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Na-
- Oui, je sais. Le Mistral Tr�soris. D'accord.
Au revoir.
Na-
- Laquelle on prend pour la couverture
D�brouille-toi. Moi, je suis d�j� parti.
Non. C'est s�rieux. C'est pour la rubrique de Rachel.
- Celle-l� est pas mal. - Oui.
Celle-l� est la meilleure.
Allez, salut.
Ciao. Amuse-toi bien.
C'est quoi, cette robe
Tu veux provoquer une �meute
Je la portais pour la derni�re photo.
Je suis partie juste apr�s. avais peur d'�tre en retard.
Bon. Allons-y.
Embrasse-moi, d'abord.
Na-
Ta valise.
Tu n'as rien oubli� esp�re que non.
Ai mis ton pyjama pour dormir. Sois pas b�te.
- Tu m'�criras '? - Tous les jours. Promis.
Ne t'en fais pas, mon ch�ri. 3 semaines, c'est vite passe'.
-Il est rappel� � messieurs les voyageurs
que le train rapide Le Mistral
n'est accessible qu'aux voyageurs munis d'un ticket ou d'une admission.
Na-
'�a Va. "�a Va "
Et toi
� part un boulot monstre depuis deux semaines...
ai cru que j'attraperais jamais
ce foutu train.
Na-
- Tiens. Pendant que j'y pense.
Je crois que c'est indispensable.
Je te remercie.
C'est mieux, en effet.
Voil� des si�cles que je ne vous ai vus.
On n'est pas immortels.
Et � mon �ge, on risque de tirer sa r�v�rence
un beau matin sans crier gare.
Alors cette ann�e, vous passerez vos vacances chez moi.
Je sais pas si vous vous rappelez,
c'est en Provence, juste � c�t�
de Lourmarin.
En attendant, je vous embrasse.
Grand-p�re.
H�', monsieur J�richo !
Bonjour, Victor.
Je suis content de vous voir, rapport aux brebis.
3 sont comme contamin�es.
Vous pouvez faire un petit d�tour
Aujourd'hui, c'est pas possible. Va voir le docteur B�nac.
L'autre v�t�rinaire Trop loin.
"L'autre v�t�rinaire"... Combien de fois je dois le dire
Je n'exerce plus. Je ne suis plus v�t�rinaire.
M. J�richo, l'habitude.
Ben, c'est une mauvaise habitude.
Je t�cherai de faire un saut demain matin.
Merci, monsieur.
Enfin, vous voil�.
Pas trop change', ma belle. Pas tr�s bonne mine.
Toi, non plus.
Grand-p�re. On est pas au vert.
On travaille. Tu me ferais pleurer.
- Non. - Non, laissez-moi �a.
Na-
Allez, r�veille-toi, gamin. H� ! On est arriv�s !
C'est l'air de la campagne.
Marie, Jeanne a pr�pare une omelette.
T'as qu'� chauffer la po�le. Bien, chef.
Vous vous plaisez toujours, � Paris
�a va, oui.
Vous vous plaisez, ou vous vous plaisez pas
On s'y pla�t, oui. T'es content
Non.
Qui c'est, celui-l�
�a, c'est Herbert Gaston de Salles.
Fils de la duchesse.
Un persan rose.
Un vrai sang bleu.
�a l'emp�che pas de frayer dans la pl�be.
T'as un dr�le de nom.
L�galement, c'est le sien.
Il a fallu que je vous envoie un ultimatum
pour vous d�cider � venir...
- On comptait venir un jour. - Oui. "Un jour."
Le jour de mon enterrement ? T'exag�res.
Oh, oh... Pas du tout.
Je vous vois d'ici, avec ma lettre. Une vraie panique.
Passer les vacances
avec ce vieux g�teux, l�...
alors qu'on pourrait �tre � Capri.
Je vous ai bien poss�d�s, hein
Oui.
Na-
- Tu fumes, toi
C'est nouveau, �a.
C'est pour faire plaisir � Jacques.
Il adore les femmes qui fument. Il trouve que �a leur donne du chic.
- Pourquoi dis-tu �a - C'est vrai.
N'importe quoi.
- Je peux bien te trouver un d�faut. - Un seul, alors.
Avoue que t'es un peu snob.
�a, c'est vrai.
Quand il avait 10 ans,
il exigeait que sa grand-m�re mette sa plus belle robe
pour l'accompagner.
C'�tait pour l'honneur de la famille.
"L'honneur de la famille"... �a continue.
Allez. Cru J�richo 1966.
Il est peut-�tre un peu r�peux, mais il fait pas de mal.
Il est pas mauvais.
Tu devrais le savoir. Je vous en ai envoy� une caisse.
C'est toi qui le bois en douce
Je ne lui trouve pas le m�me go�t. Et toi
Il est plus fruit�, on dirait.
C'est l'air du pays.
Il para�t que �a change le palais.
Mais c'est la lune de miel ! Tu sais, moi, je suis pour.
Bonsoir, poussin.
Bonsoir, mon grand. Bonsoir, grand p�re.
Bonne nuit.
Si c'est pas trop vous demander, songez � me faire arri�re-grand-p�re.
Mais tu pousses � l'orgie, ma parole.
C'est comme �a que tu joues le bonheur conjugal
Comment, je joue
Tu joues mal.
Excuse-moi si je ne suis pas dou�e pour la com�die.
