assieds-toi, patron.
Doucement... Le type s'énerve.
Comment allez-vous ?
Enchanté.
Achetez un ticket pour notre bal de charité.
- Sûr ! - Un ou deux ?
Deux.
C'est 50 $ chaque.
C'est affreusement cher, mais nous avons besoin de 100 000 $.
Vraiment ? Quelle coïncidence !
Pour quoi faire ?
"Le Secours aux victimes de guerre."
Ça m'intéresse.
- Votre adresse ? - Elle est sur le ticket.
Merci. Je passerai.
Je laisserai peut-être un petit quelque chose.
SECOURS AUX VICTIMES DE GUERRE
- Où est le grand patron ? - Elles sont très occupées.
Je veux faire un don.
De quel ordre ?
70... 80 000 $.
Ne bougez pas !
Il y a un monsieur là-bas...
Le Capt. Steadman voudrait vous voir.
Un instant, Mme Ostrander.
Vous avez dit 70 ou 700 $ ?
70 000 $.
Je vous l'avais dit ! Par ici, je vous prie.
Capitaine Steadman, voici M...
Votre nom m'a échappé.
Joe ! Comment allez-vous ?
M. Joseph, bien sûr.
Asseyez-vous. Fermez la porte en sortant.
Homme remarquable, vous ne pouviez mieux tomber.
La vente de nos tickets se révèle si décevante...
Nous devons envoyer un bateau de produits médicaux en Europe.
Tout cela coûte tant ! Il nous faut de l'argent de toute urgence.
Vous envisagiez un don en liquide ?
- Je ne traite qu'en liquide. - Splendide !
- Mais j'aurai besoin d'aide. - Bien entendu.
Je dirige des cercles de jeux. C'est mon métier.
Nous n'enquêtons jamais sur l'origine des fonds.
Pour votre affaire de charité, c'est du sur mesure.
Je veux juste un monopole sur les jeux.
Blackjack, dés, roulette... Vous aurez votre argent en un soir.
- Je ne comprends pas. - C'est simple :
donnez votre bal, je m'installe à côté.
Rameutez les clients,
je m'occupe des croupiers, du matériel.
Vous n'aurez qu'à empocher les gains.
Mais supposez que vous perdiez ?
L'hiver dernier à Palm Beach, j'ai perdu...
C'est ce que je dis ! Vous y avez laissé un paquet ?
Je vais vous montrer.
Vous êtes le client, lancez les dés.
- Vraiment ? - Allez-y.
Double as.
Maintenant, admirez.
Sept !
J'ai de la chance. Je ne peux pas perdre.
Lancez encore.
Vous êtes toujours le client. Prenez le cornet.
Agitez les dés dedans.
Quatre ? C'est un coup difficile... Regardez !
Sept !
Comment faites-vous ?
J'influence ! Faites venir les gens, vous aurez vos 100 000 $.
- Mais il s'agit de hasard ! - Pas comme je le fais.
Combien le bal peut-il vous rapporter ?
Entre 15 et 20 000 $
Mais vous visez les 100 000 !
Faites équipe avec moi, en une nuit vous les aurez.
Mais il ne faudra pas écouter ce pic-vert !
Il se trouve que les jeux sont interdits dans ce pays.
À Reno, il y a plus de cercles que d'épiceries !
Il se trouve qu'on est à New York !
Quel dommage !
Dorothy, voici M. Joseph. Mon lieutenant, Mlle Bryant...
J'ai déjà eu le plaisir.
Il se trouve que nous avons un comité de conseillers financiers...
Et ils n'auraient pas trouvé une si bonne idée ?
Tout le monde ne peut pas le faire. Car c'est...
Dangereux, en effet !
Mlle Bryant a raison.
Si vous nous couchiez tout cela par écrit...
Nous pourrions le soumettre à notre prochain conseil.
Vous êtes trop pressées pour ça.
Nous ne parrainerons rien que nous puissions regretter.
Au revoir, M. Joseph. Et merci.
Ne vous laissez pas prendre par le démon du vice !
Dorothy, n'oubliez pas la banque.
Quelle banque est-ce ?
Elle est au 31 Est, 39e rue.
- Où va-t-on ? - À la banque.
BANQUE DU SANG
Suivant.
Mlle Bryant, c'est votre troisième visite.
Nous vous donnerons un insigne dès que vous aurez fini.
Asseyez-vous là.
Suivant.
C'est à toi, l'ami.
Avancez tous d'un cran.
Ça, c'est une surprise !
Pas particulièrement. Il se trouve que je m'y attendais.
Et ne croyez pas que votre entêtement y changera quelque chose.
Comment pouvez-vous laisser passer l'occasion
de rapporter 80 000 $ à la Cause ?
Quelle Cause ?
Si vous tenez tant à servir la Cause, allez à l'armée !
"4-F"...
- Vous me semblez plutôt "apte". - Vous aussi semblez en forme.
C'est à cause de mes artères...
Et vous donnez du sang ?
Mon sang est "apte", seules mes artères sont "4-F"...
Bascopolous !
Je croyais que c'était M. Joseph...
Si on s'appelle Bascopolous, imaginez comment on vous appelle !
Pourquoi ne m'avez-vous pas laissé finir avec la capitaine ?
Il se trouve que vos mobiles me paraissent suspects.
Je donne mon sang, et mes mobiles lui paraissent suspects !
La personne qui en héritera se découvrira
sans doute une passion soudaine pour les dés.
Et le pauvre soldat qui héritera du vôtre en fera des glaçons !
Il se trouve que...
À quoi rime ce refrain continuel "il se trouve que..." ?
Il se trouve que je le dis fréquemment.
Et il se trouve que je vous offre...
Au revoir. Et la réponse est non !
Ce n'est pas la sortie...
Quelle mégère !
Il faut vous reposer 20 minutes !
Va jouer, sœurette, j'ai la forme.
- Il faut vous allonger. - Je me sens au poil.
- Patron ! - Comment c'était ?
Ils n'ont pris qu'une pinte. Demain, je donne 4 litres !
C'est de la...
Je vous l'avais dit !
Section des libertés conditionnelles, à Joe Bascopolous
Veuillez vous présenter sans délai devant le juge.
Suite à vos trois précédentes condamnations,
toute récidive sera punie de l'emprisonnement à vie.
Qu'y a-t-il, Crunk ?
Je croyais qu'on avait dératisé le bateau.
Que fais-tu là, alors ?
Joe est réveillé ?
Qu'es-tu revenu faire ?
Je causerai à Joe, si ça ne te dérange pas.
L'héroïque armée grecque
a dû, une fois encore, subir l'assaut
des troupes d'invasion allemandes et italiennes...
Patron, "Apte" est revenu.
Je n'entends rien. Éteins-moi ça !
Quelles nouvelles, Joe ?
Tu n'es pas en uniforme ?
J'ai encore deux semaines devant moi.
Je n'ai pas où crécher. Tu permets que je reste ici ?
- Pourquoi pas ? - Merci.
Tu as trouvé de l'argent ?
J'ai une piste en or massif. Si ça marche !
Qu'est-ce qui t'arrête ?
Un iceberg, mais je le ferai fondre.
Tu permets que j'aille me chercher de quoi grignoter ?
Va voir aux cuisines.
Merci, Joe...
