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...
Battements de cĆur
Musique sacrée, opéra
...
Premier cri du nourrisson
...
ChĆurs cĂ©lestes
...
- Tu peux t'endormir.
Oui ! Tu me fais des sourires.
On frappe Ă la porte.
- Salut tout le monde. - Salut !
- C'est des fausses !
Les vraies fleurs, c'est interdit.
Champagne, c'est du vrai, lui.
Alors...
Elle est mignonne !
Le bouchon pĂšte. - Doucement aux oreilles !
- Elle s'étire ! Elle s'étire...
- VoilĂ ! Tiens...
- Tiens, chérie.
Ăa porte bonheur.
- Merci.
- Sur les poches. Ăa attire l'argent !
- Elle est mignonne. MĂȘme pas fripĂ©e.
T'as pas eu trop mal ?
- Non, j'ai rien senti.
- Ăa fait 40 ans qu'on donne la vie sans souffrir.
- Une péridurale pour la vie.
- Le champagne marche bien.
- Pour conduire, pas terrible.
- Et heu... Gloria, ça vient d'oĂč ?
- D'un film qu'on avait vu à la télé.
T'aimes pas ?
- Si ! Si, si.
- C'est trĂšs joli.
HĂ©, Nicoco ! Viens voir.
Alors, t'es content ? - Ouais.
- Bon, viens voir, viens.
Tiens, ça, c'est un petit cadeau pour toi.
- Je prends pas de ça, moi!
- Ăa va faire du bien Ă Thilda, ça va la remonter.
- Elle n'en a jamais pris.
- T'es sûr de ça ?
- Oui, elle me l'aurait dit.
- T'es sûr qu'elle te dit tout ?
- Oui, j'ai confiance.
- Prends-en avant de baiser. Vous allez vous éclater.
Tu vas voir, c'est chanmé. Quoi ?
Fais-moi plaisir, tu sais combien ça coûte ?
Prends-le, c'est un cadeau !
- Je travaille. Devant les clients, je dois ĂȘtre clean.
- Tu sais pas ce que tu perds.
- J'ai tout gagné.
- Ăa, c'est vrai ! - ArrĂȘte ! T'es fada !
Rues silencieuses, quelques pépiements d'oiseaux
La cafetiĂšre s'allume.
- C'est l'heure.
- Merci.
Elle soupire.
- Ils vont me rendre folle avec leur grĂšve.
Maintenant, ils se croient en mai 68 !
- Laisse dire !
Et surtout...
laisse faire.
J'ai beaucoup réfléchi.
Il faut lui dire qu'il est grand-pĂšre.
- Tu crois ?
- C'est pas bien qu'il l'ignore.
- Je sais pas.
Va vite et passe une bonne journée.
Mets un pull, il fait un peu froid.
- Envoie-lui une photo.
Si tu le fais pas, tu le regretteras.
- T'as peut-ĂȘtre raison.
- Et ça lui fera plaisir.
- Daniel,
tu ne m'en veux pas, depuis le temps que je ne t'ai pas fait signe.
Mais lĂ , aujourd'hui,
je voulais t'annoncer une trĂšs bonne nouvelle.
Notre fille vient d'accoucher d'un beau bébé.
Elle s'appelle Gloria.
- Ăa y est ?
- J'arrive.
- Je vais ĂȘtre en retard. - 5 mn.
Elle me va bien ?
- Mais oui ! Bouge-toi, merde !
- Je suis beau. Je suis le plus beau !
- C'est bon. On y va ?
- Je me coiffe, que je sois impeccable.
- Ăa amĂšne pas des clients.
- Si ! Les clients te notent. Ils te mettent des étoiles.
Faut pas avoir sous 3. Le max, c'est 5.
Je veux avoir que des 5.
- Tu Couvres Ă peine les frais.
- DÚs le remboursement du crédit, ça va monter.
Il faut que j'aie le plus d'étoiles possible.
- Si Bruno m'embauchait, on s'en sortirait.
- Si tu comptes sur lui!
- Il ouvre un autre magasin. - Tu l'as vu ?
- Non, c'est Aurore qui me l'a dit.
Il attire le fric.
- C'est un malade mental. Il frime. C'est un bouffon.
- Un bouffon qui réussit, lui.
- Nous aussi, on va réussir, ma chérie.
I am ready.
- Je vais ĂȘtre en retard ! Cette salope peut me jeter.
- Vas-y, pas besoin d'ĂȘtre deux. J'y vais tout seul.
- Attends, tiens, c'est l'argent pour elle.
La semaine en retard, et la semaine en avance.
- Entre.
Comment va ma p'tite Gloria aujourd'hui? Bien dormi?
- Impeccable.
Pas mal aux dents. - Tant mieux.
- Allez, on va coucher Gloria.
Voilà , t'as ton petit copain qui t'attend déjà .
J'y vais.
Mathilda la prendra ce soir.
- Elle est trop mignonne.
- J'ai posé les sous sur le buffet.
- OK, d'accord.
Travaille bien. - Toi aussi.
- Hi - How do you do?
- I'm Nicolas, your driver. Nice to meet you.
Please give me your bag. - Thank you.
- You enjoy Notre-Dame de la Garde?
- Very, very nice. Very beautiful.
- Please, have a seat. - Thank you.
- You have candies and water... - OK, great. Thanks.
- It's oK for you? - Fine.
- Nice view.
- Bast view ever.
- Everything is fine? - Everything is great.
- We go to your hotel I guess? - Absolutely. Thank you.
- So... Here we go.
- Very beautiful. All the city.
- Yeah, sunshine everyday.
The greatest town of the world.
Il sniffe.
- Bonjour.
- 10 euros.
- C'est tout ?
- Ăa vous plaĂźt pas, reprenez-le.
Trouvez mieux ailleurs.
Ăa m'Ă©tonnerait. - Putain !
Il est neuf ce radio-réveil.
Je l'ai jamais utilisé.
- Vous vendez ou pas ? Des gens attendent derriĂšre.
Suivant !
- Tu peux rester aimable ?
- J'ai pas l'temps !
- J'ai pas l'temps...
Quitte Ă m'enculer, fais-le en souriant.
- Deviens pas grossier, je vais m'énerver.
- Ănerve-toi pour voir.
- Comment tu me parles ?
- EspĂšce de connasse ! - HĂ© ho !
- Tu m'as bien entendu ?
- ArrĂȘte ! - Tu m'Ă©coutes bien ?
Plus jamais, tu remets les pieds ici.
Allez, lĂšve-toi !
Tu te lÚves, tu dégages !
- EspÚce d'enculé ! - C'est ça.
- J'te nique ! Toi et ta meuf, espĂšce de pute !