�coute...
On a convenu ensemble que Jericho ne saurait rien.
Tu �tais d'accord.
Oui, j'�tais d'accord.
Je ne suis pas habitu�e aux mensonges.
Pour toi, c'est plus facile.
Depuis ans, tu as pris l'habitude.
T'exag�res. D'ailleurs, je ne te mens pas.
Tu ne mens plus, c'est diff�rent. Tu as la conscience tranquille.
TU ne vas pas recommencer.
�coute, Marie,
on a d�cid� de ne plus parler de �a pendant 3 semaines.
On d�cide, on d�cide.
Mais les choses ne se passent pas comme on l'attendait.
Tu as pris ta libert�. C'est ton droit.
Tu es l�. Et ta pr�sence m'est insupportable.
Marie, je t'en prie.
Si tu continues, �a va devenir impossible.
Je te demande pardon.
Je ferai un effort.
Ne t'en fais pas, mon ch�ri. 3 semaines, c'est vite passe'.
Tu crois
Qu'est-ce que tu dis Rien.
3 semaines...
Tu crois que c'est utile, cette com�die
Il faudra bien pr�venir J�richo.
Pourquoi
"Pourquoi"
Pourquoi on lui ferait de la peine
Et puis �a compliquerait tout.
Curieuse fa�on de simplifier les choses.
�coute, Marie.
J�richo est mon grand-p�re mais aussi ton grand-oncle.
On l'aime bien. Donc on se verra toujours.
Oui, mais plus ensemble.
Pourquoi plus ensemble
Parce que je veux pouvoir t'oublier compl�tement.
�tais ta cousine, puis ta femme. Tu veux que je sois ta sour ? Non !
Si je ne suis pas ta femme, je ne serai plus rien d'autre.
Mais tu ne peux pas comprendre, puisque tu ne m'aimes plus.
Il joue du violoncelle.
Na-
- Tu ne vas pas coucher dans ce fauteuil pendant 3 semaines.
Ne soyons pas compl�tement idiots, tous les deux.
Viens te coucher.
Na-
na-
- Bonjour, grand-p�re.
Tiens ! On a coup� une partie du bois Martin.
C'est un peu dommage.
Il me semble que tu l'as un peu oublie'.
Absolument pas.
Je reconna�trais le moindre buisson.
O� as-tu d�nich� �a
Sur la console, dans l'entr�e.
Je voulais me rendre compte de tes lectures.
Eh bien, je suis �difie'.
Les femmes � Paris sont comme �a
Oui. Si on fait abstraction des retouches.
�a doit �tre l'enfer.
Tu dois �tre sous pression, avec ces pepees aux alentours.
Pas le moins du monde.
Marie, qu'est-ce que tu en as fait
Elle n'est pas encore r�veill�e.
Ben, je te plains, mon gar�on.
Tu abandonnes ta femme au lit,
et tu pr�tends que ces pepees ne te font pas d'effet.
Je me demande si t'es normal.
Bonjour, grand-p�re.
Bien dormi
Pas trop fatigue', mon ch�ri
Tu es contente de ton travail
Je suis pas m�contente. Je viens d'�tre augment�e.
Ah !
Tu ne le savais pas
C'est tout r�cent. Je voulais lui faire la surprise.
C'�tait beau, ici. C'�tait vivant.
Du temps de ta grand-m�re.
Pourquoi ne prends-tu personne pour t'aider
Oh, c'est trop complique'.
Et je ne suis capable d'entreprendre, ni m�me de commander.
Je vis de mes souvenirs.
Aime ma solitude.
Je pourrais pas supporter la pr�sence d'un �tranger.
Tu comprends �a m'ennuierait que vous vendiez ici.
Pourquoi dis-tu �a
J'ai l'impression que vous aimez trop la vie de Paris.
Moi, tu sais, la vie de Paris...
- Tu n'aimes pas Paris - Si, bien s�r.
Mais je crois que je pr�f�re Lourmarin.
Regarde.
C'est l� que tu venais te cacher quand tu �tais petite.
Un jour, tu m'as trouv�e l� en larmes.
Jacques ne voulait pas que je t'appelle grand-p�re.
Tu m'avais m�me dit : "Je t'aime plus que lui"
"et je ne te quitterai jamais."
Je suis partie.
On tient rarement ses promesses.
C'�tait une promesse de petite fille.
C'est triste, tout de m�me.
Tu imagines tout ce qu'il faudra faire
Nous le ferons, je te le promets. On n'abandonnera jamais.
Tu as l'air s�re de toi.
Oui, J�richo. Aujourd'hui, l�, je suis s�re de moi.
Na-
- Il aurait pu t'emmener sur son cadre, comme autrefois.
J'ai plus tellement envie de bouger.
C'est plus de mon �ge. Oh, plus de ton �ge...
On vieillit vite, � Paris. Heureusement que �a se voit pas.
C'est gentil de me dire �a.
J'ai bien fait de vous faire venir.
Oui, t'as bien fait.
Je vais me r�-acclimater tr�s vite.
Viens. On va faire un tour � la basse-cour.
On trouvera peut-�tre des oufs. Je donnerai du grain aux poules.
Caqu�tements.
Na-
na-
-4,30 F,
4,50 F,
20, 40... et 50 qui font 5 F.
Voil�, madame. Merci.
