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Original subtitles

Musique entrainante

...

...

Musique de suspense

...

...

...

Bernadette, tu dors ? - Oui !

...

Musique de suspense

...

- T'as entendu ?

- Quoi ? - Un espion, j'en suis sûr.

Oh!

Je l'ai vu, il cherche mes plans.

On y va ! - On y va.

...

(-Allez ! Vas-y.)

(Non, pas par lĂ , par lĂ .)

...

- Oh ! C'est Ronron.

(-Allez.)

Chut.

...

...

Je l'ai !

Je l'ai !

LĂ !

Je vais lui dégager les bronches !

- Eh ! Ouvrez-moi !

- Je vais le faire bouillir le Russe !

- Ouvrez-moi, je suis l'Imbécile.

- Mais, c'est pas un Russe ! C'est l'Imbécile.

- Hein ? - Oui ! L'Imbécile.

...

...

- Mais qu'est-ce que vous foutez lĂ , vous ?

- Je surveillais.

- Couvrez-vous, vous allez attraper un chaud et froid.

- Mais vous n'avez vu personne ?

- Si, vous ! Mais trop tard.

- Il faisait qu'exécuter tes ordres, alors.

- Bon !

C'est un crétin, c'est un crétin, voilà !

- Bon.

- J'en veux pas. - Ordre du médecin.

- Ce saligaud. - Pourquoi ?

- Il te fait la cour. - Oh, mais non.

- J'te dis que si. - Allez…

Avale. - Non.

- Avale !

...

Bernadette ?

- Guillaume !

Nous sommes mariés depuis 23 ans.

Tu m'as eue jeune fille, tu m'as gardée femme.

Je t'admire, malgré ton génie, je t'aime,

mais maintenant, j'ai sommeil ! Dodo!

- Je peux pas dormir. - Tu n'as qu'Ă  compter tes ouvriers.

- Un ouvrier,

deux ouvriers,

trois ouvriers,

quatre ouvriers,

cinq ouvriers...

Mais faut que ça fume plus...

Il faut polluer. Vous comprenez.

- Pourquoi ? - Pour mes Japonais.

Allez hop ! On brûle des pneus.

- Lesquels ? - La petite, ça se verra pas là.

Allez vite.

Plus vite.

Allez.

...

Non, ça, c'est à moi ! Allez, allez !

...

- C'est les voisins qui vont ĂŞtre contents.

- Je m'en fous.

- Ah. Bernadette.

Bernadette.

Bernadette.

Ah, celui-lĂ , je...

- Laisse Arthur tranquille.

- OĂą es-tu ?

- Et ben lĂ , devant toi.

- Mais, oĂą ?

- Ben lĂ  !

...

- Le déjeuner. - Oui, il sera prêt.

- Oui, mais, ils sont douze. - Ne t'énerve pas !

...

- Le canon Ă  brouillard, oĂą est-il ?

- Sur la colline. - Parfait.

- Tir prévu dans une demi-heure.

- Le signal ? - On agite un mouchoir blanc.

- Mais oui, on fait comme ça.

- Ah ! L'andouille !

Venez ici.

Allez, montez !

...

Le crétin !

- Vous m'avez bien débité la sole et le colinot en petits copeaux ?

- Oui, Mme Daubray, mais c'est pour quel genre de recette ?

- Hondazaki. - Ah ! Je connais pas.

- Et bien, c'est présenté sur des pierres,

cru, des pierres plates comme ça,

avec du vinaigre de cidre, du thé et du soja.

- Ça, je parie Mme Daubray, que c'est encore votre mari !

- Oui, c'est mon mari.

- Mes acheteurs japonais dans mon brouillard...

Ils vont se perdre.

- Eh, doucement, patron...

- Mais je connais la route. - Mais où ça, la route ?

- Je vois très bien.

...

...

...

Oh!

Oh, je suis lĂ !

...

Oh ! - C'est des Japonais !

- Mes Japonais !

- Désolés nous nous sommes perdus.

- Mais c'est moi ! Où est le président ?

Il est lĂ -bas.

Monsieur le Président !

Monsieur le Président !

Monsieur le Président !

Donnez-moi la main !

- Ici, venez. - Je ne peux pas avec mon costume.

- Monsieur, Monsieur ! - Ouais.

- C'est pas lui le Président, c'est l'autre.

- Monsieur le Président !

Attendez !

C'est moi.

Venez m'aider.

...

Monsieur Daubray-Lacaze.

- Hichumacho.

- Par là, la voiture. Oh, le bon Président.

Messieurs, voici le fameux CX 22,

pour lequel vous avez fait le voyage.

...

Et voilĂ .

Pas de photo ! Non !

Non !

...

...

...

...

...

Mon CX 22...

...détruit en quelques instants

toutes les fumées malsaines, poussières,

brouillard, particules nocives, gaz d'échappement.

Bref, toute cette pollution que nous respirons dans les villes.

Et ce, dans un rayon de quatre kilomètres.

...

Faisons une démonstration.

...

...

...

Et voilĂ  !

...

- Le Président demande où va toute cette fumée.

- Dissoute, désintégrée, y en a pas, c'est fini, c'est parti.

...

...

...

...

- Qu'est-ce qu'il dit ? - Ça veut dire "Ah" !

...

- Qu'est-ce qu'il dit ?

- Le président achète.

- Dans mon bureau.

- Qu'est-ce que c'est ?

- Éolienne avec accumulation.

...

Regardez.

...

Je mets accumulateur.

...

Soufflez.

- OH !

- Alors, le matin, vous la mettez Ă  la fenĂŞtre,

le vent souffle, la recharge.

Et le soir, vous avez de l'électricité

jusqu'au lendemain matin.

...

Allez, au bureau !

- Et ça?

- Four solaire.

...

- AH !

...

...

-il achète.

- Au bureau, allez.

...

- Et ça ?

- C'est ici que tout a commencé.

Il y a 50 ans, j'étais tout petit, petit.

Je m'arrivais lĂ . Voyez-vous, j'ai tout fait moi-mĂŞme,

c'est moi qui ai...

-il achète.

- Ah non, ça je peux pas.

Au bureau !