- Approchez, n'ayez pas peur.
C'est terminé, tout va bien.
Bonjour, madame. - Bonjour.
- Ăa va, ma chĂ©rie ? - Ben ouais !
- T'as combien en caisse, lĂ ?
- 700.
- Donne 500, je retourne Ă l'entrepĂŽt.
- Plus je bosse et moins je vois la couleur de l'argent.
- Il faut équilibrer les comptes.
Tu vends ce que je répare là -bas.
- C'est ce que j'achÚte ici que tu répares là -bas.
Je t'ai pas encore tout appris, mon amour.
12 euros.
- C'est bon. Merci.
- Ăa va, les gars ?
- Bruno... - Qu'est-ce qui t'arrive encore ?
- C'est pour l'argent.
- Quel argent?
- Tu me donnes une partie en chĂšque ?
- Oh putain !
Je t'ai expliqué 100 fois. Tu comprends rien ?
Si ça va pas, je te retiens pas.
- Juste des bulletins de salaire.
L'agence veut des garanties.
- Des bulletins de salaire ? Des virements, aussi? Il est fou.
Je te fais un chĂšque, mais les charges, c'est pour toi.
Alors ce sera la moitié. Réfléchis !
- Ouverture.
Daniel Ortega, libérable.
Au revoir. - Salut.
Cris de mouettes
Dans une grotte, je suis entré J'en sortis en secouant la poussiÚre
VoilĂ ce que j'en retirai.
Musique mélancolique
...
On frappe Ă la porte.
- Vous ĂȘtes le pĂšre de Mathilda ? - Oui.
- Je suis Richard, entrez.
Sylvie va arriver.
Elle travaille de nuit en ce moment. Ăa gagne un peu plus.
Vous avez fait bon voyage ?
- Un peu long.
- Vous voulez boire un café ?
- Non. Un verre d'eau, s'il vous plaĂźt.
- Je continue mes légumes.
Elle devrait pas tarder. Elle travaille Ă l'hĂŽpital Nord.
- Je veux pas déranger.
- Mais non. Je travaille pas avant midi.
- Vous travaillez dans quoi, Richard ?
- Je suis conducteur de bus pour la ville.
Vous venez de Rennes ? - Oui.
J'ai pris un autocar.
- Y avait pas plus rapide ? - Si, mais plus cher.
Comment elle est?
âQui?
- Gloria.
- Elle est trĂšs jolie.
Sylvie dit qu'elle a vos yeux.
- Tant qu'elle a pas mon nez.
- Tiens, la voilĂ .
Mélodie douce
...
- T'as été libéré ? - Tu vois.
- Je suis crevée.
- Elle a mes yeux ?
- Oui. C'est vrai.
- Et elle parle ? - Non, pas encore.
- Elle gazouille.
- Si tu m'avais pas écrit, je serais pas venu.
Tu l'as dit Ă Mathilda ?
- Un peu.
- Comment ça "un peu"?
- J'ai prévenu
et que peut-ĂȘtre, tu aurais envie de voir la petite.
Un jour, quand tu serais sorti.
Et tu vas t'installer oĂč ?
- Je sais pas.
J'ai des démarches à faire, des papiers.
Toucher de l'argent. Régler ce que je peux.
Y a mon pécule. 20 ans de petits boulots.
MĂȘme payĂ© au lance-pierre, ça fait une somme.
Ăa va me faire plaisir de la voir, cette petite Gloria.
- Vous pouvez prendre l'ancienne chambre des filles.
- Vous avez eu une autre fille ?
- Oui, Aurore.
- Oui, on a fait une sĆur Ă Mathilda.
J'ai jamais fait aucune différence.
Alors, je vous prépare la chambre ?
- Non.
Je suis trop habitué à vivre seul.
Merci.
- Bonjour, monsieur.
- Vous louez Ă la semaine ? - Oui.
- Combien c'est ? - 100 euros.
- 100 ? - Ouais.
*- AprÚs des années d'errance qui ont forgé son caractÚre,
*Temudjin parvient Ă retrouver Borte,
*la princesse qui lui avait été promise par son pÚre.
*Dans la steppe, la parole donnée engage au-delà des années.
*Cette union lui permet de rétablir son statut de chef de clan.
- "Tout
le monde
dort
Rien
entre
la nuit
et moi."
"lune
et moi."
- Rien Ă foutre ! C'est Richard, mon pĂšre.
- Daniel, aussi.
- Ăa m'intĂ©resse pas.
Il va faire quoi?
- Qu'il la voie au moins.
- Moi, il m'a vue ? - Il était en prison.
- Je le connais mĂȘme pas.
Je me souviens du parloir pourri et de l'hĂŽtel qui puait.
- Pas la peine de te mettre dans cet état.
Normal que ta fille connaisse son grand-pĂšre.
- Son grand-pĂšre, c'est Richard.
- Richard m'a poussée à le prévenir.
- T'avais pas envie. Moi pareil !
- Ne sois pas méchante avec lui.
- Il a tué des gens. - Non.
Il s'est défendu. Sinon, c'est lui qui y passait.
- Je vous paye pas pour discuter. Y a du travail
en réserve.
- On a un problĂšme de famille.
- J'ai un problĂšme avec mon mari, je travaille.
Dans quel monde vous vivez !
- J'arrive, madame.
Fait chier, avec ses cintres !
Quand on pisse, elle nous flique.
Elle va pas me garder.
- Ăcoute-moi...
Viens samedi avec Nicolas et la petite.
Je le ferai venir.
Viens chez nous.
Tu vas pas rester ici.
- Je suis bien.
Je suis pas dépaysé. C'est comme la chambre de ma prison.
- "Mon cĆur
Est violet comme l'iris
Noir comme le charbon.
Toute la nuit
Assis sur ma paillasse
Ă me souvenir de toi."
Pardon.
- Tu peux lire, j'ai rien Ă cacher.
- C'est quoi ?
- Des haĂŻkus.
- Ăa sert Ă quoi?
- Ă aller chercher les beaux moments.
Et les fixer pour l'éternité.
- Reste pas enfermé.
Viens, il fait beau.
OĂč on va ?
- En haut du Vieux-Port, oĂč on se baignait. Tu te souviens ?
Et les libellules
Qui sont de petites diablesses
Font l'amour avec des pivoines.
Mélodie mélancolique
...
- T'as pas froid ?
- J'en ai rĂȘvĂ© d'avoir froid comme ça.
- Tu m'en veux de pas ĂȘtre venue ?
- Non.
- C'est loin Rennes, c'est cher.
Il fallait prendre une chambre d'hĂŽtel.
- Je comprends.
- Il fallait que je t'oublie, que je vive, que j'élÚve Mathilda.