�a alors ! Comment �a va, Jacques
Bonjour. Tu es toujours l�
Je croyais que tu devais partir pour l'Am�rique.
Un r�ve. Je suis fianc�e.
- Avec qui - Un coll�gue.
Lucienne, je voudrais un num�ro � Paris : Kleber 513.
C'est long
Non.
�a d�pend.
Marie est avec toi
Bien s�r.
All�, Pans Kleber 513, s'il vous pla�t.
Va d�crocher. �a sonne.
Vas-y.
All�, Agathe Bonjour. C'est moi.
Comment, qui C'est moi, Jacques.
Jacques.
Tu en as mis du temps. Tu dormais
Oui. Je ne pense qu'� �a depuis hier soir.
Tu m'aimes toujours
Ma femme ne compte pas. Tu le sais bien.
C'est �a. Je t'�crirai demain.
Je t'aime.
Je t'embrasse tr�s, tr�s, tr�s fort.
Au revoir.
Na-
C'est toi
Tu m'avais pas reconnue
�a ne m'�tonne pas.
Tu as d�j� oubli� mon corps.
Bient�t, tu oublieras mon visage.
- Tu dis des b�tises. - Oui, je dis des b�tises.
Autrefois, ici, c'�tait ensemble qu'on faisait les b�tises.
Encore une chose que tu oublies. Moi, je peux pas.
C'est vrai. Je faisais beaucoup de b�tises, a l'�poque.
Mais on �tait jeunes.
Pour toi, c'est une nouvelle exp�rience.
Tu vis, tu �volues, tu changes.
Je te comprends.
Bon. Allez, rentrons.
Je te ram�ne sur mon cadre. Tu viens
Non, merci. Je rentrerai � pied.
Comme tu voudras.
Na-
- Remy !
Tiens ! J�richo.
Alors, finie la sieste
Vous rentrez
Je vais pas rester dehors par cette chaleur.
Na-
- � votre sant�.
Qu'est-ce qu'il y a
C'est toi qui m'inqui�te : mon gar�on.
Qu'est-ce que j'ai fait ?
Je trouve que tu te laisses aller.
�a alors ! ai quelque chose de chang�
Oui.
Ai du monde, et tu me fais honte.
Vous donnez dans la consid�ration
Je vous croyais libre.
Ce sont mes petits-enfants.
S'ils me voient sortir avec un ivrogne,
ils vont croire que j'ai mal tourne'.
- C'est des cons. - Non. C'est des Parisiens.
N'insulte pas ma famille.
Je recommencerai plus. Je vous le promets.
Ils sont s�rement tr�s bien.
Alors on va chasser ?
Na-
C'est pas vrai !
Tu veux vraiment me faire plaisir ?
Je ferais n'importe quoi pour vous.
Vous m'avez sauv� d'une fi�vre de cheval.
Je recommencerai plus.
Je vais faire un effort.
T'as un costume convenable
Une relique que-je portais quand j'ai perdu ma derni�re chance.
Parce que tu arrives en salingue pour faire ton num�ro.
Je me demande pourquoi la duchesse t'a pas foutu dehors.
Elle m'aime bien.
Moi, je la trouve marrante.
Je joue, elle me paye en whisky.
Avec le rouge, c'est la seule monnaie que je tol�re.
Ben, fais-lui cr�dit, � la duchesse.
Je t'interdis de te so�ler.
Ben, pourquoi
Je veux que ma Marie te voie dans tes bons jours.
Fais-lui bonne impression.
�a, c'est autre chose.
Je peux me raser, je peux me laver.
Je peux me saper,
je peux causer.
Pour le reste, �a va �tre dur.
D'avoir v�cu
LE CUL
DANS L'HERBE TENDRE
ET D'AVOIR SU M'�TENDRE
QUAND J'�TAIS AMOUREUX
AURAIS V�CU OBSCUR
ET SANS ESCLANDRES
EN GARDANT LE COUR TENDRE
LE LONG DES JOURS HEUREUX
POUR FAIRE DES VIEUX OS
FAUT Y ALLER MOLLO
PAS ABUSER DE RIEN
POUR ALLER LOIN
PAS SE CASSER LE CUL
SAVOIR SE FENDRE
DE QUELQUES BAISERS TENDRES
SOUS UN COIN DE CIEL BLEU
Pas se casser le cul
SAVOIR SE FENDRE
DE QUELQUES BAISERS TENDRES
SOUS UN COIN DE CIEL BLEU
C'est pourtant vrai.
C'est vrai, c'est vrai.
Bonne promenade
Il fait chaud.
Tu es all� au village
Oui. Je devais donner un coup de fil.
Tu aurais pu me rapporter du tabac.
J'y ai pas pense'.
Si tu avais annonc� ton d�part...
Tu as rencontr� Marie
Non, non.
Elle est all�e � l'�tang.
Va la rejoindre.
Non. J'ai pas envie.
Et puis je dois travailler.
Tu profites des vacances pour travailler ?
Eh oui. Il faut bien.
Na-
- Bonjour. - Bonjour.
- En vacances - Oui.
Et vous
En transit.
De l'italien "transite", passage :
action de traverser un pays ou une r�gion
vers d'autres pays, d'autres r�gions.
D'autres sentiments.
Na-
- Marie
Ne bouge pas.
Na-
- Merci.
Qu'est-ce que tu faisais l� Je r�vais.