Monsieur le Président, on achète combien ?

...

- Cent ? - Trois.

- Cent-trois ?

- Trois mille.

- Trois milliers ?

- Ça veut dire trois mille.

- Trois mille !

On signe tout de suite !

Trois mille...

Le contrat.

...

Contrat.

- Un stylo, s'il vous plaît.

...

Mélodie de harpe

- Le déjeuner est servi.

- Oh !

...

...

...

...

Messieurs, asseyiez-vous.

Asseyiez-vous.

Monsieur le Président, voilà.

Signez ici.

Mélodie de harpe

...

- Le Président signera après le repas.

...

- Hmm.

...

- Exquise cette cuisine française.

...

...

...

- C'est fini.

Bernadette, le calvados.

- Quoi ?

Le calvados.

- L'art culinaire...

- Oui, mais les affaires parce que…

...

...

- Merci.

- Trou normand, vieille coutume française

comme harakiri vieille coutume japonaise, alors...

...

- Trou normand !

Regardez en l'air !

C'est rien.

Attention ! - Cul sec !

...

...

...

- Trou normand !

- Cul sec !

- Ouille, aĂŻe aĂŻe.

...

Ça fait mal.

...

Appétit.

Appétit.

...

...

...

Trou normand !

Regardez en l'air !

- Cul sec !

- Ouille, ouille, ouille.

...

...

...

...

Trou normand !

Regardez en l'air !

- Cul sec !

...

...

...

- Maintenant, signez.

- Normand ! - Non, pas de trou normand.

Après signature.

Signez lĂ .

Non !

Maintenant chèque, acompte.

Ah oui, ça, c'est...

Non, non, non.

Avec ça. Voilà, c'est ça.

...

- Combien ?

- Attendez.

...

...

...

Zéro.

...

Non ! Zéro.

Zéro, deux...

Trois.

Quatre.

Cinq.

Six.

...

Il faut signer !

Ah ! Merci.

Oh!

Oh, merci !

...

C'est fini, vieille coutume.

Vous Tokyo, avion, direct. Allez, hop !

...

...

...

Mélodie de harpe

C'est joli tout ça.

Comment ça s'appelle ?

- Sourire d'une nuit d'été.

- Trois mille !

- Trois mille quoi ?

- Trois mille CX 22 Ă  livrer en 90 jours.

- Calme-toi.

- Mais j'ai signé là !

- Mais tu l'as voulu.

- C'est trop petit, il faut que j'agrandisse !

- Agrandis-toi ! T'adores ça !

- Ici, il y a le terrain du Comte de Mortant.

LĂ . - Non, impossible.

Tu l'as battu trois fois aux élections.

Y le terrain de Mme Bourgoin lĂ .

Elle est pas encore morte.

- Elle est pas encore morte ? - Non.

- Y a plus rien. - Si, y a celui-lĂ .

- Ça appartient à l'État. - Et alors, ça dépend du préfet.

C'est un ami, il peut louer.

- Demain, j'y vais.

Pour un préfet, laquelle ?

- Ben ! Celle-lĂ .

Elle est assez triste ! - Oui. Aide-moi !

- Depuis le temps, tu devrais avoir l'habitude !

- Non ! Pas du tout ! - Hein.

...

Oh ! C'est le gentil préfet ! - Oui…

...

- BONJOUR, DOCTEUR. - Bonjour, mes amis.

Oh!

M. Daubray-Lacaze va bien ?

Très bien, comme hier, comme avant-hier, ça va très bien.

Dites -donc, ma femme aussi, elle va très bien, très bien.

À propos, je voulais vous demander quelle maladie vous lui avez trouvée

pour venir lui faire une piqûre tous les matins ?

...

- Vilain petit curieux !

- Saloperie.

- Hop lĂ .

Hop lĂ , mon beau.

...

VoilĂ .

Engrais parfaitement naturel.

...

Chère amie !

- Tout frais, il est encore chaud. - C'est gentil.

Dites-moi. - Oui.

- Quelle maladie m'avez-vous inventée pour venir me voir tous les jours ?

- Oh, Bernadette.

- Ce "oh" est un aveu.

- Vous avez vu la cheminée de la voisine ?

Les fumées et les brumes artificielles ?

- Guillaume s'est déchaîné. - Mes adhérents aussi.

- Vos malades ? - Eux,non.

Je suis le président du comité écologique départemental.

- C'est vrai, excusez-moi.

Noble activité.

- Vous devriez lui dire de se calmer.

- Il n'en prend pas le chemin.

Il vient de signer un contrat fabuleux !

Ivre de puissance.

Qu'est-ce que vous voulez, ça me rend folle.

- Vous ĂŞtes ravissante. - Allons, bon.

- Si vous le vouliez...

- Je suis fidèle.

- Oui. - Vous savez,

un homme comme Guillaume, on a pas assez de 24 h par jour

pour le protéger, pour le surveiller.

- Évidemment.

- Attention, il est carnivore.

Et vénéneux.

Crachez dans le terreau, ça fortifie l'humus.

...

- Les élections municipales ont lieu dans un mois.

Mes partisans me pressent de me présenter contre votre mari.

- Vous auriez tort !

Ce serait inamical et vous seriez battu.

Battu, battu... S'il prend contact avec la majorité.

- Il hait la majorité : toujours des lois, des contre-lois.

- Alors, avec l'opposition.

- Mais il hait l'opposition, elle est majoritaire.

- Non, ne tremblez pas Bernadette.

Vous savez avec quelle tendresse je vous les fais.

- Ça pique tout de même.

- Un mal pour un bien.

...

- Mais !

...

- Qu'est-ce…

Je m'excuse, c'est la première fois que ça m'arrive.

- M. Daubray-Lacaze. M. le Préfet vous attend.

Monsieur le Préfet, Monsieur Daubray-Lacaze.

- Monsieur le Préfet. - Bonjour, cher ami.

- Cher Maître.

- Si ça vous dérange pas, nous pouvons jouer en parlant.

- Absolument.

- Gagné. - Vous croyez ?

- Il est gagné, il a frôlé et il a touché, je l'ai vu.

- Quel bon vent vous amène ?