C'est Richard qui m'a demandé de t'écrire.
- On était trop jeunes.
- Les gens pauvres achĂštent beaucoup.
C'est pas cher, ils pensent faire une bonne affaire.
Les bas prix ruinent les gens.
Si c'était plus cher, ils y réfléchiraient.
Deux mois aprÚs, ça tombe en panne.
- Un cercle vicieux !
- Ils s'amĂšnent avec leurs trucs.
"Combien ? 15 euros ? J'ai payé 99."
- Mince, il faut payer la cantine des enfants !
- Ils ont pas de tĂȘte.
- Ils ont un magasin.
- Dans quel coin ?
- Vers PlombiÚres. Une vieille épicerie, pas chÚre.
Si les vieux m'avaient demandé, j'aurais payé plus cher.
- PlombiĂšres...
Ăa s'est arrangĂ©, ce quartier ?
- Non. PlombiÚres, ça a jamais été aussi pourri.
- Et vous ouvrez un magasin lĂ -bas ?
- Bien sûr.
- Ils se font leur beurre sur la misĂšre.
- ArrĂȘte, papa.
Si c'est pas nous, d'autres le feront.
Ils nous supplient pour qu'on reprenne leurs merdes.
D'ailleurs, on va en ouvrir un deuxiĂšme.
-Ah bon ?
Et oĂč ?
- Vous devinerez jamais.
En haut de la CanebiĂšre.
On frappe Ă la porte.
- Salut. - Salut.
- Coucou.
- Ăa va ? - Ăa va.
- Mon mari, Nicolas,
le pĂšre de Gloria.
- Tu la veux ? - Ouais.
Alors, Gloria. Gloria...
C'est un joli prénom, ça, Gloria.
- Salut.
- Tout va bien ? - Ăa va.
- Je vous sers quelque chose ?
- Juste un verre. Je travaille.
- Ăa marche, ton business, Nico ?
- Je suis Ă fond les manettes.
- Tu ramasses la monnaie, un peu ?
- C'est dur, mais ça commence à le faire.
- Il peut s'arrĂȘter quand il veut.
- J'ai pas de patron sur le dos.
- Ăa, ça vaut de l'or.
- Tu te crĂšves, mais tu sais pourquoi.
- Tu travailles Mathilda ?
- Ouais, vendeuse, 3 mois, je suis Ă l'essai.
AprĂšs, je me ferai virer.
- C'est pas sûr, tu vois tout en noir.
- Ăa arrange ma patronne. Elle prendra une autre vendeuse.
Une Polonaise, une Roumaine.
Je ferais pareil Ă sa place.
Toi, qu'est-ce que tu vas faire ?
- Je sais pas.
- Je peux fumer ça avec la p'tite ?
- Ouais, vas-y.
- Daniel, il est gitan, non ?
- Possible.
Ăa se voit sur sa gueule qu'il peut tuer quelqu'un.
- Il a défendu un ami.
- C'est ce que ma mĂšre raconte.
On n'en sait rien.
* Ăbats Ă©rotiques
...
Tu crois qu'ils sont bien payés, les acteurs ?
- Des clopinettes.
Le marché est saturé.
- Moi, je le ferais pour rien, gratos.
On devrait se filmer, nous ?
Pour le plaisir de se regarder.
- T'as toujours eu de bonnes idées.
- Ouais. Vas-y, filme.
- On le postera en masquant nos visages.
- Et on fera payer.
Ăa tourne, lĂ ? - Ăa tourne.
- Tu vois ?
- Ben ouais. - Ouais ?
Tu vois.
Tu vois pas. Tu vois.
Tu vois pas.
Tu vois.
Tu vois pas.
Tu vois.
Attends, j'arrive.
T'es prĂȘt?
Le rĂȘve ! Gagner du pognon en baisant avec toi.
Tu veux la voir plus prĂšs ?
Ouais ?
Tu veux la voir encore plus prĂšs ?
Attends, recto-verso.
Ăa filme toujours ?
C'est bien, lĂ ?
- Ouais.
- T'es encore plus malin que moi.
Putain, on va ĂȘtre riches.
Mélodie douce au piano
...
- J'ai presque fini mon site internet.
AprĂšs, je pourrai attendre au chaud,
et assise.
Il faut que je fasse de belles photos.
Je suis pas mal, non ?
Je viens de me refaire les seins.
Regarde.
Et je vais faire le nez, aussi.
Qu'est-ce que tu en penses ?
Le mien est trop fort et trop pointu.
Qu'est-ce que tu as ?
- On accélÚre. On a 9 minutes par cabine.
DĂ©pĂȘchez-vous !
- Ă partir de maintenant,
vous percevrez chaque mois 580 euros et 64 centimes.
- Vous avez dit combien ?
- 580 euros et 64 centimes.
- On peut vivre avec ça ?
- Non, on peut pas vivre avec si peu.
Vous avez une adresse ?
- Je suis Ă l'hĂŽtel.
- Il me faut une adresse.
- Vous allez oĂč ?
- Je veux juste revoir la ville.
Elle parle allemand.
J'ai besoin d'une adresse. Je peux donner la vĂŽtre ?
- Bien sûr.
- Merci pour ce que vous avez fait.
- Vous auriez fait pareil.
- Peut-ĂȘtre.
- D'aprĂšs Sylvie,
vous avez voulu sauver la vie d'un ami, il est mort sous vos yeux.
- Une bagarre ridicule, sans raison.
Des jeunes sont morts.
Pour rien !
C'est pour Sylvie que je volais.
Je voulais lui faire des cadeaux.
- Et vous vous ĂȘtes fait choper.
- Ouais, ça a commencé comme ça.
Ă 20 ans, j'avais pas envie d'avoir la vie que vous avez.
Se croiser tous les matins. Passer les dimanches ensemble.
Et aujourd'hui, je vous envie.
On frappe Ă sa fenĂȘtre.
- Bonsoir. - Bonsoir.
- Vous ĂȘtes libre ? - Je suis pas un taxi, monsieur.
- Vous ĂȘtes pas un taxi ? - Non, je suis un Uber.
Je peux pas prendre des gens.
Faut aller sur l'application, pour passer la commande.
- Vous avez un compte ? - Un compte quoi?
- Un compte chez Uber.
- Uber ? Non.
- Je dois ĂȘtre au Vieux-Port...
Qu'est-ce que vous faites ?
Putain, lĂąchez-moi !
LĂąchez-moi !
Il faut que je bouffe, bordel.
ArrĂȘte, arrĂȘte, putain !
Non, non !
Non, s'il vous plaĂźt.
Putain, non !
Monsieur, me pétez pas le bras !
- Connard !
- S'ils avaient cassé la voiture,
elle est assurée, elle.
