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Centre de santé mentale San Antonio
TRADUCTION, SOUS-TITRAGE ET ENCODAGE : CÉRÉALES KILLER
Salut.
... de lutte contre le terrorisme.
Sans transition, les autorités locales informent qu’une malade mentale
s’est enfuie ce matin de l’asile San Antonio.
Elle avait été condamnée pour tentative d’homicide,
elle est maniaco-dépressive.
Elle répond à cette description.
Brune, cheveux ondulés, yeux noirs,
taille moyenne. Elle porte le pyjama du centre de santé,
chemise et pantalon de coton bleu clair.
Toute personne l’ayant aperçue est priée de contacter
la garde civile.
Enlève tes mains de mon cul.
Pardon ! Pardon... pardon.
Qu’est-ce que tu regardes ?
Tourne-toi ou file.
Euh, non. Excuse-moi. C’est toi...
qui m’est tombée en culotte
– du haut d’un arbre. Alors... – Écoute...
J’aimerais rester papoter avec toi,
mais voilà , je n’en ai ni le temps, ni l’envie.
Dommage, tu tombais bien.
Passe une bonne journée.
Merci. Fais gaffe, il y a un loup.
Il ne doit pas être aussi mal embouché que toi.
Ne me mens pas, tu crois que ça me va ?
Oui, maman. Tu seras décorée pour chaque nichon.
Tu es bien triste.
– On peut faire une photo ? – Bien sûr.
Merci.
Et mange bien, Victoria. Tu es si maigre.
Et appelle-moi chaque jour.
Tu me racontes, d’accord ?
Tiens.
Couvre-toi bien. Il fait froid ici, la nuit.
– Pas besoin, maman. – J’insiste.
Il fait très froid.
Fais attention Ă toi.
Et profites-en bien.
Une fois dans ta vie.
– T’inquiète pas, maman. – Appelle-moi.
Bon garçon.
... du personnage. T’as fumé quoi ?
Ce que je veux ? La meilleure.
Non. Pas une aspirante de seconde zone, qui est bègue en plus.
Oui.
Non, bordel. Non !
Je me fous ce qu’il pense. C’est moi qui décide, ici.
Attends.
– Bon, papa... – Oui.
Raconte...
Comment tu vas ?
– Salut. – Salut !
Il est nouveau, non ?
Mignon.
Oui.
Viens, Paula.
Maman et papa viennent nous chercher quand ?
Prends tes affaires.
Marcos...
Marcos, tu devrais...
Tu dois... tu dois dire à ta sœur au plus vite
– que vos parents sont morts. – Ils ne sont pas morts.
Ils ont disparu.
Marcos, les recherches ont été abandonnées.
Tu veux que je lui explique, à ta sœur ?
Je m’en chargerai. Vous n’êtes que notre avocat.
Envoyez l’argent chaque mois. Et fichez-nous la paix.
Mais il est au point.
Salut !
– Vous avez une cigarette ? – Oui.
Salut.
Merci.
Quelle classe ?
Seconde.
T’es nouvelle ?
On t’aurait déjà remarquée.
Donc, vous avez 16 ans.
Qu’y a-t-il ? Où allez-vous ?
Qu’est-ce que tu crois ?
Interdit de fumer !
Mais, madame...
J’aurais pu t’arracher l’oreille et la jeter aux porcs !
Je savais pas, je viens d’arriver.
– Désolée. – Bon. Où sont tes parents ?
– Quel classe ? – Je ne suis pas une élève.
Je suis la nouvelle femme de ménage.
La nouvelle femme de ménage ?
– Mais... quel âge as-tu ? – 30 ans.
Tu me donneras la marque de tes crèmes.
Tu vas rester planter lĂ ?
Fumer des clopes avec les élèves ?
Draguer ?
Et avec une heure de retard !
– J’ai eu un long voyage. Désolée. – C’est bon.
Mets ton uniforme et balaie.
Tu es là pour ça.
Et éteins ça.
Allez.
C’est pour aujourd’hui.
Et rappelle-moi d’appeler pour faire réviser les générateurs.
Ah, au fait...
je suis Jacinta, la gouvernante...
et ta chef.