Merci beaucoup.
Tu as tort de laisser Zepp dans les parages.
- Faut être sympa avec un soldat ! - Je t'aurais prévenu.
"Ne laisse pas une chance à un escroc, et méfie-toi de tes amis".
Souviens-toi de ça.
Il me faut une voiture quelques jours, pour parader.
Un de mes potes a une limousine.
Va la chercher, et rendez-vous au dock dans 30 minutes.
BUREAU DE RECRUTEMENT
Ciao, Crunk.
Il nous faudra vendre davantage de tickets, mais comment ?
Même en vendant tout, ça ne fera que la moitié.
Mlle Bryant, il y a ici une recrue, je ne sais quoi faire...
Retenez-la, toutes les mains sont utiles.
L'affaire est un peu particulière...
Envoyez-la-moi avant qu'elle ne change d'avis.
Recevez-la, j'ai à faire. Elle est peut-être richissime...
Elle, c'est moi !
J'ai repensé à vos paroles d'hier.
Je me demandais pourquoi je ne serais pas utile ici !
Vous voulez faire partie de cette organisation ?
À chacun de faire son devoir ! Sans cette faiblesse cardiaque...
Ces artères !
C'est la même chose. Alors ?
Et votre idée de casino ?
Je l'ai abandonnée. Pourtant, elle était bonne.
Bonne pour la Cause ! Dommage !
En tant qu'officier recruteur, je ne peux refuser quiconque.
Mais je vous mets en garde. Les rares hommes que nous avons eus
ont demandé à être mutés dans des branches plus actives.
Les femmes leur tapaient sur les nerfs.
Ça ne me dérangera pas.
J'aurais dû m'en douter !
Lisez d'abord ceci, nous sommes très exigeantes.
Vous permettez que je m'asseye ?
Bien entendu !
Si j'ai bien compris, vous désirez vous engager ?
En pleine conscience ?
Je ferai tout pour aider la Cause !
C'est magnifique, n'est-ce pas ?
Il nous faut un homme ici, vous le disiez vous-même.
- Pourquoi chercher ailleurs ? - En effet !
Vous savez ce que vous faites ?
Absolument !
Vous avez peut-être raison...
La discipline lui fera du bien.
Remplissez le formulaire, je vous apporte un insigne.
Signez en bas, M. Baspopolous.
Bascopolous !
- Vous avez pu m'oublier ? - Jamais !
Vous aimez ?
Si j'aime ? Je suis fascinée !
Et voilà, vous êtes des nôtres. Monsieur...
- Bascopolous. - Oui, bien sûr.
Bascopolous ? Vous êtes grec ?
Américain naturalisé.
Au travail. Dorothy va s'occuper de vous.
Vous me raconterez comment ça s'est passé.
C'est absolument merveilleux !
Tout est arrangé.
Debout. Ôtez votre chapeau de mon bureau.
Éteignez cette cigarette. On ne fume pas pendant le service.
Changez la bonbonne d'eau.
Aimeriez-vous commencer par une œuvre de propagande ?
Oui, Monsieur... Oui, Madame.
Savez-vous tricoter ?
Tricoter ?
Je vous ai demandé si vous saviez tricoter.
En Angleterre, les hommes frappés d'incapacité tricotent !
Le Lt-colonel Barnstable était un champion du tricot.
Il s'y était mis alors qu'il était dans le plâtre.
Je ne tricote pas !
Voilà le genre d'attitude que nous combattons !
Je veux bien...
Nous voulons former
des hommes pour tricoter ostensiblement dans les lieux publics !
- Serai-je assez costaud ? - Je suis sérieuse !
La moitié des femmes qui tricotaient ici l'an passé
apprennent à présent à conduire des ambulances et des bus.
Je devrai aussi broder ?
Vous ne semblez pas avoir saisi l'esprit de cette organisation.
Les gens d'ici n'ont pas la possibilité de monter au feu.
Ils le déplorent, mais ils sont décidés à aider dans la mesure
de leurs moyens !
Je ne me dégonfle pas, mais je ne sais pas tricoter.
L'affaire est close !
Voyez Mme Van Every, elle est notre meilleur instructeur.
Ou dois-je déchirer ceci ?
Le tricot !
Votre chapeau !
Asseyez-vous avec les autres filles. Je vais vous montrer.
Laissez-moi voir vos mains.
De très bonnes mains... Ça vous sera facile.
Avant tout, il faut apprendre à tenir les aiguilles.
Vous tenez le tricot dans la main gauche...
Vous prenez l'aiguille...
Nous allons éduquer vos papattes !
Vous prenez l'aiguille et la passez dans le point.
Vous faites une boucle, et jetez la laine dessus.
À vous d'essayer.
Tenez les aiguilles et le fil.
Vous voyez comme c'est simple ?
Je vais vous apprendre à faire les côtes.
Une maille à l'endroit, comme tout à l'heure,
mais ensuite, une maille à l'envers !
C'est ça, et non ce que vous venez de faire, cochon !
À l'envers !
Vous ramenez vos aiguilles vers l'avant...
Quel bon garçon !
Jetez la laine devant et non plus derrière...
C'est la différence entre l'envers et l'endroit...
Vous avez réussi ! Béni soit-il...
Ramassez... Vous l'avez...
À l'endroit, à l'envers... À l'endroit, à l'envers...
Soyez calme, patient, précis !
Pouvez-vous m'aider ? J'ai tout perdu !
Je commence à aimer ça !
Petit pionnier... On persécute les pionniers
à cause de leur courage moral !
Patron, on te regarde !
Et alors ?
- Que vont-ils penser ? - Tu me fais rater !
- Joe, par pitié ! - Boucle-la !
Mme Van Every, voici Crunk, mon chauffeur.
Enchantée, M. Crunk.
Ôte ton chapeau, et fais-moi disparaître cette cigarette !
Assieds-toi.
Donnez-lui des aiguilles.
Ne vous alarmez point, jeune homme... Montrez-moi ces mains.
Montre-les à la vieille bique ! Et ton courage moral ?
Montrez-moi ça.
En voilà des mains agiles !
Tout d'abord, il faut apprendre à tenir les aiguilles.
Celle-ci dans une main...
Et l'autre aiguille de telle façon...
Vous prenez le truc, vous le passez ici...
Ensuite vous passez la ficelle entre les deux trucs...
Vous la reprenez, vous tirez...
Ce n'est pas plus compliqué !
C'est une vraie drogue.
Tu as abordé la maille à l'envers ?
Je n'en suis pas encore là.
Tu n'aurais pas dû me laisser seul avec toutes ces cinglées.
Je devais voir la patronne tant que l'autre avait le dos tourné.
- Ça a marché ? - Je crois.
Elle va l'envoyer paître. Va te coucher.
Tu commences tôt, demain.
Et cet iceberg, tu l'as dégelé ?
J'ai eu une meilleure idée : je le contourne.
Vous avez accepté mes couvertures à un prix convenu.
Je perds déjà de l'argent !
Voudriez-vous revenir sur un accord ?
Ce n'est pas du tout ce que nous avions compris !
Je ne suis qu'un pauvre démolisseur...
Je n'ai démoli cet hôtel que pour les couvertures !
Ne hurlez pas comme ça !
Bonjour. Quel est le problème ?