- Je demande Ă Bruno et Ă Aurore
de vous prĂȘter de l'argent?
- Fais ce que tu veux.
Je préférerais qu'il m'embauche.
- Tu saurais faire les comptes, les papiers ?
- Aurore le fait. Je suis pas plus con qu'elle.
- Bien sûr qu'elle saurait.
- Avec Richard, on va vous prendre la petite,
vous aurez pas la nourrice Ă payer.
- Toi, tu vas plus jamais dormir.
- T'es avec nous pour parler de la grĂšve ?
- La grĂšve ?
- On va se réunir pour décider.
- Je l'ai déjà dit. Comptez pas sur moi. J'ai besoin de sous.
- Viens, pour ĂȘtre solidaire.
- Solidaire avec qui?
Le paysan, il a Ă bouffer. Le cheminot a sa retraite avant moi.
- Sylvie, un peu de hauteur de vue.
- Pour ce que je nettoie, j'ai pas besoin de hauteur.
Et il faut que je tienne encore trois ans.
Regarde-moi, ma chérie, regarde-moi. Le bébé pleure.
Moi, je travaille la nuit.
Toute la nuit.
Et le jour, il faut que je dorme.
Sinon, je suis trop fatiguée.
Si je suis trop fatiguée, je peux pas travailler.
Si je travaille pas, je pourrais pas rapporter de sous.
Gloria pleure toujours.
...
- Je te dérange pas ? - Non. Qu'est-ce qu'il se passe ?
- J'avais envie de te voir.
- C'est pas trĂšs prudent, ici.
- Je m'en fous, j'en ai marre de me cacher.
- Bon, viens par lĂ , viens.
Ăa va?
- J'en peux plus.
Je te jure, Bruno, j'en peux plus.
- Qu'est-ce qui t'arrive ?
Hé, ma chérie !
- On s'en sort pas.
- Mais comment ça ?
- Nico, depuis l'accident...
on n'a plus un rond.
Le magasin oĂč je bosse, c'est l'enfer. La patronne est tarĂ©e.
- Embrasse-moi.
- Tu me plais beaucoup. - Toi aussi, tu me plais.
Tu m'as toujours plu.
- Je pourrais diriger ton nouveau magasin ?
C'est direct en tram de chez moi.
- Chais pas, ouais. Faut voir.
- Oui, s'il te plaĂźt. Dis-moi oui.
Y a que toi qui peux me sortir de lĂ , Bruno.
Si tu savais comme je t'aime.
- Attends, viens par lĂ .
Tu m'as toujours excité, toi.
T'es folle de me faire ça. T'es folle !
Putain, t'es complĂštement folle.
- Attends...
- Vous pouvez me faire un papier cadeau ?
- Non, pour le prix, lĂ .
- C'est Noël.
- J'ai pas de papier.
- Bon, tant pis.
- Bonjour.
- 5 euros.
- OK.
- Vous avez une piÚce d'identité ?
Pas facile avec les gants.
Comment je fais ? - Comment ?
- Enlevez votre voile.
Comment vous voulez que je vérifie ?
Comment je sais si c'est pas un terroriste
sous votre tissu ?
- J'ai pas le droit de l'enlever.
- Expliquez-moi, on fait quoi ?
Vous prendrez vos 5 euros
quand je verrai votre visage.
Tenez, reprenez-le, votre machin.
Vous ĂȘtes plus jolie comme ça.
Ăbats Ă©rotiques
- Tu la reconnais pas ?
Ce cul, tu le reconnais pas ?
*- C'est bien ?
- Putain de merde, c'est Aurore.
Mais non, je le crois pas.
Attends, c'est toi, lĂ ? - Ouais.
- Mais c'est vous deux, vous vous filmez.
ArrĂȘte, montre. - Ăa t'excite ?
- Je peux regarder, c'est ma sĆur.
- Seulement si t'es gentille avec moi.
Tu sais ce que je préfÚre.
Gloria pleure.
- Voilà , tu l'as réveillée.
*- Tu veux la voir plus prĂšs ?
*Tu veux la voir encore plus prĂšs ?
...
- T'es sûre que c'est pas ma fille ?
- Ăa m'Ă©tonnerait, toi, tu pleures jamais.
Tu veux que je te dise ? J'en sais rien du tout.
Le bébé pleure.
- AllĂŽ ?
- AllĂŽ, Aurore ?
Oui, c'est papa.
Dis donc, je voulais te dire...
Vous pourriez faire un geste pour ta sĆur ?
- Vous leur avez déjà tout donné.
Maintenant, c'est Ă nous de payer ?
Je t'ai déjà demandé un centime ?
- J'aurais fait la mĂȘme chose pour toi.
- T'en es sûr ?
- On vous a traitĂ©es pareil, toi et ta sĆur.
- Demi-sĆur.
Elle a jamais réfléchi à rien.
Ils auraient pu mieux s'assurer. Ils sont trop cons.
Pourquoi on fait pas d'enfant? On veut réussir.
Je peux pas réfléchir à sa place, elle a rien dans la tronche.
- On pourrait leur prĂȘter un peu ? - Non.
- Tu es trop Ă©goĂŻste. Je vois pas d'oĂč ça vient.
Vous pensez qu'Ă vous.
SirĂšne de police
Oh, merde !
Faut que je raccroche. Je te rappelle plus tard.
- Pourquoi tu veux leur prĂȘter de l'argent? On le reverra plus.
- Pour Gloria, on peut faire un geste.
- ArrĂȘte tes conneries !
On s'en fout.
- Ăa vous dĂ©range pas que je sois Ă la rue,
que j'aie une mise Ă pied ?
- Fallait pas téléphoner.
- C'est ces fumiers de taxi qui l'ont bousillé.
- Calme-toi !
- Je peux pas me calmer, je peux pas.
Comment je fais pour aider Mathilda et sa famille ?
Sans salaire, je peux rien leur donner.
Gloria commence Ă pleurer.
- La mienne, c'Ă©tait pas cette fenĂȘtre ?
- Non, c'est celle Ă droite, lĂ , avec le linge.
- C'était pas la peine que je sorte.
- Pourquoi tu dis ça ? - Pourquoi?
Y a rien qui a changé. C'est toujours aussi pourri.
- Ăa va, PrĂ©sentine ?
Présentine.
Qu'est-ce qu'il y a ?
Tu veux plus me parler ?
- Je veux pas te parler, s'il me voit avec toi.
âQui?
- Jackie.
Il dit que tu vas nous monter la tĂȘte.
- Vous monter la tĂȘte ?
De quoi?
- Parce que tu veux pas faire la grĂšve.
- Pourquoi tu les empĂȘches de me parler ?