La direction de l’école la Lagune noire vous souhaite la bienvenue.
Pour la bonne tenue du centre,
les élèves doivent être ponctuels au cours,
au petit déjeuner, au déjeuner et au dîner.
Chaque retard sera puni...
... d’une semaine d’écurie !
– Des chevaux ! – Tu les aimes, hein ?
Eh bien, tu vas aimer encore plus nettoyer le purin.
C’est ton rôle.
Les élèves devront toujours porter l’uniforme.
Sont interdits les pin’s,
les piercings, tout manque de respect à la bienséance
– sera puni... – ... d’une semaine d’écurie !
Tu vas pleurer la nuit en pensant Ă papa et maman.
Tu as pris ta tétine ?
Le nettoyage des chambres t’incombe.
Et tu retournes les matelas,
les petits y collent leurs crottes de nez dessous.
Et maintenant, le plus important de l’école.
La bibliothèque ?
Tu as vu quelqu’un manger un don Quichotte ?
Ici on prépare les repas pour plus de trois cents personnes.
Petit déjeuner, déjeuner et dîner,
jour après jour.
Sans répit.
Fruits, viande et poisson pour six mois.
Quand arrive la neige,
personne n’entre ou ne sort d’ici.
Tu vois Auschwitz ?
La mĂŞme chose, sans les chambres Ă gaz.
Les voilĂ .
C’est l’équipe enseignante de l’école.
Alfonso !
Tu as enfin trouvé les armes de destruction massive ?
Quand j’aurai trouvé ce que je cherche, tu ne riras pas tant, Jacinta.
Il est interdit de quitter les chambre durant la nuit.
Ceux qui le feront seront punis de...
– ... deux semaines d’écurie !
Elle, c’est Elsa.
La chef d’études.
Elle régente tout.
Ah, et c’est la fiancée du directeur.
Je veux dire qu’elle le tient par les couilles.
Pardon !
En parlant du loup...
Don Héctor, le directeur de l’école.
MarĂa, la nouvelle femme de mĂ©nage.
Eh, bien !
Surpris de te voir habillée.
Bon... eh bien, si je dérange, je m’en vais !
N’imagine rien, Jacinta. Je t’explique.
Je faisais mon footing dans le bois et cette femme
me tombe en culotte d’un arbre.
En culotte...
FermĂn... FermĂn !
Ferme et appelle les gens du générateur.
Il est formellement interdit Ă toute heure du jour ou de la nuit
sous aucun prétexte
de traverser le parc de l’école et sortir dans le bois.
Celui qui le fera
sera puni d’expulsion.
Bonjour et bienvenus pour une nouvelle année
à l’école la Lagune noire.
L’INTERNAT LAGUNE NOIRE
Les enfants, veuillez entrer.
Héctor de la Vega, directeur de l’école
et désormais votre tuteur légal.
Bon, moi, je vous laisse.
Profitez de votre séjour
et s’il vous faut quelque chose...
– Merci. – Merci.
On reste en contact.
Allez, entrez.
Alors, vous aimez vos chambres ?
Tu te feras vite des copines.
On t’a dit qu’on a des chevaux ?
Je veux aller Ă la maison avec mes parents.
Paula...
et si t’allais chercher ta classe ?
Je n’aime pas cette école. On doit rester ici ?
Allez, sois gentille.
Tu ne lui as pas encore dit que vos parents sont morts ?
Je sais que c’est dur.
LES MONSTRES NE FONT PAS DE CHATOUILLES
J’ignore s’ils sont morts.
Vous le savez ?
Marcos...
– Leur yacht a été trouvé brisé en deux. – Et alors ?
Pas leurs corps !
Elle n’a pas droit à la vérité ?
ArrĂŞtez les cracs, merci.
Écoutez.
– Vous n’êtes ni mon père, ni mon ami. – Ton tuteur légal.
Ainsi qu’à ta sœur.
J’ai rien à foutre de ce que disent les papiers.
Ma sœur, c’est mon problème. Pas le vôtre.
Et vous pouvez vous coller vos conseils oĂą je pense.