- Pourquoi tu ne me r�pondais pas - Je voulais pas te voir.
Esp�rais que tu poursuivrais ton chemin.
Tu te caches de moi
Je me cache pas de toi, mais j'ai besoin d'�tre seule.
Marie, pourtant je ne demande qu'� t'aider.
Je sais. Tu es sublime.
�coute, Marie. Essayons d'�tre naturels,
comme autrefois.
Je ne peux pas
�tre naturelle avec toi.
Il me faut encore du temps pour parvenir � ce d�tachement.
Alors tout sera plus facile.
Nous serons heureux de nous retrouver ici.
Mais je le souhaite, Marie. Et je serai toujours heureux
de te revoir.
Je crois que je retournerai pas � Paris.
Qu'est-ce que tu dis
Je crois que c'est la meilleure solution.
Et J�richo '?
Je lui raconterai une histoire tr�s plausible.
Il ne te croira pas.
Mais il fera semblant de me croire.
Mais ton travail
Tu ne peux pas abandonner ton travail.
Je ne suis pas irrempla�able.
Tu en sais quelque chose.
Il n'y a pas moyen de parler. Tu confonds tout.
Toi, tu ne comprends rien.
Ici, je peux aider J�richo.
Au moins, lui, il a besoin de moi.
Regarde. Tout est abandonne.
On remettra en route l'exploitation. Je remplacerai Julia.
Tu ne pourras jamais.
Laisse-moi. Ta vie est ailleurs. Laisse-moi vivre la mienne.
Ai besoin de bont�, de g�n�rosit�,
de sinc�rit�,
d'amour aussi.
Je les ai trouv�s ici.
Quoi Tu as trouv� l'amour
Oui. Avec J�richo. C'est solide, sans faille.
Je peux dormir et me r�veiller tranquille.
Ma ch�rie, je m'ennuie et je suis bien triste.
Ni le soleil, ni le ciel bleu, ni les paysages qui m'entourent
ne me feront jamais oublier la douceur de ton corps.
Je te d�sire comme on d�sire vivre.
La pr�sence de ma femme m'est tr�s p�nible.
Les enfants, demain, on sort. N'oubliez pas.
Tu veux nous emmener chez ta duchesse.
- �a, c'est un ordre. Je vous dis : "On sort."
Ici, je commande. Vous me supporterez plus longtemps.
Ne discutons pas. Viens.
Viens.
Je vais te montrer quelque chose.
Voil�.
Avec �a, tu vas pouvoir composer.
Tu es adroite. Fais un effort, voyons.
Tiens, regarde. Regarde �a.
�a, c'est tr�s court. Alors, encore plus court...
ai vu les revues de ton mari, tu sais.
C'est le cas de le dire :
"De nos jours, un rien vous habille."
- C'est la mode. - Ben, oui. Il faut suivre la mode.
Regarde �a.
Tu es merveilleuse. Tu es un ange.
Attends. Je vais trouver quelque chose.
Na-
- T'es un grand-p�re pas ordinaire.
�a, �a t'irait.
Na-
Il joue du piano.
Madame la duchesse...
Vous reconnaissez Marie
Je suis tr�s heureuse de vous revoir.
- Mon petit-fils Jacques. - Bonjour, Jacques.
Venez que je vous pr�sente.
Je voulais vous le dire.
Laisser cette belle terre a l'abandon, c'est criminel.
J'en ai rien � foutre.
On dit �a, et on va pleurer chez le notaire.
Vieux rapace, VOUS ne me verrez pas dans votre caverne.
M�me � titre posthume
Je suis encore solide, moi.
Tandis que vous, je ne vois qu'atrophie et mauvaise conscience.
On joue du piano.
Na-
- Quel sacr� caract�re.
Vous n'avez pas change'.
Heureusement que votre petit-fils ne vous ressemble pas.
Comment est la vie, � Paris �pouvantable.
- Remy... Toujours ivre. - Qui est-ce
C'est un original.
Il vit � Lourmarin depuis 2 ans. Tr�s brillant,
tr�s cloue', mais alcoolique.
Vous le connaissez pas.
Venez. Vous allez voir, c'est un �tre captivant.
Marie, je vous pr�sente R�my.
Marie J�richo.
- Comment allez-vous - Bien.
On s'est rencontr�s par hasard.
Je vous laisse faire plus ample connaissance.
Acceptez mes excuses. Je vous avais pris pour une sir�ne.
Moi, pour un vagabond.
Vous m'avez presque fait peur.
- Alors c'est vous, la petite Marie - Eh bien, oui.
.J�richo m'a beaucoup parle' de vous.
Mais... il a oublie l'essentiel.
Il joue.
Na-
- Il va un peu loin.
Mais non. J�richo, soyez pas prude.
C'est tr�s bon, �a.
Une femme a besoin qu'on la courtise.
Na-
- Marie, je dois h�las vous rendre � votre seigneur et ma�tre.
Je reste votre esclave.
A bient�t.
T'en fais une t�te.
Pourquoi il nous a emmen�s ici
Il voulait nous pr�senter � la duchesse.
J'en ai marre qu'on soit fier de moi. Il y a pas de quoi.
Tu n'es jamais fier de personne, toi
C'est pas facile pour moi. Je dois venir au village.
Mais non, ce n'est pas une corv�e. C'est b�te de te rater si j'appelle.
Marie !