Tu les tiens. Pourquoi? Vous venez tous de la mĂȘme tribu ?
Tu vas nous mettre encore plus dans la merde.
On a tous des trucs Ă payer.
- On peut pas accepter cette situation.
On a demandé 5 euros par jour d'indemnité repas. C'est non.
Aucune proposition. Pourquoi ils nous reçoivent?
- On a 3 euros par jour par repas.
Si 5, c'est trop pour eux. Fallait demander 4.
- 2 euros de plus pour 60 employés.
120 euros par jour. Pour eux, c'est que dalle.
- Il a raison. On est des esclaves.
Ils veulent que baisser les salaires.
- Et vous proposez quoi ? Une grĂšve ?
Qu'est-ce qu'on va bouffer si ça dure ?
- On fera des collectes.
- Les gens vont payer pour qu'on fasse la grĂšve.
Mais t'es fou, toi !
- Tu vois, tu nous désolidarises.
- Moi, Je vous désolidarise ?
Mais putain, Jackie ! Tu les connais pas !
- Les patrons comprennent que le rapport de force.
- Ah oui! Mais toi,
tu t'en es bien tiré,
tu es le délégué. Tu seras pas viré.
Tu le savais, ça ?
- Tu m'insultes pas, d'accord ?
Je me bats pour vous tous.
- Oui. Mais tu es un rĂȘveur.
Tu t'es montĂ© la tĂȘte. Tu veux pas ĂȘtre exploitĂ© ?
Monte ta boĂźte, si tu en es capable.
Fais comme le patron.
Retournez chez vous, si vous voulez pas ĂȘtre Ă la rue.
Et si vous voulez plus me parler, me parlez plus.
- VoilĂ ...
- T'es gentil.
Tu vas aller oĂč ?
- On va se promener. Hein, Mathilda ?
- Non, c'est Gloria.
Pleurs
- Quoi ? Pourquoi tu pleures ?
- Elle veut son doudou.
- Tu veux ton doudou ? Attends !
Tiens.
Et voilĂ , le petit doudou.
Toi, t'as pas beaucoup changé.
- Je dois refaire les racines. Mais j'ai pas le temps.
Ăa me trahit.
- TĂąche de dormir. Ciao.
- Ciao.
- Qu'est-ce que tu vas devenir ?
D'abord, tu iras longtemps à l'école, ça, c'est sûr.
Et aprĂšs, tu seras au chĂŽmage.
Non, je rigole.
Tu seras médecin.
Ăa, c'est un mĂ©tier qui existera toujours.
Et puis, les médecins au chÎmage, ça existe pas.
Ou bien peut-ĂȘtre fabricante de poupĂ©e. Non ?
Voilà un beau métier.
Et puis, ça a l'air de te plaire, tu aimes ça.
L'essentiel, c'est d'aimer son métier.
Quoique moi, je te dis ça,
mais j'ai jamais travaillé de ma vie.
Atchoum...
"Comme si elle était mon ùme
Elle s'épanouit, la fleur de magnolia
Je me sens mieux."
Elle s'est endormie.
- Mets-la dans sa chambre.
- Ouais.
- C'est de l'autre cÎté.
- Oui.
Gloria gazouille.
- Vous étiez pas sur le Vieux-Port ? - Non.
- J'ai vu des images Ă la TV. On dirait un bidonville.
Des immigrés partout. Pour attraper la mort, y a pas mieux.
- On est allés à pied aux Terrasses du Port,
respirer le bon air du large.
J'aime bien me promener avec elle.
Je lui raconte les histoires que tu n'as pas eues.
La porte claque.
- Salut, Daniel. - Salut, Nicolas.
- Ils veulent plus m'assurer sans certificat médical.
- Pour quoi faire ? - Pour pouvoir conduire.
- T'as qu'Ă conduire quand mĂȘme.
- T'es folle ? Je suis pas assuré.
- C'est toi qui es fou.
Ce matin, t'étais content. Maintenant, tu me fais chier.
- Je savais pas qu'il fallait ce papier.
- C'est quoi exactement?
- Faut que je passe une visite médicale.
- T'affole pas, ça va bien se passer.
- Tout prend toujours des proportions avec lui.
- En plus, je peux conduire.
- Je vais tout foutre par la fenĂȘtre.
Le matin, ça va. Le soir, l'enfer.
- Nicolas fait tout ce qu'il peut.
- Tu joues Ă mon pĂšre, lĂ ?
Tu nous connais ? - Ferme-la, merde !
- Bon, je vais vous laisser.
Ăa va aller, Nicolas ? Tu bouges le bras ?
- Oui, bien sûr.
- Tu vas l'avoir ton certificat, t'inquiĂšte pas.
- Merci pour la petite.
- Quand vous voulez, vous m'appelez.
Ăa fait longtemps que j'ai pas Ă©tĂ© aussi libre.
Tu les reconnaßtrais, les types qui t'ont fait ça ?
Ils pourraient te dédommager.
Tu vois ce que je veux dire ?
- Non, j'ai rien vu.
- Dommage.
On les aurait secoués, ces fumiers.
- Tu dors pas ?
- Tu as change depuis qu'il est revenu.
- Tu m'as sauvé la vie.
Et celle de Mathilda.
Tu es un homme extraordinaire.
- ArrĂȘte, ça me fait rougir.
Il te fait repenser Ă ta vie.
A ton enfance.
Vous avez grandi ensemble.
- Oui.
Et?
- Et rien...
C'est un brave homme, ce Daniel.
Il devait ĂȘtre beau.
Rares sont les gens qui rendent service avec discrétion.
- Il a toujours eu bon cĆur.
Mais ça suffit pas.
- Tu le vois beaucoup, en ce moment.
- T'es jaloux ?
- Oui.
- Tu es le plus beau garçon que j'ai connu.
- Je sais pas ce que je ferais sans toi.
- Elles me disent toutes ça.
- Je m'en fous.
- Tu t'en fous ?
- Hum ! ComplĂštement.
- Tu t'en fous que j'aille avec d'autres filles ?
- Tu fais ce que tu veux.
Tu trouveras pas mieux que moi.
Je suis la meilleure.
Je suis une bombe.
- Prends pas tout. Qu'il m'en reste pour demain.
- T'en rachĂšteras.
- Elle croit que ça tombe du ciel.
Faut que je traverse tout Marseille.
- Caroline ?
- Quoi, Caroline ?
- Fais l'innocent. T'as couché avec elle ?
- Pas beaucoup.
- Ăa veut dire quoi, pas beaucoup ?
- Ăa veut dire...
- Allez, dis-moi.
Dis-moi. Pas beaucoup, c'est quoi ?
Elle t'a sucé ?
- Pas beaucoup.
- T'es con.