Elle me doit 2 400 $, voilà le problème.
Il veut qu'on paie 6 $ pièce ces couvertures usagées !
J'aurais pu en tirer 10 $.
De pauvres hères grelottent, et lui veut nous voler !
Vous devriez avoir honte de profiter de la pénurie.
On n'a pas abrogé la loi de l'offre et de la demande !
6 $ pièce !
- Où est mon chèque ? - Nous n'avons pas cette somme.
N'allons pas trop vite en besogne.
Ne devrions-nous pas examiner ces couvertures ?
Pourriez-vous me tenir mon tricot ?
C'est de la très belle marchandise.
Ça vaut bien 6 $.
Nous ne les avons pas !
C'est le problème, M....
McDougal.
Elles ne les ont pas.
Mais vous me semblez bien sympathique.
Je vous les joue à pile ou face.
12 $ ou 4 $.
Nous ne pourrons jamais les payer 12 $ !
N'ayez crainte, si je perds, j'en serai de ma poche.
Je détesterais avoir ces pauvres hères sur la conscience !
Alors, qu'en dites-vous ?
12 ou 4 ? Ça marche. Face !
Non, pas avec cette pièce, elle est "pile" des 2 côtés.
Un joueur me l'avait donnée. Je ne voudrais pas vous rouler.
Et si nous le jouions...
En la cachant derrière le dos ?
Vous êtes prêt ?
Et voilà : 4 $ pièce !
Vous pouvez payer ?
Redonnez-moi une chance !
Quitte ou double !
Je ne crois pas... Ce ne serait pas bien...
On n'aime pas les jeux, ici.
D'accord. Vous êtes prêt ?
Quitte ou double !
C'est drôle, ça n'arrive qu'une fois sur mille...
Ça ne m'arrivera plus !
Peu importe. Ce soir vous dormirez du sommeil du juste.
Maintenant, vous êtes des nôtres.
"J'ai contribué à secourir les victimes de guerre"...
J'ai été eu par "Le Secours aux victimes" !
Ils ne veulent pas décharger les camions ?
Il se trouve qu'ils sont pleins de matériel médical, de sérum !
Dites-le-leur, et rappelez-moi en cas d'ennuis.
Entrez.
Je cherchais une façon de vous remercier pour les couvertures.
Nous avions l'avantage : c'était à l'autre de deviner.
Mme Steadman me parlait, hier...
Pour les jeux, c'est exclu.
Vous ne me faites toujours pas confiance ?
Et depuis votre arrivée, je me demande pourquoi.
Que faut-il faire ? Vous apporter son cœur dans une assiette ?
Qu'espérez-vous tirer de tout ceci ?
Je vous l'ai dit, j'essaie d'apporter ma petite pierre.
Ça n'explique rien.
Je n'aime pas en parler.
Les Grecs stoppent les Nazis dans la vallée de Vardar
- Vous connaissez Vardar ? - En Grèce ?
Le nom de Bascopolous...
est vieux de 5 siècles, là-bas.
Que sont devenus mes frères,
ma jeune sœur ?
Vous imaginez ces types dans la cuisine de ma mère ?
Toutes les nuits, je me demande comment aider...
L'armée m'a refusé, que puis-je faire ?
Rassembler de l'argent pour aider ces pauvres gens.
Maintenant, vous savez tout.
Je suis profondément navrée...
Ne vous excusez pas, je regrette juste d'avoir eu à le dire.
- Votre tricot ! - Oh oui, heureusement !
Je ne sais comment vous remercier.
Du tout ! Je ferais la même chose pour n'importe qui.
Je dois me rendre aux docks.
Nous avons un petit ennui avec une livraison de fournitures.
Voulez-vous m'accompagner ?
Bien sûr !
On peut prendre ma voiture.
Du vent !
Attention !
Ça, des mailles à l'envers ? Tu en as sauté une !
Je le dirai à Mme Van Every !
- Où va-t-on ? - Aux docks, en centre-ville.
Promettez-moi une chose, Joe...
Ne tricotez plus jamais !
Vous demandez beaucoup !
Qu'est-ce que c'est ?
Un rouleau de pièces de 10 cents.
- Pour quoi faire ? - C'est une habitude.
Ça tient bien dans la main.
- Où est M. Comstock ? - Au téléphone.
Je suis Mlle Bryant. Je viens régler cette affaire...
Veuillez décharger ce camion au plus vite.
Je vais tout arranger avec M. Comstock.
Bien, mademoiselle.
Allez, les gars !
Pas si vite, mon grand ! Attendez un peu.
Livrez la marchandise sans autorisation
et vous aurez affaire à la justice !
Je vous ai déjà dit que le paiement se faisait à la livraison.
Nous pensions vous payer dès samedi !
Je ne travaille pas comme ça.
Vous me devez 1 300 $.
Vous payez ou je renvoie tout à l'entrepôt ?
Nous ne pouvons payer avant samedi.
Samedi, ce sera 10 % de plus !
M. Comstock, s'il vous plaît...
Qui est-ce ?
Je travaille pour Mlle Bryant, et je vous donne raison.
Si vous avez un stylo, je vous signerai un chèque.
Comment saurais-je s'il est approvisionné ?
Si vous avez un téléphone, nous pourrons aisément vérifier.
Dans le bureau.
Je vous suis.
Voilà, tout est signé.
Vous pouvez commencer à décharger.
Retournons à la fabrique.
Vous avez méjugé M. Comstock... Un chic type, un père de famille.
Et votre rouleau de pièces ?
Dépensé en pourboires.
Avez-vous dû frapper fort ?
Moi, frapper ?
Je suis un paisible citoyen !
Il aurait pu vous tuer avec son crochet.
Ce n'est qu'une égratignure.
Peut-on s'arrêter chez un tailleur pour faire repriser mon fume ?
Votre quoi ?
Mon fonce-et-fume, mon "costume" !
Quel est ce double langage ?
Un souvenir d'Australie.
Comme "chapeau", avant-propos, "chaussures", crisse-et-susurre...
- Très poétique ! - C'est chantant.
Vous êtes une "demoiselle", une à-tire-d'aile...
Et qu'êtes-vous ?
Un "gars", gare-aux-dégâts !
Cette à-tire-d'aile va veiller
à ce que le gare-aux-dégâts fasse repriser son...
Gros-zéro, son "accroc".
Nous irons chez moi, c'est sur le chemin.
- Il y aura quelqu'un ? - Non.
Soudain, on vit entrer un trois- pommes et sa monte-les-gammes...
Un trois-pommes, c'est un "homme"...
Une monte-les-gammes, une "madame"... !
Crunk me dit : Piper-Heidseick le in-fine
de la vacarme-et-larmes dans le viens-moins-loin...
Une minute, je suis perdue !
Piper-Heidsick, c'est "pointe tes yakas"...
- "Regarde" ? - Oui, le in-fine...
Le "nez"... !
De sa vacarme-et-larmes dans le viens-moins-loin.
De sa "femme" dans le "coin" !
Et qu'est-il arrivé ?
Crunk a reçu un coup de poing dans le pif.
- Comment ça ? - Le gars venait d'Australie !
Merci. Je finirai moi-même.
Au-lavoir, l'ami !
Dois-je appeler les bonnes-d'acier ?
- Les quoi ? - Les "policiers", en vernaculaire...
