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Original subtitles

Madame Hanna Belkacem.

J'ai une bonne nouvelle.

Vous etes compatible avec votre frere.

Les resultats de vos analyses sont positifs.

Alors la greffe du rein peut etre envisagee rapidement.

Maintenant, c'est a vous de decider.

- Si vous etes toujours d'accord. - Oui.

Attendez. Prenez du temps pour reflechir.

C'est une operation tres lourde.

Vous n'etes pas obligee de decider tout de suite.

Je suis d'accord.

Bon. Alors je vais passer votre dossier au Dr Martin.

C'est un excellent medecin.

Je suis sure que tout se passera bien.

Merci.

Je suis incapable de faire de la peine aux gens.

C'est mon probleme.

Excusez-moi.

A tout a l'heure.

Sandrine ?

Sandrine Delivet. C'est moi, Paul.

Paul, la 3e D, a la Lacordaire.

Le voyage a Londres. Tu te souviens ?

- Ah oui. - On avait presque couche ensemble.

- Ouais. - Comment tu vas ?

Ca va, ca va. Et toi ?

Bien.

Attends, excuse-moi.

- Vas-y. - C'est Pauline, ma soeur.

Allo ? Ca va l'amuser.

Oui, Pauline ?

Tu sais quoi ?

D'accord.

Oui, j'arrive.

- Ca va ? - Ma mere est morte.

C'est horrible.

Elle s'est fait ecraser par une voiture.

Oh, c'est horrible.

Oui, c'est horrible.

Merci de m'accompagner.

J'avais pas le courage d'y aller seul.

Tu peux l'embrasser, si tu veux.

- Non... - Ca me ferait plaisir.

Je t'aurais pas reconnue.

T'es la Sandrine de Londres. La mononucleose, c'est toi.

"La mononucleose" ?

La maladie que Paul avait ramenee.

Il jurait n'avoir embrasse personne.

Quel cachottier !

Ca avait beaucoup fait rire maman.

Elle riait, elle riait...

Elle etait tres rieuse.

Pardon.

- Et tes parents, ca va ? - Ca va. Ca va tres bien.

- Que faisaient-ils ? - La pizzeria.

- Oui. - Non. Ils etaient dentistes.

Oui, ils etaient dentistes, aussi.

Paul, cette fille n'est pas Sandrine.

Excusez-moi, mais vous etes qui ?

- Hanna Belkacem. - "Hanna Belkacem" ?

Comment vous pouvez venir chez nous ?

- On a perdu notre maman. - Oui, c'est horrible.

- Profiter de la situation... - Vous n'avez aucune pudeur ?

Je sais, je...

Je suis desolee. Je me suis pas rendu...

Je me suis pas...

Pardon, excusez-moi.

Le dernier train est dans 10 minutes.

Merci...

T'es qui, en fait ?

Mais je suis personne.

Je me sens tellement coupable.

Qu'est-ce que je pourrais faire pour me faire pardonner ?

Hein ?

Oh, pardon. Pardon !

Je souffre d'une grave nevrose de la gentillesse.

C'est une maladie familiale.

Tiens celui-la. Tu m'en prepares un autre ?

- D'accord. - T'en as plein. Plein, plein.

Oui ?

Voila.

Bonjour, Omar.

Je peux laisser ma petite ? Je vais chercher son frere.

Pas de probleme.

- Merci. - Merci a vous.

- A tout a l'heure. - Merci.

Mon pere etait epicier social.

En plus de l'epicerie, il proposait des services :

taxi, cafetier, mecanicien, macon...

Non ! Ca !

Regardez tout ce que ca fait.

Voila.

Oui, oui.

- Allez, c'est bon. - Merci !

Il angoissait de ne pas pouvoir satisfaire ses clients.

Son epicerie etait pleine, mais on etait fauches.

Il ne voulait pas embeter les gens en les faisant payer.

- J'ai pas de monnaie. - La prochaine fois.

Vous avez pas une piece pour le parcmetre ?

C'est une reaction tout a fait legitime.

Ne vous en voulez pas.

Ma mere etait psy au foyer.

Elle considerait que la psychanalyse etait un truc de riches

et que les riches n'avaient pas vraiment de problemes.

Elle avait entrepris de psychanalyser a leur insu

les voisins qui allaient mal

mais qui ne croyaient pas aux psys.

Asseyez-vous la. Vous serez mieux.

- Vous croyez ? - Oui.

Je vais le faire. D'accord.

- Du the. - On est bien, c'est gentil.

- Comment allez-vous ? - Ecoutez, ca va pas du tout.

- Ah bon ? - J'ai perdu une dent.

- C'est pas vrai ? - J'etais bouleversee.

Fais-moi un bisou.

C'est parti.

Comme mon pere avec ses clients,

mes parents satisfaisaient tous mes desirs.

- Tu veux de l'aide ? - Non.

Tu veux mettre quoi, pour ton 1er jour d'ecole ?

Je te l'ai deja dit. J'ai dit ca.

Ah, tres bien.

On fait le train, Anatole ? Anatole ?

Je mets la pomme.

Guy, il a choisi le soleil.

Hanna, tu as choisi quoi, comme image ?

C'est moi qui l'avais !

Je suis desolee, c'est moi qui l'avais.

C'est Guy qui l'avait choisi.

- Non, c'est moi. - Tu l'avais choisi ?

Oui, c'est moi.

Elle est fatiguee.

Suite a ce traumatisme, on me retira de l'ecole jusqu'a la primaire.

- Ca va pas, cherie ? - Je m'ennuie, moi.

- Qu'est-ce qui te ferait plaisir ? - Un petit frere.

J'etais donc persuadee que mon frere avait ete concu pour moi.

- Ca va, toi ? - Oui.

On va a la maternite. On revient bientot avec ton petit frere.

- Tu sais par ou il va sortir ? - Non.

Par ma vulve.

Mais s'il passe pas bien, on m'ouvre le ventre au scalpel.

Il faut dire la verite aux enfants.

- Oui. - C'est bien, hein ?

Je peux aller la-bas ?

C'est completement normal. C'est une contraction.

C'est la nature. Il va bientot sortir.

Dis-moi quand tu vois la tete. Tu vois la tete ?

- Ca y est. - Ca peut etre long.

Prends le livre des prenoms.

Pendant que j'accouche, Hanna choisit le prenom.

T'en penses quoi ?

- Ca te ferait plaisir ? - D'accord.

Diego ?

Diego, non.

Didier ?

Non. Dominique ?

D'Albert ? Damien ? Doug ?

Doug, c'est rigolo.

Donnadieu.

- Vous relachez maintenant. - Oui.

Tu m'as crue ?

Donnadieu etait ce que j'avais obtenu de plus important.

N'importe quoi, c'est pas vrai.

- Tu mens. Tu m'as crue. - Arrete de mentir.

- Si, tu m'as crue. - N'importe quoi.

Si, tu m'as crue.