Tu as trouv� ce qu'il te fallait Oui. Et toi
Qu'est-ce qu'on fait On rentre.
On va faire un tour ?
�a t'ennuie
C'est une id�e. Si tu veux.
Na-
- Quel beau pays.
Regarde, on voit Roussillon.
C'est merveilleux.
On peut vraiment pas regretter Paris.
Tu as d�j� parle' � J�richo '?
Non, pas encore.
- Tu comptes le faire bient�t - Quand l'occasion se pr�sentera.
Tu devrais r�fl�chir, avant de d�cider.
Non. Depuis que je suis ici, je me sens mieux.
Je vais enfin sortir de ce cauchemar.
Ce qu'on a pu jouer ensemble, ici. Et se battre.
Puis on s'est aimes. Je suis devenue ta femme.
On a continu� d�jouer un moment.
Puis toi, t'en as eu assez.
T'es sans doute devenu un homme.
Je devrais me d�cider � �tre une femme sans toi.
C'est mieux comme �a.
Tu me hais.
Je voudrais bien.
�a simplifierait les choses.
Tu sais. Je... je voudrais te dire...
Non, ne dis rien.
Surtout ne dis rien.
Monsieur J�richo...
Ah ! Te voil�, toi.
- Je peux entrer ? - Ben, entre.
Je voulais savoir...
Monsieur a cuve' son whisky
Pour le whisky, j'avais rien promis.
Je t'avais d�fendu de boire.
On voit que vous n'avez pas de vice.
Qu'est-ce que tu en sais ? Quand j'�tais jeune...
C'est pas le moment.
En tout cas, moi, je savais ce que c'�tait que l'amiti�.
�tais pas une chiffe molle, comme toi.
Vous affolez pas. Je suis capable de m'amender.
D'ailleurs, aujourd'hui, j'ai rien bu.
- C'est pas possible. - Si. Par amiti�.
- C'est pas vrai. - Oui. Pour vous, monsieur J�richo.
Vous savez, elle me pla�t, votre petite Marie.
Tout le monde l'a vu.
Mais je doute qu'apr�s ton attitude d'hier,
ce soit r�ciproque.
Heureusement, d'ailleurs.
Je vais essayer d'effacer cette mauvaise impression.
Votre petit-fils m'a l'air sympa.
C'est un cr�tin, comme toi.
Vous �t�s tous une g�n�ration de cr�tins.
Grand-p�re,
ne soyez pas amer, comme �a.
Alors, tu restes d�ner ?
Il doit faire bon, dehors.
Si on faisait un tour
- Bonne id�e. Vous venez - C'est mauvais pour mes rhumatismes.
- Tu viens, Jacques - Moi, les promenades sous la lune...
- Je vous accompagne. - Volontiers.
- Vous permettez - Je vous en prie.
T'as confiance, toi.
Moi, � ta place, je me m�fierais.
- Tu veux rire - Oh, pas le moins du monde.
Je ne connais pas bien ton R�my. Mais je connais Marie.
Tu la connais peut-�tre trop, ou pas assez.
Soumise, hein
Rebelle, par n�cessite'.
Toutes les m�mes.
Exclusives, sans logique, sans autonomie.
- Vous �tes m�chant. - Non, lucide. J'ai connu des femmes.
- Elles sont pas toutes comme �a. - Si, c'est physiologique.
Les femmes s'attachent.
Oui...
Les femmes s'attachent.
Je suis un idiot. Je vous ai fait de la peine.
- Mais non. - Si. Et je le regrette.
Je pense que vous devez �tre une femme exceptionnelle.
C'est gentil.
Non, je suis pas gentil. Je dis ce que je pense.
Toi qui la connais si bien, comment tu la trouves
- Comment je la trouve - Oui.
On n'est pas tout bon ou tout mauvais.
Ta grand-m�re, par exemple,
c'�tait la bont�, la g�n�rosit�, l'honn�tet� m�m�.
Ben, pour maman, elle �tait insupportable.
Un fichu caract�re.
T�tue, susceptible.
On n'�tait pas toujours d'accord.
Alors, Marie
Elle a des qualit�s, bien s�r. Et puis des d�fauts.
Elle est assez exigeante, orgueilleuse...
�a, c'est pas des d�fauts, c'est des qualit�s.
Elle est peut-�tre parfaite.
Oh, s�rement pas.
Personne n'est parfait.
Eh ben, voil�. Tu ne la connais pas encore.
Alors cherche, mon bonhomme.
Sur ce, moi, je vais me coucher.
- Bonne promenade - Formidable.
Et J�richo '? Couche'.
Bon. Ben, je me sauve.
Bonsoir. Bonsoir.
Merci pour cette soir�e.
Dr�le de personnage, ce R�my.
Tu ne trouves pas
Curieux, en effet. Int�ressant.
Dommage qu'il soit alcoolique.
Aujourd'hui, il �tait normal.
Tr�s lucide, m�me.
Qu'est-ce qu'il t'a racont�
Il est comme tout le monde. Il m'a parl� de lui.
De ses aventures
Entre autres.
Il a dit une chose qui m'a frapp�e.
Sur une femme avec qui il vivait, � Paris, et qui l'a ruine'.
Il a dit que cette femme, il l'avait dans la peau.
Tu ne connaissais pas l'expression
Si, bien s�r. Mais c'est la 1re fois qu'on l'exprime devant moi.