Ne me dites pas que vous avez été en Australie ?
J'y ai connu ma vacarme-et-larmes. Mme Foster.
Pardonnez-moi, Mlle Dorothy,
mais savez-vous bien qui est ce monsieur ?
Je crois, pourquoi ?
Savez-vous qu'il porte un pis-aller ?
Un quoi ?
Un "pistolet", dans la langue familière... Un flingue, quoi.
Ne vous inquiétez pas, c'est pour se donner un genre.
Ça lui donne de l'assurance.
Alors, ce fonce-et-fume ?
Vous avez cousu ça avec une fourchette ?
- Je n'ai jamais su coudre. - Demandez à Van Every !
Foster était retourné, il voulait appeler les bonbonnes d'acier...
- Pourquoi ça ? - À cause du pis-aller.
J'en porte toujours un, sinon je me sens tout nu.
- Avez-vous déjà tué ? - Non, je suis trop bon tireur.
Ne confondez pas, je suis joueur, pas gangster.
Dites-m'en d'autres.
Des mots qui chantent...
Si nous étions ensemble, vous seriez ma chair-de-la-vie...
Ma "chérie", quoi.
C'est mon aimant-d'amour que vous porteriez à... l'actionnaire !
Le type qui m'a offert cet aimant- d'amour n'est autre que ma mère.
Encore.
Les brins-capricieux, les "cheveux"...
Les deux-curieux, les "yeux", le in-fine...
Nord et Sud, les livres-ouverts...
Bas les masques, on est entre nous.
Ne soyez pas stupide.
Arrête ton petit jeu, chair-de-la-vie !
Vous n'y êtes pas du tout !
Alors ne roulez pas des yeux !
Vous croyez que je vous ai amené ici pour...
Ce n'était pas ça ?
Ou vous avez changé d'avis ?
Nous tournons en rond.
Il se trouve que nos opinions diffèrent.
Et si nous le jouions comme avec McDougal ?
Vous voulez dire ce...
Prête ?
Gardez votre calme.
- Quelle main ? - Ni l'une ni l'autre !
Soyez bonne joueuse, il faut choisir.
Ouvrez les deux !
On dirait que vous avez perdu !
Mais avec McDougal...
C'était différent.
"Ne laisse pas une chance à un escroc, mais ne trompe pas un ami"...
J'y crois, c'est ma vie. Croyez-vous que je voudrais vous rouler ?
Vous avez perdu !
J'ignorais les règles du jeu.
Où est mon avant-propos ?
Vous occuperez-vous de l'organisation des jeux ?
Êtes-vous sûre de pouvoir me faire confiance ?
Maintenant, oui.
Marché conclu !
Elle m'a offert la concession des jeux sur le plateau.
Après ce coup, à nous La Havane !
Quelle sera notre part ?
Nous raflerons tout ! Les jeux sont faits, rien ne va plus !
On leur laissera des clopinettes, pour faire vrai.
J'ai besoin d'un matelas de 5 ou 6 briques pour le démarrage.
Personne n'a du pognon à gauche ?
- Rien ! - Juste l'argent du tabac.
Demandes-en à ces dames !
Tu vois le patron demander des sous à maman comme un gosse ?
- Ça ficherait tout par terre. - Alors ?
J'en cueillerai sur un arbre !
Je vous demande pardon...
Mlle Dorothy vient d'arriver.
Laissez-nous, Foster.
- Cher grand-père ! - Approche, Dut.
Attends, je me poudre l'in-fine et coiffe mes brins-capricieux...
Où as-tu pêché ce baragouin ?
Auprès de Foster...
Son argot est merveilleux, tu devrais parler avec lui.
Il m'est déjà arrivé de parler à Foster !
Qui était ce gangster que tu as introduit ici ?
Ne me dis pas que tu t'inquiètes pour moi ?
Aucun gangster ne ferait le poids contre toi,
mais je n'en veux pas chez moi !
Que faisais-tu avec ce scélérat ?
J'apprenais des choses.
Je crois que tu l'apprécierais. Vous avez beaucoup en commun.
- Je dois rêver ! - Vous êtes tous deux des durs.
Tu l'es d'une façon hautement morale et civilisée,
mais fondamentalement, vous avez le même caractère.
C'est absurde ! Que trouves-tu à un pareil individu ?
Joe est le premier homme dont j'aie peur... C'est passionnant.
Cet individu ne t'a pas fait des avances, au moins ?
Bien sûr ! Il m'a embrassée.
Sur les livres-ouverts.
J'ai feint d'être fâchée, mais en réalité, ça me plaisait.
Je ne saurais tolérer ce genre de...
Ne t'inquiète pas, je ne risque rien.
Débarrasse-toi de lui !
Dès qu'il aura cessé de m'être utile ! Je le reconnais,
j'aurais trop de mal à le dresser.
Bonne nuit, grand-père.
- Son nom ? - À ce gare-aux-dégâts ?
Tu ne me croiras jamais : Joe Bascopolous.
Joe quoi ?
Bascopolous. Tu comprends pourquoi je l'appelle par son prénom.
Bonne nuit, chair-de-la-vie !
Quelle activité, ce matin !
On se bousculait pour notre bal. Le téléphone sonnait sans arrêt...
Les gens ont appris, pour les jeux ?
Comment ? M. Bascopolous m'a fait promettre le secret.
À moi de même !
Et vous n'avez rien dit ?
500 tickets de plus pour midi, ou je change d'imprimeur !
- Bonjour... - Cher génie !
- Vous, en retard ? - Je cherchais un vapeur à affréter.
- Qu'y a-t-il ? - Cet avant-propos...
Vous ne l'aimez pas ?
Si je l'aime ? Je suis fasciné !
Veronica, avons-nous 6 000 $ en banque ?
Bien sûr que non. Pour quoi faire ?
La Commission des Convois fait rentrer un cargo lundi.
Nous ne pourrons en disposer qu'en versant une caution de 6 000 $
Laissez, je tirerai un chèque sur mon compte personnel.
Nous régulariserons cela vendredi.
Vous êtes merveilleuse.
Voulez-vous que je porte ce chèque ?
Pourquoi pas ? Regardez dans l'annuaire, c'est dans Fulton St.
Cher ange !
Es-tu devenue folle ? Il y aura des tables de jeu le soir du bal ?
Comment le sais-tu ?
Comment ne le saurais-je pas ? On en parle jusqu'à la Bourse !
- Formidable ! - Trêve de frivolités !
Je sais qui est derrière tout ça, cette canaille de Basco-machin !
Grand-père, ne dis pas de bêtises.
J'ai d'abord été réticente, mais ça permettra d'affréter un cargo.
Trouve un autre moyen.
Mon trisaïeul Bryant n'a-t-il pas enrichi
la Révolution en organisant des loteries ?
C'était différent. Là, je l'interdis.
Dans ce cas, signe-moi un chèque personnel de 100 000 $.
Je ne vais ni te soudoyer ni discuter. Je te donne un ordre !
Cesse de réagir en grand-père !
Je refuse de voir mon nom associé à celui d'un... gredin !
Je t'aurai prévenue. À présent, je vais prendre des mesures !
Fichez le camp d'ici.
Qu'on ne voie plus vos cheveux noirs et gras !
C'est un avertissement !