Depuis que je suis parti, je ne sais combien de temps,

je n'ai pas vu ma mere.

- Passe-le-moi ! - Donnadieu, partage tes jouets.

- D'ou sortent ces cow-boys ? - Papa me les a offerts.

Non, non ! Les cow-boys sont affreux.

Ils ont extermine les Indiens. Ca va pas !

Je lui ai dit.

J'irai les echanger contre des Indiens.

Mais j'aime pas les Indiens.

He, Donnadieu !

Donnadieu, viens.

- Viens. - Au pied.

Donnadieu, c'est quoi, ce prenom ?

Nous embrouille pas avec ton vieux prenom.

Je suis senegalais. Mouss est algerien. Eux deux...

- Comoriens. - Voila. Mais toi, t'es quoi ?

Laissez-le !

Fonce dans le mur, toi. T'es rebeu ?

Donnadieu, c'est pas rebeu.

- Si, je le suis. - Il est ce qu'il est.

Ta tete va pas avec ton nom.

- Ma mere est francaise. - Notre mere est citoyenne du monde.

- Citoyenne des toilettes ! - Mon pere est algerien.

- Vous mangez du porc ? - Non.

Ah, musulmans !

On est vegetariens.

- Vous croyez en quoi ? - Le Dieu en chacun de nous.

- C'est qui, lui ? - T'es rien, en fait.

- T'es rien. - T'es rien.

Non, on n'est pas rien. Au contraire. Nous, on est tout.

Mais... tout, c'est rien.

Il faut etre quelque chose, comme les autres.

C'est pas grave, si t'es pas comme eux.

Ca montre qu'on peut etre different.

Tu leur sers d'exemple.

Mais... est-ce qu'on peut etre ami avec un exemple ?

On aime tous les dieux parce qu'ils sont tous aussi bien.

Mais Dieu n'existe pas, tu le sais.

Maman, on t'a rien demande.

On est seul dans la vie. Et personne ne te fera de cadeau.

Tu peux me passer de l'argent ?

Ca m'etonnait que tu viennes nous voir sans raison.

Bon. Viens, on a du travail.

La CAF a fait une erreur.

Ils m'ont pas donne ce qu'ils me devaient.

Mon proprietaire me menace d'expulsion.

Donc tu veux de l'argent, pour le jouer.

N'importe quoi !

Je prefere que tu le reconnaisses. La verite, c'est important.

Tu me fais de la peine, apres ce que j'ai fait pour changer.

Sur la tete des Assedic.

Je prefererais du liquide.

Je te garderai les enfants.

- On roule pas sur l'or. - Tu veux pas travailler.

Je travaille.

Mais je refuse d'etre payee.

- Omar. - Oui ?

- J'ai besoin de vous. - Oui. Tout de suite.

Tu fais quoi ?

J'ai un probleme de fuite d'eau. Vous pouvez y jeter un oeil ?

- Bien sur. - Mais non, papa. S'il te plait !

Ca prend 2 minutes. Venez, les enfants.

Mais la piscine ?

On savait tous qu'Ebene etait la pute du quartier.

Seul mon pere ne s'en etait pas apercu.

Ca, c'est pour toi. Et ca, pour toi.

Merci.

Voila !

C'est repare.

Ca ne coulera plus.

Combien je vous dois ?

Je vous en prie. Merci.

Comment vous remercier ?

On pourrait boire un cafe, tous les deux.

Pourquoi pas ? Merci.

Demain, 14 h ? J'ai un creneau.

Maintenant, non ? C'est plus simple.

Maintenant ?

Si vous n'avez pas de cafe, un verre d'eau, ca m'ira.

Un petit verre d'eau...

OK. D'accord, un verre d'eau.

Elle est vraiment gentille, cette dame.

C'est bizarre qu'elle soit pas mariee.

- C'est pour les enfants. - Mais ca ira !

C'est pour moi. C'est pour les enfants.

Je vais porter sa livraison au Dr Girard.

Papa, j'ai rien a faire. Je peux aller livrer ?

- C'est trop lourd. Tu pourras pas. - S'il te plait, papa.

Allez, tiens. Vas-y.

Hanna, accompagne ton frere chez le docteur.

Hanna, allez !

- Donne-moi un sac. - Non. C'est bon. Je peux porter.

- T'es sur ? - Oui.

- Pan ! T'es mort ? - Non.

Magne-toi !

Tu fais quoi ? Degage, on joue aux cow-boys.

Tu nous genes.

- Tu fais quoi ? - J'ai des Indiens. On joue ?

- Oui, vas-y. - Je peux, Hanna, s'il te plait ?

Ca va ?

Je toussais, alors le Dr Girard m'a auscultee.

J'ai une rhinopharyngite. Je dois prendre des medicaments.

Ah bon ?

Tiens, l'argent de la livraison.

- Lave-toi les mains. - Elles sont propres.

L'argent, c'est sale. Tu sais bien.

Bismilah.

On y va.

- J'ai pas envie d'y aller. - Depeche-toi.

Et tu souffles pas.

- Salut, grand-pere. - Te voila, toi.

He, ma biscotte !

N'embete pas ton pere quand il fait la priere. Viens ici.

On va etre en retard a l'ecole.

Allez, il est bientot 8 h.

Bonne journee. J'ai achete des pains au chocolat.

Il faut prendre de la distance avec votre fils.

- C'est pas possible. - Pourquoi ?

Parce que je suis seule avec lui, et je peux pas.

Je veux pas prendre de distance.

Il n'a pas de pere. Alors la distance vis-a-vis de la mere, non.

- Je vais bosser. - Attends, je viens avec toi, papa.

Va travailler. Tu vas finir par etre en retard.

J'aime pas travailler pour la concurrence.

Je peux pas te payer. Fais ce que t'as a faire.

- A ce soir. - A ce soir, mon fils.

Vous avez toujours fait preuve d'une competence exemplaire

et si j'avais pu faire quoi que ce soit pour empecher ca,

je l'aurais fait.

Je comprends pas. Ca fait 10 ans que je travaille pour vous.

Oui, je sais bien. Mais...

on doit reduire les effectifs.

Et votre poste, particulierement, subit la restructuration.

Mais j'ai toujours eu le plus grand respect pour votre travail

et votre implication.

Si vous croyez que ca me console...

J'ai 45 ans. Jamais je retrouverai un emploi.

Je suis desolee.

Et puis j'ai un gros credit. Je vais perdre ma maison.

J'ai la chambre de mon fils qui etudie a Colmar.

- C'est horrible. - Je n'aurai rien.

Comment je vais faire ?

Je suis vraiment desolee.

Comment je peux me faire pardonner ?

Je suis vraiment desolee. Vous pouvez pas savoir.

Et ma fille qui suivait des cours de clairon.

- Je vais devoir la desinscrire. - Ah bon ? Oh non !

- Bonjour. - Bonjour, madame.

Je voudrais un jacquier.

- "Un jacquier" ? - C'est le fruit.