Elle est pourtant tr�s r�pandue. Et assez vulgaire.
"Vulgaire" Pourquoi
Avoir une femme dans la peau... Je trouve �a tr�s joli.
Et � part �a
C'est une enqu�te
Pas du tout.
Passe-moi cette brosse.
Na-
Tu boudes
Tu devrais aller t'habiller. C'est l'heure d'aller � la poste.
Je n'irai pas � la poste.
Mais si, tu iras. Et m�me...
Monsieur Jacques J�richo '?
Au revoir, monsieur.
C'est le bureau.
- Rien de grave - Non. Des probl�mes de photos.
Marie...
Je dois t'expliquer...
Quoi Que la vie continue Je le sais.
Non. �coute-moi, Marie.
Ce n'est pas si simple.
Mais si, c'est tr�s simple.
Ai l'impression que c'est toi qui compliques tout.
Mais qu'est-ce que tu as
Je croyais pourtant... Pour cette nuit...
Qu'est-ce que �a change
T'as rien compris, alors
Il n'y a rien � comprendre.
N'importe quelle femme aurait fait l'affaire.
On couche avec une putain, alors sa femme...
na-
- Monsieur J�richo !
C'est vous, R�my '? Qu'y a-t-il '?
Rien de grave. Je viens demander � J�richo de venir � la ferme.
C'est pas une heure pour r�veiller le monde.
Celui-l�, sans blague... Une vraie catastrophe.
Le poulain ne veut pas sortir.
Le fermier risque de perdre sa jument.
Je suis s�r qu'il a attendu la derni�re minute.
Imb�cile.
Tu y vas
- Ben voyons... - Je t'accompagne.
Si �a peut te faire plaisir...
Hennissement.
Na-
- Alors, cette pouliche
�a va pas tout seul.
- Les sabots sont sortis - Depuis 3 heures.
Mais il fallait venir me chercher plus t�t, bon Dieu !
- C'est foutu - J'en sais rien.
Venez vous d�shabiller.
La jument r�le.
Na-
- Dire que la vie commence comme �a.
C'est pas beau � voir.
Elle hennit.
Na-
- �a ne vous touche pas - Si, mais c'est plut�t d�gueulasse.
C'est trop p�nible.
Je vais prendre un verre. Vous venez
Non, merci. Je reste.
Je pr�f�re consid�rer �a comme une �preuve.
Sentimental
C'est dangereux, �a. M�fiez-vous.
Na-
- Tu n'aurais pas d� venir.
C'est pas dr�le.
J'entais inqui�te. Je pouvais pas dormir.
Comment �a se passe Difficilement.
Grand-p�re a �t� formidable.
Na-
- Ah, bonne b�te.
Courageuse.
Et pourtant...
Alors, comment t'as trouv� le spectacle
Impressionnant.
En tout cas, �a, c'est une attraction
qui vous apprend � respecter une femme.
On joue du piano.
Na-
- Bonsoir, Marie. - Bonsoir, R�my.
C'est l� que vous vivez Oui. �a vous �tonne
- Non. - Vous entrez
�a vous fait pas peur quand m�me
Allons, �a n'a pas l'air d'aller.
Revenez un peu sur terre. Asseyez-vous.
Un peu d'alcool
Vous croyez
Rien de tel contre les coups de cafard.
Parce que vous avez beau donner le change,
vous broyez du noir.
�a se voit tant que �a
Marie, il ne faut rien prendre trop au s�rieux.
Il ne faut pas dramatiser. Qu'est-ce que �a change
Les choses arrivent comme �a. On n'y peut rien.
Il faut se r�signer.
Non. Se laisser porter par les �v�nements.
Vous faites la planche, et le courant vous m�ne vers d'autres horizons.
Et tout change.
Ou tout recommence.
Si vous voulez. Tout recommence, mais diff�remment.
C'est �a qui est merveilleux.
Tout recommence, et rien n'est jamais pareil.
- Je vous croyais sceptique. - Non.
Mais passionn�ment �go�ste.
Les autres, je m'en fous, � part quelques exceptions.
Vous n'avez pas besoin des autres
Si, bien s�r. Mais la plupart du temps, je m'en passe.
Il joue au piano.
Il y a le soleil, les papillons, le vent, la pluie,
la temp�te.
Je crois que me sentir vivant au milieu des cataclysmes,
�a me rendrait encore heureux.
C'est merveilleux,
d'�tre vivant.
J'ai toujours eu besoin des autres pour me sentir vivante.
Jusqu'ici... ma vie a toujours �t� conditionn�e par les autres.
Disons par un autre.
Eh bien, oui. Par un autre.
Je n'ai jamais exist� qu'a travers lui.
Pour lui.
C'est vraiment trop b�te.
Mais non, ce n'est pas b�te.
�a s'appelle le don de soi.
Tout simplement.
Alors il faut croire que c'est vraiment peu de chose.
On refuse toujours le meilleur. Rien ne vaut une larme.
Il y a vous, d'abord.
Tout le reste n'est rien.
N'attendez le bonheur de personne.
Vivez pour vous, Marie.
Marie...
Tu viens On s'en va.
Que faisais-tu, avec ce type
Rien. On bavardait.
Je le trouve encombrant.
- Moi, je le trouve tr�s sympathique. - �a se voit trop.