Je m'en fous, tu peux me le dire.
Pas beaucoup avec sa bouche ?
Pas beaucoup avec sa chatte ?
Pas beaucoup avec son cul ?
- Avec son cul.
- Ah ouais ?
J'aimerais bien voir ça.
- Vas-y, viens.
On peut le faire Ă trois. - Ouais, OK.
Trouve un mec qui m'excite autant que toi.
- Pas avec un mec, elle est folle.
Non, avec une autre fille. Je suis pas pédé.
- Sans ĂȘtre pĂ©dĂ©, tu pourrais essayer.
- ArrĂȘte ! Tu vas me faire tout viander, lĂ .
En fait, je pensais plutĂŽt avec ta sĆur.
- T'es con ? Je peux pas l'encadrer.
Elle a eu plus que moi. Mon pĂšre lui passait tout.
- Justement.
- Justement quoi ?
- Ăa t'exciterait encore plus. - Ah ouais ?
Pourquoi pas avec Nico, aussi?
- Ce bon Ă rien. Je suis sĂ»r qu'il la baise mĂȘme plus.
Depuis la petite, ça doit ĂȘtre le dĂ©sert.
- Elle s'en sortira jamais.
Des ratés, tous les deux, ils se sont bien trouvés.
- Faut voir! Elle a un joli cul.
- Touche pas à Mathilda, je te préviens.
- Ta sĆur. Elle doit ĂȘtre tellement bonne.
- Ouais, fais le malin. Tu m'entends ?
Pas avec Mathilda, je te défonce la tronche.
- Je la niquerai un peu.
- Je rigole pas.
- Moi non plus.
- Tout, mais pas Mathilda.
- Chérie, te mets pas dans un état pareil.
Tu sais bien que j'aime que toi.
Allez, viens manger.
- Vous avez trouvé ? - Oui, parfait.
- Super.
- Madame !
Madame !
Madame !
Madame !
Madame !
ArrĂȘtez-vous !
ArrĂȘtez-vous, on vous a vue.
- Pardon, mademoiselle.
J'ai jamais volé. C'était pour mes filles.
- Vous raconterez ça à ma patronne.
- Laissez-moi partir. Je le ferai plus.
- Allez-y.
- Merci.
- Tu peux me la garder une heure ?
- T'as du boulot? T'as de l'argent?
- Une heure ! Je te paierai plus tard.
- Je peux pas.
Je suis pas ta mĂšre. C'est mon taf.
- Putain, je te paierai !
- Non.
Si ça se sait, plus personne voudra jamais payer.
Gloria pleure.
- Vous me tuez. - Je suis pas là pour ça.
- Non, mais je vous le dis.
Vous me tuez.
- En faisant bien la rééducation, on se revoit dans six mois.
- Six mois, c'est de la folie.
Laissez-moi conduire.
Vous me tuez.
- C'est vous qui risquez de tuer des gens.
- Les mensualités de la voiture?
- Arrangez-vous avec votre banque.
DiffĂ©rez le crĂ©dit. Pour raison mĂ©dicale, ça doit ĂȘtre possible.
- Ils veulent rien savoir.
- Regarde-nous, lĂ .
On ressemble Ă rien.
Je peux jamais rien m'acheter.
Mes fringues, c'est des invendus qui ont un défaut.
Notre télé, on dirait un timbre.
On a mĂȘme pas un scooter.
Nico ?
Je te parle.
Nico, réponds-moi. Dis quelque chose...
Propose un truc. Invente.
J'en peux plus de notre vie.
Jamais, on aurait dĂ» l'avoir cette petite.
Qu'est-ce qu'on va lui donner ?
- Pas devant elle !
- Mais elle entend pas.
- Elle entend tout.
- Qu'est-ce qu'on va faire ?
La sorciĂšre, j'ai failli lui envoyer un cintre.
Je vais pas pouvoir tenir longtemps.
- Tu m'aimes plus, c'est tout.
-Pff!
Mais tu comprends rien.
Tu crois que j'ai le temps de t'aimer ?
Ă courir toujours aprĂšs trois sous.
On peut plus payer une nourrice.
Tu te rends compte ?
Des moins que rien.
VoilĂ , on est des moins que rien.
- Je vais faire nourrice.
- Quoi?
- Je vais faire nourrice.
J'invente un truc. C'est ce que tu veux, non ?
Je vais rester Ă la maison avec Gloria.
Je passe des annonces. Je garderai d'autres enfants.
- N'importe quoi !
- Je déconne pas.
- Les gens veulent une femme pour garder leurs gosses.
Tu me fais chier!
- S'il faut voler, je le ferai.
- J'en peux plus. Je me casse.
- Mathilda ?
- Qu'est-ce que tu fous lĂ ?
- Ma chérie, qu'est-ce qui t'arrive ?
- J'en peux plus.
- Tu es partie de chez toi ?
- J'en ai marre.
- Allez, viens. Rentre, tu vas attraper la mort.
Et Gloria ?
- Elle est Ă la maison avec Nico.
Ils me font tous chier.
Mélodie douce
...
- ArrĂȘte, Sylvie. - Laisse-moi, laisse-moi.
- C'est bloqué, là .
- Je suis libre, non ?
- La majorité est pour la grÚve.
- Tu vas me laisser passer. - ArrĂȘte, merde, Sylvie.
- Mais je veux travailler!
Ăa va durer jusqu'Ă quand, ce bordel ?
- Jusqu'Ă ce qu'on gagne.
- Dans 100 ans. Je serai crevée avant.
Et vous tous, vous serez aussi crevés avant.
- J'en peux plus. Il dit qu'il va trouver de l'argent.
Il est fou. En plus, il va finir en taule.
Le nouveau magasin est pour moi ?
Je m'en sortirai pas sans ça.
- Je te jure, c'est pour toi.
Je te le jure.
Si je mens, je vais en enfer.
Tiens.
J'ai voulu en filer Ă Nico pour qu'il te fasse hurler.
Tu sais ce qu'il m'a dit ? "Mathilda, elle en a jamais pris."
Il te baise ? Il te baise encore, ce con ?
Quoi ? - Oui, il me baise encore.
Et il est pas si con.
- C'est bon, j'rigolais, je rigole.
Je l'aime bien, Nicoco.
C'est un copain.
- Regardez, vous voyez, je peux conduire.
S'il vous plaĂźt. Regardez-moi.
S'il vous plaĂźt, regardez.
Je conduirai doucement.
Je ferai attention. J'aurai pas d'accident.
Je renverserai personne.
J'peux conduire, vous avez vu.
Laissez-moi conduire, s'il vous plaĂźt.
Signez-moi le papier.
Me tuez pas, madame. Me tuez pas, s'il vous plaĂźt.