Je suis a vous tout de suite.

Merci.

Voila. Parfait, madame. Un jacquier.

Non, c'est pas ca.

C'est pas pareil. Jacquier, c'est tres gros.

Simone, on a des jacquiers ?

"Des jacquiers" ?

- Jacquier, on n'a pas. - C'est la catastrophe.

- On peut en commander ou ? - Je sais pas.

Je lui dis quoi ?

- On n'en a pas. - Vous etes sur ?

- Je peux vous offrir des kumquats ? - Non.

Je voudrais juste un jacquier.

Desole.

Merci.

Merci...

Merde ! Merde !

- Mais arrete ! - Merde !

Arrete !

Arrete ! Qu'est-ce qu'il y a ?

Arrete...

Excuse-moi.

Excuse-moi.

- Excuse-moi. - Ca va.

Pardon.

- Qu'est-ce qu'il y a ? - Je sais pas ce qui m'arrive.

C'est normal.

T'es nerveux, t'es inquiet.

Pour ton fils.

Faut que je commande des jacquiers tout de suite.

Apres, j'irai m'assurer que Donnadieu et Hanna seront la ce soir.

Qu'est-ce que tu fais la ?

Je verifiais les bougies d'anniversaire.

Il manque la 5 et la 8 ans. Et les balayettes, t'en as plus.

J'irai voir.

Les cure-dents aussi. C'est la base.

Je le dirai au patron, mais laisse-moi travailler.

Ils sont pas serieux, ici.

C'est pas comme ca qu'on fait son metier.

T'es oblige de me surveiller ?

Je suis venu t'aider.

J'ai une certaine experience dans le commerce.

Sinon, ca va ? Tu te sens comment ?

- Tu te sens assez fort ? - Tais-toi. Personne ne sait.

- T'es debout... - Arrete.

Hakim. Il y a un probleme ?

- C'est mon pere. - Vous etes le pere de Hakim ?

Que pensez-vous du magasin ?

Il s'appelle Donnadieu.

Non, papa. Donnadieu, c'est pour les papiers.

Mon prenom, c'est Hakim.

Des cure-dents, y en a pas. C'est embetant, ca.

Vous avez raison, je vais verifier.

J'ai ete ravi.

Je t'ai dit cent fois de m'appeler Hakim.

Pourquoi tu veux me creer des problemes ?

Laisse-moi travailler.

OK.

Je m'en vais.

Tu viens manger, ce soir ?

- Je vis chez vous, papa. - Bien sur.

Ta mere fait le couscous. Je voulais etre sur.

Oui, je sais. Mais il etait en detresse.

Fais-toi payer, au moins. A force, c'est du gachis.

T'as raison. La prochaine fois,

je demanderai de l'argent et je te le donnerai.

Non, j'ai dit ca pour toi. Moi...

Ca me ferait tres plaisir. Je n'ai pas besoin de cet argent.

Ca va pas ou quoi ? Je suis pas ton mac.

Elle est folle, celle-la !

Tu viens de plus en plus, rue Saint-Denis ?

Oui, parce qu'a Paris, c'est plus simple.

Et j'ai des collegues.

Merci pour cette belle collaboration.

- Merci a vous. - Bonne continuation.

- Tartine ? - Oh oui, bien volontiers.

Cordialement.

- Bien a vous. - Au revoir.

Salut !

Merci.

Ca va ?

Les gens ne veulent plus reparer les choses par eux-memes.

J'ai voulu aider un type en panne.

C'est comme si je l'avais agresse.

Comme ca, t'as plus de temps pour toi.

On n'allait pas chez le garagiste, nous.

On mettait des elastiques sur la boite de vitesse.

Oui. Mais on etait toujours en panne.

- Et alors ? C'etait bien. - Oui.

On se retrouvait en bas des immeubles pour reparer les voitures.

Vous n'avez qu'a vous retrouver au cafe.

Ils se retrouvent tous a la mosquee, maintenant.

Et ils sont pas corrects.

T'as vu leurs magasins halal ?

Ils vendent pas de porc.

Quand t'ouvres un commerce en France,

tu dois vendre du jambon et des lardons.

Moi, je mange pas de porc.

Mais j'ai toujours vendu des jambons et des lardons.

Ca me derange pas.

Arrete. Si t'etais pas arabe, je dirais que t'es facho.

Je me mets a la place des Francais. Deja qu'on est nombreux...

Ca va pas ?

Je rouvre a 15 h, en fait.

J'y vais.

Tu viens, ce soir ?

- Mais il n'y aura pas Donnadieu ? - Non.

Regarde pas, regarde pas ! Il arrete pas de la mater !

- Bonjour, ma cherie. - Bonjour. Ca va ?

Oui. Je suis contente de te voir.

La voila !

Il ne devait pas etre la.

- Qu'est-ce qu'elle fout la ? - T'avais dit qu'il etait pas la !

Viens ici. Regarde qui est la : Kenza.

- J'ai pas envie. - Je suis contente de te voir.

Salut.

- Ca va ? - Oui.

Alors ? On est bien, tous ensemble, non ?

T'as vu tes neveux, comme ils ont grandi ?

T'as pas un truc a donner a tata ? Oui ?

C'est pour toi.

C'est la princesse Hanna.

Oh la la, c'est joli ! Tu dessines vraiment tres bien.

On est une vraie famille. C'est super.

Ca fait plaisir.

Qu'est-ce qu'elle fout la ?

T'as mauvaise mine. Ca te reussit pas trop, le ramadan.

- Tu devrais arreter. - Me parle pas.

- Pilou, pilou... - Regarde.

Goute la tchoutchouka de Kenza. Elle est vraiment...

Un delice.

Tres bon.

- Quelqu'un veut du the ? - Je veux bien.

Je peux ramener ca dans la chambre ?

Oui. Vas-y avec ta soeur.

Bon...

- Qu'est-ce que vous voulez ? - Se voir. On est une famille !

J'ai pas vu ce connard depuis des annees.

Parle pas comme ca devant ma femme !

Hakim ! C'est pas bon pour toi de t'enerver.

Il me frappe, mais l'important, c'est qu'il s'enerve pas.

C'est genial. Rien ne change, ici.

Ton frere est tres malade. Voila.

Elle s'en fout.

Hakim est malade du rein.

Et a terme, il lui faudra une greffe.

Les meilleures personnes pour ca sont les freres et soeurs.

J'ai rien demande. J'ai besoin de rien. Hamdoullah.

Une greffe ? Mais c'est grave ?

Oui. Il faudra faire vite

pour voir si t'es compatible.

Et...

Ensuite, tout simplement, on t'enleve un rein

et puis on le greffe a Hakim.

Mais c'est une operation tres lourde.

Je pourrais crever, elle leverait pas le petit doigt.

- J'ai... - Elle s'en fout.

- Prends ton temps. - Je veux pas de son rein.

Qu'est-ce qu'il a, mon rein ? Il est pas assez bien pour toi ?