J’ai une mauvaise nouvelle.
Désormais, tu vas devoir écouter mes conseils.
Et je suis le seul ami que tu aies ici.
Tu manges tes crottes de nez !
Les enfants ! Silence !
Evelyn, si tu as faim, tu devras attendre le déjeuner.
Tiens.
Faites-moi un dessin de vos vacances.
Qu’y a-t-il ? Pourquoi tu pleures ?
J’ai peur. Je veux être avec mes parents.
Ici, il y a pas de parents.
Alors, arrĂŞte de pleurer ou il va venir te chercher.
Qui ?
Le monstre du bois.
Les monstres n’existent pas.
Si, ils existent, maligne !
– Tu les as vus ? – Non.
Mais il existe et c’est une chose très méchante.
– Comment tu le sais ? – Je l’ai entendu.
Si tu regardes le bois et tu comptes jusqu’à dix, il apparaît.
Et il fait quoi ?
Il emmène les gens.
D’après ce qu’on sait, la fugueuse du centre San Antonio,
certains témoins disent l’avoir aperçue près du bois de la Lagune noire.
Les sports se concentrent sur...
Il ne manquait plus que ça, une folle lâchée dans le bois.
MarĂa, dans le CV que tu as envoyĂ©,
tu dis avoir travaillé dans un hôtel ?
Oui, dans un hĂ´tel.
Et comment as-tu trouvé ce poste ?
Je l’ai vu dans un journal.
Et tu n’avais rien de mieux ?
Venir s’enfermer ici, dans le trou du cul du monde.
– J’avais besoin de travailler. – La paie n’est pas terrible.
On gagne plus Ă vendre des bonbons.
FermĂn, mon beau.
La porte est grande ouverte, alors, si tu n’es pas content...
tu sais ce qu’il te reste à faire.
Les extra-scolaires, peinture et tennis à midi, et l’après-midi yoga et escrime.
Et j’ai laissé dehors ceux qui sont venus bourrés l’an dernier.
Bien. Bonne idée.
Comme ça, ils auront du temps pour se murger.
Tu veux en plus les féliciter ?
Héctor, on doit être ferme sur la discipline.
La discipline, c’est bien, mais avec psychologie.
C’est une école. Pas un centre de redressement.
Réintègre-les. Allez.
Pourquoi Ă ton avis les parents nous les envoient et paient cher ?
Pour notre psychologie ? Non, Héctor.
Pour les contrôler, leur imposer des règles.
Je m’intéresse plus aux élèves qu’aux parents.
C’est un moment crucial de leur vie. Tu connais notre pouvoir.
On leur donne les outils pour affronter le monde.
Oui, Héctor, et c’est pour ça qu’on doit être rigoureux avec les règles.
Regarde.
Alfonso a falsifiĂ© le dossier de Victoria MartĂnez.
Tu exagères, il n’a rien falsifié.
Je l’avais exclue pour ses notes
et Alfonso l’a repêchée pour sauver sa bourse.
– C’est son avis. – Quel avis ?
Pour moi, Alfonso file un mauvais coton, Héctor.
Tu l’as vu déambuler comme âme en peine comme si on le persécutait ?
Ce type est un peu gaga, je te le dis.
Et ton mari, il pense quoi de ton boulot ici ?
Mon mari ?
J’en ai pas. Célibataire.
Jacinta, tu crois que peux reprendre ?
Bien.
Quoi ?
Tu n’as pas l’air réjoui.
Voilà ce qui me réjouit.
Elle est bonne, elle bosse et elle est célibataire.
HĂ©, je suis un gars attirant, sensible et tendre.
J’ai ma chance.
Adorable, la nouvelle.
T’es une menteuse. Y a pas de monstre, ici.
N’ayez pas peur !
Compétitivité.
C’est l’idée que je veux vous inculquer dans ce cours.
Vous venez des meilleures familles du pays
dans le meilleur lycée.
Vous avez donc l’obligation de devenir
des leaders, des dirigeants.
Les meilleurs.
Je l’ai toujours pensé.
Dans la vie, on est soit gagnant, soit perdant.
Exactement.
Et si on a une mère maraîchère ?