Des tickets pour le bal ?
Qui est ce vieux croûton ?
Mon grand-père. Et ce n'est pas un croûton.
Il ne m'aime pas beaucoup.
Parfois il crache du feu, mais il se calme. N'ayez crainte.
Je suis sans crainte.
- C'est le chèque ? - Remettez-le à M. Hargraves.
Je veux être sûre de pouvoir utiliser ce bateau.
Le formulaire A. P. 127/0
accusant réception sera au courrier du soir.
Au revoir, monsieur.
Allez-vous encaisser ce chèque ?
Pardon ? Qu'entendez-vous par là ?
Rien...
Sinon qu'une affreuse rumeur fait le tour de la ville...
- Une rumeur ? - Oui.
Selon laquelle vous n'aidez pas les associations caritatives...
Que diable racontez-vous là ?
Suggérez-moi comment justifier le fait que ces dames
aient à vous donner aujourd'hui un argent dont elles ont besoin
pour organiser leur soirée de demain.
Nous ignorions que ça posait problème !
Vous voyez le genre ? Ça fait mauvais effet !
Notre organisation se sent de tout cœur avec vous.
Mais certains membres pensent que la Grèce, la Chine,
la Tchécoslovaquie pourraient profiter de...
Mais peut-être vous retrouveriez-vous en posture délicate ?
Cher monsieur, je puis vous assurer qu'en ce qui me concerne...
J'aurais peut-être dû me taire...
Mais ces excellentes dames avaient foi en vous, M. Hargraves !
Je vois que vous prenez très à cœur cette histoire de chèque...
Mais certainement !
Supposons que je vous réserve ce cargo sans caution ?
Je ne veux pas vous faire enfreindre les règles !
Je suis sûr que dans le cas présent, ce serait parfaitement...
J'écrirai tout ceci à Mlle Bryant, et lui retournerai son chèque.
Je vous éviterai cette peine.
Et nul besoin de lettre, votre parole me suffit.
Nous sommes d'accord.
Au revoir, M. Hargraves.
Quelle est cette chose ?
Ceci ? Un couvre-théière tricoté main.
Tricoté main ?
Jolies fleurs... De la belle ouvrage !
Content que vous appréciez...
Aiguilles normales ?
- M. Hargraves est-il là ? - Non, monsieur.
- Payez-le. - Entendu, M. Bryant.
En grosses coupures ?
Passez-moi la police.
Mlle Bryant ?
Où puis-je trouver
Joe Bascopolous ?
Il n'est pas ici.
- Où est son bureau ? - Là-bas.
Attendez !
Merci d'être venus. Mon grand-père vous a appelés, n'est-ce pas ?
Je le lui ai demandé. Bascopolous m'a toujours paru louche.
De quoi s'agit-il ?
- Nous voulons lui parler. - C'est grave ?
Quand on a 3 condamnations derrière soi,
porter une arme sans permis est une chose très grave !
Qui est-ce ?
L'employé de la Cie des Eaux... Je l'ai attendu tout l'après-midi.
Demandez-lui de venir une minute.
Il était temps que vous arriviez !
J'ai téléphoné chez vous plusieurs fois.
Est-ce là votre conception du service ?
On a reçu trois bonbonnes-d'acier,
mais pas le réfrigérateur !
Trois bonbonnes-d'acier ?
Si c'est votre maximum !
J'étais presque décidée à m'adresser ailleurs !
Où, par exemple ?
À l'avenir, le Plaza Fountain Place fera l'affaire !
Asseyez-vous. Je crains que l'attente ne soit longue.
Que fais-tu avec ça ?
Je cherche un verre.
Au Plaza Fountain !
J'ai rendez-vous avec une petite maligne.
Serrez-moi la pince.
Pourquoi les flics me cherchent-ils ?
Montez.
Grand-père... À cause de votre pis-aller.
Pour le flingue ? Ils ne me garderont pas 2 heures.
- Montez. - Mon chauffeur est à l'angle !
Je l'ai renvoyé. Mettez ça et ravalez vos questions.
Nous sommes sortis de la ville, nous quittons l'État...
Puis-je poser une question, madame la maîtresse ?
Je dois parler à grand-père.
- Au téléphone. - On en a passé des milliers !
L'appel doit provenir d'un lieu précis. Grand-père n'est pas idiot.
- C'est loin, ce lieu précis ? - Assez.
- Voulez-vous que je conduise ? - Si ça ne vous gêne pas.
Ne bougez pas une minute.
Je rêve de faire ça depuis que vous m'êtes apparu.
Pourquoi ?
Je l'ai depuis plusieurs jours, mais le courage me manquait.
Vous permettez que je vous apprenne à faire les nœuds ?
Regardez.
Vous tenez cette partie.
- Gardez un œil sur la route. - Comment voulez-vous que...
Vous commencez comme pour un nœud ordinaire.
Mais là, vous passez au-dessus...
Vous descendez...
Vous faites le tour...
Vous remontez et vous nouez.
On appelle ça "le nœud Windsor".
Vraiment ?
Une petite minute...
N'est-ce pas mieux ?
Plutôt gros, non ?
C'est plus élégant que vos mesquines petites hernies !
Vous aimez la cravate ?
Ça devrait aller.
Dites merci !
D'accord, merci.
Depuis quand n'êtes-vous plus sous le contrôle de quiconque ?
Je ne l'ai jamais été, et ne le serai jamais !
Et je noue moi-même mes cravates !
- Comment allume-t-on ? - Ce n'est pas branché.
- C'est la maison du vieux ? - La mienne !
Elle vient de ma famille qui avait toujours des histoires...
Le genre d'histoires que j'aimerais bien avoir !
Prêtez-moi vos allumettes.
- Où sommes-nous ? - C'est juste un petit salon.
Il n'est pas mal.
C'est ici que j'avais coutume de recevoir mes soupirants.
Après le thé, nous regardions le feu en nous tenant la main !
Allumeriez-vous un feu, Joe ?
- L'interurbain ? - Qui êtes-vous ?
Rassurez-vous, c'est Mlle Bryant.
- Comment allez-vous ? - Très bien, merci.
Je voudrais parler à mon grand-père, à New York.
C'est bien son numéro. Vous essayez ?
Ils s'en sont bien sortis, pour une famille à histoires !
Disons qu'ils ne faisaient jamais ce qu'on attendait d'eux.
Regardez-les, ces chers fous...
Peut-être comprendrez-vous mieux mes propres fantaisies.
Qu'a-t-il fait ?
C'était un grand adorateur de femmes...
Un chasseur et un des hérauts de l'amour du XIX e...
- D'où tenait-il son fric ? - De lui.
Il écrivait des poèmes, imprimés à compte d'auteur.
- D'où tenait-il son fric ? - De lui.
Il gâcha sa vie à essayer de dépenser son héritage.
Et il en mourut.
Où est le type qui a fait tout le pognon du départ ?
Là-bas.
Mon trisaïeul... Parti d'une cabane en bois, arrivé à la fortune.
Savez-vous comment il est mort ?
Tué par une balle, à Harper's Ferry...
Il avait rallié John Brown dans sa lutte contre l'esclavage.
Lui-même possédait des esclaves,
mais il s'était enflammé au prêche d'un fermier yankee.
La famille a eu du mal à faire oublier ce scandale.