Ah, je sais, il est impur. Il est pas halal ?

- Il t'emmerde, mon rein ! - Ferme ta gueule !

Il boit, il fume, il couche...

Va t'habiller avant de me parler !

Donnadieu !

T'aurais pas oublie ton prenom ?

Pour la greffe, alors ?

Attends, maman.

Qu'est-ce qui te met autant en colere ?

Eh ben...

Vous pouvez trouver du champagne,

du vin rouge, du vin blanc halal, sans alcool.

Je vous le conseille, il est merveilleux.

La librairie.

Et la boutique de vetements islamiques, avec un large choix.

Il y a beaucoup de choix.

Avec tout ce qu'il faut pour l'exterieur et l'interieur.

- Tout est certifie halal ? - Absolument.

Nous avons l'agrement islamique pour tout.

Voyez cette poupee.

Certifiee conforme.

C'est bien pour les enfants et ceux qui veulent apprendre la priere.

On peut acheter en toute confiance.

"Etre un bon musulman en prenant du bon temps."

C'est notre devise. Nous avons aussi une boutique de services.

Le kit mains libres islamique,

avec un niqab, un telephone integre, et decline avec un Bluetooth.

Sans oublier les applications halal.

On a souvent un doute sur ce qu'on peut faire ou pas.

On peut tout demander.

Se gratter le posterieur pendant le ramadan. Halal ou pas halal ?

Repondre a un besoin vital n'est pas peche,

a condition que des ablutions dans les regles s'ensuivent.

Effectivement, c'est pas mal.

On propose aussi des voyages malins pour le ramadan.

On trouve les meilleurs pays pour le jeune,

en fonction des saisons, pour manger plus tot.

C'est un confort.

Par exemple, si le ramadan tombe au mois d'aout,

le mieux, c'est d'aller...

en Patagonie, car a cette periode,

le jour ne dure que 3 heures.

- La Patagonie... - C'est lamentable.

Comment ?

Le ramadan, c'est pour se surpasser. On peut pas le contourner.

Retournez dans votre rayon.

C'est halal, de faire de l'argent avec le halal ?

Je vous laisse faire le tour.

Tu insinues que je ne suis pas un bon musulman ?

Seul Allah peut le dire.

T'es qu'un employe. Je t'ai pris car t'es du quartier.

Alors me cherche pas.

Kenza.

Kenza, t'es ou ?

- Je suis la. - Tu fumes encore ?

Tu manques de respect a tes enfants.

Non, puisque je me cache pour fumer. Comme toi.

N'importe quoi !

Je suis une bonne mere musulmane, mais deux enfants,

c'est trop difficile.

Et je m'inquiete pour toi.

Ca va pas ?

T'as eu des problemes au boulot ?

J'en ai marre, de la France. Je veux retourner en Algerie.

- Mais t'y as jamais vecu. - J'ai toujours reve d'y vivre.

C'est mon pays, je le sens.

Un pays pur, un pays vrai,

ou les gens sont solidaires, ou l'argent n'a pas d'importance.

Tu crois ca parce que tu n'y as jamais vecu.

J'y allais tous les etes, enfant.

Les vacances, c'est pas l'immigration.

Je m'y suis toujours senti bien.

J'etais tres proche de mon cousin Zinedine.

Il revait de venir en France.

On a essaye de le faire venir,

mais ils ont refuse, avec leurs lois racistes.

Y a pas un Algerien qui peut rendre visite a sa famille.

- Tu trouves ca normal ? - Bien sur que non.

Mais tu dois etre suivi ici.

Quand Bouteflika est malade, il vient en France.

Zinedine nous trouverait un endroit ou habiter.

Je vais l'appeler.

Papa !

- Qu'est-ce que c'est ? - Hein ?

- Qu'est-ce que c'est ? - Mes djellabas.

Je vais m'habiller en vrai musulman.

J'en ai marre, d'etre deguise en Francais.

Qu'est-ce que vous faites la ?

- Vous voulez un cafe ? - Non, non, merci.

C'est marrant que...

En fait, ton frere est a l'hopital. Il est en dialyse.

- Son etat s'est aggrave. - On est venus te chercher...

pour que tu ailles faire des tests de compatibilite.

- Mes parents. Et... - Christophe.

- Voila. - Bonjour, madame.

- Monsieur. - Bonjour.

- Enchante. - Merci.

Est-ce que tu pourrais nous laisser, s'il te plait ?

D'accord.

- Je nous fais un petit cafe ? - Oui. Sers-toi, c'est la.

Tu vas te preparer ? On a rendez-vous.

J'aimerais reflechir avant.

Tu reflechiras plus tard.

Tu devrais acheter une machine a espresso.

Je vais lui en chercher un ?

- Non, papa ! - Non, non. Ca ira, mais...

Pourquoi attendre, puisqu'on sait que tu diras oui ?

Je peux tres bien dire non. C'est mon droit.

On n'a jamais dit le contraire, mais on sait que tu le feras pas.

Comment vous savez, alors que je sais pas encore ?

- On le sait. - Tu cherches quoi ?

La confiture. T'en as pas ?

- Non. - Il y a une boutique en bas.

Non ! Tu vas pas lui chercher de la confiture !

Allez a l'hopital, c'est urgent.

- Tu viens, alors ? - Je sais pas.

- Je veux reflechir avant. - Reflechis. Vas-y.

Tu devais pas y aller, toi ?

Ah bon ? Je vais y aller.

C'etait super. Merci beaucoup.

Enfin, a part le petit dej...

- Tu reflechis, la ? - Oui.

Et alors ?

- Alors, oui. - Tu vois comme on te connait bien ?

Allez, viens, cherie.

Votre tension est correcte. Je vous laisse vous reposer.

A tout a l'heure.

Bonjour.

- Ca va ? - Laisse-moi tranquille.

Donnadieu...

Je vais te donner mon rein.

Je viens de faire des tests.

Si les resultats sont bons, je peux te le donner.

T'entends ce que je te dis ?

C'est quoi, cette djellaba ?

J'ai oublie une chaussette rouge dans la machine.

Pourquoi tu veux tellement avoir l'air d'un Arabe ?

- T'as oublie d'ou tu viens ? - C'est toi qui as oublie.

- T'es francais. - Je suis pas francais.

Mais si, t'es francais.

Notre mere est francaise, t'as un passeport francais.

Une djellaba rose et une barbe ne changent rien.

Je fais ce que je veux.

Si je veux etre algerien, je suis algerien.

Je resiste pour que mes racines survivent dans un pays hostile.

- T'es francais. - Non !

- T'es francais. - Je suis pas francais.

- T'es francais. - Je suis pas francais !

Ca va ?

Ca va ? He oh !

- Donnadieu... Excusez-moi ! - Qu'y a-t-il ?

- Je sais pas... - Excusez-moi.

Donnadieu !

Sortez, mademoiselle. On va s'en occuper.

Monsieur Belkacem ?

Vas-y, respire fort.