Et les boursiers ?
VoilĂ , on a sorti la bourse !
Raison de plus d’être compétitive.
Écoute, tu peux aller très loin,
si tu as du contact.
si tu es maligne.
Rappelle-toi.
La fin justifie les moyens.
Voilà l’esprit de cette école.
Qu’y a-t-il, Marcos ?
Tu n’es pas d’accord ?
Alors, quelle est ta pensée ?
Ce que vous avez dit est merdique.
Pardon ?
Si pour ĂŞtre un triomphateur, il faut ĂŞtre un salaud,
je passe.
Bien, Marcos. Bien !
Merci.
Enfin quelqu’un de sensé.
Heureusement qu’il y en a un qui n’avale pas cette saloperie.
Tout cette merde...
comme il dit.
Je me moquais de vous. La fin...
ne justifie pas les moyens.
Je ne veux pas que vous soyez compétitifs.
Mais que vous soyez des personnes
qui s’impliquent,
que vous soyez intègres, loyaux,
humains.
Je ne veux pas que vous soyez les meilleurs.
Ce que je veux,
c’est que vous soyez bons.
Si j’y arrive,
ma carrière d’enseignant aura eu un sens.
C’est la première leçon de ce cours.
Et la plus importante.
Bienvenus.
Quelle peur !
– Viens. – Quoi ?
T’as aimé mes courriels des vacances ?
J’ai préféré celui du type qui est en train de chier...
ou celui du requin qui arrache le bras du Chinois.
Les deux sont navrants.
Mon cœur, les jolies choses, genre romantiques...
je les dis en personne.
Regarde un peu oĂą tu vas !
Alfonso, c’est tombé.
– Merci. – De rien.
Quand il fait froid, je la perds.
Tenez.
Merci.
Merci à vous de m’avoir repêchée.
Je vous promets de faire des efforts cette année.
Tu es très intelligente mais fainéante.
Tu dois garder ta bourse.
Ta mère fait beaucoup pour te mettre ici.
– Camillo ! Camillo ! – Oui.
Dis, tu te souviens de ce vieil ermitage qu’il y avait dans le bois ?
– Celui qui est enterré ? – Oui.
Tu sais précisément où il est ?
Non, Alfonso.
Je ne sais même plus mon âge.
Et je me souviendrais d’un truc de vingt ans ?
La vieille carte de la bibliothèque ?
J’ai regardé, il n’y a rien.
Carte du bois Lagune noire
Orphelinat Lagune noire
Besoin d’aide ?
Tu veux que je brise un autre cadre ?
– Fiche-moi la paix, Elsa. – Pas question, Alfonso.
Que cherches-tu ?
Tu le sais parfaitement.
Quand j’aurai trouvé, on en reparlera.
– Donne-moi ça. – Tu aimerais bien.
– Laisse-moi passer. – Donne-moi ça d’abord.
– Je t’ai dit de me le donner. – J’ai entendu.
J’irai jusqu’au bout, que tu le veuilles ou non.
Que se passe-t-il ?
– Tu vas bien ? – Je ne l’ai pas fait exprès.
Pourquoi t’as fait ça ?
– Tu l’as blessée ? – C’était un accident !
Héctor, je vais te raconter un truc que je ne t’ai jamais dit.
– Il se passe des choses dans ce bois. – Que dis-tu ?
Des choses inexplicables.
Je n’ai pas encore toutes les infos, tu dois me croire.
– Ce bois est très dangereux. – Oui, il est plein de monstres.
Quand j’aurai tout
– dans deux jours je te dirai tout. – Tu t’entends ?
Elle sait. Elle sait des choses !
Demande-lui ! Demande-lui !
Je ne veux pas entendre un mot de plus.
Tu devrais consulter.
File, Alfonso.
– Quoi ? – Prends quelques mois de repos.
Tu me vires ?
Je ne suis pas fou !
Je regrette, c’est pour ton bien. Tu ne peux pas bosser ainsi, pars.
Pars.
Tu veux vraiment travailler ici ?
Je prenais l’air et je suis tombée.
Tu tombes beaucoup.