- VoilĂ , voilĂ .

Des Japonais m'ont fait une commande ferme

de trois mille CX 22.

Vous connaissez mon usine,

elle est toute petite, il faut que je m'agrandisse.

- Comment ça ? - l'État possède... Ah tenez !

L'État possède un terrain

qui jouxte cette usine. Louez-le-moi.

- Ce sera difficile. Vous n'avez pas très bonne presse.

- Comment ça ? - Votre dépollueur pollue tout.

Nous recevons des plaintes. - Et il faut en tenir compte.

- Mais j'ai besoin de ce terrain. - C'est impossible.

- Alors c'est non ?

- C'est non.

- Un non définitif ? - Hélas.

- À vous de jouer.

- Bien.

Oh!

Et le point fait !

C'est Ă  moi.

- Daubray !

- Encore un.

Et il est fait !

...

Excusez-moi.

Excusez-moi.

Excusez-moi, attendez.

Oh, y a comme ça en dessous.

...

Vous avez pas une…

...

Encore un ! Merci.

M. le Préfet pour le terrain, c'est toujours non ?

- Non.

- Non ?

- Non.

- AĂŻe. C'est Ă  vous de jouer.

Tenez.

- Monsieur, le directeur de la banque est dans l'antichambre.

- J'ai rien compris.

- Le directeur de la banque est dans l'antichambre.

- Qu'est-ce qu'il fait lĂ  ?

C'est le directeur de la banque.

- Ah !

Je peux m'asseoir ? - Non, restez debout.

- Écoutez, si je me permets d'insister...

- Je sais, c'est pour me parler encore de mon découvert.

- Oui. - Je m'en fous.

- Vous savez, la direction générale à Paris...

- Tournez-vous. - Mais, je suis votre banquier.

- Raison de plus.

...

Bouchez-vous les oreilles.

- Monsieur… - Bouchez-vous les oreilles !

...

Mieux que ça !

...

Regardez.

Qu'est-ce que c'est ?

- Un chèque.

En quoi ?

- En yens, Monsieur.

La plus forte monnaie du monde !

- Entrez !

- Monsieur le Directeur.

Musique de suspense - Mon chèque !

Mon chèque !

Mon chèque !

...

...

N'y touchez pas !

...

Je vous interdis d'y toucher !

...

...

Au travail !

Le chèque !

Mon chèque !

- Pourquoi ? - Attention !

- Alors, au travail.

Allez !

- Montez le chercher.

Montez le chercher !

- Je l'ai. - Merci !

Mon chèque !

...

Oh!

- Endossez-le, s'il vous plaît.

- Oh, mon chèque.

Oh.

Bernadette.

Il se pose un problème immédiat.

- Qu'est-ce qu'il y a, mon loup ?

- Il faut que je m'étende. - Là, sur le lit.

Sur les draps. - Mais non.

M'étendre comme ça.

Ce soir, j'ai engagé 75 ouvriers.

- Attention . - AĂŻe.

Demain, les nouvelles machines vont arriver.

- Encore une.

Doucement.

- Derrière la maison, y a de la place.

- Derrière la maison ? - Ton potager.

- Mon potager ?

- Le potager, 200 m2.

- Guillaume. - Ma chérie.

- À l'automne, j'y ai fait mes boutures.

Et en février, j'y planterais mes oignons.

Je voulais te dire,

l'expansion économique, d'accord.

Les Japonais, merveilleux.

Le reste, jamais.

- Jamais ? - Jamais.

- N'en parlons plus.

...

...

...

Écartez-vous vite.

...

Vous en avez engagé combien ?

- Oh lĂ  lĂ ... - Il en faut le double.

Attendez.

Sept et sept, ça fait combien ?

- Euh, quinze.

- Tout augmente. - Quinze ?

- Sept et sept : quinze ? - Maintenant, oui.

- Allons, allons.

Attention Ă  ce que vous faites !

- M. le Directeur !

Il nous faudrait un atelier de plus.

- Oui, je sais, je sais.

- Il va nous manquer 400 m2.

- Mais je ne sais que ça.

Je vais vous en trouver de la place, suivez-moi.

- Ré, mi, ré, mi, si, ré, do, la,

do, mi, la, si, mi, do, si, la,

mi, ré, mi, ré...

(-Alors, très provisoirement. Non, les patins.)

Très provisoirement

vous pouvez mettre une petite machine ici, mais petite.

- Allez.

AĂŻe, oh lĂ .

Allez, recommence.

...

Oh!Oh!

- Qu'est-ce que vous faites ? - Je tricote.

- Vous travaillez, mais vous ĂŞtes dans ma maison.

Qui a dit de vous mettre ici ?

- Écoutez, je suis payé à la pièce.

Demandez au petit excité dans la cour, moi, je bosse.

- Allez, montez.

- Guillaume.

- Ma chérie. - Tu m'as trompée.

- Moi ? Jamais !

- Si.

Bernadette, malgré mes soucis, mes angoisses et mes ouvriers,

en 23 ans de mariage, je ne t'ai jamais trompée !

- Si, avec ton usine qui maintenant envahit toute la maison.

Bernadette. - Quoi ?

- Il faut que je produise trois mille CX 22 en trois mois

et comme je ne peux pas m'agrandir,

je dois trouver de la place chez nous.

- Mais mes leçons de piano ?

- Dans ta serre, tout lĂ -bas, lĂ -bas, tu serais si tranquille.

- Tu crois ? - Mais oui.

- Attention.

...

...

- Allez, un, deux, trois.

Mélodie au piano

...

...

...

Mélodie au piano

...

...

...

...

Oh ! Bémol !

(-M. le Directeur.)

(En voilĂ  d'autres. OĂą on les met ?)

- LĂ -haut ! - LĂ -haut ?

Mais on va travailler jour et nuit. - Oui, mais moi aussi.

Alors là-haut ! Exécution.

- LĂ -haut, les gars ! Allez hop ! - Chut !

- Bon, ça suffit pour aujourd'hui, hein.

- Allons-y, dépêchons, dépêchons.

Allons-y un peu de nerfs, allez, allez.

Dépêchons.

Allons-y, allons-y.

...