Encore.

Tousse.

Vas-y.

Encore une fois.

J'irai regler le docteur demain.

Il a dit que c'etait pas la peine,

qu'il pouvait nous soigner gratuitement.

C'est quelqu'un de bien, ce Dr Girard.

C'est rare, de faire les choses gratuitement.

Je t'attrape ! Va en prison.

Qu'est-ce que tu fais ? Mais qu'est-ce que tu fais ?

Toutes les semaines, pendant 2 ans,

j'ai livre les courses au Dr Girard.

Bonjour, Hanna.

Non, reste la.

Je n'aurai plus besoin que tu viennes.

Pourquoi ?

Je vais me debrouiller autrement.

Comme je t'aime beaucoup, je t'ai fait un cadeau.

Pour te remercier.

Ce sont finalement mes seins qui m'ont sauvee.

Je leur en ai toujours ete reconnaissante.

Arrete !

Arrete de me lecher. Va-t'en !

T'es un chien de bonne qualite, toi.

Ca va, toi ? Ca va ?

He, les gars. Prenez, c'est gratuit.

- Non, c'est pas gratuit. - Regarde ta soeur. C'est une pute.

Hein, c'est une pute ?

On l'a tous niquee. Dis-le, que c'est une pute.

- C'est pas une pute. - Dis-le, que c'est une pute !

- Espece de bouffon ! - Espece de baltringue.

Frere de pute !

J'ai jamais couche avec aucun de ces types.

- C'est pas ce qu'ils disaient. - Ils revent.

- Je prefere coucher avec les pedes. - Quoi ?

Avec les Francais, quoi.

Habille-toi autrement.

- Quoi ? - Tout le monde parle de toi.

- Tu joues au grand frere ? - Change-toi.

- Je fais ce que je veux. - Habille-toi.

Arrete !

Oh, Donnadieu, viens nous voir.

Donnadieu !

Putain, l'enfoire !

Reste en bas au cas ou il redescend. Vas-y, vas-y.

- Il est ou ? - Monte, monte !

Si on le trouve, on le defonce, ce batard !

Putain, il est ou, ce batard ?

La vie de ma mere, je vais te defoncer !

Sale pedale !

Donnadieu !

- La vie de ma mere ! - Descends !

La vie de ma mere ! Sale pute !

Wesh.

Wesh. Ouais, ca va comme ca.

Tranquille ? Wesh.

C'est mieux comme ca. Wesh, gros. Bien ? Tranquille ?

Wesh, Mouss. Ca va ou quoi ? Bien ?

Ca tourne ? Il est ou, Saoud ?

Mike Tyson, mec.

- Tu sors ? - Ben ouais, je sors.

Tu peux me parler gentiment ?

Je vais dehors.

Ca n'a rien a voir. Tu peux me parler gentiment ?

Tu rentres quand ?

Je rentre tout a l'heure, pour le repas.

- D'accord, ca va. - A tout a l'heure.

- Tranquille ? - Bien ou quoi ?

- Oh couillasse, tranquille ? - Ca va ?

Ta veste, on dirait une nappe.

Comment tu parles de ma veste ?

On dirait une nappe ou pas ? On va pique-niquer ?

- Tu veux quelque chose ? - Un 20 balles, s'il te plait.

- Les tiennes sont plus grosses. - Les autres se servent.

- Pas toi ? - Ca se fait pas. Je fais ca bien.

- T'as mange ? - Non.

- "Aperispliff" ? - Merci, mec. Trop bien.

- Vas-y, ciao. - Bonne journee.

- Non ! Non, je t'ai dit. - Mais quoi ? Deux ou trois joints.

- T'es ma grand-mere ! - Mais c'est therapeutique.

Tu veux pas que je me soigne ?

- T'as un cancer ? - Oui, c'est mon petit secret.

Vas-y. T'es relou.

Je te paierai des que j'aurai arnaque ta mere.

Laisse-moi travailler.

T'aurais pas du feu ?

T'abuses ! Tiens.

Tu veux un poumon avec ?

Minou, minou...

Oui, oui...

T'es un beau chat, toi. T'es un chat de bonne qualite.

Oui. Viens. Viens.

Tu fais quoi, la ? Tu touches pas a ma soeur !

- Tu t'approches pas d'elle ! - Laisse-le !

- Touche-la et je te tue. - Arrete !

Arrete ! Je decide qui me touche !

- Je te protege. - J'en veux pas, de ta protection !

Je t'aime. Je t'aime.

- Merci. - Merci.

- A bientot. - Salut.

Donnadieu, t'es ouf ou quoi ? Pas le Dr Girard. Il est trop connu.

Il dira rien. On prend sa thune et on se casse.

Il portera pas plainte.

- On y va quand ? - On le braque.

- Moi, je suis chaud. - Vendredi. On est quel jour ?

- Il a du cash. - On est mardi.

Il nous reste 2 jours.

- Salut, docteur. - Qu'est-ce que vous voulez ?

Oh la, oh la... Passe tes sous. Passe tes sous, vite !

Et nous balance pas !

- Chope-le. - Fous-le au sol. Fous-le par terre !

- J'ai les enveloppes. - C'est bon, j'ai !

Encule, va !

- Sale batard ! - On s'en va.

Donnadieu ! C'est bon, mon frere.

- Il pete les plombs. - On se casse.

Hanna Belkacem ?

Dr Martin ?

C'est bizarre de se retrouver la.

Non, c'est logique. On s'est rencontres dans cet hopital.

Oui.

Vous etes compatible avec votre frere.

C'est ce qu'on m'a dit, oui.

Deshabillez-vous.

Je veux dire, pour l'echographie, le...

Vous pouvez, s'il vous plait, relever votre...

La, le...

- Ca va, comme ca ? - Oui.

Vos deux reins doivent etre parfaits pour qu'on autorise la greffe.

Le rein que vous donnez doit etre en bon etat, mais l'autre aussi.

Apres, il fera tout le travail.

Je vois la membrane.

Elle a un tres bel aspect.

On vit bien, avec un rein.

Vous pouvez arreter de parler, s'il vous plait ?

C'est bien que votre soeur soit compatible et d'accord.

Je veux pas de son rein. Je l'ai deja dit.

Ecoutez...

Je ne connais pas vos relations, mais...

C'est toujours complique, les familles.

Votre soeur est quelqu'un de formidable.

Et elle vous aime beaucoup.

Elle a tres peur pour vous, pour votre sante.

- N'importe quoi ! - C'est ce qu'elle m'a dit.

Elle n'a pas hesite, vous savez.

C'est un vrai geste d'amour, que vous ne pouvez pas refuser.

Vous avez une famille qui vous aime, des enfants...

Je tiens a vous operer pour des raisons vitales.

Un rein, c'est de la matiere organique.

Il n'y a aucune ame, dans un rein.

Et aucune religion n'interdit les greffes de rein.

Reflechissez.

Hanna ! Viens prendre un cafe.