– Je reprends mon boulot. – D’accord.
Au fait, pardon pour l’autre fois et...
vous avoir vomi dessus.
Tu fumais ?
Oui.
Donne-m’en une. J’arrêterai demain.
Et si toi et moi, ce soir, nous prenions...
un bain de mousse relaxant...
et...
buvions cette bouteille de rioja 1995 que nous gardons depuis Noël ?
Hein ?
On ne t’a jamais appris à frapper avant d’entrer ?
Euh... pardon.
Entre. Nous partons.
Ça ne me gêne pas de te voir en culotte,
mais ça devient personnel.
– C’est qu’il y a un clou... – Laisse tomber.
Je cherche mes clés. Tu les as vues ?
Non, non.
Pas vues.
J’ai terminé.
Je pars.
C’est la douche...
Au revoir.
Que fais-tu lĂ ?
Fuyez cette école, elle est dangereuse !
Alfonso, tu me fais peur.
Je ne peux encore rien dire.
Demain, à 10 heures, au cimetière
je vous dirai tout.
L’école est dangereuse ?
À 10 heures au cimetière ?
Oui.
Quoi ? Qu’est-ce qui vous amuse ?
Et tu y vas ainsi vĂŞtue pour gagner du temps.
Quoi ?
MĂŞme ma cousine de 13 ans ne le croirait pas.
Alfonso est malin.
Il sait que vous dormez presque Ă poil.
Il essaie de se faire du bien. En plus rendez-vous demain.
Ça nous arriverait pas à nous.
On dirait que ça t’excite !
Vous êtes des crétins !
Ce n’est pas un vicieux comme vous.
File dans ta chambre, morveuse, tu ne peux pas ĂŞtre ici.
Paula, que fais-tu ici ?
Je veux dormir avec toi.
Je peux rester ?
Tu peux pas rester, bébé. Va dans ta chambre.
Tu reposes la main sur ma sœur,
je te l’arrache.
Vingt-deux !
Carolina et Victoria, dans vos chambres !
Vite.
Jacinta, quelle peur ! Nous dormions.
Tu savais que si l’on interrompt le sommeil d’un ado,
il peut avoir de graves séquelles psychologiques une fois adulte ?
Tu fermes ton bec sinon tu n’arriveras jamais à l’âge adulte.
Vous autres, vous sortez maintenant...
ou je vous colle demain pour me faire la pédicure.
Bon, nous nous sommes comprises.
Bien sûr, tu as des cors comme des champignons.
Allez, on va dormir, Paula.
En cours d’envoi.
Tu devais pas être cher payée dans ton hôtel.
T’as pas beaucoup de bagages.
Ne tripotez pas le pain.
Ma famille m’enverra mes affaires.
J’aime pas voyager
avec trop de bagages.
Qu’est-ce qui t’a pris ?
C’est quoi, ces questions ?
T’as un problème ?
– Bordel... je voulais juste... – Juste rien !
Ce que j’ai fait avant ne te regarde pas.
– Alors, fiche-moi la paix. – Relax.
Je voulais ĂŞtre sympa.
T’offrir un verre, aller danser. Mais là , chacun dans son pré.
Excuse-moi.
Je ne suis pas non plus une fille de
– sorties ou de boîtes. – Je ne t’embêterai plus.
Tu as fait une jolie touche.
Et toi, ne me fais pas...
Lève-toi.
C’est pour ma sœur.
Je n’aime pas cette école.
Mange un peu, c’est très bon.
Désolée. Les grands dans cette zone, les petits là -bas.
Viens avec tes camarades.
Écoutez.
Pardon. Ma sœur est petite et elle est effrayée.
Mes parents ont disparu...
Marcos, tous les petits pleurent le premier jour.
Ta sœur y passera comme les autres. Viens.
Que t’arrive-t-il aujourd’hui ?
Regarde les nœuds que tu as dans les cheveux !
Cette prof est un peu salope, non ?
Tes parents t’appellent. Au téléphone du couloir.
Papa et maman appellent !
Super ! On va leur dire qu’ils nous ramènent !
– Marcos ! – Oui. Viens, cours !
Maman ! Maman ?