- Et alors !

VoilĂ  !

Mélodie virulente

- Allons-y, allons-y !

Allez du nerf !

Allons-y, allons-y !

Mélodie calme

- Ma chérie. - Oui ?

Je monte me coucher.

- Et pourquoi ? On dine pas ? - J'ai mangé un bon sandwich moi.

- Ça ira pour deux. Attends-moi, je t'accompagne.

...

...

...

...

...

- Non, non, non, mais il faut produire.

- Il faut produire. - MĂŞme la nuit ?

- J'ai trois équipes qui tournent jour et nuit.

- C'est le plein emploi. - Mais oui, c'est fini.

C'est fini, c'est fini. Y a plus, y a plus.

- Est-ce que je peux me déshabiller ?

- J'ai jamais vu mon patron en pyjama.

La patronne aussi.

...

...

- Tu dors, ma chérie ?

- Très bien, merci.

- Mais enfin bon Dieu !

On peut percer en appuyant un peu moins fort,

on peut fraiser avec tendresse, on peut tourner en douceur.

...

Ça va aller, dors ma chérie.

Bonne nuit.

...

Doucement, enfin !

- Qu'est-ce que c'est ?

- C'est pour dormir. - T'as raison.

Faut le mettre dans les oreilles.

...

- Qu'est-ce que c'est que ça ?

- Bien dormi ?

- Très bien, très bien, je suis en pleine forme.

Bon, allez, hop, au travail !

Bonjour, messieurs. OĂą en sommes-nous ?

- Y a un problème très grave.

- Lequel? - Le stockage.

- Stockage de quoi ? - Des CX 22.

Il faut trouver un endroit pour les stocker.

On va devoir enlever les machines pour mettre les CX 22 Ă  la place.

- C'est idiot ça. - Mais c'est urgent.

- Je vais vous trouver de la place.

Venez avec moi.

Musique de suspense

Fermez la vanne.

Faites un trou dans le mur.

Faites un trou dans le mur.

Mettez le tuyau dans le trou.

Alors, ouvrez la vanne.

Oh lĂ  lĂ , la pauvre petite.

- Monsieur, nous sommes attendus Ă  la mairie, trois mariages.

- J'ai pas que ça à faire. Mariez-les.

- Avec les familles, ça fait beaucoup d'électeurs.

Et bientĂ´t, les municipales.

- On y va.

- Il y a deux dames, amies de Madame qui sont lĂ .

- Faites-les entrer.

- J'ose pas, Madame.

- Entrez.

- Ton casque, quelle idée.

- Tu as trouvé ça à Paris ? - Non, mettez ça, c'est obligatoire.

La sécurité.

Tiens, voilĂ .

Par lĂ .

...

- Quelle idée !

- On dirait une sorte de sculpture moderne.

- Cinétique. - Non, c'est provisoire.

Énorme commande japonaise !

- Attention, Titine, ça crame.

...

- Par lĂ , tout droit.

...

...

- Sauvées.

- Tu sais qu'Ă  un moment, j'ai cru que ta serre aussi serait envahie.

- Impossible, Guillaume ne touchera jamais

ni Ă  ma serre ni Ă  mon potager.

...

- Quel endroit merveilleux.

- Oh ! Ce piano, ces meubles ici !

Quelle riche idée.

- Ton médecin te fournit toujours son crottin ?

- Oui, tous les matins, avec sa piqûre.

- Tu as beaucoup de chance, il y a deux ans c'était moi.

- Tu as dĂ» vieillir.

Mais ça donne des fleurs extraordinaires.

- Bel aspect, mais côté parfum, c'est rustique.

- Elles sentent le pétrole.

- Ça vient surement de l'extérieur.

Oh!

Mes légumes !

Venez voir mes poireaux, mes petits poireaux.

Tenez, regardez. - Que veux-tu que j'en fasse ?

Regardez, mes choux.

Musique dramatique

Encore un chou.

...

Regardez !

D'où ça vient ?

Mes salades, mes choux…

Mesdames, messieurs, le Maire.

- Article 212.

"Les époux se doivent mutuellement fidélité, secours et assistance.

"Ils pourvoient à l'éducation des enfants

"et préparent leur avenir."

Messieurs, vous trois,

acceptez-vous de prendre ces demoiselles

pour épouses et...

de voter pour moi ?

...

- Oui.

- Oui. - Oui.

- Merci.

Mesdemoiselles, acceptez-vous de prendre ces messieurs

pour époux et de...

voter pour moi ?

- Oui. - Oui.

- Oui.

- Je vous déclare unis par le mariage.

Messieurs, prenez soin de vos épouses,

ne trahissez jamais leur confiance, ce sont des ĂŞtres sensibles,

délicats, fragiles,

qui cachent en elles un petit jardin secret.

- Guillaume !

- Bravo ! - Qu'est-ce que c'est que ça ?

- Mon potager ! - Qui a fait ça ?

- Une fuite.

Je suis sûre que tu y es pour quelque chose.

- Mais comment peux-tu croire une chose pareille ?

- Tu mens !

- En 23 ans, je ne t'ai jamais menti.

- Et tout ça, le jour de l'anniversaire de notre mariage.

- Juste, mais justement, j'y pensais aujourd'hui, ma chérie.

- Justement.

- Si tu veux ce soir,

on passe la soirée ensemble tous les deux tranquilles.

Champagne, caviar, Mozart.

Tu oublieras tout !

...

Vingt-trois ans de mariage...

- Qu'est-ce que tu dis ?

...

- Tu te souviens notre première rencontre ?

Notre première rencontre !

- Venise !

La lagune ! - Hein ?

- La lagune, le silence !

- Hein ? - Le silence !

- Ah ! Le silence ! Le silence !

- Tu étais déjà jaloux du gondolier.

- Comment ? - Le gondolier !

Qu'est-ce qu'il avait ?

Ah ! Le gondolier !

...

- Et notre première dispute place Saint-Marc !

- OĂą ? - Place Saint-Marc.

- Ah ! Champagne, et bien du champagne !

Champagne.

- Ils auraient quand même pu fêter ça ailleurs.