- Qu'elle est mignonne ! - Toujours en minijupe.

- Fraiche. - Ca va ?

Oui, ma puce.

Je te sers, si tu veux. Vas-y, sers-toi.

T'as eu des nouvelles de ton fils ?

J'ai rencontre le directeur, suite a son coup de fil.

C'est reparti, elle radote.

Les langues de pute !

Le mec bien, comprehensif.

Il a compris que le pere avait quelque chose d'etrange.

- Mais... - "Etrange"...

Mais bon, il m'a pas critique.

Il m'a juste dit que Raoul avait un etat un peu super actif.

- J'ai du mal a en parler. - C'est normal.

- Ca me touche, quoi. - Allez...

Y a du monde au balcon.

- He, il y a un client. - Vas-y, t'as besoin de bosser.

- On peut vous aider ? - Oui, je...

- Je voudrais lui parler. - Laquelle ?

La brune avec la jupe en cuir.

Hanna, oui.

- Il y a un client qui te veut. - Moi ?

Vas-y. Il a l'air bien.

Fils de bonne famille, bonne situation.

- Ouais, vas-y. - On va se marrer un peu.

- Cours. - Va lui parler.

- On sait jamais. - J'y vais, OK.

- Pas chiche. - Hanna, tu fais gaffe, quand meme.

Bonjour.

Bonjour.

Vous vouliez une pute ?

Non, non, vous vous trompez.

Je passais par hasard et je vous ai...

Ah oui. Ils disent tous ca.

Vous trouvez ca honteux, de faire la pute ?

Non, pas du tout.

Je les respecte beaucoup, les putes.

Tu veux monter ?

Ca va aller.

T'inquiete pas.

Deux minutes.

- Vous auriez une cigarette ? - Bien sur.

J'ai pas eu le temps d'en acheter.

Merci.

- J'ai pas de feu, par contre. - J'ai.

Merci.

Qu'est-ce que tu veux ?

Je suis venu te dire merci... d'accepter la greffe.

J'ai reflechi et je suis d'accord aussi pour l'operation.

- Je suis contente. - Oui. C'est bien.

Oui.

Tu veux rentrer ?

Bonjour.

Ca me fait plaisir de vous voir.

Vous semblez mieux, non ?

La dialyse vous a fait du bien ?

Et les nouvelles sont tres bonnes, concernant la greffe.

Les reins d'Hanna sont en parfaite sante.

J'ai vu les resultats...

C'est vraiment... C'est tres rassurant.

Merci, merci.

- Ca va pas ? - On y va.

Hakim, qu'est-ce qui s'est passe ? Dis-moi.

Je suis desole.

Je le connais. Il ne voudra plus, maintenant.

J'ai pas l'habitude. J'ai peur qu'il n'y ait pas assez.

Ca ira pour cette fois.

Merci, ca avait l'air... tres vrai.

Oui, je suis une professionnelle.

Et tu embrasses.

J'avais entendu que vous n'embrassiez pas.

Si, si. Moi, j'adore embrasser. C'est ce que je prefere faire.

- T'aimes ca ? - Bien sur.

- On pourra se revoir ? - Passe quand tu veux.

Merci.

Merci a toi.

Reviens quand tu veux. Je te ferai des prix.

Mais arrete, Hakim ! Hakim, calme-toi. Ca va aller.

Hakim !

T'es devenu completement fou.

- Personne m'empechera de partir. - Espece d'imbecile !

Tu la connais, l'Algerie ? Moi, je la connais.

Je sais pourquoi j'en suis parti.

Y a pas de travail, pas de place pour les gens differents.

Les Algeriens veulent venir ici, et toi, tu veux aller la-bas.

Mais qu'est-ce qui te prend ?

Toi, tu voulais la France ? Moi, je veux l'Algerie.

- Attends d'etre opere. - Arrete ! Je prefere mourir la-bas.

Mon amour. Comment ca va ?

Regarde ce que je t'ai pris.

Tous les bonbons que t'aimes : les bonbons Orangina,

les gateaux, les chips...

Et voila. Tu touches pas, toi.

Si tu restes pas pour toi, reste pour ta fille.

C'est aussi pour eux, que je pars.

Elle est intelligente, elle est vive.

Elle fera quoi, la-bas ?

Elle sera plus heureuse ici.

- Ca va ? - Oui.

- Vous allez me manquer. - A bientot.

- Vous m'appelez. - Oui, des qu'on arrive.

T'es prudent, hein ? Tu m'appelles.

- Je t'appelle. - Allez, laisse-les partir.

Allez.

Tiens.

- Tu vois, la-bas ? - Oui.

L'immeuble juste derriere.

La maison est juste sur la gauche.

Voila.

- Ca, c'est la chambre. - Ouais.

Bien sur, ca, c'est le couloir.

C'est la chambre ou tu vas dormir.

Ca, c'est la cuisine, la chambre... C'est comme tu veux.

Tu l'amenages comme tu veux. D'accord ?

Ca, tu peux peindre rouge, noir... Tout depend de ton gout.

Ca marche.

Je mettrai un coup de platre la-haut.

Laisse tomber.

Les gens, quand ils viennent, ils vont pas voir.

Tu peux voir le coucher de soleil.

Avec le phare, la-bas.

C'est hyper beau.

- Je te remercie. - Pas de souci.

Un grand merci.

- Ca te plait ? - Impeccable. Je te remercie.

- Je te remercie, moi. - Merci a toi, vraiment.

Va voir ta soeur.

Toi et ta femme et ton...

Vous avez passe les vacances en Afghanistan ?

- C'est quoi, cette tenue ? - On s'habille comme des musulmans.

Je suis aussi musulman, je suis habille normalement.

Laisse tomber, Hakim.

On continue la visite ? On va voir la terrasse ?

Regarde les clous, les planches. Pour les enfants...

- Je vais la changer, la fenetre. - Et le plafond, tu vas le changer ?

Je vais te montrer le chauffage. Regarde comme c'est dangereux.

Il est pas fonctionnel !

La peinture, elle est fonctionnelle ?

Je vais la refaire. Je vais tout refaire. Calme-toi !

Je peux pas croire... Tu peux pas refaire.

T'as file toutes nos economies. On n'a plus rien. Voila notre vie.

Il faut juste que tu me fasses confiance.

Ma cherie, je suis citoyenne, je vote.

Primaires, europeennes... Sans etre pour l'Europe, je vote.

- T'as pas de statut, tu votes. - T'es la, t'es humaine, tu votes.

Tant que mon metier n'est pas ecrit sur ma fiche d'impot,

je ne vote pas.

- Ben ouais. - D'accord.

Tu vois les choses comme ca.

- Tu mets quoi, sur ta feuille ? - Salope.

- Bonjour. - C'est Paul.

- Bonjour, Paul. - Enchantee, docteur.

Docteur, vous votez ?

Ca m'arrive. Je vous derange pas ?

- Non, on est en pause. - Lui, il a un statut.