Marcos, tu vas oĂą ?
Du calme !
Qu’y a-t-il ?
Tu ne sais pas pourquoi il t’a frappé, hein ?
Vous n’avez rien à dire ?
Si tu veux encore me frapper, vas-y, je m’en fous.
Je suis contre la violence et la vengeance.
Une semaine d’écurie.
La sauvagerie n’est pas tolérée.
File.
Toi.
– Iván ! – Quoi ?
Assieds-toi.
C’est tombé.
Qu’y a-t-il ? Vous êtes venus me frapper ?
Je tremble.
Vous allez y aller un par un ? Deux Ă deux ?
Je vous prends tous les trois.
Te casser la gueule n’est pas amusant.
Ce qui serait amusant...
c’est dire à ta sœur qu’elle est orpheline.
Ça c’est amusant.
Approche ma sœur et je t’arrache la tête, fils de pute.
Du calme, mec.
Du calme. Je t’ai dit que je suis non-violent.
Comme ça, c’est mieux. Calmement.
Tu devrais être aux écuries.
Je dois dire à ma sœur que nos parents sont morts.
D’accord ?
Vous avez pas dit d’oser ?
Marcos, attends.
Approche.
Viens ici !
Comment vas-tu le lui dire ?
Tout simplement.
Je veux que personne ne lui fasse mal.
– Salut. – Salut, Marcos !
Paula, je dois te dire une chose.
Maman et papa...
ne viendront pas.
Pourquoi ?
Maman est fâchée contre moi ?
Si elle vient, elle verra que je suis gentille, pour de vrai.
Non, Paula. Maman n’est pas fâchée contre toi.
Mais ils sont Ă un endroit
d’où on ne revient pas.
Pourquoi ? La voiture est en panne ?
Non, Paula. Là -bas, il n’y a ni voiture, ni route.
Maman et papa sont partis naviguer.
Le bateau a coulé.
Et on sait pas oĂą ils sont.
Ça se trouve, ils sont sur une île secrète.
Sans doute.
Mais, désormais,
notre maison est ici.
Mais je n’aime pas cet endroit. Il est moche.
Tout est sombre.
Et il y a des monstres. Pourquoi maman nous a laissés ici ?
Je vais te le dire.
C’est un secret, hein ?
Cette école est magique.
Oui.
Les bruits...
sont des messages. Tu le savais ?
Dès qu’une porte claque,
c’est un baiser de ta maman.
Et si la lumière s’éteint et qu’il fait noir,
c’est ta maman qui t’embrasse.
Et quand tu entends le vent... bon, voilĂ ...
c’est le meilleur.
C’est quoi ?
C’est ta maman qui te dit qu’elle t’aime très fort.
Et les monstres du bois ?
Ah ! Tu parles des fées ?
Quelles fées ?
Les bonnes fées qui vivent dans le bois.
Que font les fées ?
Si tu rencontres une fée,
ferme les yeux et fais un vœu.
Et si tu n’es pas triste,
il se réalisera.
C’est pour ça que maman nous a amenés à cette école ?
– Parce qu’elle est magique ! – Oui.
Moi aussi je t’aime !
Maintenant !
Que faites-vous lĂ Ă cette heure ?
Pourquoi t’étais pleine de sang ?
Tu as tué quelqu’un ?
Je suis très méchante.
Venez.
Vous savez ce que je fais aux filles ?
Des chatouilles !
Filez Ă la douche !
On y va.
Dans le bois, y a pas de monstres.
Il y a des fées. Tu peux leur demander un vœu.
Comment tu sais qu’elles sont bonnes ?
Le directeur me l’a dit.
Mais c’est un secret !
Mais si on nous prend Ă aller au bois...
on va nous punir !
Fais ton vœu à la fée qu’on ne te punisse pas.
Mais je ne veux pas gâcher mon vœu avec ça !
Cache-toi ! Faut pas qu’on te voie, patate !
On peut sortir par lĂ .
Viens !
J’ai pas de vœu aujourd’hui. J’irai au bois un autre jour.
Trouillarde !
Menteuse ! J’veux pas y aller.
Tant pis pour toi.