Me tuez pas.
- Sortez de chez moi, monsieur.
J'ai pas le droit de mentir sur vos capacités.
- Je suis gentil.
Je vais pas vous faire de mal.
Je vous montre que je peux faire mon métier.
Que c'est pas normal.
La procédure, elle est pas si bien que ça.
J'ai une fille, faut que je lui donne Ă manger.
Ma femme, elle est partie.
Il faut que je la retrouve,
que je lui donne tout ce qu'elle a besoin.
- Je vous en prie. - S'il vous plaĂźt.
Je fais quoi pour l'avoir ce papier ?
Vous voulez de l'argent comme tout le monde ?
- LĂąchez-moi ! Vous me faites mal.
Foutez-moi la paix !
- Je voulais pas.
Elle saignait.
- Mais elle saignait oĂč ? - LĂ , Ă la tĂȘte.
- Il faut que failles à la police. Dénonce-toi !
Vas-y avant qu'elle y aille.
Vas-y. Bouge !
- Elle habite oĂč, ta toubib ?
- Rue des Volubilis.
- A quel numéro ?
- C'est une maison avec des volets bordeaux,
au milieu de la rue.
- Tiens...
- Tu vas oĂč ? - Je reviens.
On frappe Ă sa porte.
-Oui?
Ah c'est toi ? Ăcoute ce que je viens d'Ă©crire :
"Un vol d'étourneaux
Le ciel s'emplit de noir
C'est le moment."
- Daniel, j'ai besoin de toi.
- Qu'est-ce qui se passe ?
- Nicolas a fait une grosse connerie.
Pardon de vous déranger.
Je voudrais vous parler.
- Vous me connaissez ?
- Nicolas, celui qui vous a fait ça, c'est le mari de notre fille.
- Je ferai pas de faux papiers. Il doit pas conduire.
- Non, c'est pas ça.
On peut entrer ?
Cinq minutes.
Merci.
- Asseyez-vous, je vous en prie.
- Je vais vous raconter une histoire que j'ai jamais racontée.
Quand mon mari Daniel a Ă©tĂ© arrĂȘtĂ©,
notre fille venait de naĂźtre.
Il a été condamné à une longue peine.
J'avais pas de travail.
Je me suis mise Ă mendier avec notre fille dans les bras.
Ăa suffisait pas pour payer le loyer.
L'hiver arrivait et j'avais peur du froid, pour ma petite.
J'ai pensé à me suicider, mais...
j'ai pas eu le courage.
Alors, j'ai fait ce que toute femme peut faire.
Je me suis vendue.
Souvent.
Et longtemps.
Je vais pas vous dire les détails, vous les imaginez.
Mon second mari n'a jamais rien su.
- Pourquoi vous me racontez tout ça, à moi?
- Je veux pas que cette histoire recommence avec ma fille.
Je vous demande de pas porter plainte contre Nicolas.
- C'était pas mon intention.
- Merci.
- Merci.
Pourquoi tu voulais que je t'accompagne ?
- Tu m'as donné de la force.
- Et si ça s'était mal passé ?
- Quoi?
- Je l'aurais tuée ?
- Daniel...
- C'est pour ça que tu m'as amené ? - Non, t'es malade.
- Je les aurais fracassés tous les deux.
Elle et son mec dans le jardin.
- ArrĂȘte !
- Nicolas aurait été blanc comme neige.
On aurait maquillé ça en cambriolage qui aurait mal tourné.
- Et toi, tu aurais fini ta vie en taule...
- Ouais, ma vie...
Au moins, je serais allé en prison pour que tu sois heureuse.
Je t'aurais remboursé en une fois
tout ce que je t'ai fait vivre avec mes conneries.
- J'arrive plus Ă les aider
et ton pĂšre va ĂȘtre mis Ă pied.
- Je sais bien, je sais bien.
- Elle va se faire virer.
LĂ , ils auront plus que dalle.
- Ils veulent quoi ?
Un prĂȘt?
- Mais non.
Embauchez-la au nouveau magasin. Ăa arrangerait tout.
Elle est capable. Elle a le mĂȘme bac secrĂ©tariat que toi.
Vous avez les moyens.
C'est bien de travailler en famille. La confiance.
- T'as raison. Je fais confiance Ă personne.
Un de mes réparateurs s'amÚne
avec un Samsung, 7, 8.
Pas le dernier, mais un récent.
Il me dit : "C'est pas réparable."
Il voulait me la faire Ă l'envers. Je lui ai mis un savon.
Celui-lĂ , il va s'en souvenir.
- Avec Nicolas, ça va plus du tout.
Y a la petite, ils se disputent.
C'est un engrenage infernal.
Ăa les mine, ces saloperies d'histoires d'argent.
- Ouais, Karim...
Tu peux nous sortir un contrat de travail ?
Tu le scannes et tu l'envoies sur la boĂźte de Bruno.
L'avocate dit que c'est pas notre faute.
Lui, Bruno va lui casser la gueule, il nous prend pour des cons.
OK, ça roule.
On va regarder, oui.
- On peut pas vivre comme ça.
Et si entre nous,
on se tient pas les coudes, tout disparaĂźt.
Le plus important, c'est s'entraider.
Pour ta sĆur, pour votre niĂšce,
pour toi, pour moi.
- J'ai rendez-vous avec l'architecte.
Bon, on se voit vite ?
- Vous vous en occupez ?
- Oui, c'est bon. On va voir ça.
- Salut.
- Grande nouvelle !
Mathilda va diriger le nouveau magasin.
- C'est vrai ?
C'est génial.
Bravo, ma chérie.
Je suis content.
Maintenant, tu vas plier tes affaires
et tu vas rentrer chez toi avec Nicolas.
Vous allez dĂźner en amoureux.
Faut pas se laisser avoir par toute cette merde.
Et nous, on va garder la petite.
Parce que ça y est, je suis mis à pied.
Huit jours Ă cause de ces connards de flics.
Ăa va vous faire une semaine pour repartir du bon pied.
- Pourquoi tu vis ici, toi?
- Parce que c'est pas cher.
- Oui, mais t'es français.
- Je sors de prison.
- T'as de la chance. Nous, on sortira jamais.
- La mort nous poursuit,
La vie nous rattrape,
Un certain temps.
J'imaginais que je marchais dans des déserts
et que je rencontrais quelqu'un ou quelqu'une.
Une femme inconnue que j'aime et qui m'aime.
Et je lui récitais quelque chose.
- Et quoi, par exemple ?
- "En ce monde, nous marchons Sur le toit de l'enfer
Et regardons les fleurs."
- C'est vrai.
Moi aussi, je pourrais apprendre par cĆur des poĂ©sies.