- Depuis 23 ans, ils fĂŞtent leur anniversaire de mariage ici,

y a pas de raison que ça change.

Mélodie au violon

- Heureuse ?

...

Non, le levier dans la main droite.

- La fourchette dans la main gauche.

Il joue "Joyeux anniversaire" au violon.

...

- Oh lĂ  lĂ .

...

Il reprend la chanson.

- Merde !

C'est pas vrai !

- Tu le fais exprès ? Qu'est-ce que ça veut dire.

...

Le violoniste reprend.

- Un vœu ! Tu dois faire un vœu.

- Tout quitter pour la Provence.

L'odeur des vaches.

Les moutons, de la laine, mon tricot.

Et puis toi ! - Oh !

- Et toi ?

Ben, dis.

- Un autre endroit,

pour m'agrandir.

- Guillaume.

- Les vœux ne se réalisent jamais.

C'est fini, c'est fini.

- Qu'est-ce que tu dis ?

- Un petit travail, cinq minutes.

Excuse-moi cinq minutes.

Foutez-moi le camp vous.

Vous desserrez ce tuyau rouge lĂ  et lĂ .

Vous dévissez le tuyau bleu là et là.

Et vous branchez celui-lĂ , lĂ ,

et celui-lĂ , lĂ .

- Mais le bleu c'est le froid. - C'est froid.

Alors exécution.

Ma femme ?

- Comment ? - Ma femme ?

- Ah oui, elle est partie dormir ailleurs.

Le bruit...

- OĂą est Madame ?

- J'ai fait son lit dans la serre, Monsieur.

- Hein ? - C'est elle qui me l'a ordonné.

- Dans la serre ! Allez viens !

Oh, mon amour.

C'est gelé, enfoncez la porte ! Mon amour...

- Pardon ? - Allez !

Bernadette !

Bernadette !

Bernadette, mon amour.

Mon cœur.

Aidez-moi, vous.

- C'est bien pris ça.

- Réveille-toi, mon amour, réveille-toi.

Donnez-lui une claque.

- Non, je peux pas. - C'est un ordre.

Non, une claque !

VoilĂ  ! Non, arrĂŞte !

Mon amour.

- Pourquoi il fait si froid ?

- Qu'est-ce que tu dis ? - Pourquoi il fait si froid ?

- C'est de sa faute,

il a branché le chauffage sur le système de réfrigération.

...

- Mes plantes tropicales.

Mes plantes tropicales.

Arthur !

Arthur !

Je m'en vais, je quitte cette maison !

Bernadette.

- Si jamais Arthur est mort...

...

- Ma chérie, je t'achèterai un potager géant dans l'Ardèche.

Essaie de me comprendre. - J'ai compris, tu ne m'aimes plus.

- Mais si, je t'aime. - Oh non.

- Si je te dis que ça là. - Non.

- Ne dis pas ça.

- Si je le dis.

Tu mériterais le divorce.

- On ne divorce pas chez les Daubray-Lacaze.

Non, non, non.

Non, Bernadette, tu vas pas me laisser ici.

- Et pourquoi ? - J'ai besoin de toi.

- Tu as besoin de rendement.

J'ai cru être ton rendement secret, je me suis trompée.

- Non.

- Ah ! C'est un signe.

Je m'en vais. - Non, où ça ?

- Droit devant.

- Non ! - Je fuis cet asile de fous.

- J'emmène Arthur !

...

Et maintenant, il est bouilli.

Tu me le paieras.

- Gelé c'est moi, mais bouilli c'est toi.

- Adieu !

Bernadette !

Bernadette !

Bernadette, Bernadette !

- Te gĂŞne pas mon pote, fais comme chez toi.

- Je suis chez moi. Faut rattraper la voiture qui vient de partir.

Ma femme est dedans, alors roulez.

- Elle t'a plaqué. - Je vous en prie, roulez.

Plus vite.

- Oh, faut pas vous énerver pour ça. - Je m'énerve quand je veux.

Plus vite.

- Moi, la mienne de femme, c'était y a six mois.

- Ça n'a aucun rapport.

- À votre place, je regarderais à l'hôtel du Lion d'Or.

- Dites donc, ma femme à l'hôtel ? - À cette heure-ci...

- Attendez, doucement.

Doucement. Ah !

- Elle est lĂ , tiens. - Ah !

- Elle est lĂ .

- Eh, mon pote, y a qu'une solution !

La raclée !

- La chambre de ma femme.

- Boire un petit coup c'est agréable

Boire un petit coup c'est doux

- OĂą est le passe ?

Nom de Dieu.

- On dirait que vous avez la gueule Ă  M. le Maire.

Qu'est ce que j'ai bu, moi?

Oh, laissez-moi roupiller, merde !

Bernadette ! Bernadette !

Bernadette !

...

...

...

Bernadette !

- MONSIEUR LE MAIRE !

- Excusez, faites de beaux rĂŞves,

des petits bébés et vive la France, merde.

Bernadette !

Musique de fĂŞte

...

...

- Petit curieux, va.

- Qu'est-ce qui vous prend, ça fait mal !

- Attention, changez de cavalière.

- Devinez ce que j'ai mangé !

- Du Munster ? - Non, une pĂŞche !

- Stop !

Et maintenant, notre sixième concurrent

dans notre jeu d'imitations, on l'applaudit.

...

...

...

...

...

- C'est Daubray-Lacaze. - Vous croyez ?

- Je travaille chez lui. - Non ?

- Oui ! - Vous permettez ?

...

Vous êtes en congé maladie vous.

- Mais ça m'empêche pas de danser.

Comment le savez-vous ? - Ben, regardez.

- Vous l'avez tous reconnu ! Qui a-t-il imité ?

- DAUBRAY LACAZE !

La musique reprend.

- Mais ce pouls ne m'est pas inconnu.

Mme Daubray-Lacaze !

Je me trompe ?

- C'est moi, j'ai quitté mon mari.

La maison est devenue insalubre, le mari aussi, c'est l'enfer.

- Chez moi, c'est le paradis.

- Ne vous faites aucune illusion, vous n'avez aucune chance.

- Il n'y a pas de citadelle imprenable.

- Attention, on change de cavalière.