Quelle heure est-il ?
Il est 11 heures. On est lĂ depuis une heure.
Il vous a vues habillées et il est reparti.
ArrĂŞte de vanner.
Alfonso a dit qu’il devait nous dire un truc important.
Il aurait pu nous donner rendez-vous ailleurs.
C’est quoi ?
Quoi ?
On dirait qu’on nous épie.
Pourquoi tu ne dors pas ?
N’aie pas peur, il n’y a personne dehors.
Si !
Qui ?
Paula est dehors.
Paula dort juste lĂ .
OĂą est Paula ?
Elle est allée au bois chercher les bonnes fées.
Allez, couche-toi.
Les filles, ça fait deux heures qu’on attend.
Peut-ĂŞtre avait-il un truc important Ă dire,
mais il s’est dégonflé. Je me tire.
On le cherchera demain, au jour. Au petit déjeuner.
– Tranquillement. Viens. – Non, s’il vous plaît.
Mais...
Voyons, pourquoi nous aurait-il rencardés ici ?
Alors ?
J’ai froid et faim et une de ces envies de dormir...
Tu es une poule mouillée.
Il a la trouille !
La ferme, crétin.
C’était quoi ?
Je l’ignore mais j’aime pas ça.
C’est vous ?
Courez ! Courez !
Personne ne sort seul. Deux par deux.
Chacun une direction. Le premier qui la voit avertit les autres.
Reste à l’entrée si elle revient.
Je vais au réservoir.
On devrait attendre la police.
Pas le temps, faut la trouver.
– Qu’y a-t-il ? – Une fillette s’est perdue.
Quoi ? Je vais prendre mon manteau.
Va dans ta chambre.
Ma sœur est là dehors !
File dans ta chambre !
Viens avec moi.
Reste près de moi.
On y va.
Il vaut mieux que je reste.
Si elle revenait entre-temps.
Bien.
Paula, tu es lĂ ?
Paula, c’est toi ?
Merde, c’est quoi ?
C’est une fée. C’est une gentille fée.
Je suis venue faire un vœu.
Je te promets de ne plus jamais
ĂŞtre triste.
Je veux que papa et maman
reviennent de cet endroit si loin
et qu’ils m’emmènent à la piscine à boules du centre commercial
que maman fasse des gâteaux au chocolat et que papa
joue avec moi à cache-cache. Et c’est tout. Fin de mon vœu.
La fée ! La gentille fée !
Maman, au secours !
– Aide-moi. – Au secours !
Maman ! Maman !
Maman !
Tu vas bien ?
Je l’ai ! Elle est là !
Où étais-tu ?
J’ai eu très peur.
Marcos, ne te fâche pas. Je voulais juste voir les fées.
Les fées ?
Marcos, il y a un homme.
J’ai vu sa main.
Un homme ? De quoi tu parles ?
J’ai cru que c’était
une gentille fée. Mais c’était un homme.
Il m’a pris le pied, mais je me suis échappée.
Allons-y.
Merde.
Bingo !
Il est lĂ -bas !
Il est mort ?
Il n’y a personne, Paula.
Il était là . J’ai vu sa main, il m’a attrapée.
C’était sûrement une branche.
Il fait sombre.
C’était bien ici ?
Il n’y a personne, ici.
Que des feuilles mortes.
La fée était là .
Tu ne partiras jamais, hein ?
Bien sûr que non, Paula. Nous serons toujours ensemble.
Tu me le promets ?
Je te le promets.
Où était-elle ?
Sur le chemin.
– Tu nous as fait très peur. – Rentrons.
T’es sous la douche ?
Pas encore.
Si on prenait un bain dans ma chambre ?
C’est bon, j’arrive.
Tu me prends pour une idiote ?
Pardon ?
Où étais-tu ?
Boire un verre de lait.
– On l’a retrouvée ? – Oui, tu me prends pour une idiote.
Et où est le verre de lait ? Tu t’es douchée avec ?
– Je l’ai bu. – Évidemment.
Tu l’as bu en fouinant dans le bureau d’Héctor pour voler.
Oui, je t’ai suivie.