Vraiment ?
Rappelez-moi dès que vous avez la ligne, c'est important.
Quels arguments allez-vous employer ?
Je ne dirai pas grand-chose, c'est surtout lui qui parlera.
Il évoquera vos trois condamnations...
Je répondrai que je m'en fiche.
Quelles condamnations ?
Cessez cette comédie, Joe, c'est inutile.
Mais de quoi parlez-vous ?
Je sais tout. Les policiers m'ont raconté.
Je n'ai jamais été épinglé de ma vie.
Je vous en prie, soyez franc.
Je n'ai pas toujours été réglo,
mais question taule, je suis comme un nouveau-né.
Grand-père ?
Calme-toi. Je suis dans le Maryland.
Le Maryland !
C'est bien toi qui avais appelé les policiers ?
Tu connais les lois du Maryland, n'est-ce pas ?
Donne-moi ta parole que tu renonces à utiliser la police,
ou je l'épouse.
Je l'épouse !
Ah, ce n'est pas possible ?
Je te donne dix secondes pour te décider.
Tu vas voir si je bluffe !
C'est terminé !
Donne-moi ta parole.
Ta parole d'honneur.
Merci. Et ne t'en fais pour rien.
Ne vous avais-je pas dit de me laisser faire ?
Vous êtes formidable.
- Ça a marché. - Évidemment !
Vous aviez le gourdin idéal : moi !
Pour vous, rien ne peut être pire que de m'épouser.
Pour vous autres, les gens comme moi sont des bêtes.
Nous sommes si mauvais, et vous, si bons...
Qu'attendez-vous, des félicitations ?
Avec vos chances du départ, ce serait un comble de ne pas réussir !
Vous vous croyez supérieure, mais qu'avez-vous fait ?
C'est lui qui a gagné votre fric, il est né dans une cabane !
Savez-vous où j'ai grandi ?
Dans une bicoque crasseuse au sol de terre !
Vous parlez des deux côtés de votre famille,
chez nous, il n'y en avait qu'un, et il était pauvre !
Comme il n'y avait pas assez à manger, je me suis enfui à 9 ans.
J'en avais assez de la faim qu'a connu ma mère jusqu'à sa mort !
Je vous en prie...
Je ne me plains pas. Moi, ça ne me fait rien.
Mais je sais ce que valent les gens comme vous !
Comme moi ?
Je sais que vous me traversez du regard comme une vitre sale.
Pas moi, Joe. Des gens comme grand-père.
Je pensais que vous lisiez en moi.
Sûr ! Tout est bon pour la Cause !
Je ne suis pas dupe.
Quand l'argent sera rentré, je serai viré.
Vous vous trompez sur mon compte.
Venez.
Nous pourrons nous quereller à loisir sur le chemin du retour.
Couvrez les braises, voulez-vous ?
Vous croyez vraiment que je me trompe ?
J'aurais dû vous gifler.
Pourquoi ne l'avez-vous pas fait ?
Vous m'auriez giflée à votre tour.
Je ne sais que faire avec une fille comme vous.
Moi non plus.
Si, je sais.
Tu es rendue !
Tu devrais garder la voiture, mon chéri.
Tu ne dis rien ?
Tu n'es pas content ?
Je ne sais pas.
Je ne sais pas si je le suis.
INTERDICTION DE TOURNER À GAUCHE
Il a dit...
Je n'ai pas bien compris. Il dit qu'il est un gare-aux-dégâts.
- Un gare-aux... - C'est ce qu'il a dit.
Refais-moi mon nœud, d'accord ?
Oui, je suis content !
Je ne veux pas de bavures. Mettez-vous en place à 19 h 30,
pour être prêts à 20 h.
Crunk sera dans la cage, il aura une mise de départ de 6 briques.
C'est moi qui apporterai les caisses à double-fond.
Ces dames ne devront pas y toucher !
Attention !
Dès qu'on aura remballé, rendez-vous au bateau.
Ce sera tout.
Tu es prêt à lever l'ancre ce soir ?
Les remorqueurs seront là, et la marée tombe au poil.
Que sais-tu de Bascopolous ?
Pas moi, le marin qui a soufflé sa veilleuse.
Pas grand-chose, pourquoi ?
Je crois avoir tiré un mauvais numéro.
Une lettre était arrivée pour lui.
Passe-moi cette chemise... Pour Bascopolous ?
J'allais la déchirer.
Je dois l'avoir quelque part.
- La voilà. - Ouvre-la.
- Que dit-elle ? - C'est du grec.
Quelqu'un lit le grec, parmi nous ?
J'aimerais en savoir plus sur ce gars.
Voilà ce que tu peux faire :
il y a une église grecque après la jetée.
Demande au prêtre de te la lire.
Oui, je pourrais faire ça.
Je suis venu te dire au revoir. Je suis convoqué pour demain.
- Tu viens à notre fête ? - Non, merci.
- Tu as besoin d'oseille ? - Ça ira.
Alors bonne chance, soldat !
Vous désirez me voir ?
Oui, mon père. J'ai une lettre, mais je ne lis pas le grec.
Je suis assez pressé, mais je peux payer.
Vous mettrez ce que vous voulez dans le tronc.
Je suis ici pour aider ceux qui le demandent.
Ça vient de votre mère.
C'est ainsi.
Votre mère a un très beau nom :
Maria. Un saint nom !
"Joseph, mon fils bien-aimé.
"Plaise au Ciel que cette lettre t'atteigne.
"Tu m'as tant de fois brisé le cœur
"par tes mauvaises actions.
"Mais quand tu sauras la chose terrible
"qui est arrivée à ceux qui t'aiment,
"je suis sûre que Dieu t'ouvrira les yeux
"et purifiera ton âme."
Merci, mon père. Je voulais juste savoir qui avait écrit.
"Je t'écris pour te dire combien je suis fière
"de mes autres fils, tes frères.
"Tires-en à ton tour fierté,
"autant que douleur.
"C'est arrivé il y a deux dimanches.
"Nous revenions de l'église
"quand un rugissement a empli le ciel.
"Soudain, de grands parachutes
"sont descendus en dérivant
"vers le pré en bas du village.
"Nous étions trop effrayés pour faire quoi que ce soit d'autre
"que de les regarder, bouche bée...
"Sauf ton frère Petros.
"La colère a assombri son visage.
"Hommes de Grèce, a-t-il crié aux autres,
"les charognards s'abattent sur notre troupeau !
"Venez avec moi !"
"Il y avait cinq fusils au village,
"mais aussi des fourches et des faux,
"et des hommes de grande vigueur.
"Ton frère Petros et ton frère Euladio
"ont mené les autres vers le pré.
"Il y avait des carrés de lys blancs,
"et avant qu'une heure n'ait passé,
"c'était comme si le champ avait été couvert
"de lys rouges...
"Pas un des nôtres n'a survécu,
"mais une centaine d'Allemands sont morts,
"et la Grèce aura vécu dans l'honneur une heure de plus.
"Ils contrôlent notre village, bien sûr.
"Je gagne de quoi manger en faisant leurs lits,
"en faisant la vaisselle à l'auberge.
"Pourtant, je me sens soutenue par mon Dieu
"et ma grande fierté.
"Ta mère, Maria."
Que Dieu vous réconforte.