Qu'est-ce que �a veut dire Rien.
C'est idiot, ce qu'on fait. T'as raison.
- Comprends... - Quoi
- Qu'on est en train de tout g�cher. - C'est trop tard.
Pourtant, il faut en parler.
Je t'aime, Marie. Non, Jacques. Pas ce mot l�.
Tu en as d�j� trop us� ailleurs.
Mais c'est la v�rit�.
L�che-moi.
En ai assez d'�tre un objet. Je veux �tre une femme.
Mais oui. Ma femme.
Simplement une femme.
Une femme libre.
- "Libre" - Oui. Je veux �tre libre.
Libre pour qui
Pour R�my '? C'est lui qui t'a mis �a dans la t�te '?
Na-
- Et le poulain
Il est mort.
Qu'est-ce que tu fais Tu te so�les tout seul
Je bois � la naissance d'un jour nouveau...
� d�faut de poulain.
Bois un coup, grand-p�re. �a te remontera.
Je vaux plus rien.
C'est rageant, de vieillir.
Grand-p�re, tu as fait ton possible. Alors...
Tu crois que c'est suffisant, de faire tout son possible
T'es pas difficile.
� quoi bon se lamenter '? Allez, bois, grand-p�re.
Quelle saloperie.
Foutue g�n�ration.
Est-ce que tu ne te dis jamais que tu es un pauvre con
Je suis un pauvre con.
Est-ce que l'id�e ne te vient jamais
que tu manques de courage
J'en manque s�rement, mais t'en as pour deux.
Je ne suis pas un cave.
Tu crois peut-�tre que je suis un brave bourgeois retraite',
qui a toujours �t� fid�le � sa femme
Nom de Dieu !
Si je te disais le nombre de fois que j'ai failli la quitter...
C'est pas vrai.
"C'est pas vrai"...
Et ne crois pas qu'avec ma gueule,
c'�taient les occasions qui manquaient.
En ai eu, moi, des aventures.
Oh oui.
Oui.
Et puis pas des...
Des belles filles, en chair, app�tissantes.
Pas des fam�liques, filiformes,
qui sont photographi�es dans tes revues.
Monsieur J�richo, il sait vivre.
Les femmes...
Une femme, il faut toute une vie pour en faire le tour.
Une femme qui vous a donn� sa jeunesse,
son amour.
�a compte, �a !
Tu crois qu'on t'en offrira tous les jours, des choses pareilles.
Hein
Tu te crois parfait, toi Hein
Se conduire toujours comme un homme.
C'est �a, la vie.
Gamin...
Il est pas mauvais, ton truc.
Ah oui.
� ta sant�.
Ma pauvre t�te.
C'est du poison qu'il m'a fait boire, ton mari.
- C'est lui qui t'a fait boire - Qui d'autre
Moi, j'avais achet� du whisky pour vous.
Moi, je bois pas ces saloperies. aurais pas retrouv� la bouteille.
C'est lui, c'est lui.
Tu le laisses se cuiter comme �a
C'est pas intelligent, ma fille.
Que vous arrive-t-il
On s'est disput�s.
Une dispute sans importance.
"Sans importance"
Pour vous, tout est sans importance.
Ce si�cle est sans importance. La bombe est sans importance.
Et ma t�te aussi est sans importance.
Je regrette, grand-p�re. C'est ma faute si tu es malade.
N'aie pas de regrets, poussin.
Il faut pourtant que je sois en forme.
C'est la f�te au ch�teau, ce soir.
La duchesse compte sur moi pour animer la soir�e.
Je vais pas me pr�senter comme �a.
Ne t'en fais pas. D'ici � ce soir, tu seras en forme.
Comment va J�richo '?
Il ne se pavanera pas comme toi.
Je sais. C'est encore ma faute.
Tout ce qui arrive est ma faute.
L'ennemi, c'est moi.
Na-
Musique rythm�e.
Na-
Tu viens
J'ai pas tellement envie de danser.
Ne te g�ne pas pour moi. Comme tu veux.
Ah ! La danse, j'adorais �a, moi.
�tais infatigable.
D'ailleurs, le duc �tait un parfait cavalier.
Et vous, J�richo, vous dansiez
Bien s�r que je dansais.
Je danserais bien encore, si on peut appeler �a de la danse.
On avait le tango, on avait le Paso double.
C'�tait bien.
Et apr�s, il y avait le charleston. C'�tait pas mal, non plus.
- Tu as abandonne' ton mari '? - Il se d�vergonde.
Les hommes, quand on leur laisse la bride sur le cou,
ils en profitent.
- Qu'il en profite. - C'est la nouvelle g�n�ration.
Tirs de carabine.
Na-
na-
- Il ne fallait pas venir. �J'�tais folle,
apr�s ton dernier coup de fil. Tu ne vois pas
Je n'en pouvais plus.
Jacques, tu m'aimes
Mais oui, mon ch�ri, je t'aime.
Na-
- Tenez, Marie. C'est pour vous.
C'est gentil.
- On danse - On danse.
Musique douce.
Na-
Jacques, viens pr�s de moi.
Pas ici. Tu es folle. Allez, viens.
Na-
- Demain, Jacques, viens me rejoindre � Arles.
C'est impossible.
Je ne peux pas m'absenter comme �a.
Et je n'ai rien � faire � Arles.
Jacques, tu viendras, sinon... Sinon
Je ne sais pas ce que je ferai.