Qu’as-tu pris ?
– Rien. – Rien ?
Bon. Comme tu voudras.
Tu vas dehors. T’es virée.
Ici, on a besoin de tout
sauf de voleuses. File !
Jacinta, laisse-moi t’expliquer.
Non. Tu l’expliqueras à la police.
Pas la police, Jacinta ! Laisse-moi t’expliquer !
Je cherchais les fiches médicales des élèves de seconde.
Les fiches médicales ? Pourquoi ?
Pour trouver un garçon.
Qui était dans cette école.
Il a 16 ans.
Il est AB négatif. C’est tout ce que je sais.
Je ne l’ai vu qu’une fois, à l’hôpital.
J’avais 13 ans.
Et mon fiancé l’a vendu à un couple fortuné
pour un fix.
Donc...
ce garçon que tu cherches...
C’est mon fils.
Je veux voir son visage.
Quelle musique il écoute.
S’il a mes yeux. S’il se ronge les ongles comme moi.
Attends.
Juste le connaître, Jacinta.
Attends un moment.
Comment sais-tu qu’il est ici ?
Je l’ai cherché toute ma vie.
Des années.
Obsédée, jour et nuit.
C’est une longue histoire.
Mais je sais qu’il est ici, à la Lagune noire.
Si tu le trouves...
Quoi ?
On me l’a enlevé des bras.
Je n’ai pas pu l’embrasser une seconde.
Tu sais ce que c’est, Jacinta ?
Une saloperie.
Tu as une cigarette ?
On ne fume pas, ici.
A dit la voleuse.
Allez.
Eh bien...
la vie est tordue, hein ?
Tu es fâché contre moi ?
Je ne suis pas fâché, Paula.
Mais tu dois me promettre
de ne plus aller seule au bois.
– Promis ? – Oui, je te le promets.
Une fée m’a donné ça.
Et l’homme méchant qui m’a pris le pied
a voulu me faire du mal.
Comment le sais-tu ? Il te l’a dit ?
Il t’a frappée ? Insultée ?
C’était peut-être un gnome, Paula.
Il voulait te faire coucou.
Te ramener à l’école, il t’a crue perdue.
Marcos, tu crois aux fées ?
Bien sûr.
Pas toi ?
Mais je ne crois pas qu’elles vivent dans le bois.
Elles vivent dans les maisons.
Dans les armoires, les commodes.
– Ce genre d’endroit. – Vraiment ?
Bien sûr.
Il fait froid dehors.
As-tu déjà vue une fée vêtue d’un manteau et d’une écharpe ?
Elles ne portent que
leur robe de soie.
Et leurs chaussures Ă talons.
– Et leur baguette magique ? – Oui.
Pas de manteau.
Elles mourraient de froid, dans le bois.
Tu sais quoi ?
Cette école n’est pas si mal, finalement.
Elle est magique.
MĂŞme si tes amis sont un peu bĂŞtes.
Ils m’appellent « naine » et « morveuse ».
Pourquoi on me laisse pas dormir avec toi ?
Et cette prof qui a un balai dans le cul...
elle est toujours fâchée.
Mais le directeur, il est gentil.
Il dit que cette école est magique.
Et il sait plein de choses sur les fées.
La dame qui a des cors comme des champignons,
je la trouve aussi gentille. Et son amie,
la femme de ménage de l’école,
je l’ai prise au début pour un monstre.
Mais après, je me suis aperçue que non.
Parce que les monstres ne font pas de chatouilles.
Le cuisinier est très sympathique.
Il me noue les cheveux.
Et tes amies sont très jolies.
Elles ont les cheveux longs et mettent du rouge à lèvres.
Quand je serai grande, tu me laisseras mettre du rouge
et mettre des chaussures à talon comme les fées ?
On verra, Paula. Maintenant, dors.
Tu ne dors pas ?
Non.
Où est Alfonso ? Que lui est-il arrivé ?
Ne sois pas bĂŞte. Il a dĂ» nous faire une blague.
Tu as raison.
Demain, en histoire, on lui dira qu’on a tout cru et il pissera de rire.
L’INTERNAT LAGUNE NOIRE
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