- Restez, Bernadette. - Lâchez-moi, vous êtes fou.

- On change, changez ! Changez de cavalière !

- Du vent ! - Oh !

Si jamais c'est ma femme,

si jamais...

Vous permettez, Madame.

Ah!

- Guillaume !

Guillaume !

...

Guillaume !

- Viens ici, toi.

- Mon Guillaume, tu ne changeras jamais.

Tout ce mouvement autour de toi.

- Attention, outrage Ă  magistrat.

Ça peut chercher deux ans. Pour ma femme, c'est plus cher.

Lui vous pouvez, c'est un ordre. - À vos ordres, mon capitaine.

- Y a-t-il un médecin dans la salle ?

- Moi !

- Il n'y a plus de médecin dans la salle.

- Ah, bon.

...

- À vos ordres, M. le Maire !

Embarquez tout le monde, celui-lĂ .

- Paf, paf, paf.

- Qu'est-ce qu'il t'a fait ? - Rien du tout, mais…

Ça va.

- On y va ? - Pourquoi ?

- Tu vas pas dormir ici, dans ce bouge.

- MĂŞme quand on s'y bat, c'est plus tranquille que la maison.

- Je téléphone tout de suite et je donne des ordres.

- J'ai plus confiance.

- Simmonet, vous rétablissez la chambre comme avant.

Vous arrêtez le travail immédiatement.

Je... C'est un ordre, exécution.

Et voilĂ .

On rentre ?

- Quel dommage, je commençais à m'amuser.

- Une dernière coupe ?

- Une dernière valse ?

...

Messieurs, une dernière valse.

Ils jouent une valse.

La musique continue.

- Tu es bien ?

- Je suis bien.

- Tu es contente ?

- Je suis contente.

Chut.

Un ouvrier...

- Deux ouvriers...

- TROIS OUVRIERS...

QUATRE OUVRIERS.

(-Ă€ 7 h pile, j'envoie.)

(-Souvenez-vous, bouchées doubles.)

- Qu'est-ce que c'est ?

- C'est rien, c'est rien.

- Tu m'as perdue pour toujours !

- Non, c'est rien.

- Si !

...

Bernadette !

Non, ma chérie, non !

...

...

...

- Les clés, s'il vous plaît. - Mais…

Monsieur le Directeur ? - Oui.

- Je ne comprends pas.

- Je suis désolé, l'hôtel est complet.

Votre chambre a été louée, je vous ai crue partie.

- Ah. J'ai vraiment pas la chance.

- Non. - Et vous non plus.

- Pourquoi ?

- Vous avez reçu un coup de téléphone de mon mari ?

- Oui. - Il vous a dit

qu'il n'y avait pas de chambre pour moi.

- C'est ça.

- Il va se venger. - Et ça va faire mal.

Au premier tapage nocturne, bouclé.

Je vous plains.

- Monsieur le Directeur, il faut signer les chèques.

- Oh là là, non, ça je ne pourrai pas.

- C'est la fin du mois. - Encore.

Il y a un mois, c'était déjà la fin du mois.

Dans un mois ce sera la fin du mois, y a pas de raison que ça s'arrête.

Non, je ne pourrai pas, n'insistez pas.

- M. Sausserault.

- Merci, M. le Directeur.

- M. Bernardin.

Monsieur Dutreix.

Mélodie douce

- M. le Directeur, nous avons rattrapé notre retard.

Prévision pour ce soir, 20 ... de plus.

- Je m'en fous.

Triplez les cadences. - C'est impossible, ils sont Ă  bout.

- Et moi aussi !

- On pollue la ville, c'est mauvais pour les élections M. le Directeur.

- Foutez-moi le camp, allez-vous-en.

- M. le Directeur !

On vous demande au téléphone !

- Qui ?

- C'est Madame !

- C'est toi Bernadette ?

Oui, attends, j'entends pas.

Ça y est, allô ?

- Tout va bien ?

*-Tout va bien, et toi ?

- Je suis au Lion d'Or.

- Au Lion d'Or ?

Tu viens déjeuner ? *-Non.

Mais tu auras bientĂ´t l'occasion de m'avoir en face de toi.

Au revoir.

- Allons !

Pourquoi n'avez-vous pas mis l'assiette de Madame ?

- Aux dernières nouvelles, Madame déjeune au Lion d'Or.

- Il faut mettre l'assiette de Madame comme si Madame était là.

Ça suffit. En voilà assez !

Messieurs, les élections municipales ont lieu dans 12 jours.

Mon programme : trois points.

Premièrement : le plein emploi.

Deuxièmement : le plein emploi. Troisièmement : le plein emploi.

La liste étant unique et moi aussi,

et personne ne s'étant présenté contre moi, je serai donc…

réélu. - Je vous dérange ?

Je me présente contre vous.

...

Vous avez tort de prendre ça à la rigolade M. le Maire.

- Mais je ne...

On ne se tutoie plus ?

- On ne se tutoie plus.

- Bon.

Vous avez constitué une liste ?

- Absolument, ils sont vingt-sept, comme le prévoit le règlement.

- Vingt-sept contre moi, chez moi ? Je voudrais bien voir ça, moi.

- Les voici.

- Des notables.

- Des citoyens français à part entière.

Entièrement à part.

Ah, il est lĂ . Et paf...

...

- Riez fleurs.

Quelles sont les formalités auxquelles je dois souscrire ?

- Je vais vous poser les questions d'usage.

Formulaire XTK 712.

- Hop.

Je ne le trouve pas. - Sabotage.

- SABOTAGE !

- Les voilĂ .

- Approchez.

Pas vous, oh !

Nom et prénoms.

- Daubray, née Lacaze.

Bernadette.

- Nationalité.

- Française.

- Mariée ? - Hélas.

- Votre âge ?

-17 ans.

De moins que mon mari.

- Non !

- Mais non. - Eh, si.

- Ah.

Parti politique ?

- Défense de la nature.

- Poireaux et pâquerettes, foutu programme.

- Ça ne vous est pas commun.

- Profession ?

- Horticultrice.

Et en chĂ´mage pour cause de destruction de l'outil de travail.

- Profession du mari.