Prions ensemble.
À genoux.
Notre Père, Toi qui vois toutes les souffrances humaines,
nous T'implorons d'apporter la consolation à cette mère,
et à toutes les mères, en ce monde déchiré par la guerre.
Emplis le cœur de tous leurs fils
de bravoure,
et de volonté à s'opposer au mal.
Comme cette femme qui a inspiré le cœur de son fils Joseph,
qui, à Tes yeux,
est frère de tous les hommes.
Sais-tu l'heure qu'il est ? Pourquoi as-tu tardé ?
As-tu eu des problèmes avec le vieux ?
D'après Foster, il est parti voir Hargraves à Washington.
Et cette fête ?
Abominable !
Il n'y a pas un chat !
C'est merveilleux. Ils sont tous là-haut à brûler leur argent !
Tu danses ?
Plus tard.
Salut, patron !
Joe, où étais-tu tout ce temps ?
Vas-tu me laisser gagner, ce soir ?
On ne s'est pas vus depuis Rio !
- Et ce bateau ? - Tu migreras pour l'hiver ?
J'allais envoyer Herbie te chercher.
- Ça se présente bien ? - De la pêche en aquarium !
Ouvre.
- On a enfoncé les 100 000 $ - Passe-moi 6 briques.
Un bon coup, patron. On va ramasser 200 briques !
Tu as déjà passé deux heures sur un banc à regarder ta vie ?
On ne ramassera rien pour nous !
Je croyais qu'on prenait tout !
Je garderai juste de quoi payer les gars.
- Le reste ira au Secours. - Mais Joe...
Tu permets que je me blouse moi-même, oui ?
Vois qui c'est.
Doucement... Je dois voir Joe.
Il y a deux types de la liberté conditionnelle au bateau.
- Que veulent-ils ? - Ils en ont après Bascopolous.
Il avait plongé déjà trois fois.
Trois condamnations ?
Vu les risques pour toi, j'ai vérifié.
J'ai trouvé cette lettre du juge...
Il a laissé une petite clause.
Suite à vos trois précédentes condamnations,
toute récidive sera punie de l'emprisonnement à vie.
À la prochaine embrouille, Bascopolous plonge à vie !
- Tu ferais mieux de te tirer. - Pas ce soir.
- Mais s'ils viennent ici ? - Je suis propre.
Ça m'inquiète, Joe.
- Tu as un feu sur toi ? - Bien sûr !
Planque-le. Pourquoi prendre des risques ?
- Merci pour le tuyau. - Y a pas de quoi.
- Si je peux aider... - Reste dans le coin.
Si tu les vois se pointer, rencarde-moi.
Comment ça marche ?
Quand le patron n'est pas là, cette cage est privée.
D'accord, Crunk, c'est privé.
Qui est là-dedans ?
Les sandwiches sont pour les gars.
Je vais leur parler. Aux gars, pas aux sandwiches.
Qu'as-tu, chair-de-la-vie ?
Ça ne va pas ?
Mes yeux se sont ouverts.
Il m'est arrivé quelque chose, aussi.
Quoi donc ?
J'ai été frappée par la foudre.
Personne ne danse.
Est-ce important ?
Souviens-toi de ceci :
je ne t'ai pas menti. Mais tu avais raison et moi tort.
Pour moi, tu as toujours raison.
Tu auras tout ce que tu veux,
de quoi remplir deux bateaux... peut-être trois.
Il y a autre chose que je veux.
N'approche plus les gens comme moi, tu ne ferais que t'y brûler.
Ce soir, je fais mes adieux.
Emmène-moi avec toi !
Tu connais M. Hargraves. L'inspecteur de police Costello.
Ils sont là à ma requête.
Tu n'as pas tenu parole !
Rien du tout. Le Capt. Costello est venu faire cesser ces jeux.
Mais d'abord, je vais démasquer cet individu !
Sais-tu que c'est un voleur ?
Il a encaissé tes 6 000 $ ! Avez-vous reçu l'argent, Hargraves ?
Non, j'ai cru qu'il déchirait le chèque.
Du calme, mon bon !
Vous aviez quitté la ville, je ne pouvais vous les remettre avant.
Je crois que je vous dois des...
Ne vous excusez pas.
- Tout est réglé ? - Déguerpissez d'abord !
J'exige que ces jeux cessent ! Je ne cherche pas le scandale,
mais interviens, ou ce policier le fera à ta place !
C'est déjà gagné. Que le comité vienne faire les comptes.
Mon enfant...
Excuse-moi, je dois rassembler le comité.
C'est votre dernier coup.
On arrête. Que les croupiers apportent les caisses à la cage.
Arrête le jeu.
Ce sera tout pour ce soir !
Crunk, nous fer...
Les flics sont en bas, on ferme les tables.
Où est Crunk ?
Qui croyais-tu berner, Joe ?
Depuis le début, nous savions que cette fille te tenait.
Je déclare réintégrer notre association. Des objections ?
Il suffit que le juge sache que Bascopolous a monté ce cercle
pour que tu finisses tes jours à l'ombre.
Je peux prouver qui je suis.
Tu es Joe Adams, le déserteur ?
Tu t'en tireras pour dix ans !
Allons, sois sage, Joe.
D'accord, je sais quand j'ai perdu.
Les dames arrivent.
Qu'elles entrent.
Ce n'est pas le moment de faire les clowns avec les double-fonds,
sinon ça pourrait barder !
M. Bascopolous, c'est merveilleux !
Je suis appauvrie mais ravie ! On n'a plus un sou.
Mesdames, voici quelques-uns de nos amis.
Voici les caisses.
La table de craps n° 3...
Venez compter vos gains.
Comment ça s'ouvre ?
C'est formidable ! On se croirait à Noël !
C'est peu !
39, 40, 41...
- Seulement 41 $ ? - On a perdu sur la fin.
- 94 $ ? - Une soirée de guigne...
Celle-ci sera peut-être pleine.
C'est léger.
Un peu plus lourd.
122 $ ? Je n'arrive pas à y croire...
- Qu'allons-nous leur dire ? - Il faudra inventer.
C'est affreux ! Mary, combien avez-vous ?
Seulement 208 $ !
- Est-ce la dernière ? - C'est tout. 87 $...
- Quel est le total ? - Une minute.
- Combien a-t-on fait ? - Elles font l'addition.
812 $, au total !
La Banque a payé de malchance.
Mais j'ai vu des sommes énormes changer de mains !
Il n'y a plus rien à faire maintenant.
Si, je sais quoi faire : il y a des policiers en bas !
Une minute !
Je savais que nous perdions.
J'ignorais que ce serait à ce point.
Comment le saviez-vous ?
Joe me l'avait dit.
N'est-ce pas, Joe ?
C'est exact.
Je le sais depuis une heure.
- Vous savez bien que... - Mais non.
Descendons, et inventons quelque chose.
Allez, dépêchez-vous de vider les caisses.
Ainsi, tu lui avais dit qu'on perdait ?
- On a combien, d'après toi ? - Près de 200 briques.
Laissez le fric sur la table et retournez au bateau.
Paie les croupiers venus en extra.
Commencez à sortir le matériel.
Ramasse tout, et allons-y.
Fais-le, toi. Je te fais confiance.
Ne lui ouvre pas.