C'est bon. Je t�cherai de venir.
Tu verras.
Tu comprendras pourquoi je n'ai pas pu attendre.
Les femmes, c'est pas possible. Bon Dieu, quelle plaie.
Tu sais ce que je souhaiterais Une pi�ce de 3 m sur 4. Y vivre seul.
Ou alors partir n'importe o�, mais tout seul.
En ai marre. Tu comprends en ai marre, marre !
Mais j'en peux plus, moi.
Je suis compl�tement paume'.
Mon pauvre ch�ri...
Tu es malheureux.
J'ai rendez-vous avec elle demain.
Marie...
Je te demande de m'aider.
Je me demande comment je pourrais t'aider.
Je ne sais plus tr�s bien o� j'en suis moi-m�me.
Aurais tellement besoin qu'on m'aide, moi aussi.
Na-
Il joue du violoncelle.
Na-
Jacques est parti.
Ai entendu le bruit de la voiture. Il est all� voir un coll�gue
de passage � Aix.
Je sais pas quoi. Une affaire compliqu�e.
- Ne t'inqui�te pas, poussin. - Je ne m'inqui�te pas.
Les accidents de la route,
il n'y en a pas tellement.
On exag�re.
Tu sais, J�richo, Jacques et moi, �a va pas tr�s fort.
Vous me prenez pour un innocent, tous les deux.
�videmment, c'est difficile � cacher.
Je m'en doutais depuis longtemps, imagine-toi.
Ai pas besoin de vous voir pour �a.
Le ton de tes lettres d'abord.
Et puis tu les signais toute seule.
Quant a Jacques, il prenait m�me pas la peine de m'�crire.
Et tu nous as invit�s
Je voulais savoir o� vous en �tiez.
Vous �tes de fameux com�diens. On voulait pas te faire de peine.
Tu nous en veux Au contraire.
�a prouve en tout cas, que... vous tenez encore � moi.
Grand-p�re, on t'aime bien, tous les deux.
Je n'en ai jamais doute'.
�a s'arrangera.
C'est rien. C'est un simple accident de parcours.
Tout au plus.
- Tu crois qu'il va revenir '? - Mais bien s�r qu'il reviendra.
Je le connais bien, tu sais.
Qu'est-ce qu'il pourrait faire d'autre Je te le demande.
Nous sommes ses racines, tous les deux, Marie.
Toi, tu es sa vie.
Le reste ne compte pas.
C'est loin d'ici
� peu pr�s 20 km.
Un vrai paradis.
Na-
- Tu viens d�jeuner, poussin
C'est pas la peine. Je pourrai rien avaler.
Quel g�chis, bon Dieu...
Tu sais, grand-p�re, je crois que je vais rester avec toi.
C'est idiot, �a, voyons.
Et qu'est-ce que �a veut dire
Tu vas quitter ton mari C'est lui qui me quitte.
Tu sais, marie, tu n'as pas que des qualit�s, toi non plus.
Qu'as-tu fait
jusqu'ici pour arranger les choses
C'est ton orgueil qui a tout g�che'.
Il faut un peu d'humilit� en amour.
Bien s�r. Tu as peut-�tre raison.
�tais trop orgueilleuse.
Na-
- Tu sais que j'ai envie de toi
Qu'est-ce que tu as Rien. C'est cette chambre.
Qu'est-ce qu'elle a Je ne la connais pas.
Tu as besoin de la conna�tre pour me d�sirer
On n'est heureux que dans les endroits qu'on conna�t.
Je te l'avais dit
Non.
Tu ne connaissais pas ma chambre de Paris, la premi�re fois.
Pourtant...
Oui, justement. C'est l� o� je voulais en venir.
� Paris, c'�tait une erreur.
"Une erreur"
Agathe, il faut que je te parle.
Parle.
Si tu pouvais comprendre, je serais moins malheureux.
Parce que tu es malheureux
Oui.
Je ne quitterai pas Marie.
Et tu as choisi de me sacrifier pour elle
C'�tait le plus facile...
Tu peux partir les mains dans les poches.
Tu ne laisses rien derri�re toi. Non. C'est pas du tout �a.
Je ne te quitte pas pour ces raisons sordides.
J'aimais un homme,
et je comptais passer ma vie avec lui.
C'est stupide, n'est-ce pas
�a ne vaut plus la peine d'en parler.
Tu as le droit de m'en vouloir, Agathe.
Mais tu te trompes.
Aime ma femme.
Tu m'as menti. Tu m'as toujours menti.
Mais non, Agathe. C'est � moi que je mentais.
Et moi, je deviens quoi
Calme-toi. Tu sais bien que tu es belle.
Arr�te.
Tu vas commencer � pr�cher.
"Tu es jeune, tu es belle."
"Un jour, tu rencontreras un jeune homme..."
na-
- Tu as d�jeun�
Non. Je meurs de faim.
Alors, J�richo, on y va '?
Vous �tes bien presse', tout � coup.
Je voulais pas te faire attendre.
Dis, R�my...
La prochaine fois, c'est moi qui viens te chercher.
- Je ne veux pas vous d�ranger. - Non. Je vais t'expliquer.
Vous avez des soucis
Les deux qui sont venus de Paris pour me voir,
eh bien... je voudrais pas qu'on les d�range.
Tu vois ce que je veux dire
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