- Maire sortant et pollueur.

...

...

- Vous signez.

Bernadette.

Hein ?

- La séance est levée.

- Cliché.

Cliché.

Cliché.

Ça va comme ça. Au travail.

J'en veux 40000 pour demain.

- Quel format ? - Grand, j'en veux partout.

- M. Daubray-Lacaze, j'aimerais vous présenter Mme Berger

de la Télévision Française. - Madame.

- Je vais immédiatement rentrer dans le vif du sujet.

La Télévision, que je représente, est très intéressée

par votre double candidature, celle de Madame et la vĂ´tre.

C'est un cas rare dans de la politique française.

- Pas assez. Ça devrait être interdit.

- Nous pensons qu'un face Ă  face en direct

entre vous et votre épouse intéresserait un grand nombre

de Françaises ! - Non.

- Si, des millions de spectatrices.

- Un face Ă  face d'accord, mais moi tout seul.

- Un face Ă  face, tout seul ?

- Moi là et là. Et comme ça. - Et votre femme ?

- Comme toutes les femmes, elle n'a rien Ă  dire.

- Oh ! - Rien.

- Non, chère amie, non. Plus frais le sourire.

Il doit sentir la lavande, les pommiers en fleurs,

les ruches sous le soleil,

la tempête en mer, la grande claque iodée.

Cette fois-ci, c'est le mouton qui est sinistre.

- Il a refusé ? - Non, il a accepté.

- Mais il veut ĂŞtre tout seul. - Tout seul ? Un face Ă  face ?

- Les femmes n'ont rien Ă  dire. Surtout la sienne.

- Rien Ă  dire, mais quelque chose Ă  faire.

- Machine n° 20, vous allez voir le contremaître, au fond.

Au suivant.

- J'viens pour l'annonce. Vous avez besoin de personnel ?

- Ça n'arrête pas, pour tourner, ça tourne. Remplissez ça.

Pour le salaire, minimum syndical,

on peut pas faire moins. Magnifique, je prends.

- Très bien, machine n° 12, dans le fond de la serre.

...

...

...

- Allons, allons.

Qu'est-ce qu'il vous prend, Léontine ?

- J'ai des visions. - Ah.

C'est votre cholestérol. - C'est Madame !

- Ça suffit ! Me parlez pas de Madame.

...

- Salut, mon petit lapin. - Ça va pas toi.

...

...

...

...

- Dites-lui d'aller plus vite. - Plus vite.

- Brutalement, n'hésitez pas à l'engueuler.

- Plus vite !

Allez, plus vite !

Plus vite, allez !

- Vous travaillez pour la concurrence, vous !

C'est incroyable, y a plus de main-d'œuvre. Je vais vous montrer.

C'est pourtant pas difficile comme travail. Bon Dieu !

C'est même complètement idiot. Regardez !

Vous avez compris maintenant, allez-y !

- C'est pas toi ? - C'est bien moi.

- Qu'est-ce que tu fais lĂ  ?

- Je travaille. - Pourquoi ?

- Ma campagne coûte très cher.

...

Attention !

Corruption d'un candidat, ça va chercher loin.

- Alors, je te fous Ă  la porte !

- Impossible ! - Pourquoi ?

- Je suis syndiquée.

- Déjà ??

- Mais dites donc lĂ , oĂą est-ce que vous avez appris Ă  travailler ?

Respectez les cadences !

- C'est comme ça que vous parlez à une de mes ouvrières ? Hein ?

Saligaud ! Grossier personnage !

...

J'vais te changer de machine, elle est trop dure celle-lĂ , viens !

Vous, allez sur la douze.

VoilĂ .

Ça va trop vite ?

Voilà, tu veux du thé ? - Oui, si tout le monde en a.

- Tous les autres ? - C'est logique non ?

- Léontine, du thé pour tout le monde.

- Toute l'usine ? - LĂ -bas suffira.

Allez hop.

Combien de sucres ?

- Tu t'en souviens déjà plus ?

- Tu n'es pas ici pour l'argent, y a autre chose.

Effectivement. - Tu veux saboter l'usine ?

- Tu crois qu'après les gens vont voter pour moi ?

- Alors pourquoi ?

Elle s'est brulée ! Accident du travail 8 jours d'arrêt.

- Tu rêves, c'est déjà passé.

- Alors pourquoi ?

...

- Miam miam.

La bouffe !

Tu déjeunes avec tes ouvriers ? - Oui, c'est tous des potes.

Hé hé.

Pourquoi es-tu lĂ  ?

- Le face à face avec la télé. - J'ai refusé.

- Accepte. - Jamais !

- Très bien. Une petite grève sur le tas ?

Usine occupée, et tout et tout. - Tu peux pas faire ça.

- Je suis ta femme, je sais des choses.

- Tu n'oserais pas.

- Camarades !

J'ai des révélations à vous faire au sujet de la direction.

- Elle n'a rien Ă  dire.

Ça va, j'y serai.

- Alors salut, je retourne au Lion d'Or.

On y mange mieux.

À bientôt devant les caméras.

*-Caméras en place, s'il vous plaît.

- J'ai confiance, vous allez la descendre.

La ridiculiser. - Ça va, je la raterai pas.

- Vous allez lui faire mordre la poussière à ce réactionnaire.

- Je sais ce que j'ai Ă  faire. Et c'est encore mon mari.

- Si vous voulez prendre votre place ?

*-Caméra deux plus près du podium.

- Madame, mettez-vous lĂ .

Monsieur, s'il vous plaît.

...

*-Début d'émission dans trois minutes.

(-Ton col.)

*-Le cadreur de la caméra 3, au casque.

*La caméra 3.

- Ça y est ! Mon programme en trois points.

Premièrement : le plein emploi, deuxièmement : le plein emploi,

et troisièmement : le plein emploi. - C'est pas à vous.

- À moi ?

L'heure est venue de concilier croissance

et bien-ĂŞtre de la population.

- Mon programme

en trois points ! Premièrement : le plein emploi,

deuxièmement : le plein emploi, et troisièmement :

le plein emploi.

- Mais vous ĂŞtes pas Ă  l'antenne !