Une balle perdue... C'est ton arme.
Laisse-moi entrer !
J'ai menti parce que je n'aurais pu vivre avec toi en prison.
Mais que je vive ou meure, je ne te laisserai pas cet argent.
Fais-la sortir.
Je t'en prie, donne-le-moi.
Il ne nous appartient pas. Donne-le-moi, et va-t'en.
Fais-la sortir.
Il n'y a rien, il n'y a jamais rien eu de bon en toi !
Je dois prendre cet argent.
Laisse-moi !
Je te reconnais là, mon vieux Joe !
Allez, on met les bouts.
Ouvrez cette porte !
Mlle Bryant !
Tu vas bien, ma chérie ?
Appelez une ambulance. Conduisez cet homme à l'hôpital.
Tu as neuf vies, toi...
Je t'aurai enlevé cette dragée dans une minute.
Tiens, mords là-dedans.
Comment te sens-tu ?
Bien, l'ami.
Tiens bon !
M. Bryant n'est pas là, et Mlle Dorothy...
Inutile de nous annoncer, nous montons directement.
Je crains qu'elle ne vous reçoive pas.
Je cherchais à vous joindre. Nous devons faire une déclaration.
Avez-vous vu la presse ? C'est affreux !
Non, je n'ai rien lu.
Vous ne savez pas pour notre cargo ? Il a coulé avant d'arriver !
Même avec l'argent, nous n'aurions rien pu faire partir.
La pauvre chérie, elle a été choquée.
Nous ferions mieux de décider nous-mêmes quoi dire.
Après tout, j'ai autorisé ces jeux, c'est donc ma faute.
Mais que pourrions-nous bien dire ?
Déclarons de façon solennelle que nous avons été refaites !
Je recevrai les journalistes seule dans la bibliothèque.
Vous n'y êtes pour rien, tout est de ma faute.
- Je suis tout aussi responsable. - Pas du tout.
Il ne me reste qu'une chose à faire : dire la vérité.
Priez-les d'entrer.
- Elle ne les verra pas sans moi ! - Ni moi !
Qu'ils entrent dans la bibliothèque, Mlle Dorothy va les recevoir.
Ne les laissez pas ! Je veux voir Mlle Bryant.
Vous êtes Mlle Bryant ?
Non, impossible... Ni vous non plus.
- Elle est en haut. - Elle ne reçoit pas.
Elle me verra. J'ai un paquet pour elle.
- Désirez-vous me le confier ? - Je le lui remettrai moi-même !
Où est sa chambre ?
- Qu'est-ce que c'est ? - D'après vous ?
C'est bien vous ! Cet argent est pour vous.
Attendez !
Une minute... Où est-il ?
- Qui ça ? - D'où vient cet argent ?
Un type dans le parc me l'a passé pour vous.
Vous mentez ! Où est-il ? Où est Joe ?
Je ne connais pas de Joe.
À quoi ressemblait cet homme ?
Je ne sais pas. Je ne l'avais jamais vu.
- Alors, Swede ? - D'où sors-tu cette cibiche ?
D'un type... Je l'en ai soulagé.
Il suffirait que tu tousses une fois pour partir en bouillie !
Que s'est-il passé ?
Rien du tout.
- Ça a marché ? - Comment non ?
Comment était-elle ?
Juste comme tu l'avais dit.
C'est comme ça qu'elle était.
Vous avez vérifié tous les hôpitaux ?
Continuez de chercher.
Il y a une fin à tout. Tu te rends malade !
Je sais que tu me veux du bien,
mais je t'en prie, pars, laisse-moi seule.
Et si tu le retrouvais, que ferais-tu ?
Ce que je ferais ?
Je l'entourerais de mes bras pour ne plus le laisser partir !
Ridicule !
Hargraves vient d'appeler. Notre cargo est prêt à appareiller !
Quelle chance, ce bateau et toute cette publicité !
En ville, on ne parle plus que du Secours !
Quant à l'argent, il en pleut !
Tu sais, Dut,
je ne me sens pas très bien depuis quelque temps...
Je comptais sur toi pour m'emmener me reposer dans le Sud.
Qu'en dis-tu ? Quelques semaines à Palm Beach.
Qu'en dis-tu ?
Bonjour, M. Bryant. Mlle Bryant...
Nous avons résolu cette affaire : il est mort.
- Qui est mort ? - Bascopolous.
Un vilain bougre ! Regardez ce casier...
3 ans à San Quentin, 2 à Leavensworth, 5 à Sing Sing.
Sans parler des délits mineurs.
Qu'y a-t-il ?
- Ce n'est pas Bascopolous ? - Oh si !
On a vérifié avec le médecin-légiste et le commandant du bateau
où il travaillait. Le propriétaire, lui, avait disparu.
Le bateau aussi, d'ailleurs. Mais on l'a retrouvé.
Au quai 48, ils chargent un cargo, le "Chair-de-la-vie"
avec des produits médicaux de chez vous.
Redites-moi le nom de ce bateau !
Le "Chair-de-la-vie"... Mais c'est récent.
CHAIR-DE-LA-VIE
Où est Joe ?
Où est Joe ?
Je vous en supplie, où est-il ?
Joe, emmène-moi avec toi ! Je t'en prie, mon chéri !
Je t'aime... Emmène-moi avec toi !
Tu n'as rien à faire avec un escroc comme moi,
sinon mettre de la boue sur ta robe... Laisse passer le temps.
Laisse sécher.
Ça partira à la brosse.
Non, Joe, je t'aime !
Emmène-moi avec toi !
Adieu, chair-de-la-vie !
Ça s'est terminé comme ça.
Qu'est-il arrivé au Grec ?
Il a livré la marchandise, et il a rejoint la marine marchande.
Au retour, le "Chair-de-la-vie" a fait ex aequo avec une torpille.
Drôle de fin pour un type pareil !
On ne tue pas un gars comme Joe.
On est là depuis dix jours,
c'est pour ça que je traîne...
Il est allé en ville. Je lui ai dit qu'on se retrouverait ici.
Je savais qu'elle serait là, et j'espérais que...
Je vois le topo.
Swede, où étais-tu ?
Je t'attendais.
Le canot est au bout de la jetée, retournons au rafiot.
J'ai changé d'avis, on ne rentre pas à bord ce soir.
Écoute, Joe...
C'est notre dernière nuit ! Un taxi nous attend, on va en ville.
Faut faire quelque chose !
- Pardon ? - Écoutez...
Vous avez un canot au bout de la jetée,
il ne peut rester là-bas.
C'est contre le règlement. C'est un danger pour la navigation.
Il a raison.
L'un d'entre vous doit l'amener jusqu'ici.
Eh bien, vas-y, Joe.
Pourquoi moi ?
- Je peux t'en donner l'ordre. - Tu ne ferais pas ça.
C'est l'un ou l'autre !
Jouez-le à "pile ou face". Vous êtes joueur, non ?
J'ai tâté à ça, oui.
J'en ai une ! D'accord ?
"Face", c'est vous, "pile", c'est lui.
Qu'en dites-vous ?
C'est la seule façon de trancher.
Pourquoi pas ?
D'accord, ça marche.
C'est "face" !
Merci, l'ami !
Adaptation : Paul J. MEMMI
Sous-titrage : C. M. C. - Paris
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