- Tu veux un cafe ? - Je veux bien.

Il existe, la societe le reconnait.

- Tu existes aussi. - N'importe quoi.

T'as un probleme d'existence.

- Vous etes du quartier ? - J'habite juste a cote.

Je suis du 94, mais je travaille ici.

Le 94, c'est tres loin.

- Quoi ? - C'est loin.

Arrete, Parisien ! Tout est pour moi.

Ouais, il arrete pas de t'allumer.

Tu prends combien ?

- Je suis en pause. - Je paye plus cher. Viens.

La politique, ca donne du civisme.

- Serieusement... - Laissez-la tranquille.

Ferme ta gueule, je parle affaires.

Et le respect du aux femmes ?

C'est une pute. Je dois lui parler comment ?

Demandez-lui pardon.

- Degage ou c'est un coup de boule. - Laisse tomber.

Va pour le coup de boule.

Tu l'auras voulu !

- Ca va pas ! - Degage !

- Quoi ? - Gros con !

Espece de gros connard !

- Ca va ? - Ca va. C'est juste une epistaxis.

- J'ai l'habitude. - C'est quoi, une epistaxis ?

C'est un saignement du nez.

Ca va ? Ca te fait pas trop mal ?

Pas du tout. Il faut que tu te couvres.

Ca te gene, que j'aie l'air d'une pute ?

Pas du tout. J'ai peur que tu attrapes froid.

On n'attrape pas froid

si on se couvre le cou, les pieds et les mains.

Alors ca veut dire que je peux sortir nue

avec une echarpe, des chaussettes et des gants ?

Et t'attraperas plus jamais froid.

Il faut que tu fasses attention a toi.

Je merite pas ton amour.

Tu sais...

Je dois te dire quelque chose sur mon travail.

Tu me le diras plus tard. J'ai une surprise.

Excuse-nous pour l'autre fois.

On etait a cran, vu les circonstances.

Oui, bien sur, je comprends. C'est moi qui m'excuse.

Non, non.

- Tu t'appelles Hanna Belkacem ? - Oui, voila. C'est mon vrai nom.

Mon pere est algerien, et ma mere, francaise.

Cool.

- Et votre rencontre ? - Au lycee.

Tu sais bien, le voyage a Londres.

Mais non, mon cheri. C'est pas Sandrine Delivet.

- T'es bouche ou quoi ? - Mais c'est pas grave.

- C'etait a l'hopital. - T'es medecin aussi ?

Non.

Euh... plutot patiente.

Paul, l'ethique... On drague pas ses patientes.

Alors t'es pas medecin ?

J'oublie qu'il y a autre chose. Je suis cardiologue.

- Et moi, dentiste. - Dentiste, c'est pas medecin.

C'est tres bien, mais c'est pas medecin.

- Je suis psychologue scolaire. - Bravo.

Et toi, tu fais quoi ?

Euh... Eh ben...

Moi, je suis DRH.

En fait. A La Maison des Vins.

On est specialises dans les grands crus.

- Tu dois avoir du bon vin gratos. - Hanna, dis-leur la verite.

C'est la verite.

- DRH ? - Oui.

Hanna est une pute.

Tres douee et tres serieuse dans son travail.

Elle aime son metier, et moi, ca me va.

J'espere que vous l'accepterez, parce que je l'aime...

comme elle est.

Waouh !

Voila, voila...

Et... du coup, tu n'as pas voulu reprendre la pizzeria de tes parents.

Mais quand...

Quand tu dis "pute", tu veux dire "escort" ?

Non, pute.

- Sur le trottoir, quoi. - Oui.

C'est original, c'est interessant.

Tu travailles sur quel trottoir ?

Je pense que c'est important, la localisation.

A l'angle de la rue Saint-Denis.

Rue Saint-Denis ! C'est super. On sait que c'est la.

Comme aux Galeries Lafayette, tu sais ou sont les choses.

Si tu cherches un boulon, tu vas au sous-sol du...

Et si tu veux... tu sais que c'est la.

- Ah ouais. - C'est bien.

Comment on devient prostituee ?

- C'est-a-dire ? - J'y connais rien.

On dit que les prostituees ont ete violees dans leur enfance.

Juste, juste... C'est vrai.

C'est vrai ? Tu connais ca, t'es psychologue.

C'est un cliche.

J'ai vu ca a la tele, dans une emission un peu racoleuse.

C'est un principe classique d'identification a l'agresseur.

D'accord.

Quand tu es victime d'un choc traumatique tres jeune,

a un moment, tu decides de le tarir au fond de toi,

mais c'est le mauvais choix car ca ressort

dans une depression radicale ou un passage a l'acte.

Je vois pas le rapport entre une mome qui va se faire violer

et une prostituee.

Il peut y avoir un rapport, pas tout le temps.

Les etudes, il faut arreter...

C'est pas inscrit dans le marbre. Chacun peut s'en sortir.

Tout le monde peut s'en sortir. Tu vas voir un psy.

Tu vas sortir d'autres grandes phrases ?

Je crois qu'il est arrive la meme chose a mon frere.

C'est pour ca qu'il a fait des conneries, a l'adolescence.

C'est pour ca qu'il a frappe le Dr Girard.

C'est pas...

C'est pas un hasard, c'est pas possible.

Et moi, j'ai...

rien fait pour empecher ca.

J'aurais pu. Mais j'ai rien fait.

Je me suis toujours sentie nulle a cause de ca.

Maintenant, s'il meurt en Algerie,

ce sera encore ma faute.

Je crois que je ne m'en remettrai pas, s'il meurt.

Je peux vous prendre un Kleenex ?

Moi, j'ai fait trois CDD.

Je me sens beaucoup mieux.

Tant mieux.

C'est tres important, la confiance en soi.

- Ta valise est prete ? - Oui.

Je veux bien un petit cafe, moi aussi.

- Tiens. - Merci.

Je suis en avance. Je savais pas que tu bossais encore.

C'est moins dur de se faire virer par quelqu'un comme vous.

Ca fait passer la pilule. Merci.

Qu'est-ce qu'il dit ?

C'est-a-dire que j'ai du me separer de lui.

Elle m'a vire.

Apres trois CDD,

je me retrouve a poil.

Tu peux m'expliquer ?

J'ai essaye de te le dire plusieurs fois.

Je suis DRH, pas pute.

Je suis desolee.

Voila, j'en etais sure, t'es decu.

T'as couche avec ce type pour le plaisir ?

Ah non, le plaisir, pas du tout. Enfin... Pardon.

C'etait tres bien.

Tu l'aurais vu, il etait devaste.

- C'etait pour le consoler ? - Voila.

Comme avec moi. Tu couches pour consoler.

Non. Avec toi, c'etait tres different. Tres.

Tu m'en veux ?

Pour une pute, c'est normal de coucher avec tout le monde.

Mais si t'es pas pute...

je le comprends. Moi, j'aimerais pas.

Tu pourrais nous laisser, s'il te plait ?