- Nous connaissons le problème de l'emploi.

Les défenseurs de la nature

ne réclament pas une croissance qui aliène l'homme,

mais une croissance nouvelle, contrôlée, humaine.

- Vous parlez comme une femme qui n'a jamais travaillé.

- Dis donc, espèce de tyran, despote, rétrograde !

- Mon programme en trois points.

- Personne peut le faire taire ?

- Si moi, tu as détruit notre maison.

- Pour le bien de l'entreprise ! - Tu as détruit mon jardin d'hiver,

ruiné mon potager ! Tu as détruit mes rêves.

Tu as piétiné mon cœur.

- ArrĂŞte ou je dis tout !

- Elle sait rien, je lui disais rien.

...

- Ta comptabilité.

- Laquelle ? - La vraie.

...

- Elle est cachée. - Oui, je sais !

- Mon programme en trois points.

Premièrement : le plein emploi.

Deuxièmement...

- Sous le placard Ă  chaussures !

Regardez ! Bernadette !

ArrĂŞte !

- Et hop !

Et voilĂ  ! Vous pouvez contrĂ´ler.

Laisse-moi !

Guillaume ! - Ça suffit !

Non ! Ne touchez Ă  rien !

Vous ĂŞtes chez moi, foutez le camp !

Allez dehors ! - Et hop !

- L'émission commence !

Musique de JT

- Guillaume !

...

- VoilĂ  M. le Maire.

BONJOUR, M. LE MAIRE.

- Une photo M. le Maire.

- A voté.

186.

- Une photo ?

- A voté.

Musique douce

Mme Daubray, née Lacaze.

A voté.

M. Daubray.

A voté.

Bernadette !

Bernadette !

Je n'ai pas pu m'empĂŞcher.

J'ai voté pour toi.

- Moi aussi, j'ai voté pour toi.

- Alors, on a voté pour rien. - Mais oui.

- Ça s'annonce très très bien. On devrait les balayer.

Y a un pourcentage plus important que la dernière fois,

tout le monde est venu voter.

Musique dramatique

...

- Pardon, je vous demande pardon.

- Oui ?

Oui, allĂ´ ? Attendez...

Oh!

Nous sommes en tĂŞte !

Musique enjouée

- Les nouvelles sont bonnes.

- Ben, ça...

Silence !

On est en tĂŞte !

- Hein, vous avez vu !

...

- Dites donc ! - Je saute !

Je saute et vous aussi, vous sautez.

Le chèque est en bois !

- Il est pas en bois. - En bois, sans provision !

Vos Japonais en faillite ! - Non !

- Oui. - Mon matériel !

- À la ferraille !

Et vous aussi, Ă  la ferraille !

Ă€ la ferraille !

- C'est impossible ! - Bon, pardon...

- M. le Préfet, un petit four. Mme la Préfète, un petit four.

...

Un petit four ?

M. le Préfet...

C'est les élections. - Ça n'a aucune importance.

...

- Des gâteaux.

Gâteaux ?

Un petit gâteau ?

Un gâteau ?

Musique entraînante

- Victoire ! - BRAVO !

- Je vous invite Ă  porter un toast Ă  notre future maire.

Madame Lacaze !

- AllĂ´ oui ?

Monsieur, les résultats.

C'est Madame, elle est élue d'une voix.

- La mienne.

Mais vous n'ĂŞtes pas parti ?

- Non.

Alors on va fermer ?

- Oui, c'est fini.

Mais attends.

On va leur tirer un dernier baroud d'honneur de Dieu.

Musique enjouée

...

À la chaumière !

- BRAVO !

- Je veux pas ĂŞtre maire. - Quoi ?

- Je n'aime pas le pouvoir.

- Je comprends pas. - Je n'ai pas fait ça pour la mairie.

Mais pour mon mari, voilĂ .

- Vous me laissez votre place ? - Avec plaisir.

- C'est…

C'est moi !

...

- Madame, Monsieur arrive, il veut tout faire sauter !

- J'y vais !

- Oh, ce que ça va être…

Allez !

...

- Guillaume ?

Guillaume ?

- Belle gueule... - Guillaume !

Guillaume ! - Ah !

Bernadette !

- Guillaume !

- Ma Bernadette !

- Guillaume !

...

Guillaume !

Guillaume !

Bernadette, mon amour ! Délivre-moi !

Délivre-moi, je cuis.

- On a tout notre temps.

- Ouvre ! Je commence Ă  cuire !

- À une condition. - Laquelle ?

- On quitte l'usine, on s'installe en Provence, on garde des moutons !

- Jamais !

- Bien, bonne nuit ! Bernadette !

Mon amour, reviens. Je suis cuit, je cuis.

Ouvre ! - Tu acceptes ?

- Oui. - Tu acceptes ?

- Oui !

Oui, mon amour.

...

J'allais te le proposer.

Musique douce

...

...

...

...

...

Hmm, ça sent bon.

...

...

...

...

- Guillaume ?

Guillaume ?

...

Guillaume ?

Guillaume !

- Attends, attends.

Viens là, c'est une idée qui me courait dans la tête !

VoilĂ , regarde.

On fait entrer un mouton, ici.

Il est lĂ , voilĂ .

On fait tourner ça.

Il est tondu lĂ .

...

La laine tombe ici.

Là-haut, ça tricote.

LĂ ...

LĂ !

...

Le pull-over.

Hé hé, regarde, tu vois comme c'est beau.

...

Comme elle est belle Mme Guillaume.

Et encore plus fort !

Je teins le mouton.

...

C'est par lĂ , voilĂ .

Attention. Oui, toi aussi.

La laine tombe ici, là-haut, ça tricote, et...

...

J'obtiens un pull-over de deux couleurs.

Prix de revient ridicule, j'inonde le marché, je refais fortune,

j'achète la montagne. - Et ensuite ?

- Je construis une usine.

- Non.

- Si.

- Non.

- Mais si.

- Non.

- Non.

- Non.

- Si !

- Non. - Si !

- Non ! - Si !

(- -Non. ) - Si.

- Non.

- Non.

- Non. - Si !

- Non. - Si !

- Si.

Musique enjouée

Musique enjouée

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