- Et on pense à rien d'autre quand on fait ça.
Tu pourras commencer quand tu seras Ă la retraite.
- Ăa, c'est ce qui m'angoisse le plus,
la retraite.
- Tu auras du temps et de l'argent sans rien faire.
- Je sais pas rien faire.
J'ai toujours fait que travailler.
- Tu t'es levé tous les matins pour élever des enfants
et mĂȘme une qui Ă©tait pas Ă toi.
Je t'admire pour ça.
- Je suis heureux d'ĂȘtre grand-pĂšre.
Mathilda, je la remercie tous les jours pour ça.
Elle a toujours été ma préférée.
Alors, les liens du sang...
C'est des conneries.
Pas vrai, Gloria ?
Elle nous écoute.
Elle nous regarde.
- Elle a le sourire de Sylvie, non ?
- Tu trouves ?
- Oui. Regarde bien.
- Ouais...
Sylvie veut qu'on s'achĂšte un camping-car d'occasion
et qu'on parte sur les routes au soleil.
Moi, j'ai qu'un rĂȘve, ne plus conduire.
- J'ai réussi à vendre la voiture.
Ils m'ont repris le crédit. Et regarde...
Il reste un peu de liquide.
Et tu sais pas la meilleure ?
Au garage oĂč j'ai vendu la voiture,
ils ont besoin d'un gardien. Juste pour surveiller.
Tu le crois, ça ?
J'ai le profil, je commence demain.
C'est la loi des séries, ma chérie. La chance tourne.
C'est cette voiture qui nous portait malheur.
Toi, responsable du nouveau magasin.
- Directrice.
- Directrice, pardon.
Gloria, tu te rends compte ?
Tu vas ĂȘtre la fille de la directrice.
Silence
...
Il imite une guitare.
- A tout Ă l'heure. - Ouais.
- Voilà ! Buvez à ma santé.
Les gars, ça va ? Vous passez une bonne soirée ?
Allez, servez-vous.
C'est la maison qui offre.
- Un p'tit grignotis ? - Avec plaisir.
- Un p'tit four ? - Merci.
- Les amis, s'il vous plaĂźt, je vais dire quelques mots.
Bonsoir Ă tous. VoilĂ , merci d'ĂȘtre venus.
Bonsoir, quel plaisir de vous voir aussi nombreux.
Ăa fait plaisir, merci. Ăa fait chaud au cĆur.
D'autant qu'au début, personne n'y croyait.
Merci d'ĂȘtre lĂ .
Tu peux te marrer, je pense Ă toi, Kader.
C'est ça, marre-toi.
Ce ToutCash' CanebiĂšre existe grĂące Ă vous.
Mais surtout grĂące Ă moi.
Les emmerdes que j'ai dĂ» traverser,
c'est incroyable.
Deux mois Ă remplir des papiers.
J'en ai marre. Quand on entreprend
quelque chose, on n'est pas aidés.
On a l'impression qu'ils font exprĂšs de nous empĂȘcher.
Moi, je suis comme vous.
Je veux monter.
Toujours monter, toujours plus haut. Il faut foncer.
Le Président de la République l'a dit,
il faut ĂȘtre le premier de cordĂ©e.
Je veux ĂȘtre le premier de cordĂ©e. J'assume.
Il faut pas avoir peur de bousculer les habitudes
et pas se laisser intimider
par les minables. On est entourés de minables, vraiment entourés.
Sans plus tarder, comme ils disent Ă la TV,
je vais vous présenter la directrice.
C'est une fille super.
Caro, viens dans la lumiĂšre, que tout le monde te voie.
Faites un maximum de bruit pour Caroline.
8La nouvelle directrice du ToutCash' CanebiĂšre.
Merci. Caroline qui va diriger
ce ToutCash'.
Je l'ai rencontrée
y a pas longtemps, elle est super.
Elle va déchirer. Pas vrai, Caro ?
Allez, super. On l'applaudit, on l'encourage.
Et puis, vive la fĂȘte ! Amusez-vous !
Je vais boire un coup, d'ailleurs.
- C'est qui, elle ?
- Je vais t'expliquer.
- Tu m'as baisée dans tous les sens du terme.
- ArrĂȘte, Thilda !
- T'as peur que ma sĆur entende ?
Tu rigoles, espĂšce de pute !
Connard !
- ArrĂȘte ! T'es folle ou quoi?
- Quoi ? - Ăa va pas la tĂȘte ?
T'es malade ou quoi? Pourquoi tu fais ça ?
- Tu veux que je te dise pourquoi?
Je vais te le dire, il m'a baisée.
- On va t'expliquer.
- Tu comprends pas le français ? Il m'a baisée, en vrai.
Il me baise depuis des mois.
On baisait en regardant ton cul.
On baisait comme des chiens,
pendant que t'étais dans ton magasin. Bouffonne !
- Ma pauvre chérie...
- Fallait pas toucher Ă ma sĆur!
- Elle t'a raconté ça ?
Elle dit n'importe quoi, d'accord ?
- Comment elle connaßt nos vidéos ? Tu lui as fait voir.
- Quoi?
J'en sais rien. Sur Internet. Tu fais chier, toi aussi.
- Je fais chier ?
Connard ! Pas ma sĆur!
- Tais-toi, t'es complÚtement bourrée.
- Menteur !
- Ta gueule !
- Tu peux compter sur nous et Daniel.
- Que se passe-t-il ?
- Rien. Elle va se calmer. Attends-moi dehors.
- Qu'est-ce qu'il se passe ?
Elle a quoi, Mathilda ?
- Ăa te regarde pas. - Si, ça me regarde.
- Tes problĂšmes de couple, j'y peux rien.
- Tu lui as promis qu'elle dirigerait le magasin.
- De quoi? Elle est nulle.
Putain, ouvre les yeux. Tu comprends pas ?
T'es vraiment con.
- Me parle pas comme ça.
- T'es un minable.
- ArrĂȘte, Bruno...
- Tu t'es déjà regardé ? T'es un raté, mon pote.
- C'est pas vrai tout ça.
- Je suis pas le premier Ă baiser ta femme,
tu vas t'en remettre.
Battements de cĆur
...
Musique sacrée, opéra du début
...
- Tais-toi. Tais-toi, dis rien.
Tu dis rien Ă personne, jamais.
Ăa doit rester entre nous. Nous deux. Toi et moi.
Dedans, dehors, pour moi, c'est pareil.
Je le fais pour Gloria.
Il faut pas que ça recommence.
Y a pas de raison que ça recommence.
L'opéra se poursuit.
Battements de cĆur
...
J'avais beau arracher
Les aiguilles de ma montre
Le temps ne s'arrĂȘtait pas.
...
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