Bien sur, bien sur.

Bonne continuation a tous les deux.

Merci pour tout.

Pourquoi tu te forces a faire ca ?

Mais je me force pas.

Ca vient tout seul.

Ca te fait de la peine.

- Je peux arreter, si tu veux. - Peut-etre. Non ?

Oui.

Ce que je pourrais faire, c'est leur offrir du vin a la place.

Du vin, c'est bien.

Hanna !

Qu'est-ce que tu fais la ?

- Vous etes arrives quand ? - On est arrives tout a l'heure.

Bonjour. Ca va ?

- Ca va. Et vous ? - Ca va, hamdoullah.

- C'est ma soeur. - Enchante.

Avec son compagnon.

- Ils viennent de France. - Enchante.

Ca va ?

C'est ma soeur, Hanna.

Allez, viens.

Je vais aller le coucher.

- Il n'a pas l'air bien. - Il est au plus mal.

Il a pas du pisser depuis 3 jours. Il fait tout ce qui est mauvais.

On ne peut rien faire pour qu'il accepte l'operation ?

Il ne changera pas d'avis.

Tant qu'un patient est conscient, on peut pas le forcer a se soigner.

Et s'il etait pas conscient ?

Faites-le passer la-bas.

C'est un rapatriement sanitaire.

La.

Non. La, la.

C'est bon, c'est bon.

C'est bon.

Je vais etre radie.

Non, souris.

- Bonjour. - Bonjour, monsieur.

Je suis son medecin et il doit etre opere.

- Que faisait-il en Algerie ? - En vacances.

- Comme ca ? - Oui.

- Il est algerien ? - Non, il a un passeport francais.

- Comme s'appelle son pere ? - Mohamed.

Donc lui, il est algerien.

Mais sa mere est francaise, Simone Dupuy.

On s'en fout, de sa mere.

Il est algerien.

Je comprends pas l'arabe.

- Et toi aussi, t'es algerienne. - Vous etes bouche ?

On est nes et on a grandi en France.

Je suis francaise, il est francais. Vous voulez quoi ?

Qu'il meure maintenant ?

Elle est sens dessus dessous, mais tout va bien.

- Quel hopital ? - Villejuif.

Villejuif ?

Je connais bien Villejuif. Ma tante y habite.

- C'est pas vrai ? - Wallah.

Quelle coincidence !

- Elle s'appelle comment ? - Mounia Zoubir. Tu la connais ?

Ca me dit quelque chose. Elle est pas suivie en...

"En..." ?

- En cardiologie. - Oui.

- Elle a un "pincement au coeur". - Un pacemaker.

Il faut que tu la... chouia.

- Bon voyage. - Merci beaucoup.

Elle n'a pas dit qu'il etait beau, mais gentil.

- Je connais cette tete. - Elle l'a dit.

Mais oui, il est beau.

Oh, ma fille !

Ca va ?

Qu'est-ce qui se passe ?

L'operation s'est bien passee, tout va bien.

Ton frere s'est fait operer ce matin.

Son etat s'est aggrave cette nuit. Ils ont trouve un donneur.

On a eu de la chance.

- Plus besoin qu'on t'opere. - Tu dois etre soulagee.

T'as rien a dire a ta soeur ?

Merci, Hanna. C'est grace a toi.

- Ca va, cheri ? - T'as pas trop chaud ?

Si, un peu. Il y a une serviette mouillee.

Hanna.

Hanna.

C'est toi qui as decide ca ?

C'etait une decision strictement medicale.

Ton frere est sauve. Alors, quoi ?

C'est moi qui devais le sauver avec mon rein. C'etait important.

Tu penses qu'a toi. Ou est ta gentillesse ?

S'il te plait.

Tu veux faire plaisir a tout le monde,

car t'es incapable de dire ce que tu veux.

Avec moi, tu veux quoi ?

Dans ta vie a toi, qu'est-ce que tu veux ?

Pour une fois que je faisais quelque chose pour moi...

Je suis capable de rien. Je rate tout, tout le temps.

Arrete de te torturer !

Tu sais pas si ton frere a vecu la meme chose que toi.

Avant de vouloir le sauver, sauve-toi toi-meme.

Comment ca ?

T'as fait quoi, pour cette fille ? T'as rien fait pour la sauver.

Tais-toi.

Pourquoi t'as pas refuse de livrer les courses,

en disant que t'etais fatiguee, qu'il etait mechant ?

Tu te serais evite 2 ans d'enfer.

Pourquoi tu t'es pas occupee de toi ?

Pourquoi t'as rien dit, Hanna ?

Je sais pas.

J'y ai jamais pense.

Hanna...

Hanna ?

T'as bu ?

Non. Oui, un peu.

Mais c'est pour le travail.

Je pense tous les jours a ce qui t'est arrive.

Et tous les jours, je me demande pourquoi j'ai rien vu.

Un homme qui soignait gratuitement, tu pouvais pas te mefier.

Je suis desolee.

Ma petite fille...

C'est froid, il faut sortir de la.

J'ai pas froid.

Au moins, ca vous sort de votre banlieue pourrie.

C'est quelque chose, un prix du Pont Mouja.

Simone ?

Oui, maman, c'est magnifique.

Si, c'est depaysant. C'est vachement beau.

Hanna, tu vas parier pour moi.

Tiens. Mets tout sur Roi de Perse.

Bordel, faites gaffe !

- Pardon ! Je vous ai fait mal ? - Evidemment !

- Desolee. - Je n'ai plus de sensations.

Mais vous m'avez fait peur. Attendez, restez la.

- Aie, aie, mon dos. - Desolee.

- Me laissez pas comme ca. - Pardon, j'y vais.

- He, bordel ! - Pardon.

- Salut. - J'ai pas le temps.

Ma soeur a eu un accident, elle est dans le coma.

- C'est horrible. - Tu veux pas prendre un cafe ?

- Non. - Je suis tellement deprime.

Ca me ferait vraiment du bien.

Oui, je sais, mais...

tu m'emmerdes. J'en ai rien a faire.

Je suis desolee.

Tu vois, je me suis couverte.

Je ne veux plus attraper froid pour rien.

Maintenant, je sais ce que je veux.

C'est toi que je veux.

Je veux tout de toi.

Quand je serai enceinte,

on croisera Sandrine Delivet, la vraie,

et tu lui diras qu'on s'est rencontres grace a elle.

Et je serai jalouse. Je trouverai qu'on se ressemble pas.

Tu diras que c'est parce qu'elle s'est coupe les cheveux.

On pensera la meme chose en meme temps.

On predira ce que dira l'autre, mais on ne s'ennuiera pas.

Et quand je serai malade, tu t'occuperas de moi.

Non, je tomberai malade avant toi.

Les medecins ne sont pas malades.

On ne le sera pas.

On aura un accident le jour de tes 90 ans.

Tout ca parce que t'es devenu miro et que tu tiens a conduire.

Sous-titrage : ECLAIR

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